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CHAPI Et II MATERIAUX III

Le document présente une étude approfondie sur le béton et ses constituants, en mettant l'accent sur l'importance du béton armé et ses propriétés mécaniques. Il décrit les différents composants du béton, tels que le ciment, les granulats, l'eau et les adjuvants, ainsi que leur influence sur l'ouvrabilité et la durabilité du matériau. Enfin, plusieurs méthodes d'essai pour évaluer la consistance et les performances du béton frais sont détaillées.
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CHAPI Et II MATERIAUX III

Le document présente une étude approfondie sur le béton et ses constituants, en mettant l'accent sur l'importance du béton armé et ses propriétés mécaniques. Il décrit les différents composants du béton, tels que le ciment, les granulats, l'eau et les adjuvants, ainsi que leur influence sur l'ouvrabilité et la durabilité du matériau. Enfin, plusieurs méthodes d'essai pour évaluer la consistance et les performances du béton frais sont détaillées.
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Université TCHONANG INSTITUT

Département : GENIE CIVIL


Licence Professionnelle

Module : Matériaux III Année universitaire : 2020-2021

CHAPITRE 1 : LE BETON ET SES CONSTITUANTS

1. INTRODUCTION

Comme les roches naturelles, le béton possède une grande résistance à la compression et une faible
résistance à la traction. C’est pourquoi son utilisation comme matériau de construction, qui remonte aux
Romains, ne s’est véritablement développée qu’avec l’invention du béton armé. Dans ce dernier, des
armatures, c’est-à-dire des barres en acier (initialement en fer), pallient son insuffisante résistance à la
traction.
L’invention du béton armé est généralement attribuée à Joseph Lambot, qui, en 1848, fit flotter une barque
en ciment armé, et à Joseph Monier, qui construisit indépendamment, grâce à ce matériau, des bacs à fleurs
en 1849. L’emploi du béton armé dans les structures s’étend dès lors rapidement en France sous l’impulsion
de Joseph Monier, mais aussi de Coignet, de François Hennebique et de Armand Gabriel Considère. Dès
1906, une circulaire ministérielle fixe des instructions relatives à l’emploi du béton armé, codifiant ainsi
pour la première fois la conception et le calcul des ponts et des bâtiments avec ce matériau. Les recherches
menées depuis 1970 sur le béton, et particulièrement sur ses constituants actifs, conduisent à un nouveau
bond qualitatif et quantitatif de ses propriétés. Aux États-Unis et au Japon, on fabrique et on met en œuvre,
dans les années 1980, des bétons à hautes performances dont la résistance à la compression atteint 100
MégaPascals (MPa) (environ 1000 kg/cm²), et même 140 MPa (1400 kg/cm²) dans un immeuble à Seattle
aux États-Unis. En laboratoire, on obtient, d’ores et déjà, des résistances supérieures à 600 MPa (6000
kg/cm²).
Bien que toujours composés de ciment, de granulats et d’eau, les bétons à hautes performances sont des
matériaux nouveaux qui possèdent des propriétés mécaniques élevées, associées à une grande durabilité.
Les améliorations apportées par l’industrie des liants hydrauliques à la qualité des ciments, la mise au point
d’adjuvants spécifiques de synthèse ainsi que l’emploi d’ultrafines ont permis ce progrès spectaculaire.

2. GENERALITES

Le béton se compose de granulats (sables, graviers, cailloux) 'collés' entre eux par un liant hydraulique :
le ciment. Lorsque le ciment se trouve en présence d'eau, il fait prise, puis durcit progressivement. Un béton
hydraulique est constitué :
• d'une pâte pure (ciment + eau),
• d'un mélange granulaire,
• de produits additionnels (adjuvants, additions minérales, ...). On désigne
habituellement sous le vocable :
• de matrice ou de mortier : le mélange (liant + eau + sable),
• de squelette solide ou de squelette granulaire : le mélange des granulats.

