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TD14-sol 2020

Le document présente des exercices et solutions en géométrie différentielle, abordant des concepts tels que les applications de Gauss, les surfaces minimales et convexes. Il démontre des propriétés des surfaces orientées, notamment la préservation des formes fondamentales par isométries et les conditions pour qu'une surface soit minimale. Enfin, il établit que toute surface convexe dans R3 est la frontière d'un ensemble convexe.

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Géométrie Différentielle, TD 14 du 14 mai 2020

1. Exercices

1. Questions diverses
Soit S ⊆ R3 une surface orientée.
1– Justifier que l’application de Gauss ν : S → S2 est C ∞ .
2– Soit f : R3 → R3 une isométrie directe de R3 , on munit la surface compacte f (S) ⊆ R3 de l’orien-
tation de S poussée par f . Montrer que les secondes formes fondamentales de S et f (S) coïncident
au sens où : ∀p ∈ S, X, Y ∈ Tp S,
IIS (X, Y ) = IIf (S) (T f X, T f Y )

3– Montrer que le résultat précédent devient faux si f n’est qu’un plongement isométrique de S dans
R3 (qui ne s’étend pas à R3 à priori).
4– Soit σ ∈ Ω2 (S) la forme d’aire sur S (pour la métrique induite par R3 ), α ∈ Ω2 (S2 ) la forme volume
standard sur S2 . Justifier que pour tout p ∈ S, on a
σp = αν(p)

Solution :

1– On se donne une base locale (X1 , X2 ) de champs de vecteurs, définie sur un ouvert U de S .
On se donne p ∈ U , X3 : U → R3 fonction constante telle que (X1 (p), X2 (p), X3 (p)) est une
base de R3 . Quitte à réduire U , c’est une base en tout point de U . On applique ensuite le procédé
d’orthonormalisation de Gram-Schmidt (préservant le caractère C ∞ ) pour obtenir un nouveau triplet
(Y1 , Y2 , Y3 ). On a Y3 = ν, donc ν est C ∞ .
2– La condition d’isométrie implique que f préserve la distance entre les points : pour tout x, y ∈ R3 ,
on a d(f (x), f (y)) = d(x, y). C’est un exercice classique que d’en déduire que f ∈ SO(3, R). On
pourra donc confondre f et T f .
Soit (X, Y ) une base orthonormée directe de T S en un point p ∈ S, alors par définition de l’orien-
tation sur f (S), le couple (f X, f Y ) est une base orthonormée directe de f (S) en f (p). De plus,
comme f préserve l’orientation de R3 , le triplet (f X, f Y, f νS (f (p)) est une base orthonormée di-
recte de R3 . On en déduit que f ◦ νS = νf (S) ◦ f , puis que f ◦ dνS = dνf (S) ◦ f , puis que
IIS (X, Y ) = −hdνS (X), Y i = −hf dνS (X), f Y i = −hdνf (S) (f X), f Y i = IIf (S) (f X, f Y ) comme
attendu.
3– Il suffit de vérifier que les courbures principales ne sont pas toujours préservées par isométrie locale.
Considérons par exemple : S =]0, 1[2 ×{0} ⊆ R3 , f : S → R3 , (x, y) 7→ (x, cos(y), sin(y)). C’est un
plongement isométrique. Cependant S a ses courbures principales nulles (car ν est constante) mais
f (S) est un ouvert du cyclindre de R × S 1 donc a une de ses courbures principales non nulle.
2 Géométrie différentielle – 14/05/2020

4– Par définition, σp est l’unique forme bilinéaire alternée sur Tp S telle que si (X1 , X2 ) est une base
orthonormée directe de Tp S, on a σp (X1 , X2 ) = 1.
Par définiton, αν(p) est l’unique forme bilinéaire alternée sur Tν(p) S2 telle que si (X1 , X2 ) est une
base orthonormée directe de Tν(p) S2 , on a σp (X1 , X2 ) = 1.
Il est clair que les espaces vectoriels euclidiens Tp S et Tν(p) S2 coïncident. Il s’agit donc de voir qu’ils
ont même orientation. Or une base (X1 , X2 ) est directe dans Tp S ssi (X1 , X2 , ν(p)) est direct dans
R3 ssi (X1 , X2 ) est directe dans Tν(p) S2 par définition de l’orientation de S2 . D’où le résultat.

