These Acier
These Acier
THESE
DOCTEUR D’UNIVERSITE
(Spécialité : Chimie-Physique)
Par
Noureddine KARIMI
Mes parents,
Mes frères et sœurs,
Ma femme.
Avant Propos
Cette thèse a été réalisée au sein du laboratoire L.V.E.E.M. Laboratoire Vellave sur
l’Elaboration et l’Etude des Matériaux au Puy en Velay. Je tiens à remercier Monsieur le
Professeur Henri BUSCAIL, directeur du laboratoire, pour m’avoir accueilli au sein de cette
unité de recherche en octobre 2003. Il m’a guidé avec patience et il me fait l’honneur de juger
ce travail. Qu’il trouve ici mes plus vifs remerciements pour l’attention portée à la conception
de ce travail qui, je l’espère, apparaître comme un modeste reflet de sa grandeur d’esprit.
Je remercie Monsieur Gilles BONNET, Professeur à l’université de la Rochelle, qui m’a fait
l’honneur d’accepter la présidence du jury de thèse, qu’il trouve ici le témoignage de ma
haute considération et de mon profond respect.
Mes remerciements les plus vifs vont aussi à Monsieur Frédéric RIFFARD, Maître de
Conférences et Madame Françoise RABASTE, Maître de Conférences à l'IUT.
Ils m’ont généreusement fait partager leurs connaissances et ont accepté de siéger parmi les
membres du jury. Que ces deux personnalités admirables trouvent ici le témoignage de ma
gratitude et de mon admiration sincère.
J’exprime mes sincères remerciements à Monsieur Sébastien Perrier, Ingénieur d’Etudes pour
ses qualités humaines, son efficacité et l’aide qu’elle m’a apporté pour la résolution de
nombreux problèmes techniques.
Je ne saurais oublier les docteurs, Régis Cueff, Christophe Issartel, Samira El Messki et le
doctorant Cong Tung Nguyen qui malgré leurs nombreuses occupations m’ont apporté
conseils, aide technique et scientifique contribuant au bon déroulement de ma thèse.
A Rachid Lyazghi, Olivier Poble, Jean pierre Defour, Isabelle et Thibault Vitry, Nathalie
Bertrand et Marie-Laure Rivet, collègues à l’IUT du Puy en Velay, pour leurs aide et leur
soutient.
Enfin, je souhaite exprimer toute ma reconnaissance à mes parents, ma mère Khadija et mon
père M’hammed, à ma grand mère Mbarka, à mes sœur Nora, Najat, Rabia et Zouhra, à mes
frères Mohammed, Abdelilah, Abdelkhalek, Abdeljabbar, à mes belles sœurs, Eddaouia,
Hayat, Mbarka et Milouda, à mes beaux frères, Abdessalam et Abdellah et à ma femme
Naima pour leur soutien constant et leur patience, et à qui je dois en grande partie
l’accomplissement de ce travail par l’espoir et la confiance qu’ils ont toujours su me donner.
Qu’ils trouvent avec ceci un modeste geste de reconnaissance et de remerciement.
Noureddine.
Table des matières
Introduction 1
A. Introduction 5
Annexes 156
Introduction -1-
Introduction
De nombreux développements ont été ainsi effectués depuis plus de 50 ans afin
d’établir une large gamme d’aciers dits inoxydables. Le chrome demeure l’élément d’alliage
essentiel de tous ces aciers en leur attribuant leur caractère inoxydable. D’autres éléments,
comme le nickel, agissent sur la structure, tandis que le titane ou le niobium évitent certaines
formes particulières d’attaque. Parmi, l’ensemble des aciers dits inoxydables, les aciers
austénitiques sont les plus employés. Ils doivent leur structure à la présence d’au moins 8% de
nickel associé à 18-20% de chrome. Comme les aciers ferritiques, ils n’ont pas de point de
transformation et leurs propriétés mécaniques ne peuvent pas être améliorées par un
traitement de trempe. En revanche, ils ne sont pas sensibles aux même phénomènes de
fragilisation et sont parfaitement soudables. Si les aciers martensitiques présentent des
propriétés mécaniques intéressantes, leur résistance à la corrosion est souvent insuffisante. Par
contre, les aciers ferritiques et austénitiques ont des limites élastiques et des charges à la
rupture relativement faibles mais de bonnes propriétés en milieu corrosif bien que l'ajout du
nickel augmente le coût des aciers austénitiques d'une manière appréciable.
leur stabilité thermique et de leur faible taux de défauts cristallins. Néanmoins, dans la
pratique, les couches formées peuvent donner lieu à des phénomènes de décollement qui
provoquent une mise à nu partielle ou totale de la surface métallique. Ces phénomènes sont
souvent liés aux contraintes induites par les mécanismes de croissance de ces oxydes, aux
cisaillements provoqués par des flexions mécaniques en cours de service ou aux contraintes
qui apparaissent lors des cycles thermiques, du fait des différences entre les coefficients de
dilatation thermique qui existent entre le métal et les oxydes formés.
L’emploi d’éléments actifs (ou réactifs), tels que le cérium ou le lanthane, est
connu pour améliorer notablement le comportement protecteur des couches de chromine, ce
qui permet d’obtenir une meilleure tenue des alliages métalliques en conditions d’oxydation à
haute température. C’est la raison pour laquelle des recherches ont été réalisées dans ce
domaine, en particulier pour mieux comprendre le rôle associé à ces éléments.
Le but de ce travail sera aussi de mieux différencier les oxydes de structure spinelle
AB2O4 ou corindon M2O3 que l'on retrouve dans la couche d'oxyde en utilisant la
spectroscopie infrarouge (IR-TF) [Music 1999 ; Volenik 1997 ; Volenik 1981 ; McDevitt
1964].
- (C) Cinétique
- (D) DRX
- (E) MEB - EDS - IR - MET
Les résultats sont présentés de façon à permettre une comparaison entrer l'acier AISI
304 brut et l'acier revêtu des dépôts sol-gel de cérium et de lanthane. Les tests
d'oxydation ont été menés aux trois températures (800, 900 et 1000°C).
Chapitre A
Synthèse bibliographique
A. Introduction
Afin d’obtenir une couche protectrice efficace, il est apparu nécessaire d’avoir une
réserve de l’élément constitutif de la couche au sein du substrat, permettant à la couche
protectrice de se reconstituer pendant la durée de vie du matériau [Armand 1990, Landolt
1993]. Dans la pratique, cette solution est employée dans le cas des alliages chromino-
formeurs (Fe-Cr-Ni ou M-Cr avec M=Ni, Co, Fe) et alumino-formeurs (M-Cr-Al avec M=Fe,
Ni, Co ou M-Al avec M=Fe, Ni) qui développent en surface des couches d’oxyde protectrices
(respectivement Cr2O3 et Al2O3) lors de l’oxydation à haute température [Lillerud 1980,
Kofstad 1988, Pieraggi 1987, Skeldon 1987, Prescott 1992, Graham 1995].
Il est aussi établi que la présence d’éléments mineurs de type terre rare dans les
couches de chromine ou d’alumine améliore considérablement leur caractère protecteur et
surtout leur adhérence. Les travaux du LVEEM ont pour but d’expliquer l’effet bénéfique des
terres rares incorporées aussi bien à des métaux purs qu’à des alliages chromino ou alumino-
formeurs et de préciser les meilleurs moyens à mettre en œuvre pour obtenir l’effet recherché.
Ce travail a pour objectif de mieux cerner l’origine de la modification des mécanismes
réactionnels mis en jeu au moyen de plusieurs techniques spécifiques que sont la
thermogravimétrie, la diffraction des rayons X in situ, la microscopie électronique à
balayage couplée à l’analyse élémentaire par microsonde X et la spectroscopie infrarouge.
Chapitre A – Synthèse bibliographique -6-
B.1. Principe.
L’oxydation est la réaction que nous attribuons à la mise en contact d’un métal M avec
un gaz oxydant. Les analyses effectuées sur nos alliages sont faites à l’air ambiant, aussi
l’élément oxydant qui intervient est l’oxygène. Cela implique donc la formation d’oxydes à la
surface de l’alliage.
x M + y/2 O2 MxOy.
Si la vitesse d’oxydation est faible à température ambiante, elle devient importante pour des
températures supérieures à 500°C.
Les oxydes formés diffèrent suivant les constituants présents dans l’alliage. Comme pour la
plupart des réactions chimiques, la prévision de la nature des produits de réaction se fait
suivant deux points de vue parfois divergents : la cinétique hétérogène et la
thermodynamique.
D’un point de vue cinétique, l’oxyde recouvrant l’alliage sera celui qui se forme le plus
rapidement, suivant une loi cinétique : logarithmique, linéaire, parabolique ou mixte [Kofstad
1988].
Par contre, les lois de la thermodynamique indiquent que ce devrait être le plus stable qui
subsiste. Les diagrammes d’ELLINGHAM (ΔG° = f (T)) ou encore les diagrammes de phases
permettent d’apporter un pronostic thermodynamique concernant l’oxyde susceptible de se
former.
Chapitre A – Synthèse bibliographique -7-
La couche d’oxyde joue alors le rôle de barrière de diffusion entre la matrice métallique et
l’oxygène de l’air. Cette barrière ne peut pas stopper totalement l’action oxydante, car les
éléments de l’alliage ou l’oxygène peuvent diffuser, sous forme ionique, au travers de cette
couche plus ou moins protectrice. La formation de la couche d’oxyde sur un alliage a été
schématisée par Kofstad [Kofstad 1988], (figure A-1).
Lors de l’oxydation, après la phase de germination, une fine couche recouvre le métal
et le protège de l'atmosphère ambiante (souvent l’oxygène). Le phénomène d’oxydation se
poursuit alors par diffusion suivant la théorie de Wagner [Wagner 1952].
C’est une diffusion "interne" quand l’oxygène diffuse de l’extérieur vers le métal et une
diffusion "externe" quand c’est un cation métallique de l’alliage qui diffuse vers l’interface
Chapitre A – Synthèse bibliographique -9-
oxyde/gaz. La diffusion peut se produire via des sites interstitiels, des lacunes et les joints de
grains d’oxyde. Suivant l’alliage étudié, nous pouvons rencontrer une diffusion externe,
interne ou mixte [Kofstad 1988].
L’acier AISI 304 étudié dans nos travaux est un acier austénitique. Pourtant, de
nombreux travaux remettent en question la structure purement austénitique de cet acier. Sur
toute une gamme d’aciers AISI 300, les travaux d’Elmer [Elmer 2000] et Hunter [Hunter
2002] mettent en avant une structure avec un mélange de phases austénitique γ et ferritique α.
La phase austénitique est une structure cristalline cubique à faces centrées et la phase
ferritique une structure cristalline cubique centrée. Un pourcentage de ces phases (82 %
d’austénite pour 12 % de ferrite) est même donné par Waanders [Waanders 2000].
Une troisième phase peut aussi être identifiée, la phase martensitique α’. Elle serait,
d’après Pérez, la conséquence d’une déformation plastique de la surface de l’alliage par le
polissage mécanique des échantillons [Pérez 2000]. Cette phase peut aussi prendre de
l’importance lors de l’oxydation malgré l'appauvrissement superficiel de l'acier en chrome qui
est un élément alphagène.
Rôle du chrome:
comme une bonne résistance à la fissuration et une bonne soudabilité. Lors de l’oxydation à
haute température, c’est le chrome qui généralement diffuse le plus rapidement pour former
une fine couche de chromine Cr2O3.
Ces aciers ont une température maximale d’utilisation plus basse que celle des alliages Fe-Cr-
Al. Elle se situe vers 800°C. Au-delà, apparaissent des oxydes mixtes ayant des structures
spinelles aux propriétés beaucoup moins protectrices [Landkof 1985 ; Hussain 1995]. La
formation d’une couche de chromine se fait grâce au chrome contenu dans la matrice. Une
teneur minimale de 12 % est nécessaire afin de pouvoir former une couche de Cr2O3.
L’épaisseur de cette couche diminue lorsque la proportion en chrome augmente de 13 à 25 %
dans la matrice [Suzuki 1996] et un taux compris entre 15 et 20 % permet d’aboutir à une
couche continue de chromine sans oxydes de fer [Bénard 1964]. Le développement d’un film
de chromine sur l’alliage est donc favorisé par une teneur en chrome importante et par une
taille de grain dans l'alliage relativement faible [Basu 1991], (figure A-2).
Figure A-2. Schéma montrant que la formation d'une couche de chromine continue peut être
favorisée par une taille de grain faible dans l'alliage Fe-18Cr-20Ni-1,5Mn-1,5Si
selon [Basu 1991].
Mécanisme:
Il est généralement admis que les couches de chromine croissent majoritairement par
diffusion externe des cations aux joints de grains de l’oxyde, pour des températures
Chapitre A – Synthèse bibliographique -11-
inférieures ou égales à 1000°C [Lobnig 1992], (figure A-3). La vitesse de diffusion du chrome
est mille fois supérieure à celle de l’oxygène. Par ailleurs, Tsai explique que les couches de
chromine croissent à partir du chrome métallique par diffusion prépondérante des ions
chrome, en partie par l’intermédiaire des courts-circuits constitués par les joints de grains de
la couche [Tsai 1995, Tsai 1996]. Les analyses SIMS sur les échantillons oxydés en présence
18
d’un marquage isotopique à l’oxygène O montrent que la diffusion cationique externe
prédomine nettement sur les aciers exempts de terres rares [Chevalier 2003, Chevalier 2001,
Chevalier 2000, Chevalier 2000b]
Figure A-3. Schématisation, selon Lobnig, de la diffusion externe des cations à travers
l'oxyde [Lobnig 1992].
