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INTRODUCTION AU DROIT
La vie des hommes en société n’est possible que dans la mesure où est établi l’ordre.
Nous pouvons donner deux grands sens au mot « droit »
- un sens objectif : désigne l’ensemble des règles qui régissent les rapports des hommes entre eux ou
avec la puissance publique.
-un sens subjectif : c’est à dire les prérogatives qui sont reconnues à une personne et qui lui
permettent d’accomplir tel ou tel acte juridique. Exemple : le droit de propriété qui permet d’user,
d’exploiter et de disposer d’un bien.
Quel est le but de la règle de droit ?
CHAPITRE 1 : LA REGLE DE DROIT
Pour comprendre ce qu’est la règle de droit, il faut connaître le but qu’elle poursuit. Ce but est de
permettre la vie en société. Du moment que nous vivons les uns à côté des autres, nous avons besoin
de règles de conduite.
La règle de droit intervient afin d’assurer le respect de la dignité humaine. Donc, chacun doit
reconnaître à l’autre des droits.
PARAGRAPHE 1 : LES CARACTERISTIQUES DE LA REGLE DE DROIT :
La règle de droit présente trois (3) caractères : elle est impérative, générale et contraignante.
1° La règle de droit est impérative dans le sens où elle contient un commandement
2° La règle de droit est générale car elle ne s’applique pas à une personne mais à des personnes. Cette
caractéristique de la règle de droit lui permet d’être objective. La généralité de la loi s’explique aussi
par le fait qu’elle est d’application permanente tant que son abrogation n’est pas intervenue
3° La règle de droit est contraignante. Le pouvoir de coercition est exercé par l’appareil de la
puissance publique, à savoir : la police, gendarmerie, les tribunaux…
PARAGRAPHE 2 : DISTINCTION DE LA REGLE DE DROIT ET DES AUTRES REGLES
SOCIALES
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La règle de droit coexiste avec des règles de vie sociale : il s’agit des règles morales et religieuses
ainsi que les usages. Dans certaines sociétés anciennes et pendant longtemps, le droit s’est confondu
avec la morale et la religion. Le droit moderne tend à les distinguer, mais dans la pratique, cette
séparation n’est jamais totale.
* Quelle est la différence entre la règle de droit et la morale ?
La distinction réside dans le but poursuivi par ces 2 règles ainsi que par la nature de la sanction qui
ne sont pas les mêmes.
* Le problème se pose d’une manière plus difficile quand il s’agit de faire la différence entre la règle
de droit et la religion.
PARAGRAPHE 3 : CLASSIFICATION DES REGLES DE DROIT
Les règles de droit se classent d’une part, en règle de droit national et règle de droit international
(A), d’autre part, en règle de droit privé et règle de droit public (B).
A/ droit national privé et droit national public.
Le droit national est celui qui régit des relations en faisant abstraction de tout élément étranger. Les
règles du droit national peuvent être des règles de droit privé ou de règles de droit public.
On définit le droit privé comme le droit qui recouvre l’ensemble des règles déterminantes de la
condition des personnes ou applicables à leurs relations individuelles.
Le droit public englobe l’ensemble des règles relatives aux institutions publiques et à leurs rapports
avec les particuliers.
Exemple : un contrat passé entre 2 particuliers est soumis aux règles de droit privé. Un contrat passé
entre l’Etat et un particulier est soumis aux règles de droit public.
Le droit public se subdivise en différentes branches :
*droit constitutionnel qui fixe les règles d’organisation de l’Etat ;
* droit administratif qui réglemente la structure de l’administration et ses rapports avec les
particuliers.
* droit financier qui détermine les règles selon lesquelles l’Etat et l’Administration peuvent se
procurer les ressources qui leur sont nécessaire et comment ils peuvent les employer.
Quant au droit privé, il comprend :
* droit civil : ensemble des règles applicables aux particuliers, à leur vie privée.
* droit commercial : contient les règles dont l’application est réservée soit aux actes de commerce,
c’est à dire aux opérations commerciales, soit aux particuliers qui les effectuent, les commerçants.
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* droit bancaire : ensemble de règles qui régit l’exercice du commerce de banque.
* droit social : ensemble de règles régissant les rapports entre employeur et employé.
B/ Droit international privé et droit international public :
Là aussi on distingue entre droit privé et droit public.
- Le droit international privé est celui qui régit les rapports des particuliers entre eux lorsqu’il y a un
élément étranger. Exemple : la condition des étrangers qui détermine les droits dont les étrangers
peuvent se prévaloir en Algérie.
- Le droit international public contient les règles applicables dans les rapports des Etats entre eux.
