Formation TW V0
Formation TW V0
1. Objectifs :
Acquérir les connaissances, le savoir-faire et l’aisance pour utiliser un appareil monomoteur à
piston à train classique dans les limites du manuel de vol.
2. Réglementation :
La formation est sanctionnée par l’apposition sur le carnet de vol du récipiendaire de la
mention “Apte à la variante TW“ par l’instructeur : PART-FCL.710 § c.
L’utilisation en commandant de bord d’un appareil à train classique nécessite d’avoir sur son
carnet de vol la mention “Apte à la variante TW“.
• La visibilité.
! Au sol :
Sur une grande majorité d’avion à train classique, la visibilité vers l’avant est réduite, voire
inexistante. La disposition en tandem de certains avions accroit cet inconvénient,
particulièrement pour le pilote en place arrière.
Il est donc important de ne pas entreprendre un vol si la position / réglage siège du pilote
n’est pas satisfaisante avant la mise en route.
Pour assurer la sécurité, il est nécessaire de rouler en réalisant régulièrement des petits
virages alternés de faible amplitude, afin de réduire l’angle mort vers l’avant.
Lors des changements de trajectoire, il est impératif de vérifier l’absence d’obstacle vers
la trajectoire à suivre avant le virage.
! En vol :
En fonction des types appareils (Biplan, aile haute, aile basse) les angles morts vers l’avant
peuvent être conséquents et sont différents d’un pilote à l’autre.
Lors du roulage, le pilote doit avoir constamment conscience de l’angle au vent afin
d’adapter ses actions. Le vent influence considérablement le roulage.
! Le lacet inverse :
Lors du braquage des ailerons, l’incidence de l’aile du côté de l’aileron qui s’abaisse
augmente, et celle de celui montant diminue.
Ceci entraine une variation de portance attendue entre les deux ailes mais également une
variation de trainée non désirée.
En conséquence un mouvement de lacet de l’avion apparait dans la direction opposée à
celle du roulis.
Le Lacet inverse est d’autant plus important que :
! La vitesse de vol est faible.
! Le braquage des ailerons est important.
! Le lacet induit :
De la même manière, la différence de vitesse des ailes crée une différence de trainée.
Ceci entraine un mouvement en lacet dans le sens contraire du virage.
Dans un virage stabilisé, pour maintenir le taux de virage constant, la direction est très
légèrement braquée vers l’intérieur du virage.
! Le couple de renversement. :
Durant la rotation du moteur (Action), l’avion tend à vouloir tourner autour de l’hélice.
(Réaction).
Le couple de renversement est d’autant plus important que :
! La puissance motrice est élevée.
! La vitesse faible.
Afin de minimiser les effets gyroscopiques, la mise en ligne de vol au décollage, doit
être réalisée souplement pour éviter une embardée à gauche qui peut devenir
incontrôlable (attention lors des touch & go).
Ainsi au sol, sans vent, privilégier les ½ tours à gauche pour plaquer la roulette de queue
au sol plutôt qu’à droite où une action brutale entrainerait le soulèvement de la roulette
de queue.
! Le souffle hélicoïdal :
L’écoulement aérodynamique n’est pas linéaire derrière l’hélice mais plutôt hélicoïdal autour
du fuselage et des empennages.
Ceci a pour conséquence de créer un mouvement de lacet à gauche en raison de l’action sur
l’empennage vertical et également un couple cabreur pour l’action sur le plan horizontal.
Le souffle hélicoïdal est d’autant plus important que :
! La vitesse est faible.
! La puissance motrice est élevée.
Toujours dans le but de minimiser les effets moteur, la puissance doit être appliqué
progressivement sans brutalité.
Les pieds ne doivent absolument pas « trainer » sur les freins, car la roue gauche étant soumise
au couple de renversement, en cas d’action symétrique des freins, la roue gauche sera plus
efficace, accentuant une éventuelle embardée.
Le shimmy !
Il arrive parfois lors de l’atterrissage, quand la vitesse est encore forte, que la roulette se mette à
osciller à grande amplitude très rapidement, entrainant alors des fortes vibrations dans tout le
fuselage. Le contrôle directionnel est affecté.
Dans ce cas, il faut alléger la charge sur la queue de l’avion en diminuant l’action du manche vers
l’arrière et effectuer un simple mouvement des palonniers de gauche à droite afin d’embrayer à
nouveau la roulette (Cas des roulettes débrayables).
Ce problème doit être reporté au mécanicien.
La main qui actionne la manette des gaz doit trouver (Avec un ou plusieurs doigts, la
paume…etc.), une référence sur la cloison, le pylône ou la planche de bord afin de doser avec
précision les variations de puissance.