M. NGAYAP ETIENNE Page 1


Eau Air Ciment Granulats
Volume 14% -22% 1% -6% 7% -14% 60% -78%
Poids 5% -9% / 9% -18% 63% -85%
Tableau 1: Ordre de grandeur des proportions

2 .1 LE CIMENT
Le ciment est un liant hydraulique qui se présente sous la forme d’une poudre minérale fine s’hydratant
en présence d’eau. Il forme une pâte faisant prise qui durcit progressivement à l’air ou dans l’eau. C’est le
constituant fondamental du béton puisqu’il permet la transformation d’un mélange sans cohésion en un
corps solide.
2.2 LES GRANULATS (sables, gravillons) constituent le squelette du béton. Ils doivent être
chimiquement inertes vis-à-vis du ciment, de l’eau et de l’air. Les formations géologiques à partir
desquelles il est possible de produire des granulats à béton peuvent être d’origine détritique (essentiellement
alluvionnaire), sédimentaire, métamorphique ou éruptive. Selon leur origine, on distingue les granulats
roulés, extraits de ballastières (ou sablières) naturelles ou dragués en rivière ou en mer, et concassés,
obtenus à partir de roches exploitées en carrière.
On utilise en général, pour les ouvrages courants, des granulats constitués uniquement par du sable et des
gravillons.
On emploie également des granulats légers qui sont le plus souvent artificiels et fabriqués à partir de
matières minérales, comme les argiles, les schistes (argiles expansées) et les silicates (vermiculite et
perlite). Les premiers permettent la fabrication de bétons de structure légers, dont la résistance peut
atteindre de 40 à 50 MPa. Les seconds servent à la fabrication de parois en béton très léger, à fort pouvoir
d’isolation thermique. Le poids volumique apparent de ces granulats varie d’environ 0.6 à 8 kN/m3. Malgré
leur intérêt technique, leur coût énergétique de fabrication en réduit l’emploi à des applications
particulières. Les granulats lourds sont soit des riblons ou de la grenaille de fer, soit des minéraux naturels
comme la magnétite, la limonite ou la barytine. Ils sont utilisés dans les bétons destinés à assurer une
protection contre les rayonnements atomiques. Leur poids volumique apparent varie de 30 à 50 kN/m3.

2.3 L’EAU : de façon générale, l’eau de gâchage doit avoir les propriétés de l’eau potable. Il est exclu
d’employer de l’eau de mer, qui contient environ 30 g/l de chlorure de sodium, pour la fabrication de
bétons armés ou précontraints.

2.4 LES ADJUVANTS : Sont des produits chimiques incorporés au béton frais en faibles quantités (en
général moins de 3% du poids de ciment, donc moins de 0.4% du poids du béton) afin d’en améliorer
certaines propriétés. Leur efficacité est liée à l’homogénéité de leur répartition dans la masse du béton. Les
principaux adjuvants sont :
• Les plastifiants, qui jouent un double rôle. Ils permettent, d’une part, d’obtenir des bétons frais à
consistance parfaitement liquide, donc très maniables, par défloculation des grains de ciment. A maniabilité
donnée, ils offrent, d’autre part, la possibilité de réduire la quantité d’eau nécessaire à la fabrication et à la
mise en place du béton. La résistance du béton durci peut ainsi être notablement augmentée. La durée
d’action de ces adjuvants est de 1 à 3 heures.
• Les retardateurs de prise du ciment, qui prolongent la durée de vie du béton frais. Ils trouvent
leur utilisation dans le transport du béton sur de grandes distances ou la mise en place par pompage, en
particulier par temps chaud. Ils sont aussi employés pour éviter toute discontinuité lors de reprises de
bétonnage.
• Les accélérateurs de prise et de durcissement, qui permettent, pour les premiers, la réalisation de
scellements ou d’étanchements et, pour les seconds, une acquisition plus rapide de résistance au béton durci.

M. NGAYAP ETIENNE Page 2


• Les entraîneurs d’air, qui confèrent au béton durci la capacité de résister aux effets de gels et de
dégels successifs en favorisant la formation de microbulles d’air réparties de façon homogène. Le volume
d’air occlus doit être de l’ordre de 6% de celui du béton durci.

