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Efficience Technique, Croissance Économique Et Égalité Régionale en Chine: Une Approche de Frontières Stochastiques

L'article analyse la croissance économique en Chine entre 1978 et 2003 en décomposant cette croissance en trois éléments : le progrès technique, le changement d'efficience et l'accumulation du capital physique. Les résultats montrent que le changement d'efficience a été le principal moteur de croissance durant la première phase des réformes, tandis que l'accumulation du capital est devenue prédominante dans les années 1990, avec une contribution limitée du progrès technique. De plus, seul le changement d'efficience a favorisé le processus de convergence régionale.

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Efficience Technique, Croissance Économique Et Égalité Régionale en Chine: Une Approche de Frontières Stochastiques

L'article analyse la croissance économique en Chine entre 1978 et 2003 en décomposant cette croissance en trois éléments : le progrès technique, le changement d'efficience et l'accumulation du capital physique. Les résultats montrent que le changement d'efficience a été le principal moteur de croissance durant la première phase des réformes, tandis que l'accumulation du capital est devenue prédominante dans les années 1990, avec une contribution limitée du progrès technique. De plus, seul le changement d'efficience a favorisé le processus de convergence régionale.

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L'Actualité économique

Efficience technique, croissance économique et égalité


régionale en Chine : une approche de frontières stochastiques
Rui Hao

Volume 83, Number 3, septembre 2007 Article abstract


Applying the stochastic frontier approach to provincial statistics, we
URI: https://id.erudit.org/iderudit/018112ar decompose economic growth in China during the reform period 1978-2003 into
DOI: https://doi.org/10.7202/018112ar three components : technological progress (shifts in the production frontier),
efficiency change (movements towards or away from the frontier) and physical
See table of contents capital accumulation (movements along the frontier). Then we examine the
contributions of these components to growth and regional convergence. The
results indicate that efficiency change dominates the first phase of the reforms
and capital accumulation becomes the key factor of growth since the beginning
Publisher(s)
of the 1990’s, while the contribution of technological progress remains limited
HEC Montréal throughout the whole period. Among these three components, efficiency
change is the only factor favorable for the regional catch-up process.
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0001-771X (print)
1710-3991 (digital)

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Hao, R. (2007). Efficience technique, croissance économique et égalité régionale
en Chine : une approche de frontières stochastiques. L'Actualité économique,
83(3), 297–320. https://doi.org/10.7202/018112ar

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L’Actualité économique, Revue d’analyse économique, vol. 83, no 3, septembre 2007

Efficience technique, croissance


économique et égalité régionale
en Chine : une approche de frontières
stochastiques*

Rui HAO
CERDI
Université d’Auvergne

Résumé – En appliquant la méthode de frontières stochastiques aux données provinciales,


nous avons décomposé la croissance économique en Chine sur la période 1978-2003 en
trois éléments : le progrès technique (déplacements de la frontière de production), le chan-
gement d’efficience (rapprochements ou non par rapport à la frontière) et l’accumulation
du capital physique (mouvements le long de la frontière). Ensuite, nous avons procédé
à une analyse des effets de ces composantes en termes de croissance et de convergence
régionale. Les résultats mettent en évidence que le changement d’efficience domine la pre-
mière phase des réformes et l’accumulation du capital devient le déterminant prépondérant
de la croissance depuis le début des années 1990, tandis que la contribution du progrès
technique reste limitée sur l’ensemble de la période étudiée. Parmi ces trois éléments, le
changement d’efficience a été le seul facteur favorable au processus de convergence.

Abstract – Applying the stochastic frontier approach to provincial statistics, we decom-


pose economic growth in China during the reform period 1978-2003 into three com-
ponents : technological progress (shifts in the production frontier), efficiency change
(movements towards or away from the frontier) and physical capital accumulation (move-
ments along the frontier). Then we examine the contributions of these components to
growth and regional convergence. The results indicate that efficiency change dominates
the first phase of the reforms and capital accumulation becomes the key factor of growth
since the beginning of the 1990’s, while the contribution of technological progress remains
limited throughout the whole period. Among these three components, efficiency change is
the only factor favorable for the regional catch-up process.

___________
* Je tiens à remercier Pascale Combes Motel et Kelly Labar ainsi que les participants au 46e Con-
grès de la SCSE et au 55e Congrès de l’AFSE pour leur commentaires. Je remercie tout particulière-
ment Benoît Perron et un rapporteur anonyme pour leur lecture très attentive et pour leurs remarques
très utiles. L’auteur garde la seule responsabilité de toute erreur ou omission.
298 l’actualité économique

Introduction
L’approche normale de comptabilité de la croissance inaugurée par Solow
(1956, 1957) distingue deux grands facteurs explicatifs de la croissance : l’accu-
mulation du capital et la productivité globale des facteurs (PGF), calculée comme
un résidu. La PGF est considérée souvent comme une mesure du progrès techni-
que (au sens large) qui représente une manne qui tombe du ciel. Par rapport à cette
approche habituelle, l’approche de frontières de production permet de décompo-
ser l’évolution de la PGF en deux effets : effets liés au changement d’efficience
et ceux liés au progrès technique (au sens étroit). Ces deux effets ont des implica-
tions politiques très différentes et peuvent s’associer à l’analyse de la convergence,
d’après Lau et Brada (1990), Färe et al. (1994), ainsi que Rao et Coelli (1998).
Le changement d’efficience reflète les mouvements vers la frontière et correspond
donc au rattrapage par les économies en retard vers la frontière technologique. Le
progrès technique signifie désormais les déplacements de la frontière elle-même,
induits par les innovations technologiques dans les économies leaders.
Cette approche de frontières est particulièrement pertinente pour l’analyse
des trajectoires de croissance suivies par les provinces chinoises depuis les réfor-
mes. Amorcées en 1978 dans le secteur agricole, les réformes économiques en
Chine ont été progressivement étendues à l’ensemble de l’économie. Les réfor-
mes ont été poussées par la motivation d’améliorer les inefficiences structurelles
des activités économiques intrinsèques au système de planification centralisée.
Les changements institutionnels et technologiques résultant des réformes ont aug-
menté l’efficience de l’utilisation des ressources existantes et les productions des
provinces se rapprochent dès lors de leurs frontières potentielles. En outre, la tran-
sition du régime vers une économie largement axée sur le marché peut également
contribuer à la croissance de la PGF via les stimulations pour les innovations tech-
nologiques. Grâce à la croissance de la PGF mais aussi à l’intensification capita-
listique, la Chine a connu une évolution remarquable avec un taux de croissance
annuel du PIB réel par tête de l’ordre de 9 %. Cependant, le décollage économique
n’élimine pas les disparités régionales persistantes. Les provinces chinoises béné-
ficient de façon peu harmonieuse de cette croissance rapide. Dans ce contexte,
l’objet de la présente étude est donc de proposer une analyse des rôles de diffé-
rents éléments de croissance dans le processus de la croissance économique et de
la convergence régionale. Pour ce faire, nous décomposerons la croissance de la
productivité du travail de 30 provinces chinoises sur la période 1978-20031. La
___________
1. Dans cet article, la production, mesurée par le PIB, est expliquée par deux intrants : le travail et
le capital physique. Cependant l’utilisation de ces deux seuls facteurs de production risque d’ignorer tout
autre facteur entrant dans le processus de production. En particulier, le capital humain (la connaissance,
la qualité de travail...) est depuis longtemps considéré comme un facteur de production, tout comme le
travail et le capital physique. Il s’agit plus précisément d’un facteur intermédiaire. Nous avons essayé d’in-
troduire le capital humain dans notre analyse, les principales conclusions obtenues restent intactes (voir
note 11). Une autre façon de corriger les biais éventuels est d’utiliser, à la place du PIB, la valeur ajoutée
pour mesurer la production. Néanmoins la faible disponibilité de telles données au niveau provincial rend
difficile l’évaluation de la production par les valeurs ajoutées associées au travail et au capital. Nous sui-
vons donc la plupart des travaux dans ce domaine en adoptant le PIB comme la mesure de la production.
Efficience technique, croissance économique et égalité… 299