2. Surfaces minimales
Soit S une surface riemannienne orientée connexe. La métrique riemanienne sur S induit une forme
volume sur S notée volS , ainsi qu’une norme |.| sur chaque espace tangent ou cotangent.
1– On note J a rotation d’angle +π/2 dans chaque espace tangent ou cotangent, i.e. si (X1 , X2 ) est une
base orthonormale directe locale de T S, et (X 1 , X 2 ) sa base duale, alors JX1 = X2 , JX2 = −X1 ,
et de même JX 1 = X2 , JX 2 = −X 1 . Montrer que si α est une 1-forme sur S, alors on a :
α ∧ Jα = |α|2 volS
2– Pour toute fonction f ∈ C ∞ (S, R), on
R définit sonR laplacien en posant : ∆f := d(J(df )) ∈ Ω2 (S).
2
Montrer que si S est compacte, on a S f ∆f = − S |df | volS , puis que ∆f = 0 si et seulement si f
est constante.
3– On suppose S isométriquement plongée dans R3 . Soit v ∈ R3 , fv : S → R l’application définie par
fv (x) := hv, xi.
- Calculer ∆fv (on pourra décomposer dfv dans la base locale (X 1 , X 2 ) puis appliquer (IV.11) et
(IV.14) du cours).
- En déduire que S est minimale (i.e. de courbure moyenne nulle) si et seulement si ∆fv = 0 pour
tout v ∈ R3 .
4– En déduire qu’il n’existe pas de surface minimale compacte dans R3 .

Solution :

1– Il suffit de le prouver localement. On se donne X 1 , X 2 comme dans l’énoncé, base locale des sections
du fibré cotangent sur un ouvert U ⊆ X. On peut décomposer α = aX 1 + bX 2 où a, b ∈ C ∞ (U ).
Alors α ∧ Jα = a2 X 1 ∧ X 2 − b2 X 2 ∧ X 1 = |α|2 X 1 ∧ X 2 avec volS = X 1 ∧ X 2 par définition de volS .
R
2– On a d(f J(df )) = df ∧ J(df ) + f ∆f . Or S
d(f J(df )) = 0 d’après la formule de Stokes. Donc
2
R R R
S
f ∆f = − S
df ∧ J(df ) = − S
|df | vol S d’après la question précédente.
3– - On se donne des bases locales (X1 , X2 ), (X 1 , X 2 ) comme dans l’énoncé, définie sur un ouvert U
de S. En tout point p ∈U , la seconde
 forme fondamentale IIp est représentée dans la base (X1 , X2 )
e(p) f (p)
par une matrice IIp = . On va montrer qu’en tout point de U ,
f (p) g(p)
∆fv = hv, νi(e + g) X 1 ∧ X 2
où ν : S → S2 désigne l’application de Gauss.

L’application fv est linéaire donc coïncide avec sa différentielle. On peut ainsi écrire en tout point
de U ,
dfv = hv, X1 iX 1 + hv, X2 iX 2
Géométrie différentielle – 14/05/2020 3

puis
J(dfv ) = hv, X1 iX 2 − hv, X2 iX 1
On rappelle les formules suivantes démontrées en cours : Il existe une unique 1-forme ω sur U telle
que dX 1 = ω ∧ X 2 , dX 2 = −ω ∧ X 1 , et elle vérifie dX1 = ωX2 + A1 ν, dX2 = −ωX1 + A2 ν
où A1 := II(X1 , .) = eX 1 + f X 2 , A2 := II(X2 , .) = f X 1 + gX 2 (où on voit X1 , X2 comme des
applications de S dans R3 ). Différencions :

∆fv = hv, dX1 i ∧ X 2 + hv, X1 idX 2 − hv, X2 i ∧ X 1 − hv, X2 idX 1


= hv, X2 iω ∧ X 2 + hv, νiA1 ∧ X 2 − hv, X1 iω ∧ X 1 + hv, X1 iω ∧ X 1 − hv, νiA2 ∧ X 1 − hv, X2 iω ∧ X 2
= hv, νiA1 ∧ X 2 − hv, νiA2 ∧ X 1
= hv, νi(e + g)X 1 ∧ X 2

ce qui est la formule annoncée.

