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Exode Rural des Filles à N'Djamena

L'étude menée par CELIAF sur l'exode rural des filles à N'Djamena vise à comprendre les causes et les conséquences de ce phénomène social croissant, qui touche de plus en plus de jeunes filles en quête d'émancipation. Elle met en lumière les défis auxquels ces filles font face, notamment l'exploitation et la vulnérabilité dans leur nouveau milieu urbain. L'objectif est de fournir des recommandations pour améliorer leur situation et restaurer leur dignité.

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Exode Rural des Filles à N'Djamena

L'étude menée par CELIAF sur l'exode rural des filles à N'Djamena vise à comprendre les causes et les conséquences de ce phénomène social croissant, qui touche de plus en plus de jeunes filles en quête d'émancipation. Elle met en lumière les défis auxquels ces filles font face, notamment l'exploitation et la vulnérabilité dans leur nouveau milieu urbain. L'objectif est de fournir des recommandations pour améliorer leur situation et restaurer leur dignité.

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CELLULE DE LIAISON ET D’INFORMATION DES

ASSOCIATIONS FEMININES (CELIAF)

ETUDE SUR L’EXODE RURAL DES FILLES : CAS DE


CELLES TRAVAILLANT A N’DJAMENA

Réalisée par : Mme DANGAR ALLAHISSEM YANKAL


MARTINE

2005

Version semi finale 1


SOMMAIRE

AVANT- PROPOS

REMERCIEMENTS

INTRODUCTION

I – CONSIDERATIONS METHODOLOGIQUES

II : PRESENTATION DES RESULTATS

III. ANALYSE

RECOMMMANDATIO NS

CONCLUSION

ANNEXES

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AVANT-PROPOS

L’enquête sur l’exode rural des filles est une première dans l’histoire des
migrations au Tchad.
En iniciant cette étude, l’antenne CELIAF de N’djamena entend ressortir
les données caractéristiques d’une situation générale qui se particularise dans
la capitale.
Considéré comme un épiphénomène, il prend la forme d’un phénomène
social constant dans les grandes villes.
Trouver, analyser les causes et les conséquences de ce mouvement pour
mettre à la disposition de ceux qui oeuvrent pour le bien-être de la petite fille
et la femme, promotion de ses droits, un outil d’appréciation adéquat : voilà le
résultat auquel s’attend la promotrice de l’étude.

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REMERCIEMENTS

Nous voulons exprimer ici notre gratitude à tous ceux qui ont contribué
d’une manière ou d’une autre à la réalisation de cette étude.
Des personnes qui ont pris le temps de nous éclairer sur la situation,
nous voulons citer :
- Le répondant des jeunes migrants du canton Nderguigui.
Monsieur Ngarastam JACQUES résidant au quartier CHAGOUA à
N’djaména.
- L’Abbe MADJIRO Raymond pour avoir ouvert la porte de la
bibliothèque du comité DIOCESAIN « JUSTICE ET PAIX »
- Le Vice-Président du Conseil Islamique du Tchad
- L’Imam de la grande Mosquée de N’djaména
- Le Ministère de l’action sociale et de la famille à travers la
directrice de la promotion féminine et de la direction de l’enfance
- Les autorités administratives, politiques, militaires et
communales du département de la Pendé à savoir :
 le secrétaire général de la Préfecture de Doba
 Mme le Sous-préfet de Doba rural dont la contribution
lors de notre travail sur le terrain a été hautement appréciée
 Le Maire de la commune de Doba
 la Secrétaire de l’antenne CELIAF de Doba qui nous a
fait découvrir les villages cibles.
 Les chefs de canton de Nderguigui,
Les responsables des structures de développement rural et religieux du
canton Maibombaye : la sœur Maria Dolorès
Mme MBAITELEM Ivette et ALLARA sans lesquels le recueil des données
ayant abouti à ce travail serait une gageure.
Guelmbaye et Béaloum Rassembaye pour leur expertise à la mise en
forme du document final.
Vous tous, proches collaborateurs pendant cette période, recevez
l’expression de notre profonde gratitude

Version semi finale 4


INTRODUCTION

L’exode rural des filles est un phénomène qui prend de l’importance dans
un contexte qui favorise de plus en plus une sorte de voie d’émancipation
féminine.
Jadis, apanage des garçons, l’exode rural concerne de nos jours les filles
et garçons placés dans un environnement socioéconomique parfois jugé
austère dans les zones dites de forte migration.
Thème inédit parmi les recherches en matière de développement, il est
important de situer son opportunité et son objet.
Dans cette introduction qui va tracer le schéma de l’évolution du corps
de la démarche et des résultats auxquels nous allons parvenir, pourquoi est-il
opportun de mener cette étude ?
Avant d’entrer dans la logique de la recherche, rappelons d’abord, les
termes de référence qui ont permis de l’entamer.

Rappel des termes de référence ;

La CELIAF, Cellule de Liaison et d’Information des Associations Féminines,


dans l’optique d’opérationnaliser les recommandations (acquis) de la
conférence de Beijing, a jugé utile de mener des investigations sur le
phénomène de l’exode rural des filles. Parmi les douze (12) thèmes identifiés
qui constituent la plate forme de la Conférence de Beijing, la petite fille a été
retenue comme prioritaire Cette étude est tributaire du contexte qui
caractérise la situation sur les droits des femmes et des enfants, couches
vulnérables et défavorisées de la société.
L’existence des différents accords et conventions signés par les Etats
dont le Tchad, ne change pas grand-chose dans la situation de la petite fille, de
l’adolescente ou de la femme. Les filles n’évoluent pas dans un schéma de
protection des droits qui pourrait leur permettre d’être des femmes équilibrées,
sûres d’elles dans les actions à entreprendre.
Il existe donc une catégorie de filles sur la scène de l’emploi domestique
Au Tchad, caractérisée par un régime d’exploitation, de soumission et
d’humiliation. Ce régime trouve son origine dans l’ignorance et la non
application des textes relatifs au travail des enfants.
Voilà pourquoi, l’antenne CELIAF de N’Djaména après s’être posée des
questions sur les causes de cet exode a voulu initier cette étude pour en savoir
plus . Ce qui permettra de corriger les effets de ce phénomène dont les
premières victimes sont les filles elles- mêmes.
Cette étude vise l’objectif général suivant : appréhender le
phénomène et rechercher les possibilités de restaurer la dignité de
ces filles.
Cet objectif général sera réalisé à travers trois objectifs spécifiques :
1-Déterminer l’ampleur du phénomène
2-Retrouver les causes et les conséquences de cet exode sur les
concernées et leurs familles.
3-Rechercher les solutions alternatives.
Les résultats atteints permettront :
-d’avoir une meilleure compréhension du phénomène.
-de cibler les actions pratiques et politiques pour le changement de
comportement de ces filles.

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I. CONSIDERATIONS METHODOLOGIQUES

1. PROBLEMATIQUE
L’exode rural dans le contexte social africain a toujours concerné les
hommes. Jadis, de nombreux obstacles sociologiques s’opposaient à l’exode
des filles et des femmes. Aujourd’hui, il n’en est pas de même. Les données
économiques, culturelles, sociales dans l’environnement social ont subi des
transformations dont les effets conjugués constituent un levier d’attraction
pour les jeunes ruraux en général et les jeunes filles en particulier. La situation
juridique et sociale de la petite fille est caractérisée par un rapport de
dépendance vis à vis des parents, laquelle dépendance permet d’assurer à la
petite fille un traitement, une prise en charge éducationnelle qui l’amènera à
s’insérer dans la vie active.
L’introduction de l’école au Tchad comme dans les autres pays colonisés
a été un facteur déterminant les différentes mutations que connaît la jeune
fille. L’école n’ayant pas su intégrer les valeurs culturelles du milieu a fait des
déshérités, des exclus du système d’où des déscolarisés.
Les parents, n’ayant pas compris l’importance de l’école pour la petite
fille ont toujours fait que celle-ci soit rendue vulnérable au monde extérieur, à
tout ce qui vient de dehors. Cette situation qu’a connue la petite fille au
lendemain des indépendances subsiste encore aujourd’hui dans le milieu rural.
La zone soudanienne d’où arrivent ces filles migrantes est une zone
agricole par excellence où tout devrait être pour leur bonheur
La dégradation de l’environnement, la précarité des conditions de vie liée
à la mauvaise pluviométrie et à la crise du coton.
De même le besoin de découvrir d’autres modes de vie, de s’ouvrir à un
monde autre que celui qu’elles ont toujours connu font que ces filles se
déportent dans d’autres villes du pays à la recherche du mieux être.
Seulement, arrivées sur les lieux, une mauvaise surprise les attend : le
rêve d’un monde sans difficultés va se briser. Elles connaîtront de dures
épreuves pour survivre et subir des humiliations inqualifiables. Mais ces filles
se résigneront. Elles vont même affirmer que le métier de domestique n’est
pas promoteur. Malgré cela, elles vont continuer à venir et à grossir cette
catégorie d’employées.
Qu’est-ce qui peut fondamentalement pousser ces filles à
s’adonner à la migration ?
Les raisons connues de tous sont-elles les seules et les vraies ?
Serait-ce le milieu d’origine qui serait défavorable à
l’épanouissement de ces filles ?
Quels types de besoins cherchent–elles à satisfaire réellement ?
La responsabilité des parents est-elle engagée dans ce
processus ? A quel niveau ?
Y aurait-il quelques droits refusés à ces filles ?
Autant de questions que l’on pourrait se poser sur la compréhension de
ce phénomène qui est un réel problème de société.
Les différentes conventions relatives aux droits et à la protection de la
petite fille semblent ne pas être appliquées en milieu rural. Cette hypothèse
peut être confirmée ou infirmée après les investigations qui seront faites
pendant cette étude.

Version semi finale 6


Nous pensons que les changements intervenus dans les milieux
ruraux, l’influence des nouvelles technologies de l’information, le
manque de structures d’encadrement de la petite fille sont autant de
facteurs qui influent sur le désir constant des filles de s’adonner à
l’exode rural.

2. Définition des concepts

La définition des concepts permet d’avoir une vue claire sur ce qu’on
recherche. Il y a quelques termes à définir pour la compréhension du thème
Site : Nous entendons par ce concept les maisons d’habitation se
trouvant dans les quartiers et carrés où se retrouvent les filles par affinité
linguistique et par origine
Exode : L’exode est un mouvement de masse d’un point à un autre.
C’est un mouvement d’un ensemble qui présente des caractéristiques
homogènes.
Rural : Il est opposé à urbain. Le milieu rural est caractérisé par un
environnement spécifique : la nature, l’habitat, le mode de vie.
Migration : Déplacement des populations d’un pays vers un autre. Elle
peut être quotidienne ou saisonnière. Ici, il s’agit de déplacement d’une zone
ou des villages vers la ville. L’exode rural est donc lié au milieu rural. Il est
toujours la résultante d’une situation difficile dans la zone de départ et
constitue une forme de migration interne.
L’exode rural des filles est alors une migration des filles des
zones rurales vers les villes, dans le cas présent vers N’djaména .
C’est une forme de migration saisonnière car, sa durée est limitée.
Il s’apparente aux migrations par ses causes.
Il existe trois types de migrations : Saisonnières, temporaires, définitives, Où
peut-on situer l’exode rural des filles ? Pour en arriver là, il faut aussi définir les
trois types de migrations.
Migrations saisonnières : Elles sont les caractéristiques des sociétés
rurales agricoles et sont liées à l’existence des décalages chronologiques dans
les calendriers d’économies rurales des voisins de l’espace.
Migrations temporaires : Elles sont les caractéristiques des sociétés
rurales qui commencent leur transition. Ce sont les agriculteurs qui vont
effectuer des travaux non agricoles. Le changement de lien implique le
changement de mentalité, ce qui conduit vers un stade de migration définitive.
Elles sont aussi la conséquence des déséquilibres existants entre les régions
rurales pauvres et les pôles urbains dynamiques.
Migrations définitives : Elle s’effectue sur une durée plus longue. Ce
n’est pas de cette forme que nous parlerons.
L’exode rural de filles est donc une forme de migration temporaire. C’est
un exode que nous appellerons « situationnel »/
Voyons maintenant le dispositif méthodologique qui a permis de mener les
investigations pour obtenir le présent résultat
Certains termes seront fréquemment utilisés dans l’analyse. Il s’agit :
- D’acteur : les acteurs sont des personnes ou autorités ayant le pouvoir
d’exercer ou d’orienter la politique nationale en la matière.
- Intervenant : les ONG, organisme de développement association de la société
civile.

