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Step

Ce document présente une étude approfondie des Stations de Transfert d'Énergie par Pompage-turbinage (STEP), qui jouent un rôle crucial dans le stockage d'énergie hydraulique. Il aborde leur fonctionnement, leur dimensionnement, ainsi que les aspects économiques, sociaux et environnementaux liés à leur exploitation. L'analyse met en avant l'importance des STEP dans le contexte des énergies renouvelables et leur capacité à répondre aux besoins énergétiques actuels et futurs.

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Ce document présente une étude approfondie des Stations de Transfert d'Énergie par Pompage-turbinage (STEP), qui jouent un rôle crucial dans le stockage d'énergie hydraulique. Il aborde leur fonctionnement, leur dimensionnement, ainsi que les aspects économiques, sociaux et environnementaux liés à leur exploitation. L'analyse met en avant l'importance des STEP dans le contexte des énergies renouvelables et leur capacité à répondre aux besoins énergétiques actuels et futurs.

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Station de Transfert d'Energie par

Pompage-turbinage (STEP)

Réalisé par :
Amira ABDELOUAHED

Master 2 Génie des Systèmes Automatisés

2024-2025
Table des matières

1 INTRODUCTION GENERALE .................................................................................................. 5


2 ÉNERGIES HYDRAULIQUES ................................................................................................... 6
2.1 Les centrales hydroélectriques en générale .................................................................................... 6

2.2 Petite histoire de l’énergie hydraulique et des STEP .............................................................................7


3 STATION DE TRANSFERT D’ENERGIE PAR POMPAGE-TURBINAGE ......................... 9
3.1 Le stockage d’énergie en grande pompe ...............................................................................................9

3.2 Les STEP dans le monde ................................................................................................................ 9

3.3 Les STEP en France ...................................................................................................................... 10


3.4 Plusieurs types de STEP ............................................................................................................... 12

3.5 L’acceptabilité sociale et environnementale .......................................................................................12

3.6 Les aspects économiques ............................................................................................................ 12

4 PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA STEP .............................................................. 13


4.1 Principe ....................................................................................................................................... 13

4.2 Stockage d’énergie ...............................................................................................................................13


4.3 Caractérisation des STEP.............................................................................................................. 14
5 DIMENSIONNEMENT ............................................................................................................. 15

5.1 Les différents groupes de Pompage-Turbinage ............................................................................. 15


5.1.1 Les groupes ternaires..................................................................................................................... 15
5.1.2 Les groupes réversibles.................................................................................................................. 16
5.1.3 Les groupes isogyres ...................................................................................................................... 16
5.2 Choix de la turbine ...................................................................................................................... 16

5.3 Choix de la pompe....................................................................................................................... 18


5.4 Générateur électrique ................................................................................................................. 19

6 MODELISATION DU GROUPE POMPE-TURBINE - CONVERSION HYDRAULIQUE-


MECANIQUE ............................................................................................................................. 20

6.1 Fonction production d’électricité : Mode Turbinage ..........................................................................20

6.2 Fonction Stockage : Mode Pompage ............................................................................................ 21

7 CONCLUSION ............................................................................................................................ 23
8 BIBLIOGRAPHIE...................................................................................................................... 24
Liste des figures

Figure 1 : Principe de fonctionnement d'une centrale hydroélectrique- Source : ADEME ........ 6


Figure 2 : Production électrique schématisée d'une journée d'hiver en France ....................... 7
Figure 3 : Vue du barrage supérieur et de la retenue inférieure de Grand Maison ..................11
Figure 4 : schéma d'une centrale STEP .....................................................................................13
Figure 5 : Variation du rendement en fonction du débit réduit - Comparatif du rendement
pour plusieurs types de turbines. .............................................................................................17
Figure 6 : Zones d’application des différentes turbines (Stoyanov, 2011 ; Wasserkraft, 2006)18
Figure 7 : Schéma d'application des pompes ...........................................................................18
Figure 8 : Schéma de la chaîne de conversion en mode turbinage...........................................20
Figure 9 : Schéma de la chaîne de conversion en mode Pompage ...........................................21
Liste des tableaux

Tableau 1 : Principaux pays équipés en STEP dans le monde ..................................................... 9


Tableau 2 : Principaux pays équipés en STEP en Europe .......................................................... 10
Tableau 3 : Caractéristiques des STEP en France ...................................................................... 11
Tableau 4 : Types des turbines hydrauliques ............................................................................ 17
Tableau 5 : Avantages et inconvénients des moteurs asynchrone et à courant continu .......... 19
1 Introduction générale

L’énergie hydraulique, l’une des premières sources d’énergie exploitées par l’humanité, reste
aujourd’hui une technologie essentielle pour répondre aux besoins énergétiques. Parmi ses
applications, les Stations de Transfert d’Énergie par Pompage (STEP) jouent un rôle stratégique,
notamment pour le stockage de grandes quantités d’énergie sous forme d’énergie potentielle.
Ces systèmes, constitués de deux bassins situés à des altitudes différentes, permettent de
pomper de l’eau vers le bassin supérieur en période de faible demande énergétique, puis de
la turbiner vers le bassin inférieur en cas de forte demande.
Ce projet vise à explorer en détail les STEP, en commençant par une présentation des
différentes catégories de centrales hydroélectriques et un aperçu historique du
développement des STEP. L’étude aborde ensuite les principes fondamentaux de
fonctionnement de ces installations, en décrivant les cycles de pompage et de turbinage,
ainsi que les technologies employées.
Une attention particulière est accordée au dimensionnement des équipements clés, tels que
les pompes, turbines et générateurs. Le rapport examine également les différents types de
STEP, qu’elles soient terrestres, marines, pures ou mixtes, tout en analysant leurs
performances techniques et leurs conditions d’implantation.
En parallèle, les impacts économiques, sociaux et environnementaux des STEP sont étudiés.
Ces installations, bien qu’efficaces pour stocker de grandes quantités d’énergie, soulèvent des
défis en matière de coûts, de biodiversité et d’aménagement du territoire.
L’objectif de ce projet est de fournir une analyse globale des STEP, en mettant en avant leur
fonctionnement, leur conception, et les contraintes liées à leur exploitation. À travers cette
étude, il est démontré que les STEP occupent une place centrale dans les systèmes
hydroélectriques, tant par leur fiabilité que par leur capacité à répondre aux besoins
énergétiques actuels et futurs.