méthodologie retenue pour la décomposition est celle de frontières stochastiques


qui permet de distinguer les deux voies à travers lesquelles les réformes ont favo-
risé la croissance de la PGF. Notre étude, bien que proche de celle de Kumar et
Russell (2002), s’en distingue par le choix méthodologique. En effet, ces auteurs
utilisent une des méthodes de frontières non paramétriques, soit la méthode DEA
(Data Envelopment Analysis)2.
La suite de notre analyse s’organise de la manière suivante. La première section
présente le principe de la décomposition. La deuxième section discute du modèle
économétrique. La troisième section expose les données utilisées. La quatrième sec-
tion analyse les principaux résultats obtenus. Enfin, la dernière section conclut.

1. Décomposition de la croissance : méthodologie


Dans cette section, nous développons un modèle théorique dans le cadre de
frontières de production pour décomposer la croissance de la production. Cette
approche relâche l’hypothèse de l’approche habituelle de comptabilité de la crois-
sance supposant que les productions se situent nécessairement sur la frontière.
Deux éléments contributifs de la PGF sont identifiés : le progrès technique, dû à
l’innovation ou l’invention de nouvelles technologies par les économies leaders,
et le changement d’efficience suite à l’imitation ou l’adoption de technologie par
les économies en retard ou suiveuses. La croissance de la production se décom-
pose alors en trois éléments : le changement d’efficience (rapprochements ou non
par rapport à la frontière), le progrès technique (déplacements de la frontière elle-
même) et l’effet de l’accroissement d’intrant (mouvements le long de la frontière).
Le principe de cette décomposition est illustré dans le graphique 1.
Étant donnée la technologie de chaque période, les points P1 et P2 correspon-
dent aux productions observées y1 et y2 au temps 1 et 2 respectivement, alors que
les frontières (la production potentielle) y1f et y2f sont désignées par les points A1
et A2. Le point B1 correspond à la production supposée y21 avec l’intrant du temps
1 et la technologie du temps 2, et le point B2 à la production y12 avec l’intrant du
temps 2 et la technologie du temps 1.
Le ratio établi entre la production observée et la production potentielle pour
chaque période fournit un indicateur de l’efficience technique3 :

TEt = yt / ytf . (1)


___________
2. La méthode DEA a pour avantage de ne pas spécifier une fonction particulière pour la
frontière. Celle-ci est construite par un programme linéaire. Toutefois, nous prenons dans cette étude
l’approche de frontières stochastiques car cette dernière permet de tenir compte des aléas autres que
l’inefficience, étant donné que la qualité des données est sujette à caution.
3. Cette étude employe la mesure de l’efficience technique en production. En fait, l’efficience
technique peut être mesurée soit en production, en écart par rapport à la production potentielle, soit en
inputs si l’on fixe la production et que l’on cherche à regagner la frontière en réduisant les quantités de
facteurs utilisées. Nous nous limiterons dans cette étude à la mesure la plus utilisée dans la littérature
empirique des frontières paramétriques, à savoir la mesure en production.
300 l’actualité économique

GRAPHIQUE 1
Principe de la décomposition
y
A2
f
y2
y2 P2

y21
B1
y12
B2
f
y1
A1

y1 P1

x1 x2 x

SOURCE : Graphique emprunté à Wu (2000).

Dès lors, la croissance de la production peut s’écrire comme le produit du


changement d’efficience multiplié par le rapport de la production potentielle au
temps 2 sur celui au temps 1 :

y2 y2 / y2f y2f TE2 y2f


= ⋅ = ⋅ . (2)
y1 y1 / y1f y1f TE1 y1f

En multipliant le numérateur et le dénominateur du rapport de la production


 yf 
potentielle  2f  par y12 et y21 alternativement, nous obtenons :
 y1 

y2f y2f y12


= ⋅ (3)
y1f y12 y1f

y2f y21 y2f


et = ⋅ . (4)
y1f y1f y21

L’équation (3) décompose le rapport de la production potentielle en : (i) pro-


grès technique (B2→A2) mesuré par le déplacement de la frontière à l’intrant
x2 et (ii) effet de l’accroissement d’intrant (A1→B2) sous l’état technologique
1. L’équation (4) le décompose en : (i) progrès technique (A1→B1) mesuré par le
déplacement de la frontière à l’intrant x1 et (ii) l’effet de l’accroissement ­d’intrant
Efficience technique, croissance économique et égalité… 301

(B1→A2) sous l’état technologique 2. En l’absence de l’hypothèse du progrès


technique neutre, ces deux décompositions ne donnent pas les mêmes résultats.
Nous adoptons alors la décomposition idéale au sens de Fisher, c’est-à-dire que
le progrès technique (ou l’effet de l’accroissement d’intrant) est calculé comme la
moyenne géométrique de ses deux mesures basées sur les deux périodes (d’après
Caves et al., 1982; Färe et al., 1994). Il s’ensuit que :
1/ 2 1/ 2
y2f  y2f y21   y yf 
=   ⋅  12f 2  . (5)
y1f  y12 y1f   y1 y21 

