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QU'EST-CE QUE LA CONSCIENCE?
Qu’est-ce que la conscience ? Une première approche pour tenter de cerner ce
phénomène à la fois si familier et si mystérieux est d’essayer de le définir par la
négative. Autrement dit, quand n’est-on plus conscient ? Ce peut être
simplement quand on ferme les yeux : on perd alors notre expérience visuelle
consciente. Ou quand on se fait arracher une dent sous anesthésie : c’est ici la
conscience de la douleur qui disparaît.
La conscience, c’est aussi ce que l’on perd lorsque l’on s’endort. Mais ici, c’est
Le sentiment d'être déjà moins simple puisque nous avons conscience de nos rêves. Ces derniers,
soi
malgré leur manque de cohérence ou leur côté fantaisiste, sont souvent vécus
comme une expérience consciente intense. Ce serait donc plutôt lorsque nous
atteignons les stades de sommeil profond que nous perdons réellement
conscience. Et même dans ce cas, il serait plus juste de dire que nous avons
alors très peu conscience, et non aucune conscience, car une mère peut
entendre son enfant pleurer même durant son sommeil profond…
Plusieurs caractéristiques de ce que nous appelons la conscience sont aussi
progressivement perdues par les personnes souffrant de la "maladie
d’Alzheimer". Celles-ci deviennent détachées de tout ce qui se passe autour et
Un cerveau, à quoi ça sert ? ne sont même plus sûres de leur propre identité. Voir quelqu’un dans le coma
après un traumatisme cérébral a quelque chose d’encore plus troublant, parce
Notre conscience subjective et qu’aucune manifestation consciente n’émane de ce corps pourtant vivant.
les modèles pour l’expliquer
Les trois infinis : le grand, le Si nous essayons de définir la
petit et le complexe conscience un peu plus directement, le
La conscience humaine : son premier problème qui se pose vient du
«expansion», sa fait qu’une expérience consciente n’est
«localisation»…
accessible qu’à la personne qui
De l’excitabilité membranaire l’expérimente. Sans parler de la
à la conscience subjective difficulté pour une personne d’exprimer
Des « liens-cadeaux » pour
verbalement avec clarté et fiabilité le
finir l’année 2014 contenu d’une expérience consciente
subjective. C’est tout le problème de ce
La conscience : partout sur le
web, et partout tout court ? que l’on nomme les « qualia » ou
encore la dimension
La dynamique des réseaux phénoménologique de la conscience.
complexes éclaire la perte de
conscience associée au
sommeil Un autre problème vient du fait que nous employons le mot conscience à
différentes sauces. Cela constitue un obstacle de taille à son étude, bien que
Gros podcast qui finit mais
laisse des traces; petit site qui dans certains cas ces différences soient surtout des différences de degrés plutôt
persiste et signe ! que de nature. Néanmoins, la confusion nous guette quand on parle de la
La contribution du claustrum
conscience sans préciser à laquelle de ses nombreuses manifestations on veut
au sentiment d’être soi faire référence. Car on peut utiliser le mot conscience pour désigner :
Un cerveau divisé en deux, ça
donne une ou deux personnes
- le fait de ne pas être endormi ou de ne pas tomber « sans
? connaissance »;
Que pouvons-nous connaître
?
- cet état qui peut être modifié par la prise de drogues ou par
des troubles mentaux comme la dépression, l’anxiété
Podcasts sur la nature généralisée, etc.;
biologique de notre « esprit »
La cognition étendue : - le fait de porter attention à un stimulus externe particulier,
externaliser pour mieux comme à un obstacle qui se dresse devant nous, ou à un état
penser
mental comme un souvenir, une émotion, etc.;
La conscience comme - la conscience de soi comme construction autobiographique
un sujet de recherche
scientifique a longtemps (ou épisodique), qui nous donne le sentiment d’être la même
été considéré comme personne que la veille;
quelque chose de
mauvais goût dans les - notre capacité à nous diagnostiquer des intentions et des
universités. Mais
graduellement, dans les motivations suite à une introspection de nos comportements;
années 1980, puis
surtout dans les années - l’appréciation morale que l’on porte sur ces comportements
1990 avec l'accessibilité et qui nous donne l’impression d’avoir un libre arbitre;
de plus en plus grande
des techniques
d'imagerie cérébrale, la - cette petite voix intérieure omniprésente mais qui ne
conscience comme représente pourtant qu’une infime proportion de nos
champ de recherche processus cérébraux inconscients.
multidisciplinaire a peu à
peu été reconnue.
Comme si ce n’était pas encore assez compliqué, on parle aussi « d’élever la
Et en ce début de XXIe conscience » de nos concitoyens, face à des enjeux politiques par exemple.
siècle, l'étude de la
conscience est un C’est ce que l’on nomme généralement la conscience morale. Elle se développe
domaine en pleine durant l’enfance, mais aussi chaque fois que le focus de l’attention passe de
ébullition, avec soi-même aux autres, à l’ensemble de l’espèce, à la planète toute entière, etc.
