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Fonctions Littéraires

Le document décrit les différentes fonctions de la poésie, notamment didactique, esthétique, lyrique, engagée et évasive, chacune ayant un impact sur la conscience et les émotions du lecteur. Il souligne également le rôle du poète en tant que maître du langage, prophète et porte-parole de la société, utilisant son art pour dénoncer les injustices et inspirer l'espoir. En somme, la poésie est présentée comme un outil puissant de transformation sociale et personnelle.

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Fonctions Littéraires

Le document décrit les différentes fonctions de la poésie, notamment didactique, esthétique, lyrique, engagée et évasive, chacune ayant un impact sur la conscience et les émotions du lecteur. Il souligne également le rôle du poète en tant que maître du langage, prophète et porte-parole de la société, utilisant son art pour dénoncer les injustices et inspirer l'espoir. En somme, la poésie est présentée comme un outil puissant de transformation sociale et personnelle.

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RÉSUMÉ DES FONCTIONS

LES FONCTIONS DE LA POÉSIE :


1) La fonction didactique :
La poésie didactique vise un enseignement moral, philosophique et religieux. En effet,
les idées y sont exposées comme s’il s’agissait d’une leçon ou d’une sensibilisation.
En ce sens, elle a une valeur civilisatrice. La poésie est un outil qui vise à convaincre
le lecteur, étant une expression qui s’enferme dans une image historique et véridique.
Elle sensibilise, conscientise et touche l’esprit du lecteur. Nous sommes sans ignorer
que l’esclavage et la colonisation ont eu des répercussions très considérables à cause
des arguments fallacieux qui ont falsifié l’histoire et tronqué la vérité . C’est l’exemple
des « Discours des Misères de ce Temps » où RONSARD appelle, pendant les guerres
de religions, à la vigilance et au patriotisme en s’exprimant ainsi « Une furie agite notre
France ».
En outre, la poésie didactique éveille la conscience humaine. De ce fait, elle purifie et
enrichit la sensibilité des hommes et les invite à voir le monde avec des yeux nouveaux.
L’activité poétique est un instrument éducateur et moralisateur. Elle véhicule des leçons
de conduite, de moral qui participe à notre éveil de conscience. Le lecteur découvre de
bonnes et de nobles attitudes qui influencent la morale dans son univers poétique. Ainsi,
le poète cherche à l’instruire dans le but de modifier ses mauvais comportements. C’est
dans ce contexte que s’inscrivent Les Fables de JEAN DE LA FONTAINE dont
chacune comporte une moralité ; c’est-à-dire des conseils et recommandations diverses.
VICTOR HUGO dira à ce propos que « Les poètes sont les premiers éducateurs du
peuple ». Autrement dit, la poésie offre un accès aux idées.

2) La fonction esthétique :
La poésie se définit avant tout par le travail créatif que le poète pratique sur le langage.
En effet, elle diffère du langage ordinaire et constitue une forme d’expression
caractérisée par une utilisation harmonieuse d’image, de sons et de rythmes. C’est pour
cette raison que MALHERBE et les parnassiens considèrent le poète comme un artisan
ou un technicien du langage. La poésie, étant une activité, exige une expression
harmonieuse et mélodieuse. Donc, de par sa musicalité et le jeu sur les répétitions, la
poésie peut souvent rassembler à une chanson. VERLAINE dira « De la musique avant
toute chose » ; pour mettre l’accent sur la richesse des mots et sur le lien qui existe
entre poésie et musique.
De plus, la poésie est une activité décorative car certains poètes à l’image des artisans,
des sculpteurs et des peintres insistent plus sur le culte du beau ou la perfection formelle.
Elle est, par essence, un langage magnifique qui attire et touche les sens. Elle est une
opération magique, une invention qui nécessite un vigoureux désir de substituer la
parole ordinaire par une parole de magnificence. Le poète exerce son talent sur le verbe,
il joue sur les mots, les sonorités, et il façonne des schémas verbaux qui dégagent
formes et mélodies. Il plonge souvent le lecteur dans les sensations les plus rares et les
plus profondes, et berce dans les moments de solitude. C’est sans doute ce qui fait dire
à EDGAR POE que « Le seul domaine légitime de poésie est le beau ». En d’autres
termes, la qualité de l’œuvre poétique réside dans sa beauté et dans sa formelle.