5
2 Énergies hydrauliques
2.1 Les centrales hydroélectriques en générale
Par définition, une centrale hydroélectrique exploite l'énergie potentielle des flux d'eau
pouvant provenir d'un fleuve, d'une rivière, d'une chute d'eau, d'un courant marin, etc.
L'énergie du fluide est transformée en énergie mécanique à l'aide d'une turbine. En n, cette
énergie est transformée en électricité grâce à un alternateur. La figure 1 expose le principe
de fonctionnement d'une centrale hydroélectrique.

Figure 1 : Principe de fonctionnement d'une centrale hydroélectrique- Source : ADEME

On distingue quatre grandes catégories de centrale hydroélectrique :


-les centrales au l de l'eau.
-les centrales fonctionnant en éclusées.
-les centrales de lac.
-les Stations de Transfert d'Energie par Pompage (STEP).
Les centrales au l de l'eau utilisent les débits des rivières ou des fleuves. Elles sont
caractérisées par de faibles hauteurs de chute mais des débits généralement importants. On
en retrouve principalement sur les grands fleuves tel que le Rhin ou le Rhône.
Les centrales fonctionnant en éclusées possèdent un réservoir de stockage dont le volume
correspond à une période d'accumulation assez courte, en générale, moins de 400 heures. Le
réservoir est rempli aux heures les moins chargées en consommation électrique et le
turbinage est activé aux heures de pointes.
Les centrales de lac sont placées sous une retenue d'eau créée généralement artificiellement
à l'aide d'un barrage. Leur grand réservoir permet un stockage saisonnier de l'eau. Ces
centrales sont généralement utilisées pour répondre aux pics de consommation électrique.
Enfin, les STEP sont reliées à deux bassins : un bassin en altitude et un bassin inférieur. Entre
les deux, est placé un système permettant à la fois le pompage et le turbinage. Le pompage

6
de l'eau dans le réservoir supérieur permet de stocker de l'énergie pendant les heures
creuses et, à l'inverse, le turbinage permet de répondre aux pics de consommation. Ces
centrales ne sont pas réellement considérées comme moyen de production à base d'énergie
renouvelable car elles consomment de l'électricité pour remonter l'eau qui sera turbinée par
la suite. Elles sont plus vues comme un moyen de stockage d'énergie.
Les centrales hydroélectriques ont le grand avantage, par rapport aux autres énergies
renouvelables, de permettre l'ajustement en temps réel de l'équilibre o redemande en
électricité.

Figure 2 : Production électrique schématisée d'une journée d'hiver en France

La figure 2 expose un exemple d'évolution de la production électrique au cours d'une


journée d'hiver. On remarque bien que l'ensemble des centrales au l de l'eau permettent de
fournir une énergie à peu près constante au cours du temps. Les autres types de centrale
permettent, elles, de fournir de l'électricité uniquement lorsque l'approvisionnement à base
d'énergie nucléaire et thermique ne suit plus. Enfin, lorsque la consommation est faible, les
STEP sont utilisées en tant que système de pompage a n de stocker de l'énergie qui sera
restituée en temps voulu.
Les centrales hydroélectriques ont le gros avantage d'être généralement financièrement
viables. En effet, malgré les investissements souvent colossaux nécessaires à l'installation de
ce type de centrale, leur durée de vie est très importante (supérieure à 100 ans). Enfin, les
barrages sont le seul moyen de stocker d'énorme quantité d'énergie que l'on peut
consommer en temps utile.

2.2 Petite histoire de l’énergie hydraulique et des STEP


Les premières machines transformant l’énergie hydraulique en énergie mécanique étaient les
roues à eau qui furent utilisées jusqu’au siècle dernier. Il fallut attendre le XIXème siècle pour
voir apparaître en 1827 la première turbine hydraulique, réalisée par Benoît Fourneyron, et

7
installée à Pont-sur-Orgeon en Haute-Saône. Cette turbine développait une puissance de 6
chevaux et avait un rendement de 80 %. Les années suivantes virent apparaître de nombreux
autres types de turbines qui prirent le nom de leur inventeur : Francis, Pelton, et Kaplan.
(Perrin, 2013).
La technique de pompage-turbinage est une technologie éprouvée connue depuis la fin du
XIXème siècle. Les turbines hydrauliques sont avant tout utilisées dans les centrales électriques
pour la production d’énergie électrique. On utilise à cet effet l’énergie potentielle
gravitationnelle de l’eau contenue dans les retenues de fleuves ou dans les barrages, appelée
également énergie de pression ou énergie potentielle.
Utilisant cette technique, les Stations de Transfert d'Energie par Pompage (STEP) permettent
d'éviter le gaspillage d'énergie pendant les heures creuses (nuit, week-end) et de pallier
l'intermittence de la production électrique du secteur éolien et solaire. Parmi les solutions
pour le stockage de très grandes capacités (de l’ordre du GWh), les systèmes par pompage56
turbinage hydraulique tiennent une des meilleures places grâce à leur simplicité technique,
leur sûreté, leur propreté et à leurs avantages économiques. Le principe est d’accumuler de
l’énergie sous forme d’énergie potentielle hydraulique entre un bassin en hauteur et un
réservoir d’eau inférieur. L’eau du réservoir inférieur peut être ainsi pompée vers le bassin
supérieur en période d’excès d’énergie et être ensuite turbinée vers le réservoir inférieur en
période de demande d’énergie (Gabathuler et al, 2015). Pour contrôler encore plus finement
les mouvements d’énergie et utiliser pleinement la capacité des lacs d’accumulation, il peut
être intéressant de disposer d’une capacité de pompage permettant de stocker l’énergie
électrique excédentaire sous forme d’énergie potentielle dans ces lacs.
Les premières STEP ont pris naissance au début du XXème siècle dans le contexte de systèmes
électriques locaux, non interconnectés, souvent constitués d’une ville-centrale
hydroélectrique. Il s’agissait de répondre aux pics de demande électrique des villes, en
pompant la nuit pour restituer de l’énergie sur le réseau en heures de pointe. La première STEP
pourrait avoir été celle de Ruppoldingen en Suisse, sur l’Aar, en 1902. La première STEP en
Allemagne serait celle de Niederwartha, mise en service en 1929. La STEP des Lacs Blanc et
Noir, dans les Vosges, a été construite en 1933-34, en liaison avec l’usine hydroélectrique de
Kembs sur le Rhin, pour les besoins de la ville de Mulhouse ; sa mise en service a été retardée
jusqu’en 1938 à cause d’un accident. Une seconde vague de développement des STEP se situe
dans les années 1970-1990, en lien avec les constructions des grandes centrales de production
d’électricité, nucléaires ou centrales à charbon, qu’il est plus intéressant de faire fonctionner
le plus longtemps possible, comme toutes les installations ayant un coût d’investissement
élevé. La STEP en est alors le complément. Les STEP de Ludington (États-Unis, 1976), Dinorwig
(Royaume Uni, 1984), Guanzhou (Chine, 2000) ont été construites pour répondre à ce besoin.
Une troisième vague de développement a commencé au début du XXIe siècle, la STEP
répondant aux besoins de flexibilité des systèmes électriques, et le stockage d’énergie se
trouvant susceptible de favoriser ou même rendre possible l’intégration des énergies
renouvelables intermittentes (Tournery, 2016).

