Géométrie Olympiades de Mathématiques
Géométrie Olympiades de Mathématiques
DE MATHÉMATIQUES
TOME 7 : GÉOMÉTRIE II
Mohammed AASSILA
Objectif Olympiades de Mathématiques
Livres publiés :
« Objectif Olympiades de Mathématiques » est une série de livres ayant pour but de mettre
entre les mains des élèves des ouvrages où tous les résultats, méthodes et techniques, qu’il est
impératif de connaître sont exposés de manière claire et précise, commentés et mis en relief
par de très nombreux exemples et exercices corrigés en détail. Le contenu de chaque livre est
conçu pour être compréhensible par un élève courageux du collège ou lycée, tous les concepts
sont abordés de façon très progressive, et toutes les notions enseignées au delà du lycée sont
introduites avant d’être utilisées.
Chaque chapitre contient une présentation complète des principaux résultats, méthodes et
techniques, à connaître, commentés et mis en relief par des exemples, des prolongements, et
des mises en garde. De très nombreux exercices, corrigés en détail, et dont l’objectif est de :
- assimiler et mettre en pratique les notions vues en début de chapitre ;
- amener le lecteur à la compréhension et à la bonne maîtrise des notions étudiées ;
- mettre l’élève en situation de compétition mathématique nationale ou internationale.
Ce livre est le septième volume de la série Objectif Olympiades de Mathématiques. Il est entière-
ment consacré à la géométrie. Il comporte plus de 680 exemples et exercices, dont la solution
est rédigée avec le soin et le souci d’exposer les idées et les démarches de raisonnement. En-
richies de nombreuses remarques et généralisations, les solutions sont à la fois précises et
éducatives.
Merci d’avance à ceux qui voudront bien me faire part de leurs remarques, suggestions, cri-
tiques, ou autres solutions plus élégantes que celles proposées. J’accueillerai donc volontiers
les commentaires, corrections ou encouragements qui pourront m’être directement adressés à
l’adresse électronique : [Link]@[Link]
1 Géométrie analytique 5
1.1 Géométrie analytique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Produit scalaire et déterminant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2 Calculs vectoriels dans l’espace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.3 Relations métriques dans le triangle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.1.4 Aire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.1.5 Coordonnées cartésiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.1.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.2 Coordonnées barycentriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1.2.1 Coordonnées barycentriques de points remarquables . . . . . . . . . . . . . . 30
1.2.2 Droites. Alignement et concours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
1.2.3 Cercles. Puissance d’un point par rapport à un cercle . . . . . . . . . . . . . 41
1.2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
1.3 Coordonnées trilinéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
1.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2 Transformations géométriques 83
2.1 Homothéties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
2.1.1 Homothéties et cercles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
2.1.2 Composition des homothéties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
2.1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
2.2 Rotations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
2.2.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
2.3 Similitudes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
2.3.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
3 Quadrilatères 125
3.1 Définitions. Propriétés fondamentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
3.1.1 Théorèmes d’Euler et de Leibniz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
3.1.2 Quadrilatère orthodiagonal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
3.1.3 Médianes et bimédianes dans un quadrilatère . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
3.2 Principaux théorèmes pour les quadrilatères convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
3.2.1 Quadrilatère complet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
3.2.2 Relations métriques dans un quadrilatère convexe . . . . . . . . . . . . . . . 144
3.3 Quadrilatère cyclique (ou inscriptible) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
3.3.1 Exercices d’applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
3.3.2 Relations métriques dans un quadrilatère cyclique . . . . . . . . . . . . . . . 171
3.3.3 Théorème de Casey et généralisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
3.4 Quadrilatère tangentiel (ou circonscriptible) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
3.4.1 Théorèmes du type Casey pour les quadrilatères tangentiels . . . . . . . . . 187
1
2 TABLE DES MATIÈRES
7 Inversions 413
7.1 Inversion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 413
7.1.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 419
7.2 √Pôles et polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 423
7.3 bc -inversion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 428
7.3.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 430
7.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 433
TABLE DES MATIÈRES 3
1
Géométrie analytique
#»
On se place dans le plan affine euclidien orienté E2 , d’espace de vecteurs associé E 2 .
v = u1 v 1 + u2 v 2 .
#» · #»
u
Définition : Déterminant
#»
Soient u
#» et #»
v deux vecteurs
de E 2 . Le déterminant de u et v est un réel noté det( u , v )
#» #» #» #»
k #» v k sin( #»
u k k #» v ) si u
u , #» #» et #»
v sont non nuls
donné par : det( #» v) =
u , #»
0 sinon.
5
6 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
b b
A B
En particulier on a :
#» # »
A, B, C alignés ⇐⇒ det(AB, AC) = 0.
v = u1 v 1 + u2 v 2 + u3 v 3 .
#» · #»
u
❏ Règles de calculs : comme dans le plan, le produit scalaire est bilinéaire et symétrique.
Pour A(xA , yA , zA ) et B(xB , yB , zB ) deux points de l’espace on a, en notant AB la distance de
AàB:
q
AB2 = kABk2 = AB · AB = (xB − xA )2 + (yB − yA )2 + (zB − zA )2 .
#» #» #»
Proposition 1
#»
⋄ Les vecteurs #»
u et #»
v sont colinéaires si, et seulement si, u v = 0.
#» ∧ #»
⋄ Le vecteur u v est un vecteur orthogonal à u
#» ∧ #» #» et à #»
v.
⋄ Si u et v sont deux vecteurs orthogonaux de normes 1, alors ( #»
#» #» u , #»
v , #» v ) est une base
u ∧ #»
#»
orthonormale directe de E 3 .
u v2 #» u1 v1 #» u1 u2 #»
#» v = 2
u ∧ #» i − j + k
u3 v3 u3 v 3 v1 v2
#» #» #»
= (u2 v3 − u3 v2 ) i + (u3 v1 − u1 v3 ) j + (u1 v2 − u2 v1 ) k .
#»
❏ Règles de calculs : le produit vectoriel est bilinéaire. Pour #» v et w
u , #» #» trois vecteurs de E
3,
pour α, β et γ trois réels on a :
#» ∧ (β #»
u v + γ w)
#» = β #» v + γ #»
u ∧ #» #»
u ∧ w, (α u
#» + β #»
v)∧w
#» = α u #» + β #»
#» ∧ w #»
v ∧ w.
u1 v1 w1
det( #»
u , #» #» = u
v , w) 1 v2 w2 .
u3 v3 w3
det( #»
u , #» #» = u v w + v w u + w u v − w v u − u w v − v u w .
v , w) 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3
det(α u
#», β #» #» = αβγ det( #»
v , γ w) u , #» #»
v , w).
❏ Trois vecteurs sont coplanaires si, et seulement si, leur produit mixte est nul.
#» # »
❏ Soit ABCD un parallélogramme, c’est-à-dire qu’on a la relation AB = DC. L’aire de ce pa-
rallélogramme est égale à la norme du produit vectoriel des deux vecteurs sur lesquels il
s’appuie :
#» # »
[ABCD] = AB ∧ AD .
1 # » # » # »
V = det AB, AC, AD .
6
8 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exemple 1
On se place dans E3 rapporté à un repère orthonormal. Soit A(2, 3, 2), B(0, 1, 2), C(2, 1, 0) et
D(0, 3, 0) quatre points de E3 . Montrer que le tétraèdre ABCD est régulier.
Un tétraèdre est dit régulier lorsque ses quatre faces sont des triangles équilatéraux, ce qui revient
#»
à dire que ses six arêtes sont de même √longueur. Le vecteur
√ AB a pour coordonnées (−2, 2, 0), la
#»
longueur AB est donc : AB = √kABk = 4 + 4 + 0 = 2 2. De la même manière, on obtient AC =
AD = BC = BD = CD = AB = 2 2.
❏ Centre du cercle exinscrit : Les centres Ia , Ib et Ic des cercles exinscrits à un triangle ABC
vérifient les relations :
# » # » # » # » # » # » # » # » #»
a Ia A = b Ia B + c Ia C, b Ib B = c Ib C + a Ib A, c Ic C = a Ic A + b Ic B.
Exemple 3
Exemple 4
# » #» # » # »
On suppose que O est l’origine, et on écrit pour simplifier #»
a = OA, b = OB et #»
c = OC.
On a par hypothèses :
#» # » #»
# » a+b
#» # » a + #»
#» c + OM 3 #»
a + b + 2 #»
c
OM = , OG = = ,
2 3 6
#»
# » ( #» c ) + ( #»
a − #» c)
a − #» a + b − 2 #»
#» c
CM = = .
2 2
# » # »
Puisque (OG)⊥(CM) alors OG · CM = 0, c’est-à-dire :
#» #»
3 #»
a + b + 2 #»
c #»a + b − 2 #»
c
· = 0.
6 2
#» #»
Or k #»
a k = k b k = k #»
c k, alors l’équation ci-dessus se simplifie en #»
a · ( b − #»
c ) = 0, ceci veut dire que
(OA)⊥(BC) ou AB = AC. Par conséquent, ABC est un triangle isocèle.
Exemple 5
Soit ABCD un rectangle non plat, M et N les projetés orthogonaux respectifs de A et B sur
la diagonale (BD). Déterminer la longueur MN en fonction des longueurs respectives a et
b des côtés AB et BC .
# » # » # » # » #» #» # » #»
On a AC · MN = AC · BD = (AB + BC) · (AD − AB), d’où
√
MN · a2 + b 2 = (AD + AB) · (AD − AB) = AD 2 − AB2 = b 2 − a2 .
# » #» # » #»
b 2 − a2
En conclusion, on a MN = √ .
a2 + b 2
Exemple 6 : Relation d’Euler
En déduire que les hauteurs d’un triangle non plat sont concourantes.
Exemple 7
Soient ABC un triangle, et H son orthocentre. On désigne par P, Q et R les pieds respectifs
des hauteurs issues de A, B et C . Montrer que :
HA · HP = HB · HQ = HC · HR.
# » # » # » # » # » # » # » # » # » #» # » # » # » # »
On a HA · HB − HB · HC = HB · (HA − HC) = HB · CA = 0 . D’où HA · HB = HB · HC, et de même
# » # » # » # » # » # »
HA · HB = HA · HC. Comme HB se projette orthogonalement en HP sur la droite (AH), alors on a
# » # » # » # »
HA · HB = HA · HP = HA · HP, et les analogues. En conclusion :
HA · HP = HB · HQ = HC · HR.
Exemple 8
#» # » # » # » # » # » #» # » # » # » # » # »
On a AI · BH = (AM + MI) · (BM + MH), d’où AI · BH = (AM + MH/2) · (BM + MH), ainsi :
Exemple 9
# » #» # » # » #» # » #» # » # » # » # » # » #» # » # »
On a 2AM · IJ = (AB + AC) · IJ. Or AB · IJ = AB · IA = AB · HA, et AC · IJ = AC · AH, donc
# » #» # » #» # » #» # »
2AM · IJ = (AC − AB) · AH = BC · AH = 0.
Exemple 10
Soient ABC un triangle, B′ et C ′ sont les milieux respectifs de [AC] et [AB]. Montrer que
les médianes (BB′ ) et (CC ′ ) sont perpendiculaires si, et seulement si, b 2 + c 2 = 5a2 .
= BA · CA + BC · (−BC) − BC 2 = AB · AC − 2BC 2
#» # » #» #» #» #» # » #»
h #» # » i h i
= − (AB − AC)2 − AB2 − AC 2 /2 − 2BC 2 = − BC 2 − AB2 − AC 2 /2 − 2BC 2
b 2 + c 2 − a2 b 2 + c 2 − 5a2
= − 2a2 = .
2 2
En conclusion, les médianes (BB′ ) et (CC ′ ) sont perpendiculaires si, et seulement si, b 2 + c 2 = 5a2 .
1.1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE 11
Exemple 11
Soit ABC un triangle. On construit, extérieurement au triangle, les deux carrés AEDB et
ACFG . Soit M le milieu de [BC].
Montrer que les droites (AM) et (EG) sont perpendiculaires.
On a
# » # » #» # » # » #» #» # » # » #»
2 AM · EG = (AB + AC) · (AG − AE) = AB · AG − AC · AE
#» # » # » #»
= AB · AG · cos(AB, AG) − AC · AE · cos(AC, AE)
h #» # » # » # »i
= AB · AC · cos(AB, AG) − cos(AC, AE .
Cette dernière expression est nulle car les angles géométriques sont égaux et la différence des
cosinus est nulle. Par conséquent, les droites (AM) et (EG) sont perpendiculaires.
Exemple 12 : Cercle d’Euler (démonstration par les rectangles)
b
A
S
b b
Q
C′ B′
b b
b
R b b G
b
H b
T U C
b b b b
B P A′
#»
comme kBCk2 = a2 , on en déduit la relation demandée.
1 #» # »
❏ L’aire [ABC] du triangle ABC est égale à : det(AB, AC) .
2
12 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exemple 13
a+b+c
Soit ABC un triangle non aplati de E2 ; s = désigne le semi-périmètre. Montrer
2
que :
2 2 2 p
b= b + c − a ,
1 cos A b = 2 s(s − a)(s − b)(s − c).
sin A
2bc bc
p
2 [ABC] = s(s − a)(s − b)(s − c) (formule de Héron).
Exemple 14
2 Montrer que le rayon R du cercle circonscrit au triangle ABC est donné par :
abc
R= p .
4 s(s − a)(s − b)(s − c)
abc
En déduire que [ABC] = .
4R
b avec [BC]. Montrer
3 On note A′ le point de rencontre de la bissectrice intérieure de A
que :
2bc b
A ac ab
AA′ = cos , A′ B = , A′ C = .
b+c 2 b+c b+c
En remplaçant sin A par la valeur qu’on a trouvé dans l’exemple précédent, on déduit que :
abc
R= p .
4 s(s − a)(s − b)(s − c)
abc
Il est alors clair que [ABC] = .
4R
➂ On a [ABC] = [AA′ B] + [AA′ C], donc
1 b b b
b = 1 cAA′ sin A + 1 bAA′ sin A = 1 (b + c)AA′ sin A .
bc sin A
2 2 2 2 2 2 2
b b b
Comme on a sin A b = 2 sin A cos A , alors on déduit que AA′ = 2bc cos A .
2 2 b+c 2
[
On pose α = BA \
′ A et β = AA ′ C, alors en appliquant la loi des sinus dans les triangles AA′ B
et AA′ C on déduit que :
A′ B c AA′ A′ C b AA′
= = et = = .
b
sin A/2 sin α sin B
b b
sin A/2 sin β sin C
b
b
A′ C sin A/2 b
sin A/2 A′ B
Comme α + β = 180◦ , on a sin α = sin β et par suite :
= = = .
b sin β sin α c
a b 2bc b
A
Finalement, comme = et AA′ = cos alors on déduit que
b sin B
sin A b b+c 2
A′ B AA′ 2bc b
A a ac
= = cos × = .
b
sin A/2 b
sin B b + c 2 b
b sin A b
(a + c) sin A/2
A′ B a ac ab
En conclusion, = , ce qui permet de déduire que A′ B = et A′ C = .
c b+c b+c b+c
Exemple 15
b2 m + c2n
AD 2 = − mn.
m+n
Démonstration
On applique la relation d’Al-Kashi dans les triangles ABD et ABC. On obtient :
c 2 + m2 − AD 2 2 2 2
b= a +c −b .
= cos B
2mc 2ac
14 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exemple 16
1√ 2
AD = 2b + 2c 2 − a2 .
2
b alors
2 Formule pour la bissectrice : si AD est la bissectrice intérieure de A
2 p
AD = bcs(s − a).
b+c
a
➀ On applique le théorème de Stewart dans le cas m = n = , on obtient :
2
a
2 a2 1
AD 2 = (b 2 + c 2 ) − = (2b 2 + 2c 2 − a2 ).
a 4 4
1√ 2
Par conséquent AD = 2b + 2c 2 − a2 .
2
m c ac
➁ Si BD = m et DC = n, alors par le théorème de la bissectrice on a = , donc m = et
n b b+c
ab
n= . En utilisant le théorème de Stewart on a :
b+c
b 2 ac + c 2 ab a2 bc a2 bc bc[(b + c)2 − a2 ]
AD 2 = − 2
= bc − 2
=
a(b + c) (b + c) (b + c) (b + c)2
bc(b + c − a)(b + c + a = 4bc(s − a)s
= 2
= .
(b + c) (b + c)2
2 p
Par conséquent AD = bcs(s − a).
b+c
Exemple 17
s 2[ABC]
sin A + sin B + sin C = , sin(2A) + sin(2B) + sin(2C) = 4 sin A sin B sin C = ,
R R2
2[ABC]
a cos A + b cosB + c cos C = , tan A + tan B + tan C = tan A · tan B · tanC.
R
⋄ D’après la loi des sinus on a sin A = a/2R, sin B = b/2R et sin C = c/2R. En ajoutant ces trois
relations on obtient sin A + sin B + sin C = 2s/2R = s/R.
α+β α−β
⋄ Les formules trigonométriques sin α + sin β = 2 sin 2 cos 2 et sin(2C) = 2 sin C cos C im-
pliquent
sin(2A) + sin(2B) + sin(2C) = 2 sin(A + B) cos(A + B) + 2 sin C cos C.
Or sin(A + B) = sin(180◦ − C) = sin C et cos C = cos(180◦ − A − B) = − cos(A + B), d’où
2 sin(A + B) cos(A − B) + 2 sin C cos C = 2 sin C [cos(A − B) − cos(A + B)] = 2 sin C[2 sin A sin B].
1.1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE 15
Donc sin(2A) + sin(2B) + sin(2C) = 4 sin A sin B sin C = 4(a/2R)(b/2R)(c/2R) = abc/2R3 . Puisque
abc/4R = [ABC], alors
2[ABC]
sin(2A) + sin(2B) + sin(2C) = 4 sin A sin B sin C = .
R2
⋄ D’après la loi des sinus : a = 2R sin A, b = 2R sin B, c = 2R sin C, donc
a cos A + b cos B + c cosC = R [2 sin A cos A + 2 sin B cos B + 2 sin C cos C] .
Par suite, a cos A + b cos B + c cosC = R[sin(2A) + sin(2B) + sin(2C)] = 2[ABC]/R.
sin(2A) + sin(2B) + sin(2C)
⋄ D’après la deuxième identité on a : 4 tan A tan B tan C = . Or
cos A cos B cos C
sin(2A)
= 2 sin A = 2 sin(180◦ − B − C) = 2 sin(B + C) = 2[sin B cos C + sin C cos B],
cos A
donc sin(2A) = 2[tan B + tan C] cos A cos B cos C, et de même pour sin(2B) et sin(2C). Par consé-
quent :
sin(2A) + sin(2B) + sin(2C) = 4 [tan A + tan B + tan C] cos A cos B cos C,
et donc tan A tan B tan C = tan A + tanB + tan C.
Exemple 18
Montrer qu’un triangleABC est isocèle si, et seulement si, il a deux hauteurs de même
longueur.
Si hb et hc sont les longueurs respectives des hauteurs issues de B et C, alors on sait que :
2 [ABC] = b · hb = c · hc .
D’où hb = hc si, et seulement si, b = c.
1.1.4 Aire
Soit ABC un triangle. Il existe plusieurs formules qui permettent d’obtenir [ABC] l’aire de
ABC. Tout d’abord, la formule obtenue grâce à la base et la hauteur associée :
[ABC] = aha = bhb = chc .
Il y a aussi la formule de Héron qu’on a rencontrée dans un précédent paragraphe :
p
[ABC] = s(s − a)(s − b)(s − c).
Une autre formule de l’aire est obtenue en utilisant côté-angle-côté :
1 b = 1 bc sin A
b = 1 ca sin B.
b
[ABC] = ab sin C
2 2 2
abc
Nous avons rencontré aussi, dans un paragraphe précédent, la formule [ABC] = qui fait inter-
4R
venir les côtés du triangle et le rayon R du cercle circonscrit. On donne ci-dessous une nouvelle
formule qui fait appel au demi-périmètre s et au rayon du cercle inscrit :
Exemple 19
[ABC] = rs.
b b
(d2 )
B C
[ABP] BP
❏ On a : = .
[APC] CP
b
A
b b b
B P C
[ABP] BD [PBC] PD
❏ On a : = et = .
[ACP] CD [ABC] AD
b
A
b
P
b b b
B D C
Théorème 2
Si AB et PQ, ou leurs extensions, se coupent au point M, alors on a :
[PAB] PM
= .
[QAB] QM
Ce théorème est une généralisation des résultats cités ci-haut. Parmi les figures possibles on peut
citer les quatre suivantes :
b
P
A
b P
b
Q
b Q b
b
b P
A
M
b
M
b b b b b b b b b
P B(M) Q A M B A B Q b b B
Exemple 20
Soient ABCD un trapèze avec (AB) (CD), et O le point d’intersection des diagonales [AC]
et [BD]. Montrer que
Comme (AB) (CD) alors [ACD] = [BCD] et donc [AOD] + [DOC] = [BOC] + [DOC], par suite
[AOD] DO
[BOC] = [AOD]. Pour la seconde identité, en considérant le triangle ABD on a : = .
[AOB] OB
[BOC] OB
De même, en considérant le triangle BCD on a : = . Il suffit finalement de multiplier
[DOC] DO
ces deux équations pour déduire l’identité souhaitée.
Exemple 21
Soient a, b et c les côtés d’un triangle rectangle. Exprimer le rayon r du cercle inscrit en
fonction de a, b et c .
1.1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE 17
On suppose que ABC est un triangle rectangle en C, et soit I le centre du cercle inscrit, alors
[ABC] = [ABI] + [ACI] + [BCI], par suite
1 1 1 1
· ab = · ar + · br + · cr.
2 2 2 2
ab
Donc r = , ou en utilisant le théorème de Pythagore c 2 = a2 + b 2 on obtient aussi :
a+b+c
a+b−c
r= .
2
Exemple 22
b b
P b
A D
b
b
b
E F
O
B b b
C
1 1
On a : [ADO] = [APO] + [DPO]. D’une part on a : [ADO] = · [ABCD] = × 3 × 4 = 3. D’autre part
4 4
on a :
1 1 1 5 5
[APO] + [DPO] = · AO · PE + · DO · PF = × × (PE + PF) = × (PE + PF).
2 2 2 2 4
12
D’où PE + PF = .
5
Exemple 23
b b
H b
A D
b
P G
b
E b
B b b b
C
F
Exemple 24
Soit P un point à l’intérieur d’un triangle ABC . On suppose que (AP), (BP) et (CP) coupent
18 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Soit P un point à l’intérieur d’un triangle ABC . On suppose que (AP), (BP) et (CP) coupent
les côtés opposés aux points D, E et F respectivement. Montrer que
AF BD CE
· · = 1.
FB DC EA
b b b
A C B
a · BH · CH + b · CH · AH + c · AH · BH = abc,
où a = BC, b = CA et c = AB.
On sait, d’après les propriétés de l’orthocentre, que les points A, E, H et F sont cycliques, donc
[ b ce qui implique que BHC
EHC = A, [ = 180◦ − A. b Par suite :
1 [ = 1 · BH · CH · sin A.
b
[BHC] = · BH · CH · sin BHC
2 2
b = a , d’où [BHC] = BH · CH · a où R est le rayon du cercle
D’après la loi des sinus on a sin A
2R 4R
c b
circonscrit au triangle ABC. De même on a [AHB] = AH · BH · et [CHA] = CH · AH · .
4R 4R
1.1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE 19
abc
Finalement, puisque [ABC] = on conclut que :
4R
abc = 4R[ABC] = 4R([BHC] + [CHA] + [AHB]) = a · BH · CH + b · CH · AH + c · AH · BH.
Soient ABC un triangle, D, E, F des points des côtés [BC], [CA], [AB] respectivement et tels
que
BD CE AF 1
= = = .
DC EA FB 3
On suppose que (AD), (BD) et (CF) se coupent aux points K, L et M respectivement.
Si [ABC] = 1, déterminer la valeur de [KLM].
b A
b M
F b
b b E
K b
b b
L b
B D C
[ABL] AE 3 [ACL] AF 1
Supposons que [BCL] = s, alors on a = = , d’où [ABL] = 3s. De plus = = ,
[BLC] EC 1 [BLC] FB 3
1
d’où [ACL] = s. Par conséquent :
3
s 3
[ABC] = [ACL] + [BCL] + [ABL] = + s + 3s ce qui donne s= .
3 13
3
De même, on a : [CAM] = [ABD] = , et par suite :
13
4
[KLM] = [ABC] − [BCL] − [CAM] − [ABK] = .
13
20 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
= BFC
Soit F le point à l’intérieur du triangle ABC tel que : AFB [ = 120◦ .
= CFA
On construit extérieurement au triangle ABC trois triangles isocèles ABD3 , ACD2 , BCD1 et tels
que :
\
BD \ \ ◦
3 A = BD1 C = CD2 A = 120 .
Les triangles BFC et BD1 C partagent la même base et ont les deux angles correspondants égaux :
= BD
BFC \ 1 C. Comme BD1 C est isocèle, alors forcément [BD1 C] ≥ [BFC].
De même on a : [CD2 A] ≥ [CFA] et [AD3 B] ≥ [AFB]. En sommant ces inégalités on déduit que :
1
[BD1 C] + [CD2 A] + [AD3 C] ≥ [BFC] + [CFA] + [AFB] d’où √ (a2 + b 2 + c 2 ) ≥ [ABC]
4 3
√
c’est-à-dire : a2 + b 2 + c 2 ≥ 4 3 · [ABC].
Exemple 31
Soient ABC un triangle, M le milieu de [BC], et P un point du segment [BC]. Montrer que
la droite passant par P et divisant le triangle ABC en deux régions d’aires égales coupe
l’un des côtés [AB] ou [AC] en un point Q tel que la droite (MQ) soit parallèle à la droite
(AP).
A
b
Q
b
B
b b b C
b
P M
[ABC]
On a : [ABPQ] = [ABP] + [APQ] = [ABP] + [APM] = [ABM] = .
2
Exemple 32
Soit ABC un triangle rectangle en A. On désigne par L, J et K les points de contact du cercle
inscrit avec les côtés [AB], [BC] et [AC] respectivement. Montrer que
[ABC] = BJ · JC.
AP m
❏ Si le point P, appartenant au segment formé par A(x1 , y1 ) et B(x2 , y2 ), est tel que = ,
PB n
alors les coordonnées de P sont données par :
nx1 + mx2 ny1 + my2
, . (∗)
m+n m+n
En particulier, le milieu du segment d’extrémités (x1 , y1 ) et (x2 , y2 ) a pour coordonnées
x1 + x2 y1 + y2
, .
2 2
❏ Le centre de gravité du triangle de sommets (x1 , y1 ), (x2 , y2 ) et (x3 , y3 ) est donné par
x1 + x2 + x3 y1 + y2 + y3
, .
3 3
❏ Une équation de la droite passant par les points (x1 , y1 ) et (x2 , y2 ) est donné par :
y − y1 y2 − y1 y − y2 y2 − y1
= ou bien = .
x − x1 x2 − x1 x − x2 x2 − x1
❏ Toute droite (d) du plan a une équation cartésienne de la forme :
ax + by + c = 0 avec (a, b) , (0, 0).
#»
m(−b, a) est un vecteur directeur de (d), et #»
n (a, b) est un vecteur normal à (d).
❏ Une équation d’Euler (ou équation normale) de (d) est de la forme :
x cos θ + y sin θ − p = 0
où l’on peut choisir l’angle θ pour que p soit positif égal à la distance de l’origine à (d).
❏ Tout plan (P) de l’espace a une équation cartésienne de la forme :
ax + by + cz + d = 0 avec (a, b, c) , (0, 0, 0).
n (a, b, c) est un vecteur normal à (P).
#»
❏ Deux plans sont dits perpendiculaires si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux.
❏ Dans le plan, le faisceau de droites engendré par deux droites distinctes (d) et (d ′ ) sécantes
(respectivement parallèles) est l’ensemble des droites passant par leur point d’intersection
(respectivement parallèles à (d) et (d ′ )) ; c’est l’ensemble des droites dont une équation est
combinaison linéaire d’équations de (d) et de (d ′ ).
❏ Condition de concours ou parallélisme : trois droites d’équations cartésiennes respectives
ax + by + c = 0, a′ x + b ′ y + c ′ = 0, a′′ x + b ′′ y + c ′′ = 0,
sont parallèles ou concourantes si, et seulement si :
a b c
a′ b′ c ′ = 0.
a′′ b ′′ c ′′
(=⇒) Si on a 3 droites concourantes ou parallèles, alors elles sont confondues ou membres
d’un même faisceau. Donc, le déterminant est nul car une ligne est combinaison linéaire
des 2 autres.
(⇐=) La nullité du déterminant signifie que ses lignes sont liées. Comme elles sont non
nulles, cela signifie qu’il y en a une qui est combinaison des deux autres. Si ces dernières
sont libres, alors les droites correspondantes engendrent un faisceau auquel appartient la
troisième droite, et les 3 droites sont alors concourantes ou parallèles. Si elles sont propor-
tionnelles, alors les 3 droites sont confondues.
22 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
❏ Une équation de la droite coupant l’axe des x en a, et l’axe des y en b est donnée par :
x y
+ = 1.
a b
❏ Une équation du plan coupant les axes x, y, z en a, b, c respectivement est donnée par :
x y z
+ + = 1.
a b c
❏ Une équation de la droite (AB), où A et B sont des points distincts dont les coordonnées
respectives sont (a, a′ ) et (b, b ′ ) est :
x y 1
a a′ 1 = 0.
b b′ 1
❏ Trois points (a, a′ ), (b, b ′ ) et (c, c ′ ) sont alignés si, et seulement si :
a a′ 1
b b′ 1 = 0.
c c′ 1
❏ La distance entre le point (x0 , y0 ) et la droite d’équation ax + by + c = 0 est donnée par :
ax0 + by0 + c
√ .
a2 + b 2
❏ La distance du point (x0 , y0 , z0 ) au plan d’équation ax + by + cz + d = 0 est donnée par :
Exemple 33
Soient deux demi-droites de même origine O et deux points variables M et N situés res-
pectivement sur chacune. On suppose que le segment [MN ] passe par un point fixe P de
\ . Montrer que la quantité 1 + 1 est constante.
la bissectrice de MON
OM ON
N b
P
b
α
O α M
b b
#» #» #» #»
On considère un repère normé (O, i , j ) où i et j sont des vecteurs unitaires dirigeant [OM) et
x y
[ON ). L’équation de la droite (MN ) est donné par : + = 1. La droite (MN ) passe par le
OM ON
α α 1 1
point P(α, α) si, et seulement si, + = 1, donc on déduit que + = α une constante.
OM ON OM ON
1.1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE 23
Exemple 34
Une feuille de papier rectangulaire ABCD , avec a = AB et b = BC , est pliée de sorte que le
coin D soit amené en D ′ sur le côté [BC]. Quelle est la longueur du pli [AE] en fonction de
a et b ?
Application : pour une feuille A4 on a les données a = 21cm et b = 29, 7cm.
b b
A D
b
E
b b b
B D′ C
b
b b
H b
A α D
α x
a b
E
b
b b b
B D′ C
D′H a b 2= b2 2b 2 2b 2
On a sin(2α) = = et x = , donc x = = √ .
AD ′ b cos α cos2 α 1 + cos(2α) 1 + 1 − a2 /b 2
En conclusion, on a : √
b 2
x= s r .
a 2
1+ 1− 2
b
Application : avec a = 21cm et b = 29, 7cm on trouve x ≃ 32, 1467cm.
Exemple 35 : (OIM, 1982)
Les diagonales [AC] et [CE] d’un hexagone régulier ABCDEF sont divisées respectivement
par des points intérieurs M et N de telle sorte que :
AM CN
= = λ.
AC CE
Déterminer λ lorsque B, M et N sont alignés.
On place ABCDEF dans un système de coordonnées de sorte que le centre de l’hexagone soit
l’origine du repère et que la droite (AD) coïncide avec l’axe des abscisses. Alors les coordonnées
des sommets sont données par :
√ ! √ ! √ ! √ !
−1 3 1 3 1 − 3 −1 − 3
A(−1, 0), B , , C , , D(1, 0), E , , F , .
2 2 2 2 2 2 2 2
D’après la formule (∗) on déduit que les coordonnées de M et N sont données par :
√ ! √ ! √ !
1 3 3r 3r 1 3 √
M r · + (1 − r) · (−1), r · + (1 − r) · 0 = − 1, , N , − 3r .
2 2 2 2 2 2
Si B, M et N sont alignés, alors les pentes (ou coefficients directeurs) des droites (BM) et (BN ) sont
les mêmes, c’est-à-dire : √ √ √
√ √ 3 3
3 3 2 − 3r − 2
2 r− 2
= .
3 1 1 1
2r − 1 − −2 2 − −2
√
3
La résolution de cette équation donne r = .
3
24 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exemple 36
b D
A
M
C b b
B
On prend C comme origine, CB et CA comme l’axe des x et l’axe des y. On suppose que les
coordonnées de A sont (0, 2a) et les coordonnées de B sont (2b, 0), alors le coefficient directeur de
la droite (AB) est égal à − ba . Il s’ensuit que le coefficient directeur de la droite (MD) est ba . Comme
les coordonnées de M sont (b, a) alors une équation de (MD) est donnée par : y − a = ba (x − b).
L’équation de la droite (CD) est clairement y = x. En reportant
p cette équation dans√l’avant dernière
on déduit que D(a + b, a + b). Par conséquent : DM = (a + b − a)2 + (a + b − b)2 = a2 + b 2 = MC.
Exemple 37
Ab b
R
b
P
b b
C B
Q
b
On suppose que C est l’origine, et que CB coïncide avec l’axe des x. Supposons que A(0, 2a) et
B(2b, 0), alors les coordonnées de P, Q et R sont données par P(−a, a), Q(b, −b) et R(a + b, a + b).
Par suite :
q √ q √
PQ = (b + a)2 + (−b − a)2 = 2 · (a + b), RC = (a + b)2 + (a + b)2 = 2 · (a + b).
a+b
Ainsi PQ = RC. Finalement, le coefficient directeur de (PQ) est −a−b = −1, et celui de (RC) est
a+b
a+b = 1. On conclut donc que (PQ)⊥(RC).
Exemple 38
On suppose que le coin en bas à gauche du carré est l’origine du repère, et les côtés éma-
nant de ce point sont les axes de coordonnées. La partie grisée est délimitée par les trois droites
1.1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE 25
d’équations :
y − 1 1 − 0, 5 y − 1 0, 5 − 1
y = 2x, = , = .
x−1 1−0 x−0 1−0
En résolvant ce système
d’équations,
on déduit que les sommets de la région grisée ont pour
1 2 2 4 1 3
coordonnées , , , et , . L’aire est égale à :
3 3 5 5 2 4
1 1 4 3 2 3 2 1 2 4 1
× × − + × − + × − = .
2 3 5 4 5 4 3 2 3 5 120
Exemple 39
√
Soit P un point à l’intérieur d’un carré ABCD tel que AP = 1, BP = 3 et DP = 7.
Déterminer l’aire du carré ABCD .
b b
D C
b
P
A b b B
On suppose que A est l’origine, et que AB est confondu avec l’axe des x. Puisque AP = 1 alors on
peut supposer que les coordonnées de P sont (cos θ, sin θ). Si le côté du carré est égal à a, alors les
coordonnées de B et de D sont respectivement (a, 0) et (0, a). On a successivement
Montrer que l’orthocentre, le centre du cercle circonscrit, et le centre de gravité d’un tri-
angle sont alignés.
b
A
b
H
G
b
Ob
B b b
C
On suppose que (AH) est l’axe des y et (BC) l’axe des x. Les coordonnées de A, B et C sont
(0, a), (b, 0) et (c, 0) respectivement.
⋄ Coordonnées de G : on sait que les coordonnées de G sont données par b+c a
3 3 .
,
bc
⋄ Coordonnées de H : les coordonnées de H sont 0, − a , en effet le coefficient directeur de (AB)
est − ba , donc celui de CH doit être égal à ba . Par suite l’équation de (CH) est donnée par : y = ba (x−c).
En prenant x = 0 dans cette dernière équation on trouve alors les coordonnées de H.
a2 +bc
⋄ Coordonnées de O : les coordonnées de O sont b+c 2 , 2a . En effet, si les coordonnées de O sont
(x, y) alors on doit avoir :
a +bc2
− bc
a − 2a a2 + 3bc
= .
0 − b+c a(b + c)
2
− bc a
a −3 a2 + 3bc
= .
0− b+c a(b + c)
3
Comme les droites (OH) et (GH) ont le même coefficient directeur, et elles ont un point commun,
alors O, H et G sont alignés.
Exemple 41
[ = 2ABC
Soit ABC un triangle tel que ACB [ . Soit D un point de BC tel que ABC
[ = 2BAD
[.
Montrer que
1 1 1
= + .
BD AB AC
[ alors ABC
[ = 2α et ACB
[ = 4α. D’après la loi des sinus AB BD
Posons α = BAD = , donc
sin(3α) sin α
1 sin(3α) AC AB 1 sin(4α)
= . De même, = , ce qui donne = . La relation deman-
BD AB sin α sin(2α) sin(4α) AC AB sin(2α)
dée est ainsi équivalente à :
sin(3α) sin(4α)
− = 1.
sin α sin(2α)
Soient ABCD un quadrilatère inscrit dans un cercle, et E le point d’intersection des diago-
nales [AC] et [BD]. Montrer que si BE = ED alors :
AB2 + BC 2 + CD 2 + DA2 = 2 AC 2 .
[ABC] BE 1 [ et :
On sait que = = 1, d’autre part [ABC] = · AB · BC · sin ABC
[ADC] BD 2
1 [ Puisque ABCD est cyclique (inscrit dans un cercle) alors ABC
[+
[ADC] = · AD · DC · sin ADC.
2
[ = 180◦ , donc sin ABC
ADC [ = sin ADC,[ par suite AB · BC = AD · DC.
Maintenant, d’après la relation d’Al-Kashi on a :
[ = − cos ADC,
Notons que cos ABC [ et en sommant les deux équations ci-dessus on obtient le résul-
tat demandé.
1.1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE 27
21 − n 1530 − m2
Donc = , ce qui donne n(2223 − m2 ) = 33 · 72 · 11, ainsi n divise 33 · 72 · 11.
2n 2 · 32 · 7 · 11
Notons que
AE < AC et AD + DE > AE impliquent que 7 < n < 21.
Les seules valeurs possibles pour n sont 9 et 11. Lorsque n = 9 alors m n’est pas un entier dans ce
cas. Pour n = 11 on obtient m = 30, et c’est l’unique solution.
Exemple 44
b
N
b b b b
A M D B
[ et β = EDC.
Posons α = ADE [ Comme EMD \ = EN \D = 90◦ , alors le quadrilatère EMDN est
cyclique. D’après le théorème de Ptolémée on a :
DE · MD = ME · DN + MD · N E.
Soit R le rayon du cercle circonscrit au triangle ABC, alors AB = 2R, DE = DC = R. Par suite :
AB · MN = 2R · MN = 2(DE · MN ) = 2(ME · DN + MD · N E)
= 2(R sin α · R sin β + R cos α · R sin β) = 2R2 sin(α + β)
1
= 2 · AB · DC · sin(α + β) = 2[ABC] = AC · BC.
2
Exemple 45
Soient ABC un triangle, et (d) une droite du plan. On note A′ , B′ et C ′ les projetés orthogo-
naux respectifs des points A, B et C sur la droite (d). Montrer que les droites (da ), (db ) et (dc )
passant respectivement par A′ , B′ et C ′ et perpendiculaires respectivement à (BC), (CA) et
(AB) sont concourantes.
#» #» #»
On prend un repère orthonormé (O, i , j ) avec O ∈ (d) et i vecteur directeur de (d). Les points
sont alors A(a, a′ ), B(b, b ′ ), C(c, c ′ ), A′ (a, 0), B′ (b, O) et C ′ (c, 0). Les vecteurs normaux aux trois droites
#» # » #»
étudiées sont BC(c − b, c ′ − b ′ ), CA(a − c, a′ − c ′ ), AB(b − a, b ′ − a′ ), et les équations sont :
Comme la somme de ces équations est nulle, alors les trois droites sont en faisceau et elles sont
donc concourantes (car non parallèles).
28 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exemple 46
Montrer que les milieux des côtés d’un quadrilatère forment un parallélogramme.
Soient ABC un triangle, et M un point du plan. Montrer que les centres de gravité des
triangles MAB, MAC et MCB forment un triangle semblable au triangle ABC .
Soient A1 , A2 , · · · , A2022 des points distincts dans le plan. On désigne par m le nombre de
milieux déterminés par tous les segments [Ai Aj ] avec 1 ≤ i, j ≤ 2022.
Quelle est la plus petite valeur possible de m.
1.1.6 Exercices
Exercice 1
Solution. Soit O le point d’intersection des médiatrices des segments [A1 A2 ] et [B1 B2 ]. On se
propose de montrer que O appartient à la médiatrice de [C1 C2 ]. C’est le cas si, et seulement
# » # » # »
si, (OC 1 + OC 2 ) · C1 C2 = 0. Comme les médiatrices de [A1 A2 ] et [B1 B2 ] passent par le point O
1.1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE 29
alors :
# » # » # » # » # » # » # » # » # » # »
2 OA + AA2 + CC2 · CC2 − AA2 = 0 et 2 OB + AA2 + BB2 · AA2 − BB2 = 0.
Les côtés des rectangles forment entre eux des angles droits, donc :
# » # » # » # » # » # » # » # » # »
OB − OA · AA2 = 0, OB − OC · BB2 = 0, OC − OA · CC2 = 0.
b A1
A2 b
b A
b
C2
B1 b
b
b b
B C
b b
B2 C1
# » # » # » # » # »
On doit montrer que 2 OC + BB2 + CC2 · BB2 − CC2 = 0. En effet, on a :
# » # » # » # » # »
2 OC + BB2 + CC2 · BB2 − CC2 = 2 OC · CC2 − 2 OC · BB2 + CC2 2 − BB2 2
# » # » # » # » # » # »
# » # » # »
= 2 OB − OA · AA2 + 2 OA · CC2 − 2 OB · BB2 + CC2 2 − BB2 2
# » # » # » # » # » # »
Soient ABC un triangle acutangle, et AD une hauteur du triangle avec D ∈ [BC]. Soient M
un point quelconque de (AD), E le point d’intersection de (BM) avec (AC), et F le point
[ = ADF.
d’intersection de (CM) avec (AB). Montrer que ADE [
Solution.
b
M
b F
b
E b
b b
b
B D C
On considère un système de coordonnées avec D comme origine, (BC) et (AD) l’axe des x et
des y respectivement. Soient A(0, a), B(b, 0), C(c, 0) et M(0, m). Le triangle est acutangle, donc
a, c > 0 et b < 0. De plus m > 0. L’équation de (BM) est donnée par mx + by = bm, l’équation !
bc(a − m) am(b − c)
de (AC) est ax + cy = ac. Le point d’intersection E est donné par E , . No-
ab − cm ab − cm
tons que le dénominateur est strictement négatif, donc non nul, et le point E existe bien. Le
am(b − c)
coefficient directeur de la droite (DE) est égal à . En échangeant b et c, on trouve que
bc(a − m)
am(c − b)
le coefficient directeur de (DF) est égal à . C’est l’opposé du coefficient directeur de
bc(a − m)
la droite (DE). Par suite, les droites (DE) et (DF) sont symétriques par rapport à l’axe des y,
[ et ADF
c’est-à-dire que les angles ADE [ sont égaux.
30 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exercice 3
Soit ABC un triangle avec AB , BC. Soient BE la hauteur issue de B avec E ∈ [AC], et O le
milieu de [AC]. La droite passant par E et perpendiculaire à (BO) coupe la droite (AB) au
b = 90◦ .
point G et coupe la droite (BC) au point F. Montrer que si GE = EF alors B
Solution. On considère un système de coordonnées avec E comme origine et (EB) l’axe des y.
Soient A(−a, 0), B(0, b) et C(c, 0) avec a, b, c > 0. On se propose de montrer que b 2 = ac ce qui
prouve que B b = 90◦ . L’équation de (GF) est y = c−a x, l’équation de (BC) est x + y = 1, le
2b c b
2c cb(c−a) y
point F a pour coordonnées 2b22b 2
+c −ac
, 2 2 , l’équation de (AB) est − x
+ = 1, et enfin les
2b 2+c −ac a b
2b c 2ab2
coordonnées de G sont données par 2b2 +c2 −ac , 2b2 −ac+a2 . La condition EG = EF est équivalente
à:
2b 2 c 2ab 2
= .
2b 2 + c 2 − ac 2b 2 − ac + a2
On déduit facilement que b 2 = ac ou bien a = c. Puisque AB , BC, alors forcément b 2 = ac ce
qui montre que Bb = 90◦ .
Le point G est dit barycentre du système de points pondérés {(A1 , α1 ), (A2 , α2 ), · · · , (An , αn )}.
On note :
G = Bar{(A1 , α1 ), (A2 , α2 ), · · · , (An , αn )}.
✍ Le barycentre de plusieurs points affectés de coefficients de somme non nulle reste in-
changé si on multiplie tous les coefficients par un même réel k non nul :
Bar{(A1 , α1 ), (A2 , α2 ), · · · , (An , αn )} = Bar{(A1 , kα1 ), (A2 , kα2 ), · · · , (An , kαn )}.
✍ Le barycentre de plusieurs points affectés de coefficients tous égaux et non nuls est aussi
le barycentre de ces points affectés de coefficients tous égaux à 1.
On l’appelle alors l’isobarycentre de ces points.
✍ L’isobarycentre de deux points distincts A et B est le milieu de [AB].
✍ L’isobarycentre G de trois points A, B, C non alignés est le point de concours des médianes
du triangle ABC, aussi appelé centre de gravité du triangle ABC.
✍ Associativité des barycentres : dans la recherche du barycentre G de n points pondérés
(n ≥ 3), on peut remplacer plusieurs d’entre eux par leur barycentre K à condition d’affec-
ter K d’un coefficient égal à la somme des coefficients des points qu’il remplace.
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 31
Exemple 49
Soit M un point intérieur strictement au triangle ABC . Soient {A1 } = (AM) ∩ (BC), {B1 } =
(BM) ∩ (AC) et {C1 } = (CM) ∩ (AB).
1 Montrer que A1 = Bar{(B, [MAC]), (C, [MAC])}.
2 Montrer que M = Bar{(A, [MBC]), (B, [MAC]), (C, [MAB])}.
A1 C [MAC]
=− ,
A1 B [MAB]
# » # » #»
d’où puisque A1 , B, C sont alignés : [MAB]A1 C + [MAC]A1 B = 0 . Comme [MAB] et [MAC],
réels strictement positifs, ont une somme non nulle, alors A1 = Bar{(B, [MAC]), (C, [MAB])}.
➁ Les trois nombres réels [MBC], [MAC], [MAB] sont strictement positifs, donc le barycentre
G du système {(A, [MBC]), (B, [MAC]), (C, [MAB])} est défini. Le théorème d’associativité ba-
rycentrique assure que G = Bar{(A, [MBC], (A1 , [MAC]+[MAB])}, donc G ∈ (AA1 ). De même,
on montre que G ∈ (BB1 ) et G ∈ (CC1 ). Les droites (AA1 ), (BB1 ), (CC1 ) sont donc concou-
rantes en G. Or, par construction, on sait que (AA1 ), (BB1 ), (CC1 ) sont concourantes en M,
32 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
donc M = G, c’est-à-dire :
M = Bar{(A, [MBC]), (B, [MAC]), (C, [MAB])}.
☞ Si (x, y, z) sont les coordonnées barycentriques d’un point M dans le plan de ABC, alors :
[MBC] [MCA] [MAB]
x= , y= , z= .
[ABC] [ABC] [ABC]
☞ Notons l’importance de la convention de signes. Si x = 0 alors M appartient à BC. Si x > 0,
alors MBC sont dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, ce qui veut dire que M
est du même côté de BC que A. Si x < 0, alors MBC sont dans le sens des aiguilles d’une
montre, ce qui veut dire que M est de l’autre côté de BC que A.
Théorème 4
Soient M1 , M2 , M3 des points avec coordonnées barycentriques (x1 , y1 , z1 ), (x2 , y2 , z2 ),
(x3 , y3 , z3 ), alors l’aire [M1 M2 M3 ] du triangle M1 M2 M3 est donnée par :
x1 x2 x3
[M1 M2 M3 ] = y1 y2 y3 · [ABC].
z1 z2 z3
❏ A, B et C, les sommets du triangle ABC, ont pour coordonnées barycentriques (1, 0, 0),
(0, 1, 0) et (0, 0, 1) respectivement.
1 1
❏ D, le milieu de [BC], a pour coordonnées barycentriques 0, , .
2 2
❏ A1 , le symétrique de A par rapport à D, a pour coordonnées barycentriques(−1, 1, 1).
1 1
❏ A2 le symétrique de D par rapport à A, a pour coordonnées barycentriques 2, − , − .
2 2
❏ I, le centre du cercle inscrit, a pour coordonnées barycentriques
! !
a b c a b c
, , = , , .
a+b+c a+b+c a+b+c 2s 2s 2s
En effet, [IBC] = 12 ra, donc les coordonnées sont proportionnelles à a, b, c.
❏ I1 , le centre du cercle exinscrit opposé au sommet A, a pour coordonnées barycentriques
!
−a b c
, , .
b+c−a b+c−a b+c−a
En effet [I1 BC] = − 12 r1 a, [I1 CA] = 12 r1 b, et ainsi de suite. On déduit que les coordonnées
sont proportionnelles à −a, b, c. De même pour I2 et I3 .
❏ I2 , le centre du cercle exinscrit opposé au sommet B, a pour coordonnées barycentriques
!
a −b c
, , .
c+a−b c+a−b c+a−b
❏ I3 , le centre du cercle exinscrit opposé au sommet C, a pour coordonnées barycentriques
!
a b −c
, , .
a+b−c a+b−c a+b−c
❏ O, le centre du cercle circonscrit, a pour coordonnées barycentriques
!
sin(2A) sin(2B) sin(2C)
, ,
4 · sin A · sin B · sin C 4 · sin A · sin B · sin C 4 · sin A · sin B · sinC
ou bien aussi !
R2 R2 R2
· sin(2A), · sin(2B), · sin(2C) .
2[ABC] 2[ABC] 2S
En effet, [OBC] = 12 (2R sin A)(R cos A). Les coordonnées sont proportionnelles à sin(2A),
sin(2B), sin(2C). Notons que sin(2A) + sin(2B) + sin(2C) = 4 · sin A · sin B · sin C.
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 33
1 1 1
❏ G, le centre de gravité, a pour coordonnées barycentriques , , .
3 3 3
❏ H, l’orthocentre de ABC, a pour coordonnées barycentriques
tan A tan B tan C
, ,
tan A + tanB + tan C tan A + tan B + tanC tan A + tan B + tanC
b 2 + c 2 − a2 c 2 + a2 − b 2 a2 + b 2 − c 2
Sa = , Sb = , Sc = .
2 2 2
De plus, et pour simplifier, on pose Sbc = Sb Sc , Sca = Sc Sa et Sab = Sa Sb .
Notons que Sa = [ABC] · cotanA b.
Proposition 2
On a :
Preuve
En effet, il est clair que Sb +Sc = a2 . Maintenant on a : [ABC]2 = Sab +Sbc +Sca = Sbc +a2 Sa =
1 2
(a Sa + b 2 Sb + c 2 Sc ) = (bc)2 − Sa2 . En particulier, a2 Sa + b 2 Sb − c 2 Sc = 2Sab . Pour la dernière
2
identité, il faut développer le membre de gauche et puis le comparer avec la formule de
Héron.
34 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
☞ Les coordonnées barycentriques homogènes sont définies à une constante multiplicative près,
leur somme est non nulle. On utilise souvent les coordonnées barycentriques normalisées
dont la somme est égale à 1. On note pour x + y + z , 0 :
!
x y z
(x : y : z) = , , .
x+y +z x+y +z x+y +z
Une définition équivalente est comme suit : pour tout k , 0, les points (x : y : z) et (kx : ky :
kz) sont considérés comme identiques, et (x : y : z) = (x, y, z) lorsque x + y + z = 1.
Exemple 50
Soit D ∈ (BC) le pied de la hauteur issue de A, alors HD = BD · cotan C = c cotan B · cotanC, d’où
1 1 Sc
[HBC] = ac cosB cotan C = Sb , par conséquent
2 2 [ABC]
!
1 1 1
H = (Sbc : Sca : Sab ) = : : .
Sa Sb Sc
1 tan A
De plus, notons que puisque = , alors on a aussi H = (tan A : tan B : tan C) lorsque le
Sa [ABC]
triangle n’est pas rectangle.
☞ Tableau récapitulatif des coordonnées barycentriques homogènes :
Point Nom Coordonnées barycentriques
Centre de gravité G G = (1 : 1 : 1)
Centre du cercle circonscrit O O = (sin(2A) : sin(2B) : sin(2C))
Orthocentre H H = (tan A : tan B : tan C)
Centre du cercle inscrit I I =(sin A : sin B : sin C)
Point de Gergonne Γ Γ = tan A2 : tan B2 : tan C2
Savant Cosinus Ω Ω = (cos A : cos B : cos C)
Le point Savant Cosinus est défini comme le point de coordonnées barycentriques
(voir l’article, publié en 2005, dans le Bulletin de l’APMEP par François Rideau). Le point
Savant Cosinus Ω est le point X(63) dans l’Encyclopedia of Triangle Centers :
http ://[Link]/ck6/encyclopedia/[Link]
Exemple 51
On rappelle que les symédianes d’un triangle sont les droites symétriques des médianes
par rapport aux bissectrices. La symédiane en un sommet A d’un triangle est l’isogonale
de la médiane par rapport aux côtés de l’angle A b. Déterminer les coordonnées barycen-
b avec la symédiane de B.
triques du point d’intersection P de la bissectrice interne de A
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 35
b A
P b
B b C
b
P = (x : y : z) est le point d’intersection des droites (AI) et (BL), avec I centre du cercle inscrit
y b
et L le point de Lemoine. Comme I = (a : b : c) alors on déduit que = . De même, comme
z c
x a2
2 2 2
L = (a : b : c ) alors on déduit que = 2 . En conclusion, on peut prendre P = (a2 : bc : c 2 ).
z c
Exemple 52
b A
P b
B b C
b
\ et γ = BCM,
Soit M un point arbitraire, et posons β = MBC \ alors les coordonnées bary-
centriques de M sont données par :
M = −a2 : SC + Sγ : SB + Sβ .
Démonstration
La preuve n’est pas difficile, il suffit de calculer l’aire orientée des triangles MBC, MAB et MCA.
xA + yB + zC
❏ Un triplet (x, y, z) de réels tels que x + y + z , 0 représente un point .
x+y +z
❏ Un vecteur est représenté par un triplet (x, y, z) tel que x + y + z = 0. C’est par définition le
# » # » # »
vecteur xOA + y OB + zOC (cette définition ne dépend pas du choix de l’origine O).
❏ Un triplet de réels non tous nuls (u, v, w) détermine une équation de droite ux+vy +wz = 0,
ce triplet étant déterminé à un coefficient multiplicatif près.
Proposition 3 : Formule de distance
Si u
#» = (x, y, z) est un vecteur, alors :
1
u · (x′ OA + y ′ OB + z′ OC) = − a2 (yz′ + y ′ z) + b 2 (zx′ + z′ x) + c 2 (xy ′ + x′ y) .
#» # » # » # »
2
u ′ = (x′ , y ′ , z′ ) est un vecteur, alors :
En particulier, si #»
1
#» u ′ = − a2 (yz′ + y ′ z) + b 2 (zx′ + z′ x) + c 2 (xy ′ + x′ y)
u · #»
2
et
u k2 = − a2 yz + b 2 zx + c 2 xy .
k #»
36 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
La preuve est facile, on verra en détail les calculs dans le paragraphe « cercles, puissance d’un
point par rapport à un cercle ». Il est vrai qu’une distance est toujours un réel positif, alors la
présence d’un signe − ne doit pas nous inquiéter puisqu’il ne faut pas oublier la contrainte x + y +
z = 0 qui oblige au moins l’une des coordonnées à être négative.
Théorème 6
b est donné par :
Le conjugué isogonal de la droite (0 : v : w) par rapport à l’angle A
(0 : c 2 w : b 2 v).
Démonstration
Soient (d) et (d ′ ) les droites en question. On peut supposer, sans perte de généralité, que (d) et (d ′ )
coupent la droite (BC) et sont distinctes de la bissectrice extérieure de A.b Soit M = (0 : by : cz) le
point d’intersection de (d) avec (BC), alors on voit facilement que M ′ = (0 : bz : cy) est le point
d’intersection de (d ′ ) avec (BC). On a :
# » 1 1
AM = (0, by, cz) − (1, 0, 0) = (−by − cz, by, cz).
by + cz by + cz
Le vecteur u
#» = (−by − cz, by, cz) est alors un vecteur directeur de (d), sa norme est donnée grâce à la
proposition précédente par :
u k2 = bc (b 2 + c 2 − a2 )yz + bc(y 2 + z2 ) .
k #»
#»
#»′ = (y + z)(−b − c, b, c) = (y + z)(a + b + c) AI.
#» + u
u
#»
D’autre part, y + z , 0, sinon u
#» = (−b + c : b : −c) serait orthogonal à AI et M serait sur la bissectrice
b
extérieure de A, ceci prouve que (AI) est une bissectrice de (d, d ).
′
Théorème 7
Soit M = (x : y : z) un point n’appartenant pas au cercle circonscrit au triangle ABC, alors
le conjugué isogonal M ′ de M est donné par :
!
a2 b 2 c 2
M′ = : : = a2 yz : b 2 zx : c 2 xy .
x y z
Démonstration
b la droite (0, −c 2 y, b 2 z)
La droite (0, z, −y) passe par M et a pour conjugué isogonal, par rapport à A,
b
qui passe par M . En raisonnant de même sur les deux autres angles B et C
′ b on obtient le résultat
énoncé.
Exemple 53
Le point L de Lemoine est le point d’intersection des symédianes, c’est-à-dire c’est le conjugué
isogonal de G = (1 : 1 : 1). D’après le théorème on conclut que L = (a2 : b 2 : c 2 ).
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 37
Exemple 54
Montrer que la symédiane issue de A, i.e. le conjugué isogonal de la médiane, passe par
l’intersection des tangentes en B et C au cercle circonscrit.
Théorème 8
x y z
α′ β′ γ ′ = 0.
α ′′ β ′′ γ ′′
Démonstration
Par linéarité du déterminant par rapport aux lignes, quitte à diviser chacune d’elles par la somme
de ses termes, on peut supposer que les coefficients (les coordonnées) sont normalisés (i.e. de somme
égale à 1). On ajoute à la première colonne la deuxième et troisième, puis on soustrait la première
ligne aux deux autres et on développe par rapport à la première colonne, on obtient :
α β γ 1 β γ 1 β γ
α′ β′ γ ′ = 1 β′ γ′ = 0 β′ − β γ ′ − γ = (β ′ − β)(γ ′′ − γ) − (γ ′ − γ)(β ′′ − β).
α ′′ β ′′ γ ′′ 1 β ′′ γ ′′ 0 β ′′ − β γ ′′ − γ
# » #» # » # » #» # » # » #» # »
Comme AM = β AB + γ AC, AM ′ = β ′ AB + γ ′ AC et AM ′′ = β ′′ AB + γ ′′ AC, alors on a :
# » #» # » # » #» # »
MM ′ = (β ′ − β)AB + (γ ′ − γ)AC et MM ′′ = (β ′′ − β)AB + (γ ′′ − γ)AC.
Par conséquent :
# » # »
[MM ′ , MM ′′ ] = (β ′ − β)(γ ′′ − γ) − (γ ′ − γ)(β ′′ − β).
# » # »
La nullité du déterminant initial est équivalente à la colinéarité de MM ′ et MM ′′ , c’est-à-dire à
l’alignement des points M, M ′ et M ′′ .
Le point M = (x, y, z) appartient à la droite (M ′ M ′′ ) si, et seulement si, le déterminant de l’énoncé
est nul. En le développant selon sa première ligne on obtient une équation du type ax + by + cz = 0.
Remarquons qu’on ne peut jamais avoir a = b = c car la somme des trois coordonnées barycentriques
est toujours non nulle.
Exemple 55
En effet, la droite d’Euler passe par les points O et G, donc son équation est :
2 2 2
1 a Sa c Sc − b Sb
G ∧ O = 1 ∧ b 2 Sb = a2 Sa − c 2 Sc .
2 2 2
1 c Sc b Sb − a Sa
Ainsi, M = (x : y : z) ∈ (GO) si, et seulement si c 2 Sc − b 2 Sb x + a2 Sa − c 2 Sc y + b 2 Sb − a2 Sa z = 0.
❏ La droite passant par un point M = (x : y : z) et de vecteur directeur #» e = (x′ : y ′ : z′ ) est
′ ′ ′
donnée par : (x, y, z) ∧ (x , y , z ).
❏ Le point d’intersection de deux droites sécantes (d) et (d ′ ) est donné par (d) ∧ (d ′ ).
❏ Faisceau de droites : les droites dont une équation barycentrique est combinaison linéaire
des équations barycentriques de deux droites (d) et (d ′ ) sont exactement les droites passant
par le point I d’intersection de (d) et (d ′ ) si elles sont sécantes, ou parallèles à (d) et (d ′ ) si
ces dernières sont parallèles.
❏ Soit P = (x1 : y1 : z1 ) un point quelconque différent de A, alors l’ensemble des points de la
droite (AP) est paramétrisé par (t : y1 : z1 ) où t ∈ R et t + y1 + z1 , 0.
Théorème 9
Condition de concours ou parallélisme de 3 droites
Trois droites affines dont les équations barycentriques sont ax+by +cz = 0, a′ x+b ′ y +c ′ z = 0
et a′′ x + b ′′ y + c ′′ z = 0, sont concourantes ou parallèles si, et seulement si :
a b c
a′ b′ c ′ = 0.
a′′ b ′′ c ′′
Démonstration
Si le déterminant est nul alors une de ses lignes (qui sont toutes non nulles) est combinaison li-
néaire des deux autres. À l’exception du cas trivial où les trois droites sont confondues, on déduit que
l’une d’elles appartient au faisceau engendré par les deux autres, donc les droites sont parallèles ou
concourantes.
A, B et C sont trois points non alignés. Soient P le barycentre de (B, β), (C, γ) ; Q le bary-
centre de (C, γ ′ ) et (A, α ′ ), et R le barycentre de (A, α ′′ ) et (B, β ′′ ).
1 Montrer que les points P, Q et R sont alignés si, et seulement si :
α ′ β ′′ γ + α ′′ βγ ′ = 0.
2 Montrer que les droites (AP), (BQ) et (CR) sont concourantes ou parallèles si, et
seulement si :
α ′ β ′′ γ − α ′′ βγ ′ = 0.
➀ Les points P, Q et R sont alignés si, et seulement si, le déterminant de leurs coordonnées
barycentriques, qui sont respectivement (0, β, γ), (α ′ , 0, γ ′ ) et (α ′′ , β ′′ , 0) est nul :
0 β γ
α′ 0 γ ′ = α ′ β ′′ γ + α ′′ βγ ′ = 0.
α ′′ β ′′ 0
➁ Les équations barycentriques de (AP), (BQ) et (CR) sont données respectivement par :
x y z x y z x y z
1 0 0 = 0, 0 1 0 = 0, 0 0 1 = 0.
0 β γ α′ 0 γ′ α ′′ β ′′ 0
#» # » #» PB γ
➂ Comme P est le barycentre de (B, β) et (C, γ) alors β PB + γ PC = 0 , donc = − . On a de
PC β
QC α′ RA β ′′ PB QC RA
même = − ′ et = − ′′ . La condition de Ménélaüs · · = 1 est équivalente
QA γ RB α PC QA RB
à:
−γ −α ′ −β ′′ α ′ · β ′′ · γ
· ′ · ′′ = 1 c’est-à-dire = −1 d’où α ′ β ′′ γ + α ′′ βγ ′ = 0.
β γ α α ′′ · β · γ ′
PB QC RA
La condition de Céva · · = −1 est équivalente à :
PC QA RB
−γ −α ′ −β ′′ α ′ · β ′′ · γ
· ′ · ′′ = −1 c’est-à-dire =1 d’où α ′ β ′′ γ − α ′′ βγ ′ = 0.
β γ α α ′′ · β · γ ′
A, B et C sont trois points non alignés. Soient P le barycentre de (B, β), (C, γ) ; Q le bary-
centre de (C, γ ′ ) et (A, α ′ ), et R le barycentre de (A, α ′′ ) et (B, β ′′ ).
1 Déterminer les coordonnées barycentriques du point de Gergonne.
2 Montrer que si les droites (AP), (BQ) et (CR) sont concourantes en M alors :
PM QM RM
+ + = 1.
PA QB RC
AM BM CM RA QA MA
+ + = 2, + = .
AP BQ CR RB QC MP
➀ Si A′ , B′ et C ′ sont les points de contact du cercle inscrit avec les côtés [BC], [CA] et [AB]
s−b BA′
du triangle ABC, alors = et les deux autres relations analogues par permutation
s − c A′ C
circulaire. Si (x : y : z) sont les coordonnées barycentriques du point de Gergonne, alors
40 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
s−b z
= , d’où y(s − b) = z(s − c), et par permutation circulaire x(s − a) = y(s − b) = z(s − c),
s−c y
d’où :
1 1 1
(x : y : z) = : : = ((s − b)(s − c) : (s − c)(s − a) : (s − a)(s − b)) .
s−a s−b s−c
➁ Comme les droites (AP), (BQ) et (CR) sont concourantes en M alors c’est un barycentre
#» # »
des points (A, α), (B, β) et (C, γ) et également de (A, α) et (M, β + γ), donc 0 = α MA + (β +
# » # » # » # » # » # » #» PM α
γ)MP = α(MP + MA) + (β + γ)MP, d’où α MA + (α + β + γ)MP = 0 , puis = . Par
PA α + β +γ
permutation circulaire, on a deux autres formules analogues pour Q et R. En sommant les
trois relations obtenues on déduit que :
PM QM RM
+ + = 1.
PA QB RC
#» # » # » # » # » #» # » #»
➂ On a aussi 0 = α MA + (β + γ)MP = α MA + (β + γ)(MA + AP) = (α + β + γ)MA + (β + γ)AP,
AM β +γ
d’où = , et par permutation circulaire deux autres formules analogues pour Q
AP α+β +γ
et R. En sommant les 3 relations obtenues on obtient :
AM BM CM
+ + = 2.
AP BQ CR
#» # » #» RA β
R est le barycentre de (A, α) et (B, β), donc α RA + β RB = 0 , d’où = − , et de façon
RB α
QA γ RA QA β + γ MA # » # » #»
analogue = − , donc + =− = puisque α MA+(β+γ)MP = 0 implique
QC α RB QC α MP
la dernière égalité.
Exemple 58
Soient A, B, C des points non alignés, et G le barycentre de (A, α), (B, β) et (C, γ). On désigne
par A′′ , B′′ et C ′′ les symétriques de G par rapport aux milieux respectifs de [BC], [CA] et
[AB]. Montrer que les droites (AA′′ ), (BB′′ ) et (CC ′′ ) sont concourantes en un point G ′ situé
sur la droite joignant G au centre de gravité I de ABC .
Soit A′ le barycentre de (B, β) et (C, γ), B′ celui de (A, α) et (C, γ), C ′ celui de (A, α) et (B, β). On
commence par déterminer les coefficients barycentriques (α ′ , β ′ , γ ′ ) de G par rapport aux points
# » # » # » # » # » # » # » # » # »
A′ , B′ , C ′ . On a (β + γ)OA′ = β OB + γ OC, (γ + α)OB′ = γ OC + α OA, (α + β)OC ′ = α OA + β OB, d’où
# »′ # »′ # »′ # » # » # » # »
(β + γ)OA + (γ + α)OB + (α + β)OC = 2(α OA + β OB + γ OC) = 2(α + β + γ)OG. Donc, G est le
barycentre de (A′ , β + γ), (B′ , γ + α), (C ′ , α + β).
# » # » # » # » # »
Dans la suite, on utilise les coefficients normalisés α + β + γ = 1, OG = α OA + β OB + γ OC, OG +
# » # » # » # » # » # » # » # » # » # » # »
OA′′ = OB + OC, d’où OA′′ = OB + OC − OC = −α OA + (1 − β)OB + (1 − γ)OC. De même, OB′′ =
# » # » # » # » # » # » # »
(1 − α)OA − β OB + (1 − γ)OC et OC ′′ = (1 − α)OA + (1 − β)OB − γ OC. Alors, si G ′ est le point défini
# » # » # » # »
par 2OG ′ = (1 − α)OA + (1 − β)OB + (1 − γ)OC, on a :
# » # » # » # » # » # » # » # » # »
OA′′ = 2OG ′ − OA, OB′′ = 2OG ′ − OB, OC ′′ = 2OG ′ − OC,
ce qui montre que G ′ ∈ (AA′ ), (BB′ ), (CC ′ ), ces droites sont donc concourantes. De plus, on a :
# » # » # » # » # » # » # » #» # »
2OG ′ = OA + OB + OC − [α OA + β OB + γ OC] = 3OI − OG.
En conclusion, G ′ est le barycentre de (I, 3) et (G, −1), ces trois points sont alignés.
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 41
Soient ABC un triangle et P un point à son intérieur. On désigne par X ∈ [BC], Y ∈ [CA]
et Z ∈ [AB] les pieds des céviennes passant par P . Soit X ′ le symétrique de X par rapport
au milieu de [BC], et on définit de même Y ′ et Z ′ . Alors, les céviennes AX ′ , BY ′ et CZ ′ se
coupent en un point P ′ appelé le conjugué isotomique de P . Si P = (x : y : z), alors :
!
′ 1 1 1
P = (yz : zx : xy) = : : .
x y z
A
b
Z′ Y
b b
b b
Y′
Z b P P′ b
b b
b b b b b
B C
X X′
Proposition 4
# » # »
# » # » OA2 + OB2 − kOA − OBk2 # » # » c2
En effet, comme OA · OB = , on déduit que OA · OB = R2 − .
2 2
Maintenant, avec x + y + z = 1, on a :
d’où
Théorème 10
L’équation du cercle est de la forme : − a2 yz + b 2 zx + c 2 xy + (x + y + z)(ux + vy + wz) = 0.
Démonstration
Si C et C ′ sont deux cercles différents, la fonction M 7−→ PC (M) − PC ′ (M) est affine, elle est donc de la
forme (x, y, z) 7−→ ux + vy + wz. Étant donné un cercle, il existe des constantes u, v, w uniques telles
que la puissance de M = (x, y, z) par rapport à ce cercle est égale à : −(a2 yz+b 2 zx+c 2 xy)+ux+vy+wz.
Un point appartient au cercle si, et seulement si, sa puissance par rapport au cercle est égale à zéro,
alors pour rendre l’équation obtenue homogène on multiplie la partie affine par x + y + z, qui est égal
42 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exemple 59
On considère deux cercles non concentriques et dont les équations sont données par :
−a2 yz − b 2 zx − c 2 xy + (x + y + z)(u1 x + v1 y + w1 z) = 0
−a2 yz − b 2 zx − c 2 xy + (x + y + z)(u2 x + v2 y + w2 z) = 0.
Proposition 6
1 2
− a (y0 z + yz0 ) + b 2 (z0 x + zx0 ) + c 2 (x0 y + xy0 ) + (ux + vy + wz) = 0.
2
Proposition 7
# » # »
Soient MN = (x1 , y1 , z1 ) et PQ = (x2 , y2 , z2 ) deux vecteurs. Alors :
# » # » # » # » # » # »
Il suffit de développer et réduire l’expression (x1 OA+y1 OB+z1 OC)·(x2 OA+y2 OB+z2 OC) = 0.
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 43
a2 yz + b 2 zx + c 2 xy = 0.
# »
❏ On considère le vecteur PQ = (x1 , y1 , z1 ), alors :
0 = a2 (z − y) + x(c 2 − b 2 ).
1.2.4 Exercices
Dans quels cas est-il judicieux de travailler avec les coordonnées barycentriques ?
✍ présence de céviennes,
✍ présence de points remarquables dans le triangle (orthocentre, centre de gravité, etc.)
✍ problèmes d’alignement ou concours, surtout dans le cas des céviennes,
✍ problèmes symétriques par rapport aux sommets du triangle (car les coordonnées bary-
centriques sont symétriques)
✍ calcul d’aires, de longueurs, ou quotient.
Dans quels cas vaudrait-il mieux éviter de faire recours aux coordonnées barycentriques ?
☞ présence de beaucoup de cercles, par contre c’est recommandé s’il est question d’axe radi-
cal ou puissance d’un point,
☞ présence de cercles ne passant pas par les côtés ou les sommets du triangle de référence,
par contre c’est recommandé si le cercle passe par un sommet ou coupe un côté,
☞ présence de centres de cercles circonscrits arbitraires,
☞ présence de conditions générales sur les angles, par contre c’est recommandé si on arrive
à traduire la condition sur les angles en une condition sur les longueurs des côtés (dans ce
cas il faut faire appel au théorème de la bissectrice).
Exercice 4
Soit ABC un triangle.
1 Montrer que le centre de gravité, le point de Lemoine, et le conjugué isotomique de
H sont alignés.
2 Montrer que le conjugué isogonal de N (point de Nagel) appartient à la droite (OI)
(droite d’Euler).
1 1 1 a b c
a2 b2 c2 =0 et sin(2A) sin(2B) sin(2C) = 0.
cotan A cotanB cotan C a2 (s − a) b 2 (s − b) c 2 (s − c)
En 1995, François Rideau a appelé Savant Cosinus le point Ω du plan d’un triangle ABC
de coordonnées barycentiques (cos A, cos B, cos C). Montrer que Ω appartient à la droite
passant par le centre de gravité G et le point de Gergonne Γ du triangle ABC.
Solution. François Rideau a donné une construction géométrique et il a établi que Ω ∈ (GΓ).
On donne ci-dessous une autre démonstration de ce résultat. Elle a été proposée par Jacques
Borowczyk en 2005 dans le bulletin de l’APMEP.
Soient ra , rb et rc les rayons des cercles exinscrits. Le calcul de la distance du centre du cercle
44 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
circonscrit O aux côtés (BC), (CA) et (AB) permet d’obtenir les formules de Lemoine :
r − ra r − rb r − rc
R cos A = R + , R cos B = R + et R cos C = R + .
2 2 2
Donc, le Savant Cosinus Γ est le point de coordonnées barycentriques (cos A, cos B, cos C) ou
r − ra r − rb r − rc
R+ ,R + ,R + .
2 2 2
Or, on a
A ra B r C r
tan= , tan = b , tan = c ,
2 s 2 s 2 s
et comme l’on sait que ra + rb + rc = 4R + r, alors on a l’identité trigonométrique :
A B C r r r 4R + r
tan + tan + tan = a + b + c = .
2 2 2 s s s s
Le point de Gergonne Γ est donc le point de coordonnées barycentriques (ra , rb , rc ). Par suite,
pour tout point M, on a :
# » # » # » # »
(2R + 2r) MΩ = (4R + r − ra ) MA + (4R + r − rb ) MB + (4R + r − rc ) MC
# » # » # »
(2R + 2r) MΩ = 3 (4R + r) MG − (4R + r) MΓ
et l’égalité :
# » # » #»
(2R + 2r) GΩ = 3 (4R + r) GΓ = 0 montre que G ∈ [ΓΩ].
L’inégalité (2R + 2r) < (4R + r) montre que G est plus proche de Γ que de Ω. En fait, dès que
ABC n’est pas équilatéral, on a (2R+2r) < 3R < (4R+r) qui permet une localisation encore plus
précise. Par ailleurs, si le triangle n’est pas isocèle, l’inégalité entre les longueurs des côtés
a < b < c entraîne s − c < s − b < s − a d’où l’inégalité entre les rayons des cercles exinscrits
ra < rb < rc et, pour un triangle acutangle, celle des angles Ab< B b Les inégalités ra < rb < rc
b < C.
permettent de localiser le point Γ dans l’un des six triangles délimités par les médianes du
triangle ABC : pour un triangle acutangle, l’inégalité cos A b > cos B b prouve que le point
b > cos C
Ω appartient au triangle « symétrique » par rapport à G du triangle qui contient les points I
et Γ et, comme on l’a vu, on a : ΓG < GΩ. Dans le cas d’un triangle rectangle ABC, le Savant
Cosinus appartient à l’hypoténuse du triangle mais il est extérieur au triangle lorsque celui-ci
possède un angle obtus.
Exercice 6
b a c
= + .
a+c b+c a+b
Solution. On sait que les coordonnées barycentriques du centre du cercle inscrit sont (a : b : c).
On déduit que P = (0 : b : c), Q = (a : 0 : c) et R = (a : b : 0). De plus, on sait que l’équation d’un
cercle est :
−a2 yz − b 2 zx − c 2 xy + (x + y + z)(ux + vy + wz) = 0.
Il nous reste à déterminer le triplet (u, v, w) pour que ce cercle passe par les points B, P, Q et
R. Puisque le cercle passe par B = (0 : 1 : 0) alors on voit facilement que v = 0. Pour les points
c2 b a2 b
P et Q on trouve u = a+b et w = b+c . Finalement, comme Q appartient au cercle on trouve que
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 45
b2 ac
ua + wc = a+c , c’est-à-dire :
ac 2 b a2 bc b 2 ac
+ = .
a+b b+c a+c
b a c
En simplifiant par abc dans les deux membres de l’égalité, on conclut que = + .
a+c b+c a+b
A
b
Q
b
R b
b b C
b
B
P
Les points P et Q appartiennent au côté BC du triangle ABC dont les angles sont aigus,
= BCA
de sorte que PAB [ et CAQ[ = ABC.
[ Les points M et N appartiennent respectivement
aux droites AP et AQ, avec P milieu de [AM] et Q milieu de [AN ]. Prouver que le point
d’intersection des droites BM et CN est sur le cercle circonscrit au triangle ABC.
AB c c2
Solution. Les triangles PBA et ABC sont semblables, et comme = , alors PB = , par
! ! BC a a
c2 c2 b2 b2
suite P = 0, 1 − 2 , 2 . De même on a Q = 0, 2 , 1 − 2 . Donc
a a a a
!
2c 2 2c 2
M = −1, 2 − 2 , 2 = (−a2 : 2a2 − 2c 2 : 2c 2 ).
a a
Le côté BC du triangle ABC est prolongé au-delà de C à D de sorte que CD = BC. Le côté
CA est prolongé au-delà de A à E de sorte que AE = 2CA. Montrer que, si AD = BE, alors
ABC est un triangle rectangle.
# » #»
Solution. Il est facile de voir que D = (0, −1, 2) et E = (3, 0, −2), donc AD = (−1, −1, 2) et BE =
(3, −1, −2). Par conséquent, la relation AD = BE s’écrit :
Soit ABC un triangle et J le centre de son cercle exinscrit opposé au sommet A. Ce cercle
est tangent au côté [BC] en M et aux droites (AB) et (AC), respectivement, en K et L. Les
droites (LM) et (BJ) se coupent en F et les droites (KM) et (CJ) se coupent en G. Soit S le
point d’intersection des droites (AF) et (BC) et soit T le point d’intersection des droites
(AG) et (BC). Montrer que M est le milieu du segment [ST ].
46 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
(Le cercle exinscrit du triangle ABC opposé au sommet A est le cercle tangent au segment
[BC], à la demi-droite [AB) au-delà de B et à la demi-droite [AC) au-delà de C).
Solution.
b
A
G
b
Fb
b
b
b T
b
b C
S B M b
b L
K
b
J
−a b t
0= 0 s−b s − c = −a (−s(s − c)) − (s − c) (b(s − c) − t(s − b)).
c−s s 0
b(s − c) − as
On en déduit que t = . Par conséquent G = (−a(s − b) : b(s − b) : b(s − c) − as), d’où
s−b !
b b
T = (0 : b(s −b) : b(s −c)−as). Or, b(s −b)+b(s −c)−as = ba −as = −a(s −b), ainsi T = 0, − , 1 + ,
a a
donc CT = b. De même, BS = c. Il est alors trivial de vérifier que MT = MS ce qui permet de
conclure que M est le milieu de [ST ].
Soient ABC un triangle, et G son centre de gravité. On désigne par P un point variable sur
le segment [BC]. Les points Q ∈ [AC] et R ∈ [AB] sont tels que (PQ) (AB) et (PR) (AC).
Montrer que, lorsque P varie sur [BC], le cercle circonscrit au triangle AQR passe par un
[ = CAX.
point fixe X tel que BAG [
Solution. Soit P = (0, s, t) avec s + t = 1. On peut vérifier que Q = (s, 0, t), en effet les troisièmes
coordonnées doivent coïncider puisque [AQB] = [APB]. De même, R = (t, s, 0). D’où l’équation
du cercle circonscrit au triangle AQR est donnée par :
A
b
b Q
b
b
R b
X G
b b b
B P C
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 47
[ABC] ≥ 2 · [AKL].
Solution.
b
C
b
L D
J b
b
b
I
A K B
b b b
Soit C1 un point arbitraire sur le côté AB du triangle ABC. Les points A1 et B1 sont situés
\
sur les demi-droites [BC) et [AC) de sorte que AC \ [
1 B1 = BC1 A1 = ACB. Les droites (AA1 ) et
(BB1 ) se coupent au point C2 . Montrer que toutes les droites (C1 C2 ) ont un point commun.
1 1 1 1
+ + + = 0.
O1 A1 − r1 O2 A2 − r2 O3 A3 − r3 O4 A24 − r42
2 2 2 2 2 2
Solution. On nous demande de montrer que la somme des inverses des puissances de Ai par
rapport au cercle passant par Ai+1 , Ai+2 , Ai+3 est nulle. On choisit A1 A2 A3 comme triangle de
référence. Il est facile de déterminer les équations des cercles puisqu’ils passent par au moins
deux points du triangle. Si (x0 , y0 , z0 ) sont les coordonnées barycentriques normalisées de A4 ,
alors on sait que la puissance de A4 par rapport au cercle A1 A2 A3 est égale à :
−a2 y0 z0 − b 2 z0 x0 − c 2 x0 y0 ,
d’où :
1 1
=− 2 .
O4 A24 − r42 a y0 z0 + b 2 z0 x0 + c 2 x0 y0
Cherchons la puissance par rapport au cercle A2 A3 A4 sous la forme :
1 1
Le calcul de 2 2
et s’obtient par permutation circulaire, on conclut que :
O 2 A 2 − r2 O3 A23 − r32
1 1 1 1
+ + + = 0.
O1 A21 − r12 O2 A22 − r22 O3 A23 − r32 O4 A24 − r42
Solution. On utilise les coordonnées barycentriques avec PBD comme triangle de référence.
Soit P = (1, 0, 0), B = (0, 1, 0) et D = (0, 0, 1). Soit A = (au : bv : cw), comme C!est le conjugué iso-
a b c
gonal de A par rapport au triangle PBD, alors il s’ensuit que C = : : . Pour simplifier on
u v w
! !
−1 −1 −1 au bv cw au −1 bv −1 cw−1
pose S = au +bv +cw et T = au +bw +c , alors A = , , et C = , , ,
S S S T T T
d’où : ! !
#» au bv cw bv + cw bv cw
AP = 1 − ,− ,− = ,− ,− ,
S S S S S S
et ainsi
1 2 bc h i
PA2 = 2
−a (bv)(cw) + b 2 (cw)(bv + cw) + c 2 (bv)(bv + cw) = 2 −a2 vw + (bw + cv)(bv + cw) .
S S
En faisant de même pour C on obtient :
bc h 2 i bc h i
PC 2 = 2
−a (vw)−1 (bw−1 + cv −1 )(bv −1 + cw−1 ) = 2 2
−a2 vw + (bw + cv)(bv + cw) .
T T (vw)
On souhaite simplifier par le terme −a2 vw + (bw + cv)(bv + cw) les deux membres de l’égalité
PA2 = PC 2 , mais on doit tout d’abord s’assurer que ce terme est non nul. Ceci provient du fait
que PA , 0 et PC , 0, puisque P est situé à l’intérieur de ABCD. Donc, on peut simplifier par ce
terme et on a PA2 = PC 2 si, et seulement si, S 2 = T 2 (vw)2 . D’autre part, le quadrilatère ABCD
est cyclique si, et seulement si, il existe un certain γ tel que −a2 yz−b 2 zx−c 2 xy+(x+y+z)(γx) = 0
passe par A et par C (en fait, c’est la famille des cercles passant par B et D). En considérant les
valeurs de A = (au : bv : cw) et C = (au −1 : bv −1 : cw−1 ), on voit que la condition est équivalente
à:
−a2 (bv)(cw) − b 2 (cw)(au) − c 2 (au)(bv) −a2 (bv −1 )(cw−1 ) − b 2 (cw−1 )(au −1 ) − c 2 (au −1 )(bv −1 )
γ= = .
au · S au −1 T
On peut réécrire cette identité comme :
uvwT (uvw)−1 S
−abc · = −abc · ,
auS au −1 T
qui est équivalente à S 2 = T 2 (vw)2 . Donc, PA = PC si, et seulement si, ABCD est cyclique.
Dans un triangle acutangle ABC, les points D, E et F sont les pieds des hauteurs issues de
A, B, C respectivement. Les centres des cercles inscrits à AEF et BDF sont I1 et I2 respecti-
vement ; les centres des cercles circonscrits à ACI1 et BCI2 sont O1 et O2 respectivement.
Montrer que les droites (I1 I2 ) et (O1 O2 ) sont parallèles.
50 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
# »
Solution. Le problème est équivalent à montrer que I1 I2 est orthogonal à l’axe radical des
deux cercles circonscrits à ACI1 et BCI2 . Les droites (AI1 ) et (BI2 ) se coupent en I puisque
ce sont les bissectrices des angles Ab et B.
b On doit montrer que les droites (CI) et (I1 I2 ) sont
perpendiculaires, et que le point
I appartient
à l’axe
radical des deux cercles.
On sait que H = S1 : S1 : S1 , donc E = S1 : 0 : S1 , et puisque Sc + Sa = b 2 alors on déduit que
A b c a c
E = b12 (Sc , 0, Sa ), et de même F = c12 (Sb , Sa , 0). Comme les triangles AEF et ABC sont semblables,
alors les coordonnées barycentriques de I1 sont données par :
1 Sc Sb
1 1 1 1
I1 = (aA + bE + cF) = 0 + 0
+ S
a+b+c a b(a + b + c) c(a + b + c) a
0 Sa 0
a abc + cSc + bSb
= bSa .
abc(a + b + c)
cSa
Par suite, on a :
1
1
2 ac(a + b + c)(a + b − c)
I2 − I1 = 1 = (−a : b : a − b).
2 bc(a + b + c)(a + b − c)
abc(a + b + c) 1
2 c(a − b)(a + b + c)(a + b − c)
Ce cercle passe par I1 , donc γ(a + b + c)b = a2 Sa + (b + c)(abc + bSb + cSc ). De la même façon, le
cercle ABI2 admet pour équation −a2 yz − b 2 zx − c 2 xy + β(x + y + z)x = 0 avec
L’axe radical a pour équation βx − γy = 0, et le fait que I appartient à cet axe s’écrit : βa = γb,
c’est équivalent à :
ce qui se vérifie en développant le membre de gauche et en vérifiant qu’il est invariant par
l’échange de a et b.
Soient ABC un triangle et (ω) son cercle inscrit. On désigne par D1 et E1 les points de
tangence de (ω) avec [BC] et [AC] respectivement. D2 ∈ [BC] et E2 ∈ [AC] sont tels que
CD2 = BD1 et CE2 = AE1 , et soit P le point d’intersection de [AD2 ] avec [BE2 ]. Le cercle
(ω) coupe le segment [AD2 ] en deux points, on désigne par Q le plus proche de ces deux
points au sommet A. Montrer que AQ = D2 P.
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 51
Solution.
b A
b
F1 b
Q E1
b
F2 I b E2
b
b
P
B b b b C
b
D2
D1
1 1 1
On a : I = (a, b, c), D1 = (0, s − c, s − b), D2 = (0, s − b, s − c) (c’est le point de tangence de BC
2s a a
1 1
avec le cercle exinscrit opposé au sommet A), E2 = (s − a, 0, s − c) et P = (s − a, s − b, s − c)
b s
(c’est en fait le point de Nagel). Pour déterminer Q, notons que l’homothétie de centre A en-
b
voyant le cercle A-exinscrit vers le cercle inscrit doit envoyer le point D2 vers le point Q, ceci
veut dire que le rayon IQ est parallèle à Ia D2 ID1 , i.e., Q est diamétralement ! opposé à D1
a b s−c c s−b
par rapport au cercle inscrit, ainsi Q = 2I −D1 = , − , − . Il nous reste à montrer
s s a s a
# » # »
que AQ = PD2 . Il suffit de montrer en fait que AQ = PD2 , c’est-à-dire que :
! !
a b s−c c s−b s−a s−b s−b s−c s−c
− 1, − , − = − , − , − .
s s a s a s a s a s
Les premières coordonnées des termes de droite et de gauche sont égales. Pour les deuxièmes
coordonnées, leur égalité découle du fait que 2s = a+b+c. Il en est de même pour les troisièmes
coordonnées.
Une autre méthode consiste à montrer que [AQB] = [PD2 B], en effet cela s’écrit :
Soient ABC un triangle avec AB = AC, et D le milieu de [AC]. La bissectrice de BAC[ coupe
le cercle passant par D, B et C au point E à l’intérieur du triangle ABC. La droite (BD)
coupe le cercle passant par A, E et B aux points B et F. Les droites (AF) et (BE) se coupent
en un point I, et les droites (CI) et (BD) se coupent en un point K. Montrer que I est le
centre du cercle inscrit dans le triangle KAB.
Solution. Soit D ′ le milieu de [AB], il est clair que les points B, D ′ , D, E et C sont cocycliques. Par
symétrie, DE = D ′ E, et donc (BE) est une bissectrice de D \ ′ BD, par conséquent E est le centre
du cercle inscrit dans le triangle ABD. Puisque le centre du cercle passant par les points A, E, B
appartient à [DE) alors le symétrique de A par rapport à (ED) appartient au cercle passant par
les points A, E, B, et donc c’est le point F.
52 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
b
A
E
D′ b
D
b b
I b
b K
F
B C
b b
[ = A−
Donc, BAK b B. [ = 1A
b Or, EAD d = 1B
b et FBE = 1 (A−
b impliquent que BAF b B),
b ce qui permet
2 2 2
de conclure.
Exercice 18
Soient ABC un triangle, et D un point de [BC]. On désigne par I1 et I2 les centres des
cercles inscrits dans les triangles ABD et ADC respectivement. Les droites (BI2 ) et (CI1 ) se
coupent au point K. Montrer que :
K ∈ [AD] ⇐⇒ [
(AD) est la bissectrice de BAC.
Solution. On utilise les coordonnées barycentriques avec ABC comme triangle de référence.
On pose d = AD, p = CD et q = BD. Soit C1 le point d’intersection de [DI2 ) avec (AC), alors
C1 = (p : 0 : d) et D = (0 : p : q). Donc, si I2 = (a : b : t), alors on a :
p 0 d
ad + bq
0 p q =0 =⇒ t= ,
p
a b t
ce qui montre que I2 = (ap : bp : ad + bq).
b b b C
B
D
1.2. COORDONNÉES BARYCENTRIQUES 53
Soit ABC un triangle acutangle et tel qu’aucun côté n’est égal à un autre. On désigne par
M, N et P les milieux respectifs de [BC], [CA] et [AB]. On suppose que les médiatrices de
[AB] et [AC] coupent [AM) aux points D et E respectivement, et que les droites (BD) et
(CE) se coupent au point F à l’intérieur du triangle ABC. Montrer que les points A, N , F et
P sont cocycliques.
Solution.
A b
b
P b N
D
b
b
b
B F E
b
b
b C
M
On utilise les coordonnées barycentriques avec ABC comme triangle de référence. Puisque
D ∈ [AM] alors il est de la forme D = (t : 1 : 1) pour un certain t. D’après l’équation de la
c 2 + b 2 − a2
médiatrice on sait que 0 = b 2 (t − 1) + (a2 − c 2 ), ce qui donne t = , par conséquent
b2
D = (2Sa : c : c ). De même, on a E = (2Sa : b : b ), et il s’ensuit que F = (2Sa : b 2 : c 2 ). La
2 2 2 2
Soit ABC un triangle acutangle inscrit dans un cercle (ω). H et O sont respectivement
l’orthocentre et le centre du cercle circonscrit au triangle ABC. On désigne par M et N les
milieux respectifs de [AB] et [AC]. Les demi-droites [MH) et [N H) coupent le cercle (ω)
en P et Q respectivement. Les droites (MN ) et (PQ) se coupent au point R. Montrer que
(OA) et (RA) sont perpendiculaires.
Solution. On utilise les coordonnées barycentriques avec ABC comme triangle de référence.
On commence par calculer les coordonnées de P ′ le second point d’intersection de (MH) avec
(ω).
A
b
b
Q′
P′ N
b
b
b
M
b
R b b
O
b H
Q
b
b
C
B b
Comme P ′ est le symétrique de H = (Sbc , Sca , Sab ) par rapport à M, et que la somme des coor-
données de H est Sab + Sbc + Sca , alors :
S + Sbc + Sca Sab + Sbc + Sca
P ′ = 2 ab : : 0 − (Sbc : Sca : Sab ) = (Sab + Sac : Sab + Sbc : −Sab )
2 2
2 2
= (a Sa : b Sb : −Sab ).
54 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
En faisant appel aux formules de Viète (relation entre les coefficients et les racines d’une équa-
tion), on voit que le terme x′ qu’on cherche est tout simplement :
a2 + b 2
Sab − Sbc + Sac − a2 Sa .
c2
En écrivant a2 = Sab + Sac l’expression ci-dessus se simplifie en :
a2 + b 2 − c 2 S S S
Sab − Sbc = a 2b c − Sbc .
c2 c
Sa Sb Sc
On a y ′ = − Sac et P = (Sb2 Sc : Sa2 Sc : c 2 Sab ). De même, on obtient Q = (Sb Sc2 : b 2 Sac :
c2
Sa2 Sb ). Il est assez difficile de déterminer l’équation de la droite (PQ), donc cherchons plutôt
la position R. On suppose que la tangente en A coupe la droite (MN ) en R′ , il est facile de
voir que R′ = (b 2 − c 2 : b 2 : −c 2 ). Pour montrer que les points P, Q et R′ sont alignés il suffit de
prouver que :
Sb2 Sc Sa2 Sc c 2 Sa Sb
0 = Sb Sc 2 b Sa Sc Sa2 Sb .
2
2
b −c 2 b2 −c 2
Notons que Sb2 Sc − Sa2 Sc − c 2 Sa Sb = c 2 [Sc (Sb − Sa ) − Sa Sb ]. En soustrayant la deuxième et troi-
sième colonne à partir de la première, le déterminant est égal à :
c2 Sa2 Sc c 2 Sa Sb
(Sbc − Sab − Sac ) · b 2 b 2 Sa Sc Sa2 Sb .
0 b2 −c 2
abc S
R= et r= .
4S p
1.3. COORDONNÉES TRILINÉAIRES 55
On dit que les nombres réels x, y, z sont les coordonnées trilinéaires du point P , et l’on note
P = x : y : z, s’il existe k = k(a, b, c) , 0 tel que :
2S 2S 2S
A= : 0 : 0, B=0: : 0, C =[Link] .
a b c
❏ Les coordonnées trilinéaires exactes du symétrique du point A par rapport au point B sont
données par :
2S 4S
− : : 0.
a b
❏ Si M = u : v : w et N = u ′ : v ′ : w′ sont des coordonnées trilinéaires exactes, alors les
QM
coordonnées trilinéaires exactes du point Q ∈ [MN ] tel que = q sont données par :
QN
M + qN u + qu ′ v + qv ′ w + qw′
Q= = : : .
1+q 1+q 1+q 1+q
QB
Par exemple, les coordonnées trilinéaires exactes du point Q ∈ [BC] tel que = q sont
QC
2S 2Sq
0: : . (1)
b(1 + q) c(1 + q)
Proposition 8 : Céviennes
AP = 0 : y : z, BP = x : 0 : z, CP = x : y : 0.
❏ Le point de Gergonne Γ est le point d’intersection des trois céviennes qui aboutissent aux
p−b
points de contact des côtés du triangle avec le cercle inscrit. Donc, par (1) avec q =
p−c
on déduit que
2S(p − c) 2S(p − b) 1 1
AΓ = 0 : : = 0: : ,
ab ac b(p − b) c(p − c)
et donc :
1 1 1
Γ= : : .
a(p − a) b(p − b) c(p − c)
❏ Le point de Nagel N : nous nommons CA le cercle exinscrit touchant le côté [CB], CB
le cercle exinscrit touchant le côté [AC] et CC le cercle exinscrit touchant le côté [AB].
Notons UA le point de contact de CA avec [CB], UB le point de contact de CB avec [AC]
et UC le point de contact de CC avec [AB]. Alors les droites (AUA ), (BUB ) et (CUC ) sont
concourantes : leur point d’intersection Na s’appelle le point de Nagel du triangle. On
appelle le triangle UA UB UC le triangle de Nagel du triangle ABC. Donc, par (1) avec q =
p−c
on déduit que
p−b
2S(p − b) 2S(p − c) p−b p−c
AN = 0 : : = 0: : ,
ab ac b c
et donc
p−a p−b p−c
N = : : .
a b c
Exemple 61
Soient D, E, F les points de contact du cercle inscrit avec les côtés du triangle ABC , et Γ le
point de Gergonne. Montrer que :
ΓD ΓE ΓF r
· · = .
ΓA ΓB ΓC 4R
k k k
Les coordonnées trilinéaires exactes de Γ sont : : , on a :
a(p − a) b(p − b) c(p − c)
2S
k=
1/(p − a) + 1/(p − b) + 1/(p − c)
2S(p − c) 2S(p − b) 2S D + kA
et D = 0 : : ;A: : 0 : 0. De la condition Γ = on obtient
ab ac a 1+k
ΓD (p − b)(p − c)
= ,
ΓA a(p − a)
et ainsi :
ΓD ΓE ΓF (p − a)(p − b)(p − c) S 2 /p r
· · = = = .
ΓA ΓB ΓC abc 4RS 4R
Exemple 62
b
A
F b
P b E
b
b b b
B D C
58 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
D + kA
P = x : y : z, D = 0 : y : z. On doit trouver, avec l’aide de la relation (2), k tel que P = , on
1+k
obtient :
PD k ax
= = .
AD k+1 ax + by + cz
Par conséquent :
PD PE PF ax by cz
+ + = + + = 1.
AD BE CF ax + by + cz ax + by + cz ax + by + cz
Proposition 9 : Colinéarité
x y z
x′ y′ z′ = 0.
x′′ y ′′ z′′
Dans le triangle ABC on considère les points M ∈ [BC], N ∈ [AC] et {P} = (AM) ∩ (BN ).
Montrer que les milieux respectifs des segments [AB], [MN ] et [CP] sont alignés.
b
A
b
N
P b b
B b b b C
b
MB NC DA 1
Notons = m, = n, {D} = (CP) ∩ (AB), alors d’après le théorème de Céva = . D’où
MC NA DB mn
B + mC 2S 2Sm 1 m
M = = 0: : = 0: : .
1+m b(1 + m) c(1 + m) b c
C + nA 2Sn 2S mn m mn 1 mn 1 m
De même, N = = :0: = : 0 : ,D = : : 0, donc P = : : .
1+n a(1 + n) c(1 + n) a c a b a b c
Par (2), les coordonnées trilinéaires exactes de P :
2Smn 2S 2Sm
P = : : .
a(mn + m + 1) b(mn + m + 1) c(mn + m + 1)
A+B S S 1 1
A′ = = : : 0 = : : 0.
2 a b a b
Le milieu B′ de [MN ] a pour coordonnées
M +N Sn S S m 1 mn + n 1 + n mn + 2m + 1
B′ = = : : + = : : .
2 a(1 + n) b(1 + m) c 1 + m n + 1 a b c
\ = ACB
Dans le triangle ABC , les points M ∈ [AB] et N ∈ [AC] sont tels que AMN [ . Soit A′
le symétrique de A par rapport à B ; P et Q sont les milieux respectifs des segments [MN ]
et [A′ C]. Montrer que :
√
A, P et Q sont alignés ⇐⇒ AC = 2 · AB.
\ = ACB
La relation AMN [ veut dire tout simplement que les points M, B, C et N sont cocy-
cliques. On donne trois démonstrations différentes.
A b
b
N
b
b
P
M
b
b
b
C′ B C
b
Q
A′ b
Soit ABC un triangle. E ∈ (BC) et D ∈ (AC) sont les pieds des bissectrices internes des
angles Ab et B
b respectivement. On note par F ∈ (AB) le pied de la bissectrice externe de
b. Montrer que les points D, E et F sont alignés.
l’angle C
A b
D
b b
b
B E C
Les coordonnées de F sont 0 : 1 : −1, et les deux autres points ont pour coordonnées 1 : 1 : 0 et
1 : 0 : 1. Il est facile de voir que :
1 0 1
1 1 0 = 0,
0 1 −1
ce qui permet de conclure.
Exemple 66 : Droite d’Euler
1.4 Exercices
Exercice 21
Exercice 22
Soient ABC un triangle non isocèle, et D ∈ (BC) le pied de la hauteur issue de A. On désigne
par r1 et r2 les rayons des cercles inscrits dans les triangles ABD et ACD respectivement.
Montrer que :
r1 c
AD 2 = DB · DC ⇐⇒ = .
r2 b
Solution. Remarquons que D < {B, C} (r1 = 0 ou r2 = 0 est absurde), et ha = c sin B = b sin C.
On distingue trois cas.
⋄ Cas 1 : D ∈ [BC]
Dans ce cas DB = c cosB, DC = b cos C et
[ADB] DB r (c + AD + BD) DB r (c + c sin B + c cosB) c cosB
= ⇐⇒ 1 = ⇐⇒ 1 =
[ADC] DC r2 (b + AD + CD) DC r2 (b + b sin C + b cos C) b cos C
r cos B (1 + sin C + cos C)
⇐⇒ 1 = .
r2 cos C (1 + sin B + cosB)
Par conséquent :
r1 c c cos C 1 + sin C + cos C sin(2C) 1 + sin C + cos C
= ⇐⇒ · = ⇐⇒ =
r2 b b cos B 1 + sin B + cos B sin(2B) 1 + sin B + cos B
(sin C + cos C)2 − 1 1 + sin C + cos C sin C + cosC − 1
⇐⇒ 2
= ⇐⇒ =1
(sin B + cos B) − 1 1 + sin B + cosB sin B + cosB − 1
√ √
⇐⇒ sin B + cos B = sin C + cos C ⇐⇒ 2 sin (B + 45◦ ) = 2 sin (C + 45◦ )
⇐⇒ sin (B + 45◦ ) = sin (C + 45◦ ) ⇐⇒ B b= Cb ou B
b+ Cb + 90◦ = 180◦
b= C
⇐⇒ B b ou A b = 90◦ (si B b ⇐⇒ A
b , C) b = 90◦ ⇐⇒ AD 2 = DB · DC.
