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Paix Familiale: Fondement de Société

Le document aborde la notion de paix au sein de la famille, soulignant son importance pour le développement et la prospérité des membres. Il fait référence à des définitions de la famille, notamment celle d'Aristote, et insiste sur le fait que la famille est une institution sacrée qui doit être protégée de la guerre. Le texte conclut que la paix est essentielle pour le bien-être familial et la stabilité sociale.

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Paix Familiale: Fondement de Société

Le document aborde la notion de paix au sein de la famille, soulignant son importance pour le développement et la prospérité des membres. Il fait référence à des définitions de la famille, notamment celle d'Aristote, et insiste sur le fait que la famille est une institution sacrée qui doit être protégée de la guerre. Le texte conclut que la paix est essentielle pour le bien-être familial et la stabilité sociale.

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No 352 — Octobre 1948 R. P. Bernardin VERVILLE, O. F. M.

LA PAIX
POUR LA FAMILLE
ET PAR LA FAMILLE

L'OEUVRE DES TRACTS


MONTRÉAL
L'OEUVRE DES TRACTS
Directeur: R . P . A R C H A M B A U L T , S. J .

Publie chaque mois une brochure sur des sujets variés et instructifs
10. Le Mouvement ouvrier au Canada. 82. Le Secrétariat des Familles.
Omer Héroux D r E l z é a r Miville-Dechéhe
12. Les Familles au Sacré Cœur. 8 3 . Le Dr Amêdêe Marsan.R. P . L e o p o l d , O . C.
R . P . Archambault, S . J . 84. Comment lutter contre le mauvais cinéma.
14. La Premiere Semaine sociale du Canada. Léo IYII.mil, avocit
R. P. Archambault, S . J . 8 6 . Saint Louis de Gonzague, confesseur.
15. Sainte Jeanne d'Arc . R . P . C h o s s e g r o s . S . J R . P . P l a m o n d o n , S . 1.
17. Notre-Dame de Liesse . R . P . L e c o m p t e , S . J . 87. La Transgression du devoir dominical.WX
18. Les Conditions religieuses de noire société. 9 0 . André Grasset de Saint-Sauveur . . . XXX
L e c a r d i n a l Bégin 9 1 . Sauvez vos enfants du cinéma meurtrier l
19. Sainte Marguerite-Marie . . U n e Religieuse R . P. Archambault, S. J .
22. L'Aide aux œuvres catholiques. 9 5 . Répliques du bon sens — I I .
R . P . Adélard Dugré. S . J . Capitaine Magni'z
24. La Formation des Elites. 9 6 . M a r i e de /' Incarnation.R. P . F a r l e y , C . S. V.
G é n é r a l de C a s t e l n a u 97. Dimanche Vs Cinéma . . C h a n o i n e H a r b o u r
26. La Société de Sainl-Vinccnt-de-Paul . XXX 9 8 . Thaumaturges de chez nous.
28. Saint Jean Bcrchmans. R . P . J a c q u e s D u g a s , S. J .
R . P . Antoine Dragon, S. J. III!) Le Rapport Boyer sur le cinéma. . . XXX
30. Le Maréchal Foch XXX 102 Les Retraites fermées en Belgique.
31. L'Instruction obligatoire.R. P. Barbara. S. J . R . P . Lavcille, S. J .
32. Le Compagnie de Jésus. 104 Répliques du bon sens — I I I .
R . P . Adélard Dugré, S . J . C a p i t a i n e Magniez
33. Le Choix d'un état de Cie (jeunes g e n s ) . 106 Les Retraites fermées . . . F e r d i n a n d Roy
R . P. d'Orsonnens, S. J . 108 L'Encycl. « Miscrentissimus Redemplor ».
33a Le Choix d'un état de (ie (jeunes filles). S . S . Pie XI
R . P . d'Orsonnens, S. J. 1 l u L'Apostolat Rodolphe Laplantc
38. Contre le blaspheme, tous I Répliques du bon sens — I V .
R . P . Alexandre Dugré, S. J . C a p i t a i n e Magniez
42. Saint Gérard Majella . A b b é P . - E . G a u t h i e r 112. Le Drapeau canadien-français.
44. Le Bienheureux Grignion de Montforl. R . P . Archambault. S . J.
F. Ananie, F . S. G . 113. L'Université Pontificale Grégorienne , X X X
45. Monseigneur François de LaVal. 1 14. La Retraite fermée R o l a n d Millar
R . P . Lecompte, S . J . 115. L'Action catholique . M g r P . - S . Desranlcau
46. Les Exercices spirituels de saint Ignace. 1 16. Un diocèse canadien aux Indes.
S . S. Pie X I R . P . E . G a g n o n . C . S . C.
47. La Villa La Broquerie. 117. Le Mois du Dimanche.
R . P . Archambault, S. J. R . P . A r c h a m b a u l t . S. J .
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R.P.Latour.O.M.I. B e n i t o Mussolini
56. Contre le travail du dimanche. 121. La Femme canadienne-française.
R . P . Archambault, S . J . . . . . S r M a r i e du R é d e m p t e u r , S . G . C.
57. L'Œuvre de la Villa Saint-Martin. 123. Charte officielle du Syndicalisme chrétien.
R . P. Gustave Jean, S. J.
E.S.P.
58. Monseigneur LajTiche R . P . A d . D u g r é , S . J .
124. Le Sens social . A b b é J o s e p h - C . Tremblay
59. Le Bienheureux Bellarmin.
R . P . Archambault. S . J . 125. Sa Sainteté Pic XI.
60 La Vénérable Bernadette Soubirous. . . . . S . E m . le c a r d i n a l R o u l e a u . O . P.
Abbé P.-E. Gauthier 127. L'Encyclique « Mens Nostra » . S . S . Pie XI
62. Le Recrutement des Retraitants. . . . XXX 128. La Destinée sociale de la femme.
64. L'Œuvre du curé Labclle. Marie-Thérèse Archambault
Abbé Henri Lecompte 129. Les retraites fermées . D r J o s e p h Gauvreau
65. Saint François Xavier. 130. Le B. Albert le Grand . R. P . R i c h e r . O . P.
Abbé C. Rondeau, P. M . E.
131. La Tempérance—l. S . G . M g r Courchesne
67. Le Catholicisme en Chine . . M g r B e a u p i n
132. Les Bénédictins.
68. Le Jubilé de 1925 XXX D o m Léonce Crenier,
71. Saint Pierre Canisius.R. P. Lecompte, S. J. 133. La Médaille miraculeuse.
R . P . Plamondon. S . J .
72. Sainte Marie-Sophie Barat . . . R . S . C . J .
73. Nos Martyrs canadiens. 136. La Formation d'une élite féminine.
M a r g u e r i t e Bourgeois
R . P . Archambault, S. J.
7 4 . Les Servîtes de Marie. 137. L'Eucharistie et la Charité . C . - J . Magnan
R . P . Lépicier. O . S . M . 138. T. R. P. Basile-Anloinc-Maric Moreau.
U n e Religieuse d e Sainte-Croix
7 6 . La Presse catholique . . . M g r Elias R o y
139. La Tempérance—M.S. G . M g r Courchesne
7 7 . L'A. C. J. C. . . . Chanoine Courchesne 141. L'Ouvrier en Russie E.S.P.
7 9 . Encyclique sur la fetc du Christ-Roi. 142. L Action catholique . M g r E u g è n e Lapointe
8 0 . La Retraite spirituelle . S . A lSp.h . Sde
. PLi ieg u oXrIi 143. La Russie en 1930.Dr G e o r g e s Lodygensky

81. Une enquête sur le scoutisme français . XXX


La paix pour la famille
1
et par la famille
par le R. P . Bernardin VER VILLE, O. F . M .