Comportement cinétique.
Figure A-4. Transformée linéaire de la courbe de prise de masse de l'acier AISI 304 oxydé à
900°C montrant l'oxydation catastrophique [Huntz 2007].
[Pieraggi 1994 ; Pint 1996]. Selon Pint, les alliages contenant l'élément réactif voient cet
élément s'accumuler à l'interface interne et diffuser ensuite en direction de l'interface
couche/oxygène au cours du processus d'oxydation. Ceci serait dû à leur grande affinité pour
l'oxygène et leur faculté à diffuser via les joints de grains de la couche d'oxyde. A noter que
ce mécanisme connu sous le nom de "Dynamic-Segregation Theory" n'est envisagé qu'à la
suite d'une éventuelle période transitoire [Pint 1996] (figure A-5).
Figure A-5. Schéma montrant la diffusion externe des éléments actifs le long de joints de
grain de la couche d'oxyde formé lors de l'oxydation à haute température
[Pint 1996].
Figure A-6. Courbes de prise de masse montrant que la taille des particules de CeO2 peut
avoir une grande importance sur la réduction de la vitesse d'oxydation de l'acier
AISI 304 à 990°C [Patil 2002].
Paúl montre qu'un dépôt de lanthane ou de cérium (par pyrolyse d'un aérosol) permet de
diminuer la constante de vitesse parabolique d'un facteur 10 lors de l'oxydation de l'acier AISI
304 à 900°C [Paúl 2001a ; Paúl 2001b]. Ce même auteur montre que l'implantation ionique du
cérium, suivi d'un recuit permettant d'annihiler les défaut engendrés dans la structure de
l'acier, conduit à une diminution de la vitesse d'oxydation à 900°C [Paúl 2002].
De nombreux auteurs ont aussi observé que la présence d’un élément actif permettait d’avoir
un même effet protecteur pour une teneur en chrome plus faible. Une teneur entre 10 et 13 %
en chrome serait alors suffisante pour former une couche continue de chromine lors de
l’oxydation. Hou a montré l’effet bénéfique des dépôts d’oxydes de lanthane (La2O3),
d’yttrium (Y2O3) et de cérium (CeO2) sur les alliages Ni-25Cr et Co-35Cr [Hou 1987]. Pérez
montre une oxydation sélective du chrome dans le cas de l'implantation ionique du cérium sur
l'acier AISI 304 oxydé à 900°C [Pérez 1998]. Gutiérrez explique que dans les mêmes
conditions, le rapport Cr/Fe dans la couche d'oxyde est favorisé par l'implantation ionique du
cérium. Il a d'ailleurs été montré que l'implantation ionique du cérium provoque un
enrichissement à la surface de l'acier AISI 304 avant oxydation [Gutiérrez 2000] (figure A-7).
D’autres auteurs n’attribuent pas cet effet bénéfique à l’oxydation sélective du chrome mais
Chapitre A – Synthèse bibliographique -15-
plutôt à l’état métallurgique de l’alliage qui contient des éléments actifs [Lopez 2003].
Pint explique la diminution de la durée des étapes transitoires par l’affinement des grains
métalliques engendré par la présence des éléments actifs [Pint 1996].
La modification de la taille des grains de la couche d'oxyde est un phénomène souvent associé
aux effets des éléments actifs tels que le cérium en dépôt sol-gel [Aguilard 1993] ou par dépôt
OMCVD [Bonnet 1993]. Vu que la taille des grains joue sur le nombre de chemins de
diffusion du chrome, un alliage à grain fin permet de multiplier le nombre de joints de grains
et maintient un apport suffisant de chrome en surface [Basu 1991]. D’après Stringer, le
blocage de la diffusion cationique par les terres rares est responsable de la diminution de la
taille des grains d’oxyde de chrome [Stringer 1989]. Ces résultats sont toutefois contestés par
Przybylski qui montre que la taille des grains d’oxyde est identique sur un matériau brut et sur
le même matériau implanté à l’yttrium [Przybylski 1989].
Chapitre A – Synthèse bibliographique -16-
L’effet des terres rares semble très important sur l’adhérence des couches d’oxyde
[Mitra 1993]. Cette adhérence est mise à l’épreuve sous l’effet des contraintes imposées par
les cycles thermiques. Ces tests ont permis à Pérez [Pérez 1999] et à Colson [Colson 1995] de
mettre en évidence l’apport bénéfique du silicium et du cérium sur leurs aciers. Un dépôt
d’oxyde d’yttrium empêche l’écaillage de la couche à 800°C [Laursen 1994].
Quel que soit son mode d’introduction dans l’alliage, l’effet le plus important des éléments
actifs sur l’oxydation des alliages chromino-formeurs est l’amélioration de l’adhérence de la
couche formée.
Les différents travaux qui tentent d’expliquer l’origine de cette amélioration conduisent à
plusieurs suppositions :
- Rhys-Jones [Rhys-Jones 1988, Hou 1987] pensent que l’élément actif inhibe le rôle des
impuretés en empêchant des éléments comme le soufre, le phosphore ou le carbone de
s’accumuler à l’interface oxyde-métal.
- Le rayon ionique important des terres rares limite la porosité des couches d’oxydes [Yang
1987 ; Chevalier 2002].
Toutefois, il apparaît que les études sur l’oxydation des aciers chromino-formeurs ne fait que
très peu apparaître le rôle du lanthane et les éventuelles synergies avec les éléments d'alliage
tels que le silicium et manganèse.
De plus, les travaux cités ne font généralement pas apparaître de caractérisation structurales in
situ par DRX alors qu'il a été montré l'intérêt de cette méthode, en particulier dans le cas de
l'oxydation de l'acier AISI 304 entre 800 et 1000°C [Riffard 2006].
Chapitre A – Synthèse bibliographique -17-
Dans les aciers de type AISI 304, formeurs de chromine, le silicium est un élément
dont le comportement doit être considéré avec attention lors de l’oxydation à haute
température. Même si une trop grande teneur de cet élément semble altérer les propriétés
mécaniques du métal de base [Armand 1990], son incorporation permet d’augmenter la
résistance à l’oxydation des alliages. Plusieurs auteurs [Huntz 1995 ; Basu 1991 ; Evans 1983]
l’ont étudié et expliquent que le silicium s’accumule à l’interface interne alliage-couche de
Cr2O3 avec pour effet de bloquer la diffusion cationique. Le silicium, supposé présent sous
forme de silice, permet alors une diminution de la vitesse d’oxydation de l’alliage.
Mécanisme :
C’est la grande affinité du silicium pour l’oxygène qui permettrait son oxydation à l’interface
interne en développant des îlots de SiO2 le long des joints de grains du métal [Landkof 1985 ;
Aguilar 1992]. Cette silice serait alors à l’origine de la formation d’une barrière à la diffusion
mais aussi de l’ancrage de la couche de chromine par les particules de silices formées par
oxydation interne [Seal 1994 ; Durham 1998]. Elle est aussi à l’origine d’une baisse de la
porosité à l’interface interne avec des particules d’oxydes internes qui agissent comme des
pièges pour les lacunes [Nagai 1989]. La présence de silicium se traduit également par une
diminution de la quantité d’oxyde de fer peu protecteur [Pérez 1999 ; Wouters 2004] et la
disparition des nodules riches en fer [Basu 1991].
C’est pour cette raison et parce que le silicium altère les propriétés d’adhérence de la couche
qu’il est rarement introduit dans l’alliage avec des teneurs supérieures à 1 % (en tout cas avec
2% maximum pour les aciers riches en chrome).
La présence du chrome est primordiale pour éviter la formation de la fayalite Fe2SiO4, qui est
une très mauvaise barrière de diffusion [Manning 1983 ; Stott 1995]. D’ailleurs, d’après Stott,
la quantité nécessaire de silicium pour former SiO2 doit être plus faible lorsque la teneur en
chrome de l’alliage augmente [Stott 1995], (figure A-9).
Riffard explique que la formation d’une fine couche continue riche en silicium à l’interface
métal oxyde est favorisée par la présence de l’yttrium sur un acier AISI 304 [Riffard 2002].
Un effet similaire est observé avec le lanthane (dépôt sol gel) et l'oxyde mixte LaCrO3 a été
détecté dans la couche d'oxyde [Paúl 2007].
Dépôts de Silicium:
Récemment, une étude a été effectuée sur l'introduction superficielle de la silice par
dépôt chimique en phase vapeur sur l'acier AISI 304 à 450-550°C. Ceci conduit à la formation
de siliciures de type Fe3Si, Fe5Si3, FeSi, et FeSi2. L'adhérence de ce type de dépôt devient
mauvaise quand son épaisseur augmente. A l'heure actuelle aucun test d'oxydation à haute
température n'a permis de montrer son influence bénéfique par rapport aux alliages contenant
le silicium en tant qu'élément d'alliage [Pérez 2002].
Par contre, l'implantation ionique du silicium semble avoir des effets bénéfiques sur
l'oxydation de ce type d'acier à haute température, sous oxygène [Pérez 1998 ; Pérez 1999].
Il existe une controverse concernant l’effet du manganèse dans les aciers chromino-
formeurs. Si tous les auteurs sont d’accord pour dire que cet élément diffuse toujours très
rapidement à l’interface externe des couches d’oxydes [Lobnig 1992 ; Desport 1988 ;
Stroosnijder 1990 ; Roure 1994], tous ne sont pas convaincus de son effet bénéfique sur
l’oxydation à haute température.
Saeki a observé à 1000°C une augmentation de l’épaisseur des couches les rendant
plus fragiles lorsque le taux de manganèse dans un alliage chromino-formeur diminue [Saeki
1995]. Les oxydes formés à partir du manganèse auraient un rôle protecteur en étant à la
surface de la couche. Ils empêcheraient la conversion de la chromine en CrO3, un oxyde
volatil au-delà de 900°C en formant un oxyde de type spinelle Mn1,5Cr1,5O4 [Tedmon 1966 ;
Graham 1971 ; Tawancy 1996].
Chapitre A – Synthèse bibliographique -20-
La différenciation de certains oxydes de type M2O3 et AB2O4 est difficile à réaliser par la
diffraction des rayons X seule parce que les structures cristallines présentent des paramètres
de maille très voisins. Les analyses chimiques quantitatives par EDS peuvent permettre de
préciser la composition de ces oxydes. Toutefois, il apparaît intéressant d’utiliser une
technique d’analyse complémentaire qui permette d’apporter plus de certitude sur la nature
des oxydes formés. La littérature fait état de résultats obtenus par analyse infrarouge. Cette
technique semble pouvoir aider à l’identification des oxydes métalliques [Guillamet 1993].
Mc Devitt a répertorié les fréquences les plus représentatives des oxydes formés à partir de 52
éléments métalliques dans la gamme 700-240 cm-1 [McDevitt 1964]. Il a aussi montré que ce
sont les particules de moins de 10 microns de diamètre qui donnent les spectres les plus
représentatifs en transmission.
Allen a comparé les spectres obtenus sur les oxydes Cr2O3, FeCr2O4 et ZrO2 en fonction des
méthodes d'analyse. L'allure des spectres diffère selon que les oxydes sont analysés en
transmission, en réflexion sur des couches minces ou sur des couches épaisses [Allen 1977].
Ceci nous conduit à penser que la comparaison entre des spectres obtenus sur les oxydes de
référence (pulvérulents) et sur les couches d'oxyde doit se faire dans les mêmes conditions.
Dans notre étude nous avons choisi de travailler en transmission sur des oxydes de référence
et des couches broyées avec des granulométries identiques (poudres tamisées).
L'analyse IR-TF en réflexion est plutôt utilisée pour analyser les couches minces [Francis
1959] [Greenler 1969]. L'analyse IR-TF par réflexion spéculaire à angle variable peut
permettre d'étudier les étapes initiales d'oxydation des aciers AISI 304 et AISI 316 à haute
température [Lefez 1994]. Il est alors possible de mettre en évidence des éléments d'alliage
mineurs [Lenglet 1997]. Lors de l'oxydation de l'acier AISI 304, Mertens a pu montrer que
Fe2O3 et l'oxyde prédominant après oxydation à 400 et 500°C. A 850°C on observe la
formation du chromite de fer FeCr2O4, de Fe2O3 et de Cr2O3. Jusqu'à 850°C aucun oxyde de
nickel n'a été détecté [Mertens 1978].
Lors des études en réflexion, l'indice de réfraction et le coefficient d'absorption du film sont
des paramètres qui jouent sur l'aspect du spectre infrarouge [Greenler 1971 ; Thibault 1976].