Version semi finale 7


3. Exploration et pré-enquête

La qualité d’un bon travail de recherche dépend de la méthodologie


mise en place.
Le sujet est très récent au Tchad et n’a pas fait l’objet de publication
spécifique, ainsi il nous a paru nécessaire de procéder d’abord par une
exploration du terrain avant de recourir à la bibliothèque pour une étude
documentaire.
La revue documentaire nous a simplement indiqué que l’exode rural
est un thème qui n’a pas fait l’objet d’une recherche soutenue par quelque
organisme que ce soit. Le « cas des filles » l’est moins encore. Néanmoins,
une étude qui porte sur le travail domestique des enfants, menée par le
ministère de l’action sociale et financée par l’UNICEF est en cours.
Nous avons fait la pré enquête qui nous a permis de localiser les
foyers d’informations, de tester la pertinence des instruments et de redéfinir
les grands axes de cette étude.

4. Le type de recherche

Cette recherche est dite « qualitative »par son objet. Il s ‘agit d’une
situation de perception, d’attitudes et de comportements quand bien même
l’exode rural s’apparente aux migrations par leurs causes. Il est la
conséquence d’une situation de départ. Une appréciation quantitative des
données serait un meilleur outil pour compléter l’analyse. Mais le fond de la
recherche demeure qualitatif.

5. Technique de recueil d’informations et d’échantillonnage

Il nous a paru inopportun de faire l’échantillonnage de la population cible


car, il n’existe pas de base de données. Le phénomène étant visible par tous et
donc apparent, nous avons procédé par :
a) Les entretiens exploratoires :
Ils ont eu lieu dans les domiciles des représentants ou chefs de race des
communautés des villages d’origine des filles vivant à N’djaména. Nous y
avons aussi interrogé les jeunes migrants ruraux dont la plupart ont leurs
fiancées dans le lot des filles, et même leurs femmes. Les chefs de carrés, les
chefs des bureaux des arrondissements ont été aussi approchés.
Les entretiens nous ont permis de localiser les sites et les quartiers qui
abritent la plus grande partie des filles, de choisir le type d’instrument adapté
à cette recherche. Nous avons opté pour les guides d’entretien à cause de la
richesse d’informations aux qu’elles ils permettent d’accéder.
Nous avons également utilisé les enregistreurs pour ne pas perdre la quantité
d’informations recueillies et réalisé une cassette vidéo sur une situation vécue
pendant l’enquête.
b) Choix des sites :
Pour une recherche qualitative, l’échantillonnage doit être le plus
représentatif possible. La technique a consisté à aller sur les sites où il y a au
moins 10 filles par chambre.
Nous avons procédé aux entretiens individuels pour identifier les
enquêtées. Ensuite, les filles sont regroupées par focus group composés de 15à
20 filles. Nous en avons fait quinze au total. Notons que certains focus groupes

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sont mixtes: il y a les jeunes migrants qui habitent sur les sites avec leurs co-
régionnaires qui ont participé aux entretiens.
Cette approche rend plus complètes les informations car, si les sexes
font la différence, les buts et les objectifs sont les mêmes.

6. Limites de l’étude

Toute étude est porteuse de limites. Il y a eu quatre principales dans le


cadre de celle – ci à savoir :
1. thématique
2. matérielle
3. opérationnelle
4. institutionnelle

a) Cette étude est sectorielle.


Elle ne concerne que la zone Sud du Tchad. Les termes de références ne
nous ont pas permis de prendre en compte les autres filles domestiques
venant des autres régions du pays. Cette prise en compte aurait permis une
appréciation globale de la situation entre les causes de l’exode. Cet écueil
limite l’extension de la compréhension du phénomène.
Les employeurs de nos migrantes sont presque tous des hommes du
Nord. Dans certains ménages, il y a la coexistence des domestiques venant du
Sud et du Nord : deux réalités différentes dans un même contexte. Cette raison
est suffisante pour amener à enquêter aussi les filles domestiques originaires
du Nord car nous en avons rencontré pendant notre parcours. Elles ont montré
que les conditions des migrantes ne sont pas les mêmes.

b) Il y a le problème du délai imparti pour la recherche.


Quarante cinq jours sont peut-être suffisants pour faire une étude dont
les résultats seront purement quantifiés. Dans notre cas, un travail préalable
sur le recensement des filles, aurait pu être fait avant de lancer l’étude. Ce
recensement impliquerait les ressources humaines de l’antenne CELIAF.
Notre population cible a un statut qui ne lui permet pas d’être sur les
sites à temps. Les enquêtes sur leur lieu de travail biaiseraient certainement
les réponses. Il faut aller les dimanches tôt et les après midi vers 17 h. Cette
contrainte de temps a été une véritable entorse à l’enquête. Bien qu’ayant
bénéficié d’un délai de rallonge, l’idée de l'imminence de la fin du délai est
constante et gêne ou précipite la réflexion.

c) La population cible
L’accessibilité à la population cible est sujette à un exercice de patience
certaine. Ne pouvant enquêter les filles sur les lieux de travail, nous allons
simplement leur rendre visite et prenons des rendez–vous pour les après-midi
et soirs à leur retour du travail. Ce qui a rendu élastique le temps de réalisation
des interviews.

d) La disponibilité des acteurs


L’indisponibilité de certains acteurs ne leur a pas permis de mettre à la
disposition des enquêteurs les informations complémentaires dont nous avons
besoin. Pour preuve, la division qui s’occupe de la protection des enfants à
l’UNICEF, après deux semaines d’appels constants n’a pu nous ouvrir ses
portes.
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- Le manque d’une base de données sur les migrantes est un handicap à
l’appréciation quantitative
- le bref séjour en zone de départ n’a pas permis de faire des
investigations pouvant nous amener à disposer du maximum d’informations.
Prévue pour huit jours, la visite de terrain n’a duré que quatre. Or,
les entretiens exploratoires ont montré que c’est l’ex Moyen – Chari, dans sa
partie Est, qui est devenu le creuset des migrations de courte durée, qu’elles
soient féminines ou masculines. Nous n’avons pas pu aller dans le chef lieu du
département du Mandoul Est.
Enfin, dans la même logique de temps, la durée dans les villages
d’origine visités n’a pas permis de prendre en compte les éléments constitutifs
de l’environnement.
Il nous a été difficile de faire le diagnostic général des villages d’origine
pour établir la corrélation entre les causes et les conséquences de l’exode
rural.
Avant d’analyser les résultats de l’enquête, nous allons présenter les résultats
des investigations menées suivant le schéma des variables retenues à savoir :
1. Les caractéristiques des enquêtées
2. Les causes
3. Le processus d’organisation
4. Les conséquences
Mais avant, un aperçu sur les régions ou les villages de départ est utile pour
donner quelques éléments d’appréciation des causes qui seront dégagées.

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II. PRESENTATION DES RESULTATS

Le département de la Pendé Chef lieu de la région du Logone Oriental,


est situé dans le Sud du Tchad entre le chef lieu du département du MANDOUL
EST et du Logone Occidental. Peuplé de 441 064 habitants selon le dernier
RGP (Recensement Général de la Population) de 1993. Cette région dont
l’économie est basée sur l’agriculture est entrée, il y a quelques années (4),
dans l’exploitation du pétrole. Cet élément a modifié le comportement des
habitants dont la plupart vont travailler sur les champs pétrolifères. Doba lui-
même a vu ses paramètres socioéconomiques modifiés par l’élément ci-dessus
cité. La population jeune a pris le rythme de la recherche du travail en ville où
désormais la main d’œuvre à bon marché est abondante. Les filles viennent à
Doba non pour chercher du travail domestique comme à N’djamena, mais pour
se livrer à la prostitution selon une responsable d’une organisation religieuse
de base. La main d’œuvre juvénile masculine qui faisait la force de
l’agriculture en campagne se fait rare. Du coup, l’activité économique s’en
trouve affectée.
Cette diminution de la force de travail se fait sentir d’autant plus que la
compensation en terme financière n’est pas sensible. Les jeunes hommes
exodants gagnent des salaires dérisoires et vivent dans un environnement qui
ne leur permet pas d’épargner en vue d’investir au village. Le coût de vie sur
les sites est extrêmement élevé.
Tous ces éléments sont indiqués pour montrer que les retombées de
l’exploitation pétrolière auraient pu changer le visage du milieu rural de
proximité, que les filles trouveraient des activités génératrices de revenus qui
les retiennent dans leurs milieux et leurs permettent de réaliser leurs
aspirations sur place sans aborder cette «hémorragie humaine

1. CARACTERISTIQUES DES ENQUETEES

Elles sont relatives aux variables retenues car, dans cette situation,
chaque individu est une variable.
1.1 Age et situation matrimoniale

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La structure de cette population est presque homogène. Il n’y a que
cinquante et six (52) mariées, vingt et deux (22) divorcées et cinq (05) veuves
pour trois cent vingt et huit célibataires et fiancées confondues.

1.2 Nombre et tranche d’âge.

Les
caractéristiques des enquêtées montrent une population jeune car, selon les
normes nationales en vigueur au BCR (Bureau Central de Recensement), les
jeunes sont situés entre 10 à 22 ans.
.
1.3 Situation sociale

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Orphelines

Il y a au total quarante et une (41) orphelines. Elles ont souvent été


responsables de leur décision de migrer. Elles sont généralement situées dans
la tranche d’âge de 10 – 12 ans.

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1.4 Niveau d’instruction

Le niveau le plus élevé est le cours moyen II avec seulement neuf filles
sur les quatre cents sept (407). Pas une seule au niveau secondaire.
.
2. L’AMPLEUR DU PHENOMENE

On apprécie l’exode par les mesures suivantes lorsqu’il s’agit d’un exode
dans la durée:
- Taux de mobilité des migrantes
- Taux de sortie par migration
- Taux d’entrée par migration.
Mais, le manque de données sur l’entrée des filles à N’djaména rend
impossible le calcul de ces mesures. Nous avons alors retenu quatre
indicateurs qui permettent d’apprécier l’ampleur de ce phénomène. Il y a
donc :
- Les zones de provenance.
- Zones de provenance et pourcentage de migration
- Nombre de filles par site (Tableau)
- Nombre de migrantes selon leur origine
- La durée moyenne du séjour par site

2.1. Zones de provenance

Les départements du Mandoul Est et Ouest sont concernés par le


phénomène. De Koumra à Péni en passant par Bedjondo, des milliers de jeunes
filles et garçons sont dans toutes les villes du Tchad, particulièrement à
N’djamena abandonnant après eux une région propice aux initiatives
économiques et sociale fructueuses.

Version semi finale 14


Région Département Canto Villages de départ
n
Mandoul Mandoul- Nderguigui Kodé1 et Kodé2
Ouest Bédigri ;
(koumra) Ngouremte
Kanengue
Bétati 1
Bétati2
Béndana
Mandoul EST Péni
(Bediondo)
Logone- La Pendé Maibo- Benamsara
oriental (Doba) goulaye Békori1
(kara) Békori2
Béganga
Logone- La Pendé Maibombaye Goré-Nord
oriental Maibombaye

Quinze villages sur la vingtaine que comptent les cantons concernés par
l’exode Selon les parents, plusieurs milliers de jeunes vont vers la ville de
Maroua au Nord du Cameroun, principalement les jeunes de Béganga. Il
préfèrent et pour cause : les ressortissants de ces villages à N’djamena
n’hésitent pas à les rapatrier.
Plus de 2000 jeunes de deux sexes sont à Maroua au cameroun en ce
moment.

2.2 Proportion des migrantes par village d’origine :

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En terme de nombre de migrantes, le département de la Pendé arrive en
tête avec une population juvénile de 3354 jeunes dont 1215 filles ;
Le Mandoul Ouest suit avec une population juvénile de 1059 jeunes dont 566
jeunes filles.
En terme de pourcentage, le Mandoul a 34,80% de filles qui ont immigré
temporairement contre 17,29% pour la Pendé.
Ces observations appellent un examen approfondi des causes pour trouver les
solutions opérationnelles. Ces pourcentages sont élevés pour les zones rurales
où le nombre de bras valides des jeunes détermine la production économique.