Ce que les hommes réclament des architectes du monde


nouveau, c'est la Paix.
Il m ' a été confié de traiter de la paix dans la famille.
T e n a n t compte des études déjà présentées sur la famille
dans les sessions antérieures, n o t a m m e n t celles de 1923 e t
1940, je me suis efforcé de ne pas les répéter, bien que le sujet
eût exigé le rappel de quelques éléments essentiels de la vie
familiale. J'ai préféré tenter d'envisager le problème sous des
aspects moins étudiés et ainsi de compléter les travaux a n t é -
cédents.
Nous verrons que la famille existe pour des hommes de
paix et vit de la paix.
D'abord, fixons notre choix sur les différentes définitions
du terme famille. Pour croire que t o u t le monde s'entend sur
l'essence de la famille, beaucoup d'études relatives à cette
institution souffrent d'équivoques.
Le grand maître des définitions, Aristote, définissait la
famille: « Pour tous les jours, la c o m m u n a u t é instituée selon
2
la nature, c'est cela la famille . » E n un langage plus expli-
cite, nous pourrions traduire comme suit: « L'institution de
vie commune quotidienne d o n t la société entre conjoints
forme le noyau. »
Pour nous rapprocher des définitions généralement trou-
vées dans les manuels d'inspiration chrétienne, nous dirons
finalement: « La famille est l'institution fondée par l'union
indissoluble d'un homme et d'une femme en vue de la pro-
création et de l'éducation des enfants ainsi que du soutien
mutuel des conjoints dans la vie commune de chaque jour. »
C'est cette communauté, base de la société, qui a p p a r a î t
comme une institution de paix, réclamant et produisant
la paix.
Est-il besoin de rappeler que la famille est l'ennemie jurée
de la guerre, à cause des méfaits engendrés par celle-ci ?

1. Ce travail a été présenté à la Semaine sociale d e s Trois-Rivières, le 24


septembre 1948.
2. Politique, livre II, ch. I.
Œ U V R E D E S T R A C T S , octobre 1948, n° 352.
— 2 —

S. E m . le cardinal Saliège, archevêque de Toulouse, dans


un discours aux catholiques d'Aix-la-Chapelle, met en lumière
les exigences familiales de la paix. « La famille, chose sacrée,
instituée par Dieu, reposant t o u t entière sur l'union des
coeurs et des volontés, la famille, image de la grande famille
humaine, la famille qui resserre ses liens au fur et à mesure
que ses membres disparaissent, la famille, institution de
devoir et de bonheur, a son mot à dire dans l'organisation de
la paix.
« L ' E t a t existe pour la famille, pour son bien, pour sa
prospérité, son développement. Sans la paix, la famille ne
p e u t ni se développer, ni prospérer. L'éducation des enfants
implique une situation stable, comme la fidélité conjugale
suppose une présence. T o u t e guerre a distendu les liens fami-
liaux. T o u t e guerre a multiplié les divorces. Après chaque
guerre l'institution familiale a perdu de sa vigueur. Cela est
vrai p a r t o u t . Je veux dire dans t o u t pays...
« Ce n'est certes pas que le besoin d'une famille ne se
fasse sentir à l'homme. Quand il quitte la famille légitime
c'est pour en créer une autre. Il y a des abandons; il y a des
fuites que les passions expliquent. La guerre multiplie les
é t a t s de tension. La paix les diminue. On peut dire que l'état
normal que réclame la famille est un é t a t de paix.
« L'enfant réclame la double influence du père et de la
mère, et aussi des frères et des sœurs. C'est dans la famille
qu'il apprend à se renoncer par le frottement avec ses frères
et sœurs. Le climat naturel de la famille, c'est la paix.
« Inutile d'insister sur les maux dont la guerre accable la
famille. Ils sont dans toutes les mémoires: membres dis-
persés, membres séparés, disparus, tués. Un vide que rien
ne comblera.
« La menace de la guerre rend timide, peureuse la famille
d e v a n t les devoirs qui s'imposent à elle. N ' é t a n t pas assurée
de durer, elle devient défaillante. Il lui m a n q u e les motifs
h u m a i n s qui rendent plus facile l'efficacité des motifs sur-
naturels.
« Pour le maintien de la famille, la paix.
« Pour le développement de la famille, la paix,
t Pour la prospérité, pour la tonalité de la famille, la
paix '. »
L a famille est liée à la paix plus profondément encore;
parce qu'elle existe pour l'enfantement et l'épanouissement
d'une espèce d'hommes pacifiques par n a t u r e . Elle a. été
instituée, non pour Vhomo faber, ni pour l'homo economicus,
mais pour Vhomo sapiens.

1. Card. S A L I È G E , la Famille et la Paix, d a n i Pax Ckristl, n" 2 ( 1 9 4 8 ) , p. 2 .

[352]
— 3 —

Si l'homme est u n être uniquement destiné à remuer in-


telligemment de la matière, à entrer en lutte avec elle pour la
soumettre, dans une entreprise collective et p r o m é t h é e n n e :
définition de Vhomo faber ou l'« h o m m e forgeron », la famille,
alors, n'a plus sa raison d'être, h'homo faber n'est pas par na-
ture un animal domestique. Il exige de grandes collaborations
que le foyer, groupe trop restreint, n'est pas apte à lui fournir.
Il est lancé dans ce que l'on appelle aujourd'hui le développe-
ment de la personnalité, d'une personnalité non pas sapien-
tielle mais d'une personnalité par activisme. De plus, si cet
homme accepte des disciplines, ce sont des disciplines très
fortes, matériellement beaucoup plus puissantes que celles de
la famille, pour l'organisation en grand du travail. L'homo
faber. p a r son idéal, ne comprend donc pas la famille ni ne la
désire. A preuve les campagnes antifamiliales du c o m m u -
nisme. L'homo faber recherche une autre société plus efficiente
et requiert une éducation plus conforme à l'action, pour la-
quelle il se croit né.
De même la famille n'est guère a d a p t é e à Vhomo econo-
micus. Celui-ci, à la recherche du plus grand nombre de
jouissances possibles au prix du minimum d'efforts, n ' a que
faire des vertus domestiques et des disciplines familiales. Son
individualisme exige une liberté d'allure et son égoïsme u n e
licence de mœurs absolument incompatibles avec les exi-
gences de l'institution familiale.
Ajoutons que ni Vhomo faber ni Vhomo economicus ne sont
des êtres de paix. Le premier parce qu'avide d'une domina-
tion toujours plus étendue et orientée vers la lutte, écono-
mique ou militaire, ou encore les deux à la fois; le second
parce que soumis à l'empire des passions. Réfléchissant sur
l'homme moderne qui tient de l'un et de l'autre, peut-être
plus du premier que du second, le sociologue anglais Ruskin
écrit: « Nous avons besoin de l'exemple de gens qui... sont
résolus à chercher non une fortune plus élevée, mais une féli-
cité plus profonde; regardant comme la première des pos-
sessions la possession de soi-même; s'honorant eux-mêmes
dans la calme poursuite et l'inoffensive fierté de la paix.
« C'est de cette humble paix qu'il est écrit: « La justice e t
la paix se sont embrassées. » Il est écrit aussi que le fruit d e
la justice est « semé dans la paix de ceux qui font la paix »;
et il ne faut pas entendre par là, comme on le fait d ' h a b i t u d e ,
ceux qui apaisent les querelles, mais ceux qui créent la paix,
qui donnent le calme. C'est là une chose qu'on ne peut donner
si on ne la gagne soi-même; et ce gain n'est pas de ceux qui
résultent avec certitude de ce q u ' o n appelle c o m m u n é m e n t
les affaires. Aucune forme de gain n'est plus aléatoire, car les
affaires sont essentiellement remplies d'agitations... et t r o p
souvent de querelles; comme le corbeau, elles o n t une ten-
[3521
—4—
dance à ne jamais rester en place et à se nourrir de pourriture;
tandis que les oiseaux qui se nourrissent d'olives et portent des
l
branches d'olivier ont toujours une inclination à se poser . »
Il y a là des paroles dignes de la plus haute attention. En
ce passage, Ruskin nous avertit que la paix ne réside pas en
des hommes de civilisation chrématistique, chez des agités par
mille préoccupations de domination économique. Il rappelle
que l'homme doit viser non à ces empires mais bien plutôt à
la domination de soi-même par la vertu nourrie de la con-
templation. « S'ils ne sont pas nombreux dans une société,
disait l'abbé Lallement, ceux qui habitent au fond de leur
âme avec la sagesse, les hommes continueront à chercher les
nourritures terrestres plus ou moins frelatées. Ils demeureront
affamés, ils se mordront entre eux, sans doute; ils ne sauront
s
toujours pas où sont les olives de la paix . »
C'est pour produire ces hommes de sagesse, de vertu et de
paix que la famille a été instituée; pour l'homme, selon notre
conception chrétienne, destiné à chercher son bonheur et sa
perfection dans la calme contemplation de la Vérité et dans
l'amour paisible du Bien.
L a famille existe donc pour des réceptions, des commu-
nions, des formations morales et spirituelles p a r la tradition
de la vérité et de la vertu.
E t parce que, contrairement aux prétentions de Karl Marx,
nous croyons que l'esprit, et non la matière, est à l'origine des
comportements humains, nous croyons aussi que la famille,
par son rôle d a n s la formation d'hommes sages et vertueux,
s'affirme, jointe au facteur religieux, la source la plus féconde
de la paix entre les hommes.
Déjà, dès son institution par le Créateur, la famille apparaît
comme u n brisement de l'individualisme, une destruction de
l'égoïsme, une formation à l'union, à la communion entre les
hommes.
Au d é b u t de la Genèse, à propos de la création de l'homme,
la pensée de Dieu nous est ainsi révélée: « Faisons l'homme à
notre image, selon notre ressemblance... e t Dieu créa l'homme
à son image. Il le créa à l'image de Dieu. » P a r trois fois, donc,
d a n s le style solennel et la poésie hébraïque, il est affirmé que
Dieu créa l'homme à son image. Aussitôt après il est ajouté:
« Il les créa homme et femme. » Profond mystère et primordial
enseignement pour nous! C'est d'abord d a n s l'union de
l'homme et de la femme, puis dans les relations des parents
avec leurs enfants, que s'affirmera l'image du Dieu amour.

