INTERACTIONS DES RAYONNEMENTS
IONNISANTS AVEC LA MATIERE
PLAN :
Partie A : Interaction des Particules non chargées (rayons X, 𝛾,
et neutrons) avec la matière
I. Interaction d’un faisceau de photons avec la matière (phénomène global)
Atténuation des rayonnements électromagnétiques (photons X
ou Loi d'atténuation exponentielle,
coefficient d'atténuation massique
Couche de demi-atténuation CDA
a) effet photo-électrique 𝜑
II. Interaction d’un photon avec la matière (phénomènes élémentaires)
c) matérialisation 𝜋
b) diffusion Compton 3
d) réaction photo-nucléaire
e) domaines de prédominance
f) application en Imagerie Médicale
III. Interaction des neutrons avec la matière (ou 𝑛e𝑢𝑡𝑟𝑜𝑛iq𝑢e) :
a) Neutrons rapides : diffusion élastique
b) Neutrons lents : capture radiative - capture non-radiative
Partie B : Interaction des Particules chargées avec la matière
I. Interaction avec les électrons du milieu :
Ionisation
Excitation
Pouvoir d’arrêt du milieu
Densité Linéique d’Ionisation 𝐷𝐿𝐼
Transfert d’Energie Linéique TEL
II. Interaction avec le noyau : rayonnement de freinage
IV. Particules lourdes : protons, 𝑎, fragments de fission
III. Particules légères : les électrons
INTRODUCTION :
Le rayonnement est un mode de propagation de l’énergie dans l’espace.
Les rayonnements ne peuvent être détectés que grâce à leurs interactions avec la matière : ils
cèdent totalement, ou en partie deleur énergie et en subissent des modifications.
On peut classer ces rayonnements en deux types :
les rayonnements particulaires (masse non-nulle):
chargés (électrons et positons), qui agissent avec les électrons de la matière cible.
Neutres (neutrons), qui agissent sur les noyaux de la matière cible.
Les rayonnements électromagnétiques (masse nulle), qui sont de l’énergie pure :
𝐸 = ℎ𝑣 ⟹ rayons X et 𝛾
Une autre classification est possible, selon l’ionisation (capacité d’un rayonnement à fournir «
assez » d’énergie pour extraire un ou plusieurs électrons du cortège électronique de l’atome,
et donc de« faire » de celui-ci un ion :
X → X+ + e−
Rayonnements non-ionisants : les quantums d’énergie sont insuffisants pour ioniser
l’atome, ils peuvent cependant le faire passer dans un état d’énergie plus élevé : atome excité
Exemples ⟹ UV, visible, infra rouge IR, ondes millimétriques, micro-ondes, ondes radio,
champs magnétiques statiques (RMN)
Le principal effet des rayonnements non-ionisants est un chauffage du corps (milieu).
vivant (𝐻, 𝐶, 𝑁, 𝑂), sont des rayonnements d’énergie > 12,4 eV
Rayonnements ionisants : rayonnements qui provoquent l’ionisation de l’atome ; pour le
⟹ Les rayonnements électromagnétiques de longueur d’onde < 0,1 𝜇𝑚 sont
⟹ Tous les rayonnements particulaires sont ionisants
ionisants : comme rayons X et 𝛾
les radiations 𝛼, 𝑝, 𝛽+, 𝛽−, 𝑙e𝑠 𝑑e𝑢𝑡o𝑛𝑠 2𝐻, 𝑎i𝑛𝑠i 𝑞𝑢e 𝑙e𝑠 io𝑛𝑠 𝑙o𝑢𝑟𝑑𝑠 sont
Remarque :
directement ionisants, alors que 𝑙e𝑠 𝑛e𝑢𝑡𝑟o𝑛𝑠, 𝑙e𝑠 𝑟𝑎𝑦o𝑛𝑠 X e𝑡 𝛾 sont
indirectement ionisants, seuls leurs effets produisent des interactions secondaires.