évidemment beaucoup
de spéculation et un
Nos connaissances sur ces différents sens du mot conscience sont aussi très
foisonnement de
théories explicatives inégales. Ainsi, plusieurs structures cérébrales contrôlant la conscience dans le
dont très peu franchiront sens de l’éveil sont bien connues. À l’opposé, la conscience comprise comme
probablement l'épreuve une expérience subjective particulière vient avec d’énormes problèmes à
du temps dans leur
forme actuelle.
résoudre.
"Un film, avec son flot ininterrompu d’images reliées thématiquement, son récit visuel façonné par
Parviendra-t-on un jour à le point de vue et les valeurs de son réalisateur, est loin d’être une mauvaise métaphore pour notre
donner une explication « courant de conscience » lui-même (« stream of consciousness », en anglais). [...] Le
satisfaisante de la mécanisme de notre connaissance du monde en est un de type cinématographique."
conscience ? Certains
en doutent et disent que - Oliver Sacks,
l’origine de la New York Review of Books, 2004.
conscience est si
complexe qu’un cerveau
humain aurait les mêmes
chances de la
comprendre qu’un ver de
terre de comprendre un
singe…
Même si ce doute
persiste, nous devons
tout de même tenter d’en
identifier les différentes
propriétés pour pouvoir
mieux la définir car de
nombreux enjeux
cliniques et éthiques en
découlent. On n’a qu’à
penser aux personnes
dans le coma et à la
difficulté de déterminer
leur niveau de
conscience, et les choix
parfois difficiles qui en
découlent. Ou alors le
degré de conscience que
l’on accorde à différents
animaux, ou au fœtus
humain à ses différents
stades de
développement. Des
choix éthiques bien
concrets découlent de
notre capacité à juger de
leur état de conscience,
d’où la légitimité de la
recherche sur ce sujet.
LES APPROCHES PHILOSOPHIQUES DE LA
Quand l'histoire des CONSCIENCE
sciences éclaire la
philosophie de l'esprit
Ce n’est pas d’hier que le caractère subjectif de la conscience humaine intrigue
et fascine. Bien avant qu’on parle de « problème difficile » de la conscience,
Suivre et faire des liens nombre de philosophes avaient tenté d’expliquer comment la conscience
La cognition incarnée enfin
subjective s’insère dans le monde objectif. D’où les multiples traditions
devenue « mainstream » ! philosophiques avec chacune leur conception du rapport entre le corps et
l’esprit, conceptions qui découlent évidemment d'une vision plus large du monde
que mettent de l'avant ces philosophies.
La petite blague qui suit,
difficilement traduisible Comme il serait trop long de raconter ici l’histoire de chacune de ces traditions
en français, résume la philosophiques, nous nous contenterons d’en résumer quatre qui ont eu de tout
position d’un idéaliste sur
le rapport matière/esprit : temps leurs défenseurs : l’idéalisme, le dualisme, le matérialisme et le
mystérisme.
« What is mind? No
matter. What is matter?
Never mind. »
L’option idéaliste pose qu’il n’y a rien d’autre dans le monde que des
expériences conscientes. Le monde matériel est donc considéré comme une
simple illusion de notre conscience.
Dans sa forme radicale proposée par George
Est-ce que les animaux Berkeley au XVIIIe siècle, l’idéalisme règle du
sont conscients ? Et les
ordinateurs, le sont-ils ou
coup le difficile problème de l’interaction
pourront-ils l’être un jour matière/esprit puisque tout est esprit et qu’il n’y
? Face à ces questions, a plus de matière. Mais cela constitue un tel
l’option dualiste ne peut affront au sens commun que déjà plusieurs de
que dire que les animaux
inférieurs ou les ses contemporains rejetaient cette position. Une
machines ne peuvent position qui va à l’encontre du réalisme à la
être conscients que s’ils base de toute la méthode scientifique mais qui
possèdent cette autre
substance qui est
est toutefois difficile à disqualifier complètement
associée pour eux à la : toute preuve concrète du monde physique peut
conscience. Mais toujours être transformé en une impression de
comment le savoir ? ce monde. De plus, ses avantages
L’option matérialiste voit philosophiques sont séduisants et ont influencé
les choses différemment. toute une tradition de penseurs (Hegel,
Pour ses tenants, il n’y a Schopenhauer, Husserl, Bergson, etc).
George Berkeley (1685-1753)
pas de substance
spéciale pour l’esprit
chez les êtres humains Ceux qui ne veulent rejeter ni l’existence du monde matériel, ni l’existence de
ou ailleurs. Il n’y a que l’esprit se réclament de la tradition dualiste. Pour eux, il existe tout simplement
des processus deux mondes, celui de la matière et celui de l’esprit. Les dualistes doivent alors
cérébraux, et certains
d’entre eux font ressentir expliquer comment une vie de l’esprit est possible dans un corps de chair. Se
«ce que cela fait pose alors la question, très difficile pour le dualisme, de l’interaction possible
d’être» qui ils sont à entre ces deux réalités.
ceux qui les possèdent.