⋄ Cas 2 : B ∈ [DC]
Dans ce cas DB = −c cosB, DC = b cos C et
r1 c b = 90◦ ,
= ⇐⇒ sin C + cos C = sin B − cosB ⇐⇒ sin(C + 45◦ ) = sin(B − 45◦ ) ⇐⇒ B
b− C
r2 b
d’où les triangles ADB et CDA sont semblables, c’est équivalent à AD 2 = DB · DC.
⋄ Cas 3 : C ∈ [BD]
r c
Dans ce cas on a de même 1 = ⇐⇒ C b− B
b = 90◦ , c’est équivalent au fait que les triangles
r2 b
ADC et BDA sont semblables, donc AD 2 = DB · DC.
62 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exercice 23
Montrer que :
" #
1 (1 − αγ)(1 − βδ)
[MN PQ] = · 1+ · [ABCD].
2 (1 + α)(1 + β)(1 + γ)(1 + δ)
1
Solution. Comme [ABD] = [BCD] = [ABC] = [DAC] = [ABCD] et [MN PQ] = [ABCD] −
2
[AMQ] − [BN M] − [CPN ] − [DQP], alors il résulte que :
[MN PQ] 1 AM AQ 1 BN BM 1 CP CN 1 DQ DP
= 1− · · − · · − · · − · ·
[ABCD] 2 AB AD 2 BC BA 2 CA AB 2 DA DC
1 + αβγδ − αγ − βδ + (1 + α)(1 + β)(1 + γ)(1 + δ)
=
2(α + 1)(β + 1)(γ + 1)(δ + 1)
" #
1 (1 − αγ)(1 − βδ)
= 1+ .
2 (1 + α)(1 + β)(1 + γ)(1 + δ)
Exercice 24
Solution.
➀ On a : (IO)⊥(AM) ⇐⇒ AI 2 − AO 2 = MI 2 − MO 2 ⇐⇒ 4(AI 2 − R2 ) = 4 MI 2 − 4 MO 2 ⇐⇒
b+c
4 AI 2 − 4R2 = 2(IB2 + IC 2 ) − a2 − (4R2 − a2 ) ⇐⇒ 2 AI 2 = IB2 + IC 2 . Or, IA = l et
2s a
2 p bc(s − a)
la = · bcs(s − a), donc IA2 = . Par conséquent :
b+c s
(IO) ⊥ (AM) ⇐⇒ 2bc(s − a) = ac(s − b) + ab(s − c) ⇐⇒ 2bc = a(b + c).
1 − xy 4
AG 2 + BF 2 = 4 + 2k 2 (1 − xy) − 4k = 4 + 2 ·
√ 2− √
(1 − xy) 1 − xy
√ √ √ √
1 + xy 4 4 − 4 xy + 2 + 2 xy − 4 2 − 2 xy
= 4+2· √ − √ = √ = √ = 2.
1 − xy 1 − xy 1 − xy 1 − xy
Exercice 26
Soit ABC un triangle. Montrer que :
b b
1 Ab = 60◦ ⇐⇒ 2R · sin |B − C| = OI.
4
b b
b = 2 arcsin(λ) ⇐⇒ OI 2 = (2λ − 1)2 R2 + 8λR2 · sin2 |B − C| avec
2 généralisation : A
4
0 < λ < 1.
Solution.
r 1 1 r
➀ Puisque cos A + cos B + cos C = 1 + et cos 60◦ = , alors cos B + cos C = + ⇐⇒
R 2 2 R
B−C 1 r B−C 1 r B−C 1 R − 2r
cos = + ⇐⇒ 1 − cos = + ⇐⇒ 2 sin2 = + ⇐⇒
2 2 R 2 2 R 4 2 2R
B−C |B − C|
4R2 sin2 = R2 − 2Rr ⇐⇒ OI = 2R · sin car OI 2 = R2 − 2Rr. En particulier :
4 4
⋄ OI = b ⇐⇒ B b = 20◦ .
⋄ OI = BH ⇐⇒ B b = 80◦ .
⋄ OI = 2DF ⇐⇒ B b = 12◦ avec D et F les projetés orthogonaux respectifs de A et F sur la
droite (AB).
A r
➁ On a sin = λ ⇐⇒ cos A = 1 − 2λ2 . De la relation cos A + cos B + cos C = 1 + on déduit
2 R
que Ab = 2 arcsin λ ⇐⇒ −2λ2 + cos B + cos C = r ⇐⇒ 2λ cos B − C = 2λ2 + r ⇐⇒
R 2 R
2 B−C 2 r 2 2 B−C 2 2
2λ 1 − 2 sin = 2λ + ⇐⇒ 4λR 1 − 2 sin = 4λ R + 2Rr.
4 R 4
B−C
Comme OI 2 = R2 − 2Rr il résulte que OI 2 = R2 + 4λ2 R2 − 4λR2 + 8λR2 sin2 , donc :
4
B−C
OI 2 = (1 − 2λ)2 R2 + 8λR2 · sin2 .
4
64 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Exercice 27
A
b
β
γ
I b
N
M b
b
c−γ b−β
b
b
B a
C
#»
Le centre I du cercle inscrit est le barycentre de A, B, C affectés de a, b,c, d’où : (a + b + c)AI =
#» # » #» # » b c
b AB + c AC. Dans le repère (A, AB, AC), les coordonnées de I sont donc a+b+c , a+b+c , alors que
x y
l’équation de la droite (MN ) est donnée par + = 1, c’est-à-dire cβx + bγy = βγ. Pour
γ/c β/b
montrer que I ∈ (MN ) il faut vérifier que :
cβb bγc
+ = βγ.
a+b+c a+b+c
C’est équivalent à bc(β + γ) = βγ(a + b + c). Cette dernière identité est vraie grâce à (1) et (2).
Exercice 28
Soit ABC un triangle. On considère la droite (d1 ) déterminée par les pieds des hauteurs
issues de B et de C ; la droite (d2 ) déterminée par les pieds des bissectrices intérieures en
B et C ; et la droite (d3 ) déterminée par les points de contact du cercle inscrit avec les côtés
[AB] et [AC].
Montrer que les droites (d1 ), (d2 ) et (d3 ) sont concourantes ou parallèles.
Solution.
b
A
H′
b
b
M′
b
P′
P b
b
b
M
O
b
H
b b b
B J C
#» #» #» #» # » #»
On considère le repère normé non orthogonal (A, i , j ) avec AB = c i et AC = b j .
x y
⋄ La droite (HH ′ ) des pieds des hauteurs admet pour équation + − 1 = 0.
AH AH ′
1.4. EXERCICES 65
cx + by − bc cosA = 0. (1)
x y
⋄ La droite (PP ′ ) des pieds des bissectrices admet pour équation + − 1 = 0. Or, on a
AP AP ′
PA b bc bc
= et PA+PB = c, d’où PA = et de même P ′ A = , l’équation de la droite devient :
PB a a+b a+c
(a + b)x + (a + c)y − bc = 0. (2)
x y
⋄ La droite (MM ′ ) des points de contact du cercle inscrit admet pour équation + −1 =
′
AM AM ′
0. Or, on a AM = AM (longueurs égales de deux tangentes à un cercle), et pour la même raison
BM = BJ et CJ = CM ′ . D’où, 2s = 2AM + 2BJ + 2CJ, s = AI + BC, donc AM = s − a.
L’équation de (MM ′ ) devient :
x + y + a − s = 0. (3)
Pour montrer que les trois droites sont concourantes ou parallèles, il suffit de prouver que le
déterminant formé des coefficients des trois équations (1),(2) et (3) est nul. Pour développer ce
déterminant on fait les opérations suivantes : on soustrait la deuxième colonne à la première,
on met c − b en facteur, on ajoute la première ligne à la deuxième, et on développe selon la
première colonne pour obtenir un déterminant de taille 2 × 2 :
Soient ABC et A′ B′ C ′ deux triangles aux sommets disjoints et aux côtés correspondants
deux à deux parallèles : (AB) (A′ B′ ), (BC) (B′ C ′ ) et (CA) (C ′ A′ ).
Montrer que les droites (AA′ ), (BB′ ) et (CC ′ ) sont concourantes ou parallèles.
Solution.
C b b
b
C′ C′
b b
C b
A A′
Ab A′
b
b
b b
B B′
b B B′
#» # »
Dans le repère (A, AB, AC) les points sont A(0, 0), B(1, 0) et C(0, 1). Les droites (AC), (AB) et (BC)
ont pour équations respectives : x = 0, y = 0 et x + y − 1 = 0. Les droites (A′ C ′ ), (A′ B′ ) et (B′ C ′ )
qui leur sont parallèles ont pour équations respectives : x + p = 0, y + q = 0 et x + y + r = 0 où
p, q, r sont des nombres réels tels que p , 0, q , 0 et r , −1. Calculons à présent les coordonnées
des points A′ , B′ et C ′ . On a {A′ } = (A′ C ′ ) ∩ (A′ B′ ), {B′ } = (B′ C ′ ) ∩ (A′ B′ ) et {C ′ } = (A′ C ′ ) ∩ (B′ C ′ ),
66 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
d’où :
A′ (−p, −q), B′ (q − r, −q), C ′ (−p, p − r).
On détermine maintenant les équations des droites (AA′ ), (BB′ ) et (CC ′ ) :
Ces droites sont parallèles ou concourantes si, et seulement si, le déterminant des coefficients
de leurs équations est nul. Pour calculer ce déterminant, on ajoute la première ligne aux deux
autres pour faire apparaître des zéros, ensuite on calcule tout simplement :
q −p 0 q −p 0
−q −q + r + 1 q = 0 −p − q + r + 1 q
p−r −1 p −p p+q−r −1 0 −p
= q · (−p − q + r + 1) · (−p) + (−p) · q · (p + q − r − 1) = 0.
Exercice 30
Soit ABC un triangle. On désigne par M et N les milieux respectifs de [BC] et [CA]. Déter-
bB
miner les angles A, b pour que l’orthocentre du triangle ABC coïncide avec le centre
b et C
de gravité du triangle AMN .
# » # » # » #»
Solution. Soit G1 le centre de gravité du triangle AMN , alors G1 A + G1 M + G1 N = 0 .
Par équivalence on a donc :
# » 1 # » # » 1 # » # » #» # » # » # » #»
G1 A + (G1 B + G1 C) + (G1 C + G1 A) = 0 ⇐⇒ 3 G1 A + G1 B + 2 G1 C = 0
2 2
# » # » # » # » # » # » #» # » # » # » # » #»
⇐⇒ 3(G1 H + HA) + G1 H + HB + 2(G1 H + HC) = 0 ⇐⇒ 6 G1 H + 3 HA + HB + 2 HC = 0 .
# » # » # » #» # » # » #» #» # »
Par suite H = G1 ⇐⇒ 3 HA + HB + 2 HC = 0 ⇐⇒ 3 HA + 3 HP = 0 avec P ∈ BC et PB + 2 PC =
#» # » # » #»
0 ⇐⇒ HA + HP = 0 , c’est-à-dire H est le milieu de [AP], ceci veut dire que ABC est un
triangle acutangle et (AP) ⊥ (BC), d’où H est le milieu de la hauteur issue de A, et le projeté
orthogonal P de A sur (BC) vérifie la propriété BP = 2 PC. Par conséquent :
Des relations
3 1 2 # » # » # » #»
= = ; 3 HA + HB + 2 HC = 0 ,
cotanB cotan C cotan C cotan A cotan A cotanB
et comme les coordonnées barycentriques de H sont (cotan B cotan C, cotanC cotan A,
tan A tan B tan C
cotanA cotan B), il résulte que = = . Or, tan A + tan B + tan C = tan A · tan B ·
3 1 2
tan C, par suite tan A = 3, tan B = 1 et tan C = 2.
En conclusion, A b = arctan3, B b = arctan 2.
b = 45◦ , C
Exercice 31
Dans le système de coordonnées xOy on considère les droites (d1 ), (d2 ), (d3 ) et (d4 ) d’équa-
tions respectives :
2x − y − 2 = 0, x + y − 4 = 0, y − 2 = 0, x − 4y + 3 = 0.
Déterminer les triangles qui admettent (d1 ), (d2 ), (d3 ) comme médianes, et (d4 ) comme hau-
teur.
1.4. EXERCICES 67
Solution. Soit ABC un triangle répondant aux questions. On suppose que A ∈ (d1 ), B ∈ (d2 ) et
C ∈ (d3 ), alors A(a, 2a − 2), B(b, 4 − b) et C(c, 2). On désigne par D, E et F les milieux respectifs
de [BC], [CA] et [AB], alors :
! !
b+c 6−b a+c a + b 2a − b + 2
D , , E ,a , F , .
2 2 2 2 2
b a+c 2a − b + 2
b+c−3+ − 2 = 0, + a − 4 = 0, = 2.
2 2 2
Par conséquent, en résolvant le système d’équations, on obtient a = λ, b = 2λ − 2 et c = 8 − 3λ
avec λ ∈ R réel arbitraire. Ainsi, A(λ, 2λ − 2), B(2λ − 2, 6 − 2λ) et C(8 − 3λ, 2) avec λ ∈ R. Donc, il
existe une infinité de triangles admettant (d1 ), (d2 ) et (d3 ) comme médianes. On a (d4 ) ⊥ (AB),
donc C ∈ (d4 ), par suite (8 − 3λ) − 4 · 2 + 3 = 0. En conclusion, λ = 1 et A(1, 0), B(0, 4) et C(5, 2).
Exercice 32
Soient ABCD un carré, E le milieu de [AB], M ∈ [CD] et N ∈ [AD] tels que (BM) (EN ).
Montrer que (MN ) est tangente au cercle C(S, r) inscrit dans le carré.
Solution.
M
b b b
D C
b
N
A B
b b b
On choisit un système de coordonnées tel que A(0, 0), B(2, 0), C(2, 2), D(0, 2), E(1, 0), M(m, 2)
2
avec 0 < m < 1. Puisque le coefficient directeur de (BM) est , alors l’équation de (EN )
m −2
−2
est : 2x − (m − 2)y − 2 = 0 et N 0, . L’équation de (MN ) est : 2(m − 1)x − m(m − 2)y − 2m = 0,
m−2
et la distance d du centre S(1, 1) à (MN ) est égale à :
|2m − 2 − m2 + 2m − 2m| m2 − 2m + 2 m2 − 2m + 2
d = p = p = 2 = 1.
(2m − 2)2 + (m2 − 2m) (m2 − 2m)2 + 4(2m − 2) + 4 m − 2m + 2
Exercice 33
1
Soient ABCD un carré, et B ∈ [AE] avec BE = AB.
3
Montrer que (DE) est tangente au cercle de diamètre [AB].
Solution. On choisit un système de coordonnées tel que A(0, 0), B(3, 0), C(3, 3), D(0, 3) et E(4, 0).
On remarque que DE = 5 et que le centre O du cercle de diamètre [AB] a pour coordonnées
x y
(3/2, 0). L’équation de la droite (DE) est : + = 1, d’où 3x + 4y − 12 = 0. La distance d de O à
4 3
(DE) est égale à :
|3 · 32 − 12| 3
d = = ,
5 2
c’est exactement le rayon du cercle de diamètre [AB].
68 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
b b
D C
A O B E
b b b b
Exercice 34
Soient G1 , G2 et G3 les centres de gravité des triangles BLC, ALC et ALB respectivement où
L est le point de Lemoine d’un triangle ABC. Montrer que :
# » # » # » #»
AG1 + BG2 + CG3 = 0 ⇐⇒ ABC est un triangle équilatéral.
# » # » # » # » # » #» # » # » # » # » # » # » # »
Solution. AG1 + BG2 + CG3 = AG + GG1 + BG + GG2 + CG + GG3 = GG1 + GG2 + GG3 , car AG +
# » # » #»
BG + CG = 0 . Par suite
# » # » # » #» # » # » # » #»
AG1 + BG2 + CG3 = 0 ⇐⇒ GG1 + GG2 + GG3 = 0
1 # » #» # » #»
⇐⇒ · (AL + BL + CL) = 0
3
1 # » #»
⇐⇒ GL = 0 ⇐⇒ G = L ⇐⇒ ABC triangle équilatéral
3
#» # » #» # » #» # »
où on a utilisé AL = 3 GG1 , BL = 3 GG2 et CL = 3 GG3 .
Exercice 35
Solution. On se place dans le système de coordonnées xOy où O est le centre du cercle cir-
conscrit au pentagone ABCDE. On sait que si G (respectivement H) est le centre de gravité
# » # »
(respectivement l’orthocentre) du triangle ABC inscrit dans le cercle C(O, R), alors OH = 3 OG
# » # » # » # » # » # » # » # » # » # » # » # » # » # »
et OA + OB + OC = 3 OG. Donc, OH = OA + OB + OC. Ainsi, OH1 = OA + OB + OC; OH2 = OB +
# » # » # » # » # »
OC + OD, etc. Or, P ∈ (Hk Mk ) ⇐⇒ il existe λk ∈ R tel que OP = (1−λk )OHk +λk OMk , k ∈ J1, 5K.
# » 1 # » # » # » # » # »
Remarquons que pour λ = 2/3 on a : OP = · (OA + OB + OC + OD + OE), cette expression est
3
symétrique par rapport aux sommets du pentagone ABCDE, par conséquent P ∈ (Hk Mk ) pour
tout k ∈ J1, 5K.
b
H3
M1 b
D
M5
b b H2
b b
b b
H4 C
E
b b
M2 M4
b b b
A B
M3 b
b H1
H5
1.4. EXERCICES 69
Exercice 36
(a − b)(b − c)(c − a)
[OIH] = .
8r
Solution. D’après la formule donnant l’aire d’un triangle en fonction des coordonnées bary-
centriques de ses sommets on sait que :
1 1
[OIH] = · (s − a)(s − b)(s − c)(a − b)(b − c)(c − a) = (a − b)(b − c)(c − a)
8sr 3 8r
p
où l’on a utilisé la formule de Héron rs = s(s − a)(s − b)(s − c).
Exercice 37
ABC est un triangle inscrit dans un cercle (Γ). Le point P ∈ (BC) est tel que la droite (PA)
coupe les segments [AB] et [AC] en D et
est tangente à (Γ). La bissectrice interne de APB
E respectivement. Soit Q le point d’intersection de [BE] avec [CD]. On suppose que (PQ)
[
passe par le centre O de (Γ), déterminer alors la mesure de BAC.
Solution.
(Γ)
A
b
E
b
D b
b
b
O
Q
P b b b
C
B
PB PA
Les triangles PBA et PAC sont semblables, donc PA = PC = bc , d’où DA
BD
= bc et EC
AE
= bc . Par
conséquent D = (c : b : 0), E = (b : 0 : c) et Q = (bc : b 2 : c 2 ). Le point P appartient à (BC) est de
70 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
0 x y
c b 0 = 0,
b 0 c
x b2
c’est-à-dire = − 2 , donc P = (0 : b 2 : −c 2 ). Finalement, puisque P, Q et O = (a cos A : b cos B :
y c
c cosC) sont alignés alors :
0 b2 −c 2 0 b −c
bc b2 c 2 = bc · bc b c = 0.
a cos A b cos B c cosC a cos A b cos B c cos C
1
D’où 2abc cosA = bc 2 cos B + b 2 c cosC = bc(c cosB + c cosC) = abc, c’est-à-dire cos A = et A =
2
60◦ .
[ et ABC
Soit ABC un triangle tel que AB = AC. Les bissectrices de CAB [ rencontrent respec-
tivement les côtés BC et CA en D et E. Soit K le centre du cercle inscrit dans le triangle
ADC. On suppose que BEK [
[ = 45◦ . Trouver toutes les valeurs possibles de CAB.
Solution.
b b
A A
2x
E
b
b
E
I
b 45˚
3x
I b
b
K
b
45◦ − x
K
◦
45 − x
b b b b b
B D C D C
Soit I le centre du cercle inscrit dans le triangle ABC, et posons DAC [ = 2x (de sorte que
◦ ◦ d [
0 < x < 45 ). De la relation AIE = DIC, il est facile de déduire que :
d = 90◦ − 2x,
KIE d = 45◦ − x,
ECI d = 45◦ ,
IEK [ = 3x.
KEC
IK ID sin(45◦ − x)
= = .
KC DC sin(45◦ + x)
d’où cos x = cos(5x − 90◦ ). Ainsi, 0 = cos(5x − 90◦ ) − cos x = 2 sin(3x − 45◦ ) sin(2x − 45◦ ). On a
donc deux cas possibles : sin(3x − 45◦ ) = 0 ou bien sin(2x − 45◦ ) = 0. Comme 0◦ < x < 45◦ , alors
◦
on conclut que x = 15◦ ou x = 452 . Puisque A b = 4x, alors les valeurs possibles de A b sont 60◦ et
90◦ .
Soit ABC un triangle rectangle en A. Les points D et E sont situés sur les côtés AC et AB
[ = DBC
respectivement de sorte que ABD [ et ACE [ = ECB. [ Les segments [BD] et [CE] se
coupent au point I.
Est-il possible que les longueurs AB, AC, BI, ID, CI, IE soient toutes des nombres entiers
naturels ?
Soit I le centre du cercle inscrit dans le triangle ABC. La demi-droite [AI) coupe le
cercle circonscrit au triangle ABC au point D. On désigne par E et F les pieds des per-
pendiculaires, issues de I, aux droites (BD) et (CD) respectivement. On suppose que
1 [
IE + IF = AD, déterminer BAC.
2
=
Solution. On pose x = DB = DI = DC (voir chapitre « géométrie du triangle »). Comme IDE
[ = ACB [ on a : IE = ID · sin IDE
= x · sin C = x · c
ADB .
2R
A
b
b
I
B b b C
b
E F
b
b
De même IF = x · . D’autre part, AD · a = x · (b + c) d’après le théorème de Ptolémée appliqué
2R
x(b + c)
au quadrilatère ABCD, d’où AD = , et par conséquent :
a
1 x(b + c) x
· = IE + IF = · (b + c).
2 a 2R
a 1
Par suite on trouve a = R. Ainsi, il est nécessaire et suffisant que sin A = = . Les valeurs
2R 2
possibles sont donc Ab = 30◦ et Ab = 150◦ .
72 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Soient ABC un triangle acutangle, et (Γ) un cercle dont le centre L appartient au segment
[BC]. On suppose que (Γ) est tangent à [AB] en B′ et à [AC] en C ′ . On suppose aussi que
le centre O du cercle circonscrit du triangle ABC appartient au plus petit arc B ′ C ′ de (Γ).
Montrer que le cercle circonscrit au triangle ABC et (Γ) se coupent en deux points.
b < 60◦ .
Solution. Soit M le milieu de [BC]. On montre tout d’abord que A
[ = 2 BAC
b alors BOC
Posons α = A, [ = 2α. De plus :
1 1 1
B\
′ OC ′ = \
360◦ − B ′ LC ′ = 180◦ − 180◦ − B\
′ AC ′ = 90◦ + α.
2 2 2
On sait que B\ [ par suite 90◦ + 1 α > 2α, ce qui implique que α < 60◦ .
′ OC ′ > BOC,
2
1
Pour finir, il suffit de montrer que OL > R où R est le rayon du cercle circonscrit au triangle
2
ABC. On a :
1
OL ≥ OM = R · cos α > R cos 60◦ = R,
2
ce qui permet de conclure.
Soit ABC un triangle tel que A b = 60◦ . La droite (AP) est la bissectrice de A
b avec P sur (BC).
b avec Q sur (AC). On suppose que AB + BP = AQ + QB.
La droite (BQ) est la bissectrice de B
Trouver toutes les valeurs possibles de B.b
ac + bd = (a + b − c + d) (−a + b + c + d).
a2 − ac + c 2 = b 2 + bd + d 2 . (1)
Supposons que ab +cd est premier, donc par (3) on a ab +cd et ac +bd premiers entre eux. D’où,
par (2), ac + bd divise ad + bc. Or ceci est impossible par (3). Donc ab + cd n’est pas premier.
Exercice 44
Soit (Γ) un cercle de centre O et de rayon R. On considère les trois cordes [A1 A2 ], [B1 B2 ] et
[C1 C2 ], et on suppose qu’elles sont parallèles entre elles : (A1 A2 ) (B1 B2 ) (C1 C2 ).
Montrer que les orthocentres des huit triangles ayant leurs sommets parmi Ai , Bj et Ck
(i, j, k ∈ {1, 2}) sont tous situés sur une même droite parallèle aux trois cordes.
Solution. On choisit un système de coordonnées de sorte que les extrémités des trois cordes
soient données par :
Rappelons
x +x que le centrede gravité G des points A(xA , yA ), B(xB , yB ), C(xC , yC ) a pour coordon-
B +xC yA +yB +yC
# » # »
nées A
3 , 3 , et que OH = 3 OG, alors on déduit que les coordonnées des huit
orthocentres sont données par :
Pour finir, il suffit d’observer que les huit orthocentres appartiennent à la droite d’équation
y = sin α + sin β + sin γ, et cette droite est parallèle aux trois cordes.
74 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Soient A, B, C et D, dans l’ordre, quatre points distincts d’une même droite. Les cercles de
dimaètres [AC] et [BD] se coupent aux points X et Y . La droite (XY ) rencontre la droite
(BC) au point Z. Soit P un point de la droite (XY ), distinct de Z. La droite (CP) rencontre le
cercle de diamètre [AC] aux points C et M et la droite (BP) rencontre le cercle de diamètre
[BD] aux points B et N .
Montrer que les droites (AM), (DN ) et (XY ) sont concourantes.
Solution.
b
M b
X
b
N
b
P
A b b b b b
D
B Z C
On considère que l’origine est en Z. Même si la figure n’est pas symétrique par rapport à (XY ),
il y a des paires de points (M, N ), (A, D) et (B, C) qui jouent des rôles symétriques. On travaille
alors sur la moitié gauche de la figure, les calculs sont identiques pour la moitié droite.
On considère que Z est l’origine, et que (AD) est l’axe des x. Soient (x1 , 0) et (x2 , 0) les coor-
données des centres des cercles circonscrits aux triangle AMC et BN D respectivement. r1 et
r2 sont les rayons respectifs de ces deux cercles. Alors les coordonnées de A et C sont respecti-
vement (x1 − r1 , 0) et (x1 + r1 , 0). Soit (0, y1 ) les coordonnées de P, alors comme (AM) ⊥ (CP), le
−y
coefficient directeur de (CP) est x1 +r01 , et l’équation de (AM) est (x1 + r1 )x − y0 y = x12 − r12 . Soit
2 2
r −x
Q le point d’intersection des droites (AM) avec (XY ), alors Q a pour coordonnées 0, 1y 1 .
0
′ ′
De même, si Q est le point d’intersection de (DN ) avec (XY ) alors les coordonnées de Q sont
r22 −x22
0, y . Puisque r12 − x12 = ZX 2 = r22 − x22 , alors Q = Q ′ .
0
Solution. On peut choisir l’origine au point D et l’axe des x sur la droite (BC), mais alors le
calcul des coordonnées de E et F est très fastidieux dans ce cas. Un meilleur choix est de
considérer la droite horizontale passant par D, E, F.
b A
b
B
N
b b b b
E F
b
D
M
b
On choisit l’origine au point A, et l’axe des x parallèle à la droite (EF). Les coordonnées des
points D, E, F sont données respectivement par (d, b), (e, b), (f , b). Le cas b = 0 donne D = E, ce
1.4. EXERCICES 75
qui est exclu. On suppose donc que b , 0. Comme (BE)⊥(AE), et que le coefficient directeur
de (AE) est b/e, alors l’équation de (BE) est ex + by = e 2 + b 2 . De même, les équations des
droites (CF) et (BC) sont respectivement f x + by = f 2 + b 2 et dx + 2 2
by = d + b . En résolvant
le système d’équation, on déduit que les coordonnées de B sont d + e, b − de b . De même, les
df
e+f de+df
coordonnées de C sont d + f , b − b . Donc, M a pour coordonnées d + 2 , b − 2b , et N
e+f
2b
a pour coordonnées 2 , b . D’où le coefficient directeur de (AN ) est e+f , et le coefficient
−(e+f )
directeur de (MN ) est 2b . Par conséquent, les droites (AN ) et (MN ) sont perpendiculaires.
Deux cercles (Γ1 ) et (Γ2 ) se coupent en M et N . Soit l la tangente commune à (Γ1 ) et (Γ2 )
telle que l soit plus proche de M que de N . La droite l est tangente à (Γ1 ) en A et à (Γ2 ) en
B. La droite passant par M et parallèle à l rencontre à nouveau le cercle Γ1 en C et le cercle
(Γ2 ) en D. Les droites (CA) et (DB) se coupent en E, les droites (AN ) et (CD) se coupent en
P, les droites (BN ) et (CD) se coupent en Q. Montrer que EP = EQ.
Solution.
N
O1 b
b
O2
b
P Q
b b b b b
C D
M
b b
A B
b
E
Remarquons que si on prend (O1 O2 ) comme axe des x alors l’équation de la droite (AB) serait
très compliquée. Il est donc préférable de prendre (AB) comme axe des x. Soit A l’origine du
repère, et posons B(b, 0), M(s, t), O1 (0, r1 ) et O2 (b, r2 ), alors C et D ont pour coordonnées (−s, t)
et (2b − s, t) respectivement. Comme (AB) (CD), alors CD = 2b = 2 AB implique que A et
B sont les milieux respectifs de [CE] et [DE]. D’où E a pour coordonnées (s, −t), on voit que
(EM)⊥(CD). Pour montrer que EP = EQ, il suffit de prouver que M est le milieu de [PQ].
Comme (O1 O2 )⊥(MN ) et le coefficient directeur de (O1 O2 ) est r2 −r b , l’équation de (MN ) est
1
donnée par bx +(r2 −r1 )y = bs +(r2 −r1 )t. Cette droite doit passer par le milieu de [AB]. Puisque
O2 M = r2 et O1 M = r1 on obtient :
Solution.
b
B
P
b
Q b b
M
A b
b b
N O
b
C
Soit N l’origine du repère, et (N O) l’axe des x. Soit y = ax + b l’équation de (AB), alors les
équations de (AC) et (PO) sont données respectivement par y = −ax − b et y = (−1/a)x + b.
b bc
Si y = cx est l’équation de (BC), alors B a pour coordonnées c−a , c−a , C a pour coordonnées
−b −bc ab abc −b
c+a , c+a , M a pour coordonnées c2 −a2 , c2−a2 ,A a pour coordonnées a , 0 , O a pour coor-
données (ab, 0), et Q a pour coordonnées 0, ab c . Donc, (BC) a pour coefficient directeur c, et
(QO) a pour coefficient directeur −1/c. En conclusion (QO) et (BC) sont perpendiculaires.
Dans un quadrilatère convexe ABCD, les diagonales [AC] et [BD] sont perpendiculaires
et les côtés opposés (AB) et (DC) ne sont pas parallèles. On suppose que le point P, in-
tersection des médiatrices de [AB] et [DC], se trouve à l’intérieur de ABCD. Montrer que
les points A, B, C et D sont cocycliques si, et seulement si, les triangles ABP et CDP ont la
même aire.
Solution. Considérons un système de coordonnées où A = (a, 0), a < 0; B = (0, b), b < 0; C =
(c, 0), c > 0; D = (0, d), d > 0 sont les sommets du quadrilatère, et O = (0, 0) est l’intersection des
diagonales AC et BD.
Une condition nécessaire et suffisante pour que ABCD soit inscriptible est que BO · DO =
CO · AO, c’est-à-dire ac = bd. Montrons donc que les triangles ABP et CDP ont même aire
si, et seulement si, ac = bd. Si R et Q sont respectivement les milieux des segments [AB] et
[CD] alors on a R = (a/x, b/2) et Q = (c/2, d/2). Les droites RP et QP ont, respectivement, pour
équations :
b a a d c c
y− = x− y− = x− .
2 b 2 2 d 2
Le point P = (x0 , y0 ) appartient à l’intersection si, et seulement si :
a2 d − b 2 d − c 2 b + d 2 b a2 c − b 2 c − c 2 a + d 2 a
x0 = et y0 = .
2(ad − bc) 2(ad − bc)
Or, on sait que le triangle ayant pour sommets (x1 , y1 ), (x2 , y2 ), (x3 , y3 ) dans cet ordre (et en les
considérant dans le sens contraire des aiguilles d’une montre), a pour aire :
x y1 1
1 1 1
x2 y2 1 = (x1 y2 + x2 y3 + x3 y1 − x1 y3 − x2 y1 − x3 y2 )
2 2
x3 y3 1
1 1
= (x2 − x1 )(y3 − y1 ) − (x3 − x1 )(y2 − y1 ).
2 2
Il résulte que les triangles ABP et CDP ont même aire si, et seulement si :
a 0 1 c 0 1
0 b 1 = 0 d 1
x0 y0 1 x0 y0 1
c’est-à-dire
ab − bx0 − ay0 = cd − dx0 − cy0 .
1.4. EXERCICES 77
Comme |a − c| , 0 et |b − d| , 0, les triangles ABP et CDP ont même aire si, et seulement si
bd = ac.
Exercice 50
Soient ABC un triangle, et D, E des points des côtés [AC] et [AB] respectivement tels que
(DE) et (CB) ne sont pas parallèles. Soient F et G des points de [BC] et [ED] respectivement
tels que :
BF EG BE
= = .
FC GD CD
[
Montrer que la droite (GF) est parallèle à la bissectrice de BAC.
#» #» # » # »
Solution. On choisit l’origine au point A, alors AE = p AB et AD = q AC pour certains p, q ∈ ]0, 1[.
BF
Soit t = , alors
FC
# » #» # » #» # » #»
# » t AC + AB # » t AD + AE tq AC + p AB
AF = et AG = = .
t+1 t+1 t+1
#» # »
Puisque BE = t CD, alors (1 − p)|AB| = t(1 − q)|AC|, donc :
#» # » #»!
# » # » # » t(1 − q) # » 1 − p # » (1 − p)|AB| AC AB
GF = AF − AG = AC + AB = # » + #» .
t+1 t+1 t+1 |AC| |AB|
# » #»
AC AB [
C’est parallèle à # » + # » , qui est la direction de la bissectrice de BAC.
|AC| |AB|
AC 2 + BD 2 + AD 2 + BC 2 ≥ AB2 + CD 2 .
# » # »
# » OA + OB # » # » # » # »
Solution. On choisit l’origine au point O, alors OD = , OE = OA + OC + OD =
# » # » # » # » # » # » 2
3 OA + OB + 2 OC # » # » OA + OB − 2 OC
et OD − OC = . Donc
6 2
# » # » # » # » # » # »
(CD) ⊥ (OE) ⇐⇒ (OA + OB − 2 OC) · (3 OA + OB + 2 OC) = 0.
# » # » # » # » # » # » # » # » # » # » # » # »
Comme OA · OA = OB · OB = OC · OC, alors c’est équivalent à : OA · (OB − OC) = OA · OB − OA ·
# »
OC = 0, qui est la même chose que (OA) ⊥ (BC), c’est-à-dire AB = AC.
Soit ABC un triangle dont aucun côté n’est égal à un autre. On désigne par G, I et H le
centre de gravité, le centre du cercle inscrit, et l’orthocentre du triangle ABC.
[ > 90◦ .
Montrer que GIH
# » # »
Solution. On choisit l’origine au point O, alors comme OH = 3 OG, on déduit que :
# » # » # » # »
OH = OA + OB + OC.
BD c DI ca a
Si (AI) et (BC) se coupe en D, alors = et = ÷c = , donc
CD b AI b + c b+c
# » # » # » # » # »
# » b OB + c OC # » a OA + b OB + c OC
OD = et OI = .
b+c a+b+c
[ > 90◦ , on doit prouver que
Pour prouver que GIH
# » #» # » #» # » # » #» #» #» # » # »
(OG − OI) · (OH − OI) = OG · OH + OI · OI − OI · (OG + OH) < 0.
# » # » # » # » # » # »
Or OA · OA = OB · OB = OC · OC = R2 , et
alors
# » # » # » # » # » # »
# » # » (OA + OB + OC) · (OA + OB + OC) a2 + b 2 + c 2
OG · OH = = R2 − .
3 3
# » # » # » # » # » # »
# » # » (a OA + b OB + c OC) · (a OA + b OB + c OC) abc
OI · OI = = R2 − .
(a + b + c)2 a+b+c
# » # » # » # » # » # »
#» # » # » 4(a OA + b OB + c OC) · (OA + OB + OC)
OI · (OG + OH) =
3(a + b + c)
2[a2 (b + c) + b 2 (c + a) + c 2 (a + b)]
= 4R2 − .
3(a + b + c)
c’est-à-dire :
a(a − b)(a − c) + b(b − c)(b − a) + c(c − a)(c − b) > 0.
Supposons, sans perte de généralité, que a ≥ b ≥ c, alors a(a − b)(a − c) ≥ b(a − b)(b − c) de sorte
que la somme des deux premiers termes est positive ou nulle. Comme le troisième terme est
aussi positif ou nul, alors on conclut que :
Solution. Plaçons l’origine en un point quelconque O. Puisque les côtés opposés sont parallèles
alors on a :
# » # » # » # » #» # » # » # » # » #» # » # » # » # » #»
(OA1 − OA2 )∧(OA4 − OA5 ) = 0 , (OA3 − OA2 )∧(OA5 − OA6 ) = 0 , (OA3 − OA4 )∧(OA6 − OA1 ) = 0 .
Or, on a :
# » # » # » # » # » # » # » # » # » # »
(OA1 − OA3 ) ∧ (OA1 − OA5 ) OA1 ∧ OA3 + OA3 ∧ OA5 + OA5 ∧ OA1
[A1 A3 A5 ] = = .
2 2
# » # » # » # » # » # »
OA2 ∧ OA4 + OA4 ∧ OA6 + OA6 ∧ OA2
De même, [A2 A4 A6 ] = , donc [A1 A3 A5 ] = [A2 A4 A6 ].
2
Soient ABC un triangle, et (d) une droite qui coupe (BC), (CA), (AB) aux points A1 , B1 , C1
respectivement. Les points A2 , B2 et C2 sont les symétriques de A1 , B1 et C1 par rapport
aux milieux de [BC], [CA] et [AB] respectivement.
Montrer que les points A2 , B2 et C2 sont alignés.
# » #» # » # » # » # » #»
Solution. On choisit l’origine au point C, alors CA1 = c1 CB, CB1 = c2 CA et CC1 = CA+c3 (CB −
# »
CA) pour des constantes c1 , c2 et c3 . Puisque les points A1 , B1 et C1 sont alignés alors :
#» # » # » # » # » # » #»
0 = (CB1 − CA1 ) ∧ (CC1 − CA1 ) = (c1 − c1 c2 − c1 c3 + c2 c3 ) CA ∧ CB.
80 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
# » #» # » #» # » # » # » # » # » # » #» # »
Comme CA2 = CB− CA1 = (1−c1 )CB, CB2 = CA− CB1 = (1−c2 )CA et CC2 = (CA + CB)− CC1 =
# » #»
c3 CA + (1 − c3 )CB, alors les points A2 , B2 et C2 sont alignés si, et seulement si :
#» # » # » # » # » # » #»
0 = (CB2 − CA2 ) ∧ (CC2 − CA2 ) = (c1 − c1 c2 − c1 c3 + c2 c3 ) CA ∧ CB
Soient A, B, C, D, E et F six points distincts sur un cercle Γ. Montrer que les trois points
d’intersection des droites (AB) et (DE), (BC) et (EF), et (CD) et (FA) sont alignés.
Solution.
b
E
A b
b C
b b
b
D b
b
F
b
On prend comme triangle de référence ACE, nos calculs sont alors symétriques, et les droites
(AB), (DE), (BC), (EF), (CD), (FA) sont symétriques. Soit a = CE, b = EA et c = AE. Posons A =
(1, 0, 0), C = (0, 1, 0) et E = (0, 0, 1). On écrit B = (x1 : y1 : z1 ), D = (x2 : y2 : z2 ) et F = (x3 : y3 : z3 ).
Ces points appartiennent au cercle passant par les points A, C, E donc on a :
−a2 y1 z1 −b 2 z1 x1 −c 2 x1 y1 = 0, −a2 y2 z2 −b 2 z2 x2 −c 2 x2 y2 = 0, −a2 y3 z3 −b 2 z3 x3 −c 2 x3 y3 = 0. (1)
y y
La droite (AB) est l’ensemble des points (x : y : z) avec = 1 , alors que la droite (ED) est
z z1
x x
l’ensemble des points avec = 2 . D’où le point d’intersection de (AB) avec (ED) est donné
! y y2
x2 z1
par : :1: . De la même façon, le point d’intersection de (CD) avec (AF) est donné par
y2 ! y1 !
x2 y3 y z
: : 1 , et le point d’intersection des droites (EF) et (CB) est donné par 1 : 3 : 1 . Pour
z2 z3 x3 x1
montrer que ces trois points d’intersection sont alignés, il suffit de prouver que :
y3 z1
1 x3 x1
x2 z1
y2 1 y1 = 0. (2)
x2 y3
z2 z3 1
Donc, la relation (2) est vraie. On conclut que les trois points d’intersection sont alignés.
Exercice 58
Soit ABC un triangle isocèle avec AB = AC et A b = 120°. Soient P ∈ [AB] et Q ∈ [AC] tels
que (PQ) est tangente au cercle inscrit dans ABC. Montrer que :
[PBCQ] = BP · CQ.
√
Solution. Posons BP = p, CQ = q, AB = AC = 1 (d’où BC = 3). Comme PQ + BC √ = BP + CQ car
PBCQ est un quadrilatère circonscrit (théorème de Pitot), alors PQ = p + q − 3.
D’après la relation d’Al-Kashi appliquée dans le triangle APQ on a :
√ −1
(p + q − 3)2 = (1 − p)2 + (1 − q)2 − 2(1 − p)(1 − q) · = (1 − p)2 + (1 − q)2 + (1 − p)(1 − q),
2
√
√ √ √ 2+ 3
qui se simplifie en pq = (2 3 − 3)(p + q) = 3(2 − 3)(p + q), ou aussi : p + q = √ pq.
3
Maintenant, on a :
1 1
[PBCQ] = [ABC] − [APQ] = sin 120° − (1 − p)(1 − q) sin 120°
2 2
√ √ √ !
3 3 2+ 3 1 1
= (p + q − pq) = √ − 1 pq = pq = BP · CQ.
4 4 3 2 2
Exercice 59
Soient ABC un triangle équilatéral, et P un point du cercle inscrit dans ABC.
Montrer que la somme PA2 + PB2 + PC 2 est constante.
A
b
O
b
b P
b b b
C D B
82 CHAPITRE 1. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
Chapitre
2
Transformations
géométriques
Soit (d) une droite. La symétrie axiale d’axe (d) est la transformation qui à tout point M
associe le point M ′ tel que (d) soit la médiatrice de [MM ′ ].
Soit ABC un triangle. Un cercle de centre O passe par les points A et C et recoupe les seg-
ments [AB] et [BC] en deux points distincts K et N . On suppose que les cercles circonscrits
aux triangles ABC et KBN se coupent en exactement deux points distincts B et M . Montrer
\ = 90°.
que OMB
Soit (d) la droite passant par O et perpendiculaire à (BM). On se propose de montrer que M
appartient à (d). Soient C ′ et K ′ les symétriques de C et K respectivement par rapport à (d), alors
(CC ′ )⊥(d) et (KK ′ )⊥(d), ce qui implique que les droites (CC ′ ), (KK ′ ) et (BM) sont parallèles.
On a : KC\ [ = BN
′ C = KAC [ \ ce qui implique que les points C ′ , K et M sont alignés.
K = BMK,
Maintenant on a :
C\ \
′ CK ′ = CC [ = CAB
′ K = CAK [ = 180° − BMC
\ = C\
′ CM,
ce qui implique que les points C, K ′ et M sont alignés. Donc, les droites (C ′ K) et (CK ′ ) se coupent
au point M. Puisque les droites (C ′ K) et (CK ′ ) sont symétriques par rapport à la droite (d), alors
on conclut que M ∈ (d). On a ainsi montré que OMB \ = 90°.
83
84 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
B
b
M
b
K b b N
C′ b b K′
b b
O C
b
A
Exemple 2
[ = 20°, DBC
Soit ABC un triangle. Les points D ∈ [AC] et E ∈ [AB] sont tels que : ABD [ =
[ [ [
60°, ACE = 30° et ECB = 50°. Déterminer EDB.
[ = ACB.
Notons que ABC [ Considérons la symétrie d’axe la médiatrice de [BC]. Soit F l’image
de D par cette symétrie axiale, et supposons que les droites (BD) et (CF) se coupent au point
G. Comme BG = CG, les droites (BD) et (CF) se coupent en formant un angle de 60°, donc les
triangles BGC et DGF sont équilatéraux, d’où DF = DG. On se propose de montrer que EF = EG,
[ = 1 FDG
alors dans ce cas les triangles EFD et EGD snt isométriques, d’où EDB [ = 30°. Montrons
2
alors que EF = EG. On a d’une part EFG[ = CDG
[ = 40° et FGB[ = 120°. D’autre part, BEC
[ = 50°.
D’où BE = BC. Comme BGC est équilatéral alors BE = BC = BG, ce qui donne EGB [ = 80°. Donc
[ [ [ [
EGF = FGB − EGB = 40° = EFG, ce qui implique que EF = EG.
Définition (Symétrie centrale)
Soit O un point. La symétrie centrale de centre O est la transformation du plan qui à tout
point M associe le point M ′ tel que O soit le milieu de [MM ′ ].
Définition (Translation)
Soit #»
v un vecteur. La translation t #»
v de vecteur v est la transformation qui à tout point M
#»
# »
associe le point M ′ tel que MM ′ = v .
#»
Exemple 3
On suppose que les côtés opposés d’un hexagone ABCDEF sont parallèles : (AB)
(DE), (BC) (EF) et (CD) (AF). Montrer que si BC − EF = ED − AB = AF − CD > 0, alors
tous les angles de ABCDEF sont égaux.
C D
2.1. HOMOTHÉTIES 85
[ = AQC
On a ABC [ = 120°, de plus BCD
[ = BCQ
[ + DCQ
\ = 60° + 60° = 120°. De la même façon,
[ = DEF
CDE [ = EFA
= FAB
= 120°.
Exemple 4
# » (A) = I, donc BCAI est un parallélogramme. Puisque F est le milieu de [AB], alors F est
On a tCB
aussi le milieu de [CI]. D’après le théorème des milieux appliqué dans le triangle CDI on déduit
que (EF) (DI). Comme, en plus, (CB) (AI), on déduit que BGF [ = AID.
Comme AI = BC = AD,
[
on obtient AID = ADI. Puisque (EF) (DI), alors AHF = ADI = AID = BGF. [
Exemple 5
Soient M et N les milieux respectifs des côtés [AD] et [BC] d’un quadrilatère ABCD .
Montrer que si 2 MN = AB + CD , alors (AB) (CD).
2.1 Homothéties
Définition (Homothétie)
✍ La partie (2) peut être énoncée sans utiliser les mesures algébriques si on ajoute l’hypothèse
que pour k > 0 les demi-droites [HA) et [HA′ ) coïncident, et pour k < 0 elles sont de sens
opposé.
✍ Si k = −1, alors H(H, −1) est la symétrie centrale par rapport au point H.
b A′
A
B′′ b
b
b
H b
b C′
C ′′ b C
b
b
B
A′′ b
B′
Proposition 1
Soit H(H, k) une homothétie, et désignons les images des points distincts non alignés A, B, C
par A′ , B′ , C ′ respectivement, alors :
1 les droites (A′ B′ ) et (AB) sont parallèles. De plus, A′ B′ = k · AB,
2 l’homothétie conserve les angles orientés et les rapports de longueurs, en d’autres
termes :
A′ B′ AB
A\ [
′ B′ C ′ = ABC et = .
B′ C ′ BC
Preuve
1 Si les points H, A et B sont alignés alors la proposition est clairement vraie. Sinon,
supposons que HA′ = k ·HA, HB′ = k ·HB, et A\ [ alors les triangles AHB
′ HB′ = AHB,
et A′ HB′ sont semblables (avec coefficient de similitude k), d’où (AB) (A′ B′ ) et
A′ B′ = k · AB.
2 Puisque (A′ B′ ) (AB) et (B′ C ′ ) (BC), on a A\ [ D’où :
′ B′ C ′ = ABC.
A′ B′ k · AB AB
′ ′
= = ,
BC k · BC BC
ce qui permet de conclure.
Comme conséquence de cette proposition, l’image d’une figure par une homothétie est une
figure semblable et de même orientation, en particulier :
➀ l’image d’une droite est une droite qui lui est parallèle,
➁ l’image d’un triangle est un triangle semblable avec les côtés correspondants parallèles
entre eux,
➂ l’image d’un cercle est un cercle,
➃ l’homothétie conserve toutes les propriétés qui peuvent s’exprimer avec des angles, comme
l’alignement ou la cocyclicité.
Proposition 2
Preuve
1 Notons tout d’abord que le centre d’une telle homothétie doit appartenir aux
droites (AA′ ) et (BB′ ) et désignons par H leur point d’intersection. Les triangles
HA′ HB′ ′
HAB et HA′ B′ sont semblables, donc = et l’homothétie H H, HA HA ré-
HA HB
pond à la question (le cas où tous les points sont alignés est laissé au lecteur).
2 Notons H le centre de l’homothétie qui envoie AB vers A′ B′ . Une telle homothétie
envoie le triangle ABC vers un certain triangle A′ B′ X. Comme les deux triangles
A′ B′ X et A′ B′ C ′ sont semblables au triangle ABC et ont la même orientation, ils
2.1. HOMOTHÉTIES 87
Soit P un point à l’intérieur d’un carré ABCD . Montrer que les centres de gravité des
triangles ABP, BCP, CDP et DAP forment un carré.
Soient G1 , G2 , G3 et G4 les quatre centres de gravité en question, et désignons par MAB , MBC , MCD
et MDA les milieux respectifs de [AB], [BC], [CD] et [DA].
Puisque le centre de gravité divise la mé-
diane dans un rapport 2 : 1, alors l’homothétie H P, 23 envoie le quadrilatère MAB MBC MCD MDA
vers le quadrilatère G1 G2 G3 G4 . Comme MAB MBC MCD MDA est un carré alors G1 G2 G3 G4 est aussi
un carré.
MCD
D C
b b b
b G3
P G2
b b b b MBC
MDA b
G4
b
G1
b b b
A MAB B
Exemple 7
Soient ABCD un trapèze avec (AB) (CD), et E le point d’intersection des diagonales AC
avec BD . On construit extérieurement les triangles équilatéraux ABF et CDG .
Montrer que les points E, F et G sont alignés.
Soient Ma et Mc les milieux respectifs de [BC] et [AB], et considérons l’homothétie H(G, −2).
Puisque le centre de gravité divise la médiane avec le rapport de longueur 2 : 1, alors l’image
de Ma par H est A. De plus, puisque toute homothétie envoie une droite à une droite qui lui est
parallèle, alors H envoie la médiatrice OMa vers la hauteur issue de A dans le triangle ABC. Le
même argument montre que H envoie OMc vers la hauteur issue de C. Ainsi, elle envoie le point
88 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
O, intersection de (OMa ) avec (OMc ), vers le point d’intersection H des hauteurs issues de A et
de C. En conclusion, les points O, G et H sont alignés et on a : GH = −2 · GO.
A
b
Mc b
b
O
b
b
b
G
H
b b b b
B Ma C
Preuve
T2
b
T1 Γ2
b
H+ O1 H− O2
b b b b
Γ1
H + O2 T O r
= 2 2 = 2.
H + O1 T1 O1 r1
Exemple 9
Les cercles (Γ1 ) et (Γ2 ) sont tangents intérieurement au point T . On suppose que la corde
[
[AB] de (Γ1 ) est tangente à (Γ2 ) au point D . Montrer que (T D) est la bissectrice de AT B.
Exemple 10
Soient (d) une droite, et (Γ1 ), (Γ2 ) deux cercles situés tous les deux du même côté par rapport
à (d) et qui lui sont tangents aux points T et U respectivement. Le cercle (Γ) ne coupe pas
(d) et il est tangent extérieurement à (Γ1 ) et à (Γ2 ) en K et L respectivement.
Montrer que les droites (T K), (UL) et le cercle (Γ) passent par un point commun V .
(d ′ ) V
b
Γ1
b
K b Γ2
L
(d)
b b
T U
Soit (d ′ ) la droite tangente à (Γ) et parallèle à (d) telle que (Γ) soit situé entre (d) et (d ′ ). On désigne
par V le point où (d ′ ) est tangente à (Γ). L’homothétie H1 de centre K envoyant (Γ1 ) vers (Γ) envoie
(d) vers (d ′ ), et donc envoie T vers V , ceci implique que les points T , K et V sont alignés. De même,
l’homothétie H2 de centre L envoyant (Γ2 ) vers (Γ) envoie (d) vers (d ′ ), et donc U vers V , d’où les
points U, L et V sont alignés, ce qui permet de conclure.
90 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Proposition 4
Soit ABC un triangle. On suppose que le cercle inscrit (ω) et le cercle ex-inscrit (ωa ), re-
lativement au sommet A, coupent le côté BC aux points D et E respectivement. Soit K le
point du cercle inscrit diamétralement opposé au point D. Alors, les points A, K et E sont
alignés.
Preuve
La démonstration fera appel à l’exemple précédent. On place BC de façon « horizontale »
avec A au « dessus » de BC (voir figure).
K
haut » du cercle (ω). Par conséquent, le
b
point E est l’image du point K par l’homo- I
ω
thétie de rapport positif qui envoie le cercle B
b b b b
C
Dans un triangle ABC tel que AC + BC = 3 · AB, le cercle inscrit de centre I touche les côtés
[BC] et [CA] aux points D et E respectivement. Soient K et L les symétriques respectifs des
points D et E par rapport au point I . Montrer que les points A, B, K et L sont cocycliques.
AC + BC
La condition AB = peut s’écrire aussi :
3
AC + BC − AB
AB = = DC = EC.
2
Soit D ′ le point de contact du cercle ex-inscrit relativement au sommet A avec le côté BC, alors
on sait que BD ′ = DC, donc le triangle ABD ′ est isocèle et (AD ′ )⊥(BI). De plus, les points A, K et
D ′ sont alignés (voir proposition 4). Donc, par une chasse à l’angle on a :
\′ = 90° − KD
DKD \ [
′B = D d
′ BI = IBA,
et le quadrilatère ABIK est cyclique. De même, le quadrilatère ABLI est cyclique, donc les points
A, B, K et L sont cocycliques.
A
b
K b
b
E
b
I
b
L D
b b b b C
B D′
2.1. HOMOTHÉTIES 91
Soit ABC un triangle. M ∈ [AC] et N ∈ [BC] sont tels que (MN ) (AB). P ∈ [AB] et Q ∈ [BC]
sont tels que (PQ) (AC). On suppose que le cercle inscrit dans le triangle CMN touche le
côté AC au point E , et que le cercle inscrit dans le triangle BPQ touche le côté AB au point
F . Soient R le point d’intersection des droites (EN ) avec (AB), et S le point d’intersection
de (FQ) avec (AC). Montrer que si AE = AF , alors le centre du cercle inscrit dans le triangle
AEF appartient au cercle inscrit dans le triangle ARS .
b A
J
b M
P b
b
E
b
F b
B C
b b b b b b
b
F1 Q N E1
I
ω
b
b
b S
D
R
On considère que BC est horizontale. Comme AE = AF alors il existe un cercle (ω) tangent à AB
et à AC aux points F et E respectivement. On se propose de montrer que (ω) est en fait le cercle
inscrit dans le triangle ARS. Soient F1 et E1 les « pieds » des cercles inscrits des triangles BPQ et
CMN respectivement, et désignons par D le « pied » du cercle (ω). Considérons l’homothétie H
de centre F qui envoie le cercle inscrit dans le triangle BPQ vers le cercle (ω). Il est clair que H
envoie [PQ] vers [AS] et F1 vers D. Donc, elle envoie [F1 Q] vers [DS], ce qui implique que DS est
tangente à (ω). Le reste de la preuve est une chasse à l’angle, soit I le centre du cercle inscrit dans
le triangle ARS, et soit J le point d’intersection de (ω) avec [AI]. On veut montrer que J est le
et JF = JE,
centre du cercle inscrit dans le triangle AEF. Par symétrie, AJ est la bissectrice de FAE
d d d
donc EFJ = JEF = JFA (la seconde égalité est une conséquence de la tangence), on conclut que FJ
ce qui termine la preuve.
est une bissectrice de EFA,
Théorème 1
Soient f = H(H, k) et g = H(H ′ , k ′ ), alors :
# » # »
1 si kk ′ = 1 : f ◦ g = t #» où #»
u u = (k − 1)HH ′ (donc colinéaire à HH ′ ),
2 si kk ′
, 1 : f ◦ g est une homothétie de rapport kk ′ et de centre H ′′ , avec H ′′
barycentre de : {H(1 − k), H ′ (k(1 − k ′ ))}.
Soient (ω1 ), (ω2 ) et (ω3 ) trois cercles tels que les tangentes communes extérieures à (ω1 ) et
à (ω2 ) se coupent en H3 ; celles de (ω2 ) et (ω3 ) se coupent en H1 , et finalement celles de
(ω3 ) et (ω1 ) se coupent en H2 . Alors, les points H1 , H2 et H3 sont alignés.
Démonstration
ω1 bc
H1
A
r
ω3
E
F
r
B
r
bc
ω2
r
H2
C
r
D
r
H3
bc
Le point H3 est le centre de l’homothétie positive h1 qui envoie (ω1 ) sur (ω2 ), et le point H1 est le
centre de l’homothétie positive h2 qui envoie (ω2 ) sur (ω3 ). Le point H2 est le centre de l’homothétie
positive h3 qui envoie (ω1 ) sur (ω3 ). Donc, par unicité h3 = h2 ◦h1 , et les centres des trois homothéties
sont alignés.
✍ Le théorème reste vrai si on remplace exactement deux fois les tangentes communes ex-
térieures par les tangentes communes intérieures. La preuve est pratiquement la même
mais avec cette fois une homothétie négative qui est la composée d’une négative et d’une
positive.
Exemple 13
Soit ABC un triangle inscrit dans le cercle (Γ). On désigne par (ωa ) le cercle tangent à ses
côtés AB, AC et en plus tangent intérieurement à (Γ) au point A1 . On définit (ωb ), B1 , (ωc )
et C1 de façon analogue. Montrer que les droites (AA1 ), (BB1 ), (CC1 ) et (OI) sont concou-
rantes, où O et I sont respectivement le centre du cercle circonscrit et le centre du cercle
inscrit dans le triangle ABC .
A
b
H+
b
ω
b b
B ωa C
A1
2.1. HOMOTHÉTIES 93
Remarquons que A1 est le centre de l’homothétie positive entre (Γ) et (ωa ) (voir proposition 3),
et que A est le centre de l’homothétie positive entre (ωa ) et le cercle inscrit (ω). Donc, la droite
(AA1 ) passe par le centre H + de l’homothétie positive entre (ω) et (Γ). De même, les droites (BB1 )
et (CC1 ) passent par H + . Finalement, comme l’homothétie qui envoie (ω) vers (Γ) envoie aussi I
vers O, alors le point H + appartient à (OI).
Exemple 14
b A
ωa
K b N
b
b
X
ωc b
D
B b
b
b
L b
M
Q
P b b b
On désigne par (ωa ), (ωb ) et (ωc ) les cercles inscrits dans les quadrilatères AKXN , BLXK et CMXL
respectivement. Soit (ωd ) le cercle tangent à [XM], à [XN ) et à [MD). On se propose de montrer
que (ωd ) est tangent aussi à (DN ). On envoie tout d’abord (ωa ) vers (ωc ) via (ωb ). Comme P est
le centre de l’homothétie positive entre (ωa ) et (ωb ), et Q est le centre de l’homothétie positive
entre (ωb ) et (ωc ), alors le centre de l’homothétie positive entre (ωa ) et (ωc ), que l’on appelle H,
appartient à la droite (PQ).
Ensuite, on envoie (ωa ) vers (ωd ) via (ωc ). Comme avant, on montre que le centre de l’homothétie
positive entre (ωa ) et (ωd ) appartient à (HP) qui coïncide avec (PQ). Or, ce centre doit aussi appar-
tenir à la tangente commune extérieure (QK) de (ωa ) et (ωd ), par suite le centre de l’homothétie
positive entre (ωa ) et (ωd ) est en fait le point Q. Finalement, puisque (ωa ) est tangent à (QA), alors
il est l’image de (ωd ) par l’homothétie de centre Q.
2.1.3 Exercices
Soit ABC un triangle dont les angles sont aigus et soit (Γ) son cercle circonscrit. Soit (l)
une droite tangente à (Γ). Soient (la ), (lb ), (lc ) les droites symétriques de (l) par rapport
respectivement aux droites (BC), (CA), (AB). Montrer que le cercle circonscrit au triangle
déterminé par les droites (la ), (lb ), (lc ) est tangent à (Γ).
Solution. On donne, pour cet exercice très difficile, une solution utilisant les homothéties. Deux
autres solutions seront proposées dans le chapitre « quadrilatères ».
Soit (l) la tangente à (Γ) au point T . On pose {A1 } = (lb ) ∩ (lc ), {B1 } = (lc ) ∩ (la ), {C1 } = (la ) ∩
(lb ), {A2 } = (l) ∩ (la ), {B2 } = (l) ∩ (lb ) et {C2 } = (l) ∩ (lc ). Sans perte de généralité, on suppose que
l’ordre des points sur la droite (l) est le suivant : C2 , T , B2 et A2 . Soit I le centre du cercle inscrit
94 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
dans le triangle A1 B1 C1 . On considère le triangle A2 B1 C2 , il est clair que (AB) est la bissectrice
interne de B\ \
1 C2 A2 , et il est clair aussi que (BC) est la bissectrice interne de B1 A2 C2 . Par suite B
est le centre du cercle inscrit dans le triangle A2 B1 C1 . D’où (BB1 ) est la bissectrice de A\ 1 B1 C1 .
\
De façon similaire, (AA1 ) est la bissectrice de B1 A1 C1 , donc par symétrie on peut conclure que
les droites (AA1 ), (BB1 ) et (CC1 ) concourent au point I. Maintenant, notons que :
B\
1 A1 C1 A\C B A\B C
d = B\
BIC 1 IC1 = 90° + = 180° − 1 2 2 − 1 2 2 = AC
\ \ [
2 B2 + AB2 C2 = 180° − BAC,
2 2 2
ceci implique que I ∈ (Γ).
b
A2
C1
b
B2
b
C
TC b lb
b
b T
Γ
l b A1
b Q
b
P b
b
I
O
la
b b B b
A C2
lc
b
TB
B1
Soit O le centre de (Γ), et désignont par TB et TC les symétriques de T par rapport à (OB)
et (OC) respectivement. Il est clair que TB et TC appartiennent à (Γ). Notons que C\ 1 A2 T =
[ − COT
BOT [ d’où (TB TC ) (B1 C1 ). Soit TA le symétrique de T par rapport à (OA) on a alors
(TA TB ) (A1 B1 ) et (TC TA ) (C1 A1 ). Par conséquent il existe une homothétie qui envoie le tri-
angle TA TB TC vers le triangle A1 B1 C1 . Il suffit de montrer que le centre de cette homothétie
appartient à (Γ) car alors l’homothétie envoie (Γ) vers le cercle circonscrit au triangle A1 B1 C1 ,
et on aura ainsi le point de tangence entre les deux cercles. Soit Q le symétrique de T par
rapport à (BC). Il est clair que Q ∈ (B1 C1 ). Puisque :
T[
BQ = 2 T[
BC = T\
BTC
alors Q ∈ (BTC ) et de même Q ∈ (CTB ). Soit P le second point d’intersection de (B1 TB ) avec
(Γ), et posons {X} = (PTC ) ∩ (IC1 ). Il suffit de montrer que X = C1 . D’après le théorème de
Pascal (voir chapitre « quelques théorèmes, applications ») appliqué à TC BICTB P on conclut
que Q, B1 et X sont alignés, d’où X ∈ (B1 C1 ) ce qui implique que X = C1 , d’où P est le point de
tangence recherché.
2.1. HOMOTHÉTIES 95
Soit (ω2 ) un cercle tangent intérieurement à un plus grand cercle (ω1 ) au point A. Soit
[XY ] une corde de (ω1 ) tangente au cercle (ω2 ) au point B. On désigne par C le milieu de
, du cercle (ω1 ), ne contenant pas le point A.
l’arc XY
1 Montrer que les points A, B et C sont alignés.
2 Montrer que : CA · CB = CX 2 .
3 Montrer que le rayon du cercle circonscrit au triangle CBY est indépendant de la
position du point B.
Solution.
1. Considérons l’homothétie de centre A qui envoie (ω2 ) vers (ω1 ). Cette homothétie envoie
clairement la droite (XY ) vers une droite (d) parallèle à (XY ) et tangente à (ω1 ). Or il est clair
que ceci n’est possible que si la droite (d) touche (ω1 ) au point C, et puisque la droite (XY )
touche (ω2 ) au point B, on conclut que cette homothétie envoie B vers C, et ainsi les points
A, B et C sont alignés.
2. On sait, d’après l’exemple 4, que la droite (AC) est la bissectrice de XAY [ , donc CAY [ =
[ = CY
CAX [ B, d’où les triangles CY B et CAY sont semblables, ceci implique immédiatement
que CA · CB = CX 2 .
3. Soit L le second point d’intersection de la droite (AY ) avec le cercle (ω2 ). L’homothétie de
centre A et qui envoie (ω2 ) vers (ω1 ) envoie aussi B vers C d’après le lemme d’Archimède, et
elle envoie L vers Y , donc on a : (BL) (CY ). Si R est le rayon de (ω1 ) ; r le rayon de (ω2 ), et r1 le
BY r
rayon du cercle circonscrit au triangle CBY . On a = 1 puisque les triangles CY B et CAY
AY R
AL r
sont semblables, et on a = grâce à l’homothétie. Comme la droite (Y B) est tangente au
AY R
cercle (ω2 ), alors on déduit que : Y B2 = Y L · Y A. Par conséquent :
2 2
r1 BY LY AL r
= = = 1− = 1− .
R AY AY AY R
Donc r1 est fixe quel que soit le choix du point B.
Les cercles (Ω) et (ω) sont tangents au point P (avec (ω) à l’intérieur de (Ω)). Une corde
[AB] de (Ω) est tangente à (ω) au point C. La droite (PC) coupe (Ω) à nouveau au point Q.
Les cordes [QR] et [QS] de (Ω) sont tangentes à (ω). Soient I, X et Y les centres des cercles
d +PY
inscrits dans les triangles APB, ARB et ASB respectivement. Montrer que : PXI dI = 90°.
ne
Solution. Soient {T } = (ω) ∩ (QR) et {U} = (ω) ∩ (QS). Puisque Q est le milieu de l’arc AB
contenant pas P du cercle (Ω), on sait que QA = QX. De plus, par la question 2. du lemme
d’Archimède et la puissance d’un point on sait que : QT 2 = QC · QP = QA2 , d’où QT = QA =
[ donc puisque X est le centre du cercle inscrit dans
QX. Or la droite (RQ) bissecte l’angle ARB
ARB, alors X appartient à cette droite. Par suite X = T , et de même Y = U. Maintenant on sait
que QA = QI, d’où Q est aussi le centre du cercle circonscrit au triangle XIY . Par conséquent
XIY [
= 180°− RQS/2. D’après le lemme d’Archimède, on sait que la droite (PX) bissecte l’angle
[ et de même la droite (PY ) bissecte l’angle SPQ,
RPQ, [ d’où :
[ = RPS/2
XPY [
= 90° − RQS/2.
Par conséquent :
[
RQS [
RQS
[ = 180° −
− XPY
XIY − 90° − = 90°.
2 2
96 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Soient ABC un triangle, (ω) le cercle inscrit, et (ωa ) le cercle exinscrit relativement au
sommet A. On suppose que (ω) touche [BC] au point D. Soient D ′ ∈ (ω) le point diamé-
tralement opposé au point D , et {X} = (AD ′ ) ∩ (BC). Montrer que X est le point où (ωa )
touche [BC].
Lemme de Nagel : Si I et Ia sont respectivement les centres de (ω) et (ωa ) ; H le pied de la
hauteur issue de A dans le triangle ABC, et M le milieu de [AH]. Montrer que les droites
(XI) et (DIa ) se coupent en M.
Solution.
X H
Lemme de Nagel : soit X ′ ∈ (ωa ) le point ωa
D
Par conséquent, elle envoie le milieu de [DD ′ ] vers le milieu de [HA], par conséquent les points
X, I et M sont alignés. De plus, puisque (XX ′ ) (HA), il existe une homothétie de centre D qui
envoie [XX ′ ] vers [HA], elle envoie donc aussi le milieu de [XX ′ ] vers le milieu de [HA]. Par
suite les points D, Ia et M sont aussi alignés.
Soit ABC un triangle. On suppose que le cercle exinscrit relativement au sommet A touche
le côté [BC] au point X. On définit de même les points Y ∈ [AC] et Z ∈ [AB].
1 Montrer que les droites (AX), (BY ) et (CZ) sont concourantes en un point N appelé
point de Nagel.
2 Si G et I sont respectivement le centre de gravité et le centre du cercle inscrit, mon-
trer que les points I, G et N sont alignés dans cet ordre, et que de plus : GN = 2 · IG.
Solution. On suppose que le cercle inscrit touche [BC] au point D, et soit D ′ le point diamé-
tralement opposé au point D. On sait (voir exercice lemme de Nagel) que les points A, D ′ et
X sont alignés. Soit M le milieu de [BC], puisque M est le milieu de [DX], alors (IM) (AX).
L’homothétie de centre G et de rapport −2 envoie M vers A, et donc envoie la droite (IM) vers
la droite passant par A et parallèle à (IM), i.e. la droite (AX). Par conséquent, l’image de I par
cette homothétie appartient à la droite (AD). De même, elle appartient aussi aux droites (BE)
2.1. HOMOTHÉTIES 97
et (CF), et en conclusion l’image de I est N . Par suite, les points I, G et N sont alignés dans cet
ordre avec GN = 2 · IG.
b
A
D′ b Y
Z b b
b
I
b
G
N
b b b b b
B X M D C
Dans le plan on se donne un cercle C, une droite (l) tangente à ce cercle C et un point M
de (l). Trouver l’ensemble des points P du plan tels qu’il existe deux points Q et R de (l)
vérifiant les deux conditions :
⋄ M est le milieu du segment [QR] ;
⋄ C est le cercle inscrit au triangle PQR.
Solution. On suppose que C touche (l) au point D, et supposons que [DE] est un diamètre
du cercle C. Pour de tels points P, Q et R, la droite (PE) doit couper (l) en un point F tel que
MD = MF d’après l’exercice lemme de Nagel. Le point F dépend uniquement de M, (l) et C. Par
suite P doit appartenir à [FE) au-delà de E. Réciproquement, étant donné un point P ∈ [FE)
au-delà de E, on suppose que les tangentes à C issues de P coupent (l) en Q et R. On doit
avoir QF = RD, et donc il s’ensuit que M est le milieu de [QR]. Par conséquent, l’ensemble des
points recherchés est la demi-droite [FE) au-delà de E.
Exercice 7
Soient ABC un triangle, et M, N , P les milieux respectifs de [BC], [CA], [AB]. On désigne
par J, K et L les centres des cercles inscrits dans les triangles APN , BMP et CN M respecti-
vement.
1 Montrer que les triangles JKL et ABC sont semblables.
2 Montrer que les droites (JM), (KN ) et (LP) sont concourantes sur la droite (IG) où I
et G sont respectivement le centre du cercle inscrit et le centre de gravité du triangle
ABC.
Solution.
b
A
J
b
P b b N
I b
b
b G b
K L C
B b b b
1. Les droites (PN ), (MN ) et (PM) coupent le triangle ABC en quatre triangles APN , PBM,
N MC et MN P qui ont tous la même orientation que celle du triangle ABC. Il suffit de mon-
trer que le triangle JKL possède aussi cette orientation. En considérant les triangles CN M et
98 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
BMP on voit facilement que KL = PN et (KL) (PN ). En faisant le même raisonnement pour
les autres côtés, on conclut que les triangles JKL et ABC sont semblables.
2. D’après la première question, on sait que les triangles JKL, ABC et MN P sont semblables
avec les côtés correspondants deux à deux parallèles. Les droites sont alors concourantes en
un point X de l’homothétie (en fait symétrie centrale dans ce cas) qui envoie le triangle JKL
vers le triangle MN P. Pour montrer la dernière partie de l’exercice on va utiliser la composée
des homothéties. Notons tout d’abord que les droites (AJ), (BK) et (CL) sont les bissectrices
des angles du triangle ABC, donc elles sont concourantes au point I. Par suite l’homothétie
positive qui envoie le triangle JKL vers le triangle ABC a pour centre I, et l’homothétie néga-
tive qui envoie le triangle ABC vers le triangle MN P a pour centre le point G et est de rapport
−1/2. Ainsi, leur composée est l’homothétie négative qui envoie le triangle JKL vers le triangle
MN P, elle a pour centre X, et ainsi les points I, G et X sont alignés.
Solution. Soient A′ , B′ , C ′ et D ′ les projections orthogonales de O sur les côtés AB, BC,
CD et DA respectivement. Si on montre que les points A′ , B′ , C ′ et D ′ sont cocycliques,
alors on déduit que les symétriques de O par rapport aux droites AB, BC, CD et DA sont
aussi cocycliques en considérant l’homothétie H(O, 2). Remarquons que les quadrilatères
A′ BB′ O, B′ CC ′ O, C ′ DD ′ O et D ′ AA′ O sont cycliques avec diamètres BO, CO, DO et AO res-
pectivement. On utilise cette propriété pour montrer que A\ ′ D ′ C ′ + C\
′ B′ A′ = 180°.
En effet, on a :
A\ \
′ D′ C ′ = A \
′ D ′ O + OD [ + ODC
′ C ′ = BAO \ et de même C\ \
′ B′ A′ = C \
′ B′ O + OB \ + OBA,
′ A′ = DCO [
et en considérant les triangles rectangles DOC et AOB on voit que la somme des ces angles est
égale à 180°.
Soient ABC un triangle, et (ω) son cercle inscrit. On désigne par D1 et E1 les points de
tangence de (ω) avec les côtés BC et AC respectivement. D2 et E2 sont les points des côtés
BC et AC tels que CD2 = BD1 et CE2 = AE1 , et soit P le point d’intersection des segments
[AD2 ] et [BE2 ]. Le cercle (ω) coupe le segment [AD2 ] en deux points dont le plus proche
du sommet A est noté Q. Montrer que AQ = D2 P.
Soient ABC un triangle, H son orthocentre, O le centre du cercle circonscrit, et R son rayon.
Soient D le symétrique de A par rapport à la droite (BC) ; E le symétrique de B par rapport
à la droite (CA), et F le symétrique de C par rapport à la droite (AB).
Montrer que les points D, E et F sont alignés si, et seulement si, OH = 2 R.
Solution. Rappelons que le centre O9 du cercle des neuf points d’un triangle ABC est le mi-
lieu du segment [OH]. Donc la relation OH = 2 R est vraie si, et seulement si, O9 appartient
au cercle circonscrit au triangle ABC. La présence d’un point sur un cercle et la demande
d’alignement des points devraient nous rappeler la droite de Simson. Si X, Y et Z sont les pro-
jections de O9 sur les droites (BC), (CA) et (AB), alors O9 appartient au cercle circonscrit au
triangle ABC si, et seulement si, les points X, Y et Z sont situés sur une même droite. On se
propose de montrer maintenant que les points D, E et F sont les images respectives de X, Y et
Z par une certaine homothétie, ceci permet alors de conclure. Le centre de cette homothétie
est le point G centre de gravité du triangle ABC, et son rapport est 4. En effet, soient M le
milieu de [BC], et A0 le pied de la hauteur issue de A . Comme A0 et M appartiennent tous
les deux au cercle des neuf points du triangle ABC alors on a : O9 A0 = O9 M, et ainsi X est le
milieu de [A0 M]. En appliquant le théorème de Ménélaüs au triangle AA0 M et les points D, X
et G on obtient :
AD A0 X MG 2 1 1
· · = · · = 1.
DA0 XM GA 1 1 2
Par conséquent, les points G, X et D sont alignés. Finalement, soit G0 le projeté orthogonal de
G sur BC, alors comme le point G « trissecte » la médiane et AA0 = A0 D, donc on déduit que :
GX GG0 1
= = , ce qui permet de conclure.
XD AA0 3
2.2 Rotations
Définition (Rotation)
Proposition 6
Soient (d) et (d ′ ) deux droites qui se coupent en un point O en formant un angle θ. Soient
s la symétrie d’axe (d), et s ′ la symétrie d’axe (d ′ ). Alors, s ′ ◦ s est la rotation de centre O et
d’angle 2θ.
100 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Proposition 7
⋄ Soient A, B, A′ et B′ quatre points du plan. Alors, il existe une homothétie ou une transla-
tion qui envoie A sur A′ et B sur B′ si, et seulement si, AB = A′ B′ . De plus, dans ce cas, une
telle transformation est unique.
⋄ Soient O, A et A′ trois points du plan avec OA = OA′ . Alors, il existe une unique rotation
\′ .
de centre O qui envoie A sur A′ , et l’angle de la rotation est AOA
Exemple 15
Soient (d1 ), (d2 ) et (d3 ) trois droites parallèles. Construire un triangle équilatéral ABC
ayant un sommet sur chacune des trois droites.
On choisit A arbitrairement sur (d1 ). Pour tout point B ∈ (d2 ), le point C doit être tel que ABC soit
un triangle équilatéral. On prend alors C = r(B) où r est la rotation de centre A et d’angle 60°.
Le point C doit appartenir à (d3 ) et à r(d2 ) (elles se coupent car (d2 ) et (d3 ) sont parallèles et la
rotation r tourne (d2 ) de 60°).
Exemple 16
[′ = 45° et FF ′ = 22 + 22 = 2 2.
par suite AFF
b b
A D
√
Les trois côtés de F ′ FB ont pour longueurs 2 2, 1 et 3. C’est donc un triangle rectangle. Par
= AFF
conséquent AFB [′ + F[ ′ FB = 45° + 90° = 135°.
Exemple 17
AB = AE, BC + DE = CD et [ + AED
ABC [ = 180°.
[ = ADC
Montrer que ADE [.
On fait une rotation du triangle AED autour du point A, dans le sens trigonométrique, jusqu’à
[ + ABD
ce que le point E arrive au point B, ceci est possible car AB = AE. Puisque ABC \′ = ABC [+
[ ′
AED = 180°, on conclut que les points D , B et C sont alignés. Maintenant, comme CD = BC +
DE = BC + BD ′ = CD ′ et AD ′ = AD, on trouve que AD ′ CD est un losange, ce qui veut dire que
[ = AD
ADC \ [
′ C = ADE.
Exemple 18
= 45°.
Soit ABCD un carré. Les points E ∈ [BC] et F ∈ [CD] sont tels que EAF
Si G ∈ [EF] est tel que (AG) ⊥ (EF), montrer que AG = AD .
2.2. ROTATIONS 101
E′ D F C
Il s’ensuit que E[ \
′ AF = E [ = EAB
′ AD + DAF [ = 45°. Les triangles AE ′ F et AEF sont isomé-
+ DAF
triques, donc leurs hauteurs AG et AD doivent être égales.
Exemple 19
Soit ABCD un carré. Les points E ∈ [CD] et F ∈ [BC] sont tels que (AF) est la bissectrice
. Montrer que AE = DE + BF .
interne de l’angle EAB
+ DAE
FAB [ = DAE [ + FAE = 90° − BAF = AFB
= F′ D E C
b
F.
′
Exemple 20
√
Soit P un point à l’intérieur du triangle équilatéral ABC avec PA = 2, PB = 2 3 et PC = 4.
Déterminer les longueurs des côtés du triangle ABC .
ral, d’où PP ′ = BP = 2 3. B b b A
Exemple 21
On fait une rotation, dans le sens trigonométrique, du triangle BPC autour du point B et
d’angle 60°. Alors C est envoyé vers A, et P est envoyé vers un point P ′ . Comme dans l’exemple
précédent, le triangle BPP ′ est équilatéral, d’où PP ′ = BP = 4. D’autre part, AP ′ = PC = 5 et
= APP
AP = 3. Ainsi, APP ′ est un triangle rectangle en P. Par conséquent, APB [′ + P[ ′ PB = 90° +
60° = 150°.
102 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Exemple 22
[ = 125°.
= 115° et BPC
Soit P un point à l’intérieur du triangle équilatéral ABC tel que APB
Déterminer les mesures des angles internes du triangle dont les côtés sont PA, PB et PC .
On fait une rotation, dans le sens trigonométrique, du triangle BPC autour du point B et
d’angle 60°. Il est facile de voir que les côtés du triangle APP ′ sont AP, BP et CP. Par conséquent :
[
AP [
′ P = AP [
′ B − PP [ − 60° = 125° − 60° = 65°,
′ B = BPC
[′ = APB
APP [′ = 115° − 60° = 55°,
− BPP
[′ = 180° − AP
PAP [ [′ = 180° − 65° − 55° = 60°.
′ P − APP
Exemple 23
On fait une rotation, dans le sens trigonométrique, du triangle ADB autour du point A de
sorte que le point B soit envoyé vers le point C (ceci est possible car AB = AC). Si D ′ est l’image
de D par cette rotation, alors puisque AD = AD ′ on déduit que ADD\′ = AD \ ′ D. Par conséquent :
[ > ADC
ADB [ =⇒ AD \ [ =⇒ DD
′ C > ADC \ \
′C > D ′
′ DC =⇒ DC > D C =⇒ DC > DB.
Exemple 24
B E C
Comme ABC est acutangle et EDF [ = 90°, alors ADF est aussi acutangle, donc DEBF ′ est
convexe, et on a : [DEF] = [EDF ] < [EDF ′ B] = [BDE] + [BDF ′ ] = [BDE] + [ADF].
′
Exemple 25
Soient ABC et AMN deux triangles directement semblables, et tous les deux isocèles en A.
On note O le centre du cercle circonscrit au triangle ABM . Montrer que :
[ = MAN
On pose θ = BAC \ . Soit r la rotation de centre A et d’angle θ, alors on a r(B) = C et
′
r(M) = N . De plus, O = r(O) est le centre du cercle circonscrit au triangle ACN . Ainsi, les points
O, C, N et A sont cocycliques ⇐⇒ O est sur le cercle de centre O ′ passant par A, C et N , donc si
\′ = θ.
et seulement si O ′ O = O ′ A. Or, O ′ = r(O), donc le triangle O ′ OA est isocèle en A avec OAO
′ ′ ′
D’où O O = O A ⇐⇒ O OA est un triangle équilatéral ⇐⇒ θ = 60° ⇐⇒ ABC est équilatéral.
2.2. ROTATIONS 103
O′ b
b N
b
A
b
B b b
C
O
b
M
2.2.1 Exercices
Exercice 11
Quatre carrés sont construits extérieurement sur les côtés d’un parallélogramme.
Montrer que les centres de ces quatre carrés sont les sommets d’un carré.
Solution. Soit A1 A2 A3 A4 le parallélogramme en question (on suppose qu’il est orienté positi-
vement). Soit Oij le centre du carré construit sur le côté Ai Aj en dehors de A1 A2 A3 A4 (voir
figure). Considérons les rotations r1 et r2 d’angle 90° et de centres O12 et O23 respectivement.
Alors r2 (A3 ) = A2 et r1 (A2 ) = A1 , par suite (r1 ◦ r2 )(A3 ) = A1 . Or, r1 ◦ r2 est une rotation d’angle
90° + 90° = 180°, i.e. c’est une symétrie centrale. Or, comme r1 ◦ r2 (A3 ) = A1 , le centre de
cette symétrie est le milieu O du segment [A1 A3 ], donc c’est le centre O du parallélogramme
A1 A2 A3 A4 . Notons que r1 ◦ r2 (O23 ) = r1 (r2 (O23 )) = r1 (O23 ) = Q où le point Q est défini par les
conditions : O12 Q = O12 O23 et O23 \ O12 Q = 90°. Comme r1 ◦ r2 est la symétrie par rapport à
O, alors O est le milieu de [O23 Q] qui est l’hypoténuse du triangle rectange isocèle O23 QO12 .
Donc, O12 O23 O est un triangle isocèle rectangle avec (OO12 ) ⊥ (OO23 ) et OO12 = OO23 .
De même, on a :
O34
b
A4
O41 b b
A3
b
O
b O23
b
b b
A1
A2
O12
Exercice 12
Les carrés de centres P, Q et R sont construits extérieurement sur les côtés d’un triangle
ABC. Les carrés de centres X, Y et Z sont construits intérieurement sur les côtés du triangle
PQR. Montrer que X, Y et Z sont les milieux des côtés du triangle ABC.
104 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Solution. Soient P et Q les centres respectifs des carrés construits extérieurement sur les côtés
BC et CA du triangle ABC. On désigne par C1 le milieu de [AB]. Pour répondre à la question
posée, nous devons prouver que :
C1 Q = C1 P et \
PC 1 Q = 90°. (1)
On suppose que le triangle ABC est orienté positivement, et considérons les rotations r1 et r2 ,
d’angle 90°, et de centres P et Q respectivement. On a C = r2 (A) et B = r1 (C), i.e. r1 ◦ r2 (A) = B.
L’angle de la rotation r1 ◦ r2 est égal à 90° + 90° = 180°, c’est donc une symétrie centrale par
rapport à un point. Or, puisque r1 ◦ r2 (A) = B, alors ce centre de symétrie est le milieu C1 de
[AB]. Soit Q1 le symétrique de Q par rapport à C1 , alors : Q1 = r1 ◦r2 (Q) = r1 (r2 (Q)) = r1 (Q) (car
Q est le centre de r2 ). Donc, r1 envoie Q vers Q1 , et par suite QQ1 P est un triangle rectangle
isocèle. Le point C1 est le milieu de l’hypoténuse, et on conclut que la relation (1) ci-dessus est
vraie.
Exercice 13
Solution.
N
positivement. Considérons la rotation r1 de b
C
b
O1
Donc, r2 ◦ r1 est une symétrie par rapport à un certain point. Comme r2 ◦ r1 (A) = B, alors ce
point est le milieu P de [AB]. Soit O1 le symétrique de O par rapport à P, alors O1 = r2 ◦r1 (O) =
r2 (r1 (O)) = r2 (O), ce qui veut dire que OO1 M est un triangle équilatéral. Comme P est le milieu
de [OO1 ] (car O1 est le symétrique de O par rapport à P), on conclut que les angles de OPM
sont égaux à : 60°, 90° et 30°.
Exercice 14
Soit ABCD un carré de côté 1. Les points P, Q, M et N sont situés sur les côtés AB, BC, CD
et DA respectivement et tels que : AP + AN + CQ + CM = 2. Montrer que (PM) ⊥ (QN ).
Solution. On utilise pour cet exercice une propriété de la rotation, à savoir : « si la rotation
R(O, θ) envoie une droite (AB) vers une droite (A1 B1 ), et si P est le point d’intersection des
deux droites, alors ces deux droites s’intersectent en formant un angle θ ». En effet, l’égalité
[ = OA
OAB \ \
1 B1 implique que les points O, A, P et A1 sont cocycliques de sorte que BPB1 =
\1 = θ. On considère la rotation R(A, 90°). Elle envoie B vers D, C vers C1 , D vers D1 , Q
AOA
vers Q1 et N vers N1 . Alors AN = AN1 et CQ = C1 Q1 . D’où :
Donc, PMQ1 N1 est un parallélogramme et (MP) (Q1 N1 ). D’après la propriété citée ci-haut,
les droites (QN ) et (Q1 N1 ) se coupent en formant un angle de 90°. En conclusion, (PM) ⊥ (QN ).
2.3. SIMILITUDES 105
b b b b b
C1 Q1 D
M C
N
b
Q
b
D1 N1 A P B
b b b b b
Solution.
[ envoie C vers B.
Donc la rotation R(E, CEB)
D
2.3 Similitudes
En géométrie euclidienne, une similitude est une transformation qui multiplie toutes les dis-
tances par une constante fixe, appelée son rapport. L’image de toute figure par une telle applica-
tion est une figure semblable, c’est-à-dire intuitivement « de même forme ».
Les isométries, c’est-à-dire les transformations qui conservent les distances sont des cas parti-
culiers de similitudes ; elles transforment des figures en des figures de même forme et de même
taille. Les autres similitudes sont les composées d’une isométrie et d’une homothétie qui agrandit
ou réduit la taille des figures. Parmi les similitudes, certaines conservent l’orientation. Elles sont
appelées similitudes directes et les autres sont appelées similitudes indirectes.
Dans le plan, les translations, les rotations, les symétries axiales, les homothéties sont des cas
particuliers de similitudes.
Si on considère, dans le plan euclidien, une transformation, c’est-à-dire une bijection du plan
dans lui-même, f , les propositions suivantes sont équivalentes :
⋄ f multiplie les distances par un réel strictement positif k ;
⋄ f conserve les rapports de distances ;
⋄ f conserve les angles géométriques (c’est-à-dire les mesures d’angles non orientés).
Une transformation du plan qui vérifie ces propositions est appelée une similitude du plan.
Les similitudes qui conservent les angles orientés sont appelées des similitudes directes, les autres
similitudes sont appelées indirectes. On démontre que les similitudes indirectes planes changent
tous les angles orientés en leur opposé.
106 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Définition
G
B b
b
F
b B′ A′ b
C b b E
b
b
A E′
b
G′
b
b
b
S
S′
C′ b
F′ b
Proposition 8
A′ B′ A′ C ′ B′ C ′ \ \ \
= = =k et (AB, A′ B′ ) = (AC, A′ C ′ ) = (BC, B′ C ′ ) = θ,
AB AC BC
Supposons que X ∈ Γ le cercle circonscrit au triangle ABC. Si X coïncide avec l’un des sommets
du triangle, alors le résultat est clair. De plus, si X est opposé diamétralement à l’un des sommets
(disons A par exemple), alors Q = C, R = B et c’est fini. Sinon, on considère les triangles rectangles
XPC et XRA. La cocyclicité des points A, B, C et X donne (XA, \ \
XB) = (XC, CB), ce qui veut dire
que les triangles sont directement semblables. On considère maintenant la similitude de centre
X qui envoie P vers C, et donc R vers A, et notons par Q ′ l’image de Q par cette similitude. Alors,
Q ′ ∈ (AC) et l’alignement des points P, Q et R découle de l’alignement de leus images C, Q ′ et A.
La preuve de l’autre sens se fait avec les mêmes arguments.
2.3. SIMILITUDES 107
Proposition 9
Preuve
B B
b b
A′ A′
b b
b
B′
b
b b b b
B′
S A S A
Proposition 10
Soient A, B, A′ et B′ quatre points dans le plan tels que trois quelconques parmi eux ne sont
pas alignés. On suppose que les droites (AB) et (A′ B′ ) se coupent au point P. Alors, il existe
une unique similitude qui envoie A vers A′ et B vers B′ . Le centre de cette similitude est le
second point d’intersection des cercles circonscrits aux triangles AA′ P et BB′ P.
Preuve
b
B
S
b
B
b
A′ P
b
b
b
A
b
b B′
A
b b
b
P
A′ b
B′
S
Pour que S soit le centre de la similitude S (S, k, θ) qui envoie AB vers A′ B′ , on doit avoir
\
(SA, \
SA′ ) = (SB, \
SB′ ) = (AB, A′ B′ ) = θ, donc S doit appartenir aux cercles circonscrits aux
triangles AA P et BB P. Il nous reste à montrer que les triangles SAA′ et SBB′ sont direc-
′ ′
108 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
\
tement semblables. On sait déjà que (SA, \
SA′ ) = (SB, SB′ ), et en utilisant les deux cercles
circonscrits on obtient :
(A\
′ A, AS) = (A\
′ P, PS) ≡ (B\
′ P, PS) = (B\
′ B, BS),
et donc les deux triangles SAA′ et SBB′ sont semblables (critère angle-angle).
Si les cercles circonscrits aux triangles AA′ P et BB′ P sont tangents, alors la similitude
devient une homothétie de centre P.
Proposition 11
Preuve
(2) Notons tout d’abord qu’une telle similitude existe. Soient A et B deux points de (ω),
et désignons par A′ , B′ ∈ (ω ′ ) leurs images par S . Puisque les triangles SAB et SA′ B′ sont
semblables, alors par (1), la droite (AA′ ) passe par P. On a montré que l’(unique) image
de A par S est le second point d’intersection de AP avec (ω ′ ), ce qui permet de conclure.
[ = CAD
BAC [ = DAE,
[ [ = DCA
CBA [ = EDA.
[
On désigne par P le point d’intersection des droites (BD) et (CE). Montrer que la droite
(AP) passe par le milieu du segment [CD].
Soient (ω1 ) et (ω2 ) les cercles circonscrits aux triangles BAC et DAE respectivement. Notons
que les triangles BAC, CAD et DAE sont deux à deux semblables (critère angle-angle). Considé-
rons la similitude qui envoie le triangle ABC vers le triangle ADE. Alors, on sait que P est aussi
le second point d’intersection de (ω1 ) avec (ω2 ). Puisque CBA [ = DCA[ et ADC [ = AED,
[ il s’ensuit
que (CD) est tangente à (ω1 ) et à (ω2 ). Par conséquent, le milieu de [CD] a la même puissance par
rapport aux cercles (ω1 ) et (ω2 ), à savoir 21 CD 2 , donc il appartient à leur axe radical AP.
2.3. SIMILITUDES 109
ω2
A
ω1 b
b
E
b
B
P
b
b b
C D
Soit ABCD un quadrilatère. On suppose que les demi-droites [BC) et [AD) se coupent au
point Q, et les demi-droites [BA) et [CD) se coupent au point R. Soient (ω1 ), (ω2 ), (ω3 ) et
(ω4 ) les cercles circonscrits aux triangles RAD, RBC, ABQ et CDQ respectivement. Alors,
les cercles (ω1 ), (ω2 ), (ω3 ) et (ω4 ) passent par un point commun M, que l’on appelle point
de Miquel du quadrilatère ABCD.
Preuve
Q
b
ω1 M ω3
b
b C
ω2
b ω4
D
b b b
R B
A
D’après la proposition 10, le second point d’intersection M (M , R) de (ω1 ) avec (ω2 ) est
le centre de la similitude qui envoie A vers D et envoie B vers C. D’après la proposition
9 il est aussi le centre de la similitude qui envoie A vers B et envoie D vers C, donc grâce
à la proposition 10 ce point appartient aux cercles (ω3 ) et (ω4 ). En conclusion, les quatre
cercles (ω1 ), (ω2 ), (ω3 ) et (ω4 ) passent par le point de Miquel M du quadrilatère ABCD.
Soit ABCD un quadrilatère tel que les côtés opposés ne sont pas parallèles. Soient E ∈ [AD]
AE BF
et F ∈ [BC] tels que = . On suppose que la demi-droite [FE) coupe les demi-droites
ED FC
[BA) et [CD) en S et T respectivement. Montrer que les cercles circonscrits aux triangles
SAE, SBF, T CF et T DE passent par un point commun.
Soit M le centre de la similitude S qui envoie A vers B et D vers C. Alors, elle envoie AD vers BC,
et comme les points E et F divisent ces segments dans le même rapport, alors elle envoie aussi
E vers F. Par suite, S envoie [AE] vers [BF] et envoie [ED] vers [FC], ce qui montre que M est
le point de Miquel des quadrilatères ABFE et EFCD. Donc, il appartient aux cercles circonscrits
aux triangles SAE, SBF, T CF et T DE.
110 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
b
M C
b
D
b
F
T b
b
E
b b b
S
A B
Exemple 29
On considère, dans le plan, les deux carrés ABCD et A′ B′ C ′ D ′ (les sommets sont dans le
sens trigonométrique). On désigne par A1 , B1 , C1 et D1 les milieux respectifs des segments
[AA′ ], [BB′ ], [CC ′ ] et [DD ′ ]. Montrer que A1 B1 C1 D1 est un carré.
deux semblables. S
Puisque [SA1 ], [SB1 ], [SC1 ] et [SD1 ] sont des médianes de triangles semblables, alors les triangles
SA1 \
ASA1 , BSB1 , CSC1 et DSD1 sont semblables. Par conséquent, la similitude S S, , (SA, SA1 )
SA
envoie le carré ABCD vers A1 B1 C1 D1 , ce qui implique que A1 B1 C1 D1 est en fait un carré.
Exemple 30
Les cercles (ω1 ) et (ω2 ), de centres respectifs O1 et O2 , se coupent aux points P et S . Les
points A, D de (ω1 ), et B, C de (ω2 ) sont tels que les segments [AC] et [BD] se coupent en
P . Soient M, N et O les milieux respectifs de [AC], [BD] et [O1 O2 ].
Montrer que O est le centre du cercle circonscrit au triangle MN P .
C
D b
b
ω2
ω1 P
b
M
b N
b
b b b
O2
O1 O
b b
b
B
A S
2.3. SIMILITUDES 111
D’après la proposition 11 (2), S est le centre de la similitude qui envoie A vers C, D vers B, (ω1 )
vers (ω2 ), et aussi O1 vers O2 . Comme le triangle SAD « glisse » vers le triangle SCB, alors le
centre O1 de son cercle circonscrit glisse le long de O1 O2 et puisque P et S sont symétriques par
rapport à (O1 O2 ), son cercle circonscrit passe tout le temps par P. En regardant la situation au
milieu de son chemin (i.e. lorsque O est le milieu de [O1 O2 ]), on déduit que les points S, M, N
et P appartiennent au cercle de centre O. Donc, O est le centre du cercle circonscrit au triangle
MN P.
2.3.1 Exercices
Exercice 16
Soit ABC un triangle acutangle et scalène. On construit extérieurement sur les côtés [AB]
et [BC] les rectangles isométriques ABMN et BCKL (MB = N A = BC = LK et AB = MN =
BL = CK). Montrer que les droites (AL), (N K) et (MC) sont concourantes.
Exercice 17
BM AN
Soient ABC un triangle, et M ∈ [AB], N ∈ [AC] sont tels que = .
MA N C
Montrer que les cercles circonscrits aux triangles AMN passent tous par un point fixe
différent de A.
AC \
Solution. La similitude S S, , (BA, AC) envoie [BA] vers [AC] (dans cet ordre des sommets).
AB
Puisque les points M et N divisent les segments correspondants dans le même rapport, alors
S envoie aussi M vers N . D’où (MS, \ \
SN ) = (BA, AC). Par suite, AMSN est un quadrilatère
cyclique, ce qui permet de conclure.
Soient ABC un triangle, et D un point situé dans son intérieur. On considère les points E
et F tels que les triangles AFB, CEA et CDB soient semblables, les points B et E sont situés
de part et d’autre par rapport à (AC), et les points C et F sont de part et d’autre par rapport
à (AB). Montrer que AEDF est un parallélogramme.
Solution.
b
A
F
b E
b
D
b b
B C
\
Posons θ = (CE, CA) et k = CA/CE. Alors, la similitude S (C, k, θ) envoie E vers A et D vers B.
\
Donc, elle envoie ED vers AB et par suite (ED, AB) = θ. Comme (AF,\ AB) = θ, alors (ED) (AF).
De même, on obtient (FD) (AE).
112 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Soit ABC un triangle. On construit, extérieurement au triangle ABC, les triangles équi-
latéraux BCD, CAE et ABF. Montrer que les centres de gravité, A1 , B1 et C1 , de ces trois
triangles forment un triangle équilatéral.
√
Solution. La similitude S (C, 3, +30°) envoie√le point B1 vers A et le point A1 vers D. Donc,
elle envoie
√ B1 A1 vers AD et par √suite AD = 3 · B1 A1 . Le même argument avec la similitude
S (B, 3, −30°) montre que AD = 3 · C1 A1 . Par conséquent, B1 A1 = C1 A1 , et de la même façon
on obtient B1 A1 = B1 C1 . Donc, A1 B1 C1 est un triangle équilatéral.
Solution. On considère les cercles (ω1 ) et (ω2 ), de diamètres respectifs [AB] et [AC], et se cou-
pant aux points A et D. On est dans la situation d’appliquer la proposition 11. L’alignement des
points E, D, F, et l’alignement des points B, D, C impliquent que la similitude de centre A qui
envoie (ω1 ) vers (ω2 ) envoie aussi le triangle AEB vers le triangle AFC. Comme la « moyenne »
de ces deux triangles est le triangle AN M (en effet N est le milieu de [EF] et M est le milieu
de [BC]), alors il a la même forme, d’où (AN )⊥(MN ).
A ω2
ω1
b
b
E
N M
b
b b
b
B C
D
b
Soit ABC un triangle avec AB = AC. On désigne par D et M les milieux respectifs de [BC]
\
et [AD]. On note par N le projeté orthogonal de D sur (BM). Montrer que AN C = 90°.
Solution.
Les triangles
BN D et DN M sont semblables (critère angle-angle), donc la similitude
S N, N D
NB , +90° envoie le segment [BD] vers le segment [DM]. Puisque les triplets de points
(B, D, C) et (D, M, A) vérifient BD = DC et DM = MA, alors la similitude S envoie aussi C vers
A, et par suite \AN C = 90°.
Soit ABCD un quadrilatère tel que BC = DA et (BC) non parallèle à (DA). Soient E et F
deux points variables situés respectivement sur les côtés [BC] et [DA] tels que BE = DF.
Les droites (AC) et (BD) se coupent en P, les droites (BD) et (EF) en Q et les droites (EF)
2.3. SIMILITUDES 113
et (AC) en R. Montrer que, lorsque les points E et F varient, les cercles circonscrits aux
triangle PQR passent par un même point fixe, distinct de P.
Solution.
S
DAP. Or dans notre cas, R envoie aussi BE b
Avec toutes ces propriétés, il n’est pas difficile de deviner que le point S est celui qu’on cherche.
En effet, grâce aux quadrilatères cycliques BCPS et ECRS on conclut que :
\
(SR, \
RQ) ≡ (SR, \
RE) = (SC, \
CE) ≡ (SC, \
CB) = (SP, \
PB) ≡ (SP, PQ),
où on a utilisé les angles orientés pour couvrir tous les cas possibles.
