Enset Mem BC 22 0048
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Sous la Supervision de :
AVERTISSEMENT
L’ENSET n’entend donner aucune caution aux propos exprimés dans ce mémoire. Ils sont de
la seule responsabilité de son auteur.
SOMMAIRE
DEDICACE
REMERCIEMENTS
Mes parents pour leurs apports financiers, leurs conseils, leurs encouragements, leurs
prières.
Tous les membres des grandes familles BAYIHA II, NYATTE, EKOMANE et tous
mes frères et sœurs qui m’ont aidé à concrétiser ce mémoire, leurs encouragements ont
toujours été un important levier de motivation pour moi.
Toutes les personnes de près ou de loin qui nous ont aidés pour la réalisation de ce
mémoire.
RESUME
Au regard de la littérature sur la finance, les entreprises sont confrontées à différents types de
risques inhérents à leurs activités parmi ces entreprises figurent les institutions de microfinance.
L’objectif de notre travail est d’analyser la relation qui existe entre la gestion des risques de
crédit et la performance financière des institutions de microfinance. Pour cela, nous avons
utilisés un échantillon de 79 clients des IMF qui constituent notre population mère. A l’aide du
modèle des statistiques descriptives et du test de Chi2, nous avons pu établir qu’il existait un
lien positif entre le nombre de crédit reçu et le nombre de crédit remboursé. Au regard de cela,
nous pensons qu’une bonne politique de gestion du risque de crédit va contribuer à
l’amélioration de la gestion des ressources financières et permettra à l’entreprise d’être
performante.
ABSTRACT
In view to finance literature, companies face different types of risks inherent in their activities
among these companies include microfinance.
The goal of our work is to analyze the relationship that exists between credit risk management
and the financial performance of microfinance institutions. For this, we have used a sample of
79 IMF customers who constitute our mother population. Whit the help of statistics descriptive
model and Ki2 test, we were able to establish positive between the number of credit received
and the number of credit refunded. In view of this, we think a good credit risk management
policy will contribute to the betterment of the credit risk management will contribute to the
enhancement of financial resource management and will allow the entrepreneurship to
besuccesful.
INTRODUCTION GENERALE
1- Contexte
L’activité de la microfinance a toujours été associée à l’idée du risque. Sans risque à gérer il
y’a pas de microfinance. Mais au fil du temps, cette liaison c’est sensiblement transformer à
l’environnement dans lequel évoluent les microfinances à radicalement changer avec la
réglementation pour promouvoir une gestion saine et prudente. La régulation prudentielle des
IMF met un accent particulier sur la supervision des IMF et la définition du niveau d’adéquation
en fonds propre, la course à une mutation vers les banques offres une double grille de lecture :
une lecture organisationnelle et une lecture financière. Au-delà de cette double dimension
réglementaire, les IMF adoptent une méthodologie d’accorder les crédits dans l’objectif de
minimiser le risque de défaut de la clientèle. S’il est vrai d’après Sami Ben Jabeur et Youssef
Fahmi (2014) que le développement des produits financiers plus sophistiqué, le risque a pris
une nouvelle ampleur.
Dans la théorie si plusieurs travaux ont examiné l’influence du ratio de solvabilité, comme
instrument de gestion de risque, sur le comportement des banques face au risque et sur leurs
performance, Koehn et Santomero (1980), KIM et Santomero (1988), Rochet (1992), Shrieves
et Dahl (1992) et Besanko et Kanatas (1996), trouvent une influence négative du niveau de
capitalisation sur le comportement de la banque et, de surcroît, sur leur performance.
L’augmentation du capital s’accompagne d’une prise excessive de risque. Néanmoins, d’autres
auteurs comme Furlong (1988), Furlong et Keeley (1991) et Aggarwal et Jacques (1998),
constatent que le risque diminue dans les banques qui augmentent leur niveau de fonds propre
afin de se conformer aux exigences réglementaires. Un bon niveau de capitalisation met
l’organisation à l’abri de la détresse financière. Barth et al. (2004) ne trouve pas l’influence
significative du niveau de fonds propres sur le comportement des banques. Ces conclusions
n’établissent pas de relation directe entre le niveau des fonds propres d’une organisation
bancaire et sa performance. Dans le domaine de la microfinance, Hartarska et Nadolnyak (2007)
trouvent un impact positif du ratio de capital sur la performance mesurée par le ratio
d’autosuffisance opérationnelle qui renseigne sur la capacité d’une IMF à couvrir ses charges
d’exploitation par ses revenus financiers.
Certains auteurs ont aussi vérifié empiriquement l’existence d’un lien entre le mécanisme de
crédit de groupes et le taux de remboursement des crédits Shama et Zeller (1997). D’autre par
le niveau de taux de remboursement des crédits faibles (Godquin, 2004 ; Paxton et al., 2000 ;
Sharma et Zeller, 1997). Selon les principes de gestion bancaire et sur le modèle bilatéral
prêteurs-emprunteurs, leur portefeuille de créances est constitué en majorité de personnes se
situant autour de la ligne de pauvreté.
Le suivie du compte d’un client peut être riche d’enseignement pour un trésorier. Pour Manchon
(2001), le total des mouvements affectant un compte permet une bonne approximation de
l’évolution du chiffre d’affaire et fournit un bon indicateur de l’activité réelle d’une entreprise
cliente. De plus, ce suivi peut informer sur les habitudes de paiement et d’encaissement et
permettre d’apprécier le besoin en fonds de roulement et les solutions adéquates. Il convient de
remarquer que cela n’est vrai que si l’établissement financier est un établissement financier de
référence ou si elle connaît la part des mouvements que l’entreprise lui confie. Or cette dernière
condition est souvent vérifiée puisque la part des mouvements que l’entreprise confie à la
microfinance est un élément qui peut intervenir dans la négociation des conditions du crédit et
des commissions entre la microfinance et le client Mester, Nakamura et Renault (1998) sont
probablement les premiers à étudier cette surveillance des comptes dans le cas d’une banque
Canadienne. La surveillance des mouvements de trésorerie peut permettre à la microfinance
d’évaluer le potentiel économique d’un client, ses stocks, sa saisonnalité… Mais aussi à l’alerter
sur une situation anormale. Ces auteurs expliquent ainsi, de façon empirique, en quoi les
microfinances seraient de meilleurs surveillantes (ou monitors) des clients emprunteurs.
2- Problématique
Au Cameroun, les IMF comme toutes les intermédiaires financiers sont soumis à différents
types de risque qui peuvent être classé en quatre types de risque à savoir : les risques
institutionnels ; les risques opérationnels ; les risques de gestion financières et les risques
externes. Nonobstant les faits de l’importance du nombre d’opération sur l’abaissement des
charges fixes devant chaque crédit, ce n’est pas le volume d’opération en lui-même qui importe
car l’opération de crédit est par nature risquée. Un volume important d’opération qui comporte
beaucoup d’opérations douteuses seraient un facteur d’échec et non de succès dont il faut au
mieux plutôt parler du nombre de crédit sans problème remboursable aux échéances
prédéterminer que de volume important d’opération plus court. La viabilité des IMF outre les
techniques managériales et institutionnelle est dont le fruit d’un taux d’intérêt élevé capable de
couvrir les charges de l’institution et d’un système de gestion des risques de crédit efficace d’où
notre questionnement central « Une bonne gestion du risque de crédit peut-elle influencer
la performance financière ? ». En d’autres termes :
- Qs1 : Quels sont les différents mécanismes de gestion du risque de crédit appliqué dans
les microfinances pour atteindre la performance ?
- Qs2 : La mise en place d’une bonne gestion des risques crée t-elle la performance
financière ?
3- Objectif de recherche
L’objectif général de cette étude est de démontrer qu’une bonne gestion du risque de crédit
influence la performance financière. Cet objectif principal se décline en des objectifs
spécifiques :
Afin d’analyser le lien entre la gestion du risque de crédit et la performance financière des IMF
nous avons appréhendé la problématique en suivant une approche hypothético déductive. Pour
note étude, nous allons utiliser les données secondaires à partir d’un questionnaire de sondage.
Ces données ont été analysées a base des logiciels CSPRO 7.1 pour générer la base de données
et STATA 14. Une statistique descriptive et un test de Chi2 ont été mis à profit pour l’analyse
des résultats.
6- Plan de l’étude
La deuxième partie quant à elle, porte sur l’analyse empirique de l’influence de la gestion du
risque de crédit sur la performance financière dans les institutions de microfinance. Le chapitre
trois fait une analyse des institutions de microfinance et présente notre démarche
méthodologique. Enfin, le chapitre quatre fait un examen de l’influence de la gestion du risque
de crédit sur la performance des institutions de microfinance.
PREMIERE PARTIE :
APPROCHE CONCEPTUELLE
Pour étudier un système, il faut savoir comment il fonctionne. Dans le cas contraire, on peut
certes en dresser un inventaire mais on omettra l’aspect le plus important qui est celui de l’action
coordonnée des différents éléments constitutifs de ce système. Un système ou une institution
ne saurait fonctionner correctement s’il est pourvu de contrôle, de régulations, de mécanismes.
L’ensemble de ces mécanismes destinés à assurer une minimisation des risques et un
fonctionnement harmonieux et efficace du système ou de l’organisation, constitue ce qui nous
amène à traiter de la gestion des risques de crédit et performance financière : cas des Institution
de Microfinance.
Dans le chapitre I relatif aux notions de gestion de risques de crédit et performance financière,
nous donnons tour à tour la définition du crédit, les politiques liées à la notion de crédit dans
les IMF et la définition de la performance financière ainsi que ces déterminants Dans le chapitre
II nous abordons l’analyse théorique des concepts évoqués.
CHAPITRE I :
Après le constat marqué par des bouleversements et des changements qui menacent le bien être
du système bancaire et financier dans des différents pays du monde, des diverses vagues de
faillites et de crises bancaires et financières ont déstabilisés l’activité bancaire en multipliant le
volume des risques supportés par cette dernière qui représente la principale cause de sa
défaillance. Ainsi, du point de vue de l’importance des institutions de microfinances dans le
tissu économique comme principal moyen d’investissement, tout problème bancaire ou
financier freine l’économie dans son ensemble.
Du fait de cette vue d’ensemble sur l’évolution de l’activité bancaire ainsi que les principaux
déterminants qui expliquent l’instabilité vécu dans la plupart des pays du monde et la montée
des risques, dans ce chapitre, nous nous attarderons sur la notion de gestion du risque de crédit
dans les microfinances dans la première section, puis sur la notion de performance financière
dans la deuxième section.
Pour toute personne de même que les institutions financières, la peur repose sur le fait de ne
pas pouvoir recouvrer la totalité des sommes mises à la disposition de sa clientèle dans le cadre
de l’octroi des crédits. Or, il est connu que c’est grâce à cet argent et aux intérêts qu’il génère
que l’IMF fonctionne. Le risque de crédit est très important et impactant dans la gestion d’une
IMF. Au cours de cette section nous allons définir la notion de risque de crédit, définir la notion
de microcrédit, la notion gestion de crédit et nous allons présenter le processus de gestion de
crédit dans les IMF.
Pour les économistes, le crédit est une opération qui consiste pour un préteur ou créancier à
mettre à disposition d’un emprunteur ou débiteur, une certaine somme d’argent moyennant un
engagement de remboursement à une date déterminée à l’avance (Lukuitshi, 2010).
Cette définition coïncide avec celle de (Conso), le crédit est l’opération par laquelle une
personne met une somme d’argent à la disposition d’une autre personne en lui accordant un
délai de remboursement.
Selon René REVOL (2002), le crédit est un prêt d’argent contre un engagement à payer des
intérêts et à rembourser l’intégralité du capital.
Selon Dutallis (1964) cité par Georges (1964), faire crédit c’est faire confiance. Le crédit est
considéré comme un acte de confiance comportant l’échange dans le temps d’un bien sous
condition d’une contrepartie future. Le crédit implique une confiance fondamentale dans la
réalisation de cette contrepartie.
Le crédit peut être appréhendé comme une opération par laquelle un préteur remet
immédiatement un bien ou une monnaie à un emprunteur (débiteur) contre remboursement de
cette somme prêtée avec généralement un intérêt à payer.
La synthèse de ces définitions nous permet de dire que le crédit est une opération selon laquelle
une institution financière met à disposition de son client le débiteur une somme d’argent sous
des conditions bien définies.
I-1-2- Objet et importance du crédit
L’objet du crédit peut être un bien matériel, une marchandise ou une somme d’argent, un
pouvoir d’achat dont le propriétaire n’a pas l’utilisation immédiate et qu’il met à la disposition
de quelqu’un qui en a besoin.