Contrairement aux René Descartes pensait que les échanges entre le corps matériel et l’âme
dualistes qui sont pris immatérielle se faisaient par la glande pinéale. Descartes avait en effet noté que
dans une logique binaire cette structure semblait la seule à n’être pas bilatérale dans le cerveau, mais
quant à la présence ou
l’absence de leur
bien centrale et unique. Connaissant aujourd’hui l’importance de la glande
substance autre chez tel pinéale pour l’horloge biologique humaine, cela peut sembler quelque peu
animal ou telle machine, farfelu, mais à l’époque de Descartes c’était une solution honnête à une
les matérialistes voient question cruciale qui demeure le talon d'Achille des options dualistes.
donc la conscience
comme un continuum.
De cette façon, il est clair La position matérialiste, déjà défendue dans
que les humains, les l’Antiquité par Démocrite, Épicure ou Lucrèce,
singes et les chats affirme qu’il n’y a rien d’autre dans le monde que
partagent une certaine
forme de conscience. de la matière. À l’instar de l’idéalisme, il s’agit
Mais les roches, les donc d’un monisme (position qui n’admet
graines et les bactéries l’existence que d’une seule substance), mais la
n’ont probablement pas substance unique est ici la matière. Par
de conscience. Entre les
deux cependant, il peut conséquent, la conscience subjective n’est que
exister tout un spectre où le produit des interactions neuronales de notre
la conscience existe à cerveau. Pour les tenants de sa version la plus
différents degrés.
radicale, quand nous aurons décrit le
fonctionnement de tous les processus cérébraux
à l’origine des différentes composantes de la
conscience, nous aurons dit tout ce qu’il y a à
dire sur celle-ci.
Démocrite (vers 460-370 av. J.-C.)
L’option mystérienne plaide pour sa part qu’il n’y a probablement pas de
solution à ce problème et que la conscience restera pour nous toujours un
mystère.
Pour les tenants de cette position, le vertige que l’on ressent face au problème
difficile de la conscience pourrait être dû aux capacités cognitives restreintes de
notre cerveau. Nous serions ainsi incapables de nous représenter comment
l’activité neurale peut produire un sentiment subjectif pour les mêmes raisons
qu’il nous est impossible de retenir 100 chiffres dans notre mémoire de travail
ou de visualiser un espace à 7 dimensions : à cause des limites cognitives de
notre outil de pensée.
Les critiques formulées à l’endroit de chacune de ces options ont amené leurs
défenseurs à raffiner chacune d’elles, ce qui a donné lieu à de nombreuses
variantes, en particulier pour le dualisme et le matérialisme.
L'APPORT DES SCIENCES COGNITIVES
Vers le milieu du XXe siècle, on vit plusieurs figures marquantes de disciplines
comme la psychologie, l’informatique, la linguistique, l’anthropologie, les
mathématiques et la neurobiologie se réunir lors de colloques pour tenter de
mettre en commun leurs connaissances. Leur but ? Accoucher d’une nouvelle
science interdisciplinaire capable de comprendre l’esprit humain dans ses
multiples facettes. Vaste programme…
La cybernétique
Ce qu’on a appelé les « sciences cognitives », dans la foulée de ces
rencontres, vise donc à mettre en commun les données de nombreuses
Modèles et concepts en
disciplines afin de mieux comprendre des phénomènes aussi divers que la
neuroscience perception, le langage, le raisonnement ou la conscience.
Recherche spécialisée versus Avant de présenter les grands courants au sein des sciences cognitives, il est
démarche multidisciplinaire
bon de revenir un peu en arrière pour rappeler le contexte de leur émergence.
La nécessaire La question du fonctionnement de l’esprit humain et de son rapport avec le
multidisciplinarité pour
comprendre le cerveau cerveau et le corps ne date pas d’hier, et de nombreuses approches
philosophiques ont été proposées au fil des siècles.