2.3 Nombre de sites d’accueil

Quartiers Carrés Sites Arrondisseme


nt
Chagoua 9 1 7ème
Chagoua 18 2 7éme
Chagoua 10 3 7éme
Chagoua 15 1 7éme
Chari–mongo 10 2 7éme
Bouta-al bagar 22 5 10éme
Wallia barrière Village 1 4 9éme
Wallia goré Village 2 4 9éme
Wallia hadjarai Village 3 6 9éme
Amtoukougne - 2 7éme
Kamnda - 1 10éme
Atrone - 2 7éme
Dembé 3 3 7éme
Total 37

On remarque que les sites de certains quartiers n’ont pas de numéro de


carré. Ils sont dans les zones péri-urbaines et ne sont pas lotis. Sur ce tableau,
wallia regorge le plus de sites visités : 10 au total.
Combien de filles habitent sur ces sites ?

2.4 Nombre de filles par sites

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Les sites, rappelons-le représentent les maisons ou dortoirs des filles
dans les quartiers où elles résident. Il peut y avoir plusieurs sites dans un carré.
Au total, vingt sept sites ont été dénombrés. Ils abritent quatre cent sept filles.

2.5 Durée moyenne de séjour par site.

Il faut remarquer que les filles ne font souvent pas de séjour prolongé.
La plus longue durée est de trois ans. Celles qui ont affirmé être là
depuis trois ans sont des migrantes de longue durée mariées à d’autres
migrants.

3. - LES CAUSES DE L’EXODE

Elles sont relevées et classées selon la catégorie d’intervenants :

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Il s’agit des :
- Filles migrantes elles mêmes ;
- Des parents du village
- Représentants de l’administration et des auxiliaires-
-Responsables religieux
- responsables des mouvements associatifs de base.
-les jeunes migrants issus des mêmes villages
- les répondants,c'est-à-dire les parents ou amis qui accueillent les
migrantes
Acteurs ou intervenants

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FILLES PARENTS AUTORITES ACTEURS OU
INTERVENANTS
- Manque : - L’influence des - Mauvaise gestion - Ignorance des
D’argent au village, de migrantes de retour des résultats du parents
matériels pour le trousseau, - Le relâchement de labeur commun - Besoins
des moyens des jeunes gens, l’autorité parentale par les hommes économiques
d’activités intéressantes dans - La rébellion juvénile - Impact de la (nourriture,
les localités voisines, de - Le pouvoir de l’argent polygamie vêtements…)
débouchés pour le commerce, sur le pouvoir des parents - Irresponsabilité - Difficultés qu’ont
de soutien à l’école, de - La honte d’avoir des parents les parents à
structures de développement, dépassée l’âge nubile Influence des NTIC exercer l’autorité
de personnel d’encadrement - Les grossesses - Manque de sur les enfants en
adéquat, d’appui à l’école, indésirables structures ville et au village.
- Descolarisation, conditions de - Les changements socioéducatives
travail difficiles, Destruction culturels - Attrait de la ville
des champs par les bœufs - Le désir de - Désir de
transhumants, communiquer avec le s’émanciper
- Découvrir la ville, monde exterieur - Désir de
- Aller en aventure, - La complicité des ressembler à
- Rechercher un meilleur mamans l’autre
habillement, - Le manque de
- La pression du village vers des communication entre les
mariages forcés etc… filles et les parents
- L’adultère comme délit
- Situation familiale
difficile
- La destruction des
champs par les bœufs
transhumants
La baisse du niveau de la
pluviométrie
- La baisse de la
production économique
due aux aléas climatiques
- Insécurité économique

Les causes énumérées sont multiples et variées.


Mais comment se prépare et s’effectue l’exode ? Qui sont ceux qui, en
dehors des filles concernées, sont impliqués dans ce mouvement ?

4.- LE PROCESSUS D’ORGANISATION DE L’EXODE

Les réponses données sur les causes de l’exode rural des filles ont été
données dans le paragraphe relatif aux causes de l’exode. Les objectifs et les
résultats attendus de cette étude sont réalisés à travers la présentation des
éléments qui ont déterminé le processus de réalisation de l’exode.
Après les causes, comment s’est préparé l’exode ?
 de l’intégration dans le milieu d’accueil
 de la stratégie de survie
 des satisfactions et aspirations
 des effets de l’exode
Les indices ou variables comme :
- La décision de migrer
- La période
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- Le point de descente
- La recherche du travail
- Le salaire
Expriment des réponses à interprétation qualitative mais quantifiables.
Leur représentation facilitera la compréhension du phénomène.

4.1. LA DÉCISION DE MIGRER

4.2. PÉRIODE DE VOYAGE


Deux périodes opportunes sont indiquées pour le départ : le mois de
mars et le mois de septembre, chacun correspondant à la période de mangues
et au début de la saison sèche.
Au mois de mars, les jeunes ressortissants des villages producteurs de
mangues louent de gros camions pour commercialiser ces fruits. Les filles
profitent de ces occasions qui ne coûtent pas chères ; ensuite, c’est la période
de soudure. A ce moment, il n’y a pas de grands travaux pour les filles qui
peuvent se livrer à d’autres activités.
Après les récoltes, c’est aussi un répit pour les femmes et filles des
villages. C’est ainsi que, guettant les nouvelles, les candidates à la migration
décident de partir pour la quête du bonheur qui ne se trouve pas sur place
selon elles.
Enfin disent-elles, « après les récoltes, c’est le moment propice où elles
peuvent avoir de l’argent pour voyage »r

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4.3 GESTION DE L’INTÉGRATION.

Deux éléments caractérisent ce volet :

4.3.1. Point de descente

Les filles ne débarquent pas directement chez l’employeur.

4.3.2. Recherche de travail

La recherche du travail est parfois l’œuvre du tuteur accueillant des amis


ou du fiancé. Souvent les filles s’y mettent elles mêmes. « Nous rencontrons
des difficultés dans la négociation du contrat car nous ne comprenons pas la
langue de l’employeur. »

Version semi finale 21


[Link] DE RÉMUNÉRATION

Pour les employeurs le niveau le plus élevé est de 8000FCFA et de


14000FCFA selon les filles. Le paiement se fait en espèce.

5. CONSEQUENCES

L’exode rural est la conséquence d’une situation économique difficile


dans la zone de départ certes. Il est aussi la conséquence d’un déséquilibre
existant entre les régions rurales pauvres parfois surpeuplées et les pôles
urbains dynamiques.
Comme forme de migration intérieure, rappelons que l’inexistence des
données numériques disponibles empêche de mesurer les conséquences
démographiques fiables. Néanmoins, l’appréciation qualitative et physique
permettra de mettre à jour les conséquences de ce phénomène sur la
population cible et son environnement.
Il y a des aspects positifs et négatifs. L’analyse a montré que les aspects
positifs sont individuels car, ne concernent que les filles elles-mêmes en
dernier ressort.
Il y a des conséquences démographiques, économiques, sociales et
même psychologiques qui découlent de ce phénomène.
Quelles sont les implications de ce phénomène sur l’ensemble des
éléments humains, environnementaux ? quel est l’impact sur les migrantes
elles mêmes.

Version semi finale 22


5.1 Dans les zones de provenance

Les conséquences dans la zone de provenance affectent les familles des


migrantes, leurs villages, leurs régions.

Famille Communauté Environnement


-Conflits entre les -Dépeuplement des -Absence d’ambiance
parents, villages culturelle, de
-Divorce dans les -vieillissement de la manifestations des
familles, population, jeunes, de dynamisme
-Affaiblissement de -Diminution des et de vitalité
productions et de mariages dans les villages
services, - Baisse de taux de - Populations anxieuses
-Baisse de fécondité, fécondité ou tristes
-Enfants naturels -Beaucoup de décès
suite aux IST-SIDA,
-Vie de prostitution
dans les villages
-Baisse de niveau de
productions et de
services

5.2. Dans la zone d’arrivée

Site d’accueil et Lieu d’accueil Lieu de travail Rapport avec la


logement des (répondant) police
filles
-Besoins -Un surnombre - Abus des droits Les filles et leurs
fondamentaux non des filles de la fille, répondants sont
satisfaits migrantes chez - Salaire de régulièrement
-Logement précaire les répondants, misère imposé, convoqués pour vol
et insalubre sans -Des problèmes - Des d’objets précieux,
sanitaires de cohabitation brimades, des d’argent, pour
-Surnombre dans les -Des tracasseries traitements bagarres ou pour
maisons louées – policières pour le humiliants et défaut de pièces
Agression de la part répondant et dégradants d’identité,
des garçons pour la fille, subis par la - Les répondants
-Surfacturation des - Augmentation fille, sont aussi souvent
loyers de bouches à - Les filles convoqués pour le
-Victime constante nourrir souvent retrait des corps
des abus sexuels et - Problème accusées des filles
des IST-SIDA, d’hygiène du faussement de assassinées par
- Victimes des milieu vol des objets leurs employeurs ou
scènes de viol de valeur et de pendant les
-Grossesses non l’argent, bagarres au niveau
désirées et - Les filles du site ou de la rue
accouchements sont souvent
difficiles, agressées sur
-Fausses couches, le chemin de
Version semi finale 23
-Décès des travail,
nourrissons - Harcèlement
-Incapacité de prise sexuel par
en charge médicale certains
employeurs et
leurs fils

Version semi finale 24


III. COMMENTAIRES - ANALYSE -DISCUSSION
Après le recueil des données sur les caractéristiques des enquêtées et
tout le processus d’organisation de l’exode ainsi que les éléments d’intégration
dans le milieu, la détermination des causes de l’exode selon les différents
intervenants, venons- en aux commentaires et à l’analyse de leur implication
sur la vie des filles, de l’environnement dans leur lieu d’origine et d’arrivée.
Nous articulerons l’analyse autour des variables retenues et de la grille
d’analyse proposée par l’antenne dans les termes de références.

1. LES CARACTÉRISTIQUES DES ENQUÊTÉES :


- Il y a la variable « âge » et la situation «matrimoniale. »
La plupart des filles sont célibataires ou fiancées (328). Elles sont l’espoir de la
communauté selon un ancien de BEGANGA qui dit : « Les jeunes en âge de
procréer sont la fierté et l’assurance de la perpétuation d’une communauté. Si
toutes les filles vont en aventure, la probabilité qu’elles reviennent toutes est
incertaine ».
- La tranche d’âge la plus concernée se situe entre 10 – 15 ans.
La jeunesse de cette couche la rend vulnérable à toute idée venue d’ailleurs.
Du fait que le jeune n’a pas de responsabilité vis – à vis de la communauté,
cette frange décide facilement d’immigrer ; elle est libre de ses mouvements.
Les jeunes filles sont dans la même situation.
- La situation sociale des filles est un facteur qui joue sensiblement sur les
départs. Il y a moins d’orphelines, mais la corrélation entre orpheline et
décision de migrer est bonne : elles ont souvent été maîtresses de leur
décision.
A cet âge, les orphelins sont sous–tutelle dans la tradition africaine. Le
fait qu’elles aient décidé de venir travailler pour s’équiper dénote la
déconfiture de nos sociétés rurales caractérisées par le manque du sens de
responsabilité et de solidarité. Cette solidarité qui, autrefois en vigueur
permettait aux familles de se secourir en cas de difficulté et qui aujourd’hui a
fait place à l’individualisme et à l’argent. Si cette solidarité était toujours en
exergue, les femmes se seraient peut-être données les mains pour préparer les
trousseaux de leur fille et, éviteraient ainsi leur exode!
- Enfin, le niveau d’instruction des filles est caractéristique de
Les non scolarisées représentent 27% de la population pour 72,73% qui ont
été en contact avec l’école. La situation illustre de manière claire le problème
de la scolarité des filles en milieu rural. Pour expliquer cela, des raisons ont été
avancées : « les parents sont pauvres et ne peuvent soutenir la scolarité de
leurs enfants ; les filles sont faites pour le foyer, elles ne peuvent aller à
l’école »Il s’agit des coûts d’opportunités liées à la présence des filles à
l’école »
Si les filles ne peuvent pas à l’école, le contexte dans lequel elles évoluent est
inadaptées et produit une désorientation.