3) La fonction lyrique :
La poésie ne remplit pas toujours des fonctions politiques, sociales ou morales. Elle est
surtout l’expression des sentiments d’où sa fonction lyrique. Mais, lorsque l’œuvre
poétique se limite seulement à révéler l’intimité du poète, on dit que le lyrisme est
personnel. Les poètes romantiques aiment décrire leurs univers intérieurs et leurs
tourments afin de partager leurs émotions. Ils emploient un style passionné pour
évoquer leur moi et leur individualité. La poésie s’érige comme un objet de
contemplation car les poètes romantiques orientent leurs aspirations vers l’infini, vers
un sentiment religieux. De surcroît, ils aiment décrire la nature, le temps qui sont
sources d’inspiration et qui fuient inexorablement. De ce fait, la poésie permet aux
poètes d’extérioriser les sentiments qu’ils éprouvent ce qu’ils ont ressenti
personnellement. C’est le cas de RONSARD et DUBELLAY qui ont manifesté dans
certains de leurs poèmes leur amour et leurs sentiments de nostalgie vis à vis de la
France. Par exemple, Alfred de Musset qui clame « Ah ! Frappe-toi le cœur, c’est là
qu’est le génie ».
Par ailleurs, certains poètes se limitent seulement à évoquer dans leurs œuvres leur
intimité ; c’est-à-dire à extérioriser leurs sentiments qu’ils éprouvent ce qu’ils ont
ressenti personnellement. La poésie romantique est ludique parce qu’elle se fait à
travers les voyages qui permettent la découverte de nouveaux paysages et favorise le
dépaysement, elle se fait par le rêve ou la réminiscence. C’est le cas de VICTOR
HUGO qui, dans ce poème intitulé « Demain dès l’aube » dans Les Contemplations,
relate le chagrin et la solitude qui l’affectent profondément après la mort tragique de sa
fille Léopoldine. Par exemple, « Le lac » de Lamartine qui témoigne la plainte
douloureuse des deux amants près du lac : « O temps suspend ton vol et vos heures
propices suspendez-votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides délices des plus
beaux de nos jours ».

4) La fonction engagée :
La poésie engagée est la seule qui assume toute fonction liée à son utilité et son
efficacité à l’intérêt de la société. En effet, certains poètes pensent que la poésie doit
servir d’instrument pour dénoncer les souffrances et les injustices qui frappent les
hommes. Le poète met son verbe au service d’une cause et refuse d’être indifférent et
en marge de sa société. De ce fait, il assure le rôle de garde-fou contre les errements,
les dégradations et les dépravations sociales. Il fustige les injustices pour nous mettre
au parfum des choses. La poésie est un outil efficace de libération. L’Afrique était
marginalisée et les africains étaient considérés comme des moins que rien, ils étaient
torturés, bastonnés voire même ensanglantés par les Européens durant la colonisation.
Ainsi, beaucoup de poètes africains font de leur plume une arme de combat, un
instrument de lutte pour libérer leur peuple de ce calvaire titanesque. C’est la raison
pour laquelle ANDRÉ CHÉNIER disait que « Lorsque les évènements sont chargés
de haines et de violences, il appartient aux poètes de s’engager au péril de leur plume
une arme trempée dans l’encre et dans l’amertume ». Autrement dit, le poète doit
apparaître comme un combattant dont les poèmes permettent de mettre fin aux dangers
qui secouent le peuple. VICTOR HUGO affirme que « la poésie n’est pas un
ornement ; elle est un instrument ».
Aussi, la poésie assume une fonction critique qui permet de remettre en question leur
mode de gouvernement et les maux dont souffre la société. Elle s’érige comme un objet
contestataire et satirique. Dans un monde où il y a une pluie d’injustice, de ségrégation
raciale et d’oppression qui arrosent l’être humain, le poète n’a pas le droit de s’emmurer
dans son silence et de garder la bouche close. Il a l’obligation d’être le plaidoyer
sempiternel de son peuple en fustigeant les comportements barbares de l’individu. Ce
faisant, il devient un pourvoyeur d’espoir qui améliore la condition humaine. La poésie
dévoile la société et ses défauts. En ce sens, on peut citer « Discours des Misères de
ce Temps » de RONSARD et « Mélancolie » où VICTOR HUGO, épris de justice
sociale et de liberté humaine, dénonce systématiquement le travail dur et pénible des
enfants. Dans cette mouvance, Cheikh Aliou Ndao clame « La poésie est une plume
désarçonnant les ennemis de son peuple ».