De sorte qu’au XIXe siècle et au début du XXe, il existait une tradition de
« La cognition incarnée », recherche en psychologie appelée structuralisme. Représentés par des
séance 1 : Survol historique
des sciences cognitives et chercheurs comme Wilhelm Wundt et Edward B.Titchener, les structuralistes
présentation du cours utilisaient l'introspection pour tenter de décrire les composantes élémentaires de
l'esprit humain. Une perception sensorielle reposait par exemple pour eux sur la
Bien qu’il soit désigné structure des associations entre de nombreuses sensations (d'où le nom de
comme un structuraliste,
c’est-à-dire quelqu’un qui “structuralisme”).
mettait l’accent sur la
structure des En décrivant les combinaisons possibles de ces éléments, les structuralistes
associations entre les pensaient pouvoir en déduire des lois aussi générales et puissantes que celle
phénomènes mentaux,
Edward B. Titchener du monde matériel. Outre le dualisme implicite de cette approche, celle-ci fut
reconnaissait aussi un critiquée pour la difficulté de vérifier expérimentalement l’introspection qui était à
aspect fonctionnel à la la base du structuralisme.
psychologie, approche
qui avait été privilégiée
entre autre par William Ainsi naquit un mouvement radicalement opposé au structuralisme : le
James. behaviorisme. Pour ses pionniers comme John B. Watson et B. F. Skinner,
on ne pouvait bâtir une approche scientifique de la psychologie sur des états
subjectifs de nature essentiellement privée. Au contraire, cette nouvelle
psychologie devait être basée uniquement sur l’étude expérimentale du
comportement (d’où le nom qui vient de « behavior », comportement en
Les psychologues anglais), et non plus sur les jugements individuels relatifs à nos sentiments et
behavioristes reçurent
l’appui de certains nos états d’âme.
philosophes. Gilbert
Ryle (1900-1976), par Pour faire de la psychologie une
exemple, s’opposait à la véritable science, seuls seront donc
notion de subjectivité
individuelle qu’il associait étudiés les phénomènes observables,
à un «fantôme dans la c’est-à-dire les stimuli qui s’exercent
machine» pour montrer sur l’organisme et les réponses que
son incohérence. Tout au
plus pouvait-il y avoir
donne cet organisme. Le cerveau est
pour lui des attributs par conséquent considéré comme
mentaux à nos une "boîte noire" dans le sens où ce
comportements, qui s’y passe est, par nature,
autrement dit de simples
dispositions à agir d’une inobservable.
manière plutôt qu’une
autre. Les processus mentaux non observables étant exclus du champ de la
Un autre philosophe
psychologie scientifique, des notions comme la conscience et les concepts qui
associé à cette école dite s’y rattachent perdent alors tout intérêt.
du «behaviorisme
logique» fut Ludwig Ce courant comportementaliste fit néanmoins beaucoup de découvertes, en
Wittgenstein (1889-
1951). Celui-ci affirmait
particulier sur le conditionnement opérant des comportements, en
qu’une vérification expérimentant avec des rats et des pigeons. Inutile de dire qu’il s’agissait d’une
publique des états école extrêmement centrée sur l’influence de l’environnement sur nos
mentaux est essentielle processus mentaux. Watson allait même jusqu’à dire que la structure de notre
pour le langage humain
fonctionne. Un langage esprit est entièrement façonnée par les récompenses et les punitions de notre
dont les affirmations ne environnement, et par aucune influence génétique.
pourraient être vérifiées
que par une seule Pour caricaturer cette position behavioriste radicale, ses détracteurs faisaient
personne n’aurait pas de
sens. Par conséquent, remarquer qu’un behavioriste qui en rencontre un autre n’aurait pas d'autres
pour lui, nos affirmations choix que de lui dire : « Vous allez bien aujourd’hui ! Et moi, comment vais-je
sur nos états mentaux ?»…
subjectifs ne veulent
donc rien dire parce
qu’elles ne sont vérifiées Pendant ce temps-là, vers le milieu du XXe siècle, la série de conférences
que par nous-mêmes. tenues à New York dont on parlait plus haut déclencha la création d’un courant
de pensée qui allait recevoir le nom de cybernétique (voir capsule outil à
D’où sa célèbre analogie
de la subjectivité gauche).
personnelle avec une
boîte propre à chacun La cybernétique s’intéressait à la façon dont circule l’information tant chez les
et à l’intérieur de êtres vivants que dans les systèmes complexes artificiels conçus par l’être
laquelle personne
d’autre que nous ne humain. Par conséquent, on ne s’étonnera pas que l’informatique, qui en était
pourrait voir. Tout le alors à ses balbutiements, s’en soit beaucoup inspirée. À la même époque se
monde pourrait se mettre développait aussi la linguistique en tant que véritable domaine scientifique
à parler, par exemple,
d’un coléoptère qui se
consacré à l’une de nos capacités mentales les plus sophistiquées, le langage.
trouve dans sa boîte et
chacun pourrait très bien Les écrits de certains linguistes comme Noam Chomsky contre le behaviorisme
parler de choses ont mis en évidence les lacunes de cette approche dans l’étude d’un
complètement
différentes, ou de rien du
phénomène complexe comme le langage humain. Ces attaques ont été dans
tout. Bref, pour les années 1960 pour le behaviorisme ce que les écrits de Watson avaient été
Wittgenstein, pour que pour le structuralisme au début du siècle : un dur coup.
nos contenus mentaux
aient une quelconque
valeur objective, il fallait
L’esprit humain était de moins en moins considéré comme une boîte noire et
qu’ils soient connectés toutes ces nouvelles disciplines (cybernétique, informatique, linguistique, etc)
aux comportements qui commencèrent de fructueuses interactions que certains nommèrent la «
les rendent directement révolution cognitive ».
observables.