• La mise en route :
Pour éviter de basculer par l’avant :
! L’avion doit être positionné face au vent.
! La gouverne de profondeur doit être maintenu à cabrer durant la mise en route.
! Ouvrir les gaz plus que nécessaire au démarrage est dangereux et abime le moteur.
On doit impérativement s’assurer de l’absence d’individu dans le champ de l’hélice avant
d’actionner le démarreur.
Levez le doute en annonçant à très haute voix l’intention de mise en route “ Personne
devant ! “ préalablement à l’action sur le démarreur.
• Le roulage :
La méthode ci-dessous permet de garder la pleine maitrise.
! Les obstacles :
Sur les appareils à ailes basses dont les bords de fuite sont très proches du sol (Jodel,
DR220) ou les avions de voltige équipés de pelles d’équilibrage, (Extra, CR100…etc.), le
pilote doit être conscient que les marges de franchissement des balises et autres
obstacles sont très faibles.
! Le vent au roulage.
Autant, il est facile de rouler un avion à train classique par vent faible, autant rouler à la
limitation vent de travers peut devenir très sportif !
Prendre en compte la limitation personnelle du pilote qui dépend de son expérience et
entrainement sur train classique.
L’effet de girouette expliqué ci-dessus est continuellement présent.
Il est indispensable de toujours matérialiser la direction du vent par rapport à l’axe de
l’avion.
Réalisation :
! Avoir une vitesse initiale faible.
! La profondeur doit être braqué à cabrée et les ailerons vers le vent.
! Appliquer le palonnier dans le sens du virage en augmentant brièvement la puissance
pour souffler la gouverne de direction et initier le virage.
! Appliquer une impulsion sur le frein intérieur pour débrayer la roulette de queue.
! Anticiper la manœuvre d’arrêt par action dosée du palonnier à l’opposé du virage en
augmentant brièvement la puissance pour souffler la gouverne de direction.
! Relâcher l’action du frein intérieur en réduisant la puissance.
! Laissez un peu rouler l’avion droit pour verrouiller la roulette dans l’axe avant l’arrêt.
Pour cette raison, il est nécessaire de positionner l’avion en épis par rapport au taxiway
pour rechercher un positionnement face au vent.
Prévoir suffisamment d’espace pour repartir avec un virage à l’opposé du vent !
Se méfier du souffle des appareils situé devant réalisant également leurs essais.
• Le décollage :
A l’exception de quelques avions fortement motorisés, le décollage des avions à train classique
nécessite de placer le fuselage en “ligne de vol“ durant la course au décollage.
Réalisation :
! Durant l’alignement, observez la manche à air pour évaluer l’effet du vent.
! Si la piste est encore occupée, il est pertinent de garder un angle avec l’axe de piste pour
pouvoir visualiser le complet dégagement de celle-ci avant de débuter l’envol.
! Les talons sont placés sur le plancher.
! Appliquez la pleine puissance progressivement pour éviter toute embardée.
! La profondeur est maintenue en arrière durant toute la mise en puissance pour ne pas
basculer par l’avant.
! Par vent de travers, les ailerons sont braqués vers le vent proportionnellement à la vitesse
du vent. C’est important !
! A cet instant le circuit visuel se concentre uniquement vers l’avant en vision directe ou
périphérique si la visibilité est réduite.
! Le tachymètre est lu un très bref instant pour vérifier la bonne application du régime
moteur minimum publié dans le manuel de vol.
! La profondeur est ramenée vers le neutre pour lever la queue et placer l’avion en ligne
de vol avec un objectif visuel d’assiette et non aléatoirement.
! Les ailerons sont progressivement ramenés vers le neutre au fur et à mesure de
l’accélération.
! La direction assure alors le contrôle directionnel. Le dosage doit être fin et précis.
! Lorsque l’avion veut voler…Laissez-le ! Puis accélérer à assiette constante jusqu’à la
vitesse de montée, ensuite prendre l’assiette nécessaire à la poursuite de l’ascension.
! La suite du décollage est identique aux techniques de pilotage des avions à train tricycle.
Remarques :
! La mise en ligne de vol est un moment délicat. Le pilote doit avoir conscience qu’a
cette instant la roulette de queue quitte le sol, elle n’a plus d’efficacité
directionnelle (Sur les avions à roulette conjugué).
Seul la gouverne de direction permet le contrôle. Son efficacité est faible à basse
vitesse.