En substituant cette expression dans l’équation (2), nous obtenons finalement


la décomposition tripartite de la croissance de la manière suivante :
1/ 2 1/ 2
y2 TE2  yf y   y yf 
= ⋅  2 21f  ⋅  12f 2  = ce ⋅ ct ⋅ ck (6)
y1 TE1  y12 y1   y1 y21 

où ce désigne le changement d’efficience, ct le progrès technique et ck l’effet de


l’accroissement d’intrant, ou l’accumulation du capital dans cette étude. Nous
allons ci-après montrer comment effectuer cette décomposition dans la pratique.
Nous reprenons le modèle proposé par Battese et Coelli (1995), soit le modèle
de frontières avec facteurs explicatifs de l’inefficience (technical efficiency effects
model). Ce modèle présente un avantage en ce sens qu’il permet non seulement
de donner les mesures du changement d’efficience et du progrès technique, mais
aussi de tenir compte des facteurs éventuels ayant des effets sur l’inefficience
technique. La relation de production de frontières stochastiques est définie par :
ln (yit) = f(xit, t, β) + vit – uit i = 1, 2, …, N et t = 1, 2, …, T (7)
où yit représente la production, xit les intrants, f(.) la forme fonctionnelle appro-
priée (par exemple, de type translog ou Cobb-Douglas), t le temps, β le vecteur
des paramètres inconnus à estimer. vit – uit est le terme d’erreur aléatoire, vit étant
le bruit blanc et uit l’effet d’inefficience non négatif distribué indépendamment
selon une distribution normale tronquée, soit uit ∼ N(mit, σu2).
L’équation des effets d’inefficience technique est déterminée par :
uit = zit δ + ωit (8)
où zit est le vecteur des variables qui sont soupçonnées d’avoir une influence sur
l’inefficience d’une économie, δ est le vecteur de leurs paramètres à estimer et
ωit est une variable asymétrique suivant une distribution normale tronquée de
moyenne zéro et de variance σu2.
L’estimation de ce modèle de frontières stochastiques, c’est-à-dire de
l’équation (7) et (8), peut être obtenue à l’aide des procédures du maximum
de vraisemblance. Ceci est programmé dans FRONTIER élaboré par Coelli.
302 l’actualité économique

L’indice d’efficience technique pour l’économie i à la période t est défini par


TEit = E (exp (–uit) | εit) avec εit = vit – uit. Les prédictions de tels indices sont
fournies directement par FRONTIER. Nous pouvons donc calculer le changement
d’efficience technique entre deux périodes de la façon suivante4 :
Changement d’efficience = TEi2/TEi1. (9)
En dérivant l’équation (7) par rapport à t, nous pouvons obtenir la mesure du
progrès technique. Il en résulte que, comme indiqué plus haut, le changement
technologique entre deux périodes s’exprime comme la moyenne géométrique du
progrès technique de ces deux périodes, soit :
1/ 2
  ∂f ( xit , t1 , β)   ∂f ( xit , t2 , β)  
Progrès technique =  1 + 1
 × 1 + 2
 . (10)
  ∂t1   ∂t2  

Étant donné ce, ct et le rapport y2/y1, ck pourrait être calculé d’après l’équation
(6) . Par conséquent, nous avons obtenu les trois éléments de la croissance de la
5

production, ce qui permet d’évaluer leur contribution respective à la croissance et


leur effet sur la convergence.

2. Spécification du modèle économétrique


La méthodologie ici retenue pour la décomposition de la croissance, à savoir
l’approche de frontières stochastiques, nécessite une spécification particulière
de la forme de la fonction de production. Puisqu’il n’est pas possible de juger
a priori la spécification qui correspond au bon processus générateur des don-
nées, nous effectuons les régressions à partir de la fonction de production de type
translog, puis cherchons la forme fonctionnelle appropriée au travers des tests du
rapport de vraisemblance. Nous utilisons ensuite cette spécification choisie pour
décomposer la croissance.
Une version en panel de la fonction de production de type translog est la
suivante :

ln Yit = β
 0 + βKln Kit + βLln Lit + (½) βKK(ln Kit)2 + (½) βLL(ln Lit)2
(11)
+ βKLln Kitln Lit + βKtln Kitt + βLtln Lit t + βtt + βttt2 + vit - uit
où Y, K, et L correspondent au volume de la production, du capital et du travail, t
désigne le temps.

___________
4. Cf. Coelli et al. (1997 : 233-234).
5. Notons que le produit ce·ct représente l’indice Malmquist de PGF. Cet indice peut être cal-
culé également par l’approche non paramétrique de frontières de production, par exemple, la méthode
DEA. Voir notamment Berger et Humphrey (1997) et Coelli et al. (1997) pour une comparaison entre
l’approche paramétrique de frontières et celle non paramétrique.
Efficience technique, croissance économique et égalité… 303

Si nous supposons l’hypothèse de rendements d’échelle constants (REC)6,


alors nous avons :
bK + bL = 1, bKt + bLt = 0, bKK + bKL = bLL + bKL = 0. (12)
En intégrant l’équation (12) dans l’équation (11), nous obtenons, après quelques
manipulations, l’équation de la fonction de production à estimer comme suit :
ln yit = b0 + bKln kit + (½) bKK(ln kit)2 + bKtln kitt + btt + bttt2 + vit - uit (13)
ainsi que l’équation des effets d’inefficience technique à estimer :
uit = d1d1 + d2d2 + d3d3 + d4d1t + d5d2t + d6d3t + ωit (14)
où y correspond à la productivité du travail (Y/L) et k au ratio capital/travail
(K/L), dj, j = 1, 2, 3 sont les variables binaires indiquant respectivement l’appartenance
à la zone Est, Centre et Ouest de la Chine, et la valeur 0 dans les autres cas.

3. Données
Le modèle ci-dessus a été appliqué à un échantillon couvrant les 30 provin-
ces chinoises au cours de la période 1978-2003. Les données sur la municipa-
lité de Chongqing récemment établie ne sont disponibles qu’à partir de l’année
1996. Nous l’avons donc réunie avec sa province d’origine (Sichuan). Cette base
de données provient essentiellement du Comprehensive Statistical Data and
Materials on 50 years of New China (1999). Nous l’avons ensuite complétée,
pour les années les plus récentes, à partir du China Statistical Yearbook (2000 à
2004). Pour les observations manquantes, nous faisons appel au China Regional
Economy : A Profile of 17 Years of Reform and Opening-up (1996) et au The Gross
Domestic Product of China 1952-1995 (1997). Dans ce qui suit, nous présentons
brièvement les traitements associés aux variables utilisées dans cette étude.
• Production, Yit
La production est mesurée par le Produit Intérieur Brut (PIB) en valeur réelle par
province et par année. Les données du PIB réel sont en yuan constants de 1995.
• Stock de capital physique, Kit
La quantité de capital physique est calculée par la méthode de l’inventaire
permanent (perpetual inventory method) dont l’expression est caractérisée par
• Ki,t = Ki,t-1(1 – δ) + Iit