Par rapport à l’ampleur du phénomène :


Quinze villages sur la vingtaine que comptent les cantons sont concernés
par l’exode. Selon les parents, plusieurs milliers de jeunes vont vers la ville de
Maroua au Nord du Cameroun, principalement les jeunes de Béganga. Il
préfèrent et pour cause : les ressortissants de ces villages à N’djamena
n’hésitent pas à les rapatrier.

Version semi finale 25


Plus de 2000 jeunes de deux sexes sont à Maroua au cameroun en ce
moment.
Le nombre de jeunes qui sort et l’étendue des villages montre
l’importance du phénomène.
- Des sites d’accueil
Les sites d’accueil des filles se trouvent être dans les quartiers
périphériques de N’djamena. La raison évidente est non seulement le coût du
loyer ; mais aussi la proximité avec les parents qui procurent une certaine
sécurité. La plupart des pauvres venues de la zone soudanienne, généralement
des migrants de long séjour contribuent à l’extension des quartiers
périphériques.
Ces quartiers sont non lotis et donc sujets à l’instabilité et au
déguerpissement ; il n y a pas d’infrastructures (l’eau courante,
électricité) qui constituent le service minimum urbain et parfois
même, les structures de santé.
Dans ces conditions, les filles s’entassent à 7 et 10 dans des
chambres de fortune de 4 à 5 mètres carrés parfois même avec des
garçons
Enfin, l’exode se renouvelle avec de nouvelles migrantes chaque année.
Ici, la durée du séjour le plus long est de trois (3) ans pour moins de 10 filles
interrogées La caractéristiques de ces filles c’est qu’elles sont mariées à
d’autres migrants définitifs.
Les séjours sont planifiés avec des objectifs à court terme et précis.
Atteints, elles repartent aux villages et émulent d’autres candidates.

Version semi finale 26


Le processus d’organisation.

Préparation Marché
capitalisation hebdomadaire
Marché des
de mangues
l’information Occasion, Départ
Dépeuplement ; vieillissement de la
population ; baise de niveau de
productions et de services ; Décès
du aux IST/SIDA ; Prostitution

Conflits entre les parents Absence d’ambiance


Divorces ; Affaiblissement culturelle ; de dynamisme
des liens de productions de et de vitalité dans les
services, Baise de taux de villages ; populations
fécondité, Accroissement anxieuses ou tristes
enfants naturels

Logements précaires; pression des bailleurs;


surfacturation; grossesses; agressions; tortures;
viols; harcèlements sexuels; maladies décès;
Village de dépersonnalisation; promiscuité Famille
départ de la d’accueil, amies
migrante migrantes.
Désir de Recherche de
migrer Surcharge; Difficulté de cohabitation; tracasseries travail.
policières; menaces; insalubrité; insécurité; brimades;
base numération; tracasseries des répondants Point d’arrivée

Contrat
Exécution des
tâches.
Lieu de
travail

Le désir de migrer une fois ressenti donne lieu à une concertation entre
les candidates par villages.
Les marchés hebdomadaires sont les lieux de prédilection de ces
migrantes.
Des informations sont prises sur les quartiers où habitent les autres filles
à N’djaména.
Plusieurs filles ont préparé leur départ à l’insu de leurs parents. Mais
souvent, les mères sont impliquées selon les hommes interrogés sur le terrain.
Celles – ci rejettent la responsabilité sur les filles qu’elles qualifient de têtues.
Généralement, le voyage se fait sans provisions. Les frais de transport
sont payés par elles-mêmes. Elles font le petit commerce, organisent des
Version semi finale 27
tontines pour constituer le capital pour l’exode. Les mères sont désignées
comme complices présumées dans l’organisation des voyages et dans la
décision de partir. L’apport des pères est négligeable dans ce processus où ils
ne sont presque pas contactés : l’exode rural des filles est une affaire des
mères, disent – ils.
Il y a deux catégories de migrantes qui se sont dégagées :
 à court terme : celles qui viennent en début de saison de
pluies travailler pour préparer les fêtes de fin d’année
 moyen terme : celles qui ont en plus de la première cause
d’autres raisons.
Celles là ont généralement plus de vingt ans d’âge. Les raisons varient
selon que l’objectif fixé est à court ou moyen terme.

Entre les pères et les mères se trouvent les fiancées ou les prétendants.
Leur décision prime sur celle des parents car les filles, pour échapper à
l’emprise familiale , préfèrent suivre leurs fiancés en [Link], c’est pour
^préserver leur fiançailles. L’exode est donc préparé de concert avec ces
derniers.
Un jeune homme de Kenengue qui a été interrogé sur la raison d’être de
sa fiancée à ses côtés a répondu : « j’ai voulu qu’elle m’attende au village ;
c’est elle-même qui a décidé de me suivre alors que je suis venue chercher de
l’argent pour sa dot ». La fiancée en question répond : « si je ne viens pas, il va
se marier ici et me laisser. J’ai voyagé à l’insu de mes parents ; d’ailleurs, je
suis orpheline de mère. »

Dans la prise en charge du transport, une particularité est à relever : les


orphelines se sont assumées à 90%, même dans la prise de décision de départ.
Aucune n’a déclaré avoir emprunté de l’argent pour voyager, c’est dire donc
qu’elles peuvent agir quand elles sont décidées.
Visiblement, la décision de migrer ne fait pas souvent l’objet d’une
consultation. C’est peut-être au niveau de l’organisation que d’autres
personnes interviendront pour faciliter la tâche.
Les mères viennent après les filles comme pour donner raison aux pères
qui les accusent.
Les autres personnes et parents représentent les migrantes de retour
Les migrantes descendent généralement chez leurs amis ou sœurs des
villages de départ. Le niveau de connaissance s’apprécie à N’djamena car,
parfois, elles ne sont pas du même village. Parce que, ayant les mêmes
objectifs, parlant la même langue, elles mettent en exergue la solidarité qui a
manqué au village et dont elles ravivent la flamme.

Gestion de l’intégration
Aucune fille ne débarque directement chez l’employeur. Mais plus tard,
d’autres séjourneront sur le lieu de travail durant six (6) jours dans la semaine.
Elles ne rentrent que les samedi soir pour se retrouver sur les sites avec les
autres

Version semi finale 28


Il apparaît clairement que ce sont les amies qui aident les nouvelles
venues à trouver du travail. Elles-mêmes viennent en seconde position avant
les parents.
La technique est si simple à apprendre qu’elles s’y mettent et réussissent
facilement.
« Quand nous arrivons, nous ne perdons pas du temps parce que nous
avons un objectif : trouver vite du travail, gagner de l’argent pendant au moins
trois mois et rentrer au village pour les fêtes avant de revenir. » Il s’agit de
celles qui arrivent en début de saison sèche. L’exode est planifié pour être
exécuté en deux temps. La première phase détermine la seconde.
Qu’en est-il des causes qui ont provoqué l’exode

2. DES CAUSES

Selon les filles


Selon les migrantes, les causes énumérées viennent du social et de
l’économique.
On peut interpréter le comportement des filles par le constat que : le
développement est en ville. Elles pensent que « vivre en ville est facile. Il y a
de l’argent, de la liberté. Au village, les sols sont de plus en plus ingrats à
causes de la baisse de la pluviométrie. On peut trouver à manger, mais ne pas
avoir d’argent pour satisfaire les autres besoins. Les villages sont loin des villes
et il n’y a pas de bonnes routes pour y accéder »
L’inégalité économique séparant les milieux ruraux et urbains rend la
ville plus attrayante. Le travail que viennent chercher ces filles est dit
« domestique » et ne nécessite donc pas une qualification.

Selon les parents

Pour les parents, des facteurs suscitées sont à l’origine du départ massif
des filles.
Les facteurs économiques, selon eux, trouvent leur justification car, la
pauvreté au village revêt plusieurs formes.
L’influence des migrantes de retour constitue pour eux le facteur
primordial. Les filles ne résistent pas à la tentation de venir chercher ce que les
autres ont ramené.

Selon les autorités des zones de départ


Les autorités locales ont mis l’accent sur les aspects culturels et
psychologiques.
Des problèmes culturels de fond existent qui jettent les filles mariées sur
le chemin de l’exode (1 et 2). Mais, au regard de la structure par âge des
enquêtées, c’est un petit nombre qui a déclaré avoir quitté son mari pour des
raisons souvent relatives à l’entretien. Parmi celles-ci, il y en a qui ont été
mariées à un homme polygame contre son gré. C’est le cas des mariages
forcés comme cause de l’exode rural. Le reste, c’est le désir de se jeter dans
l’incertitude pour découvrir l’inconnu. Il faut aller en ville jouir des résultats du
développement.

Version semi finale 29


Selon les acteurs et intervenants
Les acteurs ou intervenants sont des responsables administratifs,
politiques, coutumiers, religieux, mais aussi familiaux comme les chefs des
communautés et les répondants des filles devant les tiers résidant à Ndjaména.
Pour les parents qui encouragent leurs filles à l’exode croient que c’est
le moyen par lequel ils peuvent augmenter leurs ressources ou les compléter.
Ils ignorent les conséquences et les risques liés à l’enjeu, le risque d’y laisser
sa peau.
D’autres parents n’arrivent pas à contrôler leur progéniture.
Résultat : les enfants quittent à leur insu et ils ne peuvent rien faire.
D’autres intervenants proches des parents des filles pensent pour leur
part, que c’est la pauvreté du milieu rural qui s’est généralisée au point que
des créatures protégées comme les filles échappent au contrôle de leurs
parents.

Nous avons identifié à travers les réponses données par tous les intervenants
trois (3) types de causes :
- Personnelles et relationnelles
- Familiales et locales,
- Environnementales.
Toutes ces causes tiennent de l’économique, du social, du culturel et du
psychologique

Telles que résumées dans le tableau, chaque acteur ou intervenant a à


son niveau donné les raisons qui se trouvent à l’origine du processus de
l’exode des filles.

« Au village les sols sont de plus en plus ingrats à cause de la baisse de


la pluviométrie (..) on peut trouver à manger mais pas d’argent pour satisfaire
les autres besoins » soutient cette migrante de Chagoua.
Les villages sont loin des villes et les routes sont difficiles pour venir
vendre facilement les produits des champs. C’est pourquoi les filles vont en

Version semi finale 30


ville pour chercher de l’argent qui manque au village. Les migrantes affirment
unanimement que « les filles qui habitent en ville ou qui en reviennent ont de
beaux habits, elles sont propres et donnent toujours l’apparence de jeunes ».
C’est surtout cela qui pousse les filles des villages à partir pour les villes.
« Pour se marier, ces filles des villages n’ont ni matériels, ni argent. Elles
se sentent abandonner par ce que les jeunes eux aussi ont quitté les
villages. »
Les jeunes beaux et valides sont allés tous en ville chercher fortune. La
plupart d’entre elles suivent en fait leurs fiancés ; d’autres espèrent en trouver
sur place car les villages sont vidés de leurs jeunes beaux et forts.
Cette analyse, les jeunes du Canton Nderguigui l’ont faite car, là-bas, il
n’y a plus de jeunes filles au village. Le président de l’association des jeunes a
confirmé cette situation en affirmant que : « désormais, pour se marier, ils se
rendront dans les grandes villes pour y trouver des belles et jeunes filles ».
Les parents ne peuvent plus supporter les filles longtemps. Le contexte
économique global fait qu’ils se soient dessaisis de leur rôle pour le laisser
échoir. En fait le postulat qu’une fille n’est pas bonne pour l’école tient encore
aujourd’hui.
La preuve, le taux et le nombre de jeunes filles scolarisées est en deçà
du nombre de filles scolarisées( cf tableau page…..)
Les parents refusent de supporter les filles à l’école car, disent-ils, l école
ou le diplôme n’est plus la preuve d’une valeur permettant d’obtenir une
contrepartie sociale.
N’est–ce pas posé, là, le problème de la pauvreté dans le milieu rural ?
Le manque de débouchés au village évoqué dénote la pauvreté
matérielle de certaines régions de la savane.
L’ envie d’ acquérir une certaine indépendance individuelle, le désir
d’envoyer les cadeaux ou de rapporter un jour de cadeaux aux parents
démunis incitent les filles et les garçons à venir s’installer ou séjourner en ville.
L’attrait d’une vie séduisante, la prestigieuse image de la ville sont
somme toute à la base de l’exode rural.
Cette fille de 15 ans qui passe pour la 5 e parrainée par la Word Vision à
Goré nord décide de venir à N’djaména.
Interrogée sur les causes de son départ et sur ses activités au village,
voici ce qu’elle répond : << j’ai décidé de quitter l’école et de partir
parce que je veux voir aussi la ville avec eux. Là-bas, il y a ma sœur
qui est partie d’ici il y a deux ans. Elle fait le travail domestique là-
bas, je vais la rejoindre. Je vais errer comme toutes les filles et je
reviendrais me marier ici car ma place est ici au village. >>
Ces paroles expliquent tout le désir de s’aventurer de ces filles, désir qui
se résume à la satisfaction d’un besoin psychologique.
La monotonie de la vie dans le milieu rural face à l’écho que produit les
nouvelles technologies de l’information constitue un véritable problème pour
les jeunes ruraux. Le monde se projette dans les villages à travers les films
vidéo, les cassettes audio. Le manque de solidarité de nos jours au village
aggrave les conditions de la vie. Tous ces éléments exercent une influence
certaine et incitent au désir de s’émanciper par rapport à un milieu austère et
ingrat.