Partie A : Interaction des Particules non chargées (rayons X, 𝛾,
et neutrons) avec la matière
I-Interaction d’un faisceau de photons avec la matière (phénomène global) :
Interaction = transfert d’énergie,
Particules non chargée= non chargée électriquement,
Matière = noyau charge + avec électrons charge -
Un faisceau = est l’ensemble de photons (faisceau de photons X ou 𝛾), leur atténuation
= réduction dépend de l’épaisseur de la matière traversée.
Lorsque un faisceau traverse un écran d’épaisseur X certains photons vont être absorbés
d’autres vont être diffusés (changement de direction) et les autres vont transmis,
a) Loi d'atténuation exponentielle :
On considère un faisceau de photons qui traverse un écran d’épaisseur x :
certains photons vont
Dans le cas d'un faisceau monochromatique collimaté (mince, parallèle) de rayons X ou , le
nombre de rayons émergeant 𝑁 n'ayant subit aucune interaction dans la traversée d'un écran
d'épaisseur x (𝑐𝑚) est lié au nombre de rayons incidents 𝑁0 par la relation :
𝑁(x) = 𝑁0.
μ est le coefficient d'atténuation linéique, ou : probabilité d’interaction par unité de
longueur ⟹ son unité est le cm-1
μ dépend 𝑑′é𝑛e𝑟𝑔ie 𝑑e𝑠 𝑝ℎo𝑡o𝑛𝑠 i𝑛𝑐i𝑑e𝑛𝑡𝑠 : 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝐸 est
é𝑙e𝑣ée, 𝑝𝑙𝑢𝑠 μ é𝑙e𝑣é
N0 = nombre de photons incidents
𝑑e 𝑙𝑎 𝑛𝑎𝑡𝑢𝑟e 𝑑𝑢 𝑚𝑎𝑡é𝑟i𝑎𝑢 : 𝑍, 𝜌 (os , e𝑎𝑢 , 𝑡i𝑠𝑠𝑢𝑠 …)
Nx =nombre de photons après traversée de l’écran (X)
Remarque :
l’intensité de rayonnement (𝐼0) du faisceau et son intensité après avoir traversé une
Puisque les photons considérés sont monochromatiques, une relation analogue relie
épaisseur 𝑥 :
𝐼x = 𝐼0. e−𝜇x
Imagerie médicale : l’image radiographique est formée par les différences d’atténuation du
faisceau de rayons X dans les milieux traversés (différentes structures) .
b/Couche de demi-atténuation :
1
On appelle couche de demi-atténuation (𝐶𝐷𝐴) ou épaisseur moitié (𝑥 , e𝑥𝑝𝑟i𝑚é e𝑛
𝑐𝑚) l'épaisseur de matériau nécessaire pour atténuer d'un facteur 2 (diminuer de moitié) le
2
𝐶𝐷𝐴 = x1 = ln 2/𝜇
nombre initial de photons (ou bien leur énergie initiale) :
L'épaisseur d'écran dépend de sa nature, de la nature du rayonnement ionisant (photons X ,) et
de son énergie.
on définit selon le même principe une épaisseur dixième, qui ne laisse passer que 10 %
du débit de dose
II-Interaction d’un photon avec la matière (phénomènes élémentaires) :
Caractéristiques d’un photon Le Photon sont caractérisés par :
Leur fréquence υ
Leur longueur d’onde λ =c / υ
Leur énergie e = h. υ
Rayons X : les rayons X Rayons Gamma γ : les rayons Gamma γ
-ont une origine nucléaire puisqu’ils sont émis par
ont une double origines :
un noyau qui passe d’une transition d’un état excité
Emis par freinage d’un faisceau d’é – à un état stable.
accélérés.
Emis dans les accélérateurs de particules.
Emis lors du retour à l’état fondamental d’un Les rayonnements Gamma γ ont en général une
atome( Z ) excité (origine électronique). énergie plus élevée que le rayonnement
Les Rayons X et les Rayons Gamma γ sont des rayonnements indirectement
ionisants (produisent des ionisations par intermédiaire de particules secondaire
chargées qu’ils projettent.