L'absorption varie aussi beaucoup avec l'angle d'incidence et la polarisation du rayonnement
incident [Greenler 1969].
d) Oxydes de Chrome :
valence [VI] ce qui montre l'intérêt d'une telle méthode. Il existe une corrélation linéaire entre
le déplacement chimique des pics de l'oxyde et le nombre d'oxydation du chrome dans les
composés. Sur le chrome pur, il a aussi été montré que l'analyse en réflexion peut permettre à
la fois d'identifier les oxydes et de mesurer l'épaisseur d'une couche de corrosion [Swallow
1982, Allen 1982, Machefert 1991]. Des études ont même été réalisées sur des monocristaux
de Cr2O3. La comparaison avec l'alumine montre que la part de covalence dans la liaison est
plus grande dans la chromine [Renneke 1965].
d) Oxydes de fer :
Jasinski a présenté des analyses IR-TF effectuées en réflexion sur 11 formes cristallines
d'oxydes de fer et de carbonates de fer [Jasinski 1988]. Les maxima d'absorption des films
d'oxyde sont sensibles à une mise sous vide. Poling donne quelques exemples de spectres
obtenus en transmission sur α-Fe2O3, γ-Fe2O3, Fe3O4, FeO et γ-FeOOH [Poling 1969]. A titre
d'exemple cet auteur montre que les maxima d'absorption des films de Fe3O4, obtenus en
réflexion ne sont pas situés aux même nombres d'onde que ceux obtenus en transmission.
Volenik a présenté des résultats IR-TF obtenus sur des oxydes de type corindon Fe2-xCrxO3
entre 300 et 750 cm-1 avec x variant de 0 à 2 [Volenik 1981] (figure A-10). Une distinction est
possible entre les oxydes concernés.
Un ensemble d'oxydes mixtes de structure spinelle a été étudié sous l'angle de la distribution
des cations divalents et trivalents au sein de la structure. Il a été présenté des résultats IR-TF
obtenus sur des oxydes de type Fe3-yCryO4 entre 300 et 750 cm-1 avec y variant de 0 à 1,96
[Lenglet 1997 ; Lutz 1991 ; Volenik 1981]. Le spectre du chromite de manganèse MnCr2O4 a
été calculé par Himmrich [Himmrich 1991].
Chapitre A – Synthèse bibliographique -23-
Figure A-10. fig. Z) Spectres IR des oxydes de type corindon Fe2-xCrxO3 avec x compris entre
0 (A) et 2 (G) - fig.W) Spectres IR des oxydes de type spinelle Fe3-yCryO4 avec
y compris entre 0 (H) et 1,96 (N) [Volenik 1981].
Volenik montre qu'une bande à 1100 cm-1 avec un épaulement à 1198 cm-1 correspond à des
bandes de vibration Si-O dans SiO2 [Volenik 1997] (figure A-11). Même si l'alumine n'est
pas susceptible de se former sur notre acier, il est intéressant de citer que l'analyse IR-TF de
cet oxyde a été effectuée par Amores entre 50 et 1000 cm-1 dans le cadre d'une étude qui
portait sur l'analyse des solutions solides de Al2O3 dans α-FeCrO3 [Amores 1999]. A titre
indicatif, il est aussi possible d'analyser des phases telles que Y3Al5O12 par IR-TF [Le Floch
1995].
Chapitre A – Synthèse bibliographique -24-
La revue bibliographique, concernant les études menées sur les alliages chromino-
formeurs, montre qu'il reste encore des comportements inexpliqués aux températures les
plus élevées (entre 900 et 1000°C). L’influence du silicium ne semble pas négligeable et
nous porterons une attention toute particulière sur son mode d’action.
Il ressort aussi que l'analyse des oxydes formés par DRX in situ, devra nous
permettre de mieux comprendre les mécanismes mis en jeu lors des processus d'oxydation,
en particulier en présence de cérium et de lanthane à la surface de l'échantillon.
Les données bibliographiques recueillies sur l'analyse des oxydes par IR-TF vont
nous permettre de mieux cerner les paramètres à prendre en compte lors des analyses
infrarouges et de mieux interpréter les résultats obtenus par une meilleure identification
des oxydes. Parmi les objectifs de ce travail, il avait été envisagé d'analyser les couches en
réflexion spéculaire. Cette revue bibliographique nous montre que, dans un premier temps,
il est préférable d'effectuer les analyses IR-TF en transmission.
Chapitre B : Techniques Expérimentales - 25 -
Chapitre B
Techniques Expérimentales
Elément Fe C S Mn Si Cr Ni Mo Ti Co Cu
% Bal. 0,053 0,004 1,52 0,475 17,9 9,05 0,15 0,007 0,215 0,096
massique
Cet acier génère une couche de chromine lors de l’oxydation à haute température. Bien que
cet acier soit utilisé industriellement à des températures n’excédant pas 800°C, les tests
d’oxydation ont été menés dans une gamme de température s’étendant de 800 à 1000°C. Ceci
ne correspond pas aux conditions usuelles d’utilisation d’un tel acier, mais permet de le
solliciter dans des conditions extrêmes et de caractériser l’effet des terres rares dans de telles
conditions.
L’acier se présente sous forme de tôles laminées dans lesquelles nous avons découpé des
plaquettes de dimension 20 mm x 10 mm x 1 mm, percées d’un trou de 1,7 mm lorsqu’il
s’agit de les suspendre dans la thermobalance lors des tests d’oxydation. Ces échantillons sont
alors polis mécaniquement par l’intermédiaire de papiers abrasifs au carbure de silicium
jusqu’au grade 800 puis nettoyés successivement dans l’eau puis l’alcool éthylique avant
oxydation.
L’analyse par diffraction des rayons X réalisée sur un minimum de 5 échantillons bruts
préalablement polis révèle un mélange des phases austénitique γ (JCPDS 33-397) et ferritique
α (JCPDS 37-474) du substrat métallique (figure B-1), confirmant ce qu’Elmer avait proposé
pour la gamme des aciers de la série AISI 300 [Elmer 2000].
Chapitre B : Techniques Expérimentales - 26 -
Figure B-1. Analyses par diffraction des rayons X des échantillons bruts polis avant
oxydation.
D’après le procédé décrit par Courty [Courty 1997], la méthode consiste en un trempage
rapide (quelques secondes) de l’échantillon dans une solution d’hydroxyde de cérium ou
lanthane, suivi d’un séchage sous courant d’air chaud ( environ 50°C) pendant 5 minutes.
Pour réaliser cette solution, on introduit 0,0912 mole de nitrate de cérium ou de lanthane
Ce(NO3)4, 6H2O ou La(NO3)3, 6H2O et 0,2736 mole d’ammoniaque à 28% dans un
erlenmeyer contenant 2 litres d’eau distillée. Il se forme alors un précipité blanc d’hydroxyde
de terre rare La(OH)3 ou Ce(OH)4 selon les réactions :
Chapitre B : Techniques Expérimentales - 27 -
Après décantation, le précipité est rincé à l’eau distillée, puis placé dans une étuve à 60°C
pendant 12 heures. On obtient alors une pâte blanchâtre d’hydroxyde de terre rare. Cet
hydroxyde est ensuite dissout par addition d’acide nitrique à 69%. Cette dernière opération
s’effectue à une température supérieure à 60°C pendant 30 minutes jusqu’à une stabilisation
du pH à 0,5. La concentration finale est ajustée à 0,4 mole l-1 d'élément actif par adjonction
d’eau distillée. On obtient une solution limpide et transparente d’hydroxyde de cérium ou de
lanthane.
L’épaisseur du film d’hydroxyde de cérium ou de lanthane déposé est de l’ordre de 0,40 µm
pour une quantité initiale de La(OH)3 ou de Ce(OH)4 d’environ 0,18 mg.cm-².
La mise en œuvre d'un dépôt sol-gel nécessite également certaines précautions concernant la
rugosité de surface. Une des phases primordiales pour un bon "accrochage" du dépôt est la
préparation de la surface de l’échantillon. En effet, certains revêtements peuvent ne pas
adhérer sur des surfaces polies miroir. C’est la raison pour laquelle le polissage de nos
échantillons a été effectué jusqu’au grade 800.
Les tests d’oxydation ont été suivis par le tracé continu des courbes de prise de masse en
fonction du temps par analyse thermogravimétrique (ATG). En suivant la prise de masse d’un
échantillon au cours de son oxydation, il est possible d’en déduire le régime cinétique et de
recueillir des indications sur le mécanisme réactionnel.
Chapitre B : Techniques Expérimentales - 28 -
En condition d’oxydation isotherme, les échantillons ont été testés dans une thermobalance
SETARAM TG-DTA 92. Il s’agit d’une thermobalance dotée d’une grande sensibilité lui
permettant de déterminer des variations de masse de l’ordre de 1 µg. Le refroidissement par
eau du four permet de contrôler la température d’oxydation à plus ou moins 1°C. La montée
en température était préalablement fixée à 30 minutes sous argon jusqu’à la température de
l’essai. Les tests d’oxydation ont été conduits pendant un minimum de 100 heures sous
balayage d’air à la pression atmosphérique avec un débit de l’ordre de 150 cm3 min-1 sur un
minimum de trois échantillons afin de tester la reproductibilité des résultats obtenus.
Cette constante peu être déterminée par le tracé de la fonction (Δm/S)² = f(t), mais il est plus
communément admis d’étudier la fonction (Δm/S) = f(√t) selon les travaux proposés par
Pieraggi [Pieraggi 1987]. Cette deuxième méthode permet de déterminer plus précisément la
valeur de la constante parabolique d’oxydation du stade stationnaire, en minimisant l’effet de
l’incertitude expérimentale sur l’instant initial de la réaction.
A partir des mesures de prise de masse, il est possible d’évaluer l’épaisseur de chromine
formée. Selon l’hypothèse que la chromine demeure le produit de corrosion très
majoritairement formé, la relation liant la prise de masse expérimentalement relevée par ATG
et l’épaisseur approximative de la couche d’oxyde formée s’écrit :
Ce calcul ne tient pas compte des éventuelles porosités présentes dans la couche et de
l'analyse élémentaire qui montre que la couche n'est généralement pas formée de la chromine
seule.
En condition de cyclage thermique, les échantillons ont été testés à l’intérieur de fours
tubulaires ; chaque cycle se présente comme la succession d’une séquence de 20 h à haute
température, suivie d’un refroidissement brutal et d’une période de latence d’une durée de 4 h
à température ambiante. Il apparaissait nécessaire de travailler dans des conditions aussi
sévères qui pouvaient générer un écaillage potentiellement important des couches d’oxyde
formées, afin de tester leur adhérence sur les alliages bruts ou traités. La reproductibilité des
résultats a été testée en effectuant l’étude sur une série de trois échantillons placés dans les
mêmes conditions expérimentales. Les variation de masse reportées sur les courbes sont les
variation de masse nettes (pesée de l'échantillon sans les éventuels débris de couche qui sont
tombés de la surface de l'échantillon).
L'étude de l'adhérence des couches d'oxyde fait appel à la notion de contraintes thermiques
[Mevrel 1987]. Ces contraintes apparaissent généralement lors du refroidissement
d’échantillons ayant été oxydés à haute température. Elles sont dues aux différences de
coefficient de dilatation thermique entre l’oxyde (7 10-6 K-1 pour Cr2O3) et le métal lui ayant
donné naissance (18 10-6 K-1 pour les aciers austénitiques) (Schütze 2000). Les coefficients
de dilatation thermique des oxydes étant inférieurs à ceux des métaux, il apparaît ainsi des
contraintes de compression dans la couche. Le modèle proposé permet d’établir le taux de
contraintes dans le métal et dans l’oxyde selon :
Chapitre B : Techniques Expérimentales - 30 -
La caractérisation des phases cristallines a été réalisée par diffraction des rayons X (DRX)
avec une radiation générée par une anticathode de cuivre (λKα = 0,154 nm) sur un appareil
X’Pert Philips.
Chapitre B : Techniques Expérimentales - 31 -
Le principe de la diffraction des rayons X s’appuie sur l’irradiation d’un échantillon par un
faisceau monochromatique de rayons X, dont le recueil des ondes diffusées est effectif selon
la condition de Bragg :
Connaissant λ et θ, on détermine d(hkl). Par comparaison avec la base de données des fichiers
J.C.P.D.S. les structures analysées peuvent être identifiées. L’exploitation des résultats a été
réalisée à l’aide du logiciel Philips X’Pert Graphics.
Les faibles épaisseurs des couches de corrosion formées sur les alliages FeCrNi nous
conduisent à estimer la profondeur de pénétration du rayonnement X lors des analyses
effectuées afin de savoir si l'analyse DRX concerne toute la couche ou seulement sa partie
superficielle.
L’intensité du rayonnement X décroît exponentiellement avec l’épaisseur de matière
traversée. Cette intensité est décrite par la relation (Eq. B-8) :
I = I0 . e - μ x (Eq. B-8)
Chapitre B : Techniques Expérimentales - 32 -
avec x = 2 . e / sin θ
L’épaisseur de la couche d’oxyde analysée peut être estimée à partir de la relation (Eq. B-9) :
- Nous ne considérerons seulement que les pics d’intensité supérieure à 10 %, soit It/I0 =
0,1. Cette valeur de 10 % de I0 correspond à la valeur minimum significative.
- Ce calcul suppose que le matériau analysé a une composition homogène donc que la
couche analysée est constituée d’un seul oxyde (Cr2O3), ce qui n'est pratiquement jamais
le cas.