- Si la surface est minimale, on a tr(II) = e + g = 0 en tout point de U donc ∆fv = 0 sur U quelque
soit v ∈ R3 . Comme U peut être choisi comme un voisinage de n’importe quel point, on a ∆fv = 0
sur tout S.
Réciproquement, supposons ∆fv = 0 pour tout v ∈ R3 . Soit p ∈ U . On choisit v = ν(p). L’expression
de ∆fν(p) donne que e(p) + g(p) = 0 Ainsi tr(II) = 0 sur U puis sur S tout entier car U peut être
choisi comme un voisinage de n’importe quel point.
4– On raisonne par l’absurde : Supposons qu’il existe S ⊆ R3 une surface compacte minimale. On peut
la supposer connexe, orientée. D’après les questions 2 et 3, on a que pour tout v ∈ R3 , la fonction
fv est constante sur S. En spécifiant v = e1 et v = e3 , on a que S est inclus dans une intersection
de translatés : S ⊆ (w1 + {0} × R2 ) ∩ (w2 + R2 × {0}) qui est une droite affine. Absurde car S est
une surface.
4 Géométrie différentielle – 14/05/2020

3. Surfaces convexes
Soit Σ une surface compacte connexe orientée de R3 . On suppose que Σ est convexe, c’est-à-dire que sa
courbure K est strictement positive en tout point. Le but de cet exercice est de montrer que Σ est la
frontière d’un ensemble convexe au sens usuel.
On note ν : Σ → S2 l’application de Gauss de Σ.
1– On note σ la forme d’aire sur Σ et α2 = xdy ∧ dz + ydz ∧ dx + zdx ∧ dy la forme volume standard
sur S2 . Montrer que ν ∗ (α2 ) = Kσ.
2– Montrer que ν est un difféomorphisme local de degré strictement positif.
3– Montrer que Σ a la même caractéristique d’Euler que S2 et que deg ν = 1.
4– Montrer que ν est un difféomorphisme.
5– Soit p = (x0 , y0 , z0 ) l’unique point tel que ν(p) = (0, 0, 1). Montrer que, quitte à munir Σ de
l’orientation opposée, on a Σ contenue dans {(x, y, z) ∈ R3 | z 6 z0 }.
2 3
T u0 ∈ Σ et v ∈ S , on note H(u0 , v) = {u ∈ R | hu − u0 , vi 6 0}. Montrer que Σ ⊂
6– Pour
H(u0 , ν(u0 )).
u0 ∈Σ
T
7– Montrer que H(u0 , ν(u0 )) est un ensemble convexe ayant pour bord Σ.
u0 ∈Σ

Solution :
 
λ 0
1– Soit p ∈ Σ. Soit (u, v) une base orthonormale de Tp Σ dans laquelle dp ν s’écrit . Alors
0 µ

ν ∗ (α2 )p (u, v) = (α2 )ν(p) (dp ν(u), dp ν(v)) = (α2 )ν(p) (λu, µv) = λµ = K(p)σp (u, v).

Donc ν ∗ (α2 )p et K(p)σp coïncident sur Λ2 Tp Σ, d’où ν ∗ (α2 ) = Kσ.


 
λ 0
2– Comme K(p) > 0 pour tout p ∈ Σ, dp ν s’écrit avec λ et µ non nuls, donc dp ν est inversible
0 µ
et ν est un difféomorphisme local. De plus,
Z Z Z
deg(ν) α2 = ν ∗ (α2 ) = Kσ > 0
S2 Σ Σ

donc deg(ν) > 0.


3– On a
χ(Σ) = dim(H 0 (Σ)) − dim(H 1 (Σ)) + dim(H 2 (Σ)) = 2 − dim(H 1 (Σ)) 6 χ(S2 ).
De plus,
Z Z
1 1
χ(Σ) = Kσ = deg(ν) α2 = deg(ν)χ(S2 )
2π Σ 2π S2

donc χ(Σ) > χ(S2 ). On en déduit χ(Σ) > χ(S2 ) = 2 et l’égalité χ(Σ) = deg(ν)χ(S2 ) montre que
deg ν = 1.
4– Comme ν ∗ (α2 ) = Kσ et K > 0, ν préserve l’orientation. Donc deg ν = 1 est le nombre d’antécédents
d’une valeur régulière. Comme ν est un difféomorphisme local, on en déduit que tout point de S2
est valeur régulière et donc admet exactement un antécédent par ν. L’application ν est donc une
bijection et un difféomorphisme local en tout point : c’est donc un difféomorphisme.
Géométrie différentielle – 14/05/2020 5