3. OUVRABILITE
L’ouvrabilité caractérise l’aptitude d’un béton frais à remplir les coffrages, et à enrober convenablement
les armatures. Elle doit être donc telle, que le béton soit maniable et qu’il conserve son homogénéité.
L'ouvrabilité est caractérisée par une grandeur représentative de la consistance du béton frais. Dans le cas
de bétons classiques, elle est principalement influencée par :
• la nature et le dosage du liant,
• la forme des granulats,
• la granularité, la granulométrie,
• le dosage en eau.
Le rôle de l'eau est prépondérant pour l'ouvrabilité du béton frais et sur les propriétés du béton durci :
• L'eau donne au béton sa maniabilité, d'une part par son action lubrifiante sur les différents grains, d'autre
part par la cohésion due à la pâte provoquée par l'association des grains fins (ciment et fines) avec elle.
• L'eau permet l'hydratation du ciment et donc le durcissement du béton. Rappelons qu'un ciment Portland
demande environ 25% de son poids en eau pour s'hydrater complètement. Toute variation de la quantité
d'eau entraîne des modifications de la vitesse de durcissement et des performances mécaniques.
Le dosage en eau ne peut pas être augmenté au-delà d'une certaine valeur afin d'améliorer l'ouvrabilité sans
entraîner des inconvénients. Les conséquences d'un excès d'eau sont :
• risque de ressuage,
• augmentation du retrait,
• augmentation de la porosité,
• défectuosité du parement : bullage,
• risque de ségrégation des constituants du béton,
• diminution de la compacité et corrélativement des résistances,

3.1 ESSAI AU CONE D’ABRAMS


Cet essai, consiste à mesurer la hauteur d'affaissement d'un volume tronconique de béton frais.

Figure1 : Mode opératoire de l’essai de cône d’Abrams selon la NF18-451

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ENV 206 NFP 18-305 et fascicule 65A CCTG
Consistance Affaissement (mm) Consistance Affaissement (cm) tolérances
S1 10 à 40 Ferme (F) 1à4 ± 1 cm
S2 50 à 90 Plastique(P) 5à9 ± 2cm
S3 100 à 150 Très 10 à 15
plastique(TP) ± 3 cm
S4 160 à 210 Fluide(F)
≥16
S5 ≥220

3.2 ESSAI D’ECOULEMENT AU MANIABILIMETRE LCPC

Cet essai consiste à mesurer le temps d'écoulement nécessaire à un volume de béton soumis à des
vibrations pour atteindre un repère donné. Une partie de la cuve étant remplie avec du béton, le soulèvement
paroi mobile permet de déclencher la mise en vibration de l'ensemble de l'appareil.

Figure2 : Mode opératoire de l’essai d’écoulement au maniabilimètre selon la NF18-452

Classe de consistance Durée en (s)


Ferme (F) t ≥40
Plastique(P)
Très plastique(TP) 10≤ t ≤20
Fluide(F) t ≤10

M. NGAYAP ETIENNE Page 4


3.3 ESSAI D’ETALEMENT

Cet essai simple à réaliser, est très utilisé pour apprécier la consistance des bétons fluides. Il n'est pas
adapté pour les bétons fermes et la dimension maximale des granulats ne doit pas dépasser 40 mm. La
consistance du béton est estimée par l'étalement d'un cône (moule tronconique de 200 mm de haut, de
diamètre 200 mm à sa base et 130 mm à sa partie supérieure) de béton démoulé sur une table à chocs. Ce
cône de béton est soumis à son propre poids et à une série de secousses. Plus l'étalement est grand et plus
le béton est réputé fluide. Le moule tronconique placé au centre du plateau carré est rempli par 2 couches
de béton, compacté par 10 coups de pilon. Après arasement le moule est retiré verticalement. Puis le plateau
est soulevé de 40 mm jusqu'à la butée et relâché immédiatement 15 fois de suite en 15 secondes.