LES FAILLES DU MODÈLE CLASSIQUE DE LA
CONSCIENCE
Malgré les nombreux sens que l’on donne au mot conscience dans le langage
L'imagerie cérébrale courant, nous avons souvent une image qui nous vient à l’esprit lorsqu’on
Protocole de entend ce mot : celle d’un petit « moi » confortablement assis dans notre tête et
cartographie qui regarde ce qui se passe dans le monde comme un spectateur regarde un
fonctionnelle du
cerveau avec IRMf et film. De temps en temps, ce spectateur peut commenter ce film avec la « petite
TEP voix intérieure » que nous connaissons bien ou alors décider librement d’un
comportement inspiré par ce film.
La discussion (informelle) des
modèles en (neuro)science
Dans cette conception populaire, la conscience est vue comme un contenant
Le philosophe Daniel d’idées et d’images, avec une fenêtre sur le monde pour la perception d’un côté
Dennett compare le et une porte pour l’action de l’autre. Qualifié par certains de « réaliste naïf », ce
modèle classique de la modèle est celui du sens commun, celui que nous avons souvent par défaut.
conscience à une scène
de théâtre. Ce qui est
conscient serait alors la
partie de cette scène qui
se retrouve pour ainsi
dire sous le feu des
projecteurs. Ce modèle
implique donc la
présence d’un spectateur
qui puisse être en
mesure d’apprécier
quelle partie de la scène
est éclairée, autrement
dit sur quoi porte la
conscience à un instant
donné.
Le recours à un tel
homoncule (ou « petit
homme ») pour rendre
possible la conscience
nous entraîne tout droit
dans ce que l’on appelle Illustration du modèle classique de la conscience.
une régression à
l’infini, soutiennent des
philosophes comme
Dennett. Car qui va
permettre à notre Le philosophe Daniel Dennett, un farouche opposant à ce modèle (voir
spectateur de prendre l’encadré), l’a surnommé le « théâtre cartésien » parce que les idées y sont
conscience de la partie examinées « à la lumière de la raison » qui les éclaire comme un projecteur
de la scène éclairée, éclaire une scène de théâtre ou l’écran d’une salle de cinéma.
sinon un autre spectateur
qui serait situé dans sa
tête à lui, et ainsi de suite
jusqu’à l’infini ?
Le théâtre cartésien,
Or aucun centre de
contrôle se rapprochant dont on retrouve les
de cet homoncule n’est origines non
connu dans le cerveau et seulement chez
les neurosciences
pointent plutôt vers Descartes mais
d'innombrables aussi chez Platon,
assemblées de est l’une des
neurones inter-reliées métaphores les plus
dont l’activité de la intuitives et les plus
plupart demeure
inconscient. En ce sens, tenaces de la
les théories de la conscience humaine.
consciences issues Pas étonnant
des neurosciences puisqu’elle s’accorde
risquent fort d’être aussi
différentes du modèle
à merveille avec
classique que la théorie plusieurs autres
de la relativité l’a été conceptions sur la
pour la physique pensée. Ne dit-on
newtonienne…
pas que l’on a
quelque chose
«dans la tête» ou
encore simplement
Une part importante de la «je vois» (…sur la
démarche scientifique La régression à l’infinie engendrée par le recours à un homoncule scène du théâtre)
consiste à essayer dans le modèle du théâtre cartésien de la conscience (voir
l’encadré). D’après Jennifer Garcia. quand on comprend
d’invalider une
hypothèse de départ en une idée ?
concevant des
expériences appropriées.
Dans le cas du modèle
du théâtre cartésien de la
conscience, on Une recension des caractéristiques de cette conception de la conscience
cherchera par exemple à donnerait quelque chose comme la liste suivante :
démontrer que la
conscience n’est pas un la perception est une fenêtre transparente sur le monde;
événement tout ou rien
mais peut prendre des
formes intermédiaires, les actions ont comme causes les intentions générées librement par la
donc être une variable. conscience;
Comment ? En essayant,
dans un premier temps,
de trouver au moins un ces intentions se forment dans la conscience sur la base de prémisses
autre état possible consciemment accessibles;
puisque le propre d’une
variable est de pouvoir…
varier ! D’où les cela implique qu’il existe un lieu dans le cerveau où les informations sont
nombreuses expériences collectées pour être rendues conscientes, un lieu où la conscience jaillit de
en neurosciences visant façon tout ou rien;
à mettre en évidence des
processus mentaux
inconscients ou les mécanismes de la perception et de l’action sont complètement
partiellement transparents et accessibles à l’examen de la conscience sur demande;
conscients.