5) La fonction évasive :
La poésie assume une fonction évasive lorsqu’elle constitue un antidote ou un remède ;
c’est-à-dire un moyen capable de distraire ou de faire oublier les misères de la vie. En
effet, les poètes romantiques, face à la réalité décevante, cherche, à travers leurs
poèmes, un refuge « d’ailleurs consolateur » afin d’échapper aux ennuis de l’existence.
La poésie cherche à bercer l’âme du lecteur et le poète se considère comme un mage
capable de percer le mystère qui se cache. Ainsi, il cherche à s’épanouir dans le monde
des idées, le seul monde qui renferme les secrets du mystère. Il offre, en ce sens, aux
lecteurs l’opportunité de voyager. Les poètes romantiques élaborent un univers
paradisiaque où selon BAUDELAIRE « ...tout n’est qu’ordre et beauté/luxe, calme et
volupté ». Autrement dit, l’artiste romantique, à travers l’imagination, effectue un
voyage à la découverte de paysage du nouveau marqué par le bonheur et la sérénité.
Aussi, le poète plonge le lecteur dans un monde de rêve et d’illusions pour le libérer
de ses malheurs. C’est le cas des poésies romantiques qui, à travers les décors
pittoresques comme le coucher du soleil, l’univers maritime et la nature, permettent
aux pètes de s’évader, de se distraire et de distraire ses lecteurs. À ce propos, on peut
citer LAMARTINE dans « Le Lac » où il fait de la nature un lieu de consolation ou
un espace d’évasion. En outre, dans « Le vallon », il invite à une communion à la
nature : « L’amitié te trahit, la pitié t’abandonne, et seul tu descends le sentier des
tombeaux/mais la nature est qui t’invite et qui t’aime ; plonge-toi dans son sein qu’il
t’ouvre toujours ». Bref, par sa fonction évasive, la poésie apaise le cœur de l‘homme
confronté à des difficultés. Aussi, Arthur Rimbaud déclare que : « Le poète doit être
un voyant et se faire voyant et « le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné,
dérèglement de tous les sens ».
LES FONCTIONS DU POÈTE
A) Le poète, maître du langage ou technicien du verbe :
En tant qu’artisan du verbe ou magicien du mot, le poète détient l’art de la composition
musicale et d’images. A cet effet, il joue avec les mots, les rythmes et les sonores pour
le plaisir gratuitement. La poésie est une activité musicale car elle exige une expression
mélodieuse et harmonieuse qui charme l’écoute et envoûte l’âme. Le poète, par
l’intermédiaire de son inspiration, essaie d’enchanter, d’émouvoir le lecteur pour le
plonger dans un univers paradisiaque. Il montre son image talentueuse en faisant rimer
les mots entre eux, en chantant la phrase selon un rythme par sa symphonie cadence.
Aussi, il donne aux poèmes des accents et des répétitions qui facilitent son adaptation
musicale. C’est ce qui fait dire à MALHERBE que « Le poète est loin d’être inspiré
des dieux, il n’est qu’un arrangeur de syllabe ; c’est-à-dire un être inutile »..
En outre, le poète peut, par les magies du langage ou le jeu dur les mots, parvenir à
inventer de nouvelles formes. En effet, la poésie est une activité musicale car elle exige
une expression mélodieuse et harmonieuse qui charme l’écoute et envoûte l’âme. Le
poète, par l’intermédiaire de son inspiration, essaie d’enchanter et d’émouvoir le
lecteur pour le plonger dans un univers paradisiaque. Il montre son image talentueuse
en faisant rimer les mots entre eux, en chantant la phrase selon un rythme par sa
symphonie cadence. « De la musique avant toute chose. Et pour cela préfère l’impair…
» ; dira Verlaine. Aussi, il va rajouter que « la poésie est la musique de l’âme et surtout
des âmes sensibles ». Comme JACQUES AUDIBERTI le précise en ces termes «
Chaque poète se taille un langage dans le langage ». Une manière pour lui de montrer
que le poète a le pouvoir magique qui lui permet de forger un langage spécifique.

B) Le poète, prophète ou messager divin :


La poésie est une activité divine. Le poète a le don divin, une facilité à manier le verbe
sous le feu d’une possession. Ce faisant, la poésie est conçue comme une révélation
divine qui vient des messages célestes. Cette fonction médiatrice entre Dieu et les
hommes remonte depuis la tradition grecque. Le poète est un être inspiré qui a un don
divin car on lui attribue un génie sur humain ; c’est-à-dire des difficultés qui lui
permettent de découvrir ce qui échappent aux hommes, de lire ce qui leur est invisible.
Les symbolistes réclament ce statut. BAUDELAIRE, par exemple, compare le poète
« Déchiffreur de l’universelle analogie ». Par ailleurs, le poète revêt le statut de guide
ou de visionnaire dont la fonction est d’interpréter ou de faire comprendre aux hommes
le message divin. C’est sans doute dans ce contexte que VIGNY l’assimile à Moïse «
Homme de Dieu doté d’une voix prophétique » dont la mission est de conduire le
peuple hébreu à la Terre promise. De surcroît, le poète est un être bizarre, un
ensorceleur qui envoûte ceux qui l’écoutent et qui l’approchent. C’est dans cette
perspective qu’Alfred de Musset déclare « poète prend ton luth et me donne un baiser
». Platon dira : « Ce n’est pas l’art, mais une force divine qui leur inspire leurs vers ».

C) Le poète, porte-parole ou héros :


Le poète a une mission importante à jouir auprès des hommes : celle de parole, il est
quelqu’un qui a le pouvoir de soutenir le sentiment d’appartenir à la société. Donc, si
les temps sont difficiles, il lui revient la tâche de soutenir les hommes perdus ou
inquiets en créant un climat de solidarité pour les aider à nourrir leurs espoirs et à
supporter leur souffrance. La création poétique est un moyen de défense et de libération.
Le poète refuse de sombrer dans le mutisme face à des guerres de religion, à des
bombardements et aux oppressions fréquentes. Il fait son art une arme de combat, un
instrument de lutte en dénonçant les tares sociétales qui sévissent dans le monde.
Également, cette dénonciation invite le lecteur à une prise de conscience pour
s’émanciper à ces fléaux. C’est le cas l’exemple de RONSARD et de AGRIPPA
DAUBIGNÉ qui s’engagent dans les guerres de religions : la première au côté des
catholiques et la deuxième auprès de protestants.
En outre, dans le souci de la bonne marche de la société et de l’épanouissement de tout,
le poète met sa plume au service des hommes et compose des vers pour fustiger les
souffrances et les injustices. La poésie est une activité messianique et prophétique. La
plupart des poètes sont des prométhéens, des prophètes, des visionnaires, des mages,
des illuminés qui apportent la lumière à leur peuple, en prenant en charge les
revendications de leurs semblables par la publication de textes pamphlétaires. Ainsi,
ils participent au progrès de l’humanité, véhiculent des messages d’espoir qui poussent
le lecteur à agir et à réagir contre les oppressions. Citons l’exemple d’AIMER
CÉSAIRE qui affirmait « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de
bouche, ma voix la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ». C’est une
manière pour lui de manifester sa solidarité et son soutien à ses frères de couleurs.