Le crédit est une activité qui assure à la fois la satisfaction des besoins des membres et qui
contribue à assurer la pénétration des produits financiers indispensables à l’équilibre financier
et à la viabilité de l’institution GAHIGI, G. (2000).
Le rôle du crédit est de permettre aux clients des banques ou des institutions financières de
satisfaire à leurs besoins de financement. Donc, le crédit est une réponse positive à la demande
de financement des activités. Et, les sommes prêtées doivent être remboursées aux dates
prévues, après avoir été majorées d’un taux d’intérêt.
Les investissements qui auraient pu être difficiles à réaliser, par voie de crédit sont rendus
possibles, ainsi le crédit constitue un stimulant efficace à la croissance économique du pays.
Le crédit permet de mieux utiliser le capital constitué par l’ensemble de la population, il permet
de stimuler la production en répartissant le capital disponible à ceux qui en ont besoin dans des
conditions de montants et de délai optimal.
Le crédit en lui-même, disent les experts, n’est qu’un moyen pour parvenir à une fin.
Son objectif à long terme est la survie et le développement des entreprises et leur contribution
à l’économie Barbara (1998).
Certaines personnes avaient l'habitude de prêter ou emprunter de petites sommes d'argent pour
des dépenses de routine, à l'occasion de fêtes ou cérémonies. Ces petites sommes étaient des
microcrédits et se renouvelaient du fait que les parties concernées étaient solvables,
remboursaient leurs dettes et respectaient les échéances. Une confiance mutuelle s'installait
entre les différents protagonistes. Ces crédits appliqués à grande échelle permettaient aux
pauvres de mettre en évidence leurs véritables capacités à produire des gains et de prouver au
secteur bancaire classique qu'ils pouvaient être de véritables agents économiques.
Le microcrédit a fait l'objet d'une communication croissante, il est souvent présenté comme
l'instrument le plus efficace pour éradiquer la pauvreté ou pour assurer le développement local
(Servet, 2006).
Il désigne des prêts à petits montants consentis à des groupes d'emprunteurs solidaires ou à des
emprunteurs individuels par des institutions qui peuvent être des organisations non
gouvernementales (ONG), des banques ou des programmes publics (Servet, 2006). Il peut
théoriquement selon Martinez (2007) avoir un effet positif sur la vulnérabilité et prémunir
contre les risques de trois manières :
- En permettant aux pauvres de développer une activité créatrice de revenus ;
- En leur permettant de se construire un capital ;
- En lissant la trésorerie et en évitant d'avoir recours à des emprunts à fort taux
d’intérêt.
Beaucoup de critiques ont été faites à son égard. Entre autres celle du détournement d'objectif :
l'argent destiné aux pauvres serait de fait orienté vers une autre clientèle. Ce ne seraient pas les
vrais pauvres qui en tireraient profit parce que les plus démunis sont parfois dans une situation
de renoncement voire d'auto-exclusion qui les pousse à ne pas saisir les opportunités offertes
par le microcrédit (Brunel, 2007). Le microcrédit a évolué dans un environnement socio-
économique caractérisé par certaines difficultés. Il est destiné à lutter contre la pauvreté en
utilisant l'outil de l'insertion mais finalement il n’atteint pas ses vraies cibles au sein de la
population qui en a vraiment besoin. De plus, il faut noter les difficultés entrainées par
l’administration du taux d'intérêt.
Le débat sur le taux d'intérêt appliqué, jugé élevé, ne prend pas souvent en compte les réalités
économiques des IMF qui ont des exigences de pérennité (Armendariz et Murduch,
2005), bien qu'un taux d'intérêt faible les pousse à la faillite si elles ne trouvent pas d'autres
initiatives.
- Elle permet de s’assurer que tous les membres verront leurs dossiers de demande de
crédit traités de la façon similaire.
Pour bénéficier d’un crédit dans une institution de microfinance, il faut en général remplir des
conditions générales d’éligibilité de crédit dépendant de la politique de crédit mis en œuvre.
Ces conditions peuvent être l’éligibilité et demande de crédit. Avant l’octroi de crédit, le dossier
du demandeur doit être analysé par les différents services concernés (agent de crédit, comité de
crédit …) une fois le dossier analysé, le crédit est débloqué après les différentes approbations.
Le suivi commence dès le déblocage du crédit. Chaque semaine, les gestionnaires sortent la
situation de leur portefeuille afin de vérifier le respect des engagements pris. La politique de
crédit permet de définir les taches des différents intervenants dans la gestion du crédit. Elle
assure l’équité dans l’organisation du crédit. Elle doit être souvent révisée afin d’être en
harmonie avec les changements qui interviennent dans la gestion du crédit.
Le système d’octroi de crédit s’appuie sur les informations concernant les clients et les
conditions de contrat.
- Identifier le client ;
- Définir les conditions du prêt établies dans le contrat (taux d’intérêt, durée du prêt,
garantie...) ;
- Communiquer le tableau d’amortissement au client.
L’octroi de crédit étant lié à un risque, les institutions de microfinance sont tenues de gérer le
portefeuille de crédit. Les conditions d’une bonne politique de crédit à cet effet sont :
Il s’appuie sur les informations concernant les prêts individuels. Son objectif est de fournir les
informations nécessaires à l’administration du portefeuille de crédit. Pour mieux le gérer, les
informations suivantes doivent être à la disposition du responsable de crédit. Il s’agit là de :
- Echéancier de remboursement ;
- Montant et date des remboursements perçus ;
- Crédits en retard ;
- Encours de crédits.
Ce système se compose de l’ensemble des procédures et des politiques qui régissent les
opérations de crédit. Il contient ainsi :
- Une évaluation des clients et des prêts ;
- La taille et les conditions du prêt ;
- La supervision des clients ;
- La politique de recouvrement des prêts en retard ;
- Le traitement et les enregistrements des décaissements effectués par les agents de
crédit et les caissiers :
- Les contrôles internes.
Une bonne politique de crédit doit prendre en compte l’ensemble des besoins de ses membres
pour que ces derniers puissent développer les activités génératrices de revenus contribuant à
l’amélioration de leurs situations socio-économiques. Une politique de crédit doit faire l’objet
d’un suivi régulier par les dirigeants dans le but de l’adapter au contexte économique afin de
satisfaire pleinement les membres. Il est ainsi impératif d’effectuer des changements pour que
la politique de crédit puisse connaitre une évolution favorable à la satisfaction des populations.
Le risque, pour la microfinance est entendu comme étant la possibilité d’une Eventuelle perte,
la norme ISO 31000 le définit comme « l’effet d’incertitude sur l’atteinte des objectifs ». IFACI
(2006), « le risque est un ensemble d’aléas susceptible d’avoir les conséquences négatives sur
une entité et dont le contrôle interne et l’audit ont notamment pour mission d’assurer autant que
faire possible de le maitriser ».
Cette définition montre la présence d’un danger c’est-à-dire l’aspect négatif du risque sur les
objectifs de l’entreprise et dont il incombe aux dirigeants de mettre en place des dispositifs
adéquats. D’où la définition de la gestion du risque, Dionne (2001), « la gestion des risques est
un ensemble d’activités (financières et opérationnelles) qui permet de maximiser la valeur d’une
entreprise ou d’un portefeuille en réduisant les couts associés à la volatilité de ses flux d’entrées
et de sorties de fonds ». Les principaux couts à minimiser pour l’entreprise sont les couts espérés
de défaillance financière, les paiements espérés aux partenaires, les paiements espérés d’impôts
et de financements des investissements. Le comportement des gestionnaires face aux risques
(appétit du risque des gestionnaires) et la gouvernance des entreprises affectent également le
choix de gestion des risques.
CGAP « la gestion des risques est une approche systématique destinée à identifier, mesurer et
atténuer les risques dans une IMF. C’est un processus qui consiste à contrôler la probabilité de
survenance et la gravité potentielle d’un incident défavorable ». Il est pris en compte dans
l’élaboration de la stratégie ainsi que dans les activités de l’organisation. Il est conçu pour
identifier les événements potentiels susceptibles d’affecter l’organisation et pour gérer les
risques dans les limites de son appétence pour le risque. Il vise à fournir une assurance
raisonnable quant à l’atteinte des objectifs de l’organisation.
La gestion des risques est une démarche itérative, en ce sens que les points de vulnérabilité
changent avec le temps et l’espace. Cette démarche nécessite des contrôles qui sont préventifs,
défectifs et correctifs car en effet, il s’agit de la prévention des problèmes potentiels et la
détection anticipée des problèmes réels quand ceux-ci arrivent.
sein de l’IMF. Les dirigeants identifient les indicateurs et ratios clés qui peuvent être suivis et
analysés régulièrement pour évaluer l’exposition aux risques de l’IMF dans chacun de ses
domaines d’activité. Ils fixent pour chaque indicateur une fourchette de valeurs acceptables en
dehors de laquelle l’IMF subit une exposition excessive. En outre, ils déterminent la fréquence
à laquelle chaque indicateur doit être suivi et analysé.
3ème étape : Elaborer les procédures et politiques pour atténuer les risques
Tout comme les précédentes, cette étape est une étape de contrôles préventifs. Une fois les
stratégies de mesure des risques adoptées, la direction élabore des procédures et directives
opérationnelles saines pour atténuer chaque risque conformément au seuil défini à l’étape
précédente. Ces directives et procédures indiquent clairement aux employés comment mener
des transactions et intégrer des mesures de contrôle interne efficaces.
décider de modifier les procédures et politiques existantes ou d’en créer de nouvelles. Une fois
les nouveaux contrôles instaurés, l’IMF teste leur efficacité et évalue les résultats.
La gestion des risques est donc un processus dynamique au cours duquel l’IMF évalue
continuellement la pertinence de son dispositif de lutte contre les risques, et l’amende si
nécessaire.
Le risque de crédit est la probabilité de non remboursement d’un crédit accordé par l’institution.
En effet, pour assurer sa pérennité une IMF comme toute autre institution financière, doit
accorder des prêts aux individus. Ceux-ci qui se trouvent être pour la plupart des indigents,
n’ont généralement pas de garanties réelles pouvant couvrir le montant du crédit obtenu. C’est
le risque le plus connu et le plus délétère pour une IMF, car les pertes financières sont plus
énormes à ce niveau.
Pour FAYE (1993), le risque de crédit est défini comme étant le risque de perdre tout ou une
partie des créances au cas où l’emprunteur n’aurait plus à l’échéance la volonté ou la possibilité
d’honorer ses engagements.
DESMICHT (2004), il définit le risque de crédit comme étant le risque de perte en cas de
défaillance de l’emprunteur. Il s’agit du risque d’impayés ou du risque de défaut.
Le risque de crédit est le plus connu et constitue la plus grave des vulnérabilités d’une institution
de microfinance. C’est la détérioration de la qualité du portefeuille crédit qui cause des pertes
et créée des charges énormes en gestion de la défaillance. Il est aussi connu comme risque de
défaillance qui est, lié à l’incapacité de rembourser de respecter les termes du contrat par les clients.
D’un point de vue théorique, le risque dispose de nombreuses définitions. Compte tenu de cette
multiplication, il est aisément possible de supposer qu’aucune ne répond parfaitement aux
appréciations de chacun et que la notion de risque renvoie à des réalités très variables.
Très tôt Marchet Shapira (1987) ont relevé cela en soulignant que les définitions à disposition
étaient très peu opérationnalisables. Loin d’améliorer la situation, chaque nouvelle définition
ne faisait que complexifier d’autant plus le concept. Ils ont alors confronté la théorie à la
pratique des praticiens.
D’un point de vue théorique, les approches par le risque supposaient que ce dernier était
majoritairement perçu comme négatif et que les preneurs de décisions étaient défavorables à la
prise de risque. Enfin, sur le processus même, il était supposé que les décideurs réalisaient un
calcul précis de risque avant de déterminer leurs actions.
D’un point de vue managérial, les auteurs ont mis en avant différents éléments. Nous en
retiendrons deux. D’une part, le risque est surtout perçu comme négatif mais il est davantage
évalué en termes de volume de dommages, qu’en termes de probabilité que les dommages se
réalisent. D’autres parts, les individus n’ont pas recours à des estimations précises de
probabilité, qu’ils estiment souvent comme peu crédibles.
Au contraire, les faibles probabilités sont systématiquement exclues et les autres ne sont
estimées que grossièrement.
En effet, l’intérêt se porte sur les conséquences que sur la probabilité. Toutefois, dans la suite
des travaux sur la résilience au sein des HRO (Organisations à Haute Fiabilité), il est possible
de mettre en avant une perception tout à fait opposée. En effet, de par son existence même au
sein de ces organisations, le risque pousse à un apprentissage permanent et à une amélioration
continue des processus Roberts (1990).