« La petite fille, c’est un trésor.», adage de la société maguere dans le


canton Nderguigui. Cette communauté qui occupe une aire linguistique dont le
nom « maguere » lui est attribué a plus de migrantes à N’djaména que les
Version semi finale 31
autres, alors que, démographiquement, elle représente un faible pourcentage
exprimé dans les zones de départ (34,80 de migrantes pour trois (03) villages).
Elle est connue pour son courage, sa bravoure, mais aussi la violence des
hommes et des jeunes gens. Cette disposition à la violence trouve son origine
dans l’univers psychosocial de ses membres. C’est donc dans cet univers
caractérisé que la petite fille grandit ; habituée à voir ses aînés, ses parents,
lutter, compatir, même en utilisant la violence ; s’exalter en abaissant autrui.
La personnalité de ces enfants est le produit des institutions de leur
milieu : la famille, la chefferie… se développent selon un modèle fixé par ce
milieu. Aucune société ne peut exister sans les individus qui la font. Elle se
survit et transmet sa civilisation à travers les individus. Si un jour, toutes les
petites filles du Mandoul et du Logone cessent de faire les travaux
domestiques, il est évident qu’il n’y aurait plus de main d’œuvre servile dans
les ménages véreux qui accueillent ces petites filles. Mais il faut remettre en
cause les évidences.
Le trésor que représente la petite fille n’est pas un élément qu’il faut
livrer et laisser à la merci de tous les risques. Le comportement des parents est
contradictoire à la philosophie entretenue autour de cet élément qui est la
petite fille.
Le manque de soutien dont parlent les filles est relatif à l’école.
La déscolarisation des filles est due à une cause indirecte. Le témoignage
de ce jeune de Goré Nord qui fréquente à Doba en classe de première
constitue la preuve : « Les parents ne soutiennent pas les enfants à
l’école. L’environnement aujourd’hui est exigeant. Les enfants,
surtout les filles ont plus de besoins ; elles sont donc obligées d’aller
chercher du travail pour se prendre en charge.
L’école donne un résultat incertain. Le filles du villages qui sont parties
en ville sont revenues avec des situations variées : diplômées sans emploi,
déscolarisées… Cette situation n’encourage ni les parents ni les autres filles qui
marquent un dégoût pour l’école et un pessimisme quant à l’avenir de celle-ci.

La situation que traversent ces petites filles depuis leur village d’origine
est une grave une menace par rapport à l’avenir de ces communautés du point
de vue de la culture et du développement.

Du point de vue des subsides perçus appelés salaires, les montants


donnés par les filles ne correspondent pas à ceux des employeurs. Voici à ce
propos le témoignage d’un employeur du carré 08 dans le quatrième
arrondissement.
« J’ai commencé à employer ces filles il y a de cela cinq ans. Je ne sais
pas ce qu’elles sont venues chercher mais elles me disent souvent qu’elles
viennent des quartiers Habbena ; Chagoua et Amtounkougne. Ces filles
m’aident beaucoup, ce sont des êtres humains comme moi : pourquoi ne pas
avoir de préférence pour elles » ?
« C’est elles même qui fixent le prix et on discute .Souvent nous payons
entre 6000. et 8000 francs , pas plus. »
Leurs tâches consistent à laver les assiettes, balayer et préparer à manger ».
A propos des tâches, Modji raconte : « Souvent, notre tâche consistent à
faire des travaux accessoires comme balayer, laver les assiettes, laver parfois
les enfants.

Version semi finale 32


Nous ne sommes pas autorisées à préparer la nourriture car, les femmes
qui nous emploient disent que nous ne savons pas faire la cuisine ou que nous
sommes sales ».
Ces témoignages contiennent trois révélations :
 Les employeurs feignent d’ignorer les objectifs pour lesquels
les filles sont là. Ceci explique directement le payement tardif et différé
du traitement aux filles.
 Ils leur versent généralement le 1/3 du SMIG, bien qu’ils leur
reconnaissent une certaine dignité humaine en affirmant qu’elles sont
des être humains comme eux :on relèvera ici la non reconnaissance du
travail de ces filles par les employeurs qui ne payent pas au SMIG
Ils leur font travailler les dimanches et jours fériés ; ils ne respectent
pas la tranche journalière de huit heures – pour la plupart.
Cette situation interpelle plus d’un témoin, les acteurs publics et
privés.

3. DES CONSEQUENCES

Les zones de départ :


a) Conséquences démographiques
Les conséquences démographiques ne sont pas profondes. Mais, l’exode
modifie temporairement le paysage numérique dans les villages de départ.
Selon les parents, l’exode rural dépeuple les campagnes. Les garçons qui
émigrent emportant avec eux les filles qui parfois ne reviennent plus. Le
témoignage d’une infirmière de KODE I est poignant :
<< Il n’y a plus de filles au village à cause du travail domestique
à N’djaména. Ici au village quand les autorités arrivent, il y a des
choses pour lesquelles on a besoin des jeunes filles, mais hélas !
Vous-même regardez dans cette assemblée : combien de jeunes filles
il y a ?>>
Malheureusement, cette affirmation est vraie. Il n’y avait qu’une dizaine
de filles de 7 à 9 ans. Des constats de ce genre ont été faits par les parents :
- Baisse de taux de fécondité
- plus de femmes ménopausées que de jeunes femmes dans les villages
à moyen et à long terme.
- Vulnérabilité de parents devenus faibles pour se prendre en charge et
pour se défendre
- Accroissement du nombre d’enfants naturels
- Décès suite à de maladies contractées sur le lieu de l’exode.
Nos enfants nous reviennent couchés alors qu’ils sont partis sur les pieds.
Nous ne pouvons plus parler que de filles quand il s’agit des conséquences sur
le village. Les parents comprennent et font des projections sur l’avenir :
- d’ici 15 ans, nous allons tous mourir du fait du sida que nous ramènent
nos filles qui rentrent apparemment saines. Elles vont se marier ici et la suite
sera désastreuse pour nos campagnes qui seront à refaire.
Celles qui ont la chance de survivre se marient avec les migrants
définitifs et ne rentrent plus au village : qui va assurer notre relève ? L’idée
d’une démographie à la baisse n’est pas partagée dans les milieux ruraux
africains où les enfants demeurent encore la richesse. La perspective de voir le
village se vider de ses jeunes est une conséquence qui prime sur les autres
selon les parents.

Version semi finale 33


b) conséquences sociales
Le départ des filles laisse un vide pour les jeunes qui sont restés au
village et pour l’intérêt social du village.
Le problème du choix qualitatif et quantitatif des filles par les fiancés ou
les parents se pose à ce niveau. Le responsable de l’association des jeunes en
fait le constat. « Si tu veux te marier, toutes les filles sont à N’djamena,
tu vas y aller trouver celle que tu désires et tu la ramènes>>.
-Un père de fille migrante a laissé ce message :<< Vous direz à ma
fille que le feu brûle à la maison. Si elle ne rentre pas, je vais tuer sa
mère>>
-Une mère renchérit :<< Dis à ma fille que depuis qu’elle est partie,
son père et moi sommes séparés. ILL faut qu’elle rentre>>
Des pareils témoignages sont légion à NDERGUIGUI. L’exode rural des filles
entraîne des conséquences multiples sur les familles :
- Elles se défont à cause de la mésentente entre les parents : Les pères
sont généralement contre. Mais, selon les mères, c’est parce que les pères
ne s’assument pas que les filles s’en vont. C’est le contraire rétorquent les
hommes en général. Des conflits passagers mais qui ont tendance à
s’installer dans les foyers apparaissent de plus en plus du fait de ce
phénomène.
Que va-t-il se passer dans la zone d’arrivée?

Dans la zone d’arrivée

Ici la migrante elle-même est la première victime, viennent à sa suite les


répondants, les quartiers d’accueil et toute la ville de Ndjamena
L’exode des filles pour le travail domestique comporte des risques
certains. Les conséquences sont multiples sur les filles qui sont elles-mêmes
les premières concernées. Elles sont en rapport avec certains
indicateurs comme :

a) Par rapport à la vie des filles

Les jeunes migrants n’hésitent pas à démontrer leur instinct belliqueux


autour et sur les sites féminins. Cet homme qui observe quotidiennement la vie
des filles dans cette concession au carré 15 de Chagoua et qui rapporte le
témoignage est le voisin du site : « il y a souvent de bagarres qui
opposent ces jeunes entre eux – mêmes. On ignore l’origine, mais cela
doit avoir attrait à la jalousie. Les filles reçoivent la visite de leurs
cousins, parfois, il y en a qui vivent avec elles dans la même
concession et même partagent la chambre avec elles. Quand leurs
copains arrivent et les trouvent, c’est la bagarre. Ces filles ne sont
pas en sécurité. » .
L’environnement physique dans lequel vivent ces filles comporte des
risques certains. Ces risques encourus entraînent des conséquences parfois
mortelles.
Sur le site de Chagoua, l’une des conséquences les plus graves est
l’accouchement des filles.
Les filles ne vont pas faire la visite prénatale. Sur une dizaine de mères et
de porteuses que nous avons rencontrées, aucune n’est en règle concernant

Version semi finale 34


les visites. Toutes accouchent à la maison dans les conditions d’asepsie
déplorable ; telle cette fille de dix sept ans la nommée Madjiré qui a accouché
d’une fillette à 5 heure du matin le jour de passage de l’équipe d’enquête sur
le site de Chagoua. Trouvée baignée dans un bain de sang qui témoigne de la
forte hémorragie suite à la déchirure qu’elle a connue, nous l’avons amené au
dispensaire où elle a eu droit aux soins ainsi que le nouveau né. L’enfant de
cette dernière mourra deux semaines après de tétanos.
Interrogée sur le but de sa venue alors qu’elle était grosse, Madjiré a
affirmé avoir suivi son fiancé, de peur que ce dernier ne prenne une autre

b) Rapport avec les employeurs


Dans l’exercice de leur travail, le rapport avec les employeurs est
caractérisé par une situation de domination de maître et esclave. Dans la
négociation du contrat, c’est la proposition de l’employeur qui prime sur celle
de la demandeuse d’emploi. Les salaires fixés sont dérisoires et mettent les
filles en deçà de la vie normale d’un citoyen. Le type de rapport qui existe
entre eux a une implication psychologique dû au traitement que subissent ces
filles.
Beaucoup de filles subissent des violences physiques et morales. Elles
sont soumises à une forte pression psychologique et sont régulièrement
injuriées.
Cette femme du quartier Grand-marché dit qu’elle préfère employer les
petites filles de 10 ans. « Elles sont maîtrisables ; tu peux même les
frapper et les corriger. »
Selon un notable de chagoua, « Les abus sexuels et les viols sur ces filles
sont fréquents surtout celles qui passent la nuit chez les employeurs »,
Les filles habitent dans des quartiers éloignés de leur lieu de travail. Sur
le chemin de retour, elles font l’objet d’agression de toutes sortes : « Une fille
de 21 ans de retour de travail a été interceptée par des hommes qui lui ont
proposé de l’argent pour coucher avec elle. Ayant refusé, elle fut frappée sur