Figure3 : Mode opératoire de l’essai d’étalement selon l’EN 12350-5

Classe de consistance Diamètre d’étalement (mm)


F1 ≤340
F2 350 à 410
F3 420 à 480
F4 490 à 550
F5 560 à 620
F6 ≥630

3.4 LES AUTRES ESSAIS SUR LES BETONS FRAIS –COMPARATIF


Plages
Essais Principe Paramètre Schéma recommandée commentaires
mesuré s de mesures
Essai Moulage d'un tronc de cône -mal adapté aux
d’affaissement de dimensions normalisés et Affaissement bétons fermes ou
NF18-451 20≤ S≤160
mesure après démoulage de fluides.
(S)
EN12350-2 -Dmax<40mm
son affaissement.
-répétabilité juste
suffisante.

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Essai d’étalement démoulage d'un cône sur une Diamètre -mal adapté aux
EN12350-5 table à chocs manuels et d’étalement bétons fermes ou
340≤ S≤360mm très fluides.
mesure de l'étalement. (F)
-Dmax<40mm
- répétabilité
juste suffisante.

Degré de Evaluation du degré de Taux -mal adapté aux


compactabilité compactabilité exprimé par le (C) bétons fluides.
C≥1.11
EN12350-4 rapport entre un volume de -Dmax<40mm
béton avant et après
compactage.

h1=400mm

Essai Vébé Mesure du temps mis par un Durée -mal adapté aux
EN12350-5 cône de béton frais pour se (t) bétons fluides.
remouler dans un moule -D max<40mm
cylindrique sous l'action 5s ≤ t ≤ 30s
d'une vibration

Essai d’écoulement Mesure du temps Durée -non adapté aux


(maniabilimètre) d'écoulement sous vibration (t) bétons fluides.
NF 18-452 -Dmax<40mm -
bonne répétabilité
4s ≤ t ≤ 100s

Test C.E.S G. Remplissage de béton dans Choc -peu utilisé sauf au


un moule muni d'un (N) Centre d’Essais
Dreux
quadrillage d'armatures des Structures
distant d'une plaque (CSTB)
transparente. Mesure du
nombre de chocs nécessaires
à recouvrir la vitre.
Wattmètre Appréciation de la Puissance -sur certaines
consistance par (Watt) installations
enregistrement de la industrielles
puissance absorbée du
malaxeur.

Plasticimètre à Evaluation de la résistance au viscosité -peu utilisé car très


rotations cisaillement d'un béton par la mauvaise
mesure d'un couple. répétabilité

M. NGAYAP ETIENNE Page 6


BT Rhéom Cisaillement d'un échantillon Seuil de -bien adapté aux
LCPC (F.de de béton pour diverses cisaillement et bétons fluides
Larrard) vitesses de rotation, sous viscosité - Dmax<25mm
l'action d'une vibration ou - essai d’avenir
non. Contrôle de l'essai et
exploitation des mesures via
une centrale d'acquisition

4. RESISTANCES

La résistance et l’ouvrabilité sont à étudier de pair, car ces 2 propriétés sont étroitement dépendantes
l’une de l’autre et d’autant plus, qu’elles varient en sens inverse en fonctions de certains facteurs essentiels
de la composition du béton.