Toutefois, la prise en compte et la gestion de ce risque de façon proactive peuvent elles, relever
de véritables opportunités pour l’organisation car elles poussent dans un cercle vertueux
d’amélioration. Le risque est donc une notion très liée à la perception que peuvent avoir les
décideurs. Si son aspect négatif est dominant, les travaux sur la résilience ont montré les
résultats positifs de leur prise en compte et de leur gestion sur les organisations.
La gestion des risques est donc un processus dynamique au cours duquel l’IMF évalue
continuellement la pertinence de son dispositif de lutte contre les risques, et l’amende si
nécessaire.
II-2-1- Les catégories de risque dans les IMF
Il est important de savoir comment se répartissent les catégories de risques dans les IMF. Nous
pouvons classer les risques en cinq catégories à savoir et, préciser ceux liés au risque de crédit.
Le crédit
Le risque de crédit est la probabilité de non remboursement d’un crédit accordé par l’institution.
En effet, pour assurer sa pérennité une IMF comme toute autre institution financière, doit
accorder des prêts aux individus. Ceux-ci qui se trouvent être pour la plupart des indigents,
n’ont généralement pas de garanties réelles pouvant couvrir le montant du crédit obtenu.
C’est le risque le plus connu et le plus délétère pour une IMF, car les pertes financières sont
plus énormes à ce niveau.
La fraude
La fraude est inévitable, dans une institution qui gère de l’argent essentiellement. La
microfinance manipule de l’argent au quotidien, à travers la collecte de l’épargne et l’octroi des
crédits. La petitesse des montants qui caractérisent ces transactions créée une vulnérabilité
entrainant les vols et les détournements de la part des agents. Si les politiques et procédures
relatives au crédit, ne sont pas clairement définies, si le personnel en charge de la gestion de
ces politiques n’est pas assez motivé, alors l’institution est véritablement exposée à la fraude.
La sécurité
Les IMF sont souvent amenées à ouvrir des points de vente et des agences afin de créer la
proximité avec les populations cibles, beaucoup plus dans les zones enclavées. Or, il est sans
ignorer que ces zones pour la plupart sont exposées à une insécurité grandissante. Il faut donc
pouvoir assurer un véritable dispositif sécuritaire des biens et des personnes beaucoup plus en
matière de cambriolage.
- Les risques financiers ou de gestion financière Les risques englobent la gestion
du bilan à proprement dit, ses emplois et ressources et aussi à ceux liés au système.
Le risque de liquidité
C’est celui qui explique le fait de ne pas pouvoir remplir ses obligations de remboursement
contractuelles. La gestion des ressources financière de l’institution à savoir le capital social, les
emprunts (si disponible) et les dépôts de la clientèle doit se faire en tenant compte de leurs
natures–ressources à court terme et ressources à long terme. Par exemple, les dépôts à vue de
la clientèle ne doivent pas être utilisés pour le financement des crédits de longue ou moyenne
durée, ou encore pour financer certains investissements de l’IMF, par contre ce sont les dépôts
à terme, les emprunts et le capital social qui sont mieux indiqués pour ces types de
financements.
Le risque de change
C’est le risque crée par l’évolution continue des devises les unes par rapport aux autres.
Généralement, lorsqu’une IMF contracte un emprunt auprès d’un bailleur de fonds étranger,
cela se fait en monnaie étrangère. Le risque ici réside dans le fait que lors des remboursements
qui se font en monnaie étrangère, les revenus générés en monnaie locale ne sont pas assez
suffisants pour couvrir non seulement les frais financiers, mais aussi la perte de change due au
taux de change.
L’inefficience
Elle représente l’incapacité de la micro finance à minimiser les couts marginaux de production
et ou d’exploitation. Elle doit donc être en mesure d’une part de maitriser son seuil de rentabilité
et d’autre part d’offrir des services financiers attractifs à des taux raisonnables, c’est-à-dire des
taux qui ne sont pas trop élevés (dans ce cas elle s’écarterait de sa mission sociale) ou encore
moins trop bas (dans ce cas elle s’éloignerait de l’objectif de pérennité).
La concurrence
Les constats sur le terrain montrent que les IMF font face à la concurrence non seulement entre
elles, mais aussi avec les banques, qui offrent pratiquement les mêmes produits, mais à des
échelles différentes. Par conséquent, chaque IMF devrait maitriser ses produits et services, les
prix pratiqués, les groupes-cibles, ses parts de marché ainsi que ceux de ses concurrents afin de
mieux définir son plan d’actions commerciales.
L’environnement
Les catastrophes naturelles sont fréquentes dans certaines zones de parle monde. Ce qui crée
des désagréments aux ménages, aux entreprises et par conséquent aux activités des IMF (baisse
considérable des flux d’opérations).
Ceux–ci sont multiples, et nous allons présenter leurs composantes. Le risque de crédit
comprend :
- Le risque de contrepartie : qui est pour une banque ou une entreprise qu’une
contrepartie (partie d’une transaction sur le marché de gré à gré) qui n’honore pas
ses obligations envers elles. C’est le risque de défaillance d’un débiteur sur lequel
l’établissement détient une créance ou un engagement de hors bilan assimilable.
Il comprend en général, les crédits octroyés, les titres détenus, les engagements hors bilan.
- Le risque de liquidité : qui fait allusion à une situation d’illiquidités dans laquelle
se trouve le client (temporaire ou conjoncturelle) on parle à ce moment de risque de
paiement.
- Le risque lié à l’activité de la structure du demandeur : il est lié à la baisse du chiffre
d’affaires, ce qui traduira le retard pour le débiteur à honorer ses engagements face à
l’institution financière.
- Le risque sectoriel : qui a trait au secteur d’activité.
- Le risque financier : qui est rattaché aux crises financières macroéconomiques
- Le risque opérationnel : il est lié aux risques d’ordre organisationnel en rapport au
fonctionnement même de l’institution financière.
- Le risque politique : lié à la probabilité que le changement de législation ou de
règlementation réduisent le taux de rendement attendu des investisseurs.
Contrairement à la mentalité populaire, le risque dans les IMF ne concerne pas que le crédit.
Les risques sont présents dans les IMF à tous les niveaux vus qu’il s’agit là de manipulation de
sommes d’argent, et il met en exergue aussi le facteur humain c'est-à-dire les clients qui
constituent sa clientèle, et même son environnement.
Pour pouvoir parler de gestion de risques, il faut identifier ces risques afin de mettre sur pied
des moyens de mieux les contrôler et les atténuer car on ne saurait parler de risque zéro en
institution financière. Des conditions sont soumises à cet effet à l’emprunteur ce qui fait preuve
du partage des responsabilités entre l’institution financière et le client à cet effet.
Si le crédit est d’une grande importance, il faut cependant changer d'orientation et se pencher
sur la performance financière qui est un déterminant important sur la pérennité de toute
entreprise et les IMF ne dérogent pas à cette règle.
La performance est concept multiforme qui peut se présenter sous plusieurs formes selon son
auteur ou son évaluation. Fréquemment utilisée dans les ouvrages de gestion, elle présente des
difficultés sur la standardisation de sa compréhension. Sa définition a subi des modifications
suivant les auteurs et selon le contexte où l’on se trouve, d’où la complexité du concept. C’est
d’ailleurs pour cette raison que Otley (1999) relève que « la performance est elle-même un
terme ambigu qui ne possède pas de définition unique ». Pour ce faire, la présente section
développera la notion de performance puis abordera le sens dans lequel cette
expression sera utilisée dans notre travail.
I. DEFINITION DE LA PERFORMANCE
La performance se doit d’être un idéal pour toute entreprise qui veut survivre pendant
longtemps dans son secteur d’activité. Cette notion est souvent prêtée à confusion
par de nombreux utilisateurs non avertis. En effet qu’est-ce que la performance ? Une
telle question nécessite de s’attarder sur le paramétrage du concept et son
évaluation suivant les différentes dimensions.
Après avoir dégagé les principaux aspects des définitions de ce mot dans la littérature, nous
constatons qu’en analyse économique, la notion de performance semble familière, concept de
référence dans les approches théoriques et dans la pratique économique, elle s’intègre des
notions diverses.
La performance financière est l’indicateur le plus utilisé pour déterminer la réussite d’une
entreprise en termes de rentabilité financière (Lorino, 1997). On la considère souvent comme
un barème de référence que les investisseurs utilisent pour réaliser des enquêtes préalables ou
évaluer le statut de l’investissement. Après avoir défini la notion de performance, nous nous
attèlerons ici sur l’approche de la performance financière en présentant sa définition selon les
multiples auteurs et ses indicateurs.
II-1- Définition
Cette notion a été présentée par plusieurs auteurs parmi lesquels Friedman (1970), qui définit
la performance financière comme la maximisation de la richesse des actionnaires. Elle consiste
à réaliser la rentabilité souhaitée par les actionnaires avec le chiffre d’affaire et la part de marché
qui préservent la pérennité de l’entreprise (Issor 2017).
Chakra Varthy (1986), pour sa part l’a définie comme relative à la survie de l’entreprise et est
mesurée par la rentabilité des investissements, des ventes, la profitabilité, la productivité, le
rendement des actifs, etc. Elle intègre ainsi la création de valeur pour le client, l’actionnaire et
la satisfaction des investisseurs : c’est la création des richesses pour une organisation.
Généralement évaluée à partir des documents comptables, la performance financière peut être
en outre entendue selon Sahut et Al (2003) comme les revenus issus de la détention des actions.
Kaplan et Norton (1998) la caractérise en trois mots : « suivre, réussir et prospérer ». La survie
se mesure au cash-flow, le succès au chiffre d’affaires et la prospérité au rendement des capitaux
propres.
De manière générale, nous pouvons dire la performance financière repose sur le principe de la
création et la maximisation de la valeur actionnariale de la firme. A cet effet, tous les acteurs
sont intéressés par la bonne performance financière de celle-ci : les salariés, soucieux de leur
emploi et de leur rémunération ; les gestionnaires, qui œuvrent pour la pérennité de l’entreprise
; les apporteurs de capitaux, qui espèrent des dividendes ; etc. Pour bien mesurer la performance
financière, il nous faut connaître ses indicateurs de mesure et ses principaux
déterminants.
a) La performance sociale
La performance sociale d’une entreprise est déterminée par ses résultats dans les domaines qui
ne relèvent pas directement de son activité économique elle est déterminée au sein de la
responsabilité sociale des entreprises. Elle vise à apprécier le comportement social des cadres,
des encadrants, et des dirigeants de l’entreprise. Cette pratique permet également d’évaluer la
performance des salariés dans l’entreprise et de trouver des facteurs d’amélioration compatibles
avec la performance atteindre par l’entreprise.
La performance sociale des entreprises sert à évaluer le bien être des salariés dans l’entreprise
et est inscrit dans une optique de développement durable. L’amélioration de ce bien être passe
par la résolution des problèmes existants au sein de l’entreprise, tels que l’absentéisme, les
arrêts maladie, le stress, les problèmes relationnels, le bore, ou le burn out, ou encore le
harcèlement moral. Elle est cependant, du fait de son objet difficile à apprécier.
Elle peut être évaluée en fonction de plusieurs critères et va suivre un processus évolutif. Il faut
d’abord :
- Fixer les points sur lesquels on souhaite évaluer la performance sociale, par
exemple, donner la priorité à la sécurité et à la santé au travail et apporter une
attention particulière au nombre d’accident de travail ;
- Déterminer les personnes concernées par ce dispositif ;
- Fixer les modalités de cette évaluation (exemple/ sur une courte, moyenne, longue
durée au niveau d’un individu, d’un groupe, d’un établissement, de l’entreprise, etc.)
b) La performance sociétale
La performance sociétale des entreprises (désormais PSE) peut se définir comme la mesure du
niveau de mise en pratique de la responsabilité sociale des entreprises (désormais RSE) dans la
firme (F.G. BAKKER et AL, 2005; W.C. FREDERICK, 1 994).
Cette responsabilité est souvent considérée comme la mise en application par l’entreprise des
principes de développement durables (F. Mauléon et F. Silva, 2009 : 24). C’est l’interaction
entre l’entreprise et la société. La performance sociétale formalise l’idée selon laquelle une
entreprise, du fait qu’elle agisse dans un environnement à la fois social, politique, et écologique,
doit assumer un ensemble de responsabilités au-delà de ses obligations purement légale et
économique.