Les rayons X et les rayons Gamma γ ont le même comportement vis-à-vis de la
matière.
Ces photons sont différents des particules chargées (m= 0, charge = 0).
Lorsqu’on étudie comment un photon incident interagit avec la matière, plusieurs cas sont
possibles :
le photon transmet toute son énergie à un électron et disparaît : effet photo-électrique 𝜑
Interaction photon-électron (le plus souvent) : y’a trois possibilités
le photon transmet une partie de son énergie et est diffusé : effet-Compton
le photon n’interagit pas avec la matière , il est transmis sans aucune perte d’énergie :
effet Thomson
Matérialisation 𝜋 création de paire (paire d’électron-positon), transforme
Interactions photon-noyau (rarement) : y’a deux possibilités
le rayonnement X en particules matérielles, électron et positon.
Réaction photo-nucléaire : un photon de grande énergie (hν ≥ 10 MeV) peut être absorbé par
un noyau et conduit à l’émission d’un ou de plusieurs nucléons radioactifs
Interactions Interactions
photon-électron photon-noyau
Diffusion simple Matérialisation (création des paires)
Effet Compton Réaction photo-nucléaire
Effet Photo-électrique
a) effet photo-électrique 𝜑 :
L’effet photoélectrique est l’absorption d’un photon ( de fréquence υ) par un électron
atomique et l’éjection de cet électron de l’atome.
Le photon incident a une énergie : 𝐸i = ℎ𝑣i
Dans le cortège électronique de l’atome-cible, chaque électron est lié au noyau avec
une énergie de liaison (e−) dans la couche K, L,M,…
Si l’énergie du photon incident est supérieure à l’énergie d’ionisation de l’électron,
l’intégralité (la totalité) de l’énergie du photon incident est transférée à l’électron :
Processus photoélectrique
le photon disparaît, cédant la totalité de son énergie à l’électron (souvent la couche 𝐾
l’électron se trouve alors éjecté de sa couche électronique : l’énergie cinétique qu’il
⟹ 𝐸𝑐i(e-) = ℎ𝑣i − 𝐸𝐿(e-)
possède alors est donnée par le principe de la conservation de l’énergie
ℎ𝑣 est l'énergie du photon incident
h=6.6226 x 10'34 J.s est la constante de Planhk et 𝑣 la fréquence du rayonnement .
Ce photoélectron va progressivement perdre son énergie cinétique par interactions
avec d’autres atomes du milieu, créant ainsi des ionisations (secondaires)
l’atome se retrouve sous forme ionisé, et cette ionisation (primaire) est suivie d’une
réorganisation en cascade du cortège électronique de l'atome (pour combler la lacune
sur la couche dont a été expulsé l'électron) : il en résulte l'émission d'un autre photon
(rayon X de fluorescence) ou l’expulsion d’un électron d'une couche encore plus
périphérique : l’électron- Auger.
Coefficient d’atténuation photoélectrique 𝑟:
N ( x)
La fraction de photons incidents non arrêtés par phénomène photoélectrique est : =
N0
e−𝑟x
𝑟: probabilité d’atténuation par effet photoélectrique - probabilité de survenue de l’effet
photoélectrique
b) diffusion Compton Ԑ (phénomène observé par
Compton1923) :
Il s’agit d’une interaction avec des électrons faiblement liés de la matière.
liés, voire libres (qui sont les plus nombreux), le photon, d’énergie incidente 𝐸i =
si Le photon incident a une énergie élevée et interagit avec des électrons faiblement
ℎ𝑣i, heurte alors l’électron, d’énergie de liaison (e−) éventuellement nulle
L’électron absorbe une partie de l’énergie incidente 𝐸i et se choc :
diffuse le photon avec une direction modifiée (en formant un angle 𝜃 par rapport à la
direction incidente), et une énergie plus basse : 𝐸𝑑i𝑓𝑓 = ℎ𝑣𝑑 < 𝐸i
éjecte l’électron avec une énergie cinétique : 𝐸𝑐e = 𝐸i − 𝐸𝑑i𝑓𝑓 − (e−)
(conservation de l’énergie et de la quantité de mouvement -telle une collision entre
boules de billard-) ; celui-ci aura un parcours très court dans la matière et sera absorbé
localement.