4.1 RESISTANCE CARACTERISTIQUE A LA COMPRESSION


Selon la NFP 18-406, la résistance d’une éprouvette cylindrique de béton, de dimensions ϕ16x32 (ou
𝐹𝑟
ϕ11x22), est définie à (j) jours, à partir de (Fr) conduisant à sa rupture :Rcj=
𝐴
En raison de la dispersion des résultats et de l'hétérogénéité du matériau béton, il est nécessaire lors du
contrôle d'une fabrication de réaliser (n) essais.
∑ 𝑹𝒊
Rcj = 𝒏
Dans le cas courant, pour l'établissement des projets, la résistance de référence est prise à 28 j. (fc28).
Cette valeur fc28 est souvent définit par défaut, en fonction des exigences du CCTP et des conditions de
fabrication (cf. Tableau ci-dessous BAEL B.1.1). Dans le cas où les documents d'un marché le permettent,
une entreprise peut élaborer une composition de béton particulière. Dans ce cas, une étude en laboratoire
poursuivie par des essais de convenance peut être nécessaire selon les conditions du marché.
Dosage en ciment en kg par m3 de béton Résistances caractéristiques
Classe 32.5 et 32.5R Classe 42.5 et 42.5R fc28 ft28
CC AS CC AS (MPa) (MPa)
300 / / / 16 1.56
350 325 325 300 20 1.80
/ 400 375 350 25 2.10
CC : conditions courantes de fabrication AS : auto contrôle surveillé

M. NGAYAP ETIENNE Page 7


4.1.1 Evolution de la résistance dans le temps
Dans les cas courant, on considère que la résistance du béton évolue dans le temps très rapidement à court
terme (entre 0 et 7 j), puis ralentie (de 7 à 28 j) pour tendre vers une asymptote horizontale à partir de 60
jours. Pour la référence en temps de 28 jours prise dans les calculs, on considère que le béton a atteint, à
cet âge, 90% de sa résistance à long terme. L'article A 2.1.11 du BAEL 91 donne les formules suivantes
afin d'estimer les résistances du béton en fonction du temps : Pour j≤28
𝑗
- fc28 ≤40MPa alors fcj = 𝑓𝑐28
4.76+0.83𝑗
𝑗
- si 60 MPa ≥ fc28≥40MPa alors fcj = 𝑓𝑐28
1.40+0.95𝑗
Pour 28< j≤60 on adopte la première formulation

Pour j>60 on a fcj =1.10xfc28


En première approximation, on peut considérer :

fcj = 0.685 fc28 log10 ( j +1)

4.1.2 Particularités de l’essai de compression et analyses de la rupture

Pour des résistances supérieures à 60 MPa, la rupture peut être assez brutale, dans les autres
cas l'éprouvette rompt par 'affaissement' sur elle-même. Dans ce type de rupture, 2 cônes
apparaissent aux extrémités (diabolos) de l'éprouvette rompue. La pression exercée par les
plateaux de la presse à la jonction avec l'éprouvette gêne les déformations
Transversales dans cette zone. Dans la partie
centrale, la déformation transversale est
libre; elle résulte des contraintes de traction
perpendiculaires à la compression (et à la
fissuration). Ce sont ces contraintes de
traction qui provoquent la fissuration de
l'éprouvette ainsi que sa ruine en partie
centrale, alors que les extrémités protégées
par le frettage créé par les plateaux de la
presse ne sont pas détruites.

4.1.3 Quelques ruptures singulières

M. NGAYAP ETIENNE Page 8


4.2 RESISTANCE CARACTERISTIQUE A LA TRACTION
La résistance à la traction (ftj) est conventionnellement définie par le BAEL [A.2.1, 12]
- Pour fcj 60MPa : ftj = 0.6+0.06 fcj

- Pour fcj≥60MPa : ftj = 0.275 fcj2/3


4.2.1 Traction par fendage (essai brésilien) NFP18-408
L'essai consiste à écraser un cylindre de béton suivant 2 génératrices opposées, entre les plateaux d'une
presse.
C'est l'essai de référence au sens du BAEL et du fascicule 65A du CCTG.

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4.2.1 Traction par flexion NFP18-407
Les éprouvettes sont de dimensions : 7x7x28 ou 10x10x40

Commentaire : La formule ci-dessus suppose que le matériau a un comportement élastique linéaire. Aussi,
certains auteurs proposent un coefficient correcteur de 0.6 pour obtenir la contrainte de traction pure :

Le coefficient correcteur de 0.6 provient du fait que la loi de Hooke lorsque l'on approche de la charge de
rupture n'est plus applicable. Voir le diagramme de répartition de contraintes ci-dessous.