D) Le poète enchanteur :
La poésie cherche à bercer l’âme du lecteur. En effet, le poète se considère comme un
mage capable de percer le mystère qui se cache. Il cherche à s’épanouir dans le monde
des idées, le seul monde qui renferme les secrets du mystère. Il offre en ce sens aux
lecteurs l’opportunité de voyager. C’est dans cette perspective qu’Arthur Rimbaud
déclare que : « Le poète doit être un voyant et se faire voyant et le poète se fait voyant
par un long, immense et raisonné, dérèglement de tous les sens ». Le poète est un
enchanteur par le rêve et par le travail exceptionnel qu’il effectue par le langage, il
parvient à émouvoir son lecteur et à bercer son âme. C’est l’exemple des poètes
romantiques qui chantent leur amour de manière idyllique qu’ils parviennent à égayer
le cœur du lecteur.
Aussi, le poète est le seul être capable de susciter une forte émotion chez le lecteur.
Pour se faire, il exerce son talent sur le verbe, met en œuvre des formes et des mélodies
et est capable de plonger son lecteur dans les sensations les rares et les plus profondes.
La poésie est séductrice, envoûtante parce qu’elle apaise, caresse de sa douce tendresse
le cœur de l’homme parce qu’il est confronté à des difficultés. Elle apparaît comme
une expression thérapeutique et le poète cherche à rendre le lecteur heureux, à le
débarrasser de son ennui, de son spleen et à le délecter de son malheur. GASTON
BACHELARD n’a pas tort de dire que « Le poète est celui qui a le pouvoir de
déclencher le réveil poétique dans l’âme du lecteur ». Autrement dit, il est capable de
charmer son lecteur, de le rendre heureux afin de le débarrasser de ses ennemis et de
ses malheurs.
LES FONCTIONS DU ROMAN
1) Fonction didactique :
Le Roman a une fonction didactique car il véhicule des leçons de conduite qui
participent au changement de comportements de l’individu et qui permettent aux
lecteurs de se cultiver et de mieux ouvrir les yeux pour mieux se conduire avant d’agir.
Aussi le romancier met en relief de bonnes actions et de nobles attitudes qui influencent
la morale. Sous cet angle, le roman devient un outil éducateur et instructif au service
de la société. Il est un moyen de connaissance et une leçon de vie. Autrement dit, le
roman expose de bonne marche et des attitudes nobles qui permettent les
comportements des hommes et influencer leur moral. C’est dans ce sillage que Claude
Roy estime : « Avant d’être une fable ou un passe-temps, un document ou une
simulation du vrai, le roman est une leçon de conduite » ; c’est-à-dire un outil
d’instrument au service.
Aussi, le roman se veut mode d’éducation, un moyen d’apprendre le monde et la vie et
l’homme. En effet, il insiste souvent à réfléchir sur les valeurs humaines et sur les
problèmes sociaux. Le roman est un outil qui vise à convaincre le lecteur. Etant une
expression qui s’enferme dans une image historique et véridique, il sensibilise,
conscientise et touche l’esprit du lecteur. Nous sommes sans ignorer que l’esclavage et
la colonisation ont eu des répercussions très considérables à cause des arguments
fallacieux qui ont falsifié l’histoire et tronqué la vérité. Les Européens ont dénaturé le
visage de l’Afrique pour l’installer dans un univers carcéral et justifier leurs actes
démoniaques. C’est ce que soutient CLAUDE ROY dans les propos suivants : « Nous
ne lisons pas pour oublier la vie, mais au contraire pour l’éclairer. Les livres nous aident
à voir, à agir, à vivre ». Ainsi, l’œuvre romanesque participe activement à notre
formation.

2) Fonction engagée :
Le genre romanesque peut remplir des fonctions liées aux questions sociales,
culturelles, politiques et idéologiques. Mais, ces fonctions qui concernent l’intérêt de
la société, l’utilité du romancier et son efficacité se ramène à la notion d’engagement.
De ce fait, le roman devient un moyen de dénonciation ou une arme de combat qui sert
à combattre les maux dont souffrent la société comme les crises sociales, les injustices
politiques et l’hypocrisie de certains hommes. Le roman est une activité révolutionnaire
car de nombreux romanciers refusent de garder la bouche close dans un monde dominé
par le racisme, la haine, la méchanceté. Alors leur devoir est de se mutiner, de protester
contre les intempéries sociales qui gangrènent la société. Donc, le roman devient un
instrument de révolte et de protestation au service de la nation. On peut citer
GERMINAL de ÉMILE ZOLA qui déplore avec force les conditions de la classe
ouvrière dans les mines.
En outre, l’œuvre romanesque est conçue comme un moyen de défendre, de
revendication et de libération. En effet, le romancier refuse de sombrer dans le mutisme
face à des guerres de religion, à des bombardements et aux oppressions fréquentes. Il
fait son art une arme de combat, un instrument de lutte en dénonçant les tares sociétales
qui sévissent dans le monde. Également, cette dénonciation invite le lecteur à une prise
de conscience pour s’émanciper à ces fléaux. C’est le cas de certains romanciers
africains qui ont fait du roman un outil efficace ou efficient pour mettre fin à
l’oppression et aux exactions causées par l’entreprise coloniale. FERDINAND
OYONO, par exemple, publie deux œuvres fondamentales UNE VIE DE BOY et LE
VIEUX NÈGRE ET LA MÉDAILLE dont chacune met l’accent sur la discrimination
et l’exploitation pure et simple dont les noirs sont des victimes.