Selon Voyer (1999) cité par Dreventon (2012) un indicateur de performance est défini comme
« une mesure liée à une valeur ajoutée, au rendement, aux réalisation et à l’atteinte des objectifs,
aux résultats d’impact et aux retombées ». Ces indicateurs sont multiples et dépendent d’une
organisation à une autre. En effet, certaines organisations doivent produire à la fin de chaque
exercice comptable, des documents de synthèse (le bilan et le compte de résultat). Ces
documents contiennent les informations de base pour mesurer la performance financière. De
manière générale, ces indicateurs de mesure de la performance financière
peuvent être basés sur le marché et ou sur la comptabilité (Mc Guire, 1985).
Cependant, pour mesurer la performance financière, nous sommes appelés à utiliser
plusieurs types d’indicateurs à savoir : la rentabilité, la création de valeur et la
profitabilité.
III-1- La rentabilité
La rentabilité est un indicateur qui représente la capacité d’une entreprise à réaliser des
bénéfices à partir des moyens mis en œuvre. Selon Haorau (2008), « la rentabilité est l’aptitude
de l’entreprise à accroitre la valeur des capitaux investis, autrement dit à dégager un certain
niveau de résultat ou de revenu pour un montant donné de ressources engagées dans l’entreprise
». Elle permet l’évaluation de la performance des ressources investies par des apporteurs de
capitaux. Cependant, la rentabilité d’un établissement de microfinance est sa capacité à couvrir
ses charges d’exploitation par ses produits d’exploitation pour dégager des
excédents (Silem et Albertini (1989). Les produits d’exploitation proviennent pour l’essentiel
des intérêts et commissions reçus sur les crédits accordés aux clients. Pour ce qui est des charges
d’exploitation, nous pouvons citer les charges financières, les frais généraux, les dotations aux
amortissements et aux provisions.
Un établissement de microfinance est donc rentable quand ses produits d’exploitation dépassent
ses charges d’exploitation continuellement. Dans ce cas, il affiche un résultat net positif. C’est
donc l’outil d’évaluation privilégié pour l’analyse financière. On distingue deux types de
rentabilités : la rentabilité économique et la rentabilité financière.
III-1-1 La rentabilité économique
La rentabilité économique est donc la capacité pour une entreprise à transformer en résultat ses
capitaux investis (actif réel). Houarau (2008) estime que la rentabilité économique exerce une
influence significative sur la rentabilité des capitaux propres car un niveau élevé de taux de
rentabilité économique peut être obtenu par un taux de profitabilité faible et d’une rotation
élevée des capitaux investis ou l’inverse. Elle se mesure par le ratio ci-après :
Résultat d′ exploitation−IS
Rentabilité économique =
Capitaux investis (Capitaux propres+dettes)
En effet, la rentabilité économique exprime la capacité des capitaux investis à créer un certain
niveau de bénéfice avant paiement des éventuels intérêts sur la dette. Elle peut donc être
considérée comme une mesure de la performance économique de l’entreprise dans l’utilisation
de son actif : elle détermine quel revenu l’entreprise parvient à générer en fonction de ce qu’elle
possède. C’est donc un ratio utile pour comparer les entreprises d’un même secteur économique
qui passe par deux principales grandeurs de mesures :
Le rendement sur actif est une mesure générale de rentabilité qui reflète aussi bien la marge de
profit que l’efficacité de l’établissement de microfinance. Plus simplement, elle mesure la façon
dont l’établissement de microfinance utilise ses actifs. Ce ratio intéresse particulièrement les
banques qui souhaitent savoir dans quelle mesure l’argent prêté dégagera un résultat. En
général, la rentabilité économique s’apprécie comme le ratio du résultat économique sur l’actif
économique. Toutefois, d’autres définitions forcément assez proches existent (l’excédent brut
d’exploitation (EBE) remplaçant le résultat économique, par exemple…) Il se décompose en
taux de marge économique (résultat économique par rapport au chiffre d’affaires) et rotation de
l’actif (CA / actif économique).
La marge bénéficiaire est la différence entre le chiffre d’affaires et l’ensemble des charges
engagées par l’entreprise au cours d’une période donnée. Le résultat économique est le résultat
dégagé par l'actif économique. La notion est proche de celle de résultat d'exploitation mais on
prend en compte les charges et produits financiers dans la mesure où ils sont générés par l'actif
économique retraité, notamment par l'intégration du crédit-bail.
La rentabilité financière mesure la capacité des capitaux investis par les actionnaires (capitaux
propres) à dégager un profit. Ce ratio correspond à ce que les anglo-saxonne appelle le « return
on equity » ou encore « ROE ». Selon HOUARAU (2008) « le taux de rentabilité financière
permet d’apprécier l’efficience de l’entreprise dans l’utilisation des ressources apportés par les
actionnaires ; il exprime le rapport entre ce que l’entreprise offre comme résultats par rapport
aux investissements des actionnaires ». En clair, il répond à la question « si j’investis dans cette
entreprise combien vais-je récupérer en dividendes l’année prochaine ? Dans 2ans ? Etc. ce taux
est fondamental si vous souhaitez ouvrir votre capital à des investisseurs extérieurs.
Résultat net
Rentabilité financière =
Capitaux propres
La rentabilité financière est un ratio destiné aux seuls actionnaires, alors que la rentabilité
économique s’intéresse aux performances de l’entreprise. Le taux de rentabilité financière varie
avec le niveau d’endettement de la société. Elle s’apprécie comme le ratio du résultat courant
après impôt (c’est -à-dire le profit d’exploitation) sur les capitaux propres. Lorsqu’il n’y a pas
d’endettement, la rentabilité économique est égale à la rentabilité financière.
La performance financière des IMF leur permet d’être rentable, solvable voire pérenne. Elle
permet à ceux-ci de développer des services financiers qui leur seront profitables. C’est un
processus qui permet donc à l’IMF de trouver des voies et moyens de contours, de partenariat,
d’évitement afin de ne pas subir la concurrence, d’anticiper sur des gains futurs, et par
conséquent, de ne pas faire faillite.
III-1-3- La profitabilité
La profitabilité d'une entreprise est sa capacité à générer des profits à partir de ses ventes. Elle
compare le résultat net comptable (bénéfice ou perte) au chiffre d'affaires hors taxes de
l'exercice comptable.
La création de la valeur par une entreprise trouve son origine dans l’obtention d’une rentabilité
des capitaux investis, dans les activités supérieures aux coûts des ressources mobilisées pour
les financer (Carazza, 2008) cité par Elhmma (2010). Cet indicateur de création de valeur
mesure le surplus qui a été dégagé et qui constitue la rente économique que l’on qualifie
Au terme de ce chapitre, il était question pour nous dans ce chapitre de présenter l’approche
conceptuelle et théorique de la gestion du risque de crédit et de la performance financière. Il
ressort que ces deux concepts sont des éléments clés pour le bon fonctionnement de l’entreprise.
Il s’inscrit dans les objectifs stratégiques de l’entreprise car s’il est négligé, il peut mener à la
faillite de l’entreprise. Mais après avoir cerné ces deux notions une interrogation demeure, celle
de savoir quelle relation existe entre la gestion du risque de crédit et la performance financière
dans les IMF.
CHAPITRE II :
ANALYSE THEORIQUE DE LA GESTION
DES RISQUES DANS LES IMF
La gestion du risque de crédit est l’ensemble des techniques et mécanismes qui permettent de
maitriser la probabilité de non remboursement d’un crédit accordé par une institution.
Autrement dit, elle vise à couvrir l’ensemble des risques liés à un emprunteur n’honorant pas à
temps ses engagements. La performance financière repose quant à elle sur le principe de
création et de maximisation de la valeur nominale de la firme. De ces deux approches théoriques
des différentes variables de notre étude, nous pouvons définir leur lien qui reposera sur leurs
indicateurs.
Il s’agira cependant dans ce chapitre de faire le rapprochement théorique entre les éléments de
la gestion du risque de crédit et les indices de la performance financière dans la première
section1 et de montrer l’influence qui sévit entre ce rapprochement en section 2.
Appelé aussi le risque de moralité, il est défini comme l’impossibilité pour le principal (la
banque) d’obtenir des informations sur le comportement non observable de l’agent (client)
susceptible de mettre en échec l’exécution du contrat. Stiglitz J. et Weiss A. (1981), dans le
cadre de la relation banque/client, pose le problème d’aléa moral suite à l’octroi de crédit. La
banque se trouve dans un cadre d’insuffisance d’information à propos des actions prises par le
client et particulier la situation exacte du projet. L’établissement de crédit peut se réserver le
droit de contrôler l’activité de son client afin de s’assurer que ce dernier ne cherchera pas à
dissimuler les rendements réels découlant du projet d’investissement qu’elle a financé et qui
devraient rembourser le crédit. Toutefois, les informations qu’elle pourrait obtenir de ce
contrôle ne peuvent être garanties comme fiables. Par conséquent, la banque demeure exposée
au risque de non remboursement ce qui traduit immédiatement sur son activité en y accentuant
les pertes.
Pour Jensen (A993), la régulation est considérée comme un mécanisme de gouvernance externe
destiné à compenser les défaillances des systèmes de contrôle interne. Les banques et les IMF
sont différentes des organisations non financières parce qu’ils sont régulés (CaprioetLevine,
2002 ; MaceyetO’Hara, 2003).
Dans un marché parfait où l’allocation des ressources est optimale et l’information
équitablement partagée par les divers participants, l’intervention d’une force extérieure investie
de la mission de sanctionner, de récompenser ou encore de pénaliser les organisations affichant
les comportements aberrants et dysfonctionnels n’est pas indispensable ; le marché
s’autorégule.
Le cadre de cette théorie sera plus axé sur la base des fonds propres. Elle permettra de montrer
le lien entre le capital des microfinances et leurs risques ; puis de mettre en évidence l’évolution
des fonds propres en fonction des actifs risqués des microfinances. Ce lien est primordial pour
les autorités prudentielles dans leur choix de renforcement des fonds propres, de l’amélioration
de la solvabilité des microfinances et des possibles de modifications futures des normes
prudentielles. Dans le cadre du contrôle du système en zone CEMAC, la loi bancaire a prévu
divers ratios mettant en œuvre un rapport quantitatif entre certains éléments de l’actif et certains
éléments du passif du bilan. Ceci est dans le but de s’assurer de la solvabilité et la liquidité des
banques ainsi que la protection des institutions financières et de la clientèle et le respect de
l’orthodoxie financière conformément aux standards internationaux. Il s’agit d’un ensemble de
normes CEMAC dont le respect de toutes ces mesures a pour but de maintenir saine la gestion
de la microfinance. En effet, avant d’octroyer le crédit, la banque doit se prémunir de la
réalisation de certains risques et pour cela, elle doit tenir compte d’un ensemble d’indicateurs
et de données. Lorsque le crédit est octroyé, elle doit se rassurer d’être en accord avec les
normes prudentielles émises par la COBAC ceci pour éviter de se faire fragiliser, de satisfaire
au mieux ses épargnants et d’éviter des sanctions disciplinaires.
Le but ultime de cette précaution étant de garder une bonne rentabilité voir l’augmenter au fil
des années, la crise financière de 2008 à mis en exergue les insuffisances de la réforme BâleII.
La crise des crédits subprime s’est en effet avérée avant tout une crise de liquidité qi aurait pu
mettre fin à l’équilibre financier planétaire si les banques centrales n’étaient pas intervenues.
Suite à ces évènements, un des premiers soucis de ce régulateur a donc été de renforcer les
ratios de liquidité des établissements bancaires. La crise a fait par ailleurs apparaître un monde
bancaire sous-capitalisé. En effet, sans recapitalisation des Etats, un certain nombre
de contreparties n’auraient plus été à même de faire face à leurs engagements. Pour
réagir face à cette crise financière, la réponse du G20 de Séoul est l’instauration de
nouvelles exigences du comité de Bâle avec un durcissement significatif des contraintes en
fonds propres des banques.
Ainsi, Bâle III en étude avant la crise apparaît donc comme une obligation pour la sérénité
future de la planète financière. Les trois maîtres mots de la réforme sont solvabilité, liquidité et
prévention du risque systémique et vont donc mobiliser essentiellement les directions
financières et les directions des risques.
Dans la littérature de la microfinance, certains auteurs ont déjà fait allusion à la notion de
gestion du risque de crédit donc nous évoquerons dans le cadre de notre travail. Nous allons
tenter de rapprocher leurs analyses et leurs conclusions pour élucider notre argumentation
autour de la performance financière des IMF en présentant dans un premier temps, le
rapprochement entre les mécanismes d’octroi de crédit et la rentabilité économique puis dans
un second temps le rapport entre la qualité du recouvrement et la rentabilité financière des
microfinances.