Les points A1 , B1 et C1 sont situés respectivement sur les côtés [BC], [CA] et [AB] d’un
triangle ABC. Les cercles circonscrits aux triangles AB1 C1 , BC1 A1 , CA1 B1 coupent le cercle
circonscrit (ω) au triangle ABC, une seconde fois, aux points A2 , B2 et C2 respectivement.
Les points A3 , B3 et C3 sont les symétriques respectifs de A1 , B1 et C1 par rapport aux
milieux des côtés [BC], [CA] et [AB].
Montrer que les triangles A2 B2 C2 et A3 B3 C3 sont semblables.
Solution.
A2
A b
b
ω
B2
b b
C1
B1
b
b
B3
C3 b
b b b
b
B A1 A3 C
b
C2
b qui, pour
Tout d’abord, on va identifier A2 comme étant le centre de la similitude S (A2 , k, A)
un certain k, envoie C1 vers B1 et B vers C. Alors, elle envoie BC1 vers CB1 , par suite son
rapport est égal à k = CB1 /BC1 . Ceci nous donne une chance d’utiliser la définition de B3 et
C3 , comme on a BC1 = AC3 et CB1 = AB3 et donc aussi k = AB3 /AC3 . Les triangles AB3 C3 et
A2 CB sont semblables (critère côté-angle-côté). De même, les triangles BC3 A3 et B2 AC sont
114 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
semblables, et les triangles CA3 B3 et C2 AB sont semblables. En utilisant les angles orientés :
\
(C3 A \ \ \ \
3 , A3 B3 ) = (C3 A3 , BC) + (BC, A3 B3 ) = (AC, CB2 ) + (C2 B, BA)
= (AA\ \ \
2 , A2 B2 ) + (C2 A2 , A2 A) = (C2 A2 , A2 B2 ).
Avec des arguments similaires, on conclut que les triangles A2 B2 C2 et A3 B3 C3 sont semblables.
Soit ABC un triangle équilatéral. Les points M ∈ [AB] et P ∈ [CB] sont tels que (MP) (AC).
Le centre de gravité du triangle MBP est noté D, et le milieu de [PA] est noté E.
Déterminer les angles du triangle DEC.
Solution. Soient H et K les milieux respectifs de [PM] et [PB]. Remarquons que la similitude
S (D, 1/2, −60°) envoie P vers H, et B vers K, donc elle envoie PB vers KH. Les points H, K et
E sont alignés car ce sont les milieux respectifs de [PM], [PB] et [PA]. Notons que BC/BP =
BA/BM = KE/KH, ce qui implique que la similitude S (D, 1/2, −60°) envoie C vers E. Donc,
[ = 60° et DE = DC/2. D’où on a : DEC
EDC [ = 90° et DCE[ = 30°.
b+ D
Soit ABCDEF un hexagone convexe tel que B b+Fb = 360° et AB · CD · EF = 1.
BC DE FA
Montrer que :
BC AE FD
· · = 1.
CA EF DB
2.4 Exercices
Exercice 27
Soit ABCD un quadrilatère convexe tel que les cercles inscrits dans les triangles ABC et
ADC soient tangents. Montrer que le quadrilatère ABCD admet un cercle inscrit.
Solution. Soient T , S et R les points de tangence du cercle inscrit dans le triangle ADC avec les
côtés AD, DC et AC respectivement. Soient P, Q et R les points de tangence du cercle inscrit
dans le triangle ABC avec les côtés AB, BC et CA respectivement. Remarquons que le point
R ∈ [AC] est le point de contact entre les deux cercles inscrits. On a :
AB + CD = AP + BP + CS + DS = AR + BQ + CR + DT = AT + BQ + CQ + DT = AD + BC,
ce qui permet de conclure que le quadrilatère ABCD admet un cercle inscrit grâce au théorème
de Pitot.
Exercice 28
Soit ABC un triangle. Les points E ∈ [AB] et D ∈ [AC] sont tels que :
EB = 2 × EA et AD = 2 × DC.
FD FE
Soit F le point d’intersection de (BD) avec (EC). Déterminer et .
FB FC
Solution. L’homothétie H(E, −1/2) envoie le point B vers A, et l’homothétie H(C, 1/3) envoie le
point A vers D. Puisque 1/3×−1/2 , 1, alors H(C, 1/3)◦H(E, −1/2) = H(O, −1/6) avec O ∈ (CE).
Or, H(C, 1/3) ◦ H(E, −1/2) envoie le point B vers D, donc O appartient aussi à la droite (BD).
FD OD 1
D’où, O doit être égal à F, par suite : = = .
FB OB 6
FE 4
De même, l’homothétie H(B, 2/3) ◦ H(D, −2) = H(F, −4/3) envoie C vers E, d’où = .
FC 3
Exercice 29
[ = EDA
Soit E un point à l’intérieur d’un carré ABCD tel que : EAD [ = 15°.
Montrer que EBC est un triangle équilatéral.
Solution. Soit O un point à l’intérieur du carré tel que ADO soit un triangle équilatéral. La
rotation R(D, 30°) envoie le point C vers O, et la rotation R(A, 30°) envoie le point O vers B.
[ = 15° = DAE,
Puisque EDA [ alors R(A, 30°) ◦ R(D, 30°) = R(E, 60°), d’où la rotation R(E, 60°)
envoie le point C vers B. Par conséquent, EBC est un triangle équilatéral.
Exercice 30
Soit ABC un triangle. On construit extérieurement, du triangle ABC, deux carrés ABEF
et ACGH. On désigne par M le milieu du segment [EG]. Montrer que MB = MC et que
(MB) ⊥ (MC).
Solution. Comme GC = AC et GCA [ = 90°, alors la rotation R(C, 90°) envoie le point G vers
A. De même, la rotation R(B, 90°) envoie A vers E. Par suite, R(B, 90°) ◦ R(C, 90°) envoie G
[ = 45° et CBO
vers E. Or, on a : R(B, 90°) ◦ R(C, 90°) = R(O, 180°), où O vérifie OCB [ = 45°.
Puisque R(B, 90°) ◦ R(C, 90°) envoie le point G vers E, alors O doit être égal à M. Maintenant,
[ = 90°, donc (MB) ⊥ (MC).
BOC
116 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Exercice 31
Sur les côtés d’un quadrilatère convexe ABCD, on construit intérieurement les tri-
angles rectangles isocèles ABO1 , BCO2 , CDO3 et DAO4 avec les angles droits aux points
O1 , O2 , O3 et O4 . Montrer que si O1 = O3 , alors O2 = O4 .
Solution. La rotation R(O1 , 90°) envoie A vers B, la rotation R(O2 , 90°) envoie B vers C, la
rotation R(O3 , 90°) envoie C vers D, et la rotation R(O4 , 90°) envoie D vers A. On sait que
R(O2 , 90°) ◦ R(O1 , 90°) = R(O, 180°) avec O\ \
1 O2 O = 45° (d’où O2 OO1 = 90°). Or, R(O2 , 90°) ◦
R(O1 , 90°) envoie A vers C, donc O doit être le milieu du segment [AC]. De même, on a
R(O4 , 90°) ◦ R(O3 , 90°) = R(O, 180°), avec O\ \ \
4 OO3 = 90° et OO3 O4 = 45° = O3 O4 O. Donc,
R(O, 90°) envoie O4 O2 vers O3 O1 . Par conséquent, si O1 = O3 alors O2 = O4 .
Deux cercles se coupent aux points A et B. Une droite (d) contenant A coupe à nouveau les
cercles en C et D respectivement. Soient M et N les milieux respectifs des arcs de cercle
et BD
BC qui ne contiennent pas le point A, et soit K le milieu du segment [CD].
Montrer que : MKN\ = 90°.
Solution. Comme CAB [ + BAD [ = 180°, il s’ensuit que BMC \ + DN[B = 180°. La rotation
\ envoie B vers C, la rotation R(K, 180°) envoie C vers D, et la rotation R(N , DN
R(M, BMC) [B)
[ \
envoie D vers B. Or, R(N , DN B) ◦ R(K, 180°) ◦ R(M, BMC) est une translation, et puisqu’elle
\ = 90°.
envoie B vers B, alors c’est l’identité. Par conséquent MKN
K A D
C b
b b
b
b b
b
N
B
M
Exercice 33
Soit H l’orthocentre du triangle ABC, on suppose que H est situé à l’intérieur du triangle.
Soient A′ , B′ et C ′ les centres des cercles circonscrits aux triangles BHC, CHA et AHB res-
pectivement. Montrer que les droites (AA′ ), (BB′ ) et (CC ′ ) sont concourantes.
[ = ABH
BHC [ + BAC[ + ACH[ = 90° − BAC [ + BAC [ + 90° − BAC [ = 180° − BA \ ′′ C,
donc A′′ appartient au cercle circonscrit au triangle HBC. La symétrie orthogonale par rap-
port à (BC) envoie O vers A′ , la symétrie orthogonale par rapport à (CA) envoie O vers B′ ,
et la symétrie orthogonale par rapport à (AB) envoie O vers C ′ . Si D, E et F sont les milieux
respectifs de [BC], [CA] et [AB], alors l’homothétie H(G, −1/2) envoie le triangle ABC vers le
triangle DEF, et l’homothétie H(O, 2) envoie le triangle DEF vers le triangle A′ B′ C ′ . Puisque
(−1/2) × 2 , 1, alors on peut écrire H(O, 2) ◦ H(G, −1/2) = H(X, −1) pour un certain point X.
Comme H(O, 2) ◦ H(G, −1/2) envoie le triangle ABC vers le triangle A′ B′ C ′ , alors on conclut
2.4. EXERCICES 117
que les droites (AA′ ), (BB′ ) et (CC ′ ) sont concourantes au point X, et en fait le point X est le
milieu des segments [AA′ ], [BB′ ] et [CC ′ ].
b
A
B′
b b
C′
b b
F
E
b b
O H
b b b
B D C
A′
A′′
b
Exercice 34
Une droite (d) coupe en X, Y , Z les trois côtés (BC), (CA) et (AB) d’un triangle ABC. Soient
A′ , B′ , C ′ les projections orthogonales de A, B, C sur (d). Montrer que la droite (d) est une
droite de Simson relativement au triangle ABC si, et seulement si, les segments [A′ X], [B′ Y ]
et [C ′ Z] ont le même milieu.
Solution. Nous avons déjà rencontré cet exercice au chapitre « cercles ». Nous avons présenté
deux solutions différentes, la première utilise la notion d’orthopôle, et la deuxième la notion
de points cocycliques. On présente maintenant une troisième solution utilisant les transfor-
mations.
(=⇒) Si (d) est une droite de Simson d’un point P ; Y et Z sont sur le cercle de diamètre [PA] ;
Z et X sont sur le cercle de diamètre [PB] ; X et Y sont sur le cercle de diamètre [PC]. Donc,
on a les égalités d’angles suivantes :
(PA, PY ) = (ZA, (d)) = (PB, PX), (PB, PZ) = (XB, (d)) = (PC, PY ),
(PC, PX) = (Y C, (d)) = (PA, PZ).
Par suite, les 4 triangles rectangles PAY , ZAA′ , ZBB′ , PBX sont directement semblables.
Il en est de même pour les 4 triangles PBZ, XBB′ , XCC ′ , PCY , ainsi que les 4 triangles
PCX, Y CC ′ , Y AA′ , PAZ.
(d)
Z
b
b
A b
A′ P
b
Y
b
B′
b
b X
B b
b C
C′
ce qui prouve que [A′ X] et [B′ Y ] ont le même milieu. On montre, de même, que [B′ Y ] et [C ′ Z]
ont le même milieu, ainsi que [C ′ Z] et [A′ X].
(⇐=) Supposons, par exemple, que [A′ X] et [B′ Y ] ont le même milieu. Soit P le point où la
perpendiculaire à (CA) en Y coupe la perpendiculaire à (AB) en Z. En s’inspirant du raisonne-
ment ci-dessus, la translation qui envoie A′ en Y est la composée de la similitude de centre Z
qui envoie A′ en A (ainsi que B′ en B) et d’une similitude qui envoie A en Y , de centre l’unique
point P ′ tel que P ′ AY soit directement semblable à ZAA′ , donc P ′ = P. Puisque cette même
translation envoie B′ en X, PBX est lui aussi directement semblable à ZAA′ , donc rectangle, et
P se projette bien orthogonalement en X, Y , Z sur (BC), (CA), (AB) respectivement, ce qui suffit
à montrer que (d) est la droite de Simson de P.
Dans un triangle ABC, les côtés AB et AC sont égaux. Un cercle est tangent intérieurement
au cercle circonscrit au triangle ABC et il est, de plus, respectivement tangent en P et Q
aux côtés [AB] et [AC].
Montrer que le milieu du segment [PQ] est le centre du cercle inscrit dans le triangle ABC.
Solution.
P
du cercle (ω) avec le cercle circonscrit au tri- b
blables, alors on a : Q
b
b
C
AI AI AP AD AB AB C′
= · = · = .
AO AP AO AB′ AD AB′
Comme O est le centre du cercle inscrit dans le triangle AB′ C ′ , ceci implique que I est le centre
du cercle inscrit dans ABC.
autre formulation : soit h l’homothétie qui transforme O en I (les points A, I et O sont claire-
ment alignés). L’homothétie h transforme alors D en O ′ (les points A, D et O ′ étant clairement
alignés), on a :
AO ′ AI AO ′ AO ′ AB [ = AI · AP = AI .
= , = · = cos2 BAD
AD AO AD AB AD AP AO AO
Par suite h(ω) est un cercle de centre I, passant par O ′ et tangent à [AB] et à [AC], il s’agit du
cercle inscrit dans le triangle ABC. En conclusion, le point I est le centre du cercle inscrit dans
ABC.
2.4. EXERCICES 119
Soient trois cercles de même rayon ayant un point commun T et qui sont tous trois inté-
rieurs à un triangle ABC. On suppose que chaque cercle est tangent à deux des côtés du
triangle. Montrer que les centres I et O des cercles inscrit et circonscrit au triangle ABC et
le point T sont alignés.
Solution. On désigne par Oa , Ob et Oc les centres des trois cercles de l’énoncé. Puisque les trois
cercles ont le même rayon alors on déduit que (Oa Ob ) (AB), (Ob Oc ) (BC) et (Oc Oa ) (AC).
Par conséquent, il existe une homothétie de centre I qui transforme le triangle Oa Ob Oc en
ABC. Par cette homothétie, l’image du centre du cercle circonscrit au triangle Oa Ob Oc , i.e. T ,
est le centre du cercle circonscrit au triangle ABC, i.e. O. En conclusion, les points I, T et O
sont alignés.
A
b
Oa
b
I b
T
b
Ob
b b
Oc b
B O
C
b b
Soit A1 A2 A3 un triangle non isocèle de côtés a1 , a2 , a3 (ai est le côté opposé de Ai ). Pour
tout i ∈ J1, 3K, on désigne par Mi le milieu du côté ai , par Ti le point de contact du cercle
inscrit avec le côté ai et par Si le symétrique de Ti par rapport à la bissectrice intérieure de
l’angle de sommet Ai .
Montrer que les droites (M1 S1 ), (M2 S2 ) et (M3 S3 ) sont concourantes.
b A3
T1
b
T2 b
M1
M2 b S2 b
I
b b b
S1
S3
b
X b
b b b b
A1 T3 M3 A2
On a : S\ \ \ \ \ \
2 IT3 = S2 IA2 − A2 IT3 = T2 IA2 − A2 IT1 = T2 IT1 . On trouve de même ce résultat pour
S\ \ \
1 IT3 , si bien que S1 IT3 = S2 IT3 . De plus, on a : IS2 = IS1 et (IT3 )⊥(A1 A2 ), par conséquent
(S1 S2 ) (A1 A2 ). De même on a aussi (S2 S3 ) (A2 A3 ) et (S3 S1 ) (A3 A1 ). Donc, les triangles
A1 A2 A3 et S1 S2 S3 sont homothétiques, il existe ainsi une homothétie h1 telle que h1 (Ai ) =
Si pour tout i ∈ J1, 3K. D’autre part, les triangles A1 A2 A3 et M1 M2 M3 sont homothétiques
120 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
h1 ◦ h−1
2 (M1 ) = S1 , h1 ◦ h−1
2 (M2 ) = S2 et h1 ◦ h−1
2 (M3 ) = S3 .
⋄ Si h1 et h2 sont de rapports distincts : alors h1 ◦h−12 est une homothétie, et non une translation,
les droites (M1 S1 ), (M2 S2 ) et (M3 S3 ) sont alors concourantes et non pas parallèles.
⋄ Si h1 et h2 sont de même rapport : alors h1 ◦ h−1 2 est une translation, donc les triangles
M1 M2 M3 et S1 S2 S3 sont isométriques. Leurs cercles circonscrits ont donc le même rayon,
c’est-à-dire R = 2r, par suite ABC est un triangle équilatéral, cependant ce cas est exclu.
Solution.
O M1
O\ \ O2 O1
1 A M1 = O1 AM1 , i.e. les points O1 , M1 , A et
′
b
′
A sont cocycliques. On va utiliser la puis- Q2
sance d’un point par rapport à un cercle. b
Q1
OM1 \
On a : PA · OA′ = OP12 = · OO1 sin OP1 M1 = OM1 · OO1 . Donc, les points O1 , M1 , A
\
sin OP1 M1
et A′ sont cocycliques, ce qui permet de conclure.
On se place dans le plan. On considère deux cercles de rayons respectifs R et r (R > r) ayant
le même centre O. Soit P un point fixe du cercle de rayon r et B un point variable sur le
cercle de rayon R. La droite (BP) recoupe le cercle de rayon R au point C et la droite (d),
perpendiculaire à la droite (BP) en P, recoupe le cercle de rayon r au point A (si la droite
(d) est tangente au cercle, alors A = P).
1 Trouver l’ensemble des valeurs prises par BC 2 + CA2 + AB2 .
2 Trouver l’ensemble des milieux des segments [BC].
C
b
P
b
CR b
Q
M b
b
b b
O
A B
Cr
2. Le point M est le milieu du segment [PQ]. Or, lorsque B varie, le point Q décrit l’intégralité
du cercle Cr . Par suite, M décrit l’intégralité de l’image de ce cercle par l’homothétie de centre
P et de rapport 1/2. En conclusion, M décrit le cercle de diamètre [OP].
Solution.
Puisque (EF) et (d) sont parallèles, alors A′ doit être le milieu de l’arc de cercle FA ′ E. Par suite :
\
A \
′ EC ′ = A \
′ FC ′ = A ′ ME.
Ainsi, les triangles A′ EC et A′ ME sont semblables. La puissance de A′ par rapport Γ1 est alors
égale à : A′ C ′ · A′ M = A′ E 2 .
De même, la puissance de A′ par rapport à Γ2 est égale à A′ F 2 . Comme A′ E = A′ F, alors A′
a la même puissance par rapport à Γ1 et à Γ2 . Par conséquent A′ est sur l’axe radical AB. En
conclusion, A′ = A. Donc, C ′ = C et C appartient à EF.
De même, l’autre tangente commune à Γ1 et Γ2 passe par le point D. Si O1 et O2 sont les centres
respectifs de Γ1 et Γ2 , alors par symétrie par rapport à (O1 O2 ) on voit que O2 est le milieu de
l’arc de cercle CO \ \ \
2 D. Par suite : DCO2 = CDO2 = FCO2 . Ceci implique que O2 appartient à
[ Comme (CF) est tangente à Γ2 , alors (CD) est tangente à Γ2 .
la bissectrice de l’angle FCD.
122 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Solution.
\
Donc, les points P, B′ , O et K sont cocycliques. Par suite B \
′ KO = B ′ PO = 90° et B′ K = C ′ K.
Puisque (BC) (B′ C ′ ), alors ceci implique que K ∈ (AM). D’où K = Q. Comme B \′ KO = 90° et
′ ′
(BC) (B C ) on obtient que : (QO)⊥(BC).
Soit ABCD un quadrilatère convexe tel que BA , BC. Les cercles inscrits dans les triangles
ABC et ADC sont notés respectivement (ω1 ) et (ω2 ). On suppose qu’il existe un cercle (ω)
qui est tangent à la demi-droite [BA) au-delà de A, tangent à la demi-droite [BC) au-delà de
C, et qui est aussi tangent aux droites (AD) et (CD). Montrer que les tangentes communes
extérieures à (ω1 ) et à (ω2 ) se coupent en un point de (ω).
Solution. Soient P et Q les points de tangence de (ω1 ) et (ω2 ) avec [AC], alors on a :
AB + AC − BC CD + AC − AD
AP = = = CQ.
2 2
Soit (ωb ) le cercle exinscrit du triangle ABC relativement au sommet B, ce cercle B-exinscrit est
tangent à [AC] au point Q. Soit X le point d’intersection des tangentes extérieures communes
aux cercles (ω1 ) et (ω2 ). D’après le théorème de Monge appliqué aux cercles (ω1 ), (ω2 ) et (ωb )
on déduit que X ∈ (BQ).
De même, en introduisant le cercle (ωd ) D-exinscrit au triangle ACD, on déduit que X ∈ (DP).
Maintenant, soit Y le point de (ω) le plus proche de (AC) en lequel la tangente à (ω) est paral-
lèle à la droite (AC). En utilisant l’homothétie de centre B envoyant (ωb ) vers (ω), on déduit
que les points B, Q et Y sont alignés.
De même, en utilisant l’homothétie de centre D envoyant (ωd ) vers (ω), on déduit que les
points D, P et Y sont alignés. En conclusion :
X = Y et X ∈ (ω).
2.4. EXERCICES 123
b
B
ω1
A
b
b
P
b
C
b
Q
ω2
ωb
Ib
b
b
X
ABC est un triangle isocèle avec AC = BC, et dont le centre du cercle inscrit est I. Soit
P un point du cercle circonscrit au triangle AIB et situé à l’intérieur du triangle ABC.
Les droites passant par P et parallèles à (CA) et (CB) coupent (AB) aux points D et E
respectivement. La droite passant par P et parallèle à (AB) coupe (CA) et (CB) aux points
F et G respectivement.
Montrer que les droites (DF) et (EG) se coupent sur le cercle circonscrit au triangle ABC.
Solution.
[ = ABC
En effet, puisque AQP [ = BAC [ = PFC,
[ il s’ensuit que le quadrilatère AQPF est cyclique,
[ d [
et donc FQP = PAF. Puisque IBA = CBA/2 = CAB/2 [ = IAC, d le cercle circonscrit au triangle
= DBP.
AIB est tangent à (CA) au point A, ce qui implique que PAF [ Comme QBD [ = QCA [ =
[ [
[ = DQP. Par conséquent
QPD, il s’ensuit que le quadtilatère DQBP est cyclique, et ainsi DBP
[ [ [
FQP = PAF = DBP = DQP, ce qui implique que les points F, D et Q sont alignés. On obtient
de même que les points G, E et Q sont alignés. En conclusion, les droites (DF), (EG) et (CP)
coupent le cercle circonscrit au triangle ABC au même point.
124 CHAPITRE 2. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES
Chapitre
3
Quadrilatères
Définition (Quadrilatère)
Soient A, B, C et D quatre points tels que 3 quelconques d’entre eux ne sont pas alignés,
[AB] ∩ [CD] = ∅ et [BC] ∩ [DA] = ∅. Alors, l’ensemble Q = [AB] ∪ [BC] ∪ [CD] ∪ [DA] est
appelé quadrilatère.
Les points A, B, C et D sont les sommets ; [AB], [BC], [CD] et [DA] sont les côtés ; et
[AC], [BD] sont les diagonales du quadrilatère.
La figure à gauche est un quadrilatère. Les figures au milieu et à droite ne sont pas des qua-
drilatères.
b
b
C D
b b
B A
b
A
b b b
D b D B
b C b b A B C
Le quadrilatère ABCD est dit convexe si, pour tout côté, les sommets qui ne lui appar-
tiennent pas, sont situés dans le même demi-plan déterminé par ce côté. Un quadrilatère
est dit concave s’il n’est pas convexe.
La figure de gauche est un quadrilatère convexe. La figure de droite est un quadrilatère concave.
b
b b
B A
b C
A B
b
C D
b b
D b
Théorème 1
Soient a, b, c et d quatre nombres réels strictement positifs. Ces nombres sont les longueurs
des côtés d’un quadrilatère si, et seulement si :
125
126 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Démonstration
(=⇒) Dans les triangles ABC et ACD on a res- a b
B
pectivement : a + b > AC et AC + c > d, d’où A
b
de façon similaire. b b
C D
c
on a aussi a′ + b > a. Or, a′ = a + b − 2ε < a + b, on a montré que a′ < a + b, a < a′ + b et b < a′ + a, ce qui
veut dire que a′ , a, b peuvent être les longueurs des côtés d’un triangle ABC avec AB = a et BC = b.
En conclusion, on a montré qu’il existe un quadrilatère ABCD avec comme côtés AB = a, BC =
b, CD = c et DA = d.
Théorème 2
Soient a, b, c et d des réels strictement positifs. Ces nombres peuvent être les longueurs des
côtés d’un quadrilatère si, et seulement si, il existe des nombres réels strictement positifs
x, y, z et t tels que :
−x + y + z + t x−y +z+t x+y −z+t x+y +z−t
a= , b= , c= et d= .
2 2 2 2
Démonstration
(=⇒) On considère le système d’équations :
−x + y + z + t x−y+z+t x+y −z+t x+y +z−t
= a, = b, = c, = d,
2 2 2 2
Démonstration
On se propose de montrer que MD < MA + MB + MC. Les autres inégalités se montrent de la même
façon.
M
b
M
b b b b b
A B A B
D C D C
b b b b
Théorème 4
Soient a, b, c et d des réels strictement positifs. On a équivalence entre :
1 il existe un quadrilatère avec des côtés de longueurs a, b, c et d respectivement ;
2 il existe un quadrilatère convexe avec des côtés de longueurs a, b, c et d respective-
ment.
Démonstration
Il est clair que (2) =⇒ (1). Supposons qu’il existe un quadrilatère concave ABCD avec des côtés de
longueurs a, b, c et d, et où C est un point appartenant à l’intérieur du triangle ABD. Soit C ′ le
symétrique de C par rapport au milieu de [BD], alors ABC ′ D est un quadrilatère convexe avec des
côtés de longueurs a, b, c et d.
Théorème 5
Un quadrilatère ABCD est convexe si, et seulement si, [AC] ∩ [BD] , ∅.
Démonstration
(=⇒) Si ABCD est un quadrilatère convexe, alors A appartient à l’intérieur de BCD, [ et comme
B ∈ [CB), D ∈ [CD), alors il s’ensuit que [CA) ∩ [BD] , ∅. De même, on a [AC] ∩ [DB) , ∅. Par
conséquent [AC] ∩ [BD] , ∅.
(⇐=) Soit {O} = [AC] ∩ [BD], alors les points B et D sont situés dans des demi-plans différents
déterminés par la droite (AC). De même, les points A et C sont situés dans des demi-plans différents
déterminés par la droite (BD). Comme [BO]∩(DC) = ∅ et [AO]∩(DC) = ∅, il s’ensuit que les points
A, O et B sont situés du même côté par rapport à la droite (DC). De même, il s’ensuit que les points
A, O, D sont situés du même côté par rapport à la droite (BC). Les points C, O, D sont situés du même
côté par rapport à la droite (AB). Enfin, les points B, O, C sont situés du même côté par rapport à la
droite (AD). On conclut alors que ABCD est un quadrilatère convexe.
Théorème 6
Un quadrilatère ABCD est convexe si, et seulement si, la somme des mesures de ses angles
est égale à 360°.
128 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Démonstration
(=⇒) Si le quadrilatère est convexe, alors en considérant un point à son intérieur, il s’ensuit immé-
diatement que la somme des mesures de ses angles est égale à 360°.
(⇐=) Supposons, par l’absurde, que ABCD n’est pas un quadrilatère convexe, et que les points B et C
sont situés dans des demi-plans opposés déterminés par la droite (AD). On a donc (AD)∩[BC] = {X}.
b E
A O
b
D b
B X C
b b b
Si la somme des mesures des angles du quadrilatère ABCD est égale à 360°, alors [ [ [
DAB+ABC+BCD+
[ = 360°. D’après les deux dernières égalités on a : DAB+
CDA [ ABC [ + BCD[ − EAD [ + AEC[ + ECD [ =
+ ABC
0, ce qui donne EAB [ + BCE[ + CEA [ = 2 EAD [ + AEC
[ + ECD[ . Puisque ABCE est un qua-
+ ABC
drilatère convexe, EAB [ + BCE[ + CEA [ = 360°, et par suite EAD
[ + AEC [ + ECD
[ = 180°. En
[
remplaçant dans la première égalité, on obtient que ADC = 180°, ce qui veut dire que les points A, D
et C sont alignés, contradiction avec le fait que ABCD est un quadrilatère.
4 · EF 2 = AB2 + BC 2 + CD 2 + DA2 − AC 2 − BD 2 .
Démonstration
En appliquant le théorème de la médiane dans les triangles ADC, ABC et DEB on a :
Théorème 8
Soit ABCD un quadrilatère. On a équivalence entre :
1 ABCD est un parallélogramme ;
2 AB2 + BC 2 + CD 2 + DA2 = AC 2 + BD 2 .
3.1. DÉFINITIONS. PROPRIÉTÉS FONDAMENTALES 129
Démonstration
Si ABCD est un parallélogramme alors les points E et F coïncident, et le théorème d’Euler permet de
conclure. Réciproquement, d’après (2) et le théorème d’Euler, on déduit que E et F coïncident, donc les
diagonales [AC] et [BD] du quadrilatère ABCD se coupent en leurs milieux. Par conséquent, ABCD
est un parallélogramme.
Corollaire 1
Dans un quadrilatère ABCD on a l’inégalité :
AB2 + BC 2 + CD 2 + DA2 ≥ AC 2 + BD 2 ,
Lemme
Soient ABCD un quadrilatère, et M, N les milieux respectifs de [AD] et [BC]. Alors on a
l’inégalité :
AB + CD
MN ≤ ,
2
avec égalité si, et seulement si, (AB) (DC).
Preuve
D’après le théorème des milieux on a : EM = CD AB
2 , (EM) (CD), EN = 2 et (EN ) (AB).
Dans le triangle MEN , éventuellement dégénéré, on a MN ≤ EM +EN , d’où la conclusion.
On a égalité si, et seulement si, E ∈ (MN ), ou de façon équivalente (AB) (MN ) et (DC)
(MN ), ce qui veut dire (AB) (DC).
Lemme
Soit ABCD un quadrilatère. Si M et N sont les milieux respectifs de [AD] et [BC], alors :
4 · MN 2 = AB2 − BC 2 + CD 2 − DA2 + AC 2 + BD 2 .
Preuve
En appliquant la formule de la médiane dans les triangles MCB, ACD et ABD on a :
2
! 2
!
2 2 2 2 2 2 AD 2 2 AD
4 · MN = 2 MC + MB − BC = CD + CA − + BD + BA − − BC 2 ,
2 2
Théorème 9
Soit ABCD un quadrilatère, alors on a :
AC 2 + BD 2 ≤ AD 2 + BC 2 + 2 · AB · CD,
Démonstration
D’après les deux lemmes précédents on a :
2
AB + CD
AB2 − BC 2 + CD 2 − DA2 + AC 2 + BD 2 = 4 · MN 2 ≤ 4 ,
2
ce qui donne la relation demandée.
Corollaire 2
Si ABCD est un trapèze avec (AB) (CD), alors :
AC 2 + BD 2 = AD 2 + BC 2 + 2 · AB · CD.
Lemme
Dans le quadrilatère ABCD on a l’identité
AC 2 + BD 2
GA2 + GB2 + GC 2 + GD 2 = + EF 2 ,
2
où E, F et G sont les milieux respectifs de [AC], [BD] et [EF].
Preuve
En appliquant la formule de la médiane dans les triangles AGC et BGD on a :
2(GA2 + GC 2 ) − AC 2 2(GB2 + GD 2 ) − BD 2
GE 2 = et GF 2 = .
4 4
En sommant ces deux relations, on obtient l’identité demandée.
Démonstration
En appliquant la formule de la médiane dans les triangles XAC, XBD et XEF on a :
Corollaire 3
Si X est un point quelconque dans le plan d’un quadrilatère ABCD, alors on a :
1 2
XA2 + XB2 + XC 2 + XD 2 − 4 · XG 2 = AB + BC 2 + CD 2 + DA2 + AC 2 + BD 2
4
et
1 2
XA2 + XB2 + XC 2 + XD 2 ≥ AB + BC 2 + CD 2 + DA2 + AC 2 + BD 2 ,
4
3.1. DÉFINITIONS. PROPRIÉTÉS FONDAMENTALES 131
donc la somme XA2 + XB2 + XC 2 + XD 2 est minimale si, et seulement si, X coïncide avec G.
Un quadrilatère ABCD est dit orthodiagonal si ses diagonales [AC] et [BD] sont perpendi-
culaires.
Théorème 11
Le quadrilatère ABCD est orthodiagonal si, et seulement si :
AB2 + CD 2 = BC 2 + AD 2 .
Démonstration
Soient E et F les projections orthogonales de B et D respectivement sur la droite (AC), alors le théo-
rème généralisé de Pythagore appliqué dans les triangles ABC et ADC nous donne :
Théorème 12
Dans un quadrilatère orthodiagonal ABCD on a :
√
2
AC + BD ≤ · (AB + BC + CD + DA) .
2
Théorème 13
Soient ABCD un quadrilatère convexe, et O le point d’intersection de (AC) avec (BD), alors
on a :
AB2 + CD 2 ≤ BC 2 + DA2 ⇐⇒ [ ≤ 90°.
BOA
On a égalité si, et seulement si, le quadrilatère est orthodiagonal.
Démonstration
[ alors par la relation d’Al-Kashi appliquée dans les triangles AOB, BOC, COD et DOA
Soit α = BOA,
on a : AB2 = OA2 +OB2 −2OA·OB cosα, BC 2 = OB2 +OC 2 −2OB·OC cos(180°−α), CD 2 = OC 2 +
OD 2 − 2OC · OD cos α et DA2 = OD 2 + OA2 − 2OD · OA cos(180° − α). Donc, AB2 + CD 2 = OA2 +
OB2 + OC 2 + OD 2 − 2 cos α(OA · OB + OC · OD), et par suite AB2 + CD 2 ≤ OA2 + OB2 + OC 2 + OD 2
si, et seulement si, α ≤ 90°. Or, BC 2 + DA2 = OA2 + OB2 + OC 2 + 2 cos α(OB · OC + OD · OA),
d’où BC 2 + DA2 ≥ OA2 + OB2 + OC 2 + OD 2 si, et seulement si, α ≤ 90°. La conclusion du théorème
découle des deux dernières assertions.
132 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Définition
Dans un quadrilatère, les bimédianes sont les segments reliant les milieux des côtés oppo-
sés ou les milieux des diagonales.
b
b
M
D
b
A
F
b b
b N
Q b b
G
E
b b b
B P C
Théorème 14
Soit ABCD un quadrilatère.
1 Les milieux des côtés opposés de ABCD sont les sommets d’un parallélogramme.
2 Les bimédianes de ABCD sont concourantes en un point qui est le milieu de chaque
bimédiane.
3 On a : 2 · [MN PQ] = [ABCD].
Démonstration
AC AC
D’après le théorème des milieux on sait que (MN ) et (PQ) (AC), PQ = . (AC), MN =
2 2
Il s’ensuit que MN ≡ PQ et (MN ) (PQ), donc MN PQ est un parallélogramme. Soit G le point
d’intersection des diagonales (MP) et (QN ). Alors G est le milieu de ces segments. En appliquant le
théorème des milieux dans les triangles ABD et ACD on déduit que MEPF est un parallélogramme
de diagonales [MP] et [EF]. Donc la diagonale [EF] passe par le milieu de [MP], c’est-à-dire par
le point G. En conclusion, les bimédianes sont concourantes en G, et c’est le milieu de toutes les
QM 1
bimédianes. Enfin, puisque = , alors [AQM] = 12 [ADB], et par suite :
DB 2
1 1
[AQM] + [BMN ] + [CN P] + [PDQ] = ([ADB] + [BAC] + [CBD] + [CDA]) = · [ABCD].
2 2
En conclusion, on a prouvé que : 2 · [MN PQ] = [ABCD].
M b
b D
b
A G3
b
b G2
b
G
b
b
G4 G1
B b
b
b
C
P
3.2. PRINCIPAUX THÉORÈMES POUR LES QUADRILATÈRES CONVEXES 133
Théorème 15
Soit ABCD un quadrilatère, alors :
1 les médianes sont concourantes en G, c’est le point de concours des bimédianes. Le
point G est appelé le centre de gravité du quadrilatère ABCD ;
2 on a l’identité :
GG1 GG2 GG3 GG4 1
= = = = .
GA GB GC GD 3
Démonstration
En appliquant le théorème de Céva dans le triangle ABP il s’ensuit que les segments [AG1 ], [BG2 ] et
[PM] sont concourants. Si G ′ est le point de concours de ces segments, alors en appliquant le théorème
de Ménélaüs dans le triangle MAP avec la transversale BG ′ G2 on déduit que :
BM G2 A G ′ P
· · = 1,
BA G2 P G ′ M
par conséquent G ′ est le milieu de [PM]. Ainsi, les points G et G ′ coïncident. En conclusion, les
médianes et les bimédianes du quadrilatère ABCD concourent en G. Puisque (G1 G2 ) (AB), alors
△GG1 G2 ∼ △GAB et △PG1 G2 ∼ PBA, ce qui donne :
GG1 G G G1 G2 PG1 1
= 1 2 et = = ,
GA AB BA PB 3
GG1 1
d’où = . On montre de la même façon les autres relations similaires.
GA 3
Démonstration
En effet, par la rotation de centre C et d’angle 60°, B′ a pour image A et B a pour image A′ . La
rotation conservant la distance on a donc AA′ = BB′ et l’image de la droite (AA′ ) est (BB′ ) : elles sont
sécantes et forment un angle de même mesure que celui de la rotation soit 60°. On appelle F le point
d’intersection des droites (AA′ ) et (BB′ ) ; on a donc B[ = 120°. Ainsi B[
′ FA = 60° et AFB ′ FA = 60°
\
et B ′ CA = 60° . On en déduit que les quatre points A, B′ , C et F sont cocycliques et appartiennent
au cercle Γ1 circonscrit au triangle AB′ C. De même les quatre points A, F, B et C ′ sont cocycliques et
appartiennent au cercle Γ2 circonscrit au triangle ABC ′ . L’angle CFA[ étant un angle inscrit dans le
\
cercle Γ1 , sa mesure est supplémentaire de celle de AB C et donc vaut 120°. L’angle C
′ \ ′ FA étant un
\
angle inscrit dans le cercle Γ2 , sa mesure est celle de C ′ BA, donc vaut aussi 60°. On en déduit que
\ [ \
CFC = CFA + AFC = 180°, et donc que C, F et C sont alignés : la droite (CC ′ ) passe aussi par F.
′ ′ ′
134 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
❏ Problème de Fermat : soit ABC un triangle. Trouver un point M du plan rendant minimum
la longueur AM + BM + CM. La solution est le point de Fermat.
❏ Cercles de Torricelli : les cercles circonscrits aux trois triangles équilatéraux précédents
ont un point commun qui, dans le cas d’un acutancle, est le point de Torricelli du triangle,
dont la somme des distances aux 3 sommets est minimale (théorème de Schruttka). Les
segments qui le relient aux 3 sommets forment entre eux des angles de 120°.
❏ remarque : si un des angles du triangle ABC est supérieur ou égal à 120°, le point M
minimisant la somme MA + MB + MC est le sommet de l’angle supérieur ou égal à 120°.
☞ On se propose de donner une « généralisation » de ces résultats dans le cadre d’un quadri-
latère.
Théorème 17 : Théorème de Torricelli pour un quadrilatère
Démonstration
➀ Supposons que les cercles circonscrits aux triangles ABE, BCF, CDG et DAH ont un point
commun.
b
E
B
b
b
b A
b
F
b
T b
b b
H
C
b
Comme [AB] et [BC] sont des diamètres des cercles circonscrits aux triangles ABE et BCF on
[
a AT [
B = 90° et BT C = 90°. Donc A, C et T sont alignés et (BD)⊥(AT ). Ainsi, (AC)⊥(BD), et
3.2. PRINCIPAUX THÉORÈMES POUR LES QUADRILATÈRES CONVEXES 135
ABCD est un quadrilatère orthodiagonal. Réciproquement, supposons que ABCD est un qua-
drilatère orthodiagonal, et soit {T } = (AC)∩(BD). Puisque AT [ [
B = BT [
C = CT [
D = DT A = 90°,
il s’ensuit que T appartient aux cercles circonscrits aux triangles ABE, BCF, CDG et DAH. Par
conséquent, les quatre cercles ont un point commun T .
➁ Soient O1 , O2 , O3 et O4 les milieux respectifs des segments [AB], [BC], [CD] et [DA]. Puisque
les côtés de ABCD sont les hypothénuses des triangles rectangles isocèles ABE, BCF, CDG et
DAH, alors O1 , O2 , O3 et O4 sont les centres des cercles circonscrits de ces triangles. D’après le
théorème des milieux, il s’ensuit que O1 , O2 , O3 et O4 sont les sommets d’un parallélogramme.
Or, (O1 O2 ) (AC), (O1 O4 ) (BD) et (AC)⊥(BD), donc (O1 O2 )⊥(O1 O4 ), ce qui veut dire que
O1 O2 O3 O4 est un rectangle, ce qui prouve le point (a).
D’après 1. les quadrilatères AT BE et CT DG sont cycliques, donc ET [ = 45° et CT
B = BAE [ G=
[ [ [ [ [ [
CDG = 45°. Comme BT C = 90°, alors ET G = ET B + BT C + CT G = 180°, d’où les points E, T
et G sont alignés. De même, les points F, T et H sont alignés, ce qui prouve le point (b).
Comme ABF est un triangle rectangle isocèle, et en appliquant le théorème de Ptolémée dans le
quadrilatère cyclique AT BE on a : AT · BE + AE · BT = AB · ET , c’est équivalent à :
√ √ √
AB 2 AB 2 2
AT · + · BT = AB · ET ce qui donne ET = · (AT + BT ).
2 2 2
√
2
De même, dans le quadrilatère CT DG on a T G = · (CT + DT ). En additionnant les deux
2
dernières égalités on déduit que :
√ √
2 2
EG = ET + T G = · (AT + BT + CT + DT ) = · (AC + BD).
2 2
√
2
De même, on obtient FH = · (AC + BD), d’où EG = FH. Dans les quadrilatères AT BE et
2
BT CF on a ET[ = 45° et BT
B = EAB = 45°. En additionnant on obtient ET
F = BCF [ F = 90°,
ce qui veut dire que (EG)⊥(FH), ce qui prouve (c).
Le point d’intersection des diagonales d’un quadrilatère convexe est le point du plan pour
lequel la somme des distances aux quatre sommets du quadrilatère est minimale.
Démonstration
Soient ABCD un quadrilatère convexe, {O} = (AC)∩(BD), et M un point dans le plan du quadrilatère
et différent de O. Dans les triangles AMC et BMD on a : MA+MC ≥ AC = AO +OC et MB+MD ≥
BD = BO + OD. Comme M et O sont distincts, alors :
MA + MB + MC + MD > OA + OB + OC + OD,
ce qui veut dire que le minimum de la somme des distances aux sommets est obtenu pour le point O.
b
B
b
A
O
b
D b M b
C
136 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Démonstration
Les droites (AA′ ) et (DD ′ ) sont concourantes, soit O leur point d’intersection. On montre, tout
BA′ PB′ AO
d’abord, que les points B, O et B′ sont alignés. Si · · = 1, alors d’après la réciproque
BP B′ A OA ′
du théorème de Ménélaüs on conclut que les points B, O et B sont alignés. On applique le théo-
′
rème de Ménélaüs aux triangles DA′ P, PAD et A′ N A avec les transversales BN C, CB′ Q et DOD ′
respectivement, on trouve :
BA′ PB′ AO N A′ DQ D ′ A
· ′ · ′
= · · . (1)
BP B A OA DA′ QA D ′ N
En utilisant le théorème de Ménélaüs dans les triangles N DC et N BA on déduit que :
BN CP DA′ CN BM AD ′
· · =1 et · · = 1.
BC DP A′ N BC MA D ′ N
DQ MB CN DP
Par hypothèses on a : = · · . En multipliant les relations ci-haut on obtient :
QA MA N B PC
N A′ DQ D ′ A
· · = 1. (2)
DA′ QA D ′ N
BA′ PB′ AO
Des relations (1) et (2) on conclut que : · · = 1. Donc, les points B, O et B′ sont alignés.
BP ′ B′ A OA′
De même, on déduit que les points C, O et C sont alignés.
Un quadrilatère complet est une figure de géométrie plane constituée de quatre droites
dont deux quelconques ne sont pas parallèles ni trois quelconques concourantes.
b
F
D b
b
C
B E
A b b
b
Démonstration
Soient G, H et I les milieux respectifs des côtés [CE], [EB] et [BC], alors par le théorème des milieux
les points G, I, P sont sur une droite parallèle à la droite passant par E, B, A ; les points H, I, Q sont sur
une droite parallèle à la droite passant par les points E, C, D, et les points H, G, R sont sur une droite
PI AB RG FC QH DE
parallèle à la droite passant par les points B, C, F. Par suite = , = et = ,
PG AE RH FB QI DC
d’où :
PI RG QH AB FC DE
· · = · · . (1)
PG RH QI AE FB DC
En appliquant le théorème de Ménélaüs au triangle BEC avec la transversale ADF on sait que :
AB DE FC
· · = 1, et en tenant compte de (1) on obtient :
AE DC FB
PI RG QH
· · = 1.
PG RH QI
D’où, la réciproque du théorème de Ménélaüs appliquée au triangle GHI avec la transversale PQR
permet de conclure que les points P, Q et R sont alignés.
Les cercles circonscrits aux quatre triangles d’un quadrilatère complet ABCDEF ont
un point commun M. Ce point M est appelé point de Miquel du quadrilatère complet
ABCDEF.
Démonstration
Soient {E} = (AB) ∩ (CD), {F} = (BC) ∩ (AD), et M le second point d’intersection des cercles circons-
crits aux triangles BCE et DCF. Comme BCME et DCMF sont des quadrilatères cycliques, alors
\ = AED
BMC [ et CMF\ = CDA.[ Par suite :
BAF [ = BAF
+ BMF \ + CMF
+ BMC \ = BAF [ + ADE
+ AED [ = 180°,
donc le quadrilatère ABMF est cyclique. De même, le quadrilatère ADME est cyclique. Ainsi, le
point M appartient aux cercles circonscrits aux triangles ABF, ADE, CBE et CDF.
138 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Théorème 22
Les centres des cercles circonscrits aux quatre triangles d’un quadrilatère complet sont
situés sur un cercle. Ce cercle s’appele cercle de Miquel. En particulier, le point de Miquel
appartient au cercle de Miquel.
Démonstration
Soient O1 , O2 , O3 et O4 les centres des cercles circonscrits aux triangles BCE, CDF, ABF et ADE
respectivement. On sait que (O1 O2 )⊥(MC), (O2 O3 )⊥(MF), (O3 O4 )⊥(MA) et (O4 O1 )⊥(ME).
De (O4 O1 )⊥(ME) et (O1 O2 )⊥(MC) on déduit que O\ \
2 O1 O4 = EMC. Des relations (O2 O3 )⊥(MF)
et (O3 O4 )⊥(MA) on déduit que O\ \
2 O3 O4 = 180°− AMF. Or, EBCM et ABMF sont des quadrilatères
cycliques, donc EMC = ABC et AMF = ABC. Par suite, \
\ [ \ [ AMF = O\ 2 O1 O4 et alors :
O\ \ \ \
2 O3 O4 + O2 O1 O4 = 180° − AMF + AMF = 180°,
\ = ABC
d’où le quadrilatère O1 O2 O3 O4 est cyclique. De l’égalité EMC [ (vue ci-haut) il résulte que
BEMC est un quadrilatère cyclique et alors M est situé sur le cercle circonscrit au triangle ABF. De
\ = ABC
l’égalité AMF [ (vue ci-haut) il résulte que EMCB est un quadrilatère cyclique et alors M est
situé sur le cercle circonscrit au triangle BEC. Par conséquent, les cercles circonscrits aux triangles
BCE, CDF, ABF et ADE ont un point en commun, et ce point est d’après le précédent théorème le
point de Miquel.
Démonstration
L’idée de démonstration est de prendre n’importe quel orthocentre, et puis de montrer qu’il a la même
puissance par rapport à tous les trois cercles. Par suite, les quatre orthocentres appartiennent tous
à l’axe radical. Soient (Γ1 ), (Γ2 ) et (Γ3 ) les cercles de diamètres [EF], [AC] et [BD] respectivement. Si
H1 est l’orthocentre du triangle BCE, alors il est facile de voir qu’il est le centre radical des cercles
(Γ1 ), (Γ2 ) et du cercle de diamètre [EC]. Donc, H1 appartient à l’axe radical des cercles (Γ1 ) et (Γ2 ). De
façon similaire, on obtient que H1 appartient à l’axe radical de (Γ1 ) et (Γ2 ), (Γ2 ) et (Γ3 ), (Γ3 ) et (Γ1 ).
De même, les orthocentres des trois autres triangles appartiennent tous aux axes radicaux. Ceci n’est
possible que lorsque les axes radicaux de (Γ1 ) et (Γ2 ), (Γ2 ) et (Γ3 ), (Γ3 ) et (Γ1 ) coïncident tous. Donc, les
quatre orthocentres appartiennent tous à la droite de Steiner. En particulier, les centres de (Γ1 ), (Γ2 )
et (Γ3 ) appartiennent tous à la droite de Gauss, c’est la droite perpendiculaire à la droite de Steiner
passant par les centres.
Exemple 1
Soient [AB] et [CD] deux segments dans le même plan ; P le point d’intersection des droites
(AC) avec (BD), et Q le second point d’intersection des cercles circonscrits aux triangles
PAB et PCD . Montrer que Q est le centre de la similitude envoyant [AB] vers [CD].
On considère la configuration ci-dessous, les autres peuvent être traitées de façon similaire. Alors
[ = 180° − QPB
on a : QAB [ = QPD [ = QCD,\ et de même QBA [ = QDC,\ donc les triangles QAB et
QCD sont semblables, par suite Q est le centre de la similitude envoyant [AB] vers [CD].
3.2. PRINCIPAUX THÉORÈMES POUR LES QUADRILATÈRES CONVEXES 139
A b
P C
b
b
b
b
D
B
Soient ABCD un quadrilatère, et E, F des points des côtés [AD] et [BC] respectivement
AE BF
tels que = . La demi-droite [FE) coupe les demi-droites [BA) et [CD) en S et T
ED FC
respectivement.
Montrer que les cercles circonscrits aux triangles SAE, SBF, T CF et T DE passent par un
point commun.
P
b
C b
b
b
D
F
b
E b
b
b
T
B b
S
A
On considère la configuration ci-dessus, les autres se traitent de façon similaire. Soit P le second
[ = ASE
point d’intersection des cercles circonscrits aux triangles SAE et SBF. On a APE = BPF, d et
[ = PSE
PAE = PBF.
d Par suite les triangles PAE et PBF sont semblables, et ainsi les triangles PAB
et PDC sont aussi semblables. Donc P est le centre de la similitude envoyant le segment [AD]
vers le segment [BC]. Soit maintenant Q le second point d’intersection des cercles circonscrits
aux triangles T CF et T DE. On obtient de la même façon que Q est le centre de la similitude
envoyant le segment [AD] vers le segment [BC]. D’où, P = Q et la preuve est complète.
Exemple 3 : (États-Unis, 2013)
Dans le triangle ABC , les points P, Q et R appartiennent aux côtés [BC], [CA] et [AB] res-
pectivement. Soient (ωA ), (ωB ) et (ωC ) les cercles circonscrits aux triangles AQR, BRP et
CPQ respectivement. On suppose que le segment [AP] coupe (ωA ), (ωB ) et (ωC ), à nou-
Y X BP
veau, en X, Y et Z respectivement. Montrer que : = .
XZ PC
D’après le théorème de Miquel, on sait que les cercles (ωA ), (ωB ) et (ωC ) concourent en un
point M. Puisque {P} = (Y Z) ∩ (BC), et comme (ωB ) est le cercle circonscrit au triangle BPY et
(ωC ) est le cercle circonscrit au triangle CPZ, alors on sait que M est le centre de la similitude qui
envoie [BY ] vers [CZ]. Donc, M est le centre de la similitude qui envoie [Y Z] vers [BC]. Notons
aussi que MXZ\ = MQA \ = 180° − MQC \ = MPC,\ donc la similitude envoie aussi X vers P. Par
conséquent, X et P sont des points correspondants sur les segments [Y Z] et [BC] respectivement,
Y X BP
il s’ensuit que = .
XZ PC
140 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
A b
R
b
b Y
b
X
b
b
b Q
M
Z
b
b
B b
P C
Soient ABC un triangle, et D un point du côté [BC]. Une droite passant par D coupe le
côté [AB] en X et la demi-droite [AC) en Y . Le cercle circonscrit au triangle BXD coupe le
cercle (ω) circonscrit au triangle ABC , à nouveau, en Z (distinct de B). Les droites (ZD) et
(ZY ) coupent (ω), à nouveau, en V et W respectivement. Montrer que AB = V W .
A
b
b V
X
b
b b
D b
B C
b
b Y
W
b
On considère la configuration ci-dessus, les autres se traitent de la même façon. Z est le point
de Miquel du quadrilatère complet ACDXY B, donc Z appartient au cercle circonscrit au triangle
CDY . D’où :
W\ [ = DCY
ZV = 180° − DZY [ = 180° − ACB,[
donc les cordes [AB] et [V W ] interceptent des arcs égaux, ceci implique que AB = V W , ce qui
termine la preuve.
Exemple 5 : (Asie-Pacifique, 2014)
Les cercles (ω) et (Ω) se coupent aux points A et B. Soit M le milieu de l’arc AB du cercle
(ω), avec M à l’intérieur de (Ω ). Une corde [MP] du cercle (ω) coupe (Ω) en Q , avec Q à
l’intérieur de (ω). Soit (lP ) la tangente à (ω) en P , et soit (lQ ) la tangente à (Ω) en Q .
Montrer que le cercle circonscrit au triangle formé par les droites (lP ), (lQ ) et (AB) est tan-
gent à (Ω).
Soient O1 et O2 les centres respectifs de (ω) et (Ω). On définit {X} = (PM) ∩ (AB), {C} = (AB) ∩
\1 = AXM
[ = 90° − PMO
(lQ ), {D} = (lP ) ∩ (lQ ) et {E} = (AB) ∩ (lP ). Notons que MPE \ = PXE, [ d’où
2 2
EP = EX. Par suite, EX = EP = EB · EA. Soient Y le second point d’intersection de (PM) avec
3.2. PRINCIPAUX THÉORÈMES POUR LES QUADRILATÈRES CONVEXES 141
(Ω), et T le second point d’intersection de (EY ) avec (Ω). D’après la puissance d’un point on
a : EX 2 = EA · EB = ET · EY , donc la droite (EX) est tangente au cercle circonscrit au triangle
Y XT . Par conséquent, T[
QC = T[ Y X = T[XC, d’où le quadrilatère T CQX est cyclique. De même,
2 [ =
on a EP = ET · EY , donc (EP) est tangente au cercle circonscrit au triangle Y PT . Ainsi, EXT
T[ [ , d’où le quadrilatère EPXT est cyclique aussi. Donc, T est le point de Miquel du
Y P = EPT
quadrilatère complet ECQPXD. Par suite T appartient au cercle circonscrit au triangle DEC. On
a maintenant :
[ + T[
EDT Y Q = T[CX + T[Y Q = T[QX + T[ [
Y Q = ET Q.
Ceci implique que le cercle circonscrit au triangle formé par (lP ), (lQ ) et (AB) est tangent à (Ω).
(ω)
A Y
b
(Ω) b
M
b O1 X b b
b
O2
Q b
b
B
b
T
b
C
b
b
b
E
D
Exemple 6
Soient ABCD un quadrilatère cyclique avec O comme centre du cercle circonscrit, {E} =
(AB) ∩ (CD), et {F} = (DA) ∩ (BC). Soit M le point de Miquel du quadrilatère complet
ABCDEF .
Montrer que M ∈ (EF) et que (OM)⊥(EF).
b
b M2
A b
\ = EDA
EMA [ = 180° − ABF
= 180° − \
FMA,
b
D
M
E
pectifs de [AB] et [CD].
Comme M est le centre de la similitude envoyant [AB] vers [DC], alors on a aussi M est le centre de
la similitude envoyant [AM1 ] vers [DM2 ]. Par suite M appartient au cercle circonscrit au triangle
\
EM1 M2 . Or, puisque OM \
1 E = OM2 E = 90°, ce cercle circonscrit a comme diamètre [OE], d’où
\ = 90°, ce qui termine la preuve.
OME
Exemple 7 : (Proposé à l’OIM, 1995)
Soient ABCD un quadrilatère cyclique, {E} = (AC) ∩ (BD) et {F} = (AB) ∩ (CD).
Montrer que F appartient à la droite passant par les orthocentres des triangles EAD et
EBC .
142 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Considérons le cercle (Γ1 ) de diamètre [AB] et le cercle (Γ2 ) de diamètre [CD], et soit (Γ) le
cercle circonscrit au quadrilatère ABCD. D’après le théorème de Gauss-Bodenmiller on sait que
les deux orthocentres appartiennent à l’axe radical de (Γ1 ) et de (Γ2 ) (i.e., la droite de Steiner de
ADBC). Donc, le problème sera résolu si on peut montrer que F appartient aussi à cet axe radical.
Or ceci découle du fait que F est le centre radical des cercles (Γ1 ), (Γ2 ) et (Γ).
Les cercles (Γ1 ) et (Γ2 ) se coupent en P et Q . Les segments [AC] et [BD] sont des cordes de
(Γ1 ) et (Γ2 ) respectivement, tels que [AB] et [CD) se coupent en P . La demi-droite [BD) et le
segment [AC] se coupent en X . Le point Y ∈ (Γ1 ) est tel que (PY ) (BD). Le point Z ∈ (Γ2 )
est tel que (PZ) (AC).
Montrer que les points Q, X, Y et Z sont alignés.
C b
Z Q
b
b X
b
b D
B b
b
Y
P
b
Soit Y ′ le second point d’intersection de [QX) avec (Γ1 ). On montre que (PY ′ ) (BD), ce qui
implique que Q, X, Y sont alignés. Le point Z est traité de la même manière.
Les conditions de l’exercice impliquent que Q est le point de Miquel du quadrilatère complet
DXAP. Donc, les quadrilatères CQDX et BQXA sont cycliques. Par conséquent :
\
QY [ = QCD
′ P = QCP \ = QXD
\ = QXB
[ ce qui implique que (PY ′ ) (BX).
Soit ABCD un quadrilatère tel que BC = DA et (BC) non parallèle à (DA). Soient E et F
deux points variables situés respectivement sur les côtés [BC] et [DA] tels que BE = DF .
Les droites (AC) et (BD) se coupent en P , les droites (BD) et (EF) en Q et les droites (EF)
et (AC) en R. Montrer que, lorsque les points E et F varient, les cercles circonscrits aux
triangles PQR passent par un même point fixe, distinct de P .
Soit M le point de Miquel du quadrilatère complet ADBC ; en d’autres termes, soit M le second
AF CE
point d’intersection des cercles circonscrits aux triangles APD et BPC. Comme = , alors
AD CB
M est aussi le centre de la similitude qui envoie [FA] vers [EC], c’est-à-dire le point de Miquel du
quadrilatère complet FACE. Comme {R} = (FE) ∩ (AC) on déduit que FARM est un quadrilatère
cyclique. Regardons maintenant de près le quadrilatère complet AFQP. Comme M appartient au
cercle (DFQ) passant par les points D, F, Q, et appartient aussi à (RAF), alors M est en fait le point
de Miquel de AFQP. Donc M ∈ (PQR). En conclusion, M est le point fixe recherché.
3.2. PRINCIPAUX THÉORÈMES POUR LES QUADRILATÈRES CONVEXES 143
b coupe le côté BC
Le triangle ABC est inscrit dans un cercle (Γ). La bissectrice interne de A
et le cercle (Γ) en D et L (différent de A) respectivement. M est le milieu de [BC]. Le cercle
circonscrit au triangle ADM coupe les côtés AB et AC , à nouveau, en Q et P (différent
de A) respectivement. Soit N le milieu de [PQ], et H le pied de la perpendiculaire de L à
(N D). Montrer que la droite (ML) est tangente au cercle circonscrit au triangle HMN .
Le point principal dans l’exercice est de montrer que (MN ) (AD). Désignons par X le point
diamétralement opposé à L dans le cercle circonscrit au triangle ABC.
A b
X
b
b
Q N
b
b
P
b
B b b
b C
D M
b b
H
L
Comme XAD [ = XMD\ = 90°, il s’ensuit que les points A, M, D et X sont cocycliques. D’où X est le
point de Miquel du quadrilatère complet PQBC, et le centre de la similitude envoyant [QP] vers
[BC]. Donc, c’est aussi le centre de la similitude envoyant [N P] vers [MC]. De façon équivalente,
X est le centre de la similitude envoyant [N M] vers [PC]. Ceci implique que les triangles XN M
et XPC sont semblables avec la même orientation, par suite :
\
N [ = ACX
MX = PCX [ = ALX,
[
\ = HDL
ce qui entraîne que (MN ) (AL). Donc, HMN [ et la preuve est terminée.
[ = ALX,
Les points A1 , B1 et C1 sont choisis respectivement sur les côtés [BC], [CA] et [AB] d’un
triangle ABC . Les cercles circonscrits aux triangles AB1 C1 , BC1 A1 et CA1 B1 coupent le
cercle circonscrit au triangle ABC , à nouveau, aux points A2 , B2 et C2 respectivement (avec
A2 , A, B2 , B, C2 , C ). Les points A3 , B3 et C3 sont les symétriques de A1 , B1 et C1 par
rapport aux milieux des côtés [BC], [CA] et [AB] respectivement. Montrer que les triangles
A2 B2 C2 et A3 B3 C3 sont semblables.
\2 + A
CAB \ \ \ \
2 BC = A2 C2 C + CC2 B2 = A2 C2 B2 .
\
De plus, BA [ \
2 C = BAC = C3 AB3 . On peut voir facilement que A2 est du même côté que A par
rapport à (BC) puisque B1 et C1 sont contraintes à appartenir aux côtés du triangle. On déduit
alors que C\ \ \ \
3 AB3 = BA2 C, ce qui implique que △A2 BC ∼ △AC3 B3 . Donc, AC3 B3 = A2 BC, ce qui
termine la preuve.
144 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
A b
B2 C1 B3
b
b b A2
b
C3 b
b B1
b b
b b C
A1 A3
B
b
C2
b+ D
B b
[ABCD]2 = (s − a)(s − b)(s − c)(s − d) − abcd · cos2 ,
2
AB + BC + CD + DA
où s = est le semi-périmètre.
2
Démonstration
On a [ABCD] = [ABC] + [ADC], d’où 2[ABCD] = ab sin B + cd sin D, et en prenant le carré :
D’autre part, d’après la relation d’Al-Kashi appliquée dans les triangles ABC et ADC on a : AC 2 =
a2 + b 2 − 2ab cos B et AC 2 = c 2 + d 2 − 2cd cos D, ce qui donne a2 + b 2 − 2ab cos B = c 2 + d 2 − 2cd cos D,
donc a2 + b 2 − c 2 − d 2 = 2ab cos B − 2cd cos D. En prenant le carré on déduit que :
h i h i B+D
16[ABCD]2 = (a + b)2 − (c − d)2 · (c + d)2 − (a − b)2 − 16abcd cos2
2
B+D
= (a + b + c − d)(a + b − c + d)(c + d + a − b)(c + d − a + b) − 16abcd cos2 .
2
En remplaçant a + b + c + d par 2s dans la relation ci-dessus on trouve la formule d’Archimède.
3.2. PRINCIPAUX THÉORÈMES POUR LES QUADRILATÈRES CONVEXES 145
Démonstration
[ = AC 2 + DC 2 − AD 2
Dans le triangle ADC on a : cos ACD . En remplaçant AC 2 par AC 2 = AD 2 +
2AC · DC
b
DC 2 −2AD·DC cos D, [ = DC − AD cos D . D’après la loi des sinus dans le triangle
b on obtient cos ACD
AC
AD sin b
D
[ =
ACD on a sin ACD , et d’après la relation d’Al-Kashi dans le triangle ABC on a :
AC
Corollaire 4
Si ABCD est un quadrilatère convexe, alors :
Preuve
AD 2 + DC 2 − AC 2
Dans les triangles ADC et BCD on a respectivement : cos D = et cos C =
2AD · DC
BC 2 + DC 2 − BD 2
. Le théorème précédent permet alors de conclure.
2BC · DC
Corollaire 5
Si ABCD est un quadrilatère convexe, alors :
2AD · BC + AB2 + CD 2 ≥ AC 2 + BD 2 .
Preuve
Puisque cos(C + D) ≥ −1, alors le résultat découle du corollaire précédent. On a égalité si,
et seulement si, cos(C + D) = −1, ce qui veut dire C + D = 180° ou aussi (AD) (BC).
146 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Corollaire 6
Si ABCD est un quadrilatère convexe, alors :
Preuve
C’est une simple conséquence du corollaire précédent.
Corollaire 7
Soit ABCD un quadrilatère convexe. Si C + D ∈ {90°, 270°}, alors :
AB2 + CD 2 = AC 2 + BD 2 .
Preuve
C’est une conséquence immédiate du corollaire 4.
AB2 ·OC ·OD +BC 2 ·OD ·OA +CD 2 ·OA ·OB +DA2 ·OB ·OC = AC ·BD ·(OA ·OC +OB ·OD).
Démonstration
b
B
b
A α
b
O
D C
b b
La relation d’Al-Kashi appliquée dans les triangles AOB, BOC, COD et DOA donne : AB2 = OA2 +
OB2 −2OA·OB cos α, BC 2 = OB2 +OC 2 −2OB·OC cos(180°−α), CD 2 = OC 2 +OD 2 −2OC·OD cos α
AB2 BC 2 CD 2 DA2
et DA2 = OD 2 +OA2 −2OD ·OA cos(180°−α). Donc, + + + =
OA · OB OB · OC OC · OD OD · OA
OA OB OB OC OC OD OD OA
+ − 2 cos α + + + 2 cos α + + − 2 cos α + + + 2 cos α =
OB OA OC
OB OD OC OA OD
OA OC OB OD OB OD OC OA AC BD BD AC
+ + + + + + + = + + + , ce qui per-
OB OB OA OA OC OC OD OD OB OA OC OD
met de conclure.
Corollaire 8
Si ABCD est un parallélogramme, alors :
AB2 + BC 2 + CD 2 + DA2 = AC 2 + BD 2 .
3.2. PRINCIPAUX THÉORÈMES POUR LES QUADRILATÈRES CONVEXES 147
Preuve
AC BD
En effet, on a dans un parallélogramme ABCD : OA = OC = et OB = OD = .
2 2
Lemme
Si ABC et A′ B′ C ′ b= A
sont deux triangles tels que A b′ , et les angles B, bB
b C, b′ sont aigus
b′ et C
ou droits, alors on a :
BC AC BC AB
− − ≤ 0.
B′ C ′ A′ C ′ B′ C ′ A′ B′
Preuve
On suppose, sans perte de généralité, que B b≤ B b′ , alors Cb≥ C b′ . La fonction x 7−→ sin x est
′ ′
croissante, alors sin B ≤ sin B et sin C ≥ sin C . La loi des sinus appliquée dans les triangles
BC CA BA B′ C ′ C ′ A′ B′ A′
donne = = et = = . En divisant les deux relations on
sin A sin B sin C sin A′ sin B′ sin C ′
obtient :
BC CA sin B′ BA sin C ′
= ′ ′· = ′ ′· .
′
BC ′ C A sin B B A sin C
BC CA BC
Les inégalités avec le sin vues ci-haut permettent de déduire que ′ ′ ≥ ′ ′ et ′ ′ ≤
BC CA BC
BA ′ B′ C ′ sont semblables.
. On a égalité si, et seulement si, les triangles ABC et A
B′ A′
AC · BD ≤ AB · CD + AD · BC.
Preuve
En appliquant le lemme précédent aux triangles AOB et COD, puis AOD et BOC on
déduit que :
AB OB AB OA BC OB BC OC
− − ≤0 et − − ≤ 0.
CD OC CD OD AD OA AD OD
C’est équivalent à :
(AB·OC −CD ·OB)(AB·OD −CD ·OA) ≤ 0 et (BC ·OA−AD ·OB)(BC ·OD −AD ·OC) ≤ 0.
AB2 · OC · OD + BC 2 · OA · OD + CD 2 · OA · OB + DA2 · OB · OC ≤
≤ (AB · CD + AD · BC)(OA · OC + OB · OD).
Corollaire 10
Si ABCD est un quadrilatère convexe avec (AB) (CD), alors :
AC 2 + BD 2 = AD 2 + BC 2 + 2AB · CD.
148 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Preuve
AO
Comme (AB) (CD), alors les triangles AOB et COD sont semblables, et donc =
CO
AB AB · AC
. D’où, AO = , et des relations similaires pour BO, CO et DO. Il suffit de
CD AB + CD
développer le membre de droite dans l’égalité du dernier théorème pour conclure.
Démonstration
[ = ADE
On construit un triangle ADE semblable au triangle ABC : ABC [ et BAC [ = DAE.
[ Donc,
AD DE AE
= = , par suite :
AB BC AC
BC · AD
DE = , (1)
AB
AD AB [ = DAB,
[ il s’ensuit que △EAC ∼ △DAB,
et = . En considérant cette égalité ainsi que EAC
AE AC
AC EC
d’où = , ce qui veut dire que :
AB DB
AC · DB
EC = . (2)
AB
La relation d’Al-Kashi appliquée dans le triangle EDC, éventuellement dégénéré, montre que EC 2 =
ED 2 + DC 2 − 2ED · DC cos(B + D). En remplaçant DE et EC grâce aux relations (1) et (2) ci-dessus
on déduit que :
2 2
AC · BD BC · AD BC · AD
= + DC 2 − 2 · · DC · cos(B + D),
AB AB AB
ce qui permet de conclure.
AC · BD ≤ AB · CD + AD · BC.
Preuve
La relation de Bretschneider s’écrit sous la forme :
Corollaire 12
Si deux angles opposés d’un quadrilatère convexe ABCD sont complémentaires alors :
Théorème 28
Dans un quadrilatère convexe ABCD on a les identités :
Démonstration
D’après la relation d’Al-Kashi appliquée dans les triangles ABC et ADC, on a :
On prend ensuite le conjugué de cette dernière expression, on laisse au lecteur le soin de finir la
preuve.
Corollaire 13
Soit ABCD un quadrilatère convexe.
b+ D
Si B b < 180° (respectivement B b > 180°), alors f < ad + bc ; respectivement f > ad + bc .
b+ D
e ab + cd e ab + cd
Preuve
b+ D
Si B b < 180° alors A b+ C b > 180°, d’où : cos B + cos D = 2 cos B + D cos B − D > 0 et
2 2
A+C A−C f 2 (ad + bc)2 (ac + bd)
cos A+cosC = 2 cos cos < 0. D’après le théorème 28 : 2 < =
2 2 e (ab + cd)2 (ac + bd)
!2
ad + bc
. L’autre inégalité se montre de la même façon.
ab + cd
150 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Démonstration
b C
Si ABCD est cyclique, alors A+ b = 180° et B+
b Db = 180°. Donc, cos A+cosC = 0 et cos B+cos D = 0.
Le théorème 28 permet alors de conclure.
b+ D
Réciproquement, d’après le corollaire 13 on déduit que la seule option possible est B b = 180°, et
comme ABCD est convexe alors il est cyclique.
Lemme de Brahmagupta
Si R est le rayon du cercle circonscrit au triangle ABC, et [AA′ ] une hauteur de ce triangle
avec A′ ∈ (BC), alors on a :
AB · AC = 2R · AA′ .
Preuve
Soit A1 le point diamétralement opposé au point A dans le cercle circonscrit au triangle
AB AA′
ABC. Les triangles ABA′ et AA1 C sont semblables, donc = , or AA1 = 2R, donc
AA1 AC ′
AB · AC = 2R · AA′ .
MA′ · MC ′ = MB′ · MD ′ .
Démonstration
D’après le lemme de Brahmagupta on sait que : MA·MB = 2R·MA′ , MB·MC = 2R·MB′ , MC·MD =
2R · MC ′ et MD · MA = 2R · MD ′ , par suite MA′ · MC ′ = MB′ · MD ′ .
Dans un quadrilatère cyclique les perpendiculaires issues des milieux des côtés aux cô-
tés opposés sont concourantes. Le point de concours M s’appelle le point de Mathot du
quadrilatère cyclique ABCD.
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 151
Démonstration
Soit O le centre du cercle circonscrit au qua-
drilatère cyclique ABCD, et désignons par A b
C′
est un parallélogramme car ses diagonales se b
b
B
coupent en leurs milieux. B′
b
C
Par suite (MA′ ) (OC ′ ). Or (OC ′ )⊥(DC), donc (MA′ )⊥(CD). De même, on montre que
(MB′ )⊥(AD), (MC ′ )⊥(AB) et (MD ′ )⊥(BC).
Théorème 32
Soient ABCD un quadrilatère orthodiagonal, et {M} = (AC) ∩ (BD). Si A′ , B′ , C ′ et D ′ sont
les projections orthogonales de M sur les côtés [AB], [BC], [CD] et [DA] respectivement,
alors A′ B′ C ′ D ′ est un quadrilatère cyclique.
Démonstration
\
Dans les quadrilatères cycliques MA′ AD ′ , MA′ BB′ , MB′ CC ′ et MC ′ DD ′ on a les relations MA ′ D′ =
\ \
MAD , MA B = MBB
′ ′ ′ ′ \ ′ ′ \ ′ \
\ , MC B = MCB et MC D = MDD
′ ′ \ . En sommant ces relations on déduit
′
que : B\ ′ A′ D ′ + B\ \′ + MDD
′ C ′ D ′ = MAD \′ + MBB
\′ + MCB \′ = 90° + 90° = 180°. Donc, A′ B′ C ′ D ′ est
un quadrilatère cyclique.
A b
D′
b
D
b
A′ b
b
b C′
M
b
b
B b
B′ C
Théorème 33
Soient ABCD un quadrilatère orthodiagonal et cyclique, et {M} = (AC)∩(BD). Si les points
A′ , B′ , C ′ et D ′ sont les projections orthogonales de M sur les côtés [AB], [BC], [CD] et [DA]
respectivement, alors :
1 le point M est le point de Mathot du quadrilatère ABCD ;
2 les milieux des côtés de ABCD appartiennent au cercle circonscrit au quadrilatère
A′ B′ C ′ D ′ ;
3 le centre du cercle circonscrit au quadrilatère A′ B′ C ′ D ′ est le milieu du segment
[MO] où O est le centre du cercle circonscrit au quadrilatère ABCD.
152 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Démonstration
D’après le théorème précédent, le quadrilatère A
A′ B′ C ′ D ′ est cyclique. Soient E, F, G et H les b
\
MAB + 90° = 180°. b b
C′
F b
B′
b
Il s’ensuit que les points A′ , M et G sont alignés. De même, les triplets de points (B′ , M, H), (C ′ , M, E)
et (D ′ , M, F) sont alignés. Par conséquent, M est le point de Mathot de ABCD.
Comme GA \ \
′ E = EC ′ G = 90°, les points E, A′ , C ′ et G sont sur le cercle de diamètre [EG]. De même,
′ ′
les points H, D , B et F sont sur le cercle de diamètre HF. Si le quadrilatère EFGH est un rectangle,
alors ses diagonales sont égales, d’où GE = FH, et par suite les points A′ , B′ , C ′ , D ′ , E, F, G et H sont
sur un même cercle, de centre N le milieu de [GE].
Comme (EC ′ )⊥(DC) et (OG)⊥(DC), alors (EC ′ ) (OG). De même, (GA′ ) (OE). Par suite MGOE
est un parallélogramme et il s’ensuit que N est le milieu de [MO].
Théorème 34
Soit ABCD un quadrilatère cyclique. La tangente en A au cercle circonscrit au quadrilatère
ABCD coupe les tangentes en B et D aux points A′ et D ′ respectivement. La tangente en C
coupe les tangentes en B et D aux points B′ et C ′ respectivement. Alors :
Démonstration
A′ A
b
α D′
O b
β
b b
B
D
b
b
b
C′
B′ C
Démonstration
On sait déjà que a, b, c et d peuvent être les longueurs des côtés d’un quadrilatère convexe. On va
montrer que :
a2 + d 2 − b 2 − c 2
−1 < < 1. (1)
2(ad + bc)
a2 + d 2 − b 2 − c 2 < 2(ad + bc)
Les inégalités ci-dessus sont équivalentes à :
, ce qui s’écrit :
−2(ad + bc) < a2 + d − b 2 − c 2
0 < (b + c)2 − (a − d)2
0 < (−a + b + c + d)(a + b + c − d),
ou de façon équivalente
0 < (a + d) − (b − c)2 0 < (a + b − c + d)(a − b + c + d).
Les dernières inégalités sont vraies car a, b, c et d sont les côtés d’un quadrilatère convexe. Donc
la relation (1) est vraie. Construisons le triangle MN Q avec MN = a, MQ = d et N \MQ = x =
a2 + d 2 − b 2 − c 2
arccos . Alors :
2(ad + bc)
a2 + d 2 − b 2 − c 2
cos x = . (2)
2(ad + bc)
De la dernière égalité on déduit que
Soit ABCD un quadrilatère convexe inscrit dans un cercle. On désigne par Ia (ra ), Ib (rb ),
Ic (rc ) et Id (rd ) les cercles inscrits dans les triangles BCD, CDA, DAB et ABC respective-
ment. Alors Ia Ib Ic Ic est un rectangle et on a :
ra + rc = rb + rd .
154 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Note historique
Le théorème japonais dit que quelle que soit la manière dont on triangule un polygone inscrip-
tible, la somme des rayons des cercles inscrits dans ces triangles est constante. Réciproquement,
si la somme des rayons des cercles inscrits est constante quelle que soit la triangulation, alors le
polygone est inscriptible. Le théorème japonais découle du théorème japonais de Carnot. Ce théo-
rème est aussi une généralisation du théorème japonais pour les quadrilatères inscriptibles. Ce
théorème montre que les centres des cercles inscrits dans les triangles issus des deux triangula-
tions possibles d’un quadrilatère inscriptible forment un rectangle. Le nom de théorème japonais
fait référence aux sangakus, ces figures géométriques illustrant une propriété mathématique et
accrochées dans les temples japonais. D’après le professeur Yoshida de l’université de Kyoto, ce
théorème est d’origine chinoise et porte, au Japon, le nom de théorème chinois. C’est le japonais
Ryokan Maruyama qui en fait un sangaku vers 1800. C’est ainsi que le théorème porte aussi le
nom de théorème de Maruyama. Mais d’après le professeur Sato Naonobu de l’université d’Akita,
il existe une preuve de ce théorème antérieure à 1800, œuvre du samouraï Shinpei Ito. Ce théo-
rème est popularisé en Occident par Roger A. Johnson qui le nomme en 1929 théorème d’origine
orientale, puis est nommé théorème japonais vers 1993.
Démonstration
1[ 1[
On observe que I[ d AIc = BAD − BAC = A
2 2 b
1[ 1 [ [ 1[
BAD − BAD − CAD = CAD, et I[
d BIc =
2 2 2
1[ 1[ 1 [ 1 [ [ Ic b
De même, on déduit que les quadrilatères BCIa Id , CDIb Ia et DAIc Ib sont cycliques. Soit V un point
tel que Id ∈ [BV ], il est facile de voir que I\ [ \ [
c Id V = BAIc et Ia Id V = BCIa . D’où :
[ + BAD
BCD [
I\ \ \ [ [
a Id Ic = Ia Id V + Ic Id V = BCIa + BAIc = = 90°.
2
D’après la relation d’Euler, OI 2 = R2 −2Rr, appliquée aux triangles ABC, BCD, CDA et DAB, et qui
ont le même rayon du cercle circonscrit, on conclut que :
Démonstration
b
H3
A
b
b
H2
M
b b b
H4 D
H1
b
B b
b
C
Théorème 38
Soit ABCD un quadrilatère cyclique et orthodiagonal. M est le point d’intersection de [AC]
avec [BD]. Alors la somme des aires des cercles de diamètres [MA], [MB], [MC] et [MD] est
égale à l’aire du cercle circonscrit au quadrilatère ABCD.
156 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Démonstration
Soit O le centre du cercle circonscrit au qua- D b
x+y 2 v −u 2 v +u 2 y−x 2
Donc 2r 2 = p 2 + q 2 + FC 2 + BG 2 devient 2v 2 = + + + , c’est
2 2 2 2
2 2 2 2 2
équivalent à : 4v = x + y + u + v , ce qui est équivalent à son tour à :
2 2 2 2
x y u v
πr 2 = π +π +π +π ,
2 2 2 2
ce qui permet de conclure.
Corollaire 14
Soit ABCD un quadrilatère cyclique et orthodiagonal. Alors, la somme des aires des cercles de
diamètres [AB], [BC], [CD] et [DA] est égale à deux fois l’aire du cercle circonscrit au quadrilatère
ABCD.
Théorème 39
Soient ABCD un quadrilatère cyclique et orthodiagonal, et M le point d’intersection de
ses diagonales.
1 Si P, Q, R, S sont les projections orthogonales de M sur les côtés de ABCD, alors
la droite passant par M et sa projection sur un côté coupe le côté opposé en son
milieu ;
2 les médiatrices des côtés se coupent en M ;
3 le quadrilatère PQRS est tangentiel et cyclique ;
4 les tangentes en A, B, C et D au cercle circonscrit au quadrilatère ABCD forment un
quadrilatère cyclique et tangentiel.
Démonstration
\ = DMT
➀ On a DCM \ et DMT \ = BMR [ = MBR,
[ donc MRB est un triangle isocèle, d’où MR est
une médiane dans le triangle AMB.
➁ Cette question découle de 1.
➂ Il est clair que les quadrilatères MSCP, MPDQ, MQAR et MRBS sont cycliques, ceci implique
\ = PSM,
que PCM [ PCM \ = DBA [ et MBR [ Si DCM
[ = MSR. \ = α alors PSR = 2α et CDM \=
90° − α. Or CDB[ = CAB,[ donc MQP \ = MDP \ = RQM
\ = RAM \ = 90° − α et PQR
[ = 180° − 2α.
Par conséquent PQRS est un quadrilatère cyclique. Puisque SM et MQ sont des bissectrices, les
bissectrices internes de PQRS sont concourantes, c-à-d PQRS est un quadrilatère tangentiel.
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 157
\
KT N = 180° − 2 (90° − α) = 2α,
Exercice 1
Solution.
M
b
A
b B
b
b
Q
b
N
b
b
D C
Comme M et Q sont sur la bissectrice de l’angle A, b il résulte que les points M, A et Q sont
alignés. De même, les points M, B, N ; N , C, P et P, Q, D sont alignés. On a :
[ 180° − ABC
180° − BAD [ [ + ABC
BAD [
\
AMB = 180° − \
MAB − \
MBA = 180° − − = .
2 2 2
[ [
[ = ADC + BCD , et donc QMN
De même, CPD \ +\QPN = 180°.
2
Exercice 2
Soient ABC un triangle équilatéral de côté a, et M, N deux points tels que C ∈ [AM], N ∈
[BC] et AM · BN = a2 . Soit P le point d’intersection de (AN ) avec (BM).
Montrer que ABCP est un quadrilatère cyclique.
158 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
AM AB
Solution. La relation de l’énoncé s’écrit= , et comme \ [ , il résulte que les
MAB = ABN
AB BN
[ = AMB.
triangles MAB et ABN sont semblables, d’où BAN \ Les triangles MAB et APB sont
semblables car AMB = PAB et ABM est en commun. Donc, 60° = \
\ \ et par suite
MAB = APB,
[ D’où ABCP est un quadrilatère cyclique.
= ACB.
APB
Exercice 3
AM = BN = CP = AQ.
Solution. Soit O le centre du carré. Les triangles OAM et OAQ sont isométriques et donc OM =
QO = r, les triangles OBM, ON C et OPD sont isométriques. Il résulte que OM = ON = OP = r.
Ainsi, les points M, N , P, Q appartiennent au cercle de centre O et de rayon r.
x M a−x
A b b b
B
x
Q b b
N
O
b
a−x
b b b
D C
a−x P x
Exercice 4
2a2 = b 2 + c 2 .
Solution. Soient A′ , B′ , C ′ les milieux respectifs de [BC], [CA], [AB], et {N } = (AA′ ) ∩ (BB′ ). On a
a m m
N B′ = N C ′ = , N A′ = a , N M = a . Les points M, B′ , A′ , C ′ sont cocycliques si, et seulement
4 2 6
si : N B′ · N C ′ = N M · N A′ , i.e.
a2 m2a
= ⇐⇒ 3a2 = 4m2a ⇐⇒ 3a2 = 2(b 2 + c 2 ) − a2 ⇐⇒ b 2 + c 2 = 2a2 .
16 12
Exercice 5
a · MA = a · MB + a · MC ⇐⇒ BC · MA = AC · MB + AB · MC,
Exercice 6
Soient [AB] et [CD] deux cordes perpendiculaires d’un cercle. Montrer que les tangentes
au cercle en A, B, C, D forment un quadrilatère cyclique MN PQ.
[ = 90° = AC + BD , d’où
Solution. Soit R le point d’intersection de (AB) avec (CD), alors ARC
2
+ BD
AC = 180°,
\ = BC + BD + AD − AC = 360° − 2AC = 180° − AC.
AMC
2 2
De même, on a \ D’où :
N PQ = 180° − BD.
\ +\
QMN + 180° − BD
QPN = 180° − AC − BD
= 360° − AC = 180°,
b N
C b
b B
b
M
R b
b b
A
O
b
E
Q b P
D
Exercice 7
Soit ABC un triangle tel que b 2 + c 2 = 5a2 . Montrer que les sommets B et C, le centre de
gravité G, et les pieds des hauteurs issues de B et de C sont cocycliques.
Solution. Soient M le milieu de [BC], B′ et C ′ les pieds des hauteurs issues respectivement de
a
B et C. Alors on a MB = MC = MB′ = MC ′ = . De plus :
2
r r
1 1 b 2 + c 2 a2 1 5a2 a2 a
MG = · ma = · − = · − = .
3 3 2 4 3 2 4 2
a
Donc, les points B, C, B′ , C ′ et G appartiennent au cercle C M, .
2
autre solution : on a
4 2
GB2 + GC 2 = BC 2 ⇐⇒ (m − m2c ) = a2 ⇐⇒ 2(a2 + c 2 ) − b 2 + 2(a2 + b 2 ) − c 2 = 9a2
9 b
⇐⇒ b 2 + c 2 = 5a2 .
Exercice 8
Solution.
b b
\ +\
QMN [ + BCD
QPN = BAD [ = 180°, M N
b
b D
A
Exercice 9
Soit ABC un triangle tel que A b = 60° ; O et I sont respectivement le centre du cercle cir-
conscrit et le centre du cercle inscrit. Montrer que BCOI est un quadrilatère cyclique.
Solution.
b
b b b
d = 180° − B + C = 180° − 180° − A = 120°.
C
I
BIC O b
2 2 b
60˚
[ = 2·A
D’autre part, on a : BOC b = 120°. D’où b
A
BCOI est un quadrilatère cyclique.
Exercice 10
Soient ABC un triangle, et M est le milieu de [AI] où I est le centre du cercle inscrit.
b = 60°.
Montrer que le cercle d’Euler passe par le point M si, et seulement si, A
Solution. Soient A′ , B′ , C ′ les milieux respectifs de [BC], [CA], [AB], et A′′ le pied de la hauteur
AI b+c AM b+c 1
issue de A. On a = et donc = < et M est à l’intérieur du
AA′′ a+b+c AA′′ 2(a + b + c) 2
triangle AB′ C ′ . Comme (MB′ ) (IC) et (MC ′ ) (IB), il résulte que C\ d = 90° + 1 A.
′ MB′ = BIC b
2
Comme (A′ B′ ) (AB) et (A′ C ′ ) (AC), alors B\ b Le quadrilatère MB′ A′ C ′ est cyclique
′ A′ C ′ = A.
si, et seulement si :
1b b
C\
′ MB′ + B\
′ A′ C ′ = 180° ⇐⇒ 90° + A b = 60°.
+ A = 180° ⇐⇒ A
2
Exercice 11
Soit ABC un triangle tel que b + c = 2a. Montrer que les milieux de [AB], de [AC], et les
points A et I sont cocycliques.
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 161
Exercice 12
Solution.
1 Soit I le point d’intersection des cercles circonscrits aux triangles BCE et CDF. Puisque
ICBE et ICDF sont des quadrilatères cycliques alors :
[
d = ABC
CIE et [ = CFD,
CID [
d’où [ + CFD
EID = ABC [ = 180° − DAE,[ ainsi ADIE est un quadrilatère cyclique. De
même, le quadrilatère ABIF est cyclique.
[ Comme CIE
d = ADC.
2 On a CIF [ alors ADC
d = ABC, [ + ABC
[ = EIF,
d ce qui permet de
conclure.
E
b
I
b
b D
b
F b A
b
B
C
Exercice 13
a−c
d’où AN = BM = et donc MN = c si DCMN est un rectangle. De (DC) (AB) et AN = BM,
2
il s’ensuit que ABCD est un trapèze isocèle, donc cyclique.
Le cas Ab > 90° et B
b > 90° se traite de la même façon.
Exercice 14
Solution.
[ y = BOC,
Soit x = AOC, [ alors x + y = 180°. C
D b b
2 2
N[BO = 90°, donc D appartient au demi-
\ = x + y =
b M
\ + CON
cercle. De même, MOC
2 2
\ = 90°. Puisque MON
90° et donc MON \ =
b b b
\ = 90°, il résulte que le quadrilatère
MDN O A
B
MON D est inscrit dans le cercle de diamètre
[MN ].
\ = MOC
De même, on a MCO \ = x , MDO\ = MAO \ = x , d’où MCO
\ = MDO,
\ donc OMCD est
2 2
cyclique et C appartient au cercle de diamètre [MN ].
Exercice 15
Solution.
A
b
P b Q
b
b b b b
B M N C
CM b2
= 2.
BN c
⋄ Cas 2 : N ∈ [BM]. Même démonstration que dans le cas 1.
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 163
Exercice 16
du cercle circonscrit
Soient ABC un triangle acutangle, et H son orthocentre. Sur l’arc BHC
au triangle BHC on considère un point M dont les symétriques par rapport aux côtés
BC, CA, AB sont respectivement A′ , B′ , C ′ .
Montrer que AC ′ A′ B′ est un quadrilatère cyclique.
Solution.
de même MA \ \ \
1 C1 = MBC1 , donc B1 A1 C1 =
b b
H M
\ \ b \ b \
MCB1 + MBC1 = C − MCB + B − MBC = 180° − B b
C
b
b
A \ = BMC
b− (180° − BMC) \−A b = 180° − A b− Ab= A1
180° − 2A.b b
A′
Puisque C\′ AC = C
1
\ \ \ \
1 AM et B AB1 = B1 AM, il résulte que C AB = 2A.
′ ′ ′ b
\ \ ′ ′ ′
Par conséquent C AB + C A B = 180°, le quadrilatère AC A B est donc cyclique.
′ ′ ′ ′ ′
Exercice 17
Soient ABC un triangle, et M un point du plan. La droite passant par M et parallèle à (BC)
coupe le cercle circonscrit au triangle MBC au point A′ . On définit de la même façon les
points B′ et C ′ . Montrer que MA′ B′ C ′ est un quadrilatère cyclique.
Solution. Le quadrilatère BMA′ C est un trapèze isocèle, donc A′ est le symétrique de M par
rapport à la médiatrice de [BC]. Si O est le point d’intersection des médiatrices du triangle
ABC, alors OM = OA′ = OB′ = OC ′ , et par suite les points M, A′ , B′ , C ′ appartiennent au cercle
de centre O et de rayon OM.
Exercice 18
Solution.
F
b
b
E
x x
b b b b
B O C A
[ = FCB
Posons ECA = x, et supposons que x < 90°. On applique la formule d’Al-Kashi dans les
triangles FCO et ECO on obtient : R2 = a2 +FC 2 −2a FC cos x et R2 = a2 +EC 2 +2a EC cos x avec
164 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
√ √
a = OC et R = OA. Par suite FC = a cos x + R2 − a2 sin2 x et EC = −a cos x + R2 − a2 sin2 x. Par
conséquent :
FC − EC = 2a cos x (1)
et EC · FC = R2 − a2 . En appliquant la relation d’Al-Kashi dans le triangle ECF on a : EF 2 =
CE 2 +CF 2 +2EC ·EF cos(2x) = (FC −EC)2 +2EC ·EF(1+cos(2x)) = 4a2 cos2 x +4(R2 −a2 ) cos2 x =
4R2 cos2 x, et ainsi :
EF = 2R cos x. (2)
Des relations (1) et (2) il résulte que :
R · CF − R · EC = a · EF et donc EF · OC + OF · EC = FC · OE.
Exercice 19
Montrer que les points A, B, C, D sont cocycliques si, et seulement si, b + c = 2a.
A′ B · A′ C = A′ D · A′ A.
A
b
c
b
b I
A′ b
b b
a C
B
En appliquant la loi des sinus dans les triangles A′ BI et A′ AC, la relation (1) s’écrit :
sin A+B
2 sin C A C C C B A B C
= ⇐⇒ sin cos = 2 sin cos sin ⇐⇒ sin = 2 sin sin
sin B
2 sinA 2 2 2 2 2 2 2 2
2
A A A B C A B−C B+C
⇐⇒ 2 sin cos = 4 cos sin sin ⇐⇒ sin A = 2 cos cos − cos
2 2 2 2 2 2 2 2
A B−C A A
⇐⇒ sin A = 2 cos cos − 2 cos sin
2 2 2 2
A−B+C A+B−C
⇐⇒ 2 sin A = cos + cos ⇐⇒ 2 sin A = sin B + sin C ⇐⇒ 2a = b + c.
2 2
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 165
Exercice 20
Soient ABC un triangle, et C un cercle passant par B et C et coupant les côtés [AB] et [AC]
en E et F respectivement. Soit D un point à l’intérieur du triangle AEF tel que :
[ y = DEF
Solution. Posons x = DEA, [ Comme AEF
[ et z = DCA. [ alors DCB
= ACB, [ = x + y − z. La
relation de l’énoncé devient alors :
Exercice 21
Soient ABC un triangle inscrit dans le cercle C(O, R), et D le point diamétralement opposé
à A. La tangente en D au cercle C coupe (AB) et (AC) en M et N respectivement. Soit
P le point d’intersection de (AD) avec (BC). Montrer que si AP = 2 · PB, alors les points
O, B, C, M et N sont cocycliques.
Solution. Le quadrilatère BMN C est cyclique car BMN\ + BCN[ = AD − BD + 180° − AB =
2 2
− AB
180° − BD 4R
+ 180° = 180°. Puisque AP = 2 · PD et AD = 2R alors AP = . D’après la
2 3
AP AB 4R c 2R sin C
loi des sinus = , d’où = = . Il résulte que :
sin B sin P 2 sin B sin(90° + C − B) cos(C − B)
A
b
O
b
b C
b
B b
P
N
b
b
M b
D
\ = C,
Le quadrilatère BMN C est donc cyclique. On a AMD b donc :
\= AD 2R \ = OD = R tan C = tan C .
tan AMD = = tan C d’où MD = 2R cotanC, tan OMD
MD MD MD 2R 2
tan C
De la relation tan B tan C = 2 vue ci-haut il s’ensuit que = cotanB = tan(90° − B), donc
2
\ = 90° − B,
OMD \ =C
b d’où BMO b − 90° + B
b = 90° − A [ Par conséquent BOCM est un
b = OCB.
quadrilatère cyclique, et les cinq points en question sont cocycliques.
166 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Exercice 22
Soient ABC un triangle, et M, N , P des points tels que C ∈ [AM], N ∈ [BC] et {P} = (AN ) ∩
(BM). Montrer que les points A, B, C et P sont cocycliques si, et seulement si :
AM BN
a2 · = b2 · + c2.
CM CN
Solution.
M
b
b P
C a−y b
b
b
N
y
b b
A c B
N C · N B = N A · N P. (1)
b 2 y + c 2 (a − y) − ay(a − y)
AN 2 = .
a
La relation (2) devient alors :
Exercice 23
Soient ABC un triangle, et B′ , C ′ , M des points tels que B′ ∈ [AC], C ′ ∈ [AB] et {M} = (BB′ ) ∩
(CC ′ ). Montrer que le quadrilatère AB′ MC ′ est cyclique si, et seulement si :
b · CB′ + c · BC ′ = a2 .
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 167
Solution. On pose AB′ = by, AC ′ = cz avec y, z ∈ ]0, 1[. Donc, CB′ = b(1 − y), BC ′ = c(1 − z). Le
quadrilatère AB′ MC ′ est cyclique si, et seulement si : BM · BB′ = BC ′ · BA. En appliquant le
théorème de Ménélaüs au triangle BB′ A avec la transversale CMC ′ on déduit que :
D’après le théorème de Stewart on a : BB′2 · AC = BC 2 · AB′ + BA2 · CB′ − AC · CB′ · AB′ , donc
BB′2 b = a2 by + c 2 b(1 − y) − b 3 y(1 − y), d’où BB′2 = a2 y + c 2 (1 − y) − b 2 y(1 − y). La relation (1)
devient alors : a2 y + c 2 − c 2 y − b 2 y(1 − y) = c 2 − c 2 yz ou aussi a2 y = b 2 y(1 − y) + c 2 y(1 − z), donc
b 2 (1 − y) + c 2 (1 − z) = a2 , ou aussi b · CB′ + c · BC ′ = a2 .
Exercice 24
Soient ABC un triangle, et A′ , B′ , C ′ les points de contact du cercle inscrit avec les cô-
tés BC, CA, AB respectivement. On considère, sur les droites (IA), (IB), (IC), des points
A1 , B1 , C1 respectivement tels que IA1 , IB1 , IC1 soient égales aux hauteurs issues de
A′ , B′ , C ′ dans le triangle A′ B′ C ′ . On considère les projections orthogonales de A1 sur AB
et AC, de B1 sur BA et BC, et enfin de C1 sur CA et CB. Montrer que ces 6 projections
orthogonales sont cocycliques.
Solution. Soient x = IA1 , y = IB1 , z = IC1 et M, N les projections orthogonales de A1 sur AB, AC
respectivement. Alors :
A r A A b
A
A1 M = AA1 · sin = − x sin = r − x sin et \
MA 1 I = 90° + .
2 sin A 2 2 2
2
A 2[A′ B′ C ′ ] a 2
Or, B′ C ′ = 2r cos et donc x = = , d’où IM 2 = IN 2 = r 2 + s .
2 B′ C ′ r cos A2 r2
Puisque cette expression est symétrique, il résulte que les six points en question appartiennent
à un même cercle de centre I.
remarque : le fait que A1 ∈ [IA] résulte de l’inégalité :
B C r
IA1 < IA ⇐⇒ 2r cos cos < ⇐⇒ a < b + c.
2 2 sin A2
Exercice 25
De même on a : HB′ ·HB′′ = HA·HA1 = HC ·HC1 . Donc HA′ ·HA′′ = HB′ ·HB′′ . D’où les points
A′ , A′′ , B′ , B′′ appartiennent à un cercle de centre N . Soient A2 , B2 et C2 les milieux respectifs
de [BC], [CA] et [AB]. La médiatrice de [A′ A′′ ] est parallèle à (AM) et passe par N et A2 . Donc
(A2 N ) (AM). De même on a (B2 N ) (BM). Puisque les triangles ABC et A2 B2 C2 ont les côtés
parallèles alors il résulte que (C2 N ) (CM), et par conséquent N est le centre du cercle passant
par les points A′ , A′′ , C ′ et C ′′ .
A
b
B′ b C′
b
b
A′′
b
C1
b B1
b B2
b
b
H
C2 M
b
A′ b
A2
b
b b
b
C
b A1
B b
C ′′
B′′
Exercice 26
Montrer que si ABCD est un quadrilatère cyclique alors les centres de gravité des triangles
ABC, BCD, CDA et DAB sont cocycliques. Montrer que la propriété reste vraie pour les
orthocentres.
Solution.
MG4 MG1 1 G4
= = . b b
G1
MA MD 3
Donc, (G1 G4 ) (AD). De même, on montre b
b
G2
que les côtés de G1 G2 G3 G4 sont parallèles G3
Exercice 27
\=N
Soient ABCD un parallélogramme, et M ∈ [AB], N ∈ [AD] tels que MCB \ CD.
Montrer que les milieux des segments [AB], [AD], [N B] et [MD] sont cocycliques.
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 169
Solution.
A C′ M B
BM AB DN AD BM BC
A′ S · A′ B′ = A′ T · A′ C ′ ⇐⇒ · = · ⇐⇒ = .
2 2 2 2 DN DC
Cette dernière relation découle de la similitude entre les triangles BMC et DN C. Par suite
B′ ST C ′ est un quadrilatère cyclique.
Exercice 28
Solution.
b
A
d
D
b
x
u b
a
α
O
c
y
z
B
b
C
b b
ce qui est une contradiction avec le fait que ABCD n’est pas un quadrilatère cyclique.
170 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
[ + DBC
DAC [ = 180°. (3)
[ − AOD
Des relations (1) et (3) on obtient la contradiction : 360° − BOC [ = 360°.
remarque : de façon similaire, on montre que si Rb = Rc et Ra = Rd , alors ABCD est
cyclique.
[ ou AOD
3 Un des angles AOB [ n’est pas obtus. Supposons que c’est AOB, [ alors AOB
[ =
α ≤ 90°. Si Ra = Rb , alors la relation de l’énoncé devient f (Rc ) = f (Rd ). Comme f est
injective alors Rc = Rd , et les questions précédentes permettent de conclure. Notons
OA = x, OB = y, OC = z, OD = u, AB = a, BC = b, CD = c et DA = d. On a bc = 2Rha et :
ad ab bc dc
Ra = , Rb = , Rc = , Rd = .
2x sin α 2y sin α 2z sin α 2u sin α
De même, on a :
c 2 (yu − xz) y x
R2c − R2d = + + 2 cos α .