1. R U S K I N , Unto this last, Beaucheene, p. 229.


2 . N o t e s manuscrites.
[352]
—5—
C'est pourquoi le Créateur veut l'amour entre l'homme et la
femme d'une qualité spéciale, particulièrement intime et fort,
exigeant jusqu'à l'unité et l'indissolubilité.
Nous connaissons le débat qui s'est élevé au sujet de
l'origine de la famille et de son rôle de cellule de la société.
Croyons qu'il y a là plus q u ' u n e simple discussion théorique.
Dieu n ' a pas établi la famille seulement cellule originelle de la
société, mais il en a fait la source permanente de l'humanité.
En elle l'humanité prendra son origine non seulement dans
ses développements physiques, mais aussi dans ses épanouisse-
ments moraux et spirituels. C'est là t o u t particulièrement que
doit s'amorcer le grand courant de fraternité destiné à entraî-
ner tous les hommes.
Il est inutile de rêver d'amour entre les hommes si cet
amour ne se forme pas au sein du foyer. Le Christ le savait.
Venu pour apprendre aux hommes à s'aimer: « M o n com-
mandement est que vous vous aimiez les uns les autres », il
commence sa grande campagne de charité, que son Eglise
devra poursuivre jusqu'à la fin des temps, par la bénédiction
à C a n a de l'amour familial. Pour apprendre aux hommes à
s'aimer et à vivre en paix, il faut d'abord enseigner aux époux
puis à tous les membres du foyer à se chérir. C'est l'appren-
tissage nécessaire à l'amour de son prochain.
« La famille, déclare l'épiscopat français, est, dans le plan
providentiel, le foyer où s'acquièrent les grandes vertus néces-
saires à la vie sociale: le respect et le souci des autres, l'atten-
tion et le dévouement aux autres, la loyauté et la conscience,
la soumission à l'autorité »
E t parce que chargée de former ainsi des hommes à la
charité et à toutes les vertus que celle-ci exige: prudence,
tempérance, patience, modération, etc., la famille réclame de
la continuité dans ses traditions. Pour ces raisons, elle s'op-
pose à toutes les perturbations sociales. Seule l'expérience
vécue par plusieurs générations permet à la famille de donner
aux vertus leur juste mesure et leur solidité.
Mise brusquement en face de situations nouvelles, la fa-
mille est désemparée. C'est ce qui se voit chaque jour en ces
temps où les coutumes n'ont pas le temps de « s'ossifier ». L a
prudence des parents m a n q u e souvent de lumières et la passi-
vité leur a p p a r a î t alors comme la meilleure solution.
Chez tous les peuples, la famille fut de t o u t temps consi-
dérée comme la gardienne des m œ u r s sociales et nationales.
Aussi, pour opérer dans une nation des modifications brusques
et radicales, les révolutionnaires sentent-ils toujours le besoin
d'ébranler l'institution familiale. Ainsi o n t agi les révolution-

1. La Documentation catholique, t Déclaration de l'épiscopat français sur la


personne humaine, la famille, la société », n° 955, janvier 1946, col. 4.

[352]
— 6—

naires français, comme ont agi les révolutionnaires russes.


T o u t au contraire, q u a n d une nation est désireuse d'ordre et
de paix, elle tâche de fortifier ses foyers. C'est l'histoire de
toutes les vieilles civilisations: égyptienne, sémitique, indo-
européenne, chinoise et autres.
Si donc nous voulons bâtir un monde qui aime l'ordre,
désir la tranquillité, aspire à la paix, nécessairement nous de-
vrons lui donner comme base la famille.
Nous conclurons cette première partie de notre travail par
les paroles de S. E m . le cardinal Griffin à la jeunesse catholique
d'Angleterre: « Le m o t neuf est dans l'air. D e tous côtés on
nous parle d ' u n âge nouveau, d'une nouvelle jeunesse, d'un
monde nouveau. Mais il n ' y a rien de nouveau sous le soleil.
N e vous laissez pas égarer p a r des slogans et des formules
captieuses. J e voudrais que vous réalisiez que la première
chose à entreprendre c'est un nouvel effort résolu pour pré-
server d'anciennes valeurs. Ces anciennes valeurs se résument
en deux m o t s : le foyer et la demeure. Si vous préférez, cela
l
peut tenir en un m o t et ce m o t unique est famille . »
Ou la famille sera revalorisée et la paix viendra, ou elle
continuera de déchoir et rien de stable ne pourra s'élever dans
le c h a m p social.
Pour ces raisons nous devons donc faire effort pour main-
tenir et assainir nos familles.
Elles ne rayonneront la paix que si elles sont elles-même
des foyers de paix t o u t adonnés à produire des hommes de
conscience et d'ordre, formés à la justice et à la charité.
Il nous reste m a i n t e n a n t à étudier les facteurs d e cette
paix domestirjue, nécessaire à la création de ces pacifiques qui
« créent la paix, donnent le calme » et d o n t le monde réclame
l'avènement.
E n premier lieu il convient de rappeler que la concorde, la
paix au foyer est le fruit d ' u n effort moral. Sans doute, la fa-
mille est la plus naturelle des sociétés. Là plus qu'en toute
a u t r e société le rôle de chacun est indiqué p a r la n a t u r e et l'ac-
complissement des devoirs respectifs est aidé p a r les inclina-
tions naturelles. Ce serait toutefois errer gravement q u e de
confier à ces seules tendances instinctives l'harmonie du foyer.
Il y a quelaues années, une assez vive discussion s'est en-
gagée entre l'abbé Daniel Lallement, professeur de sociologie
familiale à l ' I n s t i t u t catholique de Paris, et M . Pujo, de
l'Action française et disciple de C o m t e . A ce dernier, dé-
fenseur de la famille physico-instinctive, l'abbé Lallement ré-
pondait dans Clairvoyance de Rome : « P a s plus pour fonder