Remarque :
- l’effet-Compton n’est possible que si l’énergie du photon incident (𝐸i) est supérieure
à l’énergie de liaison (e−) de l’électron
- lorsque l'énergie du photon incident croît, l'énergie emportée par l'électron Compton
devient de plus en plus importante par rapport à celle du photon diffusé.= plus
l’énergie de photon incident est grande, plus l’énergie transférée à l’électron est
grande.
- en cas de choc frontal, l’énergie cédée à l’électron est maximum, celle du photon
Pour une diffusion rasante (ou choc tangentiel : 𝜃 = 0) : 𝐸𝑐e = 0 et le photon garde sa
diffusé est minimum et il retourne d’où il vient : rétrodiffusion (𝜃 = 180°)
-
trajectoire et toute son énergie.
Coefficient d’atténuation Compton 𝜎𝑐:
Il est indépendant de la matière irradiée, donc indépendant de 𝑍, et décroît donc uniquement
en fonction de l’énergie incidente 𝐸i = ℎ𝑣
C-effet de création de paires ou matérialisation 𝜋 (1948) :
La matérialisation 𝜋 correspond à l’interaction entre un photon et le noyau.
Condition : l’effet création de paires peut se produire si 𝐸i = ℎ𝑣i > 2𝑚0𝑐2 c à d
le mécanisme est possible si ℎ𝑣i > 1,022 𝑀e𝑉
Un photon très énergétique passant au voisinage du champ électrique très intense du noyau,
peut se matérialiser sous forme d’un électron et d’un positon : paire {e −; e+} ⟹ l’énergie
cinétique excédentaire se partage alors entre celle du positon et celle de l’électron
disparition du photon au voisinage du noyau
le positon est rapidement freiné (ionisation + excitation), puis il s’annihile
𝑀e𝑉 chacun, et à 180° l’un de l’autre (qui vont être absorbées par le milieu)
(dématérialisation) avec un électron du milieu en donnant naissance à 2 photons de 0,511
l’électron e− devient un électron libre de la matière uniquement soumis à l’agitation
thermique
Ce processus est suivi d'une annihilation dans laquelle le positon et un électron s'annihilent
mutuellement en générant une paire de photons de 511 keV émis à 180° l'un de l'autre
-
e+s’annihile en rencontrant un e libre de la matière
Remarques :
l'effet de production de paires est le processus inverse de l'annihilation
Coefficient d’atténuation lié à la matérialisation 𝜋 :
la matérialisation est un phénomène marginal dans le domaine médical
à partir de ℎ𝑣 > 1,022 𝑀e𝑉, la probabilité d'atténuation
π
augmente avec le numéro Z
du milieu et lentement avec l’énergie incidente 𝐸 (π est inférieur à σ pour les énergies plus
p
basses) : =𝑍. 𝑙𝑛𝐸i
π
p
Variation de en fonction de l’énergie des photons
incidents pour quelques matériaux
d-réaction photo-nucléaire ou photodésintégration :
Un photon peut être absorbé par un noyau atomique et cause l’éjection d’un nucléon
(un proton ou un neutron). Ce processus s’appelle aussi la photodésintégration. un
exemple est la capture de rayon Gamma par le noyau de plomb 82Pb 206 avec
l’émission d’un neutron : 82Pb 206 (y,n) 82Pb 206
Condition : la réaction photo-nucléaire peut se produire si 𝐸i = ℎ𝑣i > 10 𝑀e𝑉 (la
matérialisation se produit pour des énergies supérieures à celles donnant un effet photo-
électrique et un effet- Compton)
- Le photon est absorbé par le champ électrique intense du noyau, qui devient alors
instable et se désintègre en émettant un ou plusieurs nucléons :
A A-1
Z X + hvi Z X + 10n
A-1
Z X isotope de noyau formé est radioactif, il émet un photon gamma lors du retour à l’état
fondamental
- Remarque : ces réactions de très haute énergie n’ont pas d’intérêt médical
domaines de prédominance :
Répartition des 3 effets élémentaires en fonction de l’énergie E des photons incidents (en
abscisse) et du nombre Z d’électrons de la cible (en ordonnée).