4zu sin2 α z u
La relation (4) devient :
!
f (Ra ) − f (Rb ) a2 u z f (Rc ) − f (Rd ) c 2 y x
(yu − xz) · + + 2 cos α + · + + 2 cos α = 0. (5)
R2a − R2b xy x y R2c − R2d zu z u
Parmi tous les quadrilatères convexes ayant les mêmes longueurs des côtés, le quadrilatère
cyclique est celui qui a la plus grande aire.
Démonstration
Comme a, b, c et d sont donnés, alors d’après le théorème d’Archimède on a :
r
A+C
[ABCD] = (s − a)(s − b)(s − c)(s − d) − abcd cos2 ,
2
p
on déduit que [ABCD] ≤ (s − a)(s − b)(s − c)(s − d) = constante. Par suite [ABCD]2 est maximale
B+D b+ Db = 180°, ce qui veut dire que ABCD est un quadrilatère
si, et seulement si, cos = 0, d’où B
2
cyclique.
Pour tout cercle donné, parmi tous les quadrilatères inscrits et de même périmètre, celui
qui a la plus grande aire est le carré.
Démonstration
D’après l’inégalité de la moyenne et la formule de Brahmagupta :
!2
p (s − a) + (s − b) + (s − c) + (s − d) s2
[ABCD] = (s − a)(s − b)(s − c)(s − d) ≤ = = constante.
4 4
Proposition 1
Preuve
En appliquant la relation d’Al-Kashi dans les triangles ABD et BDC on obtient :
f 2 = BD 2 = a2 + d 2 − 2ad cos A = b 2 + c 2 − 2bc cos C.
Comme ABCD est cyclique, alors cos C = − cos A et donc 2(ad + bc) cos A = a2 − b 2 − c 2 + d 2 ,
172 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
A (s − a)(s − d) A (s − b)(s − c)
Comme sin2 = et cos2 = on obtient la relation :
2 ad + bc 2 ad + bc
A C (s − a)(s − d)
tan2 = cotan = .
2 2 (s − b)(s − c)
f e
On applique dans les triangles ABD et ABC la loi des sinus, alors = 2R et = 2R.
sin A sin B
2[ABCD]
Puisque sin A = , alors on a : f (ad + bc) = 4R[ABCD] et e(ab + cd) = 4R[ABCD],
ad + bc
2 2
d’où 16R [ABCD] = (ab + cd)(ac + bd)(ad + bc), on conclut que :
p
(ab + cd)(ac + bd)(ad + bc)
R= .
4[ABCD]
Théorème 42
Dans le quadrilatère cyclique ABCD avec AC = e et BD = f , on a les relations :
Démonstration
Des relations f (ad + bc) = 4R[ABCD] et e(ab + cd) = 4R[ABCD] vues ci-haut, et d’après la formule
de Girard on déduit que :
Par conséquent :
Définition
Le cercle tangent à un côté [AB] d’un quadrilatère cyclique ABCD et tangent aux droites
(AD) et (BC) est appelé cercle exinscrit du quadrilatère cyclique relativement au côté [AB].
On désigne par Ia le centre, et ra le rayon, de ce cercle.
Nous avons déjà vu à l’exercice 1 que Ia Ib Ic Id est un quadrilatère cyclique.
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 173
Théorème 43
On a les relations suivantes donnant les rayons des cercles exinscrits d’un quadrilatère
cyclique ABCD :
a b c d
ra = A B
, rb = B C
, rc = C D
, rd = D
.
tan 2 + tan 2 tan 2 + tan 2 tan 2 + tan 2 tan 2 + tan A2
Démonstration
rb
Soit E la projection orthogonale de Ib sur BC, et posons x = BE, y = CE, alors tan I[
b BE = . Or
x
π − B B B r B
tan I[
b BE = tan = cotan . Donc, cotan = b , d’où x = rb tan . De même, on peut montrer
2 2 2 x 2
C B C
que y = rb tan , d’où b = BC = x + y = rb tan + tan . Par conséquent :
2 2 2
b
rb = B
.
tan 2 + C2
Corollaire 15
Dans tout quadrilatère cyclique ABCD on a les relations :
a b c d A B C D
+ + + = 2 tan + tan + tan + tan ,
ra rb rc rd 2 2 2 2
a b c d
+ + + ≥ 8,
ra rb rc rd
T1
b
b
T2
b
T2′
b
b
b b
b
O1 O2 b
O1
O2
T1′
174 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
On détermine la longueur de ces tangentes dans le cas où elles existent. Soient C(O1 , R1 ) et
C(O2 , R2 ) deux cercles tangents intérieurement, ou extérieurement, au cercle C(O, R) aux points
T1 et T2 (les deux figures ci-dessous) :
T2 O1 O2
b b
b
b
b O2 b
T2
T1 T1
b
b
O1 b b
O O
D’où
T1 T22
O1 O22 = (OO1 − OO2 )2 + OO1 · OO2 · . (4)
R2
Lemme
Soient C(O1 , R1 ) et C(O2 , R2 ) deux cercles tangents au cercle C(O, R) aux points T1 et T2 .
⋄ Si C(O1 , R1 ) et C(O2 , R2 ) sont tangents intérieurement à C(O, R), alors :
T1 T2 p
t O1 O2 = · (R − R1 )(R − R2 ). (5)
R
⋄ Si C(O1 , R1 ) et C(O2 , R2 ) sont tangents extérieurement à C(O, R), alors :
T1 T2 p
t O1 O2 = · (R + R1 )(R + R2 ). (6)
R
Preuve
Si les cercles C(O1 , R1 ) et C(O2 , R2 ) sont tangents intérieurement au cercle C(O, R), alors
OO1 = R − R1 , OO2 = R − R2 . En substituant dans (4), la relation (1) implique (5). On
montre de même la relation (6).
Lemme
On suppose que le cercle C(O1 , R1 ) est tangent intérieurement à C(O, R) au point T1 , et le
cercle C(O2 , R2 ) est tangent extérieurement à C(O, R) au point T2 . Alors on a :
′ T1 T2 p
tO 1 O2
= · (R − R1 )(R + R2 ). (7)
R
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 175
Preuve
On a OO1 = R − R1 , OO2 = R + R2 , et en prenant en compte (4) et (2) on conclut la relation
(7).
Si les cercles C(O1 , R1 ), C(O2 , R2 ), C(O3 , R3 ) et C(O4 , R4 ) sont tous tangents intérieurement,
ou tous tangents extérieurement, au cercle C(O, R), alors on a :
t O1 O2 · t O3 O4 + t O2 O3 · t O4 O1 = t O1 O3 · t O2 O4 . (8)
Démonstration
Soient T1 , T2 , T3 et T4 les points de tangence des cercles C(O1 , R1 ), C(O2 , R2 ), C(03 , R3 ) et C(O4 , R4 )
avec le cercle C(O, R). Puisque T1 T2 T3 T4 est un quadrilatère cyclique, alors d’après le théorème de
Ptolémée on sait que :
T1 T2 · T3 T4 + T2 T3 · T4 T1 = T1 T3 · T2 T4 ,
et en prenant compte de (5) ou (6), on déduit le résultat demandé (8).
T1 b T2
O1 O2 b
b
b
O
b
O3
b
b b
O4 T3
b
T4
Théorème 45
Si les cercles C(O1 , R1 ), C(O3 , R3 ) sont tangents intérieurement au cercle C(O, R), et les
cercles C(O2 , R2 ), C(O4 , R4 ) sont tangents extérieurement au cercle C(O, R), alors on a :
′ ′ ′ ′ ′ ′
tO 1 O2
· tO 3 O4
+ tO 2 O3
· tO 4 O1
= tO 1 O3
· tO 2 O4
. (9)
176 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Démonstration
Soient T1 , T2 , T3 et T4 les points de tangence des cercles C(O1 , R1 ), C(O2 , R2 ), C(O3 , R3 ) et C(O4 , R4 )
avec le cercle C(O, R). Puisque T1 T2 T3 T4 est un quadrilatèral cyclique, alors d’après le théorème de
Ptolémée on a :
T1 T2 · T3 T4 + T2 T3 · T4 T1 = T1 T3 · T2 T4 ,
et en tenant compte de (7) on déduit la relation demandée (9).
O2
b
T1 b
O1 b
b
T2
O
b
O3
b
b
T4 T3
b
b
O4
Théorème 46
⋄ Si les cercles C(O1 , R1 ), C(O2 , R2 ), C(O3 , R3 ) et C(O4 , R4 ) sont tangents intérieurement au
cercle C(O, R), alors on a :
Démonstration
Soient T1 , T2 , T3 et T4 les points de tangence des cercles C(O1 , R1 ), C(O2 , R2 ), C(O3 , R3 ) et C(O4 , R4 )
avec le cercle C(O, R). Puisque T1 T2 T3 T4 est un quadrilatèral cyclique, alors d’après le second théo-
rème de Ptolémée on a :
T1 T3 T T · T T + T3 T2 · T3 T4
= 1 2 1 4 ,
T2 T4 T2 T1 · T2 T3 + T4 T1 · T4 T3
et en tenant compte de (5) on obtient après simplifications la relation (10). La relation (11) est
obtenue de façon similaire à partir de (6).
Théorème 47
Si les cercles C(O1 , R1 ), C(O3 , R3 ) sont tangents intérieurement au cercle C(O, R), et les
cercles C(O2 , R2 ), C(O4 , R4 ) sont tangents extérieurement au cercle C(O, R), alors on a :
′ ′ ′ ′ ′
tO 1 O3
(R − R3 ) · tO 1 O2
· tO 1 O4
+ (R − R1 ) · tO 3 O2
· tO 3 O4
′ = ′ ′ ′ ′ . (12)
tO (R + R4 ) · tO · tO + (R + R2 ) · tO · tO
2 O3 2 O1 2 O3 4 O1 4 O3
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 177
Démonstration
La preuve est semblable à celle du théorème précédent en faisant appel à la relation (7).
Remarque
Si les cercles C(O1 , R1 ), C(O2 , R2 ), C(O3 , R3 ) et C(O4 , R4 ) sont dégénérés, et sont donc réduits
à un point, alors les 4 derniers théorèmes donnent les théorèmes de Ptolémée.
La réciproque du théorème de Casey est aussi vraie. La preuve est difficile. On utilise dans
la suite l’expression théorème de Casey pour parler aussi bien du sens direct que de la
réciproque.
Soit ABC un triangle isocèle avec AB = AC . Un cercle (Γ) est tangent à [BC], et tangent à
, ne contenant pas le point A, du cercle circonscrit au triangle ABC . Une
l’arc de cercle BC
tangente à (Γ), et issue de A, touche (Γ) en P .
Montrer que le lieu géométrique du point P , lorsque (Γ) varie, est un arc de cercle.
BQ · d + CQ · d = AP · BC =⇒ AP = d.
b
A
Q
b b b
B P b C
(Γ)
Exemple 13
Soit (Γ) un cercle de diamètre [AB]. Soient P et Q deux points du cercle et situés de part et
d’autre par rapport à [AB]. Soit T le projeté orthogonal de Q sur AB. (Γ1 ) et (Γ2 ) sont deux
cercles de diamètres [T A] et [T B] respectivement. PC et PD sont les tangentes issues de P
à (Γ1 ) et à (Γ2 ) respectivement. Montrer que : PC + PD = PQ .
Soit t la longueur de la tangente commune externe aux cercles (Γ1 ) et (Γ2 ). On applique le théorème
de Casey aux cercles (Γ1 ), (Γ2 ) et aux cercles dégénérés P et Q. Ils sont tous les quatre tangents
intérieurement à (Γ). Alors on a :
t
PC · QT + PD · QT = PQ · t =⇒ PC + PD = · PQ.
QT
√
Il suffit donc de montrer que t = QT pour conclure.√ Or, il est facile de voir que QT = T A · T B, et
par le théorème de Casey on peut vérifier que t = T A · T B, ce qui permet de conclure.
178 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
P
b
b
b
C D
A T B
b b b
Q
b
Exemple 14
Dans le triangle ABC de cercle circonscrit (Γ), on considère (ωA ) le cercle tangent intérieu-
rement à (Γ) et à [BC] en son milieu. On définit de même les cercles (ωB ) et (ωC ). Soient
tBC , tCA et tAB les longueurs des tangentes externes communes des cercles (ωB ) et (ωC ) ;
(ωC ) et (ωA ) ; (ωA ) et (ωB ) respectivement. Montrer que :
a+b+c
tBC = tCA = tAB = ,
4
où a = BC, b = CA et c = AB.
B C
b+c
a · tA = b · BD + c · CD =⇒ tA = .
2
c+a a+b
On obtient de même tB = et tC = . En appliquant le théorème de Casey aux cercles (ωB ),
2 2
(ωC ) et aux cercles dégénérés B et C, ils sont tous tangents intérieurement à (Ω), on obtient :
a+c a+b
2 2 − bc
4 a+b+c
tB · tC = a · tBC + BF · CE =⇒ tBC = = ,
a 4
a+b+c
et comme on peut faire la même chose pour tCA et tAB , on conclut que tBC = tCA = tAB = .
4
Exemple 15
Soient (Ω) un cercle passant par les sommets B et C d’un triangle ABC , et (ω) un cercle
tangent aux segments [AB] et [AC] aux points P et Q respectivement, et tangent extérieu-
rement à (Ω) au point T . Soit M le milieu de l’arc BT C de (Ω). Montrer que les droites
(BC), (PQ) et (MT ) sont concourantes.
3.3. QUADRILATÈRE CYCLIQUE (OU INSCRIPTIBLE) 179
Soient R et r les rayons de (Ω) et (ω) respectivement. D’après le théorème de Casey appliqué
au cercle (ω) et au cercle dégénéré B, tous les deux tangents extérieurement à (Ω), on obtient :
TB p TC p
BP = · R(R + r) et de même CQ = · R(R + r).
R R
TB BP
Donc, en divisant ces deux expressions on déduit que : = . Soit X le point d’intersection
T C CQ
des droites (BC) avec (PQ), alors d’après le théorème de Ménélaüs appliqué au triangle ABC et à
la transversale PQX on sait que :
PB QA XC
· · = 1,
PA QC XB
et puisque AP = AQ (car tangentes à (ω) issues de A), alors on déduit que :
XC QC TC
= = .
XB PB TB
D’où, par le théorème de la bissectrice appliqué dans le triangle BT C, on déduit que X appartient
[
à la bissectrice externe de l’angle BT C. Ainsi, les droites (PQ), (BC) et (MT ) se coupent en X.
b
A
P b
b
Q
b b
M T
B C X
b b b
Exemple 16
Soit (ω) le cercle inscrit dans le triangle ABC . S et T sont des points de [AB] et [AC]
respectivement tels que la droite (ST ) est tangente à (ω) et parallèle à (BC). Soit (ω ′ ) le
cercle inscrit dans le triangle AST . Montrer que le cercle passant par B et C et tangent à
(ω) est aussi tangent à (ω ′ ).
b
A
F′ b
b
E′
b b
S b b T
D′ X b E
F b
b
b
b
b
B
D Y
C
Supposons, sans perte de généralité, que CA ≥ AB. On suppose que (ω) touche BC, CA, AB, ST
en D, E, F, X respectivement, et que (ω ′ ) touche ST , AT , AS en D ′ , E ′ , F ′ respectivement. D’après le
théorème de Casey appliqué aux cercles (ω), (ω ′ ), et aux cercles dégénérés B, C, il suffit de montrer
que : BF ′ · CE = a · D ′ X + BF · CE ′ pour conclure. Remarquons que l’homothétie de centre A et de
s−a
rapport envoie (ω) vers (ω ′ ), et que :
s
s−a (s − a)2 (s − a)2
AE ′ = · AE = =⇒ CE ′ = b − ,
s s s
180 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
(s − a)2
et de même BF ′ = c − . Soit maintenant Y le point où le cercle ex-inscrit relativement au
s
sommet A touche le côté BC, on a :
s−a (b − c)(s − a)
D′ X = · DY = ,
s s
Soit ABC un triangle rectangle en C . Le pied de la hauteur issue de C est noté D . (Γ)
est le cercle circonscrit au triangle BCD . (ω) est un cercle situé à l’intérieur du triangle
ACD , il est tangent aux segments [AD] et [AC] aux points M et N respectivement, et il est
également tangent au cercle (Γ).
1 Montrer que : BD · CN + BC · DM = CD · BM .
2 Montrer que : BM = BC .
C
b (Γ)
N
b
b O
b
b
(ω)
O′
P
b b b b
A M D B
BD · CN + BC · DM = CD · BM.
2 On suppose que les cercles (Γ) et (ω) se touchent au point P, alors BPC [ = 90°. Si O et O ′
′
sont les centres respectifs de (Γ) et (ω) alors O, P et O sont alignés, d’où :
\ [ \ \
[ = PO N + POC = 360° − O N C − OCN = 90°.
′ ′
[
PN C + PCN
2 2
Donc, N[PC = 90°, ainsi les points B, P et N sont alignés. D’après la puissance d’un point
par rapport à un cercle on a : BM 2 = BP · BN . Ainsi, C
b = 90° et (CP)⊥(BN ) impliquent que
2
BC = BP · BN . En conclusion, BM = BC.
R b
(Γ) (ω ′ )
C
b
B′ I′
b
b A′ b
E b (ω) I b
b
D b
P
b b b b b
A F C′ B Q
1 On considère les points D, E et F comme des cercles dégénérés. Soient A′ , B′ et C ′ les points
de contact du cercle inscrit avec les côtés du triangle ABC. On sait que AB′ = AC ′ ; BA′ =
BC ′ et CA′ = CB′ (égalité des tangentes à un cercle et issues d’un même point). Donc, en
posant AB′ = x = C ′ A, BC ′ = y = A′ B et CA′ = z = B′ C, et puisque y + x = AB = c, z + y =
CB = a et x + z = AC = b on déduit que :
c+b−a
x= = s − a, y = s − b, z = s − c.
2
BA c
Maintenant, on a tDE = DE = = et :
2 2
c |c − 2(s − b)| |b − a|
tFω = FC ′ = |FB − BC ′ | = −y = = .
2 2 2
a |c − b| b |a − c|
De même, tEF = ,t = , tFD = et tEω = . On suppose, sans perte de généra-
2 Dω 2 2 2
lité, que a ≤ b ≤ c, alors :
c(b − a) a(c − b) b(c − a)
tDE · tFω + tEF · tDω = + = = tFD · tEω .
4 4 4
D’après le théorème de Casey, on déduit que (ω) est tangent au cercle des neuf points (Γ).
2 Soit I ′ le centre de (ω ′ ), et désignons par P, Q, R les points de tangence de (ω ′ ) avec les
c
droites (BC), (AB), (CA) respectivement. Comme dans la question (1) on sait que tDE = .
2
Pour déterminer tFω′ on doit connaître BQ. Notons tout d’abord que AQ = AR, BP = BQ et
CR = CP. Donc, 2 · AQ = AQ + AR = AB + BP + CP + AC = 2s. D’où AQ = s/2. Maintenant,
BQ = AQ − AB = s − c, donc :
c b+a
tFω′ = FQ = FB + BQ = + (s − c) = .
2 2
a+c a c−b
De même, tEω′ = . On a : tDω′ = DP = DB − BP = DB − BQ = − (s − c) = . D’où :
2 2 2
b(a + c) a(c − b) c(b + a)
tFD · tEω′ + tEF · tDω′ = + = = tDE · tFω′ .
4 4 4
Le théorème de Casey permet de conclure que (ω ′ ) est tangent au cercle (Γ) des neuf points.
Soit ABC un triangle dont les angles sont aigus et soit (Γ) son cercle circonscrit. Soit (l)
une droite tangente à (Γ). Soient (la ), (lb ), (lc ) les droites symétriques de (l) par rapport
respectivement aux droites (BC), (CA), (AB). Montrer que le cercle circonscrit au triangle
déterminé par les droites (la ), (lb ), (lc ) est tangent à (Γ).
Dans la figure ci-dessous, L est une droite tangente à (Γ), T est le point de tangence. hA , hB et hC
sont les longueurs des hauteurs issues de A à B, C et L respectivement. On commence par montrer
le résultat suivant : p p p
hA · sin A + hB · sin B = hC · sin C. (1)
182 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
b C
b hC
b
A b B
hA hB
α L
b b b b b b
Il suffit de remplacer ces expressions dans la relation de Ptolémée vue ci-haut pour déduire (1).
Soient maintenant {A′ } = la ∩ l, {B′ } = lb ∩ l, {C ′ } = lc ∩ l, {C ′′ } = la ∩ lb , {A′′ } = lc ∩ la et {B′′ } = lc ∩ la .
On a :
A\
′′ C ′′ B′′ = A\
′′ B′ A′ − C\
′′ A′ B′ = 2CB\ ′ A′ − (180° − 2CA \ ′ B′ ) = 180° − 2C. b
De même on a :
A\ b
′′ B′′ C ′′ = 180° − 2B et B′′\ b
A′′ C ′′ = 180° − 2A. (2)
Considérons le triangle A′ C ′ B′ . La droite A′ B est une bissectrice de B\ ′ A′ B′′ et C ′ B est une bis-
sectrice de A\′ C ′ B′ . Donc, B est le centre du cercle exinscrit du triangle A′ C ′ B′′ relativement au
sommet C ′ . De même, la droite A′′ A est une bissectrice de B′′\ A′′ C ′′ et C ′′ C est une bissectrice de
\
B C A . Par conséquent, elles se coupent au centre I du cercle inscrit dans le triangle A′′ B′′ C ′′ .
′′ ′′ ′′
On a :
d = AA \ \
′′ C ′ + AC ′ A′′ =
B\
′ A′′ C ′ + B\
′ C ′ A′′ A\
′ B′ C ′′
IAB = ,
2 2
\
′ ′ ′′
d = B A C . Donc par (2) on a :
et de même IBA
2
d = 180° − IA\ \
′′ B′′ − IB
1 ′′ ′′ ′′ 1 \
′′ A′′ = 180° − C\
AIB A B − C ′′ B′′ A′′
2 2
1 \ 1 [
b = 180° − ACB.
= 90° + A′′ C ′′ B′′ = 90° + (180° − 2C)
2 2
Par conséquent I ∈ (Γ). Soit D le pied de la perpendiculaire de I à A′′ B′′ , alors ID = r est le rayon
du cercle inscrit dans le triangle A′′ B′′ C ′′ . Soient E et F les pieds des perpendiculaires de B à
A′′ B′′ et B′ A′ respectivement, alors BE = BF = hB . Soit T (X) la longueur de la tangente de X à (Γ),
1 ′′ ′′ ′′
où X est en dehors de (Γ). Puisque A\ ′′ B′′ I = A\ B C = 90° − Bb par (2), on obtient :
2
s √
′′
√ BE ID hB r
T (B ) = B B · B I =
′′ ′′ · = .
b b
sin(90° − B) sin(90° − B) b
cos B
De même, on obtient des expressions similaires pour T (A′′ ) · B′′ C ′′ et T (C ′′ ) · A′′ B′′ . D’après la
relation (1) on déduit que : T (A′′ ) · B′′ C ′′ + T (B′′ ) · C ′′ A′′ = T (C ′′ ) · A′′ B′′ . Le théorème de Casey
permet alors de conclure.
autre méthode : On raisonne ci-après sur des angles orientés de droites, pour éviter des discus-
sions sur les cas de figure. Soit T le point de contact de l et (Γ). Soit {A′ } = lb ∩lc , {B′ } = la ∩lc , {C ′ } =
la ∩ lb . Soit X, Y , Z les symétriques respectifs de T par rapport à (BC), (CA), (AB).
Comme T appartient au cercle circonscrit de ABC, on sait (droite de Simson) que les points X, Y , Z
sont alignés (avec l’orthocentre de ABC, mais on n’utilise pas ce résultat). On a X ∈ (B′ C ′ ), Y ∈
(C ′ A′ ), Z ∈ (A′ B′ ). Soit α = (l, T C) = (BT , BC) (angles orientés de droites). Avec la symétrie par
rapport aux droites (AC) et (BC), on obtient (BC, BX) = (BT , BC) = α et (XC, XC ′ ) = (l, T C) =
(Y C, Y C ′ ) = α. Comme (XC, XC ′ ) = (Y C, Y C ′ ), les points X, Y , C, C ′ appartiennent à un certain
cercle Γc . On définit les cercles Γa et Γb de façon analogue.
Γ′
lc
Z
b
b
A′
A b
T
b
Y
b
b l
O
b
b
B′
b
B C
lb
la
X
b
b
C′
Un quadrilatère tangentiel (ou circonscriptible) est un quadrilatère dont les côtés sont tous
tangents à un unique cercle inscrit dans le quadrilatère.
Démonstration
(=⇒) Comme ABCD est tangentiel alors ses côtés sont tous tangents à un unique cercle inscrit de
centre I. Soient M, N , P et Q les points de tangence du quadrilatère ABCD avec le cercle inscrit.
Puisque △BIM ≃ △BIN , alors MBI [ =N BI , d’où le point I appartient à la bissectrice de l’angle
[ De la même façon on montre que I appartient aux bissectrices des angles BCD,
ABC. [ CDA [ et DAB.[
En conclusion, les quatre bissectrices se coupent au centre du cercle inscrit.
(⇐=) Si ABCD est un quadrilatère convexe pour lequel les quatre bissectrices se coupent en un point
I, alors d(I, AB) = d(I, BC) = d(I, CD) = d(I, DA). Donc, le cercle de centre I et de rayon r = d(I, AB)
est tangent à tous les côtés du quadrilatère. Par conséquent ABCD est un quadrilatère tangentiel.
Théorème 49
Un quadrilatère ABCD est tangentiel si, et seulement si, AB + CD = BC + DA.
Démonstration
(=⇒) C’est le théorème de Pitot.
(⇐=) On considère un cercle tangent aux côtés [AB], [BC] et [CD]. On construit une droite (AD ′ )
tangente au cercle C de sorte que D ′ ∈ (CD). Alors le quadrilatère ABCD ′ est tangentiel (circonscrit
au cercle C), d’où par le théorème de Pitot on a :
AB + CD ′ = BC + AD ′ . (1)
D
B C
b b
Théorème 50
Soit ABCD un quadrilatère. On pose AB = a, BC = b, CD = c, DA = d, AC = e, BD = f et s
est le semi-périmètre. Si ABCD est un quadrilatère tangentiel alors on a :
s − a = c, s − b = d, s−c = a et s − d = b.
Démonstration
Si ABCD est un quadrilatère tangentiel alors on a la relation a + c = b + d, donc on obtient :
a+b+c+d 2a + 2c
s−a = −a = − a = a + c − a = c.
2 2
De la même façon, on obtient les autres relations.
3.4. QUADRILATÈRE TANGENTIEL (OU CIRCONSCRIPTIBLE) 185
√ b+ C
A b
[ABCD] = abcd · sin .
2
Démonstration
D’après le théorème précédent et la formule de Bretschneider on a :
s
b+ C
A b
[ABCD] = (s − a)(s − b)(s − c)(s − d) − abcd · cos2 .
2
Par suite :
s s
b+ C
A b b+ C
A b
[ABCD] = (s − a)(s − b)(s − c)(s − d) − abcd · cos2 = abcd − abcd · cos2
2 2
√ b+ C
A b
= abcd · sin .
2
Théorème 52
Soit ABCD un quadrilatère convexe. On pose a = AB, b = BC, c = CD, d = DA, e = AC, f =
BD et {O} = (AC) ∩ (BD). Alors, le quadrilatère ABCD est tangentiel si, et seulement si :
[
ac − bd = ef · cos AOB.
Démonstration
On a pour tout quadrilatère convexe ABCD :
Remarque
Théorème 53
b et de C
On suppose que dans le quadrilatère convexe ABCD les bissectrices internes de A b
se coupent en un point I. Alors, ABCD est tangentiel si, et seulement si :
Démonstration
Si le quadrilatère ABCD est tangentiel, alors les bissectrices internes des angles A b et C
b se coupent au
point I centre du cercle inscrit. Si r est le rayon du cercle inscrit alors, d’après le théorème de Pitot on
sait que a + c = b + d, et donc ar + cr = br + dr, par suite : 2[AIB] + 2[CID] = 2[AID] + 2[BIC], c’est
équivalent à la formule (1).
Réciproquement, on suppose que [AIB]+[CID] = [AID]+[BIC], on note x = d(I, AB) et y = d(I, BC).
Puisque AI est la bissectrice de A b et CI la bissectrice de l’angle C,b alors d(I, AB) = d(I, AD) = x et
x·a y·c x·d y·b
d(I, BC) = d(I, CD) = y, donc la relation (1) devient : + = + , d’où x(a−d) = y(b−c).
2 2 2 2
Si a = d alors par la dernière identité on déduit que b = c. Par conséquent a+c = b+d, ce qui permet de
dire que ABCD est tangentiel. Supposons, sans perte de généralité, que a > d, alors d’après la relation
x(a − d) = y(b − c) on déduit que b > c. On construit les points E et F tels que E ∈ [AB], AE = AD, F ∈
[BC] et CF = DC. On remarque que les triangles AEI et ADI sont isométriques, par suite EI = DI.
Comme les triangles DCI et FCI sont isométriques alors DI = IF. Par conséquent on obtient EI = FI.
Comme [AIB]+[CID] = [AID]+[BIC], il s’ensuit que [AIE]+[BIE]+[CID] = [AID]+[BIF]+[CIF],
d BI · FI sin BIF
BI · EI sin BIE d
donc [BEI] = [BFI], d’où = d = sin BIF,
, ce qui est équivalent à sin BIE d
2 2
ou de façon équivalente BIEd ≡ BIF.
d Il est facile de voir que les triangles BIE et BIF sont isométriques,
x · BE y · BF
ceci veut dire BE = BF. Puisque [BEI] = [BFI], on obtient = . Par conséquent x = y et
2 2
en utilisant x(a − d) = y(b − c) on trouve a − d = b − c. Ainsi, a + c = b + d, ce qui permet de conclure
que ABCD est tangentiel.
Théorème 54
Un quadrilatère convexe ABCD est tangentiel si, et seulement si :
[
ABD [
BDC [
ADB [
DBC
tan · tan = tan · tan .
2 2 2 2
Démonstration
[ y=
On applique la loi des sinus dans les triangles ADB et BDC, on obtient alors en posant x = ABD,
[ z = BDC
ADB, [ et u = DBC [ :
a f d b f c
= = et = = .
sin y sin(x + y) sin x sin z sin(u + z) sin u
f sin y f sin u f sin z f sin x
Par suite a = ,c= ,b= et d = . Par conséquent :
sin(x + y) sin(u + z) sin(u + z) sin(x + y)
sin y sin u sin z sin x
+ = + d’où (sin y −sin x) sin(u +z) = (sin z−sin u) sin(x+y),
sin(x + y) sin(u + z) sin(u + z) sin(x + y)
y −x u +z z−u x+y
c’est équivalent à : sin · sin = sin · sin . Cette dernière identité s’écrit :
2 2 2 2
y y
sin 2 − 2x sin u2 + 2z sin 2z − u2 sin 2x + 2
y · z = · ,
u
cos 2 · cos 2x cos 2 · cos 2 cos 2z · cos u2 cos x2 · cos 2y
3.4. QUADRILATÈRE TANGENTIEL (OU CIRCONSCRIPTIBLE) 187
y x u z z u x y
ce qui veut dire : tan − tan · tan + tan = tan − tan · tan + tan . Il s’ensuit
2 2 2 2 2 2 2 2
y u z x
que : tan · tan = tan · tan .
2 2 2 2
Démonstration
D1 C2 O3
D O4 b
b b b b C b
D2 b b
b b C1 D b
b
O4 O3 C
I
b
b I
B2
b
A2 b O1 O2 b
b
A B
b b
b b b b b
A1 B1 O1 b O2 b
A E B
On considère la figure de gauche. On a : (O1 A1 )⊥(AB), (O1 A2 )⊥(AD), (O2 B)⊥(AB), (O2 B2 )⊥(BC),
(O3 C)⊥(BC), (O3 C2 )⊥(CD), (O4 D1 )⊥(CD), (O4 D2 )⊥(DA); A1 , B1 ∈ (AB), B2 , C1 ∈ (BC), C2 ,
D1 ∈ (CD) et D2 , A2 ∈ (DA). On a AA1 = AA2 , BB1 = BB2 , CC1 = CC2 et DD1 = DD2 .
Donc, tO1 O2 = AB − BB1 et tO3 O4 = CD − CC2 − DD1 , par suite :
De même, tO2 O3 + tO1 O4 = BC + AD − (BB2 + CC1 + DD2 + AA2 ). Finalement, comme ABCD est
tangentiel, alors on conclut grâce au théorème de Pitot et sa réciproque.
L’autre cas se traite de la même façon.
Proposition 2
Preuve
Dans le premier cas on utilise la figure de gauche. On a (IE)⊥(AB), E ∈ (AB). Donc :
b
A b
B b
A b
B
AE = r cotan , BE = r cotan , AA1 = ra cotan , BB1 = rb cotan ,
2 2 2 2
et en remplaçant dans tO1 O2 = A1 B1 = AB − AA1 − BB1 = (AE + BE) − AA1 − BB1 on obtient
l’identité (1). La démonstration est similaire dans le cas de la figure de droite.
Théorème 56
Soient ABCD un quadrilatère tangentiel, C(I, r) son cercle inscrit. Les cercles C(O1 , ra ),
C(O2 , rb ), C(O3 , rc ), C(O4 , rd ) sont tangents aux droites AB et AD, BA et BC, CB et CD, DC
et DA respectivement de sorte que O1 ∈ [AI), O2 < [BI), O3 ∈ [CI) et O4 < [DI). Alors on a :
′ ′ ′ ′
tO 1 O2
+ tO 3 O4
= tO 2 O3
+ tO 1 O4
.
Démonstration
O4
b
C2 C
D1 b
b b
b
b
b b C1
D2 D O3
I
A2 b
O1
b
A B B1
b b b b
A1 b b
B2
O2
′
On considère la figure ci-dessus. On a : tO = A1 B1 = AB − AA1 + BB1 , et le reste de la preuve se
1 O2
fait de la même manière que pour le théorème précédent. Ainsi :
′ ′ ′ ′
tO 1 O2
+ tO 3 O4
= tO 2 O3
+ tO 1 O4
.
Proposition 3
Remarque
Si les cercles C(O1 , ra ), C(O2 , rb ), C(O3 , rc ) et C(O4 , rd ) sont réduits à des points, alors les deux
théorèmes précédents se réduisent au théorème de Pitot.
3.5. QUADRILATÈRE BICENTRIQUE 189
Théorème 57
Soit ABCD un quadrilatère cyclique tel que (AC)⊥(BD). On désigne par M le point d’in-
tersection de (AC) avec (BD), et A1 , B1 , C1 , D1 les projections orthogonales de M sur les
côtés AB, BC, CD, DA respectivement. Alors, A1 B1 C1 D1 est un quadrilatère bicentrique.
Démonstration
Dans les quadrilatères cycliques AA1 MD1 , B
b
ABCD et A1 BB1 M on a D\ 1 AM = A1
D\ A
1 1 M, D\1 AM = \
MBC et \
MBB 1 = \
MA 1 1,
B b b
B1
\ \
par suite D1 A1 M = MA1 B1 , ce qui veut dire que A
b
M
des angles A\ \ \
1 B1 C1 , B1 C1 D1 et C1 D1 A1 . Donc, le
quadrilatère A1 B1 C1 D1 est tangentiel, et M est
le centre du cercle inscrit. Il est facile de voir que :
D\ \ \ \
1 A1 B1 + B1 C1 D1 = 2MAD + 2MDA = 180°,
b
C
donc le quadrilatère A1 B1 C1 D1 est cyclique. En b
b
trique.
b+ MC · sin C
MA · sin A b = MB · sin B
b+ MD · sin D.
b
Théorème 59
Si ABCD est un quadrilatère bicentrique de côtés a, b, c et d, alors on a :
√
[ABCD] = abcd.
Démonstration
p √
D’après la formule de Brahmagupta on sait que [ABCD] = (s − a)(s − b)(s − c)(s − d) = abcd car
a + c = b + d = s.
190 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Théorème 60
Soient C(O, R) et C(I, r) deux cercles. Si :
√
OI 2 = R2 + r 2 − r · 4R2 + r 2
alors il existe un quadrilatère inscrit dans le cercle C(O, R) et circonscrit au cercle C(I, r).
Démonstration
√
Si R = r· 2 alors OI = 0 et les deux cercles sont√concentriques. On peut alors construire un carré avec
les propriétés requises. On suppose que R > r · 2, alors O , I. On construit (AB)⊥(OI) avec A, B ∈
C(O, R), (AB) est tangente à C(I, R), BC et AD sont tangentes à C(I, r) et C, D ∈ C(O, R). Il s’ensuit
que ABCD est un trapère isocèle. Soit (IP)⊥(AB), P ∈ AB, (IR)⊥(AD), R ∈ AD, (OQ)⊥(AD), Q ∈
AD, (IS)⊥OQ, S ∈ (OQ). Si I ∈ [OP], alors on pose OI = d. Comme (OP)⊥(AB) il s’ensuit que P est
le milieu de [AB]. Dans le triangle APO on a :
AP 2 = AO 2 − OP 2 = R2 − (r + d)2 = R2 − r 2 − 2rd − d 2 ,
q √
ou de façon équivalente AP = r 4R2 + r 2 − 2r − 2d . Dans le triangle AIP on a :
p√
b
A r b
A 4R2 + r 2 − 2r + 2d
tan = d’où tan = √ .
2 AP 2 r
A b
b
b B
P
R b
Q b
b
I
b b
S O
D b b
C
q √
√
1 − tan2 A2 d( 4R2 + r 2 + r) r 4R2 + r 2 + r
b=
Or cos A b
, d’où cos A = − b=
et sin A √ . Comme
1 + tan2 A2 2R2 R 2
[ = 180°−A
APOQ est un quadrilatère cyclique, on a POQ d = OS .
b et dans le triangle IOS on a cos IOS
IO
D’où OS = √ b Puisque RISQ est un rectangle on a IR = SQ et OQ = QS + SO. Or RI = r,
−d cos A.
4R2 + r 2 − r
d’où OQ = . Dans le triangle AOQ on a AQ 2 = AO 2 − OQ 2 et ainsi on obtient :
2
q √
AD = 2r 4R2 + r 2 − r .
Théorème 61
Soient C(O, R) et C(I, r) deux cercles tels que :
√
OI 2 = R2 + r 2 − r · 4R2 + r 2 .
Si A est un point arbitraire et B, C, D, E ∈ C(O, R) sont des points distincts tels que
AB, BC, CD et DE sont tangents au cercle C(I, r), alors E ≡ A.
❏ Dans la suite, ABCD est un quadrilatère tangentiel, C(I, r) le cercle inscrit et x, y, z, t les
longueurs des tangentes issues des sommets A, B, C et D respectivement au cercle inscrit.
On commence par énoncer et démontrer trois lemmes préliminaires avant de donner le
théorème du géomètre jordanien Mowaffaq Hajja (1946−).
y
b
B
x b
A b
y
x
O b
b b
t z
b b b
D t z C
Lemme 1
Le quadrilatère ABCD est cyclique si, et seulement si :
b
A b
C b
B b
D
tan · tan = tan · tan ,
2 2 2 2
ou de façon équivalente : x · z = y · t.
Preuve
!
b C
A b B b D b π b
A π C b
Si ABCD est un quadrilatère cyclique, alors + = + = , d’où tan = tan − ,
2 2 2 2 2 2 2 2
b
A b
C Bb b
D
ou de façon équivalente tan · tan = 1. De même, on a tan · tan = 1, ce qui permet
2 2 2 2
de conclure. Réciproquement, si ABCD n’est pas un quadrilatère cyclique, on suppose
Ab C b π b C
B b π
que + > , alors + < . Comme
2 2 2 2 2 2
!
Ab C b tan A2 + tan C2
0 > tan + =
2 2 1 − tan A2 tan C2
b
A b
C b
A b
C b
B
et puisque et sont aigus, on conclut que tan · tan > 1. De même, on a tan ·
2 2 2 2 2
Db b
A Cb b
B b
D
tan < 1, et par conséquent tan · tan , tan · tan . Maintenant, en utilisant le fait
2 2 2 2 2
b r
A b r
B Cb r b r
D
que tan = , tan = , tan = et tan = , on conclut que xz , yt.
2 x 2 y 2 z 2 t
192 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Lemme 2
xz(y + t) + yt(x + z)
On a la relation : r 2 = .
x+y +z+t
Preuve
b B
A b D
b C b
On sait que + + + = π, d’où :
2 2 2 2
P P
tan A2 − tan A2 tan B2 tan C2
0= P ,
1 − tan A2 tan B2 + tan A2 tan B2 tan C2 tan D2
b
A b
B b
C b
D
et en remplaçant les expressions tan , tan , tan et tan en fonction de x, y, z et t
2 2 2 2
comme dans le lemme précédent, on arrive à la relation demandée.
Lemme 3
On a les deux identités :
x+z y +t
f2 = · [(x + z)(y + t) + 4yt] et e2 = · [(x + z)(y + t) + 4xz] .
y +t x+z
Preuve
En tenant compte du lemme précédent on a :
de la même façon.
f x+z
= .
e y +t
Démonstration
En utilisant les lemmes 1 et 3 ci-dessus on sait que ABCD est cyclique si, et seulement si, xz = yt, ou
de façon équivalente (x + z)(y + t) + 4yt = (x + z)(y + t) + 4xz. C’est le cas si, et seulement si :
!2
f2 x+z
= .
e2 y +t
3.5. QUADRILATÈRE BICENTRIQUE 193
Note historique
Leonard Carlitz (1907-1999) a été un mathématicien américain très prolifique, il a publié 771
articles, soit environ 7000 pages, et encadré 45 étudiants doctorants et 51 thèses de master.
Démonstration
On pose α = AB, β = BC, γ = CD et δ = DA.
A U
Soient {A, P} = (AI) ∩ C(O, R), {P, Q} = (PO) ∩ b b b B
Q b
C(O, R) et U ∈ [AB] tel que (UI)⊥(AB).
Puisque les triangles BPQ et UIA sont sem-
PQ BP I
blables, alors = , d’où PQ · IU = AI · BP. b
b
IA UI
Or, PQ = 2R, UI = r et en considérant la puis- O
Note historique
Malgré sa vie très courte, Durrande (1796-1824) était un excellent géomètre. Il a donné des
cours appelés mathématiques spéciales (ce sont des cours de niveau moyen/intermédiaire, pré-
paratoire pour les grandes écoles en France), ainsi que des cours de physique. Il est passé par le
collège royal de Cahors en 1820 et par le collège royal de Montpellier en 1824. Enthousiasmé par
les innovations des travaux de Poncelet, il a été un des premiers à reconnaître l’importance du
« traité des propriétés projectives des figures », en les défendant publiquement après les premières
critiques de Cauchy. Il a publié son premier article de recherche à seulement 17 ans.
Démonstration
Soient L et S les points de tangence du cercle
A
inscrit C(I, r) avec les côtés AB et AD respecti- b
V
D
[AB] et [AD]. On suppose que les droites (OV ) b S L
b
et (OL) se coupent au point G. On considère les G b M
points E ∈ IL et F ∈ OV tels que (OE) (AB) et b
b
I
(IF) (AD). Alors on a les identités : b
b
B
b
C
sin A+B
r r A B 2
AB = AL + LB = + = r cotan + cotan = r· .
tan A2 tan B2 2 2 sin A2 sin B2
Puisque ABCD est un quadrilatère cyclique, alors :
cos A−B sin A+B
A B 2 A B 2
BC = r tan + cotan =r· , CD = r tan + cotan =r· ,
2 2 cos A sin B 2 2 cos A cos B
2 2 2 2
cos A−B
A B 2
et DA = r cotan + tan = r· . D’après la loi des sinus on sait que AC = 2R sin B, BD =
2 2 sin A2 cos B2
2R sin A, et en considérant le premier théorème de Ptolémée on trouve : AB ·CD +BC ·AD = AC ·BD,
ce qui est équivalent à :
A+B A−B
r 2 sin2 + cos2 = R2 (sin A sin B)2 .
2 2
Après simplifications on obtient : R2 (sin A sin B)2 − r 2 (sin A sin B) − r 2 = 0, et puisque A, B ∈ ]0, π[,
i.e. sin A sin B > 0, l’équation devient :
√
r 4R2 + r 2 + r
sin A · sin B = . (1)
2R2
Comme (OV )⊥(AD) et (IS)⊥(AD), il s’ensuit que (FV ) (SI). Puisque (IF) (SV ) et (FV ) (SI),
le quadrilatère FV SI est un parallélogramme, donc IF = SV . Puisque GV AL est un quadrilatère
3.6. EXERCICES 195
[ = π − A.
cyclique, on a LGV b Dans le triangle rectangle IFG on a : IG = FI = SV et dans le
sin A sin A
OE ML
triangle rectangle OEG on a : OG = = . En appliquant la relation d’Al-Kashi dans le
sin A sin A
2 2 2
triangle GOI on a : OI = GI + GO − 2GI · GO · cos(π − A) et en utilisant les identités ci-dessus on
obtient :
SV 2 + ML2 + 2SV · ML · cosA
OI 2 = .
sin2 A
r sin A−B
2 r cos A+B
2
Or ML = AM − AL = · , SV = SA − V A = · et en remplaçant dans OI 2 , et
2 sin A sin B 2 sin A cos B
2 2 2 2
après quelques simplifications, on arrive à :
r 2 (1 − sin A sin B)
OI 2 = . (2)
(sin A sin B)2
remarque : on peut aussi donner une autre démonstration du théorème de Durrande en utilisant
le théorème de Poncelet.
Corollaire 16
Considérons les cercles C(O, R) et C(I, r). Il existe un quadrilatère inscrit dans C(O, R) et circons-
crit au cercle C(I, r) si, et seulement si :
√
OI 2 = R2 + r 2 − r · 4R2 + r 2 .
3.6 Exercices
Exercice 29
ABCD est un quadrilatère tangentiel (ou circonscriptible). Le cercle inscrit dans le triangle
ABC est tangent à AB en M et à BC en N . Le cercle inscrit dans le triangle ADC est tangent
à CD en P et à AD en Q. Montrer que les points M, N , P, Q sont cocycliques.
Solution. On pose a = AB, b = BC, c = CD, d = DA et x = AC. Puisque ABCD est tangentiel
alors a + c = b + d (théorème de Pitot). Si b = c alors a = d et le résultat est évident dans ce cas.
b+x−a
Soient E et F les points de tangence de la droite (AC) avec les deux cercles. On a CE =
2
c+x−d
et CF = donc CE = CF, d’où E et F sont confondus. Soient {S} = (MN ) ∩ (AC) et
2
AM BN SC
{T } = (PQ)∩(AC). D’après le théorème de Ménélaüs on a : · · = 1. Puisque BM = BN ,
BM N C SA
SC NC AQ DP T C TC PC
alors = . De même, · · = 1, et comme DP = DQ alors = . Or
SA AM QD PC T A TA AQ
SC TC
N C = PC et AM = AQ, donc = , et ainsi T et S sont confondus. D’après la puissance
SA T A
d’un point par rapport à un cercle on sait que : SE 2 = SN ·SM et SE 2 = SP ·SQ. Par conséquent
SN · SM = SP · SQ, ce qui montre que les points M, N , P, Q sont cocycliques.
Exercice 30
sont concourantes.
Solution. On applique le théorème de Ménélaüs dans les triangles OAM, OMQ et OQA avec
les transversales PCB, PSN et DN C respectivement, alors on a :
PM CO BA PO SM N Q DQ CA N O
· · = 1, · · = 1, · · = 1.
PO CA BM PM SQ N O DA CO N Q
BA SM DQ
En multipliant ces trois relations on déduit que : · · = 1. La réciproque du théorème
BM SQ DA
de Ménélaüs dans le triangle AMQ et la transversale BSQ permet de conclure.
Exercice 31
b
A b
B b
C
Solution. Soit C(I, r) le cercle inscrit dans le quadrilatère ABCD. On pose x = ,y = ,z =
2 2 2
b
D r sin(x + y)
et u = , alors x + y + z + u = 180°. D’où a = r(cotan x + cotan y) = . On a de même :
2 sin x sin y
√ r 2 sin(x + y) sin(y + z)
D’où abcd = , et d’autre part :
sin x sin y sin z sin u
Or on a :
cos(z − u) − cos(z + u) + cos(x − y) − cos(x + y)
sin z sin u + sin x sin y =
2
cos(z − u) + cos(x − y) z−u +x−y z−u −x+y
= = cos cos
2 2 2
! !
z + x − (180° − z − x) z + y − (180° − z − y)
= sin sin
2 2
= sin(x + z) sin(z + y).
Exercice 32
sur CD, et Q le projeté orthogonal de Id sur DA. On suppose que {A′ } = (BP) ∩ (DN ), {B′ } =
(CQ) ∩ (AP), {C ′ } = (DM) ∩ (BQ) et {D ′ } = (AN ) ∩ (CM).
Montrer que les droites (AA′ ), (BB′ ), (CC ′ ) et (DD ′ ) sont concourantes.
A
Solution. Si ra est le rayon du cercle exinscrit correspondant au côté AB, alors MA = ra tan
2
B MA tan A2
et BM = ra tan , d’où = . On obtient des relations similaires avec les autres rayons
2 MB tan B2
rb , rc et rd . Puisque :
Exercice 33
Solution. Soit O le milieu de [AC] et {Ω} = (AC) ∩ (BD). Puisque △CGN ≃ △BCD et △AKM ≃
△DAB, il s’ensuit que CN = BD et AM = DB, d’où CN = AM, N \ [ et MAK
CG = DBC \ = BDA.[
\ [
En tenant compte que N CG = DBC on a :
\ \ π [ π [ [ 3π [
N CA = N CG + + ACB = + ACB + DBC = − BΩC
2 2 2
[ + DBC
car dans le triangle BΩC on a l’identité ACB [ De la même façon on a :
[ = π − BΩC.
\= 3π \ Or BΩC [ = AΩD,\ donc \ \ Si les points N , C, A, M sont alignés,
MAC − AΩD. N CA = MAC.
2
alors CN = AM implique que [MN ] et [AC] ont le même milieu. Si les points N , C, A, M ne
sont pas alignés, alors de la relation \ \ il s’ensuit que (CN ) (AM), et puisque
N CA = MAC
CN = AM il découle que N CMA est un parallélogramme. En conclusion, [MN ] et [AC] ont le
même milieu.
Exercice 34
Soit ABCD un quadrilatère cyclique tel que AB = AD, et soit C(O, R) son cercle circonscrit.
MC NC
On suppose que {M} = (BC) ∩ (AO) et {N } = (DC) ∩ (AO). Montrer que : = .
MB ND
\ = BAN
Solution. Le cas où [AC] est un diamètre est immédiat. Posons DAN [ = α, DN
\ A=
\ \
CN M = β et N MC = γ. Dans les triangles MN C, ABM et ADN on a :
MC N D
En multipliant ces trois relations on déduit que : · = 1, ce qui permet de conclure.
N C MB
Exercice 35
Montrer que dans un quadrilatère cyclique on a les relations : |e−f | ≤ |a−c| et |e−f | ≤ |b−d|.
198 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Exercice 36
b ad + bc
sin B
Solution. D’après la proposition 1 on sait que = . Or 4(ab + cd) ≤ (a + b)2 + (c + d)2 ,
sin Ab ab + cd
1 4 √
d’où ≥ . Or on a aussi ad + bc ≥ 2 · abcd. En multipliant ces inégalités
ab + cd (a + b)2 + (c + d)2
on a : √
sin Bb ad + bc 8 · abcd
= ≥ ,
sin Ab ab + cd (a + b)2 + (c + d)2
avec égalité si, et seulement si, a = b et c = d. La seconde inégalité se montre de la même façon.
Solution. Supposons, par l’absurde, que le résultat est faux, alors |AC − BD| > |AB − CD| ou
|AC − BD| > |AD − BC|. On suppose, sans perte de généralité, que |AC − BD| > |AB − CD|, ceci
veut dire AC 2 +BD 2 −2AC ·BD > AB2 +CD 2 −2AB·CD. En additionnant cette relation avec celle
d’Euler : AB2 + BC 2 + CD 2 + DA2 = AC 2 + BD 2 + 4EF 2 , où E et F sont les milieux des diagonales
|BC − DA|
de ABCD, on obtient BC 2 + DA2 − 2AC · BD > 4EF 2 − 2AB · CD. On sait que EF ≥ , ou
2
2 2
de façon équivalente 4EF > (BC − DA) , et alors AC · BD < AB · CD + BC · DA, contradiction
avec le théorème de Ptolémée.
Exercice 38
Soient A et B les points d’intersection des cercles C(O, r) et C(O1 , r1 ). Les droites (OA) et
(O1 A) coupent les cercles une seconde fois aux points E et F.
Montrer que les points O, B, O1 , E et F sont cocycliques.
Solution. Soient {M} = (OA) ∩ C(O, r), {N } = (OA) ∩ C(O1 , r1 ) et {P} = (MF) ∩ (N E). On a
(MB)⊥(AB), (MF)⊥(AF), (N B)⊥(AB) et (N E)⊥(AE). Par suite N F et MF sont des hauteurs
dans le triangle PMN , et {A} = (N F) ∩ (ME) est l’orthocentre du triangle MN P. Par consé-
quent, O, B, O1 , E et F sont situés sur le cercle des neuf points du triangle MN P, et ainsi ils
sont cocycliques.
Exercice 39
Soient ABCD un quadrilatère cyclique, {P} = (AD) ∩ (BC) et {Q} = (AB) ∩ (CD). Soit E
un point dans le plan du quadrilatère tel que ABCE est un parallélogramme, et {F} =
(CE) ∩ (PQ). Montrer que DEFQ est un quadrilatère cyclique.
3.6. EXERCICES 199
QB PB
Solution. Comme ABCE est un parallélogramme alors CE = AB et (CF) (AB), d’où = ,
CF PC
ou de façon équivalente :
QB · PC
CF = . (1)
AB
Les triangles PCD et PAB sont semblables, et les triangles QBC et QDA sont semblables,
donc :
AB PB QB QD
= et = . (2)
CD PD QC QA
Les points D, E, F et Q sont cocycliques si, et seulement si :
CE · CF = CD · CQ. (3)
AB · QB · PC = CD · PB · CQ. (4)
QA PC
Maintenant en tenant compte de la relation (2) on obtient de (4) que : = . Or ceci est
QD PD
la loi des sinus appliquée dans les triangles QAD et PCD.
Exercice 40
Exercice 41
Montrer que le quadrilatère ABCD est tangentiel si, et seulement si, les cercles inscrits des
triangles ABC et ADC sont tangents à la diagonale AC au même point, ou bien que les
cercles inscrits des triangles BAD et BCD sont tangents à la diagonale BD au même point.
Exercice 42
Soient ABCD un quadrilatère convexe, {O} = (AC) ∩ (BD), et M, N , P, Q les projetés ortho-
gonaux du point O sur les côtés AB, BC, CD et DA respectivement. Montrer que :
Solution.
(=⇒) Dans les quadrilatères cycliques MBN O et PDQO on a : MN = OB·sin B, PQ = OD·sin D,
AC
et donc MN +PQ = (OB+OD) sin B = BD ·sin B car ABCD est cyclique. D’autre part, sin B =
2R
AC · BD
où R est le rayon du cercle circonscrit de ABCD, donc MP + PQ = et de même
2
AC · BD
PN + QM = . D’où MP + PQ = PN + QM, ainsi le quadrilatère MN PQ est tangen-
2R
tiel.
(⇐=) Soient I le centre du cercle inscrit, X, Y , Z, T les points de contact du cercle inscrit
avec les côtés MN , N P, PQ, QM respectivement. On pose α1 = T[ [ α2 = XIN
IM = MIX, [ =
[ d d ′ ′ ′ ′
N IY , α3 = Y IP = PIZ, α4 = ZIQ = QIT . Soit A B C D le quadrilatère obtenu par la construc-
tion suivante : (A′ B′ )⊥(IM), (B′ C ′ )⊥(IN ), (C ′ D ′ )⊥(IP) et (D ′ A′ )⊥(IQ). Alors Ab′ = π − (α1 + α2 )
b′ = π − (α2 + α3 ), d’où A
et C b′ + C
b′ = π car α1 + α2 + α3 + α4 = π. Par conséquent le quadrilatère
A′ B′ C ′ D ′ est cyclique. On a :
π [ \ [ = A\ π
=A ′ QI = A ′ QM + MQI ′ QM + − α4 d’où A\
′ QM = α .
4
2 2
Donc, A\ \
′ IC ′ = A ′ IM + \ \
MIN + N IC ′ = A\
′ QM + α + α + N
1 2
\PC4 = α1 + α2 + α3 + α4 = π, par suite
les points A, I et C sont alignés. De même, les points B, I et D sont alignés, et par conséquent
I coïncide avec O, le quadrilatère A′ B′ C ′ D ′ devient alors le quadrilatère ABCD.
On suppose que dans le quadrilatère convexe ABCD les triangles ABC et ADC ont la
même aire. Soit E le point d’intersection de (AC) avec (BD). On suppose que les droites
passant par E et parallèles aux droites AD, DC, CB, BA coupent les droites AB, BC, CD, DA
[KLMN ]
aux points K, L, M, N respectivement. Déterminer la valeur de .
[ABCD]
Solution. Puisque [ABC] = [ADC] alors BE = ED, donc les points K, L, M, N sont les milieux
[KLMN ] 1
respectifs de [AB], [BC], [CD], [DA]. Par conséquent = .
[ABCD] 2
[ + COD
Soit O un point à l’intérieur du parallélogramme ABCD tel que : AOB \ = π.
[
Montrer que OBC = ODC.\
Solution. Soit E le point tel que (AE) (DO) et (BE) (CO). Alors :
[ + AEB
AOB [ +\
= AOB COD = π,
par conséquent le quadrilatère AOBE est cyclique, ce qui implique que EAB [ Or EAB
= EOB. =
\ [ [
ODC et EOB = OBC, ce qui permet de conclure.
E et F sont deux points du côté [BC] d’un quadrilatère convexe ABCD (avec E entre F et
= CDF
B). On suppose que BAE [ et EAF [ Montrer que FAC
= FDE. [ = EDB.
[
[ = BDC.
Donc, ABCD est un quadrilatère cyclique, et par suite BAC [ Or, d’après les hypothèses,
[ [ [
on déduit que BAF = CDE, et on conclut finalement que FAC = EDB.
Solution.
T b
K
[T C]. Par suite T BC est un triangle isocèle de b
2. Supposons que (HA) coupe (BD) en L, alors (HL)⊥(T D) au point L (voir figure). Puisque
(HK)⊥(T C) au point K, alors LT KH est un quadrilatère cyclique, par conséquent :
[ = LHK
AHB [ = 180° − LT
[ [
K = BT [ = BCA.
C = BCT [
Par suite ABCH est un quadrilatère cyclique, c’est-à-dire que le centre du cercle circonscrit au
triangle CDT est situé sur le cercle circonscrit au quadrilatère ABCD.
Exercice 47
Solution. Soient a, b, c et d les longueurs des côtés d’un quadrilatère tangentiel. On peut sup-
poser que a est la longueur du côté le plus court, et que c est la longueur du côté opposé et que
b < d. Alors on a les conditions a < b < d et a < c. On sait que le quadrilatère est tangentiel si, et
seulement si, la somme des longueurs opposés est la même, i.e., a+c = b+d. On a alors a+c > 2b.
Donc, pour des valeurs données de a et b, la longueur c peut prendre des valeurs entre 2b−a+1
a+n−1
et n et on a l’inégalité : 2b − a ≤ n − 1. On obtient ainsi : b ≤ et 2b − a + 1 ≤ c ≤ n.
2
202 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Xp
a+n−1
Soit p = , pour une valeur donnée de a on a : (n + a − 2b) = (p − a)(n − p − 1)
2
b=a+1
quadrilatères.
⋄ Si n est pair ∗ ∗
: on a n = 2m avec m ∈ N , alors si a est impair, a = 2k − 1, k ∈ N , on a :
a+n−1
p= = m + k − 1, ce qui donne un nombre de (m − k)2 quadrilatères possibles. Si a est
2
a+n−1
pair, a = 2k, k ∈ N∗ , on a : p = = m+k −1, ce qui donne un nombre de (m−k −1)(m−k)
2
quadrilatères possibles. En sommant toutes ces valeurs de a, on obtient le nombre total de
quadrilatères :
m
X m
X m(m − 1)(4m − 5) n(n − 2)(2n − 5)
(m − k)2 + (m − k)(m − k − 1) = = .
6 24
k=1 k=1
ABCD est un quadrilatère inscrit dans un cercle de centre O. Le point d’intersection des
diagonales (AC) et (BD) est noté P. On désigne par O1 , O2 , O3 et O4 les centres des cercles
circonscrits aux triangles ABP, BCP, CDP et DAP respectivement.
Montrer que les droites (OP), (O1 O3 ) et (O2 O4 ) sont concourantes.
Solution. Puisque (O1 O4 ) et (O2 O3 ) sont toutes les deux perpendiculaires à (AC), alors elles
sont parallèles entres elles. Il en est de même des droites (O1 O2 ) et (O3 O4 ). D’où O1 O2 O3 O4
est un parallélogramme, et les diagonales se coupent en leur milieu G. Posons α = CAB [ = CDB [
[ = CBD.
et β = CAD [ Comme (OO1 )⊥(AB) alors que (O1 O4 )⊥(AC), alors on a OO \ 1 O4 = α.
\ 1\ [ \ \
D’autre part, on a aussi : PO3 O2 = 2 PO3 C = BDC = α. De même, OO4 O1 = β = PO 2 O3 . Si
on fait une rotation d’angle 180° et de centre G, alors le triangle OO1 O4 est envoyé vers le
triangle PO3 O2 . Donc, G est aussi le milieu de [OP], de sorte que les droites (OP), (O1 O3 ) et
(O2 O4 ) sont en fait concourantes.
Le cercle (Γ) et la droite (d) ne se coupent pas. Soit [AB] le diamètre de (Γ) perpendiculaire
à (d), avec B plus proche de (d) que A. On choisit un point arbitraire C , A, B sur le cercle
(Γ). La droite (AC) coupe (d) en D, et la droite (DE) est tangente à (Γ) en E, avec B et E du
même côté de AC. On suppose que (BE) coupe (d) en F, et que (AF) coupe (Γ) en G , A.
Montrer que le symétrique de G par rapport à (AB) appartient à (CF).
Solution.
O
[ = DFA.
DCF [ Puisque les triangles DCF et
DFA partagent un angle commun en D, la
b C
b B
dernière condition est équivalente à montrer b
E
que ces triangles sont semblables. Ceci est b b b
Exercice 50
(Γ1 ) et (Γ2 ) sont deux cercles qui se coupent aux points M et N . Leur tangente commune, la
plus éloignée de M, coupe (Γ1 ) et (Γ2 ) aux points A et B respectivement. Une droite passant
par M coupe (Γ1 ) et (Γ2 ) aux points C et D respectivement. Soit E le point d’intersection de
(AC) avec (DB). Montrer que EN [ \
C = EN D.
Solution. Soient G et H deux points de (AB) tels que A est entre G et B, et B est entre A et H.
Alors, comme les quadrilatères ACMN et BDMN sont cycliques on a :
[ + EBN
EAN \ + DMN
[ = CMN \ = 180°,
ce qui montre que EAN B est un quadrilatère cyclique. Donc, comme (AB) est tangente aux
deux cercles, on a :
[E = ABE
AN [ = BN
= HBD [ D et \
AN [ = EAB
C = GAC [B.
= EN
[
Par conséquent, EN \
C = EN D.
Exercice 51
Les droites (AB) et (AC) sont tangentes à un cercle (Γ) en B et C respectivement. Soient D
un point de [AB) et au-delà de B, et P le second point d’intersection de (Γ) avec le cercle
circonscrit au triangle ACD. Le point Q est le pied de la perpendiculaire de B à (CD).
[ = 2 ADC.
Montrer que DPQ [
Solution.
(Γ)
b
b
A C
Si M est le point d’intersection de (PE) avec (AD) alors DM 2 = ME · MP = MB2 puisque (MB)
est tangente à (Γ) en B, d’où DM = MB. Par suite M est le milieu de [BD], et il est aussi le
[ = EDM
centre du cercle circonscrit au triangle DBQ. Par conséquent : DPE \ Ainsi, les
\ = DQM.
points D, M, Q et P sont cocycliques, et on a alors :
[ = DPE
DPQ \ = ADC
[ + MPQ [ + ADC
[ = 2 ADC.
[
204 CHAPITRE 3. QUADRILATÈRES
Chapitre
4
Géométrie et nombres
complexes
205
206 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
On suppose que les points O(0, 0), A(a, 11) et B(b, 37) forment les sommets d’un triangle
équilatéral. Déterminer la valeur de ab .
On se place dans le plan complexe, alors si le triangle OAB est direct, le point b + 37i est l’image
du point a + 11i par la rotation d’angle 60◦ et de centre O. Par suite :
√ !
◦ ◦ 1 3
b + 37i = (a + 11i)(cos 60 + i sin 60 ) = (a + 11i) + i .
2 2
En identifiant les parties réelles et les parties imaginaires on conclut que :
√ √
a 11 3 11 a 3
b= − et 37 = + .
2 2 2 2
√ √
La résolution de ce système donne la solution a = 21 3 et b = 5 3, finalement ab = 315.
Remarque : il y a une autre solution dans laquelle le point b + 37i est l’image de a + 11i par
la rotation d’angle −60◦ et de centre O. Ce triangle est le symétrique du premier triangle par
rapport à l’axe des ordonnées, et les signes de a et b sont alors inversés, cependant le produit ab
reste toujours le même et est égal à 315.
Soit ABCD un quadrilatère. On construit, en dehors de ABCD , quatre carrés de côtés res-
pectifs AB, BC, CD et DA. On notre respectivement par O1 , O2 , O3 et O4 les centres de ces
carrés. Montrer que :
(O1 O3 ) ⊥ (O2 O4 ) et O1 O3 = O2 O4 .
On désigne par les lettres minuscules les affixes des points en majuscule, par exemple m est
l’affixe de M. Le point M est l’image de A par la rotation de centre B et d’angle θ = π/2, par suite
m = b + (a − b)i. On a de même : n = c + (b − c)i; p = d + (c − d)i et q = a + (d − a)i. Par conséquent :
a + m a + b + (a − b)i b + c + (b − c)i c + d + (c − d)i d + a + (d − a)i
o1 = = , o2 = , o3 = , o4 = . Ainsi, on
2 2 2 2 2
o3 − o1 c + d − a − b + i(c − d − a + b)
déduit que : = = −i ∈ iR∗ . Par suite O1 O3 ⊥ O2 O4 . De plus,
o4 − o2 a + d − b − c + i(d − a − b + c)
o −o
on a : 3 1 = | − i| = 1, ce qui montre que O1 O3 = O2 O4 .
o4 − o2
P
b
b
P′
Q′ O3
b b
D
b N
O4 C b
b b
Q O2
b b
N′
b
b b
A B
O1
b
M′ M
b b
Exemple 3
D’après le théorème de Van Aubel on sait que les droites (PR) et (QS) sont perpendiculaires et
que PR = QS. Soit O le point d’intersection des droites (PR) et (QS). Supposons, sans perte de
généralité, que PR = QS = 1 et considérons le système de coordonnées centré en O et d’axes PR
et QS, alors on a dans ce cas : Q(u, 0), S(u − 1, 0), R(0, v), P(0, v − 1) avec u, v des réels éléments de
]0, 1[. Par suite :
u v −1 u v u −1 v u −1 v −1
J , , K , , L , , M , .
2 2 2 2 2 2 2 2
Il est facile de vérifier, grâce au théorème de Pythagore, que JKLM est un carré.
Proposition 1
a2 − a1 b −b
= 2 1.
a3 − a1 b3 − b1
Preuve
En effet, les triangles A1 A2 A3 et B1 B2 B3 sont directement semblables si, et seulement si,
A1 A2 B1 B2 a2 − a1 b − b1 a −a
= et A\ \
3 A1 A2 = B3 B1 B2 , c’est équivalent à = 2 et arg 2 1 =
A1 A3 B1 B3 a3 − a1 b3 − b1 a3 − a1
b −b a −a b −b
arg 2 1 . On obtient 2 1 = 2 1 .
b3 − b1 a 3 − a 1 b3 − b1
Proposition 2
a2 − a1 b − b1
= 2 .
a3 − a1 b3 − b1
Preuve
En effet, la symétrie par rapport à l’axe des abscisses envoie les points B1 , B2 , B3 vers les
points M1 (b 1 ), M2 (b 2 ), M3 (b 3 ). Les triangles B1 B2 B3 et M1 M2 M3 sont indirectement sem-
blables, donc les triangles A1 A2 A3 et M1 M2 M3 sont directement semblables. Il suffit d’ap-
pliquer la proposition 1 pour conclure.
Exemple 4
Soient A1 A2 A3 un triangle dont tous les angles sont aigus, et H1 , H2 , H3 les pieds
des hauteurs issues de A1 , A2 , A3 respectivement. Montrer que chacun des triangles
A1 H2 H3 , A2 H3 H1 et A3 H1 H2 est semblable au triangle A1 A2 A3 .
On choisit un système de coordonnées tel que A1 = (0, 0), A2 = (t, 0) et A3 = (x, y), donc a1 = 0, a2 =
c1 = p tx tx(x + iy)
t et a3 = x + iy. Comme A1 H2 = A1 A2 cos A , alors h2 = 2 . On a aussi h3 = x, et
2
x +y 2 x + y2
ainsi
h2 − a 1 t(x + iy) t a −a
= 2 = = 2 1.
h3 − a 1 x + y2 x − iy a3 − a1
Donc, en fait le triangle A1 H2 H3 est semblable au symétrique du triangle A1 A2 A3 . On montre de
même le résultat pour les triangles A2 H3 H1 et A3 H1 H2 .
4.4. TRIANGLES ÉQUILATÉRAUX 209
2π 2π
Soient R le rayon du cercle circonscrit au triangle ABO et j = cos + i sin . Considérons le
3 3
plan complexe avec comme origine S et tel que O soit situé du côté droit de l’axe réel, alors les
points O, A, B ont pour affixes R, Rj, Rj 2 respectivement. Si R + z est l’affixe de B′ alors l’affixe de
A′ est R − zj, par suite les affixes des points M et N sont données par :
Maintenant on a :
z B′ − z S z A ′ − z S R+z R − zj
= ⇐⇒ −j(R+z) = ⇐⇒ j · j = 1 ⇐⇒ |j|2 = 1.
zM − zS z N − z S R−zj
2 −2 j
Proposition 3
Preuve
Le triangle A1 A2 A3 est équilatéral si, et seulement si A1 A2 A3 est semblable à A2 A3 A1 avec
la même orientation, c’est-à-dire :
1 1 1
z1 z2 z3 = 0,
z2 z3 z1
210 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
1 1 1
0 = z1 z2 z3 = z1 z2 + z2 z3 + z3 z1 − z12 + z22 + z32 = −(z1 + jz2 + j 2 z3 )(z1 + j 2 z2 + jz3 ),
z2 z3 z1
par conséquent (vii) ⇐⇒ (iii) ⇐⇒ (vi). Les équivalences (iv) ⇐⇒ (iii) ; (i) ⇐⇒ (ii) et
(i) ⇐⇒ (v) sont faciles à établir.
Proposition 4
Soit A1 (z1 )A2 (z2 )A3 (z3 ) un triangle direct, alors on a équivalence entre :
(i) A1 A2 A3 est
un triangle équilatéral ;
(ii) z3 − z1 = cos π3 + i sin π3 (z2 − z1 ) ;
(iii) z2 − z1 = cos 5π3 + i sin 5π
3 (z3 − z1 ) ;
2
(iv) z1 + jz2 + j z3 = 0.
Preuve
Le triangle A1 A2 A3 est équilatéral et orienté positivement si, et seulement si, A3 est
l’image de A2 par la rotation de centre A1 et d’angle π3 , d’où :
π π
z3 = z1 + cos + i sin (z − z ),
3 3 2 1
D’où :
√ ! √ !
2 1 3 1 3
z1 + jz2 + j z3 = z1 + − + i z + − −i z
2 2 2 2 2 3
√ ! √ !" √ ! √ ! #
1 3 1 3 1 3 1 3
= z1 + − + i z2 + − − i −i z1 + +i z
2 2 2 2 2 2 2 2 2
√ ! √ !
1 3 1 3
= z1 + − + i z −z + −i z = 0, donc (ii) ⇐⇒ (iv).
2 2 2 1 2 2 2
Proposition 5
Soit A1 (z1 )A2 (z2 )A3 (z3 ) un triangle indirect, alors on a équivalence entre :
(i) A1 A2 A3 est un triangle équilatéral
;
5π 5π
(ii) z3 − z1 = cos 3 + i sin 3 (z2 − z1 ) ;
(iii) z2 − z1 = cos π3 + i sin π3 (z3 − z1 ) ;
(iv) z1 + j 2 z2 + jz3 = 0.
4.4. TRIANGLES ÉQUILATÉRAUX 211
Preuve
Le triangle équilatéral A1 A2 A3 est indirect si, et seulement si, A1 A3 A2 est un triangle
équilatéral direct. Il suffit alors d’appliquer la proposition 4.
a′ + b + c a + b′ + c a + b + c′
a′′ = , b ′′ = , c ′′ = .
3 3 3
À l’extérieur d’un triangle ABC on construit trois polygones réguliers à n côtés. Quels sont
les entiers n pour lesquels les centres de ces polygones sont les sommets d’un triangle
équilatéral.
Par suite :
b − cωn c − aωn a − bωn
a0 = , b0 = , c0 = .
1 − ωn 1 − ωn 1 − ωn
Le triangle A0 B0 C0 est équilatéral si, et seulement si : a20 +b02 +c02 = a0 b0 +b0 c0 +c0 a0 ; et en utilisant
les valeurs de a0 , b0 , c0 ci-haut c’est équivalent à :
(b − cωn )2 + (c − aωn )2 + (a − bωn )2 = (b − cωn )(c − aωn ) + (c − aωn )(a − bωn ) + (a − bωn )(c − aωn ).
2π 2π
On doit donc avoir 1 + ωn + ωn2 = 0, c’est-à-dire = , ce qui donne n = 3.
n 3
212 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
On désigne par les lettres minuscules les affixes des points en majuscule, par exemple pk est
2π 2π
l’affixe de Pk . On a : pk+1 − ak+1 = j (pk − ak+1 ) avec j = cos + i sin . Par suite :
3 3
En simplifiant par les termes égaux dans les deux membres de l’égalité, en notant que j 1986 p0 =
p0 = p1986 , et en faisant passer à droite les termes situés à la gauche, on obtient :
0 = (1 − j) a1986 + ja1985 + j 2 a1984 + · · · + j 1985 a1 = 662(1 − j) a3 + ja2 + j 2 a1
par définition de ak et le fait que j 3 = 1. Puisque j , 1, alors on conclut que A1 A2 A3 est un triangle
équilatéral.
L’équation d’une droite dans le plan complexe est donnée par : α z + α z + β = 0 avec α ∈
C∗ , β ∈ R et z = x + iy ∈ C.
Preuve
On sait que l’équation cartésienne d’une droite est donnée par Ax+By+C = 0 avec A, B, C ∈
R et A2 + B2 , 0. En posant z = x + iy on déduit que x = z+z z−z
2 et y = 2i . L’équation de la
droite devient alors
z+z z−z A + Bi A − Bi
A − Bi +C = 0 i.e. z +z + C = 0.
2 2 2 2
A − Bi
Il suffit de poser α = ∈ C∗ et β = C ∈ R pour conclure.
2
Proposition 7
Preuve
Si α , α, on définit le coefficient angulaire m de la droite d’équation cartésienne Ax + By +
C = 0 (et d’équation complexe α z + αz + β = 0) par :
A α+α α +α
m=− = α−α = i.
B α−α
i
L’équation de la droite passant par les points P1 (z1 ) et P2 (z2 ) est donnée par :
z1 z1 1
z1 z2 1 = 0.
z z 1
Preuve
En utilisant les coordonnées cartésiennes on sait que l’équation de la droite passant par
P1 (x1 , y1 ) et P2 (x2 , y2 ) est donnée par :
x y1 1
1 1
x2 y2 1.
2
x3 y3 1
zk + z k z − zk
Puisque, pour k ∈ J1, 3K, on a : xk = et yk = k , alors en remplaçant dans le
2 2i
déterminant c’est équivalent à
z +z z1 − z 1 1 z1 z1 1
1 1 1
z +z z2 − z 2 1 =0 i.e. z1 z2 1 = 0.
4i 2 2
z+z z−z 1 z z 1
z1 z1 1
z2 z2 1 = 0.
z3 z3 1
✍ Le coefficient angulaire complexe m d’une droite passant par les points d’affixes z1 et z2
z −z
est égal à : m = 2 1 . En effet, le déterminant ci-dessus est égal, après développement, à
z 2 − z1
214 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
z1 z2 +z2 z +zz1 −zz2 −z1 z −z2 z1 = 0, c’est-à-dire : z(z2 −z1 )−z(z2 −z1 )+z1 z2 −z2 z1 = 0. Il suffit
finalement d’appliquer la définition du coefficient angulaire complexe pour conclure.
L’aire du triangle de sommets A1 (z1 ), A2 (z2 ) et A3 (z3 ) est égale au module du nombre :
z z1 1
i 1
z z2 1
4 z2 z3 1
3
Preuve
En utilisant les coordonnées cartésiennes on sait que l’aire du triangle de sommets
(x1 , y1 ), (x2 , y2 ) et (x3 , y3 ) est égale à la valeur absolue du nombre :
x y1 1
1 1
x2 y2 1.
2
x3 y3 1
zk + z k z − zk
Puisque, pour k ∈ J1, 3K, on a : xk = et yk = k , alors en remplaçant dans le
2 2i
déterminant on obtient le résultat énoncé.
Corollaire 1
L’aire du triangle direct de sommets A1 (z1 ), A2 (z2 ) et A3 (z3 ) est donnée par :
1
[A1 A2 A3 ] = · ℑ ( z 1 z2 + z 2 z3 + z 3 z1 ) .
2
En effet, on a :
z1 z1 1
z2 z2 1 = z1 z 2 + z2 z 3 + z3 z 1 − z 2 z3 − z1 z 3 − z2 z 1
z3 z3 1
h i
= (z1 z2 + z2 z3 − z3 z1 ) − (z1 z2 + z2 z3 − z3 z1 ) = −2i ℑ ( z1 z2 + z2 z3 + z3 z1 ) .
Exemple 9
Soient ABC un triangle et F, G, H des points des segments [BC], [CA], [AB] respectivement
tels que :
FB GC HA
= λ1 , = λ2 , = λ3 .
FC GA HB
Montrer que
1 − λ1 λ2 λ3
[FGH] = · [ABC].
(1 − λ1 )(1 − λ2 )(1 − λ3 )
b − λ1 c c − λ2 a a − λ3 b
f = , g= , h= .
1 − λ1 1 − λ2 1 − λ3
4.5. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE DANS LE PLAN COMPLEXE 215
D’après le corollaire 1 on a :
" #
1 (b − λ1 c)(c − λ2 a) (c − λ2 a)(a − λ3 b) (a − λ3 b)(b − λ1 c)
[FGH] = ℑ + +
2 (1 − λ1 )(1 − λ2 ) (1 − λ2 )(1 − λ3 ) (1 − λ3 )(1 − λ1 )
" #
1 1 − λ1 λ2 λ3 1 − λ1 λ2 λ3
= ℑ ab + bc + ca = · [ABC].
2 (1 − λ1 )(1 − λ2 )(1 − λ3 ) (1 − λ1 )(1 − λ2 )(1 − λ3 )
α
z − z0 = − · (z − z0 ) .
α
Preuve
En coordonnées cartésiennes la droite passant par le point P0 (x0 , y0 ) et parallèle à la droite
α+α
(d) a pour équation : y − y0 = i (x − x0 ). Avec les nombres complexes, cette dernière
α−α
équation devient : !
z − z z0 − z 0 α + α z + z z0 + z 0
− =i − .
2i 2i α−α 2 2
L’équation ci-dessus est équivalente à : (α − α)(z − z0 − z + z0 ) = −(α + α)(z + z − z0 − z0 ),
α
c’est-à-dire α(z − z0 ) = −α(z − z0 ), ce qui donne finalement z − z0 = − (z − z0 ).
α
α
z − z0 = · (z − z0 ) .
α
Preuve
En coordonnées cartésiennes la droite passant par le point P0 (x0 , y0 ) et perpendiculaire
1 α−α
à la droite (d) a pour équation : y − y0 = − · · (x − x0 ). En utilisant les nombres
i α +α
complexes, et comme dans la preuve précédente, on aboutit à la conclusion souhaitée.
α z0 − α z 0 − β
z= .
2α
216 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Preuve
α z + α z + β = 0
Le nombre z est solution du système
.
α(z − z0 ) = α(z − z0 )
−αz − β
La première équation donne z = , et en substituant dans la seconde équation on
α
obtient :
αz0 − α z0 − β
αz − αz0 = −αz − β − α · z0 par conséquent z= .
2α
Preuve
D’après ce qui précède on a :
z · z + α · z + α · z + β = 0,
Preuve
En coordonnées cartésiennes l’équation d’un cercle est donnée par : x2 +y 2 +mx+ny+p = 0
2 2 z+z z−z
avec m, n, p ∈ R et p < m 4+n . En prenant x = et y = on déduit que :
2 2i
z+z z−z m − ni m + ni
|z|2 + m +n +p = 0 c’est-à-dire z·z+z +z + p = 0.
2 2i 2 2
m − ni
Il suffit de prendre, dans la dernière équation, α = ∈ C et β = p ∈ R pour conclure.
2
m n
L’équation du cercle est équivalente à : (z + α)(z + α) = r 2 , et en posant γ = −α = − − i,
2 2
2
alors l’équation du cercle de centre γ et de rayon r est donnée par : (z − γ) (z − γ) = r .
L’affixe z0 du centre du cercle circonscrit au triangle de sommets A1 (z1 ), A2 (z2 ), A3 (z3 ) est
donnée par :
1 1 1
z1 z2 z3
|z1 |2 |z2 |2 |z3 |3 z1 z1 (z2 − z3 ) + z2 z2 (z3 − z1 ) + z3 z3 (z1 − z2 )
z0 = = .
1 1 1 1 1 1
z1 z2 z3 z1 z 2 z3
z1 z2 z3 z1 z2 z3
Preuve
L’équation de la droite passant par P(z0 ) et perpendiculaire à la droite (A1 A2 ) peut s’écrire
sous la forme :
z (z1 − z2 ) + z(z1 − z2 ) = z0 (z1 − z2 ) + z0 (z1 − z2 ).
En appliquant cette équation aux milieux des segments [A2 A3 ], [A1 A3 ] et les droites
(A2 A3 ), (A1 A3 ) on obtient les deux équations :
par suite :
1 1 1 1 1 1
z z1 z2 z3 = z1 z2 z3 ,
z1 z2 z3 |z1 |2 |z2 |2 |z3 |2
ce qui permet de conclure.
ρ(z0 ) = z0 z0 + α z0 + α z0 + β.
Preuve
Soit O(−α) le centre du cercle. La puissance ρ(z0 ) du point P0 par rapport au cercle de
rayon r est donnée par : ρ(z0 ) = OP02 − r 2 . Par suite :
z z + α1 z + α 1 z + β1 = 0 et zz + α2 z + α 2 z + β2 = 0,
avec α1 , α2 ∈ C et β1 , β2 ∈ R. L’axe radical est l’ensemble des points ayant des puissances
égales par rapport à ces deux cercles. Si P(z) est un tel point alors : z z + α1 z + α 1 z + β1 =
z z + α2 z + α 2 z + β2 , ou de façon équivalente :
(α1 − α2 )z + (α 1 − α 2 ) z + β1 − β2 = 0.
L’angle θ entre deux cercles, de rayon r1 et r2 , se coupant en deux points, et ayant pour
équations z z + α1 z + α 1 z + β1 = 0 et z z + α2 z + α 2 z + β2 = 0 avec α1 , α2 ∈ C et β1 , β2 ∈ R est
l’angle déterminé par les tangentes aux deux cercles en un point d’intersection.
C
b
θ
ϕ
b b
A B
b
Proposition 18
On a :
β1 + β2 − (α1 α 2 + α 1 α2 )
cos θ = .
2r1 r2
Preuve
[ ou à 180◦ − ACB,
L’angle θ est égal à ACB [ par suite :
Supposons que A(a), B(b), C(c) et D(d) sont quatre points distincts dans le plan. On a équi-
valence entre :
(i) AB ⊥ CD ;
4.7. ORTHOGONALITÉ ET PARALLÉLISME 219
(ii) (b − a) · (d − c) = 0 ; !
b−a ∗ b−a
(iii) ∈ iR , ou de façon équivalente ℜ = 0.
d −c d −c
Proposition 20
Preuve
Les équations des trois hauteurs AA′ , BB′ , CC ′ du triangle sont données respectivement
par :
(z − a) · (b − c) = 0, (z − b) · (c − a) = 0, (z − c) · (a − b) = 0.
On se propose de montrer que le point d’affixe h = a + b + c appartient aux trois hauteurs.
En effet : (h − a) · (b − c) = 0 si, et seulement si, (b + c) · (b − c) = 0. La dernière relation est
équivalente à : b · b − c · c = 0, i.e., |b|2 = |c|2 , c’est vrai puisque |a|2 = |b|2 = |c|2 = R2 , où R est
le rayon du cercle circonscrit. De même, on a H ∈ BB′ et H ∈ CC ′ .
Soit ABCDEF un hexagone. On désigne par M, N , P, Q, R, S les milieux respectifs des côtés
220 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
RN 2 = MQ 2 + PS 2 ⇐⇒ (MQ) ⊥ (PS).
On a : RN 2 = MQ 2 + PS 2 ⇐⇒ (e + f − b − c) · (e + f − b − c) = (d + e − a − b) · (d + e − a − b) + (f + a − c −
d) · (f + a − c − d), i.e., (d + e − a − b) · (f + a − c − d) = 0, d’où (MQ) ⊥ (PS).
Soit O l’origine du plan complexe et désignons par a, b, c, d, e les affixes des points A, B, C, D, E
respectivement, alors on a :
a+b a + c + d 3a + b + 2c
d= et e= = .
2 3 6
Si R est le rayon du cercle circonscrit au triangle ABC alors a · a = b · b = c · c = R2 . Les droites (CD)
et (OE) sont perpendiculaires si, et seulement si, (d −c)·e = 0, c’est-à-dire (a+b−2c)·(3a+b+2c) = 0.
Cette égalité est équivalente à :
3a · a + a · b + 2a · c + 3a · b + b · b + 2b · c − 6a · c − 2b · c − 4c · c = 0,
1 1
(c − b) · (c − b) + (d − a) · (d − a) = (c + d − a − b) · (c + d − a − b) + (a + d − b − c) · (a + d − b − c).
2 2
Proposition 21
Soient A(a), B(b) et C(c) trois points distincts dans le plan. On a équivalence entre :
(i) les points A, B, C sont colinéaires ;
(ii) (b − a) ∧ (c − a) = 0 ;
(iii) a ∧ b + b ∧ c + c ∧ a = 0.
Preuve
Les points A, B, C sont colinéaires si, et seulement si [ABC] = 0, c’est-à-dire a ∧ b + b ∧ c +
c ∧ a = 0. Cette équation peut s’écrire sous la forme (b − a) ∧ (c − a) = 0.
Proposition 22
Soient A(a), B(b), C(c) et D(d) quatre points du plan tels que trois quelconques parmi eux
ne sont pas colinéaires, alors on a :
(AB) (CD) ⇐⇒ (b − a) ∧ (d − c) = 0.
Preuve
On choisit les points M(m) et N (n) de sorte que OABM et OCDN soient des paral-
lélogrammes, alors m = b − a et n = d − c. Les droites (AB) et (CD) sont parallèles
si, et seulement si, les points O, M, N sont colinéaires, c’est-à-dire si et seulement si
0 = m ∧ n = (b − a) ∧ (d − c).
Exemple 15
AD AE
Soient ABC un triangle, et D, E des points des segments [AB] et [AC] tels que = =
AB AC
3
. On considère les points E ′ ∈ [BE) et D ′ ∈ [CD) tels que EE ′ = 3BE et DD ′ = 3CD .
4
1 Montrer que les points D ′ , A et E ′ sont colinéaires.
2 Montrer que AD ′ = AE ′ .
A
D′ E′
b b b
b
b
D E
b b
B C
La figure proposée n’est pas en vraie grandeur. Les points D, E, D ′ et E ′ ont pour affixes respec-
tives :
a + 3b a + 3c
d= , e= , e ′ = 4e − 3b = a + 3c − 3b, d ′ = 4d − 3c = a + 3b − 3c.
4 4
➀ Puisque (a − d ′ ) ∧ (e ′ − d ′ ) = (3c − 3b) ∧ (6c − 6b) = 18(c − b) ∧ (c − b) = 0, alors les points D ′ , A
et E ′ sont colinéaires.
AD ′ a − d′ 1
➁ Notons qu’on a l’identité ′ ′ = ′ = , par suite A est le milieu du segment [D ′ E ′ ].
DE e − d′ 2
222 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Exemple 16
b
E
b
P
Qb D
b
Y
b
Ab b
X b N
b b b
B M C
Si a, b, c, d, e sont les affixes des points A, B, C, D, E, alors les affixes des points M, N , P, Q, X, Y sont :
Démonstration
On fait un raisonnement par récurrence sur n. On a déjà vu le résultat pour n = 3. À l’étape k + 1 :
Corollaire 2
Les points A1 (a1 ), A2 (a2 ), · · · , An (an ), comme dans le théorème ci-dessus, sont colinéaires si et
seulement si :
ℑ (a1 a2 + a2 a3 + · · · + an−1 an + an a1 ) = 0.
4.9. CÉVIENNES ET QUELQUES POINTS REMARQUABLES DANS LE TRIANGLE 223
ℑ ( a1 a2 + a2 a3 + a3 a4 + a4 a1 ) = 0.
Exemple 17
Soient ak et bk les affixes des points Ak et Bk respectivement avec k ∈ J1, nK. Il est clair que le
polygone B1 B2 · · · Bn est convexe, et si on suppose que A1 A2 · · · An est direct alors B1 B2 · · · Bn l’est
aussi. On choisit comme origine du plan complexe un point O situé à l’intérieur du polygone
a + ak+1
A1 A2 · · ·An . On a pour tout k ∈ J1, nK : bk = k et :
2
n n
1 X 1 X
[B1 B2 · · · Bn ] = ℑ b k bk+1 = ℑ (ak + ak+1 ) (ak+1 + ak+2 )
2 8
k=1 k=1
n n n
1
X
1
X 1 X
= ℑ ak ak+1 + ℑ ak+1 ak+2 + ℑ ak ak+2
8 8 8
k=1 k=1 k=1
n n
1 1
X
1 1X
= [A1 A2 · · ·An ] + ℑ ak ak+2 = [A1 A2 · · · An ] + ℑ (ak ak+2 )
2 8 2 8
k=1 k=1
1X
n
1 1
= [A1 A2 · · ·An ] + OAk · OAk+2 · sin Ak\
OAk+2 ≥ [A1 A2 · · · An ]
2 8 2
k=1
BA′ p CB′ m AC ′ n
= , = , = .
A′ C n B′ A p ′
CB m
Si a, b, c sont les affixes respectives de A, B, C alors l’affixe q du point Q est donnée par :
ma + nb + pc
q= .
m+n+p
224 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Démonstration
Les affixes a′ , b ′ , c ′ des points A′ , B′ , C ′ sont données respectivement par :
nb + pc ma + pc ma + nb
a′ = , b′ = , c′ = .
n+p m+p m+n
A
b
C′
b
B′
b
b
Q
b b b
B A′ C
ma + nb + pc
Montrons que les droites (AA′ ), (BB′ ) et (CC ′ ) se coupent au point Q d’affixe q = .
m+n+p
Les points A, Q, A′ sont colinéaires si, et seulement si (q − a) ∧ (a′ − a) = 0, c’est équivalent à :
! !
ma + nb + pc nb + pc
−a ∧ − a = 0 c’est-à-dire (nb + pc − (n + p)a) ∧ (nb + pc − (n + p)a) = 0,
m+n+p n+p
qui est vraie. Donc Q ∈ (AA′ ), et on montre de même que Q ∈ (BB′ ) et Q ∈ (CC ′ ).
On donne maintenant les affixes de quelques points remarquables du triangle ABC. On note
a, b, c les affixes des sommets A, B et C respectivement, et on pose α = BC, β = CA et γ = AB.
❏ Si Q = G le centre de gravité du triangle ABC, alors m = n = p et l’affixe zG de G est :
a+b+c
zG = .
3
❏ Si Q = I le centre du cercle inscrit au triangle ABC, alors m = α, n = β et p = γ, par suite
l’affixe zI de I est donnée par :
aα + bβ + cγ
zI = .
α+β +γ
BA′ tan C CB′ tan A
❏ Si Q = H l’orthocentre du triangle ABC on a alors les relations = , =
A′ C tan B B′ A tan C
AC ′ tan B
et = , par suite m = tan A, n = tan B et p = tan C.
C ′ B tan A
Finalement, l’affixe zH de l’orthocentre H est donnée par :
(tan A)a + (tan B)b + (tan C)c
zH = .
tan A + tan B + tan C
Lorsque, à la limite, A tend vers 90◦ , alors tan A tend vers ±∞ et dans ce cas la formule
ci-dessus donne zH = a, i.e., l’orthocentre du triangle rectangle ABC est le sommet A.
Exemple 18 : Point de Gergonne (1771-1859)
Soit un triangle ABC admettant le point I comme centre du cercle inscrit. Ce cercle inscrit
est tangent aux côtés AC, BC et AB respectivement aux points E, D et F .
1 Montrer que (AD), (BE) et (CF) sont concourantes en un point J (point de Ger-
gonne).
2 Montrer que l’affixe du point de Gergonne J est donnée par :
arα + brβ + crγ
zJ =
rα + rβ + rγ
4.9. CÉVIENNES ET QUELQUES POINTS REMARQUABLES DANS LE TRIANGLE 225
B
b
b
F b
D
b b
b b b
A E C
➀ Remarquons que le point I (centre du cercle inscrit) est sur les bissectrices du triangle ABC,
et les rayons ID, IE, et IF sont perpendiculaires aux côtés du triangle ABC. De ce fait, trois
triangles rectangles isocèles congruents existent. Les produits : AF · BD · CE et AE · CD · BF
sont égaux car BF = BD, CD = CE, et AE = AF. Donc les rapports de ces nombres est égal à
1. D’après le théorème de Céva, les trois céviennes du triangle sont concourantes.
➁ On a :
1 1 1
BD s−γ s−β CE s−α s−γ AF s−β s−α
= 1
= , = 1
= , = 1
= ,
DC s−β
s−γ EA s−γ
s−α FB s−α
s−β
Définition : Symédianes
Les symédianes d’un triangle sont définies comme étant les droites symétriques des mé-
dianes par rapport aux bissectrices.
1 Les trois symédianes d’un triangle sont concourantes, leur point d’intersection L
s’appelle le point de Lemoine.
aα 2 + bβ 2 + cγ 2
2 L’affixe zL du point de Lemoine est donnée par : zL = .
α2 + β 2 + γ 2
A
b
L
b b B′
C′ b
b
b
b
B A′
C
Pour montrer que les trois symédianes du triangle sont concourantes il suffit en fait d’utili-
ser la version trigonométrique du théorème de Céva. Selon ce théorème, les trois symédianes
sont concourantes si, et seulement si :
\
sin N \ \
C CB sin NA AC sin NB BA
· · = 1.
\
sin N \ \
C CA sin NA AB sin NB BC
Or, vu que les symédianes sont les droites symétriques aux médianes par rapport aux bis-
sectrices, on a N \ \ \ \
C CB = MC CA, NC CA = MC CB et de même pour les quatre autres angles.
\
sin M \ \
C CA sin MA AB sin MB BC
La dernière relation s’écrit donc : · · = 1. Mais cette re-
\
sin M \ \
C CB sin MA AC sin MB BA
lation est, quitte à inverser le membre de gauche, exactement la version trigonométrique
du théorème de Céva pour les trois médianes du triangle ABC. Comme on sait déjà que les
médianes sont concourantes, cette relation est bien vérifiée et les symédianes sont à leur
tour concourantes.
Le point de Lemoine possède différentes propriétés. Par exemple, les symédianes joignent
les sommets du triangle aux sommets du triangle tangentiel (pour un triangle ABC, de
cercle circonscrit (C), les tangentes à (C) en A, B, C forment un triangle T1 T2 T3 dit tangen-
tiel de ABC). Il s’ensuit que le point de Lemoine est le barycentre des points pondérés :
(A, α 2 ), (B, β 2 ) et (C, γ 2 ). Les distances de ce point aux trois côtés du triangle sont propor-
tionnelles à ces côtés. C’est le point dont la somme des carrés des distances aux côtés du
triangle est minimale.
BD γ 2 CE α 2 AF β 2
➁ D’après le théorème 2 on a : = , = , = . Par suite on a bien :
DC β 2 EA γ 2 FB α 2
aα 2 + bβ 2 + cγ 2
zL = .
α2 + β 2 + γ 2
➀ Le calcul des distances des sommets aux points de contact donne : BA′ = s − γ; CA′ = s −
AC ′ BA′ CB′
β; AB′ = s − γ; CB′ = s − α; AC ′ = s − β; BC ′ = s − α. On a : × × = 1. La relation
BC CA′ AB′
de Céva est vérifiée et les droites en question sont concourantes.
➁ D’après le théorème on a :
(c1 ) (c2 )
b
C I2
b
I1
b
B′
b
A′ b
N
b
b b b
B C′ A
(c3 )
I3
b
Exemple 21
Soient α, β, γ les longueurs des côtés BC, CA, AB du triangle ABC , et supposons que α <
β < γ . Si O, I et H sont respectivement le centre du cercle circonscrit, le centre du cercle
inscrit et l’orthocentre, alors
(α − β)(β − γ)(γ − α)
[OIH] = où r est le rayon du cercle inscrit.
8r
Soient ABC un triangle et R le rayon de son cercle circonscrit. Considérons un point X(x)
du cercle circonscrit et soit P sa projection orthogonale sur la droite (BC). Montrer que
228 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
l’affixe p de P est : !
1 bc
p= x− 2 x+b+c .
2 R
Déduire les affixes zA′ , zB′ et zC ′ des pieds des hauteurs A′ ∈ (BC), B′ ∈ (CA) et C ′ ∈ (AB)
issues des points A, B et C .
Les équations des droites (BC) et (XP) sont données respectivement par :
(z − b) ∧ (c − b) = 0 et (z − x) · (c − b) = 0.
Par conséquent :
" #
1 c−b 1 c−b
p= b+x+ (x − b) = b + x + 2 2
(x − b)
2 c−b 2 R R
c − b
" # !
1 bc 1 bc
p= b + x − 2 (x − b) = x− 2 x+b+c .
2 R 2 R
On déduit facilement que :
! ! !
1 bc a 1 ca b 1 ab c
zA ′ = a+b+c− 2 , z B′ = a+b+c− 2 , zC ′ = a+b+c− 2 .
2 R 2 R 2 R
Soit ABC un triangle de sommets A(a), B(b) et C(c). On choisit son centre O du cercle
circonscrit comme étant l’origine du plan complexe. On désigne par A1 , B1 , C1 les milieux
des segments [BC], [CA], [AB], par A′ , B′ , C ′ les pieds des hauteurs, et par A′′ , B′′ , C ′′ les
milieux des segments [AH], [BH], [CH] respectivement.
Les neuf points A1 , B1 , C1 , A′ , B′ , C ′ , A′′ , B′′ , C ′′ se trouvent tous sur le même cercle dont le
centre est situé au milieu du segment [OH] et dont le rayon est égal à la moitié du rayon
du cercle circonscrit.
Démonstration
Il est clair que les points A1 , B1 , C1 , A′′ , B′′ , C ′′ ont pour affixes respectives :
b+c c+a a+b b+c c+a a+b
zA 1 = , z B1 = , zC1 = , zA′′ = a + , zB′′ = b + , zC ′′ = c + .
2 2 2 2 2 2
a+b+c
Notons par O9 le milieu du segment [OH], alors on a : zO9 = , de plus on a : |a| = |b| = |c| = R
2
1 1
où R est le rayon du cercle circonscrit. Remarquons que O9 A1 = |zA1 − zO9 | = |a| = R, et aussi
2 2
1 1 1 1
O9 B1 = O9 C1 = R. On peut écrire O9 A′′ = |zA′′ − zO9 | = |a| = R, et aussi O9 B′′ = O9 C ′′ = R.
2 2 2 2
La distance O9 A′ est donnée par :
!
1 bc a 1 |bc a| |a| |b| |c| R3 1
O9 A′ = |zA′ − zO9 | = a + b + c − 2 − (a + b + c) = 2
= 2
= = R.
2 R 2 2R 2R 2R2 2
1
De même, on obtient O9 B′ = O9 C ′ = R. Par conséquent, O9 A1 = O9 B1 = O9 C1 = O9 A′ = O9 B′ =
2
4.10. CERCLE DES NEUF POINTS D’EULER 229
1
O9 C ′ = O9 A′′ = O9 B′′ = O9 C ′′ = R, et le résultat est ainsi montré.
2
b
A
C′
b
A′′ b
b
B′
b
H
C1 B1
b b
b b
C ′′
B′′
b b b b
B A1 A′ C
a+b+c
Si O le centre du cercle circonscrit est l’origine du plan complexe, alors z0 = 0, zG = et
3
zH = a +b +c, ce qui permet de voir que les points sont colinéaires puisque (zG −zO )∧(zH −zO ) = 0.
Exemple 24 : Droite de Nagel d’un triangle
α β
Si O le centre du cercle circonscrit est l’origine du plan complexe, alors on a : zI = a + b +
2s 2s
γ a+b+c α β γ
c, zG = et zN = 1 − a+ 1− b+ 1− c, et on peut écrire zN = 3zG − 2zI . Ainsi :
2s 3 s s s
(zG − zI ) ∧ (zN − zI ) = (zG − zI ) ∧ 3(zG − zI ) = 0.
Le milieu Gs du segment [IN ] est appelé le point de Spiecker, son affixe est donnée par :
zI + zN (β + γ) (γ + α) (α + β)
zGs = = a+ b+ c.
2 4s 4s 4s
Soit M un point appartenant au cercle circonscrit au triangle ABC . Montrer que les centres
A′ , B′ et C ′ des cercles des neuf points relativement aux triangles MBC, MCA et MAB sont
les sommets d’un triangle semblable à ABC .
Supposons que le centre du cercle circonscrit au triangle ABC est l’origine du plan complexe,
alors les affixes a′ , b ′ , c ′ des points A′ , B′ , C ′ sont données par :
Montrer que le triangle ABC est un triangle rectangle si, et seulement si, son cercle cir-
conscrit et son cercle des neuf points sont tangents.
