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Exochapitre 3 Corr

Le document présente une série d'exercices sur la géométrie riemannienne, abordant des concepts tels que la torsion, les identités de Bianchi, et la courbure de Gauss. Chaque exercice est accompagné d'une solution détaillée, démontrant des propriétés fondamentales des variétés riemanniennes et des métriques. Les résultats incluent des relations entre courbures pour des métriques conformes et des propriétés des isométries sur la sphère.

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Exochapitre 3 Corr

Le document présente une série d'exercices sur la géométrie riemannienne, abordant des concepts tels que la torsion, les identités de Bianchi, et la courbure de Gauss. Chaque exercice est accompagné d'une solution détaillée, démontrant des propriétés fondamentales des variétés riemanniennes et des métriques. Les résultats incluent des relations entre courbures pour des métriques conformes et des propriétés des isométries sur la sphère.

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Géométrie Riemannienne : exercices du chapitre 3

Exercice 1 Soit M une variété munie d’une connexion ∇, V et W des champs de


vecteurs, f une fonction sur M . Montrer que ∇2V,W f − ∇2W,V f = −∇T (V,W ) f .

Solution de l’exercice 1. Commutation des dérivées secondes des fonctions.

∇2V,W f − ∇2W,V f = ∇V ∇W f − ∇W ∇V f − ∇∇V W −∇W V f


= ∇[V,W ]−∇V W +∇W V f
= −∇T (V,W ) f

par définition de la torsion.

Exercice 2 Démontrer la première identité de Bianchi Rv,w z + Rw,z v + Rz,v w = 0.

Solution de l’exercice 2. Preuve de la première identité de Bianchi.


Soient V , W , Z trois champs de vecteurs. On suppose la connexion sans torsion.
Alors

RV,W Z + RW,Z V + RZ,V W = ∇V ∇W Z − ∇W ∇V Z − ∇[V,W ] Z


+∇W ∇Z V − ∇Z ∇W V − ∇[W,Z] V
+∇Z ∇V W − ∇V ∇Z W − ∇[Z,V ] W
= ∇V (∇W Z − ∇Z W ) + ∇W (∇Z V − ∇V Z)
+∇Z (∇V W − ∇W V )
−∇[V,W ] Z − ∇[W,Z] V − ∇[Z,V ] W
= ∇V [W, Z] − ∇[W,Z] V + ∇W [Z, V ] − ∇[Z,V ] W
+∇Z [V, W ] − ∇[V,W ] Z
= [V, [W, Z]] + [W, [Z, V ]] + [Z, [V, W ]]
= 0

d’après l’identité de Jacobi pour le crochet de Lie.

Exercice 3 Vérifier que la courbure de Gauss d’une métrique écrite en coordonnées


2
polaires dr2 + f (r, θ)2 dθ2 vaut K = −f −1 ∂∂rf2 .

Solution de l’exercice 3. Courbure d’une métrique en coordonnées polaires.

1
∂f ∂2f
On note f 0 = ∂r
, f 00 = ∂r2
et on calcule

(Rer ,eθ er ) · eθ = ∇er ∇eθ er · eθ − ∇eθ ∇er er · eθ − ∇[er ,eθ ] er · eθ


f0
= ∇er ( eθ ) · eθ − 0 − ∇− f 0 e er · eθ
f f θ

f f 00 − f 02 f 0 f0
= + ∇ er eθ · eθ + ∇e er · eθ
f2 f f θ
f f 00 − f 02 f 02
= + 2 eθ · eθ
f2 f
00
f
= .
f
00
d’où K = − ff .

Exercice 4 Calculer la courbure de Gauss de la sphère unité de R3 .

Solution de l’exercice 4. Courbure de la 2-sphère.


En coordonnées polaires (colatitude,longitude), la métrique de la sphère unité
s’écrit dr2 + sin(r)2 dφ2 . Le résultat de l’exercice 3 donne

sin00
K=− = 1. (1)
sin
Exercice 5 Vérifier que si deux métriques riemanniennes g 0 = λ2 g en dimension 2
sont proportionnelles, alors leurs courbures de Gauss sont reliées par K 0 = λ−2 K.

Solution de l’exercice 5. Courbure de métriques homothétiques.