Nous ferons donc ce calcul pour une couche de chromine en conditions θ/2θ (tableau B-3)
grâce aux données physico-chimiques du tableau B-2 [NIST]. Les diffractogrammes étant
obtenus entre 20 et 90° 2Θ nous ferons le calcul pour Θ compris entre 10 et 45°.
Ces estimations doivent être considérées avec la plus grande prudence. Elles ne tiennent pas
compte d’éventuelles teneurs ponctuelles de la couche en autres éléments tels que le fer, le
manganèse, le cérium ou le lanthane et peuvent de ce fait, ne pas correspondre aux épaisseurs
réellement analysées.
Les analyses en température s’effectuent au moyen d’une chambre à haute température Anton
Paar HTK1200 (figure B-3) montée dans le diffractomètre de rayons X. Equipée de
résistances en Kanthal, de fenêtres en Capton, et d’un circuit de refroidissement à eau, elle
permet d’effectuer des mesures en température jusqu’à 1200°C. L’enregistrement des
diffractogrammes s’opère en continu toutes les heures. Pour simplifier la présentation des
résultats et dû au fait que l’évolution des oxydes formés est parfois assez lente, les figures
présenteront un ensemble de diffractogrammes obtenus à intervalles réguliers.
Afin de pouvoir analyser la structure des couches par IR-TF, nous avons tout d'abord
constitué une base de données de spectres d'oxydes de synthèse tels que le chromite de fer
(FeCr2O4) [Robert 1981] et le chromite de manganèse (Mn1,5Cr1,5O4) [Levin 1981]. Nous
avons aussi enregistré les spectres IR-TF des oxydes commerciaux tels que Cr2O3 et Fe2O3,
Chapitre B : Techniques Expérimentales - 35 -
qui sont les oxydes susceptibles d'être formés lors de l'oxydation de l'acier AISI 304 à haute
température.
L'oxyde mixte FeCr2O4 a été synthétisé selon les données recueillies sur le diagramme
de phases Cr-Fe-O [Robert 1981]. La synthèse de cet oxyde a été réalisée sous argon à
1300°C dans une thermobalance SETARAM TGA 92-1600 après avoir mélangé du fer pur
(Fe) avec Cr2O3 et Fe2O3 selon l'équation suivante (Eq. B-10) :
Nous avons aussi synthétisé l'oxyde Mn1,5Cr1,5O4 selon les indications du diagramme
de phases Cr-Mn-O [Levin 1981]. La synthèse a été réalisée en mélangeant Mn2O3 avec Cr2O3
dans un creusé d'alumine placé dans un four a moufle à 1000 °C, sous air, selon l'équation
(Eq. B-11):
Les oxydes de réference de structure corindon sont des oxydes de haute pureté
(Cr2O3 [ALDRICH] et Fe2O3 [CARLO ERBA]).
Les spectres IR-TF, obtenus sur les oxydes commerciaux et sur les oxydes de
synthèse, ont été recueillis à l'aide d'un spectromètre NICOLET IMPACT 400D. Les bandes
d'absorption caractéristiques des oxydes de référence sont mentionnées dans le tableau I:
Pendse et Stringer [Pendse 1985] ont proposé une méthode permettant de dissoudre le métal
présent sous une couche d'oxyde adhérente afin de pouvoir analyser seulement la couche
d'oxyde. Nous avons donc préparé une solution à 10% de brome dans l'éthanol absolu.
Nous avons alors placé l'échantillon oxydé dans un becher contenant la solution de brome
alcoolique pendant 3 jours à température ambiante. Après dissolution du métal, l'échantillon
subit un rinçage et une filtration afin de collecter les particules d'oxyde. Les particules
d'oxyde sont alors rincées à l'éthanol dans le but d'éliminer toute trace de brome et ensuite
séchées au sèche-cheveux sur le filtre. Nous pouvons alors analyser les particules d'oxyde
broyées par spectroscopie infrarouge IR-TF et diffraction des rayons X.
Les analyses IR-TF ont été réalisées sur un spectromètre Nicolet Impact 400D. Les
spectres ont été obtenus avec une résolution de 4 cm-1. La gamme des nombres d'onde va de
400 à 800 cm-1. La préparation des pastilles à nécessité 0.2 mg de particules d'oxyde
mélangées à 100 mg de KBr sec. Le mélange a été broyé afin de préparer une pastille de 100
mg qui est finalement placée dans le spectromètre. Avant d'effectuer le mélange avec le KBr,
nous avons tamisé la couche d'oxyde broyée afin de récupérer des particules d'une taille
inférieure à 38 µm. En effet, comme cela a été indiqué par McDevitt les particules d'oxyde
doivent être suffisamment fines pour obtenir des bandes d'absorption bien définie dans
l'infrarouge [McDevitt 1964].
Les analyses MET ont été réalisées à l’Institut Carnot de Bourgogne sur un appareil JEOL
200 kV avec filament LaB6,. Cet appareil permet l’observation de la morphologie, l’analyse
B
Chapitre C
Etude cinétique
C.1. Oxydation isotherme et cyclique à 800°C.
L'étude cinétique a été effectuée à 800°C, 900°C et à 1000°C sur les échantillons de
d'acier AISI 304 bruts et AISI 304 recouverts d'un dépôt sol-gel de lanthane ou de cérium.
Les courbes de prise de masse (rapportée à la surface de l’échantillon) en fonction du temps
sont répertoriées sur les figures C-1, C-3 et C-5. L’analyse thermogravimétrique a été
effectuée sous air, sur une durée de 90 heures. L’adhérence des couches d’oxyde a été testée
en condition de cyclage thermique, la variation de la masse rapportée à la surface de chaque
échantillon est tracée en fonction du nombre de cycles (figures C-2, C-4, et C-6).
Figure C-1. Courbes de prise de masse de l'acier AISI 304 brut, AISI 304 revêtu de lanthane
ou de cérium sous air à 800°C.
Chapitre C : étude cinétique -38-
L’analyse des courbes cinétiques montre un régime parabolique durant toute la durée du test
d’oxydation. Les transformées linéaires (Δm/S = f(√t), présentées en Annexe H, permettent
d’établir les constantes paraboliques.
Les constantes paraboliques d’oxydation kP et les gains de masse Δm/S obtenus à 800°C
après 90 heures d’oxydation sont les suivants (Tableau C-I) :
Nous constatons que les échantillons recouverts d’un dépôt sol-gel ont des vitesses
d’oxydation et des gains de masse beaucoup plus faibles que pour l’acier brut.
Figure C-2. Courbes de perte de masse de l'acier AISI 304 brut comparé avec les courbes
obtenues sur les échantillons recouverts du dépôt sol-gel de lanthane ou de
cérium au cours de l'oxydation cyclique à 800°C.
Figure C-3. Courbes de prise de masse de l'acier AISI 304 brut, 304 revêtu du lanthane et
du 304 revêtu de cérium sous air à 900°C.
La courbe de prise de masse de l’acier AISI 304 brut à 900°C présente une allure
« sigmoïde ». En effet, la courbe de prise de masse suit initialement un régime parabolique
est adopté pendant les 10 premières heures d’oxydation. Une accélération progressive de la
vitesse d’oxydation se manifeste alors selon une loi de type linéaire entre 10 et 40 heures
d'oxydation « breakaway ». Ce phénomène s’atténue après 40 heures d’oxydation isotherme
pour retrouver un régime parabolique. Par contre, l’analyse des courbes cinétiques de l'acier
AISI 304 revêtu du lanthane et de l'acier AISI 304 revêtu du cérium montrent un régime
cinétique parabolique pendant toute la durée d’oxydation. Les transformées linéaires (Δm/S =
f(√t), présentées en Annexe H, ont permis de calculer les constantes paraboliques.
Les constantes d’oxydation paraboliques kP et les gains de masse Δm/S obtenus à 900°C
après 90 heures d’oxydation sont présentées dans le tableau (Tableau C-II). Les vitesses
d'oxydation sont beaucoup plus faibles dans le cas des échantillons revêtus.
Chapitre C : étude cinétique -41-
L’adhérence des couches d’oxyde formées sur les échantillons a été testée en
condition de cyclage thermique (figure C-4.).
Figure C-4. Courbes de perte de masse de l'acier AISI 304 brut comparé avec les courbes
obtenues sur les échantillons recouverts du dépôt sol-gel de lanthane ou de
cérium au cours de l'oxydation cyclique à 900°C.
Les résultats obtenus pour l’acier avec un dépôt sol-gel de lanthane montrent un processus
d’écaillage après 5 cycles, avec des pertes de masse très importantes qui atteignent 400
mg.cm-2 après 60 cycles. Par contre les courbes de perte de masse de l’échantillon brut et
celui avec le dépôt sol-gel de cérium présentent des comportements légèrement meilleurs,
avec des périodes de latence courtes mais avec des pertes plus faibles de 100 à 150 mg.cm-2.
Chapitre C : étude cinétique -42-
A 900°C, le meilleur comportement est observé dans le cas des échantillons bruts (peu de
pertes entre 15 et 60 cycles).
Figure C-5. Courbes de prise de masse de l'acier AISI 304 brut, de l'acier AISI 304 revêtu
de lanthane et de l'acier AISI 304 revêtu de cérium sous air, à 1000°C.
Nous constatons que l’échantillon brut présente une prise de masse supérieure à celle
des échantillons recouverts d'un dépôt sol-gel. Par ailleurs, au début du test d’oxydation la
prise de masse de l’échantillon avec un dépôt sol-gel lanthane est légèrement supérieure à
celle de l’échantillon avec un dépôt de cérium. Par contre, après 20 heures d’oxydation,
l'acier recouvert d'un dépôt de cérium montre une prise de masse plus importante que l'acier
recouvert d'un dépôt de lanthane. Le courbe de prise de masse présente alors une allure
linéaire.
Figure C-6. Courbes de perte de masse de l'acier AISI 304 brut comparé avec les courbes
obtenues sur les échantillons recouverts du dépôt sol-gel de lanthane ou de
cérium au cours de l'oxydation cyclique à 1000°C.
Chapitre D : analyse par DRX 44
CHAPITRE D
L’étude in situ de l’évolution des phases formées au cours des 60 heures d’oxydation
de l’acier 304 brut à 800°C est donnée sur la figure D-1. L’analyse des
diffractogrammes permet de mettre en évidence la germination initiale de la chromine
Cr2O3 (JCPDS 38-1479) et après 4 h d’oxydation, nous constatons la formation d’une
structure spinelle Mn1,5Cr1,5O4 (JCPDS 33-0892). Au-delà d’une durée d’environ 40 h
d’oxydation, un changement dans la composition structurale de la couche se manifeste
par l’apparition d’oxydes contenant du fer tel que l’hématite Fe2O3 (JCPDS 33-0664)
et un oxyde mixte le chromite de fer FeCr2O4 (JCPDS 34-0140). Après une durée de
45 h d’oxydation les pics relatifs à la chromine et au substrat métallique ne sont plus
détectés car ils sont recouverts en grande partie par des nodules d'hématite et de
chromite de fer. Bien que cette phase se trouve généralement à l'interface oxyde/gaz,
les pics de Mn1,5Cr1,5O4 ne sont plus visibles en DRX in situ car la proportion de cet
oxyde à la surface devient trop faible par rapport aux autres oxydes.
Chapitre D : analyse par DRX 45
Figure D-1. Analyse DRX in situ lors de l’oxydation à 800°C, sous air, de l’acier
AISI 304 brut.
Figure D-2 : Analyses par DRX au cours du refroidissement de l’acier AISI 304 brut
préalablement oxydé in situ pendant 60 h, à 800°C.
Chapitre D : analyse par DRX 47
Figure D-3. Analyse par DRX in situ de l’oxydation à 800°C, sous air, de l’acier
AISI 304 revêtu de lanthane.
Chapitre D : analyse par DRX 48
Figure D-4. Analyses par DRX lors du refroidissement de l’acier AISI 304 revêtu de
lanthane, oxydé 30 h, à 800°C, sous air.
Chapitre D : analyse par DRX 49
Figure D-5. Analyse DRX in situ de l’oxydation à 800°C de l’acier AISI 304 revêtu
de cérium.
Chapitre D : analyse par DRX 50
Figure D-6. Analyses par DRX lors du refroidissement de l’acier AISI 304 revêtu de
cérium, oxydé 30 h, à 800°C, sous air.
Chapitre D : analyse par DRX 51
L’étude in situ de l’évolution des phases formées au cours des 100 premières heures
d’oxydation de l’acier brut à 900°C est donnée sur la figure D-7. L’analyse des
diffractogrammes permet de mettre en évidence la germination de la chromine Cr2O3
associée à la formation d’une structure spinelle au manganèse Mn1,5Cr1,5O4
accompagnant la formation d’oxydes de fer tels que l’hématite Fe2O3 et un oxyde
contenant du silicium Fe7SiO10 (JCPDS 22-1118). Les analyses réalisées montrent la
disparition des pics de la chromine après 80 heures d’oxydation. Ceci peut s’expliquer
par le fait que la proportion de la chromine dans la couche est devenue trop faible
pour être analysable ou alors cet oxyde est masqué par une couche d’oxyde qui l’a
recouverte. Les pics de la phase austénitique du substrat métallique disparaissent au
bout de 18 heures d’oxydation isotherme, suggérant alors une épaisseur de la couche
de corrosion importante.