Appliqué à d’autres la cognition inconsciente n’est pas reconnue dans ce modèle.
disciplines, la découverte
de la gravité presque
nulle dans l’espace
comparée à la gravité
terrestre en serait un Mais à mesure que les données des neurosciences s’accumulaient, ce modèle
exemple. C’est d’ailleurs était de plus en plus critiqué. En particulier à cause du peu de place qu’il
en imaginant différentes accorde à toutes les activités que nous pouvons effectuer inconsciemment. À tel
grandeurs et différentes point que les publications d’aujourd’hui sur la «conscience» sont en fait remplies
directions à la gravité
que Newton a pu d’expériences démontrant la présence de processus inconscients dans notre
solutionner le vieux cerveau. Mais pourquoi une telle insistance sur la recherche de processus
problème du mouvement inconscients ?
des astres.
Découvrir des conditions
de comparaison a même
été la clé permettant Dans l’histoire des sciences, de nombreuses percées importantes sont venues
l’émergence de
disciplines entière du fait qu’une entité qu’on assumait comme une constante (par exemple la
comme la biologie (les gravité ou la pression atmosphérique) s’est finalement avérée être une variable
espèces ne sont pas (voir l’encadré).
fixes mais varient sur
des temps
géologiques), les
sciences de la Terre (la
position des continents Or le modèle du théâtre cartésien nous présente la conscience comme une
n’est pas stable mais à la manifestation « tout ou rien », unitaire et indivisible, bref comme une constante.
dérive), etc. Et toutes ces Mais l’est-elle vraiment ?
percées se sont
heurtées, comme pour
l’étude de la conscience,
à de fortes résistances à
leur époque. Devant ce modèle de la conscience, comme devant n’importe quel autre
modèle, la démarche scientifique consiste à essayer de l’invalider, de voir si par
exemple on ne pourrait pas le prendre en défaut sur certains points, sur la
présence de processus inconscients par exemple, ou encore sur un caractère
graduel de la conscience.
Voilà donc pourquoi tant de neurobiologistes cherchent (et réussissent) à mettre
en évidence des processus mentaux inconscients tant dans la perception, la
pensée ou l’action. Comme le modèle classique de la conscience ne laisse
aucune place aux processus inconscients, chaque démonstration de leur
existence équivaut à une faille dans le modèle. Et ces failles sont si nombreuses
que le modèle n’est pas loin de s’écrouler…
QUELQUES CONCEPTS ET MODÈLES
PROMETTEURS ISSUS DES NEUROSCIENCES
Le nombre de livres
publiés, le nombre de
colloques ou de
numéros spéciaux de
revues consacrés aux
relations entre
cerveau et
conscience est
devenu simplement
confondant. Il n’en a
pourtant pas toujours
été ainsi. Émettre une
hypothèse sur les
L'imagerie cérébrale
mécanismes de la
conscience était
encore jugé comme
prématuré par la
Suivre et faire des liens
communauté
Notre conscience subjective et scientifique dans les
les modèles pour l’expliquer
années 1980.
Podcasts sur la nature
biologique de notre « esprit » L’engouement qui s’est développé rapidement par la suite dans les années
1990 vient, pour une grande part, des recherches en neurosciences et de
l’accessibilité d’appareils d’imagerie cérébrale de plus en plus performants (voir
« L'Homme n';a capsule outil à gauche).
désormais plus rien à
faire de l'Esprit;, il lui Les mentalités ont donc beaucoup changé en ce qui concerne l’étude des bases
suffit d'être un Homme
neuronal. » neurobiologiques de la conscience. Comme le résumait John Searle à propos
de l’utilité d’une revue comme le Journal of Consciousness Studies : « On ne
- Jean-Pierre Changeux, sait pas comment ça marche et on a besoin d’essayer toutes sortes d’idées. »
L’Homme neuronal
(1983).
Ce brassage d’idées a donné lieu à beaucoup de théories neurobiologiques de
« Et à ceux qui seraient la conscience qui ont souvent des concepts clés en commun. C’est un peu ce
portés à objecter que
l’observation d’un qu’essaie d’illustrer la figure ci-dessous en présentant quelques auteurs
cerveau ne nous importants de ces théories au centre et quelques concepts communs souvent
montrera jamais la utilisés à quelques nuances près par des théories voisines.
conscience, l’intelligence
ou l’amour, Jean-Pierre
Changeux fait sienne
cette boutade: quand on
ouvre un réveil, c’est la
même chose, on ne voit
pas l’heure qu’il est… »
- Daniel Baril, Forum (18
novembre 2002).
L’idée centrale du
matérialisme
éliminativiste est la
possibilité d’éliminer des
théories anciennes par
de nouvelles plus
pertinentes pour rendre
compte des progrès des
sciences.
L’histoire des sciences
est d’ailleurs remplie de
ces problèmes jugés
d’abord insolubles et pour
lesquels on a par la suite
trouvé une meilleure
explication. La chaleur
est par exemple l’un de
ces phénomènes dont on
a longtemps pensé qu’il
ne serait jamais expliqué.