___________
6. L’hypothèse de rendements d’échelle constants dans cet article paraît très forte. En effet,
les tests formels (disponibles sur demande) rejettent cette hypothèse au seuil de 1 %, ce qui rend diffi-
cile ou peu crédible l’interprétation de la décomposition de la PGF. Dans ce contexte, l’augmentation
de la PGF peut être due à un progrès technique, à un changement de l’efficience technique, ou à la
réalisation des économies d’échelle. Il faut donc être très prudent et interpréter avec précaution les
résultats obtenus.
304 l’actualité économique

où Iit représente l’investissement en capital fixe par province et par année mesuré
en prix constants de 1995, δ caractérise le taux de dépréciation annuel du capital
supposé égal à 9,6 % pour toutes les provinces7. Le calcul des stocks de capital
physique concerne par ailleurs le choix de l’année initiale ainsi que l’estimation
du capital pour cette année, Ki0. Le choix de l’année initiale, bien qu’arbitraire,
est particulièrement important parce que les calculs du capital pour les années
suivantes dépendront de la valeur de capital estimée à cette année. Étant donné la
période d’analyse 1978-2003, la sélection de l’année 1952 au lieu de l’année 1978
comme année initiale se justifie par l’idée que l’estimation du capital à l’année
plus lointaine va exercer une influence moins marquée sur les évaluations de capi-
tal des années suivantes. Les données concernées ne sont disponibles qu’à partir
de l’année 1952. Le stock de capital de l’année 1952 est estimé simplement par
l’investissement de cette année divisé par 10 %8.
• Travail, Lit
La force de travail est mesurée par le nombre de travailleurs employés par
province et par année.
Après avoir obtenu Yit, Kit et Lit, nous pouvons calculer ainsi les données sur les
variables telles que yit et kit dont les statistiques descriptives sont présentées dans
le tableau 1. Nous constatons de fortes inégalités entre les trois désagrégations
spatiales (la zone Est, Centre et Ouest) et à l’intérieur de chaque zone.
Le graphique 2 donne l’examen du coefficient de variation du PIB par tra-
vailleur au niveau de l’ensemble de l’échantillon au cours de la période 1978-2003,
ce qui permet de donner un aperçu global de l’évolution des disparités régionales.
La courbe présente une tendance à la convergence du sens de σ entre provinces
jusqu’à la fin des années 1980, puis à la divergence au cours des années 1990.
À l’aide de l’indicateur de Theil (Shorrocks, 1980), les disparités globales ont
été décomposées en disparités interzones et intrazones, leurs contributions respec-
tives étant illustrées dans le graphique 3. Il est constaté que la contribution des
disparités intracentre et celle des disparités intra-ouest restent limitées et stables
pour l’ensemble de la période. Expliquant initialement la majeure partie de la dis-
parité globale, la contribution des disparités intra-est tend à s’affaiblir (de 51,5 % à
38,3 % entre 1978 et 2003). À l’inverse, la contribution des disparités entre zones
s’est fortement accélérée (de 18,5 % à 51,3 % entre 1978 et 2003). En particulier,
c’est à partir du début des années 1990 que les disparités interzones se sont substi-
tuées aux disparités intra-est comme le facteur dominant des disparités globales.

___________
7. De nombreux travaux dans le domaine prennent la valeur de 5 % ou 6 % comme taux
de dépréciation du capital, tant pour la Chine que pour les autres pays. Toutefois, dans leurs travaux
récents, Zhang et al. (2004) ont effectué les calculs détaillés pour les stocks de capital physique des
provinces chinoises. Il nous paraît plus opportun d’employer leurs résultats en ce qui concerne le taux
de dépréciation de 9,6 %.
8. Cf. Zhang et al. (2004) pour la justification de cette estimation, voir la note précédente.
Efficience technique, croissance économique et égalité… 305

Tableau 1
Statistiques descriptives des données de PIB/travailleur
et de capital/travail en Chine, 1978-2003

d’observations
de variation
Coefficient
Écart-type
Moyenne
Variable

Nombre
Est y 12 489,89 11 536,82 0,92
312
12 provinces k 24 411,76 28 395,75 1,16

Centre y 7 117,52 4 692,51 0,66


234
9 provinces k 11 105,06 8 550,14 0,77

Ouest y 5 341,57 3 549,11 0,66


234
9 provinces k 11 899,80 9 838,12 0,83

National y 8 733,68 8 566,35 0,98


780
30 provinces k 16 666,16 20 319,06 1,22

Note : La variable y signifie le PIB/travailleur et la variable k le ratio capital/travail. Le coefficient


de variation est défini comme étant le rapport écart-type/moyenne. Selon la régionalisation
tripartite adoptée dans le 7e plan quinquennal chinois (1986-1990), la « zone Est » est constituée
de 12 provinces (Beijing, Tianjin, Hebei, Liaoning, Shanghai, Jiangsu, Zhejiang, Shandong,
Fujian, Guangdong, Guangxi, Hainan), la « zone Centre » de 9 provinces (Shanxi, Mongolie
intérieure, Jilin, Heilongjiang, Anhui, Jiangxi, Henan, Hubei, Hunan) et la « zone Ouest » de
9 provinces (Sichuan, Guizhou, Yunnan, Tibet, Shaanxi, Gansu, Qinghai, Ningxia, Xinjiang).
La zone Est est classifiée également comme la « zone côtière », tandis que la zone Centre et la
zone Ouest sont souvent regroupées dans la catégorie dite « intérieure ».
Source : National Bureau of Statistics of China, calculs de l’auteur.

4. Résultats empiriques

L’analyse empirique se déroulera en trois parties. Dans un premier temps,


la spécification des équations utilisées pour la décomposition de la croissance
sera déterminée par les tests du rapport de vraisemblance. Dans un second temps,
nous allons décomposer la croissance de la productivité du travail en trois élé-
ments par la méthode discutée dans la première section. Nous procédons ensuite
à un questionnement sur les rôles de ces éléments en termes de croissance et de
convergence. Enfin, nous examinons l’évolution de la convergence du change-
ment d’efficience.
306 l’actualité économique

GRAPHIQUE 2
Coefficient de variation du PIB/travailleur
Évolution des disparités 1978-2003
0,75

0,70

0,65

0,60

0,55

0,50

0,45
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
SOURCE : Calculs de l’auteur.

GRAPHIQUE 3
Indicateur de Theil du PIB/travailleur
Décomposition des disparités 1978-2003
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0%
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003

Intra-est Intracentre Intra-ouest Interzone

SOURCE : Calculs de l’auteur.