Il résulte de la définition que g et g 0 ont même connexion de Levi-Cività. Elles
ont donc même tenseur de courbure R0 = R.
0
K0 (Rv,w z) ·0 u vol(v, w) vol(z, u)
= (2)
K (Rv,w z) · u vol0 (v, w) vol0 (v, w)
1 1
= λ2 2 2 (3)
λ λ
−2
= λ . (4)

Exercice 6 Vérifier que si deux métriques riemanniennes g 0 = e2f g en dimension 2


sont conformes, alors leurs courbures de Gauss sont reliées par K 0 = e−2f (K + ∆f ).

Solution de l’exercice 6. Courbure de deux métriques conformes en dimension


2.
Soit (V, W ) une base orthonormée du plan tangent pour la métrique g. On a

|∇f |2 = (∇V f )2 + (∇W f )2

2
et
−∇2V,V f − ∇2W,W f = −trace(∇2 f )
est le laplacien de f . Comme V 0 = e−f V et W 0 = e−f W forment une base or-
thonormée pour g 0 , la formule du cours pour la courbure de deux métriques con-
formes donne

K 0 = RV0 0 ,W 0 W 0 ·0 W 0
= e−4f RV,W
0
W ·0 W
= e−2f (K + ∆f ).
16(dx2 +dy 2 )
Exercice 7 Vérifier que la courbure de Gauss de la métrique de Poincaré (4−x2 −y 2 )2
du disque de rayon 2 vaut K = −1.

Solution de l’exercice 7. Courbure de Gauss de la métrique de Poincaré.


La métrique de Poincaré s’écrit g = e2f g0 où g0 est la métrique euclidienne du
disque de rayon 2 et f = − log((4 − x2 − y 2 )/4). On calcule

∂f 2x
= ,
∂x 4 − x2 − y 2

∂2f 2 −4x2 8 + 2x2 − 2y 2


= − =
∂x2 4 − x2 − y 2 (4 − x2 − y 2 )2 (4 − x2 − y 2 )2
d’où
∂2f ∂2f
∆f = − −
∂x2 ∂y 2
16
= −
(4 − x2 − y 2 )2
= −e2f .

En utilisant le résultat de l’exercice 6, il vient

K = e2f (K0 + ∆f ) = −1.

Exercice 8 Démontrer le Theorema Egregium de Gauss, i.e. le fait que le pro-


duit des courbures principales d’une surface de R3 est égal à la courbure de Gauss
intrinsèque, i.e. définie uniquement à partir de la première forme fondamentale.

Solution de l’exercice 8. Le Theorema Egregium de Gauss.


Soit N une surface de M = R3 euclidien, soit P ∈ M , soit (v, w) une base
orthonormée de TP M formée de directions principales. Soit Γ = v ∧ w la normale
unitaire. Alors

II(v, w) = 0, II(v, v) = k1 Γ, II(w, w) = k2 Γ

3
où k1 et k2 sont les courbures principales. La courbure de Gauss intrinsèque est
N
K = (Rv,w w) · v
= 0 + II(w, w) · (v, v) − II(v, w) · II(v, w)
= k1 k 2 .

Exercice 9 Soit M une variété riemannienne de dimension 2. On écrit sa métrique


en coordonnées polaires, i.e. sous la forme dr2 + f (r, θ)2 dθ2 . En utilisant l’équation
2
de Jacobi, montrer que la courbure vaut K = −f −1 ∂∂rf2 .

Solution de l’exercice 9. Courbure d’une métrique en coordonnées polaires.



Le champ de vecteurs W (r) = ∂θ est un champ de Jacobi le long de chaque
droite passant par l’origine. En effet, c’est la variation de la famille de géodésiques
γθ (r) = (r, θ). De plus, il s’écrit W (r) = f (r, θ)eθ où eθ est parallèle. L’équation de
2
Jacobi se traduit donc par ∂∂rf2 + Kf = 0.

Exercice 10 Soit M une variété riemannienne de dimension 2, P ∈ M , Cr le lieu


des points de M dont la distance à P est égale à r. Montrer que
π
Long(Cr ) = 2πr − K(P )r3 + o(r3 )
3
où K(P ) est la courbure de Gauss en P .