Jusqu’à ce que l’on
comprenne ce qu’étaient
les molécules et
comment des molécules Plusieurs voient dans cette convergence conceptuelle un signe annonciateur de
qui s’agitent plus l’avènement d’une théorie « mature » de la conscience. Chose certaine, ces
rapidement causent des concepts issus des neurosciences permettent d’aller au-delà du modèle
températures plus
élevées.
classique de la conscience et d’éviter ses pièges et ses lacunes. Cela dit,
l’essence subjective de « ce que cela fait » d’être conscient demeure un aspect
Même chose pour les très difficile à aborder scientifiquement.
chromosomes au
début du XXe siècle. On
ne pouvait alors imaginer Certains scientifiques accordent à cet aspect subjectif de la conscience une
comment ces grosses importance réelle mais ajoutent que de meilleures méthodes pour interpréter
molécules, qui en plus ces données subjectives seront nécessaires pour poursuivre efficacement
avaient l’air toutes l’investigation de la conscience.
semblables, pouvaient
être porteuses des plans
de l’organisme dans toute D’autres tentent de minimiser l’importance de la nature subjective de notre
sa complexité. Il a fallut conscience. Francis Crick pense par exemple que ce n’est que lorsque nous
attendre le début des arriverons à comprendre les mécanismes neurobiologiques de la conscience
années 1950, avec la
découverte de la que nous serons en mesure de comprendre les qualia auxquelles il ne faut donc
structure de l’ADN par pas pour l’instant accorder trop d’importance. Il s’agit là d’une stratégie courante
James Watson et en science qui consiste à se concentrer sur ce qui est davantage accessible à
Francis Crick, pour l’expérimentation en espérant que ce qui l’est moins se clarifiera par la suite à la
comprendre le code
génétique et éclaircir ce lumière des résultats expérimentaux obtenus.
qui avait été vu à peine
50 ans plus tôt comme un Un des précurseurs de cette approche pour étudier de la conscience est le
mystère. neurobiologiste français Jean-Pierre Changeux qui a défendu une théorie
De la même façon, pour neuronale de la pensée dans son livre L'Homme neuronal paru en 1983.
le matérialisme
éliminativiste, la clarté Changeux posait clairement alors une relation causale entre structure du
des modèles
neurobiologiques viendra
cerveau et fonction de la pensée. Il en découle que la conscience est issue
des détails qui seront d'interactions entre neurones où l'influx nerveux emprunte un chemin qui serait
progressivement compris, idéalement objectivable. Un chemin qui, il faut le rappeler, n’est pas fixe mais
tout comme la clarté des s’auto-modifie avec l’usage, modifiant ainsi constamment nos représentations
mécanismes de la vie
elle-même est venue des du monde.
détails de la mécanique
moléculaire de la La similitude observée entre certains concepts des principales théories
réplication de l’ADN, de neurobiologiques de la conscience se reflète donc également dans
la transcription de celui- l’identification de circuits neuronaux et de structures cérébrales jouant un rôle
ci, de sa traduction en
protéine, etc. clé dans la pensée consciente. Il est évident que toutes les parties du cerveau
ne participent pas à part égale aux processus conscients. Il existe de nombreux
D’ailleurs, pour continuer processus inconscients qui se déroulent par exemple sous le cortex et qui n’ont
l’analogie souvent
employée entre pas leur contrepartie consciente.
l’explication de la vie et
celle de la conscience, si Par conséquent, il est important de noter que les neurosciences cognitives ne
la vie correspond à de la cherchent pas à analyser le fonctionnement isolé de ces structures mais
chimie, la conscience se
ramène à une forme cherchent au contraire à comprendre le fonctionnement ordonné du cerveau
d’activité neuronale dans dans son ensemble, au niveau le plus intégré possible, c'est-à-dire au niveau où
le cerveau. Nos objets canaux ioniques, récepteurs, synapses, neurones et réseaux neuronaux entrent
mentaux seraient ainsi en jeu de manière collective et simultanée.
des objets neuronaux.
Inutile de dire que le
matérialisme Devant l’impatience de philosophes qui considèrent comme encore confus les
éliminativiste s’oppose au modèles de la conscience proposés par les neurobiologistes, ces derniers
fonctionnalisme pour qui admettent sans problème qu’ils en sont seulement au premier round d’un long
la connaissance de notre
cerveau est inutile pour combat pour percer les mystères de la conscience.
comprendre la cognition
humaine. Et ils rappellent qu’en science, on doit d’abord chercher des corrélations entre
des observations avant de commencer à inférer des mécanismes causaux (voir
encadré). Dans cette perspective de travail à long terme, plusieurs critiques
adressées à la recherche de ce que l’on appelle les « corrélats neuronaux de
la conscience » perdent de leur pertinence.