8
3 Station de transfert d’énergie par pompage-turbinage
3.1 Le stockage d’énergie en grande pompe
La mise en œuvre du stockage d’énergie par pompage est aujourd’hui plus que jamais
d’actualité dans le monde. C’est le moyen de stockage électrogène le plus économique, à
condition de disposer d’un réservoir en altitude qui puisse être mis en communication, par des
conduites et galeries, avec un autre plan d’eau situé plus bas. Les composants clés sont les
turbines et pompes, ou turbines-pompes combinant les deux fonctions, auxquelles on
demande un fonctionnement extrêmement flexible. Le stockage d’énergie par pompage est à
ce jour le moyen de stockage d’énergie le plus utilisé au monde, puisque la capacité mondiale
installée des usines de stockage par pompage était déjà en 2010 d’environ 140 000 MW. En
France, six stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) ont été implantées par EDF. Ce
parc est en cours de rénovation et d’extension.

3.2 Les STEP dans le monde


Le besoin de plus grande flexibilité dans l’exploitation des réseaux électriques par
l’introduction du stockage est lié historiquement à la rigidité d’exploitation des grandes
centrales thermiques pour lesquelles les variations de charge nécessaires pour s’adapter à la
consommation sont coûteuses et pénalisantes sur leur durée de vie. En 2015, c’est le fort
développe- ment des énergies renouvelables intermittentes qui induit ce besoin de flexibilité
(tableau1) Au niveau mondial, 99% du stockage stationnaire de l’énergie électrique est
assuré par les STEP.
La capacité mondiale atteignait 140 GW à fin 2011 pour 400 STEP en fonctionnement dont
46 MW pour l’ensemble européen, 45 en Asie, 21 aux États Unis (tableau 1).

Nbre de STEP de Nbre de STEP en


P>1000MW construction de Installations
PAYS Capacité P>1000MW remarquables
correspondante Capacité
correspondante
Huizhou 2450 MW
Guangzhou 2400
CHINE 13 - 17900 MW 6 - 8200 MW MW
Tianhuangping 1800
MW
Bath Country 3000
ETATS UNIS 10 - 14300 MW - MW
Ludington 1870 MW
Kannagawa 2820
JAPON 7 - 9300 MW 2 - 4400 MW MW
Okutataragi 1930
MW
Tableau 1 : Principaux pays équipés en STEP dans le monde

9
EUROPE Capacité installée Capacité en Installations
construction remarquables
Goldisthal 1060 MW
Allemagne 2580 MW 1300MW Markensbach 1050
MW
Autriche 1480 MW 570 MW Malta-Reisseck 1030
MW
Espagne 1600 MW 850 MW Cortes-LaMuela 910
MW
Portugal 2260 MW 950 MW Alqueva 520 MW
Roncovalgrande
Italie 4330 MW - 1060
MW Entracque 1320
MW Edolo 1000 MW
Lintz-Limmern 1000
Suisse 3190 MW 1900 MW MW Nant de Drance
930 MW
Grand Maison 1790
MW Montezic 910
France 4200 MW - MW
Super Bissorte 730
MW
Tableau 2 : Principaux pays équipés en STEP en Europe

La Chine est toujours le pays le plus en pointe dans ce domaine. En 2009, elle comptait déjà
22 Stations de Transfert d’Énergie par Pompage (STEP) pour une puissance installée de 11
GW. En 2020, cet objectif a été porté à environ 50/60 GW, et depuis, le développement des
STEP en Chine s'est encore intensifié. Actuellement, en 2025, la Chine continue de renforcer
ses capacités de stockage énergétique, jouant un rôle clé dans la gestion des énergies
renouvelables intermittentes.
En Europe, les pays qui misent massivement sur la production d’énergies renouvelables
intermittentes, comme l’éolien et le solaire, font face à des besoins croissants en solutions
de stockage pour stabiliser leurs réseaux électriques. Les STEP, parmi d'autres technologies
de stockage, sont cruciales pour répondre à ces défis et accompagner la transition
énergétique.

Les études prospectives de l’AIE prévu un fort développement du potentiel hydraulique


existant, spécialement en Afrique, Asie et Amérique Latine, ce qui conduirait d’ici 2050 à un
doublement de la puissance installée soit plus de 2000 GW pour une production globale qui
pourrait atteindre 7000 TWh.

3.3 Les STEP en France


Six installations constituent le parc de STEP français représentant une puissance installée de
4,9 GW en pompage et 4,2 GW en turbinage : Grand Maison, Montezic, Super Bissorte, Re-
vin, le Chelas, la Coche (Tableau 3).
10
Montézic Revin [Link] [Link] La Coche Le Cheylas Total
(1982) (1976) (1985) (1987) (1977) (1979)
Puissance 910 MW 720MW 1790MW 730MW 330MW 460MW 4940MW
en turbine
Puissance 870 MW 720 1160 MW 630 MW 310 MW 480 MW 4170 MW
en pompe MW
Nombre
de 4 4 8 4 2 2 -
pompes
Constante 40h 5h 30h 5h 3h 6h -
de temps
Produc- STEP STEP
tible gravi- pure pure 216 GWh 250 GWh 426 GWh 670 GWh -
taire
Tableau 3 : Caractéristiques des STEP en France

Les hautes chutes de Grand Maison, Super Bissorte, la Coche sont équipées de groupes tur-
binepompe réversibles multiétages non réglables comportant 4 roues pour Grand Maison 5
pour la Coche et Super Bissorte (figure 3).