PARAGRAPHE 4 :LES SOURCES DU DROIT ALGERIEN
Les sources formelles du droit sont au nombre de quatre.
Il s'agit de la Loi, la jurisprudence, la coutume, la doctrine.
La répartition des compétences entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif dépend de la
constitution, texte fondamental, supérieur à tout autre, qui établit les institutions de l’Etat et fixe leur
fonctionnement.
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1) LA LOI
Article 114 de la constitution de 1996 revisée en2020 : « Le pouvoir législatif est exercé par un
parlement, composé de deux chambres ; l’Assemblée Populaire Nationale et le conseil de la
nation »
On peut donc considérer qu’une loi est tout texte voté par l’Assemblée Populaire Nationale et le
conseil de la nation.
Matériellement, la loi est constituée par toute règle écrite à caractère générale et impersonnel.
Les lois sont ordonnées en une hiérarchie fondée sur le critère d’importance de l’organe créateur :
c’est la « hiérarchie des normes ». Au sommet de la hiérarchie, se situe la Constitution. Elle
détermine les autorités qui ont un pouvoir d’élaborer les lois, et elle présente aussi un caractère supra-
législatif. Une loi qui ne serait pas conforme à la Constitution est irrégulière.
Constitution
Traités et Conventions internationaux
Nous avons donc : Loi
Décret du président de la république
Décret du premier ministre :
Arrêté ministériel : Règlements
Arrêté de wilaya :
Arrêté municipal ---
La loi s’ordonne autour de 2 (deux) principes :
- La hiérarchie des textes
- Le parallélisme des formes
1) Le principe de la hiérarchie des textes suppose qu’un texte hiérarchique inférieur est toujours
subordonné aux textes de la catégorie supérieure.
2) En conséquence de ce principe de la hiérarchie, le parallélisme des formes suppose que
l’abrogation d’un texte ne peut se faire que par un autre texte de la même valeur.
Exemple : une loi ne peut déroger à la Constitution, un décret ne peut déroger à la Loi.
Une fois votée, la loi est promulguée.
La promulgation est l’ordre donné par le Président de la République d’exécuter la Loi.
Mais cette loi ne devient obligatoire que lorsqu’elle a été publiée au journal officiel. Cette publication
a pour but de porter la Loi à la connaissance des citoyens.
Toutefois, les textes ne sont pas conçus avec le même degré de force obligatoire.
En effet, certains textes revêtent un caractère contraignant particulièrement aigu qu’on qualifie
« d’impératifs » ou « d’ordre public ».
Ces textes sont jugés essentiels pour la protection des intérêts supérieurs de la collectivité.
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D’autres, en revanche, ne font que proposer aux intéressés des schémas juridiques qu’ils demeurent
libres d’adopter ou de leur préférer des modalités plus à leur convenance ; ces textes sont dits :
« supplétifs ».
2) LA COUTUME
C’est une règle qui émane directement du peuple. Elle n’est pas écrite. Elle doit être consacrée par le
temps et acceptée par la population d’un territoire donné.
Selon l’article 1, alinéa 2 : « en l’absence d’une disposition légale, le juge se prononce selon les
principes du droit musulman et à défaut, selon la coutume. »
3) LA JURISPRUDENCE
Elle se définit comme la solution donnée par les tribunaux à une question de droit, en l’absence de
dispositions législatives. Cet ensemble de décisions des tribunaux peut établir donc une nouvelle
règle à laquelle peut s’y référer plus tard un autre juge pour une affaire semblable.
4) LA DOCTRINE
On appelle « doctrine » les travaux des jurisconsultes qui commentent la loi. C’est une source
indirecte dans le sens où elle ne fait qu’aider les tribunaux à prendre une décision. Mais cette opinion
ne s’impose pas au juge.
CHAPITRE 2 : L’ORGANISATION JUDICIAIRE
L’organisation judiciaire a été fixée par la loi organique n°05-11 du 17 juillet 2005 relative à
l’organisation judiciaire.
Cette organisation judiciaire comprend l’ordre judiciaire ordinaire, l’ordre judiciaire administratif et
le tribunal des conflits.
A ces 2 ordres judiciaires, il faut ajouter des juridictions pénales spécialisées : le tribunal criminel et
le tribunal militaire.
PARAGRAPHE 1 : LES JURIDICTIONS DE L’ORDRE JUDICIAIRE ORDINAIRES
1) Il s’agit en première instance du tribunal.
Selon l’article 19 de la loi organique n°22-10 du 9 juin 2022 relative à l’organisation judiciaire
« Le tribunal est la juridiction de premier degré. »
Le tribunal est divisé en plusieurs sections :
- Section civile
- Section des délits
- Section des contraventions
- Section des référés
- Section des affaires familiales
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- Section des mineurs
- Section sociale
- Section foncière
- Section maritime
- Section commerciale.