Dès que la direction devient efficace, Il est particulièrement important à cet instant
de mettre l’avion en ligne de vol doucement pour éviter une embardé à gauche dû
à l’effet gyroscopique mais sans tarder pour ne pas décoller “queue basse“ aux
fortes incidences.
Ce qui peux alors devenir dangereux (décollage au second régime en effet de sol,
déstabilisation, etc.)
• La montée :
Lors des montées prolongées, il est indispensable d’effectuer à intervalles régulières des
variations de cap de +/- 15° pour assurer la veille anticollision vers l’avant ou repasser par
l’assiette de croisière quelques instants pour les mêmes raisons.
Augmenter la vitesse de montée est également un moyen pour accroitre la visibilité tout en
augmentant le refroidissement du moteur.
Réalisation :
! La faible visibilité vers l’avant de certain appareil, peut conduire à utiliser la technique de
finale en dérapage intérieur aile haute au vent pour décaler l’axe de l’avion de l’axe de la
trajectoire. Cette technique doit faire l’objet d’un apprentissage.
! La puissance est réduite complètement avant de débuter l’arrondi.
! L’arrondi est poursuivi jusqu’à atteindre l’assiette que l’avion possède lorsqu’il est au sol.
(A “photographier mentalement“ avant le décollage lorsque l’avion est aligné sur la piste).
D’où l’intérêt du bon réglage siège et de mémoriser l’assiette pendant le roulage.
! Cette assiette doit être maintenu et verrouillée après l’arrondi durant le palier de
décélération jusqu’au contact avec le sol, ce qui permet d’atterrir le train principal une
fraction de seconde avant la roulette de queue.
! Lorsque la roulette de queue est posée, amener ensuite le manche en arrière pour
maintenir les empennages au sol.
! Les ailerons initialement proches du neutre seront déplacés vers le vent traversier au fur
et à mesure de la diminution de vitesse.
! Attendre la vitesse de roulage avant toute action.
Concrètement :
! L’arrondi a débuté trop bas, la variation d’assiette est trop lente, la vitesse est trop faible,
l’avion touche avec une vitesse verticale trop forte et/ou l’avion n’est pas à l’assiette trois
points.
o Immédiatement, l’avion rebondi mais par l’inertie du contact un “peu ferme“, la
queue continue de descendre. Il s’ensuit une augmentation de l’incidence
particulièrement favorable à une augmentation d’assiette parfois conséquente, et
bien supérieure à l’assiette trois points.
o L’avion est alors, à une forte assiette, forte incidence, faible hauteur et faible
vitesse. Il manque cruellement d’énergie totale.
o Dans cette position délicate, non souhaité et dangereuse, la seule manœuvre du
pilote doit être de maintenir l’assiette et d’initialiser sans attendre une remise de
gaz en maitrisant parfaitement les effets moteurs.
DANS TOUS LES CAS, IL NE FAUT PAS DIMINUER L’ASSIETTE EN POUSSANT SUR LE MANCHE.
! L’arrondi a débuté trop haut, la variation d’assiette est trop rapide, la vitesse excessive
et/ou l’avion remonte.
o Si l’assiette est déjà supérieure à l’assiette trois points, effectuer une remise de gaz.
o Si l’assiette est inférieure à l’assiette trois points, maintenir celle-ci, laisser descendre
l’avion et reprendre la manœuvre d’arrondi.
DANS TOUS LES CAS, IL NE FAUT PAS DIMINUER L’ASSIETTE EN POUSSANT SUR LE MANCHE.
En cas de doute sur la situation, la remise de gaz est la meilleure décision à prendre.
Surtout, ne pas laisser l’avion toucher avec l’aile haute au vent, ce qui entrainera très
rapidement des difficultés de contrôle directionnel.
Réalisation :
! Après l’atterrissage, laisser l’avion décélérer quasiment jusqu’à l’arrêt avant de
positionner, les volets, le réchauffage carburateur et le compensateur puis de redécoller.
Ceci, afin de réduire le risque de perte de contrôle latéral et/ou de décollage “queue
basse“ particulièrement, quand la composante de vent de face est favorable.
! Ces actions nécessitent parfois des changements de mains, il est alors important de
concentrer son circuit visuel vers l’avant pour un parfait contrôle de la trajectoire.
! Il est toujours possible d’interrompre la manœuvre avant de remettre la puissance si la
longueur de piste est jugée trop faible.
Réalisation :
! L’arrondi se termine à l’assiette de ligne de vol qui est maintenue jusqu’au touché du train
principal.
! Après le contact, une infime variation d’assiette à piquer doit être prise pour diminuer
l’incidence afin de maintenir l’avion sur le sol.