3) Fonction évasive :
La création romanesque est une activité ludique car elle est axée sur le désir évasif du
lecteur. A cet effet, elle vise la distraction et ouvre pour le lecteur la merveille des
univers construits par l’imagination. Cette fonction du roman cherche à combler les
ennuis et la solitude de l’homme. Cette distraction est l’une des fonctions essentielles
du roman car, en tant qu’œuvre de fiction, le roman est composé de personnages
imaginaires et d’un cadre spatio-temporel fictif capable de dépayser le lecteur afin de
le plonger dans un autre monde. Ainsi, il peut se détacher de son propre univers pour
intégrer un autre univers fictif merveilleux. C’est ce qui a compris FRANÇOIS
MAURIAC qui affirme dans son ouvrage LE ROMANCIER ET LES
PERSONNAGES que « Le monde du roman « est un monde à part », un monde qui a
ses propres réalités ».
En outre, l’œuvre romanesque cherche à divertir et à amuser le lecteur en le transportant
dans un monde de cocagne et de joie qui fait de la vie une paix sociale où l’homme se
libère de tous ses problèmes. En effet, elle est un moyen d’exprimer les sentiments dans
la mesure où les romanciers exposent leurs états d’âme afin de les partager avec le
lecteur. Ils extériorisent leurs émotions, leurs sensations pour faire voyager le lecteur
dans une planète sentimentale. C’est pourquoi Paul Léautaud dans son œuvre
romanesque Amours, étant le personnage narrateur, nous raconte son amour avec
Jeanne durant sa jeunesse en insistant sur ses souvenirs. A ce propos, KLEBERT
HEADENS soutient que « Lorsque le romancier laisse imprimer le mot roman sur la
couverture de son livre, il prend l’engagement de distraire ». En d’autres termes, le
roman est un divertissement que l’on s’offre par le biais de la lecture.

4) La fiction romanesque : le roman subjectif :


Le Roman nous permet de s’amuser car la plupart des romanciers tente toujours
d’éveiller le culte sensoriel et émotif du lecteur pour lui faire partir à l’aventure,
voyager dans l’espace et le temps puisqu’il est dès fois dans un marigot de stress, de
peines et de remords. En effet, pour beaucoup d’auteurs, l’imagination est la condition
maîtresse du romancier. Écrire un roman, c’est savoir inventer des histoires. Il s’agit
donc de faire travailler l’esprit de l’écrivain pour créer un monde d’illusion et essayer
d’attirer le lecteur dans cet univers. Ainsi, en suivant un itinéraire des personnages, le
lecteur qui lit l’œuvre romanesque vit une vie fictive : acteur dans le roman, il évolue
avec les personnages, il est en même temps juge et étranger au roman. Aussi, le
romancier offre au lecteur une délectation. Cela se voit dans le roman du romancier
sénégalais Ameth Guissé dans Femmes aimantes, femmes dévouées, avec un style
classique, il nous plonge dans une atmosphère émotive, sensorielle et effective en
cherchant à éveiller la sensibilité du lecteur par l’insistance de la fidélité et de
l’infidélité en amour.
Par ailleurs, le roman permet de s’évader hors de soi-même, hors du milieu social dans
lequel on vit, hors du monde réel. De ce fait, il est une pure fiction qui jette le lecteur
dans une mare de soulagement. De surcroît, le romancier par le biais de sa plume essaie
d’émerveiller, d’émouvoir, d’attendrir le lecteur pour lui faire connaitre la joie de vivre,
retrouver le rire et le sourire. Mais, le roman peut paraître ennuyeux lorsque l’histoire
qui est proposée est trop irréelle. C’est la raison pour laquelle VOLTAIRE a pu avancer
ces propos : « Le roman est la production d’un esprit faible décrivant des choses
indignes d’être lues par un lecteur sérieux ». Dans le même sens, JEAN JACQUES
ROUSSEAU, dans son ouvrage ÉMILE (ou de L’ÉDUCATION), voit dans le roman
un danger pour l’éducation des enfants. « Je hais les livres, ils apprennent à parler que
de ce que l’on ne sait pas » ; déclare-t-il dans cet ouvrage. Fruit de l’imagination d’un
artiste, le roman offre donc une vision particulière et subjective des faits selon les
intentions et les événements qui ont marqué la vie de l’auteur.