L'importance relative entre ces trois phénomènes dépend de la nature du matériau et de
l'énergie du photon.
On constate que :
L'effet photoélectrique prédomine à basse énergie et pour les matériaux lourds (Z élevé).
L'effet Compton est prépondérant pour les énergies intermédiaires (imagerie) et pour les
matériaux légers (faible Z).
La matérialisation est dominant pour les rayonnements d'énergie supérieure à quelques
MeV et pour les matériaux lourds.
Régions de prédominances des trois plus importants processus D'interaction des
photons avec la matière
L’importance relative de la diffusion Compton, de l’effet photoélectrique, et la
production des paires dépend de l’énergie du photon incident E= hV et du nombre
atomique Z du milieu absorbant.
La [Link]-dessus montre les régions de E et Z dans lesquelles chaque interaction
prédomine.
Les courbes montrent où de deux types d’interactions ont la même probabilité d’avoir
lieu.
On peut voir que l’effet photo-électrique est prédominant aux basses énergies, et la
production des paires est prédominante aux hautes énergies, tandis que l’effet de
Compton est prédominant aux énergies moyennes.
Pour les milieux de petit Z ( par exp, air, eau, tissu humain), la région de la
prédominance de l’effet de Compton et très large, s’étendant de 20 Kev à 30 Mev.
Cette région diminue graduellement avec l’augmentation de Z.
Application en Imagerie Médicale :
La part d’énergie diffusée et absorbée lors des phénomènes d’interactions des photons
avec la matière est importante pour 3 raisons :
- la direction des faisceaux diffusés est aléatoire, ce qui correspond à une diffusion du
faisceau de rayons dans toutes les directions ; l’énergie des rayons diffusés est
inférieure à celle du faisceau primaire, mais est encore suffisamment énergétique pour
avoir des effets significatifs sur l’image radiographique : flous, voiles, noircissements
de l’image
- le rayonnement diffusé se propage dans toute la pièce et justifie une grande partie des
mesures de radioprotection, en particulier le port du tablier plombé, pour éviter
l’irradiation
- elle constitue une énergie perdue (ou tout du moins incontrôlable) en radiothérapie
-
-
-
- Tableau donnant les effets prépondérants d’un rayonnement chez un malade (eau)
suivant l’énergie du photon incident
0 < ℎ𝑣 < 50 𝑘e𝑉
Eau (le malade) Effets prépondérants
Effet photoélectrique
50 𝑘e𝑉 < ℎ𝑣 < 20 𝑀e𝑉
(on ne voit rien en imagerie)
Effet Compton
ℎ𝑣 > 20 𝑀e𝑉
(les photons diffusés génèrent une image)
Effet création de paires
(utilisé en thérapie)
Tableau donnant les effets prépondérants d’un rayonnement lors de la traversée d’un
matériau de protection (plomb) suivant l’énergie du photon incident
0 < ℎ𝑣 < 500 𝑘e𝑉
Eau (le malade) Effets prépondérants
500 𝑘e𝑉 < ℎ𝑣 < 5 𝑀e𝑉
Effet photoélectrique
Effet Compton
ℎ𝑣 > 5 𝑀e𝑉 Effet création de paires
En médecine, on n’utilise pas de photons incidents de plus de 1,3 MeV
En radiodiagnostic, les photons sont compris entre 60 e𝑡 140 ke𝑉 pour qu’on ait a la
fois un effet photoélectrique et un effet-Compton en fonction de Z, permettant ainsi le
contraste entre les tissus de différentes densités. L’effet Compton trop predominant est
source de « flou » donc on essaie de les limiter.