1. La Documentation catholique, « L'Action constructive d e l'Eglite •


n* 9 9 3 . juin 1947, coL 8 1 5

[352]
— 7 —

et maintenir la famille ou la société que dans n'importe quel


autre de ses actes proprement humains, l'homme n'est con-
duit par des instincts, c'est-à-dire par un engrenage de ten-
dances invariablement déterminées; il est conduit p a r la
raison, à la lumière de laquelle il lui fait ordonner son acti-
vité par des règles morales et par la vertu, ou, s'il ne suit pas
la raison, il est conduit par des passions qui rapidement dé-
truisent au lieu de fonder quoi que ce soit... E n face des
désordres moraux qui se multiplient sous nos yeux, on com-
mence à savoir ce que v a u t l'instinct familial, sans la vertu.
E n réalité, l'homme n'a pas été construit pour être un animal
instinctif. M ê m e les sociétés les plus primitives ne s'établissent
que par des régulations morales imposées à la vie des sens,
aux passions de la haine et de la concupiscence; les meilleurs
sociologues actuels sont, sur ce point, d'accord avec Aristote
et saint T h o m a s >. »
Les facteurs essentiels de l'harmonie familiale peuvent se
résumer aux trois suivants: l'amour mutuel, l'exercice et le
respect de l'autorité, l'esprit chrétien.
D'abord l'amour mutuel.
Est-il vraiment nécessaire, de nos jours, de rappeler la
nécessité de l'amour mutuel entre époux ? Il semble que cela
va t a n t de soi !
E t pourtant, en cette chose encore mystérieuse à la raison
qui s'appelle l'amour, nous trouvons une telle complexité qu'il
est facile de donner et de prendre le change. E t l'erreur ne se
trouve pas seulement chez tel jeune homme passionné qui
prend pour de l'amour les réclamations et les assouvissements
d'un instinct génésique désordonné. Elle peut se loger m ê m e
dans la t ê t e d ' u n philosophe, même d a n s une encyclopédie
philosophique. Ouvrons, par exemple, le Dictionnaire de phi-
losophie Lalande au mot « amour ». Il distingue très bien,
avec les scolastiques d'ailleurs, l'amour de bienveillance: ten-
dance essentiellement opposée à l'égoïsme, et l'amour de con-
cupiscence: désir pour le sujet lui-même. Puis, voulant définir
l'amour qui, dans notre langage humain, signifie le plus cou-
ramment l'affection d ' u n sexe pour l'autre, il le déclare t o u t
simplement, comme il le fait d'ailleurs pour l'amour au sens
le plus général du mot, amour de concupiscence ou tendance
égoïste.
« Quand, déclarait dans son cours M . le chanoine Lalle-
ment, l'humanité souffre de pareilles maladies congénitales,
quand elle est infectée de pareil virus, c'est la destruction né-
cessaire. Il faut absolument la guérison immédiate et radicale,
autrement c'est la m o r t même. Quand on substitue précisé-

1. Clairvoyance dt Rom, e n collaboration, D . LALLBMBNT, t Morale e t


Politique >, pp. 1 4 7 as.

[3521
—8—
m e n t l'égoïsme à ce qui doit faire l'union de tout l'amour
(métaphysiquement, l'amour est vis unitiva à tous les degrés
de l'être, aussi bien de l'être incréé où l'Esprit Saint est affec-
tion et unité du Père et du Fils que chez l'attraction des
atomes), on pense que ce sont les tendances égoïstes dressées
comme telles qui doivent être le fondement de l'unité, que
c'est la recherche intéressée qui fait l'harmonie »
Nous voyons cette conception mise en application dans
l'économie libérale: la composante des intérêts, y soutient-on,
doit faire l'harmonie du marché.
E n ce qui concerne l'économie, on commence à se défier de
cette thèse. Mais on est encore loin de cette prudence en ce
qui regarde le foyer. Aussi croyons-nous urgente une cam-
pagne dans le monde pour ramener les esprits à la vérité en
cette matière. Il est nécessaire qu'il ne prenne pas pour de
l'amour ce qui est son contraire. N o u s c o m b a t t o n s les erreurs
du libéralisme économique. Il nous faut lutter plus énergique-
m e n t encore contre l'égoïsme domestique. Plus énergiquement
encore, disons-nous, parce que l'amour conjugal restera tou-
jours pour les hommes le modèle à copier dans les autres rela-
tions. Ils comprendront l'amour d'après la conception qu'ils
se feront de ce premier amour apparu sur terre et encore fonda-
mental dans la vie de l'humanité. Mal compris, cet amour
engendrera le désaccord dans la famille et dans t o u t e la
société.
C'est encore l'amour qui doit présider aux relations entre
parents et enfants.
L'éducation consiste a v a n t t o u t en une œuvre de grand
amour. C e t t e vérité domine toute la pédagogie chrétienne.
L'éducation est œuvre d'amour parce qu'elle suppose l'en-
gagement généreux de l'éducateur lui-même dans l'amour du
bien vers lequel il prétend mouvoir l'enfant. Ce don entier de
l'éducateur, c'est lui qui est symbolisé dans l'acte du pro-
phète s'étendant de tout son long sur le corps de l'enfant qu'il
v e u t ramener à la vie. D a n s ce beau et significatif geste, le
prophète Elie ne se contente pas d'un appel, d'un commande-
m e n t . Non. Il anime l'enfant par le contact de sa propre vie.
Ainsi doit agir le véritable éducateur: être lui-même d'abord
u n vivant, un éduqué aussi parfait que possible, un donné à
l'amour du vrai bien qui étend sa vie sur l'être à élever. C'est
la première forme d'amour, la plus fondamentale, que les
parents doivent à leurs enfants.
L'éducation réclame aussi un amour qui connaît, qui de-
vine l'enfant, est attentif à toutes ses réactions. Il y a une
connaissance du petit être à éduquer que donne seulement un

1. N o t e s manuscrites.

[352]
—9—
très grand amour. Que les principes généraux et les techniques
sont déficients quand il n ' y a pas cette divination du cœur qui
aime, pour percevoir les besoins, les souffrances, les suscepti-
bilités, les possibilités, les incapacités de l'enfant; pour discer-
ner les élans encore cachés au fond de ces petits êtres qui ne
se connaissent pas eux-mêmes, pour corriger aussi avec t a c t
ce qui est à réprimer, pour épanouir les germes de bien.
Pour mener l'œuvre éducatrice il faut encore et surtout
l'amour d'amitié. Le propre de cet amour est non seulement
de vouloir le bien de la personne aimée, mais de vouloir
éveiller une personnalité. Il exige qu'on ne fasse de l'enfant ni
un simple rouage d'une œuvre collective ni un fond à exploiter,
ni une idole tournée vers soi, ni une sorte d ' œ u v r e d ' a r t pour
son propre contentement. La personne de l'enfant est aimée
pour elle-même et seule sa vraie perfection à elle est recher-
chée. Voilà pourquoi cet amour désintéressé supporte les
fautes, les lenteurs, avec une inlassable patience. Ce n'est pas
le succès remporté que l'éducateur aime, mais la personne d a n s
sa valeur quasi absolue.
Tel est le triple amour nécessaire aux parents.
E t c'est parce que les parents, plus que tous les autres,
sont capables d'un tel amour que l'éducation première de
l'enfant leur est réservée.
C'est aussi cet amour qui crée chez l'enfant la confiance en
ses parents, confiance indispensable à son comportement vis-
à-vis de ses éducateurs.
Les parents sont capables d ' u n tel amour, mais à condi-
tion de le cultiver en eux. La nature, par elle-même, ne donne
que des prédispositions. Il faut que celles-ci soient protégées
et complétées par l'effort vertueux; a u t r e m e n t , une sensibilité
mal contenue, un orgueil aveugle, un égoïsme déguisé ren-
dront inopérants les dons naturels.
E t voilà encore une tâche qui s'impose: apprendre aux
parents à cultiver en eux l'amour vrai de leurs enfants. Sa
Sainteté Pie X I I a déjà dénoncé le faux amour des parents:
« Considérez autour de vous les foules d'enfants q u ' u n e ten-
dresse aveugle élève dans l'amour effréné des aises ou des fri-
volités, dans l'oubli pratique, sinon dans le mépris, des
grandes lois morales qui s'appellent devoir de la prière, né-
cessité du sacrifice et de la victoire sur les passions, justice et
charité envers le prochain »
Si ce véritable amour parental n'existe pas, les conflits fa-
miliaux s'élèveront. Ou bien parce que l'enfant se révoltera
contre les prétentions injustes de ses parents, ou bien parce
que, mal formé, il deviendra un être de caprices, mécontent de