Figure 3 : Vue du barrage supérieur et de la retenue inférieure de Grand Maison

Montesic, Revin, le Cheylas sont équipés de groupes turbine-pompe Francis réversibles


monoétage non réglables.
Les centrales de Grand Maison et Super Bissorte ont la particularité d’associer une unité
équipée de turbines Pelton (4 x 150 MW pour Grand Maison, 1 x 150 MW pour Super Bis-
sorte) à une unité équipée de turbine pompe (8 x150 MW pour Grand Maison, 4 X 150 MW
pour Super Bissorte). Pour ces deux installations le démarrage en mode pompe est réalisé
en dos à dos, une Pelton pouvant démarrer deux groupes simultanément.

Il n’est pas prévu d’engager un nouveau grand projet. En 2015, l’activité porte sur l’étude et
la réalisation de sur-équipements et de renouvellements : renouvellement complet des 4
groupes turbine pompe de la centrale de Revin, nouveau groupe à vitesse variable pour la
centrale du Cheylas, adjonction d’un groupe Pelton de haute chute à la centrale de la Coche.

11
3.4 Plusieurs types de STEP
Il y a les STEP pures et les STEP mixtes. Les dernières ont un bassin supérieur qui reçoit un
apport d’eau naturel. C’est le cas de la STEP EDF de Grand ’Maison. Les stations se distinguent
également Puits groupe 1 de la STEP du Cheylas par la nature du bassin inférieur.
Les STEP terrestres, les plus nombreuses, sont constituées de deux réservoirs dont les volumes
sont de l’ordre de 10 à 100 millions de m3.
Les STEP de lac utilisent un grand lac comme bassin inférieur : la station Suisse Hongrin-Leman
utilise le lac Léman ; la grosse station américaine de Ludington utilise le lac Michigan.
Les STEP marines, sur le même modèle, utilisent la mer comme bassin inférieur. Cette
technologie, encore peu développée mais prometteuse, reste un défi.

3.5 L’acceptabilité sociale et environnementale


L’une des conditions du développement des STEP est l’acceptabilité sociale et
environnementale. Si le stockage d’énergie a globalement un impact positif sur
l’environnement (fonctionnement optimal des grosses centrales à charbon, réduction des
moyens de pointe au gaz, intégration des énergies renouvelables), leur développement par
pompage passe cependant par l’acceptation locale des projets. Par exemple, le projet de
nouvelle station allemande d’Atdorf – 1400 MW – rencontre actuellement de fortes
oppositions locales. Certains grands projets de STEP en Inde ou en Chine impliquent par
ailleurs des déplacements de populations. L’impact local sur la biodiversité et les poissons doit
aussi être pris en compte.

3.6 Les aspects économiques


L’équation économique est également une question délicate. En effet, le concurrent direct d’un
projet de nouvelle STEP est celui d’un autre moyen de production flexible, turbine à
combustion par exemple. Le coût de construction dépend beaucoup de l’ampleur des travaux
de génie civil, surtout s’il faut construire des barrages ou des digues. Le coût d’investissement
global se situe entre 0,5 et 2 millions d’euros par MW de puissance installée.
Il est souvent plus économique d’augmenter la capacité d’une installation existante que de
construire une nouvelle station. Les coûts de fonctionnement comprennent le coût de
l’énergie utilisée pour le pompage, les coûts de maintenance et d’exploitation usuels, et les
taxes, dont la taxe d’accès au réseau. Dans certains pays, le coût d’accès au réseau n’est
appliqué que sur la différence entre l’énergie consommée par pompage et l’énergie produite
par turbinage. En France, il est appliqué à chacune d’elles, ce qui désavantage cette
technologie. La vente de l’électricité turbinée ne peut rapporter un bénéfice brut que si le
rapport entre les prix de l’électricité heure creuse / heure pleine est inférieur au rendement
global de la STEP. Les produits d’exploitation proviennent de la vente de l’électricité turbinée,
mais aussi de la rémunération des différents services rendus au système électrique, qu’il est
important de valoriser de façon adéquate.

12
4 Principe de fonctionnement de la STEP
4.1 Principe
Une STEP conventionnelle est constituée de deux réservoirs d’eau situés à des altitudes
différentes. En cas d’excès de production d’électricité, l’eau du réservoir inférieur est pompée
vers le réservoir supérieur. En cas de besoin de production d’électricité, on procède à la
vidange de tout ou partie du réservoir supérieur. L’écoulement gravitaire de l’eau à travers
une turbine permet de produire l’électricité.

Figure 4 : schéma d'une centrale STEP

On distingue :
• Les STEP pures : STEP fonctionnant en mode fermé, avec un apport d’eau extérieur
négligeable ;
• Des STEP mixtes : STEP fonctionnant avec un apport d’eau extérieur supplémentaire
que peut constituer un cours d’eau par exemple.
La production d’électricité d’une STEP dépend en particulier de l’écart d’altitude entre les
deux réservoirs. C’est la raison pour laquelle les STEP requièrent une topographie particulière
(environnement montagneux) : les sites envisageables pour l’installation de nouvelles STEP
sont donc rares et les équipements à construire peuvent avoir un impact sur le paysage ce
qui a son importance pour tout nouveau projet de STEP conventionnelle.

4.2 Stockage d’énergie


Le stockage d’énergie le plus utilisé est la station de transfert d’énergie par pompage (STEP)
ou pompage turbinage. Son principe est de stocker de l’énergie sous forme mécanique au
travers d’eau accumulée dans un bassin en amont de l’installation, par pompage, depuis un
bassin situé à une altitude inférieure. Cependant, ce type de stockage doit être placé dans
une région montagneuse permettant une différence d’altitude suffisante entre les deux

13
bassins, inferieur et supérieur. De plus, son installation implique un impact environnemental
considérable provoquant le changement de l’écosystème environnant.