5– On considère l’application
Σ → R
f:
(x, y, z) 7→ z
Comme Σ est compacte, f atteint son maximum. Soit u = (x1 , y1 , z1 ) un point en lequel le maximum
est atteint. Alors du f|Tu Σ = 0, i.e. du fν(u)⊥ = 0. Comme df = dz, ν(u)⊥ ⊂ ker dz = (0, 0, 1)⊥ . Par
égalité des dimensions, on a égalité des espaces et donc ν(u) = (0, 0, 1) ou ν(u) = (0, 0, −1). En
considérant le minimum de f , on voit que le maximum et le minimum de f sont obtenus en les points
p et q tels que ν(p) = (0, 0, 1) et ν(q) = (0, 0, −1). En choisissant l’orientation de Σ de telle sorte à
ce que les valeurs propres de dν soient positives, on déduit d’une étude en coordonnées locales que
le maximum de f est atteint au point p tel que ν(p) = (0, 0, 1).
6– On fait le même raisonnement avec la fonction u 7→ hu, ν(u0 )i pour tous les u0 de Σ.
7– C’est un ensemble convexe comme intersection d’ensembles convexes. Soit u0 ∈ Σ. Soit un = u0 +
1 1
T
n ν(u0 ). Alors hu n − u 0 , ν(u0 )i = n > 0 donc un ∈
/ H(u 0 , ν(u0 )). De plus, un → u0 donc
u0 ∈Σ n→∞
3
T T T
u0 ∈ R \ H(u0 , ν(u0 )). Comme Σ ⊂ H(u0 , ν(u0 ), on en déduit u0 ∈ ∂ H(u0 , ν(u0 ))
u0 ∈Σ T u0 ∈Σ u0 ∈Σ
et donc Σ ⊂ ∂ H(u0 , ν(u0 )).
u0 ∈Σ
T
Réciproquement, soit u ∈ ∂ H(u0 , ν(u0 )). Par compacité de Σ, il existe u0 ∈ Σ tel que u ∈
u0 ∈Σ
∂H(u0 , ν(u0 )) i.e. hu − u0 , ν(u0 )i = 0, i.e. u − u0 ∈ Tu0 Σ. Supposons par l’absurde que u 6= u0 . On se
donne c :] − ε, ε[→ Σ un chemin lisse tel que c(0) = u0 , c0 (0) = u − u0 (dans l’idée, c va de u0 vers u).
d
On calcule dt |t=0
hu−c(t), ν(c(t))i = −hu−u0 , ν(u−u0 )i+hu−u0 , dν(u−u0 )i = hu−u0 , dν(u−u0 )i.
Or l’orientation est choisie de sorte que la seconde forme fondamentale est définie positive. On a
d
donc dt |t=0
hu − c(t), ν(c(t))i > 0, puis hu − c(t), ν(c(t))i > 0 pour t > 0 assez petit, ce qui est
absurde.

4. Courbure de Gauss

1– Calculer la courbure de Gauss de la sphère unité S2 de R3 .


2– Soit S ⊂ R3 une surface compacte connexe orientée. Montrer qu’il existe x ∈ S tel que la courbure
de Gauss K(x) en x soit strictement positive (on pourra considérer un point à distance maximale
de l’origine).
3– Soit S ⊂ R3 une surface compacte connexe orientée qui n’est pas difféomorphe à S2 . Montrer qu’il
existe x ∈ S tel que K(x) = 0.
4– Montrer qu’on peut trouver une surface compacte connexe orientée S ⊂ R3 difféomorphe à S2 qui
possède un point de courbure de Gauss nulle.