4.3 ESSAIS NON DESTRUCTIFS

Les méthodes normalisées utilisées pour évaluer la qualité du béton dans les bâtiments ou les ouvrages
ne prennent en compte que des essais destructifs sur des éprouvettes coulées au même moment. Les
principaux désavantages de ces méthodes sont les suivants : les résultats ne sont pas obtenus
immédiatement, le béton des éprouvettes peut être différent de celui de l'ouvrage car la cure ou le serrage

MR. NGAYAP ETIENNE Page 10


peuvent être différents, les résistances des éprouvettes dépendent également de leurs dimensions et de leurs
formes.

Plusieurs méthodes non destructives d'évaluation ont été mises au point. Ces méthodes sont basées sur le
fait que certaines propriétés physiques du béton peuvent être reliées à la résistance et peuvent être mesurées
par des méthodes non destructives. Ces propriétés physiques du béton comprennent la dureté (capacité de
rebondissement), la capacité de transmettre les ultrasons, la capacité à résister à l'arrachement, ...

4.3.1 Essai sclérométrique NFP 18-417

L'essai au scléromètre est destiné à mesurer la dureté superficielle du béton et il existe une corrélation
empirique entre la résistance et l'indice sclérométrique. Des études réalisées au LCPC ont montré que la
corrélation peut prendre la forme : Rc = a𝒍𝟐𝒔 + bls + c

Le scléromètre convient aux essais en laboratoire comme aux essais sur chantier. Une masse
commandée par un ressort se déplace sur un plongeur dans un tube de protection. La masse est projetée
contre la surface de béton par le ressort, et l'indice sclérométrique est mesuré sur une échelle. La surface
sur laquelle l'essai est effectué peut être horizontale, verticale ou à tout autre angle, mais la corrélation devra
prendre en compte l'inclinaison de l'appareil par rapport à cette surface.
L'appareil doit être correctement étalonné et il est souhaitable afin que les résultats soient représentatifs
qu'une corrélation à partir d'essais destructifs sur éprouvettes soit préalablement réalisée (détermination de
fuseaux de corrélation).
Limites et avantages : Le scléromètre est une méthode peu coûteuse, simple et rapide pour connaître la
résistance du béton, mais une précision entre ±15 et ±20% n'est possible qu'avec des éprouvettes qui ont
été coulées et soumises à un traitement de cure et à des essais dans les conditions pour lesquelles les courbes
d'étalonnage ont été établies.
Les résultats sont influencés par des facteurs tels que la régularité de la surface, la grosseur et la forme de
l'éprouvette, le degré d'humidité du béton, le type de ciment et le plus gros granulat et le degré de
carbonatation de la surface.
En première approximation, pour des granulats siliceux de qualité courante (Dmax = 16 mm), et pour un
béton de résistance inférieure à 30 MPa, on peut considérer que :
𝑙𝑠2
Rc= – 0,3ls
37
ls : indice sclérométrique
Rc : résistance à la compression
Mesures sur éprouvettes 16x32
Les éprouvettes préalablement rectifiées conformément aux prescriptions de la norme NFP 18-416, sont
maintenues entre les plateaux d'une presse sous une contrainte de 0.5 MPa. Le scléromètre étant placé
perpendiculairement à l'axe de l'éprouvette, on relève 27 mesures réparties sur 3 génératrices en 27 points
distincts et distants entre eux de 30 mm. Aucune mesure ne doit être située à moins de 40 mm des faces
planes de l'éprouvette.
La norme précise que l'indice sclérométrique (ls) est la médiane des valeurs. Cependant de nombreux
laboratoires préfèrent déterminer l'indice sclérométrique comme étant la moyenne quadratique des mesures,
après écrêtement des 2 valeurs extrêmes.
 Mesures sur ouvrage
La surface testée est divisée en zones d'au moins 400 cm² (25x25 cm). La tige de percussion du scléromètre
étant perpendiculaire à la surface essayée, on prend 27 mesures sur chaque zone d'essai. La distance entre
2 points de mesure est d'au moins 30 mm et aucun point ne doit se situer à moins de 30 mm de l'un des
bords de la surface testée.