Les mécanismes d’octroi de crédit ont une influence sur la rentabilité économique à plusieurs
niveaux. Nous pouvons citer la qualité de traitement des dossiers, la fixation du taux d’intérêt
avec la marge bénéficiaire ou le chiffre d’affaires ; la sélection des clients, l’évaluation de la
garantie et le rendement des actifs.
Acclassato (2006) rapporte qu’en Afrique de l’ouest, des IMF viables financièrement ont eu à
appliquer des taux d’intérêt de l’ordre de 84% et qu’en Indonésie, la Bri Unit Desa a des taux
compris entre 35% à 60%. C’est dans cette même veine, qu’en Bolivie, la Banco Sol. Corposol
a eu à appliquer un taux effectif de 52% pour obtenir un rendement réel de 4,9% sur le total de
son actif (CGAP, 1995).
Ainsi, pour atteindre la viabilité financière, les IMF sont obligées d’appliquer des taux d’intérêt
élevés mais non exorbitants. Cependant Cull, Kunt et Morduch (2007) montrent que pour les
IMF qui octroient des prêts individuels, lorsque les taux d’intérêt appliqués dépassent le seuil
de 60% l’IMF n’est plus rentable car cela s’accompagne d’une baisse de la demande de crédit.
Par ailleurs, les IMF qui appliquent les taux d’intérêts les plus élevés sont celles qui sont les
plus performantes, les plus efficaces et les plus viables financièrement. Ceci est conforté par
des études empiriques de Robinson (1996) et Conning (1999) qui montrent que seules les IMF
qui génèrent des profits sont capables d’accumuler des fonds propres ce qui est une source de
financement pour assurer leur pérennité afin d’augmenter leur porté auprès des pauvres.
A mesure qu’augmentent les fonds propres des IMF, les IMF peuvent aussi augmenter leur
capacité de financement, que ce soit au moyen de l’endettement ou en acceptant des dépôts plus
importants de la part de leur clientèle, ceci entraîne une nouvelle progression de la portée de
leur action, avec comme conséquence la viabilité financière.
Il s’ensuit que pour atteindre un niveau de rendement important, un IMF doit fixer des taux
d’intérêts suffisamment élevés pour couvrir ses charges car un taux d’intérêt trop faible la
condamnerait au déficit. Par contre, un taux d’intérêt inutilement élevé pénaliserait ses clients,
qu’elle pourrait perdre, ce qui pourrait remettre en cause sa mission sociale. Les IMF doivent
espérer le tableau de bord de prospectif qui est un outil de management stratégique récent. Il
fut créé par Kaplan et Norton au début des années1990. Celui-ci permet de traduire la mission,
les objectifs et les stratégies de l’entreprise en un ensemble d’indicateurs de performance
(Kaplan et Norton, 2010). Tous les indicateurs sont reliés par des liens de cause à effet ; boucle
de rétroaction, etc. La mission et la stratégie globale (but de la conduite de l’action) sont donc
traduites en mesures. Il se compose de quatre axes: financier, clients, processus internes et
apprentissage organisationnel.
De tout ce qui précède, compte tenu de ce que le principal produit des IMF est l’intérêt des
prêts, nous pouvons conclure que l’excédent brut d’exploitation ou la marge économique des
IMF dépend en particulier du taux d’intérêt car si celui-ci est très faible, le rendement sera
faible. Le niveau de marge économique dépend en particulier du taux d’intérêt appliqué. En
s’appuyant sur l’axe financier et des clients du Tableau de Bord Prospectif de Kaplan et Norton
(1990), nous pouvons conclure en disant que les IMF doivent fixé des taux d’intérêt pouvant
procurer une rentabilité des capitaux investis par des actionnaires mais des taux d’intérêt qui ne
sont pas des fardeaux pour des clients car si le taux d’intérêt est fixé au détriments ou sans tenir
compte de l’intérêt des clients, ces taux loin d’être un atout de la rentabilité peuvent plutôt être
un frein à la performance financière de ces derniers.
Les micros entreprises, principaux clients des IMF fournissent très peu de garanties matérielles,
et d’informations financières et comptables fiables aux IMF. Ainsi, la sélection entre les micro-
entrepreneurs sans tomber dans un mécanisme d’anti –sélection et la mise en place de
contraintes très fortes au remboursement, sont des problèmes cruciaux auxquels les IMF
doivent faire face pour atteindre la performance financière. Les IMF doivent inventer des
mécanismes d’incitation spécifiques pour distinguer les bons micro-entrepreneurs des mauvais.
Un des mécanismes proposés par Chowdhury (2007) est le prêt fréquentiel ; en effet, L’espoir
d’obtenir au cours des périodes suivantes de nouveaux crédits, pour soutenir la croissance de
son micro entreprise, et donc à l’amélioration de son bien-être social, est un mécanisme qui
permet non seulement de séparer les micro-entrepreneurs aux possibilités de remboursement
douteux des bons, mais aussi d’améliorer la qualité du portefeuille à risque. Ce mécanisme de
sélection des micro-entrepreneurs douteux des bons permet d’éviter le phénomène de contagion
perverse qui pourrait se répandre chez les emprunteurs à risque faible qui trouveront qu’il est
stupide de rembourser leur crédit alors que les autres ne le font pas. Ceci a pour conséquence
d’accélérer la détérioration de la qualité du portefeuille et de contribuer à une dégradation de la
performance financière de l’IMF. Plus le montant des impayés est réduit, meilleur est le résultat
net après impôt. Par conséquent le rendement des capitaux propres sera élevé. Une bonne
maîtrise du portefeuille à risque; Sa réduction de façon significative dans le portefeuille global
de l’IMF rendrait les profits des IMF plus significatifs et par conséquent avoir un impact positif
sur la performance financière des IMF. Compte tenu de l’importance de ce ratio dans la gestion
de crédit la COBAC a fixé un taux maximum du portefeuille à risque.
OsseniI. (2011), pense que la gestion rationnelle de crédit doit passer par une bonne
manipulation des variables de décisions, une connaissance parfaite de ses effets perturbateurs
afin de mieux administrer un traitement efficace. Il ajoute que, le non remboursement observé
généralement dans les IMF est dû aux comportements laxistes des gestionnaires de celles-ci, et
propose la sélection des clients, l’organisation, le contrôle et la gestion prévisionnelle du
microcrédit afin de réaliser l’équilibre générale de l’entreprise et de prévoir les éléments
perturbateurs au lieu de les subir. Fort de ce qui précède, on serait tenté de dire que la cause
principale des mauvaises performances et la chute de certaines institutions de microfinance est
avant tout endogène. Les IMF doivent donc être beaucoup plus vigilant sur leur mode de gestion
de crédit. Le secteur présente aussi des risques structurels dû à la forte expansion de sa clientèle.
Dans plusieurs pays, le nombre de clients qui se chiffre à plusieurs centaines de milliers a
largement dépassé celui de la clientèle gérée par le secteur bancaire. Ainsi, si on peut penser
que l'impact économique de la faillite d'une institution resterait relativement faible, son impact
financier et surtout social pourrait s'avérer plus considérable. De manière générale le fait est
que seules quelques institutions ont les moyens de mettre en place une gestion professionnelle
compatible avec les obligations d'une activité financière.
Nombreuses sont les institutions qui ne respectent pas la réglementation adaptée au secteur,
jusqu'à présent un grand nombre d’entre eux ne dispose toujours pas d’outils permettant leur
mise en œuvre.
En somme, cette première partie nous a permis à travers ses deux chapitres de développer d’une
part les concepts de gestion du risque de crédit et de performance financière. Cependant, nous
avons ressortis dans le chapitre 1 analyse conceptuelle de la gestion du risque de crédit à la
performance financière des institutions de microfinance en étayant tour à tour les concepts clés
de notre étude respectivement dans les sections1et 2. Puis dans le chapitre2, nous avons mis en
évidence la gestion du risque de crédit comme un levier de la performance financière des IMF
en présentant premièrement les explications théoriques qui sous-tendent (section1) puis
deuxièmement en dégageant l’incidence financière du risque de crédit en montrant le lien entre
les différentes indicateurs de ces concepts.
DEUXIEME PARTIE :
METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ET
ANALYSE DES RESULTATS DE
RECHERCHE
Il sera question pour nous dans cette partie de démontrer qu’une bonne gestion du risque de
crédit influence la performance financière des IMF dans le contexte camerounaise afin de
suggérer des voies et moyens pour améliorer son impact.
Pour ce faire, nous avons organisé cette partie en deux chapitres comme suit :
Dans le chapitre trois nous allons dans la section 1 donner la définition de la microfinance,
donner son historique, les types de produits financier qu’elle offre puis dans la section 2
présenter la méthodologie que nous avons utilisé pour notre étude.
Dans le chapitre quatre nous allons dans la section 1 présenter les résultats obtenues et dans la
section 2 nous interprétons les résultats et nous faisons les recommandations.
CHAPITRE III :
CADRE D’ANALYSE ET METHODOLOGIE
DE L’ETUDE
Ce chapitre qui est ouvre le débat sur les aspects techniques de notre étude sera subdivisé en
deux sections. Dans la première section nous présenterons la microfinance, son historique, les
missions des microfinances et dans une seconde section nous présenterons tous les aspects
méthodologiques qui fonderont nos analyses.
La microfinance initialement conçue comme une forme de solidarité entre les pauvres exclus
du système bancaire, s’est développée pour devenir une part importante dans le financement du
développement. C’est ainsi que plusieurs auteurs dont les théoriciens, praticiens, divers réseaux
internationaux, organisations internationales et aussi non gouvernementales, associations, qui
œuvrent sur les questions de la microfinance, ont donné leurs appuis théoriques et pratiques sur
le fonctionnement de cette pratique d’intermédiaire financière. Une bonne conception de cette
notion voudrait que l’on présente ses contours avant d’embrayer, sur les divers produits de la
microfinance.
I.1- Définition
Marc Labie, définit la microfinance comme l’octroi de services financiers (généralement du
crédit et/ ou de l’épargne, à des personnes développant une activité productive, le plus souvent
de l’artisanat ou du commerce et n’ayant pas accès aux institutions financières commerciales
en raison de leur profil socio – économique (il s’agit des pauvres, sans revenus fixes, qui
n’offrent aucune des garanties demandées par les institutions bancaires commerciales).
Pour beaucoup de personnes et pour le grand public en particulier, la microfinance se confond
avec le microcrédit. Elle désigne les dispositifs permettant d’offrir de très petits crédits «
microcrédit » à des familles pauvres pour les aider à mener des activités productives ou
génératrices de revenus leur permettant ainsi de développer leurs très petites entreprises. Avec
le temps et le développement de ce secteur particulier partout dans le monde, la microfinance
s’est élargie pour inclure désormais une gamme de services plus large (crédit, assurance,
épargne, transfert d’argent etc. …) et aussi une clientèle plus étendue. La microfinance ne se
limite donc pas aujourd’hui à l’octroi de microcrédit aux pauvres mais bien à la fourniture d’un
ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier classique ou
formel.
Le CGAP (Groupe Consultatif pour l’assistance aux Pauvres) définit la microfinance comme
«un ensemble de services financiers et bancaires à destination des populations pauvres »
Le règlement CEMAC (Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique
Centrale) définit la microfinance comme étant une activité exercée par des entités agrées
n’ayant pas de statut de banques ou d’établissement financier et, qui pratiquent à titre habituel
des opérations de crédit, et ou de collecte de l’épargne, offrent des services financiers
spécifiques au profit des populations évoluant pour l’essentiel en marge du circuit bancaire
traditionnel.
La synthèse de ces définitions nous permet de définir l’IMF comme étant un moyen de
développement économique permettant aux personnes à faibles revenus, exclues du système
bancaire formel, d’améliorer leur mode de vie, d’augmenter leurs revenus, en leur offrant un
ensemble de services financiers tels que : l’épargne, le crédit, l’assurance, le transfert d’argent
etc.…
Ainsi appréhendée, la microfinance apparait sous trois différentes catégories selon le règlement
CEMAC qui définit ainsi pour chacune les formes juridiques admises (n°1/03
/CEMAC/UMAC/COBAC du 13 avril 2002). Le tableau ci-dessous donne un aperçu
récapitulatif de la catégorisation des IMF.