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l’oreille gauche. La fille a souffert de ce choc et est dure d’oreille. Aujourd’hui,
elle est toujours à N’djaména ».

c) Les répondants

Les répondants de ces filles sont souvent interpellés par la police. Ils
reçoivent des convocations et injonctions des agents de sécurité pour répondre
des délits reprochés à ces filles.
Ils sont sollicités par les employeurs pour récupérer les corps, parfois
assassinés des filles domestiques.
Cette situation entraîne des conséquences psychologiques sur les chefs
de ménage qui vivent dans la hantise des convocations sans motif qu’ils
reçoivent.
Les répondants hébergent les filles qui sollicitent leur foyer pour les
premiers jours de leur séjour. Ce séjour se prolonge parfois et a des
implications sur l’environnement familial et sanitaire.
Plus de 50 filles débarquent chaque année dans la concession de monsieur
Ngarstam jacques, répondant des migrants de Nderdigui.

d) La police

La police est aussi l’un des acteurs dans la vie des filles.
Selon les chefs d’arrondissement de Walia, plusieurs garçons et filles
domestiques sont souvent amenés pour vols, subtilisation d’objets précieux.
La police terrorise ces pauvres pour les amener à avouer les forfaits reprochés.
C’est le lieu de signaler la double vulnérabilité des filles : les employeurs
accusent, la police harcèle.
Plusieurs d’entre elles n’ont pas de pièces d’identité et sont souvent
arrêtées. Toutes ces tracasseries pour un subside sordide.
Plusieurs cas d’agressions, d’assassinats et de tentatives de viols ont été
signalés par certains témoins
« Une fille malade ou assassinée a été retrouvée par ses frères chez son
employeur. Le fils de cette femme continuant à téter sa maman qu’il croyait
vivante. »
« Une autre fille a été retrouvée morte dans la vallée drainée près du
palais du 15 janvier. Les employeurs ont avoué qu’elle était allée faire la
lessive, ce qui paraît invraisemblable ». Ces témoignages sont de Mr
Ngarastam Jacques qui les a repris dans le film.
Ces cas ne sont pas exhaustifs.
Sur le lieu du travail, les enfants de ces filles sont chosifiés par les
employeurs qui n’ont aucun égard pour ces créatures innocentes. Selon le
témoignage d’une fille de 19 ans qui a un bébé de 11 mois : « ma Patronne
m’oblige à porter toujours mon enfant au dos car si je le descend, il va toucher
aux gobelets : il est sale ».
Tout cela constitue le lots de dossiers qui exposent les pauvres filles à la police.
Celle-ci n’hésite pas de les torturer pour obtenir des aveux, parfois des faux
aveux

Les conséquences négatives sont légion. Telles qu’énumérées, les


conséquences de l’exode rural des filles montrent que le phénomène n’est que
destructeur.
Mais il y a quelques effets positifs escomptés
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4. Les effets de l’exode rural

Ils sont de deux ordres : matériel et psychologique.


Dans cet ordre, il y a également l’appréciation de la situation par rapport
à la satisfaction et aux aspirations.

a) Effet matériel.

L’exode rural ne présente pas que de conséquences négatives. Il y a


aussi les effets positifs qui s’expriment principalement sous forme de
matériels à usage ménager et de vêtements.
Presque toutes les filles affirment venir chercher de l’argent pour s’acheter des
ustensiles et des vêtements. Les parents, surtout les mères attendent
beaucoup de cet exode pour lequel elles ont investi.
Arrivées en ville, les parents restés au village déchantent.
Plus de la moitié des filles n’envoient rien aux parents, ne leur écrivent pas, ne
reçoivent les nouvelles des parents que par la vague de nouvelles migrantes.
Elles accumulent et satisfont aux besoins par objectifs. C’est seulement
quand les buts fixés sont atteints qu’elles pensent aux parents en rentrant.
Du point de vue de la transformation, l’exode rural des filles n’affecte pas
la structure du village. Les retombées ne se sentent et ne se voient que sur la
vie physique et matérielle de ces filles.

b) Effets psychologiques :

L’effet induit est l’apprentissage de nouvelles langues véhiculaires :


l’Arabe pour les migrantes de N’djaména et le Fufuldé pour celles de Maroua au
Cameroun.
Les jeunes migrantes de retour exercent une influence sur les autres
lorsqu’elles parlent entre elles une langue autre que la langue maternelle. Le
parler dans une langue autre que celle du milieu donne à ces filles une autre
image d’elles- mêmes. Elles ressentent une certaine fierté due à cet effet.
Elles acquièrent aussi une liberté d’esprit et d’action, améliorent la
tenue de leur ménage en hygiène et organisation domestique. Le fait d’avoir
passé un séjour à la capitale leur donne une certaine aisance par rapport aux
autres qui sont restés au village.
Le contact qu’ont ces filles avec certaines employeurs leur donne des
informations utiles. Elles affirment qu’il y a les épouses des employeurs qui
sont ouvertes et causent avec elles. Elles ont par exemple des informations sur
la santé et l’hygiène de la femme. Cet aspect est intéressant, mais ne concerne
qu’une infime partie des filles.

c) Satisfactions et aspirations

Plus de la moitié de filles ont affirmé leur désillusion sur le lieu de


l’exode. Néanmoins, elles développent une certaine résignation et disent
ici :<<la situation est difficile ; au village,tu peux construire n’importe où,
manger n’ importe où, cultiver partout alors qu’ en ville tout s’achète. L’argent
que nous gagnons ne suffit à rien faire. L’eau, les soins, la nourriture : on ne

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parle qu’en terme d’argent. Nous nous entêtons parce que nous sommes déjà
là>>
Il n’y a pas de satisfaction réelle parce que la vie en ville devient de plus
en plus difficile. La vision de départ qui projette la ville comme un Paradis
s’estompe. La ville est une zone de souffrance sans lendemain. Les filles
pensaient qu’elles pourraient venir simplement faire le travail domestique,
gagner de l’argent pour acheter les tasses, les habits et renter. Or, tel n’est pas
le cas.
Les employeurs se comportent comme de vrais exploitants. Il
développent un système pour décourager les filles lorsqu’elles revendiquent
leur salaire : on paye la moitié du salaire chaque mois. Ceci pour empêcher que
le domestique maltraité ne fuit.
On invente des pertes d’objets précieux pour les mettre en prison. Les
chefs d’arrondissement témoignent sur les cas des plaintes des employeurs
pour vol et disparition d’objets de valeur. Selon les filles, ce sont des
subterfuges pour ne pas leur payer leurs salaires. Les filles se plaignent à leur
tour pour refus de payer les salaires.

En terme d’être, ces filles disent regretter de quitter l’école pour les
unes, regretter de n’y être pas aller pour les autres ; accusent les parents de
ne pouvoir pas assumer leur responsabilité par rapport à l’école.
Le savoir acquis sur le lieu de travail est juste bon pour la cuisine. On ne
leur apprend rien qui puisse les arder. C’est leur force de travail qu’elles sont
venues vendre.
A la question de savoir ce qu’elles pensent de leur avenir, elles disent ne
pas en avoir. Par contre :
« Une personne sans vision est sans avenir. »
Si l’exode de ces filles avait pour but de changer une situation
économique difficile de départ, elles auraient une vision transformatrice de la
situation.
Selon l’animatrice du CFPR de MAIBOMBAYE, les conditions
environnementales sont progressivement améliorées pour aider les populations
féminines rurales à se prendre en charge. Mais les filles préfèrent le travail
facile en fuyant le village.

L’exode rural étant un phénomène qui intéresse plus d’un acteur, les
religieux ont aussi exprimé leur savoir et leur proposition par rapport à son
utilité. Ils sont aussi témoins des exactions que subissent ces filles.

5. POSTULATS SOCIO-RELIGIEUX ET DISPOSITIONS LEGALES

5.1. Postulats
Deux religions ont dans leur doctrine ou textes de base des dispositions
par rapport au travail des enfants : l’islam et le christianisme.

a) Dans l’islam

Le travail des enfants est interdit. IL y a un âge pour travailler en dehors


de la maison. L’islam interdit à toute adolescente de quitter le domicile familial
pour aller chercher du travail. Toute adolescente doit être nourrie, soignée et

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entretenue par la famille. Mais, il y a de situations ou circonstances
atténuantes pour la fille qui va travailler :
- Si elle est mariée, son mari peut l’autoriser à aller travailler.
- Si elle perd son mari, elle est libre de tout engagement et est
indépendante.
- Si elle est orpheline de père, de mère ou des deux, elle peut aller
travailler au risque de se livrer à la prostitution ou au vol.

b) Dans le christianisme

Selon le représentant des Eglises Evangéliques, l’exode rural des filles


est la conséquence de la désobéissance. La Bible enseigne aux enfants d’obéir
aux parents. Un enfant qui obéît ne décide pas de voyager seul sans informer
ses parents, même si c’est pour aller travailler. Ephésiens 6,1-3. Les parents
doivent s’occuper de leurs enfants sinon ils vont désobéir. Selon ce pasteur, la
pauvreté n’est pas la cause de l’exode car le comportement de ces filles ne
montre pas que l’exode a une cause économique : dépravation sexuelle,
instabilité d’emploi, mensonge aux employeurs…
Ces deux postulats se tiennent et peuvent servir de base à une interprétation
de la propension à immigrer des filles.

c) Dispositions légales.

Quelles alternatives de changements préconiser après tous ces


constats ?
Existe-t-il des textes juridiques en vigueur qui couvrent le travail de la petite
fille ?
Que proposer qu cas où il n’en existerait pas ou ils seraient insuffisants ?
Nous avons parcouru quelques textes pour avoir la réponse à ces questions.
Les textes juridiques à propos du travail des enfants- puisqu’il s’agit des
enfants-

Le travail des enfants.


A propos du travail des enfants, la Charte africaine des droits et du bien
être de l’enfant en son article 15 dispose que :
« L’enfant est protégé contre toute forme d’exploitation économique et de
l’exercice d’un travail qui comporte probablement des dangers ou qui risque de
perturber l’éducation de l’enfant ou de compromettre sa santé ou son
développement mental, spirituel, moral, social».
Les Etats doivent prendre des mesures pour assurer l’application de cet article
qui vise le secteur officiel, aussi bien que le secteur parallèle de l’emploi dit
informel, compte tenu des dispositions permanentes des instruments de l’O I T
touchant les enfants.
Un enfant, c’est tout être humain âgé de moins de 18 ans. Sauf si la majorité
est atteinte plutôt en vertu de la loi qui lui est applicable.
Au vu de cette définition, nous constatons que parmi les filles domestiques, il y
a plus d’enfants que d’adultes. Raison suffisante pour que l’Etat, garant du
bien–être de l’enfant puisse prendre des dispositions pour le protéger.
Malheureusement, ces enfants sont exposés aux violences et aux mauvais
traitements physiques et matériel.
A propos de l’emploi
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Sur le plan juridique, le décret n°055 du19 janvier 1969 relatif au travail des
enfants, fixe à 18 ans, âge révolu d’admission à des travaux jugés dangereux.
Pour les emplois qui ne comportent pas de risques, l’âge varie entre 12 et 14
ans (Cf. code travail, article 52).
Ce décret porte en lui les germes d’une application abusive des dispositions.
Les emplois domestiques auxquels les filles sont astreintes, ne sont pourtant
pas moins dangereux. Lorsqu’elles sont parfois obligées d’aller les vallées
drainées profondes pour faire la lessive, elles courent des risques importants
parfois mortels.
Selon le même décret, Les parties signataires s’engagent entre autre à :
- Fixer, par une loi, l’âge minimal requis pour être admis à exercer tel ou tel
emploi.
- Adopter des règlements appropriés concernant les heures de travail et les
conditions d’emploi.
- Favoriser la diffusion d’information sur les risques que comporte l’emploi
d’une main d’œuvre infantile à tous les secteurs de la communauté.
Ces dispositions de la loi si elles sont prises et appliquées éviteraient les
conséquences fâcheuses à ces enfants. Or, Au Tchad, aucune disposition n’a
été prise pour assurer l ‘application de ces lois.
Le forum des associations et des O N G sur le mouvement mondial en faveur
des enfants, dans son bilan de la décennie de l’application de la C D E au Tchad
indique que parmi les textes non appliqués figure le code du travail des enfants
et la prévoyance sociale..
Du point de vue culturel.
L’article 12 de la charte indique que :
Les états reconnaissent le droit de l’enfant au repos et aux loisirs. Le
droit de se livrer à des jeux et des activités récréatives convenant à
son âge, et de participer librement à la vie culturelle et artistique.
La première partie de cet article trouve son application sur le terrain à
N’djamena où les filles dansent la nuit au clair de lune comme au villkage.
Seulement, le contexte n’est pas celui du village et il s’en suit des
conséquences nuisibles parfois.
Mais, la petite fille de 10 ans qui vient travailler s’assume. Elle se sent déjà
responsable. Elle est déjà comme sa mère. Son développement psychologique
est biaisé.
Au niveau du Ministère de l’Action Sociale et de la famille.
Il n’existe pas de textes relatifs à ce sujet selon la Directrice de la Promotion
Féminine.
C’est seulement maintenant qu’une enquête est en cours pour faire l’état des
lieux sur la situation du travail des enfants domestiques et des enfants placés.
A la direction de l’enfance, un travail a été fait sur l’application des textes
relatifs au travail des enfants en se basant sur la charte africaine des droits et
du bien être des enfants. Mais, il n’a pas été fait que des recommandations
visant à faire appliquer les textes signés qui jusque–là souffrent.