5) La peinture du réel : le roman objectif :


Le roman présente la particularité de ne pouvoir se réduire simple à l’histoire qu’il
raconte. Il faut tenir compte aussi du fait que le roman cherche avant tout à reproduire
le réel, il prétend à exprimer une certaine vérité artistique. La théorie du réalisme repose
sur le fait que le roman doit être un art dans lequel l’écrivain cherche à déployer sa
capacité de reproduire fidèlement la réalité. Pour cela, il doit écarter l’imagination de
même que le lyrisme personnel. La réalité représente un outil de contestation ou une
arme de libération dans le roman où se sert le romancier pour mener sa lutte. Il dresse
un diagnostic sans complaisance de la vie sociale, il est au chevet de la société. Il est
aussi l’écho-sonore et le porte-parole du peuple car il défend les maux et les tares qui
gangrènent la vie sociale. C’est en tout cas ce qu’affirment divers romanciers du XIX e
et du XXe siècle parmi lesquels on peut citer HENRI STENDHAL qui écrit : « On
peut plus atteindre au vrai que dans le roman (…) ; un roman est un miroir que l’on
promène le long d’un chemin ». Quant à GUY DE MAUPASSANT, il dira que «
Montrer la vérité rien que la vérité et toute la vérité ». Autrement dit, le roman est un
reflet de la réalité sociale. Moins de connaissance, le roman permet donc de
s’imprégner d’avantages mécanismes sociaux, de la solidarité complexe de l’être
humain et de découvrir d’autres milieux. Il analyse en profondeur des situations qui
peuvent être les nôtres. En ce sens, CLAUDE ROY note « Ce que ces histoires
imaginaires nous donnent, c’est peut-être la véritable histoire de la vie réelle ».

6) Le roman entre fiction et réalité :


Le Roman est le reflet de la réalité. En effet, le romancier, à partir de son observation
et de sa documentation, nous donne une image exacte de la vie quotidienne en
dénonçant les inégalités sociales. Ainsi, s’inspirer ou non de la réalité, le roman comme
toute œuvre d’art ou de création porte nécessairement l’emprunt de créateur. Ce qui
veut dire la prétention de transcrire la réalité dans totalité, ce que l’on appelle
daguerréotypisme n’est qu’illusion car le roman n’est plutôt selon l’expression de
LOUIS ARAGON qu’« Un mentir-vrai». C’est dans ce sens que Stendhal à emprunter
les traces de Saint Réal affirmant : « Le roman est un miroir que l’on promène le
long d’une route » et à Emile Zola aussi de dire : « Le romancier est fait d’un
observateur et d’un expérimentateur ». Mais, si la fiction favorise l’évasion, elle est
aussi une manière de mieux faire comprendre la réalité. Par conséquent, le roman
donne à la fois les prestiges de l’imagination et les saveurs du réel. En d’autres termes,
un roman, c’est une dose de réalité et une position de fiction.
FONCTIONS DU THÉÂTRE
A) Fonction didactique ou moral du théâtre :
Le théâtre est destiné en public, il se présente sous la forme d’un discours adressé à des
spectateurs et envisage de communiquer des recommandations, des percepts de sagesse
et des informations à caractère moral ou politique. Il y a une mission d’instruction et
de formation des hommes car le théâtre est un moyen d’éducation. A cet effet,
l’écrivain est un homme moralisateur et instructeur car il représente sur scène les tares
sociétales en essayant de corriger le lecteur ou le spectateur. Il nous véhicule des
messages qui nous sensibilisent de nos actes. En outre, le théâtre est un moyen de
conscientisation dans la mesure où il est dénonciateur et protestant. En effet, le
dramaturge s’indigne à la violence, la guerre et sensibilise le peuple sur le joug. Ce
faisant, sa création devient une source de sensibilisation et de libération. C’est pourquoi
ARISTOPHANE LES GRENOUILLES dit que « Si pour les petits enfants, celui qui
donne des leçons de moral c’est le maître d’école, pour les grands ce sont les poètes
(ou les dramaturges) ». Autrement dit, le théâtre est un art civilisateur ; c’est-à-dire une
forme d’expression qui vise à instruire le public. Aussi, le théâtre se présente comme
un moyen de conscientisation, un lieu de réflexion ou de méditation sur la condition
humaine. C’est l’exemple de certaines œuvres de JEAN PAUL SARTRE comme LES
COUCHES ET HUIS-CLOS où il a été question de faire une analyse très pointue sur
le sort et le destin des hommes.
Aussi, le théâtre assume cette fonction didactique lorsqu’il agit sur les mauvais
comportements et attitudes des hommes pour les faire réfléchir. Ainsi, en tant que
moralisation, il met en scène les vars et les travers de la société afin de corriger le
spectateur en leur inculquant des mentalités plus adaptées à la réalité de l’époque. C’est
ainsi que HORACE, repris par colère, disait que « Castigare ridendo mores » ; c’est-
à-dire « Corriger les mœurs en faisant rire ». C’est dans ce contexte que s’inscrit
TARTUFFE où le dramaturge critique l’hypocrisie des hommes pour parfaire ou
améliorer leurs attitudes. On peut ainsi citer quelques œuvres africaines comme LE
LION ET LA PERLE DE WOLE de SOYINKA et TROIS PRÉTENDANTS
D’UN MARI de GUILLAUME OYONO MBIA qui se sont tous intéressées aux
questions liées aux mœurs de l’époque : le problème de la dote, les conflits de
génération, l’opposition entre tradition et modernisme. Par ailleurs, le théâtre assume
une fonction didactique pour se fixer comme objectif de réhabiliter le passé ou de faire
la promotion des valeurs culturelles traditionnelles. Ainsi, on peut citer l’exemple
d’œuvres comme LA MORT DE CHAKA de SEYDOU BODIAN et L’EXIL
D’ALBOURY de CHEIKH ALIOU NDAO qui visent à enseigner aux générations
actuelles et futures en leur offrant comme des grandes emblématiques.