Capital
Catégorie Activités Forme juridique
minimum
Epargne / Crédit Forme mutualiste
1 ère catégorie uniquement avec les (Coopec, Mutuelle, Non défini
membres Association)
Epargne / crédit avec
2eme catégorie les actionnaires et Sociétés Anonyme (SA) 50 000 000
avec les tiers
Divers (ONG, Sociétés,
Crédit sans collecte de
3eme catégorie Coopec, Ets 25 000 000
l’épargne avec les tiers
individuels …)
Source : DGTCFM, rapport final 2011
I.2- Origine de la microfinance au Cameroun
C’est au docteur Muhammad Yunus que nous devons l’acceptation actuelle de la microfinance
qui tient d’outil de développement économique et social des couches défavorisées. A l’aide des
travaux pratiques réalisés avec ses étudiants sur les théories de l’investissement, ce brillant
économiste bangladais découvre l’extrême indigence financière de ses concitoyens fabricants
de tabourets en bambou qui n’ont aucun moyen de constituer des stocks de matières premières.
Leur besoin en crédit est pourtant infime : 27 dollars en tout pour 42 paysans qui ne peuvent
avoir accès aux banques. Leur ayant prêté cette somme de sa poche, il peut découvrir combien
leur activité augmente, lorsqu’ils peuvent acheter d’avance la matière première, échappant ainsi
aux fluctuations importantes des prix. De cette autre expérience à travers le monde. D’après la
création de sa banque, la microfinance est devenue un instrument essentiel de la lutte contre la
pauvreté (Cloudfront. Net).
Le développement de la micro finance au Cameroun est marquée par trois périodes : 1960-
1980, 1980-1990 et de 1990 à nos jours.
La période 1960- 1980 : cette première période est marquée par le développement autonome
des coopératives d’épargne et de crédit. Une première expérience des coopératives s’est
construite autour de l’union des caisses populaires de Yaoundé grâce à l’appui de l’église
catholique en partenariat avec le mouvement Desjardins en 1970. Cette expérience a connu un
échec et le réseau a dû être déclaré en faillite en 1977. La seconde guerre expérience visant le
développement des coopératives est celle de Camccul, union des coopératives d’épargne et de
crédit basée à Bamenda dans le Nord-ouest avec l’appui technique des volontaires néerlandais
et américains. Les premières caisses remontent dans les années1960. L’expansion dans la zone
francophone date de 1974.
La période de 1980- 1990 : au Cameroun, la période est caractérisée par la faillite des banques
de développement et par l’explosion du phénomène des COOPEC qui tentent de combler le
vide laissé par ces banques. Cette période coïncide avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle
législation sur les coopératives. Il faut également signaler ici, que la crise du secteur bancaire
débute vers les années 80 et la restructuration de ce secteur qui a suivi, ont entrainé la liquidation
de plusieurs banques, la fermeture de la presque totalité des guichets de banques dans les zones
rurales et les petites villes, puis le licenciement de nombreux cadres de banques. Ces derniers
La période de 1999 à nos jours : la micro finance a connu un essor remarquable et s’est
diversifiée qu’à partir du début des années 90 à la faveur de lois n° 90/053 du 19 décembre
1990 sur la liberté d’association, et n° 92 / 006 du 14 août 1992 relative aux sociétés
coopératives et aux groupes d’initiative commune. Les années 90 vont également connaitre de
nombreuses innovations et diversifications dans le secteur de la microfinance. C’est ainsi que
l’on va voir apparaitre plusieurs formes des structures de microfinance allant des sociétés
coopératives d’épargne et de crédit aux projets de développement ayant un volet microfinance.
Il s’agit des caisses villageoises d’épargne et de crédit autogérées créées par le biais des projets
ruraux décentralisé démarrées en 1995 avec l’appui technique du CIDR et sous financement
AFD et les caisses de base (CABA) promues par le FOCAOB vers la fin des années 90. Ce
grand engouement pour la microfinance va s’accompagner d’une crise, essentiellement dans le
secteur des COOPEC, du fait du manque de professionnalisme et l’absence de contrôle. En
effet, au début des années 1990, la microfinance est apparue au Cameroun comme une réponse
au financement de l’économie en général et des pauvres en particulier. Le gouvernement a
traduit dans les faits cette option par la loi de 1992 portantes organisations des sociétés
coopératives et des groupes d’initiative commune. Cette loi les avait placés sous la tutelle du
Ministère de l’agriculture. Cependant à la suite de nombreux dysfonctionnements ayant émaillé
les activités des sociétés des coopératives d’épargne et de crédit, le gouvernement a pris la
décision de les placer désormais sous la tutelle et le contrôle du Ministère des Finances à travers
le décret du Premier Ministre de 1998, qui soumet désormais toutes les COOPEC au régime
d’agrément et au contrôle de la part dudit Ministère.
en rapprochant l’homme et la société de leurs valeurs, contribue à créer les conditions d’un
développement durable.
Se focalisant à leur tour sur les notions relatives à l’analyse et à l’évaluation des impacts de la
microfinance, Jeannin et Sangare (2007 :4) soulignent que trois générations sont identifiables
dans les études consacrées à l’estimation des effets de la microfinance, chacune d’elles étant
orientée méthodiquement par les questions pertinentes de l’époque. La première génération,
constituée des premières études apparues vers le milieu des années 1990 et qui s’intéressaient
plus au fonctionnement des IMF qu’aux impacts sur les clients qui n’étaient appréhendés que
sous l’aspect économique ; la deuxième (après les années 1990) constituée des études de plus
en plus nombreuses et qui s’intéressaient à l’impact de la microfinance sur la pauvreté ; et la
troisième qui s’étend du début des années 2000 à nos jours, prônant une approche globale, c’est-
à-dire combinant les deux premières.
Elle agit aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine. Elle a pour objectif d’aider les pauvres
à sortir de la misère en ayant accès au microcrédit impossible pour eux dans les banques
conventionnelles. En 1999, elle a créé l’Union Bank of Cameroon (UBC).
La MC2 est le symbole d’une synergie de la masse populaire rurale multipliée par la vitesse
d’intégration des valeurs socioculturelles ancestrales au management moderne. La MC2 est une
formule magique simple à expliquer. Elle signifie que la victoire sur la pauvreté (VP) est
possible à condition que les moyens (M) et les compétences (C) de la communauté (C) soient
mis ensemble. Ce qui nous donne la formule : VP = M × C × C = MC2
En plus des principaux réseaux d’IMF, nous trouvons des institutions qui n’offrent pas que du
crédit, c’est l’exemple de l’Agence de Crédit pour l’Entreprise Privée au Cameroun (ACEP) et
de « Cameroun Gatsby Trust ».
La microfinance, de manière générale , est une aide destinée aux personnes en situation de
marginalisation financière , ou encore d’exclusion financière ,c’est-à-dire tout individu qui ne
peut plus normalement vivre dans la société qui est la sienne parce qu’il fait face à un fort
handicap de l’accès à l’usage de certains moyens de paiement ou de règlement , à certaines
formes de prêts et de financement, aux moyens comme dans la possibilité de s’assurer contre
les risques touchant sa propre existence et ses biens ou dans celle de transfert des fonds ou
revenu » (centre Walras , 2011) . Différentes sortes de produits financiers adaptés à ces
personnes ont alors vu le jour.
II-1- Microcrédit
- Microcrédit solidaire
Il consiste à s’appuyer sur un mécanisme de groupes composés généralement de cinq
emprunteurs afin de compenser l’absence de garanties matérielles de ces individus. Chacun se
porte « caution solidaire » pour les autres dans le sens ou si l’un de ces membres ne rembourse
pas son prêt, les autres doivent le faire pour lui (Boyé et al ; 2009). C’est donc au groupe lui-
même qu’est transféré le risque de non remboursement quant à elles, concernent le groupe.
Elles sont bien souvent sous forme de suspension de nouveaux prêts.
La pression sociale fait donc chacun rembourse car aucun ne veut être celui qui pénalise les
autres, et ils ont alors tout intérêt à surveiller et à mettre à l’écart eux même ceux qui sont
susceptibles de ne pas pouvoir rembourser : les emprunteurs à haut risque. Ce principe de
responsabilité collective du groupe et cette sélection des membres par le groupe lui-même
résouds le problème d’asymétrie d’information, c’est–à-dire son manque de renseignements sur
les emprunteurs et diminue les risques de sélection adverse, d’aléa moral, le cout de l’audit et
permet, un meilleur respect des contrats. Ce mécanisme de caution solidaire permet un très fort
taux de remboursement (proche de 1001%) et une baisse des couts de transactions connues pour
être important. En effet, le fait que ce soit les membres du groupe qui sélectionnent les
emprunteurs, évite à l’IMF toute recherche et analyse couteuse pur connaitre sur les clients et
ainsi lui permettre d’économiser les couts d’instruction de dossier.
L’autre avantage est son rôle positif sur la société avec ce mécanisme de solidarité qui permet
de créer et développer des liens, voire des amitiés au sein du groupe des cautions solidaires
Alyson Falcucci, (2012).
Relativement à son historique, ce produit financier a vu le jour à la fin des années 1970 et au
début des années 1980. Il s’est notamment développé dans la Grameen Bank (jusqu’en 2001).
Cette dernière fut créée en 1976 au Bangladesh, l’un des pays les plus pauvres au monde.
- Le microcrédit individuel
Ici, le prêt est accordé à une personne, et non plus à un groupe, en se basant sur sa capacité à
présenter les garanties de remboursement et un certain degré de sécurité de l’institution lui
octroyant le crédit. Ce type de crédit à un but précis, il n’est pas possible d’en faire un usage
libre comme le crédit solidaire. Il sert à financer un projet en particulier. C’est pourquoi,
contrairement au crédit solidaire, l’analyse des dossiers de crédit individuel et les garanties
présentées par les clients est de la plus haute importance dans ce cas. L’IMF est alors
directement en charge de la sélection de ses emprunteurs, elle ne repose plus sur un mécanisme
d’auto sélection.
remboursement du crédit soit adapté au flux de revenu du client. Ensuite, les IMF pratiquent
les mêmes analyses que tout banquier réalise avant d’accorder un prêt : des analyses générales
du budget familial afin de connaitre les dépenses (récurrentes ou exceptionnelles), les autres
revenus du foyer… Mais dans les IMF, ces procédures sont beaucoup plus difficiles à exécuter
en raison des différents outils d’informations car la plupart de ses clients ne tiennent pas de
comptabilité, elles ont tout de même réussi à les adapter. Ce sont alors aux agents de crédit de
devoir reconstituer ces éléments financiers grâce à un questionnaire posé directement aux
clients (Boyé et al …2009). Pour ce qui est des garanties à apporter, la garantie matérielle est
plus indispensable. Elle permet une sécurité à l’institution en cas de non remboursement,
n’ayant pas de l’exercice d’une pression sociale. Mais comme nous l’avons vu précédemment,
les Pays en Voie de Développement ne possèdent pas ce genre de garanties. Le développement
d’autres formes de garanties par les institutions s’est alors imposé :
Les garanties apparaissent également sous forme d’incitations au remboursement il en est ainsi
en l’occurrence de l’incitation positive c'est-à-dire, la possibilité de renouvellement rapide de
crédit avec un montant plus important, si le précédent a été remboursé comme convenu, et de
l’incitation négative en cas de menace (Boyé et al ; 2009).
De ce qui précède , il ressort que le microcrédit est un service de prédilection pour les IMF en
ce sens qu’il revêt des formes particulièrement adaptées aux différents groupements des petits
entrepreneurs et en même temps leur offre une panoplie de garanties à la fois flexibles adaptées
aux niveaux de risques auxquels ces derniers s’exposent dans leurs investissements.
L’épargne est la part des revenus restant disponibles après les dépenses de consommation
courante. Les IMF peuvent être autorisées sous certaines conditions à collecter l’épargne.
Toutefois, en raison de la nécessité d’assurer la protection de l’épargne des pauvres, les Etats
et les banques centrales fixent le cadre dans lequel les IMF peuvent le collecter afin d’assurer
une protection aux épargnants.
Dans bien des cas, les ménages pauvres ont plus besoin des services d’épargne que ceux de
crédit. Les plus démunis veulent surtout sécuriser leur économie. Déposer son argent, son
épargne en sécurité est en effet le plus demandé de tous les services de microfinance. En
l’absence de lieux de dépôt, l’épargne des ménages quand elle est constituée de petites pièces
ou de petits billets doit être cachée dans un jardin, dans le plafond… Pour les personnes pauvres,
il est fondamental de disposer d’un endroit sûr pour conserver leur épargne, cette démarche
répond :
Les banques, mais aussi souvent les microfinances ne peuvent généralement pas répondre à la
demande d’épargne pour trois raisons essentielles :
Dans sa conception traditionnelle, l’épargne apparait beaucoup plus sous la forme de tontines.