1. S. S. P I E X I I , Discours aux jeunes époux. Editions de l'Œuvre Saint-


Augustin, Saint-Maurice, Suisse, t. I , p. 72.
[352]
— 10 —
t o u t et de tous. N'est-ce pas le fait de trop nombreuses fa-
milles contemporaines ?
Si l'amour des époux entre eux et des parents à l'égard des
enfants est véritable, il sera facile de l'obtenir de la part des
enfants envers leurs parents et des enfants entre eux. Ces
derniers seront instruits du véritable amour par ceux qui leur
auront donné le jour. Ils sauront qu'aimer c'est se donner.
Pour maintenir l'ordre au foyer, l'amour ne suffit pas. S'y
ajouteront l'exercice et le respect de l'autorité. On connaît le
principe: toute société, pour garder son premier bien commun,
qui est l'unité, exige une autorité. La société conjugale, si
petite, si unie soit-elle, n'échappe pas à cette nécessité. Dieu
y a pourvu. Pour éviter t o u t conflit il a même désigné le dé-
tenteur de cette autorité. La n a t u r e a qualifié l'homme pour
la direction: il est plus fort, plus stable dans son humeur, plus
riche de sang-froid et d'énergie, plus a p t e à l'initiative et à la
décision.
L a révélation en des textes clairs confirme les indications
de la nature. Nous n'avons pas à insister sur ces données gé-
nérales connues de notre peuple. C o m p t e tenu de nos foyers
canadiens, il semble préférable d'attirer l'attention sur cer-
taines précisions.
L a plus i m p o r t a n t e me paraît être celle-ci. D u fait que le
mari jouit de l'autorité suprême au foyer il ne doit pas en dé-
duire, et la chose se voit souvent sinon en théorie du moins
en pratique, que l'homme en t a n t que personne h u m a i n e est
supérieur à la femme. C'est la fonction du mari qui jouit de
la priorité et non l'être comme tel. La femme possède d ' a u t r e s
valeurs qui la rendent aussi respectable que l'homme. Ce
rappel gardera l'époux d a n s l'humilité vis-à-vis de son épouse,
et l'invitera à donner confiance à sa compagne.
Il se peut même qu'en fait de valeur humaine elle lui soit
supérieure et de beaucoup. Aussi Dieu la lui a-t-il donnée non
comme servante, encore moins comme esclave, mais comme
compagne et aide. Il l'appellera à son secours dans les déci-
sions importantes à prendre.
L e raisonnement masculin sera alors éclairé p a r l'intuition
féminine; la force virile sera tempérée par la douceur mater-
nelle. E n droit l'homme détient le h a u t c o m m a n d e m e n t , mais,
en discipline, l'autorité du chef ne s'exerce normalement
qu'après entente avec la mère.
Le c o m m a n d e m e n t est ainsi plus la conclusion d'une déli-
bération que le précepte d'un roi absolu.
L'intimité de vie entre les époux requiert cette façon
d'agir, de même que l'union dans l'éducation. Nos pères en-
tendaient l'autorité de cette façon. E t ils avaient raison. Au
dire de l'observateur anglais Wild: « Un Canadien ne conclut
jamais une affaire, il ne fait même aucune démarche impor-
[352]
—11 —

t a n t e sans consulter sa femme, et il est bien rare qu'il ne suive


pas son avis »
Ce principe invitera également le mari à accepter l'in-
fluence rayonnante de sa femme. Car, premier en autorité, il
est second en amour, douceur, délicatesse, patience, et géné-
ralement en vie spirituelle. S'il refuse de reconnaître ces supé-
riorités normales de sa compagne, s'il ne favorise pas leur
épanouissement et leur rayonnement, mais au contraire les
brime, il s'appauvrit lui-même comme il appauvrit son foyer
e t la société tout entière. Car la femme reçoit une vocation
particulière. La femme est destinée à être mère, non pas
seulement dans l'ordre physiciue, mais aussi dans l'ordre in-
tellectuel, l'ordre moral, l'ordre religieux; et non seulement
auprès des enfants, mais aussi auprès des adultes, même au-
près de lui, chef de famille. Le mari a donc le devoir, par tous
les moyens possibles, de favoriser l'exercice de cette maternité
universelle.
Il nous appartient à tous de créer dans la nouvelle civilisa-
tion un courant d'idées et de m œ u r s favorables à l'épanouisse-
m e n t des valeurs féminines. Un brochure anglaise, due à la
plume de J a n e t Kalven, attire très o p p o r t u n é m e n t notre at-
tention sur le fait suivant: le monde occidental souffre d ' u n
excès de masculinisation. « De nos jours, dit-elle, nous avons
besoin de femmes qui, par la conscience profonde des exi-
gences de leur métier de femme, aideront à restaurer l'équi-
libre social en créant le courant vital des grandes v e r t u s
féminines: l'esprit d'amour, la compassion pour ceux qui
s
souffrent, le généreux don de s o i . »
Pour redonner à ce monde l'équilibre perdu, les pays de
civilisation chrétienne étudient actuellement le grand pro-
blème de la formation particulière de la femme. Mais à quoi
servirait cet effort si, d'autre part, nos m œ u r s familiales ne
reconnaissaient pas à la femme ses hautes valeurs h u m a n i -
santes? Conjointement à ce qui s'entreprend pour la forma-
tion de la jeune fille, il nous faut une éducation du jeune
homme en faveur de la reconnaissance des valeurs de la
femme et de sa vocation d'« ouvrière de progrès humain ».
Autrement nous risquerions d'aboutir encore là à des conflits
familiaux.
L'accord entre les conjoints assuré par la primauté mari-
tale bien comprise, l'autorité doit aussi s'exercer auprès des
enfants. L'harmonie du foyer et l'éducation l'exigent.

1. Cit. Georges VATTIER, Essai sur la mentalité canadienne-française, p. 2 2 6 .


2 . Janet K A L V E N , The Task of Woman in tin Modern World, Grailville. p. 2 .
[3521
— 12 —

Pour l'obtention de cette double fin, l'autorité des parents


doit être une. « Ils seront deux en une seule chair », a déclaré
le Créateur. C'est là un principe de vie familiale. Le contexte
des Saintes Ecritures l'indique clairement. Il s'agit non d ' u n
acte mais d'un é t a t de vie. Principes de l'unité et de l'indis-
solubilité du mariage, ces paroles sont aussi principes d'unité
dans la direction du foyer. Malgré leurs divergences d'opinions
à l'égard des enfants, jamais les parents ne les placeront dans
la triste nécessité d'opter pour leur père ou leur mère. Ce
désaccord introduirait au foyer la division.
Cette autorité ne sera encore efficace et n'engendrera la
paix que si elle est exercée à bon escient et strictement me-
surée sur la fin à poursuivre. L'amour d'amitié les guidera par
sa volonté d'éveiller une personnalité.
On connaît le débat chez les pédagogues entre les t e n a n t s
de la liberté et les t e n a n t s de l'autorité. M . le chanoine Viollet
nous apporte la solution de la pédagogie chrétienne et il n'est
pas inutile de la mettre en lumière. Beaucoup de nos p a r e n t s
canadiens l'ignorent: les uns pèchent par déficiences, les autres
par excès. Des mésententes familiales en résultent.
« C o m m e n t combiner l'exercice de l'autorité, sans laquelle
il n ' y a a u e désordre et anarchie, et celui de la liberté, sans
laquelle il n'y a que contrainte et hypocrisie?
« Le progrès ne consiste pas à supprimer l'un des termes
du problème au profit de l'autre: l'autorité au profit de la
liberté ou la liberté au profit de l'autorité, mais à les concilier
et combiner dans une heureuse harmonie. Ils sont aussi né-
cessaires l'un que l'autre à l'équilibre de la vie individuelle et
sociale.
« Les t e n a n t s de l'éducation par la seule autorité risquent
de former des hypocrites, des révoltés ou des a u t o m a t e s . Ils
réduisent le problème éducatif à un système disciplinaire. Les
partisans de l'éducation par la seule liberté préparent des
générations de capricieux, esclaves de leurs passions...
« Si la formation de la personnalité exige une liberté qui
facilite le jeu spontané des facultés, cette liberté d e m a n d e à
être orientée par l'éducateur, mais de telle façon que les com-
m a n d e m e n t s venus de l'extérieur soient un jour remplacés par
les c o m m a n d e m e n t s de la conscience personnelle. Faire passer
l'autorité morale du dehors au dedans, c'est tout l'art de l'édu-
cateur...
« Au point de départ, l'autorité est une force qui s'im-
pose. L'enfant la subit sans la comprendre. Au point d'arrivée,
elle est une loi morale, aimée et pratiquée librement pour elle-
même.
« L'obéissance se trouve à tous les degrés de l'éducation
morale, mais elle change de forme. Elle est d'abord imposée
par l'éducateur pour se transformer, en fin de compte, en
[352]
— 13 —