B) Fonction engagée :
Moyen d’action privilégiée, le théâtre s’adapte facilement à l’engagement et à la
dénonciation. En effet, il prend la forme qui sert à contester les pouvoirs en place,
s’attaque aux institutions et dénonce les abus de pouvoir et les inégalités sociales. «
Beau marché » dans LE MARIAGE de FIGARO met en évidence sur le sort injuste
réservé à FIGARO. L’œuvre théâtrale peut également se présenter comme un outil
idéologique qui s’intéresse au progrès de l’humanité. C’est le cas des dramaturges du
XXe siècle comme JEAN ANOUILH qui donne à son théâtre un caractère purement
engagé en faisant d’Antigone la force morale qui lutte contre la dictature et la sous-
mission aveugle. En guise d’exemple nous pouvons donner Aimé Césaire dans la
tragédie du roi Christophe, témoin de la colonisation dénonce les exactions des
blancs envers les noirs durant cette époque.
En plus, le théâtre constitue un outil de contestation et de revendication qui s’investit
dans les combats pour la liberté et la dignité humaine. En effet, il s’intéresse de très
près aux problèmes de la société. Il n’est pas indifférent à ses évolutions ni à ses
transformations. La création dramatique est un moyen de dénonciation car le
dramaturge utilise sa plume ou met son spectacle pour fustiger les travers humains. Il
nous apprend à se remettre en question, à s’émanciper contre l’exploitation. Ainsi, le
dramaturge contribue à la bonne marche du futur du spectateur, il est le missionnaire
du progrès de l’humanité qui conteste et se rebelle contre les dépravations sociales. On
peut, en guise d’illustration, citer LA TRAGÉDIE DU ROI CHRISTOPHE et UNE
SAISON DU CONGO qui ont permis à AIMER CÉSAIRE de faire la critique des
régimes en place au lendemain des indépendances.

C) Fonction divertissement :
Le théâtre est un moyen de divertissement car il offre au public des moments de plaisir
et de détente, il nous éloigne aussi de la réalité quotidienne. En effet, le dramaturge met
en scène un monde imaginaire ou symbolique, pour faire rire le spectateur. Ce faisant,
il lui permet d’échapper à l’existence difficile à cause des problèmes quotidiens qui le
tourmentent. Ainsi, la comédie permet au spectateur de se divertir par le rire. C’est en
sens que MOLIÈRE disait « Une comédie était bonne que lorsqu’elle peut faire rire
les honnêtes gens ».
De plus, le théâtre constitue un lieu de divertissement. De ce fait, grâce à la mise en
scène, le spectateur se dépayse et accède dans un monde fictif et harmonieux qui
parvient à l’émouvoir ou l’alarmer. Ainsi, c’est dans cette rupture avec le réel pour aller
en contact d’un vers beau caractérisé par le décor des coutumes et le jeu des acteurs
qui parvient le plaisir du public. Enfin, par la capacité du dramaturge à mettre en scène
un univers imaginaire, le théâtre peut présenter un moyen de distraction. De ce point
de vue, il permet au spectateur d’échapper aux difficultés de l’existence et aux
problèmes quotidiens. C’est dans ce contexte que s’inscrivent les propos suivants : «
Le théâtre n’a pour seule fonction que divertir ».

D) Le théâtre comme miroir du monde :