6. DE LA RESPONSABILITÉ

6.1. Des parents

Les parents sont responsables en grande partie de cette situation de


servitude où se trouvent les filles. Peu conscients des risques courent ces filles,

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ils les laissent venir travailler dans la capitale, chez des parents ou seules. Ils
se disent contraints par la pauvreté. Mais, au vu des risques exposés, certains
parents ont décidé de lancer des appels au retour à leurs enfants et en
recommandent le suivi.
Selon le droit, la bible et le coran voire la coutume, ils ont l’obligation de
prendre en charge les enfants jusqu’à la majorité. Or, l’autorité parentale s’est
relâchée. Les anciennes moeurs ont fait place aux nouvelles qui obéissent aux
normes extrafamiliales.
Les parents que nous avons rencontrés, ont préconisé certaines mesures pour
lesquelles ils ont sollicité l’aide de la CELIAF et des autorités pour les appliquer.
Il s’agit de lutter contre l’exode rural massif des filles en :
- demandant aux femmes de faire une assemblée générale dans la période
d’un mois précédant la période de mangues. L’objectif de cette assemblée est
de s’entendre sur la conduite à tenir face à la pression des filles candidates à
l’exode.
- mettant des jeunes comme gardiens des filles sur les places des marchés et
dans les carrefours où les gros camions stationnent pendant la période des
mangues ;
- Impliquant les chefs des villages routiers dans cette lutte où ils utiliseront
l’amende forfaitaire à totu parent dont la fille sera prise en flagrant délit de
voyager seule en direction de N’djamena.
- demandant à la CELIAF de leur renvoyer toutes les filles qu’elles auront
trouvées à N’djamena sur le terrain du travail domestique.

6.2. Des autorités locales

Les autorités de Doba rural ont affirmé unanimement que l ‘exode rural des
filles nuit et terni l’image de la région. Pour ce faire, elles entendent lutter
contre ce phénomène en :
- exigeant que les mineures voyageant seules se munissent d’une
autorisation des parents dûment signés et mentionnant les repères de ces
derniers
- arrêtant toute fille mineure qui voyage seule et en imposant une amende à
ses parents
- reconduisant systématiquement toute mineure de 10 – 12 ans voyageant
seule.
7. RECOMMANDATIONS

Après analyse des causes, des conséquences de l’exode rural des filles ; vu
qu’il existe un vide juridique quant à l’application des textes relatifs au travail
des enfants et des filles ; vu que les filles elles-mêmes ne sont pas organisées
pour défendre leur intérêt, nous allons formuler quelques propositions et
recommandations à l’antenne CELIAF de N’djamena, commanditaire de cette
étude qui s’en servira.

A l’antenne CELIAF/N’djamena :
A court terme :
1. Formuler le problème et initier un projet de plaidoyer auprès du
gouvernement et des partenaires pour l’exécution d’un plan d’action visant à
améliorer et/ou à réglementer le travail des filles domestiques au Tchad.

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3. Recommander l’application des textes relatifs au travail des enfants pour
l’adapter aux filles.

6. Recommander la réactualisation de l’article relatif au déplacement des


mineurs seuls.

7. Identifier une structure médicale ou un médecin agréé pour un conseil


assistance aux filles en situation particulièrement difficile.

a) une étude socio-économique pour proposer des structures


operationnelles pouvant permettre de développer dans les localités de
forte migration avec les filles des activités génératrices de revenus.
b) d ‘aider les organisations féminines de la zone pétrolière à connaître
leurs droits par rapport aux retombées du pétrole pour accéder à
l’utilisation du quota réservé à la zone.
c) de créer une base de données sur les migrations féminines à partir des
zones de départ
d) de créer les conditions pour une lutte contre les pires formes de travail
des enfants dont les filles domestiques.
e) de faire le plaidoyer auprès de l’Etat et des partenaires de la CELIAF
pour les amener à comprendre la dimension sociologique et culturelle du
phénomène.
g) d’amener l’Etat à prendre des mesures pour assurer la sécurité Du Travail
domestique des filles.
f) d’assurer l’encadrement des ces filles par le biais des antennes CELIAF
sur le plan national

*Notes : L ‘application de ces recommandations interpellera les autorités, les


parents, les structures Etatiques et les ONG et associations des zones de
départ et d’arrivée des filles.

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8. ACTIONS À MENER

L’antenne CELIAF de N’djamena pourra:

 Identifier les associations féminines de développement des régions où se


situent les zones concernées par l’exode rural des filles en vue
d’organiser des journées de sensibilisation

 Identifier les groupes de femmes de charité des églises protestantes et


catholiques qui répondent au critère de représentativité

 Réaliser un documentaire sur les conditions de vie des filles domestiques


à n’djamena

 Réaliser des émissions radio sur le thème en impliquant les différents


acteurs qui ont intervenu au cours de l’étude.

 Sensibiliser la police sur la politique des employeurs qui consiste à


accuser les filles dans le but de leur priver de leur rénumeration

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9. CONCLUSION

Quelles solutions pour l’exode des filles ?


Faut-il lutte dans le sens de l’éradication du phénomène ou de
l’amélioration des conditions de vie et de travail des filles ?
L’exode rural des filles est une forme de migration situationnelle dont le
début remonte aux dix dernières années au Tchad. C’est un phénomène
inhumain, humiliant et dégradant pour la petite fille. Un tel phénomène qui
tend à se séculariser interpelle tous les acteurs de la vie civile car il touche à la
dignité de la personne humaine et à l’avenir de la petite fille.
L’examen du processus de cette migration montre que la sécurité économique
de la petite fille menacée l’expose à la violence dont les pires formes sont
l’abus des droits et son exploitation.
Nous pouvons dire que les causes de l’exode énoncées par tous ceux qui
ont participé aux sondages relèvent des situations relatives à l’environnement
dans le quel évoluent les filles ainsi qu’à leur désir personnel de s’émanciper.
Mais le désir de l’émancipation est une porte ouverte aux phénomènes
controversés dont elles sont victimes et qui pourront marquer toute leur vie.
La raison principale évoquée par la cible étant la recherche des moyens
pour se préparer au mariage. Il se pose là un problème de changement de rôle
dans la société. Selon certains parents : « Autrefois c’est nous qui fixons et
prenons la dot de nos filles. Nous étions responsables de leur mariage.
Aujourd’hui c’est elles qui choisissent leurs maris. Nous sommes dépossédés
de notre pouvoir. Alors nous assistons impuissants à leur départ. Pour les
villes »
Une veuve mère du village de Bédigri témoigne : « ma fille travaille
beaucoup, elle a acheté beaucoup de choses qu’elle a laisse pour partir à
N’Djaména. Son beau père pour oser l’empêcher de partir a reçu un bon coups
de gifles de sa part. les filles vont à N’Djaména chercher autres choses ».
Cette mère insinue que les causes de l’exode des filles ne sont pas
économiques comme nous l’avons affirmé.
D’une autorité d’administrative de Doba nous avons retenu cette
déclaration : « le constat est amer, la situation préoccupante. Que des
assassinats, des maladies, des grossesses, des morts et des graves problèmes
sociaux. Tel est le tableau qui caractérise la situation de ces filles »
La petite fille marquée par le supplice porte parfois les marques physique
et psychologique de la tyrannie des employeurs et parfois de leurs enfants.
Ressem a dit ceci : « j’ai abandonne le travail sans prendre mon salaire parce
que j’ai fuis le fils de ma patronne qui m’harcelait avec la complaisance de sa
maman. »
La responsabilité des parents est engagée dans ce processus parce que
les causses des parents expliquent le comportement des filles.

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ANNEXES

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1. TERMES DE REFERENCES

EXODE RURALE DES FILLES : CAS DE CELLES DE NDJAMENA

1/CONTEXTE

Depuis la conférence mondiale de Beijing, un accent particulier a été mis sur


les droits des filles et des femmes en tant qu’être humain ; désormais, les
droits des filles et des femmes sont aussi des droits humains.
La CEDEF, dans son article 2 paragraphe 1, stipule que « les états parties
s’engagent à respecter les droits qui sont énoncés dans la Convention, à les
garantir à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune,
indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe, de
langue, de religion, d’opinion politique ou autre de l’enfant ou de ses parents
ou représentants légaux, de leur origine nationale, ethnique ou sociale, de leur
situation.. ».
Ainsi, la petite fille a été retenue comme thème prioritaire parmi les 12
identifiés et constituant la plate-forme de la conférence mondiale de Beijing.
Une attention et des actions particulières devraient être accordées aux filles,
aux adolescentes.

Cependant, le faible capital social dont bénéficient les femmes prend sa


source dans la culture qui attribue des rôles et des tâches spécifiques aux
sexes biologiques et sociaux.
A cet effet, les filles, femmes de demain, reçoivent une éducation sociale
orientée vers les devoirs ; elles ont difficilement accès aux ressources
disponibles au niveau de leurs communautés ; ce qui a pour conséquence le
développement du complexe d’infériorité chez les filles et les femmes qui
finissent par adopter des attitudes défaitistes .

Malgré l’existence des différentes conventions et politiques, il semble que des


situations humiliantes, dégradantes sont vécues quotidiennement par des
filles, des adolescentes en considération de leur sexe biologique dit « sexe
faible » et comme objet d’exploitation et de plaisir charnel.
Harcèlement sexuel en milieu scolaire, inceste, mariage précoce et forcé ,
surcharge de travaux domestiques sont quelques maux qui minent
l’épanouissement des filles et produisent au bout du compte des femmes
épuisées, ayant peu de perspectives pour leur propres vies.

Celle qui retiendra l’attention de la CELIAF Ndjaména sera la situation des filles
et adolescentes venues de l’intérieur du pays et qui évoluent au niveau de la
capitale Ndjaména dans des conditions très peu transparentes qui accroissent
leur vulnérabilité.

2/ PROBLEMATIQUE ET JUSTIFICATION DE L’ETUDE

Depuis quelques années, on assiste à un phénomène inquiétant : le nombre


croissant des filles et adolescentes dans la capitale, communément appelées
(comme leurs confrères) « les fonctionnaires de la rue de 40 ». Elles sont
souvent reconnaissables à leurs tenues vestimentaires, on les appelle « TDV ».
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L’attraction de la ville, l’insécurité alimentaire ou encore un mariage forcé et
raté conduisent ces jeunes personnes dans les méandres d’une vie plus que
tumultueuse, lubrique.
N’ayant pas de tuteur sur qui compter, elles se réduisent à loger en groupe
de 4 ou 6 dans une chambre en location ; pour assurer leur subsistance, elles
iront offrir leur services aux ménages, généralement dans les quartiers nord de
la capitale.
Quelques temps après leur embauche, on observera qu’elles sont en état de
grossesse ou manifesteront des signes de maladies ( MST et SIDA) ; en effet
les conditions anormales de travail , les besoins d’argent , la faim ..les
exposent à la merci des employeurs et employeuses qui les exploitent
sexuellement , physiquement et psychologiquement car souvent ces filles ne
reçoivent que partiellement leur dû ; bien souvent, elles sont conduites à la
police, sous prétexte qu’elles ont subtilisé un bien quelconque, alors
lorsqu’elles ont simplement osé revendiquer leurs droits.