Le tribunal statue à juge unique sauf dispositions contraires prévues par la loi.
La loi n°22-13 du 12 juillet 2022 modifiant et complétant le code de procédure administratif dans sa
section 2 a institué un tribunal commercial spécialisé.
Article 536 bis :
« Le tribunal commercial spécialisé est compétent pour connaître du contentieux cité-dessous :
- Contentieux relatifs à la propriété intellectuelle
- Contentieux des sociétés commerciales, notamment ceux relatifs aux associés, à la dissolution
et à la liquidation des sociétés
- Le règlement judiciaire et à la faillite
- Contentieux relatifs aux banques et aux institutions financières avec les commerçants
- Contentieux maritimes, du transport aérien et des assurances relatives à l’activité commerciale
- Contentieux relatifs au commerce international. »
Tous leurs jugements peuvent être attaqués par voie d’appel.
• Tribunal criminel :
Selon l’article 14 de la loi organique n°22-10 du 9 juin 2022 relative à l’organisation judiciaire :
« il existe au niveau de chaque cour, un tribunal criminel compétent pour connaître des faits qualifiés
crimes, ainsi que des délits et contraventions qui leur sont connexes. »
2) La juridiction supérieure est la cour
Selon l’article 14 de la loi organique n°22-10 du 9 juin 2022 relative à l’organisation judiciaire
« La cour est la juridiction d’appel des jugements rendus par les tribunaux… »
La cour statue en formation collégiale.
3) La cour suprême :
La cour suprême est régie par la loi organique n° 11-12 du 26 juillet 2011 fixant l’organisation, le
fonctionnement et les compétences de la cour suprême.
Selon l’article 2 de cette loi « …….le siège de la cour suprême est fixé à Alger. »
« La cour suprême est juge de droit. » Elle exerce donc un contrôle sur la bonne application de la
loi par les ordonnances, jugements et arrêts et contrôle aussi le respect des formes et règles de
procédure.
Elle sanctionne à ce titre, toute violation à la loi.
Elle prononce des arrêts, acceptant ou rejetant les pourvois qui lui sont présentés par les parties et
qui cherchent à faire casser les décisions prises par le premier ou le deuxième degré de juridiction.
En cas de mauvaise application du droit, les juges de la cour suprême renvoient l’affaire devant une
nouvelle juridiction de même degré que celle qui l’avait précédemment jugée.
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PARAGRAPHE 2 : LES JURIDICTIONS DE L’ORDRE ADMINISTRATIF
1) LES TRIBUNAUX ADMINISTRATIFS
Loi organique n°22-10 du 9 juin 2022 relative à l’organisation judiciaire :
Article 31 : « le tribunal administratif est la juridiction du premier degré en matière administrative. »
Les réclamations envers l’administration s’exercent par voie de recours : recours pour excès de
pouvoir, lorsque le requérant demande l’annulation d’un acte qu’il prétend illégal ; recours de pleine
juridiction lorsque le demandeur invoque un droit qu’on refuse de lui reconnaître.
2) LES TRIBUNAUX ADMINISTRATIFS D’APPEL
Loi n° 22-07 du 5 mai 2022 portant découpage judiciaire :
Article 8 : « il est institué 6 tribunaux administratifs d’appel dont les sièges se situent à Alger, Oran,
Constantine, Ouargla, Tamenghasset et Béchar. »
Article 9 : « dans le ressort de chaque tribunal administratif d’appel, il est institué des tribunaux
administratifs. »
3) LE CONSEIL D’ETAT
La plus haute juridiction administrative est le conseil d’Etat.
A l’inverse de la cour suprême, il n’est pas qu’un organe juridictionnel.