Efficience technique, croissance économique et égalité… 307

4.1 Estimations et tests du modèle de frontières stochastiques


L’application du modèle économétrique de frontières stochastiques conduit
aux résultats présentés dans le tableau 2. Cinq estimations ont été effectuées par
la méthode du maximum de vraisemblance9. La régression 1 découlant des équa-
tions (13) et (14) nous servira de spécification de référence où la fonction de
production est de type translog. Ces équations sont par la suite réestimées lorsque
certaines des variables ont été omises, les résultats étant donnés dans les colonnes
marquées par les régressions 2-5.
Un premier résultat important qui ressort du tableau 2 concerne le test sur
l’existence ou non des effets d’inefficience technique tel que :
H0 : γ = 0 contre H1 : γ > 0 avec γ ≡ σu2/(σu2 + σv2), 0 ≤ γ ≤ 1.
La statistique calculée est supérieure à la valeur critique au seuil de 1 % pour
les cinq régressions. L’hypothèse nulle de l’absence des effets d’inefficience tech-
nique a été ainsi rejetée. Dès lors, l’intégration du terme d’inefficience dans le
terme d’erreur aléatoire se justifie pour le modèle étudié.
Un deuxième résultat important concerne la détermination de la forme fonc-
tionnelle qui correspond au bon processus générateur des données. Cela porte sur
la sélection parmi les régressions concurrentes selon la statistique du rapport de
vraisemblance qui suit une loi du chi-deux standard. Tout d’abord, le test de la
régression 2 versus la régression 1 indique que la variable (ln k)2 doit être éliminée
de la spécification de référence. En effet, si nous calculons l’élasticité à partir du
coefficient ln k et la mettons à zéro, le point de détournement des ln k satisfera à
-0,310 + 0,088ln k* + 0,010t = 0. Comme t ∈[1, 26], alors ln k* ∈[0,591, 3,416].
Puisque toutes les valeurs des données sur ln k sont supérieures à ln k*, l’omission
de (ln k)2 nous apparaît raisonnable.
Le test de la régression 3 versus la régression 2 consiste à justifier l’inclusion
de la variable (ln k)t qui reflète le progrès technique non neutre au sens de Hicks.
La statistique obtenue s’élevant à 216,789, nous rejetons l’hypothèse nulle du
choix de la régression 3. Du fait que cette variable doit être incluse dans la fonc-
tion de production, le progrès technique est caractérisé ainsi par la non-neutralité
au sens de Hicks. Les avancées technologiques majeures semblent avoir eu lieu
souvent dans les principales provinces développées.
La régression 4 implique une fonction de production de type Cobb-Douglas.
Le résultat du test met en évidence que cette forme fonctionnelle n’est pas une
bonne représentation pour nos données.

___________
9. Le rapporteur anonyme indique qu’il faut faire attention au fait que l’hétéroscédasticité
pourrait être un problème, étant donné les écarts-types très différents de la variable dépendante par
région.
308 l’actualité économique

Tableau 2
Estimations et tests du modèle de frontières stochastiques
Variable dépendante : ln y = ln (PIB/travailleur)

Variable Coef- Régres- Régres- Régres- Régres- Régres-


ficient sion 1 sion 2 sion 3 sion 4 sion 5
Constante β0 8,370*** 5,431*** 2,387** 2,745*** 4,309***
(5,057) (20,663) (2,406) (19,640) (4,342)
ln k β1 -0,310 0,409*** 0,705*** 0,680*** 0,464***
(-0,769) (13,299) (5,366) (47,621) (2,867)
(ln k)2 β2 0,044**
(1,778)
(ln k)t β3 0,010** 0,017*** 0,015
(2,082) (10,001) (0,183)
t β4 -0,091** -0,157*** -0,008 0,003 -0,118
(-2,227) (-12,629) (-0,181) (0,808) (-0,140)
t2 β5 -0,000* -0,001** 0,001 -0,000
(-1,618) (-2,110) (0,667) (-0,058)
d1 δ1 0,822*** 0,821*** -0,028 0,508*** -0,184
(15,800) (14,510) (-0,029) (6,009) (-0,186)
d2 δ2 0,985*** 0,981*** -0,097 0,496*** -0,164
(16,743) (16,251) (-0,098) (4,966) (-0,165)
d3 δ3 1,213*** 1,169*** 0,486 0,804*** 0,353
(20,526) (22,398) (0,597) (9,780) (0,371)
d1t δ4 -0,035*** -0,042*** -0,016 -0,031***
(-7,642) (-8,521) (-0,051) (-6,358)
d2t δ5 -0,048*** -0,054*** -0,028 -0,028***
(-8,909) (-9,780) (-0,058) (-5,074)
d3t δ6 -0,036*** -0,036*** -0,003 -0,018***
(-11,683) (-11,967) (-0,202) (-4,669)
Paramètre
Sigma-carré 0,048*** 0,054*** 0,078 0,059*** 0,067
(σu2 + σv2) (11,279) (13,089) (0,314) (9,926) (0,105)
Gamma (γ) 0,974*** 0,955*** 0,703 0,746*** 0,331
(40,457) (46,808) (0,707) (13,449) (0,331)
log(vraisemblance) 220,567 219,352 110,957 144,266 100,541
Nombre 780 780 780 780 780
d’observations
Efficience technique, croissance économique et égalité… 309

Tableau 2 (suite)

Régres- Régres- Régres- Régres- Régres-


sion 1 sion 2 sion 3 sion 4 sion 5
Tests
Test sur les effets d’efficience technique a
H0 : γ = 0 -5,362 -12,211 -49,007 -49,009 -12,211
H1 : γ > 0 220,567 219,352 110,957 144,266 100,541
Nombre de 7 7 7 7 4
restrictions
Statistique du RV 451,859*** 463,126*** 319,928*** 386,551*** 225,504***
p-value [0,000] [0,000] [0,000] [0,000] [0,000]
Résultat du test rejeter H0 rejeter H0 rejeter H0 rejeter H0 rejeter H0
Test sur la spécification du modèle b

H0 Régres- Régres- Régres- Régres-


sion 2 sion 3 sion 4 sion 5
H1 Régres- Régres- Régres- Régres-
sion 1 sion 2 sion 2 sion 2
Nombre de 1 1 2 3
restrictions
Statistique du RV 2,431 216,789*** 150,171*** 237,622***
p-value [0,119] [0,000] [0,000] [0,000]
Résultat du test ne pas rejeter H0 rejeter H0 rejeter H0
rejeter H0
En faveur de Régres- Régres- Régres- Régres-
sion 2 sion 2 sion 2 sion 2
Note : Les t de Student sont indiquées entre parenthèses. *** résultat significatif au seuil de 1 %; **
résultat significatif au seuil de 5 %; * résultat significatif au seuil de 10 %.
a : Ce test permet de tester l’existence ou non des effets d’inefficience technique dans le modèle
étudié. La statistique du test suit une loi du chi-deux mixte (mixed chi-square distribution) avec
la valeur critique trouvée dans le tableau 1 des travaux de Kodde et Palm (1986).
b : Ce test est utilisé pour sélectionner la spécification satisfaisante du modèle. La statistique
du test est distribuée selon une loi du chi-deux standard.
310 l’actualité économique

Le dernier test amène à valider les trois variables explicatives croisées, djt,
dans l’estimation de l’équation des effets d’inefficience technique. La statistique
calculée (237,622) conduit à rejeter l’hypothèse nulle que la régression 5 repré-
sente le bon processus générateur des données.
En conclusion, la spécification dans la régression 2 apparaît comme la bonne
représentation du processus générateur des données. La décomposition de la
croissance ci-après sera réalisée à partir des résultats de cette régression.