obligation de conscience. Elle est d'abord une personne qui


commande, pour devenir une loi morale qui oblige »
Donc, ni autoritarisme ni abstentionnisme, mais autorité
graduée à l'âge, accordée au caractère et conduisant à l'éman-
cipation. « Il faut qu'il croisse et que je diminue »: tel doit
être le mot d'ordre des parents.
L'amour, l'exercice et le respect de l'autorité exigent, fait
d'expérience, beaucoup d'abnégation de soi. Les v e r t u s qu'ils
réclament ont besoin d'être supportées par des forces supé-
rieures aux simples désirs de la paix domestique et d'une hon-
nêteté naturelle. Pour les soutenir, il faut recourir à l'esprit
chrétien. Ainsi la paix familiale subsistera-t-elle au sein d ' u n
triangle dont l'amour mutuel et l'autorité composent les
côtés et l'esprit chrétien de charité forme la base.
Cet esprit chrétien exige d'abord le respect « de la vérité
et de l'ordre », donc du Dieu législateur de la famille. Pie X I
nous a déjà dit: « Pour les esprits, il ne peut y avoir de paix
stable, ni de repos, en dehors de la vérité et de l'ordre sous la
2
conduite et l'influence de la charité . »
Les pages suivantes ne feront pour ainsi dire que com-
menter ce texte.
Probablement inspiré par le passage d'un discours de Sa
Sainteté Pie X I I à des jeunes mariés, Mgr Théas, évêque de
Tarbes et de Lourdes, rappelle que « le propre du péché est
de séparer: il sépare Dieu de l'homme, il sépare les hommes les
uns des autres. Non seulement le péché sépare, mais il op-
pose; il est créateur d'inimitié. La guerre est son fruit le plus
3
naturel et le plus redoutable ».
Ces paroles peuvent facilement s'appliquer à la vie fami-
liale. Quel conflit domestique ne trouve pas sa cause dans une
passion désordonnée, un m a n q u e de conscience ? C'est l'é-
goïsme, la jalousie, la colère, l'orgueil, l'intempérance, la lâcheté,
l'ambition, l'insubordination qui détruisent la paix familiale.
L'esprit chrétien, nous le savons, a été, ces derniers siècles,
b a t t u en brèche par le laïcisme. Là où celui-ci triomphe, les
conséquences ne t a r d e n t pas à se faire sentir. Voici comment
les évêques américains en déplorent les méfaits dans leur
pays: « Le laïcisme a travaillé au ravage de la famille. L'im-
moralité anticonceptionnelle, le mépris cynique des nobles
fins du mariage, l'accroissement de soixante fois notre taux de
divorce dans ce dernier siècle et la carence de plus en plus

1. J . VIOLLET, « Liberté et Autorité », dans Education, n° 1, janvier 1935.


2. P I E X I , « Allocut. Amplissimum collegium vestrum », la Documentation
catholique, t. 18, col. 70.
3 . Mgr T H É A S , « Une condition essentielle de la Paix » dans Pax Christi.
n' 8, 1947, p. 11.

[352]
— 14 —

étendue de la famille à se décharger de ses fonctions d'éduca-


trice (le grave problème de la jeunesse délinquante), voilà les
maux terribles que le laïcisme a apportés à notre pays. Quelle
espérance y a-t-il de trouver un remède efficace, à moins que
les hommes ne ramènent Dieu dans la vie de la famille et le
respect des lois qu'il a faites pour cette unité fondamentale de
1
la société humaine ? »
E n plus de ces données générales, arrêtons-nous à quelques
considérations relatives aux deux lois énumérées plus h a u t .
L'esprit chrétien fournira d'abord une base inébranlable
à l'amour mutuel en le p é n é t r a n t et l'élevant par la charité.
L a charité, vertu essentiellement chrétienne, d e m a n d e
d'aimer par considération pour Dieu. C'est l'amour intime de
Dieu même et des autres en Dieu.
E t voilà la véritable amitié conjugale. C'est même parce
que l'amour des époux doit être surnaturalisé par la charité
que le mariage peut être un sacrement donnant la grâce. Les
époux sont deux membres du Corps mystique consacrés l'un
à l'autre en Dieu et pour Dieu, à l'exemple de la consécration
mutuelle du Christ et de l'Eglise. Les autres formes d'amour
ne sont pas à dédaigner, mais elles existent pour soutenir la
charité. E t sans cette assomption par la vertu surnaturelle,
l'amour passion, l'amour d'amitié lui-même restent fragiles.
L'insatiable sensualité et l'impitoyable égoïsme ne trouvent
un sûr contrepoids qu'en elle.
N o s auditeurs se souviennent, sans nul doute, de la mé-
morable page de Casti Connubii sur cette charité conjugale.
E n t r e autres choses, Pie X I écrit: « La fidélité conjugale re-
quiert que l'homme et la femme soient unis par un amour
particulier, par un sain et pur amour; ils ne doivent pas s'aimer
à la façon des adultères (donc par pure passion), mais comme
2
le Christ a aimé l'Eglise », c'est-à-dire, dans la charité.
Amorcée par l'union spirituelle des époux, la charité doit
animer les autres rapports familiaux: p a r e n t s et enfants, en-
fants entre eux. C'est pour les membres du foyer d'abord
qu'elle sera pratiquée. Sa loi prescrit d'aimer en premier lieu
son plus proche prochain.
E t cette même charité, qui contient t o u t e la loi et doit
vivifier t o u t e vertu, présidera aussi à l'exercice et au respect
de l'autorité. Saint Augustin appelle l'ordonnance hiérar-
chique familiale « l'ordre de l'amour ». Léon X I I I , après avoir
évoqué cette hiérarchie, continue: « D a n s celui qui est le
chef, aussi bien que dans celle qui obéit, tous deux é t a n t

1. c U n solennel avertissement de la hiérarchie catholique aux E t a t s -


U n i s i, la Documentation catholique. n° 1011, février 1948, col. 272.
2 . L'Encyclique sur le Mariage chrétien. Casti Connubii, E d . Spes, p. 24.
[352]
— 15 —

l'image, l'un du Christ, l'autre de l'Eglise, il faut que la cha-


rité divine soit toujours présente pour régler le devoir » E t
les lignes suivantes, en termes différents, reflètent le même
enseignement pour les parents et les enfants: « Pour ce qui
est des enfants, ils doivent se soumettre et obéir à leurs pa-
rents, les honorer par devoir de conscience, et, en retour, il
faut que les parents appliquent toutes leurs pensées et tous
leurs soins à protéger leurs enfants et surtout à les élever d a n s
la vertu. »
Le secret de la divine sagesse, c'est de t o u t établir et res-
taurer dans le Christ. E t tout particulièrement en ces ques-
tions du mariage et de la famille, la vérité ne peut être
reconnue et vécue a u t r e m e n t que dans et par le Christ.
Léon X I I I l'a n e t t e m e n t établi d a n s l'encyclique Arcanum.
Au foyer, c'est au nom du Christ, prince de la paix venu en
ce monde pour y faire régner sa paix, que l'autorité doit être
exercée. E t c'est pour son règne à lui et l'amour de sa paix
que les volontés doivent se soumettre. Le foyer est l'unité
sociale de son royaume.
A u t a n t dire que la divine c h a n t é doit être l'âme de t o u t e
la vie familiale. Pie X I I l'enseigne ainsi aux jeunes époux.
« C'est sur ce solide fondement (de la fidélité et de l'union à
Dieu) que les époux et parents chrétiens bâtissent le bonheur
de leur foyer et qu'ils établissent la paix de leur famille. T o u t
imprégnée d'amour et de charité, la famille chrétienne fuit
l'égoïsme et la recherche des propres satisfactions. Ainsi, alors
même que disparaissent les fugaces a t t r a i t s des sens, alors
que se fanent et tombent, l'une après l'autre, les fleurs de la
juvénile beauté, alors que l'imagination voit s'évanouir ses
illusions d ' a n t a n : même alors il reste toujours entre les deux
époux, entre les parents et les enfants, il reste le lien des
cœurs, il reste la grande âme de la vie domestique, l'immuable
2
amour, et avec lui le bonheur et la paix . »
Catholiques du C a n a d a français, nous avons donné au
monde le témoignage éclatant de la force, de la stabilité, de
l'ordre que la familie chrétienne peut procurer à un peuple.
Pour le bien spirituel et matériel de l'individu comme pour la
paix et la prospérité de la nation et des peuoles, nous devons
continuer de témoigner en faveur de la famille chrétienne. Le
monde a un très grand besoin de ce témoignage. D ' a u t a n t
plus que défendre actuellement la famille chrétienne c'est
défendre l'Eglise. Ainsi s'exprimait S. E m . le cardinal Griffin
dans le discours cité plus h a u t : « Lorsque je dis que la bataille