Dans sa version moderne cependant, on note entre autres l’épargne obligatoire ; étant une des
conditions du microcrédit solidaire, elle se caractérise par des versements obligatoires que
doivent réaliser les bénéficiaires d’un crédit. Son montant dépend donc de celui du prêt accordé
et doit être versé avant l’octroi du crédit, ou au même moment. Elle est restituée à l’emprunteur
une fois son prêt remboursé, mais le crédit étant souvent renouvelé, les clients n’envoient
rarement la couleur, cette difficulté reste théorique. Cela représente donc pour les individus une
contrainte surtout un coup d’accès au crédit, plutôt qu’une ressource financière. Elle doit
pouvoir être mobilisable en cas de besoin pour être appréciée. Mais pour l’IMF, c’est loin d’être
une contrainte, au contraire, elle lui permet de se constituer une source de financement sans
cout de collecte, d’avoir une garantie facile à mettre en place, de créer un fonds de réserve.
Epargne volontaire bloqué C’est une épargne versée sur un compte bloqué pendant une
durée déterminée pouvant aller de quelques mois à plusieurs
années.
Dépôts à vue et les Les comptes d’épargne les plus liquides, ils n’ont aucune
comptes semi-liquides contrainte; les clients y déposent et y retirent de l’argent
comme bon leur semble.
De l’analyse précédente, il en ressort que le micro prêt et le micro épargne sont les services des
IMF les plus connus et les plus anciens. Toutefois, la modernisation desdites institutions s’est
faite accompagnée de nouveaux produits financiers (Alyson, 2012).
Au Cameroun, la mise en place des programmes d’ajustement structurel vers les années 80 et
la faillite du système bancaire classique sont à l’origine de l’émergence de la microfinance
« moderne ». La microfinance est, dans ce sillage, née des besoins en financement des
populations rurales pauvres non satisfaits par le système bancaire traditionnel. D’abord érigées
sous forme de coopératives, les IMFs ont évolué au fil du temps pour devenir des entités à part
entière. Ainsi, selon le règlement N° 01/02/CEMAC/UMAC/COBAC, la microfinance désigne
« une activité exercée par des entités agrées, n’ayant pas le statut de banque ou d’établissement
financier et qui pratiquent, à titre habituel, des opérations de crédit et de collecte de l’épargne
et offrent des services financiers spécifiques au profit des populations évoluant pour l’essentiel
en marge du circuit bancaire traditionnel ».
Toutefois, les IMFs camerounaises connaissent depuis 2008 des secousses « brutales » avec des
fermetures en cascade bien qu’on en dénombre environ 200 établissements.
Le tableau 4 : Ci-après nous renseigne sur quelques fermetures d’IMFs. La liste étant
loin d’être exhaustive.
Il sera question pour nous dans cette section de présenter les outils statistique et d’analyse qui
nous permettrons de formuler des résultats au chapitre suivant. Nous discuterons de la méthode
de collecte des données, nous présenterons le questionnaire ainsi que les logiciels utilisés, et
enfin nous présenterons quelques caractéristiques sociodémographiques.
Ce travail, réalisé dans auprès des microfinances de la ville de Yaoundé et Ebolowa, dans le but
d’analyser la relation entre gestion du risque de crédit et la performance financière de ces
dernières. A partir des techniques d'échantillonnage aléatoire, 79 clients issus des différentes
microfinances rencontrées ont été sélectionnés.
Les analyses statistiques ont été faite à l’aide de deux logiciels : CSPRO et STATA 14.0.
CSPRO a été utilisé pour effectuer le masque de saisi, saisir les données et générer la base de
données. STATA a été utilisé pour faire des analyses statistiques et les tests de corrélation.
Les données que nous utiliserons dans le cadre de notre analyse sont issues d’un questionnaire
dont la cible est les clients d’établissements de microfinance. Les données seront la résultante
combinée de variables qualitatives. Qualitatives car elles ressortent les caractéristiques socio
démographiques qui sont l’âge, le sexe, le genre, statut matrimonial et le niveau d’éducation.
Tranche d’âge.
La figure ci-dessus nous donne les informations sur les différentes tranches d’âge des individus
de notre échantillon. La tranche d’âge la plus représentative est celle constitué des 31-35 ans
(20), suivie par les 36-40 ans (19), 26-30 ans (17), 41-45 ans (9). Par la suite nous avons les
individus donc la tranche d’âge est comprise entre 21-25 ans (6), 40-50 ans (4) et concoctâmes
les 15-20 ans, les moins de 15ans avec un effectif d’une personne et les plus de 50 ans (2).
9
6
4
2
1 1
Source : L’auteur.
Sexe des répondants
La nature du sexe des répondants de notre échantillon est donnée par la figure ci-dessus. Il
ressort de cette dernière que notre échantillon est principalement composé d’homme (55%) et
de femme (45%).
Féminin
45%
Masculin
55%
Source : L’auteur.
DOCTORAT 1
MASTER 3
LICENCE 4
DEUG, BTS.. 21
BAC 28
PROBATOIRE 8
BEPC 7
CEPE 7
Source : L’auteur
Statut matrimonial.
Le statut matrimonial des individus de notre échantillon est donné au niveau de la figure ci-
dessus. Nous constatons que la majeure partie de notre échantillon (53%) est composé des
célibataires, 30% des employés sont mariés, 14% sont divorcé et 3% sont veuf ou veuve.
3%
Marie
30% Divorcé
Célibataire
Veuf/veuve
53%
14%
Source : L’auteur
Source : L’auteur
CHAPITRE IV :
ANALYSE ET INTERPRETATION DES
RESULTATS ET RECOMMANDATIONS
Dans ce chapitre, nous présenterons dans la première section la relation avec l’institution de
microfinance et la gestion du risque de crédit et la performance financière dans la deuxième
section.
Dans cette section nous présenterons la relation entre la microfinance et leurs clients d’une part,
les différents services proposés aux clients et les conditions d’octroi du crédit.
Les établissements de microfinance ont pour principale activité l’octroi des crédits à leur client.
Dans cette optique nous avons dans un premier temps voulu nous rassurer du fait que les
différents microcrédits dans lesquelles nos répondants se trouvent ont la possibilité d’en
bénéficier. Au regard des informations nous constatons que 98.73% des individus de notre
échantillon estime que leur microcrédit leur accorde du crédit. Toutefois une minorité
d’individus (1.27%) disent que leur structure n’offre pas de crédit.
La microfinance accorde
Effectifs Pourcentage
t’elle des crédits
Oui 78 98.73
Non 1 1.27
Total 79 100.00
Source : L’auteur
A ce niveau de notre analyse il sera question pour nous de nous rassurer effectivement si les
individus de notre échantillon ont déjà eu à demander un crédit. Il ressort des statistiques contenues
dans le tableau ci-dessus que 97.47% des répondants déclarent avoir déjà demandé un crédit, et
2.53% prétendre le contraire.
Avez-vous déjà
Effectifs Pourcentage
demandé un crédit
Oui 77 97.47
Non 2 2.53
Total 79 100.00
Source : L’auteur.
Nous nous sommes à ce niveau intéressé au nombre de crédit demandé. Au regard des
informations contenues au niveau du tableau ci-dessus nous constatons que la majeure partie
des individus de notre échantillon (43%) ont déjà eu à demander entre 2-3 crédits auprès de
leurs établissements de microfinance, 37.97% ont demandé un seul crédit, 7.59% des individus
de notre échantillon en ont demandé entre 4-5 ensuite concomitamment ceux qui ont demandé
entre 6-7 et 8-9 crédits.
Demandé un crédit est très important pour les clients des établissements de microfinance.
Cependant le remboursement de ce dernier est une source de gain pour la microfinance. Le
tableau ci-dessus nous donne les informations sur le remboursement du crédit. Il ressort de ce
dernier que 83.54% des individus de notre échantillon rembourse leur crédit, toutefois, 16.46%
ne l’on pas fait.
Avez-vous remboursé
Effectifs Pourcentage
votre crédit
Oui 66 83.54
Non 13 16.46
Total 79 100.00
Source : L’auteur.
Le tableau ci-dessus nous donne des informations sur les différents montants du premier crédit
accordé aux clients. Il y ressort que la majeure partie de notre échantillon (20.25%) ont demandé
pour le premier crédit un montant compris entre 700.001-800.000, 18.99% ont demandé entre
400.001-500.000, 13.92% ont demandé entre 300.001-400.000, 8.86% se trouve dans la tranche
100.001-150.000. Les montants de crédits demandés varient entre 50.000 et plus de 900.000.
50.000-100.000 4 5.06
100.001-150.000 7 8.86
150.001-200.000 5 6.33
200.001-300.000 2 2.53
300.001-400.000 11 13.92
400.001-500.000 15 18.99
500.001-600.000 5 6.33
600.001-700.000 9 11.39
700.001-800.000 16 20.25
800.001-900.000 2 2.53
Total 79 100.00
Source : L’auteur
Les informations du dernier crédit demandé contenu au niveau du tableau ci-dessus fait état du
fait que la plus grande proportion de notre échantillon 29.11% des individus ont emprunté entre
500.001-600.000, 17.72% ont emprunté entre 300.001-400.000, 15.19% de notre échantillon
ont emprunté plus de 900.000, 10.13% ont emprunté entre 1500.01-200.00.
Montant du dernier
Effectifs Pourcentage
Crédit
50.000-100.000 2 2.53
100.001-150.000 4 5.06
150.001-200.000 8 10.13
200.001-300.000 5 6.33
300.001-400.000 14 17.72
400.001-500.000 2 2.53
500.001-600.000 23 29.11
600.001-700.000 8 10.13
800.001-900.000 1 1.27
plus de 900.000 12 15.19
Total 79 100.00
Source : L’auteur
Cette partie de notre étude s’attèlera à nous informer sur la gestion du crédit par les différents
établissements de microfinance. Cela passe par l’imposition du taux d’intérêt, des garanties
demandées et la proportion du remboursement des crédits empruntés.
Le tableau ci-dessus nous donne les informations sur les différents taux d’intérêt rencontré au
niveau des établissements de crédit. Il ressort de ce dernier que la plus grande proportion des
établissements de microcrédit (41.77%) ont un taux d’intérêt de 20%, 31.65% ont un taux de
15%, 24.05% ont un taux de 10% enfin et concomitamment 1.27% avec 25% et 30%.
10% 19 24.05
15% 25 31.65
20% 33 41.77
25% 1 1.27
30% 1 1.27
Total 79 100.00
Source : L’auteur.
Pour bénéficier d’un crédit les individus des microfinances sont amené à apporter des garanties
qui sont considérés comme gage en cas de non remboursement ou encore comme une
couverture face au risque de crédit pour les microfinances. En effet au regard du tableau ci-
dessous nous constatons que dans le cadre de cette études les demandeurs de crédit ont eu
recours à deux principales types de garantie. La plus grande proportion de notre échantillon
59.49% ont eu recours à un titre foncier pour obtenir un crédit, par contre 40.51% ont eu recours
à un avaliste.
Tableau 12 : Garanties.
Garanties Effectifs Percent
AVALISTE 32 40.51
TITRE
47 59.49
FONCIER
Total 79 100.00
Source : L’auteur.
Le respect des échéances de remboursements au niveau du client est une preuve de son respect
de son engagement, de la viabilité de son activité. Par contre au niveau de la microfinance le
respect des engagements est une preuve de la bonne gestion des risques de crédit. Au regard
des informations contenues dans le tableau ci-dessous nous constatons que 88.61% des
individus de notre échantillon respecte effectivement leur délai de remboursement. Par contre
une minorité 11.29% n’a pas respecté ce dernier.
Il arrive souvent que les individus qui contractent le crédit l’utilisent a d’autre fin que celui
avancé. D’après les éléments contenus dans le tableau ci-dessous, nous constatons que la
majeure partie des individus de notre échantillon soit 69.62% ne détourne pas le crédit emprunté
a d’autres fins, toutefois, 30.38% des individus de notre échantillon l’on fait.
Le tableau ci-dessus nous donne les informations sur la satisfaction des clients par rapport à la
relation qu’ils entretiennent avec leur établissement de microfinance. Nous constatons que
91.14% des individus de notre échantillon sont satisfaits de la relation qu’il entretienne avec
leur établissement de microfinance, toutefois, 8.86% des individus ne le sont pas.
Satisfaction de
Effectifs Percent
la relation de crédit
Oui 72 91.14
Non 7 8.86
Total 79 100.00
Source : L’auteur.