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4.3.2 Essai d’auscultation sonique NFP 18-418
La méthode consiste à mesurer la vitesse de propagation d'ultrasons traversant le béton à l'aide d'un
générateur et d'un récepteur. Les essais peuvent être effectués sur des éprouvettes en laboratoire ou sur
ouvrages. De nombreux facteurs influent sur les résultats :
• la surface sur laquelle l'essai est effectué doit épouser parfaitement la forme de l'appareil qui lui est
appliqué, et donc l'emploi d'une substance de contact est indispensable (graisse de paraffine),
• le parcours doit être préférablement d'au moins 30 cm de façon à prévenir toute erreur occasionnée
par l'hétérogénéité du béton,
• la vitesse de propagation est sensible à la maturité du béton (état d'avancement de l'hydratation, eau
occluse, ...). Cependant, la vitesse des impulsions est peu sensible à la température.
• La présence d'armatures dans le béton perturbe la vitesse de propagation. Il est donc souhaitable et
voire indispensable de choisir un parcours d'ondes le moins influencé possible par la présence des
d'armatures,
Applications et limites : C'est une méthode simple et relativement peu coûteuse pour déterminer
l'homogénéité d'un béton. Elle peut être utilisée aussi bien dans le cadre d'un suivi de production qu'en
contrôle sur ouvrages. Lorsque de grands écarts de vitesse de propagation sont découverts sans causes
apparentes dans l'ouvrage, il y a lieu de soupçonner que le béton est défectueux ou altéré. Une vitesse élevée
de propagation indique généralement un béton de bonne qualité. Des études réalisées par la RILEM ont
montré que la corrélation avec la résistance à la compression à pour forme : Rc=a.e(b.V) : avec (a,b)
coefficients et (v) la vitesse de propagation.
Qualité Vitesse de propagation m/s
Excellente Supérieure à 4000
Bonne 3200-4000
Douteuse 2500-3200
Mauvaise 1700-2500
Très mauvaise Inférieure à 1700

En première approximation, pour des granulats siliceux de qualité courante (Dmax=16 mm), et pour un béton
de résistance inférieure à 30 MPa, on peut considérer que : Rc=0.08177xe(0.00147xV)
V : vitesse de propagation (m/s)
Rc : résistance à la compression en MPa
De même, 2 corrélations ont été établies entre la vitesse de propagation et le module d'élasticité instantané
(Eb) du béton :

Eb =4xHz2xL2 x𝜌

MR. NGAYAP ETIENNE Page 12


Hz : Fréquence de l'onde en Hertz. Cette fréquence est en fonction des dimensions et de la forme de
l'éprouvette. Pour une éprouvette 16x32, on adopte Hz = 6000.
L : longueur de l'éprouvette
Eb : module d'élasticité
ν: Coefficient de Poisson du béton (ν =0,20)
ρ: masse volumique du béton
Vm : vitesse moyenne de propagation
 Mesures en transparence Cette méthode permet :
- de mettre en évidence des défauts d'homogénéité,
- d'estimer Eb,
- d'estimer la résistance à la compression
 Mesures en surface
Cette méthode permet :
- de déterminer la présence de fissures de masse et éventuellement leur profondeur, -
de mettre en évidence une couche superficielle de moindre qualité (gel, feu, ...),
- de mettre en évidence une mauvaise reprise de bétonnage (sous certaines réserves).
5. MODELISATIONS- COMPORTEMENTS

Le béton est un pseudo solide en 'perpétuelle évolution'. Ses propriétés sont fonction :
• de son âge,
• de son histoire,
• des contraintes qu'il supporte,
• du milieu ambiant (température et hygrométrie).

Il subit deux types de déformations :


• des déformations instantanées (spontanées), qui se produisent en l'absence de toute charge et se traduisent
par des variations de volume : gonflement et retrait
• des déformations sous charges qui sont : d'abord instantanées, élastiques ou plastiques, puis lentes sous
charges de longue durée (fluage).