Il a, d’une part, un rôle consultatif. Selon l’article 4 de la loi organique n°98-01 du 30 Mai 1998
relative aux compétences, à l’organisation et au fonctionnement du conseil d’Etat, celui-ci donne
« son avis sur les projets de lois » et selon l’article 12 de la même loi, « il propose toutes
modifications qu’il juge nécessaire. »
Loi organique n°22-11 du 9 juin 2022 modifiant et complétant la loi organique n°98-01 du 30 mai
1998 relative à l’organisation, au fonctionnement et aux attributions du conseil d’Etat :
Article 9 :
« Le Conseil d’Etat est compétent pour statuer sur les pourvois en cassation contre les jugements et
arrêts définitifs rendus par les juridictions administratives
Il est également compétent pour statuer sur les pourvois en cassation que lui confèrent les textes
particuliers. »
Article 10 :
« Le Conseil d’Etat est compétent pour statuer en appel contre les décisions rendues par le tribunal
administratif d’appel d’Alger statuant en matière de recours en annulation, en interprétation et en
appréciation de la légalité des décisions administratives émanant des autorités administratives
centrales, des institutions publiques nationales et des organisations professionnelles nationales. »
PARAGRAPHE 3 : LA JURIDICTION DE REGLEMENTS DES CONFLITS : Le tribunal
des conflits
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Le tribunal des conflits, institué par la loi organique n°98-03 n’appartient à aucun des deux ordres
juridictionnels. Son rôle est de trancher les conflits de compétence qui peuvent survenir entre la cour
suprême et le conseil d’Etat. Ce n’est pas pour autant une juridiction de degré supérieur à ces deux
ordres.
PARAGRAPHE 4 : LE CORPS JUDICIAIRE
Il s’agit des magistrats.
Les droits et les obligations des magistrats ainsi que l’organisation de leur carrière sont fixés par la
loi organique n° 04-11 du 6 septembre 204 portant statut de la magistrature.
Selon l’article 2 de cette loi :
« Le corps de la magistrature comprend :
1 – les magistrats du siège et du ministère public de la cour suprême, des cours et des tribunaux
relevant de l’ordre judiciaire
2- les magistrats du siège et les commissaires d’Etat du Conseil d’Etat et les tribunaux administratifs
3 – les magistrats exerçant :
- Dans l’administration centrale du Ministère de la justice
- Au secrétariat du Conseil Supérieur de la Magistrature
- Aux services administratifs de la Cour Suprême et du Conseil d’Etat
- Aux établissements de formation et de recherche relevant du Ministère de la justice. »
Les magistrats dit du « siège » tranchent le procès. Ils jugent.
Les magistrats du parquet sont des membres du ministère public qui représentent la société : ce sont
les magistrats dits « debout ».
LA CONDITION JURIDIQUE DES PERSONNES PHYSIQUES
En règle générale, tout sujet de droit est investi d’une aptitude à être titulaire de droits et à les
exercer. Le terme capacité a un double sens tout comme son contraire « incapacité ».
La capacité ou l’incapacité de jouissance est l’aptitude ou l’inaptitude à acquérir et à posséder des
droits.
La capacité ou l’incapacité d’exercice est l’aptitude ou l’inaptitude à exercer des droits dont une
personne est titulaire.
Alors que l’incapacité de jouissance implique l’incapacité d’exercice, car on ne conçoit pas qu’une
personne puisse être amenée à exercer des droits qu’elle ne possède pas, l’incapacité d’exercice
présuppose la capacité de jouissance. Si la loi défend à une personne d’exercer un droit, c’est qu’elle
peut en être titulaire.
PARAGRAPHE 1 : LA CONDITION JURIDIQUE DU MINEUR
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Afin de protéger le mineur contre les conséquences de sa jeunesse ou de sa déficience, la loi a
aménagé un statut particulier de protection constitué soit par l’autorité parentale soit par la tutelle.
L’article 40, alinéa 2 du code civil fixe la majorité à 19 ans révolus. Par conséquent, tous les
individus qui n’ont pas 19ans sont dits mineurs.
Il faut distinguer selon que le mineur est non émancipé ou émancipé.
A/ LE MINEUR NON EMANCIPE
L’incapacité du mineur est générale. Tous les actes juridiques doivent, en principe, être accomplis
pour le mineur par son représentant. Selon l’article 81 du code de la famille : « Toute personne
complètement ou partiellement incapable du fait de son jeune âge……..est légalement
représentée par un tuteur légal ou testamentaire ou d’un tuteur datif, conformément aux
dispositions de la présente loi. » Ainsi, la loi place le mineur sous l’autorité de ses père et mère en
organisant la puissance paternelle. C’est le père qui exerce cette puissance, c’est lui qui sera
normalement le représentant de son enfant, en qualité d’administrateur légal de ses biens. Ce n’est
qu’en cas de mort du père ou dans des cas exceptionnels qu’elle est exercée par la mère.
Article 87 du code de la famille : « Le père est tuteur de ses enfants mineurs. A son décès,
l’exercice de la tutelle revient à la mère de plein droit. »
La puissance paternelle prend fin à la majorité de l’enfant ou même auparavant s’il est émancipé.
C’est ce qui ressort de l’article 40, alinéa 1 du code civil : « Toute personne majeure jouissant de
ses facultés mentales et n’ayant pas été interdite, est pleinement capable pour l’exercice de
droits civils. »
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B/ L’EMANCIPATION DU MINEUR ET SES EFFETS
L’émancipation met, en principe, fin à l’incapacité du mineur.