On prend l’origine du plan complexe au centre O du cercle circonscrit au triangle ABC. Alors,
le cercle circonscrit au triangle ABC est tangent au cercle des neuf points du même triangle si, et
R R2
seulement si, OO9 = , ce qui est équivalent à OO92 = , i.e., |a + b + c|2 = R2 . Or, on a :
2 4
|a + b + c|2 = (a + b + c) · (a + b + c) = |a|2 + |b|2 + |c|2 + 2(a · b + b · c + c · a) =
3R2 + 2(a · b + b · c + c · a) = 3R2 + (2R2 − α 2 + 2R2 − β 2 + 2R2 − γ 2 ) = 9R2 − (α 2 + β 2 + γ 2 )
où α, β, γ sont les longueurs des côtés du triangle ABC, et où on a utilisé les relations a · b =
γ2 2 β2
R2 − 2 , b · c = R2 − α2 et c · a = R2 − 2 . Par conséquent on doit avoir α 2 + β 2 + γ 2 = 8R2 , c’est
équivalent à sin2 A+sin2 B+sin2 C = 2, i.e., 1−cos(2A)+1−cos(2B)+1−cos(2C) = 4, c’est équivalent
à : 2 cos(A+B) cos(A−B)+2 cos2 C = 0 c’est-à-dire 4·cos A·cos B·cos C = 0, ce qui termine la preuve.
Exemple 27
A
b
C′ b
B′
b
P
b
b b b
B A′ C
4.11. TRIANGLE PODAIRE 231
Les triangles podaires apparaissent parfois dans des problèmes de géométrie. Une première re-
marque que l’on peut toujours faire est que, dans une telle situation, les quadrilatères AB′ PC ′ ,
BC ′ PA′ et CA′ PB′ sont toujours cycliques, de diamètres respectifs [AP], [BP] et [CP]. Cette infor-
mation permet notamment de trouver les longueurs des côtés du triangle podaire A′ B′ C ′ en fonc-
tion d’autres paramètres. En effet, par la loi des sinus dans le triangle AB′ C ′ , on a par exemple :
|B′ C ′ | = |PA| sin A (où |PA| prend le rôle de 2R dans la loi des sinus).
Observons à présent les propriétés des triangles podaires relatifs à certains points particuliers du
triangle.
❏ Si P = O, le centre du cercle circonscrit à ABC, alors comme O se situe sur les médiatrices
des différents côtés, les points A′ , B′ et C ′ sont les milieux des côtés [BC], [AC] et [AB], res-
pectivement. Dans ce cas, la situation est très claire. En effet, par Thalès, B′ C ′ est parallèle
à BC, A′ C ′ est parallèle à AC et A′ B′ est parallèle à AB. Le triangle A′ B′ C ′ est donc sem-
blable à ABC (avec un rapport 1/2). De plus, le point O n’est rien d’autre que l’orthocentre
du triangle A′ B′ C ′ , puisque A′ O est perpendiculaire à BC et donc également à B′ C ′ . (et de
même pour B′ O et C ′ O).
❏ Si P = H, l’orthocentre de ABC, alors les points A′ , B′ et C ′ sont les pieds des hauteurs
issues de A, B et C, respectivement. Le triangle A′ B′ C ′ est également appelé dans ce cas le
triangle orthique. Afin que H reste à l’intérieur de ABC, nous supposons dorénavant que
le triangle ABC est acutangle. On peut alors utiliser le fait que AB′ HC ′ et CA′ HB′ sont
cycliques pour trouver :
\
HB \′ = 90◦ − ABC,
′ C ′ = HAC [ \
HB \′ = 90◦ − ABC.
′ A′ = HCA [
Nous venons donc de montrer que H est sur la bissectrice de l’angle A\ ′ B′ C ′ . De la même
manière, il est sur les deux autres bissectrices du triangle podaire et on en déduit que H
est en fait le centre du cercle inscrit à A′ B′ C ′ . (Attention : cela n’est vrai que si ABC est
acutangle.)
Nous parlons de triangle podaire, mais il n’est a priori pas impossible que, pour un certain choix
de P, les points A′ , B′ et C ′ soient alignés ! Dans un tel cas, on ne parle plus réellement de triangle
podaire, mais plutôt de droite de Simson associée à P. En fait, il existe une condition nécessaire
et suffisante sur P pour que le triangle podaire se transforme en droite de Simson :
Théorème 4 : Droite de Simson
Soit ABC un triangle et P un point quelconque du plan. Les projections A′ , B′ et C ′ du point
P sur les droites BC, AC et AB respectivement sont alignées si et seulement si P appartient
au cercle circonscrit au triangle ABC.
Démonstration
Nous donnons la démonstration en supposant b
C′
que les différents points sont situés comme sur A
b
la figure ci-contre (c’est-à-dire tels que B′ ∈ [AC]
et A′ ∈ [BC] mais A ∈ [BC ′ ]). Les trois points b
P
A′ , B′ et C ′ sont alors alignés si et seulement
si PB\ \
′ A′ + PB ′ C ′ = 180◦ . Or, le quadrilatère b
B′
PB A C étant cyclique, on a : PB
′ ′ \ ′ A′ = 180◦ −
b b b
\′ = 180◦ − PCB.
PCA [ B A′ C
b ′ + ac b ′ = a + c et b ′ − ac b ′ = p − ac p.
a + c + p − ac p
La résolution de ces deux équations (avec comme inconnue b ′ ) nous donne : b ′ = . On
2
obtient de même :
a + b + p − ab p b + c + p − bc p
c′ = et a′ = .
2 2
b ′ − a′ b ′ − a′
Pour montrer que A′ , B′ , C ′ sont alignés, il suffit de vérifier que : = . Le membre de
c ′ − a′ c ′ − a′
a − b − ac p + bc p
droite est égal à : . En multipliant le numérateur et le dénominateur par abc p et en
a − c − ab p + bc p
utilisant le fait que a a = b b = c c = 1 = p p, on obtient :
bc p − ac p − b + a
.
bc p − ab p − c + a
Cette expression est égale au membre de gauche (b ′ − a′ )/(c ′ − a′ ), et la preuve est ainsi complète.
Soit ABC un triangle et PQR son triangle podaire relatif à un point X(x), alors on a :
|x|2 − R2
[PQR] = · [ABC],
4R2
où R est le rayon du cercle circonscrit au triangle ABC.
Démonstration
Les points P, Q, R appartiennent respectivement aux côtés BC, AC, AB. Les affixes p, q, r des points
P, Q, R sont données par :
! !
1 bc 1 ca 1 ab
p= x− 2 x+b+c , q= x− 2 x+c+a , r= x− 2 x+a+b .
2 R 2 R 2 R
p p 1
i i q−p q−p
q q 1 = .
4 4 r −p r −p
r r 1
Corollaire 3
Si X appartient à un cercle de rayon R1 et de centre O (le centre du cercle circonscrit au triangle
ABC), alors [PQR] ne dépend pas de la position du point X sur le cercle.
Preuve
|R21 − R2 |
On a x x = R21 , et donc [PQR] = ·[ABC]. Par suite l’aire du triangle PQR ne dépend
4R2
pas du point X. La réciproque est aussi vraie : l’ensemble de tous les points X du plan tels
4R2 k
que [PQR] = k (constante) est défini par : |x|2 − R2 = . C’est équivalent à :
[ABC]
!
2 2 4R2 k 2 4k
|x| = R ± = R 1± .
[ABC] [ABC]
1
⋄ Si k > · [ABC] :
4 r
4k
alors l’ensemble est un cercle de centre O et de rayon R1 = R 1+ .
[ABC]
1
⋄ Si k ≤ · [ABC] :
4 r
4k
alors l’ensemble est formé de 2 cercles de centre O et de rayon R 1± , l’un d’eux
[ABC]
1
devient O lorsque k = [ABC].
4
Théorème 6
Pour tout point X dans le plan du triangle ABC, on peut construire un triangle de côtés :
AX · BC, BX · CA et CX · AB.
Démonstration
Soit PQR le triangle podaire de ABC relatif au point X, alors
1 R2 − c x 1 R2 − c x
|q − p| = (a − b)(x − c) 2 = |a − b| |x − c| .
2 R (x − c) 2R2 x−c
D’autre part, on a :
2
R2 − c x R2 − c x R2 − cx R2 − c x R2 − cx R2 − c x R2 (c − x)
= · = · = · = R2 ,
x−c x−c x−c x−c x − Rc
2
x−c c x − R2
1
ce qui donne |q − p| = |a − b| |x − c|. Par conséquent :
2R
PQ QR RP 1
= = = , (1)
CX · AB AX · BC BX · CA 2R
ce qui permet de conclure.
234 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Corollaire 4
Dans le plan du triangle ABC on considère un point X et on note par A′ B′ C ′ le triangle de côtés
AX · BC, BX · CA et CX · AB. Alors on a :
Preuve
D’après la relation (1) on a : [A′ B′ C ′ ] = 4R2 · [PQR] où PQR est le triangle podaire de ABC
relatif au point X. Il suffit maintenant d’appliquer le théorème 5 pour conclure.
AC · BD ≤ AB · CD + BC · AD.
AC · BD = AB · CD + BC · AD. (3)
Preuve
Si la relation (3) est vraie alors le triangle A′ B′ C ′ dans le corollaire 4 est dégénéré, i.e.,
[A′ B′ C ′ ] = 0. De la relation (2) il s’ensuit que d d = R2 où R est rayon du cercle circonscrit
au triangle ABC. Donc, le point D(d) appartient au cercle circonscrit.
Si ABCD est cyclique, alors le triangle podaire de ABC relatif au point D est dégénéré. La
relation (1) permet de conclure.
Pour tout point X dans le plan d’un triangle équilatéral ABC, les trois segments XA, XB et XC
peuvent être les côtés d’un triangle.
Preuve
Dans le théorème ci-dessus on a BC = CA = AB, et le résultat en découle.
Définition : Triangles-S
Considérons un triangle ABC et les points X, Y , Z situés sur son cercle circonscrit. On dit
que les triangles ABC et XY Z sont des triangles orthopolaires (ou des triangles-S) si la droite
de Simson du triangle ABC relative au point X est perpendiculaire à la droite (Y Z).
Démonstration
Soient P, Q, R les pieds des perpendiculaires issues de X aux droites BC, CA, AB respectivement. Les
points P, Q, R sont sur la même droite, c’est la droite de Simson du triangle ABC relative au point X.
Si p, q, r sont les affixes respectives des points P, Q, R alors on a :
! !
1 bc 1 ca 1 ab
p= x− 2 x+b+c , q= x− 2 x+c+a , r= x− 2 x+a+b .
2 R 2 R 2 R
On obtient alors :
! ! ! !
R2 R2 2 R2 2 R2 R2 R2
− R − x (y − z) + (b − a) R − c − = 0.
b a c x y z
Par suite
1 1
(a − b)(c − x)(y − z) − (a − b)(c − x)(y − z) = 0,
abc xyz
ce qui est équivalent à :
(abc − xyz)(a − b)(c − x)(y − z) = 0.
Finalement, on obtient abc = xyz.
⋄ Cas 2 : le point X est un des sommets du triangle ABC.
On suppose, par exemple, que X = B, alors la droite de Simson relative au point B est la droite
passant par B et perpendiculaire à (AC). Donc, (BQ) est perpendiculaire à (Y Z) si, et seulement si,
les droites (AC) et (Y Z) sont parallèles. C’est équivalent à ac = yz, et comme b = x alors on conclut
que abc = xyz.
Comme la relation abc = xyz est symétrique, alors la droite de simson du triangle ABC relative à
chaque sommet du triangle XY Z est perpendiculaire au côté opposé du triangle XY Z. De plus, la
même propriété est vraie pour chaque sommet du triangle ABC. Donc les triangles ABC et XY Z sont
des triangles-S si, et seulement si, les triangles XY Z et ABC sont des triangles-S.
236 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Exemple 28
Soit ABC un triangle. Les triangles médian et orthique de ABC sont des triangles-S dans
le cercle des neuf points.
Considérons le centre O du cercle circonscrit au triangle ABC comme étant l’origine du plan
complexe. Soient M, N , P les milieux respectifs des segments [AB], [BC], [CA], et A′ , B′ , C ′ les pieds
des hauteurs du triangles ABC issues de A, B, C respectivement. Si m, n, p, a′ , b ′ , c ′ sont les affixes
de M, N , P , A′ , B′ , C ′ alors on a :
a+b b+c c+a
m= , n= , p= ,
2 2 2
et
! ! !
′ 1 bc 1 bc ′ 1 ca ′ 1 ab
a = a+b+c− 2 a = a+b+c− ,b = a+b+c− ,c = a+b+c− .
2 R 2 a 2 b 2 2
Le centre O9 du cercle des neuf points est le milieu du segment [OH] où H(a + b + c) est l’ortho-
a+b+c
centre du triangle ABC. L’affixe ω de O9 est égale donc à . Finalement on a :
2
1
(a′ − ω)(b ′ − ω)(c ′ − ω) = (m − ω)(n − ω)(p − ω) = − abc,
8
et la preuve est ainsi terminée.
Exemple 29
Soient P et P ′ des points distincts du cercle circonscrit au triangle ABC et tels que les
[.
droites (AP) et (AP ′ ) soient symétriques par rapport à la bissectrice de l’angle BAC
Montrer que ABC et APP ′ sont des triangles-S.
A
b
b
C
b
B b
P′
b
P
Soient p et p ′ les affixes de P et P ′ respectivement. Il est clair que les droites (PP ′ ) et (BC) sont
parallèles, donc (p − p ′ ) ∧ (b − c) = 0. Par suite :
(p − p ′ )(b − c) − (p − p ′ )(b − c) = 0.
On considère que O, le centre du cercle circonscrit au triangle ABC, comme étant l’origine du
plan complexe, alors on a :
2
! ! !
′ R R2 R2 R2 2 ′ 1 1
(p − p ) − − − ′ (b − c) = 0 i.e. R (p − p )(b − c) − = 0.
b c p p bc pp ′
Par conséquent bc = pp ′ , c’est-à-dire abc = app ′ . En conclusion ABC et APP ′ sont des triangles-S.
4.13. TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES ET NOMBRES COMPLEXES 237
Proposition 23
1 Si #»
u est un vecteur d’affixe b, la translation de vecteur #»
u est représentée dans le
plan complexe par l’application z 7→ z + b.
2 Si Ω est un point d’affixe ω et k un réel non nul, l’homothétie de centre Ω et de
rapport k est représentée dans le plan complexe par l’application z 7→ ω + k(z − ω).
3 Si Ω est un point d’affixe ω et θ un réel, la rotation de centre Ω et d’angle θ est
représentée dans le plan complexe par l’application z 7→ ω + e iθ (z − ω).
❏ Les similitudes directes sont les transformations représentées dans le plan complexe par
les applications z 7→ az + b, avec (a, b) ∈ C∗ × C.
❏ Une similitude f directe de rapport k qui n’est pas une translation :
⋄ possède un unique point fixe Ω appelé centre de la similitude,
⋄ est la composée commutative de l’homothétie de centre Ω et de rapport k avec une
unique rotation de centre Ω, dont l’angle est appelé angle de la similitude.
❏ Soit f une similitude représentée par z 7→ az + b.
⋄ Si a = 1, c’est une translation.
⋄ Si |a| = 1 et a , 1, c’est une rotation d’angle arg(a).
⋄ Si a ∈ R \ {1}, c’est une homothétie de rapport a.
❏ Similitude indirecte
#»
⋄ La réflexion s d’axe (O, i ) est représentée par la conjugaison z 7→ z.
⋄ Si f est une similitude indirecte, la composée f ◦ s est une similitude directe, donc est
représentée par une application de la forme z 7→ az + b, avec (a, b) ∈ C∗ × C. Par conséquent
f est représentée par z 7→ az + b.
⋄ Réciproquement, toute transformation représentée par une application du type z 7→ az+b
est une similitude indirecte du plan comme composée de s et d’une similitude directe.
Exemple 30
Montrer que si 4 points A, B, A′ , B′ sont donnés (A, B distincts ainsi que A′ , B′ ), il existe une
unique similitude directe f transformant (A, B) en (A′ , B′ ) ; montrer l’analogue pour une
similitude indirecte. Si l’on note a, b, a′ , b ′ les affixes respectives de A, B, A′ , B′ , montrer que
f est donnée implicitement par la relation :
z′ z 1
a′ a 1 = 0. (1)
b′ b 1
a 1 1
b j 1 =0
c j2 1
signifie donc que ABC est directement semblable au triangle équilatéral 1, j, j 2 . En développant
et simplifiant par (1 − j) on trouve la condition aj + bj 2 + c = 0 ; on trouve de même la condition
aj 2 + bj + c = 0 avec le triangle 1, j 2 , j de sens opposé (par échange de j et j 2 ) et le produit de ces
deux conditions est la condition générale a2 +b 2 +c 2 −ab −bc −ca = 0 déjà trouvée dans ce chapitre.
Exemple 31
√ √
➀ f 1 est une similitude indirecte avec a = (1 + i) = 2e iπ/4 , son rapport est 2 et son axe fait
un angle de π/8 avec Ox (car la forme complexe de la réflexion vectorielle dont l’axe fait un
angle ϕ avec Ox est z 7→ e 2iϕ z). L’application f 1 ◦ f 1 est z 7→ (1 + i) ((1 − i)z − 1) − 1 = 2z − 2 − i ;
elle a pour point fixe unique Ω(ω) tel que ω = 2ω − 2 − i, d’où ω = 2 + i, c’est donc le point
fixe de f 1 . √
La similitude étudiée a donc pour centre Ω(2 + i), pour rapport 2 et son axe est la droite
qui passe par Ω et fait un angle de π/8 avec l’axe Ox.
➁ Le coefficient de z est j = e 2iπ/3 , le rapport est donc 1 ; c’est un antidéplacement, son axe
fait un angle de π/3 avec Ox. C’est une réflexion ou symétrie glissée. L’application f 2 ◦ f 2 est
z 7→ j(jz +1)+1 = z +j +1 = z −j 2 , donc f 2 est une symétrie glissée dont le vecteur translation
u a pour affixe −j 2 /2 : en effet, le carré d’une symétrie glissée de vecteur #»
#» u est la translation
de vecteur 2 #»
u . L’axe est dirigé par ce même vecteur et passe par le point d’affixe 1/2 car
c’est le milieu de [0, f 2 (0)].
Exemple 32
Soient O, A, B trois points, C, D les images respectives de A, B dans une similitude directe
S de centre O . On construit les triangles ADM et CBN directement semblables à ABO .
Montrer que O est le milieu de [MN ].
Il existe α ∈ C∗ tel que : c = αa et d = αb. D’où ad − bc = 0. D’autre part, puisque les triangles ABO
m−a d −a b−d
et ADM sont directement semblables alors = donc m = a . On obtient de même
−a b−a b−a
c−a bc − ad
n=b . Par conséquent : m + n = = 0, donc O est le milieu de MN .
b−a b−a
Soit ABC un triangle équilatéral inscrit dans un cercle. M est un point mobile sur le cercle.
Montrer que
MA2 + MB2 + MC 2 = constante.
On suppose que l’origine du plan complexe est située au centre du cercle, et que l’axe réel passe
par le point A, alors les affixes des points A, B, C sont données par R, Rj, Rj 2 . Si l’affixe de M est
Re ix alors :
2
MA2 = (Re ix − R)(Re −ix − R), MB2 = (Re ix − Rj)(Re −ix − Rj), MC 2 = (Re ix − Rj 2 )(Re −ix − Rj ).
4.14. RELATIONS MÉTRIQUES ET NOMBRES COMPLEXES 239
Soient ABC un triangle et M, N des points du segment [BC] tels que (AM) et (AN ) sont
[ . Montrer que
symétriques par rapport à la bissectrice intérieure de l’angle BAC
CM CN AC 2
· = .
BM BN AB2
b
A
b
b
b
B M b
N
C
Soient α = \
BAM = \ \ ; CM = k1 et CN = k2 . Le segment [MA] s’obtient à partir du
N AC; 2β = MAN
BM BN
MA
segment [BA] par une rotation d’angle α et d’une homothétie de rapport p1 = . Le segment
BA
[N A] s’obtient à partir du segment [CA] par une rotation d’angle α (dans le sens des aiguilles
NA
d’une montre) et d’une homothétie de rapport p2 = . Donc, les affixes vérifient :
CA
m = p1 be iα , n = p2 ce −iα , m = p1 b e −iα , n = p2 c e iα .
c − k1 b c − k2 b
Par conséquent : m b = m be i2α , n c = n c e i2α . Or, m = ,n= , donc on obtient :
1 − k1 1 − k2
c − k1 b c − k1 b i2α
b = be ,
1 − k1 1 − k1
c b − c be i2α c c (1 − e i2α )
ce qui donne : k1 = et de même k2 = .
b b (1 − e i2α ) c b − c be i2α
cc
Finalement, on a : k1 k2 = , ce qui permet de conclure.
bb
Exemple 35
MA ND
On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O, et posons = k1 , = k2 ,
MB NC
alors :
a − k1 b d − k2 c
m= , n= .
1 − k1 1 − k2
240 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
a a 1
0 0 1 = 0,
c c 1
a − k1 b d − k2 c a − k1 b d − k2 c
· = · .
1 − k1 1 − k2 1 − k1 1 − k2
ad − ad
En développant et en réduisant l’égalité ci-dessus on obtient : k1 k2 = , et il s’agit bien
bc − bc
d’une constante réelle.
Exemple 36
Soient ABC un triangle, D ∈ (AB) et E ∈ (AC). Les droites (BE) et (CD) se coupent au point
O . Une droite passant par O coupe les côtés AB et AC aux points M et N respectivement.
Montrer que
DA MB EA N C
· + · = 1.
DB MA EC N A
DA EA
On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O, et posons = k1 , =
DB EC
MB NC
k2 , = p1 , = p2 . Alors on a :
MA NA
a + k1 b a + k2 c b + p1 a c + p2 a
d= , e= , m= , n= .
1 + k1 1 + k2 1 + p1 1 + p2
d d 1
0 0 1 =0
c c 1
a c = a c = k1 (b c − b c). (1)
a b − a b = k2 (b c − b c). (2)
p1 (a c − a c) + p2 (a b − a b) = b c − b c. (3)
Les trois relations (1),(2) et (3) permettent de déduire que : p1 k1 + p2 k2 = 1, ce qui termine la
preuve.
Exemple 37
Soit ABC un triangle. On suppose que la médiane issue du sommet C coupe le cercle
circonscrit au triangle ABC au point D . Montrer que si le milieu G de la corde [CD] est le
centre de gravité du triangle ABC , alors on a :
AC 2 + BC 2 = 2 AB2 .
4.14. RELATIONS MÉTRIQUES ET NOMBRES COMPLEXES 241
On suppose que l’origine du plan complexe est située au point O centre du cercle circonscrit.
On suppose aussi que le rayon du cercle circonscrit est égal à 1, alors les affixes a, b, c des points
A, B, C vérifient : a a = b b = c c = 1. Les affixes g et d des points G et D sont données par : g =
a+b+c 2a + 2b − c
et d = . Puisque le point D appartient au cercle circonscrit alors d d = 1, donc
3 3
2a + 2b − c 2 a + 2 b − c
· =1 c’est-à-dire (2a + 2b − c)(2 a + 2 b − c) = 9.
3 3
D’où, 4(a b + b a) = 2(a c + a c) + 2(b c + b c). Ainsi, 2(a − b)(a − b) = (a − c)(a − c) + (b − c)(b − c), i.e.,
Exemple 38
Une droite (∆) coupe les côtés d’un triangle ABC aux points D, E, F . Soit O un point du
plan, les droites (AO), (BO), (CO) coupent la droite (∆) aux points I, J, K . Montrer que :
IE JF KD
· · = 1.
IF JD KE
On suppose que l’origine du plan complexe est située au point O. On note les affixes des points
A, B, C, D, E, F, I, J, K par a, b, c, α, β, γ, α ′ , β ′ , γ ′ respectivement.
IE JF KD
On pose : = k1 ∈ R, = k2 ∈ R, = k3 ∈ R.
IF JD KE
b
A
F
b
b
I
O b E
b J b
D
b b b
b
B C
K
β − k1 γ
Les points I, E, F sont alignés donc α ′ = , et de même puisque les points J, D, F et K, D, E
1 − k1
sont alignés on a :
γ − k2 α α − k3 β
β′ = , γ′ = .
1 − k2 1 − k3
Les points O, A, I sont alignés donc
0 0 1
a a 1 = 0,
α′ α′ 1
β − k1 γ β − k1 γ
ce qui donne a α ′ = a α ′ , d’où a =a , ce qui donne
1 − k1 1 − k1
aβ − aβ
k1 = . (1)
aγ − aγ
De même, les points O, B, J sont alignés, alors on a :
bγ − bγ
k2 = . (2)
bα − bα
Finalement, les points O, C, K sont alignés, alors on a :
cα −cα
k3 = . (3)
cβ −cβ
242 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
aβ − aβ bγ − bγ c α − cα
Les relations (1),(2) et (3) donnent : k1 · k2 · k3 = · · .
aγ − aγ bα − bα c β − cβ
FA DB EC
Or, d’après le théorème de Ménélaüs (puisque D, E, F alignés) : · · = 1. Posons
FB DC EA
FA DB EC
= λ1 ∈ R, = λ2 ∈ R, = λ3 ∈ R,
FB DC EA
a−γ a − λ1 a − λ1
alors = λ1 , ce qui donne γ = ,γ = et (a − λ1 b) γ = (a − λ1 b ) = γ, par suite :
b−γ 1 − λ1 1 − λ1
aγ − aγ
λ1 = .
bγ −bγ
bα − bα cβ −cβ
De même on a : λ2 = et λ3 = . Par conséquent, et grâce au théorème de Ménélaüs :
cα −cα aβ − aβ
aγ − aγ bα − bα cβ − cβ
λ1 · λ2 · λ3 = · · = 1.
bγ − bγ c α − cα aβ − aβ
1
Ainsi, λ1 λ2 λ3 = = 1, ce qui montre que k1 k2 k3 = 1.
k1 k2 k3
Exemple 39 : Théorème de Céva (1647-1734)
Soient ABC un triangle, et O un point du plan. Les droites (AO), (BO), (CO) coupent les
côtés BC, CA, AB aux points A′ , B′ , C ′ respectivement. Montrer que
A′ B B′ C C ′ A
· · = −1.
A′ C B′ A C ′ B
A′ B B′ C
On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O. Posons ′
= k1 , ′ =
AC BA
C′A b − k1 c
k2 , = k3 alors a′ = , par suite (b − k1 c) a = (b − k1 c)a, ce qui donne
C′B 1 − k1
ab − ab
k1 = . (1)
ac − ac
On obtient de même que :
bc −bc ca−ca
k2 = , et k3 = . (2)
ba −ba cb −cb
On conclut alors de (1) et (2) que : k1 k2 k3 = −1.
Exemple 40 : (Olympiade Balkanique, 1985)
On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O, alors les affixes a, b, c, d, e des
points A, B, C, D, E vérifient :
A
b
D E
b b
O
b
b b
B
C
On considère dans le plan les trois cercles C1 (O1 , R1 ), C2 (O2 , R2 ) et C3 (O3 , R3 ). Soient S1 , S1′
les centres de similitudes directe et inverse des cercles C2 et C3 . On définit de même S2 , S2′
et S3 , S3′ .
1 Montrer que les points S1 , S2 , S3 sont alignés.
2 Montrer que les triplets de points (S1′ , S2′ , S3 ); (S1′ , S2 , S3′ ) et (S1 , S2′ , S3′ ) sont alignés
(par exemple : les points S1′ , S2′ , S3 sont alignés).
S1 O 2 R2
➀ Le point S1 est le centre de l’homothétie directe donc = . De même on a :
S1 O 3 R3
S2 O 3 R S3 O 1 R
= 3, = 1.
S2 O 1 R1 S3 O 2 R2
244 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
o 2 − s 1 R2
Par suite, les affixes vérifient = , i.e., s1 (R3 − R2 ) = o2 R3 − o3 R2 .
o 3 − s 1 R3
De même, on a :
s2 (R3 − R1 ) = R3 o1 − R1 o3 et s3 (R2 − R1 ) = R2 o1 − R1 o2 .
Pour montrer que les points d’affixes s1 , s2 , s3 sont alignés il suffit de prouver l’existence de
trois nombres réels k1 , k2 , k3 tels que k1 + k2 + k3 = 0 et k1 s1 + k2 s2 + k3 s3 = 0. Or, on a :
Il suffit donc de choisir k1 = (R3 − R2 )R1 , k2 = −(R3 − R1 )R2 et k3 = (R2 − R1 )R3 , et il facile de
voir que k1 + k2 + k3 = 0.
➁ La preuve est identique à celle de la première question. Nous laissons le soin au lecteur de
la rédiger.
Soient ABC et A′ B′ C ′ deux triangles donnés. On suppose que les droites (AA′ ), (BB′ )
et (CC ′ ) se coupent en un point O . Soient u, v, w les points d’intersections des droites
(BC), (B′ C ′ ); (CA), (C ′ A′ ) et (AB), (A′ B′ ). Montrer que les points u, v et w sont alignés
v b
b
w A′
b
A b
O B′
B
b b b
b C
b
C′
b
u
On suppose que l’origine du plan complexe est située au point O. Comme les points C, A et A′
sont alignés alors les affixes vérifient a′ = k1 a, et de même b ′ = k2 b et c ′ = k3 c. L’équation de la
droite (BC) est donnée par :
(b − c) z − (b − c) z + b c − b c = 0. (1)
′ ′
L’équation de la droite (B′ C ′ ) est donnée par : (b − c′ ) z − (b ′ − c ′ ) z + b ′ c′ − b c ′ = 0, i.e.,
1
On pose pi + 1 = pour i = 1, 2, 3, alors la relation (3) devient :
ki
p3 b − p2 c
z= .
p3 − p2
4.15. PROBLÈMES DE COLINÉARITÉ ET NOMBRES COMPLEXES 245
p1 c − p3 a p2 a − p1 b
v= , w= .
p1 − p3 p2 − p1
Les points d’affixes u, v, w sont alignés s’il existe des réels s1 , s2 , s3 tels que s1 + s2 + s3 = 0 et
s1 u + s2 v + s3 w = 0. Il suffit de prendre
pour conclure.
Exemple 43 : Théorème de Pappus
Dans un plan, soient A, B, C trois points distincts alignés sur une droite (d) , et soient
A′ , B′ , C ′ trois autres points distincts alignés sur une autre droite (d ′ ). Montrer que les
points : U intersection de (B′ C) avec (C ′ B) ; V intersection de (A′ C ) avec (C ′ A) ; W inter-
section de (A′ B) avec (B′ A) sont alignés.
C′
b
b
B′
A′
b
b U
b
b
W
V
b b b
A B C
bc(b ′ − c ′ ) + b ′ c ′ (b − c)e iα
L’affixe du point U est donnée par : . De même les affixes de V et W sont
cc ′ − bb ′
données respectivement par :
Soit O un point d’un cercle. On trace les cordes [OA], [OB] et [OC] (avec A, B, C des points
du cercle). Montrer que les cercles de diamètres [OA], [OB], [OC] se coupent deux à deux
en trois points P, Q, R qui sont alignés.
On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O. On note a, b, c les affixes des
points A, B, C. L’équation du cercle de diamètre [OA] dans le plan complexe est donnée par :
!
a a a a
z− z− = c’est-à-dire 2 z z − a z − a z = 0. (1)
2 2 22
De même, les équations des cercles de diamètres [OB] et [OC] ont pour équations respectivement :
2 z z − b z − b z = 0, 2 z z − c z − c z = 0. (2)
P
b
A b
b
O
b
b
B Q
b
b
R
C
ab − ab
On obtient z = 0 c’est-à-dire le point O, et z = qui est l’affixe du point d’intersection des
2(a − b)
cercles de diamètres [OA] et [OB], on le note :
ab − ab
z12 = .
2(a − b)
On obtient, de même, les affixes des points d’intersections des cercles de diamètres [OB], [OC], et
des cercles de diamètres [OC], [OA] :
bc −bc ca −ca
z23 = , z31 = .
2(b − c) 2(c − a)
b−o c−o
Les points O, A, B, C sont cocycliques donc ÷ est un réel. Il s’ensuit que :
b−a c−a
b(a − c) b(a − c)
∈R et ∈ R.
c(a − b) c(a − b)
4.15. PROBLÈMES DE COLINÉARITÉ ET NOMBRES COMPLEXES 247
c(b − a) a(c − b)
∈R et ∈ R.
a(b − c) b(c − a)
Posons :
m = b (a − c), n = c (b − a), p = −a (b − c).
Remarquons que m + n + p = 0. Comme m/n est un réel r, alors arg(m) = arg(n) (mod π), et de
même arg(n) = arg(p). Ainsi
m = k1 (cos t + i sin t), n = k2 (cos t + i sin t), p = k3 (cos t + i sin t) (1)
avec k1 , k2 , k3 des réels strictement positifs. Comme m +n +p = 0 et d’après (1) on voit que k1 +k2 +
k3 = 0. On a :
1 1 1
−nz12 − pz23 − mz31 = c (a b − a b) + a (b c − b c) + b (c a − c a) = 0. (2)
2 2 2
Des relations (1) et (2), et puisque cos t + i sin t , 0, il s’ensuit que : k1 z31 + k2 z32 + k3 z23 = 0, ce qui
montre que les points d’affixes z12 , z23 et z31 sont alignés.
Exemple 45 : Théorème de Pascal (1623-1662)
b B2
b B1
B3
A3
b A2
A4 b
b
b
A5 b A1
A6
Pour montrer que B1 , B2 , B3 sont alignés, il suffit de montrer l’existence de k1 , k2 , k3 ∈ R tels que :
k1 + k2 + k3 = 0 et k1 b1 + k2 b2 + k3 b3 = 0.
Posons u = a1 − a4 , v = a5 − a2 et w = a3 − a6 , alors :
u−v w−u v−w
b1 = , b2 = , b3 = .
a 1 a2 − a4 a 5 a 3 a4 − a6 a 1 a 5 a6 − a2 a 3
Remarquons que
6
1X
De même, on a : arg(v(a3 a4 − a6 a1 )) = arg(u(a5 a6 − a2 a3 )) = π + arg(ak ).
2
k=1
Par conséquent :
Soit ABC un triangle inscrit dans un cercle de centre O . On note par M, N , P les milieux des
segments [BC], [CA], [AB] respectivement. Les droites (OA), (OB), (OC) coupent les côtés
[N P], [PM], [MN ] en E, F, G respectivement. Montrer que les droites (ME), (N F) et (PG)
sont concourantes.
4.16. PROBLÈMES DE CONCOURANCE ET NOMBRES COMPLEXES 249
C
b
N G
b b b
M
b
b F
E
A b b b
B
P
On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O, alors les affixes m, n et p vérifient
b+c a+c a+b
m= , n= , p= .
2 2 2
EN FP GM n − k1 p
On pose = k1 , = k2 et = k3 , alors on déduit de la première relation que : = e.
EP FM GN 1 − k1
n − k1 p
Puisque les points A, E, O sont alignés, alors e = λ1 a, avec λ ∈ R, par suite = λ1 a et en
1 − k1
n − k1 p
prenant le conjugué = λ1 a, donc (n − k1 p) a = (n − k1 p)a, d’où
1 − k1
ac − ac ab − ab bc −bc
k1 = et de même k2 = , k3 = .
ab − ab bc −bc ac − ac
On a alors : k1 k2 k3 = −1, ce qui permet de conclure, grâce au théorème de Céva, que les droites
(ME), (N F) et (PG) sont concourantes.
Exemple 47
Soit ABC un triangle. On construit extrérieurement sur ses côtés les triangles équilatéraux
ABC1 , BCA1 et CAB1 . Soient U, V , W les milieux respectifs des segments [B1 C1 ], [C1 A1 ]
et [A1 B1 ]. Montrer que les droites passant par U, V , W , et perpendiculaires aux droites
(BC), (CA), (AB) respectivement, sont concourantes.
A1
b
W
b
B1
C
b
b
b
A
b
B
b
V
U
b
C1
250 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
c1 + jb + j 2 a = 0, a1 + jc + j 2 b = 0, b1 + ja + j 2 c = 0.
De plus, on a :
1h i 1h i
α=− (a + b)j + (a + c)j 2 , β=− (b + c)j + (b + a)j 2 .
2 2
Or, l’équation complexe de la droite passant par le point d’affixe z0 et perpendiculaire à la droite
(BC) est donnée par : (b − c)(z − z0 ) = −(b − c)(z − z0 ). Donc, les équations des droites passant par les
points U, V , W et perpendiculaires aux droites (BC), (CA), (AB) sont données respectivement par :
! !
a+b a+c 2 a+b a+c 2
b−c z+ j+ j = −(b − c) z + j+ j
2 2 2 2
! !
b+c b+a 2 b+c b+a 2
(c − a) z + j+ j = −(c − a) z + j+ j
2 2 2 2
!
c+a c+a 2
c+a c+b 2
a−b z+ j+ j = −(a − b) z + j+ j .
2 2 2 2
Il suffit d’additionner les trois équations ci-dessus pour conclure que les trois droites en question
sont concourantes.
Exemple 48
Soient ABC un triangle et (d) une droite dans le plan du triangle. On note par A′ , B′ , C ′ les
symétriques de A, B, C par rapport à (d). Montrer que les droites passant par A′ , B′ , C ′ , et
perpendiculaires à (BC), (CA), (AB) respectivement, sont concourantes.
C
b
B′
b (d)
A
b
b C′
B
b
A′
b
On suppose que l’axe réel est la droite (d). Les affixes des points A, B, C sont notées par a, b, c
respectivement. Les équations complexes des droites passant par A′ , B′ , C ′ , et perpendiculaires
aux droites (BC), (AC) et (AB) respectivement sont données par : (z − a)(b − c) + (b − c)(z − a) = 0,
(z − b)(a − c) + (a − c)(z − b) = 0 et (z − c)(a − b) + (a − b)(z − c) = 0. En sommant ces trois équations on
conclut que les trois droites en question sont concourantes.
Exemple 49
Soit ABC un triangle inscrit dans un cercle de centre O . Soient Oa , Ob et Oc les symé-
triques de O par rapport aux droites (BC), (CA) et (AB) respectivement. Montrer que les
droites (AOa ), (BOb ) et (COc ) sont concourantes au centre du cercle d’Euler du triangle en
question.
4.17. LIEU GÉOMÉTRIQUE 251
Ob
b C
b
Oa
b
b
b
A
O
b
b
Oc B
On suppose que l’origine du plan complexe est située au point O, et notons par a, b, c les affixes
des points A, B, C. On a les relations o + oa = b + c avec oa l’affixe de Oa . De même on trouve que les
affixes de Ob et Oc sont ob = a + c et oc = a + b. L’équation complexe de la droite (AOa ) est donnée
par :
z z 1
a a 1 =0
b+c b+c 1
c’est-à-dire :
z(a − b − c) − z(a − b − c) + a(b + c) − a(b + c) = 0. (1)
a+b+c
L’affixe du centre du cercle d’Euler est donnée par : . Pour montrer que le centre du cercle
2
d’Euler est sur la droite d’équation (1), on doit montrer que son affixe vérifie cette équation. On
a:
a+b+c a+b+c
(a − b − c) − (a − b − c) + a(b + c) − a (b + c) = 0
2 2
est équivalent à :
On a donc montré que le centre du cercle d’Euler appartient à la droite (AOa ). De même, on
montre qu’il appartient aux droites (BOb ) et (COc ).
On suppose que l’origine du plan complexe est située au centre du cercle circonscrit au tri-
angle ABC. On suppose aussi que l’axe réel passe par le point A, et enfin que le rayon du cercle
circonscrit au triangle ABC est égal à 1. Alors, les affixes des points A, B, C sont 1, j, j 2 respective-
ment. Les affixes m1 , m2 , m3 des points M1 , M2 , M3 sont données par :
1+j +jm j + j2 + m − m j2 + 1 + m − j2 m
m1 = , m2 = , m3 = ,
2 2 2
où m est l’affixe du point M. L’affixe g du centre de gravité G est donnée par :
m1 + m2 + m3 1 + j + j 2 + j + j 2 + 1 + 3m − m (1 + j + j 2 ) m
g = = = .
3 6 2
252 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
1
D’où OG = OM. Donc, lorsque M parcourt l’intérieur du triangle ABC, le point G parcourt
2
l’intérieur d’un triangle semblable à ABC et dont les côtés sont parallèles à ceux de ABC, et les
longueurs de ses côtés sont égales à la moitié de celles des côtés de ABC. Les deux triangles ont le
même centre.
Exemple 51
On suppose que l’axe réel est la droite (O1 O2 ). Posons O1 O2 = d > 0, alors les affixes de A
et B sont données respectivement par : R1 (cos α + i sin α) et R1 (cos α + i sin α) + d. Soient a, b, c les
affixes des points A, B, C, pour former un triangle équilatéral on doit avoir : a + bj + cj 2 = 0 ou bien
c + bj 2 + aj = 0. On a : c + R2 (cos α + i sin α)j 2 + dj 2 + R1 (cos α + i sin α) = 0, on trouve alors :
c + dj 2 = −R2 (cos α + i sin α)j 2 − R1 (cos α + i sin α)j c + dj 2 = −(cos α + i sin α)j(R1 + R2 j).
d’où |c + dj| = |R1 j + R2 |, alors dans ce cas le lieu géométrique du point C est le cercle de rayon
|R1 j + R2 | et de centre le point d’affixe −dj. Il résulte donc que le lieu géométrique est formé de
deux cercles.
Exemple 52
Sur les côtés [CA] et [AB] d’un triangle ABC on place les points M et N tels que :
MC NA
= =k
MA NB
où k est un nombre réel. Soit P un point fixe dans le plan du triangle. Déterminer le lieu
géométrique du centre de gravité du triangle MN P lorsque k varie.
c − ka
Soient a, b, c, m, n, p les affixes respectives des points A, B, C, M, N , P , alors on a : m = et
1−k
a − kp
n= . Notons G1 , G2 les centres de gravité des triangles ABP et ACP respectivement, et G le
1−k
centre de gravité du triangle MN P, alors en notant g1 , g2 , g les affixes respectives on a :
m+n+p c − ka a − kb c + a + p k(a + b + p) g2 − g1 k
g = = + = − = .
3 3(1 − k) 3(1 − k) 3(1 − k) 3(1 − k) 1−k
c−b
Comme G1 et G2 sont des points fixes, alors G décrit le segment [G1 G2 ]. Or, g2 − g1 = , donc
3
le segment [G1 G2 ] est parallèle à (BC). En conclusion, le lieu géométrique du centre de gravité du
triangle MN P est un segment parallèle à (BC).
4.18. EXERCICES 253
4.18 Exercices
Exercice 1
1 Déterminer les équations complexes des médiatrices d’un triangle ABC dont les
sommets ont pour affixes les nombres complexes a, b, c respectivement.
2 Déterminer l’affixe du centre du cercle circonscrit.
Solution.
➀ La médiatrice ∆C du segment [AB] est l’ensemble des points équidistants de A et B et
a donc pour équation |z − a| = |z − b|, c’est-à-dire (z − a)(z − a) = (z − b)(z − b), soit en
développant :
b − a z + (b − a) z + a a − b b = 0.
Par permutation circulaire, l’équation de ∆A est : c − b z + (c − b) z + c c − b b = 0.
➁ En multipliant l’équation de ∆C par (c − b), et celle de ∆A par (a − b) et en ajoutant on
trouve l’affixe z du centre du cercle circonscrit :
Exercice 2
Soient ABC un triangle non aplati et ABC ′ , BCA′ , CAB′ des triangles construits extérieu-
rement à ABC et tels qu’ils sont directement semblables entre eux. Montrer que A′ B′ C ′
possède le même centre de gravité que ABC.
Solution. Puisque les triangles ABC ′ , BCA′ , CAB′ sont directement sembles entre eux alors il
existe k ∈ C∗ tel que :
c ′ − b = k(c ′ − a)
′
a − c = k(a′ − b)
′
b − a = k(b ′ − c).
Alors, par addition on déduit que 3g ′ − 3g = k(3g ′ − 3g), et donc g ′ = g, ce qui donne G = G ′ .
Remarquons que k , 1 car sinon a = b = c.
Exercice 3
Soient ABC un triangle non aplati. Les points B1 et C2 partagent le segment [BC] en trois
segments de même longueur avec B1 plus proche de B que de C. On définit de même les
points A1 , B2 et A2 , C1 . On construits les points A′ , B′ , C ′ extérieurement à ABC de sorte
que les triangles B1 C2 A′ , C1 A2 B′ et A1 B2 C ′ soient équilatéraux. Montrer que le triangle
A′ B′ C ′ est équilatéral.
Solution. Le triangle A′ C2 B1 est équilatéral direct donc A′ est l’image de B1 par la rotation de
centre C2 et d’angle 60◦ . Ainsi :
π
a′ − c2 = e i 3 (b1 − c2 ) = −j 2 (b1 − c2 ) ou encore a′ = −j 2 b1 − jc2 .
2b + c b + 2c
Comme b1 = et c2 = , on déduit que :
3 3
Exercice 4
Soient ABC un triangle non aplati, et A′ , B′ , C ′ des points construits extérieurement à ABC
de sorte que les triangles BCA′ , CAB′ , ABC ′ soient rectangles isocèles.
1 Montrer que les droites (AA′ ) et (B′ C ′ ) sont perpendiculaires, et que AA′ = B′ C ′ .
2 En déduire que les droites (AA′ ), (BB′ ), (CC ′ ) sont concourantes.
Solution.
b
B′ C
b
A′
b
b A B
b b
C′ b
➀ B est l’image de C par la rotation de centre A′ et d’angle 90◦ , c’est équivalent successive-
ment à :
π b − ic
b − a′ = e i 2 (c − a′ ) ⇐⇒ b − a′ = i(c − a′ ) ⇐⇒ a′ = .
1−i
c − ia a − ib
De même on obtient b ′ = et c ′ = . Par conséquent :
1−i 1−i
b − ic + i(1 + i)a b − ic
i(c ′ − b ′ ) = = − a = a′ − a.
1−i 1−i
# » # »
Ceci montre que AA′ est l’image de B′ C ′ par la rotation d’angle 90◦ , ainsi (AA′ ) ⊥ (B′ C ′ )
et AA′ = BC ′ .
➁ D’après la première question, les droites (AA′ ), (BB′ ) et (CC ′ ) sont les hauteurs du tri-
angle A′ B′ C ′ , par suite elles sont concourantes.
Exercice 5
2(q − p) = d + e − b − c = −jc + e + ja − c = ja + j 2 c + e,
2(r − p) = f + a − b − c = −je + a + ja − c = −j 2 a − c − je.
Exercice 6
Sur les côtés d’un triangle quelconque ABC, et à l’extérieur de celui çi, on construit trois
carrés BCB′ C ′′ , CAC ′ A′′ , ABA′ B′′ dont les milieux respectifs sont P, Q, R. Montrer que les
droites (AP), (BQ) et (CR) sont les hauteurs de PQR et que : AP = QR, BQ = RP et CR = PQ.
Solution.
B′′
b
C′
b
A′ R A
b b b
Q
b
A′′
b
b b
B C
C ′′ b b B′
# » #»
Le vecteur CB′ est directement orthogonal à CB, donc b ′ − c = i(b − c). Comme P est le milieu
de [BB′ ] alors on a :
Exercice 7
Solution. On suppose, sans perte de généralité, que le centre du plan complexe est le point
d’intersection des diagonales du parallélogramme. Soient a, b, −a, −b les affixes respectives de
b + ai
A, B, C, D. D’après la formule de la rotation on a : b = zO1 + (a − zO1 )(−i), i.e., zO1 = . De
1+i
même on déduit que :
a − bi −b − ai −a + bi
z O2 = , z O3 = et z O4 = .
1+i 1+i 1+i
z O2 − z O1 a − bi − b − ai π
Par conséquent : O\
4 O1 O2 = arg = arg = arg i = ,
z O4 − z O1 −a + bi − b − ai 2
z O4 − z O3 −a + bi + b + ai π
donc O1 O2 = O1 O4 . De plus : O\
2 O3 O4 = arg = arg = arg i = ,
z O2 − z O3 a − bi + b + ai 2
donc O3 O4 = O3 O2 . En conclusion, O1 O2 O3 O4 est un carré.
256 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Exercice 8
Sur les côtés [AB] et [BC] d’un triangle ABC, on construit extérieurement deux triangles
équilatéraux ABN et ACM. On note par P, Q, R les milieux des segments [BC], [AM], [AN ]
respectivement. Montrer que PQR est un triangle équilatéral.
Solution. On suppose que le centre du plan complexe est situé au point A. La rotation de
centre A et d’angle 60◦ envoie les points N et C vers les points B et M respectivement. Donc,
en posant ω = cos 60◦ + i sin 60◦ , on a : b = n ω et m = c ω. Par suite :
b+c m cω n b b ω5 b ω2
p= , q= = , r= = = =− .
2 2 2 2 2ω 2 2
Il suffit d’observer que p 2 +q 2 +r 2 = pq+qr+rp pour conclure que le triangle PQR est équilatéral.
Exercice 9
Sur les côtés [AB] et [AC] d’un triangle ABC, on construit extérieurement les carrés ABDE
et ACFG. On note par M le milieu du segment [BC].
Montrer que (AM) et (EG) sont perpendiculaires et que EG = 2 AM.
Solution. On suppose, sans perte de généralité, que le centre du plan complexe est situé au
b+c
point A. Alors, on a : g = ci, e = −bi, m = et par conséquent :
2
m−a −(b + c) i 1
= = ∈ iR∗ et |m − a| = |e − g|.
g −e 2i(b + c) 2 2
Exercice 10
Sur les côtés [AB] et [AD] du triangle ABD, on construit extérieurement les carrés ABEF
et ADGH de centres respectifs O et Q. On note par M le milieu du segment [BD].
Montrer que OMQ est un triangle rectangle et isocèle.
a − zO d − zQ
Solution. D’après la formule de la rotation on a : = = i, d’où
b − zO a − zQ
b + a + (a − b)i a + d + (d − a)i
zO = et zQ = .
2 2
b+d
L’affixe zM du point M milieu de [BD] est égale à , par suite :
2
zO − zM a − d + (a − b)i
= = i.
zQ − zM a − b + (d − a)i
Exercice 11
Soient ABCD un carré de centre O, et M, N les milieux respectifs des segments [BO] et
[CD]. Montrer que AMN est un triangle rectangle et isocèle.
4.18. EXERCICES 257
Solution. On suppose que le centre du plan complexe est situé en O de sorte que les affixes
de A, B, C, D soient égales respectivement à 1, i, −1, −i. Les affixes de M et N sont données par
i −1 − i
m = et n = . Par suite :
2 2
a−m 1 − 2i 2−i
= = = i.
n−m −1−i
− i −1 − 2i
2 2
Exercice 12
Sur les côtés du quadrilatère convexe ABCD on construit extérieurement les triangles
équilatéraux ABM, BCN , CDP et DAQ.
Montrer que les quadrilatères ABCD et MN PQ ont le même centre de gravité.
Solution. Comme les triangles ABM, BCN , CDP et DAQ sont équilatéraux alors on a :
m + bj + aj 2 = 0, n + cj + bj 2 = 0, p + dj + cj 2 = 0, q + aj + dj 2 = 0.
Exercice 13
Sur les côtés [AB] et [AC] d’un triangle ABC on construit extérieurement les triangles
équilatéraux ABN et ACM. On note par P, Q, R les milieux respectifs des segments
[BC], [AM], [AN ]. Montrer que le triangle PQR est équilatéral.
Solution.
M
b
Q
b
N
R
b b b
b b b
B C
P
On suppose que l’origine du plan complexe est située au point A, alors puisque ABN et ACM
sont des triangles équilatéraux on a :
n + bj + 0 · j 2 = 0 et m + j · 0 + rj 2 = 0.
Exercice 14
Soit ABCD un quadrilatère convexe. On note par M et N les milieux respectifs des dia-
gonales [AC] et [BD]. Les milieux respectifs des segments [AN ], [MB], [N C] et [MD] sont
notés P, N , S et T . Montrer que PRST est un parallélogramme.
a+c b+d
Solution. Les affixes de M et N sont données par et respectivement. Les affixes des
2 2
points P, R, S et T sont données respectivement par
2a + b + d a + 2b + c b + 2c + d a + c + 2d
, , , .
2 4 4 4
On a clairement
2a + b + d b + 2c + d a + 2b + c a + c + 2d
+ = + ,
4 4 4 4
donc les segments [PS] et [RT ] ont le même milieu, ce qui permet de déduire que PRST est
un parallélogramme.
Exercice 15
Soient ABC un triangle, et A′ , B′ , C ′ des points des côtés BC, AC, AB respectivement tels
que :
BA′ CB′ AC ′
′
= ′ = ′ = k.
AC BA CB
′ ′ ′
Montrer que les triangles ABC et A B C ont le même centre de gravité.
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au point G centre de gravité
du triangle ABC, alors : a + b + c = 0. Les affixes a′ , b ′ , c ′ des points A′ , B′ , C ′ sont données
respectivement par :
a + bk b + ck c + ak
a′ = , b′ = , c′ = .
1+k 1+k 1+k
a′ + b ′ + c ′ a+b+c
On a clairement : = = 0, ce qui montre que le centre de gravité G ′ du
3 3
triangle A′ B′ C ′ est le même que G centre de gravité de ABC.
Exercice 16
On considère, dans le plan, les carrés ABCD, AB1 C1 D1 et A2 B2 CD2 . Soit M le milieu du
segment [B1 B2 ]. Montrer que :
1 D1 D2 = 2 BM.
2 (D1 D2 ) ⊥ (BM).
Solution.
➀ On suppose que l’origine du plan complexe est située au point A. Soient a, a + x, a + y les
affixes des points B, D1 , D2 ; et c, b1 , b2 les affixes des points C, B1 , B2 . Le segment [CB] est
obtenu à partir de [AB] par une rotation d’angle 3π/2, donc c − b = −i(0 − a), ce qui donne
c = a + ai. De même on a : b2 − c = i(d2 − c) =⇒ b2 = 2a + ia + ix et b1 − 0 = −i(d1 − 0) =⇒
2a + i(x − y)
b1 = −i(a + y). L’affixe m du point M, milieu de [B1 B2 ], est donnée par m = .
2
Par suite :
i(x − y) |x − y|
BM = a − a − = et D1 D2 = a + x − a − y = |x − y|.
2 2
4.18. EXERCICES 259
➁ On a :
2a−i(b−c)
b−m a− 2 −i(b − c) i
= = = ,
d1 − d2 a+c−a−b 2(c − b) 2
b−m π
ce qui donne arg = , et ainsi (D1 D2 ) ⊥ (BM).
d1 − d2 2
B2
b
D C
b b
A2
b
M
b
b
D2
A b b
B
B1 b
b D1
C1
Exercice 17
Sur les côtés [AB] et [AC] d’un triangle ABC on considère les points M et N tels que :
MB N C
+ = 1.
MA N A
Montrer que les points M, N et G sont alignés, où G est le centre de gravité du triangle
ABC.
MB
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au point A. On pose = p1
MA
NC
et = p2 avec p1 , p2 des réels strictement positifs et vérifiant p1 + p2 = 1. Les affixes m, n et
NA
g des points M, N et G sont données par :
b c b+c
m= , n= , g = .
1 + p1 1 + p2 3
b c
m= , n= .
1+k 2−k
En prenant k1 = 1 + k; k2 = −3; k3 = 2 − k on obtient : k1 m + k2 g + k3 n = 0 et k1 + k2 + k3 = 0, d’où
les points M, G et N sont alignés.
Montrer que, si trois cercles de même rayon ρ et de centres P, Q, R passent par un même
point O, les trois autres points A, B, C en lesquels ils se coupent sont sur un cercle de même
rayon ρ. Montrer que O est l’orthocentre de ABC et que ABC et PQR sont symétriques par
rapport à un point.
260 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Solution.
A Q
b
b
O
R b b
b C
b
P
b
On suppose, sans perte de généralité, que l’origine du plan complexe est en O. L’égalité des
rayons montre que ORAQ, ORBP et OPCQ sont des losanges, donc a = q + r, b = r + p, c = p + q.
Le point Ω d’affixe ω = p + q + r est centre d’un cercle de rayon ρ passant par les points A, B, C,
en effet :
|ω − a| = |p| = ρ, |ω − b| = |q| = ρ, |ω − c| = |r| = ρ.
Les droites (OA) et (BC) sont perpendiculaires car :
# » #»
OA · BC = ℜ (a(c − b)) = ℜ ((q + r)(q − r)) = ℜ (q q − r r + q r − r q) .
Or, q q = r r = ρ 2 , donc a(c − b) = q r − r q est imaginaire pur, sa partie réelle est nulle.
On montre de même que les droites (OB) et (CA) sont perpendiculaires, d’où O est l’ortho-
centre du triangle ABC. Finalement, on vérifie facilement par les affixes que les triangles ABC
et PQR sont symétriques par rapport au point I(ω/2).
Exercice 19
Soient ABC un cercle et C son cercle circonscrit. On considère les symétriques de C par
rapport aux droites (AB), (AC) et (BC). On obtient trois nouveaux cercles CAB , CAC et CBC
de même rayon que C. Montrer que ces trois nouveaux cercles se coupent en un point
commun.
Solution. On suppose, sans perte de généralité, que C est le cercle unité. Soit O ′ le centre du
cercle CAB , alors O ′ est le symétrique de O par rapport à (AB), d’où o ′ = a + b car les segments
[OO ′ ] et [AB] se coupent mutuellement en leurs milieux. De même, les centres des cercles CAC
et CBC ont pour affixes respectives a + c et b + c. On doit montrer qu’il existe un point Z qui
appartient à ces trois cercles, c’est-à-dire :
On voit facilement que l’orthocentre du triangle ABC, i.e., z = h = a+b+c vérifie les 3 équations.
En conclusion, les cercles CAB , CAC et CBC se coupent à l’orthocentre du triangle ABC.
Exercice 20
Solution. On suppose, sans perte de généralité, que le cercle circonscrit au triangle W1 W2 W3
est de rayon 1. La perpendiculaire à la tangente au cercle en W1 et passant par A1 w2 +w 2
3
a
4.18. EXERCICES 261
pour équation :
w2 + w3 w + w3
z − w12 z = − w12 2 .
2 2
Comme w1 w1 = 1, alors le membre de droite de l’équation ci-dessus est égal à :
w1 + w2 + w3 w + w2 + w3
− w12 1 .
2 2
w1 + w2 + w3
Il est facile de voir que le point N d’affixe appartient à cette droite (il vérifie
2
l’équation ci-dessus). Puisque l’expression définissant N est symétrique en w1 , w2 , w3 alors ce
point appartient aussi aux deux autres droites. En conclusion, les trois droites se coupent au
point N qui est le centre du cercle des neuf points du triangle W1 W2 W3 .
Exercice 21
d(M, AB) · d(M, CD) = d(M, BC) · d(M, DA) = d(M, AC) · d(M, BD),
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au centre du cercle circonscrit
au quadrilatère ABCD. Si M1 est le pied de la perpendiculaire à (AB) issue de M, alors on a :
m − ab m + a + b
z M1 =
2
et par suite, comme m m = 1, on a :
m − ab m + a + b (m − a)(m − b)
d(M, AB) = |m − m1 | = m − = .
2 2m
De même on a :
(m − b)(m − c) (m − c)(m − d) (m − d)(m − a)
d(M, BC) = , d(M, CD) = , d(M, DA) =
2m 2m 2m
(m − a)(m − c) (m − b)(m − d)
d(M, AC) = , d(M, BD) = .
2m 2m
En conclusion, on a : d(M, AB) · d(M, CD) = d(M, BC) · d(M, DA) = d(M, AC) · d(M, BD).
Trois cercles C1 (O1 , r), C2 (O2 , r) et C3 (O3 , r) ont un point commun O. Les cercles C1 et C2 , C2
et C3 , C3 et C1 se coupent une autre fois en A, B, C respectivement.
Montrer que le rayon du cercle circonscrit au triangle ABC est égal à r.
Remarque : ce théorème a été montré par Ţiţeica en 1908, et a été redécouvert en 1916 par
Roger A. Johnsson : A circle theorem, American Mathematical Monthly 23, pages 161-162.
Solution. On suppose que le centre du plan complexe est situé au point O, et notons par
z1 , z2 , z3 les affixes des centres O1 , O2 , O3 respectivement. Alors les affixes des points A, B, C
sont données par z1 + z2 , z2 + z3 , z3 + z1 , et par suite :
A
b
b C
O
b
Exercice 23
Les côtés [AB], [BC] et [CA] d’un triangle ABC sont divisés en trois segments égaux par les
points M, N ; P, Q et R, S respectivement :
AM = MN = N B, BP = PQ = QC et CR = RS = SA.
Solution. Le point D est l’image de M par la rotation de centre N et d’angle 60◦ , donc d =
a + 2b + (a − b)ω
n + (m − n)ω = où ω = cos 60◦ + i sin 60◦ . De même on a :
3
b + 2c + (b − c)ω c + 2a + (c − a)ω
e = q + (p − q)ω = et f = s + (r − s)ω = .
3 3
Puisque
h i
ω b + c − 2a + (c + a − 2b)(−ω 2)
f −d c + a − 2b + (b + c − 2a)ω
= = =ω
e−d 2c − a − b + (2b − a − c)ω 2c − a − b + (2b − a − c)ω
Exercice 24
Sur les côtés d’un triangle ABC on construit extérieurement les carrés ABMM ′ , ACN N ′ et
BCPP ′ . Soient A′ , B′ et C ′ les milieux respectifs des segments [M ′ N ′ ], [P ′ M] et [PN ].
Montrer que les triangles ABC et A′ B′ C ′ ont le même centre de gravité.
Exercice 25
Sur les côtés [AB] et [CD] du parallélogramme ABCD on construit extérieurement les
triangles équilatéraux ABE et CDF.
Sur les côtés [AD] et [BC] on construit extérieurement deux carrés de centres G et H.
Montrer que EHFG est un parallélogramme.
Solution. Comme ABCD est un parallélogramme alors a + c = b + d. Les rotations d’angle 90◦
et de centres respectifs G et H envoient les points A et C vers D et B, par suite d − g = (a − g)i
et b − h = (c − h)i, ce qui donne :
d − ai b − ci
g = et h= .
1−i 1−i
Les rotations d’angle 60◦ et de centres respectifs E et F envoient les points B et D vers A et C,
par suite a − e = (b − e) ω et c − f = (d − f ) ω avec ω = cos 60◦ + i sin 60◦ . D’où :
a −bω c−dω
e= et f = .
1−ω 1−ω
Or, on a
d + b − (a + c)i (a + c) − (a + c)i
g +h = = = a+c et
1−i 1−i
a + c − (b + d)ω a + c − (a + c)ω
e+f = = = a + c,
1−ω 1−ω
ce qui permet de conclure que EHFG est un parallélogramme.
Exercice 26
a−d 0−d
Solution. Les triangles ABC et CDB sont directement semblables, donc = , i.e., d =
d −0 d −b
ab d ab b + d 2ab + b 2
. Donc, m = = et n = = . Par conséquent :
a+b 2 2(a + b) 2 2(a + b)
ab
−a
m−a 2(a+b) a π
arg = arg = arg − = .
n−0 2ab+b2 b 2
2(a+b)
Exercice 27
Solution. Le point E est l’image de B par la rotation de centre A et d’angle 60◦ , donc e =
a + (b − a) ω avec ω = cos 60◦ + i sin 60◦ . De même, on a : f = b + (c − b) ω. Les affixes de M et N
sont données par :
a + b + (c − b) ω c + a + (b − a) ω
m= et n= .
2 2
264 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
m−b
Il suffit de montrer que = ω, en effet on a : m−b = (n−b) ω si et seulement si a−b+(c−b) ω =
n−b
2
(c + a − 2b) ω + (b − a) ω , c’est-à-dire a − b = (a − b) ω + (b − a)(ω − 1), ce qui permet de conclure.
Exercice 28
On considère dans le plan les trois triangles équilatéraux OAB, OCD et OEF. Montrer que
les milieux des segments [BC], [DE] et [FA] forment les sommets d’un triangle équilatéral.
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O, et que les triangles
OAB, OCD, OEF sont directs. On a : b = a ω, d = c ω, f = e ω avec ω = cos 60◦ + i sin 60◦ . D’où
b + c aω + c d +e cω+e f +a eω+a
m= = , n= = , p= = .
2 2 2 2 2 2
Le triangle MN P est équilatéral si, et seulement si : m + j n + j 2 p = 0 avec j = cos 120◦ +
i sin 120◦ = ω 2 . Or, on a :
1
m + ω2 n + ω4p = m + ω2 n − ω p = (a ω + c − c + e ω 2 − e ω 2 − ω a) = 0,
2
ce qui permet de conclure.
Exercice 29
Soit ABC un triangle tel que :
AB2 + AC 2 = 5 BC 2 .
Montrer que les médianes issues de B et de C sont perpendiculaires.
Solution. La condition AB2 + AC 2 = 5BC 2 s’écrit |b − a|2 + |c − a|2 = 5|c − b|2 , c’est-à-dire
(b − a) · (b − a) + (c − a) · (c − a) = 5(c − b) · (c − b),
2a2 − 4b 2 − 4c 2 − 2a · b − 2a · c + 10b · c = 0.
Exercice 30
Sur les côtés BC, CA et AB d’un triangle ABC on place les points A′ , B′ et C ′ tels que :
A′ B B′ C C′A
= = = k.
A′ C B′ A C′B
Sur les segments [B′ C ′ ], [C ′ A′ ] et [A′ B′ ] on place les points A′′ , B′′ et C ′′ tels que
A′′ C ′ C ′′ B′ B′′ A′
′′ ′
= ′′ ′ = ′′ ′ = k.
A B C A B C
Montrer que les triangles ABC et A′′ B′′ C ′′ sont semblables.
4.18. EXERCICES 265
b − kc ′ c − ka ′ a − kb ′′ c ′ − kb ′ (1 + k 2 )a − k(b + c)
Solution. On a clairement a′ = ,b = ,c = ,a = = ,
1−k 1−k 1−k 1−k (1 − k)2
et
a′ − kc ′ (1 + k 2 )b − k(a + c) b ′ − ka′ (1 + k 2 )c − k(b + a)
b ′′ = = , c ′′ = = .
1−k (1 − k)2 1−k (1 − k)2
Par conséquent :
c ′′ − a′′ (1 + k 2 )(c − a) − k(a − c) c−a
= 2
= ,
′′
b −a ′′ (1 + k )(b − a) − k(a − b) b−a
ce qui montre que les triangles ABC et A′′ B′′ C ′′ sont semblables.
Exercice 31
Soit ABCD un quadrilatère inscrit dans le cercle C(O, R). Donner une condition nécessaire
et suffisante pour que :
AB2 + BC 2 + CD 2 + DA2 = 8R2 . (1)
Solution. On se propose de montrer que la relation (1) est vraie si, et seulement si, les droites
(AC) et (BD) sont perpendiculaires ou bien l’une des diagonales est un diamètre du cercle C.
a+c
Notons par E et F les milieux des diagonales [AC] et [BD], leurs affixes sont données par
2
b+d
et respectivement. En utilisant les produits scalaires la relation (1) est équivalente à :
2
(b − a) · (b − a) + (c − b) · (c − b) + (d − c) · (d − c) + (a − d) · (a − d) = 8R2 ,
c’est-à-dire : 2 a · b + 2 b · c + 2 c · d + 2 d · a = 0.
Cette dernière relation est équivalente à : b · (a + c) + d · (a + c) = 0, i.e., (b + d) · (a + c) = 0. Donc,
b+d a+c
· = 0, ce qui donne OE ⊥ OF ou E = O ou F = O. D’où, les droites (AC) et (BD) sont
2 2
perpendiculaires ou bien l’une des diagonales AC et BD est un diamètre du cercle C.
Exercice 32
m = b + (a − b) ω, n = c + (b − c) ω, p = d + (c − d) ω, q = a + (d − a) ω
où ω = cos θ + i sin θ. Si E, F, G et H sont les milieux des diagonales [BD], [AC], [MP] et [N Q]
respectivement alors :
b+d a+c b + d + (a + c − b − d) ω a + c + (b + d − a − c) ω
e= , f = , g= , h= .
2 2 2 2
Puisque e + f = g + h, il s’ensuit que EGFH est un parallélogramme.
Exercice 33
Soit M un point à l’intérieur d’un parallélogramme ABCD. Montrer que
MA · MC + MB · MD ≥ AB · BC.
266 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est situé au centre du parallélogramme,
alors c = −a et d = −b. On doit montrer que
|m − a| · |m + a| + |m − b| · |m + b| ≥ |a − b| · |a + b|,
[ = PBC.
Soit P un point à l’intérieur d’un triangle ABC tel que : PAC [ Soient L et M les
projections orthogonales de P sur les côtés [BC] et [CA] respectivement. D est le milieu du
segment [AB]. Montrer que DL = DM.
Solution.
b
A
D b
B P M
b b
b
L C
b
BL AM
Remarquons que les triangles PAM et PBL sont semblables, d’où = = k. Le segment
PL PM ◦
[BL] est obtenu à partir du segment [PL] par la rotation de centre L, d’angle 90 et l’homothétie
de rapport k, donc :
1−b
= ki. (1)
1−p
Le segment [PM] est obtenu à partir du segment [AM] par la rotation de centre M, d’angle 90◦
1
et l’homothétie de rapport , donc :
k
m−a
= k(−i). (2)
m−p
Des relations (1)-(2) on déduit que :
b + kip a + kip
l= et m= .
1 − ki 1 + ki
Maintenant on a :
! ! ! !
2 a+b a+b a + kip a + b a − ki p a + b
DM = m − m− = − −
2 2 1 − ki 2 1 + ki 2
! ! 2
aa a+b a+b kip a kia p k pp
= + + − + .
1 + k2 2 2 1 + k2 1 + k2 1 + k2
! ! ! !
2 a+b a+b b − kip a + b b + ki p a + b
DL = l − l− = − −
2 2 1 − ki 2 1 + ki 2
! ! 2
bb a+b a+b kip b kib p k pp
= 2
+ + 2
− 2
+ .
1+k 2 2 1+k 1+k 1 + k2
a+b
Si l’origine du plan complexe est située au point D, alors d = 0, d’où = 0, i.e., a = −b, et
2
des deux relations ci-dessus on déduit que DM 2 = DL2 , ce qui donne DM = DL.
4.18. EXERCICES 267
Exercice 35
Sur les côtés d’un triangle ABC on construit extérieurement les triangles ADB, BEC, CFA
tels que :
AD BE CF [ = BEC
[ = CFA [ = α.
= = =k et ADB
BD CE AF
1 Montrer que les milieux respectifs M, N , P, Q des segments [AC], [DC], [BC], [EF]
sont les sommets d’un parallélogramme.
2 Montrer que dans ce parallélogramme, la mesure de deux angles est égale à α et
que le rapport de deux de ses côtés est égal à k.
Solution.
➀ D’après les hypothèses de l’exercice on a :
d −a b−e c−f
= = = k e iα .
d −b c−e a−f
Par conséquent :
a − ke iα b b − ke iα c c − ke iα a
d= , e = , f =
1 − ke iα 1 − ke iα 1 − ke iα
a+c b+c a + b + 2c
m= , p= , m+p =
2 2 2
c + d c + a − ke iα (c + b) e+f b + c − ke iα (c + a)
n= = , q = = .
2 2(1 − e iα k) 2 2(1 − ke iα )
Il est alors facile de voir que m + p = n + q, ce qui permet de conclure que MN PQ est un
parallélogramme.
➁ On a : ! !
q−m b + c − ke iα (c + a) a + c c + a − ke iα (c + b) a + c
= − ÷ − ,
n−m 2(1 − ke iα ) 2 2(1 − ke iα ) 2
ce qui donne
q−m 1
= − e −iα .
n−m k
La relation ci-dessus montre que le segment [MQ] est obtenu à partir du segment [MN ]
1
par la rotation de centre M, d’angle α et d’une homothétie de rapport .
k
Exercice 36
Solution. On sait que si l’origine du plan complexe est située au point O centre du cercle
circonscrit au triangle ABC alors l’orthocentre H admet pour affixe a + b + c. Donc les affixes
h1 , h2 , h3 et h4 sont données par :
h1 = a 2 + a 3 + a 4 , h2 = a 1 + a 3 + a 4 , h3 = a 1 + a 2 + a 4 , h4 = a 1 + a 2 + a 3 .
H2
b
A2
b
H3
b
A1
b
H1
b
b A3
b
H4
b
A4
Exercice 37
\ = MBA
MAB \ = 15◦ .
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point A, la droite (AB) re-
présente l’axe réel, et la droite (AD) l’axe imaginaire. On suppose aussi, pour simplifier, que le
côté du carré mesure 1, alors les affixes des points A, B, C, D sont données respectivement par :
0, 1, 1 + i, i. Le segment [BM] s’obtient à partir du segment [AM] par la rotation d’angle 150◦ ,
donc :
c’est-à-dire √ √ ! √ !
1 2− 3 1 3 1 3
+ i + (1 + i) − + i +i − − i = 0,
2 2 2 2 2 2
ce qui est clairement vrai.
Exercice 38
Soit ABC un quadrilatère convexe. On note par M et N les milieux des côtés [AB] et [CD]
respectivement ; et E, F les milieux des diagonales [AC] et [BD].
1 Montrer que les milieux des segments [MC], [MD], [N A], [N B] forment un parallé-
logramme.
2 Montrer que les milieux des segments [AF], [BE], [CF], [DE] forment un parallélo-
gramme.
3 Montrer que si AD 2 + BC 2 = 2EF 2 , alors ABCD est un parallélogramme.
4.18. EXERCICES 269
Solution.
➀ Soient G, H, I, J les milieux respectifs des segments [MC], [MD], [N A], [N B], alors les af-
fixes sont données par :
a+c b+d 2a + b + d a + c + 2b 2c + b + d a + c + 2d
e= , f = , p= , r= , s= , t= .
2 2 4 4 4 4
Remarquons que p + s = r + t, donc les milieux de [PS] et [RT ] coïncident, ce qui montre
que PRST est un parallélogramme.
➂ La condition AD 2 + BC 2 = 2EF 2 s’écrit :
! !
a+b−c−d a+b−c−d
(d − a) d − a + (c − b) c − d = 2 ,
2 2
c’est-à-dire
Exercice 39
Sur le même côté du segment [AB] on construit trois triangles ABK, BLA et MAB tels que :
[ = ABL
KAB d =\BMA = α, [ = ALB
KBA d =\BAM = β, [ = BAL
AKB \ = γ,
d = MBA
avec α < β < γ. Montrer que les trois triangles construits sont semblables au triangle MLK.
Solution. Comme les triangles ABK, BLA et MAB sont semblables alors on a :
D’où
a − λb = k − λk
(1 − λ)a − b = −λl
λa + (1 − λ)b = m.
C’est un système à deux inconnues, a et b, et trois équations, donc le déterminant est nul :
1 −λ k − λk
1 − λ −1 −λl = 0.
λ 1−λ m
Le calcul de ce déterminant donne : λ2 − λ + 1 (k − λk + λl − m) = 0, donc
λ2 − λ + 1 = 0 ou bien k − λk + λl − m = 0.
270 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
1 3
La première équation donne λ = ± i, il résulte alors que ABK, BLA, MAB sont des triangles
2 2
k−m
équilatéraux, ce qui est exclu car α < β < γ. La seconde équation donne = λ, ce qui
k −l
montre que les triangles construits sont semblables au triangle MLK.
Exercice 40
Soit ABC un triangle équilatéral. (MM ′ ) et (N N ′ ) sont deux droites parallèles à (BC) avec
M, N ∈ [AB] et M ′ , N ′ ∈ [AC]. Montrer que les milieux des segments [CM], [BN ′ ] et [N M ′ ]
forment un triangle équilatéral.
AM AN
Solution. Les affixes des points A, B, C sont 1, j, j 2 respectivement, et en posant = k, =
MB NB
p, on déduit grâce au théorème de Thalès que :
1 + kj 1 + kj 2 1 + pj 1 + pj 2
m= , m′ = , n= , n′ = .
1+k 1+k 1+p 1+p
Soient Q, L et S les milieux des segments [CM], [BN ′ ] et [N M ′ ] respectivement, alors leurs
affixes q, l et s sont données par :
!
m + j2 1 1 + kj 2 1 + kj + kj 2 + j 2
q= = +j =
2 2 1+k 2(1 + k)
2
!
′
n +j 1 1 + pj 1 + j + pj + pj 2
l = = +j =
2 2 1+p 2(1 + p)
2
!
n+m ′ 1 1 + pj 1 + kj 1 + k + (1 + k)pj + 1 + p + (1 + p)kj 2
s= = + = .
2 2 1+p 1+k 2(1 + k)(1 + p)
1 + k + (1 + k)pj + 1 + p + (1 + p)kj 2 1 + j + pj + pj 2 1 + kj + kj 2 + j 2 2
+ j+ j = 0.
2(1 + k)(1 + p) 2(1 + p) 2(1 + k)
Exercice 41
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au point S, et notons par z
# » # » # »
l’affixe de O, alors les affixes de A et B sont jz et j 2 z respectivement. Comme SB′ = SO + OB′ ,
alors si l’affixe de B′ est z + t, celle de A′ est z − jt. L’affixe n du milieu N du segment [AB′ ] est
donnée par :
jz + z + t (j + 1)z + t −j 2 z + t z − jt
x= = = = .
2 2 2 −2j
4.18. EXERCICES 271
SM SN 1 SM SB′
Il s’ensuit que = = , et ainsi = . De façon analogue on a :
SB′ SA′ 2 SN SA′
√
′ j(z + t) 2−j 3
B M = z+t− = |z + t| = |z + t|
2 2 2
et √
′ z − jt |(2j + 1)(z − jt)| 3
A N = z − jt + = = |z − jt| ,
2j 2j 2
SM B′ M SM SB′
il s’ensuit que : = ′ . Cette dernière relation et = montrent que SMB′ et SN A′
SN AN SN SA′
sont deux triangles semblables.
A
b
N
b
S b
A′
b
M
B b
O
b b
B′
Exercice 42
MB NA
Soient ABCD un quadrilatère convexe, N ∈ [AD], M ∈ [BC] tels que = . On note
MC N D
par P, Q et R les milieux respectifs des segments [AB], [MN ] et [DC].
Montrer que les points P, Q et R sont alignés.
Solution.
MB NA
Soit k = = , alors les affixes m, n, p, r C
MC ND R b
et q sont données par : D b
b − kc a − kd a+b b
m= ,n= ,p= ,
1−k 1−k 2
d +c m + n a + b − k(c + d) N Q M
r= ,q= = . b b b
2 2 2(1 − k)
Pour montrer l’existence de k1 , k2 , k3 tels que :
k1 p + k2 q + k3 r = 0 et k1 + k2 + k3 = 0, il suffit de
1 k
prendre k1 = − , k = 1, k3 = .
k−1 2 1−k b b b
A P B
272 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Exercice 43
(a + b + c) (a′ + b ′ + c ′ ) = A + B + C.
Solution.
3
Y
2kπ 2kπ
➀ Soit ωk = cos + i sin , alors : a3 + b 3 + c 3 − 3abc = a + ωk b + ωk2 c . Donc
3 3
k=1
Yn
a3 + b 3 + c 3 − 3abc a′3 + b ′3 + c ′3 − 3a′ b ′ c ′ = a + ωk b + ωk2 c a′ + ωk b ′ + ωk2 c ′ .
k=1
En développant l’expression a + ωk b + ωk2 c a′ + ωk b ′ + ωk2 c on obtient un polynôme en
ωk de degré 4. Or comme ωk3 = 1 on obtient en fait un polynôme en ωk de degré 2 tel
que :
a + ωk b + ωk2 c a′ + ωk b ′ + ωk2 c ′ = A + ωk B + ωk2 C, k = 1, 2, 3.
Si a, b, c sont des entiers, alors A, B, C sont des entiers. On a :
3
Y 3
Y 3
Y
a + ωk b + ωk2 c ′
a + ωk b ′
+ ωk2 c ′ = A + ωk B + ωk2 C = A3 + B3 + C 3 − 3ABC.
k=1 k=1 k=1
Exercice 44
1 1 1 2
+ + = ,
AM BM CP R
alors K est le centre du cercle circonscrit au triangle ABC.
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au centre du cercle circonscrit,
et que l’axe réel passe par le point A, alors les affixes des points A, B, C sont données respecti-
vement par : R, Rj, Rj 2 . Soient
MB NC PA
= −x, = −y, = −z avec x, y, z > 0,
MC NA PB
Rj + xRj 2
alors m = et
1+x
Rj + xRj 2 j − 1 + x(j 2 − 1) 1 + x(j + 1)
AM = −R = R = R |j − 1| .
1+x 1+x 1+x
4.18. EXERCICES 273
√
1 3 √ √
Or, j = cos 120◦ + i sin 120◦ = − + i , donc |j − 1| = 3 et |1 + x(j + 1)| = 1 + x + x2 . Par suite
2 2
1 1+x 1 1+y 1 1+z
= √ √ et de même = √ p , = √ √ .
AM R 3 1 + x + x2 BN R 3 1 + y + y 2 CP R 3 1 + z + z2
Sur les côtés d’un triangle ABC on construit extérieurement les triangles ADB et BCE tels
que :
[ = BEC
ADB [ = 90◦ et [ = EBC
DAB [ = 30◦ .
Sur le côté [AC] on place un point F tel que AF = 3 FC. Montrer que dans le triangle DEF
on a :
[ = 90◦
DFE et [ = 30◦ .
FDE
Solution.
A
b
D b
b
F
C
B b b
Le segment [AD] est obtenu à partir du segment [BD] par la rotation d’angle 90◦ et de l’homo-
AD sin 60◦ √
thétie de rapport = = 3, donc
BD sin 30◦
a−d √ b−e √
=i 3 et de même = i 3.
b−d c−e
√ √
a − i 3b b − i 3c
Des relations ci-dessus, on déduit que d = √ ,e= √ . La relation AF = 3FC montre
1−i 3 1−i 3
a + 3c
que f − a = 3(c − f ), c’est-à-dire f = . On déduit alors que :
4
√
a−i √3b
− a+3c √ √
d −f 1−i 3 4 4(a − i 3b) − (1 − i 3)(a + 3c)
= √ = √ √
e−f b−i √3c
− a+3c 4(b − i 3c) − (1 − i 3)(a + 3c)
1−i 3 4
√ √ √
(3 + i 3)a − 4i 3b − 3(1 − i 3)c √
= √ √ = −i 3.
(i 3 − 1)a + 4b − (i 3 + 3)c
La dernière relation montre que le segment [DF] est obtenu à partir du segment [EF] par la
rotation de centre F, d’angle 90◦ (dans le sens des aiguilles d’une montre), et de l’homothétie
√ √
de rapport 3. Par conséquent : DFE[ = 90◦ et DF = tan DEF [ = 3, d’où DEF [ = 60◦ et FDE[=
◦
EF
30 .
274 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Dans le plan d’un triangle ABC quelconque, extérieurement à ce triangle, on construit les
triangles BCP, CAQ, ABR tels que :
[ = CAQ
PBC [ = 45◦ , [ = QCA
BCP [ = 30◦ , [ = RAB
ABR [ = 15◦ .
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point R. On doit montrer
que p = qi. Soient U la projection orthogonale de√Q sur AC, et V la projection orthogonale de
CU tan 30◦ 3
P sur BC, alors on a la relation = = . Donc l’affixe u de U vérifie :
UA tan 45 ◦ 3
√
c + 3a
u = √ .
1+ 3
Le segment [QU] s’obtient à partir du segment [AU] par la rotation de centre U et d’angle 90◦ ,
donc q − u = (a − u)i et par suite :
√ √ ! √
c + 3a c + 3a (1 − i)c + ( 3 + i)a
q = u + (a − u)i = √ + a− √ i = √ . (1)
1+ 3 1+ 3 1+ 3
√ √
CV tan 30◦ 3 c + 3b
On a : = = , et par suite v = √ . Le segment [PV ] s’obtient à partir du
VB tan 45◦ 3 1+ 3
segment [BV ] par la rotation (dans le sens des aiguilles d’une montre) de 90◦ , donc :
√
(1 + i)c + ( 3 − i)b
p − v = (b − v)(−i); p = v + (b − v)(−i) = √ . (2)
1+ 3
Le segment [BR] s’obtient à partir du segement [AR] par la rotation d’angle 150◦ , donc :
√ !
◦ ◦ 3 1
b = a (cos 150 + i sin 150 ) = a − +i . (3)
2 2
[ = 90◦
À partir des relations (1),(2) et (3) on conclut que p = qi, ce qui permet de dire que QRP
et que RQ = RP.
Exercice 47
Soit OAB un triangle rectangle en O. Sur le segment [AB] on place les points M et N tels
\ y = MON
que : AM = MN = N B. On note x = AOM, \ et z = N [OB. Montrer que
sin y
sin x · sin z = .
3
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O. L’axe réel est
(OA), et l’axe imaginaire est (OB). Les coordonnées de A sont (a, 0) et celle de B sont (0, b).
MA 1 2a + bi
Puisque = − il résulte que l’affixe m de M est donnée par m = . Comme
MB 2 3
NA a + 2bi
= −2 alors l’affixe n de N est donnée par n = . Or m = |m| (cos x + i sin x), i.e.,
NB √ 3
2a + bi b 2 + 4a2 2a + bi 2a − bi
= (cos x + i sin x), d’où cos x + i sin x = √ et cos x − i sin x = √ ,
3 3 2
b + 4a 2 b 2 + 4a2
4.18. EXERCICES 275
ce qui donne :
b
sin x = √ . (1)
b 2 + 4a2
Le segment [ON ] s’obtient à partir du segment [OM] par une rotation d’angle y et d’une ho-
|n| n m
mothétie de rapport , d’où = cos y + i sin y, i.e.
|m| m n
r r
a + 2bi b 2 + 4a2 a − 2bi b 2 + 4a2
= cos y + i sin y et = cos y − i sin y.
2a + bi a2 + 4b 2 2a − bi a2 + 4b 2
De ces deux relations on déduit que :
3ab
sin y = p . (2)
(b + 4a2 )(4b 2 + a2 )
2
Le segment [OB] s’obtient à partir du segment [OM] par une rotation d’angle z et d’une ho-
|n| bi n
mothétie de rapport , d’où = cos z + i sin z, i.e.
|bi| n bi
√ √
3bi a2 + 4b 2 −3bi a2 + 4b 2
= cos z + i sin z et = cos z − i sin z.
a + 2bi 3b a − 2bi 3b
De ces deux relations on déduit que :
a
sin z = √ . (3)
a2 + 4b 2
sin y
Finalement, à partir des relations (1),(2) et (3) on conclut que sin x · sin z = .
3
Soit ABCD un quadrilatère convexe inscriptible. Soient P, Q et R les pieds des perpendi-
culaires issues de D respectivement sur les côtés (BC), (CA) et (AB). Montrer que PQ = QR
[ et ADC
si, et seulement si, les bissectrices des angles ABC [ se coupent sur (AC).
Solution. Supposons, sans perte de généralité, que les points A, B, C, D sont situés sur le cercle
unité et que la médiatrice sur segment [AC] est l’axe des abscisses. Soit a = cos θ + i sin θ, alors
[ et
c = a = cos θ − i sin θ, d’où ac = 1 et a + c = 2 cos θ. Comme les bissectrices des angles ABC
[ passent par les milieux du grand et du petit arc AC,
ADC on peut supposer que les bissectrices
[ [
de ABC et ADC passent par 1 et −1 respectivement. Si AC coupe la bissectrice de ABC [ en Z
alors z vérifie l’équation : z+ac z = a+c = 2 cos θ et z+b z = b+1. En résolvant ces deux équations
on trouve
2b cos θ − b − 1
z= .
b−1
De même, le point Z ′ d’intersection de AC et de la bissectrice de l’angle ADC [ a pour affixe :
2d cos θ + d − 1
z′ = . Maintenant, le point R est sur la droite (AB) et sur la droite passant par D
d +1
et perpendiculaire à (AB), donc r + ab r = a + b et r − ab r = d − ab d, ce qui donne :
a + b + d − ab d
r= .
2
b + c + d − bc d c + a + d − ca d
On obtient de même p = et q = . On sait d’après le théorème de
2 2
Simson (droite de Simson) que les points P, Q, R sont alignés, par suite PQ = QR si et seulement
276 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
p+r
si q = , ce qui donne :
2
c + a − 2b = (2ca − ab − bc) d,
c’est équivalent à : (2 cos θ − 2b)d = 2 − 2b cos θ, i.e.
2 cos θ − b − 1 2d cos θ + d − 1
= c’est-à-dire Z = Z′.
b−1 d +1
Exercice 49
Solution.
A
b
C′
b
b
B′
b
O B′′
b
C ′′ b
A′′
C b
B b
b
b
A′
Les affixes de A′ , B′ et C ′ sont données par a′ = −a, b ′ = −b et c ′ = −c. Les affixes de A′′ , B′′ et C ′′
sont données par :
β + γ − α − θ i(α+β+γ+θ)/2
bc + ma = e i(β+γ) + e i(α+θ) = 2 cos ·e .
2
| {z }
∈R
Exercice 50
Une corde [AB] d’un cercle C a pour milieu un point M. Par ce point M passent deux cordes
[PQ] et [RS]. Les droites (PR) et (QS) coupent la droite (AB) en M ′ et M ′′ respectivement.
Montrer que M est le milieu du segment [M ′ M ′′ ].
Solution. On suppose, sans perte de généralité, que le cercle est de rayon 1 et que l’axe des
ordonnées est parallèle à (AB), alors les affixes des points A et B sont conjuguées. L’affixe du
4.18. EXERCICES 277
a+a
point B est b = a et celle du point M est m = . On a alors : a a = 1, a + b = 2m et m = m.
2
Comme les droites (PQ) et (RS) passent par M alors : m = p + q − mpq et m = r + s − mrs.
Les affixes des points M ′ et M ′′ sont donc :
2mpr − (p + r) 2mqs − (q + s)
+ = 2m
pr − 1 qs − 1
c’est-à-dire
Donc, après simplification par 2m(pr + qs) dans les deux membres, et en remplaçant p + q et
r + s par leurs valeurs respectives m(pq + 1) et m(rs + 1) :
A
b
P b
b R
b
M′
O b M
b
b Q
M ′′ b
b
B
S
Soient ABC un triangle acutangle, et P un point situé à son intérieur. Montrer que
α · PB · PC + β · PC · PA + γ · PA · PB = αβγ (1)
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au point P. La relation (1) est
équivalente à :
|ab(a − b)| + |bc(b − c)| + |ca(c − a)| = |(a − b)(b − c)(c − a)| .
ab bc ca
Posons z1 = , z2 = et z3 = . Il n’est pas difficile de voir
(a − c)(b − c) (b − a)(c − a) (c − b)(a − b)
que :
|z1 | + |z2 | + |z3 | = 1 et z1 + z2 + z3 = 1.
⋄ Si P est l’orthocentre du triangle ABC, alors il est situé à l’intérieur du triangle puisque ce
dernier est supposé acutangle. Donc, il existe des nombres réels strictement positifs r1 , r2 , r3
tels que :
a b c
= −r1 i, = −r2 i, = −r3 i,
b−c c−a a−b
ce qui implique que z1 = r1 r2 > 0, z2 = r2 r3 > 0 et z3 = r3 r1 > 0, ce qui permet de conclure.
278 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
a b c
il s’ensuit que , , sont des nombres imaginaires purs. Par suite, (AP) ⊥ (BC) et
b−c c−a a−b
(BP) ⊥ (CA), ce qui montre que P est l’orthocentre du triangle ABC.
Sur les côtés d’un quadrilatère convexe ABCD, on construit extérieurement les triangles
équilatéraux ABM et CDP, et on construit intérieurement les triangles équilatéraux BCN
et ADQ. Quelle est la nature du quadrilatère MN PQ ?
m = a + (b − a) ω, n = c + (b − c) ω, p = c + (d − c) ω, q = a + (d − a) ω.
Les diagonales [AC] et [CE] d’un hexagone régulier ABCDEF sont divisées respectivement
par des points intérieurs M et N de sorte que :
AM CN
= = λ.
AC CE
Déterminer λ lorsque B, M et N sont alignés.
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au centre de l’hexagone régulier
de sorte que les sommets√B, C, D, E, F, A ont pour affixes respectives 1, ω, ω 2 , ω 3 , ω 4 , ω 5 où ω =
1+i 3 MC NE 1−λ
cos 60◦ + i sin 60◦ = . Puisque = = , les affixes des points M et N sont
2 MA NC λ
5 2
données par m = ω λ + ω (1 − λ) et n = ω λ + ω (1 − λ) respectivement. Les points B, M, N sont
m−1
alignés si, et seulement si ∈ R∗ . Or :
n−1
√ √ √
5 2 1+i 3 −1 + i 3 1 i 3
m − 1 = ω λ + ω (1 − λ) − 1 = ω λ − ω (1 − λ) − 1 = λ− (1 − λ) = − + (2λ − 1)
2 2 2 2
√ √
3 1+i 3 1 3λ i 3
et n − 1 = ω λ + ω(1 − λ) − 1 = −λ + (1 − λ) − 1 = − − + (1 − λ). Donc
2 2 2 2
√
m−1 −1 + i 3 (2λ − 1) √ √
= √ ∈ R∗ ⇐⇒ 3 (1 − λ) − (1 + 3λ) · 3 (2λ − 1) = 0.
n − 1 −(1 + 3λ) + i 3 (1 − λ)
1 1
C’est équivalent à : 1 − λ = 6λ2 − λ − 1, i.e., λ2 = , ce qui donne λ = √ .
3 3
Exercice 54
Soient O9 , I et G le centre du cercle des neuf points, le centre du cercle inscrit, et le centre
4.18. EXERCICES 279
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au centre O du cercle circons-
crit au triangle ABC. On suppose aussi, sans perte de généralité, que le rayon du cercle cir-
conscrit au triangle ABC est égal à 1, donc |a| = |b| = |c| = 1. Si o, g, zI sont les affixes de O9 , G, I
alors on a :
a+b+c a+b+c a |b − c| + b |a − c| + c |a − b|
o= , g= , zI = .
2 3 |a − b| + |b − c| + |a − c|
a + b + c (a − b) |a − c| + (a − c) |a − b|
· = 0.
6 |a − b| + |b − c| + |a − c|
C’est équivalent à :
(a + b + c) · [(a − b) |a − c| + (a − c) |a − b| ] = 0
c’est-à-dire n h io
ℜ (a + b + c) a − b |a − c| + (a − c) |a − b| = 0.
L’équation ci-dessus devient :
n o
ℜ |a − c| a a + b a + c a − a b − b b − c b + |a − b| (a a + b a + c a − a c − b c − c c) = 0.
b= 1 b = 60◦ .
On obtient alors, d’après la relation d’Al-Kashi, cos A , ce qui donne A
2
Exercice 55
Soit ABCD un quadrilatère convexe. Sur le côté [AB] on place les points M et N tels que
AM = MN = N B. Sur le côté [CD] on place les points P et Q tels que CP = PQ = QD. Soit
O le point d’intersection des diagonales (AC) et (BD). Montrer que : [N OQ] = [MOP].
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe se trouve au point O. On note par
AM 1
a, b, c, d, m, n, p, q les affixes respectives des points A, B, C, D, M, N , P , Q. On a = et donc
AB 3
m−a 1 2a + b 2b + a 2c + d 2d + c
= , par suite m = . De même on a : n = ,p = et q = . L’aire
b−a 3 3 3 3 3
280 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
n n 1 !
i i i 2b + a 2 d + c 2 b + a 2d + c
0 0 1 = (n q − n q) = · − · .
4 4 4 3 3 3 3
q q 1
m m 1
i i i
[MOP] = 0 0 1 = (m p − m p) = (a d − a d + b c − b c) ,
4 4 18
p p 1
1 \ 1 \
O\
1 A3 A2 = A O A et O\
1 A2 A3 = A O A .
2 1 3 2 2 1 2 3
Soit T le pied de la perpendiculaire à (A2 A3 ) issue de O1 . Montrer que
A1 O1 O T
(A1 O1 ) ⊥ (O2 O3 ) et =2 1 .
O2 O3 A2 A3
Solution.
A1
b
O3
b b
O2
A2
T A3
b b b
b
O1
On suppose, sans perte de généralité, que le triangle A1 A2 A3 est orienté dans le sens contraire
des aiguilles d’une montre. Soit P le symétrique de O1 par rapport à T . On suppose que le
a
plan complexe a pour origine située au point O1 . Pour k = 1, 2, z 7−→ k (z − z0 ) la similitude
p
\ O A
1 3
d’angle PO 1 Ak , de rapport , et autour du point d’affixe z0 . Comme O1 et A1 sont situés
O1 P
de part et d’autre par rapport à la droite (A2 A3 ) alors les angles A\ \
2 A3 O1 et A2 A3 A1 ont des
orientations différentes. Donc, les angles PA \ \
2 O1 et A2 O3 A1 sont tous les deux orientés dans
4.18. EXERCICES 281
o3 − o2 a a −a 1 a2 − a3
= 2 = 2 3 = .
a1 − o1 p p − o1 2 t − o1
Donc, l’angle entre [O1 A1 ] et [O2 O3 ] est égal à l’angle entre [O1 T ] et [A3 A2 ], et cet angle est
de mesure 90◦ . De plus, on a :
O2 O3 1 A3 A2 O1 A1 O T
= c’est-à-dire =2 1 .
O1 A1 2 O1 T O2 O3 A2 A3
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au centre du cercle circonscrit
au triangle A1 A2 A3 . Alors les affixes des sommets A1 , A2 , A3 vérifient |a1 | = |a2 | = |a3 | = R.
L’affixe z1 du point P1 vérifie : z1 = z0 j + (1 − j)a1 où z0 est l’affixe de P0 . L’affixe z2 de P2 est
donnée par : z2 = z0 j 2 + (1 − j)a1 j + (1 − j)a2 , et enfin l’affixe z3 de P3 est donnée par :
Une récurrence simple sur n montre que l’affixe z3n de P3n vérifie :
Dans notre cas, pour n = 662 on obtient : z1986 = z0 + 662(1 − j)(a1 j 2 + a2 j + a3 ) = z0 . Donc, on
a : a1 j 2 + a2 j + a3 = 0, c’est-à-dire a3 = a1 (1 + j) + (−j)a2. Cette équation montre que le point A3
π π
est l’image de A1 par la rotation de centre A2 et d’angle π/3 car 1 + j = cos + i sin .
3 3
Par conséquent, A1 A2 A3 est un triangle équilatéral.
Soit ABCD un carré donné. On construit intérieurement à ABCD les triangles équilatéraux
ABK,BCL, CDM et DAN . Montrer que les milieux des 4 segments [KL], [LM], [MN ], [N K]
et les milieux des 8 segments [AK], [BK], [BL], [CL], [CM], [DM], [DN ], [AN ] sont les som-
mets d’un polygone régulier (dodécagone).
Solution. Soient A(1 + i), B(−1 + i), C(−1 − i), D(1 − i) les sommets du carré. Pour des raisons de
symétrie, on peut se contenter de résoudre le problème √ en considérant
√ uniquement le premier
quadrant. Les affixes de L et √M sont données
par 3 − 1 et ( 3 − 1)i respectivement. Le mi-
√ √
3−1 3−1
lieu du segment [LM] est P 2 + i 2 . Comme K est d’affixe −i( 3 − 1) alors le milieu de
√ √
[AK] est Q 21 + i 2−2 3 . De même, le milieu de [AN ] est R 2−2 3 + 2i , et le milieu de [BL] est
282 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
√
−2+ 3 [=
= RPQ 5π
S 2 + 2i . Il suffit de montrer que SR = RP = PQ et SRP 6 . Pour un point X on
note par zX son affixe. On a :
√ √
RS 2 = |zS − zR |2 = (−2 + 3)2 = 7 − 4 3
et √ √ √ 2
2 2 3−3
2 3−2 28 − 16 16 √
RP = |zP − zR | = +i = = 7 − 4 3.
2 2 4
√
En utilisant la symétrie par rapport à (OA) on a aussi PQ 2 = RP 2 = 7 − 4 3.
Maintenant pour les angles on a :
√ √ √ √ √ √
3−2 2
· (2 − 3) + 2−22 3 · 0
2 (12 − 7 3)(7 + 4 3) 3
cos SRP = √ = √ √ =− .
7−4 3 2(7 − 4 3)(7 + 4 3) 2
√
= 5π [ = − 3 et RPQ [ = 5π .
Ceci montre que SRP . De même, on a cos RPQ
6 2 6
Puisque :
R2 (b − c) R2 (b 2 − c 2 )
b−c = − et bc − bc = ,
bc bc
alors par (1) on déduit que :
et h = R2 k/abc, il s’ensuit que D, E et F sont alignés si, et seulement si, ∆ = 0. C’est équivalent
à hk − 4abc = 0, i.e., h h = 4R2 , ce qui permet de conclure que OH = 2R.
4.18. EXERCICES 283
Exercice 60
Montrer que :
d1 d3 = d2 d4 = d5 d6 .
a−b
Solution. Le coefficient angulaire complexe de la droite (AB) est = −ab car a a = b b =
a−b
c c = d d = m m = 1 = rayon du cercle circonscrit du quadrilatère ABCD. Soit M1 la projection
orthogonale de M sur (AB), alors l’affixe m1 de M1 est solution du système suivant :
z + ab z = a + b
z − m = ab(z − m).
a + b + m − ab m
La somme des deux équations donne 2z = a + b + m − ab m, donc m1 = . Ainsi
2
a + b + m − ab m m − (a + b) + ab m
d1 = |m − m1 | = m − =
2 2
m2 − (a + b)m + ab (m − a)(m − b)
= = .
2m 2m
De même on obtient :
(m − b)(m − c) (m − c)(m − d) (m − d)(m − a)
d2 = , d3 = , d4 = ,
2m 2m 2m
(m − a)(m − c) (m − b)(m − d)
d5 = , d6 = .
2m 2m
On obtient immédiatement les relations : d1 d3 = d2 d4 = d5 d6 .
Une droite coupe les côtés AB, BC, CA d’un triangle ABC aux points M, N , P respective-
ment. Montrer que
MA N B PC
× × = 1.
MB N C PA
Solution. On suppose que l’origine du plan complexe est située au point A. Posons k1 =
MA NB PC −k1 b b − k2 c c
, k2 = et k3 = , alors on a : m = ,n= et p = .