! L’assiette de vol est maintenue aussi longtemps que possible, quand l’efficacité de la
profondeur diminue perceptiblement, la roulette de queue est posée en douceur à l’aide
de la profondeur.
! La suite est semblable à l’atterrissage trois points.
Remarques :
! A la prise de contact avec le sol, l’infime variation d’assiette doit être dosé finement pour
ne pas basculer vers l’avant.
! Les talons sont impérativement sur le plancher et les freins ne doivent pas être utilisés.
! Après le toucher, ne pas chercher à poser la roulette de queue trop rapidement car il
s’ensuit alors une augmentation d’incidence favorable à un nouvel envol !
! Ne pas trop retarder l’atterrissage de la roulette pour pouvoir le piloter.
Trop attendre c’est se retrouver avec le risque de ne plus avoir d’efficacité à la profondeur
et voir la queue de l’avion tomber brutalement de tout son poids.
• Le stationnement :
Sensible au vent et souffle des autres, l’emplacement doit être suffisamment abrité.
Un avion à train classique stationne face au vent.
En l’absence de frein de parking, l’utilisation des cales de roue est indispensable, même par vent
faible, le souffle des autres arrive toujours à l’improviste !
Si le vent est fort, immobiliser la profondeur à cabrer avec le harnais du pilote.
• La manutention au sol :
• Ne pas toucher l’hélice sans s’assurer visuellement de la coupure des magnétos (Ce n’est
pas spécifique aux avions à train classique).
• La roulette de queue est fragile.
• Ne pas passer les rails de hangar avec la roulette de travers mais plutôt dans l’axe.
Le franchissement doit être réalisé à faible allure.
• Sur les avions à haubans (PA18, biplan, etc.), ne pas pousser, tirer ou soulever l’avion par
le milieu des haubans pour éviter leurs déformations.
• Les risques :
! Monter ou descendre d’un appareil moteur tournant est très dangereux.
C’est à proscrire absolument.
! Sur les avions à fuselage étroit, attention au coup de coude accidentel dans les
commandes, particulièrement la manette des gaz. (PA18, J3…etc.)
! La position du sélecteur d’essence est parfois invisible de la place instructeur !
! Les sélecteurs de magnéto sans clef, présentent l’énorme risque de rester sur marche après
l’arrêt moteur (PA18, NA-T6...etc.)
Ils risquent également d’être manipulés accidentellement en vol.
! La visibilité en vol et au sol est faible.
La collision est un risque majeur.
! Accepter de décoller ou atterrir avec du vent arrière est une prise de risque supplémentaire
qui doit être bien évaluée et appréhendée par le pilote.
Ne pas céder à la pression du contrôle aérien ou au biais d’habitude, un QFU plus favorable
est souvent possible, il suffit de demander.
! Le démarrage à la main, rare mais toujours pratiqué sur les appareils les plus anciens, ne
permet pas l’improvisation. C’est une pratique qui présente des risques.
Le pilote et son “assistant brasseur d’hélice“ doivent se coordonner pour avoir une
communication infaillible.
Très spectaculaire pour les nostalgiques, curieux et amateur de réseaux sociaux, leurs
présences est une source de distraction et d’interruption de tâche qui augmente les
risques.
! La liste n’est pas exhaustive et la rigueur de mise !
! …ETC.
• L’interruption du décollage :
Cette manœuvre est toujours délicate sur tous les avions.
Les raisons d’interruption sont multiples, deux causes principales sont à prendre en compte :
A. Le moteur s’arrête brutalement :
Le facteur hélice, le souffle hélicoïdal et le couple de renversement cessent
immédiatement.
La charge est instantanément transférée sur l’autre roue, l’action initiale de correction
des effets moteurs doit être annulée sans délai.
L’effet de surprise est un facteur aggravant.
Le risque de sortie de piste est réel.
Dans le cas B :
Les actions sont identiques au cas A mais :
! C’est le pilote qui commande la réduction de puissance, il peut par conséquent
minimiser et anticiper les réactions de l’avion.
! Il ne faut pas attendre trop longtemps ou agir trop lentement, car la vitesse croît
rapidement.
Danger :
L’interruption du décollage et un exercice obligatoire demandé dans les épreuves de renouvellement et
délivrance des qualifications de classe SEP.
Je recommande aux instructeurs et examinateurs de réaliser cet exercice avec une immense prudence, à
faible vitesse en position trois points, dans environnement adapté.
Veillez à ce que la réduction de puissance n’ait pas lieu trop tardivement, afin de ne pas voir l’avion
décoller trois points avec le moteur en pleine réduction…Les conséquences serait catastrophique !
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