Pourquoi ces êtres aimés de leurs parents se retrouvent ils à vivre dans la
promiscuité, l’exiguïté, l’humiliation ?
Quelles sont les origines( provenance ) et les raisons de leur exode
Comment s’effectue l’exode et l’intégration au niveau de la capitale, du
groupe ?

Ce sont ces questions essentielles que la CELIAF NDJAMENA se posent en


observant « les fonctionnaires de la rue de 40 ».

En Tant qu’outil d’amélioration du statut et des conditions de vie des filles et


des femmes, la CELIAF ne pourrait demeurer insensible à ce phénomène qui
ôte toute dignité humaine.

3/ OBJECTIFS ET RESULTATS ATTENDUS

Globalement, à travers cette étude, la CELIAF NDAMENA voudrait appréhender


le phénomène et rechercher les possibilités de restaurer la dignité de ces
créatures rendues vulnérable par la conjugaison de facteurs culturels,
économiques, environnementaux ;

Spécifiquement, il s’agira de :
 Apprécier l’ampleur du phénomène
 Elucider les raisons de l’exode des filles et vérifier les conséquences de cet
exode sur leur propre vie et celles de leurs familles
 Rechercher des solutions alternatives

Ces objectifs se réaliseront à travers l’analyse qui se fera au niveau de :

a/ Catégories de filles ( mariées, célibataires, orphelines, niveau de scolarité


etc..) et des zones de leur provenance

b/ Raisons et Processus de prise de décision et organisation de l’exode vers


la ville
( pourquoi quitte t -on le village, avec qui, comment , où - choix de la
destination- quand décide t-on, avec quels moyens réussi t-on à voyager )

Version semi finale 48


c/ Organisation et gestion de l’intégration dans le groupe d’accueil (comment
se fait le contact, l’acceptation de l’hébergement, l’acquisition des premiers
vêtements et literie, l’identification d’un job)

d/ Stratégies de survie :
*activités menées (choix du type d’activité et du lieu d’exercice- quartier ),
*conditions de réalisation (négociation de la prime, horaire, autres avantages...
affectation des revenus obtenus )
*contraintes (langue de travail, relations avec l’employeur, distances,
harcèlement , gestion des cas de grossesse , de l’enfant, des maladies ..)
* Satisfactions et aspirations (changements positifs obtenus en comparaison
avec la vie antérieure du village, degré de satisfaction de la vie actuellement
menée et vision pour le futur en terme d’être, de savoir et d’avoir et les
moyens d’y arriver)

e/ Effets de l’exode /la séparation sur la personne, sur sa famille, sur sa


communauté villageoise (sentiments ressentis , possibilité de contributions
matérielles et financières en direction du village, type de relation entretenues
avec le village etc..)

f/ Alternatives de changements : Dispositions légales et politiques existantes


ou à formuler
en terme d’actions pratiques et stratégiques (assistances, plaidoyer etc..)

A la fin de l’étude, à court et long terme , la CELIAF souhaiterait :

 avoir une meilleure compréhension du phénomène


 cibler des actions pratiques et politiques pour changer les concernées
(perceptions, attitudes) , les législations et politiques locales et nationales

4/ METHODOLOGIE
La personne responsable de la réalisation de ce travail adoptera une méthode
adaptée à une recherche qualitative car il est question de ressortir ce que les
filles ,dans cette situation, vivent personnellement dans leur chair et leur
conscience.
 consultation de documents ( nationaux et régionaux ) existant
éventuellement au CEFOD ou à la CELIAF
 entrevues auprès de concernées (suppose un repérage de leurs lieux de vie)
 entretien auprès du ministère de l’action sociale
 entretien auprès des chefs de quartiers et carrés
 entretiens auprès d’éventuels parents des concernées
 entretien auprès des employeurs

LOCALITES CONCERNEES : Ndjaména et quelques zones d’origine identifiées


( Tandjilé et Logone Oriental )

5/ CALENDRIER
Temps de travail : 45 jours
Démarrage souhaité : 2 Novembre 04
Restitution :
Adoption rapport final : Décembre 04 ou début Janvier 05
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6/ PROFIL DES RESSOURCES HUMAINES
 Sociologue ou diplômé/e en action sociale ayant une certaine connaissance
des questions de Genre et de l’expérience dans la réalisation de ce type
d’étude.

II- CONDITIONS MATERIELLES DE TRAVAIL

 Honoraire
 Déplacement
 Communication
 Reproduction
 Convivialité

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2. GUIDE D’ENTRETIEN AVEC LES FILLES MIGRANTES

Exode rural des filles : cas des celles de Ndjamena

IDENTIFICATION

Nombre

Departement :
Sous-préfcture :
Canton :
Village :
Quartier :
(Ndjamena)
Lieu de travail :
Situation
matrimoniale
Mariée :
Nombre d’enfants :
Celibataire :
Fiancée :
Orpheline de :
.père
.mère
père et mère

Os1 : Ampleur du phénomène


Date d’arrivée ou durée :
Nombre de filles( par site ou chambre)
Nombre des filles selon l’origine :

II : Causes et organisation de l’exode des filles


a)les causes :
a1) Pourquoi avez-vous quitté le village ?
a2)Pourquoi Ndjamena ?
b) organisation
b1 Qui vous a autorisée à voyager ?
b2 Comment avez-vous voyager ?
b3 Qui vous a payé le transport ?

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b4 Avec qui vous avez voyagé ?
b5 A quel moment le voyage a-t-il été décidé ?
b6 Y a-t-il d’autres qui vont ailleurs ?

c- Gestion de l’intégration
c1 Qui vous a accueillie à votre arrivée ?
c2 Combien de temps avez-vous passé chez cette personne ?
c3 Vous a-t-il donné des conditions pour habiter chez elle ?
c4 Quand avez-vous commencé à chercher du travail ?
c5 Qui vous a orienté dans cette recherche ?
c6 Comment etait le premier travail ?
c7 Ave vous changé ?
c8 Pourquoi ?
c9 Combien de fois ?
c10 Avez-vous des parents sur qui compter en cas de problème ?

d- Stratégies de survie
d1 Quelles sont vos tâches ?
d2 Quand et comment vous paye t on ?

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3-GUIDE D’ENTRETIEN A L’INTENTION DES CIBLES DANS LES
VILLAGES

Connaissez-vous des familles d’ou sont parties les filles pour n’djamena ?

Depuis combien de temps ?

Ce phénomène est- il nouveau ? si oui ; pouRquoi ?

Que pensez – vous de cet exode ?

Savez –vous dans quelles conditions vivent ces filles là-bas à n’ djaména ?
Chez qui ?

Cela vous profite t- il ?

Quel est l’avenir de ces filles ?

Quelle est la responsabilité des parents dans cet exode?

Avez – vous une idée du nombre des filles parties de votre village ?

Que faites – vous pour arrêter ce flux ?

Qui doit vous aider à arrêter ce phénomène ?

Comment ?

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4. GUIDE D’ENTRETIEN A L’INTENTION DES AUTORITES
ADMINISTRATIVES, POLITIQUES ET MILITAIRES DE DOBA

La situation qui caractérise le marché de l’emploi domestique et féminin


à n’djaména interpelle plus d’une personne aujourd’hui.
La CELIAF, creuset des associations féminines a jugé opportun de s’engager sur
le terrain de la recherche qui est encore vierge au sujet du travail des filles
appelées communément ( Bonnes).
Les entretiens exploratoires pendant la pré- enquête ont révélé que ces
filles proviennent essentiellement des zones sud du pays , précisément dans la
région du Logone , de l’ex Tandjilé , du moyen –chari.
C’est pourquoi, une descente sur le terrain est nécessaire pour :
-vérifier les informations qui ont été données par les concernées les témoins de
cette situation et ceux qui les emploient.
-apprécier le situation par rapport aux paramètres qui se trouveraient être
spécifiques aux localités ciblées.

1-Selon vous, qu’est ce qui est à l’origine de ce départ massif, saisonnier


parfois constant des filles vers la capitale ?

2-Avez – vous une idée du nombre de ces filles qui partent de votre région ?

3-En tant que autorité et représentant de l’ Etat, pouvez – vous nous dire , dans
le cadre de votre mission , si ce dernier est conscient de cette situation qui à la
longue deviendra un problème dont la gestion nécessitera beaucoup de
moyen ?

4-Si on devait situer les responsabilités, qui citerez-vous ?

5-Après avoir ébauché les causes, quelles solutions pourrez-vous préconiser


pour juguler ce phénomène ?

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5. GUIDE D’ENTRETIEN A L’INTENTION DES EMPLOYEURS.

1-Depuis combien de temps employez – vous les filles domestiques ?

-D’où viennent – elles ?

2-Avez – vous des préférences pour elles ? Si oui , dites pourquoi ?

3-Comment se passe la négociation du contrat que vous établissez avec elles ?

4-D’habitude, combien vous les payez ? Pourquoi ?

5-Quelles sont les tâches qu’elles accomplissent ?

6-Y a t – il des critères d’affectation des tâches ?

7-Avez –vous une idée de ce qui amene ces filles à travailler dans la capitale ?

8 -Pensez-vous qu’elles pourraient faire autre chose que travailler dans les
ménages?
Pourquoi ? Comment ?

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6. GUIDES D’ENTRETIEN A L’INTENTION DES CHEFS DE
QUARTIERS ET CARRES.

Il y a un phénomène qu’on observe dans la ville :


Les filles dites domestiques qui viennent chaque matin travailler dans vos
quartiers :

1-Que pensez –vous de cela ?

2-Comment appréciez vous cette situation ?

3-Qu’est ce que vous observez dans la situation de ces filles ?

4-Savez- vous pourquoi elles quittent leur village pour venir à n’djaména ?

5-Qui porte la responsabilité de ce phénomène ?

7-Avez –vous une idée du nombre de sites occupés par ces fille dans vos
quartiers et carrés ?

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7. GUIDE D’ENTRETIEN A L’INTENTION DE LA DIRECTRICE DE
LA PROMOTION FEMININE.

Par rapport au phénomène de l’exode rural, version fille qui s’observe ce


dernier temps d’une manière accrûe à n’djamena :

1-Existe t-il des textes relatifs à cette situation au niveau du Ministère?

2. Dans le plan d’action du Ministère ou dans les différents départements et


subdivisions, y a t-il une place pour parler de cette catégorie, de personnes ?

3-Que dites – vous des causes et conséquences de ce phénomène ?

4. Pensez – vous qu’il faille arrêter l’évolution de ce phénomène ?

5. Quelles mesures préconisez-vous donc- ?

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BIBLIOGRAPHIE

1- Cahier de l’UCAC n°4, 1999 : Citadins et ruraux en Afrique

2- Noudjalbaye Kono : La délinquance, ce fléau social


SENAFET1989 Pages25-29

3- Gubry Patrick : Retention de la population et


developpement
en milieu rural Cameroun 1991

4- Maoundonodji Gilbert : Am-thaban : la fin de l’exode

5- Abdallah Oumar : Les lavandières de Ndjamena :


qui sont elles ? d’où viennent elles ? Le progrès nº114,
1995 p.11-14

6-Dionadji Topinaty Brigitte : Un Tchad surpeuplé, Tchad


et culture nº128, 194 p.2-4

7- Anon : Citadins et ruraux en Afrique subsharienne, nº4,


1999

8-Agripromo nº22 : Une vie nouvelle au village

9-BIT : Un travail décent pour les femmes

10-Lenoir Daniel : Géographie de la population 2001

11-Maya Larguet : Plaidoyer pour les les filles domestiques


au Burkina-Faso [Link] janvier 2003

12- Jean Cabot et C. Bouquet : Le Tchad . Que sais-je ? PUF,


1973

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