MB NC PA 1 − k1 1 − k2 1 − k3
Les points M, N , P sont alignés donc MP = k · MN avec k nombre réel, donc :
!
c k1 b b − k2 c k1 b
p − m = k(n − m) c’est-à-dire + =k + .
1 − k3 1 − k1 1 − k2 1 − k1
Les coefficients de b et de c sont nuls car sinon on aurait une relation de la forme b = k4 c, avec
k4 ∈ R, ceci veut dire que les points A, B, C sont alignés. Donc on a :
1 kk2 k1 kk2 k
+ = 0, + − = 0.
1 − k3 1 − k2 1 − k1 1 − k1 1 − k2
On souhaite prouver qu’en éliminant k des relations ci-dessus il résulte que k1 k2 k3 = 1.
284 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
k1 (1 − k3 ) k (1 − k2 ) + 1 − k1
Les deux dernières égalités impliquent : = 1 , i.e., −k1 k2 (1 − k3 ) =
1 − k1 −k2 (1 − k1 )
k1 − k1 k2 + 1 − k1 , c’est-à-dire : −k1 k2 + k1 k2 k3 = −k1 k2 + 1, ce qui donne k1 k2 k3 = 1.
Exercice 62
Soient ABC un triangle, A′ , B′ , C ′ les milieux des côtés [BC], [CA], [AB], et A1 , B1 , C1 les
pieds des hauteurs issues des sommets A, B, C. Soient G, Ga , Gb , Gc les centres de gravité
des triangles ABC, A1 B′ C ′ , B1 C ′ A′ , C1 A′ B′ respectivement.
1 Montrer que les points G, Ga , Gb , Gc sont sur un cercle de centre O9 (le centre du
cercle des neuf points d’Euler).
2 Montrer que le triangle Ga Gb Gc est semblable au triangle ABC.
Solution.
C
B1 b
b
A1
b
B′
b
Ga
b
Gb
b
b A′
b b
G Gc
A
b
b
C′ C1
b
B
➀ On suppose, pour simplifier, que le rayon du cercle circonscrit au triangle ABC est égal
b−c
à 1. L’équation complexe de la droite (AA1 ) est donnée par : z − a = − (z − a), i.e.,
b−c
z − a = bc(z − a), par suite : z − bc z = a − bc a. L’équation (BC) a pour équation complexe :
z + bc z = b + c. On déduit de ces deux dernières équations que :
a + b + c − bc a
z= = a1 .
2
a + b + c − ca b a + b + c − ab c
De même, on a : b1 = et c1 = . De plus on a :
2 2
b+c c+a a+b a+b+c
a′ = , b′ = , c′ = , g= .
2 2 2 3
Donc
a+b+c−bc a
a′ + b ′ + c ′ 2 + c+a a+b
2 + 2 3a + 2b + 2c − bc a a + b + c a − bc a
ga = = = = + .
3 3 6 3 6
On sait que l’affixe du point O9 (centre du cercle des neuf points d’Euler) est donnée par
a+b+c
.
2
4.18. EXERCICES 285
On a alors :
! !
a+b+c a+b+c
ga − ga −
2 2
! !
a + b + c a − bc a a + b + c a + b + c a − b c a a + b + c
= + − + −
3 6 2 3 6 2
! !
a − bc a a + b + c a − b c a a + b + c
= − − =
6 6 6 6
! !
bc a + b + c b c a + b + c
=
6 6
! ! ! !
bc a + b + c bca +b +c a+c+b a+c+b
= bc = = p p = |p|2
6bc 6 6 6
a+b+c
avec p = . De même on a :
6
! !
a+b+c a+b+c a + b + c ab + c
gb − gb − = · = p · p = |p|2
2 2 6 6
! !
a+b+c a+b+c a + b + c ab + c
gc − gc − = · = p · p = |p|2 .
2 2 6 6
Exercice 63
Soit ABC un triangle. Sur les demi-droites [AB) et [AC) on considère les points A′ et A′′
tels que BA′ = BC = CA′′ . Le milieu de [A′ A′′ ] est noté A′′′ . On définit de même les points
B′′′ et C ′′′ . Montrer que le triangle ABC est inscrit dans le triangle A′′′ B′′′ C ′′′ (i.e. A ∈
[B′′′ C ′′′ ], B ∈ [C ′′′ A′′′ ] et C ∈ [A′′′ B′′′ ]).
Solution. Le segment [BA′ ] est obtenu à partir de [BC] par la rotation de centre B et d’angle
b ce qui s’écrit en termes complexes (tenant compte que la rotation est dans le sens
180◦ − B,
inverse du sens trigonométrique) : a′ − b = (c − b) [cos(B − π) + i sin(B − π)] = (c − b)e i(B−π). Le
segment [CA′′ ] est obtenu à partir de [BC] par la rotation de centre C et d’angle 180◦ − C, b ce
286 CHAPITRE 4. GÉOMÉTRIE ET NOMBRES COMPLEXES
Exercice 64
Soient ABC et A′ B′ C ′ deux triangles directement semblables. Montrer que les centres de
gravités G1 , G2 , G3 des quadrilatères BCB′ C ′ , CAA′ C ′ , ABA′ B′ forment un triangle sem-
blable au triangle ABC.
Solution. Comme ABC et A′ B′ C ′ sont directement semblables alors il existe p, q ∈ C tels que :
a′ = pa + q, b ′ = pb + q et c ′ = pc + q.
Les affixes g1 , g2 et g3 des points G1 , G2 et G3 sont données par :
b + c + b′ + c′ b + c + pb + q + pc + q p+1 p+1 q
g1 = = = b+ c+ ,
4 4 4 4 2
c + a + c ′ + a′ c + a + pc + q + pa + q p+1 p+1 q
g2 = = = c+ a+ ,
4 4 4 4 2
a + b + a′ + b ′ a + b + pa + q + pb + q p+1 p+1 q
g3 = = = a+ b+ .
4 4 4 4 2
Pour que les triangles G1 G2 G3 et ABC soient semblables il faut que le déterminant ∆ soit nul :
1 1 1
∆= a b c =0
g1 g2 g3
c’est-à-dire :
1 1 1
a b c = 0.
(p + 1)b (p + 1)c q (p + 1)c (p + 1)a q (p + 1)a (p + 1)b q
+ + + + + +
4 4 2 4 4 2 4 4 2
En développant par rapport à la première ligne, on obtient
p+1
∆= [(a + b)b − (a + c)c − (a + b)a + (b + c)c + (a + c)a − (b + c)b]
4
p+1 h i p+1
= ab + b 2 − ac − c 2 − a2 − ab + bc + c 2 + a2 + ac − b 2 − bc = · 0 = 0.
4 4
4.18. EXERCICES 287
Exercice 65
Soit ABCD un quadrilatère convexe. On suppose que les cercles de diamètres [AB] et [CD]
sont tangents ; et que les cercles de diamètres [AD] et [BC] sont aussi tangents. Montrer
que ABCD est un carré.
Solution. Soient O1 , O2 , O3 et O4 les milieux respectifs des segments [AB], [BC], [CD] et [DA].
On a par hypothèses :
Or, d’après l’inégalité triangulaire, on a |z1 + z2 | ≤ |z1 | + |z2 |, donc par (1) on a :
|a − d + b − c| = |a − b| + |c − d| ≥ |a − b + d − c| (2)
et
|a − b + d − c| = |a − d| + |b − c| ≥ |a − d + b − c| . (3)
D’où |a − d + b − c| ≥ |a − b + d − c| ≥ |a − d + b − c|, et par conséquent :
|a − d + b − c| = |a − b + d − c| . (4)
|a − b + d − c| = |a − b| + |d − c| (5)
et
|a − d + b − c| = |a − d| + |b − c|. (6)
Or, on sait que |z1 + z2 | = |z1 | + |z2 | si, et seulement si, z1 = λz2 avec λ ∈ R+ , donc par les
relations (5) et (6) on a : a −b = λ(d −c) avec λ ∈ R+ , donc (AB) (CD). De même, a −d = µ(b −c)
avec µ ∈ R+ , donc (AD) (BC). Par conséquent, ABCD est un parallélogramme. De la relation
(4) il résulte que O1 O3 = O2 O4 , d’autre part O1 O2 O3 O4 est un parallélogramme ayant des
AC BD
diagonales égales c’est donc un rectangle. Comme : O3 O4 = = O1 O2 = = O2 O3 =
2 2
O1 O4 , il résulte que AC = BD, donc ABCD est un carré.
Soient [A1 H1 ], [A2 H2 ] et [A3 H3 ] les trois hauteurs d’un triangle A1 A2 A3 dont tous les
angles sont aigus. Le cercle inscrit dans le triangle A1 A2 A3 est tangent respectivement aux
côtés [A2 A3 ], [A1 A2 ], [A1 A2 ] en T1 , T2 , T3 . On désigne respectivement par l1 , l2 et l3 les sy-
métriques des droites (H2 H3 ), (H3 H1 ), (H1 H2 ) par rapport aux droites (T2 T3 ), (T3 T1 ), (T1 T2 ).
Montrer que l1 , l2 , l3 déterminent un triangle dont les sommets appartiennent au cercle
inscrit dans le triangle A1 A2 A3 .
Solution. Soit (ω) le cercle inscrit dans le triangle ABC, et supposons sans perte de généralité
qu’il est de rayon égal à 1. Alors on a :
1 t2 t3 + t3 t1 + t1 t2 − t 2
2
h2 = b + 2t2 − t22 b = .
2 t1 + t3
t1 (t22 + t32 )
Si P2 est le symétrique de H2 par rapport à (T2 T3 ) alors : p2 = t2 + t2 − t2 t3 h2 = . De
t2 (t1 + t3 )
t1 (t22 + t32 )
même, si P3 est le symétrique de H3 par rapport à (T2 T3 ), alors p3 = . Par conséquent :
t3 (t1 + t2 )
Soit Z un point d’intersection de la droite (P2 P3 ) avec le cercle (ω), alors comme Z ∈ (P2 P3 ) on
z − p2 p2 − p3 1
a: = = −t12 , et puisque Z ∈ (ω) alors on a aussi z = . Par suite :
z − p2 p 2 − p3 z
z − p2
1
= −t12 =⇒ z2 − p2 + t12 p 2 z + t12 = 0.
z − p2
t1 (t22 + t32 ) t t t t
On peut calculer que p2 + t12 p 2 = , et donc z peut être égal à 1 2 ou à 1 3 . Par
t2 t3 t3 t2
symétrie, ceci implique que les sommets du triangle formé par les droites (P1 P2 ), (P2 P3 ), (P3 P1 )
t t t t t t
(où P1 est définie de façon analogue à P2 et P3 ) ont pour coordonnées complexes 1 2 , 2 3 , 3 1 ,
t3 t1 t2
et chacune d’elles appartient clairement à (ω), ce qui termine la preuve.
Les points A1 , B1 et C1 sont choisis respectivement sur les côtés [BC], [CA] et [AB] d’un tri-
angle ABC. Les cercles circonscrits aux triangles AB1 C1 , BC1 A1 et CA1 B1 coupent le cercle
circonscrit au triangle ABC à nouveau aux points A2 , B2 et C2 respectivement. Les points
A3 , B3 et C3 sont les symétriques de A1 , B1 et C1 par rapport aux milieux de [BC], [CA] et
[AB] respectivement.
Montrer que les triangles A2 B2 C2 et A3 B3 C3 sont semblables.
b3 − c3 = (c + a − b1 ) − (a + b − c1 ) = c + c1 − b − b1 ,
5
Maximum et minimum en
géométrie
Soit M le milieu du segment [AB]. Montrer que pour tout point C dans le plan, on a :
CA + CB
CM ≤ .
2
Dans quels cas a-t-on égalité ?
1 1 C′
triangulaire : CM = CC ′ ≤ (CA + C ′ A) = M
b
2 2 b
1
(CA + CB). On a égalité si, et seulement si, C
b
2
M ∈ (AB) \ ]AB[. b
B
Exemple 2
Soient M et N les milieux respectifs des segments [AD] et [BC]. Montrer que :
AB + CD
MN ≤ .
2
rallélogramme, d’où MN = AC ′′ . b
B
C ′′
1 1
D’après l’exemple précédent on déduit que : MN = AC ′′ ≤ (AB + AC ′ ) = (AB + CD).
2 2
289
290 CHAPITRE 5. MAXIMUM ET MINIMUM EN GÉOMÉTRIE
Exemple 3
Déterminer tous les points X dans le plan tels que la somme des distances de X aux som-
mets d’un quadrilatère convexe donné ABCD soit minimale.
Même question avec un polygone A1 A2 · · · An de centre de symétrie O .
Soit ABCD un quadrilatère convexe. Tracer une droite passant par C , coupant les droites
1 1
(AB) et (AD) en M et K respectivement, et telle que + soit minimale.
[BCM] [DCK]
K b
K0 b
D b
C
b
b b b b
A B M M0
On se propose de montrer que la droite recherchée est parallèle à (BD). En effet, soient M0 et K0
les points d’intersection de cette droite avec les droites (AB) et (AD) respectivement. Montrons
1 1 1 1
alors que + > + , c’est équivalent à :
[BMC] [DCK] [BM0 C] [DCK0 ]
1 1 1 1
− > − . (1)
[BMC] [BM0 C] [DCK0 ] [DCK]
Supposons que M ∈ [BM0 ], alors K0 ∈ [DK] et la relation (1) ci-dessus est équivalente alors à :
[MCM0 ] [KCK0 ]
> . (2)
[BMC] · [BM0 C] [DCK0 ] · [DCK]
\0 = KCK
Puisque MCM \0 , alors la relation (2) ci-dessus peut s’écrire sous la forme :
MC CM0 KC CK0
· > · . (3)
[BMC] [BM0 C] [DCK] [DCK0 ]
CM0 CK0
D’autre part, comme (M0 K0 ) (BD), alors = , et la relation (3) est équivalente à :
[BM0 C] [DCK0 ]
MC KC
> .
[BMC] [DCK]
Cette dernière inégalité est vraie puisque la distance de B à (MK) est plus courte que la distance
de D à (MK).
5.1. PROBLÈMES D’EXTREMUMS ET TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES 291
Exemple 5
Soit ABCD un rectangle donné. BA′ C ′ C désigne son symétrique par rapport à (BC). On construit
ensuite CC ′ A′′ B′′ le symétrique de BA′ C ′ C par rapport à (CD). Finalement, on construit le rec-
tangle C ′ C ′′′ B′′′ A′′ symétrique de CC ′ A′′ B′′ par rapport à (A′′ C ′ ).
D P C
b b b b b
b C′ C ′′′
Q
b
N
b b b b
A M B A′
Soit M un point quelconque de [AB], et M ′ ∈ [A′′ B′′′ ] tel que A′′ M ′ = AM, alors MM ′ = 2 · AC. Si
N , P et Q sont des points quelconques de [BC], [CD] et [DA] respectivement, alors le périmètre
de MN PQ est égal à la longueur de la ligne brisée reliant M à M ′ . Cette dernière est minimale
lorsque (MN ) (AC) (PQ) et (N P) (BD) (QM). Tout parallélogramme MN PQ avec ces pro-
priétés et inscrit dans ABCD admet un périmètre minimal. Notons qu’il y a une infinité de tels
parallélogrammes.
Exemple 7
Soient C ′ et D ′ les symétriques de C et D par rapport aux droites (BM) et (AM) respectivement.
Puisque C ′ M = D ′ M = 12 CD et C\ \ DMA
′ MD ′ = 180◦ −2 CMB−2 \ = 60◦ , alors C ′ MD ′ est un triangle
équilatéral. Par suite :
1
AD + CD + CB = AD ′ + D ′ C ′ + C ′ B ≥ AB.
2
Il s’ensuit que AD + CB ≥ AB − 12 CD = 2, ainsi AB + BC + CD + DA ≥ 7 avec égalité si, et seulement
si, C ′ et D ′ appartiennent à (AB).
b
M C
b
b
D
b b
A B
b
b
C′
D′
292 CHAPITRE 5. MAXIMUM ET MINIMUM EN GÉOMÉTRIE
\ = AD
Dans le cas où C ′ et D ′ appartiennent à (AB) alors ADM \ \ = BC
′ M = 120◦ , BCM \ ′ M = 120◦ et
\ = 60◦ − CMB
AMD \ = CBM. \ Donc, les triangles AMD et MBC sont semblables, ce qui implique
que AD · BC = (CD/2)2 = 1. D’autre part, AD + BC = 2, et on conclut que AD = BC = 1.
En conclusion, le quadrilatère ABCD de périmètre minimal est un trapèze isocèle, i.e. AD = BC
et (DC) (AB), tel que AB = 3, BC = AD = 1 et CD = 2.
Exemple 8 : Problème de Héron
Soient A et B deux points situés du même côté par rapport à une droite donnée (d).
Trouver un point X ∈ (d) tel que AX + XB soit minimale.
b b
(d) X X0
b
AX + XB = AX + XB′ ≥ AB′ . B′
On a égalité lorsque X est le point X0 d’intersection de (d) avec (AB′ ). Donc, pour tout point
X ∈ (d) différent de X0 on a :
AX + XB ≥ AB′ = AX0 + X0 B,
ce qui montre que X0 est l’unique solution du problème.
Exemple 9 : Problème de Fagnano
Démonstration
La démonstration donnée ci-dessous a été proposée en 1900, à l’âge de 20 ans, par le grand mathéma-
ticien hongrois Lipót Fejér (1880-1959). Premièrement, nous considérons une version plus simple du
problème. Fixons un point P arbitraire sur la droite (AB). Nous allons maintenant trouver les points
M et N sur (BC) et (AC) respectivement, de sorte que le triangle MN P soit de périmètre minimal
(bien entendu, le minimum dépendra du choix de P).
Soit P1 le symétrique de P par rapport à (BC) et P2 le symétrique de P par rapport à (AC). Alors :
CP1 = CP = CP2 , P[ [
1 CB = PCB et \
P [
2 CA = PCA.
On pose γ = BCA, [ alors P\ 1 CP2 = 2γ, de plus 2γ < 180 puisque γ < 90 par hypothèses. Donc,
◦ ◦
(P1 P2 ) coupe [BC] et [AC] aux points M et N respectivement et le périmètre du triangle MN P est
égal à P1 P2 . D’une manière analogue, si Z est un point quelconque sur [BC] et Y un point quelconque
sur [AC], le périmètre de ZPY est égal à la longueur de la ligne brisée P1 ZY P2 , qui est supérieure
ou égale à P1 P2 . Ainsi, le périmètre du triangle PZY est supérieur ou égal au périmètre du triangle
PMN et l’égalité a lieu précisément lorsque Z = M et Y = N .
5.1. PROBLÈMES D’EXTREMUMS ET TRANSFORMATIONS GÉOMÉTRIQUES 293
Ainsi, nous devons trouver un point P ∈ [AB] de sorte que [P1 P2 ] soit de longueur minimale. Remar-
quons que ce segment est la base d’un triangle isocèle P2 P1 C avec comme angle constant 2γ au point
C et comme côtés CP1 = CP2 = CP. Ainsi, nous devons choisir P sur [AB] de sorte que CP1 = CP soit
minimal. Il est évident que ce minimum est obtenu lorsque P est le pied de la hauteur issue de C.
Remarquons maintenant que si P est le pied de la hauteur issue de C, alors M et N sont les pieds des
deux autres hauteurs du triangle ABC. Pour prouver cette assertion, notons M1 et N1 les pieds des
hauteurs du triangle ABC passant par A et B respectivement. Alors :
\
BM \ [ \
1 P1 = BM1 P = BAC = CM1 N1 ,
Les villes de Strasbourg (France) et Kehl (Allemagne) sont séparées par un fleuve (le Rhin).
On suppose que les deux rives du Rhin sont parallèles entre elles.
Trouver le plus court chemin pour aller de Strasbourg à Kehl en traversant un pont sur le
Rhin qui est perpendiculaire aux deux rives du fleuve.
b
K
r1 r r2
Soient M ∈ (r1 ) et N ∈ (r2 ) deux points arbitraires tels que (MN ) ⊥ (r1 ), alors SM = S ′ N = S ′′ N , et
par suite : SM +MN +N K = S ′′ N +N K +M0 N0 ≥ S ′′ K +M0 N0 , avec égalité lorsque N = N0 . Dans
ce cas on a clairement M = M0 . En conclusion, le plus court chemin est SM0 N0 K.
Exemple 11 : Problème de Pompeiu (1873-1954)
Soit P un point dans le plan d’un triangle équilatéral ABC . Montrer qu’il existe un triangle
de côtés AP, BP et CP . Ce triangle est dégénéré si, et seulement si, P appartient au cercle
circonscrit au triangle ABC .
Le problème est équivalent à la formulation suivante : pour tout point P du plan on a l’inégalité
AP + BP ≥ CP,
du cercle circonscrit au triangle ABC.
avec égalité si, et seulement si, P appartient à l’arc AB
Supposons que CP ≥ AP et CP ≥ BP. Considérons la rotation R de centre A et d’angle 60◦ . Si P ′ est
[′ = 60◦ , donc APP ′ est un triangle équilatéral,
l’image de P par la rotation R alors AP = AP ′ et PAP
294 CHAPITRE 5. MAXIMUM ET MINIMUM EN GÉOMÉTRIE
par conséquent PP ′ = PA. Notons que la rotation R envoie B vers C, donc [P ′ C] est l’image de [PB]
par R, par suite CP ′ = BP. Par conséquent, le triangle PCP ′ a des côtés dont les longueurs sont
égales à AP, BP et CP. Puisque CP ≥ AP, CP ≥ BP et APP [′ = 60◦ , le triangle PCP ′ est dégénéré
[ = 60◦ = ABC,
si, et seulement si APC [ dans un tel cas APBC est un quadrilatère cyclique, d’où P
appartient à l’arc AB du cercle circonscrit au triangle ABC.
AB = BC = CD, DE = EF = FA et [ = EFA
BCD = 60◦ .
[ =\
Soient G et H deux points intérieurs à l’hexagone tels que AGB DHE = 120◦ . Montrer
que :
AG + GB + GH + DH + HE ≥ CF.
Par hypothèses les triangles BCD et EFA sont équilatéraux, donc (BE) est un axe de symétrie
de ABDE.
b
B
A
b
b
b
C
G
b
H
b
F
b
b
E
D
Soient BC ′ A et EF ′ D les symétriques de BCD et EFA par rapport à (BE) respectivement. Puisque
[ = 180◦ − AC
BGA \ ′ B, alors le point G appartient au cercle circonscrit au triangle ABC ′ . D’après le
théorème de Pompeiu on a : AG + GB = C ′ G, et de même DH + HE = HF ′ , par suite :
CF = C ′ F ′ ≤ C ′ G + GH + HF ′ = AG + GB + GH + DH + HE,
Trouver un point X dans le plan d’un triangle donné ABC tel que la somme AX + BX + CX
soit minimale.
Soit f (X) = AX + BX + CX. Il est clair que si X est situé en dehors du triangle ABC, alors il
existe un point X ′ tel que f (X ′ ) < f (X). En effet, supposons que X est en dehors du triangle ABC,
alors une des droites (AB), (BC) et (CA), disons que c’est (AB), est telle que le point X et le triangle
ABC sont de part et d’autre par rapport à la droite (AB).
5.2. PROBLÈMES D’EXTREMUMS ET INÉGALITÉS ALGÉBRIQUES 295
C
b
X′
b
A Y
b b b
B
b
X
Soit X ′ le symétrique de X par rapport à (AB), alors AX ′ = AX, BX ′ = BX. De plus, le segment
[CX] coupe la droite (AB) en un point Y , et on a : XY = X ′ Y . D’après l’inégalité triangulaire on a :
CX ′ < CY + X ′ Y = CY + XY = CX,
ce qui implique que f (X ′ ) < f (X).
Dans la suite, on ne considère que le cas où X est situé à l’intérieur ou sur les bords du triangle
ABC. On note les angles du triangle ABC par α, β et γ, et on suppose sans perte de généralité que
γ ≥ α ≥ β. Alors, α et β sont tous les deux aigus. Soit ϕ la rotation de centre A et d’angle 60◦ (dans
le sens contraire des aiguilles d’une montre). Pour tout point M du plan, on note par M ′ l’image
de M par ϕ, alors AMM ′ est un triangle équilatéral, en particulier ACC ′ est équilatéral.
Soit X un point arbitraire dans le triangle ABC, alors AX = XX ′ , et ϕ(X) = X ′ , ϕ(C) = C ′ im-
pliquent que CX = C ′ X ′ , par conséquent f (X) = BX + XX ′ + X ′ C ′ , c’est-à-dire f (X) est égale à la
longueur de la ligne brisée BXX ′ C ′ . On considère trois cas.
⋄ Cas 1 : γ < 120◦ .
\′ = γ + 60◦ < 180◦ . Comme α < 90◦ alors on a aussi BAC
Alors BCC \′ < 180◦ , donc le segment
[BC ] coupe le côté AC en un point D. Soit X0 le point d’intersection de BC ′ avec le cercle cir-
′
conscrit au triangle ACC ′ , alors X0 est situé à l’intérieur du segment [BD] et X0′ ∈ [C ′ X0 ] puisque
\
AX \′ ◦
0 C = ACC = 60 . De plus, on a :
′
Exemple 14
Montrer que, parmi tous les rectangles inscrits dans un cercle donné, c’est le carré qui a la
plus grande aire.
Montrer que, parmi tous les parallélépipèdes rectangles de volume fixe, c’est le cube qui a
la plus petite aire latérale.
Soient a, b et c les longueur, largeur et hauteur du parallélépipède, alors le volume V est donné
par V = abc. Si S est la surface latérale, alors on sait que S = 2(ab + bc + ca). Maintenant grâce à
l’inégalité de la moyenne on a :
q
S ab + bc + ca
= ≥ 3
(abc)2 = V 2/3 .
6 3
Ainsi, le minimum de S est atteint lorsque a = b = c.
Exemple 16
Un carré et un triangle ont la même aire. Qui des deux a le plus grand périmètre ?
➀ On commence par trouver la longueur du plus court segment [XY ] qui coupe les côtés [AB]
et [AC] formant un angle de mesure α.
C
b
Y
b
b
a
b
α b b
A c
X B
Exemple 18
AO 2 + BO 2 + CO 2 + DO 2 = 2 · [ABCD].
AO 2 + BO 2 [ = 90◦ et AO = BO.
On a : 2 [AOB] ≤ AO · BO ≤ avec égalité si, et seulement si, AOB
2
De même on a :
BO 2 + CO 2 CO 2 + DO 2 DO 2 + AO 2
2[BOC] ≤ , 2[COD] ≤ , 2[DOA] ≤ .
2 2 2
En sommant les quatre inégalités on déduit que :
2 ( [AOB] + [BOC] + [COD] + [DOA] ) ≤ AO 2 + BO 2 + CO 2 + DO 2 ,
[ = BOC
avec égalité si, et seulement si, AOB [ = COD
\ = DOA[ = 90◦ et AO = BO = CO = DO.
D’autre part, pour tout quadrilatère ABCD, convexe ou non, et tout point O on a :
2 [ABCD] ≤ 2 ( [AOB] + [BOC] + [COD] + [DOA] ).
Il s’ensuit que ABCD est un carré de centre O.
Exemple 19
➀ On a clairement :
1 1
1 = [ABD] + [BCD] ≤ (AB · AD + BC · CD) et 1 = [ABC] + [ACD] ≤ (AB · BC + AD · CD).
2 2
En sommant on déduit que (AB + CD)(AD + BC) ≥ 4, et par l’inégalité de la moyenne :
p
AB + CD + AD + BC ≥ 2 (AB + CD)(AD + BC) ≥ 4.
Par conséquent, la valeur minimale de la somme AB + BC + CD + DA est égale à 4, et cette
valeur est atteinte uniquement lorsque ABCD est un carré.
298 CHAPITRE 5. MAXIMUM ET MINIMUM EN GÉOMÉTRIE
1
➁ On a : 1 = [ABCD] = · AC · BD · sin ϕ où ϕ est l’angle entre les diagonales AC et BD.
2 √ √
Donc, AC · BD ≥ 2, et par l’inégalité de la moyenne : AC + BD ≥ 2 AC · BD ≥ 2 2, avec
égalité si, et seulement si, AC ⊥ BD et AC = BD.
Exemple 20
Soit X un point à l’intérieur d’un triangle donné ABC . Les droites passant par X et pa-
rallèles aux trois côtés du triangle divisent ce dernier en six parties, trois d’entres elles
sont des triangles d’aires S1 , S2 et S3 . Déterminer la position de X pour laquelle la somme
S1 + S2 + S3 est minimale.
Comme les triangles en question sont semblables au triangle ABC, alors il est facile de voir que
√ √ √ 2
[ABC] = S1 + S2 + S3 . D’après l’inégalité de la moyenne on a :
√ √ √ 2
S1 + S2 + S3 [ABC]
S1 + S2 + S3 ≥ = .
3 3
[ABC]
On a égalité si, et seulement si, S1 = S2 = S3 = .
9
Donc, la somme S1 + S2 + S3 est minimale lorsque X est le centre de gravité du triangle [ABC].
Exemple 21
Soit ABC un triangle équilatéral et P un point à son intérieur. Montrer que l’aire du tri-
[ABC]
angle de côtés PA, PB et PC est plus grande ou égale à .
3
On trace les droites passant par P et parallèles aux côtés du triangle. On note ces droites
(B2 A1 ), (C2 B1 ), (A2 C1 ). On a : PA = B2 C2 , PB = C2 A2 et PC = A2 B2 . Donc, il suffit de montrer que
1
[A2 B2 C2 ] ≤ [ABC].
3
C
b
B1 b
A2
b
B2 A1
b b b
b b b b
A C1 C2 B
On a :
1
[A2 B2 C2 ] = [A2 B2 P] + [B2 C2 P] + [C2 A2 P] = ([A2 CB1 P] + [B2 AC1 P] + [C2 BA1 P])
2
1
= ([ABC] − [A1 A2 P] − [B1 B2 P] − [C1 C2 P]) .
2
1
L’exemple précédent montre que [A2 B2 C2 ] ≤ [ABC].
3
Exemple 22
Parmi tous les triangles de périmètre fixé, déterminer celui qui a la plus grande aire.
5.2. PROBLÈMES D’EXTREMUMS ET INÉGALITÉS ALGÉBRIQUES 299
Si a, b et c sont les longueurs des côtés du triangle, alors par la formule de Héron on a :
p a+b+c
Aire = s(s − a)(s − b)(s − c) avec s= .
2
p
3 (s − a) + (s − b) + (s − c) s
D’après l’inégalité de la moyenne, on a : (s − a)(s − b)(s − c) ≤ = .
3 3
Par conséquent :
r √
s 3 2 3
Aire ≤ s =s · ,
3 9
avec égalité si, et seulement si, s−a = s−b = s−c, c’est-à-dire lorsque a = b = c (triangle équilatéral).
Exemple 23
Soit X un point situé à l’intérieur d’un triangle donné ABC . On note par x, y et z les dis-
tances de X aux côtés BC, AC et AB respectivement. Pour quelles positions du point X , la
somme x2 + y 2 + z2 est-elle minimale ? est-elle maximale ?
Par conséquent :
4 [ABC]2
x2 + y 2 + z2 ≥ .
a2 + b 2 + c 2
x y z
En conclusion, la somme x2 +y 2 +z2 est minimale pour les points X tels que = = .
a b c
Point de Lemoine
Il existe, en fait, un unique point vérifiant de telles conditions, il s’agit du point de lemoine,
il est défini comme étant le point d’intersection des droites symétriques des médianes du
triangle par rapport aux bissectrices correspondantes.
Pour la valeur maximale de x2 +y 2 +z2 , il n’est pas difficile de voir qu’elle est atteinte lorsque X
coïncide avec le sommet du plus petit angle du triangle. En effet, si par exemple a = BC est le plus
côté du triangle, alors a(x + y + z) ≤ ax + by + cz = 2 [ABC], donc x + y + z ≤ ha , où ha est la longueur
de la hauteur issue de A. D’autre part, x2 + y 2 + z2 ≤ (x + y + z)2 , et par suite x2 + y 2 + z2 ≤ h2a , avec
égalité seulement si X = A.
Exemple 24
Soit X un point situé à l’intérieur d’un triangle donné ABC . On suppose que les droites
(AX), (BX) et (CX) coupent les côtés BC, CA et AB aux points A1 , B1 et C1 respectivement.
Déterminer les positions du point X pour lesquelles l’aire du triangle A1 B1 C1 est maxi-
male.
Par suite
[A1 B1 C1 ] λ µ ν 1 + λνµ
= 1− − − =
[ABC] (λ + 1)(µ + 1) (µ + 1)(λ + 1) (ν + 1)(λ + 1) (λ + 1)(µ + 1)(ν + 1)
2
= .
(λ + 1)(µ + 1)(ν + 1)
√ √ √
En multipliant, entre elles, les trois inégalités : 1 + λ ≥ 2 λ, 1 + µ ≥ 2 µ et 1 + ν ≥ 2 ν on obtient
(1 + λ)(1 + µ)(1 + ν) ≥ 8. Par conséquent, [A1 B1 C1 ] ≤ 14 · [ABC], avec égalité lorsque λ = µ = ν = 1,
c’est-à-dire lorsque X est le centre de gravité du triangle ABC.
En conclusion, l’aire du triangle A1 B1 C1 est maximale lorsque X est le centre de gravité de ABC.
Exemple 25
Soit ABC un triangle équilatéral. On considère les points C1 , A1 et B1 éléments des seg-
ments [AB], [BC] et [CA] respectivement. Quelle est la valeur maximale de la somme des
rayons ra , rb et rc des cercles inscrits dans les triangles AB1 C1 , BC1 A1 et CA1 B1 ?
√
2 [AB1 C1 ] 3 AB1 · AC1
On a : ra = = · , par suite :
AB1 + AC1 + B1 C1 2 AB1 + AC1 + B1 C1
√ √
3 AB1 · AC1 3p 1
ra ≤ · √ √ = AB1 · AC1 ≤ √ · (AB1 + AC1 ).
2 2 AB1 · AC1 + AB1 · AC1 6 4 3
On obtient de façon analogue, et par symétrie, des inégalités identiques pour rb et rc .
En sommant les trois inégalités ainsi obtenues on déduit que :
1 1
ra + rb + rc ≤ √ (AB1 + AC1 + BC1 + BA1 + CA1 + CB1 ) = √ (AB + BC + CA).
4 3 4 3
On a égalité lorsque A1 , B1 et C1 sont les milieux des segments [BC], [AC] et [AB] respectivement.
b
A = i+ − 1.
2
Démonstration
On commence la démonstration du théorème de Pick par un exemple simple : prenons pour polygone
P un carré horizontal de côté n ≥ 2 dont les sommets sont les points de coordonnées (0, 0), (n, 0), (0, n)
et (n, n). Alors, on a clairement A = n2 , b = 4(n + 1) − 4 = 4n (les sommets sont comptés deux fois), et
i = (n − 1)2 . On voit ainsi que (n − 1)2 + 2n − 1 = n2 .
Pour montrer le cas général, l’idée consiste à découper le polygone P en polygones plus simples (pas
des carrés du type ci-dessus mais plutôt des triangles). Il suffira alors d’établir la formule pour un
triangle, car on observe que la formule est additive au sens suivant : supposons que P1 et P2 sont
deux polygones ayant une ou plusieurs arêtes consécutives en commun mais dont les intérieurs sont
disjoints.
5.3. PROBLÈMES D’EXTREMUMS ET COMBINATOIRE 301
P1 P2
b b + b2 − 2x − 2 b b
i+ − 1 = i1 + i2 + x + 1 − 1 = i1 + 1 − 1 + i2 + 2 − 1.
2 2 2 2
Par conséquent, si la formule est vraie pour P1 et P2 , elle est aussi vraie pour P. Montrons maintenant
que tout polygone P peut être décomposé en triangles à sommets dans Z × Z, et même en triangles
élémentaires, c’est-à-dire qui n’ont aucun point à coordonnées entières dans leur intérieur ou au bord
hormis les sommets. On procède de la façon suivante : on commence par trianguler le polygone P
n’importe comment (en fait, il est facile de montrer par récurrence sur le nombre de sommets que tout
polygone admet une triangulation, voir figure précédente à droite). Si un des triangles contient un
point à coordonnées entières dans son intérieur, on le relie aux trois sommets. On continue cela tant
qu’il reste des points intérieurs à coordonnées entières. Enfin, pour un triangle sans point intérieur à
coordonnées entières, on regarde s’il y a des points à coordonnées entières sur un des bords en dehors
des sommets. Si tel est le cas, on relie le sommet opposé à tous les points entiers du côté en question. En
conclusion, tout polygone admet une triangulation en triangles élémentaires . Comme P est obtenu
en assemblant ces triangles élémentaires avec 1 ou 2 arêtes en commun, il suffit, d’après l’additivité
de vérifier que la formule est vraie pour un triangle élémentaire T . Comme pour un tel triangle on
a : i = 0 et b = 3, on est ramené à montrer que l’aire de T est égale à 1/2. Quitte à effectuer une
translation, on peut supposer que l’un des sommets de T est l’origine (0, 0). On note (a, b) et (c, d)
les coordonnées des deux autres sommets. Puisque T est élémentaire alors u = (a, b) et v = (c, d)
forment une base du réseau Z2 car si (x, y) ∈ Z2 on peut écrire (x, y) = αu + βv avec (α, β) ∈ R2
puisque (u, v) est une base de R2 . On va voir que α et β sont des entiers. On peut écrire α = ⌊α⌋ + r
et β = ⌊β⌋ + s avec r, s ∈ [0, 1[. Le point (x, y) − ⌊α⌋u − ⌊β⌋v = ru + vs est dans Z2 et se trouve dans
le parallélogramme de base (u, v). Comme T est élémentaire, ce parallélogramme ne contient aucun
point à! coordonnées entières en dehors de ses sommets. Ainsi, r = s = 0. Il en résulte que la matrice
a c
est dans GL2 (Z). Son déterminant est donc égal à ±1. Or ce déterminant représente l’aire
b d
algébrique du parallélogramme défini par u et v. L’aire de T est donc égale à 1/2.
Exemple 26
Soit n ≥ 4 un entier naturel. Quel est le nombre maximal de points à coordonnées entières
contenus à l’intérieur ou sur le bord d’un carré de côté n ?
302 CHAPITRE 5. MAXIMUM ET MINIMUM EN GÉOMÉTRIE
Soit K un carré arbitraire de côté n, et soit M le plus petit polygone convexe contenant les points à
coordonnées entières situés dans K. Alors, l’aire [M] de M est ≤ n2 , et le périmètre P (M) de M est
m
≤ 4n. D’après la formule de Pick on a : [M] = +k −1, où k est le nombre de points à coordonnées
2
entières situés à l’intérieur de M, et m le nombre de points à coordonnées entières situés sur la
m
frontière (ou les bords) de M. Donc, +k −1 ≤ n2 . Puisque la distance entre deux points distincts
2
et à coordonnées entières est ≥ 1, alors P (M) ≤ m. Par conséquent, m ≤ 4n et on déduit que :
m m
m+k = + k − 1 + + 1 ≤ n2 + 2n + 1 = (n + 1)2 .
2 2
D’où, le nombre m + k de points à coordonnées entières dans K ne dépasse pas (n + 1)2 .
D’autre part, il est clair qu’il existe un carré de côté n contenant (n + 1)2 points à coordonnées
entières.
Exemple 27
Quel est le nombre minimum de plans nécessaires pour couper un cube en au moins 300
pièces ?
En utilisant une preuve par récurrence sur n, il n’est pas difficile de montrer que n droites
n(n+1)
divisent le plan en moins de p(n) = 2 + 1 parts. On obtient précisément p(n) lorsque deux
droites quelconques se coupent, et aucun triplet de droites quelconques ne se coupent en un
point. En utilisant encore une fois la récurrence sur n, on montre que n plans divisent l’espace en
3
moins de q(n) = n +5n+6
6 parts, et on obtient précisément q(n) lorsque deux plans quelconques se
coupent, aucun triplet de plans quelconques n’ont une droite en commun, et aucun quadruplet
de plans quelconques n’ont un point en commun.
Puisque q(12) = 299 < 300 < 378 = q(13), alors pour couper l’espace en au moins 300 parts il
nous faut 13 plans. Il est clair de voir, maintenant, que le même nombre de plans est nécessaire
pour couper un cube en au moins 300 pièces.
Exemple 28
Soit n ≥ 3 un entier donné. Pour des points A1 , A2 , · · · , An dans le plan, et tels que trois
points quelconques ne sont pas alignés, on note par α le plus petit des angles A\ i Aj Ak pour
i, j et k différents. Quelle est la plus grande valeur possible pour α ?
180◦
On se propose de montrer que : α ≤ .
n
Il existe deux points, disons par exemple A1 , A1 b b
A2 , tels que tous les autres points sont situés du b
De plus, A\ 1 A2 A3 ≥ α(n − 2) puisque l’angle entre deux demi-droites consécutives [A2 Ai ) est
≥ α. Ensuite, on choisit un point A4 tel que A\ 2 A3 A4 est un maximum, etc. On a clairement
A\ A A
2 3 4 ≥ α(n − 2), A\ A A
3 4 5 ≥ α(n − 2), etc. Comme le nombre de points est n, alors il existe un
nombre minimal m ≤ n tel que Am+1 ∈ {A1 , A2 , · · · , Am−1 } (il est clair que Am+1 , Am ), c’est-à-dire
\
Am−1 Am A est maximal pour A = Ai pour un certain i ∈ J1, m − 1K. Si i , 1, alors A1 est situé dans
l’angle Am−1\ Am Ai , une contradiction. Par suite, i = 1 et chacun des angles du polygone convexe
A1 A2 · · ·Am est ≥ α(n − 2). Par conséquent : 180◦ (m − 2) ≥ mα(n − 2), ce qui implique :
180◦ (m − 2) 180◦ 2 180◦ 2 180◦
α≤ = 1− ≤ 1− = .
m(n − 2) n−2 m n−2 n n
5.3. PROBLÈMES D’EXTREMUMS ET COMBINATOIRE 303
180◦
on a : α = . b
α b
n α
En conclusion, la plus grande valeur possible
180◦ α
de α est égale à : . b b
n
b b
Exemple 29
Quel est le plus grand nombre de points que l’on peut placer dans le disque unité de sorte
que la distance entre deux points quelconques soit strictement supérieure à 1 ?
Soient O le centre du disque, et A1 , A2 , · · · , An des points à l’intérieur du disque tels que Ai Aj >
1 pour i , j. On peut supposer que ces points sont rangés dans le sens des aiguilles d’une montre
puisque deux quelconques d’entre eux n’appartiennent pas au même rayon. Posons αi = A\ i OAi+1
pour i ∈ J1, nK, avec An+1 = A1 . Alors αi > 60◦ puisque Ai Ai+1 est le plus grand côté du triangle
Ai OAi+1 . D’où :
à un. b b
Exemple 30
Soit n ≥ 4 un entier. Quel est le nombre maximal d’angles aigus dans un polygone convexe
à n côtés ?
Exemple 31
Quel est le plus petit nombre de points qui peuvent être placés dans un polygone convexe
à n côtés de sorte que chaque triangle, formé par trois des sommets du polygone convexe,
contienne un au moins de ces points ?
304 CHAPITRE 5. MAXIMUM ET MINIMUM EN GÉOMÉTRIE
A2
5.4 Exercices
Exercice 1
Soit ABC un triangle rectangle en C. Trouver un point M du cercle circonscrit au triangle
ABC pour lequel la somme MA + MB + MC est maximale.
C
b
a
ϕ B
b
c
α
A
b
Exercice 2
Déterminer le plus petit nombre réel k tel que : dans tout triangle, on peut trouver deux
a
côtés de longueurs a et b avec 1 ≤ < k.
b
√
1+ 5
Solution. On montre tout d’abord que k ≥ . En effet, soit m un nombre réel arbitraire
√ 2
1+ 5
vérifiant 1 ≤ m < . Alors, 1 + m > m2 , ce qui montre qu’il existe un triangle de côtés
2 ! √
2 m m2 m2 1+ 5
1, m, m . Donc, k > min , , = m, ce qui implique que k ≥ .
1 m 1 2
√
1+ 5
Réciproquement, soit k ≥ et supposons que l’assertion n’est pas vraie. Alors, il existe
2
a b a b a
un triangle de côtés a ≥ b ≥ c tel que ≥ k et ≥ k. On déduit que b ≤ et c ≤ ≤ 2 . D’où,
b c k k k
5.4. EXERCICES 305
1 1
b+c ≤a + 2 ≤ a, une contradiction. En conclusion, la plus petite valeur possible de k est
k√ k
1+ 5
égale à .
2
Exercice 3
b = 2 B,
Soit ABC un triangle tel que A b est obtus, et les trois côtés du triangle ont
b l’angle C
des longueurs égales à des nombres entiers. Déterminer la plus petite valeur possible du
périmètre de ce triangle.
Solution. Soient a, b et c les longueurs (entières) des côtés BC, CA et AB du triangle ABC.
a sin(2B)
D’après la loi des sinus on a : = = 2 cos B et
b sin B
c sin(π − 3B) sin 3B (2 sin B cos B) cos B + (2 cos2 B − 1) sin B
= = = = 4 cos2 B − 1.
b sin B sin B sin B
2
c a
D’où, = − 1, ce qui donne :
b b
a2 = b(b + c). (1)
Comme on cherche un triangle de périmètre minimal, on peut supposer que a, b et c n’ont pas
de facteur premier commun, sinon un exemple avec de plus petits nombres pourrait exister. En
fait, b et c doivent être premiers entre eux car la relation (1) montre que tout facteur premier
commun à b et à c serait un facteur aussi de a. Comme la relation (1) exprime un carré parfait
a2 comme le produit de deux entiers premiers entre eux b et b +c, alors b et b +c sont des carrés
parfaits. Donc, pour certains entiers premiers entre eux m et n, on a : b = m2 , b + c = n2 , a √
= mn
et
n a
= = 2 cos B. b L’angle Cb = π − 3B b est obtus, d’où 0 < Bb < , ce qui implique que 3 <
π
m b 6 2
b < 1, et ainsi :
cos B √ n
3< < 2.
m
Il est facile de voir que l’inégalité ci-dessus n’a pas de solutions entières avec m = 1, 2 ou 3. Par
suite, m ≥ 4, n ≥ 7 et :
a + b + c = mn + n2 ≥ 4 · 7 + 72 = 77.
En fait, la paire (m, n) = (4, 7) donne lieu à un triangle avec (a, b, c) = (28, 16, 33), et ce triangle
vérifie toutes les conditions géométriques nécessaires, donc 77 est le périmètre minimal pos-
sible.
Exercice 4
Deux triangles équilatéraux ABC et PQR sont inscrits dans un cercle de rayon r.
Quelle est la valeur minimale de l’aire K de la partie commune à l’intérieur des deux
triangles ?
C b
b Q
O
b b
R
b
b B
b E
b
D
A b
P
306 CHAPITRE 5. MAXIMUM ET MINIMUM EN GÉOMÉTRIE
Solution. Soient {D} = (AB) ∩ (PR) et {E} = (AB) ∩ (PQ). La figure est symétrique par rapport
à (OD), et aussi par rapport à (OE) où O est le centre du cercle. De plus, on a : K = [ABC] −
3[PDE]. Donc, K sera minimale lorsque [PDE] √ est maximale. Notons que PD = AD, PE = BE,
et alors PDE a un périmètre constant AB = r 3. D’où (vérification immédiate) le triangle
Dans ce cas, les côtés
PDE a une aire maximale lorsque P est le milieu de l’arc de cercle AB.
1
du triangle PDE sont égaux au tiers de ceux du triangle ABC, d’où [PDE] = [ABC], et par
9
conséquent : √ √
3 2 √ 2 3 3 2
K ≥ [ABC] 1 − = · r 3 · = ·r .
9 3 4 2
Chapitre
6
Inégalités géométriques
AB + BC ≥ AC.
Corollaire 1
Dans un triangle, le plus long côté est celui situé en face du plus grand angle (et vice versa).
a = x + y, b =y +z et c = z + x.
En effet :
a+c−b a+b−c b+c−a
a = x + y, b = y + z, c = z + x ⇐⇒ x = ,y= ,z= .
2 2 2
307
308 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Exemple 1
On a : √ √ √ 2 √ √ √
c < a + b =⇒ c < a + b + 2 ab = a + b =⇒ c < a + b.
La réciproque est fausse, en effet il est possible de construire un triangle de côtés 2, 3 et 4, alors
qu’il est impossible de construire un triangle de côtés 4, 9 et 16.
Exemple 2
Montrer que s’il est possible de construire un triangle de côtés a < b < c , alors il est possible
1 1 1
de construire un triangle de côtés , et .
a+b b+c c+a
On a
1 1 1
a < b < c =⇒ a + b < a + c < b + c =⇒ < < ,
b+c c+a a+b
1 1 1 1 1 1
alors, il suffit de voir que < + , et il est plus facile de voir que < + .
a+b b+c c+a c b+c c+a
Exemple 3
Soient a, b, c, d, e les longueurs de cinq segments tels que trois quelconques parmi eux
forment un triangle. Montrer qu’il existe trois réels parmi {a, b, c, d, e} qui forment les côtés
d’un triangle acutangle (triangle dont tous les angles sont aigus).
On utilise le fait que si a, b, c sont les côtés d’un triangle, alors l’angle opposé au côté c est
= 90◦ ou < 90◦ ou > 90◦ si c 2 = a2 + b 2 ou c 2 < a2 + b 2 ou c 2 > a2 + b 2 respectivement.
Supposons, par l’absurde, que a ≤ b ≤ c ≤ d ≤ e et que les segments (a, b, c) et (c, d, e) ne forment
pas un triangle acutangle ; puisque c 2 ≥ a2 + b 2 et e 2 ≥ c 2 + d 2 , on déduit que :
(a − b)(b − c) ≤ 0.
Méthode algébrique : supposons tout d’abord que a ≤ b, alors l’égalité a2 +b 2 −ab = c 2 implique que
a(a − b) = c 2 − b 2 = (c − b)(c + b), d’où c − b ≤ 0 et par suite (a − b)(b − c) ≤ 0. De même, a ≥ b implique
c − b ≥ 0, et par suite (a − b)(b − c) ≤ 0.
Méthode géométrique : comme c 2 = a2 + b 2 − ab = a2 + b 2 − 2ab cos 60◦ , on peut imaginer que a, b, c
sont les côtés d’un triangle dont l’angle opposé au côté c mesure 60◦ . Les angles du triangle ABC
vérifient Ab ≤ 60◦ et B b ≥ 60◦ , ou A b ≥ 60◦ et Bb ≤ 60◦ ; d’où on peut déduire (d’après le corollaire)
que a ≤ c ≤ b ou a ≥ c ≥ b. Dans chacun des cas on déduit que (a − b)(b − c) ≤ 0.
Exemple 5
A a
b
D
60◦
60◦
b c
B C
b b
[ = BDC
Considérons le quadrilatère ABCD avec ADB [ = 60◦ et ADC[ = 120◦ , tel que AD = a, BD = b
√ √ √
et CD = c. On déduit alors que : AB = a2 − ab + b 2 , BC = b 2 − bc + c 2 et CA = a2 + ac + c 2 .
L’inégalité à démontrer est tout simplement l’inégalité triangulaire dans le triangle ABC.
Exemple 6 : Théorème de Pompeiu (1936)
On applique, au triangle ABP, une rotation de centre A et de rayon 60◦ . Soit P ′ l’image de
P par cette rotation, il est clair que l’image de B (par cette rotation) est le point C. Les côtés du
triangle PP ′ C sont tels que : PP ′ = PA, P ′ C = PB et PC = PC. On a ainsi répondu à la question.
b A
b
P′
B P
C
b b
Remarque : si le point P est situé sur le cercle circonscrit au triangle ABC, alors on obtient un
triangle dégénéré.
Exemple 7
Exemple 8
AB + AC
AD < .
2
L’inégalité demandée est équivalente à montrer que 2AD < AB + AC. Soit E le point tel que
AE = 2AD, alors ACEB est un parallélogramme, par suite BE = AC et CE = AB. L’inégalité tri-
angulaire dans le triangle ABE donne AE < AB + BE, c’est-à-dire 2AD < AB + AC (voir figure
ci-dessous).
310 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
b
A
B D C
b b b
b
E
Exemple 9
C
b
M L
b b
G
A B
b b b
Dans le triangle LAC on a LC +CA > AL ce qui donne a +2b > 2AL. En ajoutant les deux inégalités
3
similaires on déduit que 3(a+b+c) > 2(AL+BM +CN ) et par suite (AB+BC +CA) > AL+BM +CN .
2
Dans le triangle GAC on a AG + GC > CA ce qui donne 2(CN + AL) > 3b. En ajoutant les deux
inégalités similaires on obtient 4(AL + BM + CN ) > 3(a + b + c) et par suite AL + BM + CN >
3
4 (AB + BC + CA).
Soit ABC un triangle, on note respectivement par r et R les rayons du cercle inscrit et
circonscrit. Montrer qu’il y a équivalence entre :
1 (inégalité d’Euler)
R ≥ 2r.
2
A B C
8 · sin · sin · sin ≤ 1.
2 2 2
3
abc ≥ (a + b − c)(b + c − a)(c + a − b).
Soit I le centre du cercle inscrit dans le triangle ABC, alors en appliquant la loi des sinus dans
le triangle AIC on obtient :
AI AC 2R sin B 2R sin B B
= = = = 4R sin .
sin C A C
sin 180 − 2 − 2
◦ A
sin 2 + 2C B
cos 2 2
2
6.2. INÉGALITÉS AVEC LES CÔTÉS D’UN TRIANGLE 311
A B C A
D’où, r = AI sin = 4R sin sin sin . Par suite, R ≥ 2r est équivalente à :
2 2 2 2
A B C
8 sin · sin · sin ≤ 1.
2 2 2
1
On note [ABC] l’aire du triangle ABC, alors on a : [ABC] = (a+b+c)r (obtenue en reliant le cercle
2
du centre inscrit aux trois sommets). On a aussi
1 1 c abc
[ABC] = ab sin C = ab = .
2 2 2R 4R
En utilisant l’aire du triangle et la formule des cosinus, on a :
2
1 2 2 2 1 1
[ABC]2 = a b sin C = a2 b 2 (1 − cos2 C) = 4a2 b 2 − a2 + b 2 + c 2
4 4 16
1 1
= (a + b) − c c − (a − b)2 =
2 2 2
(a + b + c)(a + b − c)(b + c − a)(c + a − b).
16 16
abc 4[ABC]
Donc, R ≥ 2r est équivalente à ≥ , c’est-à-dire :
4[ABC] a + b + c
Comme l’inégalité est symétrique en b et c alors on peut supposer, sans perte de généralité,
que c ≤ b (par exemple). On considère les deux cas a ≤ b et a ≥ b.
⋄ a ≤ b : il est clair que b < a + c (car ce sont les côtés d’un triangle), par suite
2bc
b + c − a = b − a + c < c + c = 2c ≤ .
a
⋄ a ≥ b : comme on sait que a < b + c ≤ 2b, alors on déduit l’inégalité suivante
2bc
b+c−a = c+b−a ≤ c < .
a
Exemple 12
Montrer que trois quelconques parmi {a, b, c, d} sont les côtés d’un triangle.
➁ On a
!2
2 a2 + b 2 + c 2 a2 + b 2 + c 2
3 a4 + b 4 + c 4 + d 4 < a2 + b 2 + c 2 + d 2 = + + d2
2 2
!2 !2
2 2
a + b + c 2 2
a +b +c2 2 √ 2
≤ + + d 4 3 (Cauchy-Schwarz).
2 2
Donc : 2
a2 + b 2 + c 2
a4 + b 4 + c 4 < 2
.
4
En utilisant la première question on déduit que a, b, c sont les côtés d’un triangle. Finale-
ment, comme l’argument utilisé est symétrique en a, b, c, d alors on a répondu à la question.
a = x + y, b = y + z, c = z+x
avec
a+c−b a+b−c b+c−a
x= , y= , z=
2 2 2
sont des réels strictement positifs.
Preuve
On note X, Y , Z les points d’intersection du cercle inscrit C(I, r) avec le triangle ABC.
A
b
x x
b Y
Z b
b
I
y z
X
B b b b C
y z
a+b+c
On a : x = AZ = Y A; y = ZB = BX et z = XC = CY . En notant s = , il est facile de
2
voir que :
a = y + z, b = z + x, c = x + y, x = s − a, y = s − b, z = s − c.
6.2. INÉGALITÉS AVEC LES CÔTÉS D’UN TRIANGLE 313
Exemple 13
En utilisant la transformation de Ravi, exprimer l’aire d’un triangle ABC , son rayon inscrit,
son rayon circonscrit et son demi-périmètre en fonction de x, y, z.
On a : a = x + y, b = y + z et c = z + x. Donc :
a+b+c
s = = x + y + z.
2
Maintenant, d’après la formule de Héron, on a :
p p
[ABC] = s(s − a)(s − b)(s − c) = (x + y + z)xyz.
Pour le rayon inscrit, la formule [ABC] = sr donne :
p r
[ABC] (x + y + z)xyz xyz
r = = = .
s x+y +z x+y +z
abc
Finalement, de la relation [ABC] = on obtient :
4R
(x + y)(y + z)(z + x)
R = p .
4 (x + y + z)xyz
Exemple 14
En déduire que :
a−b b−c c−a 1
+ + < .
a+b b+c c+a 8
Avec la transformation de Ravi a = y+z, b = z+x et c = x+y on déduit que a+b−c = 2z, b+c−a =
2x et c + a − b = 2y. Donc, l’inégalité en question est équivalente à l’inégalité :
√ p √ √ √ √
2x + 2y + 2z ≤ x + y + y + z + z + x.
314 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
on conclut que :
√ p p √ √ √
√ p √ 2x + 2y 2y + 2z 2z + 2x
2x + 2y + 2z = + +
2 2 2
r r r
2x + 2y 2y + 2z 2z + 2x √ √ √
≤ + + = x + y + y + z + z + x.
2 2 2
x + 2y + 3z 3x + y + 2z 2x + 3y + z
a′ = , b′ = , c′ = .
2 2 2
D’après la formule de Héron, l’aire du triangle A′ B′ C ′ est donnée par :
r
′ ′ ′ 3(x + y + z)(2x + y)(2y + z)(2z + x)
[A B C ] = .
16
ce qui donne :
r
′ ′ ′ 3(x + y + z)27(xyz) 9
[A B C ] ≥ = [ABC].
16 4
Exemple 17
a2 (b + c − a) + b 2 (c + a − b) + c 2 (a + b − c) ≤ 3abc.
2 Montrer que
a b 2 + c 2 − a2 + b c 2 + a2 − b 2 + c a2 + b 2 − c 2 ≤ 3abc.
a2 (b − c − a + c − a − b) + b 2 (a − b − c + c − a − b) + c 2(a − b − c + b − c − a)
− 2bc(a − b − c) − 2ca(b − c − a) − 2ab(c − a − b)
= 2a2 (−a + b + c) + 2b 2 (a − b + c) + 2c 2 (a + b − c) − 6abc ≤ 0.
Par conséquent :
a2 (b + c − a) + b 2 (c + a − b) + c 2 (a + b − c) ≤ 3abc.
➁ On a
a b 2 + c 2 − a2 + b c 2 + a2 − b 2 + c a2 + b 2 − c 2 = a2 (b + c − a) + b 2 (c + a − b) + c 2(a + b − c).
y +z z+x x+y
1ère méthode : On pose x = −a+b+c, y = a−b+c et z = a+b−c, alors a = ,b= et c = .
2 2 2
L’inégalité en question devient alors (après une multiplication par 16) :
x3 z + y 3 x + z2 y ≥ x2 yz + y 2 zx + z2 xy,
c’est-à-dire
a2 b(a − b) + b 2 c(b − c) + c 2a(c − a) = a(b + c − a)(b − c)2 + b(a + b − c)(a − b)(a − c).
2 Montrer que X√ √
a2 + b 2 − c 2 · a2 − b 2 + c 2 ≤ ab + bc + ca.
cycl.
Remarque : la somme est prise sur toutes les permutations cycliques de (a, b, c).
316 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Donc :
X√ √
a2 + b 2 − c 2 · a2 − b 2 + c 2 =
cycl.
1 X √ 2 √ √ √
= a + b 2 − c 2 · a2 − b 2 + c 2 + c 2 + a2 − b 2 · c 2 − a2 + b 2
2 cycl.
q
1X X
≤ (2a2 )(2c 2 ) = ac.
2 cycl. cycl.
a+b+c
Si s = , alors par l’inégalité entre la moyenne arithmétique et géométrique on a :
2
p
(s − a) + (s − b) + (s − c) ≥ 3 3 (s − a)(s − b)(s − c).
(a + b + c)2 √
≥ 6 3 [ABC].
2
Finalement, on conclut que :
(a + b + c)2 √
a2 + b 2 + c 2 ≥ ≥ 4 3 [ABC].
3
Exemple 21
Montrer que si un triangle a un périmètre fixé, alors son aire est maximale lorsqu’il est
équilatéral.
Si a, b, c sont les côtés du triangles ABC, alors [ABC] = s(s − a)(s − b)(s − c). D’après l’inégalité
entre les moyennes arithmétique et géométrique on déduit que
s (s − a) + (s − b) + (s − c) p
= ≥ 3 (s − a)(s − b)(s − c).
3 3
Par conséquent
s4
[ABC]2 ≤ ,
27
avec égalité si, et seulement si,
Exemple 22
Fb b
E
M
b
Bb b b
C
D
Exemple 24
Soient ha , hb et hc les hauteurs d’un triangle ABC . On note I le centre du cercle inscrit et r
son rayon. Montrer que :
1 1 1 1
+ + = et ha + hb + hc ≥ 9r.
ha hb hc r
r r ·a [IBC] r [ICA]
Pour la première identité on remarque que = = . De même, on a =
ha ha · a [ABC] hb [ABC]
r [IAB]
et = . En sommant ces trois relations on déduit que :
hc [ABC]
On pose S = [ABC], S1 = [HBC], S2 = [HCA] et S3 = [HAB]. Comme les triangles ABC et HBC
ont la même base, alors SS1 = HD S2 HE S3 HF
AD . On a de façon similaire S = BE et S = CF . Par conséquent :
HD HE HF
+ + = 1.
AD BE CF
Or (a + b + c) 1a + 1b + 1c ≥ 9, donc HD
AD BE
+ HE CF
+ HF HD HE HF
AD + BE + CF ≥ 9, ce qui permet de conclure.
BC DE FA 3
+ + ≥ .
BE DA FC 2
AE · FC ≤ FA · CE + AC · EF.
FA c
≥ .
FC a+b
BC a DE b
On obtient de façon similaire ≥ et ≥ . Ainsi :
BE b + c DA c + a
BC DE FA a b c 3
+ + ≥ + + ≥
CE DA FC b+c c+a a+b 2
B
b
A b
a C
b
b c
F b
b b
D
E
Exemple 27
Soient ABC un triangle, et M, N , P des points arbitraires des segments [BC], [CA], [AB]
respectivement. On note, comme d’habitude, a = BC, b = CA, c = AB et R le rayon du
cercle circonscrit. Montrer que
bc ca ab
+ + ≤ 6R.
AM BN CP
\ β = BN
Soient α = AMB, [ [ Alors on a :
A et γ = APC.
1 abc
[ABC] = a · AM · sin α = .
2 4R
bc ca ab
Par suite = 2R sin α, et de façon similaire = 2R sin β, = 2R sin γ. D’où
AM BN CP
bc ca ab
+ + = 2R (sin α + sin β + sin γ) ≤ 6R.
AM BN CP
On a égalité si, et seulement si, M, N et P sont les pieds des hauteurs du triangle ABC.
A
b
c
b
N
P
b
b
B C
b b b
M a
Exemple 28
Soit ABC un triangle. On note, comme d’habitude, ma , mb et mc les longueurs des médianes
issues respectivement de A, B et C . Montrer que
Soient A1 , B1 , C1 les milieux respectifs des côtés [BC], [CA], [AB] respectivement ; et soient B2 , C2
les symétriques de A1 par rapport à AB et CA respectivement. Finalement, soient D (resp. E)
l’intersection de AB avec A1 B2 (resp. CA avec A1 C2 ), alors :
2DE = B2 C2 ≤ C2 B1 + B1 C1 + C1 B2 = A1 B1 + B1 C1 + C1 A1 = s.
320 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
On utilise le fait que le quadrilatère A1 DAE est inscrit dans un cercle de diamètre AA1 et la loi
des sinus pour déduire que :
DE = AA1 sin Ab = ma sin A.
b
Ainsi
b = 2ma a ama
s ≥ 2DE = 2ma sin A = c’est-à-dire ama ≤ sR.
2R R
De même, on a aussi bmb ≤ sR et cmc ≤ sR.
Montrer que les côtés a, b, c d’un triangle ABC sont les racines de l’équation du 3e degré :
t 3 − 2st 2 + s 2 + r 2 + 4Rr t − 4Rrs = 0.
En déduire la valeur de
1 1 1 1 1 1
+ + et + + .
a b c ab bc ca
α α α
Grâce aux relations a = 2R sin α = 4R sin cos et s − a = rcotan on obtient
2 2 2
α ar α a(s − a)
sin2 = , cos2 = .
2 4R(s − a) 2 4Rr
Par suite
α α a r s−a
1 = sin2 + cos2 = + ,
2 2 4R s − a r
ce qui donne a3 − 2sa2 + a s 2 + r 2 + 4Rr − 4Rrs = 0, ainsi a est solution de l’équation du 3e degré :
t 3 − 2st 2 + s 2 + r 2 + 4rR t − 4Rrs = 0.
D’après les relations entre racines et coefficients d’un polynôme on conclut facilement que :
X X
a = 2s, ab = s 2 + r 2 + 4Rr, abc = 4Rrs.
1 1 1
D’autre part, les réels , , sont racines de l’équation du 3e degré :
a b c
4Rrs t 3 − s 2 + r 2 + 4Rr t 2 + 2st − 1 = 0.
Montrer que les hauteurs ha , hb , hc dans un triangle ABC sont les racines de l’équation du
3e degré :
2R t 3 − s 2 + r 2 + 4Rr t 2 + 4rs 2 t − 4r 2 s 2 = 0.
6.4. ÉTUDE DES TRIANGLES. ÉLÉMENTS REMARQUABLES 321
En déduire la valeur de :
X X Y X 1 X 1
ha , ha hb , ha , , .
ha ha hb
D’après l’équation 4Rrst 3 − s 2 + r 2 + 4Rr t 2 + 2st − 1 = 0 (obtenue à l’exemple précédent) on
déduit que
1 1 1
4Rrs 3 − s 2 + r 2 + 4Rr 2 + 2s − 1 = 0.
a a a
2[ABC]
Puisque a = , alors on obtient : 2Rh3a − s 2 + r 2 + 4Rr h2a + 4rs 2 ha − 4r 2 s 2 = 0. On obtient
ha
des équations similaires avec hb et hc , ainsi ha , hb , hc sont les racines de l’équation de 3e degré :
2Rt 3 − s 2 + r 2 + 4Rr t 2 + 4rs 2 t − 4r 2 s 2 = 0.
Par conséquent :
X s 2 + r 2 + 4Rr X 2s 2 r Y 2r 2 s 2
ha = , ha hb = , ha = .
2R R R
1 1 1
L’équation vérifiée par , et est donnée par :
ha hb hc
4r 2 s 2 t 3 − 4rs 2 t 2 + s 2 + r 2 + 4Rr t − 2R = 0,
et par suite
X 1 1 X s 2 + r 2 + 4Rr
= , ha hb = .
ha r 4r 2 s 2
1
En déduire la valeur de :
X X Y X 1 X 1
(s − a), (s − a)(s − b), (s − a), , .
s−a (s − a)(s − b)
L’équation t 3 − 2st 2 + s 2 + r 2 + 4Rr t − 4Rrs = 0 peut s’écrire sous la forme :
(s − t)3 − s(s − t)2 + r 2 + 4Rr (s − t) − sr 2 = 0.
Or on sait que a, b, c sont les racines de l’équation t 3 − 2st 2 + s 2 + r 2 + 4Rr t − 4Rrs = 0, donc on
déduit que s −a, s −b, s −c sont les racines de l’équation t 3 −st 2 + r 2 + 4Rr t −sr 2 = 0. Les relations
entre racines et coefficients d’un polynôme nous permettent de déduire que :
X X Y
(s − a) = s, (s − a)(s − b) = r(r + 4R), (s − a) = sr 2 .
1 1 1
D’autre part, , , sont les racines de l’équation sr 2 t 3 − r(r + 4R)t 2 + st − 1 = 0, et
(s − a) (s − b) (s − c)
par conséquent on a :
X 1 r + 4R 1 1
= , = .
(s − a) sr (s − a)(s − b) r 2
322 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
t 3 − (r + 4R)t 2 + s 2 t − s 2 r = 0.
X X X1 X 1
En déduire la valeur de : ra , ra rb , ra rb rc , , .
ra ra rb
1
Comme est racine de l’équation sr 2 t 3 − r(r + 4R)t 2 + st − 1 = 0 alors on a :
(s − a)
1 1 1
sr 2 − r(r + 4R) +s − 1 = 0.
(s − a)3 (s − a)2 (s − a)
Cette équation peut s’écrire aussi sous la forme :
3 2
s s s
r2 − r(r + 4R) + s2 − s 2 = 0.
s−a s−a s−a
s r
Or, on sait que rs = ra (s − a) = [ABC], donc avec = a on obtient la relation :
(s − a) r
t 3 − (r + 4R)t 2 + s 2 t − s 2 r = 0.
1 1
D’autre part, et r1 sont les racines de l’équations 2 rt 3 − s 2 t 2 + (r + 4R)t − 1 = 0, ce qui permet
ra , rb
X 1c 1 X 1 r + 4R
de déduire que : = et = 2 .
ra r ra rb s r
La fonction f (x) = cos x est concave sur [0, π], et g(x) = sin x est concave et croissante, donc
h(x) = (g ◦ f )(x) = sin(cos x) est concave. Par suite
α+β +γ π π 3
sin(cos α) + sin(cos β) + sin(cos γ) ≤ 3h = 3h < 3 sin = .
3 3 6 2
Exemple 34
√
√ La fonction f (x) = cos x est concave, et g(x) = x est concave croissante, donc h(x) = g(f (x)) =
cos x est concave. Par suite
r r √
√ p √ α +β +γ π 3 2
cos α + cos β + cos γ ≤ 3 cos = 3 cos = .
3 3 2
Exemple 35
Exemple 36
La fonction f (x) = log 3 x est convexe, et g(x) = cos x est concave décroissante, donc h(x) =
π
cos log 3 x est concave. Par suite :
π
√
3 2
cos log 3 α + cos log 3 β + cos log 3 γ < = h(α) + h(β) + h(γ) ≤
π π π 2
√
π π 3 2
≤ 3 cos log 3 = 3 cos 1 < 3 cos = .
π 3 4 2
Exemple 37
1
cos α · cos β · cos γ ≤ .
8
α β γ 1
sin · sin · sin ≤ .
2 2 2 8
3
cos α + cos β + cos γ ≤ .
2
Pour α, β, γ ∈ ]0, π/2[, la fonction f (x) = cos x est concave, la fonction g(x) = ln x est concave
croissante, d’où h(x) = g(f (x)) = ln(cos x) est concave. D’où :
➂ La fonction f (x) = sin x est concave croissante sur [0, π/2], et la fonction g(x) = ln x est
concave croissante, donc h(x) = g(f (x)) = ln(sin x) est concave. Par suite :
α β γ α β γ
ln sin + sin + sin = ln sin + ln sin + ln sin ≤
2 2 2 2 2 2
α+β +γ π 1 1
≤ 3 ln sin = 3 ln sin = 3 ln = ln .
6 6 2 8
➃ La fonction f (x) = sin x est concave sur ]0, π[, et g(x) = ln x concave et croissante, donc
h(x) = ln(sin x) est concave. Par suite
√
α +β +γ 3 3
ln(sin α) + ln(sin β) + ln(sin γ) ≤ 3 ln sin = ln .
3 8
α +β +γ π 3
cos α + cos β + cosγ ≤ 3 cos = 3 cos = .
3 3 2
Exemple 38
➀ La fonction f (x) = tan(x) est convexe sur ]0, π/2[, et la fonction g(x) = x2 est convexe crois-
sante (sur le même intervalle), donc h(x) = f (g(x)) = tan2 (x) est convexe. Par suite
α +β +γ π
tan2 (α) + tan2 (β) + tan2 (γ) ≥ 3 tan2 = 3 tan2 = 9.
3 3
Exemple 39
En utilisant les notations usuelles dans un triangle, montrer les inégalités suivantes :
1
ha + hb + hc ≥ 9r.
2
ra rb rc
+ + ≥ 3.
ha hb hc
3 √
3
r ≤ s.
9
4 √
ra rb rc 3 3
· · ≤ .
a b c 8
326 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
5
ra + rb + rc ≥ 9r.
n n
1 X X
➀ La fonction f (x) = est convexe, par l’inégalité de Jensen on a : f qi xi ≤ qi f (xi ).
x
i=1 i=1
On choisit qi tels que q1 + q2 + q3 = 1. On prend
a b c 1 1 1
q1 = , q2 = , q3 = , x1 = , x2 = , x3 = .
a+b+c a+b+c a+b+c ha hb hc
Alors, f (x1 ) = ha ; f (x2 ) = hb ; f (x3 ) = hc , et par suite :
ha + hb + hc a b c
≥ ha · + hb · + hc · .
3 a+b+c a+b+c a+b+c
Comme aha = bhb = chc = 2S (où S est l’aire du triangle), on déduit que :
ha + hb + hc 6S ha + hb + hc S
≥ ce qui donne ≥ 3 = 3r,
3 a+b+c 3 s
et ainsi ha + hb + hc ≥ 9r.
r S a a
➁ On observe, tout d’abord, que a = · = .
ha s − a 2S 2(s − a)
x
Maintenant, la fonction f (x) = est convexe sur ]0, s[, par suite :
2(s − x)
!
a b c a+b+c 2 · 3s
+ + ≥ 3f = = 3,
2(s − a) 2(s − b) 2(s − c) 3 2 s − 2 · 3s
ce qui permet de conclure.
➂ On a
2s s3
ln [(s − a)(s − b)(s − c)] = ln(s − a) + ln(s − b) + ln(s − c) ≤ 3 ln s − = ln ,
3 27
d’où
s3 s4
(s − a)(s − b)(s − c) ≤ ce qui donne S2 ≤ .
27 27
√
Par conséquent, on a : r ≤ 93 s.
r S 1
➃ On a : a = , et comme f (x) = est concave sur ]0, s[ ; g(x) = ln x est concave
a a(s − a) x(s − x)
croissante, alors h(x) = g(f (x)) est concave. Par suite :
1 1 1 1 9
ln + ln + ln ≤ 3 ln = 3 ln 2 ,
a(s − a) b(s − b) c(s − c) 2s 2s 2s
3 s− 3
ce qui donne
3 √ !3
1 1 1 9 3 ra rb rc 9S 3 9r 3
· · ≤ d’où · · ≤ = ≤ .
a(s − a) b(s − b) c(s − c) 2s 2 a b c 2s 2 2s 2
√
ra rb rc 3 3
En conclusion, on a montré que · · ≤ .
a b c 8
r s 1
➄ On a : a = , et comme f (x) = est convexe sur ]0, s[, alors
r s−a s−x
ra rb rc 2s 3s
+ + = s · (f (a) + f (b) + f (c)) ≥ 3s · f = = 9.
r r r 3 s − 2s 3
r r r
D’où a + b + c ≥ 9, ce qui permet de conclure.
r r r
6.5. CONVEXITÉ ET TRIGONOMÉTRIE 327
Exemple 40
a b c
+ + ≥ 3.
b+c−a c+a−b a+b−c
a b c
L’inégalité en question peut s’écrire sous la forme : + + ≥ 3.
2(s − a) 2(s − b) 2(s − c)
x
La fonction f (x) = est convexe sur ]0, p[, donc :
s−x
2s
a b c 3 2s 3
+ + ≥ f = · 3 2s = 3.
2(s − a) 2(s − b) 2(s − c) 2 3 2 s− 3
remarque : on peut montrer, plus généralement, que si a1 , a2 , · · · , an sont les côtés d’un polygone
convexe alors
a1 a2 an n
+ + ··· + ≥ ,
2(s − a1 ) 2(s − a2 ) 2(s − an ) n−2
où 2s = a1 + a2 + · · · + an . La preuve est identique à celle ci-haut.
Exemple 41
a2 b2 c2
a+b+c ≤ + + .
b+c−a a+c−b a+b−c
x2
La fonction f (x) = est convexe sur ]0, p[, donc
2(s − x)
4s2
a2 b2 c2 2s 9
+ + ≥ 3f = 3· = 2s = a + b + c.
2(s − a) 2(s − b) 2(s − c) 3 2 s − 2s
3
xn
Il suffit, en fait, de considérer cette fois-ci la fonction convexe f (x) = .
2(s − x)
remarque 2 : si a1 , a2 , · · · , an sont les côtés d’un poygone convexe alors
x2
Il suffit, en fait, de considérer la fonction convexe f (x) = sur ]0, s[.
2(s − x)
Exemple 42
La fonction f (x) = ln(s − x) est concave sur ]0, p[, donc d’après l’inégalité de Jensen on a :
3
2s s
ln [(s − a)(s − b)(s − c)] = ln(s − a) + ln(s − b) + ln(s − c) ≤ 3 ln s − = ln ,
3 3
ce qui permet de conclure.
remarque : on peut généraliser le résultat ci-dessus sous la forme suivante
n
X n
X
nn · (s − ai ) ≤ s n (n − 2)n avec 2s = ai .
i=1 i=1
Exemple 44
Exemple 45
OI 2 = R2 − 2Rr.
Démonstration
Soient M le milieu du segment [BC], et Q la projection orthogonale de I sur le rayon [OD] où D est
Alors, par le théorème de Pythagore, on a :
le milieu de l’arc BC.
Exemple 46
Soit ABC un triangle donné. On note par R le rayon du cercle circonscrit, r le rayon du
cercle inscrit, et s le demi-périmètre. Montrer que :
s R
r ≤ √ ≤ .
3 3 2
abc
On utilise le fait que [ABC] = = sr. D’après l’inégalité entre les moyennes arithmérique et
4R
géométrique on a : √ √3
3
2s = a + b + c ≥ 3 abc = 3 4Rrs.
Par conséquent :
8s 3 ≥ 27(4Rrs) ≥ 27(8r 2 s).
√ s R
Comme R ≥ 2r, alors on conclut que s ≥ 3 3 r. Maintenant, l’inégalité √ ≤ est équivalente
3 3 2
√
√ 3 3
à a + b + c ≤ 3 3 R, et d’après la loi des sinus c’est équivalent à sin A + sin B + sin C ≤ . Cette
2
330 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
dernière inégalité est vraie puisque la fonction f (x) = sin x est concave sur l’intervalle [0, π], donc
on a : √
sin A + sin B + sin C A+B+C ◦ 3
≤ sin = sin 60 = .
3 3 2
Exemple 47
abc p
Comme [ABC] = sr = = s(s − a)(s − b)(s − c), il nous suffit de montrer que 8sr 2 ≤ abc, c’est-à-
4R
dire 8sr 2 ≤ 4Rrs, ce qui est équivalent à 2r ≤ R.
Exemple 48
Soient a, b, c les côtés d’un triangle, et R le rayon du cercle circonscrit. Montrer que :
1 1 1 1
+ + ≥ 2.
ab bc ca R
abc (a + b + c)r
L’aire d’un triangle ABC est donnée par [ABC] = = , par suite :
4R 2
1 1 1 1 1
+ + = ≥ 2,
ab bc ca 2Rr R
avec r le rayon du cercle inscrit.
Exemple 49
On a
2 2 2
A 1 − cosA 1 − b +c
2bc
−a
a2 − (b − c)2 (s − b)(s − c)
sin2 = = = = .
2 2 2 4bc bc
B C
En utilisant les expressions similaires pour sin et sin on déduit que :
2 2
A B C (s − a)(s − b)(s − c) sr 2 r 1
sin sin sin = = = ≤ ,
2 2 2 abc abc 4R 8
avec R et r les rayons des cercles circonscrit et inscrit respectivement.
Exemple 50
Soit ABC un triangle. On note a = BC, b = CA, c = AB, et R le rayon du cercle circonscrit.
Montrer que : √
1a 1b 1 R3
2A 2B 2C c 2
≤ .
π π π 3
6.6. INÉGALITÉ D’EULER ET APPLICATIONS 331
π 1
La fonction f (x) = ln est convexe puisque f ′′ (x) = 2 ≥ 0, alors on a par l’inégalité de Jensen :
2x x
1 π π π 1 π π π
ln + ln + ln ≥ ln + + .
3 2A 2B 2C 3 2A 2B 2C
Comme x 7−→ ln x est une fonction strictement croissante, et par (3) on a :
1 π π π 3
ln + ln + ln ≥ ln . (4)
3 2A 2B 2C 2
On peut supposer, sans perte de généralité, que a ≤ b ≤ c, ce qui implique A ≤ B ≤ C, par suite
1 1 1 π π π
≥ ≥ et ln ≥ ln ≥ ln .
a b c 2A 2B 2C
D’après l’inégalité de Tchebychev on a :
π π π !
1 π 1 π 1 π 1 1 1 ln 2A + ln 2B + ln 2C
ln + ln + ln ≥ + + .
a 2A b 2B c 2C a b c 3
On pose x = s − a, y = s − b et z = s − c, alors
R c a
D’où, ≥ + , ce qui implique que :
r a c
√ √ √ √ √ √ √
R c 2 + a2 (a − c)2 ( a + c)2 ( a − c)2 4 ac ( a − c)2
−2 ≥ −2 = = ≥ . (1)
r ac ac ac ac
À cause de la symétrie, on peut supposer, sans perte de généralité, que a ≥ b ≥ c. Comme
√ √ √ √ √ √ 2 √ √ √ √
( a − c)2 = ( a − b) + ( b − c) ≥ ( a − b)2 + ( b − c)2 ,
√ √ √ √ √ √
et ( a + b + c)2 ≥ ( a + 2 c)2 ≥ 8 ac, on a :
√ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √
( a − b)2 + ( b − c)2 + ( c − a)2 ( a − b)2 + ( b − c)2 + ( c − a)2
√ √ √ = √ √ √
( a + b + c)2 ( a + b + c)2
√ √ √ √ √
2( a − c)2 4 ac ( a − c)2
≤ √ = .
8 ac 16ac
1 2
OG 2 = R2 − a + b2 + c2 .
9
Démonstration
Soit A′ le milieu du segment [BC]. On va utiliser le théorème de Stewart : si L est un point du segment
[BC] et si AL = l, BL = m, LC = n alors a(l 2 + mn) = b 2 m + c 2 n.
On applique le théorème de Stewart au triangle OAA′ pour déterminer la longueur du segment [OG],
alors on obtient :
AA′ OG 2 + AG · GA′ = A′ O 2 · AG + AO 2 · GA′ .
2 1
Puisque AO = R, AG = AA′ et GA′ = AA′ , alors la relation ci-dessus devient :
3 3
2 2 1
OG 2 + (A′ A)2 = A′ O 2 · + R2 · .
9 3 3
6.6. INÉGALITÉ D’EULER ET APPLICATIONS 333
2(b 2 + c 2 ) − a2 a2
D’autre part, puisque (A′ A)2 = et A′ O 2 = R2 − , on déduit que
4 4
! !
a2 2 1 2 2 2(b 2 + c 2 ) − a2 a2 2(b 2 + c 2 ) − a2 a2 + b 2 + c 2
OG 2 = R2 − + R − = = R2 − − = R2 − .
4 3 3 9 4 6 18 9
Dans un triangle ABC de côtés a, b, c et dont le rayon du cercle circonscrit est R, on a l’inégalité :
9R2 ≥ a2 + b 2 + c 2 .
De plus, on a égalité si, et seulement si, O = G, c’est-à-dire lorsque le triangle ABC est équilatéral.
Exemple 53
abc
Comme [ABC] = , alors on a les équivalences suivantes :
4R
a2 b 2 c 2 a2 + b 2 + c 2 3abc
9R2 ≥ a2 + b 2 + c 2 ⇐⇒ ≥ ⇐⇒ 4[ABC] ≤ √ .
16[ABC]2 9 a + b2 + c2
2
√ √
D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz on a : a + b + c ≤ 3 a2 + b 2 + c 2 , d’où :
√ 9abc
4 3 [ABC] ≤ .
a+b+c
Exemple 54
a2 b2 c2 1 1 9
sin2 A + sin2 B + sin2 C = 2
+ 2
+ 2
= 2
(a2 + b 2 + c 2 ) ≤ 2
· 9R2 =
4R 4R 4R 4R 4R 4
d’après l’inégalité de Leibniz.
Exemple 55
On suppose que le cercle inscrit au triangle ABC est tangent aux côtés [BC], [CA], [AB] en
D, E, F respectivement. Montrer que :
s2
EF 2 + FD 2 + DE 2 ≤ ,
3
où s est le demi-périmètre.
334 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Notons que le cercle inscrit dans le triangle ABC est le cercle circonscrit au triangle DEF.
On note par r le rayon du cercle inscrit dans le triangle ABC, alors en appliquant l’inégalité de
Leibniz on obtient :
EF 2 + FD 2 + DE 2 ≤ 9r 2 .
s R
D’autre part, on sait que r ≤ √ ≤ (voir exemple 46), donc s 2 ≥ 27r 2 et par suite
3 3 2
s2
EF 2 + ED 2 + DE 2 ≤ .
3
Exemple 56
Soit ABC un triangle donné. On note a = BC, b = CA, c = AB, et ha , hb , hc les longueurs des
hauteurs issues de A, B, C respectivement. Montrer que :
a2 b2 c2
+ + ≥ 4.
hb hc hc ha ha hb
On a :
a2 b2 c2 a2 bc + b 2 ac + c 2 ab abc(a + b + c) abc(a + b + c) 2R
+ + = = = = ≥ 4.
hb hc hc ha ha hb 4[ABC]2 4[ABC]2 abc (a+b+c)r
4 4R r
2
Montrer que :
a + b + c = 2s
ab + bc + ca = s 2 + r 2 + 4rR
abc = 4Rrs
a + b + c 2 = 2 s 2 − r 2 − 4Rr
2 2
a3 + b 3 + c 3 = 2 s 3 − 3r 2 s − 6Rrs .
La première relation est tout simplement la définition de s, et la troisième découle du fait que
abc
l’aire du triangle est = rs. En utilisant la formule de Héron on a la relation : s(s−a)(s−b)(s−c) =
4R
r 2 s 2 , d’où
s 3 − (a + b + c)s 2 + (ab + bc + ca)s − abc = r 2 s.
En utilisant la première et la troisième relation dans l’identité ci-dessus, on déduit la deuxième
relation :
ab + bc + ca = s 2 + r 2 + 4Rr.
Maintenant, comme tout polynôme symétrique en a, b et c peut être exprimé comme un polynôme
en (a + b + c), (ab + bc + ca) et (abc), alors on peut l’exprimer aussi en fonction de s, R et r comme
suit :
a2 + b 2 + c 2 = (a + b + c)2 − 2(ab + bc + ca) = 2 s 2 − r 2 − 4Rr
a3 + b 3 + c 3 = (a + b + c)3 − 3(a + b + c)(ab + bc + ca) + 3abc = 2 s 3 − 3r 2 s − 6Rrs .
6.7. FONCTIONS SYMÉTRIQUES DE A, B ET C 335
Exemple 58
➀ On a
b 2 + c 2 − a2 c 2 + a2 − b 2 a2 + b 2 − c 2
cos A + cosB + cos C = + +
2bc 2ca 2ab
a(b 2 + c 2 ) + b(c 2 + a2 ) + c(a2 + b 2 ) − (a3 + b 3 + c 3 )
=
2abc
(a + b + c)(a2 + b 2 + c 2 ) − 2(a3 + b 3 + c 3 )
=
2abc
4s(s 2 − r 2 − 4Rr) − 4(s 3 − 3r 2 s − 6Rrs)
=
8Rrs
(s 2 − r 2 − 4Rr) − (s 2 − 3r 2 − 6Rr)
=
2Rr
2
2r + 2Rr r
= = 1+ .
2Rr R
Soit ABC un triangle. On désigne respectivement par L, M, N les points d’intersection des
[ ABC,
bissectrices intérieures des angles CAB, [ BCA
[ avec les côtés BC, CA, AB et par I le
centre du cercle inscrit. Montrer que :
1 AI · BI · CI 8
< ≤ .
4 AL · BM · CN 27
BL AB c
D’après le théorème de la bissectrice on a = = , et puisque BL + LC = a on déduit que
LC CA b
ac ab d donne
BL = et LC = . De même, le théorème de la bissectrice appliqué à l’angle ABL
b+c b+c
IL BL ac a
= = = . Donc
AI AB (b + c)c b + c
AL AI + IL IL a a+b+c
= = 1+ = 1+ = .
AI AI AI b+c b+c
1 (b + c)(c + a)(a + b) 8
< 3
≤ .
4 (a + b + c) 27
336 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
b
A
b
M
b
I
B C
b b b
Exemple 60
Exemple 61
a+b+c
Si s = est le demi-périmètre, alors
2
(b + c − a)(c + a − b)(a + b − c) 2r
= .
abc R
On a :
(b + c − a)(c + a − b)(a + b − c) 8(s − a)(s − b)(s − c) 8s(s − a)(s − b)(s − c) 8(rs)2 2r
= = = = .
abc abc 4Rs 4Rabc 4Rs(rs) R
Exemple 63
Soient a, b, c les côtés d’un triangle, et R le rayon du cercle circonscrit. Montrer que :
a2 b2 c2 √
+ + ≥ 3 3 R.
b+c−a c+a−b a+b−c
On a successivement :
!
a2 b2 c2 1 a2 b2 c2
+ + = + +
b+c−a c+a−b a+b−c 2 s−a s−b s−c
! !
1 sa sb sc s a b c
= −a+ −b+ −c = + + −s
2 s−a s−b s−c 2 s−a s−b s−c
" #
s (a + b + c)s 2 − 2(ab + bc + ca)s + 3abc
= −s
2 (s − a)(s − b)(s − c)
" #
s 2s 3 − 2s(s 2 + r 2 + 4rR) + 3(4Rrs) 2s(R − r)
= −s =
2 r 2s r
√
2s R − R2 3 3 rR √
≥ ≥ = 3 3 R.
r r
√
Les deux dernières inégalités proviennent de R ≥ 2r et s ≥ 3 3 r.
Montrer que :
abc ≥ 8(s − a)(s − b)(s − c).
Montrer que :
3
abc < a2 (s − a) + b 2 (s − b) + c 2 (s − c) ≤ abc.
2
Montrer que :
3 a b c
≤ + + < 2.
2 b+c c+a a+b
Montrer que : √ √
√ √ √
s < s − a + s − b + s − c ≤ 3s.
L’inégalité de gauche découle du fait que pour x, y, z des nombres réels strictement positifs on a :
√ √ √ √
x + y + z < x + y + z.
√
Pour l’inégalité de droite, la fonction f définie par f (x) = x est concave sur ]0, +∞[, d’où
r
X 1√ X1 √ √ √ √
s−a ≤ (s − a) ce qui donne s − a + s − b + s − c ≤ 3s.
3 3
6.8. QUELQUES INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES DANS LE TRIANGLE 339
Exemple 68
Montrer que : √
3 3
0 < sin α + sin β + sin γ ≤ .
2
D’après le théorème de Leibniz on sait que OH 2 = 9R2 − a2 + b 2 + c 2 , ce qui donne a2 +b 2 +c 2 ≤
9R2 . Donc, on obtient
(a + b + c)2 ≤ 3 a2 + b 2 + c 2 ≤ 27R2 .
√
Par suite 0 < a + b + c ≤ 3 3 R. En utilisant les relations a = 2R sin α, b = 2R sin β et c = 2R sin γ,
on conclut que :
√
3 3
0 < sin α + sin β + sin γ ≤ .
2
Exemple 69
Montrer que : √
3 3
sin α · sin β · sin γ ≤ .
8
Exemple 70
Montrer que :
α β γ 1
0 < sin · sin · sin ≤ .
2 2 2 8
Q Q
On sait que OI 2 = R2 (1 − 8 sin(α/2)), donc il s’ensuit que 1 − 8 sin(α/2) ≥ 0. L’inégalité de
gauche est claire. On a égalité si, et seulement si, le triangle est équilatéral.
Exemple 71
Montrer que :
3
1 < cos α + cos β + cos γ ≤ .
2
P Q Q
On utilise l’identité classique cos α = 1 + 4 sin(α/2). Puisque sin(α/2) > 0 alors on a
prouvé l’inégalité de gauche. Pour l’inégalité de droite on utilise celle prouvée dans l’exemple
précédent.
Exemple 72
Montrer que :
α β γ 3
1 < sin + sin + sin ≤ .
2 2 2 2
Exemple 73
Montrer que :
1
cos α · cos β · cos γ ≤ .
8
P 3
On utilise la relation 1 < cos α ≤
vu à l’exemple 58, ainsi que l’inégalité entre la moyenne
2
arithmétique et géométrique, on obtient :
3
cos α + cos β + cos γ 1
cos α · cos β · cos γ ≤ ≤ .
3 8
Exemple 74
Soient x, y, z des nombres réels tels que xyz > 0. Montrer que :
!
1 yz zx xy
x cos α + y cos β + z cos γ ≤ + + .
2 x y z
d’où en développant :
X
2x2 yz cos α + 2xy 2 z cos β − 2xyz2 cos(α + β) ≤ y 2 z2 .
Exemple 75
Comme le triangle est acutangle alors tan α, tan β, tan γ sont tous positifs. Donc
1
tan α · tanβ · tan γ = tan α + tan β + tan γ ≥ 3 (tan α · tan β · tan γ) 3 .
√ Q P
Par conséquent tan α · tan β · tan γ ≥ 3 3, et comme tan α = tan α, on obtient l’inégalité de-
mandée.
remarque : on peut aussi utiliser le fait que la fonction f (x) = tan x est convexe sur ]0, π2 [.
Exemple 76
Montrer que : √
cotan α + cotan β + cotan γ ≥ 3.
On a :
cos α cos β sin(α + β) 2 sin γ 2 sin γ γ
cotan α + cotan β = + = = ≥ = 2 tan .
sin α sin β sin α sin β cos(α − β) + cos γ 1 + cos γ 2
On montre de même que
α β
cotan β + cotanγ ≥ 2 tan et cotan γ + cotanα ≥ 2 tan .
2 2
6.8. QUELQUES INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES DANS LE TRIANGLE 341
En additionnant, on obtient :
α β γ
2 (cotan α + cotan β + cotan γ) ≥ 2 tan + tan + tan .
2 2 2
Comme la fonction f (x) = tan x est convexe sur ]0, π/2[ on obtient :
1 α β γ α +β +γ 1
tan + tan + tan ≥ tan = tan 30◦ = √ .
3 2 2 2 6 3
√
Par conséquent tan(α/2) + tan(β/2) + tan(γ/2) ≥ 3, ce qui donne
√
α β γ
cotan α + cotanβ + cotanγ ≥ tan + tan + tan ≥ 3.
2 2 2
Exemple 77
Montrer que :
α β γ
cotan2 + cotan2 + cotan2 ≥
2 2 2
α β γ
≥ cotan + cotan + cotan (cotan α + cotan β + cotan γ) .
2 2 2
α β γ
On pose cotan = x, cotan = y, cotan = z, alors on sait que x + y + z = xyz. On a :
2 2 2
X X
(x + y + z)2 = (x + y + z)xyz = x2 − 1 yz + xy,
P P
ce qui donne x2 + y 2 + z2 + xy = (x2 − 1)yz. Par suite
X X
2 x2 + y 2 + z2 ≥ x2 + y 2 + z2 + xy = x2 − 1 yz,
x2 − 1 X x2 − 1 !
2 2 2
qui peut s’écrire aussi sous la forme : x + y + z ≥ xyz . Or,
= cotan α, donc on
2x 2x
arrive à : X Y X
α α X α
cotan2 ≥ cotan cotan α = cotan (cotanα) .
2 2 2
Exemple 78
Montrer que :
2
α β γ α β γ
sin + sin + sin ≤ cos2 + cos2 + cos2 .
2 2 2 2 2 2
Montrer que : √
a2 + b 2 + c 2 ≥ 4 3 [ABC] + (a − b)2 + (b − c)2 + (c − a)2 .
si et seulement si a = b = c.
remarque : l’inégalité
√ de Hadwiger-Finsler est une généralisation de l’inégalité de Weitzenböck
2 2 2
a + b + c ≥ 4 3 [ABC].
Exemple 80
Montrer que : √
ab + bc + ca ≥ 4 3 [ABC].
1 1 1
On sait que [ABC] = ab sin γ = bc sin α = ca sinβ, par suite :
2 2 2
! !1
1 1 1 1 1 1 3
ab + bc + ca = 2[ABC] + + ≥ 6[ABC] · · .
sin α sin β sin γ sin α sin β sin γ
√
3 3 1 1 1 8
Or on sait que sin α · sin β · sin γ ≤ (voir exemple 69), donc · · ≥ √ , ce qui
8 sin α sin β sin γ 3 3
permet de conclure que :
!1
8 3 √
ab + bc + ca ≥ 6 [ABC] √ = 4 3 [ABC].
3 3
Exemple 81
Montrer que :
1
a4 + b 4 + c 4 ≥ 16 [ABC]2 .
2
a2 b 2 + b 2 c 2 + c 2 a2 ≥ 16 [ABC]2 .
Exemple 82
Montrer que :
!3
2 4 [ABC]
(abc) ≥ √ .
3
√
On utilise
√ la relation a + b + c = 2R(sin α + sin β + sin γ) ≤ (3 3)R (voir l’inégalité 0 < sin α + sin β +
sin γ ≤ 3 3/2 dans l’exemple 68) et abc = 4R[ABC]. Alors :
Montrer que :
9r(r + 4R) ≤ 3s 2 ≤ (r + 4R)2 .
On sait que a, b, c sont les racines de l’équation t 3 − 2st 2 + (s 2 + r 2 + 4Rr)t − 4Rrs = 0. Comme les
racines sont toutes réelles, alors le polynôme dérivé 3t 2 − 4st + (s 2 + r 2 + 4Rr) admet uniquement
des racines réelles, donc son discriminant est positif, c’est-à-dire : s 2 ≥ 3r(r + 4R).
Maintenant, on sait que ra , rb , rc sont les racines de l’équation t 3 −(r +4R)t 2 +s 2 t −s 2 r = 0. Le même
raisonnement que ci-dessus nous permet de conclure que 3s 2 ≤ (r + 4R)2 .
Exemple 84
Montrer que :
1
s 2 ≥ 27 r 2 .
2
36r 2 ≤ a2 + b 2 + c 2 ≤ 9R2 .
➀ On a :
! 31
s (s − a) + (s − b) + (s − c) 1 [ABC]2 1
= ≥ [(s − a)(s − b)(s − c)] 3 = = (r 2 s) 3 .
3 3 s
Exemple 85
Montrer que :
1
a2 b2 c2
+ + ≥ 4.
rb rc rc ra ra rb
344 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
2 √
5R − r ≥ 3 s.
➀ On sait que rb rc +rc ra +ra rb = s 2 (voir exemple 32). En utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz
on obtient :
a2 b2 c2 (a + b + c)2 4s 2
+ + ≥ = 2 = 4.
rb rc rc ra ra rb rb rc + rc ra + ra rb s
➁ On utilise la relation ra +rb +rc = 4R+r (voir exemple 32) ainsi que l’inégalité d’Euler R ≥ 2r,
on obtient alors :
5R − r = 4R + r + R − 2r ≥ 4R + r = ra + rb + rc .
[ABC] rs
Puisque ra = = (et les relations similaires pour rb et rc ), on obtient :
s−a s−a
1 1 1
5R − r ≥ ra + rb + rc = [ABC] + + =
s−a s−b s−c
s h i
= 2(ab + bc + ca) − (a2 + b 2 + c 2 ) .
4 [ABC]
s h P P 2i √
Donc, il suffit de montrer que 2 ab − a ≥ 3 s, ce qui est équivalent à :
4 [ABC]
√
2(ab + bc + ca) − a2 + b 2 + c 2 ≥ 4 3 [ABC].
C’est une conséquentce de l’inégalité de Hadwiger-Finsler.
Exemple 86
Montrer que :
a(s − a) + b(s − b) + c(s − c) ≤ 9rR.
α
On sait que r = (s − a) tan (et les relations similaires avec b, c, β, γ), donc
2
ar br cr
a(s − a) + b(s − b) + c(s − c) = + + =
tan(α/2) tan(β/2) tan(γ/2)
= 4Rr cos2 (α/2) + cos2 (β/2) + cos2 (γ/2) .
P 2
Donc, il suffit de montrerP que 2 cos (α/2) ≤ 9/2, ce qui est équivalent à cos α ≤ 3/2, et celle
inégalité découle de 1 < cos α ≤ 3/2 vue dans l’exemple 71.
Exemple 87
Montrer que :
1
√
ha + hb + hc ≤ 3 s.
2 √
1 1 1 3
+ + ≤ .
a b c 2r
➀ On a :
3abc
(a + b + c)2 ≥ 3(ab + bc + ca) = (h + hb + hc ) = 6R(ha + hb + hc ).
2[ABC] a
Donc, on obtient :
(a + b + c)2 s(a + b + c)
ha + hb + hc ≤ = .
6R 3R
√ √
Or, on sait que a + b + c ≤ 3 3 R, il s’ensuit que ha + hb + hc ≤ 3 s.
6.8. QUELQUES INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES DANS LE TRIANGLE 345
➁ On a :
1 1 1 h + hc + hc
+ + = a ,
a b c 2[ABC]
donc il suffit de montrer que :
√
3 [ABC]
ha + hb + hc ≤ .
r
Ceci est une conséquence de [ABC] = rs et de la première question.
Exemple 88
Montrer que : √
1 1 1 3 3
+ + ≥ .
a b c 2(r + R)
On sait que
α β γ α β γ
r = 4R sin sin sin et 1 + 4 sin sin sin = cos α + cos β + cos γ.
2 2 2 2 2 2
Puisque a = 2R sin α, b = 2R sin β et c = 2R sin γ, on obtient l’inégalité equivalente :
√
1 1 1 3 3
+ + ≥ .
sin α sin β sin γ cos α + cos β + cosγ
P sin γ √
C’est équivalent à ≥ 2 3. D’après l’inégalité entre la moyenne arithmétique et géo-
sin α sin β
métrique :
sin γ sin α sin β 3
+ + ≥ 1
.
sin α sin β sin β sin γ sin γ sin α (sin α · sin β · sin γ) 3
Q √
En utilisant la relation sin α ≤ 3 3/8 vue dans l’exemple 69, on obtient l’inégalité demandée.