Chapitre D : analyse par DRX 52
Figure D-7. Analyse DRX in situ de l’oxydation à 900°C de l’acier AISI 304 brut.
Chapitre D : analyse par DRX 53
Figure D-8. Analyses par DRX lors du refroidissement de l’acier AISI 304 brut,
oxydé 100 h, à 900°C, sous air.
Chapitre D : analyse par DRX 54
Figure D-9. Analyse DRX in situ lors de l’oxydation à 900°C de l’acier revêtu de
lanthane.
Chapitre D : analyse par DRX 55
Figure D-10. Analyses par DRX lors du refroidissement de l’acier revêtu de lanthane
oxydé 30 h en DRX in situ à 900°C.
Chapitre D : analyse par DRX 56
Figure D-11. Analyse par DRX in situ lors de l’oxydation à 900°C de l’acier AISI
304 revêtu de cérium.
Chapitre D : analyse par DRX 57
Figure D-12. Analyses par DRX lors du refroidissement de l’acier revêtu de cérium,
oxydé 30 h, à 900°C, sous air.
Chapitre D : analyse par DRX 58
Figure D-13. Analyse par DRX in situ lors de l’oxydation à 1000°C de l’acier AISI
304 brut.
Chapitre D : analyse par DRX 60
Figure D-14. Analyses par DRX lors du refroidissement de l’acier brut oxydé 25 h, à
1000°C, sous air.
Chapitre D : analyse par DRX 61
L’étude par DRX in situ de l’évolution temporelle des phases formées au cours de
l’oxydation de l’échantillon revêtu du lanthane est donnée sur la figure D-15.
L’analyse des diffractogrammes permet de mettre en évidence la germination initiale
de la chromine associée à la formation d’une structure spinelle Mn1,5Cr1,5O4, et d'un
troisième oxyde, le chromite de lanthane LaCrO3. Au cours de l’oxydation nous
avons un changement dans la composition cristalline de la couche qui se traduit par
une diminution de l’intensité de certains pics comme ceux du chromite du lanthane, et
l’augmentation d’autres pics comme ceux de la chromine et du spinelle au
manganèse. Ceci peut laisser penser que LaCrO3 est progressivement recouvert par
les autres oxydes.
Figure D-15. Analyse par DRX in situ de l’oxydation à 1000°C de l’acier AISI 304
revêtu de lanthane.
Chapitre D : analyse par DRX 62
Figure D-16. Analyses par DRX lors du refroidissement de l’acier AISI 304 revêtu
de lanthane oxydé 30 h, à 1000°C, sous air.
Chapitre D : analyse par DRX 63
L’étude par DRX in situ de l’évolution des phases formées en température est donnée
sur la figure D-17. Les diffractogrammes permettent de mettre en évidence la
germination initiale de la chromine et du spinelle au manganèse. Les pics de
l’oxyde de cérium sont très intenses et restent visibles durant toute la durée
d’oxydation. Nous observons que le spinelle au manganèse est présent dans la
couche en quantité supérieure à la chromine étant donné l’intensité des pics
caractéristiques de ces oxydes après 30 heures d’oxydation.
Figure D-17. Analyse par DRX in situ lors de l’oxydation à 1000°C de l’acier AISI
304 revêtu de cérium.
Figure D-18. Analyses par DRX lors du refroidissement de l’acier revêtu de cérium
oxydé 30 h, à 1000°C, sous air.
Chapitre D : analyse par DRX 65
Ces analyses ont été effectuées afin de les comparer avec les résultats obtenus par les
analyses in situ qui étaient réalisées sur des durées plus courtes (24 à 30 heures).
Ceci dans le but de détecter d'éventuelles évolutions dans la composition des couches
à plus long terme. Les résultats exposés ici permettent aussi de comparer l'influence
des dépôts sur la nature des phases formées pour chaque température.
Figure D-19 : Analyses par DRX des couches formées sur la surface des échantillons
: AISI 304 brut (100 h) et des aciers recouverts par un dépôt sol-gel de
lanthane (90 h) ou de cérium (90 h), sous air, à 800°C.
Après 100 h d’oxydation, l’analyse par diffraction des rayons X de l’acier AISI 304
brut (figure D-20), montre la présence des oxydes FeCr2O4 , Fe2O3 et du chromite de
manganèse. Pour les échantillons recouverts d'un dépôt sol-gel de lanthane (90h) ou
de cérium (100h) nous constatons la présence majoritaire de Cr2O3 et de Mn1 ,5Cr1,5O4.
Concernant l’échantillon recouvert de lanthane on note la présence du chromite de
lanthane LaCrO3. Dans les trois cas nous observons que les pics concernant la phase
martensitique sont très intenses par rapport à la phase austénitique. L'oxyde de cérium
CeO2 n'est pas retrouvé sur l'échantillon recouvert du dépôt sol-gel. Il s'est
probablement décollé au cours du refroidissement.
Chapitre D : analyse par DRX 67
Figure D-20 : Analyses par DRX des couches formées sur la surface : de l'échantillon
brut (100 h) et de ceux traités par un dépôt sol-gel de lanthane (90 h)
ou de cérium (100 h), sous air, à 900°C.
La figure D-21 expose les analyses obtenues par DRX, de la couche formée sur
l'échantillon brut (oxydé 100h) et de la couche générée sur les échantillons recouverts
d'un dépôt sol-gel de lanthane (oxydé 90 h) ou de cérium (oxydé 100 h). Pour
l’échantillon brut, le diffractogramme révèle la présence majoritaire de la chromine,
du chromite du fer et de Fe2O3. En ce qui concerne les échantillons traités avec un
dépôt sol-gel de lanthane ou de cérium, nous observons la chromine et le chromite de
manganèse. Pour l’échantillon recouvert de cérium nous constatons la présence de
l'oxyde le CeO2 alors qu'il n'était pas détectable aux températures plus basses. A
1000°C, il apparaît que CeO2 ne s'est pas totalement décollé de la surface. Par contre,
les pics du chromite de lanthane ne sont pas observés, sans doute parce que situés à
l'interface interne, cet oxyde est masqué par la présence d'une couche d'oxyde plus
Chapitre D : analyse par DRX 68
épaisse qu'aux autres températures. Dans les trois cas les pics concernant la phase
alpha sont plus intenses que ceux de la phase austénitique.
Figure D-21 : Analyse par DRX des couches formées sur la surface de l'échantillon
AISI 304 brut (100h) et des aciers recouverts par un dépôt sol-gel de
lanthane (90h) ou de cérium (100h), sous air, à 1000°C.
Les résultats exposés dans cette partie permettent de comparer l'influence des dépôts
sur la nature des phases formées pour chaque température.
La figure D-22 résume les analyses par diffraction des rayons X des échantillons bruts
(60cycles) et traités par dépôt sol-gel de lanthane (60cycles) ou de cérium (60cycles)
après oxydation cyclique. Pour l’échantillon brut le diffractogramme révèle la
présence des oxydes contenant du fer tel que, l’hématite Fe2O3 et FeCr2O4. Pour
Chapitre D : analyse par DRX 69
Figure D-22 : Analyses par diffraction des rayons X des couches présentes à la
surface de : l'échantillon brut et de ceux traités par dépôt sol-gel de
cérium ou de lanthane, oxydés sous air, à 800°C, après 60 cycles.
La figure D-23 expose les résultats de l’analyse par DRX de la couche formée sur
l'acier AISI 304 brut (56 cycles) et les échantillons traités par dépôt sol-gel de
lanthane (55 cycles) ou de cérium (55 cycles). Cette figure indique, dans les trois cas,
la présence du chromite de fer et de l’hématite. Le pic concernant la phase
Chapitre D : analyse par DRX 70
Figure D-23 : Analyses par DRX des couches formées sur la surface des échantillons
: AISI 304 brut (56 cycles) et sur la surface des échantillons traités par
dépôt sol-gel de cérium ou de lanthane (55 cycles), oxydés sous air, à
900°C.
La figure D-24 représente les analyses DRX après cyclage thermique des échantillons
bruts (20 cycles) et traités par dépôt sol-gel de lanthane (21 cycles) ou de cérium (21
cycles). Dans les trois cas, nous constatons la présence de FeCr2O4 et de l’hématite
Fe2O3. Nous notons également l’absence des pics concernant la phase austénitique et
la phase martensitique indiquant la disparition totale du substrat métallique. Au vu
des résultats des analyses par DRX après cyclage, il apparaît que quand la température
des cycles thermiques augmente, les oxydes contenant du fer deviennent
prépondérants dans la couche restante (voir fig. D22, D23 et D24).
Chapitre D : analyse par DRX 71
Figure D-24 : Analyses par diffraction des rayons X des couches restant sur la
surface : des échantillons bruts (20 cycles) et traités par dépôt sol-
gel de cérium (21 cycles) ou de lanthane (21 cycles), oxydés sous air,
à 1000°C.
A 800 et 900°C, on note une différence entre l'échantillon brut et ceux recouverts d'un
dépôt sol-gel. Sur l'acier AISI 304 brut on retrouve les oxydes FeCr2O4 et Fe2O3 (et
Mn1,5Cr1,5O4 à 900°C). Avec le dépôt sol-gel de lanthane ou de cérium on détecte les
oxydes Cr2O3 et Mn1,5Cr1,5O4. Avec le sol-gel lanthane on observe le chromite de
lanthane LaCrO3. Par contre sur le sol-gel cérium l'oxyde CeO2 n'est pas détecté.
A 1000°C, on note aussi une différence entre l'échantillon brut et ceux recouverts d'un
dépôt sol-gel. Sur l'acier AISI 304 brut on retrouve FeCr2O4 et Cr2O3. Avec le dépôt
sol-gel de lanthane ou de cérium on observe la chromine Cr2O3 et chromite de
Chapitre D : analyse par DRX 72
Tableau D-I : Influence des dépôts sur la nature des phases formées pour chaque
température.
Tableau D-II : Influence des dépôts sur la nature des phases formées pour chaque
température de cyclage.
En condition cyclique à 900°C et 1000°C, quel que soit l'état de surface initial, on
note la présence du chromite de fer FeCr2O4et de l’hématite Fe2O3.
Au vu des résultats des analyses par DRX après cyclage, il apparaît que quand la
température des cycles thermiques augmente, les oxydes contenant du fer
deviennent prépondérants dans la couche restante et le substrat métallique est
totalement consommé.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 73 -
Chapitre E
Morphologie et analyse élémentaire
Ce chapitre présente les résultats des analyses morphologiques des couches obtenues
lors de l'oxydation de l'acier AISI 304 à 800, 900, et 1000°C.
Pour chaque température, les résultats sont présentés successivement pour les
échantillons bruts, ceux recouverts d'un dépôt sol-gel de lanthane et ceux recouverts
d'un dépôt sol-gel de cérium.
Dans tous les cas, les analyses MEB et EDS ont été effectuées sur les échantillons
oxydés 24 ou 30 heures en DRX in situ et sur l'acier oxydé pendant 90 ou 100
heures en ATG afin d'examiner l'évolution morphologique en fonction du temps.
Enfin, pour chaque température et chaque type de dépôt les analyses MEB et EDS ont
été effectuées après les tests de cyclage thermique (environ 60 cycles à 800°C et
900°C ; 22 cycles à 1000°C).
Figure E-1. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 brut après 24
heures d’oxydation sous air à 800°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 74 -
Figure E-2. Analyse EDS de la couche formée sur l'AISI 304 brut oxydé 24 h à
800°C, sous air.
► Une micrographie obtenue sur l'acier AISI 304 brut, après 100 heures d’oxydation
sous air à 800°C est présentée figure E-3.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 75 -
Figure E-3. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 brut après 100
heures d’oxydation sous air à 800°C.
Figure E-4. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l'AISI 304 brut oxydé
100 h, à 800°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 76 -
Figure E-6. Analyse EDS de la couche formée sur l'acier brut en condition
cyclique après 60 cycles (20 h +4 h) à 800°C.
Figure E-7. Micrographie obtenue sur la surface l'acier revêtu de lanthane après 30
heures d’oxydation, sous air, à 800°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 78 -
La couche obtenue est fine et adhérente. L’analyse des parties les plus lisses de la
surface (figure E-8 (b) et (c)) montre une présence importante du lanthane et du
chrome sur la surface (LaCrO3). Les grains pyramidaux qui émergent de la couche
sont moins riches en lanthane et principalement constitués de chrome (Cr2O3) (figure
E-8 (a)).
Figure E-8. Analyse EDS de la couche formée sur l'acier revêtu de lanthane oxydé
30 h, à 800°C.
Figure E-10. Analyse EDS de la couche formée sur l'acier revêtu de lanthane oxydé
90 h à 800°C.
Figure E-12. Analyse EDS de la couche formée sur l'acier AISI 304 revêtu de
lanthane oxydé 90 h, à 800°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 81 -
Figure E-14. Analyse EDS de la couche formée sur l'acier AISI 304 revêtu de cérium
oxydé 30 h, à 800°C.
Figure E-15. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier revêtu de cérium après
90 heures d’oxydation sous air à 800°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 83 -
Figure E-16. Analyse EDS de la couche formée sur l'acier AISI 304, revêtu de
cérium, oxydé 90 h, à 800°C.
Figure E-18. Analyse EDS de la couche formée sur l'acier AISI 304 revêtu de cérium
en condition cyclique, (60 cycles) sous air, à 800°C.