4.2 Décomposition tripartite de la croissance


À partir des résultats de la régression 2, la croissance de la productivité du
travail a été décomposée en trois éléments avec la méthodologie présentée dans
la section 2. L’analyse de la σ-convergence ayant mis en évidence l’existence
d’un processus de convergence jusqu’au début des années 199010, il convient de
découper l’ensemble de la période 1978-2003 en deux sous-périodes, soit les
années 1978-1990 et 1990-2003. Les résultats de la décomposition sont montrés
au tableau 311.
Les observations des résultats révèlent des enseignements importants sur les
rôles de ces trois éléments en matière de croissance et de convergence. En premier
lieu, pour ce qui est de la croissance des provinces chinoises, l’impact du progrès
technique (ct) demeure d’un ordre de grandeur limité sur l’ensemble de la période.
Sa contribution à la croissance, qui reflète principalement l’effet des innovations
technologiques, est toujours négative12. Étant initialement le déterminant essentiel
de la croissance, la contribution du changement d’efficience technique (ce) s’est
affaiblie fortement dans le temps (passant de 65,47 % sur 1978-1990 à 24,18 %
sur 1990-2003). En revanche, la contribution de l’accumulation du capital (ck)
s’est accélérée très fortement, cette accélération est particulièrement marquée et
sa contribution devient nettement supérieure à celle du changement d’efficience
sur la période 1990-2003. Cela implique qu’au début des années 1990, l’investis-
sement en capital a été le moteur principal de la croissance chinoise.
Cette évolution de la contribution de ct, ce et ck est plus manifeste si nous
traçons un graphique des indices cumulatifs (enchaînés). Les résultats des indices
cumulatifs (présentés en annexe) sont illustrés par le graphique 4.

___________
10. En outre, de nombreuses études ont montré le résultat similaire, voir Jian et al. (1996),
Démurger et al. (2002), Cai et al. (2002), par exemple.
11. Nous effectuons également une autre analyse en intégrant la variable du capital humain
dans notre modèle. Les principales conclusions obtenues sont similaires à celles de la présente ana-
lyse. Les résultats sont disponibles sur demande.
12. Pour une discussion sur la dégradation technologique ou l’implosion de la frontière, voir
Kumar et Russell (2002), et Henderson et Russell (2001).
Tableau 3 – Décomposition tripartite de la croissance (y2/y1 = ce·ct·ck)

1978-2003 1978-1990 1990-2003

Efficience technique, croissance économique et égalité…


Province y2/y1 ce ct ck y2/y1 ce ct ck y2/y1 ce ct ck
Beijing 5,61 0,73 1,00 7,67 2,01 0,82 0,99 2,45 2,79 0,89 1,01 3,11
Tianjin 9,17 1,51 1,01 6,00 1,90 1,12 1,00 1,69 4,82 1,35 1,01 3,53
Hebei 7,33 2,13 0,99 3,48 1,89 1,68 0,98 1,15 3,87 1,26 0,99 3,09
Liaoning 5,66 1,79 1,00 3,15 1,69 1,33 1,00 1,27 3,35 1,35 1,00 2,48
Shanghai 9,24 1,03 1,01 8,87 2,10 0,95 1,00 2,20 4,40 1,08 1,02 4,00
Jiangsu 14,05 1,87 0,99 7,59 2,73 1,43 0,98 1,95 5,14 1,31 1,00 3,94
Zhejiang 13,11 2,29 0,99 5,77 2,65 1,83 0,98 1,47 4,95 1,25 1,00 3,98
Fujian 10,99 2,37 0,99 4,67 2,53 1,70 0,99 1,51 4,34 1,39 1,00 3,13
Shandong 9,75 2,24 0,99 4,40 2,30 1,63 0,98 1,43 4,25 1,37 0,99 3,13
Guangdong 12,81 2,21 0,99 5,85 3,08 1,89 0,98 1,65 4,16 1,17 1,00 3,58
Guangxi 5,03 3,22 0,99 1,58 1,58 1,67 0,99 0,95 3,19 1,92 0,98 1,68
Hainan 8,48 2,70 1,00 3,15 2,30 1,50 1,00 1,54 3,68 1,80 1,00 2,04
Est a 9,27 2,01 1,00 5,18 2,23 1,46 0,99 1,61 4,08 1,35 1,00 3,14
Shanxi 5,73 1,97 0,99 2,94 1,91 1,71 0,98 1,14 3,00 1,15 0,99 2,63
Mongolie intérieure 7,24 2,08 0,99 3,52 2,16 1,68 0,98 1,31 3,35 1,24 0,99 2,73
Jilin 6,11 1,95 0,99 3,15 1,54 1,36 0,99 1,15 3,96 1,43 0,99 2,79
Heilongjiang 4,07 1,36 1,00 3,00 1,54 0,99 1,00 1,56 2,64 1,37 1,00 1,93
Anhui 6,50 2,93 0,98 2,26 1,94 1,49 0,98 1,32 3,35 1,96 0,98 1,74
Jiangxi 7,37 2,51 0,98 3,00 1,94 1,92 0,97 1,04 3,79 1,31 0,98 2,96
Henan 6,26 2,73 0,98 2,33 2,16 1,83 0,98 1,20 2,90 1,49 0,98 1,98
Hubei 8,86 2,74 0,99 3,26 2,27 2,02 0,98 1,14 3,90 1,36 0,99 2,90
Hunan 5,59 2,56 0,98 2,22 1,76 1,61 0,98 1,12 3,17 1,59 0,98 2,02