5.1 LES DEFORMATIONS SPONTANNEES

Elles sont dues aux propriétés intrinsèques des ciments et aux mouvements de l'eau libre contenue dans le
béton.
5.1.1 Gonflement : Il ne s'observe que dans le cas de béton immergé. Pour une longue durée
Après stabilisation :
∆𝒍
𝜺 = 𝒍 1.5x10-4
5.1.2 Retrait thermique : La prise du ciment est exothermique. Le refroidissement du béton entraîne une
diminution des dimensions. Cette variation de masse volumique apparente est généralement négligeable.
5.1.2 Retrait hydraulique : Conservé dans un milieu non saturé, le béton restitue une partie de son eau
libre au milieu ambiant et subit une contraction, ce qui entraîne une variation de volume. Si le temps de
conservation est suffisamment long, un équilibre s'instaure et le retrait se stabilise. Les facteurs qui influent
sur le retrait sont :

MR. NGAYAP ETIENNE Page 13


• le dosage en Ciment, • le temps (t), • l'épaisseur des pièces, •
le rapport E/C, • l'humidité relative du milieu, • le % d'armatures, etc ...
La déformation de retrait peut s'écrire : r r r(t)avec :
r : déformation finale, qui dépend des facteurs ci-dessus et en particulier des conditions climatiques, r(t)
: loi fonction du temps variant de 0 (t = 0) à 1 (t = )

Pour des pièces non massives, à l'air libre, normalement armées, on peut prendre :
r 3.10 4 dans le quart Sud - Est de la France,
4
r 2.10 dans le reste de la France.
5.1.3 Les effets de retrait : Si on maintient à longueur fixe une pièce en béton non armé tout se passe
comme si on exerçait sur elle un effort de traction pour compenser son raccourcissement dû au retrait. En
prenant Eb ≈ 10000 MPa (module différé) pour fc28 = 25 MPa on obtient : σ(r) = Eb x ɛr = 3 MPa (à comparer
avec ft28)

5.2 LES DEFORMATIONS INSTANTANNEES-COURBE EXPERIMENTALE

Cette courbe s'obtient par enregistrement de Fbc - ɛbc au cours d'un essai de compression sur éprouvette
16x32 :

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Phase 1 : Le béton se comporte à peu près comme un matériau homogène et élastique, cela se traduit par
une relation linéaire : σbc = Etg . ɛb (Etg : Module de déformation tangent).
Phase 2 : Une micro- fissuration due à des tractions transversales se développe, d'où une incurvation
progressive de la courbe jusqu' à la résistance fcr . Pratiquement, pour fcr correspond ɛb = 2‰ (cette
déformation est quasiment indépendante de fcr ). Puis, la rupture se produit plus ou moins brutalement.
Phase 3 : La fissuration longitudinale se généralise et la courbe redescend lentement pour un béton non
fragile, et rapidement dans le cas contraire. L'allure de cette courbe renseigne sur le caractère plus ou moins
fragile du phénomène.
Phase 4 : La phase finale a peu d'intérêt.

On définit un module de déformation instantanée sécant E ij pour une contrainte de courte durée (t < 24
h) et au plus égal à 0.60.f cj : Eij =11000 3 f cj

5.3 LES DEFORMATIONS LENTES SOUS CHARGES DE LONGUE DUREE

Le béton longtemps comprimé sous un effort constant se raccourcit progressivement : c'est le phénomène
de fluage. Les facteurs dont dépend le fluage sont :
• la contrainte,
• le dosage en Ciment,
• le rapport E/C,
• le temps (t),
• la maturité du béton à la mise en charge,
• l'épaisseur des pièces,
• l'humidité relative du milieu, etc ...

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Eij
On considère que : E vj =3700 3 f cj
3

5.4 DEFORMATION TRANSVERSALE- COEFFICIENT DE POISSON

Le coefficient de poisson est pris égal à : ν= 0,20


dans les calculs à l'ELS (béton non fissuré) ν= 0
dans les calculs à l'ELU (béton fissuré)

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