Le mineur est émancipé de plein droit par le mariage. L’émancipation peut être volontaire,
résultant d’une déclaration expresse des parents du mineur, ou d’une décision du juge ou
d’une délibération du conseil de famille.
L’émancipation prend fin à la majorité du mineur ou à son décès. La dissolution du mariage
pendant la minorité, n’empêche pas l’époux mineur de rester émancipé, que cette dissolution
résulte du divorce ou du décès de l’autre conjoint. L’émancipation met fin à l’administration
légale ou à la tutelle.
Les actes que peut accomplir seul un mineur émancipé sont des actes de pure administration,
PARAGRAPHE 2 : LA CONDITION JURIDIQUE DES MAJEURS INCAPABLES
Selon l’article 4O, alinéa1 du code civil : « Toute personne majeure jouissant de ses
facultés mentales et n’ayant pas été interdite, est pleinement capable pour l’exercice de
ses droits civils. »
Le principe est que toute personne majeure est capable. Cependant, parmi les majeurs,
certaines personnes n’ont pas leur raison. Ils ne jouissent pas de leurs pleines facultés
mentales. L’altération des facultés mentales est une cause nécessaire d’incapacité : un être
privé de raison ne peut participer à la vie juridique.
Article 43 du code civil : « ….. de même que celui qui a atteint sa majorité, tout en étant
prodigue ou frappé d’imbécillité ont une capacité limitée conformément aux
prescriptions de la loi. »
PARAGRAPHE 3 : LA PROTECTION DES INCAPABLES MAJEURS
La protection des incapables majeurs est réalisée par le biais de la tutelle, de la curatelle.
A/ LA TUTELLE
Selon l’article 81 du code de la famille : « Toute personne complètement ou partiellement
incapable du fait de …..sa démence, de son imbécillité ou de sa prodigalité est
légalement représentée par un tuteur légal ou testamentaire ou d’un tuteur datif, ….. »
Article 85 du code de la famille : « Les actes d’une personne atteinte de démence,
d’imbécillité ou de prodigalité, accomplis sous l’empire de l’un de ces états, sont nuls. »
B/ LA CURATELLE
La curatelle est un régime d’assistance.
Article 99 du code de la famille : « Le curateur est la personne désignée par le tribunal, à
défaut de tuteur légal ou testamentaire, pour l’administration d’une personne
complètement ou partiellement incapable, à la demande de l’un de ses parents, de toute
personne y ayant intérêt ou du ministère public. »
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SECTION 2 : LES PERSONNES MORALES
Une personne morale ne peut agir elle-même, mais elle participe à la vie juridique par
l’intermédiaire de ses organes. Reconnaître la personnalité morale à ces êtres collectifs leur
permet de développer leur activité.
CONSEQUENCES DE LA PERSONALITE MORALE
Les personnes morales ont une capacité de jouissance et une capacité d’exercice.
• la capacité de jouissance : A la différence des personnes physiques pour lesquelles la
capacité de jouissance est totale, les personnes morales n’ont pas toutes la même capacité.
Article 50,alinéa 2 : « Elle a notamment : une capacité dans les limites déterminées dans
l’acte constitutif ou établi par la loi. »
Donc, l’aptitude des personnes morales à jouir de certains droits est limitée par le principe de
la spécialité des personnes morales.
• La capacité d'exercice : C'est par l'intermédiaire d'organes, tel que le directeur,
l’administrateur, l’assemblée générale, que la personne morale exerce ses droits. Ces
organes, d’après la loi ou les statuts, ont qualité pour les diriger et pour agir en leur nom.
LES BIENS
Classification des biens
I – La classification fondamentale ou principale : bien immeuble ou bien meuble :
Selon l’article 683 du code civil : « Toute chose ayant une assiette fixe et immobile, qui ne
peut être déplacée sans détérioration, est une chose immobilière. Toutes les autres sont
mobilières. »
Ainsi la division fondamentale est posée par l’article 683.
A – Les immeubles
Selon l’article 683 et l’article 684 du code civil, il y a deux catégories de biens immeubles.
1) Les immeubles par nature :
Il s’agit du sol et ce qui est au sol
2) Les immeubles par destination :
B – Les meubles
On dénombre trois catégories de meubles :
Les meubles par nature : tout ce qui se déplace ou qui fait l’objet de déplacement
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Selon l’article 683 du code civil, tout ce qui n’est pas immeuble, est meuble. Ainsi, les
meubles meublants (une table, une chaise) comme les véhicules ou les animaux sont des biens
meubles par nature.