4.3 Caractérisation des STEP


Cinq paramètres caractérisent une installation de stockage d’énergie par pompage :

-L’énergie maximale : stockée sous forme d’énergie potentielle de gravité, est supérieure à 10
GWh pour les plus grosses installations et peut atteindre plusieurs centaines de GWh.

-La puissance installée : En mode turbinage et en mode pompage (généralement du même


ordre de grandeur), le développement des STEP s’est poursuivi de manière significative. En
2000, on comptait dans le monde une trentaine de stations de plus de 1000 MW de
puissance unitaire de production. En 2020, ce nombre avait plus que doublé, atteignant
environ 70. Aujourd’hui, en 2025, le nombre continue de croître, reflétant la demande
mondiale accrue en solutions de stockage d'énergie pour soutenir les énergies
renouvelables.
En Europe, les 170 STEP existantes recensées en 2020 avaient généralement une puissance
de quelques centaines de MW. Depuis, plusieurs projets ont vu le jour, renforçant les
capacités de stockage à travers le continent pour accompagner la transition énergétique.

-La constante de temps : est le rapport de l’énergie stockable à la puissance.


La grande majorité des STEP est dite journalière, avec une constante de temps de l’ordre de 8
heures. La STEP EDF de Grand’Maison est hebdomadaire (30 h). Certains projets norvégiens,
sur de très grands lacs, pourraient être des stations saisonnières.

- Le rendement global est, sur un cycle complet, le rapport entre l’énergie électrique produite
en turbinage et l’énergie électrique consommée en pompage ; il est d’environ 80 % pour les
installations récentes, un peu inférieur au produit du rendement de la pompe et de celui de la
turbine, à cause des pertes de charges hydrauliques dans les circuits.

-Le degré de flexibilité dépend des caractéristiques dynamiques des pompes et des turbines.
Il s’agit là d’une exigence de plus en plus grande, qui est liée à la fourniture de services
système. Les installations les plus récentes utilisent des turbines-pompes à vitesse variable
afin de pouvoir fournir des services d’ajustement rapide de puissance tant en mode pompage
qu’en mode turbinage. La STEP de Dinorwig (1700 MW), construite en 1984 pour
accompagner le développement de l’énergie nucléaire au Royaume-Uni, est maintenant
utilisée essentiellement pour fournir des services système à National Grid.

14
5 Dimensionnement

5.1 Les différents groupes de Pompage-Turbinage


Les turbines hydrauliques font partie des turbomachines. Elles convertissent l’énergie
potentielle de l’eau en énergie mécanique. Pour ce faire, l’énergie potentielle gravitationnelle
est tout d’abord convertie en énergie cinétique. L’eau en écoulement est accélérée à une
vitesse la plus élevée possible à l’intérieur d’un distributeur ou d’une buse. L’impulsion du
fluide est rendue exploitable comme force périphérique en le déviant dans une roue.
Trois types d’architecture de groupes de pompage-turbinage peuvent équiper ces nouvelles
centrales :

5.1.1 Les groupes ternaires


Les STEP de première génération étaient équipées de groupes ternaires à axe horizontal, puis
l’augmentation des puissances, donc du poids des machines, a nécessité de passer à une
disposition à axe vertical. Dans cette configuration la turbine est une Pelton obligatoirement
calée au-dessus du niveau aval maximal, sauf à utiliser un dispositif permettant de maintenir
l’écoulement libre sous la roue par contre-pression (Tournery, 2016).
Quant à la pompe, les conditions de non-cavitation nécessitent son enfoncement sous le
niveau aval minimal ce qui conduit à une ligne d’arbre de grande hauteur nécessaire à
l’empilement des trois machines, de la pivoterie, des paliers et du dispositif de couplage.
L’avantage de cette architecture est de pouvoir concevoir chacune des deux machines,
pompe et turbine, pour leur domaine propre de fonctionnement optimal.
L’alternateur-moteur tournant dans le même sens de rotation pour les deux modes de
fonctionnement, la turbine permet le démarrage en mode pompe directement sans
nécessiter une machine auxiliaire spécifique ou de procédures particulières pour diminuer le
couple au démarrage. Sans contraintes lies au démarrage, il est possible de concevoir la
pompe avec un nombre d’étages et des caractéristiques hydrauliques les mieux adaptées à
son domaine pour un fonctionnement en sécurité.
L’architecture d’un groupe ternaire est a priori plus coûteuse que celle d’un groupe
réversible, mais présente l’avantage de pouvoir concevoir chacune des deux machines
hydrauliques, la pompe et la turbine, de manière optimale pour leurs domaines de
fonctionnement respectifs et ainsi profiter des meilleurs rendements possibles dans chacun
des deux modes. La machine électrique tourne quant à elle toujours dans le même sens,
aussi bien en mode générateur qu’en mode moteur, ce qui facilite la conception de son
refroidissement. Par ailleurs, la turbine permet de démarrer directement en mode pompe
sans nécessiter un système d’entraînement électrique spécifique ni une procédure de
dénoyage/remplissage de la pompe.
Ce dernier aspect est important, car il permet de concevoir la pompe avec le nombre
d’étages nécessaires à une caractéristique hydraulique adaptée au domaine de
fonctionnement tout en minimisant les effets de coups de bélier lors des déclenchements

15
accidentels. En effet, la caractéristique hydraulique d’une pompe, c’est-à-dire la relation
débit-vitesse de rotation et la relation couple- vitesse de rotation pour une chute
déterminée, est définie par la vitesse spécifique.

5.1.2 Les groupes réversibles


Dans ce type d’architecture, la pompe et la turbine ne constituent qu’une seule machine
réversible. La pompe turbine est équipée de roues de type Francis dont le tracé résulte d’un
compromis acceptable entre les rendements optimum en pompe et en turbine. La majorité
des installations actuellement en service sont des groupes non réglables avec moteur-
alternateur synchrone. L’architecture d’un groupe de pompage turbinage réversible est
nettement plus compacte que celle d’un groupe ternaire ; elle implique une pompe pouvant
fonctionner en turbine accouplée à un moteur générateur réversible. La simplicité du concept
se heurte néanmoins au problème du démarrage du groupe en mode pompe : à la différence
du groupe ternaire, il n’y a plus de turbine disponible pour soulager le moteur électrique qui
doit donc fournir tout le couple de démarrage. Ceci implique un entraînement électrique dont
le coût et la dimension dépendent de la puissance de démarrage requise par la pompe. En
démarrant la pompe vanne fermée, la valeur de cette puissance peut être limitée à environ 50
% de la puissance maximale.