Le tableau ci-dessous nous donne les informations sur le statut des clients par rapport à leur
intention de changer leur établissement de microfinance pour bénéficier d’un meilleur avantage
crédit. Il ressort de ce dernier que 72.15% des individus affirment ne pas vouloir changer leur
établissement de microfinance dans l’optique de bénéficier d’un meilleur crédit. Par contre
27.85% sont d’un avis contraire.
Dans cette section nous discuterons dans une première approche du lien entre gestion du risque
de crédit et performance financière des établissements de microfinance à partir des tests de chi2
et dans une deuxième approche nous proposerons des recommandations.
Il sera question pour nous de montrer à travers les tests de chi2 l’existence d’une éventuelle
relation entre la gestion du crédit et la performance financière des microfinances.
La statistique de Pearson fournie au niveau du tableau ci-dessous nous donne le seuil avec
lequel on à rejeter l’hypothèse nulle. Dans le cadre des résultats de notre analyse, l’hypothèse
nulle est fortement acceptée car Pr qui est égale à 0.7 est supérieur à 0.05 (Pr>0.05). Le nombre
de crédit reçu est distribué dépendamment du nombre de crédit remboursé. En d’autres termes
il existe un lien positif entre le nombre de crédit reçu et le nombre de crédit remboursé.
Tableau 17 : Test de chi2 entre le nombre de crédit reçu et le nombre de
crédit remboursé.
La statistique de Pearson fournie au niveau du tableau ci-dessous nous donne le seuil avec
lequel on à rejeter l’hypothèse nulle. Dans le cadre des résultats de notre analyse, l’hypothèse
nulle est fortement acceptée car Pr qui est égale à 0.935 est supérieur à 0.05 (Pr>0.05). Le
remboursement de crédit est distribué dépendamment de garanties détenues par les clients. En
d’autres termes il existe un lien positif entre le remboursement de crédit et les garanties
détenues.
Tableau 18 : Test de chi2 entre les garanties et le remboursement des crédits.
Oui 27 39 66
Non 5 8 13
Total 32 47 79
Source : L’auteur.
La statistique de Pearson fournie au niveau du tableau ci-dessous nous donne le seuil avec
lequel on à rejeter l’hypothèse nulle. Dans le cadre des résultats de notre analyse, l’hypothèse
nulle est fortement acceptée car Pr qui est égale à 0.710 est supérieur à 0.05 (Pr>0.05). Le
remboursement de crédit est distribué dépendamment des taux d’intérêts imposés aux clients.
En d’autres termes il existe un lien positif entre le remboursement de crédit et les taux d’intérêts.
Tableau 19 : Test de chi2 entre le taux d'intérêts et le remboursement du crédit.
La gestion du risque telle que présenter dans ce travail, n’est conforme à aucune procédure de
gestion. De ce fait, à travers nos recommandations, nous proposons un ensemble de solution
susceptible de permettre de mettre à la microfinance de se développer.
Le système de contrôle interne est basé sur l’ensemble des éléments sécuritaires contribuant à
la maitrise des établissements de microfinance. Son objet est donc d’une part la protection et la
sauvegarde du patrimoine de l’entreprise et d’autre part le respect des instructions du top
management favorisant l’amélioration des performances. Cette amélioration se fait à base :
- Le respect des procédures pour un meilleur contrôle : elles sont établies pour être
lues, suivies et appliquer chaque agent de la société ;
- Impliquer un gestionnaire interne ou un responsable de la gestion des risques : la
présence d’au moins un gestionnaire interne ou d’un responsable de la gestion des
risques pour superviser l’efficacité de leur système de contrôle interne est
nécessaire ;
- L’établissement des tableaux de bords : le tableau de bords est un outil pour mesurer
la performance. Lorsqu’il est bien conçu, il devient un réducteur de risque ;
- Créer des comptes centralisés pour toutes les agences afin d’améliorer la traçabilité
et le contrôle des opérations inter-agences : il doit mettre sur pieds un fichier
consolidés des immobilisations après inventaire et les suivre conformément au
manuel de procédure ;
- Optimisation de la collecte des fonds : la comptabilité représente une des fonctions
supports de la microfinance. Cette dernière doit être tenu avec le plus de rigueur
possible et des technicités pour assurer une collecte optimale des fonds ;
- Création des comptes tiers à partir d’un logiciel comptable : le comptable doit revoir
le libellé des convocations des clients c’est-à-dire attribuer à chaque client un libellé
propre à lui et créer des comptes tiers dans le logiciel afin de suivre la traçabilité de
l’entrée des fonds.
L’un des problèmes majeurs rencontrés au sein de la microfinance est la mauvaise gestion des
ressources financières étant donné que la relation avec la banque et la caisse est essentielle à
l’activité de la microfinance car cette dernière appartient à un circuit de manipulation des fonds.
Une gestion sociale et administrative réussie permet à la microfinance d’être plus performante
et d’atteindre ses objectifs.
CONCLUSION GENERALE
Parvenue au terme de notre étude qui s’inscrivait dans le champ de « La gestion des risques de
crédit et la performance financière : Cas des IMF ». L’option de ce thème de recherche avait
pour objectif de démontrer qu’une bonne gestion du risque de crédit permet de booster la
performance financière de la microfinance. Pour y parvenir, nous avons adopté une méthode
hypothético déductive. Les données utilisées dans cette recherche ont été collectées par nos
soins au moyen d’un questionnaire de sondage d’opinion adressé à certains clients des
microfinances des villes de Yaoundé et Ebolowa au Cameroun soit une moyenne de 79
personnes. Au travers des observations, plusieurs anomalies allant de l’absence d’un système
de contrôle interne au manque d’un tableau de bord ont été observées.
Aussi nous avons remarqué une mauvaise gestion de ressources financières en particulier la
mauvaise gestion des caisses.
Par ailleurs, la mise à disposition du questionnaire de la gestion du risque de crédit à réponse
fermer concernant les IMF nous a permis de constater entre autres anomalies, la mauvaise
politique de collecte des fonds. Toutes ces anomalies ont su galvaniser la problématique
centrale de notre étude qui est énoncé comme suit : « une bonne gestion du risque de crédit
peut-il influencer la performance financière des IMF ? ».
Le système de contrôle interne est basé sur l’ensemble des éléments sécuritaires contribuant à
la maitrise des établissements de microfinance. Son objet est donc d’une part la protection et
la sauvegarde du patrimoine de l’entreprise et d’autre part le respect des instructions du top
management favorisant l’amélioration des performances. Cette amélioration se fait à base :
Le respect des procédures pour un meilleur contrôle : elles sont établies pour être lues, suivies
et appliquer chaque agent de la société ;
La gestion des ressources financières : L’un des problèmes majeurs rencontrés au sein de la
microfinance est la mauvaise gestion des ressources financières étant donné que la relation
avec la banque et la caisse est essentielle à l’activité de la microfinance car cette dernière
appartient à un circuit de manipulation des fonds.
Plafonner les retraits en banque : les retraits servant à approvisionner la caisse devrait être
plafonné pour des transactions nécessitant des montants plus élevés, il est recommandé
d’effectuer les virements directement vers la destination (l’emploi de ceux-ci).
Gestion des carrières : il faudra mettre en place des outils permettant d’adapter le capital
humain aux besoins de la microfinance ;
Il convient de noter que nos hypothèses donc l’une qui consistait à montrer qu’un bon
mécanisme de gestion du risque de crédit appliquer à la microfinance influence la performance
a été vérifier et ceci du au faite que nous nous trouvons dans une phase de remboursement des
crédits accordés.
Cette vérification peut être faite après la mise sur pied effective c’est-à-dire au niveau de la
phase d’évaluation du système proposer. Nous espérons que cette étude apportera un plus dans
les travaux ultérieurs de recherche dans un domaine semblable.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
BRANGER, J. (1964)
F. TOCQUE (2014), Microcrédit personnel : quels impacts sur les ménages ? Informations
sociales.
FROOT et al. (1993), SMITH et STULZ 1985, Les déterminants et l’effet du management
des risques de crédit, édition, Erudit.
G. GAHIGI (2000), Analyse de l’effet des crédits octroyés par les institutions de
Microfinance au développement sous-économique de ses membres.
I.MANUJ and J. MENTZER (2008), Global supply chain risk management strategies,
international journal physical distribution.
J. BARTH et al. (2004), Bank regulation and supervision: what work best? Journal of
Financial intermediation.
J.M. SERVET (2006), Les banquiers aux pieds nus, la microfinance, Paris, édition, Odile
Jacob.
PAXTON et al. (2000), Modeling group loan repayment behavior: New insights from
Burkina Faso.
REVOL René et al, (2002) Dictionnaire des sciences sociales, Hachette livre, Paris.
SHARMA et ZELLER (1997), The role of microfinance for income and consumption
smoothing, Journals.Openedition.org.
AVERTISSEMENT ......................................................................................................................................... i
SOMMAIRE ................................................................................................................................................... ii
DEDICACE ................................................................................................................................................... iii
REMERCIEMENTS ..................................................................................................................................... iv
LISTE DES TABLEAUX ............................................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES .................................................................................................................................. vi
LISTE DES ABREVIATIONS ..................................................................................................................... vii
RESUME ..................................................................................................................................................... viii
ABSTRACT ................................................................................................................................................... ix
INTRODUCTION GENERALE .................................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : APPROCHECONCEPTUELLE ............................................................................. 5
CHAPITRE I : APPROCHE CONCEPTUELLE DE LA GESTION DES RISQUES DE CREDIT ET
PERFORMANCES FINANCIERES .............................................................................................................. 6
SECTION I : FONDEMENT DU RISQUE DE CREDIT ............................................................................. 6
I. DEFINITION DES CONCEPTS ........................................................................................................ 7
I-1- Définition du crédit ........................................................................................................................... 7
I-1-2- Objet et importance du crédit ................................................................................................. 7
I-1-3- Concepts théoriques sur le microcrédit .................................................................................. 8
I-2- La politique de crédit ....................................................................................................................... 9
I-2-1- L’octroi de crédit .................................................................................................................... 10
I-2-2- Le suivi de crédit .................................................................................................................... 11
I-2-3- Système de gestion des crédits ............................................................................................... 11
I-3- Définition de la gestion des risques de crédit ............................................................................... 11
I-3-1- Processus de gestion des risques ........................................................................................... 12
II LES DIFFERENTS RISQUES DANS LES INSTITUTIONS DE MICROFINANCES ............. 14
II-1- Définition du risque de crédit ................................................................................................. 14
II-1-2- Perception du risque ............................................................................................................. 15
II-2-1- Les catégories de risque dans les IMF ................................................................................ 16
II-2-2- Les risques liés au risque de crédit ...................................................................................... 18
SECTION II : LA PERFORMANCE FINANCIERE ................................................................................. 20
I. DEFINITION DE LA PERFORMANCE ........................................................................................ 20
II. APPROCHE DE LA PERFORMANCE FINANCIERE ........................................................... 21
II-1- Définition ....................................................................................................................................... 22
II-2-1- La performance sociale, sociétale ........................................................................................ 22
ANNEXES
Les informations collectées au cours de cette enquête sont strictement confidentielles au terme de
la loi N° 91/023 du 16 décembre 1991 sur les Recensements et Enquêtes Statistiques qui stipulent
en son article 5 que « les renseignements individuels d’ordre économique ou financier figurant sur
tout questionnaire d’enquête statistique ne peuvent en aucun cas être utilisés à des fins de contrôle
ou de répression économique ».
|__||__|
NUMERO DU QUESTIONNAIRE
CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES
01 Quel est votre tranche d’âge ? |__|
1 –moins de 15 ans 2- 15-20 ans 3-21-25 4-26-30 ans 5-31-35 ans 6- 36-40 ans
7-41-45 ans 8- 46-50 ans 9= plus de 50 ans.
02 SEXE 1=Féminin 2=Masculin |__|
03 Diplôme |__|
1- Sans diplôme 2= CEPE 3= BEPC 4=PROBATOIRE 5= BAC 6=DEUG, BTS. 7
=LICENCE 8=MASTER 9=DOCTORAT
04 Statut matrimonial |__|
1= Marié 2= Divorcé 3= Célibataire 4=Veuf/veuve
05 1- Agriculture, élevage, pêche 2- Agroalimentaire 3-confection 4-BTP |__|
5-commerce de gros 6-commerce de détail 7-transport 8-restauration 9-
Réparation 10-autres services.
RELATION AVEC L’INSTITUT DE MICROFINANCE
06 Le nom de votre micro finance……………………………………….
07 Est-ce que votre micro finance accorde des crédits ? |__|
1- oui 2-non
08 Avez-vous déjà demandé un crédit ? |__|
1-oui 2-non