Pour la radiothérapie, les photons sont compris entre 200 e𝑡 250 ke𝑉
III. Interaction des neutrons avec la matière (𝑛e𝑢𝑡𝑟𝑜𝑛iq𝑢e) :
Les neutrons sont des particules de charge nulle, leurs interactions avec les électrons de la
matière sont donc négligeables
⟹ les interactions se font entre les neutrons et les noyaux, par :
diffusion élastique
capture par le noyau
Remarque : le neutron est globalement neutre, il ne produit pas directement d'ionisations en
traversant la matière. En revanche, il peut avoir de nombreuses réactions avec les noyaux des
atomes, et comme ces réactions produisent chacune des rayonnements ionisants, on considère
les neutrons comme un rayonnement ionisant.
a) Neutrons rapides - énergie cinétique > 1ke𝑉 (neutrons issus du processus de fission)
diffusion élastique (si la masse du noyau est importante)
le choc est élastique : le neutron est dévié et cède une partie de son énergie au noyau
l’énergie acquise par le noyau est utilisée exclusivement sous forme d’énergie
cinétique appelée : énergie de recul ; ce mouvement du noyau est potentiellement
ionisant et peut donner lieu à des ionisations indirectes, dangereuses
les neutrons rapides sont très pénétrants.
b) Neutrons lents - énergie cinétique < 1ke𝑉 (neutrons des atomes à température
ordinaire)
Les interactions entre les neutrons lents et la matière sont fonction de l’énergie cinétique de
ces neutrons et du type de matériel traversé.
Capture radiative :
un neutron de faible énergie cinétique est absorbé par le noyau, c’est la capture
radiative
A 1 A+1
Z X+ n0 Z X+ γ
Le noyau ainsi formé est instable et se retrouve à l’état excité ; sa désexcitation donne lieu à
l’émission d’un rayon 𝛾.
Le rayonnement 𝛾 émis est ionisant
Cette réaction est très utilisée pour la production de radioéléments artificiels
Les isotopes qui, par capture neutronique donnent naissance (après décroissance radioactive)
à un noyau fissile sont appelés isotopes fertiles
Le neutron est absorbé par le noyau, celui-ci se stabilise par émission 𝖰 ou par fission
Capture non-radiative : émission de particules
Ce processus est utilisé pour la production de radioéléments émetteurs 𝛽−.
Les ionisations créées par les neutrons rapides auront des DLI très élevées (les noyaux de
recul ont un TLE très important), qui diminuent progressivement (lorsque les neutrons rapides
deviennent lents).
𝖰) avec la matière
Partie B : Interaction des Particules chargées
(𝑎 etélectromagnétiques
Contrairement aux rayonnements et neutroniques, qui sont des
avec la matière sont 𝑑i𝑟e𝑐𝑡e𝑚e𝑛𝑡 i𝑜𝑛i𝑠𝑎𝑛𝑡e.
rayonnements i𝑛𝑑i𝑟e𝑐𝑡e𝑚e𝑛𝑡 io𝑛i𝑠𝑎𝑛𝑡𝑠, les interactions des particules chargées
Particules chargées
- Particules chargées lourdes (protons, alpha « a » : 4He2+
- Particules chargées légères (électron, positon «e+»)
Cs
Caesium
55
Xe
Xénon 54
Mo
Molybde
num 42
Y
yttrium
- Fragments de fission (ions lourds : Cs, Xe, I, Mo, Y,…)
39
Les trois aspects des interactions des particules chargées avec la matière
L ’interaction elle-même = transfert d ’énergie:
thermique / excitation /ionisation
Conséquences sur la particule = ralentissement
Conséquences sur le milieu= effets physiques radiobiologiques (+++)
l’interaction des particules chargées avec la matière s’effectue par le biais des forces
Coulombienne mécanisme commun à toutes les particules:
La force coulombienne (positive ou négative) qui, pendant le bref passage de la particule
au voisinage de l’électron, s’exerce entre les deux charges électriques, communique une :
impulsion à l’électron è il y a TRANSFERT à l’électron cible d’une énergie Q prélevée
sur l’énergie E de la particule incidente
L’ionisation et l’excitation coulombienne d’atomes sont les processus dominants dans
l’interaction de particules chargées avec la matière .