311
Centre a 6,41 2,31 0,99 2,85 1,91 1,62 0,98 1,22 3,34 1,43 0,99 2,41
312 l’actualité économique
Tableau 3 (suite)

1978-2003 1978-1990 1990-2003


Province y2/y1 ce ct ck y2/y1 ce ct ck y2/y1 ce ct ck
Sichuan 6,47 2,86 0,99 2,30 1,91 1,86 0,98 1,04 3,39 1,53 0,98 2,24
Guizhou 4,30 2,74 0,98 1,60 1,84 1,86 0,98 1,01 2,34 1,47 0,98 1,62
Yunnan 5,19 3,00 0,99 1,75 2,09 2,46 0,98 0,86 2,49 1,22 0,98 2,08
Tibet 6,56 1,57 0,97 4,30 2,11 1,80 0,96 1,22 3,11 0,87 0,98 3,66
Shaanxi 5,34 2,40 0,99 2,25 2,05 1,58 0,99 1,31 2,61 1,52 0,99 1,73
Gansu 4,45 2,80 0,99 1,61 1,38 1,74 0,98 0,81 3,22 1,61 0,98 2,04
Qinghai 3,73 1,36 1,00 2,74 1,49 1,25 0,99 1,20 2,51 1,09 1,00 2,31
Ningxia 4,16 2,02 1,00 2,06 1,85 1,65 1,00 1,12 2,25 1,23 1,00 1,84
Xinjiang 7,68 1,70 1,00 4,52 2,73 1,65 0,99 1,67 2,81 1,03 1,00 2,73
Ouest a 5,32 2,27 0,99 2,57 1,94 1,76 0,99 1,14 2,75 1,28 0,99 2,25
National a 7,23 2,18 0,99 3,70 2,05 1,60 0,99 1,35 3,46 1,35 0,99 2,65
Coef. de variation 0,38 0,28 0,01 0,52 0,20 0,21 0,01 0,28 0,23 0,19 0,01 0,28
Contribution ( %) b
39,39 -0,51 66,14 65,47 -1,40 41,81 24,18 -0,81 78,51
Note : a : Cela signifie les moyennes à la zone Est, Centre, Ouest et à la Chine, respectivement.
b : La contribution de chaque élément à la croissance est calculée par ln (ce, ct ou ck)/ln (y2/y1) dont les résultats sont en %.
Efficience technique, croissance économique et égalité… 313

GRAPHIQUE 4
Indices cumulatifs de ce, ct et ck

4,50
4,00
3,50
3,00
2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
1978-1979
1979-1980
1980-1981
1981-1982
1982-1983
1983-1984
1984-1985
1985-1986
1986-1987
1987-1988
1988-1989
1989-1990
1990-1991
1991-1992
1992-1993
1993-1994
1994-1995
1995-1996
1996-1997
1997-1998
1998-1999
1999-2000
2000-2001
2001-2002
2002-2003
ce ct ck

En second lieu, la comparaison entre zones concernant les contributions res-


pectives de ce, ct et ck permet de fournir des enseignements en termes de conver-
gence.
Pour la zone Est, la part du progrès technique (ct) dans la croissance est rela-
tivement élevée par rapport à celle des autres zones. Ce sont les provinces avec
le ratio capital/travail plus élevé (souvent celles plus riches) qui possèdent un
taux plus important de progrès technique. Il apparaît, dès lors, que le progrès
technique exerce une influence défavorable sur le processus de convergence des
provinces chinoises. Une évaluation similaire peut être tirée quant à la part de
l’accumulation du capital (ck). Le niveau de la part de ck de la zone Est est
toujours beaucoup plus élevé que celui des zones Centre et Ouest. Du fait que les
provinces prospères ont bénéficié davantage de l’effet d’accumulation du capital,
une tendance à la divergence est envisagée.
Malgré sa contribution décroissante à la croissance, le changement d’effi-
cience (ce) constitue toutefois un facteur majeur de convergence : sur l’ensemble
de la période, les zones Centre et Ouest disposent d’une part de ce dans la crois-
sance plus élevée que la zone Est. Ce constat reflète le processus de rattrapage
technologique des provinces en retard vers la frontière au travers de l’assimilation
de connaissances technologiques et de la meilleure utilisation des capacités de
production.
314 l’actualité économique

4.3 Évolution de l’effet du changement d’efficience sur la convergence


Comme nous l’avons vu, parmi les trois composantes de la croissance
chinoise, le changement d’efficience est le seul facteur favorisant un processus de
convergence. Ceci est confirmé par les coefficients de corrélation présentés dans
le tableau 4.

Tableau 4
Coefficients de corrélation entre ln (PIB/travailleur) initial
et ln ce, ln ct, ln ck

ln ce ln ct ln ck
ln y0 -0,455*** 0,771*** 0,547***
Nombre d’observations 750 750 750
Note : Tous les coefficients de corrélation sont significatifs au seuil de 1 %.

Pour analyser l’évolution de l’impact positif de l’efficience technique sur


la convergence, nous avons eu recours au diagnostic basé sur son coefficient de
variation (la σ-convergence). Le graphique 5 témoigne d’une tendance globale à
la résorption des disparités due au changement d’efficience, résultat en confor-
mité avec celui obtenu plus haut. Forte dans un premier temps, cette diminution
des écarts régionaux s’est ralentie cependant dès le début des années 1990.

GRAPHIQUE 5
Coefficient de variation de l’efficience technique
0,45
0,40
0,35
0,30
0,25
0,20
0,15
0,10
0,05
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003

SOURCE : Calculs de l’auteur.


Efficience technique, croissance économique et égalité… 315

Ceci est ensuite confirmé par les résultats obtenus par une procédure de
β-convergence de type Barro (voir le tableau 5). Nous avons effectué l’estimation
de la β-convergence, où le taux de croissance imputable au changement d’effi-
cience est la variable indépendante et ln (PIB/travailleur) initial est la variable
explicative. Les résultats mettent en évidence que la période 1978-1990 a connu
une vitesse de convergence attribuée au changement d’efficience égale à 5,80 %,
cette vitesse s’est ensuite réduite à 3,93 % sur la période 1990-2003.

Tableau 5
Estimations de la convergence absolue du changement d’efficience

Variable dépendante : gce = ln ce


Méthode d’estimation : MCQG (moindres carrés quasi généralisés)

Variable 1978-2003 1978-1990 1990-2003


Constante 0,262*** 0,381*** 0,303***
(0,000) (0,000) (0,000)
ln y0 -0,027*** -0,042*** -0,031***
(0,000) (0,000) (0,000)
Vitesse de convergence 4,391 % 5,802 % 3,934 %
Nombre d’observation 750 360 390
Test d’hétéro­ 128,03 78,53 115,92
scédasticité du RV (0,000) (0,000) (0,000)
Test d’autocorrélation 79,037 61,593 156,709
dû à Wooldridge (0,000) (0,000) (0,000)
Note : Les p-value sont indiquées entre parenthèses. *** résultat significatif au seuil de 1 %. La méthode
d’estimation de MCQG a été utilisée pour corriger l’hétéroscédasticité et l’autocorrélation des
erreurs.