Figure E-19. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier brut après 24 heures
d’oxydation sous air à 900°C
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 85 -
Sur la figure E-19 on note la présence d'une couche d'oxyde formée de petits grains et
de gros nodules d'oxyde de 40 μm de diamètre. L’analyse élémentaire, de la partie la
plus externe de la couche (figure E-20 (a)), montre que les petits grains sont riches en
chrome et en manganèse ce qui correspond à la phase Mn1,5Cr1,5O4. L’analyse
élémentaire des nodules (figure E-20 (b)) indique qu’ils sont riches en chrome et en
fer. Ces grains sont constitués de FeCr2O4.
Figure E-20. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l'acier brut, oxydé
24 h, à 900°C.
► La micrographie obtenue sur l'acier AISI 304 brut, après 100 heures
d’oxydation sous air à 900°C est présentée figure E-21.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 86 -
Figure E-21. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 brut après 100
heures d’oxydation sous air, à 900°C.
Après 100 heures d'oxydation, la figure E-21 montre la présence d'une couche
d'oxyde formée de petits grains et de gros nodules d'oxyde d'environ 60 μm de
diamètre. L’analyse élémentaire, de la surface de la couche (figure E-22 (b)), indique
que les petits grains sont riches en chrome et en manganèse ce qui correspond
certainement à la phase Mn1,5Cr1,5O4. L’analyse élémentaire des nodules (figure E-
22 (a)) permet de voir qu’ils sont riches en chrome et en fer. Ces grains sont
constitués de FeCr2O4.
Figure E-22. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur de l'acier brut,
oxydé 100 h, à 900°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 87 -
Figure E-24. Analyse EDS de la couche formée sur l'acier AISI 304 brut en condition
cyclique, sous air, à 900°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 88 -
Figure E-25. Micrographie obtenue sur la surface de l’acier AISI 304 revêtu de
lanthane après 30 heures d’oxydation, sous air, à 900°C.
Figure E-26. Analyses EDS de la surface de la couche formée sur l’acier AISI 304
revêtu de lanthane, oxydé 30 h, à 900°C.
Figure E-28. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l’acier AISI 304
revêtu de lanthane oxydé pendant 90 h, à 900°C.
Figure E-30. Analyse élémentaire obtenue sur la surface du 304 revêtu de lanthane
après 55 cycles, sous air, à 900°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 92 -
Figure E-31. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 revêtu de
cérium après 30 heures d’oxydation sous air à 900°C
Figure E2-32. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l'acier AISI 304
revêtu de cérium, oxydé 30 h sous air, à 900°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 93 -
Figure E2-32. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier revêtu de cérium après
100 heures d’oxydation, sous air, à 900°C.
Figure E2-33. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l'acier revêtu de
cérium oxydé 100h, sous air, à 900°C.
Figure E2-36. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 revêtu cérium
en condition cyclique (55 cycles) sous air à 900°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 95 -
Lors du cyclage, des décollements de couche ont eu lieu. Sur la couche d'oxyde qui
reste à la surface, l’analyse élémentaire de la figure E2-35 montre la présence du fer,
du chrome, et du nickel. La proportion importante du fer et du chrome oxydé permet
d’envisager la présence de FeCr2O4. La présence des petits pics du nickel indique
que la couche d’oxyde restante est relativement fine. Après 55 cycles, on ne retrouve
plus la trace du cérium qui étant localisé à l'interface externe a dû se décoller avec
les morceaux de couche.
Figure E2-35. Analyse EDS de la surface de l'acier AISI 304 revêtu de cérium en
condition d’oxydation cyclique (après 55 cycles), sous air, à 900°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 96 -
Figure E2-36. Micrographie obtenue sur la surface l'acier brut après 24 heures
d’oxydation sous air à 1000°C.
Sur la figure E2-36, nous notons la présence d'une couche d'oxyde formée de petits
grains avec des zones ayant subi des décollements et des gros nodules d'oxyde de plus
de 100 μm de diamètre. L’analyse élémentaire d'un gros nodule montre que le fer est
le seul élément métallique présent sous la forme d'oxyde Fe2O3 (figure E2-37 (a)). A
côté des nodules, la surface montre une présence importante du fer en compagnie d'un
peu de chrome et une absence de nickel (figure E2-37 (b)). La couche à petits grains
restant à la surface est riche en chrome et en fer ce qui correspond probablement à la
phase FeCr2O4 (figure E2-37 (c)).
Contrairement à ce qui est obtenu à 900°C le spinelle Mn1,5Cr1,5O4 ne semble pas
être présent sur la surface de l'échantillon oxydé à 1000°C après retour à
température ambiante. La couche contenant le chromite de manganèse s'est
décollée lors du refroidissement. Les nodules formés à 900°C étaient riches en
chrome et en fer alors qu'à 1000°C seul le fer est observé en surface.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 97 -
Figure E2-37. Analyses EDS de la surface de la couche formée sur l'acier AISI 304
brut après 24 heures d’oxydation, sous air, à 1000°C.
Figure E2-38. Micrographie obtenue sur la surface l'acier brut après 100 heures
d’oxydation, sous air, à 1000°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 98 -
Figure E2-39. Analyses EDS de la surface de la couche formée sur l'acier brut après
100 heures d’oxydation, sous, air à 1000°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 99 -
Figure E2-40. Micrographie obtenue sur une coupe transversale de la couche interne
formée sur l'acier après 100 h d’oxydation sous air à 1000°C.
La couche interne formée à 1000°C se présente sous forme de strates. Les analyses
EDS des figures E2-41, E2-42 et E2-43 montrent que les strates s'organisent suivant
la composition chimique de la couche d'oxyde. Sur la micrographie MEB, en
électrons secondaires, les bandes les plus noires contiennent principalement du
silicium. Les zones grises renferment les éléments oxygène chrome, fer et manganèse.
Les taches les plus claires sont les plus riches en nickel et les plus pauvres en oxygène
ce qui correspond à des particules métalliques peu oxydées.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 100 -
Figure E2-41. Analyses EDS de la coupe transversale formée sur l’acier AISI 304
brut après 100h d’oxydation sous air à 1000°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 101 -
Figure E2-42. Profils de concentration des éléments de la couche interne formée sur
un échantillon d'acier AISI 304 brut préalablement oxydé à 1000°C
pendant 100h.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 102 -
Figure E2-45. Analyses EDS de la surface l'acier AISI 304 brut en condition
d'oxydation cyclique (21 cycles), sous air, à 1000°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 104 -
Figure E-46. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 revêtu de
lanthane après 30 heures d’oxydation, sous air, à 1000°C.
Figure E-47. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l'acier AISI 304
revêtu de lanthane après 30 heures d’oxydation sous air à 1000°C.
La micrographie obtenue sur l'acier revêtu de lanthane, après 100 heures d’oxydation
sous air à 1000°C (figure E-48) présente des convolutions très prononcées. Il semble
que les gros grains, présents après 30 heurs d'oxydation, aient été recouverts par des
grains plus fins. Les analyses EDS de la figure E-49 montrent la présence du chrome
du lanthane et du manganèse ce qui correspond à la formation des oxydes LaCrO3 ;
Cr2O3 et Mn1,5Cr1,5O4. La présence du lanthane semble d’autant plus importante
que l’analyse est faite entre les convolutions (figures E-49 (c) et (d)). Le lanthane est
localisé à l’interface métal /oxyde. Sur les sommets des convolutions on retrouve
principalement le chromite de manganèse Mn1,5Cr1,5O4 (figures E-49 (a) et (b)).
Figure E-49. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l'acier AISI 304
revêtu de lanthane après 100 heures d’oxydation, sous air, à 1000°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 107 -
Figure E-50. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 revêtu de
lanthane en condition cyclique sous air à 1000°C (21 cycles).
Figure E-51. Analyse EDS de la surface de l'acier AISI 304 revêtu de lanthane
oxydé en condition cyclique, sous air, à 1000°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 108 -
Figure E-52. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 revêtu de
cérium après 30 heures d’oxydation sous air à 1000°C.
Figure E-53. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l'acier revêtu
de cérium, après 30 heures d’oxydation sous air à 1000°C.
Figure E-54. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 revêtu de
cérium après 100 heures d’oxydation, sous air, à 1000°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 110 -
Figure E-55. Analyses EDS de la surface de la couche formée sur l'acier AISI 304
revêtu de cérium, après 100 heures d’oxydation, sous air, à 1000°C.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 111 -
Figure E-56. Micrographie obtenue sur la surface de l'acier AISI 304 revêtu de
cérium en condition cyclique, sous air, à 1000°C (21 cycles)
Figure E-57. Analyse EDS de la surface de la couche formée sur l'acier AISI 304
revêtu de cérium en condition cyclique sous air à 1000°C (21 cycles).
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 112 -
A 1000°C, l'étude morphologique montre qu'au cours des 100 heures d'oxydation, la
couche d'oxyde est constituée d'une partie interne adhérente et d'une sous-couche
externe qui se décolle uniquement au cours du refroidissement.
Figure E-61. Analyse IR-TF de la partie de la couche externe, formée à 1000°C sur
l'acier AISI 304, et décollée lors du refroidissement.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 115 -
Ces analyses ont été effectuées par S. Chevalier à l'Institut Carnot de Bourgogne
(ICB). Comme pour les analyses IR-TF, les analyses MET ont été réalisées sur des
particules de la couche d'oxyde interne adhérente et sur des particules d'oxyde de la
sous-couche externe décollée.
100 nm
nm
a) b)
c)
Figure E-62. Analyse MET d'un grain de la couche adhérente montrant qu'il est
constitué de FeCr2O4. a) image en champ clair ; b) figure de diffraction
; c) analyse chimique (la présence du cuivre provient du support utilisé
lors de l'analyse).
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 116 -
L'analyse MET de la figure E-62 montre que parmi les grains de la couche adhérente
on retrouve l'oxyde FeCr2O4.
50
50 nm
nm
a) b)
c)
Figure E-63. Analyse MET d'un grain de la couche adhérente montrant qu'il est
constitué de Cr2O3. a) image en champ clair ; b) figure de diffraction ; c)
analyse chimique (la présence du cuivre provient du support utilisé lors
de l'analyse).
L'analyse MET de la figure E-63 montre que parmi les grains de la couche adhérente
on retrouve la chromine Cr2O3.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 117 -
100 nm
nm
a)
b)
Figure E-64. Analyse MET d'un grain de la couche adhérente montrant la présence
de nickel près de la phase FeCr2O4. a) image en champ clair ; b)
analyse chimique (la présence du cuivre provient du support utilisé lors
de l'analyse).
L'analyse MET de la figure E-64 montre que dans la couche adhérente on retrouve le
nickel à proximité du chromite de fer, FeCr2O4.
Chapitre E : Morphologie et analyse élémentaire - 118 -
a-sad
a - e dx
b-sad
b- e dx
100 nm
nm
a) b)
c)
Figure E-65. Analyse MET d'un grain de la couche externe décollée montrant la
présence de l'hématite Fe2O3. a) image en champ clair ; b) figure de
diffraction ; c) analyse chimique (la présence du cuivre provient du
support utilisé lors de l'analyse).
Chapitre F
DISCUSSION
La comparaison des résultats cinétiques du tableau F-1 permet de montrer qu'à toute
température les dépôts sol-gel réduisent de façon significative la vitesse d'oxydation
de l'acier.
L'effet apporté par le dépôt sol-gel de lanthane se traduit par l'obtention de courbes
de prises de masse paraboliques tout au long du test d'oxydation. Ce type de régime
cinétique permet de penser que la protection apportée par le lanthane peut être
considérée comme efficace en condition isotherme (figures C-1, C-3, C-5).
Au cours de l'oxydation, l’acier brut présente des comportements différents aux trois
températures (figure F-1). A 800°C, un régime parabolique est suivi tout au long du
test. La courbe de prise de masse à 900°C présente une allure de type « sigmoïde »
(figure F-1) caractéristique d’une succession de plusieurs lois cinétiques. A 1000°C,
nous constatons un régime cinétique linéaire pendant les 10 premières heures
d'oxydation. Ensuite la courbe évolue vers un régime parabolique.
Chapitre F – Discussion -121-
Figure F-1. Courbes de prise de masse de l’acier AISI 304 brut lors de son oxydation
à haute température.
1998, Baleix 2002]. La différence observée entre l'énergie d'activation obtenue sur
l'acier AISI 304 et celle de la littérature confirme que la couche d'oxyde n'est pas
seulement constituée de chromine mais d'un mélange de chromine ; de spinelle au
manganèse Mn1,5Cr1,5O4 et d'oxydes contenant du fer.
A 900°C, la courbe de prise de masse suit initialement un régime transitoire assez lent
durant les 10 premières heures d’oxydation. Cette étape initiale est suivie d'une
accélération progressive de la vitesse d’oxydation « breakaway ». Ce phénomène
s’atténue après 30 heures d’oxydation pour retrouver un régime parabolique. Il s’agit
d’une accélération de la prise de masse due à une oxydation catastrophique. Ce
phénomène a été observé par d'autres auteurs [Huntz 2007 ; Riffard 2001 ; Hindam
1982 ; Paul 2000 ; Capitan 1999 ; Ager 1998]. Afin d'expliquer ce phénomène, de
nombreuses suppositions ont été avancées comme la volatilisation de Cr2O3 en CrO3
[Kumar 1996], la non-formation d’une couche de silice continue à l’interface interne
de l’oxyde [Ben Abderrazik 1990] ou encore la formation de couches d’oxydes très
Chapitre F – Discussion -123-
poreuses [Hussain 1995]. Par contre, jusqu'à maintenant peu d'investigations d'ordre
structurales à haute température ont été tentées afin d'expliquer ce phénomène.