Un particule P d’état de charge Z peut provoquer les réactions suivantes
z z
P atome → atome + P *
, suivie par atome → *
atome + γ : excitation
z
P + atome → atome + e- + P Z: ionisation
P Z atome → atome* + e- + P z
: ionisation et
excitation
I. Interaction de particules chargées avec les électrons du milieu :
C’est le mécanisme le plus rencontré au cours des interactions entre particules chargées et
milieux biologiques .Dans l’atome-cible, chaque électron est lié au noyau avec une certaine
énergie de liaison (e−).
La particule chargée (électron ou proton) va céder une partie de son énergie incidente : Δ𝐸
trois cas se présentent :
1er cas : Δ𝐸 > (e−) : IONISATION
l’électron est expulsé du cortège électronique et s’échappe du noyau avec une énergie
cinétique (e−) = Δ𝐸 − (e−) : cet électron peut donner lieu à des ionisations
secondaires si son énergie est suffisante
l’atome est ionisé ⟹ il y a donc création d’une paire d’ions : l’atome, et l’électron
éjecté : l’ionisation est suivie d’un réarrangement du cortège électronique avec
émission de fluorescence X
Processus d’ionisation
2ème cas : Δ𝐸 < (e−) : EXITATION
l’électron passe dans un niveau d’énergie supérieure, l’atome est dans un état excité
rayonnements photoniques 𝛾 peu énergétiques (fluorescence), généralement absorbés
L’atome se désexcite en dissipant l’énergie sous forme thermique, ou sous forme de
par le milieu
Processus d’excitation
3ème cas : si l’énergie cédée Δ𝐸 par la particule est très faible ⟹ dissipation de l’énergie
sous forme thermique (énergie cinétique de rotation, de vibration ou de translation des
atomes du milieu)
• le type de rayonnement qui provoque une ionisation est appelé rayonnement ionisant
• les particules α et ß, les rayons ϒ et X et les neutrons peuvent tous provoquer
l'ionisation: ils sont classés comme des rayonnements ionisants.
• Un rayonnement ionisant possédant une charge électrique est dit « rayonnement
directement ionisant ».
• Les rayonnements non porteurs de charge électrique (X, gamma et neutrons), sont
indirectement ionisants.
Ionisation direct
Le rayonnement directement ionisant est une radiation ayant une charge électrique telle que
les particules alpha, béta et les fragments de fission. Ces derniers interagissent avec les
électrons de la cible (matière) par le biais des forces Coulombienne. Ceci induit des
ionisations et excitations des atomes du milieu traversé = ionisatiotion directe
Ionisation indirect
Par contre le rayonnement non chargé tel que le rayonnement électromagnétique (X, gamma
et les neutrons) n’exercent aucune force sur les atomes du milieu traversé.
Ce type de rayonnement effectue des collisions d’une manière aléatoire avec les électrons
(dans le cas des rayons X et gamma) et les noyaux (dans le cas des neutrons).
Les électrons émis et les noyaux de recul générés suite à ces interactions sont appelés
rayonnements secondaires. Ce sont ces particules qui produiront des ionisations et/ou
excitations. Pour cela, sont considérés comme des rayonnements indirectement ionisants.
Pouvoir d’ionisation
Le pouvoir d’ionisation varie d’un rayonnement à l’autre.