Les meubles par détermination de la loi :
Ce sont les droits et les actions portant sur un meuble, les intérêts et actions d’une société.
Les meubles par anticipation :
Ce sont des biens qui sont actuellement des biens immeubles mais dont on anticipe la nature
mobilière future : exemple : une récolte encore pendante va être traitée comme meuble, alors
même qu’elle est toujours incorporée au sol et donc immeuble, parce qu’on sait qu’elle va être
prochainement être arrachée et devenir meuble.
II – les classifications complémentaires, secondaires
A – Classification selon la qualité propre du bien
1) Choses consomptibles/non consomptibles
Selon l’article 685 du code civil : « les choses consomptibles sont celles dont l’usage, tel qu’il
résulte de leur destination consiste uniquement dans le fait de les consommer ou de les
aliéner.
Sont ainsi réputées consomptibles toutes les choses faisant partie d’un fonds de commerce et
qui sont destinées à être vendues. »
Ainsi, les choses consomptibles sont celles qui se consomment et se détruisent par l’usage que
l’on en fait (les aliments, argent, combustibles).
Par opposition aux choses non consomptibles dont on peut user sans les détruire (voiture,
maison, vêtement). Quand le droit d’user porte sur une chose consomptible, la restitution se
fait par équivalent (même espèce et même quantité).
2) Choses fongibles/choses non fongibles
Selon l’article 686 du code civil : « les choses fongibles sont celles qui peuvent être remplacés
les unes par les autres dans un paiement et qu’il est d’usage, dans les rapports d’affaires de
déterminer d’après le nombre, la mesure, le volume ou le poids. »
Ainsi, une chose est fongible, quand elle est définie par son « genre » compris dans une
espèce déterminée, exemple : l’argent, le blé, l’huile, le lait
Par opposition, les choses non-fongibles ou « corps certains » ont une identité, une
individualité propre et on ne peut les remplacer par une autre.
LA RESPONSABILITE
Juridiquement, la responsabilité peut être défini comme une obligation à toute personne de
répondre des conséquences dommageables de ses actes ou des comportements que la loi
interdit.
La responsabilité juridique se divise en deux grandes catégories :
- La responsabilité civile
- La responsabilité pénale
La responsabilité pénale se différencie de la responsabilité civile à travers 3 points :
Première différence : elle est relative au but
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Le but de la responsabilité civile consiste en une réparation pécuniaire à une personne
physique ou morale victime d’un dommage.
La responsabilité pénale a un but répressif. Il s’agit, dans le cadre de la responsabilité pénale
de défendre la société contre certains agissements portant atteinte à la sécurité publique.
Deuxième différence : elle est relative au champ d’application
Selon l’article premier du code pénal : « il n’y a pas d’infraction, ni de peine ou de mesure de
sûreté sans loi. »
Cela veut dire qu’on ne peut retenir la responsabilité pénale d’une personne si son acte n’entre
pas dans la catégorie des infractions prévues par la loi. Ainsi, le champ d’application de la
responsabilité pénale est limité.
En matière de responsabilité civile, il n’y a pas une énumération des actes susceptibles
d’engager la responsabilité civile. Le législateur s’est contenté, à travers l’article 124 du code
civil d’affirmer d’une manière générale que tout acte dommageable oblige son auteur à le
réparer.
Troisième différence : elle est relative à la procédure
Lors d’une mise en jeu de la responsabilité pénale, c’est le ministère public qui met en œuvre
le procès pénal devant une juridiction répressive.
Quant à l’action civile, elle est exercée par la victime ou par son ayant droit, devant une
juridiction civile.
I – LA RESPONSABILITE CIVILE
L’article 124 du code civil, modifié par la loi n°05-10 du 20 juin 2005 dispose :
« Tout acte quelconque de la personne qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute
duquel il est arrivé, à le réparer. »
Ainsi, selon cet article 3 conditions sont indispensables pour engager une responsabilité civile
: une faute, un dommage et un lien de causalité.
• La faute
Seul un acte dommageable contraire au droit est susceptible de générer une obligation de
réparation.
• Le dommage
Le dommage constitue l’une des conditions d’une demande en réparation.
On distingue deux sortes de dommages réparables : le dommage matériel ou patrimonial et le
dommage moral ou extra patrimonial.
Le dommage matériel : il consiste soit en une atteinte à l’intégrité physique de la
victime (blessure, mort….) soit en une détérioration d’un bien meuble ou immeuble.
Le dommage moral : il y a réparation d’un dommage moral au profit de la victime ou
de ses ayants droit à chaque fois qu’il y a atteinte à un droit extra patrimonial. Il en est ainsi,
en cas de diffamation, d’une douleur à la suite d’un accident corporel ou de douleur morale à
la suite d’un décès.