Solution :

1– L’application de Gauss est l’identité. Il est donc immédiat de calculer que la courbure est constante
égale à 1.
2– Comme S est compacte, on peut trouver un point p ∈ S à distance maximale de l’origine. Quitte à
effectuer une rotation et une homotéthie, on peut supposer que p = (0, 0, 1). On se donne U ⊆ R2
voisinage ouvert de 0 et z : U → R une application C ∞ tels que l’application U → R3 , (x, y) 7→
(x, y, z(x, y)) est une paramétrisation de S au voisinage de p. On a z(0, 0) = 1, dz(0,0) = 0. On
6 Géométrie différentielle – 14/05/2020

peut donc écrire z(x, y) = 1 + ex2 + 2f xy + gy 2 + O(|x, y|3 ). Quitte à choisir d’autres coordonnées
orthonormales directes sur R2 × {0} (ce qui n’affecte pas la courbure en p), on peut supposer que
z(x, y) = 1 + ex2 + gy 2 + O(|x, y|3 ). Onp
a alors en p que K(p) = 4eg (cf. cours). Par maximalité de
la norme en p, on peut écrire z(x, y) 6 1 − x2 − y 2 ≈ 1 − 12 (x2 + y 2 ). Cela force e 6 − 21 , g 6 − 12
puis K(p) > 1.
3– Par le théorème de Gauss-Bonnet et classificiation des surfaces compactes orientables, l’intégrale sur
S de la courbure est négative ou nulle (car S n’est pas difféomorphe à S2 ). Il existe donc un point
y où la courbure est négative ou nulle. Comme la courbure est strictement positive en un point x,
la connexité de S assure qu’il existe un point où la courbure s’annule.
4– Il suffit de plonger S2 dans R3 de sorte qu’il existe un ouvert de S2 dont l’image est contenue dans
un plan.

5. Calcul de courbure
On définit une surface de révolution en se donnant une sous variété connexe L ⊆ R>0 × {0} × R de
dimension 1 et en appelant Σ l’orbite de L sous le groupe des rotations d’axe (Oz). On peut se donner
un chemin lisse γ : R → R × {0} × R, s 7→ (g(s), 0, h(s)) parcourant L à vitesse 1. On a alors
Σ = {(g(s) cos(θ), g(s) sin(θ), h(s)) | s ∈ R, θ ∈ R}

L’application ϕ : (s, θ) 7→ (g(s) cos(θ), g(s) sin(θ), h(s)) donne une paramétrisation locale de Σ, justifiant
que Σ est bien une sous variété de R3 .

1– Montrer que la métrique riemannienne sur Σ s’écrit ds2 + g(s)2 dθ2 .


2– Calculer la courbure de Σ en ϕ(s, θ) en fonction de s et θ.
3– Calculer la courbure d’un tore de révolution muni de la métrique induite par celle de l’espace
euclidien. Le théorème de Gauss-Bonnet est-il vérifié ?

Solution :
∂ ∂
1– On note ( ∂s , ∂θ ) la base canonique de {(s, θ) ∈ R2 }. Il s’agit d’évaluer la métrique riemanienne
induite par R dans la base (ϕ? ∂∂s , ϕ? ∂∂θ ) de Tϕ(s,θ) Σ.
3

On a
∂ ∂
T(s,θ) ϕ( )= ϕ(s, θ) = (g 0 (s) cos(θ), g 0 (s) sin(θ), h0 (s))
∂s ∂s
et
∂ ∂
T(s,θ) ϕ( )= ϕ(s, θ) = (−g(s) sin(θ), g(s) cos(θ), 0).
∂θ ∂θ
Cela fournit
∂ 2
kT(s,θ) ϕ( )k = g 0 (s)2 cos2 (θ) + g 0 (s)2 sin2 (θ) + h0 (s)2 = g 0 (s)2 + h0 (s)2 = 1,
∂s
∂ 2
kT(s,θ) ϕ( )k = g(s)2 ,
∂θ
∂ ∂
hT(s,θ) ϕ( ), T(s,θ) ϕ( )i = −g 0 (s)g(s) cos(θ) sin(θ) + g 0 (s)g(s) cos(θ) sin(θ) + 0 = 0.
∂s ∂θ
D’où le résultat.
Géométrie différentielle – 14/05/2020 7