Solution de l’exercice 10. Développement limité de l’aire des disques géodési-


ques.
Si r < injP , Cr est exactement l’image par l’exponentielle du cercle de rayon r
dans le plan tangent, i.e. le niveau r en coordonnées polaires. Or en coordonnées
polaires, la métrique s’écrit dr2 + f (r, θ)2 dθ2 , où
1
f (r, θ)2 = r2 − K(P )r4 + o(r4 ).
3
Par conséquent,
Z 2π
Long(Cr ) = f (r, θ) dθ
0
1
= 2πr(1 − K(P )r2 + o(r2 )).
6
Exercice 11 Soit M une variété riemannienne, P un point de M , π un plan vecto-
riel contenu dans TP M . Notons Nπ = expP (π) la surface balayée par les géodésiques
tangentes à π. Vérifier que la courbure sectionnelle K(π) est égale à la courbure de
Gauss de Nπ .

4
Solution de l’exercice 11. Interprétation de la courbure sectionnelle.
Montrons que la seconde forme fondamentale de Nπ au point P est nulle. Pour
tout v ∈ TP π = π, la courbe t 7→ expP (tv) est géodésique dans M et dans Nπ (car
cette propriété ne dépend que de la première forme fondamentale). Notons T sa
vitesse. Alors

II(v, v) = II(T, T ) = ∇M N
T T − ∇T T = 0.

Soit (v, w) une base orthonormée de π. L’équation de Gauss donne alors

K N = (Rv,w
N M
w) · v = (Rv,w w) · v = K M (π).

Exercice 12 Soit M une variété munie de deux métriques riemanniennes con-


formes g et g 0 = e2f g. Soit P un point de M , π un plan vectoriel contenu dans
TP M . Vérifier que les courbures sectionnelles K 0 (π) et K(π) sont reliées par la
formule

K 0 (π) = e−2f (K(π) + ∆π f − |∇π⊥ f |2 )

où ∆π f est l’opposé de la trace de la hessienne ∇2 f restreinte à π et ∇π⊥ f la


projection du gradient de f sur l’orthogonal de π.

Solution de l’exercice 12. Courbure sectionnelle d’une métrique conforme.


Soit π un plan tangent à M , soit (v, w)w une base orthonormée de π pour la
métrique g. Alors v 0 = ef v et w0 = ef w forment une base orthonormée de π pour
g 0 . D’après la formule du cours pour la courbure de deux métriques conformes, les
courbures de g et de g 0 sont reliées par

e−2f Rv,w
0
w ·0 v = Rv,w w · v − ∇2v,v f − ∇2w,w f
−|∇f |2 + (∇v f )2 + (∇w f )2 .

Il vient

K 0 (π) = Rv0 0 ,w0 w0 ·0 v 0


= e−2f (Rv,w w · v − ∇2v,v f − ∇2w,w f
−|∇f |2 + (∇v f )2 + (∇w f )2 )
= e−2f (K(π) + ∆π f − |∇π⊥ f |2 ).

Exercice 13 Montrer que toute isométrie de la 2-sphère préservant l’orientation


possède un point fixe. En déduire une classification des surfaces à courbure 1.

Solution de l’exercice 13. Classification des surfaces à courbure 1.


Une isométrie de la 2-sphère S 2 est une matrice orthogonale ∈ O(3). Elle préserve
l’orientation si et seulement si son déterminant vaut 1. C’est alors une rotation, et
une rotation possède un axe. Soit M une surface à courbure 1. Alors M = G \ S 2

5
où G est un sous-groupe discret (donc fini) de O(3) agissant sans point fixe. Le
sous-groupe des éléments de G qui préservent l’orientation est d’indice 2 dans G. Il
est réduit à l’identité, donc G a au plus 2 éléments. Une involution a pour valeurs
propres 1 ou −1. Comme il ne faut pas de points fixes sur la sphère, −1 est la seule
valeur propre, donc l’élément non trivial de G est nécessairement l’antipodie −id.
Le quotient de la 2 sphère par l’antipodie s’appelle le plan projectif réel. On conclut
qu’il y a exactement 2 surfaces à courbure 1, à isométrie près, la 2-sphère et le plan
projectif.

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