1. Actes d e Léon X I I I , Arcanum Divinx Sapiientiœ, Maison de la Bonne


Press, 1 . 1 , p. 85.
2 . S. S. P I E X I I , Discours aux jeunes époux, t. I, p.' 4 2 .
[352]
— 16 —
est engagée entre l'Eglise et ses ennemis, je pourrais tout
aussi bien dire que la bataille que nous engageons est une
bataille pour la famille... L a bataille s'engage entre l'Eglise et
les ennemis de la famille... Je vous remets la cause de la fa-
mille catholique... J'espère que vous sentez, aussi vivement
que je le fais, l'importance de l'œuvre que vous avez à entre-
prendre: ramener la famille au monde et le monde à une
droite compréhension de la famille... La civilisation ne peut
être sauvée d'une autre manière » Adressées à la jeunesse
catholique d'Angleterre, ces paroles o n t une portée univer-
selle. Le sort de la foi chrétienne est tellement lié au sort de
la famille et la famille au sort de la foi chrétienne que nous
pouvons accepter ce message pour nous.
La conclusion pratique s'impose d'elle-même. P a r nos
mouvements d'action catholique et leurs auxiliaires nous
devons donner tous nos soins à l'apostolat familial. Il nous
semble bien que les plus belles réalisations de notre action
catholique aient été, jusqu'ici, le service de préparation au
mariage, les retraites de fiancés, le service d'orientation fami-
liale. Sans négliger les activités d'ordre économique et social,
destinées à procurer à tous nos foyers le bien-être matériel et
le milieu moral nécessaires à la pratique des vertus, ne
craignons pas d'intensifier cet apostolat.
N o t r e campagne de paix pourrait être menée sous le signe
de la formule: « La paix pour la famille et par la famille. »
S. S. Pie X I I nous y invite. « Il n ' y a pas de doute,
affirme-t-il, que si l'on veut trouver une solution durable à la
crise actuelle, il faudra rebâtir la société sur des fondements
moins fragiles, c'est-à-dire plus conformes à la source pre-
mière de t o u t e vraie civilisation, la morale du Christ. Il est
non moins certain que pour y parvenir il faudra a v a n t tout
rechristianiser les familles, d o n t beaucoup o n t oublié la mise
en pratique de l'Evangile, la charité qu'elle exige et la paix
!
qu'elle apporte . »

1. La Documentation catholique, « L'action constructive de l'Eglise »,


n° 993, juin 1947, col. 815, 820.
2. S. S. P I E X I I , Discours aux jeunes époux, 1 . 1 , p. 115

Jmprimi potest :
Jean-de-Capistran C A Y E R , O. F . M . , provincial.

Nihil ohstat:
Honorius R A Y M O N D , Censor dioc.

Imprimatur :
f J . - C . C H A U M O N T , EV. d'Arena, Aux. de Montréal.

19 octobre 1948.