∂ ∂
2– Notons Xs = T(s,θ) ϕ( ∂s ) et Xθ = T(s,θ) ϕ( ∂θ ). Ces vecteurs forment une base (directe) de Tϕ(s,θ) Σ.
Un vecteur normal à Σ est alors donné par le produit extérieur n1 = Xs ∧ Xθ , ce qui fournit
 0 
−h (s)g(s) cos(θ)
n1 =  −h0 (s)g(s) sin(θ) 
g 0 (s)g(s)
Pour obtenir νϕ(s,θ) , il faut un vecteur de norme 1, et on remarque que
 0 
−h (s) cos(θ)
νϕ(s,θ) =  −h0 (s) sin(θ) 
g 0 (s)
est bien un vecteur normal de norme 1. Calculons la valeur de la seconde forme fondamentale dans
1
la base orthonormée (Xs , g(s) Xθ ). Pour commencer, on a
 00 
−h (s) cos(θ)

dϕ(s,θ) ν[Xs ] = νϕ(s,θ) =  −h00 (s) sin(θ) 
∂s
g 00 (s)
et  0 
h (s) sin(θ)
1 1 ∂ 1  0
dϕ(s,θ) ν[ Xθ ] = νϕ(s,θ) = −h (s) cos(θ) .
g(s) g(s) ∂θ g(s)
0
Cela donne
hdϕ(s,θ) ν[Xs ], Xs i = −h00 (s)g 0 (s) cos2 (θ) − h00 (s)g 0 (s) sin2 (θ) + h0 (s)g 00 (s) = −h00 (s)g 0 (s) + h0 (s)g 00 (s),
hdϕ(s,θ) ν[Xs ], Xθ i = h00 (s)g(s) cos(θ) sin(θ) − h00 (s)g(s) cos(θ) sin(θ) + 0 = 0,
1 1 1 0 2 0 2
 −h0 (s)g(s) −h0 (s)
hdϕ(s,θ) ν[ Xθ ], Xθ i = −h (s)g(s) sin (θ) − h (s)g(s) cos (θ) + 0 = = .
g(s) g(s) g(s)2 g(s)2 g(s)
1
La seconde forme fondamentale est donc diagonale dans la base orthonormée (Xs , g(s) Xθ ), et la
courbure K en ϕ(s, θ) vaut alors
−h0 (s) h0 (s)h00 (s)g 0 (s) − h0 (s)2 g 00 (s)
K(ϕ(s, θ)) = (−h00 (s)g 0 (s) + h0 (s)g 00 (s)) = .
g(s) g(s)
On peut simplifier cette expression. Comme g 0 (s)2 +h0 (s)2 = 1, on obtient en dérivant : 2g 0 (s)g 00 (s)+
2h0 (s)h00 (s) = 0, donc h0 (s)h00 (s) = −g 0 (s)g 00 (s). D’où
−g 0 (s)g 00 (s)g 0 (s) − h0 (s)2 g 00 (s)
K(ϕ(s, θ)) =
g(s)
−g 0 (s)2 g 00 (s) − (1 − g 0 (s)2 )g 00 (s)
=
g(s)
g 00 (s)
=− .
g(s)
3– Pour le tore de rayon R et de rayon intérieur ρ, le paramétrage à vitesse 1 du cercle qu’on fait
tourner est donné par (g(s), h(s)) = (R + ρ cos(s/ρ), ρ sin(s/ρ)). On a alors
g 00 (s) cos(s/ρ)
K(ϕ(s, θ)) = − = .
g(s) ρ(R + ρ cos(s/ρ))
Dans le cas du tore, le paramétrage
R/2ϕρZ × R/2ϕZ → Σ
ϕ:
(s, θ) 7→ ((R + ρ cos(s/ρ)) cos(θ), (R + ρ cos(s/ρ)) sin(θ), ρ sin(s/ρ)))
8 Géométrie différentielle – 14/05/2020

est un difféomorphisme. En notant ω0 la forme d’aire sur le tore, on a :


Z Z Z
Kω0 = ϕ∗ (Kω0 )
Σ
Zs Zθ
= ϕ∗ (K)ϕ∗ (ω0 )
s θ
Z Z
= ϕ∗ (K)g(s)dsdθ
s θ
Z 2πρ Z 2π
cos(s/ρ)
= (R + ρ cos(s/ρ))dsdθ
s=0 θ=0 ρ(R + ρ cos(s/ρ))
Z 2πρ Z2π
cos(s)
= dsdθ
s=0 θ=0 ρ
Z 2π Z 2π
= cos(s)dsdθ
s=0 θ=0
= 0.
Donc le théorème de Gauss-Bonnet est bien vérifié.
Géométrie différentielle – 14/05/2020 9

2. Indications

Exercice 1 :
1.1 : Orthogonalisation de Gram-Schmidt.
1.2 : Remarquer qu’une isométrie directe f de R3 provient de l’action d’un élément de SO3 (R) (donc est
linéaire) pour montrer que f ◦ dνS = dνf (S) ◦ f .
1.3 : Montrer que S =]0, 1[2 ×{0} ⊆ R3 est isométrique à un pan de cylindre.
1.4 : Se rappeler les définitions de σ et α en termes de bases orthonormées directes.