5.1.3 Les groupes isogyres


Synthèse des deux précédents, dans ce groupe, le rotor, unique, est divisé en deux parties,
chacune de celles-ci étant spécialisée, l’une pour le pompage, l’autre pour le turbinage.

5.2 Choix de la turbine


Les turbines hydrauliques
Différents types de systèmes hydrauliques existent et se distinguent par la variation du
rendement pour diverses valeurs du débit. L’efficacité (ou rendement) de la conversion
hydraulique/mécanique dépend du débit réduit et du type de turbine comme l’illustrent les
Figure 5.
La turbine d’une installation hydroélectrique ne sera efficace que si l'énergie hydroélectrique
lui parvient correctement. La puissance hydroélectrique à l'entrée de la turbine est
dépendante des pertes de charges et vitesses de déplacement dans les organes de
l'installation. Le choix de la turbine dépend du cas d’étude et prend en compte l’aspect
économique et les coûts d’exploitation.

16
Figure 5 : Variation du rendement en fonction du débit réduit - Comparatif du rendement pour plusieurs types de turbines.

Selon la combinaison du débit disponible et de la hauteur manométrique en amont de la


turbine, la turbine la plus adéquate pour le site d’installation est choisie. La sélection s’effectue
sur la base de zones d’applications préalablement connues pour chaque type de turbine. Les
turbines Pelton et Francis sont bien connues car elles sont les plus souvent utilisées. De plus,
elles couvrent une grande partie des zones d’application. Ces deux turbines hydrauliques
pourront être utilisées dans les différentes configurations que nous utiliserons dans le cadre
de ce travail. Les turbines « Crossflow » (connue aussi sous le nom de Banki-Michel) et « Turgo
» présentent des modifications par rapport aux turbines Pelton. Les turbines Kaplan, quant à
elles, sont utilisées pour de faibles hauteurs manométriques et de grands débits. Les
principales caractéristiques des turbines hydrauliques sont présentées dans le Tableau 4.

Tableau 4 : Types des turbines hydrauliques

Les hauteurs de chute citées dans le Tableau 4 sont valables pour des puissances élevées.
Pour les faibles puissances, les hauteurs de chute peuvent être beaucoup plus petites. Les
zones de fonctionnement des petites turbines sont présentées sur Figure 6 ci-dessous.

17
Figure 6 : Zones d’application des différentes turbines (Stoyanov, 2011 ; Wasserkraft, 2006)

5.3 Choix de la pompe


Le choix du type de pompe pour une station de pompage repose sur les conditions de
fonctionnement, telles que le débit requis (Q) et la hauteur manométrique totale (HMT). La
figure 7 ci-dessous illustre les différentes plages d’application des pompes en fonction de ces
paramètres. On distingue trois types principaux de pompes :

Figure 7 : Schéma d'application des pompes

18
• Les pompes à flux axial, adaptées aux grands débits (5 à 50 m³/s) et aux faibles hauteurs (5
à 20 mètres), souvent utilisées pour des stations de pompage d’eau de surface ou de
drainage.
• Les pompes à flux mixte, qui conviennent pour des débits moyens à élevés (1 à 20 m³/s) et
des hauteurs intermédiaires (10 à 100 mètres), offrant un compromis entre performance et
polyvalence.
• Les pompes à flux radial, conçues pour des hauteurs élevées (50 à 1500 mètres) et des
débits faibles à moyens (0,5 à 10 m³/s), idéales pour des systèmes nécessitant des pressions
importantes.
La figure intègre également les puissances nécessaires en fonction des paramètres
opérationnels, permettant ainsi de sélectionner une pompe en adéquation avec les besoins
énergétiques et hydrauliques du projet.

5.4 Générateur électrique


Quel qu’en soit le type, les groupes turbines-pompes sont raccordés au réseau électrique par
une machine synchrone unique qui joue le rôle de moteur pour la fonction pompe et le rôle
d’alternateur pour la fonction turbine.
La pompe nécessite une énergie mécanique en entrée. Cette énergie mécanique est fournie
dans la plupart des cas par un moteur. Les deux types de moteurs disponibles sont les
moteurs à courant continu et les moteurs asynchrones. Quelques avantages et inconvénients
de chaque type de moteur sont donnés dans le Tableau 5.

Tableau 5 : Avantages et inconvénients des moteurs asynchrone et à courant continu.

Le meilleur compromis pour actionner une pompe immergée est le moteur asynchrone. Les
sources d'énergie disponibles sur les sites d'extraction d'eau sont différentes. Ceci induit
plusieurs modes de fonctionnement du moteur asynchrone. Il fonctionne sur une source de
tension alternative en monophasé, diphasé ou en triphasé. Si la source d'énergie est
continue, un onduleur est utilisé pour transformer le signal en alternatif.

19
6 Modélisation du groupe Pompe-Turbine - Conversion
Hydraulique-mécanique

Nous allons passer en revue successivement les deux modes de fonctionnement.

6.1 Fonction production d’électricité : Mode Turbinage


La chaîne de conversion du groupe Pompe/Turbine en mode turbinage est présentée sur la
Figure 8 :

Figure 8 : Schéma de la chaîne de conversion en mode turbinage.