Le théâtre assume cette fonction de miroir lorsqu’il offre une image révélatrice de la
société. Ainsi, du fait de l’imitation, le théâtre devient le reflet du monde. C’est dans
ce contexte que s’inscrit SHOKES PEURS que « L’objet du théâtre a été dès l’origine
et demeure encore de présenter pour ainsi dire un miroir à la nature... ». Autrement dit,
le théâtre constitue une représentation de l’univers. En outre, en tant que miroir social,
le théâtre fait une copie fidèle de la réalité ; c’est-à-dire une mise en scène de nos
propres vers. Cela se confirme par les propos de HUBERT qui soutiennent que : « Le
théâtre met en scène notre propre (…) et offre le spectacle de l’existence humaine ».
En d’autres termes, il est conçu comme le reflet du vécu quotidien ou le miroir qui
expose la vie des hommes.
FONCTIONS DE LA LITTÉRATURE :
1) Fonction didactique :
La littérature assume cette fonction didactique lorsqu’elle est conçue comme un moyen
d’instruction qui permet au lecteur de comprendre le monde dans lequel il vit. Ainsi,
selon certains écrivains, elle doit servir à mieux comprendre l’existence humaine. C’est
l’exemple de ÉMILE ZOLA qui a écrit GERMINAL dans le but de mieux informer
ses lecteurs sur les conditions de travail des mineurs. En outre, l’œuvre littéraire assume
cette fonction pédagogique lorsqu’elle se fixe comme vocation de mettre à la portée
(disposition) des lecteurs des valeurs morales qui les aideront maintenir sur le droit
chemin. C’est ainsi que CLAUDE ROY disait qu’« Avant d’être une fable, un
document, un passe-temps ou une simulation de vrai, le roman est une leçon de morales
» ; c’est-à-dire un outil de formation et d’éducation d’une société. Aussi, certains
accordent aux lecteurs la possibilité d’examiner les mœurs sociales afin de corriger les
défauts et les vars. Citons l’exemple d’UNE SI LONGUE LETTRE dont le prétexte
est pour MARIAMA BA d’une manière d’édifier ses lecteurs sur les complications
qu’engendrent la polygamie.

2) Fonction engagée :
La littérature joue cette fonction critique quand elle représente une arme qui milite en
faveur d’une cause. En effet, certaines œuvres littéraires sont soumises à des lettres
contre l’injustice et les drames politiques, sociaux etc. c’est l’exemple du DERNIER
JOUR D’UN CONDAMNE où VICTOR HUGO dénonce catégoriquement la peine
de mort qu’il juge barbare et inhumain. Aussi, UNE VIE DE BOY et LE VIEUX
NÈGRE ET LA MÉDAILLE ont permis à FERDINAND OYONO de dénoncer les
dérives de la colonisation. Par ailleurs, la littérature représente un outil de contestation
ou une arme de libération dont se sert l’écrivain pour mener sa lutte. En effet, l’écrivain
dresse un diagnostic sans complaisance de la vie sociale, il est au chevet de la société.
Il est aussi l’écho-sonore et le porte-parole du peuple car il défend les maux et tares qui
gangrènent la vie sociale. De ce point de vue, on peut donc le considérer comme un
demi urge (demi dieu). C’est ainsi que AGRIPPA DAUBIGNÉ dans LES
TRAGIQUES et VICTOR HUGO dans LES CHÂTIMENTS se sont tous faits
défenseurs et porte-paroles de leur peuple.

3) Fonction évasive :
La littérature est un moyen d’évasion lorsqu’elle réussit à nous couper de la réalité pour
nous introduire dans un monde différent de nôtre. De ce fait, l’œuvre devient une
échappatoire, une thérapie ou un remède contre la souffrance humaine. Nous pouvons
citer l’exemple des poètes comme BAUDELAIRE qui cherche à arracher le lecteur de
la triste réalité et l’invite à la découverte d’un univers paradisiaque caractérisé par la
beauté et de luxe « invitation au voyage ». En plus, l’œuvre littéraire constitue un
moyen de vaincre la solitude de remplacer le vide et de faire oublier l’isolement. De ce
fait, elle plonge le lecteur dans un monde onirique (univers de rêve) caractérisé par le
merveilleux. C’est dans ce contexte que JULES VERNE disait que « J’ai quelque fois
transporté mes lecteurs loin de la Terre dans mes romans ». Autrement dit, le luire nous
donne l’occasion de fuir la vie réelle qui est faite de déceptions, de souffrances et de
malheurs pour nous introduire dans un monde imaginaire où le bonheur n’a pas de
limite.

4) Fonction distractive ou le divertissement :


L’œuvre littéraire permet au lecteur de divertir en le plongeant dans un univers
fantastique capable de lui procurer du plaisir en suscitant les émotions. En effet,
l’œuvre lui donne l’occasion de se débarrasser de ses ennemis le temps que la lecture.
Cette idée se confirme par les propos de MONTESQUIEU qui affirme « Je n’ai jamais
eu le chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipée ». Une manière pour lui de préciser
que l’œuvre nous épargne des dures réalités du monde. La lecture d’œuvre littéraire
peut nous divertir par le plaisir et les moments de détente qu’elle peut nous accorder.
Le conte et la comédie en sont de parfaites illustrations car ils sont généralement
destinés à provoquer le rire chez le public.
6) Fonction esthétique :
La littérature, c’est de l’art du moins une créature artistique. De ce fait, sa principale
fonction doit être purement esthétique. Ainsi, certains écrivains, dans leurs créations,
s’adonnent à la recherche d’une harmonie sonore, rythmique et visuelle. C’est
l’exemple de GUILLAUME APPOLINAIRE qui vise dans « LES
CALLIGRAMMES » la forme et la beauté du poème. VERLAINE de son côté
recommande la quête de l’effet rythmique ou sonore : « De la musique avant toute
chose » ; disait-il. De plus, l’œuvre littéraire doit tendre vers la gratitude. En effet, elle
ne doit nullement se mêler aux questions politiques, sociales ou morales. Donc, elle
doit simplement être au service de la beauté formelle. C’est ainsi que THÉOPHILE
GAUTIER affirmait « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout
ce qui est utile est laid ».

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