Exercice 2 :
2.1 : Il suffit de raisonner localement. Sur un ouvert U assez petit, on peut alors écrire α = aX 1 + bX 2
où a, b ∈ C ∞ (U ).
2.2 : Formule de Stokes.
2.3 : localement, la seconde
 forme fondamentale
 IIp en un point p est représentée dans la base (X1 , X2 )
e(p) f (p)
par une matrice IIp = . Montrer qu’on a localement
f (p) g(p)
∆fv = hv, νi(e + g) X 1 ∧ X 2
où ν : S → S2 désigne l’application de Gauss.
2.4 : D’après ce qui précède, toute fonction fv serait constante sur une telle surface.

Exercice 3 :
3.1 : Soit p ∈ Σ. Il existe une base orthonormée directe dans laquelle dνp est représentée par une matrice
diagonale.
3.2 : Exprimer le degré de ν à l’aide de ν ∗ α2 .
3.3 : Vérifier d’abord que χ(Σ) 6 χ(S2 ) en revenant à la définition de la caractéristique d’Euler. Appliquer
le théorème de Gauss-Bonnet pour obtenir l’inégalité inverse, puis que deg ν = 1.
3.5 : Considérer l’application
Σ → R
f:
(x, y, z) 7→ z
et expliciter l’espace tangent de Σ en un extrémum de f .
3.6 : Utiliser 3.5 et la connexité de Σ.
3.7 : En utilisant la compacité de Σ, montrer qu’un point u du bord vérifie hu − u0 , ν(u0 ) = 0 pour un
certain point u0 ∈ Σ. Montrer alors que u = u0 en considérant un chemin lisse c :] − ε, ε[→ Σ tel que
c(0) = u0 , c0 (0) = u − u0 et en utilisant la stricte positivité de la courbure.

Exercice 4 :
4.2 : Soit p ∈ S à distance maximale de l’origine. Quitte à faire agir une isométrie, puis une homotéthie
(ce qui peut affecter la courbure de Gauss, mais pas son signe), on peut supposer p = (0, 0, 1). En
voyant la surface S au voisinage de p comme le graphe d’une fonction (x, y) 7→ z(x, y), montrer avec un
développement limité que K(p) > 1.
10 Géométrie différentielle – 14/05/2020

4.3 : Se rappeler la classification des surfaces compactes orientables : il n’y a que la sphère et les sommes
connexes de tores. Utiliser ensuite la formule de Gauss-Bonnet.

Exercice 5 :
∂ ∂
5.1 : Il s’agit de calculer T(s,θ) ϕ( ∂s ) et T(s,θ) ϕ( ∂θ ), leurs normes et leur produit scalaire.
∂ ∂
5.2 : Noter Xs = T(s,θ) ϕ( ∂s ) et Xθ = T(s,θ) ϕ( ∂θ ) et normaliser le produit extérieur Xs ∧ Xθ pour
obtenir une expression explicite de νϕ(s,θ) . Calculer ensuite dϕ(s,θ) ν[Xs ] et dϕ(s,θ) ν[Xθ ] et en déduire une
1
expression de la seconde forme fondamentale dνϕ(s,θ) dans la base orthonormée Xs , g(s) Xθ . A la fin (et
00
g (s)
en utilisant que g 0 + h0 = 1) on obtient : K(ϕ(s, θ)) = −
g(s)
R
5.3 : Pour montrer que Σ Kω0 = 0 et ainsi vérifier la formule de Gauss-Bonnet, tirer en arrière la forme
Kω0 par une paramétriation globale du tore donnée par
R/2ϕρZ × R/2ϕZ → Σ
ϕ:
(s, θ) 7→ ((R + ρ cos(s/ρ)) cos(θ), (R + ρ cos(s/ρ)) sin(θ), ρ sin(s/ρ)))
Il s’agit alors de montrer que s θ ϕ∗ (Kω0 ) = 0.
R R

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