En tout cas, ces résultats montrent l'intérêt de la DRX in situ qui permet de
détecter à 900°C un oxyde comme Fe7SiO10 alors qu'il n'est pas décelable après
retour à température ambiante.
Rôle du silicium
Influence du chrome
En plus du rôle joué par le silicium dans la protection des aciers il faut préciser que la
présence du chrome est primordiale pour éviter la formation de la fayalite Fe2SiO4,
qui est une très mauvaise barrière de diffusion [Manning 1983 ; Stott 1995].
D’ailleurs, d’après Stott, la quantité nécessaire de silicium pour former SiO2 doit être
plus faible lorsque la teneur en chrome de l’alliage augmente [Stott 1995].
Les analyses DRX et IR-TF qui ont été menées sur la sous-couche adhérente
broyée montrent la présence de la chromine en faible quantité ce qui est confirmé en
MET (figure E-63). Les analyses EDS, figure E-39 (à la surface de la couche
adhérente) et figures E-43, E-44, E-45 (sur la coupe transversale), ne permettent pas
de localiser la chromine de façon précise. La chromine est certainement présente, en
faible quantité, répartie à l’intérieur de la sous-couche interne dans les zones riches en
chrome de la cartographie X (figure E-45). Par contre l’ensemble des analyses semble
montrer que le chrome se retrouve principalement sous forme de FeCr2O4 qui est
retrouvé dans de nombreux grains d’oxyde analysés au MET (figures E-62 et E-64).
La cartographie X, figure E-45, permet aussi de montrer la stratification de la sous-
couche adhérente. Les analyses EDS des figures E-43, E-44 et E-45 montrent que les
strates s'organisent suivant la composition chimique de la couche d'oxyde. Sur la
micrographie MEB (fig. E-42 ou E-44), les taches noires contiennent principalement
le silicium. Les régions grises renferment les éléments oxygène, chrome, fer et
manganèse. Les taches les plus claires sont les plus riches en nickel et les plus
pauvres en oxygène ce qui correspond à la présence de particules métalliques non
oxydées.
Les résultats obtenus par DRX in situ, IR-TF et MEB-EDS sur la sous-couche
interne adhérente et sur la sous-couche qui se décolle naturellement au
refroidissement permettent de proposer un mécanisme de croissance de la couche à
1000°C (fig. F-3).
Etape N°3 : Après 12 heures d'oxydation, le fer ne diffuse plus vers l'extérieur au
travers de la couche externe. Les pics de diffraction de Fe2O3 ne croissant plus sur les
diffractogrammes in situ (figure D-13) alors que la prise de masse se poursuit (figure
F-1). Ceci est dû au fait que la couche externe n'est plus en contact direct avec le
substrat, sans pour autant s’être décollée de la surface.
Chapitre F – Discussion -129-
Figure F-3. Schéma montrant les étapes de formation de la couche d'oxyde sur l'acier
AISI 304 à 1000°C.
Chapitre F – Discussion -130-
La diminution de la vitesse d'oxydation de l'acier AISI 304, après 10 heures, peut être
associée au manque de contact entre la couche externe et l'acier, comme cela a été
observé sur d'autres alliages [Malik 1981].
Cependant, un régime parabolique est observé sur la courbe de prise de masse entre
12 et 100 heures d'oxydation (fig. F-1). Cela signifie que le processus d'oxydation est
limité par un processus de diffusion de l'oxygène au travers d'une couche d'épaisseur
croissante. Ce type de phénomène a déjà été observé lors de la précipitation interne de
la chromine Cr2O3 dans des aciers austénitiques [Young 2004 ; Wagner 1952].
Après 100 heures d'oxydation, les micrographies montrent qu'une couche interne
d'oxyde stratifiée est présente et contient des particules riches en nickel (zone gris
clair sur la figure E-42 et E-44). La présence de métal non oxydé dans la sous-couche
interne peut s'expliquer en considérant que la sous-couche externe n'est pas restée en
contact étroit avec le substrat et qu’en condition isotherme, cette sous-couche ne s'est
ni fissurée, ni décollée tant que la température reste à 1000°C. Ceci veut dire que de
nouveaux oxydes se sont formés par diffusion interne de l'oxygène. Cela est
envisageable grâce à la présence d'une pression partielle d'oxygène à l'interface
sous-couche externe/substrat qui provient de la dissociation des oxydes FeCr2O4 ;
Mn1,5Cr1,5O4 et Fe2O3 de la sous-couche externe.
Selon les données thermodynamiques, cette pression partielle n’est alors pas
suffisante pour oxyder les particules riches en nickel retrouvées intactes dans la
couche interne grâce à leur plus grande pression de dissociation [Kubaschewski
1983]. En revanche, la pression partielle d'oxygène est suffisante pour permettre la
formation de FeCr2O4 et d'un peu de Cr2O3 qui ont été identifiés par IR-TF ; DRX et
MET dans la sous-couche adhérente (fig. E-58 , fig. E-59, fig. E-62 à 64).
Dû au fait que la courbe de prise de masse présente une allure parabolique après 10
heures d'oxydation, il semble que la diffusion de l'oxygène au travers de la sous-
couche externe ne constitue pas l'étape limitante de la croissance de la couche. En ce
qui concerne l'hématite Fe2O3-ε, il est connu que la nature de ses défauts ponctuels
permet d'envisager ce type de diffusion [Becker 1986].
Chapitre F – Discussion -131-
Rôle du manganèse
Lors de cette étude, les analyses conjointes en DRX et IR-TF montrent la présence de
chromite de manganèse dans les couches d'oxyde. Les avis divergent concernant
l'interprétation de l'effet du manganèse dans les aciers chromino-formeurs. Si les
auteurs sont d’accord pour dire que cet élément diffuse cent fois plus vite que le
chrome en direction l’interface externe des couches d’oxydes [Lobnig 1992], tous
ne sont pas convaincus de son effet bénéfique sur l’oxydation à haute température
[Desport 1988 ; Stroosnijder 1990 ; Roure 1994].
A 1000°C, Saeki a observé une augmentation de l’épaisseur des couches les rendant
plus fragiles lorsque le taux de manganèse dans un alliage chromino-formeur diminue
[Saeki95]. Les oxydes formés à partir du manganèse auraient un rôle protecteur en
étant à la surface de la couche. Ils empêcheraient la conversion de la chromine en
CrO3, un oxyde volatil au-delà de 900°C [Tedmon 1966 ; Graham 1971 ; Tawancy
1996].
Dans notre étude, le chromite de manganèse qui est présent dans la couche d'oxyde à
partir de 800°C, ne semble pas apporter de protection particulière sur ce type d'acier
à 900 et 1000°C. Nous retrouvons le chromite de manganèse à la surface de
l'échantillon quand l'oxydation est plus lente et la couche plus adhérente. Ainsi cet
oxyde mixte serait seulement le témoin d'une croissance de couche ralentie mais
sans doute pas la cause de ce ralentissement.
Chapitre F – Discussion -132-
L’adhérence des couches d’oxyde formées a été testée en condition cyclique aux
différentes températures (figure F-4).
Figure F-4. Courbes de pertes de masse des échantillons d'acier AISI 304 brut au
cours de leur oxydation cyclique à haute température.
Chapitre F – Discussion -133-
1 cm
Figure F-5. Aspect des échantillons bruts après cyclage thermique entre 800 et
1000°C.
Au vu des résultats des analyses par DRX après cyclage, il apparaît que quand la
température des cycles thermiques augmente, les oxydes contenant du fer
deviennent prépondérants dans la couche restante et le substrat métallique disparaît
car il est totalement consommé à 1000°C après seulement 11 cycles.
Les décollements de couche au cours des cycles thermiques (Figure F-5) peuvent être
expliqués par la présence des contraintes thermiques [Mevrel 1987]. Ces contraintes
apparaissent généralement lors du refroidissement d’échantillons ayant été oxydés à
haute température. Elles sont dues aux différences de coefficient de dilatation
thermique entre l’oxyde et le métal sous-jacent. En générale, les coefficients de
dilatation thermique des oxydes sont inférieurs à ceux des métaux, générant ainsi des
contraintes de compression (dans la couche d’oxyde). Ces contraintes apparaissent au
cours du refroidissement ou lors du cyclage thermiques. Lorsque la vitesse du
refroidissement est rapide, ces contraintes ne peuvent pas être relaxées par
déformation plastique. Il apparaît alors des décollements de la couche de corrosion.
D’après l’étude cinétique, l’oxydation à haute température de l’acier AISI 304 revêtu
de lanthane se caractérise par l’établissement d’un régime d’oxydation de type
parabolique durant toute la durée du test d’oxydation (figure F-6). Les constantes de
vitesse parabolique sont alors en moyenne dix fois plus faibles que celles obtenues
lors de l’établissement du régime parabolique sur l'acier brut.
Paúl a montré qu'un dépôt de lanthane ou de cérium (par pyrolyse d'un aérosol)
permet de diminuer la constante de vitesse parabolique d'un facteur 10 lors de
l'oxydation de l'acier AISI 304 à 900°C [Paúl 2001a ; Paúl 2001b]. Ce même auteur
montre que l'implantation ionique du cérium, suivi d'un recuit permettant d'annihiler
les défauts engendrés dans la structure de l'acier, conduit à une diminution de la
vitesse d'oxydation à 900°C [Paúl 2002].
Chapitre F – Discussion -135-
Ceci est confirmé par nos analyses DRX in situ (figure D-3, D-9, D-15) qui montrent
la formation de la chromine. Conjointement, la croissance du chromite de manganèse
intervient dès le début du processus d’oxydation à 900°C (figure D-9) et à 1000°C
Chapitre F – Discussion -136-
début d'oxydation
Figure F-9. Schéma du processus d’oxydation de l’acier AISI 304 revêtu lanthane.
Chapitre F – Discussion -137-
A 1000°C, l’analyse par diffraction des rayons X après refroidissement (figure D-16)
nous révèle que l’intensité des pics de chromite de lanthane LaCrO3 augmente au
cours du refroidissement. Comme le montre les résultats du cyclage à 1000°C de la
figure F-10 une partie de la couche qui recouvre le chromite de lanthane a dû se
décoller lors du refroidissement et laisser apparaître le chromite de lanthane LaCrO3
sous-jacent. Les micrographies obtenues sur l'acier revêtu du lanthane pour les trois
températures (figures E-9, E-27, E-49) présentent des convolutions très prononcées
qui laissent envisager un processus de diffusion mixte dans la couche de chromine
sous l'effet d'un dopage éventuel. Cette hypothèse demande à être confirmée par un
marquage isotopique à l'oxygène 18O. Les analyses EDS (figures E-10, E-28 et E-49)
montrent aussi la présence du lanthane dans les creux des convolutions. Il apparaît
donc que le chromite de lanthane LaCrO3 est localisé à l’interface métal /oxyde et
que le lanthane peut doper la couche de chromine. Il est possible que le lanthane
agisse suivant un mécanisme du type "Dynamic-Segregation Theory" qui suppose
une diffusion de l'élément réactif depuis l'interface interne aux joints de grain de
l'oxyde [Pint 1996].
Chapitre F – Discussion -138-
Riffard a proposé que la formation d’une fine couche continue riche en silicium à
l’interface métal oxyde est favorisée par la présence de l’yttrium sur un alliage AISI
304 [Riffard 2002]. Un effet similaire est observé avec le dépôt sol-gel de lanthane.
Dans ce cas, comme le montre nos résultats, l'oxyde mixte LaCrO3 est détecté dans la
couche d'oxyde [Paúl 2007].
Pour conclure, il semble que nos résultats montrent que le lanthane ait l'effet d'un
dopant dans la couche de chromine et qu'il agisse de façon synergique avec le
silicium afin de bloquer la diffusion externe du fer et favoriser la formation de la
chromine.
F.6. Dépôt sol-gel de lanthane - oxydation en condition cyclique-
Figure F-10. Courbes de pertes de masse des échantillons d'acier AISI 304 revêtus
de lanthane au cours de leur oxydation cyclique à haute température.
Chapitre F – Discussion -139-
1 cm
Figure F-11. Aspect des échantillons recouvert de lanthane après cyclage thermique
entre 800 et 1000°C.
L’adhérence des couches d’oxyde formées sur les échantillons revêtus de lanthane, a
été testée en condition de cyclage thermique (figure F-10). L’initiation du processus
d’écaillage intervient après une période de latence de l’ordre 30, 5 et 3 cycles, pour
les échantillons recouverts de lanthane respectivement oxydés à 800°C, 900°C et
1000°C. Le comportement en cyclage thermique de l'acier recouvert d'un dépôt sol-
gel de lanthane n'est pas meilleur que celui des échantillons bruts (figures C-2, C-4 et
C-6). Aux trois températures, l’analyse par diffraction des rayons X in situ (figures D-
3, D-9, D-15) des échantillons revêtus de lanthane ne montrent cependant aucun
changement dans la composition structurale de la couche au cours du temps ainsi
l’absence d’oxydes contenant du fer.