Particules chargées lourds : Les particules alpha α (avec une énergie de plusieurs
Mégaélectronvolts) et les fragments de fission ( la fission d’un atome conduit
généralement à 2fragments radioactifs et instables accompagnés de 1 à 2 neutrons
secondaires, avec une énergie de centaines de Mégaélectronvolts) produisent une
concentration d’ions très élevés le long de leur parcours dans la matière. Ils sont
considérés alors comme un rayonnement fortement ionisant (pouvoir ionisant fort).
Particules chargées légères : les électrons ayant une énergie très variable (de 0 à
plusieurs Mégaélectronvolts), produisent moins d’ionisation par rapport aux particules
alpha. Pour cela ils sont considérés comme un rayonnement ayant un pouvoir ionisant
intermédiaire
Neutrons : Le neutron est un rayonnement indirectement ionisant. C’est par
l’intermédiaire des noyaux de reculs et les particules chargées issu des réactions
nucléaires que le neutron produit des ionisations. Par conséquent, un faisceau de
neutron est considéré comme étant un rayonnement ayant un pouvoir ionisant fort.
II. Interaction de particules chargées avec le noyau : rayonnement de
freinage :
coulombien avec les protons 𝑍 du noyau ; d’où une accélération radiale (dirigée selon le
Lorsqu’une particule chargée passe au voisinage du noyau, il y a une interaction de type
rayon
et vers le centre de l’atome). Or, d’après les théories de Maxwell, toute particule accélérée
rayonne de l’énergie
la trajectoire de la particule incidente est déviée
la perte d’énergie cinétique de la particule correspond à l’émission d’un
rayonnement électromagnétique, dit : rayonnement de freinage
ralentissement de la particule chargée : perte d’énergie cinétique
Ce rayonnement de freinage est à la base de la production des rayons X mais n’a quasiment
Remarque :
jamais lieu dans les milieux biologiques
III. interactions de particules chargées légères (les électrons et les positons)
avec la matière :
𝑇𝐸𝐿 faible pour ces particules ; l’ionisation est plus efficace lorsque l’énergie cinétique des
Si les particules chargées incidentes sont des électrons e− ou des positons e+:
électrons est faible (𝑇𝐸𝐿 mesure le ralentissement des rayonnement )
De nombreuses et faibles collisions leur font perdre de l’énergie, par ionisation ou freinage
(ces collisions ne modifient pas sensiblement leur trajectoire
IV. Interaction des particules chargées lourdes : protons, 𝑎, fragments de
fission) avec la matière
P(ou 11𝐻), le
deuton 21𝐻, la particule 𝛼 : 42𝐻e
1
Il s’agit de particules beaucoup plus massives que l’électron : le proton 1
Perte d’énergie par choc coulombien
La trajectoire des particules lourdes est rectiligne : les pertes d’énergie étant faibles
à chaque choc, les particules ne subissent quasiment aucune déviation.
Remarques :
les neutrinos n’agissent quasiment pas avec la matière
contrairement aux photons, qui ne peuvent être totalement arrêtés, une particule
chargée donnée d’énergie donnée peut être totalement arrêtée par un écran de nature et
d’épaisseur donnée.
M
E-dE
E
S N N
D
le nombre de particules chargées avant et après traversée du milieu ralentisseur reste le même. l’énergie
cinétique du projectile a diminué d’une quantité dE, très faible devant E
Diffusion élastique: a+ A a + A: les particules sont inchangées et l’ énergie cinétique totale
est conservée.
Diffusion Inélastique a + A a + A*: les masses sont identiques avant et après le choc,
l’énergie cinétique totale n’est pas conservée, l’énergie perdue est utilisée pour exciter les atomes
ABSORPTION
Particules Particules
directement ionisantes indirectement
ionisantes
Interacti
on
neutron-
noyau
Collisions
Interacti
Capture
on
photon-
électron
Compton
Photoéle
ctrique
- ,,,