• Le lien de causalité
Le lien de causalité suppose qu’il y a un lien entre la faute commise et le dommage provoqué.
Ainsi, la mise en jeu d’une responsabilité civile est toujours subordonnée à l’exigence d’un
lien de causalité.
II – LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE
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Le contrat ayant force obligatoire, son inexécution est un fait contraire au droit, qui appelle
normalement une sanction, à moins que l’exécution n’ait été rendue impossible par la force
majeure.
Les éléments de la responsabilité contractuelle :
Ce sont les 3 conditions de toute responsabilité civile : un fait générateur, un dommage et un
lien de causalité.
Le fait
Ou faute contractuelle est l’inexécution de l’obligation ou son exécution tardive, incomplète
ou défectueuse.
Le dommage
Le dommage appelé aussi préjudice est un élément de la responsabilité contractuelle.
Si l’inexécution ou la mauvaise exécution n’entraîne pas de dommage pour le client, il n’y
aurait pas de responsabilité du banquier.
Pour évaluer le dommage subi, il faut prendre en considération tout ce qui peut l’atteindre,
soit dans son patrimoine, soit dans ses intérêts affectifs ou moraux.
Le lien de causalité
La nécessité d’un lien de causalité, c’est-à-dire un lien de cause à effet entre l’inexécution par
le banquier de son obligation et le dommage dont le client réclame réparation s’impose quel
que soit la nature de la responsabilité.
LE CONTRAT
Le contrat est défini par l’article 54 du code civil comme « une convention par laquelle une ou
plusieurs personnes, s’obligent, envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas
faire quelque chose. »
Le contrat est donc, une convention, c’est à dire qu’on est en présence d’une autonomie de
volonté.
A) CLASSIFICATION DES CONTRATS
Vu la multitude de contrats que l’on peut rencontrer, le code civil nous offre une certaine
classification.
- Il y a le contrat synallagmatique et contrat unilatéral.
Ce qui caractérise le premier, c’est la réciprocité des obligations qui en découlent.
Article 55 du code civil : « le contrat est synallagmatique ou bilatéral, lorsque les contractants
s’obligent réciproquement les uns envers les autres. »
Exemple : contrat de vente, de location, de travail…
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Le contrat est unilatéral lorsqu’il ne fait naître d’obligations qu’à la charge d’une partie.
Article 56 du code civil : « il est unilatéral lorsqu’une ou plusieurs personnes sont obligées
envers une ou plusieurs autres, sans que de la part de ces derniers, il n’y ait d’engagement ».
Exemple : contrat de donation
– le contrat commutatif et contrat aléatoire :
Dans les contrats commutatifs, on connaît à l’avance l’étendue de ses obligations. Article 57,
alinéa 1 du code civil : « il est commutatif lorsque chacune des parties s’engage à donner ou à
faire une chose qui est regardée comme l’équivalent de ce qu’on lui donne ou de qu’on fait
pour elle ».
Exemple : le contrat de vente.
Un contrat est aléatoire, parce que la prestation à laquelle l’une des parties est obligée dépend
dans son existence d’un événement incertain, d’un hasard, d’un aléa.
Article 57, alinéa 2 du code civil : « lorsque l’équivalent consiste dans la chance de gain ou de
perte pour chacune des parties, d’après un événement incertain, le contrat est aléatoire ».
Exemple : le contrat d’assurance contre l’incendie : l’assuré paye une prime, la compagnie
ignore si elle aura à payer une indemnité. Exemple : le contrat de rente viagère.
– Le contrat à titre onéreux et le contrat à titre gratuit :
Le contrat à titre onéreux est celui où chacune des parties n’entend faire une prestation qu’en
échange d’une contre-prestation.
Article 58 du code civil : « Le contrat à titre onéreux, est celui qui assujettit chacune des
parties à donner ou à faire quelque chose ».
Exemple : contrat de location de coffre-fort bancaire, contrat de crédit-bail.
Le contrat à titre gratuit est celui où l’un des contractants entend procurer à l’autre un
avantage sans contrepartie.
Exemples :
La donation ;
Le prêt d’argent sans intérêt ;
Le contrat d’hébergement par lequel on loge une personne à titre provisoire sans lui faire
payer de loyer.
- Contrat de gré à gré et contrat d’adhésion :
Dans le contrat de gré à gré, chacune des parties pose toutes les conditions de son
engagement.
Exemple : le contrat de vente ; le contrat de location.
Le contrat d’adhésion est un contrat où une partie n’a que la faculté d’y souscrire sans pouvoir
le modifier.