Ce sont les techniques
d'imagerie cérébrale, Un neurobiologiste comme Christof Koch met en pratique cette approche du
développées dans les
années 1970 et 1980, et petit à petit. En faisant des expériences sur les formes les plus élémentaires
largement accessibles d’attention, il espère que leur compréhension éventuelle amènera une
depuis les années 1990, simplification des problèmes qui nous apparaissent aujourd’hui comme
qui ont permis de
véritablement faire entrer irrésolubles.
les neurosciences dans
les sciences cognitives, Comme plusieurs neurobiologistes, Kock admet la possibilité que de nouvelles
en permettant de lois du monde physique encore méconnues puissent être nécessaires pour
visualiser des variations
de l’activité cérébrale expliquer la conscience. Ou même que celle-ci reste à tout jamais un mystère.
lorsque le cerveau Mais ce sera aux scientifiques du futur de porter ce jugement qui, pour lui, ne
exécute une tâche. pourra être fait qu’une fois la démarche empirique épuisée, si une telle chose
Les chercheurs en est possible…
neurosciences cognitives
(voir l'encadré à droite) Et il n’y a pas que des neurobiologistes pour s’opposer à la vision d’un David
ont entrepris de dresser Chalmers qui fait de la conscience un problème difficile au point qu’il devient
des ponts entre des états
mentaux (perçus, hors de portée des neurosciences. Des philosophes, dont les plus représentatifs
ressentis, et donc sont sans doute Paul et Patricia Churchland, trouvent également contre
subjectifs) et des états productive cette façon de voir la conscience humaine comme un cas distinct de
neuraux (donc des états tous les autres problèmes que pose la compréhension de l’esprit humain.
physiques du cerveau,
observables et
mesurables). Pour eux, et pour d’autres philosophes et chercheurs qu’on désigne sous
l’expression de « matérialistes éliminativistes », toutes les questions sur la
Ces programmes de
recherche tentent ainsi conscience pourront se ramener à ce que Chalmers appelle les problèmes
d’identifier ce que l’on «faciles» et éventuellement être résolus. En clair, les concepts de la psychologie
appelle les « corrélats populaire que nous utilisons pour expliquer nos états mentaux (intention,
neuronaux de la croyance, désir, etc.) ne seraient que des approximations destinées à être
conscience », c’est-à-
dire des processus qui
remplacées par des modèles neurobiologiques encore à développer.
surviennent dans les
circuits du cerveau lors Et le fait qu’il est présentement très difficile d’imaginer une solution au problème
d’une expérience de la conscience ne nous dit strictement rien sur la possibilité ou non d’expliquer
consciente particulière.
Les neurosciences
ce phénomène, affirme Patricia Churchland. Pour elle, il est trop facile de
cognitives opèrent donc conclure qu’un phénomène comme la conscience est inexplicable sur le seul fait
clairement selon une que la psychologie humaine actuelle est incapable de l’appréhender.
vision du monde
matérialiste et font pour
cette raison l'objet de
critiques de la part
d’autres courants
philosophiques. Pour plusieurs, une seconde « révolution cognitive » est en cours depuis la
dernière décennie du XXe siècle, celle des neurosciences cognitives.
Mais le fait est que les
neurosciences sont Pour bien comprendre ce qu’on entend par neurosciences cognitives, il faut se
maintenant au centre des rappeler que, jusqu’à la fin des années 1960, les différents domaines de
sciences cognitives, elles recherche sur cerveau étaient encore très cloisonnés. Les chercheurs étaient
qui n’en étaient, il y a spécialisés en neuro-anatomie, neuro-histologie, neuro-embryologie,
quelques décennies à neurochimie, etc. Mais personne ne travaillait encore avec l’éventail complet des
peine, qu’une branche techniques disponibles, ce qui s’avéra éventuellement nécessaire étant donné la
quelconque soumise aux complexité de l’objet d’étude.
grandes orientations de
recherche imposées D’où l’invention du terme « neurosciences », introduit aux États-Unis à la fin des
alors par l’intelligence années 1960, pour désigner cette volonté d’aborder le « continent cerveau »
artificielle. avec une approche multidisciplinaire. Les neurosciences englobent donc
aujourd’hui des disciplines comme la neurophysiologie (le fonctionnement des
neurones), la neuroanatomie (la structure anatomique du système nerveux ), la
neurologie (les conséquences cliniques des pathologies du système nerveux), la
neuropsychologie (conséquences cliniques des pathologies du système nerveux
sur la cognition et les émotions) ou la neuroendocrinologie (les liens entre le
système nerveux et le système hormonal) et les centres de recherche ont
tendance à en regrouper plusieurs sous le même toit pour favoriser les
échanges et les publications conjointes.
Quant aux neurosciences cognitives, il s’agit simplement des neurosciences qui
s’intéressent plus particulièrement aux fonctions cognitives supérieures (comme
le langage ou la conscience).
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