Notre objectif est de déterminer le débit d’eau 𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏 à utiliser par la turbine pour qu’elle
produise une puissance électrique 𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑡𝑢𝑟𝑏 a un instant donne (en fait pendant une heure,
pas de temps des données utilisées au cours de ce travail), les étapes de ce travail sont
schématisées ci-dessous :

À chaque instant, une puissance électrique 𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑡𝑢𝑟𝑏 doit être produite pour satisfaire la
charge complètement ou partiellement, à partir d’une ou de plusieurs turbines, fonctionnant
chacune à un pourcentage de leur charge maximale. Le choix du nombre de turbines et du
régime de fonctionnement sera réalisé de manière que l’ensemble du groupe turbinage
fonctionne de manière optimale, c’est-à-dire produisant la puissance appelée en utilisant le
débit minimal d’eau, c’est l’optimisation qui sera développée dans le paragraphe suivant.
Si on considère un rendement de l’alternateur ր𝑎𝑙𝑡𝑒 la puissance mécanique nécessaire pour
produire 𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑡𝑢𝑟𝑏 est :

Pelec, turb
P!"#,%&'( = րalte
Or la puissance mécanique est reliée à la puissance hydraulique par :
𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑡𝑢𝑟𝑏 = ր𝑡𝑢𝑟𝑏 𝑃ℎ𝑦𝑑,𝑡𝑢𝑟𝑏

Avec

𝑃ℎ𝑦𝑑,𝑡𝑢𝑟𝑏 = 𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔 △ 𝐻𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏

20
𝜌𝑒𝑎𝑢est la masse volumique de l’eau égale à 1000 kg.m-3, g l’accélération de la pesanteur g=
9, 81m.s et △ 𝐻 la hauteur manométrique (différence de hauteur entre les deux bassins +
pertes de charges singulières et régulières).
La hauteur manométrique △ 𝐻 totale dépend du débit d’eau car celui-ci influe sur les pertes
de charge à la fois singulières et régulières ; cependant, pour des raisons de simplification,
mais tout en gardant une précision suffisante, nous considérerons ces pertes de charges
constantes quel que soit le débit et pour une différence de hauteur donnée entre les deux
réservoirs.
Le rendement de la turbine dépend du débit d’eau qui la traverse :
ր𝑡𝑢𝑟𝑏 = 𝑓(𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏)

Ainsi l’équation devient :


𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑡𝑢𝑟𝑏 = 𝑓(𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏) 𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔 △ 𝐻𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏

De la même manière, l’alternateur a un rendement qui dépend de la puissance mécanique


de la turbine à laquelle il est couplé :
ր𝑎𝑙𝑡𝑒 = 𝑔(𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑡𝑢𝑟𝑏)

Ainsi, nous obtenons :


𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑡𝑢𝑟𝑏 = ր𝑎𝑙𝑡𝑒 𝑓(𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏)𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔 △ 𝐻𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏 = 𝑔[ 𝑓(𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏)𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔 △ 𝐻𝑄𝑡𝑢𝑟𝑏 ]

Il conviendra donc de trouver une relation liant directement la puissance électrique de la


turbine au débit d’eau qui la traverse puisque notre objectif sera de déterminer de combien
le stockage hydraulique diminuera pour une puissance appelée par le réseau donné.

6.2 Fonction Stockage : Mode Pompage


La chaine de conversion du groupe Pompe/Turbine réversible en mode pompage est
présentée sur la Figure 9.

Figure 9 : Schéma de la chaîne de conversion en mode Pompage

Notre objectif est de déterminer le débit d’eau 𝑄𝑝𝑜𝑚𝑝 à remonter par la ou les pompes
lorsqu’une puissance électrique 𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 en provenance des systèmes EnR intermittent ou
d’autres systèmes énergétiques alimentera le groupe Pompe/Turbine réversible à un instant
donné, les étapes de ce travail sont schématisées ci-dessous :

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A un instant donné, une puissance électrique 𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 est fournie à la ou aux pompes ; si
on considère un rendement du moteur ղ𝑚𝑜𝑡 la puissance mécanique produite 𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 sera
:
𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 = ր𝑚𝑜𝑡 𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝

Le rendement électrique du moteur ղ𝑚𝑜𝑡 dépend de la puissance électrique qu’il reçoit du


réseau électrique :
ղ𝑚𝑜𝑡 = 𝑔′(𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝)

Ainsi :
𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 = 𝑔′(𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝)𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝

Or la puissance mécanique est reliée à la puissance hydraulique par :


𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 = 𝑃ℎ𝑦𝑑,𝑝𝑜𝑚𝑝/ղ𝑝𝑜𝑚𝑝

Avec
𝑃ℎ𝑦𝑑,𝑝𝑜𝑚𝑝 = 𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔 △ 𝐻𝑄𝑝𝑜𝑚𝑝

Or le rendement de la pompe dépend du débit d’eau remontée :


ղ𝑝𝑜𝑚𝑝 = 𝑓′(𝑄𝑝𝑜𝑚𝑝)

L’équation devient alors :


𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 = 𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔 △ 𝐻𝑄𝑝𝑜𝑚𝑝/𝑓′(𝑄𝑝𝑜𝑚𝑝)

Nous obtenons ainsi :


𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 = 𝑔′(𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝)𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝

𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 = 𝑃𝑚𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝/𝑔′(𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝)

𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 = (𝑃ℎ𝑦𝑑,𝑝𝑜𝑚𝑝/𝑓′(𝑄𝑝𝑜𝑚𝑝))/𝑔′(𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝)

𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝 = (𝜌𝑒𝑎𝑢 𝑔 △ 𝐻𝑄𝑝𝑜𝑚𝑝/𝑓′(𝑄𝑝𝑜𝑚𝑝))/𝑔′(𝑃𝑒𝑙𝑒𝑐,𝑝𝑜𝑚𝑝)

Il conviendra donc de trouver une relation liant directement la puissance électrique de la


pompe au débit d’eau remontée et ce de manière optimale c’est-à-dire en remontant le
maximum d’eau avec le minimum de puissance électrique. On pourra ainsi déterminer à
partir de la puissance électrique envoyée à la pompe le volume d’eau dont aura varié le
réservoir.

22
7 Conclusion

En conclusion, les Stations de Transfert d’Énergie par Pompage (STEP) s’imposent comme
une solution incontournable pour le stockage d’énergie hydraulique. Leur fonctionnement,
basé sur des cycles de pompage et de turbinage, permet d’assurer une gestion efficace des
ressources énergétiques en répondant aux fluctuations de la demande. Ce rapport a mis en
lumière l’évolution historique des STEP, leurs principes techniques, ainsi que les spécificités
des équipements tels que les pompes, turbines et générateurs.

Les analyses réalisées montrent que les STEP présentent des avantages indéniables,
notamment leur fiabilité, leur flexibilité opérationnelle et leur capacité à stocker de grandes
quanti- tés d’énergie. Cependant, elles soulèvent également des défis économiques,
environnementaux et sociaux qui nécessitent une attention particulière.