Article 70 du code civil : « L’acceptation dans un contrat d’adhésion résulte de l’adhésion
d’une partie à un projet réglementaire que l’autre établit sans en permettre la discussion. ».
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Exemple : le contrat d’assurance.
B/ CONDITIONS DE FORMATION DU CONTRAT
Les conditions du contrat telles que prévues par le code civil de l’article 59 à l’article 98
s’ordonnent toutes autour de la volonté, source des obligations qui vont lier les contractants.
1° LE CONSENTEMENT :
a) Les formes du consentement
Article 59 du code civil : « Le contrat se forme dès que les parties ont échangé leurs volontés
concordantes, sans préjudice des dispositions légales. »
Le consentement est donc l’accord de deux volontés, en vue de faire naître une obligation. Le
consentement se compose de l’offre d’une personne et de l’acceptation de l’autre.
L’offre est une manifestation de volonté. Elle peut revêtir plusieurs formes. La parole et
l’écriture en sont les formes normales.
L’acceptation est une réponse à l’offrant. Tout comme l’offre, l’acceptation peut revêtir
plusieurs formes.
Article 60, alinéa 1 du code civil : « On peut déclarer sa volonté verbalement, par écrit ou par
les signes généralement en usage ou encore par une conduite telle qu’elle ne laisse aucun
doute sur la véritable intention de son auteur ».
Pour être juridiquement efficace, le consentement doit être donné librement ; cependant, il
existe des cas où ce dernier est vicié ; c’est les cas du vice de consentement qui peut prendre
plusieurs formes.
b) Les vices du consentement :
Il y a 4 vices possibles du consentement : - l’erreur ; - le dol ; - la violence ; - la lésion
a) L’erreur : L’erreur, vice du consentement est :« une fausse représentation de la
réalité »
Article 82 du code civil : « L’erreur est essentielle lorsque sa gravité atteint un degré tel que,
si cette erreur n’avait pas été commise, la partie qui s’est trompé n’aurait pas conclu le
contrat».
b) le dol : On entend par dol, toute ruse, tromperie, manœuvre employée pour induire une
personne en erreur et la déterminer à contracter.
Article 86, alinéa 1 du code civil : « Le contrat peut être annulé pour cause de dol, lorsque les
manœuvres pratiquées par l’une des parties ou par son représentant ont été telles que, sans ces
manœuvres, l’autre partie n’aurait pas contracté ».
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Dans le dol, on voit apparaître un élément matériel et un élément psychologique. Dans le cas
du dol, l’examen du juge porte beaucoup moins sur le consentement de celui qui a été trompé
que sur l’acte de celui qui a trompé.
c) la violence : La violence est une manifestation contraignante qui provoque une crainte
chez la personne qui contracte.
Article 88, alinéa1 du code civil : « Le contrat est annulable pour cause de violence, si l’une
des parties a contracté sous l’empire d’une crainte fondée que lui aurait inspirée sans droit,
l’autre partie ».
d) la lésion : C’est un vice du consentement qui n’intervient que dans quelques contrats à
titre onéreux. La lésion est le préjudice subi par une des parties en raison de la disproportion
qu’il y a entre ce qu’elle fournit et ce qu’elle reçoit.
Article 90 du code civil : « Si les obligations de l’un des contractants sont hors de toute
proportion avec l’avantage qu’il retire du contrat ou avec les obligations de l’autre contactant
et s’il est établi que la partie lésée n’a conclu le contrat que par suite de l’exploitation par
l’autre partie de sa légèreté notoire ou d’une passion effrénée, le juge peut, sur la demande du
contractant lésé, annuler le contrat ou réduire les obligations de ce contractant ».
2° LA CAPACITE :
Pour conclure un contrat, il faut être capable.
Article 78 du code civil : « Toute personne est capable de contracter à moins qu’elle ne soit
déclarée totalement ou partiellement incapable en vertu de la loi ».
3° L’OBJET :
L’objet du contrat c’est ce à quoi le débiteur est tenu envers le créancier. Le contrat n’est
valable que pour autant que l’objet de l’obligation existe lors de la conclusion du contrat.
L’objet d’un contrat doit être licite et non prohibé par la loi.
4° LA CAUSE
Le terme « cause » évoque la raison que l’on a eu de contracter, le but qu’on poursuit. Ce
qu’il faut retenir c’est qu’il ne suffit pas qu’un acte soit voulu par une personne pour être
valable. Encore faut-il qu’il soit causé, qu’il ait une raison.
Exemple : dans un contrat de donation, la cause de l’obligation est l’intention généreuse, le
désir de rendre service.
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La cause doit être conforme à l’ordre public et aux bonnes mœurs