Exemple 89
Montrer que :
9
9r ≤ ra + rb + rc ≤ R.
2
Montrer que : √
9r ≤ ha + hb + hc ≤ 3 s.
346 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
On a √
√
1 1 1 3
ha + hb + hc = 2[ABC] + + ≤ 2[ABC] = 3 s,
a b c 2r
et
9
ha + hb + hc ≥ 1
= 9r.
ha + h1 + h1
b c
Exemple 91
Montrer que :
3 2
h2a + h2b + h2c ≤ a + b2 + c2 .
4
Montrer que :
a2 b2 c2
+ + ≥ 2.
h2b + h2c h2c + h2a h2a + h2b
On a
a2 b2 c2 a2 b 2 c 2 b 2 c 2 a2 c 2 a2 b 2
+ + = + + .
h2b + h2c h2c + h2a h2a + h2b 4[ABC] (b + c ) 4[ABC] (c + a ) 4[ABC]2 (a2 + b 2 )
2 2 2 2 2 2
Exemple 93
Montrer que :
ha + hb + hc ≤ wa + wb + wc ≤ 3(R + r).
2bc α
L’inégalité de gauche est claire. Montrons celle de droite. On sait que wa = cos (et les
b+c 2
relations similaires pour wb et wc ). Comme 2bc ≤ (b + c)2 alors on déduit que :
α β γ
wa2 ≤ bc cos2 , wb2 ≤ ca cos2 , wc2 ≤ ab cos2 .
2 2 2
D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz on a :
X 2 X √ 2 X X 9X
wa ≤ bc cos(α/2) ≤ bc cos2 (α/2) ≤ bc
4
P
où on a utilisé l’inégalité cos2 (α/2) ≤ 9/4. Donc il suffit de montrer que :
bc + ca + ab ≤ 4(R + r)2 .
6.8. QUELQUES INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES DANS LE TRIANGLE 347
α β γ
8 · sin2 · sin2 · sin2 ≥ cos α · cos β · cos γ.
2 2 2
Or, on sait que IH 2 = 2r 2 − 4R2 cos α cos β cos γ, ce qui donne 4R2 cos α cos β cos γ ≤ 2r 2 , et par
suite :
Exemple 94
Montrer que : √
ha hb + hb hc + hc ha ≤ 3 3 [ABC].
2s 2 r 2[ABC]s
ha hb + hb hc + hc ha = = .
R R
Or, on a aussi √
1 3 3R
s = (a + b + c) = R (sin α + sin β + sin γ) ≤ ,
2 2
√
d’après la relation sin α sin β sin γ ≤ 3 3/8 vu dans l’exemple 37. Cette relation permet de prouver
l’inégalité demandée.
348 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Exemple 95
Montrer que :
ha hb hc ≥ 27 r 3 .
Montrer que :
1 1 1 3
+ + ≥ .
ha − 2r hb − 2r hc − 2r r
1 1 1 1
En utilisant la relation + + = on obtient :
ha hb hc r
X h ! X h − 2r
a r a
1 = 3−2 = −2 = .
ha ha ha
Par conséquent
ha hb hc
+ + ≥ 9.
ha − 2r hb − 2r hc − 2r
P 2r
Or, le membre de gauche est égal à 3 + , on a donc finalement :
ha − 2r
1 1 1 3
+ + ≥ .
ha − 2r hb − 2r hc − 2r r
Exemple 97
Montrer que : √
3 [ABC] ≤ r(4R + r).
X 1X
4R2 cos α cos β cos γ = 2R2 sin2 α − 2 = a2 − 4R2 =
2
1 X 2 X 1 X 2 2 1 X 2
a − ab − 4R2 = a − s + r(4R + r) − 4R2 = a − (2R + r)2 .
2 2 4
P
On a utilisé la relation ab = s 2 + r(4R + r) vue dans l’exemple 29. Par suite IH 2 ≥ 0 et
s 2 ≤ 4 4R2 + 4Rr + 3r 2 ,
6.8. QUELQUES INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES DANS LE TRIANGLE 349
ce qui donne
2 2 2 2 2 2 8 1 2 1 2
[ABC] ≤ 4r 4R + 4Rr + 3r = r 4R + Rr + r + 4Rr + 8r .
3 3 3
Montrer que :
3
s < ma + mb + mc < 2s.
2
Soient D, E, F les milieux respectifs des segments [BC], [CA], [AB] respectivement, et A′ le sy-
métrique de A par rapport à D. On définit, de même, les points B′ et C ′ . Soit C ′′ le point d’inter-
section de (BC) avec la droite passant par A et parallèle à (BE) (voir figure ci-dessous).
A
b
F E
b b
C ′′
B D C
b b b b
b A′
Le quadrilatère BA′ CA est un parallélogramme, et en utilisant la relation 2ma = AA′ < AB+BA′ =
b + c (et les mêmes équations avec 2mb et 2mc ) on obtient :
1
ma + mb + mc < (b + c + c + a + a + b) = 2s.
2
Les longueurs des côtés du triangle AA′ C ′′ sont 2ma , 2mb et 2mc . Les longueurs des médianes du
3a 3b 3c
triangle AA′ C ′′ sont , et . De l’inégalité ci-dessus on déduit que :
2 2 2
3
(a + b + c) < 2 (ma + mb + mc ) .
2
Exemple 99
Montrer que :
ma + mb + mc ≤ 4R + r.
Soient D, E, F les milieux respectifs des côtés [BC], [CA], [AB]. On trace les segments [OD], [OE]
et [OF] où O est le centre du cercle circonscrit au triangle ABC. Dans le triangle ADO on a les
inégalités AD ≤ AO + OD = R + OD, avec égalité si, et seulement si, A, O, D sont alignés. Donc
ma ≤ R + OD et de même mb ≤ R + OE et mc ≤ R + OF.
350 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Montrer que :
√ √ √ √ √
s < wa + wb + wc ≤ s s − a + s − b + s − c ≤ 3 s.
BD + AD > AB = c et CD + AD > AC = b.
En additionnant on obtient :
2wa + (BD + CD) > b + c.
Donc, wa > (s − a) et par suite s < wa + wb + wc . On a aussi
√
2 bc p p
wa = s(s − a) ≤ s(s − a).
b+c
D’où, on obtient : √ √ √ √
wa + wb + wc ≤ s s−a+ s−b+ s−c .
En utilisant, à présent, l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on obtient :
√ √ √ √ √
s − a + s − b + s − c ≤ 3 s.
Montrer que : √
wa2 + wb2 + wc2 ≥ 3 3 [ABC].
a2 bc
wa2 = bc − .
(b + c)2
bc 1
Comme 2
≤ , on déduit que :
(b + c) 4
a2 1 2
wa2 ≥ bc − ce qui donne wa2 + wb2 + wc2 ≥ ab + bc + ca − a + b2 + c2 .
4 4
√
Or, d’après l’inégalité de Hadwiger-Finsler on sait que ab +bc +ca ≥ 4 3 [ABC]+(a −b)2 +(b −c)2 +
(c − a)2 , ce qui donne :
1 2 1 X X
ab + bc + ca − a + b2 + c2 = 6 ab − (a − b)2 =
4 8
1 X X X 1 X √
= 5 ab + ab − (a − b)2 ≥ 5 ab + 4 3 [ABC] ≥
8 8
1 √ √ √
≥ 20 3 [ABC] + 4 3 [ABC] = 3 3 [ABC].
8
6.8. QUELQUES INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES DANS LE TRIANGLE 351
Exemple 102
Montrer que :
R + r ≤ max{ha , hb , hc }.
min{a, b, c} · (R + r) ≤ 2 [ABC].
Si D, E, F sont les milieux des segments [BC], [CA], [AB] respectivement, et O est le centre du cercle
circonscrit au triangle ABC, alors :
Montrer que :
α β γ a+b+c
a · sin + b · sin + c · sin ≥ .
2 2 2 2
On commence, tout d’abord, par montrer que dans tout triangle ABC on a :
α β γ α β γ
sin + sin + sin ≤ 1 − sin 1 − sin 1 − sin . (1)
2 2 2 2 2 2
π−α π−β
Il est facile de voir que α, β, γ sont les angles d’un triangle si, et seulement si, , ,
2 2
π−γ
sont les angles d’un « nouveau » triangle. Donc, il suffit de montrer que
2
cos α · cosβ · cosγ ≤ (1 − cos α)(1 − cos β)(1 − cos γ).
Or, on a
α β γ r2
(1 − cos α)(1 − cos β)(1 − cos γ) = 8 sin2 sin2 sin2 = ,
2 2 2 2R2
où R et r sont respectivement le rayon du cercle circonscrit et inscrit au triangle ABC. Puisque :
Montrer que :
En développant l’inégalité
on obtient
cos2 α + cos2 β + cos2 γ ≥ cos α cos β + cos β cos γ + cos γ cos α.
Or, on a les implications suivantes :
X X X 2 X
cos2 α ≥ cos α cos β =⇒ cos α ≥ 3 cos α cos β
X 3X
=⇒ 3 cos α cos β ≤ cos α
X 2X
=⇒ 2 cos α cos β ≤ cos α
X X X
=⇒ cos(α − β) + cos(α + β) ≤ cos α
X
=⇒ cos(α − β) ≤ 2 cos cos α
X X X
=⇒ cos(α − β) − cos(α + β) ≤ 3 cos α
X X
=⇒ 2 sin α sin β ≤ 3 cos α
3
où on a utilisé le résultat cos α + cosβ + cos γ ≤ vu dans l’exemple 71.
2
6.8. QUELQUES INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES DANS LE TRIANGLE 353
Exemple 105
Montrer que :
3
max {ra , rb , rc } ≥ R.
2
Montrer que :
R − 2r ≥ wa − ha .
On sait que
α β γ 4R sin β sin γ α
r = 4R sin sin sin ; wa = cos et ha = 2R sin β sin γ.
2 2 2 sin β + sin γ 2
L’inégalité en question devient alors :
α β γ 2 sin β sin γ β −γ
1 − 8 sin sin sin ≥ β−γ 1 − cos .
2 2 2 cos 2 2
β−γ α
On pose t = cos ∈ ]0, 1] et x = sin ∈ ]0, 1[. On doit montrer que :
2 2
f (x, t) := 2(1 + t)x2 − 4t 2 x + (t + 2t 2 − t 3 ) ≥ 0.
Grâce à une étude de fonction, et en considérant que t est fixé, et que c’est x qui est la variable,
on montre que : !
t2 t(1 − t)(t + 3)
min f (x, t) = f ,t = ≥ 0.
x ∈ ]0,1[ 1+t t+1
Donc, f (x, t) ≥ 0 pour tout x ∈ ]0, 1[ et t ∈ ]0, 1]. On a égalité si, et seulement si, t = 1, ou de façon
1 π
équivalente x = , ce qui équivaut à α = et β = γ, ça correspond au cas où le triangle est
2 3
équilatéral.
354 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Exemple 107
Montrer que : p p √
s(s − a) + s(s − b) + mc ≤ 3 s.
D’où
p p √ q
s(s − a) + s(s − b) ≤ 2 s 2 − m2c .
D’autre part
!2
√ q
2 s − mc + mc ≤ 3s 2 ,
2 2
2
ce qui est équivalent à s 2 − 3m2c ≥ 0, la preuve est ainsi terminée.
On pose a = AB, b = BC, c = CD, d = DA, e = AC et f = BD, alors l’aire du quadrilatère ABCD
est donnée par
e · f · sin θ
[ABCD] =
2
e · f · sin θ e · f
où θ est l’angle entre les diagonales. Ainsi, on a par hypothèse : 1 = ≤ .
2 2
ab sin B ab cd sin D cd
Comme [ABC] = ≤ et [CDA] = ≤ , on déduit que :
2 2 2 2
ab + cd bc + da
1 = [ABCD] ≤ , et de même 1 = [ABCD] ≤ .
2 2
Ces deux inégalités impliquent que ab + bc + cd + da ≥ 4.
Finalement, puisque (e + f )2 = 4ef + (e − f )2 ≥ 4ef ≥ 8 et
[A1 A2 B1 B2 C1 C2 ] ≥ 13 · [ABC] .
A1
A2 b
b
a a
A
b
a c
B1
b B C C2
b b b b c b
b c C1
b
B2 b
ab sin C
Comme [ABC] = , alors
2
[A1 A2 B1 B2 C1 C2 ] = [A1 BC2 ] + [A2 CB1 ] + [B2 AC1 ] + [AA1 A2 ] + [BB1 B2 ] + [CC1 C2 ]
(c + a)2 sin B (a + b)2 sin C (b + c)2 sin A a2 sin A b 2 sin B c 2 sin C
− 2[ABC] = + + + + +
2 2 2 2 2 2
(a2 + b 2 + c 2 )(sin A + sin B + sin C)
− 2[ABC] = + ca sin B + ab sin C + bc sin A
2
(a2 + b 2 + c 2 )(sin A + sin B + sin C)
− 2[ABC] = + 4[ABC].
2
Cette dernière inégalité se déduit facilement de l’inégalité entre la moyenne arithmétique et géo-
métrique, l’inégalité de réarrangement ou de l’inégalité de Chebychev. De plus, on a égalité si et
seulement si a = b = c.
Exemple 110
[ y = CPA
Soient x = BPC, [ et z = APB,
alors comme A′ CPB est cyclique, les angles du triangle
a sin z a sin y
A′ CB sont π − x, π − z et π − y. Donc, par la loi des sinus on a : A′ B = et A′ C = . Par
sin x sin x
conséquent :
a(sin x + sin y + sin z)
P (A′ CB) = .
sin x
On obtient, de même, les périmètres des triangles B′ AC et C ′ BA.
En sommant les trois expressions on obtient :
!
a b c
(sin x + sin y + sin z) + + .
sin x sin y sin z
a b c
On a égalité lorsque = = .
sin x sin y sin2 z
2 2
1. Pour montrer la première inégalité on utilise le théorème de Ptolémée appliquée aux quadrila-
tères OAB1 C1 , OBC1 D1 , OCD1 A1 et ODA1 B1 . On obtient :
A1
b
B1
b
x A w
b
d
b D
a
O
b
c
b
B b
b z
y C b
D1
C1
Alors, en sommant les 4 inégalités ci-dessus, et en écrivant AC1 , BD1 , CA1 et DB1 comme sommes
de AB + BC1 , BC + CD1 , CD + DA1 et DA + AB1 respectivement on obtient (en notant P le péri-
mètre) :
R1 · P (ABCD) + R1 (BC1 + CD1 + DA1 + AB1 ) ≤ R · P (A1 B1 C1 D1 ) + R1 (AB1 + BC1 + CD1 + DA1 ) .
6.9. AIRE ET PÉRIMÈTRE 357
Par suite
périmètre(A1 B1 C1 D1 ) R
≥ 1.
périmètre(ABCD) R
2. Pour montrer la seconde inégalité on utilise les relations suivantes
[ et B = ABC.
[ Comme [AB1 C1 ] = x(a + y) sin(180◦ − A) x(a + y) sin A
où A = DAB = , alors on a :
2 2
[AB1 C1 ] x(a + y)
= , et de même
[ABCD] ad + bc
[BC1 D1 ] y(b + z) [CD1 A1 ] z(c + w) [DA1 B1 ] w(d + x)
= ; = ; = .
[ABCD] ab + cd [ABCD] ad + bc [ABCD] ab + cd
Donc
[A1 B1 C1 D1 ] x(a + y) + z(w + c) y(b + z) + w(d + x)
= 1+ + .
[ABCD] ad + bc ab + cd
La puissance d’un point du grand cercle par rapport au petit cercle est égale à R21 − R2 . En parti-
culier, la puissance de A1 , B1 , C1 et D1 est la même. D’autre part, on sait que ces puissances sont
w(w + c), x(x + d), y(y + a) et z(z + b) respectivement. En revenant à la dernière égalité ci-dessus on
déduit que :
" #
[A1 B1 C1 D1 ] x z y w
= 1 + (R21 − R2 ) + + + .
[ABCD] y(ad + bc) w(ad + bc) z(ab + cd) x(ab + cd)
[A1 B1 C1 D1 ] 4(R21 − R2 )
≥ 1+ p .
[ABCD] (ad + bc)(ab + cd)
Puisque
√
p 1 2 (4 2R)2
2 (ad + bc)(ab + cd) ≤ ad + bc + ab + cd = (a + c)(b + d) ≤ (a + b + c + d) ≤ = 8R2 ,
4 4
(les deux premières inégalités proviennent de l’inégalité entre la moyenne arithmétique et géo-
métrique, et la troisième provient du fait que parmi tous les quadrilatères inscrits dans un cercle,
c’est le carré qui a le plus grand périmètre), alors on conclut que :
4(R21 − R2 ) 2
[A1 B1 C1 D1 ] R1
≥ 1+ 2
= .
[ABCD] 4R R
Soient a, b, c des nombres réels strictement positifs tels que c < a et c < b . Montrer que :
p p √
c(a − c) + c(b − c) ≤ ab.
358 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
et d’autre part :
√
[
2 ab sin BAD
[ABCD] = 2[ABD] = .
2
√
Cette dernière façon montre clairement que [ABCD] ≤ ab, ce qui montre l’inégalité demandée.
D
b
√
b √
b
√ √
c E c
A b b b C
√
√ a
a
b
B
Soient ABC un triangle et DEFGHI l’hexagone obtenu en traçant les droites parallèles aux
trois côtés du triangle et tangentes au cercle inscrit (voir figure). Montrer que
2
P (DEFGHI) ≤ · P (ABC),
3
où P (DEF) désigne le périmètre du triangle DEF .
A
b
D E
b b
b
F
I
b
B C
b b b b
H G
6.9. AIRE ET PÉRIMÈTRE 359
Le périmètre de l’hexagone est donné par 2(DE + FG + HI). Soient X, Y , Z les points de contact
entre le cercle inscrit et les côtés BC, CA et AB respectivement ; et soit p = a + b + c le périmètre du
triangle ABC. On pose x = AZ = AY , y = BZ = BX et z = CX = CY , alors :
DE AE + ED + DA 2x
= = .
a p p
FG 2z HI 2y
De même on obtient = et = . Par conséquent :
c p b p
4(xa + yb + zc) 4[a(s − a) + b(s − b) + c(s − c)]
P (DEFGHI) = =
p 2s
4[(a + b + c)s − (a2 + b 2 + c 2 )] (a2 + b 2 + c 2 )
= = 2(a + b + c) − 4 .
2s (a + b + c)
1
Or, par l’inégalité de Chebychev, on sait que a2 + b 2 + c 2 ≥
(a + b + c)(a + b + c). En conclusion :
3
4 2
P (DEFGHI) ≤ 2(a + b + c) − (a + b + c) = (a + b + c).
3 3
Exemple 114
On considère un triangle ABC et son cercle circonscrit. Soient A′ , B′ , C ′ les milieux respec-
CA,
tifs des arcs de cercle BC, AB . Les droites A′ B′ , B′ C ′ , C ′ A′ coupent BC et AC , AC et
AB, AB et BC , en P, Q, R, S, T , U respectivement. Montrer que :
\ 1b \ 1b \ 1b \ 1b = ARS
=
On a : AC ′ B′ = B, et de même AB ′ C ′ = C; C ′ AB = C et B′ AC = B. Donc ASR
2 2 2 2
1 b b 1b
(B + C) = 90◦ − A. D’après la loi des sinus dans le triangle AC ′ R on a :
2 2
AR sin 21 B
b sin 12 B
b 1b
= d’où AR = · D sin C = AS,
AC ′
sin(90 − A)
◦ 1 b cos A1 b 2
2 2
où D désigne le diamètre du cercle circonscrit au triangle ABC.
A
b
R b
B′
S b
C′ b
b
b b Q
T
b b b b
B U P C
A′
Donc
[ASR] AR · AS D 2 sin2 21 B
bsin2 1 C
2
b D2 (s − a)(s − c) (s − a)(s − b) D 2 [ABC]2 bc
= = = · · == 2 = 2.
[ABC] bc bc cos A2 1b s(s − a) ac ab s abc · a 4s
2
[BT U] ac CPQ] ab
De même, = et = . En sommant ces trois expressions on conclut que :
[ABC] 4s 2 [ABC] 4s 2
[ABC] − [PQRST U] bc + ac + ab
=
[ABC] 4s 2
360 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Soient ABC un triangle ; A1 , B1 , C1 des points sur les segments BC, CA, AB respectivement,
et aucun d’eux ne coïncide avec un sommet de ABC . Montrer que si
alors :
[ABC] ≥ 4 × [A1 B1 C1 ].
Les affixes zA1 , zB1 , zC1 des points A1 , B1 , C1 sont données par :
où on a utilisé le fait que zA zA et zB zC +zC zB sont des nombres réels, et donc leur partie imaginaire
est nulle. On a alors :
abc · s
· [A1 B1 C1 ] = [ABC] · s(s − a)(s − b)(s − c),
2
et par la formule de Héron :
abc · s
· [A1 B1 C1 ] = [ABC]3 .
2
6.10. UN TRIANGLE À L’INTÉRIEUR D’UN AUTRE TRIANGLE 361
abc · s (a + b + c)(a2 + b 2 + c 2 )
≥ 4[ABC]2 · .
2 9abc
Puisque abc = 4R[ABC], on obtient l’inégalité équivalente
(a + b + c)(a2 + b 2 + c 2 )
2s · a2 b 2 c 2 ≥ 16[ABC]2 ,
9
qui elle-même est équivalente successivement à :
a2 + b 2 + c 2
a2 b 2 c 2 ≥ 16[ABC]2 · et 9R2 ≥ a2 + b 2 + c 2 .
9
La dernière inégalité est évidente puisque la distance entre le centre O du cercle circonscrit et le
barycentre G est donnée par la formule de Leibniz : OG 2 = 9R2 − (a2 + b 2 + c 2 ). Donc, on conclut
que :
(a + b + c)(a2 + b 2 + c 2 )
[ABC]3 ≥ 4[ABC]2 · · [A1 B1 C1 ],
9 abc
qui est équivalente à l’inégalité recherchée :
9 abc
[A1 B1 C1 ] ≤ · [ABC].
4(a + b + c)(a2 + b 2 + c 2 )
remarque : l’inégalité de cet exercice a été utilisée par Torrejón pour résoudre une « vieille conjec-
ture » d’Erdős et Debrunner qui remontre aux années 1960. On peut consulter l’excellent article :
R. Torrejón, On a Erdős inscribed triangle inequality, Forum Geometricum 5 (2005), 137-141.
Soient D, E et F des points des côtés BC, CA et AB du triangle ABC . Montrer que
avec égalité si, et seulement si, D, E et F sont les milieux respectifs des segments auxquels
ils appartiennent.
Soient α, β, γ les aires des triangles AFE, BDF, DEC de sorte que
p 0 < α ≤ β ≤ γ. On pose
δ = [DEF] et on se propose de montrer plus généralement que : δ ≥ αβ.
On suppose (pour simplifier) que [ABC] = 1, et on pose :
BD DC CE EA AF FB
= x, = x′ , = y, = y′ , = z, = z′ .
a a b b c c
Soient AX et FY les hauteurs issues de A et F respectivement , alors on a :
[BDF] [BDF] BD · FY BD FB
= = = · = xz′ .
1 [ABC] BC · AX BC AB
Donc, [BDF] = xz′ , et on obtient de façon similaire [CED] = yx′ , [AFE] = zy ′ . Ainsi :
A
b
F b
b
E
B
C
b b b b b
Y X D
1 1
On distingue deux cas : γ < et γ ≥ .
4 4
1 p √ 1 1
⋄ γ < : si δ < αβ alors δ < γ · γ = γ < et par suite 1 = α + β + γ + δ < α + β + ce qui donne
4 4 2
1
α + β > , et nous obtenons par conséquent :
2
1 1
< α + β ≤ 2γ < .
2 2
p 1
Cette contradiction montre que δ ≥ αβ lorsque γ < .
4
1
⋄ γ ≥ : dans ce cas on a :
4
p p p √ p
δ = x′ y ′ z′ + xyz ≥ 2 xx′ yy ′ zz′ = 2 αβγ = αβ · 2 γ ≥ αβ.
où P (XY Z) est le périmètre du triangle XY Z. De plus, on a égalité si, et seulement si, D, E, F sont
les milieux respectifs des côtés auxquels ils appartiennent.
Exemple 117
Soient ABC un triangle acutangle et DEF un triangle acutangle inscrit dans ABC .
Montrer que :
[ ce qui im-
Le segment EF est donné par EF = 2R(AFE) sin α qui est égal à 2R(DEF) sin FDE,
plique que :
R(DEF) sin α R(DEF) sin β R(DEF) sin γ
= et de même = , = .
[
R(AFE) sin FDE [
R(BDF) sin DEF [
R(CED) sin EFD
[ + DEF
Or, α + β + γ = π = FDE [ + EFD [ et par suite un au moins de α , β , γ est ≥ 1, et
[
FDE [ DEF [EFD
au moins un de ces nombres est aussi ≤ 1. Comme tous les angles sont aigus, au moins un des
R(DEF) R(DEF) R(DEF)
nombres R(AFE) , R(BDF) , R(CED) est ≥ 1, et au moins un de ces nombres est ≤ 1. Ceci montre la
double inégalité :
remarque : on peut montrer aussi que r(DEF) ≥ min{r(AFE), r(BDF), r(CED)} où r(XY Z) est le
rayon du cercle inscrit au triangle XY Z.
6.11. UN POINT À L’INTÉRIEUR D’UN TRIANGLE 363
Exemple 118
Soient ABC un triangle acutangle et D, E, F des points arbitraires sur les segments
[BC], [CA], [AB] respectivement. Montrer que :
On pose EF = a′ , FD = b ′ , DE = c ′ , BD = x1 , DC = y1 , CE = x2 , EA = y2 , AF = x3 , FB = y3 , alors :
a′ ≥ a − y3 cos β − x2 cos γ, b ′ ≥ b − y1 cos γ − x3 cos α, c ′ ≥ c − y2 cos α − x1 cos β.
Comme cos α, cos β, cos γ sont positifs, alors les inégalités ci-dessus donnent :
X X X
a′ · cos α ≥ a cos α − a cos β cos γ.
P P P
Or, a cos α = 2R sin α cos α = R sin(2α) = 4R sin α sin β sin γ et
X X
a cos β cos γ = 2R sin α cos β cos γ = 2R cos γ sin(α + β) + 2R cos α cos β sin γ =
2R sin γ cos γ + 2R cos α cos β sin γ = 2R sin γ(cos γ + cos α cos β) = 2R sin α sin β sin γ.
Par conséquent :
X X X
a′ cos α ≥ a cosα − a cos β cos γ = 4R sin α sin β sin γ − 2R sin α sin β sin γ
1X
a cos α.
= 2R sin α sin β sin γ =
2
P ′ P
Par suite, 2 a cos α ≥ a cos α. De plus, on a égalité si, et seulement si, D, E, F sont les milieux
respectifs de [BC], [CA], [AB].
A
b
R1
b
b
c r3
r2 b
b
P
R2
r1
R3
B C
b b b
Exemple 119
A
b
F b
E
b
b
P
B C
b b b
R1 + R2 + R3 < AB + BC + CA = 2s.
Exemple 120
Soit ABC un triangle avec a > b > c . Soit P un point à l’intérieur du triangle ABC . Les
droites (AP), (BP), (CP) coupent les segments [BC], [AC], [AB] en D, E, F respectivement
(voir figure ci-dessus). Montrer que :
PD + PE + PF < a.
On trace la droite (PX) parallèle à (AB) ; la droite (PY ) parallèle à (AC) ; la droite (XK) pa-
rallèle à (CF) ; et la droite (Y L) parallèle à (PE). On observe que a est plus grand que chacun de
AD, BE, CF. Puisque les triangles XPY et BAC sont semblables, on obtient XY > PD. De même,
on obtient aussi BX > XK = PF et CY > Y L = PE. En sommant ces inégalités on conclut que :
PD + PE + PF < XY + CY + BX = BC = a.
On donne ci-dessous l’énoncé du théorème d’Erdős-Mordell. La preuve, ainsi que quelques gé-
néralisations et applications, seront présentées dans un prochain paragraphe consacré exclusive-
ment à ce joli résultat élémentaire.
Exemple 121 : (Théorème d’Erdős-Mordell)
Soient P un point à l’intérieur d’un triangle ABC , et D, E, F les pieds des perpendiculaires
issues de P aux côtés BC, CA, AB respectivement. Montrer que :
R1 + R2 + R3 ≥ 2(r1 + r2 + r3 ).
Exemple 122
2 [A′ PB′ ]
PF ′ = .
A′ B′
D’autre part, on a :
1 ′ \ 1
[A′ PB′ ] = PA · PB′ · sin A ′ PB′ = (2r )(2r2 ) sin(π − γ) = 2r1 r2 sin γ.
2 2 1
2r1 r2 2r r 2r r
Par suite, r3′ = , et de même r1′ = 2 3 et r2′ = 3 1 . De plus, R′1 = 2r1 ,, R′2 = 2r2 , R′3 = 2r3 .
R3 R1 R2
On déduit alors que : !
1 1 1 1 1 1
+ + ≥ 2 + + .
r1 r2 r2 r3 r3 r1 R 1 r1 R 2 r2 R 3 r3
La même preuve avec le point P et le triangle A′ B′ C ′ nous donne :
! !
1 1 1 1 1 1
+ + ≥ 2 + + .
R 1 r1 R 2 r2 R 3 r3 R1 R2 R2 R3 R3 R1
Exemple 123
Montrer que :
R1 r1 + R2 r2 + R3 r3 ≥ 2 (r1 r2 + r2 r3 + r3 r1 ) .
A
b
F b R1 E
b
r3 P r2
b
R2
r1 R3
B C
b b b
ma ha + mb hb + mc hc ≥ ha hb + hb hc + hc ha
Exemple 124
Soit P un point à l’intérieur d’un triangle ABC . On suppose que les droites (AP), (BP), (PC)
coupent les côtés [BC], [CA], [AB] en D, E, F respectivement.
Montrer les inégalités suivantes :
1
AP BP CP
+ + ≥ 6.
PD PE PF
2
AP BP CP
· · ≥ 8.
PD PE PF
3
AD BE CF 9
+ + ≥ .
AP BP CP 2
4
AD BE CF
· · ≥ 27.
PD PE PF
5
PD PE PF 3
+ + ≥ .
PA PB PC 2
BD x CE z AF y
On pose = , = , = , alors :
DC y EA x FB z
ax ay cy cz
BD = , CD = , AF = , FB = .
x+y x+y z+y y +z
En utilisant le théorème de Ménélaus, on obtient :
AP BC AF x+y BP z + x CP x + y
= · = et de façon similaire = , = .
PD CD FB z PE y PF z
En additionnant les trois dernières égalités on conclut que :
! !
AP BP CP x z y x z y
+ + = + + + + + ≥ 2 + 2 + 2 = 6.
PD PE PF z x x y y z
6.11. UN POINT À L’INTÉRIEUR D’UN TRIANGLE 367
De façon similaire, on a :
√ √ √
AP BP CP (x + y)(y + z)(z + x) 2 xy · 2 yz · 2 zx
· · = ≥ = 8.
PD PE PF xyz xyz
AD AP x+y +z AD x+y +z
= 1+ = , = .
PD PD z AP x+y
D’où !
AD BE CF 1 1 1 9
+ + = (x + y + z) + + ≥ ,
AP BP CP x+y y +z z+x 2
et
AD BE CF (x + y + z)3
· · = ≥ 27.
PD PE PF xyz
Finalement :
!
PD PE PF z x x 1 1 1 9 3
+ + = + + = (x + y + z) + + −3 ≥ −3= .
PA PB PC x + y y + z y + z x+y y +z z+x 2 2
Exemple 125
On note par D, E, F les points d’intersection des droites (AP), (BP), (CP) avec les côtés [BC],
BD z CE x AF y
[CA], [AB] respectivement. On pose = , = et = , alors on a clairement :
DC y EA z FB x
AP y + z BP z + x CP y + x
= , = , = .
PD x PE y PF z
Par suite
AD x + y + z BE x + y + z CF x + y + z
= , = , = .
PD x PE y PF z
Puisque les triangles PDL et ADT sont semblables alors :
ha AT AD x + y + z hb x + y + z hc x + y + z
= = = et de même = , = .
r1 PL PD x r2 y r3 z
D’où !
ha hb hc 1 1 1
+ + = (x + y + z) + + ≥ 9.
r1 r2 r3 x y z
On a de plus :
ha hb hc (x + y + z)3
· · = ≥ 27.
r1 r2 r3 xyz
368 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Exemple 126
On utilise les nombres complexes pour la démonstration. On associe aux sommets A, B, C les
nombres complexes z1 , z2 , z3 respectivement, et on associe z au point P. Considérons la fonction
(z − z1 )(z − z2 ) (z − z2 )(z − z3 ) (z − z3 )(z − z1 )
g(z) = + + .
(z3 − z1 )(z3 − z2 ) (z1 − z2 )(z1 − z3 ) (z2 − z3 )(z2 − z1 )
Il s’agit d’un polynôme de degré 4 vérifiant g(z1 ) = g(z2 ) = g(z3 ) = 1. Par suite, g(z) = 1 pour tout
z, par conséquent :
X |z − z | · |z − z | XR R
1 2 1 2
1 = |g(z)| ≤ = .
|z3 − z1 | · |z3 − z2 | ab
De plus, on a égalité si, et seulement si, z = z1 ou z = z2 ou z = z3 ou
(z − z1 )(z − z2 ) (z − z2 )(z − z3 ) (z − z3 )(z − z1 )
arg = arg = arg .
(z3 − z1 )(z3 − z2 ) (z1 − z2 )(z1 − z3 ) (z2 − z3 )(z2 − z1 )
Le dernier cas correspond à P = H l’orthocentre.
6.11. UN POINT À L’INTÉRIEUR D’UN TRIANGLE 369
BD c 2 CE a2 AF b 2
= , = , = .
DC b 2 EA c 2 FB a2
2bc
En utilisant le théorème de Stewart on peut calculer R1 , on obtient R1 = ma , et
a2 + b 2 + c 2
de même pour R2 et R3 . L’inégalité devient alors :
X (a2 + b 2 + c 2 )2
c 2 ma mb ≥ .
4
➄ Si P = Ω 1 le premier point de Brocard, alors par la loi des sinus on a :
b c c
R1 = sin ω, R2 = sin ω, R3 = sin ω,
sin α sin β sin γ
où ω est l’angle de Brocard. On obtient alors :
X a sin α Q
sin α
. ≥
sin2 ω
b
π 1 X a sin α Y
Comme ω ≤ , alors sin ω ≤ et par conséquent : ≥ 4 sin α.
6 2 b
Exemple 127
On suppose que les droites (AP), (BP), (CP) coupent les segments [BC], [CA], [AB] en D, E, F res-
BD z CE x AF y
pectivement. On pose = , = et = . Un calcul simple montre que
DC y EA z FB x
Par conséquent
r1 r2 xy sin2 γ
= .
ab (x + y + z)2
L’inégalité en question s’écrit alors :
1 h i 1
2 2 2
xy sin γ + yz sin α + zx sin β ≤ ,
(x + y + z)2 4
P P
c’est-à-dire : x2 + 2xy cos(2γ) ≥ 0. En écrivant
l’inégalité devient :
r1 a2
➄ Si P est le point de Lemoine, alors = 2 , et des expressions similaires pour r2 et
ha a + b 2 + c 2
r3 . Par suite on a :
r1 r2 r2 r3 r3 r1 12[ABC]2
+ + = 2
.
ab bc ca (a2 + b 2 + c 2 )
√
L’inégalité devient alors : a2 + b 2 + c 2 ≥ 4 3 [ABC].
6.11. UN POINT À L’INTÉRIEUR D’UN TRIANGLE 371
Exemple 128
On trace la droite (AT ) parallèle à (PB) ; la droite (BR) parallèle à la droite (PC) ; et la droite (CS)
parallèle à la droite (PA). Alors :
Or, parmi tous les hexagones d’aire fixée, c’est l’hexagone régulier qui a le plus petit périmètre.
Si un hexagone
√ est inscrit dans un cercle de rayon R, alors son périmètre est égal à 6R et son aire
3 3 R2
est égale à , par suite on obtient :
2
s
2 · (aire de l’hexagone)
2 (R1 + R2 + R3 ) ≥ 6R = 6 √ .
3 3
S
b
A
b
T P
b b
B C
b b
b
R
ce qui donne √
(R1 + R2 + R3 )2 ≥ 4 3 [ABC].
Exemple 129
On obtient des expressions similaires pour [EPF] et [FPD]. En additionnant ces trois identités on
déduit que :
1 abc X r1 r2 1
[DEF] = (cr1 r2 + ar2 r3 + cr3 r1 ) = ≤ [ABC]
4R 4R ab 4
où on a utilisé, dans la dernière inégalité, un résultat vu dans un exemple précédent.
Exemple 130
[ + sin GBC
sin GAB [ ≤ 3.
[ + sin GCA
2
Dans quels cas a-t-on égalité ?
Observons que :
donc !
[ + sin GBC
[ + sin GCA
[ = [ABC] · 1 1 1
sin GAB + + .
cma amb bmc
D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz on a :
! P P
2 X X
1 1 a2 b 2 m2a m2b
[ + sin GBC
sin GAB [ + sin GCA
[ ≤ [ABC]2 = [ABC]2 .
a2 m2a (abcma mb mc )2
P P
En utilisant les identités classiques 16[ABC]2 = 2 a2 b 2 − a4 et 4m2a = 2b 2 + 2c 2 − a2 (et les
relations similaires), l’inégalité ci-dessus devient :
4 [ + sin GBC
2
[ ≤ P
[ + sin GCA
sin GAB
9 Q
avec
X X X 2
P= 2 a2 b 2 − a4 a2 b 2 ; Q = a2 b 2 c 2 2a2 + 2b 2 − c 2 2b 2 + 2c 2 − a2 2c 2 + 2a2 − b 2 .
P
Pour terminer la preuve il suffit de montrer que ≤ 1, ou aussi il nous suffit de montrer que
Q
Q = P + R avec R ≥ 0. En posant x = a2 , y = b 2 , z = c 2 , alors
On a égalité si, et seulement si, x = y = z ce qui est équivalent à a = b = c, et donc le triangle ABC
est équilatéral.
Exemple 131
Soient D, E, F les pieds des perpendiculaires issues de P aux côtés [BC], [CA], [AB] respective-
ment, alors avec nos notations on a :
AP = R1 , BP = R2 , CP = R3 , PD = r1 , PE = r2 , PF = r3 .
R1 1 h
+ ≥ 1,
r2 + r3 2 2r
où r est le rayon du cercle inscrit et h1 la hauteur issue de A au côté [BC]. Cette expression se
simplifie sous la forme :
r2 + r3 r
≤ .
r2 + 2R1 + r3 h1
1 1 1 1
Puisque + + = , alors on conclut que :
h1 h2 h3 r
X r2 + r3 X r r
≤ = = 1.
r2 + 2R1 + r3 h1 r
R1 b+c
Pour montrer l’inégalité de droite, on observe que ≥ , et par suite :
r2 + r3 2a
X R X b !
1 a
≥ + ≥ 3,
r2 + r3 2a 2b
ce qui prouve l’inégalité de droite. On a égalité si, et seulement si, ABC est équilatéral et P est
son centre.
Exemple 132
Montrer, de plus, qu’on a égalité si, et seulement si, P est le point de Lemoine.
On note D, E, F les pieds des perpendiculaires issues de P aux côtés [BC], [AC], [AB] respecti-
vement. On applique le théorème de Ptolémée dans le quadrilatère cyclique AEPF on obtient :
D
b
r1
b
P
r2
r3
E K F
b b b
Soit K le milieu du segment [EF] (voir figure ci-dessus). En appliquant le théorème de la médiane
au triangle PEF on obtient :
1√
PK = 2PE 2 + 2PF 2 − EF 2 .
2
De même
1√
DK = 2DE 2 + 2DF 2 − EF 2 .
2
Or DK ≤ PK + KD, avec égalité si, et seulement si, P appartient à [DK]. Par suite :
√ √
2DE 2 + 2DF 2 − EF 2 ≤ 2PD + 2PE 2 + 2PF 2 − EF 2 .
Il s’ensuit que y 2 ≤ 3x2 , qui est exactement la relation (1). On a égalité si, et seulement si, P est le
centre de gravité de DEF, c’est équivalent à :
r1 a r a r b
Ceci montre que = ; 1 = ; 2 = . Donc, on a égalité si, et seulement si, P est le point de
r2 b r3 c r3 c
Lemoine.
Exemple 133
Soient P un point à l’intérieur d’un triangle ABC ; et r1 , r2 , r3 les rayons des cercles inscrits
dans les triangles APB, BPC, CPA respectivement. R désigne le rayon du cercle circonscrit
au triangle ABC . Montrer que :
√
1 1 1 6+4 3
+ + ≥ .
r1 r2 r3 R
6.11. UN POINT À L’INTÉRIEUR D’UN TRIANGLE 375
1ère méthode : dans chaque triangle APB, BPC et CPA on trace les perpendiculaires issues des
sommets vers les côtés opposés. On les note AN1 , PN2 , BN3 dans le triangle APB ; BL1 , PL2 , CL3
dans le triangle BPC ; et CM1 , PM2 , AM3 dans le triangle CPA. La relation (classique) entre le
1 1 1 1
rayon du cercle inscrit dans un triangle et ses hauteurs donne : = + + , et des
r1 BL1 PL2 CL3
1 1
relations similaires pour et . En sommant ces trois égalités on obtient :
r2 r3
! ! ! !
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
+ + = + + + + + + + + .
r1 r2 r3 AN1 CL3 BL1 AM3 CM1 BN3 PL2 PM2 PN2
1 1 4 4 4
L’inégalité de la moyenne nous donne + ≥ ≥ = , avec égalité si, et
AN1 CL3 AN1 + CL3 AC b
seulement si, BP est perpendiculaire à AC. On obtient, de même, les deux autres inégalités :
1 1 4 1 1 4
+ ≥ et + ≥ .
BL1 AM3 c CM1 BN3 a
On a donc l’inégalité :
!
1 1 1 1 1 1 1 1 1
+ + ≥ 4 + + + + + ,
r1 r2 r3 a b c PL2 PM2 PN2
avec égalité si, et seulement si, P est l’orthocentre de ABC. On a, de plus, les deux inégalités
classiques :
√ ! 13
1 1 1 9 3 1 1 1 1 1 1
+ + ≥ ≥ et + + ≥3 · · .
a b c a+b+c R PL2 PM2 PN2 PL2 PM2 PN2
8[ABC]3
Par conséquent PL2 · PM2 · PN2 ≤ . Puisque abc = 4R[ABC], et par l’inégalité de la
27abc
moyenne on a alors :
! 31
1 1 1 R
+ + ≥ 9 .
PL2 PM2 PN2 2[ABC]2
√
En utilisant la relation a + b + c ≤ 3 3R on obtient l’inégalité :
!2
4[ABC] abc 3abc 2 a+b+c
√ = √ ≤ ≤ (abc) 3 ≤ ≤ 3R2 ,
3 3R a+b+c 3
√ 2
3 3R
ce qui donne [ABC] ≤ , et finalement :
4
! 13
1 1 1 23 6
+ + ≥ 9 3 3 = .
PL2 PM2 PN2 3 R R
r 1 r 1 r 1
2nde méthode : en utilisant les identités = 1+ , = 1+ et = 1+ , on déduit
r1 sin γ r2 sin α r3 sin β
grâce à l’inégalité de la moyenne que
! r
r r r 1 1 1 1
+ + = 3+ + + ≥ 3+3· 3 .
r1 r2 r3 sin α sin β sin γ sin α · sin β · sin γ
√
3 3
Comme sin α · sin β · sin γ ≤ , il s’ensuit que :
8
s
r r r 8 √
+ + ≥ 3 + 3 3
√ = 3 + 2 3.
r1 r2 r3 3 3
Remarque 2 : En 2012, Mihály Bencze et Marius Drăgan ont généralisé, à leur tour, cette inégalité.
Ils ont montré que √
1 1 1 18 + 9 3
+ + ≥ ,
r1 r2 r3 s
√
3 3
où s est le semi-périmètre. Puisque s ≤ R, alors il est clair que :
2
√ √
1 1 1 18 + 9 3 6+4 3
+ + ≥ ≥ .
r1 r2 r3 s R
Pour la preuve de ce résultat on peut consulter l’article suivant :
M. Bencze and M. Drăgan, A refinement of Aassila’s inequality, Octogon Mathematical Journal 20
(2012), 551-554.
[
Soit T le point à l’intérieur du triangle ABC tel que : AT [
B = BT [
C = AT C = 120◦ . On pose
AT = x, BT = y et CT = z, alors
D’où
1 1 1
[ABC] = [BT C] + [CT A] + [AT B] = yz sin 120◦ + zx sin 120◦ + xy sin 120◦
2 2 2
√
3
= (xy + yz + zx) .
4
Par suite √
√ √ 3
4 3 [ABC] = 4 3 · (xy + yz + zx) = 3(xy + yz + zx).
4
L’inégalité de Weitzenböck découle alors de
x2 + y 2 + z2 + z2 + x2 + zx + x2 + y 2 + xy ≥ 3(xy + yz + zx),
qui est vraie puisqu’elle se simplifie en
y 2 + z2 − 2yz + z2 + x2 − 2zx + x2 + y 2 − 2xy ≥ 0
a2 + b 2 + c 2 ≤ 8R2 + 4r 2 .
α β γ α 1 − cos α
Avec a = 2R sin α, b = 2R sin β, c = 2R sin γ, r = 4R sinsin sin et sin2 = (et les
2 2 2 2 2
2
relations similaires), on obtient après division par 4R l’inégalité :
(1 − cos α)(1 − cos β)(1 − cos γ)
sin2 α + sin2 β + sin2 γ ≤ 2 + 16 =
8
= 2 [1 + (1 − cos α)(1 − cos β)(1 − cos γ)] .
Puis on a aussi : sin2 α +sin2 β +sin2 γ = (1−cos2 α)+(1−cos2 β)+(1−cos2 γ) et 1−(cos2 α +cos2 β +
cos2 γ) = 2 cos α cos β cos γ. Donc, l’inégalité à montrer est la suivante :
cos α · cosβ · cosγ ≤ (1 − cos α)(1 − cos β)(1 − cos γ). (1)
Puisque
b 2 + c 2 − a2 a2 + c 2 − b 2 a2 + b 2 − c 2
cos α = , cos β = , cos γ = ,
2bc 2ac 2ab
alors l’équation (1) s’écrit :
a2 + b 2 − c 2 a2 + c 2 − b 2 b 2 + c 2 − a2 ≤ (a + b − c)2 (a + c − b)2 (b + c − a)2 .
Il suffit de montrer cette inégalité dans le cas où les 3 termes du membre de gauche sont positifs,
ce qui correspond à un triangle acutangle. Supposons, sans perte de généralité, que a ≤ b ≤ c,
alors on a :
c 2 + a2 − b 2 a2 + b 2 − c 2 ≤ (c + a − b)2 (a + b − c)2 ⇐⇒
0 ≤ (b − c)2 b 2 + c 2 − a2 qui est vraie.
Des inégalités :
c 2 + a2 − b 2 a2 + b 2 − c 2 ≤ (c + a − b)2 (a + b − c)2
b 2 + a2 − c 2 c 2 + b 2 − a2 ≤ (b + a − c)2 (c + b − a)2
c 2 + b 2 − a2 a2 + c 2 − b 2 ≤ (c + b − a)2 (a + c − b)2
on déduit l’inégalité demandée. On a égalité si, et seulement si, a = b = c.
378 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
On a :
et donc
a2 + b 2 + c 2 = 4[ABC] · (cotan α + cotan β + cotan γ) .
Par suite, l’inégalité de Hadwiger-Finsler est équivalente à :
2
16[ABC]2 ≥ 3(4[ABC]) (cotan α + cotan β + cotan γ) ·
· 4[ABC]cotanα · 4[ABC]cotanβ · 4[ABC]cotanγ.
1
≥ (cotanα · cotanβ) (cotan α · cotanγ) + (cotan β · cotanγ) (cotan β · cotanα)
3
+ (cotan γ · cotan α) (cotan γ · cotan β) .
(x + y + z)2 1
xy + yz + zx ≤ = .
3 3
remarque : une forme équivalente de l’inégalité de Hadwiger-Finsler est la suivante
√
a2 + b 2 + c 2 ≥ 4 3 [ABC] + (a − b)2 + (b − c)2 + (c − a)2 .
Exemple 137
c’est équivalent à :
X√ X √ 4 √
2 ab − a ≥ 4 3 · [a, b, c],
6.12. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES CLASSIQUES 379
(λ1 + λ2 + λ3 )2 R2 ≥ λ2 λ3 · a2 + λ1 λ3 · b 2 + λ1 λ2 · c 2 ,
On va, en fait, donner et prouver une généralisation de cette inégalité pour un polygone
convexe :
Exemple 139 : (Généralisation de l’inégalité de Stevin - Bottema)
λ1 + λ2 + · · · + λn = 1 et z = λ 1 z1 + λ 2 z2 + · · · + λ n zn .
preuve : on fait une preuve par récurrence sur n ≥ 3, on laisse au lecteur le soin de la rédiger.
On passe maintenant à la démonstration de la généralisation de l’inégalité de Stevin-Bottema. On
a d’une part
n
X n
X n
X X
OM 2 = z · z = λ k zk · λ k zk = λ2k zk zk + λ i λ j zi zj + zi zj .
k=1 k=1 k=1 1≤i<j≤n
D’autre part
Ai A2j = (zi − zj )(zi − zj ) = zi zi + zj zj − zi zj + zi zj = 2R2 − zi zj + zi zj .
Comme zk zk = R2 (pour k ∈ J1, nK), alors des deux identités ci-dessus on déduit que :
n 2
X
n X
n X X
2 2
2
OM =2 2
λk R + 2
λi λj 2R − Ai Aj = R λk − λi λj Ai Aj ≥ 0,
k=1 1≤i<j≤n k=1 1≤i<j≤n
avec i ∈ J1, nK) et pi des nombres positifs dont la somme est non nulle. On obtient alors une autre
forme de l’inégalité généralisée de Stevin-Bottema :
X n
X
2 2 2
R (p1 + p2 + · · · + pn ) − p i p j Ai Aj ≥ pk pk+1 |Ak Ak+1 |2 .
1≤i<j≤n k=1
L’inégalité de Stevin-Bottema admet plusieurs conséquences que nous allons présenter sous
forme de corollaires.
Corollaire 4 : Inégalité de Weitzenböck
Corollaire 5
Soient x, y et z des nombres réels positifs. Dans tout triangle ABC on a :
√
a2 x + b 2 y + c 2 z ≥ xy + yz + zx · 4[ABC].
m n p
En prenant x = ,y= et z = dans l’inégalité de l’exemple précédent on obtient
n+p m+p m+n
X rX
2 m m n
a ≥ · · 4[ABC],
n+p n+p m+p
abc
On remplace, dans l’inégalité de Stevin-Bottema, R par , on obtient alors
4[ABC]
a2 b 2 c 2
(λ1 + λ2 + λ3 )2 · ≥ a 2 λ2 λ3 + b 2 λ1 λ3 + c 2 λ1 λ2 . (1)
16 [ABC]2
√
Dans l’inégalité a2 x + b 2 y + c 2 z ≥ xy + yz + zx · 4[ABC] (obtenue dans un précédent exemple) on
prend x = λ2 λ3 , y = λ1 λ3 et z = λ1 λ2 , il résulte que
X p
a2 λ2 λ3 ≥ λ1 λ2 λ3 (λ1 + λ2 + λ3 ) · 4[ABC]. (2)
a2 b 2 c 2 p
(λ1 + λ2 + λ3 ) · 2
≥ λ1 λ2 λ3 (λ1 + λ2 + λ3 ) · 4[ABC],
16 [ABC]
1
Avec λ1 = λ2 = λ3 = on obtient l’inégalité de Pólya-Szegő.
3
Corollaire 8 : Seconde inégalité de Tsintsifas
√
Dans l’inégalité a2 x + b 2 y + c 2 z ≥ xy + yz + zx · 4[ABC] (obtenue dans un précédent exemple)
on prend a1 = a, b1 = b, c1 = c, x = b22 + c22 − a22 , y = a22 − b22 + c22 et z = a22 + b22 − c22 , alors on obtient :
X qX
a21 b22 + c22 − a22 ≥ b22 + c22 − a22 a22 − b22 + c22 · 4S1 .
En calculant on a :
X Xh i X X
b22 + c22 − a22 a22 − b22 + c22 = c24 − b24 − a42 + 2a22 b22 = 2 a22 b22 − a42 = 16S22 ,
b
A
b
G
E
b
F b
b
b
H O
b
b b
C
B D
[ = AFE
Comme BFH [ alors les triangles rectangles BFH et AOE sont semblables et on a
= AOE,
OE
HF = BF.
OA
OF
De même on a aussi : EG = CE. Le théorème de Ptolémée appliqué au quadrilatère AFOE
OA
nous donne
OA · FE = AF · OE + AE · OF,
6.13. THÉORÈME D’ERDŐS-MORDELL 383
AF · OE + AE · OF
c’est-à-dire que : FE = . Par conséquent on a :
OA
OE AF · OE + AE · OF OF
BC ≥ BF + + CE.
OA OA OA
D’où
BC · OA ≥ OE · BF + AF · OE + AE · OF + OF · CE = OE · AB + OF · AC.
En divisant par BC on obtient donc :
AB AC
OA ≥ OE + OF,
BC BC
et de manière analogue on a aussi :
BC BA CA CB
OB ≥ OF + OD et OC ≥ OD + OE.
CA CA AB AB
En additionnant ces trois inégalités on obtient :
BA CA AB CB AC BC
OA + OB + OC ≥ + OD + + OE + + OF
CA AB BC AB BC CA
≥ 2 × (OD + OE + OF)
x y
car + ≥ 2 pour tout (x, y) ∈ (R∗+ )2 . On a égalité si, et seulement si, AB = BC = CA et O est le
y x
centre du cercle circonscrit.
Exemple 141 : (OIM, 1996)
BF
Dans le triangle BAF on a RA = . Nous souhaitons minorer cette expression afin de
b
2 sin(A)
répondre à la question.
X B C
b b b b
Y
A b
b
D
b b b b
U F E Z
Notons que l’inégalité demandée devient une égalité lorsque ABCDEF est un hexagone régulier,
c’est-à-dire lorsque BF = XU = Y Z. On va donc minorer BF par
XU + Y Z AX + AU + DY + DZ
= .
2 2
384 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Or
b
AX = AB · sin(B), b
b = AF · sin(C),
AU = AF · sin(F)
b
DY = CD · sin(C), b = DE · sin(B).
DZ = DE · sin(E) b
Donc !
BF b
1 sin(B) b
sin(C) b
sin(B) b
sin(B)
RA = ≥ AB + AF + CD + DE .
b
2 sin(A) 4 sin(A)
b b
sin(A) b
sin(A) b
sin(A)
De même on a :
!
b
1 sin(B) b
sin(A) b
sin(A) b
sin(B)
RC ≥ BC + CD + AF + EF ,
4 sin(C)
b b
sin(C) b
sin(C) b
sin(C)
!
b
1 sin(A) b
sin(C) b
sin(A) b
sin(C)
RE ≥ AB + BC + ED + EF .
4 sin(B)
b b
sin(B) b
sin(B) b
sin(B)
1
car x + ≥ 2 pour tout x > 0. Donc,
x
1 p
RA + RB + RC ≥ AB + BC + CD + DE + EF + AF = .
2 2
Remarque : cette question est en quelque sorte une généralisation du théorème d’Erdős-Mordell.
En effet :
construisons les parallélogrammes FABP, BCDQ, DEFS à l’intérieur de l’hexagone et traçons les
perpendiculaires à PF, QB, SD passant par F, B, D respectivement. Ces perpendiculaires nous
donnent un triangle XY Z où X est l’intersection des perpendiculaires à PF et QB (voir figure
ci-dessous). Le quadrilatère XFPB est cyclique car il y a un angle droit aux points F et B. Le
rayon de son cercle circonscrit est égal à celui du cercle circonscrit du triangle FPB, qui est aussi
le même pour le triangle FAB (car ils sont semblables). Or le rayon du cercle circonscrit du tri-
angle FAB est justement RA . Le diamètre de ce cercle est PX = 2RA . De même on a QY = 2RC et
SZ = 2RE . D’autre part, on a (grâce aux parallélogrammes) :
Comme
2RA + 2RC + 2RE ≥ AB + BC + CD + DE + EF + FA.
Alors
PX + QY + SZ ≥ PF + SF + QB + PB + SD + QD.
Si l’hexagone a un centre de symétrie, les côtés opposés sont parallèles et égaux, alors P ≡ Q ≡
S et on retrouve l’inégalité d’Erdős-Mordell.
6.13. THÉORÈME D’ERDŐS-MORDELL 385
b
Y
b
C
B b
P b
ID
b
Q
S b
b
E
A
b b b
X F Z
Soit ABC un triangle et P un point intérieur à ce triangle. Montrer que parmi les trois
PBC
angles PAB, [ et PCA
[ , l’un au moins est inférieur ou égal à 30◦ .
A
b
B1
C1 b b
P
b
B C
b b b
A1
D’après l’inégalité d’Erdős-Mordell, on sait que : PA+PB+PC ≥ 2PA1 +2PB1 +2PC1 . Donc, l’une
des trois inégalités suivantes est vraie :
[ < 30◦ , et donc dans tous les cas le résultat est correct.
≥ 150◦ , alors on doit avoir PBC
Or, si PAB
Théorème 5
π
Soient ABC un triangle ; x, y, z des réels strictement positifs et δ ∈ 0, , alors :
2
√
√ √ π
yz cos(α − δ) + zx cos(β − δ) + xy cos(γ − δ) ≤ (x + y + z) cos −δ .
3
Démonstration
De l’inégalité de Stevin-Bottema yza2 + zxb 2 + xyc 2 ≤ (x + y + z)2 R2 et l’inégalité de Jensen yza2 +
√ √ √ 2
yza + zxb + xyc
2
zxb + xyc ≥2 , il résulte que :
3
√ √ √ √ q √
yza + zxb + xyc ≤ 3 · yza2 + zxb 2 + xyc 2 ≤ 3 R(x + y + z).
√ √ √ 1
yz cos α + zx cos β + yx cos γ ≤ (x + y + z). (2)
2
En multipliant la relation (1) par tan δ (avec δ ∈ ]0, π/2[), et en additionnant le résultat obtenu avec
la relation (2) on conclut que :
√ √ √
yz (cos α + sin α tan δ) + xz (cos β + sin β tan δ) + xy (cos γ + sin γ tan δ) ≤
π π
≤ (x + y + z) cos + sin tan δ ,
3 3
qui est équivalente à :
√ √ X
√ π
yz cos(α − δ) + xz cos(β − δ) + xz cos(γ − δ) ≤ x cos −δ .
3
Corollaire 10
Si α ′ , β ′ , γ ′ > 0; α ′ + β ′ + γ ′ ≤ π, et x, y, z > 0, alors :
!
√ ′
√ √ ′ ′ α′ + β ′ + γ ′
yz cos α + zx cos β + xy cos γ ≤ (x + y + z) cos . (3)
3
Démonstration
√ \
BMC
D’après la configuration du théorème on a : PM = MC · MB · cos .
2
b
A
R Q
b b
P
b b b
B C
b
Donc :
MQ MQ \ + CMQ
cos AMQ \ + cos AMQ \ − CMQ \
\ · cos CMQ
cos AMQ \ = · =
MA MC 2
\ \
1 + cos AMQ − CMQ \
1 + cos AMC \
2 AMC ,
≤ = = cos
2 2 2
√ \ √
BMC \ √
AMC \
AMB
MQ + MR + MP ≤ MA · MC · cos + MB · MC · cos + MA · MB · cos .
2 2 2
En comparant avec le corollaire précédent, on déduit que :
\ + AMB
BMC \ + AMC
\
MQ + MR + MP ≤ (MA + MB + MC) · cos ,
6
\ \
BMC \ BMC
AMB AMC \ BMC
\
qui est vraie puisque + + = + \ < π.
= BMC
2 2 2 2 2
Théorème 8
Soient A1 A2 · · · An un polygone convexe, et M un point dans son intérieur. On note Rk =
MAk et rk la distance de M à Ak Ak+1 avec k ∈ J1, nK et An+1 = A1 . Alors on a :
π
(R1 + R2 + · · · + Rn ) · cos ≥ (r1 + r2 + · · · + rn ) .
n
388 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Démonstration
On note Ak\ MAk+1 = αk , et on considère dans la suite le polygone B1 B2 · · · Bn tel que MBk = Rk
α π P
\
et Bk MBk+1 = k + (c’est possible car nk=1 α2k + πn = 2π). On peut distinguer trois cas : le
2 n
polygone B1 B2 · · · Bn est convexe ; le polygone B1 B2 · · · Bn est concave ; il y a au moins trois points
collinéaires parmi les sommets du polygone, donc le nombre d’arêtes diminue par au moins une unité.
On considère l’enveloppe convexe du polygone B1 B2 · · · Bn qui est en fait un polygone convexe de
périmètre L′ ≤ L et d’aire S ′ ≥ S (L et S étant respectivement le périmètre et l’aire du polygone
B1 B2 · · · Bn ).
Soit C1 C2 · · · Cn un polygone régulier de périmètre L′′ et d’aire S ′′ , et qui a le même nombre d’arêtes
n′ que le polygone convexe B1 B2 · · · Bn . Alors, d’après le théorème de Steiner on a S ′′ ≥ S ′ . Or un côté
L′ 2π
du polygone C1 C2 · · ·Cn a pour mesure ′ = 2R′′ sin où R′′ est le rayon du cercle circonscrit au
n 2n′
polygone C1 C2 · · · Cn , et
1 ′′2 2π L′2 π
S ′′ = n′ R · sin ′ = · cotan ≥ S′,
2 n 4n′ n′
on obtient alors :
L′2 ′ π
′
≥ 4S · tan .
n n′
Puisque L′ ≤ L et S ′ ≥ S on déduit de l’inégalité précédente que :
L2 π
≥ 4S · tan . (4)
n′ n′
On va montrer dans la suite que
π π
n′ · tan ≥ n · tan . (5)
n′ n
π
La fonction f définie par f (x) = x · tan pour x ≥ 3 est décroissante (car sa dérivée est négative).
x
La relation (5) est donc vraie. Maintenant, des relations (4) et (5) on obtient :
L2 π
≥ 4S · tan .
n n
X
n
Or L = bk avec bk = [Bk Bk−1 ] et Bn+1 = B1 , alors par l’inégalité de Jensen on a :
k=1
(b + b2 + · · · + bn )2 L2 π
b12 + b22 + · · · + bk2 ≥ 1 = ≥ 4S · tan .
n n n
Comme
n
X
αk π αk π
bk2 = R2k + R2k+1 · cos + et 4S = 2 Rk Rk−1 · sin + ,
2 n 2 n
k=1
x = d(M, A), y = d(M, B), z = d(M, C), da = d(M, [BC]), db = d(M, [AC]), dc = d(M, [AB]).
x + y + z ≥ 2 (da + db + dc ) .
A
b
x
b
c b
dc M
b
db b
y
da
z
B C
b b b
Démonstration
\ φ = CMA
On note Φ = BMC, \ et ϕ = AMB.
\ D’après la loi du cosinus dans le triangle BMC on a :
Φ
a2 = y 2 + z2 − 2yz cos Φ ≥ 2yz(1 − cos Φ) = 4yz sin2 .
2
Par suite
√ Φ 2[BMC] yz sin Φ yz sin Φ √ Φ
a ≥ 2 yz sin , da = = ≤ = yz cos .
2 a a √ Φ 2
2 yz sin
2
Par conséquent :
√ Φ
2vw da ≤ 2vw yz cos .
2
Avec les deux autres inégalités similaires pour 2wudb et 2uvdc , il suffit de montrer que
√ Φ √ φ √ ϕ
u 2 x + v 2 y + w2 z ≥ 2vw yz cos + 2wu zx cos + 2uv xy cos .
2 2 2
√ √ √
On pose m = u x, n = v y et p = w z, l’inégalité est alors équivalente à :
Φ φ ϕ
m2 + n2 + p 2 ≥ 2np cos + 2mp cos + 2mn cos ,
2 2 2
c’est-à-dire !
2 φ ϕ Φ
m − 2p cos + 2n cos m + n2 + p 2 − 2np cos ≥ 0.
2 2 2
Montrons que le discriminant est négatif ou nul. On a
!
φ
2 2 ϕ φ ϕ Φ
∆ = 4p cos + 4n2 cos2 + 8np cos cos − 4 n2 + p 2 − 2np cos ≤ 0
2 2 2 2 2
est équivalente à :
!
ϕ 2
2 Φ φ ϕ φ
sin n − 2p cos + cos cos n + p 2 sin2 ≥ 0.
2 2 2 2 2
On a
!2
′ Φ φ2
ϕ 2 ϕ 2 φ
∆ = 4p cos + cos cos − sin sin = 0
2 2 2 2 2
Φ φ ϕ Y Φ ϕ φ
⇐⇒ cos2 + cos2 cos2 + 2 cos − sin2 sin2 = 0
2 2 2 2 2 2
Φ φ ϕ Y Φ
⇐⇒ cos2 + cos2 + cos2 − 1 + 2 cos = 0
2 2 2 2
3 1 X Y Φ
⇐⇒ + cos Φ + 2 cos = 1
2 2 2 !
1 1 Φ φ−ϕ Y Φ
⇐⇒ + cos Φ − 2 cos cos +2 cos = 1
2 2 2 2 2
! Y
Φ Φ φ−ϕ Φ
⇐⇒ cos cos − cos +2 cos = 0.
2 2 2 2
Φ Φ +φ−ϕ Φ −φ+ϕ Q Φ
Or, comme Φ + φ + ϕ = 2π, alors 2 cos sin sin + 2 cos = 0, ce qui permet
2 2 2 2
de conclure.
6.13. THÉORÈME D’ERDŐS-MORDELL 391
On donne maintenant des applications du théorème précédent. Ces résultats sont regroupés dans
le théorème suivant :
Théorème 10
1
ax + by + cz ≥ 4[ABC].
2
xda + ydb + zdc ≥ 2 (db dc + dc da + da db ) .
3
x y z 1
2
+ 2 + 2 ≥ 2.
a b c R
4
db + dc
x ≥ .
sin α2
5
R
xyz ≥ (d + dc )(dc + da )(da + db ) ≥ (db + dc )(dc + da )(da + db ) ≥ 8 da db dc .
2r b
6
4R
xyz ≥ d ·d ·d .
r a b c
7
xy + yz + zx ≥ 2 (xda + ydb + zdc ) .
8
xy + yz + zx ≥ 4 (db dc + dc da + da db ) .
9 Pour tout u, v, w ≥ 0 :
10 Pour tout u, v, w ≥ 0 :
√ √ √ √
vwxda + wuydb + uvzdc ≥ 2 uvw u db · dc + v dc · da + w da · db .
11 Pour tout u, v, w ≥ 0 :
√ √ √ √
u 2 yz + v 2 zx + w2 xy ≥ 4 uvw u db · dc + v dc · da + w da · db .
12
x y z
+ + ≥ 12.
db · dc dc · da da · db
13
r
x2 y2 z2 3 2R2
+ + ≥ 6 .
db · dc dc · da da · db r2
14
r
x y z 3 R
+ + ≥ 3 ≥ 3.
db + dc dc + da da + db 2r
15
r
x y z 3 R
√ +√ +√ ≥ 6 ≥ 6.
db · dc dc · da da · db 2r
392 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
16
zy xz yx
+ + ≥ 3.
ydb + zdc zdc + xda xda + ydb
17
r r r
yz zx xy
+ + ≥ 6.
db dc dc da da db
18 !
1 1 1 1 1 1
2 + + ≤ + + .
x y z da db dc
19 Pour tout u, v, w ≥ 0 :
!
u 2 v 2 w2 vw wu uv
+ + ≥ 2 + + .
da db dc x y z
20
r
db dc dd d d [ABC]
√ + c √a + a√b ≤ .
x· a y· b z· c 4R
21 !
da db dc
xyz + da db dc ≥ (adb dc + bdc da + cda db ) + + .
a b c
23
r r r
p c 2 a 2 b 2
xyz + da db dc ≥ da db + d d + dc da .
a b b c c
24 !
db dc dc da da db
yz + zx + xy ≥ da2 + db2 + dc2 + 2 2
a +b +c 2
+ + .
bc ca ab
25
(yz + zx + xy) − (da2 + db2 + dc2 ) a2 + b 2 + c 2
√ √ √ 2 ≥ bc + ca + ab .
db dc + dc da + da db
26
p p p 2
yz + zx + xy ≥ (da2 + db2 + dc2 ) + db dc + dc da + da db .
27
q
yz + zx + xy ≥ da2 + db2 + dc2 + 9 3
da2 db2 dc2 .
30
s 2 + r 2 + 4Rr
xyz ≥ (db + dc )(dc + da )(da + db ).
16Rr
31
8xyz ≥ (9R − 2r)(da + db )(db + dc )(dc + da ).
(ax)2t1 (bx)2t2 (cz)2t3 ≥ 4t1 +t2 +t3 (ada )t2 +t3 (bdb )t1 +t3 (cdc )t1 +t2 .
36
r r r r
a b c R
+ + ≤ 4 + 1.
b c a r
38
1 1 1 R
(a + b + c) + + ≤ 4 + 1.
a b c r
39 Pour tout triangle acutangle ABC :
p √ p p
cos β cos γ + cos γ cos α + cos α cos β ≤ sin β sin γ + sin γ sin α + sin α sin β.
41
p √ p p
cos β cos γ + cos γ cos α + cos α cos β ≤ sin β sin γ + sin γ sin α + sin α sin β
3
≤ cos α + cos β + cosγ ≤ .
2
394 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Démonstration
P P
1 Comme ax ≥ bdb + cdc , alors ax ≥ 2 ada = [ABC].
2 On a : !
X X b c X b a! X
xda ≥ db + dc da = + da db ≥ 2 da db .
a a a b
R Y RY p R 4R
xyz ≥ (db + dc ) ≥ 2 db dc ≥ 8da db dc = d d d.
2r 2r 2r r a b c
k k k k
7 Soit iM l’inversion de pôle M et de rapport k > 0. Si A1 = iM (A), B1 = iM (B) et C1 = iM (C),
alors :
MA · MA1 = MB · MB1 = MC · MC1 = k,
k
et par suite x′ = . On note U, V , W , U1 les projections orthogonales de M sur les côtés
x
BC, AC, AB, B1 C1 respectivement. Comme les triangles BMU et MU1 C1 sont semblables,
alors :
MU BM da y da yz
= c’est équivalent à = ′ i.e. = .
MU1 MC1 da′ z da′ k
kda
Il résulte que da′ = . L’inégalité généralisée d’Erdős-Mordell appliquée au triangle A1 B1 C1
yz
donne :
Xk Xd
a
x′ + y ′ + z′ ≥ 2 da′ + db′ + dc′ c’est-à-dire ≥ 2k .
x yz
P P
Par conséquent : yz ≥ 2 xda .
A1
b
A b
W b
b
V
M
b
B
B1 b
b U
b
b b
U1 C C1
b
k k k X kd
u 2 x′ + v 2 y ′ + w2 z′ ≥ 2vwda′ + 2wudb′ + 2uvdc′ c’est-à-dire u 2 + v 2 + w2 ≥ 2k vw a ,
x y z yz
P P
ce qui implique u 2 yz ≥ 2 vwxda .
10 On a
X X ! X ! X
b c b a √
vwxda ≥ vwda db + dc = da db vw + uw ≥ 2 da db w uv.
a a a b
12 On a :
P P
X x2 ( x)2 3 xy
≥ P ≥ P ≥ 12.
db dc db dc db dc
X x′ X k
x
≥3 c’est équivalent à ≥ 3,
db + dc′
′ kdb
+ kd c
xz xy
ce qui implique X yz
≥ 3.
ydb + xdc
1 1 1
On note m = √ , n = √ et p = √ , alors l’inégalité devient :
da db dc
α β γ
2np sin + 2mp sin + 2mn sin ≤ m2 + n2 + p 2
2 2 2
c’est-à-dire
β γ α
m2 − 2 p sin + n sin m + n2 + p 2 − 2np sin ≥ 0.
2 2 2
Montrons que le discriminant
γ β β γ α
∆ = 4 n2 sin2 + p 2 sin2 + 2pn sin sin − n2 − p 2 + 2np sin
2 2 2 2 2
est ≤ 0. L’inégalité ∆ ≤ 0 est équivalente à
γ 2 β γ α β
cos2 n − 2p sin sin + sin n + p 2 cos2 ≥ 0.
2 2 2 2 2
6.13. THÉORÈME D’ERDŐS-MORDELL 397
b c
21 De la relation x ≥ d + d , et les deux autres similaires, on déduit que :
a c a b
Y b ! X ! X Xd
c db dc a
xyz ≥ dc + db = adb dc + +2da db dc = adb dc · − da db dc .
a a b c a
Par conséquent :
X Xd
a
xyz + da db dc ≥ adb dc · .
a
22 D’après 21 et l’inégalité de Cauchy-Schwarz on a :
r
Xp 2 X da2 X p 2
xyz + da db dc ≥ adb dc · ≥ da db dc .
a
√ 2
Il résulte alors que xyz ≥ 9 da db dc − da db dc = 8da db dc , c’est-à-dire l’inégalité
d’Oppenheim. En conclusion, l’inégalité 22 s’écrit sous la forme
X Xd
a
xyz ≥ adb dc · − da db dc ≥ 8da db dc ,
a
qui représente une généralisation de l’inégalité d’Oppenheim.
23 En appliquant l’inégalité de Cauchy-Schwarz à 21 on obtient :
r 2 r 2 r 2
d
a db dc p 2 p 2 p 2
xyz + da db dc ≥ + + cda db + adb dc + bda db
a b c
Xr c !2
≥ da2 db .
a
c b a c b a
24 On a : x ≥ d + d ; y ≥ dc + da et z ≥ da + d . En multipliant deux à deux et en
a b a c b b c c b
additionnant on obtient :
X X X ! X X Xd d
2 c2 a b
yz ≥ da + da db + + = da2 + a2 a b
.
ab b a ab
398 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
X X X Xd d P 2 X Xd d
a
yz − da2 ≥ a2 · a b
=P · ab · a b
≥
ab ab ab
X√ X d d !2 X a2 X p 2
a b
ab · = da db .
ab ab
P P
26 Cette inégalité résulte de 25 et de a2 ≥ ab.
P√ √
27 Cette inégalité résulte de 26 et de db dc ≥ 3 3 da db dc .
b c
28 On a : x ≥ db + dc , et la fonction f (x) = xt est convexe, avec x > 0 et t ∈ [0, 1]. Grâce à
a a
l’inégalité de Jensen, on a :
!t !t t
b c
t−1 b c
z1 x ≥ z1 db + dc ≥ 2 z1
t t
d b + z1 dct .
a a a a
b c
29 Comme x ≥ d + d , et d’après 28 on a :
a c a b
!t !t t
b c b
t−1 c
t
z1 x ≥ z1 dc + db ≥ 2 t
d c + z1 dbt .
a a a a
b c b c
30 Comme x ≥ d + d et x ≥ dc + db , alors en sommant on a :
a b a c a a
!
b c
2x ≥ + (db + dc ).
a a
En multipliant ces inégalités (avec les inégalités similaires avec 2y et 2z) on obtient :
Q
(b + c) Y s 2 + r 2 + 4Rr Y
8xyz ≥ Q (db + dc ) = (db + dc ).
a 16Rr
Finalement :
Y Y X X s 2 + r 2 + 4Rr
(b + c) = (2s − a) = 8s 3 − 4s 2 a + 2s bc + abc = .
2Rr
32 On a montré en 28 et 29 que
!t t !t t
t−1
b c t−1
b c
t
x ≥ 2 t
db + dct et t
x ≥ 2 dct + dbt .
a a a a
L’addition donne : !t t
t t−2
b c t
x ≥ 2 + db + dct .
a a
Cette inégalité multipliée avec les deux autres similaires avec y t et zt donne :
Q t t Y Y
t t t t−2 (b + c ) t t t−1
xy z ≥ 8 (d b + d c ) ≥ 8 (dbt + dct ).
at b t c t
(ax)2t1 (by)2t2 (cz)2t3 ≥ 4t1 +t2 +t3 (ada )t2 +t3 (bdb )t1 +t3 (cdc )t1 +t2 .
2 1
35 En prenant M = G, on a alors x = m et da = ha . En remplaçant dans 21 on obtient
3 a 3
l’inégalité demandée.
r
36 En prenant M = I, alors da = db = dc = r et x = , et en remplaçant dans 23 on obtient :
sin α2
r r r 2
r3 3
a
3
b 3 c 3
Q + r ≥ r + r + r ,
sin α2 b c a
r r r 2
4R + r a b c
qui est équivalente à ≥ + + .
r b c a
37 Pour M = O, on a alors x = R; da = R cos α, et en remplaçant dans 21 on obtient
Y X X cos α
R3 + R3 cos α ≥ R3 cos β cos γ · a ,
a
Q P P
qui est équivalente à 1 + cos α ≥ sin α cos α cos β cot α.
r3
38 En prenant M = I dans 21 on obtient Q 3 2 2 2 r + r + r , qui est
α + r ≥ ar + br + cr
sin 2 a b c
P P1 4R + r
équivalente à : a ≤ .
a r
39 En considérant M = O dans 25 il résulte que
X P 2 2 X 2
a R p
3R2 − R2 cos2 α ≥ P cos β cos γ ,
ab
P 2
P sin α P p 2
qui est équivalente à : sin2 α ≥ P cos α cos β . Il résulte alors que :
sin α sin β
X p 2 X
cos α cos β ≤ sin α sin β.
400 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
P P
40 De l’inégalité 39 on déduit que cos2 α + ( cos β cos γ)2 ≤ 3, et grâce aux identités
P R+r P s 2 − 4R2 + r 2
cos α = et cos β cos γ = vues dans un paragraphe précédent, on dé-
R 4R2
duit que :
X X 2 X 6R2 + r 2 + 4Rr − s 2
cos2 α = cos α −2 cos β cos γ = .
2R2
r
Pp s 2 − r 2 − 4Rr
Par suite : cos α cos β ≤ . D’après l’inégalité de Walker s 2 ≤ 2R2 + 8Rr +
2R2
3r 2 il s’ensuit que
r r
Xp s 2 − r 2 − 4Rr 2R2 + 4Rr + 2r 2 R+r
cos α cos β ≤ ≤ = .
2R2 2R2 R
P R+r
41 Cette inégalité découle de 40 et de l’identité cos α = .
R
42 Cette inégalité découle du résultat suivant dû à Dan Brânzei (en 1989) : dans tout triangle
(4R + r)(2R + r)2
acutangle on a : s 2 < . De l’inégalité 40 il s’ensuit l’inégalité demandée.
4R − r
Q t t
(b + c ) Q t
43 On a montré que : 8xt y t zt ≥ (db + dct ). Pour M = O, on obtient alors
(abc)t
Q t t Y
(b + c )
8R3t ≥ (cost α + cost β)R3t · 8t−1 .
(abc)t
Q t t Q t r
45 Avec M = I dans l’inégalité 8xt y t zt (abc)t ≥ (b + c ) · (db + dct ); x = et da = r (et les
sin α2
relations similaires) on obtient l’inégalité demandée.
46 Avec M = O on a : x = R; da = R cos α, et les relations similaires avec 32 permettent de déduire
l’inégalité recherchée.
1
47 Il suffit de prendre t = dans 46.
2
6.14 Exercices
Exercice 1
r α β γ 17 r
1+ ≤ sin + sin + sin ≤ + .
R 2 2 2 12 6R
6.14. EXERCICES 401
Exercice 2
Soient ABC un triangle et Γ son cercle circonscrit. Les médianes AD, BE, CF coupent Γ en
A1 , B1 , C1 respectivement. Montrer que :
C
b
B1 A1
b
b
b E D b
b
b
L K
A B
b b b b
M F
b
C1
[BA1 C] A1 K DA1
Alors, on a = = . Or DA1 · AD = BD · DC = a2 /4, puisque BD = DC = a/2.
[ABC] ha AD
402 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Par conséquent :
a2 b2 c 2
[BA1 C] + [CB1 A] + [AC1 B] = 2 + + [ABC].
4ma 4m2b 4m2c
a2 b2 c2
Il suffit donc de montrer que + + ≥ 1, c’est équivalent à :
4m2a 4m2b 4m2c
a2 b2 c2
+ + ≥ 1.
2b 2 + 2c 2 − a2 2c 2 + 2a2 − b 2 2a2 + 2b 2 − c 2
En utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz on a :
X √ !2
a
(a2 + b 2 + c 2 )2 = √ · a 2b 2 + 2c 2 − a2 ≤
2b 2 + 2c 2 − a2
X ! X
a2
2 2 2 2
a (2b + 2c − a ) .
2b 2 + 2c 2 − a2
Donc, on obtient :
X a2 (a2 + b 2 + c 2 )2
≥ .
2b 2 + 2c 2 − a2 4(a2 b 2 + b 2 c 2 + c 2 a2 ) − (a4 + b 4 + c 4 )
Exercice 3
On suppose que le quadrilatère convexe ABCD est inscrit dans le cercle unité.√On suppose,
de plus, que AB · BC · CD · DA ≥ 4. Montrer que ABCD est un carré de côté 2.
Exercice 4
β−γ 2r
Montrer que dans tout triangle ABC on a : cos2 ≥ .
2 R
6.14. EXERCICES 403
β−γ α 2 α β γ
Solution. Il est clair que cos − 2 sin ≥ 0, donc comme r = 4R sin sin sin , on
2 2 2 2 2
déduit que :
β−γ β −γ α α α β −γ β +γ
cos2 ≥ 4 cos sin − 4 sin2 = 4 sin cos − cos =
2 2 2 2 2 2 2
α β γ 2r
= 8 sin sin sin = .
2 2 2 R
R 4 096 · a4 b 4 c 4
≥ 2 2 2 .
2r 4a2 − (b − c)2 · 4b 2 − (c − a)2 · 4c 2 − (a − b)2
D’autre part, on a :
4a2 − (b − c)2 = (3y + z)(3z + y); 4b 2 − (c − a)2 = (3x + z)(3z + x); 4c 2 − (a − b)2 = (3x + y)(3y + x).
(3x + y)2 (3y + x)2 (3z + y)2 (3x + z)2 (3z + x)2 ≥ 323 · xyz · (x + y)3 (y + z)3 (z + x)3 .
(3x + y)2 (3y + x)2 (3y + z)2 (3z + y)2 (3x + z)2 (3z + x)2 ≥ 323 · xyz · (x + y)3 (y + z)3 (z + x)3 ,
Exercice 6
Soient A1 A2 · · · A2016 un polygone régulier, et P un point sur le plus court arc A1 A2016 de
son cercle circonscrit. Montrer que :
! ! !
1 1 1 1 1 1 1 806 336
+ + + +· · ·+ + ≥ .
PA1 PA1345 PA2 PA1346 PA672 PA2016 PA673 + PA674 + · · · + PA1344
404 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Solution. On montre le résultat plus général suivant : Soient A1 A2 · · · A3n un polygone régulier
à 3n côtés, et P un point sur le plus court arc A1 A3n du cercle circonscrit, alors on a l’inégalité :
Xn ! X
1 1 n
+ · PAn+k ≥ 4n2 .
PAk PA2n+k
k=1 k=1
Pour k ∈ J1, nK, le quadrilatère PAk An+k A2n+k est cyclique, donc d’après le théorème de Ptolé-
mée on a :
PAn+k · Ak A2n+k = PAk · An+k A2n+k + PA2n+k · Ak An+k . (1)
De plus, le triangle Ak An+k A2n+k est équilatéral, donc la relation (1) devient : PAn+k =
PAk + PA2n+k . En sommant par rapport à k, puis en utilisant l’inégalité entre les moyennes
arithmétique et harmonique on déduit que :
n !−1
X
n X
n X 1 1
PAn+k = (PAk + PA2n+k ) ≥ 4n2 + ,
PAk PA2n+k
k=1 k=1 k=1
1
Solution. Puisque la fonction x 7−→ f (x) = x + est strictement croissante sur [1, +∞[, alors il
x
r √ R √
suffit de montrer que ≤ 2 − 1. En effet, on a alors ≥ 2 + 1, et par suite :
R r
√ √
R r R
+ = f ≥ f 2 + 1 = 2 2.
r R r
r √ ab c
Montrons donc que ≤ 2 − 1. Pour un triangle rectangle on a : r = et R = , donc :
R a+b+c 2
r 2ab a+b−c
= = ,
R c(a + b + c) c
puisque c(a 2 2 2
√ + b + c)(a + b − c) = c(a + 2ab + b 2 − c ) = 2abc. Il nous reste alors à prouver que
(a + b)/c ≤ 2, ou de façon équivalente 2ab ≤ c . Cette inégalité est évidente puisque c 2 − 2ab =
R r √
(a − b)2 ≥ 0, avec égalité si et seulement si a = b. En conclusion, + ≥ 2 2 pour tout triangle
r R
rectangle, avec égalité si et seulement si le triangle est aussi isocèle.
Exercice 8
Soient x, y, z les distances des sommets d’un triangle ABC à son cercle inscrit (de rayon r).
Montrer que l’aire du triangle ABC est égale à :
p
xyz · (x + 2r) · (y + 2r) · (z + 2r)
.
r
Solution. Les distances des sommets A, B, C au centre du cercle inscrit sont égales respec-
tivement à x + r, y + r, z + r. Les longueurs des tangentes au cercle inscrit et passants par
A, B, C sont égales respectivement à s − a, s − b, s − c. D’après le théorème de Pythagore on a :
6.14. EXERCICES 405
(s − a)2 = (x + r)2 − r 2 = x(x + 2r), (s − b)2 = y(y + 2r) et (s − c)2 = z(z + 2r). Par suite
p
xyz(x + 2r)(y + 2r)(z + 2r) s(s − a)(s − b)(s − c) aire2
= = = aire(ABC).
r rs aire
Exercice 9
On note par n(r) le nombre de points à coordonnées entières sur un cercle de rayon r > 1.
Montrer que : √3
n(r) < 6 π · r 2 .
√ √3
Solution. Si n ≤ 8, alors, comme r > 1 et 6 3 π > 8, on a : n < 6 π · r 2 . On suppose dans la
suite que n > 8. Appelons les points à coordonnées entières sur le cercle de rayon r > 1 par :
P1 , P2 , · · · , Pn rangés dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Puisque :
P
1 P3 + P2 P4 + · · · + Pn P2 = 4π,
4π
alors un des arcs P i Pi+2 est ≤ . Le triangle Pi Pi+1 Pi+2 est inscrit dans un arc d’un angle
n
4π et
≤ . On écrit, pour simplifier, A, B, C au lieu de Pi , Pi+1 , Pi+2 respectivement. Soient θ = AC
n
alors 0 < t < θ ≤ 4π , et
t = AB,
n
Complément : le théorème de Pick (1899) fournit une formule simple pour calculer l’aire
A d’un polygone construit sur une grille de points équidistants (c’est-à-dire des points de
406 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
coordonnées entières) tel que tous ses sommets soient des points de la grille de ce polygone en
se servant du nombre i de points intérieurs du polygone et du nombre b de points du bord du
polygone :
b
A = i + − 1.
2
Dans l’exemple ci-dessous on a : i = 8, b = 13, d’où A = 8 + 6, 5 − 1 = 13, 5.
Exercice 11
Puisque
le polygone
contient O alors tous les ϕi sont ≤ π/2. Comme (ϕ1 , ϕ2 , · · · , ϕn ) ≺
π π
,
2 2 , 0, · · · , 0 , et par l’inégalité de majorisation, on a alors :
n
X
π π 4
f (ϕi ) > f +f + (n − 2)f (0) = + n − 2.
2 2 π
i=1
Exercice 12
a b c d 4
+ + + ≥ .
p+b+c+d p+a+c+d p+a+b+d p+a+b+c 5
6.14. EXERCICES 407
Exercice 13
\ = MBC
MAB \ = MCA
\ = 30◦ .
Montrer que
16 · S 2
MA2 + MB2 + MC 2 ≥
9R2
où S est l’aire du triangle ABC, et R le rayon du cercle circonscrit.
Solution. On a
Exercice 14
Pour tout entier naturel n ≥ 3 on note par a(n) le nombre de triangles de périmètre n et
dont les côtés ont pour longueurs des nombres entiers naturels. Par exemple a(3) = 1 et
a(4) = 0. Montrer que a(2016) = a(2013).
Exercice 15
p 2 − 4Rr − r 2 = a2 ,
Solution. On a successivement :
abc S S 2 abc (p − a)(p − b)(p − c)
0 = p 2 − 4Rr − r 2 − a2 = p 2 − · − − a2 = p 2 − − − a2
S p p2 p p
p 3 − abc − p 3 + (a + b + c)p 2 − (ab + ac + bc)p + abc
= − a2 = (a + b + c)p − (ab + ac + bc) − a2
p
1h i 1
= (a + b + c)2 − 2(ab + ac + bc) − 2a2 = (b 2 + c 2 − a2 ).
2 2
La conclusion est claire.
Exercice 16
Le cercle C(I, r) inscrit dans le triangle ABC coupe les segments AI, BI et CI respectivement
en A′ , B′ et C ′ . Montrer que :
AB BC CA A π−A B π−B C π−C
+ + ≥ 8 sin · sin + sin · sin + sin · sin .
A′ B′ B′ C ′ C ′ A′ 2 4 2 4 2 4
En déduire que si le triangle ABC est acutangle alors :
q
AB BC CA √ A B C
+ + > 4 2 − 2 sin + sin + sin .
A′ B′ B′ C ′ C ′ A′ 2 2 2
Solution.
b
B
B′
b
b
I
b
b C′
A
A′ C
b b
D’où
AB R C π−C
= 4 · · sin · sin . (2)
A′ B′ r 2 4
6.14. EXERCICES 409
AB C π−C
≥ 8 · sin · sin . (3)
′
AB ′ 2 4
BC CA
Des relations similaires que (3) pour et ′ ′ permettent de conclure que :
B′ C ′ CA
AB BC CA A π−A B π−B C π−C
+ + ≥ 8 sin · sin + sin · sin + sin · sin .
A′ B′ B′ C ′ C ′ A′ 2 4 2 4 2 4
π−C π π−C
Dans le cas où le triangle ABC est acutangle on a : > , ce qui donne sin >
p √ 4 8 4
2− 2
. L’inégalité (3) donne alors :
2
q
AB √ C
> 4 2 − 2 · sin .
A′ B′ 2
BC CA
Des relations similaires pour et ′ ′ permettent de conclure que :
B′ C ′ CA
q
AB BC CA √ A B C
+ + > 4 2 − 2 sin + sin + sin .
A′ B′ B′ C ′ C ′ A′ 2 2 2
Exercice 17
Soit ABC un triangle. On note par a, b, c, ia , ib , ic les longueurs des trois côtés et les lon-
gueurs des bissectrices. Montrer que :
√
3 3 3
ia3 + ib3 + ic3 ≤ a + b3 + c3 .
8
Solution.
C
b
b
a
ic b
b
ib ia
B A
b b b
2bc A √ A p p
ia = cos ≤ bc cos = p(p − a) = x(x + y + z).
b+c 2 2
L’inégalité à montrer devient alors :
X x + y + z 3/2 X x + y 3
x ≤ . (1)
3 2
cycl. cycl.
P (3−x)3 P
devient alors 8 ≥ x3/2 , c’est-à-dire :
Xh √ i
S(x, y, z) := (3 − x)3 − 8x x ≥ 0 (2)
cycl.
√
La fonction f : [0, 3] −→ R, t 7−→ f (t) = (3 − t)3 − 8t t n’est pas convexe ou concave, on ne peut
pas donc appliquer
h l’inégalité
i de Jensen. On va utiliser la méthode de Sturm. On suppose que
x−z
x ≥ y ≥ z et ε ∈ 0, 2 . On montre que S(x, y, z) ≥ S(x − ε, y, z + ε), i.e.
et
(x − ε) − (z + ε)
g ′ (ε) = 12 √ √ + 3(6 − x − z)(z − x + 2ε).
x−ε+ z+ε
√ √ √
Comme x − ε + z + ε ≥ x + z et x − ε ≥ z + ε alors il résulte que :
!
′ 4
g (ε) ≤ 3((x − ε) − (z + ε)) √ − (6 − x − z) . (4)
x+z
Montrons que
4
√ − (6 − x − z) ≤ 0. (5)
x+z
√ √
3 − 6t + 4 ≤ 0 avec t ∈ [1, 3] (car x ≥
On note x + z = t, alors l’inégalité ci-dessus √ devient t
1 et x + z ≤ 3). Comme la fonction u : [1, 3] −→ 3
′′
√ √ R, t 7−→ u(t) = t − 6t + 4 est convexe car
u (t) = 6t > 0 pour tout t ∈ [1, 3] et u(1) < 0, u( 3) < 0, la relation (5) est prouvée. Donc g est
décroissante et par suite g(ε) ≤ g(0). On prend ε = min{x − 1, 1 − z} (possible car x ≥ 1 ≥ z et
min{x − 1, 1 − z} ≤ 12 (x − z)), on obtient
d’où
f (x) + f (y) + f (z) ≥ f (1) + f (y) + f (2 − y). (6)
On prend ε′ = y − 1 si y ≥ 1, et ε′ = 1 − y si y ≤ 1, on obtient respectivement
f (y) + f (2 − y) ≥ f (y − ε′ ) + f (2 − y + ε′ ) = 2f (1)
et
f (y) + f (2 − y) ≥ f (y + ε′ ) + f (2 − y − ε′ ) = 2f (1).
Donc
f (x) + f (y) + f (z) ≥ 3f (1) = 0,
ce qui prouve (2), et par suite (1).
Exercice 18
Soit P = A0 A1 · · · An−1 un polygone convexe régulier. Soit M un point tel que, pour 0 ≤ k <
n, la projection orthogonale de M sur chaque droite (Ak Ak+1 ) est située à l’intérieur du
6.14. EXERCICES 411
segment [Ak , Ak+1 ] (avec An = A0 ). Soit Bk la projection de M sur (Ak Ak+1 ). Montrer que
1
[△MA0 B0 ] + [△MA1 B1 ] + · · · + [△MAn−1 Bn−1 ] = · Aire(P ),
2
où [△EFG] désigne l’aire du triangle EFG.
Solution. Le résultat semble clair pour n = 2 comme le montre la figure en fin de solution.
Pour 0 ≤ k < n, soit zk l’affixe du point Ak , et z l’affixe du point M. On peut supposer, sans
perte de généralité, que 0 est l’affixe du centre du polygone, et que la longueur des côtés de P
2πi
est égale à 1. Alors, on a clairement zk = ω k z0 avec ω = exp( ), et |z0 | |ω − 1| = 1.
n
−−−−→
Le nombre ℜ ((z − zk )(zk+1 − zk )) (zk+1 − zk ) représente le vecteur Ak Bk , et z − zk représente le
−−−−→
vecteur Ak M , donc l’aire du triangle MAk Bk est donnée par :
1
[△MAk Bk ] = ℑ (z − zk )ℜ((z − zk )(zk+1 − zk )(zk+1 − zk ) =
2
1
= ℜ((z − zk )(zk+1 − zk ))ℑ((z − zk )(zk+1 − zk ))
2
1 h i 1
= ℑ ((z − zk )(zk+1 − zk ))2 = ℑ (z − zk )2 ω2k (ω − 1)2 z0 2 .
4 4
Or
n−1
X n−1
X n−1
X ω 2n − 1 ωn − 1
(z − zk )2 ω2k = z2 ω2k − 2zz0 ωk + nz02 = z2 2 −2zz0 +nz02 = nz02 ,
ω − 1 ω−1
k=0 k=0 k=0 | {z } | {z }
=0 =0
donc :
n−1
X n−1
X n
1 2
[△MAk Bk ] = ℑ (ω − 1) z0 2
(z − zk ) ω = ℑ (ω − 1)2 z02 z0 2 .
2 2k
4 4
k=0 k=0
En particulier, le membre de droite de cette égalité est indépendant de z, en d’autres termes,
il est indépendant de la position de M. Clairement, si M est le centre du polygone, alors le
1
membre de gauche de l’égalité ci-dessus est égal à · Aire(P ).
2
412 CHAPITRE 6. INÉGALITÉS GÉOMÉTRIQUES
Chapitre
7
Inversions
Dans tout ce chapitre on se place dans le plan affine euclidien E2 . Tous les angles sont orientés
et considérés modulo 2π.
7.1 Inversion
Définition (Inversion)
k
Ainsi, si M a pour affixe z ∈ C∗ , alors I(M) a pour affixe .
z
Preuve
En notant M ′ = IO,k (M) = (x′ , y ′ ), il existe λ ∈ R tel que x′ = λx, y ′ = λy et :
# » # » k
OM · OM ′ = k ⇐⇒ λx2 + λy 2 = k ⇐⇒ λ = .
x2 + y 2
kx ky
D’où x′ = et y ′ = .
x2 + y 2 x2 + y 2
413
414 CHAPITRE 7. INVERSIONS
Soient O ∈ E2 et k ∈ R∗+ .√L’ensemble des points de E2 \ {O} invariants par IO,k est le cercle
de centre O et de rayon k , appelé cercle d’inversion de IO,k .
Proposition 2
Soient O ∈ E2 et k ∈ R∗+ .
(i) Une droite de E2 est invariante par IO,k si, et seulement si, elle passe par O.
(ii) L’image par IO,k d’une droite ne passant pas par O est un cercle passant par O (privé
de O).
(iii) L’image par IO,k d’un cercle passant par O (et privé de O) est une droite ne passant
pas par O.
(iv) L’image par IO,k d’un cercle ne passant pas par O est un cercle ne passant pas par O.
Preuve
(i)-(ii) Soit (d) la droite d’équation ax+by +c = 0, avec (a, b, c) ∈ R3 et (a, b) , (0, 0). Comme
IO,k est involutive, alors IO,k (d) a pour équation
kx ky
a· +b· +c = 0 c’est-à-dire c x2 + y 2 + akx + bky = 0.
x2 + y 2 x2 + y 2
ak bk
x2 + y 2 + x + y = 0,
c c
qui passe par O.
⋄ Si c = 0 (c’est-à-dire si O ∈ (d)), alors IO,k (d) = d.
(iii)-(iv) On considère le cercle C d’équation : x2 + y 2 + 2ax + 2by + c = 0, avec (a, b, c) ∈ R3 .
Alors IO,k (C) a pour équation :
!2 !2
kx ky kx ky
+ + 2a · + 2b · + c = 0,
x + y2
2 x + y2
2 x2 + y 2 x2 + y 2
ce qui revient, après simplification par x2 + y 2 , 0 à : c x2 + y 2 + 2akx + 2bky + k 2 = 0.
⋄ Si c = 0 (c’est-à-dire si O ∈ C), alors IO,k (C) est une droite ne passant pas par O.
⋄ Si c , 0 (c’est-à-dire si O < C), alors IO,k (C) est un cercle ne passant pas par O.
Corollaire 1
Soit (d ′ ) l’image de la droite (d) par l’inversion de pôle O et de rapport k.
• Si O ∈ (d), alors (d ′ ) = (d).
• Si O < (d), alors (d ′ ) est un cercle de centre O ′ passant par O tel que (OO ′ )⊥(d).
7.1. INVERSION 415
Corollaire 2
Soit (ω ′ ) l’image du cercle (ω) de centre A par l’inversion de pôle O et de rapport k.
• Si O ∈ (ω), alors (ω ′ ) est une droite perpendiculaire à (AO).
• Si O < (ω), alors (ω ′ ) est un cercle. De plus, les centres de (ω), (ω ′ ) et O sont alignés.
Proposition 3
Preuve
Remarquons que f ◦ g ◦ f −1 = f ◦ g ◦ f car f est involutive. Choisissons une origine en le
k
pôle de f , de sorte que, dans le plan complexe (en confondant point et affixe) : f (z) = .
z
λ
Il existe a ∈ C, λ ∈ R∗+ tels que g(z) = a + .
z−a
⋄ Si a = 0, c’est-à-dire si f et g ont le même pôle, alors f ◦ g ◦ f −1 est l’inversion de pôle O
k2
et de rapport .
λ
⋄ Si a , 0, alors on a pour tout z ∈ C :
k k(k − az) ak
f ◦ g ◦ f (z) = = si z , .
a+ λz ak + (λ − |a|2)z |a|2 − λ
k−az
ak λk 2
Donc f ◦ g ◦ f est l’inversion de pôle , et de rapport .
|a|2 − λ (|a|2 − λ)
2
Ainsi, le cercle d’inversion de f ◦ g ◦ f −1 est f (C), et f (C) est bien un cercle car C est un
cercle ne passant pas par O.
Proposition 4
k AB
A′ B′ = .
OA · OB
416 CHAPITRE 7. INVERSIONS
Preuve
OA OB′
Puisque OA · OA′ = OB · OB′ = k, alors = , donc les triangles OAB et OB′ A′ sont
OB OA′
(indirectement) semblables, d’où :
A′ B′ OA′
= .
AB OB
Enfin, on a :
OA′ AB · (OA · OA′ ) k AB
A′ B′ = AB · = = .
OB OA · OB OA · OB
Corollaire 3
[ = OA
\ k A′ B′
On a aussi : ABO ′ B′ et AB = .
OA′ · OB′
AC · BD ≤ AB · CD + AD · BC,
avec égalité si, et seulement si, A, B, C et D sont cocycliques ou alignés, dans cet ordre.
On considère B′ = IA,1 (B), C ′ = IA,1 (C) et D ′ = IA,1 (D). D’après la dernière proposition on a :
BD BC CD
B′ D ′ = , B′ C ′ = et C ′ D ′ = .
AB · AD AB · AC AC ′· AD
D’après l’inégalité triangulaire on sait que : B D ≤ B′ C ′ + C ′ D ′ , c’est-à-dire :
′
BD BC CD
≤ + d’où AC · BD ≤ AD · BC + AB · CD.
AB · AD AB · AC AC · AD
Proposition 5
Soit P un point en dehors du cercle (ω) de centre O. On suppose que les tangentes à (ω),
et issues de P, le coupent en A et B. Soit P ′ le milieu de [AB], alors P ′ est l’image de P par
l’inversion par rapport à (ω), i.e., P ′ ∈ [OP) et OP · OP ′ = r 2 où r est le rayon de (ω).
Preuve
que : OP · OP = OA2 = r 2 .