[352]
L'ŒUVRE D E S TRACTS
|44. Le Scouttsme canadien-français. 222. Retraites pour collégiens . Abbé A. Mignolet
R . P . Paul Bélanger. S. J. 223. L'Impérieuse Mission de la jeunesse.
|45. L'Aumône . . . . Mgr Charles La marc he Roger Brossard
|46. Le Monument du Souvenir canadien. 224. L'Action catholique — II . . . S. S. Pie XI
L'hon. Rodolphe Lemieux 225. Congrès Eucharistique National de Québec.
I 53. Un groupe de jeunesse catholique. R . P . Auguste Grondin, S. S. S.
Abbé Aurèle Parrot 226. Lellre sur le communisme.
1>4. La Sanctification du dimanche . . . XXX S. Exc. Mgr Georges Gauthier
158. La Société St-Vincent-dc-Paul à Montréal. 227. Le Bienheureux Pierre-Julien Eymard.
J.-A. Julien R.P. Léo Boismenu, S. S. S.
1)9. Le Malaise économique . . . Nos Evêques 228. Mémoires des minorités au Canada . . O. T.
!63. Les Carrières —l. 229. La Vierge en Nouvelle-France — I.
. . . . Mgr Paquet et P. L. Lalande. S. J. P. Charles Dubé, S. J.
165. Les Carrières —II. 230. Congres mondial de la Jeunesse . . E. S. P.
. . . A.Perrault. C. R..et J.Sirois. N. P. 231. Doit-on tolérer la propagande communiste ?
167. Les Carrières— III Abbé Camille Poisson
Dr J. Gauvreau et A. Mailhiot 232. Une Université catholique au Japon.
168. Les Carrières— IV. R. P. Hugo Lasalle. S. J.
. . . . S. Exc. Mgr Vachon et A. Bédard 233. Le Front unique, piège communiste.
!()9. Encyclique » Dileclissima Nobis ». . . Entente internationale anticommuniste
S. S. Pie XI 234. The Bogey oj Fascism in Quebec. The Que-
|7I. L'Héroïque Aventure. bec « Padlock Eau) ».
R.P. Gérard Goulet. S. J. . . H. F. Quinn et G. A. Coughlin. K. C.
172. Les Carrières — V. „ 235. Vœux du premier Congrès de tempérance.
A. Champagne et P. Joncas E.S.P.
173. La Famine en Russie Cilacc 236. Doil-on laisser tes enjanls entrer au cinéma ?
174. Les Carrières—-VI . A.Rioux et A.Godbout Comité des Œuvres catholiques
176. Le Message de Jésus... Ses sources—II. 237. Guerre au blasphème. Vengeance de Satan l
R.P.L.-A.Tétrault. S.J. Abbé Georges Panneton
177. L'Eglise de Rome et les Eglises orientales. 240. Sa Sainteté Pie XII E. S. P.
Abbé J.-A. Sabourin 241. Lettre à l'épiscopat des Iles Philippines.
178. Les Carrières —VU. . S.S.PieXI
E. L'Heureux et A. Léveillé 242. Que pensent les maîtres de l'U. R.S.S. ?
179. Un Monastère de Bénédictines au Canada. S. E. P. E. S.
R. P. Paul Doncœur. S. J. 243. La Soumission de « l'Action française »
183. L'Apostolat . J. Sylvestre et A. Provencher E. S. P.
184. Pit.r le plein rendement des Retraites fermées. 244. Les Canadiens français et le Nouvel Ontario.
E. Mathieu et M. Chartrand . . .• Dr Raoul Hurtubise
185. Mgr Provencher . . R. P. Alex. Dugré. S.J. 245. Une élite dans l'industrie Abbé B. Gingras
186. Les Carrières — VIII. 246. Lettre encyclique « Sertum Leetitise »
. . E. Minville et A. Laurendeau S. S. Pie XII
187. Saint Jean Bosco . . P. René Girard. S. J . 247. La Vierge en Nouvelle-France — II.
189. La Retraite fermée et les feunes. P. Charles Dubé. S. J.
. . . Jean-Paul Verschelden 243. Allocutions de Noël S. S. Pie XII
190. Armand La Vergnc XXX 249. La Nouvelle Tactique du Komintern.
191. Les Br Martyrs Jésuites du Paraguay. Entente internationale
R . P . Tenneson. S. J. 250. La Science, la Foi, la Vision . S. S. Pie XII
192. La Retraite fermée, œuvre essentielle. 251. L'Histoire du Canada commcnce-i-elle en
Gérard Tremblay 176) ? G.-E. Marquis
197. Pacifisme révolutionnaire. 252. Mjr Adélard LangcVin. O. M. I.
« Lettres de Rome » Abbé Léonide Primeau
198. L'Œuvre des Gouttes de lait paroissiales. 253. Les Missions de la Compagnie de Jésus .S. J.
Dr Joseph Gauvreau 254. Aux jeunes mariés — I. . . S. S. Pie XII
199. Les Jésuites . . . . Abbé Joseph Cariépy 255. La Franc-Maçonnerie.
200. L'Œuvre des Terrains de Jeux . . O. T . J. Chanoine Georges Panneton
201. Sous la menace rouge. 256. IV° Centenaire de la Compagnie de Jésus.
R. P. Archambault. S. J . S. S. Pie XII
202. Un quart d'heure au pays du Soleil Levant. 257. Préparation à la Vie de famille.
Paul-Emile Léger. P. S. S. Mme Françoise Gaudet-Smet
206. L'Action catholique — I . . . S. S. Pie XI 258. L'Action catholique S. S. Pie XII
297. Le Cinéma S.S.PieXI 259. Messages Maréchal Pétain
210. Sœur Mathildc de la Providence. 260. Les Martyrs jésuites.
Marie-Claire Daveluy R. P. Archambault, S. J.
212. Noire régime pénitentiaire . Dr Joseph Risi 261. La puissance de la presse et sa mission.
213. L'Ordre social chrétien . . Cardinal Liénart Mgr Philippe Perrier
215. Lettre apostolique « Noses muy » S. S. Pie XI 262. L'Action catholique féminine . S. S. Pie XII
216. Le Père Marquette . Alexandre Dugré. S. J. 263. La Nouvelle Loi des liqueurs . . . E. S. P.
217. Sur les pas du Frère André. 264. Aux jeunes m a r i é s — I I . . . S . S . P i e X I I
Frère Leopold, C. S. C. 265. Trois regards sur Haïti . Abbé B. Gingras
218. La Mission Saint-Joseph de Sillery. 266. Jésuites E.S.P.
R. P. Léon Pouliot. S. J. 267. Y a-t-il une spiritualité d'Action catholique ?
219. L'Espagne dans les chaînes . . . Gil Robles Mgr Guerry
220. L'Expérience d'Antigonish. 268. Directives d'Action catholique . S. S. Pie XII
Abbé Livain Chiasson 269. Montréal, ville inconnue. Pierre Angers, S.J.
221. Le Saint Rosaire. 270, Dévotion à la sainte Famille.
S. S. Pie XI et S.S.Léon XIII R. P. Archambault,S. J.
L'ŒUVRE DES TRACTS
271. Ville-Marie. . . . Abbé Lionel Groulx et 315. Journal de retraite . . . . Joseph Tonîolo
Mgr Olivier Maurault ,P. S. S. 316. Centenaire de la conversion du cardinal
272. Aux nouveaux époux , . . . S. S. Pie XII NeWman . . . . Alexandre Dugré, S. J.
273. Nous mai attendrons. Antoine Rivard, C. R. 317. Faut-il continuer la lutte contre le commu-
274. Le Couvre-Feu . R. P. Archambault, S. J. nisme ? E. S. P.
275. La Nativité de la Sainte-Vierge d'Hochelaga. 318. La vérité sur l'Espagne.
Abbé Henri Deslonghamps S. Exc. Mgr Pla y Deniel
277. La Retraite fermée et la paix sociale. 319. La Charité chrétienne . . Eugène Thérien
A.-H. Tremblay 320. Voix catholiques de l'Allemagne et de l'Au-
278. La Question sociale . . . Episcopat anglais triche Episcopat
279. Les Internationales . . . . C.-E.Campeau 321. Au pays de Jolliet Dollard Cyr
280. La Prière pour les prêtres.Marc Ramus, S.J. 322. Les œuvres pontificales de charité durant la
281. Les Carrières — IX. guerre R . P . Cavalli, S. J.
. . Abbé L. Desmarais et R.-O. de Carufel 323. Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres en
282. Si les femmes voulaient... Gaspésie Abbé Pierre Veîlleux
R. P. Georges Desjardins. S. J. 324. Franco et l'Espagne E.S.P.
283. U T. R. P. Wladimir Ledôchowski. 325. La première Sainte américaine.
R. P. Joseph Ledit. S. J. Luigi d'Apollonia.S.J.
284. Le Komintern E. S. P. 326. Cinquante ans de journalisme catholique.
285. Dieu et son Eglise . R. P. P. Harvey. S. J. E. S. P.
286. Le Français en Acadie. 327. La Bible, J Jacques Leclcrc, O. F. M.
S. Exc. Mgr Robichaud Votre livre. ) Léandre Poirier, O. F. M.
288. L'Œuvre des Vocations. 328. Pour les bibliothèques publiques.
R. P. Archambault. S. J. G.-E. Marquis
290. La Russie soviétique . . . . Max Eastman 329. L'Etablissement des jeunes J.-M. Gauvreau
291. Mission des Universités . . Lord Halifax et 330. Dans les trois Amériques. Chanoine Cardijn
Oscar Halecki 331. Regards sur l'Allemagne occupée . . E . S . P .
292. La Pologne héroïque et martyre . . E. S. P. 332. Les • témoins » d'une sottise .René Bergeron
293. La guerre germano-soviétique et la question 333. L'Apostolat des temps nouveaux.
du bolchevisme E. I. A. R. P. Desqueyrat. S. J.
294. Mère Marie-du-Saini-Esprit. 334. Le bienheureux Contardo Ferrini.
. . . . Abbé Clovis Rondeau. P. M. E. Gactano di Sales
295. La Révolution nationale . Oliveira Salazar 335. Mgr Philippe Perrier . . . Omer Héroux.
296. Nos devoirs envers le Pape. . Chan. Groulx. L.-Athanase Frechette
. . R. P. Bonaventure Péloquin. O. F. M. 336. L'U.R. S. S..terre d'oppression . . E.S.P.
297. L'Attaque des Soviets contre le Vatican. 337. Saint Bernardin Réalino.
Mgr Fulton Sheen Jean L'Archevêque, S. J.
298. La Délinquence juvénile et la guerre. 338. Le Logement ouvrier . . Chanoine Lesage
. . . R. P. Valere Massicotte. O. F. M. 339. Quelle est la bonne Eglise ?...
299. Un programme de prophylaxie. R. P. Patrick Harvey. S. J.
Paul Gemahling 340, Sous le régime soviétique XXX
300. Le Centenaire des Saurs Crises. 341. La Retraite de trente fours Joseph Ledit, S. J,
Abbé Léonide Primeau 342, Catholiques de tous les pays. unissez-Vous !
301. Pourquoi voler — Comment voler . E. S. P. . . .R.P. Remigius Dieteren, O. F. M.
302. Russie et communisme E. S. P. 343. Une vie rayonnante.
303. La Terre qui naît . R. P. Alex. Dugré, S. J. Mme Roch;l:au Rouleau
304. Le foyer familial et la responsabilité des 344, Vers les brevis perdues Abbé Georges Thuot
parents J.-Omer Ass:lin 345, Vers la compétence.
305. Varennes agricole . . Firmîn Létourneau Joseph-P. Archambault, S. J.
307. S S. Pie XII et la Papauté. 346. Lecteurs et Libraires I . P. P. Gay, C.S.Sp.
Chanoine Alphonse Fortin 347
Lecteurs et Libraires II . P. P. Gay. C.S.Sp.
308. L'Ordre Hospitalier de Saint Jean-de-Dieu. *
Maurice Ruest. S.J. - Jeunesse communiste internationale
3 4 8 .E.S.P.
309. Kar Lueger P. Coulet 349. Pour un dimanche chrétien.
310. Justice pour la Pologne . Abbé L. Lefebvre R. P. Archambault. S. J.
et Dr J. J. McCann. M. P. 3 5 9 . Le Mouvement international catholique.
31 I. Le Canada, son passé, son avenir. Giovanni Hoyois
Thibaudeau Rinfret
Qu'est-ce que la Bible?
312. L'Evolution de l'Action catholique ouvrière. • •
Abbé Maxime Hua Jean-Louis Vézina. S. J.
313. Bases essentielles de l'Union panaméricaine. 352. La paix pour la famille et par la famille
Guillermo Gonzalez, S. J. . . . R. P. Bernardin Verville, O. F. M.

N . B . — L e s numéros omis sont épuisés.

Prix: 1 0 s o u s l'exemplaire, f r a n c o ; $ 1 . 0 0 la d o u z a i n e ; $ 7 . 5 0 le c e n t .

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