Deux raisons expliquent cet affaiblissement. Tout d’abord, le concept du


changement d’efficience est étroitement lié à l’idée que les économies peu déve-
loppées imitent ou adoptent les avancées technologiques et les connaissances
qui ont été découvertes et utilisées dans les économies plus avancées. Les coûts
d’imitation sont supposés être inférieurs à ceux de l’innovation, ce qui tend à
engendrer un profil de convergence : les économies suiveuses tendent à croître
d’autant plus vite que l’écart qui les sépare des économies avancées est grand
(Barro et Sala-I-Martin, 1997). Cependant, ce processus peut être conditionnel, en
ce sens que le taux de croissance dépend des écarts technologiques, des niveaux
de stock de capital humain, des politiques gouvernementales, des choix de techno-
logies appropriées localement, ainsi que d’autres variables qui influencent le coût
316 l’actualité économique

d’imitation (Basu et Weil, 1998; Acemoglu et Zilibotti, 2001). En conséquence,


bien que les zones intérieures (Centre et Ouest) aient bénéficié, dans la première
période des réformes, des transferts de technologies supérieures et d’expertise
en termes de gestion et de management au coût d’imitation moins élevé, leurs
niveaux faibles de stock de capital humain et de travailleurs qualifiés freinent de
plus en plus la capacité d’absorption locale des améliorations technologiques.
L’effet de l’apprentissage par la pratique dans ces zones s’est réduit au fil du
temps. Le processus de convergence dû au rattrapage technologique, malgré le
caractère absolu pour l’instant, est susceptible d’être conditionnel dans le futur. Il
apparaît, dès lors, que l’intervention de l’État visant à faciliter la transmission des
connaissances techniques serait nécessaire.
L’efficience technique représente également une meilleure utilisation des res-
sources et des capacités de production. Le régime chinois, avant les réformes, était
marqué par une planification centralisée, dans laquelle l’allocation des ressources
n’a pas suivi les avantages comparatifs des provinces. Le niveau de développement
des provinces n’a pas reflété leurs capacités respectives de développement. Les
réformes, déclenchées en 1978, se sont concentrées sur l’introduction du système
d’incitation pendant la première période. Cette période favorise en particulier les
zones intérieures (Centre et Ouest) qui ont été les premiers lieux d’expérimenta-
tion des réformes. Par exemple, le système de la responsabilité des ménages était
instauré à l’origine dans les provinces de l’Anhui et du Sichuan, et l’autonomie
aux entreprises étatiques était accordée initialement à la province du Sichuan.
Cependant, à partir du milieu des années 1980, la Chine a préconisé une stratégie
séquentielle de développement en accordant la priorité à la zone côtière (Est). Les
investissements d’État et le flux d’investissements directs étrangers continuent à
privilégier la zone Est. La promotion des exportations dans cette zone permet de
placer les entreprises locales dans un environnement concurrentiel et par la suite
d’accroître leur efficacité. La spécialisation entraîne ainsi une bonne capacité de
cette zone à réallouer les facteurs entre différents secteurs d’activités pour profiter
de ses avantages comparatifs et s’adapter aux conditions changeantes du marché.
À l’inverse, les zones intérieures bénéficient peu de l’ouverture sur cette période
des réformes. La mise en place retardée du système de marché et l’absence de
mobilité des facteurs de production dans ces zones deviennent de plus en plus des
goulots d’étranglement pour capter des gains de l’efficacité productive. Par consé-
quent, l’impact favorable sur la convergence régionale produit par l’amélioration
de l’efficience technique via la meilleure réallocation des ressources s’affaiblit au
fil du temps.

Conclusion
Notre analyse de la croissance de 30 provinces chinoises entre 1978 et 2003,
fondée sur une approche de frontières stochastiques, nous permet d’identifier trois
éléments fondamentaux pour la compréhension du processus de croissance et de
Efficience technique, croissance économique et égalité… 317

rattrapage en Chine : le changement d’efficience technique, le progrès technique


et l’accumulation du capital physique.
En matière de croissance, les résultats suggèrent que la contribution du chan-
gement d’efficience technique à la croissance domine la première phase des réfor-
mes et l’accumulation du capital physique devient le déterminant dominant de la
croissance depuis le début des années 1990, tandis que la contribution du progrès
technique reste limitée et négative sur l’ensemble de la période étudiée.
Concernant la convergence, le changement d’efficience, parmi les trois élé-
ments considérés, semble être le seul facteur de la croissance qui contribue à la
convergence régionale. Grâce à la diffusion de changements technologiques et
institutionnels, les zones moins développées tendent à croître plus vite que la
zone développée. Cet effet positif sur la convergence s’affaiblit désormais au fur
et à mesure de la progression des réformes et risque d’être conditionnel à l’avenir.
L’intervention de l’État se justifie alors en ce sens qu’il consacre ses efforts à la
transmission du progrès technique, à la formation de capital humain, à l’ouverture
économique, à la mobilité des facteurs de production, ainsi qu’à la construction
des infrastructures physiques et institutionnelles. Sans intervention publique, la
Chine sera confrontée à une image peu optimiste d‘évolution des inégalités entre
provinces.
318 l’actualité économique

Annexe
Indices cumulatifs enchaînés du changement d’efficience (ce),
du progrès technique (ct) et de l’accumulation de capital (ck)

Année ce ct ck
1978/1979 1,000 1,000 1,000
1979/1980 1,046 0,986 1,018
1980/1981 1,077 0,971 1,025
1981/1982 1,135 0,956 1,051
1982/1983 1,193 0,941 1,085
1983/1984 1,296 0,927 1,139
1984/1985 1,362 0,913 1,210
1985/1986 1,361 0,900 1,275
1986/1987 1,407 0,889 1,343
1987/1988 1,472 0,877 1,406
1988/1989 1,483 0,866 1,450
1989/1990 1,505 0,855 1,490
1990/1991 1,557 0,844 1,539
1991/1992 1,669 0,833 1,632
1992/1993 1,763 0,823 1,751
1993/1994 1,831 0,813 1,906
1994/1995 1,873 0,805 2,077
1995/1996 1,921 0,797 2,245
1996/1997 1,956 0,790 2,427
1997/1998 1,970 0,784 2,652
1998/1999 1,987 0,778 2,977
1999/2000 1,999 0,774 3,237
2000/2001 2,011 0,771 3,526
2001/2002 2,011 0,767 3,826
2002/2003 2,002 0,765 4,221
Note : Les indices cumulatifs sont calculés sur la base des indices obtenus des décompositions pour
toutes les deux années consécutives de l’ensemble de la période 1978-2003.
Efficience technique, croissance économique et égalité… 319

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