Ainsi, les STEP apparaissent comme une technologie mature et éprouvée, capable de jouer
un rôle majeur dans l’optimisation des systèmes hydroélectriques existants et dans
l’amélioration de la gestion énergétique globale. Leur pertinence technique et leur
contribution aux besoins croissants en stockage énergétique confirment leur importance
stratégique pour les décennies à venir.

23
8 Bibliographie

1) [Link]/tel-01355570v1/file/Dellinger_Guilhem_2015_ED269.pdf
2) [Link]/event/9336/contributions/30193/attachments/21125/2
9674/HYDRAULIQUE%20ET%[Link]
3) Driada Mitrushi Apport d’une station de transfert d’énergie par pompage sur
le taux d’intégration des EnR
4) TOURNERY Jean-François Les stations de pompage (STEP)
5) Guilhem Dellinger Etude expérimentale et optimisation des performances
hydrauliques des vis d’Archimède utilisées dans les micros centrales
hydroélectriques
6) ACTUALISATION DE L’ÉTUDE D’IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT DU PROJET DE
STATION DE TRANSFERT D’ÉNERGIE PAR POMPAGE D’ABDELMOUMEN
7) [Link]/sites/default/files/Lot%203/CHERCHEURS/Publications/utdstepwe
[Link]
8) [Link]/wp-
content/uploads/2018/09/art080_Tournery-JeanFrancois_Stations-pompage-
[Link]

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Common questions

Alimenté par l’IA

The choice of pump type impacts both the performance and efficiency of PSH facilities significantly. Pumps are selected based on the specific hydraulic conditions they will encounter, such as flow rate and head requirements. For example, axial flow pumps are suited for low heads and high flows, while radial flow pumps are designed for high heads and low flows. Selecting the appropriate pump type ensures that the system operates within its optimal efficiency zone, reduces energy losses, and maintains reliable operation under variable conditions .

PSH plays a pivotal role in integrating renewable energy by providing a reliable storage solution that mitigates the variability and intermittency associated with renewable sources like wind and solar. By storing excess energy produced during low-demand periods and releasing it during peak demand, PSH ensures a stable electricity supply. Additionally, PSH systems can quickly adjust output in response to real-time fluctuations in renewable energy generation, enhancing grid stability and reducing reliance on fossil-fuel-based peaker plants. Thus, PSH is essential for increasing the share of renewables in the energy mix, facilitating a transition towards sustainable energy systems .

For optimal establishment, PSH systems require specific topographical conditions, including significant altitude differences between two reservoirs to maximize potential energy storage. A hilly or mountainous terrain is ideal because it naturally provides these elevation differences, minimizing the need for extensive construction. Furthermore, the chosen site must have a minimal environmental impact, with a consideration for existing ecosystems, as these projects can alter landscapes and habitats significantly. Access to water resources, although not constant, is another critical factor, especially for mixed systems that require additional water input .

Ternary systems use separate machinery for pumping and generating, allowing each machine to be optimized for its specific function, thus achieving high efficiency both in pumping and generating modes. However, they are more expensive to construct due to the additional machinery. Conversely, reversible pump-turbine groups integrate pumping and generating in a single machine, which is more compact and cheaper but may compromise efficiency since the design is a compromise between the two functions. Reversible groups also face challenges with starting in pump mode, requiring more complex and costly electrical systems to manage start-up power needs .

PSH systems operate by transferring water between two reservoirs at different altitudes, storing energy in the form of gravitational potential energy. When there is excess energy, such as during low-demand periods or surplus from renewable sources like wind and solar, water is pumped from the lower to the upper reservoir. During high-demand periods, the stored energy is released by allowing the stored water to flow back down through turbines, converting the potential energy back into electrical energy. This process effectively balances the supply and demand, addressing the intermittency issue of renewable energy by serving as a buffer that can provide or absorb power .

Geographical and technological advancements shape PSH development by expanding potential sites through improved civil engineering techniques that allow for greater construction flexibility, even in less ideal terrains. Technological innovations, such as advanced turbine designs and more efficient materials, contribute to increased performance and reduced environmental impact. Moreover, improved forecasting and control systems enhance the operational flexibility of PSH, making it more compatible with dynamic energy markets and increasing the feasibility of hybrid systems that integrate other renewable sources. These advancements are crucial for optimizing PSH's role in future renewable-focused energy grids .

The efficacy of PSH systems is heavily dependent on the chosen hydraulic turbine type, as it influences the conversion efficiency from hydraulic to mechanical energy. Turbines like Pelton and Francis have widespread use due to their adaptability to various head and flow conditions, which enhances performance. The hydraulic losses, including head loss and friction, affect the turbine's power output; thus, minimizing these losses is crucial for optimal operation. The turbine's ability to efficiently handle the volume of water and maintain high conversion rates directly affects the system's energy output and reliability .

Transitioning to PSH poses significant socio-economic implications. Economically, it presents benefits such as long-term cost reductions in electricity supply and grid stability enhancement, thereby supporting more renewable integration and potentially lowering energy prices. Socially, it can create jobs and drive economic development in rural areas. However, challenges include the displacement of local communities due to land use changes and potential impacts on local water resources. With these factors, comprehensive planning is essential to balance energy demands with environmental and social considerations .

The development of PSH has occurred in three main phases. Initially, in the early 20th century, PSH was developed to meet urban energy demands locally, as seen with Ruppoldingen in Switzerland in 1902, to manage peak electricity demand in cities. A second wave occurred in the 1970s–1990s, coinciding with the rise of large-scale electricity generation from nuclear and coal plants, where PSH served as a complementary technology by sustaining baseload generation while meeting peak demand. A third phase has emerged since the early 21st century, driven by the integration needs of intermittent renewable energy sources, such as wind and solar, highlighting PSH's role in enhancing grid flexibility and storage capacity .

The key environmental challenge of PSH facilities is their impact on local ecosystems; constructing reservoirs often leads to changes in land use, affecting biodiversity and natural habitats. Economically, while PSH systems have high initial capital costs, they are generally considered cost-effective in the long term due to low operational costs and their ability to provide multiple services. However, the need for suitable sites with required topographical features, often in mountainous regions, limits their feasibility and increases development costs .

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