L’absence d’oxydes contenant du fer pendant les tests d'oxydation en présence de
lanthane ne garantie pas une bonne adhérence des couches d'oxyde en cyclage
thermique (Figure F-11).
Chapitre F – Discussion -140-
F.7. Effet de dépôt sol-gel cérium sur l’oxydation de l’acier AISI 304
Les constantes de vitesse obtenues sur les échantillons revêtus de cérium sont
beaucoup plus faibles que celles enregistrées au cours de l’oxydation des aciers bruts
(tableau F-1). Cette diminution de la vitesse d'oxydation a pour conséquence la
formation de couches d’oxyde plus fines et plus compactes. Mitra fait un constat
similaire avec un dépôt superficiel de CeO2 sur l'acier AISI 304 [Mitra 1993]. Même
si nous n'avons pas pris ce facteur en compte, il a été démontré que la taille des
particules de CeO2 peut avoir une grande importance sur la réduction de la vitesse
d'oxydation de l'acier AISI 304 [Patil 2002].
Le régime linéaire que nous avons observé à 1000°C est le témoin d'un processus de
croissance de la couche d'oxyde limité par la diffusion à travers une couche
d'épaisseur constante. La couche qui joue ce rôle est probablement celle contenant
Chapitre F – Discussion -141-
l'oxyde CeO2 à l'interface externe (figures E-31, E-32, E-52 à E-55). La température
de 1000°C semble être d'ailleurs très favorable au maintient de CeO2 à la surface
de la couche d'oxyde comme le montre la figure D-17 sur laquelle les pics de CeO2
sont particulièrement intenses. Ces pics sont d'ailleurs toujours très présents après
retour à l'ambiante figure D-18. La comparaison des figures DRX figures D-19, D-20
et D21 (après 90 heures d'oxydation) montrent également que l'oxydation à 1000°C
permet de retrouver CeO2 à la surface de l'échantillon après retour à l'ambiante.
Si le cérium permet une diminution très nette de la vitesse d'oxydation, il est peu
probable que le cérium agisse suivant un mécanisme du type "Dynamic-Segregation
Theory" qui suppose une diffusion de l'élément réactif depuis l'interface interne aux
joints de grain de l'oxyde alors que CeO2 est situé à l'interface externe [Pint 1996].
L’adhérence des couches d’oxyde développées sur les aciers revêtus de cérium a été
testée en condition cyclique aux différentes températures (figure F-13). La succession
de chocs thermiques provoque l’écaillage de la couche d’oxyde après seulement deux
ou trois cycles. Le comportement en cyclage thermique de l'acier recouvert d'un
dépôt sol-gel de cérium est plus mauvais que celui des échantillons bruts (figures C-
2, C-4 et C-6).
Pourtant, l’analyse par diffraction des rayons X in situ (figures D-5, D-11, D-17) des
échantillons revêtus de cérium ne montrent pas de changement dans la composition
structurale de la couche au cours du temps ainsi que l’absence des oxydes contenant
du fer. Etant donné que la couche présente une composition exempte d'oxydes non
protecteurs lors des essais effectués en DRX in situ, nous pouvions nous attendre à un
Chapitre F – Discussion -142-
bon comportement en cyclage thermique. Les résultats montrent que ce n'est pas le
cas (figure F-14).
Les résultats des analyses DRX après 90 heures en oxydation isotherme, présentés
figures D-19, D-20, D-21, montrent aussi que le dépôt de cérium empêche la
formation des oxydes contenant du fer.
Les analyses DRX effectuées après cyclage thermique (figures D-22, D-23 et D24)
montrent qu'à 800°C, la présence d'un élément actif semble modifier de façon
importante la nature des oxydes présents :
Figure F-13. Courbes de pertes de masse des échantillons d'acier AISI 304 revêtus
de cérium au cours de leur oxydation cyclique à haute température.
Chapitre F – Discussion -143-
1 cm
Figure F-14. Aspect des échantillons recouvert de cérium après cyclage thermique
entre 800 et 1000°C.
Chapitre G – Conclusions 144
CHAPITRE G
CONCLUSIONS
G.1. Oxydation de l'acier brut
- Le fait que la phase Fe7SiO10 soit détectée à haute température mais pas après retour
à température ambiante montrent l'intérêt de la DRX in situ pour expliquer ce type
de phénomène.
- A 1000°C, la silice ne joue pas son rôle protecteur car elle ne constitue pas une
couche d'oxyde continue qui puisse prévenir la diffusion cationique externe du fer
dans la phase transitoire et qui n'empêche pas l'oxydation interne par la suite.*
Un modèle est proposé pour expliquer le mécanisme d'oxydation de l'acier AISI 304
à 1000°C.
- Les constantes de vitesse paraboliques sont dix fois plus faibles que celles obtenues
sur l'acier brut.
- L'énergie d'activation qui s’élève à Ea = 272 kJ.mol-1 suggère que nous soyons en
présence d’une couche barrière de chromine limitant le processus de diffusion. Ceci
est confirmé par nos analyses DRX in situ qui montrent la formation de la chromine
et de chromite de manganèse.
- La croissance d’un oxyde mixte contenant du lanthane LaCrO3 intervient aussi dès
le début du processus d’oxydation. Il est localisé à l’interface métal /oxyde ce qui
permet d'envisager un mécanisme de dopage le la couche de chromine selon une
théorie approchant celle de la ségrégation dynamique proposée par Pint (Pint
1996).
En présence de lanthane, la couche d'oxyde présente des circonvolutions qui peuvent
témoigner d'un processus de diffusion mixte dans la couche de chromine. Toutefois
cette hypothèse demande à être confirmée par un marquage isotopique à l'oxygène
18
O.
- Nos résultats tendent aussi à montrer que le lanthane agit de façon synergique avec
le silicium afin de bloquer la diffusion externe du fer et favoriser la formation de la
chromine.
Chapitre G – Conclusions 147
- Les constantes de vitesse obtenues sur les échantillons revêtus de cérium sont
beaucoup plus faibles que celles obtenues au cours de l’oxydation des aciers bruts
- Le régime linéaire que nous avons observé à 1000°C est le témoin d'un processus
de croissance de la couche d'oxyde limité par la diffusion à travers une couche de
CeO2 d'épaisseur constante. A cette température l’oxyde CeO2 reste situé à
l'interface externe de la couche d'oxyde.
- Dû au fait que les oxydes contenant du fer sont absents dans les couches d'oxyde, il
est envisageable que le cérium agisse par un effet synergique avec le silicium.
L'établissement de la pellicule superficielle d'oxyde de cérium peut aider à la
constitution d'une sous couche continue de silice et limiter la diffusion du fer.
- Dans les deux cas, l’analyse par diffraction des rayons X in situ montrait pourtant
l’absence d’oxydes contenant du fer en condition isotherme. Ce critère ne semble
donc pas être suffisant pour prévoir l'adhérence des couches en condition cyclique.
PERSPECTIVES
Entre 800 et 1000°C, l’acier AISI 304 recouvert d’un dépôt sol-gel de
lanthane présente des convolutions très prononcées qui laissent envisager un
processus de diffusion mixte dans la couche de chromine sous l'effet d'un
dopage éventuel. Cette hypothèse demande à être confirmée par un marquage
isotopique à l'oxygène 18O associé à des analyses SIMS.
Sur l’acier AISI 304 oxydé en présence de lanthane, nous réaliserons des
coupes transversales afin de confirmer que le chromite du lanthane LaCrO3 se
trouve bien localisé à l’interface interne. A 1000°C, nous déterminerons alors si
la couche d’oxyde présente des stratifications comme sur l'acier brut. Nous
tenterons de localiser le silicium et vérifierons les propriétés d’adhérence de la
couche d’oxyde sur le substrat métallique.
Nous étudierons l’effet du recuit sous argon des dépôts sol-gel de lanthane
et de cérium dans le but d’améliorer l’adhérence de la couche d’oxyde au cours
des cycles thermiques.
Afin de finaliser les analyses par spectroscopie IR, nous réaliserons des
analyses IR par réflexion spéculaire à angle variable sur des couches fines
(début d’oxydation 0-10h) afin d’identifier les oxydes qui se sont formés au tout
début du processus de l’oxydation à haute température.
Dans le but de mieux déterminer la nature des dépôts, nous réaliserons des
analyses DRX in situ par paliers de température sur l'acier recouvert des dépôts
sol-gel au cours du processus de chauffage entre 100 et 800°C.
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Annexe H 156
Annexe
Courbes transformées linéaires (Δm/S = f(√t)
Ce travail a porté sur l'étude des mécanismes d’oxydation de l’acier AISI 304 sur une gamme de
température allant de 800 à 1000°C. Nous avons examiné plus particulièrement l’influence des dépôts sol-gel de
lanthane et de cérium sur les processus d'oxydation. L’apport de la spectroscopie IR a permis de mieux identifier
les oxydes mixtes de type spinelle FeCr2O4 et Mn1,5Cr1,5O4 et corindon Fe2O3 et Cr2O3. L’association des
différentes techniques d’analyse telles que la DRX in situ, la spectroscopie IR, le MEB, l'EDS et la microscopie
électronique à transmission (MET) ont permis de proposer un nouveau mécanisme d’oxydation de l’acier AISI
304 au cours de son oxydation à 1000°C. Les dépôts sol-gel de lanthane et de cérium conduisent à une
diminution importante des constantes de vitesse d'oxydation. Dans le cas de l’AISI 304 recouvert d'un dépôt sol-
gel d'oxyde de lanthane, la DRX in situ montre que la croissance de l'oxyde mixte LaCrO3 intervient dés le début
de l’oxydation. Cet oxyde est localisé à l’interface interne et bloque la diffusion externe du fer tout en retardant
la diffusion externe du manganèse. Ceci peut être dû au fait que le lanthane agit de façon synergique avec le
silicium afin de bloquer la diffusion externe du fer et favoriser la formation de la chromine. Le lanthane peut
aussi agir en bloquant la diffusion externe des cations métalliques au travers de la couche de chromine selon un
processus de ségrégation dynamique au joint de grains. Dans le cas du dépôt sol-gel d'oxyde de cérium le régime
linéaire que nous avons observé à toute température est le témoin d’un processus de croissance de la couche
d’oxyde limité par la diffusion à travers une couche de CeO2 d’épaisseur constante située à l'interface externe.
Dans ce cas l'absence des oxydes contenant du fer dans la couche d’oxyde permet de conclure à un effet
synergique avec le silicium qui bloque la diffusion externe du fer. Les essais de cycles thermiques montrent que
l'adhérence des couches d'oxyde formées en présence de dépôts sol gel ne s'en trouve pas améliorée.
TITLE and ABSTRACT: In Situ X ray Diffraction Study of the AISI 304 Oxidation Mechanism between 800
and 1000°C. Influence of the Lanthanum and Cerium sol gel coatings. Contribution of the Infrared Spectroscopy
IRTF to the mixed oxide identification.
This work presents a study on the AISI 304 oxidation mechanism within the temperature range of 800 to
1000°C, in air. We have closely examined the effect of Lanthanum and Cerium sol-gel coating on the oxidation
process. IR spectroscopy enables us to better identify the mixed oxides FeCr2O4 and Mn1,5Cr1,5O4 and the
corundum type oxides Fe2O3 and Cr2O3. The combination of various analytical techniques such as: in situ XRD,
IR spectroscopy, MEB, EDS and MET, lead us to propose a new oxidation mechanism of AISI 304 oxidation at
1000°C. The corrosion process involves a great contribution of internal oxidation after a transient stage.
The presence of lanthanum and cerium sol-gel coatings leads to a decrease of oxidation rate constants. With
Lanthanum, the in situ XRD results show that the growth of LaCrO3 mixed oxide occurs at the beginning of
oxidation process. This oxide is localised at the alloy/oxide internal interface. It blocks the external iron
diffusion and slows down the external diffusion of manganese leading to a chromia scale formation. Either
Lanthanum can act with silicon to block the external iron diffusion and favour the chromia scale formation or
Lanthanum can also act by blocking the external diffusion of metallic cations through the chromia layer
according to a "dynamic segregation process" along grain boundaries. With a cerium sol-gel coating, a linear
regime has been observed at all temperatures. It corresponds to a growth process limited by the oxygen diffusion
through the CeO2 layer (showing a constant thickness) situated at the external interface. In this case, the absence
of iron containing oxides in the scale leads us to conclude to a synergistic effect with silicon, then, blocking the
external iron diffusion. Thermal cycling tests show that the adherence of oxide layers formed, in the presence of
Cerium and Lanthanum sol-gel coatings, is not improved compared to blank specimens.
DISCIPLINE : Chimie-Physique
MOTS CLES : acier ; AISI 304 ; oxydation à haute température ; éléments actifs ; cérium ; lanthane ; dépôt sol
gel ; diffraction des rayons X in situ, Spectroscopie Infrarouge IRTF.
INTITULE et ADRESSE DU LABORATOIRE : Laboratoire Vellave sur l'Elaboration et l'Etude des Matériaux
(LVEEM - EA 3864) – 8 rue J.B. Fabre – BP 219 –43006 LE PUY EN VELAY Cedex