′ B
7.1. INVERSION 417
On utilise l’inversion de pôle P. Puisque les cercles Γ1 , Γ3 sont tangents en P, leurs centres sont
alignés avec P, et donc les cercles seront transformés, par l’inversion, en une paire de droites
parallèles. Le même argument s’applique pour les cercles Γ2 , Γ4 . Remarquons maintenant que les
points A′ , B′ , C ′ , D ′ sont les points d’intersection de deux paires de droites parallèles, et donc ils
forment (dans cet ordre) un parallélogramme. En particulier, on a A′ B′ = C ′ D ′ et B′ C ′ = A′ D ′ .
D’où :
AB CD BC AD
= , = .
PA · PB PC · PD PB · PC PD · PA
AB · BC PB 2
En multipliant ces relations entre elles, on conclut que = .
AD · DC PD
Exemple 3 : (OIM, 1996)
[ = APC
− ACB
APB [ − ABC.
[
Soient D et E les centres des cercles inscrits respectivement dans les triangles APB et APC .
Montrer que les droites (AP), (BD) et (CE) sont concourantes.
PB ZP P
AC AB AC b b
. Donc, il suffit de montrer que = , B C
PC PB PC
c’est-à-dire AB · PC = AC · PB.
1 P′C′ 1 P ′ B′
· = · i.e. P ′ C ′ = P ′ B′ .
AB′ AP ′ · AC ′ AC ′ AP ′ · AB′
Grâce à l’inversion, la condition angulaire APB − ACB [ = APC [ − ABC [ est équivalente à : P\ ′ B′ A −
\
C \
′ B′ A = P \
′C′A − B ′ C ′ A, c’est-à-dire P\
′ B′ C ′ = P\
′ C ′ B′ . Donc, le triangle P ′ C ′ B′ est isocèle, ce qui est
′
la condition qu’on voulait prouver P C = P B . ′ ′ ′
Soient M, N et P les points de contact du cercle inscrit du triangle scalène ABC avec les
côtés [BC], [CA] et [AB] respectivement. Montrer que l’orthocentre H du triangle MN P , le
centre I du cercle inscrit dans ABC , et le centre O du cercle circonscrit au triangle ABC
sont alignés.
418 CHAPITRE 7. INVERSIONS
Soit X le centre de ce cercle des neuf points. Puisque le centre d’un cercle, le centre de son
image et le pôle de l’inversion sont alignés, alors les points O, X et I sont alignés (mais malheu-
reusement X n’est pas l’image de O). Cependant, I et X sont tous les deux sur la droite d’Euler du
triangle MN P, donc O y appartient aussi.
Exemple 5 : (États-Unis, 1993)
Soit ABCD un quadrilatère convexe tel que les diagonales AC et BD se coupent au point O
en formant un angle droit. Montrer que les symétriques de O par rapport à (AB), (BC), (CD)
et (DA) sont cocycliques.
On sait que les droites (AC) et (BD) sont envoyées vers elles mêmes. Le cercle CA est envoyé
vers une droite dA , le cercle CB est envoyé vers une droite dB , le cercle CC est envoyé vers une
droite dC , et le cercle CD est envoyé vers une droite dD . Puisque CA coupe (BD) en O et O est
envoyé vers l’infini, alors dA doit être parallèle à (BD). De même, dB est parallèle à (AC), dC
est parallèle à (BD) et dD est parallèle à (AC). Maintenant, CA coupe CB aux points O et P, ceci
implique que dA coupe dB en P ′ . De même, dB coupe dC en Q ′ , dC coupe dD en R′ et dD coupe dA
en S ′ . Puisque (AC)⊥(BD), alors P ′ Q ′ R′ S ′ est un rectangle, et donc il est cyclique. Par conséquent,
les points P, Q, R et S sont cocycliques.
Exemple 6
Soit [QP] le diamètre d’un demi-cercle C . Le cercle ω est tangent intérieurement au demi-
cercle C , et tangent à QP au point C . Soient A ∈ C et B ∈ [QP] tels que (AB)⊥(QP) et (AB)
.
est tangente à ω . Montrer que AC est la bissectrice de BAP
Considérons l’inversion de pôle C et de rapport n’importe quel r > 0. On sait que les triangles
CAP et CP ′ A′ sont semblables, et les triangles CAB et CB′ A′ sont aussi semblables. D’où, (AC)
est la bissectrice de BAP \
si, et seulement si, CP \
′ A′ = CB ′ A′ . On sait que la droite (PQ) est envoyée
vers elle même. Puisque le cercle ω passe par C, alors ω est envoyé vers une droite ω ′ parallèle
7.1. INVERSION 419
à QP. De plus, on sait que puisque C est tangent à ω et est orthogonal à (PQ), alors C est envoyé
vers le demi-cercle C ′ tangent à la droite ω ′ et de diamètre [P ′ Q ′ ]. Comme le segment [AB] est
tangent à ω et est orthogonal à (PQ), alors [AB] est envoyé vers l’arc A ′ B′ du demi-cercle tangent
à la droite ω ′ et ayant pour diamètre [CB′ ]. Remarquons maintenant que les arcs de cercle A ′ Q′
′ ′ \
et A C sont symétriques par rapport à la médiatrice de [CQ ], on obtient donc CP A = CB A .
′ ′ \ ′ ′
b A
C
b b b b
Q B C P
On considère un demi-cercle de diamètre [AB], centre O , et une droite qui coupe le demi-
cercle en C et D et la droite (AB) en M (avec MB < MA, MD < MC ). Soit K le second point
d’intersection des cercles circonscrits aux triangles AOC et DOB.
\ = 90°.
Montrer que MKO
Considérons l’inversion de pôle O et de rapport r = OA. On sait que les points A, B, C, D sont
envoyés vers eux mêmes. De plus, le cercle passant par A, O, C est envoyé vers la droite (AC), et
le cercle passant par D, O, B est envoyé vers la droite (DB). Donc, le point K est envoyé vers le
point K ′ intersection des droites (AC) et (DB), et le point M est envoyé vers l’intersection M ′ de
la droite (AB) avec le cercle circonscrit au triangle OCD. Donc, la droite (MK) est envoyée vers le
cercle circonscrit au triangle OM ′ K ′ .
C
b
K
b
D
b
M
b b b b
A B
O
7.1.1 Exercices
Exercice 1
Montrer que si les cercles ω1 et ω2 sont orthogonaux, alors l’inversion par rapport à ω1
envoie ω2 vers lui-même.
l’image de ω2 par l’inversion est un cercle, et comme les points A et B sont envoyés vers eux-
mêmes, alors il suffit de montrer que le point D est envoyé vers le point C pour conclure.
ω1 A
b
ω2
b b b b
O1 C O2 D
b
Puisque O\1 AO2 = 90° car ω1 et ω2 sont orthogonaux, alors d’après la puissance d’un point et
le théorème de Pythagore on a : O1 C · O1 D = O1 O22 − O2 A2 = O1 A2 , ce qui implique que D est
envoyé vers C.
Exercice 2
Soient ABC et XY Z deux triangles tels que les cercles circonscrits aux triangles BCX, CAY
et ABZ soient concourants en un point P. Montrer que les cercles circonscrits aux triangles
Y ZA, ZXB et XY C sont aussi concourants.
Solution. On utilise l’inversion de pôle P et de rapport n’importe quel rayon. Les cercles
circonscrits aux triangles BCX, CAY et ABZ sont envoyés vers le triangle A′ B′ C ′ avec les
points X ′ , Y ′ , Z ′ appartenant respectivement aux côtés B′ C ′ , C ′ A′ et A′ B′ . Les cercles circons-
crits aux triangles Y ZA, ZXB et XY C sont envoyés vers les cercles circonscrits aux triangles
Y ′ Z ′ A′ , Z ′ X ′ B′ et X ′ Y ′ C ′ , donc il suffit de montrer que ces cercles sont concourants. Or ceci
découle du théorème de Miquel.
Solution. Soient {X} = (AA1 ) ∩ (BC), {Y } = (BB1 ) ∩ (CA) et {Z} = (CC1 ) ∩ (AB). En appliquant
plusieurs fois le lemme des quotients, et puis le théorème de Céva on a :
A2 B B2 C C2 A A B B1 C C1 A
· · = 1 · ·
A2 C B2 A C2 B A1 C B1 A C1 B
XB \
sin CA Y C sin AB
1A
\ 1B ZA sin BC \ 1C
= · · · · ·
XC \
sin BA 1A
Y A \
sin CB 1B
ZB \
sin AC 1C
!
XB Y C ZA b sin C
sin B b sin A b
= · · · · · = 1.
XC Y A ZB sin Cb sin A b sin B b
Maintenant, on utilise l’inversion de pôle H et de rapport 1. Notons que tous les points
B, C, H, A2 appartiennent au cercle qui, en prenant le symétrique par rapport à la droite
(BC), devient ω. Par conséquent, les points B′ , C ′ , A′2 sont alignés, et de même pour les points
C ′ , A′ , B′2 et A′ , B′ , C2′ . On a aussi :
! ! !
A′2 B′ B′2 C ′ C2′ A′ A2 B HC B2 C HA C2 A HB
· · = · · · · · = 1,
A′2 C ′ B′2 A′ C2′ B′ A2 C HB B2 A HC C2 B HA
A′2 − B′2 − C2′ on déduit que les points A′2 , B′2 et C2′ sont alignés. Ceci implique que les points
H, A2 , B2 , C2 sont cocycliques.
b A
B2 Y b B1
b
b b
C1 Z
b
b b
A2 b
H
P
b b b
B X b C
b
C2
A1
P-cercle de Hagge
Le cercle circonscrit au triangle A2 B2 C2 , passant toujours par l’orthocentre H d’un triangle
donné ABC, est appelé le P-cercle de Hagge, du nom du mathématicien allemand Karl
Hagge. C’est en 1907 qu’apparaît la première généralisation du cercle de Fuhrmann dans
un article signé par Karl Hagge, il est connu pour avoir été très actif durant la première
moitié du vingtième siècle. Signalons que la référence à Hagge a été donnée sans preuve par
Roger A. Johnson : Modern Geometry, théorème 502, page 300. La référence exacte de l’article
de Hagge est :
K. Hagge, Der Fuhrmannsche Kreis und der Brocardsche Kreis als Sonderfälle eines allge-
meineren Kreises, Zeitschrift für Math. Unterricht, 38 (1907), 257-269.
Exercice 4
Soient ABC un triangle, et Q un point tel que (AB)⊥(QB) et (AC)⊥(QC). On désigne par
I le centre du cercle inscrit, et on suppose qu’il touche les côtés BC, CA et AB aux points
D, E et F respectivement. Montrer que si la demi-droite [QI) coupe [EF] au point P, alors
(DP)⊥(EF).
Solution.
Soit ABC un triangle dont tous les angles sont aigus, avec AB > AC. Soit Γ son cercle
circonscrit, H son orthocentre et F le pied de sa hauteur issue de A. On désigne par M le
\ = 90° et soit K le point de Γ
milieu du segment [BC]. Soit Q le point de Γ tel que HQA
\
tel que HKQ = 90°. On suppose que les points A, B, C, K et Q sont tous distincts et dans
cet ordre sur Γ. Prouver que le cercle circonscrit au triangle KQH est tangent au cercle
circonscrit au triangle FKM.
Solution.
Solution. Nous avons déjà donné une solution à cet exercice au chapitre transformations géomé-
triques.
On donne, à présent, une nouvelle solution utilisant l’inversion. On suppose que les rayons
des cercles Γ1 et Γ2 sont différents (le cas où il y a égalité des rayons se traite directement par
des calculs, ou bien en adaptant la preuve ci-dessous). On désigne par I le point d’intersection
de (CE) avec (DF) où E et F sont les intersections de Γ2 avec (AN ) et (BN ) respectivement. Le
point I existe car les deux rayons sont différents.
Soient i1 l’inversion de pôle M envoyant C vers A, et i2 l’inversion de pôle N envoyant A
vers E, et posons i = i1 ◦ i2 . Donc, i est l’inversion de pôle I envoyant C vers E. On veut
montrer que (CD) et Γ2 sont tangents, c’est-à-dire que i((CD)) et i(Γ2 ) le sont. Or, d’une part
i(Γ2 ) = i1 ◦i2 (Γ2 ) = i1 ((AB)) = Γ1 , et d’autre part i((CD)) est le cercle passant par les points I, i(C)
et i(D), c’est-à-dire le cercle circonscrit au triangle IEF. Par conséquent, il suffit de montrer
que Γ1 et le cercle circonscrit au triangle IEF sont tangents, c’est-à-dire que O2 , E, I et F sont
cocycliques, donc que O \2 EI = 90°, c’est-à-dire que (CE) est tangente à Γ2 .
Montrons que (CE) est tangente à Γ2 . On remarque, tout d’abord, que :
\
CO [ \ d
1 I = 2 CMI = 2 90° − EN M = 2 EKI = EO2 I,
\
donc les droites (CO1 ) et (EO2 ) sont parallèles. Or, i(E) = C, donc nécessairement (EC) est
tangente à Γ2 , en effet : si E ′ désigne l’autre point d’intersection de (CE) avec Γ2 , on a (CO1 )
(E ′ O2 ), donc comme (CO1 ) (EO2 ) on a E = E ′ , ce qui signifie que (CE) est tangent à Γ2 .
7.2. PÔLES ET POLAIRES 423
Γ A
b
C
b
Γ1
E
b
Γ2
M N I
b b b b b b
O1 O2
K
D
b
B
Soit C un cercle de centre O et de rayon r . Deux points P et Q qui sont sur la même droite
avec O et vérifient OP × OQ = r 2 sont dits points inverses par rapport au cercle C .
b b b
O P Q
N
b
C (d)
C
b b b
b b b
O P Q
O P′ P
N′
Si P et Q sont des points inverses par rapport à un cercle C , alors la droite (d) passant par
Q et perpendiculaire à (OP) est appelé polaire de P , et P est appelé le pôle de cette droite.
(Voir figure ci-haut à droite).
424 CHAPITRE 7. INVERSIONS
b
Y
C
Q b
b b b
O X P
☞ La fonction envoyant le point P vers la polaire (d) est dite transformation pôle-polaire par
rapport à O et r (ou par rapport au cercle C).
Proposition 6
Si X et Y sont deux points distincts d’un cercle C. Alors, le pôle de la droite (XY ) est le
point d’intersection des tangentes au cercle C en X et Y
☞ Le pôle est aussi le point P de la médiatrice de [XY ] tel que les points O, X, P et Y soient
[ = 90° = OY
cocycliques puisque OXP [P.
b
X
C
b b b
O P′ P
r
b
Y
X ∈ (y) ⇐⇒ Y ∈ (x).
Ce théorème datant de 1706 est attribué au mathématicien français Philippe de La Hire (1640-
1718). Si X ′ , Y ′ sont les images de X et Y par l’inversion par rapport au cercle C, alors les égalités
OX · OX ′ = r 2 = OY · OY ′ impliquent que X, X ′ , Y et Y ′ sont cocycliques. On a ainsi :
X ∈ (y) \
⇐⇒ XY ′ Y = 90° ⇐⇒ \
XX ′ Y = 90° ⇐⇒ Y ∈ (x).
Proposition 7
Soient (x), (y) et (z) les polaires des points distincts X, Y et Z respectivement. Alors :
Proposition 8
Soient W , X, Y et Z des points de C. Alors, la polaire (p) de {P} = (XY ) ∩ (W Z) est la droite
passant par {Q} = (W X) ∩ (ZY ) et {R} = (XZ) ∩ (Y W ).
7.2. PÔLES ET POLAIRES 425
Soit [UV ] le diamètre d’un demi-cercle. P et Q sont deux points du demi-cercle avec UP <
UQ . Les tangentes au demi-cercle en P et en Q se coupent au point R.
Montrer que si {S} = (UP) ∩ (V Q), alors (RS)⊥(UV ).
Soit K le point d’intersection des droites (PQ) et (UV ), voir la figure ci-dessous. D’après la
proposition 8, et par rapport au cercle, la polaire de K passe par (UP) ∩ (V Q) = {S}. Puisque les
tangentes au demi-cercle en P et Q se coupent au point R, alors par la proposition 6, la polaire de
R est la droite (PQ). Comme K ∈ (PQ), qui est la polaire de R, alors par le théorème de La Hire, on
déduit que R appartient à la polaire de K. Par suite la polaire de K est la droite (RS). Finalement,
comme K appartient à (UV ), on conclut que les droites (RS) et (UV ) sont perpendiculaires.
b
S
b R
b
Q
P b
b b b b b
K U B O V
Exemple 9
Le quadrilatère ABCD possède un cercle inscrit Γ qui touche les côtés AB, BC, CD et DA
aux points G, H, K et L respectivement. Soient {E} = (AB) ∩ (CD), {F} = (AD) ∩ (BC) et
{P} = (GK) ∩ (HL). Montrer que si O est le centre de Γ alors les droites (OP) et (EF) sont
perpendiculaires.
B
b
Q
b C b
A, B, C, D, E et F sont des points distincts situés sur un cercle dans cet ordre. On suppose
que les tangentes au cercle aux points A et D , ainsi que les droites (BF) et (CE) sont toutes
concourantes en un point X .
Montrer que les droites (AD), (BC) et (EF) sont parallèles ou bien concourantes.
Soit [AB] un diamètre d’un cercle Γ de centre O . Soit C ∈ [AB) un point au-delà de B. Une
droite passant par C coupe Γ aux points D et E . Soit [OF] un diamètre du cercle ω , de
centre O1 , et circonscrit au triangle BOD . La droite (CF) coupe, à nouveau, le cercle ω au
point G . Montrer que les points O, A, E et G sont cocycliques.
Soit {P} = (AE)∩(BD), alors d’après la proposition 8, la polaire de P par rapport à Γ est la droite
passant par {C} = (BA) ∩ (DE) et {H} = (AD) ∩ (EB). D’où (OP)⊥(CH). Soit {Q} = (OP) ∩ (CH). On
se propose de montrer que Q = G. Une fois cela fait, on aura {P} = (BD) ∩ (OG), donc PE · PA =
PD · PB = PG · PO, ce qui implique que les points O, A, E et G sont cocycliques. Montrons donc
que Q = G.
[ \
Notons que les angles PQH, [ sont droits, d’où les points P, E, Q, H et D sont cocy-
PDH et PEH
[ = PED
cliques. Donc, PQD [ = DBO, [ ce qui implique que les points Q, D, B et O sont cocycliques.
D’où, Q = G car ils sont, tous les deux, les points d’intersection (autre que O) de ω avec le cercle
de diamètre [OC].
7.2. PÔLES ET POLAIRES 427
E
b
Γ G
b D
b
ω
b
b F
b b b b
A O1
O B C
ABCD est un quadrilatère convexe avec AC , BD . On suppose qu’il est inscrit dans un
cercle de centre O . Soient E le point d’intersection des diagonales, et P un point à l’inté-
rieur du quadrilatère tel que :
[ = PBC
+ PCB
PAB [ + PDC
[ = 90°.
Soient Γ, Γ1 et Γ2 les cercles circonscrits au quadrilatère ABCD, et aux triangles PAC et PBD res-
pectivement. On appelle leurs centres O, O1 et O2 respectivement. On montre tout d’abord que
la polaire de O1 par rapport à Γ est la droite (AC). Puisque (OO1 ) est la médiatrice de [AC], alors
par la proposition 6, il nous [ \
reste à montrer que
AOC + AO1 C = 180° pour conclure.
[ [ [
Notons que APC = 360° − PAB + PCB + ABC = 270° − ABC [ = 90° + ADC,
[ et par suite :
\
AO [ [ [ [
1 C = 2 180° − APC = 2 90° − ADC = 180° − 2ADC = 180° − AOC.
O1 b
cal. Puisque Γ1 et Γ2 se coupent en P, alors (PE) b
b E
est l’axe radical de Γ1 et Γ2 , ceci implique que
(PE)⊥(O1 O2 ). En combinant cette identité avec b P b
D
(OE)⊥(O1 O2 ) vue ci-haut, on conclut que les b b
C
points O, P et E sont alignés. O
Soit I le centre du cercle inscrit dans un triangle ABC . Ce cercle est tangent aux côtés
BC, CA et AB du triangle en les points K, L et M respectivement. La droite parallèle à
(MK) passant par B coupe les droites (LM) et (LK) respectivement en R et S . Montrer que
d est aigu.
l’angle RIS
428 CHAPITRE 7. INVERSIONS
b
par rapport au cercle inscrit. Les polaires de b
S
I
le théorème de La Hire on déduit que B appar-
tient à la polaire de B′ . Comme (MK) (RS), b b b
b
alors la polaire de B′ est la droite (RS). A L T C
Puisque R, B et S sont alignés, leurs polaires sont concourantes en B′ . Maintenant, comme les
polaires de K et de L se coupent en C, et puisque L, K et S sont alignés, leurs polaires concourent
au point C. Donc, la polaire de S est (B′ C). Par la définition de la polaire, on obtient (IS)⊥(B′ C).
Par un raisonnement similaire, on obtient aussi (IR)⊥(B′ A). Donc RIS d = 180° − AB \ ′ C. Pour ter-
′
miner, on va montrer que B est à l’intérieur du cercle de diamètre [AC], ceci implique que
\
AB d < 90°. Soit T le milieu de [AC], alors :
′ C > 90° et ainsi RIS
# » # » # » # » # » # » # » # » # »
2 B′ T = B′ C + B′ A = B′ K + KC + B′ M + MA = KC + MA.
# » # »
Comme KC et MA ne sont pas colinéaires, alors :
KC + MA CL + AL AC
B′ T < = = .
2 2 2
Par conséquent, B′ est à l’intérieur du cercle de diamètre [AC].
√
7.3 bc -inversion
Soit ABC un triangle de côtés a = BC, b = CA et c = AB. Soit X un point du plan, on considère
tout d’abord le symétrique X ′ de X par rapport à la bissectrice de l’angle A,b ensuite on considère
√
l’image X ′′ de X ′ par l’inversion de pôle
√ A et de rayon bc, i.e., AX ′ · AX ′′ = bc = CA · AB.
On dit que X ′′ est l’image de X par la bc -inversion. (Voir figure en-bas à gauche)
A A
b b
I
b
X
b D b
b
b C
B
X′
b
M
b
b b C′ b
B
C
X ′′
b b
E
Proposition 9
√
b et de cercle
On considère la bc -inversion dans un triangle ABC avec la bissectrice (d) de A
circonscrit Γ. Alors :
1 l’image de B est C, et l’image de C est B,
2 l’image de Γ est (BC), et l’image de (BC) est Γ,
√
7.3. BC -INVERSION 429
Preuve
➀ Puisque (AB) et (AC) sont symétriques par rapport à (d), alors l’image de B′ appar-
tient à (AC). De plus, par définition de l’inversion :
AB · AB′ = AB · AC,
donc AB′ = AC, c’est-à-dire B′ = C. Pour les mêmes raisons, l’image de C est B.
➁ L’image de Γ est une droite passant par B′ = C et par C ′ = B.
➂ Clair.
Proposition 10
Soient ABC un triangle, I le centre du cercle inscrit, et E le centre du cercle exinscrit re-
lativement au sommet A. On désigne par M le milieu de l’arc BC ne contenant pas A. On
√
suppose que les droites (AI) et (BC) se coupent au point D. Alors, grâce à la bc -inversion,
on a les relations métriques suivantes : (voir figure ci-haut à droite)
1 AD · AM = AB · AC.
2 AI · AE = AB · AC.
3 MA · ID = MI · AI.
Preuve
√
Les relations 1. et 2. découlent de la bc -inversion. Pour la 3. on a : ID = MI −MD, et donc
par le shooting lemma : MA·ID = MA·MI −MA·MD = MA·MI −MI 2 = MI ·(MA−MI) =
MI · AI.
Exemple 15
[ et
Soit ω le cercle circonscrit au triangle ABC . Le cercle ω1 est inscrit dans l’angle BAC
touche ω intérieurement au point T . Soit D le point de contact de BC avec le cercle exins-
crit relativement au sommet A. Montrer que BAT[ = DAC [.
√
On applique une bc -inversion. B est en- A
b
voyé vers B′ = C ; C est envoyé vers C ′ = B, et ω
est envoyé vers la droite ω ′ = B′ C ′ . Observons ω
[ et, puisque
que ω1′ est aussi inscrit dans BAC
ω1 touche ω intérieurement, alors ω1′ touche
BC extérieurement. Donc, ω1′ est le cercle exins- ω1
crit relativement au sommet A. Par conséquent,
√ et D sont les images l’un de l’autre par la
T
D
bc -inversion, ce qui permet de conclure que b
b
T
ω′
B = C′
b
b
[ = DAC.
BAT [ ω1′
C = B′
b
bb
430 CHAPITRE 7. INVERSIONS
Soit ABC un triangle donné. Les points D, E appartiennent à la droite (AB) avec AD =
AC, BE = BC , et les points D, A, B, E sont alignés dans cet ordre. Les bissectrices internes
des angles Ab et B
b coupent BC et AC en P et Q respectivement, et coupent le cercle circons-
crit au triangle ABC aux points M et N respectivement. On suppose que la droite passant
par A et le centre O1 du cercle circonscrit au triangle BME , coupe au point X , la droite
passant par B et le centre O2 du cercle circonscrit au triangle AN D .
Montrer que (CX)⊥(PQ).
bc
AE · AQ = (a + c) · = bc.
a+c
√
Donc, par rapport à la bc -inversion, les points E et Q sont les images l’un de l’autre, ainsi
que les points P et M qui sont √ l’image l’un de l’autre. Par conséquent, le cercle circonscrit au
triangle BME est envoyé par la bc -inversion vers le cercle circonscrit au triangle CPQ dont le
centre est O (voir figure). Par suite, la droite (AO) est isogonale à la droite (AO1 ) par rapport
[ De même, la droite (BO) est isogonale à la droite BO2 par rapport à ABC,
à BAC. [ et donc O et
X sont conjugués isogonaux par rapport au triangle ABC. Finalement, dans le triangle CQP, la
droite (CX) est isogonale à la droite (CO), c’est donc la hauteur, ce qui permet de déduire que
(CX)⊥(PQ).
C
b M
b
O
b O1
N
b b
b Q P
b
O2 b
X
b E
D b
b
b b
A B
7.3.1 Exercices
Exercice 7
On rappelle que dans un triangle ABC, la droite isogonale à la médiane est appelé symé-
b , 90°, et on désigne
diane. Soit ω le cercle circonscrit au triangle ABC. On suppose que A
par T le point d’intersection des tangentes à ω aux points B et C.
Montrer que (AT ) est la symédiane issue de A dans le triangle ABC.
√
Solution. On utilise la bc -inversion. Le cercle ω sera envoyé vers la droite (BC). La tangente
à ω au point B sera envoyée vers le cercle ω1 passant par A et tangent à la droite (BC) au point
C. La tangente à ω en C sera quand à elle envoyée vers le cercle ω2 passant par A et tangent à
(BC) en B. Finalement, le point T sera envoyé vers le point T ′ , second point d’intersection de
ω1 avec ω2 .
Soit M le milieu de [BC], alors la symédiane (AD) sera envoyée vers la médiane (AM). Donc,
la question est équivalente à montrer que les points A, T ′ et M sont alignés. Or, les puissances
de M par rapport aux cercles ω1 et ω2 sont égales : MB2 = MC 2 . Par conséquent, M appartient
à l’axe radical AT ′ de ω1 et ω2 . En conclusion, la droite (AT ) est la symédiane issue de A dans
le triangle ABC.
√
7.3. BC -INVERSION 431
A
b
I
b
M b C
B b
b
Y
b
X b
Soient K et L deux points du côté [BC] d’un triangle ABC avec BAK [ = CAL[ < 1 A. b Soit
2
ω1 n’importe quel cercle tangent aux droites (AB) et (AL). Soit ω2 n’importe quel cercle
tangent aux droites (AC) et (AK), et supposons que ω1 et ω2 se coupent aux points P et Q.
[ = QAB.
Montrer que PAC [
Solution.
inversion envoie (BC) vers ω, alors le point M est clairement envoyé vers le point F, d’où
b ce qui permet de conclure que (AF) est la
les droites (AF) et (AM) sont isogonales dans A,
symédiane du triangle ABC.
Soient ABC un triangle, K et L les milieux respectifs de [AB] et [AC]. Soit P le second
point d’intersection des cercles circonscrits aux triangles ABL et AKC. On désigne par Q
le second point d’intersection de (AP) avec le cercle circonscrit au triangle AKL. Montrer
que : 2 · AP = 3 · AQ.
Solution.
√
On va utiliser, à nouveau la bc -inversion,
mais cette fois on va ajuster
q le rayon puis- A
b
bc
qu’on prendra plutôt une 2 -inversion puis-
qu’alors K ′ = C et L′ = B. Ainsi, P ′ est le point
d’intersection des médianes (B′ L′ ) et (C ′ K ′ ) K , C′ b b
L = B′
P′
dans le triangle ALK ′ , i.e., P ′ est le centre de b
b
B = L′ P Q′ C = K′
est le milieu de [K ′ L′ ]. b
Solution.
Ia
b
De plus, on sait que, d’après la grande figure (voir chapitre sur les cercles), D est le milieu de
7.4. EXERCICES 433
[
[IIa ], et donc DG est la droite des milieux dans le triangle FIIa et AI [ d
a F = ADG. Les angles AEI
[ sont égaux et inscrits dans le cercle Γ, donc ils intercepent le même arc, ceci implique
et ADG
que EI et DG se coupent sur le cercle Γ.
Soit MN une droite parallèle au côté BC d’un triangle ABC avec M ∈ [AB] et N ∈ [AC]. Les
droites (BN ) et (CM) se coupent au point P. Les cercles circonscrits aux triangles BMP et
[ = CAP.
CN P se coupent aux points distincts P et Q. Montrer que BAQ [
Solution.
AB AC
c’est-à-dire AM · AC = AN · AB. On va alors b b
C
faire
√ une inversion
√ de pôle A et de rayon B
b
Avec une telle transformation, les points M et C sont l’image l’un de l’autre, et il en est de
même pour les points N et B. Par conséquent, le cercle circonscrit au triangle AMC est envoyé
vers la droite (MC), et le cercle circonscrit au triangle AN B est envoyé vers la droite (N B). Par
[ = CAP.
suite, Q est envoyé vers P, et ainsi BAQ [
7.4 Exercices
Exercice 13
Soit ABC un triangle isocèle avec AB = AC. Montrer que l’inversion de pôle A et de rapport
AB2 transforme la base [BC] du triangle en l’arc du cercle BC du cercle circonscrit au
triangle ABC.
Solution. Les points B et C restent invariants par cette inversion, et donc la droite (BC) se
[
transforme en cercle ABC tel que l’image du segment [BC] reste à l’intérieur de l’angle BAC,
i.e., la base [BC] se transforme en arc BC du cercle circonscrit au triangle ABC.
Exercice 14
Soient ω1 , ω2 et ω3 trois cercles qui passent par un point O. On désigne par C le second
point d’intersection de ω1 avec ω2 ; A le second point d’intersection de ω2 avec ω3 , et B
le second point d’intersection de ω3 avec ω1 . On suppose que la droite (AO) coupe ω1
à nouveau en D ; la droite (BO) coupe ω2 à nouveau en E, et la droite (CO) coupe ω3 à
nouveau en F. Montrer que si [OE] et [OF] sont des diamètres de ω2 et ω3 respectivement,
alors [OD] est un diamètre de ω1 .
434 CHAPITRE 7. INVERSIONS
Solution. On fait une inversion par rapport à n’importe quel cercle avec centre O, alors les trois
cercles se transforment en un triangle A′ B′ C ′ , alors que les axes radicaux OA, OB et OC se
transforment en eux mêmes. Donc, [OE] diamètre de ω2 veut dire que B′ E ′ ⊥ A′ C ′ . De même,
C ′ F ′ ⊥ A′ B′ . D’où, O est l’orthocentre du triangle A′ B′ C ′ , ainsi A′ O ⊥ B′ C ′ . En conclusion, [OD]
est en fait un diamètre de ω1 .
b F
ω3
B
b
b
ω1
D O
b b b b
A
b
b
ω2 b
C E
Exercice 15
Solution.
Exercice 16
[AB], [AC] et [AD] sont trois cordes d’un cercle. On suppose que les cercles de diamètres
[AB] et [AC] se coupent en E ; les cercles de diamètres [AB] et [AD] se coupent en F, et les
cercles de diamètres [AC] et [AD] se coupent en G. Montrer que les points E, F et G sont
alignés.
Solution.
B\′ ′ \
AC , B ′ AF = B\
′ ′ D F et C\
′ ′ ′ AG = C\
′ ′ D ′ G′ .
7.4. EXERCICES 435
Il s’ensuit que : F\ \
′ AG ′ = B \
′ AG ′ − B \
′ AF ′ = B ′ AG ′ − C\ \
′ D ′ G′ = B ′ AG ′ − B\ \
′ D′ F′ = B ′ AC ′ = F\
′ E ′ G′ .
′ ′ ′
Donc, les points A, E , F et G sont cocycliques, et ainsi les points E, F et G sont alignés.
Exercice 17
Soient ω1 , ω2 et ω3 des cercles passant par un point O. On désigne par B le second point
d’intersection de ω1 avec ω2 ; C le second point d’intersection de ω2 avec ω3 , et A le second
point d’intersection de ω3 avec ω1 . On suppose que la tangente à ω2 en O coupe BD en
D ; la tangente en O à ω3 coupe CA en E, et la tangente en O à ω1 coupe AB en F. Montrer
que les points D, E et F sont alignés.
Solution.
E
ω2
Exercice 18
Soient ω1 , ω2 , ω3 et ω4 quatre cercles tels que ω1 et ω2 se touchent au point A ; ω2 et ω3 se
touchent en B ; ω3 et ω4 se touchent en C, et enfin ω4 et ω1 se touchent en D.
Montrer que les points A, B, C et D sont cocycliques.
ω4
C ω3
b
D
b
b B
b
ω1
A ω2
436 CHAPITRE 7. INVERSIONS
Exercice 19
Exercice 20
Solution.
Exercice 21
Soient ABC un triangle, et D, E, F les milieux respectifs des côtés [BC], [CA], [AB]. Montrer
que le cercle circonscrit au triangle DEF est tangent au cercle inscrit dans ABC ainsi qu’aux
cercles ex-inscrits.
Solution. On se propose de montrer que le cercle inscrit au triangle DEF est tangent au cercle
ex-inscrit relativement au sommet B (voir figure). Par symétrie, il sera tangent aux deux autres
cercles exinscrits. On suppose que les côtés BC, CA et AB sont tangents au cercle exinscrit aux
points K, L et M, et sont tangents au cercle inscrit aux points N , P et Q (voir figure ci-après).
Alors, on a :
Comme E est le milieu de [AC], alors il est aussi le milieu de [N M]. On fait une inversion de
7.4. EXERCICES 437
BC − AB
pôle E et de rayon EM = EN = . Alors, les deux cercles sont orthogonaux au cercle
2
de l’inversion, et donc coïncident avec leurs images respectives. Soit (XY ) l’autre tangente
commune à ces deux cercles, avec X ∈ (AB) et Y ∈ (BC). On suppose que (XY ) coupe (DE) au
point D ′ , et coupe (EF) au point F ′ . Si on peut montrer que D ′ et F ′ sont les images de D et F
respectivement, alors le cercle circonscrit au triangle DEF se transforme par l’inversion en la
droite (XY ), et le résultat recherché en découle. Par symétrie, on a :
BX = BC et BY = BA.
Notons que les triangles XFF ′ et XBY sont sembables. Il s’ensuit que :
Ib b
b A
P b N
b
b I b E
F b
b M
b b b b
b
Q D C L
B
Exercice 22
Solution.
Comme ABC est acutangle, alors H est à l’intérieur du triangle A′ B′ C ′ , et donc coïncide avec
le centre du cercle inscrit. Dans le cas où il existe un angle obtus dans le triangle ABC, alors
H sera l’un des centres des cercles exinscrits.
438 CHAPITRE 7. INVERSIONS
Exercice 23
Solution.
Exercice 24
Soient ABC un triangle scalène, AA1 , BB1 , CC1 sont les médianes, et O est le centre du
cercle circonscrit. Montrer que les cercles circonscrits aux triangles AOA1 , BOB1 et COC1
se coupent en un point différent de O.
Solution. On considère l’inversion par rapport au cercle circonscrit au triangle ABC. Alors, les
points A, B et C restent fixes. Les points A1 , B1 et C1 sont envoyés vers les points A′1 , B′1 et C1′ ,
ce sont les sommets du triangle tangentiel (i.e. triangle formé par les points d’intersection des
tangentes en A, B et C au cercle circonscrit). Les cercles circonscrits aux triangles AOA1 , BOB1
et COC1 se transforment en les droites (AA′1 ), (BB′1 ) et (CC1′ ). D’après le théorème de Céva, les
droites (AA′1 ), (BB′1 ) et (CC1′ ) sont concourantes. On conclut alors que les cercles circonscrits
aux triangles AOA1 , BOB1 et COC1 se coupent en un point différent de O.
b
A B′1
b
C1′
b b
C1 O B1
b
b b
b
B A1 C
b A′1
Exercice 25
Soient ABC un triangle non isocèle, et I le centre du cercle inscrit. On suppose que le
cercle inscrit touche les côtés BC, CA et AB aux points A1 , B1 et C1 . Montrer que les cercles
circonscrits aux triangles AIA1 , BIB1 et CIC1 se coupent en un point différent de I.
b
Solution. Considérons l’inversion par rapport au cercle inscrit dans le triangle ABC. Alors, on
obtient que A1 A′ , B1 B′ et C1 C ′ sont les médianes du triangle A1 B1 C1 , et donc le second point
d’intersection des cercles circonscrits aux triangles AIA1 , BIB1 et CIC1 est l’inverse du centre
de gravité du triangle A1 B1 C1 .
7.4. EXERCICES 439
Solution.
A E B
\
FD \
′ E ′ + FD \
′ C ′ = FB \
′ E ′ + FB ′C′. (1)
[ = C,
D’autre part, de l’hypothèse BED [ + FEB
b il résulte que FED [ + FCB,
d = FCD c’est-à-dire :
\
FD \
′ E ′ + FB \
′ E ′ = FD \
′ C ′ + FB ′C′. (2)
\
Des relations (1)-(2) on obtient que : FD \
′ C ′ = FB [ = FEB,
′ E ′ , i.e., FCD d ce qui montre que le
quadrilatère ACFE est cyclique.
k2
[OA′ B′ ] = · [OAB].
OA2 · OB2
Solution.
1 \
[OA′ B′ ] 2 · OA′ · OB′ · sin A ′ OB′
k2
➀ On a : = = .
[OAB] 1 [
· OA · OB · sin AOB OA2 · OB2
2
➁ On considère l’inversion de pôle A et de rapport n’importe quel réel r > 0. Alors, le cercle
circonscrit au quadrilatère ABCD se transforme en la droite passant par B′ , C ′ et D ′ . Par
suite, on a l’égalité entre les aires : [AB′ D ′ ] = [AB′ C ′ ] + [AC ′ D ′ ], et par la question 1.
ci-dessus, on déduit la relation (i).
Les autres relations, (ii) et (iii), se montrent de la même façon.
440 CHAPITRE 7. INVERSIONS
➂ Si ABCD est convexe cyclique, alors il suffit d’appliquer la relation (i) ci-dessus. Récipro-
quement, on fait un simple raisonnement par l’absurde en s’aidant des relations (ii) et
(iii) vues dans la question 2. Remarquons, dans le cas général, que la relation de Feuer-
bach est équivalente à l’égalité : B′ C ′ + C ′ D ′ = B′ D ′ , qui elle-même est équivalente à la
relation de Ptolémée.
b
B′
B
b
C C′
A b b b
D1
b
b
D2
b
b D′ D′
D b 1
D2′ b
QP MB NC
· BC = · PC + · PB.
QA MA NA
MB NC
BC = · AC + · AB.
MA NA
Solution.
QP MB
directe. Si (MN ) (BC), alors = = b N
QA MA b
M
NC b Q
d’après le théorème de Thalès, et par
NA
suite la relation de l’énoncé est vraie. b b b b
X B P C
ac ab IP BP a
PB = , PC = , = = ,
b+c b+c IA BA b+c
ce qui permet de conclure grâce à la question 1.
7.4. EXERCICES 441
A
b
ω
P b
b
E
b I
b b b b
B D F C
références :
[1] J.-L. Ayme, Sawayama and Thébault’s Theorem, Forum Geometricorum, v 3 (2003), 225-
229.
[2] Y. Sawayama, A New Geometrical Proposition, Amer. Math. Monthly, 12 (1905) 222-224.
Soient (AD) et (AE) deux céviennes isogonales dans le triangle ABC. Montrer que :
DB EB AB 2
· = .
DC EC AC
Solution. Considérons l’inversion de pôle A et de rapport n’importe quel réel k > 0. Alors, les
[ = EAC,
points B′ , C ′ , D ′ et E ′ sont cocycliques, et de DAB [ on obtient les égalités B′ D ′ = C ′ E ′ et
′ ′ ′ ′
B E = C D , i.e.,
k · BD k · CE k · BE k · CD
= et = .
AB · AD AC · AE AB · AE AC · AD
On déduit alors
clairement
la relation
del’énoncé.
AB 2 BD AE BE AD DB EB
En effet : = · · · = · .
AC AD CE AE CD DC EC
A
b
b b b b
B
D E C b
b C′
B′
b
b E′
D′
442 CHAPITRE 7. INVERSIONS
Remarques
b et le théorème
1 Dans le cas où D = E, la cévienne AD est alors la bissectrice interne de A,
de Steiner devient le théorème de la bissectrice.
2 D’après le théorème de Steiner et le théorème de Céva, il résulte que si dans un triangle
les céviennes AA1 , BB1 et CC1 sont concourantes ou parallèles, alors les céviennes iso-
gonales AA2 , BB2 et CC2 sont concourantes ou parallèles. Par exemple, les symédianes
d’un triangle sont concourantes, et le point de concours L s’appelle point de Lemoine.
Soit ABCD un quadrilatère inscrit dans le cercle de centre O. Les points M et N sont les
milieux respectifs des diagonales [AC] et [BD]. Montrer que les points O, M, B et D sont
cocycliques si, et seulement si, les points O, N , A et C sont cocycliques.
Solution.
A b D
b
O
b
b b
M N
b
B
C
b
M′
N′ b
On considère l’inversion par rapport au cercle ABCD. Alors, le cercle OAC est envoyé vers la
droite (AC), et le cercle OBD est envoyé vers la droite (BD). D’autre part, le point M appartient
au cercle OBD si, et seulement si, M ′ ∈ (BD). De même, le point N appartient au cercle OAC
si, et seulement si, N ′ ∈ (AC). Or, la droite (BD) est la polaire pN ′ du point N ′ par rapport
au cercle ABCD, et la droite (AC) est la polaire pM ′ du point M ′ par rapport au même cercle.
D’après le théorème de La Hire, on sait que : M ′ ∈ pN ′ ⇐⇒ N ′ ∈ pM ′ , ce qui permet de
conclure.
Chapitre
8
Géométrie projective
La géométrie projective est une partie très ancienne des mathématiques dont on trouve trace
dans les travaux d’Apollonius de Perge (−190) (sections coniques), de Pappus (fin du iiie siècle)
puis plus tard à la Renaissance avec la notion de perspective développée par Filippo Brunelleschi
(1377-1446), Leon Battista Alberti (1404-1472), Pietro della Francesca (1410-1492), Albrecht Dü-
rer (1471-1528), Leonardo da Vinci (1452-1519) et surtout à partir de 1600 avec Girard Desargues
(1591-1661), Blaise Pascal (1623-1662), Philippe de La Hire (1640-1718), Jean-Victor Poncelet
(1788-1867), Moritz Pasch (1843-1930) et Giuseppe Peano (1858-1932).
La géométrie projective n’est pas en tant que telle au programme des Olympiades de mathéma-
tiques, il n’y a pas de problème d’Olympiade qui nécessite de connaître la géométrie projective,
mais rien n’interdit de l’utiliser pour n’importe quel problème de géométrie, et cela peut s’avérer
très puissant et efficace pour un grand nombre de problèmes.
Dans le plan, on avait deux propriétés, tellement importantes qu’on les choisissait généralement
comme axiomes :
⋄ deux points distincts appartiennent à une seule droite,
⋄ deux droites distinctes ont en commun un seul point.
Toutefois, il y avait une exception : les deux droites pouvaient être parallèles. Mais cela n’arrivait
pas souvent. D’ailleurs Euclide avait rencontré la difficulté et avait ajouté son fameux cinquième
postulat qui affirmait l’unicité de la parallèle. Pour les peintres, qui se moquaient évidemment
d’Euclide et de ses postulats, cela posait un vrai problème. Lorsqu’il y avait deux parallèles, leurs
443
444 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
yeux voyaient pourtant les deux droites se couper au loin. De là, naquit l’idée de compléter l’es-
pace. Ici, nous nous limiterons au plan que nous compléterons par des nouveaux points « à l’in-
fini » aux propriétés bien précises. Toutes les droites d’une même direction, autrement dit une
famille de parallèles ont en commun un point à l’infini. De plus, tous ces points à l’infini sont
alignés (sur la fameuse ligne d’horizon).
Pour les mathématiciens cette solution était très séduisante. En effet, si l’on complète le plan par
les points d’une droite à l’infini, on peut alors énoncer les deux propriétés :
⋄ deux points distincts appartiennent à une seule droite,
⋄ deux droites distinctes ont en commun un seul point.
Et cette fois il n’y a plus aucune exception. La géométrie projective était née mais il fallut encore
attendre le xixe siècle pour la voir prendre son essor.
En résumé, on cherche, en géométrie projective, à ce que deux droites distinctes quelconques se
coupent en exactement un point. Pour se faire, on rajoute au plan une droite à l’infini, où chaque
point correspond au point d’intersection d’une famille de droites concourantes et deux droites
parallèles : ces dernières ont juste leur point d’intersection qui est sur la droite à l’infini.
On commence par rappeler la notion de mesure algébrique. La mesure algébrique d’un segment
[AB] sur un axe (droite graduée munie d’une origine et d’un sens positif de parcours), notée AB,
est le nombre algébrique xB − xA où xA et xB sont les abscisses respectives de A et B. on a alors :
AB = OB−OA = xB −xA . Relativement aux mesures algébriques des segments « orientés » (bipoints),
la formule de Chasles peut s’exprimer ainsi : pour tous points A, B et C
AB = AC + CB ou encore AB = CB − CA.
L’objet probablement le plus intéressant en géométrie projective, celui qu’on cherchera à conser-
ver en définissant les transformations projectives, est le birapport :
Définition (Birapport)
CA DA
Lorsque le birapport [A, B, C, D] est égal à −1, i.e., =− , les quatre éléments forment
CB DB
une division harmonique.
On dit que A et B sont conjugués harmoniques par rapport à C et D .
CA CA
✍ Si < 0, alors C ∈ ]AB[ et D < [AB]. Si > 0, alors D ∈ ]AB[ et C < [AB].
CB CB
✍ [A, B, C, D] est une division harmonique si, et seulement si, [C, D, A, B] est une division
harmonique, si et seulement si, (a + b)(c + d) = 2(ab + cd).
A B
b b b b
C D
1
✍ Si [A, B, C, D] = λ, alors [C, D, A, B] = λ, [B, A, C, D] = et [A, C, B, D] = 1 − λ.
λ
8.1. PLAN PROJECTIF, BIRAPPORT ET DIVISION HARMONIQUE 445
Exemple 1
Si D et D ′ sont respectivement les pieds des bissectrices interne et externe issues du som-
met A d’un triangle ABC avec AB , AC . Alors, [B, C, D, D ′ ] est une division harmonique.
DB D ′ B AB A
On a : D ∈ ]BC[, D ′ < [BC], = = , et b
DC D ′ C AC
DB DC a
dans ce cas : = = ,
c c b + c
D′B D′C a
= = . b
c b |b − c| b b b
D′ B D C
Exemple 2
Soient ABC un cercle, C(I, r) le cercle inscrit, et C(Ia , ra ) le cercle exinscrit relativement
au sommet A. On désigne par D le point d’intersection de (BC) avec (Ia I), et D ′ le point
d’intersection de (BC) avec (Ib Ic ). Montrer que :
1 [I, Ia , D, A] est une division harmonique,
2 [Ib , Ic , A, D ′ ] est une division harmonique.
DI r AI s−a DI AI
➀ En effet, = , = et [ABC] = rs = (s − a)ra =⇒ = .
DIa ra AIa s DIa AIa
AI s − c D ′ I b rb AI D′ I
➁ En effet, b = , ′ = et [ABC] = (s − c)rc = (s − b)rb =⇒ b = ′ b .
AIc s − b D Ic rc AIc D Ic
Exemple 3
Soient ABCD un trapèze, M et N les milieux respectifs de [AB] et [CD]. On désigne par I
le point d’intersection de (AC) avec (BD), et J le point d’intersection de (AD) avec (BC).
Montrer que [M, N , I, J] est une division harmonique.
IM JM AB
On a : = = . Si U ∈ (AD), V ∈ (BC), I ∈ (UV ), (UV ) (AB) alors [A, D, U, J] est une
IN JN CD
UA IA AB JA 2 1 1
division harmonique car = = = et = + .
UD IC CD JD UV AB CD
Exemple 4
Soit P un point non situé sur les côtés d’un triangle ABC . On note {X} = (AP) ∩ (BC), {Y } =
(BP) ∩ (CA), {Z} = (CP) ∩ (AB) et {X1 } = (BC) ∩ (Y Z). Alors, [B, C, X, X1 ] est une division
harmonique.
XB Y C ZA
En effet, d’après le théorème de Céva on a : · · = −1, et par le théorème de Ménélaüs
XC Y A ZB
X B Y C ZA XB X B
appliqué avec la transversale X1 Y Z on a : 1 · · = 1, il résulte alors que =− 1 ,
X1 C Y A ZB XC X1 C
donc [B, C, X, X1 ] est une division harmonique.
Exemple 5
Soit S ∈ [BC] le pied de la symédiane issue de A dans un triangle ABC inscrit dans un
cercle C . Soit T le point d’intersection de la tangente à C en A avec la droite (BC).
Montrer que [B, C, S, T ] est une division harmonique.
446 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
A b
O
b
b b b b
T B S C
2
SB c T B AB sin T[
AB c sin C
D’après le théorème de Steiner on a : = , et de la relation = · = · ,
2
SC b AC b sin B
T C AC sin T[
TB c
on déduit que = . Donc [B, C, S, T ] est une division harmonique.
TC b
Exemple 6
Soit [AB] une corde d’un cercle C(O, r) avec O < (AB). On désigne par P le point d’intersec-
tion des tangentes à C en A et en B. Une droite (d) passant par P coupe C en M et N , et elle
coupe [AB] au point R. Montrer que [M, N , R, P ] est une division harmonique.
PM AM 2 PM BM 2
Des relations = , = il A b
PN AN PN BN
AM BM MP
résulte que = . Des relations = P
AN BN MR b
AP MA N R AR N B M
· , = · il résulte que : b
O
AR MB N P AP N A b R b
RN PM MA N B
· = · = 1. b
RM PN MB N A
B
RM PM
D’où = , donc [M, N , R, P ] est une divi- b
RN PN N
sion harmonique.
Définition
CA DA
[A, B, C, D] = ± ÷ .
CB DB
On prend le signe + si [AB] ∩ [CD] = ∅, et le signe − sinon.
Soient A, B, C et D quatre points situés, dans cet ordre, sur un cercle. Si [A, B, C, D] = −1,
alors on dit que le quadrilatère ABCD est harmonique. En d’autres termes :
Corollaire 1
Si [A, C, B, D] et [A, C, B, D ′ ] sont tous les deux harmoniques, alors D = D ′ .
On a le même résultat si les points A, B, C, D et D ′ sont cocycliques.
CA DA CA DA
• La relation ÷ = −1 s’écrit aussi + = 0. En multipliant par CB · DB on a :
CB DB CB DB
CA · DB + CB · DA = 0 d’où CA · DA + AB + CA + AB · DA = 0,
d’où, par développement et simplifications du fait que M est le milieu de [AB], on obtient la
relation de Newton.
• Par simple calcul : a − c+d (b − c)2 = b − c+d (a − c)2 ⇐⇒ (a + b)(c + d) = 2(ab + cd).
2 2
Théorème 1
A, B, C et D sont quatre points alignés avec C ∈ [AB]. On considère un point P n’apparte-
nant pas à la droite (AB), et les trois propositions suivantes :
(i) [A, B, C, D] est une division harmonique,
(ii) (PC) ⊥ (PD),
[ = CPB
(iii) CPA [ (i.e. (PC) est la bissectrice interne de APB).
Alors : (i) et (ii) =⇒ (iii) ; (ii) et (iii) =⇒ (i), et (iii) et (i) =⇒ (ii).
Démonstration
Montrons que (i) et (ii) impliquent (iii). Les deux autres implications étant claires. D’après le lemme
précédent on a (PC)⊥(PD) =⇒ β + γ = 90°, d’où cos(β + γ) = 0 =⇒ cos(α + γ) = 0 =⇒ α + γ =
90°, β + γ = 90° =⇒ α = β, ce qui permet de conclure.
Proposition 2
Soient A et B deux points fixes. Le lieu géométrique des points L du plan tels que
LA
= k , 1 (une constante) est un cercle de diamètre [CD] où [A, B, C, D] est une divi-
LB
CA DA
sion harmonique pour laquelle = = k.
CB DB
Démonstration
On considère les points C et D du lieu géométrique recherché appartenant à la droite (AB), alors
CA DA CA LA [ = CPD, [ et du théo-
= , C ∈ [AB]. D’après le théorème de la bissectrice, = =⇒ CPA
CB DB CB LB
[ = 90° (constante). En conclusion, le
rème précédent il résulte que (LD) ⊥ (LC). Par conséquent, CLD
lieu géométrique des points L est le cercle de diamètre [CD].
Théorème 3
Soit ABC un triangle, et considérons les points X ∈ [BC], Y ∈ [CA], Z ∈ [AB].
Si X ′ est le point d’intersection de (Y Z) avec [BC), alors [B, C, X, X ′ ] est une division har-
monique si, et seulement si, les céviennes (AX), (BY ) et (CZ) sont concourantes.
Démonstration
Les points Y , Z et X ′ sont alignés, donc d’après le b A
X ′ B Y C ZA
théorème de Ménélaüs on a : ′ · · =
X C Y A ZB Z b
XB Y C ZA
et seulement si, · · = 1. Alors, en divi- b b b b
XC Y A ZB X′
XB X ′ B B X C
sant ces deux expressions, on obtient = ,
XC X ′ C
i.e., [B, C, X, X ] = −1.
′
8.1. PLAN PROJECTIF, BIRAPPORT ET DIVISION HARMONIQUE 449
Théorème 4
Soient A, B et C trois points situés sur un cercle ω. On suppose que les tangentes à ω aux
points A et C se coupent au point P. On suppose que la droite (BP) coupe ω à nouveau au
point D. Alors, ABCD est un quadrilatère harmonique.
Démonstration
Soit X le point d’intersection de (AC) avec (BD). b
A
On sait (chap. géométrie du triangle) que (BD) ω
est la B-symédiane du triangle ABC et la D-
BA2 O b
X D P
symédiane du triangle ADC. Donc : = B
b b b b
BC 2
AX DA 2
= . D’où [A, C, B, D] = −1, ce qui per- b
CX DC 2 C
met de conclure que ABCD est un quadrilatère
harmonique.
8.1.1 Exercices
Exercice 1
Soit ABCD un quadrilatère cyclique avec (AB) ∩ (CD) , ∅. On suppose que la droite (AB)
est tangente à deux cercles C1 et C2 aux points T1 et T2 respectivement avec, en plus, C1 ∩
C2 = {C, D}. Montrer que [A, B, T1 , T2 ] est une division harmonique.
Solution. Soit {E} = (AB) ∩ (CD), alors de la relation ET12 = ET22 = EA · EB = EC · ED, il résulte
que : ET1 = ET2 et ET12 = EA · EB. Par suite [A, B, T1 , T2 ] est une division harmonique.
Exercice 2
Soit ABC un triangle tel que les tangentes issues du sommet A touchent le cercle ω de
diamètre [BC] aux points P et Q.
Montrer que l’orthocentre H du triangle ABC appartient à la droite (PQ).
A
b
U
b
b Q
P b
b
H
b b b b
B C
D O
b
D′
b
D’où DU 2 = DA · DH, ce qui permet de conclure que [A, H, U, V ] est une division harmonique.
D’après l’exemple 6 on déduit que H ∈ (PQ).
450 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
Exercice 3
ne contenant pas
Soient ABC un triangle inscrit dans le cercle ω, et D le milieu de l’arc BC
le point A. La tangente (d) à ω au point D coupe les droites (AB) et (AC) aux points M et
N respectivement. On désigne par P le second point d’intersection de (BC) avec ω ; Q le
point d’intersection de (d) avec (AP), et R le point d’intersection de (d) avec (CP).
Montrer que Q est le milieu de [DN ], et que [M, R, D, N ] est une division harmonique.
Solution.
Des relations QD 2 = QP · QA et \ [
QN P = QAC b
A
on déduit que les triangles QPN et QN A ω
sont semblables, d’où QN 2 = QA · QP. Donc
QD = QN . Maintenant, des relations QRC [ = B b
C
b
[ \ [ \
RCB = QAM il résulte que QRP = PAM, d’où
AMRP est un quadrilatère cyclique. Ainsi, b P
monique.
Exercice 4
Solution.
(CD), alors = =⇒ = =⇒ b b
IM AM MC MD C A
MC = MD.
Exercice 5
Soit ABCD un quadrilatère convexe inscrit dans le cercle C. On considère E le point d’in-
tersection de (AB) avec (CD) ; F ∈ C tel que (DF) (AB) ; G le second point d’intersection
de C avec [EF), et enfin M le point d’intersection de (AB) avec (CG). Montrer que :
1 1 1
= + .
EM EA EB
Solution.
b
B
b C
A
b L
Mb b
F
b
G
b
b b
E D C
ME MG
semblables. D’où : = =⇒ ME 2 = MC · MG = MA · MB =⇒ ME 2 = MA · MB. Soit L le
MC ME
symétrique de E par rapport à M, alors ME = ML. La relation ME 2 = MA · MB entraîne que
2 1 1 1 1 1
[A, B, E, L] est une division harmonique. Par suite = + , c’est-à-dire = + .
EL EA EB EM EA EB
Exercice 6
Solution.
D M C
(DM) ∩ (EF). L B
autre méthode : Soit {S} = (LH)∩(AM). La division [B, C, L, D] est harmonique, donc DM ·DL =
DB · DC car MB = MC. Or d’après la puissance de D par rapport au cercle circonscrit au
DM DH
triangle ABC on a : DB · DC = HD · DA, donc DM · DL = DH · DA, d’où = =⇒
DA DL
\ = tan DLH
tan DAM [ =⇒ DAM \ = DLH, [ ceci implique que le quadrilatère ASDL est inscrit
dans le cercle de diamètre [AL]. En conclusion, (SL)⊥(SA), d’où (LH)⊥(AM).
généralisation : soit ABCD un quadrilatère (convexe ou non) inscrit dans le cercle ω de centre
O. Considérons {I} = (AC) ∩ (BD), {E} = (AD) ∩ (BC) et {F} = (AB) ∩ (CD). Alors, (OI)⊥(EF) et
le point de Miquel associé au quadrilatère complet ABCDEF (i.e. le point commun aux cercles
circonscrits aux triangles ABE, BCF, CDE et DAF) appartient à la droite (EF).
Exercice 7
Solution.
Exercice 8
b
C M
b
C2 A b
D
b
B
b C1
b b b
O2 O1 P
Exercice 9
Soit ABCD un quadrilatère inscrit dans le cercle ω. On note {R} = (AB) ∩ (CD) et {M} =
(AD) ∩ (BC). On suppose que les tangentes issues de M au cercle ω le coupent aux points
T et P. Montrer que les points R, T et P sont alignés.
Solution. Soient X ∈ (AB), Z ∈ (BC), Y ∈ (CD) et K ∈ (DA) tels que les divisions [A, B, X, R],
[B, C, T , M], [C, D, Y , R] et [D, A, K, M] soient harmoniques. Il résulte alors que M ∈ (XY ) et
R ∈ (KZ). Soient S, U, V , W et Q les milieux respectifs des segments [MR], [MZ], [MK], [RX]
et [RY ]. Comme R ∈ (KZ) alors S ∈ (UV ) ; puisque M ∈ (XY ) alors S ∈ (W Q). Des égalités
UM 2 = UB · UC et V M 2 = V A · V D, il résulte que (UV ) est l’axe radical de ω et le cercle
dégénéré M. Des relations W R2 = W A · W B et QR2 = QC · QD il résulte que (W Q) est l’axe
radical de ω et le cercle dégénéré R. Or, la médiatrice du segment [MR] est l’axe radical des
cercles dégénérés M et R, donc puisque {S} = (UV ) ∩ (W Q), il résulte que le point S est le
centre radical des cercles ω, M et R. Or, la droite (T P) est la polaire de M par rapport au cercle
ω, donc {Z, K} ⊂ (T P). Mais R ∈ (KZ), donc en conclusion R ∈ (T P).
Exercice 10
Soient A et B deux points d’un cercle C de centre O avec O < [AB]. On note par T le point
d’intersection des tangentes à C aux points A et B. Une droite (d) passant par T coupe C
aux points M et N . On désigne par S le point d’intersection de (AB) avec (MN ).
Montrer que [M, N , S, T ] est une division harmonique.
TM MA 2 MB 2
Solution. On a : = = , i.e. MA · N B = N A · MB (le quadrilatère AMBN est
TN NA NB
SM MA · MB MA 2
harmonique). De plus, = = . D’où :
SN NA · NB NA
TM SM MA 2 MB 2
= = = .
TN SN NA NB
8.1. PLAN PROJECTIF, BIRAPPORT ET DIVISION HARMONIQUE 453
A b
C
N
b
b
b
S O
b
b M
T
Exercice 11
Soit ABCDEF un quadrilatère complet dont [AC], [BD], [EF] sont les diagonales. On note
I l’intersection de (AC) et (BD), P l’intersection de (AB) et (IF), Q l’intersection de (CD) et
(IF). Montrer que les divisions [A, B, P, E] et [C, D, Q, E] sont harmoniques.
Solution. Le point I est l’intersection des droites (FP), (AC) et (BD) dans le triangle FAB, donc
PA CB DF
par le théorème de Céva on a : · · = −1. La droite (DE) coupe les côtés de FAB en
PB CF DA
EA CF DF
des points alignés E, C et D, donc d’après le théorème de Ménélaüs on a : · · = 1.
EB CB DA
b
F
A b
b
P
B
b
b
D I C E
b b b b
Q
PA EA
= − i.e. [A, B, P, E] = −1.
PB EB
La relation [C, D, Q, E] = −1 se montre de façon analogue en échangeant les rôles des points
A, P, B et des points D, Q, C.
Preuve
Si les droites sont parallèles, la propriété est immédiate par le théorème de Thalès. Si elles
concourent en I, la parallèle d ′ en B à dA coupe dC et dD en E et F respectivement. D’après
le théorème de Thalès appliqué dans les configurations triangulaires CBEAI et DBFAI on
454 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
CA IA DA IA
obtient que : = et = .
CB EB DB FB
b
I
d
dD
dA dD dC dB
dC dB dA
b
b
b
A C B D b
b b b B D
b C
A
d
CA DA FB
Par quotient des égalités, on déduit que : [A, B, C, D] = . ÷ =
CB DB EB
Pour une autre position de d, avec des points d’intersection A , B , C et D ′ , la nouvelle
′ ′ ′
Si le birapport des quatre droites dA , dB , dC et dD est égal à −1, alors on dit que les quatre
droites (concourantes ou parallèles) forment un faisceau harmonique.
☞ Bien qu’exprimé ici en géométrie affine, il s’agit fondamentalement d’une notion de géo-
métrie projective. Les deux cas (droites concourantes et droites parallèles) sont réunis en
un seul.
☞ Le birapport de quatre droites concourantes est la notion duale du birapport de quatre
points alignés.
☞ La notion de faisceau harmonique est la notion duale de celle de division harmonique.
Théorème 5
Soient A, B, C et D quatre points alignés, dans cet ordre, sur une droite (d), et considérons
un point P n’appartenant pas à (d). On prend une autre droite (d ′ ), et on considère les
intersections A′ , B′ , C ′ et D ′ des droites (PA), (PB), (PC) et (PD) avec la droite (d ′ ) respecti-
vement. Alors : [A, C, B, D] = [A′ , C ′ , B′ , D ′ ].
Démonstration
y = BPC
On pose x = APB, [ et z = CPD,[ alors par P b
BA PA sin x
le lemme des quotient on a : = · et
BC PC sin y b
b
b
DA PA sin(x + y + z) b
C
D
= · . D’où : B
DC PC sin z A
sin x · sin z
[A, C, B, D] = − .
sin y · sin(x + y + z) b b b b
A′ B′ C′ D′
8.1. PLAN PROJECTIF, BIRAPPORT ET DIVISION HARMONIQUE 455
On peut faire la même chose pour [A′ , C ′ , B′ , D ′ ]. D’où l’égalité [A, C, B, D] = [A′ , C ′ , B′ , D ′ ].
Proposition 4
Soient A, B, C et D quatre points, dans cet ordre, sur un cercle ω, et considérons un point
P ∈ ω. Les droites (PA), (PB), (PC) et (PD) coupent une droite (d) aux points A′ , B′ , C ′ et D ′
respectivement. Alors, on a : [A, C, B, D] = [A′ , C ′ , B′ , D ′ ].
P b
b
b D′
b C′
b
B′
A′ b
b
D
A b
b
B C
Soient ABC un triangle, et D, E, F les points de tangence du cercle inscrit avec les côtés
BC, CA, AB respectivement. Soit X un point à l’intérieur de ABC tel que le cercle inscrit
de XBC touche XB, XC et BC en Z, Y et D respectivement. Montrer que EFZY est un
quadrilatère cyclique.
b A
F b
E
X b b
Z b Y
b
b b b
b
B D C T
Soit T le point d’intersection de (BC) avec (EF). Puisque les droites (AD), (BE) et (CF) se coupent
au point de Gergonne du triangle ABC, alors on déduit que [B, C, D, T ] est une division harmo-
nique d’après le théorème 3. De la même façon, les droites (XD), (BY ) et (CZ) sont concourantes
au point de Gergonne du triangle XBC, donc [B, C, D, T ′ ] est une division harmonique. D’après le
corollaire 1 on obtient que T = T ′ , et donc T ∈ (Y Z). Maintenant, en prenant la puissance de T
par rapport aux cercles inscrits de ABC et XBC on déduit que : T D 2 = T E · T F et T D 2 = T Z · T Y .
D’où T E · T F = T Z · T Y , ce qui veut dire que EFZY est un quadrilatère cyclique.
456 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
Soit ABCD un quadrilatère convexe. On note {E} = (AB) ∩ (CD), {F} = (AD) ∩ (BC) et {P} =
(AC) ∩ (BD). On désigne par O le pied de la perpendiculaire issue de P à la droite (EF).
[ = AOD
Montrer que BOC [.
[
bissectrice de AOC. C R D E
b b
A B
Notons que (XY )⊥(BD) et (BX)⊥(DY ), donc X est l’orthocentre du triangle BDY . Ceci veut dire
que ZX · ZY = ZD · ZB, or comme le triangle ABD admet un angle droit en A, et puisque Z est le
pied de la hauteur issue de A dans ce triangle, on obtient que ZD · ZB = ZA2 , ce qui permet de
conclure.
Exemple 10
Soient ω le cercle inscrit dans le triangle ABC , et D, E, F les points de tangence avec les
côtés BC, CA, AB respectivement. Soient M le second point d’intersection de (AD) avec ω ;
N le second point d’intersection de (DF) avec le cercle circonscrit au triangle CDM , et G
le point d’intersection de (CN ) avec (AB). Montrer que CD = 3 FG .
Soient {X} = (EF)∩(CG) et {T } = (EF)∩(BC). Puisque les droites (AD), (BE) et (CF) concourent
au point de Gergonne du triangle ABC alors, d’après le théorème 3, [B, C, D, T ] est une divi-
F
sion harmonique. Or, comme [G, C, N , X] = [B, C, D, T ], on obtient que [G, C, N , X] est aussi une
division harmonique. D’autre part, d’après le théorème de Ménélaüs appliqué dans le triangle
8.1. PLAN PROJECTIF, BIRAPPORT ET DIVISION HARMONIQUE 457
BCG avec la transversale DN F on voit que, pour montrer CD = 3 GF, il suffit de montrer que
NC XC
CN = 3 N G. Or, [G, C, N , X] est une division harmonique, d’où = , et par suite il suf-
NG XG
\ = MDF
fit de montrer que N est le milieu de [CX]. Maintenant, observons que MEX \ = MCX, \
\ = MEA
et par suite le quadrilatère MECX est cyclique, ce qui implique que MXC \ = ADE [ et
\ [ \ [ \ \ \ [
MCX = ADF. De plus, CMN = FDB et XMN = XMC − CMN = CEF − FDB = EDC. [ [
b
A
b
M
X F b
b
b
G
b b E
N
b b b b
B D C
T
En appliquant le lemme des quotients, et en utilisant ces égalités dans les relations :
NX \
MX sin XMN \ sin XMN
sin MCX \
= · = · ,
NC \
MC sin CMN \ sin CMN
sin MXC \
[
sin FDA [
sin BDF
on obtient que : N C = N X ⇐⇒ = . Or, (DA) est la symédiane issue de A du
[
sin EDA [
sin CDE
triangle DEF, donc :
[
sin FDA FD [
sin DEF [
sin BDF
= = = .
[
sin EDA ED [
sin DFE [
sin CDE
Par suite, N est le milieu de [CX], ce qui permet de conclure.
Exemple 11
Deux cordes [AB] et [CD] d’un cercle Γ se coupent en le milieu M d’une troisième corde
[XY ]. Cette dernière coupe [AD] et [BC] en R et S respectivement. Montrer que M est le
milieu de [RS].
D b b B
M
X b b b b b
Y
R S
b
b
A C
A C RX
Notons que [X, Y , M, R] = [X, Y , B, D] = [X, Y , S, M] qui, puisque MX = MY , implique que =
RY
SY
, ce qui entraîne immédiatement que M est le milieu du segment [RS].
SX
Exemple 13 : (Proposé à l’OIM, 2002)
Le cercle inscrit ω d’un triangle acutangle est tangent au côté BC en K . Soient AD une
hauteur du triangle ABC , et M le milieu de [AD]. Si N est point d’intersection de ω avec
[
(KM) (distinct de K ), montrer alors que (N K) est une bissectrice de BN C.
M S
b b b b
B K D C
K
On sait que [A, D, M, A∞ ] est une division harmonique et, puisque [J, K, N , K ′ ] = [A, D, M, A∞ ],
alors KK ′ JN est un quadrilatère harmonique. De plus, puisque les tangentes de R et S à ω se
coupent en A, et puisque A, J, K sont alignés, alors KRJS est aussi un quadrilatère harmonique.
Puisque (BC) est la tangente issue de K à ω, alors ceci veut dire que X appartient à la tangente
\
issue de J à ω. Par suite, les points X, N et K ′ sont alignés, d’où XN K = 180° − K\
′ N K = 90°. Main-
tenant, puisque les droites (AK), (BS) et (CR) concourent au point de Gergonne du triangle ABC,
alors d’après le théorème 3 on sait que [B, C, K, X] est une division harmonique. Une application
du théorème 1 implique alors le résultat demandé.
Exemple 14 : (Proposé à l’OIM, 2004)
AN AM
= . Montrer que les points E, F et N sont alignés, où {E} = (AC) ∩ (BD) et {F} =
BN BM
(BC) ∩ (DA).
On suppose que (CM) coupe le cercle circonscrit au triangle ABM à nouveau en P, et soit
{G} = (AB) ∩ (CD), alors on a :
MP · MG = MG 2 − GP · GM = MG 2 − GA · GB = MG 2 − GC · GD = MC 2 ,
donc on déduit que [C, D, P, G] est une division harmonique. D’après le théorème 3 on doit avoir
que les droites (FP), (CA) et (DB) concourent, donc le point P appartient à (EF).
Soit {H} = (AP)∩(BC), comme les droites (FP), (CA) et (DB) concourent en E, alors par le théorème
3, on déduit que [C, F, B, H] est une division harmonique.
G b
C
b
P
b
B b M
b
b
b E
b
N D
b
F A
b
Supposons maintenant que (FP) coupe le cercle circonscrit au triangle ABM à nouveau en N ′ .
P
On a : [M, N ′ , B, A] = [C, F, B, H] = −1, donc AMBN ′ est un quadrilatère harmonique. Or, par
définition, AMBN est aussi harmonique, donc on doit avoir N = N ′ , ce qui termine la preuve.
8.1.3 Exercices
Exercice 12
Soit ABC un triangle d’orthocentre H. Soient {D} = (AH) ∩ (BC), {E} = (BH) ∩ (CA) et {F} =
(CH) ∩ (AB), en d’autre termes DEF est le triangle orthique du triangle ABC. Montrer que
le centre S du cercle inscrit dans le triangle DEF coïncide avec l’orthocentre H du triangle
ABC.
Solution.
X E
droite passant par A et parallèle à (BC), on b
H
a : (d) (BC) =⇒ N A = AM, avec {M} = (d) ∩ b
D
\
N DA ⇐⇒ EDA [ = FDA.
[
C
b
460 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
Exercice 13
Soit ABCD un trapèze (AB CD) avec AD < CD = AC. On désigne par O le point d’in-
tersection de (AC) avec (BD) ; E le milieu de [AB] ; F le milieu de [CD] et M le point
\ = CAM.
d’intersection de (CE) avec (BD). Montrer que (AM)⊥(AD) et que BAM \
ME BE AE ME AE
Solution. On a : = = =⇒ = , donc la demi-droite [AM) est la bissectrice
MC CD AC MC AC
[ D’où, [E, F, O, I] est une division harmonique où {I} = (AD) ∩ (BC), donc le faisceau
de BAC.
C[E, F, O, I] est harmonique, en particulier [D, M, O, B] est une division harmonique. Par suite,
[ et ainsi (AM)⊥(AD).
[AM) est la bissectrice de OAB,
F
b b b
C
D
O
b
M b
b b b
B E A
Exercice 14
b O
C
dA B b
b
A b
dC
d
dB
b b b b
B′ C′ d′
I A′
Exercice 15
Soient ABCD un trapèze (AB CD), AB > CD ; M le milieu de [AB] ; R le point d’inter-
section de (DM) avec (AC) ; N le point d’intersection de (DM) avec (AC), et P le projeté
orthogonal de N sur (BC).
\
Montrer que les demi-droites [PR) et [PA) sont isogonales dans DPM.
N A CA
Donc, = , et [A, R, C, N ] est une division harmonique. Comme le point P appartient au
N R CR
[
cercle de diamètre [CN ], alors il résulte d’après le théorème 1 que N [
PR = N PA.
Exercice 16
Soient ABC un triangle, et (AM), (BN ), (CP) des droites concourantes avec M ∈ [BC],
N ∈ [CA], P ∈ [AB] telles que (MN )⊥(MP). Montrer que les demi-droites [MN ) et [MP)
\ et \
sont les bissectrices respectives de AMC AMB.
Exercice 17
Solution. Puisque [B, C, D, P] est une division harmonique alors DB · DC = DM · DP. Soit S
le point d’intersection de (BE) avec (DR). Comme E[B, C, D, P] est un faisceau harmonique et
(RQ) (EP), alors DS = DQ = DE. Des relations FRD [ − BDR
[ = ABC [ = ABC [ − QDC\ = ABC[−
[ [ [ [ [ [ [ [ [ [
EQD − ACB = ABC + ACB − DEC = ABC + ACB − ABC = ACB = DFR, il résulte que FRD = [
[
DFR, et donc DF = DR.
b
A
b
E
b Q
F b
b
B b b b b
P b
D M C
R
b
S
DF FB DB
Les triangles DFB et DCE sont semblables, d’où = = , donc DB · DC = DE · DF. En
DC CE DE
conclusion, DP · DM = DB · DC = DE · DF = DQ · DR, d’où DP · DM = DQ · DR, ce qui permet
de conclure que les points P, M, Q et R sont cocycliques.
Exercice 18
Soient M un point de la bissectrice [AD) d’un triangle ABC, et D ∈ [BC]. On note {E} =
(BM) ∩ (AC), {F} = (CM) ∩ (AB), {K} = (DF) ∩ (BE) et {L} = (DE) ∩ (CF).
[ = CAL.
Montrer que BAK [
que :
UB CB x y
= ⇐⇒ = .
UD CD b+c b
D’autre part, [C, M, L, F] est une division harmonique implique que [C, D, V , B] est une division
harmonique, ce qui entraîne :
DB CB t z ac abc abc ab
= ⇐⇒ = =⇒ x = ,y = ,z = ,t = ,
DV CV b+c c 2b + c (b + c)(2b + c) (b + c)(b + 2c) b + 2c
2
y z UD V D UB V B x a−t c
=⇒ + = 1 + =1 , · = · =
x t UB V C UC V C a − x t b
[ = CAL.
ce qui implique, grâce au théorème de Steiner, que BAK [
Exercice 19
Soient ABC un triangle, E ∈ AC et F ∈ AB. On désigne par {P} = (BE) ∩ (CF) et {R} =
(EF) ∩ (AP). La droite passant par R et parallèle à (BC) coupe les droites (AB) et (AC) en X
et Y respectivement. Montrer que RX = RY .
Solution. Soient {S} = (EF) ∩ (BC) et {T } = (AP) ∩ (BC). Comme [B, C, T , S] est une division
harmonique alors A[B, C, T , S] est un faisceau harmonique, ce qui implique que [F, E, R, S] est
une division harmonique, ceci entraîne que le faisceau B[F, E, R, S] est harmonique. Or, R ∈
(XY ) qui est parallèle à (BS), par suite RX = RY .
❏ Dans les deux cas cités ci-haut, si O est le centre de ω, alors (OP) est perpendiculaire à la
polaire de P par rapport à ω.
❏ Si (d) est la polaire de P par rapport à ω, le point P est appelé pôle de (d) par rapport à ω.
8.2. PÔLE ET POLAIRE 463
Y
b
A
b
b Y
Q R b
b A
X b b
b
b b b
P
P O b
O b B
X
b
Soient P et Q deux points dans le plan d’un cercle ω. Alors, P appartient à la polaire de Q
par rapport à ω si, et seulement si, Q appartient à la polaire de P par rapport à ω.
Démonstration
Il est clair que P et Q ne peuvent pas être tous les deux à l’intérieur de ω.
⋄ Si l’un des points est en dehors de ω et l’autre à l’intérieur, alors supposons que (PQ) coupe ω en X
et Y . Comme [P, Q, X, Y ] est une division harmonique si, et seulement si, [Q, P, X, Y ] est une division
harmonique, alors on déduit le résultat demandé.
⋄ Si P et Q sont tous les deux en dehors de ω. Supposons que Q appartient à la polaire de P, et soient
PA et PB les tangentes à ω issues de P ; QC et QD les tangentes à ω issues de Q. On sait que la
polaire de P est (AB) et donc Q ∈ (AB). Par suite, le quadrilatère ACBD est harmonique, et ainsi P
doit appartenir à (BD), qui est justement la polaire de Q, ce qui permet de conclure.
Exemple 15
T
C
(AD). B D
Exemple 16
Tous les pôles et polaires seront considérés par rapport au cercle ω inscrit dans ABC. Soit (d)
la droite passant par A et parallèle à (BC). On suppose que (EF) et (d) se coupent en K, et que
les droites (ID) et (EF) se coupent en X. La droite (EF) est la polaire de A, et puisque X ∈ (EF),
alors par le théorème de La Hire, on déduit que A appartient à la polaire de X. Comme A ∈ (d) et
(d)⊥(IX), on doit avoir que (d) est la polaire de X.
464 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
b A
b
F
b
b X
b
E
b
I
b b
b
b
M D C
B
Comme K ∈ (d), alors on a, à nouveau grâce au théorème de La Hire, que X appartient à la polaire
de K. Par conséquent, [K, X, E, F] est une division harmonique. Maintenant, soient M le point
A
d’intersection de (AX) avec (BC), et P∞ le point à l’infini sur la droite (BC). On a : [P∞ , M, C, B] =
[K, X, E, F], d’où [P∞ , M, C, B] est une division harmonique, et ainsi M doit être le milieu de [BC].
Ceci termine la preuve puisque X ∈ (AM).
Théorème 7 : Théorème de Brocard (1845-1922)
Soit ABCD un quadrilatère cyclique dont le centre du cercle circonscrit est le point O. On
désigne par E le point d’intersection de (AC) avec (BD), F le point d’intersection de (AB)
avec (CD), et G le point d’intersection de (AD) avec (BC). Alors, O est l’orthocentre du
triangle EFG.
Démonstration
Tous les pôles et polaires seront considérés par rapport au cercle circonscrit à ABCD. Soient {X} =
(GE) ∩ (AB) et {Y } = (GE) ∩ (CD). Puisque les droites AC, BD et GX concourent au point E alors
G
[A, B, X, F] est une division harmonique. Donc, comme [D, C, Y , F] = [A, B, X, F] alors [D, C, Y , F] est
aussi une division harmonique. D’où, X et Y appartiennent tous les deux à la polaire de F, ainsi (EG)
est la polaire de F. De la même façon, (EF) est la polaire de G, et par suite (FO)⊥(EG) et (GO)⊥(EF).
En conclusion, O est l’orthocentre du triangle EFG.
b
F
B b C
b
b
b
b G
b
X Y
E b
D
b
O
Démonstration
Tous les pôles et polaires seront considérés par rapport à ω. Soit {X} = (MN ) ∩ (PQ), {Y } = (MQ) ∩
(N P) et {Z} = (MP) ∩ (N Q). On sait, d’après le théorème de Brocard, que (XZ) est la polaire de Y .
Comme (MQ) est la polaire de B et que Y ∈ (MQ) alors, par le théorème de La Hire, on déduit que
B ∈ (XZ). De même, D ∈ (MZ), donc les droites (MP), (N Q) et (BD) concourent au point Z. On
a aussi X ∈ (BD), et de la même façon X ∈ (AC). Par suite les droites (MN ), (P Q), (AC) et (BD)
concourent au point X.
Exemple 17
Soient {X} = (AB) ∩ (CD) et {Y } = (DA) ∩ (BC). D’après le théorème de Brocard on sait que
(OE)⊥(XY ). Maintenant, notons que les polaires de X et Y , par rapport à ω, passent toutes les
deux par E d’après le théorème de Newton. D’où, (XY ) est la polaire de E par rapport à ω. Par
conséquent, (IE)⊥(XY ), et ainsi les points O, I et E appartiennent à une droite perpendiculaire à
(XY ), ce qui termine la preuve.
Exemple 18
Tous les pôles et les polaires seront considérés par rapport à ω. On suppose que les points
de tangence de ω avec les côtés AB, BC, CD et DA sont respectivement A′ , B′ , C ′ et D ′ . Soient
{X} = (A′ C ′ )∩(B′ D ′ ), {Y } = (A′ B′ )∩(C ′ D ′ ) et {Z} = (D ′ A′ )∩(B′ C ′ ). D’après le théorème de Newton,
appliqué deux fois, on déduit que les points A, C, X, Y sont alignés, et les points B, D, X, Z sont
alignés. Soit {P} = (BD) ∩ (A′ B′ ). Comme, d’après le théorème de Brocard, la droite (XZ) est la
B
polaire de Y alors [Y , P, A′ , B′ ] est une division harmonique. Puisque [Y , X, A, C] = [Y , P, A′ , B′ ]
alors on déduit que [Y , X, A, C] est aussi une division harmonique. De plus, (Y O)⊥(BD) d’après le
théorème de Brocard, et (EO)⊥(BD) aussi, d’où (EY )⊥(EX). Comme [Y , X, A, C] est une division
harmonique, alors (EX) est une bissectrice de AEC. [ Finalement, comme la droite (EX) coïncide
avec la droite (EB), alors on conclut que AEB = CEB.[
Soit ABCDEF un hexagone admettant un cercle inscrit ω. Alors, les droites (AD), (BE) et
(CF) sont concourantes.
Démonstration
Tous les pôles et polaires seront considérés par rapport à ω. On suppose que ω touche les côtés
AB, BC, CD, DE, EF et FA aux points A′ , B′ , C ′ , D ′ , E ′ et F ′ respectivement. Soient {X} = (A′ B′ ) ∩
(D ′ E ′ ), {Y } = (B′ C ′ ) ∩ (E ′ F ′ ) et {Z} = (C ′ D ′ ) ∩ (F ′ A′ ). On sait, d’après le théorème de Pascal, que les
points X, Y et Z sont alignés. Soit P le pôle de la droite déterminée par les points alignés X, Y , Z.
Comme (A′ B′ ) est la polaire de B, et (D ′ E ′ ) est la polaire de E, alors d’après le théorème de La Hire,
les points B et E appartiennent à la polaire de X, donc (BE) est la polaire de X. D’après le théorème
de La Hire, encore une fois, le point P appartient à (BE). De la même façon, P appartient à (AD) et à
(CF). En conclusion, les droites (AD), (BE) et (CF) sont concourantes.
☞ Le théorème de Brianchon est exactement le dual du théorème de Pascal. Il s’agit dans les
deux cas de propriétés projectives des coniques, propriétés que l’on étudie sans équations,
466 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
sans angles ni distances, uniquement avec les alignements de points et les intersections de
droites.
Corollaire 2
Soient ABC un triangle, ω le cercle inscrit, et D, E, F les points de tangence de ω avec les côtés
BC, CA, AB respectivement. Alors, les droites (AD), (BE) et (CF) sont concourantes.
Soient ω un cercle de centre O, et P, Q des points dans le plan de ω. On désigne par (lP ) et
(lQ ) les polaires de P et Q par rapport à ω. Alors on a :
d(P, lQ ) OP
= ,
d(Q, lP ) OQ
Démonstration
Soient {P ′ } = (OP) ∩ lP et {Q ′ } = (OQ) ∩ lQ . On désigne par X et Y les projections orthogonales de
P et Q sur lQ et lP respectivement. Si R est le rayon de ω, alors il est facile de voir que : OP · OP ′ =
OP OQ ′
OQ · OQ ′ = R2 , et par suite : = . Ceci implique que les quadrilatères OPXQ ′ et OQY P ′
OQ OP ′
sont semblables, ce qui permet de conclure.
b
ω Q
Q′ b
O b
P′ b b
X
b
b
P
Soit ABC un triangle de cercle inscrit ω . Soit l une droite tangente à ω en P , et désignons
par X, Y et Z les projections orthogonales de A, B et C sur l respectivement. On suppose,
sans perte de généralité, que B et C sont du même côté par rapport à l . On pose a = BC, b =
CA, c = AB, x = AX, y = BY et z = CZ . Montrer que :
by + cz − ax
[ABC] = .
2
Tous les pôles et polaires seront considérés par rapport à ω. Soient r le rayon du cercle ins-
crit, et R le rayon du cercle circonscrit. Comme l est la polaire de P, et puisque les droites
(EF), (FD), (DE) sont les polaires de A, B, C respectivement, alors en appliquant trois fois le théo-
8.2. PÔLE ET POLAIRE 467
A Z b
b
x
b
b
X b E
z
P
b
Y F
b I
b
y
ω
b b b
B D C
Par conséquent, on a :
Soient ABCD un quadrilatère, et ω son cercle inscrit de centre O . Soient l une tangente à
ω , et A′ , B′ , C ′ , D ′ les projections orthogonales de A, B, C, D respectivement sur l .
Montrer que :
AO · CO AA′ · CC ′
= .
BO · DO BB′ · DD ′
Tous les pôles et polaires seront considérés par rapport à ω. On suppose que l est tangente à ω
au point K, et supposons que ω touche les côtés DA, AB, BC, CD aux points M, N , P, Q respective-
ment. On désigne par X, Y , Z, U les projections orthogonales de K sur les droites MN , N P, PQ, QM
respectivement. Puisque l est la polaire de K, et MN , N P, PQ, QM sont les polaires de A, B, C, D
respectivement, alors en appliquant quatre fois le théorème de Salmon aux points K et A, B, C, D
on obtient que :
AA′ KX BB′ KY CC ′ KZ DD ′ KU
= , = , = , = .
AO r BO r CO r DO r
Donc, il suffit de montrer que KX · KZ = KY · KU pour conclure. Or, il est facile de voir que :
\
KX = KN · sin KN M, [P,
KY = KN · sin KN [
KZ = KQ · sin KQP, \
KU = KQ · sin KQM,
\
et puisque KN \ et KN
M = KQM [ alors en multipliant on conclut que : KX ·KZ = KY ·KU.
[P = KQP,
468 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
Soit ABC un triangle. Son cercle inscrit touche le côté BC en A′ , et la droite AA′ coupe le
cercle inscrit à nouveau au point P . On suppose que les droites CP et BP coupent le cercle
inscrit dans le triangle ABC à nouveau en M et N respectivement. Montrer que les droites
AA′ , BN et CM sont concourantes.
Tous les pôles et polaires seront considérés par rapport au cercle inscrit dans ABC. Soit N ′
le point de CP où les droites AA′ , BN ′ , CM concourent. Posons {X} = (AA′ ) ∩ (MN ′ ). On suppose
que le cercle inscrit touche les côtés CA et AB aux points E et F respectivement, et posons {T } =
(EF) ∩ (BC) et {T ′ } = (MN ′ ) ∩ (BC). Puisque les droites AA′ , BE et CF concourent au point de
Gergonne du triangle ABC alors [B, C, A′ , T ] est une division harmonique.
b
A
P
b
F b
b E
b X
b N b
M
T
b b b b
B A′ C
De plus, puisque les droites PA′ , BN ′ , CM concourent on a [B, C, A′ , T ′ ] est une division harmo-
P
nique, d’où T = T ′ . Comme [M, N ′ , X, T ] = [B, C, A′ , T ], alors [M, N ′ , X, T ] est aussi une division
harmonique. Maintenant, comme T A′ est tangente au cercle inscrit en A′ , alors A′ appartient à la
polaire de T . De plus, EF est la polaire de A, et comme T ∈ (EF) alors A appartient à la polaire de
T , donc AA′ est la polaire de T . Or comme [M, N ′ , X, T ] est une division harmonique, le point N ′
doit appartenir au cercle inscrit dans ABC. Par conséquent, N = N ′ , ce qui permet de conclure.
Exemple 22
Soit P un point à l’intérieur d’un triangle ABC . On suppose que la droite passant par P
et perpendiculaire à PA coupe le côté BC au point A1 . On définit, de façon similaire, les
points B1 et C1 . Montrer que les points A1 , B1 et C1 sont alignés.
Considérons un cercle arbitraire ω centré en P. Tous les pôles et polaires seront considérés par
rapport à ω. Soient a, b, c, a1 , b1 , c1 les polaires des points A, B, C, A1 , B1 , C1 respectivement. Puisque
A1 ∈ BC alors b ∩ c appartient à a1 . De plus, puisque AP⊥a, A1 P⊥a1 et AP⊥A1 P on a : a1 ⊥a. Ceci
veut dire que a1 est une hauteur dans le triangle formé par a, b, c. De façon similaire, b1 et c1
sont aussi des hauteurs de ce triangle. Par suite, les droites a1 , b1 , c1 se coupent en l’orthocentre
du triangle formé par les droites a, b, c, donc leurs pôles doivent être alignés. Par conséquent, les
points A1 , B1 et C1 sont alignés.
Exemple 23 : (Romanian Masters of Mathematics, 2012)
Tous les pôles et polaires seront considérés par rapport au cercle ω inscrit dans ABC. On
suppose que ω touche les côtés BC, CA, AB aux points D, E, F respectivement. Le cercle ω touche
8.3. EXERCICES 469
b
A
C′
b
b
F b
D′
b b b
O b
E B′
b
I
b b
E′ D F′
b b b
b
B C
A′
8.3 Exercices
Exercice 20
Soit ABC un triangle. D est le pied de la bissectrice issue de A ; E et F sont les projetés
orthogonaux de D sur les côtés AC et AB respectivement. On désigne par P le point d’in-
tersection de (BE) avec (CF). Montrer que (AP)⊥(BC).
Solution. Soient {L} = (BC) ∩ (EF) et {R} = (BC) ∩ (AP). Puisque [B, C, L, R] est une division
LB RB
harmonique alors = . En appliquant le théorème de Ménélaüs dans le triangle ABC
LC RC
avec la transversale LFE on obtient que :
LB EC FA
· · = 1.
LC EA FB
LB FB RB FB
Or AE = AF, donc = , d’où = . Finalement :
LC EC RC EC
ac
FB = BD cos B = cos B
b +c RB c cos B
ab =⇒ = =⇒ AR⊥BC =⇒ AP⊥BC.
EC = CD cos C = cos C RC b cos C
b+c
470 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
Exercice 21
Soit ABCD un quadrilatère inscrit dans le cercle ω. On note {P} = (AB) ∩ (CD) et {Q} =
(AD) ∩ (BC). Les tangentes à ω issues de Q le coupent en E et F. Les tangentes à ω issues
de P le coupent en G et H. On désigne par L le point d’intersection de (EF) avec (GH).
Montrer que (OL)⊥(PQ).
Solution.
P
(BD). La polaire de P est la droite (KQ), la po-
laire de Q est la droite (KP). Puisque Q appar-
tient à la polaire de P, alors P appartient à la b
b
H
E
polaire de Q, d’où P ∈ (EF) (puisque P appar- b
C
A
b
Q b
Soient ABC un triangle, ω le cercle inscrit, et D, E, F les points de contact de ω avec les
côtés BC, CA, AB respectivement. Soient {X} = (DA) ∩ ω, {Y } = (BX) ∩ ω et {Z} = (CX) ∩ ω.
Montrer que : XA = XD ⇐⇒ EY = FZ.
Solution. La droite (DE) est la polaire de C par rapport à ω. Soit {T } = (DE) ∩ (CX), alors
[X, Z, T , C] division harmonique ⇐⇒ E[X, Z, T , C] est un faisceau harmonique. Soit {Z ′ } =
(AD) ∩ (EZ), alors [A, D, X, Z ′ ] est une division harmonique. Donc, XA = XD ⇐⇒ Z ′ est le
point à l’infini ⇐⇒ (EZ) (AD). De même, on montre que (FY ) (AD). D’où (EZ) (FY ), ce
qui signifie que EZY F est un trapèze isocèle (étant inscriptible), donc EZ = EY .
b
A
Xb
F
b
E
b
b
b
Y
Z
b b b
B D C
Soient ABC un triangle, ω son cercle inscrit, et D, E, F les points de contact de ω avec les
côtés BC, CA, AB respectivement. Soit X un point à l’intérieur du triangle tel que le cercle
ω1 inscrit dans le triangle BXC touche les côtés XB, XC, BC aux points Z, Y , D respective-
ment. Montrer que les points E, F, Y et Z sont cocycliques.
Solution. Soit T le point d’intersection de (BC) avec (EF). Comme la division [B, C, D, T ] est
harmonique, alors T est conjugué harmonique à D par rapport aux points B, C, il résulte que
T ∈ (Y Z). Puisque T D 2 = T E·T F (puissance de T par rapport à ω), et T D 2 = T Y ·T Z (puissance
de T par rapport à ω1 ), alors T E · T F = T Y · T Z, donc les points E, F, Y et Z sont cocycliques.
8.3. EXERCICES 471
Soient ABC un triangle isocèle en A, et P ∈ (BC) tel que C ∈ [BP]. Soient X ∈ (AB) et
Y ∈ (AC) tels que (PX) (AC), (PY ) (AB) et [AT ] diamètre du cercle circonscrit au triangle
ABC. Montrer que (XY )⊥(PT ).
Solution. Soit T1 le second point d’intersection de la droite (PT ) avec le cercle circonscrit
au triangle ABC. Comme (AT1 )⊥(PT ), il reste à montrer que (XY ) (AT1 ). Les demi-droites
\
[T1 A) et [T1 P) sont bissectrices de BT 1 C. Donc, [B, C, S, P] est une division harmonique, et
{S} = (AT1 ) ∩ (BC) =⇒ A[B, C, S, P] est un faisceau harmonique. Notons {R} = (XY ) ∩ (AP). Par
conséquent, [X, Y , R, ∞] est une division harmonique, et ainsi (XY ) (AT1 ).
Le cercle C(I) inscrit dans le triangle ABC touche les côtés BC, CA et AB aux points A′ , B′
et C ′ . Soient {P} = (AA′ ) ∩ (BB′ ), {M} = (AC) ∩ (A′ C ′ ) et {N } = (BC) ∩ (B′ C ′ ).
Montrer que (PI)⊥(MN ).
Solution. La droite (AA′ ) est la polaire du point N par rapport à C(I), et P ∈ (AA′ ), donc le
point N appartient à la polaire de P. La droite (BB′ ) est la polaire de M, et P ∈ (BB′ ), donc M
appartient à la polaire de P. En conclusion, la droite (MN ) est la polaire de P par rapport à
C(I), ainsi (IP)⊥(MN ).
Soient ω un cercle de centre O et diamètre [AB], et C un point tel que B ∈ [AC]. Une droite
passant par C coupe ω aux points D et E avec D ∈ [EC]. Le segment [OF] est un diamètre
du cercle ω1 , de centre O1 , et circonscrit au triangle BOD. La droite (CF) coupe à nouveau
ω1 au point G. Montrer que les points O, A, E et G sont cocycliques.
Solution. Soit {P} = (AE) ∩ (BD). La polaire de P par rapport à ω est la droite passant par
{C} = (AB) ∩ (DE) et par {H} = (AD) ∩ (EB). Donc, la droite (HC) est la polaire de P et
(OP)⊥(HC). Notons {Q} = (OP) ∩ (HC), on observe que les points Q, D, E appartiennent au
cercle de diamètre [PH]. Il s’ensuit que les points Q, D, E, P, H sont cocycliques, et des rela-
[ = PED
tions PQD [ = DBO [ il résulte que les points Q, D, B, O sont cocycliques. Donc, Q = G
puisque ce sont, à nouveau, les points d’intersection du cercle circonscrit au triangle BOD
avec le cercle de diamètre [OC]. Par suite, {P} = (BD) ∩ (OG) =⇒ PE · PA = PD · PB = PG · PO,
ce qui veut dire que les points O, A, E et G sont cocycliques.
Un quadrilatère convexe ABCD, avec AC , BD, est inscrit dans le cercle ω de centre O.
[=
+ PCB
Soient {E} = (AC) ∩ (BD), et P un point à l’intérieur du quadrilatère tel que : PAB
[ [
PBC + PDC = 90°. Montrer que P ∈ (OE).
Solution. Notons C(O), C1 (O1 ) et C2 (O2 ) les cercles circonscrits à ABCD, et aux triangles PAC
et PBD respectivement. Remarquons que :
[ = 360° − PAB
APC [ + ABC
+ PCB [ = 270° − ABC [ = 90° + ADC,
[
[ = 90° + ADC;
d’où APC [ AO \ [ [ [ \
1 C = 2 180° − APC = 2 90° − ADC = 180° − AOC. Donc, AO1 C +
[ = 180° et la droite (OO1 ) est la médiatrice de [AC]. Ainsi, (AC) est la polaire de O1
AOC
par rapport à ω. On montre, de même, que (BD) est la polaire de O2 par rapport à ω. D’où,
472 CHAPITRE 8. GÉOMÉTRIE PROJECTIVE
{E} = (AC) ∩ (BD) est le pôle de (O1 O2 ) par rapport au cercle ω. En conclusion, (OE)⊥(O1 O2 ).
Exercice 28
Solution.
➀ Comme MA2 = MB2 = MN · MC, il résulte que les triangles MAC et MN A sont sem-
blables, d’où (PC) (AB) et BP = BC.
➁ Soit S le symétrique de C par rapport à M, alors ACBS est un parallélogramme. Comme
AB = CA, BP = AS et ABP [ il résulte que les triangles ABP et CAS sont isomé-
= CAS,
triques, et en particulier AP = SC, d’où AP = 2 · MC.
1
➂ Des relations AN · AP = AB2 , AB2 = MN · MC, il résulte que :
4
AB2 AB2
AP = 2 · MC =⇒ = 2· =⇒ AN = 2 · MN .
AN 4 MN
Exercice 29
Solution.
b
A
F
b
M b
b
O D
b
E b
b
C
b
B T
b
Soient a ∈ [AB], b ∈ [BC], c ∈ [CD] et d ∈ [DA] les points de contact du cercle inscrit avec ABCD.
On pose : {I} = (ac) ∩ (bd), {J} = (ad) ∩ (bc) et {K} = (ab) ∩ (cd). Comme les polaires de A et C
passent par J, la polaire de J est la droite (AC) prouvant l’alignement des points A, C, I et J. De
même, la polaire de K est la droite (BD) prouvant l’alignement des points B, D, I et J.
Le faisceau A[I, J, a, d] = −1 est harmonique, en le coupant par la droite (BD), on voit qu’on a
une division harmonique [B, D, I, J] = −1. On a donc un faisceau harmonique : M[B, D, I, J] =
−1. Or, dans ce faisceau, on sait que (MI)⊥(MJ) car (MI) est la polaire de J, i.e., les points M
\
et J sont inverses par rapport au cercle. En conclusion : (AC) est bissectrice de BMD.
Index alphabétique
✄ ✄
✂C ✁ ✂R ✁
Cercle d’Apollonius 448 Relation de Feuerbach 439
✄
✂D ✁
✄
✂T ✁
Droite de Nagel 96
Droite de Simson 106 Théorème de Brianchon 465
Théorème de Brocard 464
✄ Théorème de Cassey 175
✂F ✁ Théorème de Clifford 259
Formule de Conway 35 Théorème de Feuerbach 180
Formule de la bissectrice 14 Théorème de Gergonne 39
Formule de la médiane 14 Théorème de Hartcourt 466
Théorème de La Hire 424,463
✄ Théorème de Lemoine 155
✂L ✁ Théorème de Ménélaüs 283
Lemme de Nagel 96 Théorème de Miquel 137
Lemme de Sawayama 440 Théorème de Monge 92
Théorème de Napoléon 211,112
✄ Théorème de Newton 464
✂N ✁ Théorème de Pascal 247
Notation de Conway 33 Théorème de Pick 300
Théorème de Pompeiu 126
✄ Théorème de Salmon 246,466
✂P ✁ Théorème de Steiner 239,441
Point de Fermat 133 Théorème de Stewart 13
Point de Gergonne 224 Théorème de Titeica 261
Point de Lemoine 225 Théorème de Van Aubel 207
Point de Nagel 226 Théorème du papillon 458