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CC 5766 FR

Le document présente des directives sur l'élevage des caprins, incluant des informations sur la construction de chèvreries, l'alimentation, la reproduction et la santé animale. Il souligne l'importance d'une infrastructure appropriée pour maximiser la production laitière et de viande, tout en assurant le bien-être des animaux. Des recommandations pratiques sont fournies pour améliorer les pratiques d'élevage et la gestion des chèvres.

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MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES

République d’Haïti NATURELLES ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL


Repiblik d’Ayiti MINISTÈ AGRIKILTI RESOUS NATIRÈL AK DEVLOPMAN RIRAL

ÉLEVAGED ES
CAPRINS
ÉLEVAGE DES
CAPRINS

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture


Port-au-Prince, 2023
Citer comme suit:
FAO, 2023. Élevage des caprins. Port-au-Prince. https://doi.org/10.4060/cc5766fr

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aux droits et aux licences doivent être adressées à: [email protected].

Photo de couverture: ©FAO/ Gustave Ntaraka


iv
ÉLEVAGE DES CAPRINS

©FAO
Table des matières
1. INTRODUCTION 1
2. LA CHÈVRERIE 1
2.1. Élevage en stabulation 1
2.2. Matériel de ferme 5
3. ALIMENTATION DES CHÈVRES 6
3.1. Introduction 6
3.2. Élevage laitier 6
3.3. Élevage de type mixte 8
4. GESTION DE LA REPRODUCTION 10
4.1. Races et reproduction 10
4.2. Sélection d’un bouc géniteur 10
4.3. Principes de reproduction 11
4.4. Critères de sélection pour la reproduction 12
5. SANTÉ ANIMALE 13
5.1. Symptômes généraux de maladie 13
5.2. Gestion de la santé animale à la chèvrerie 13
5.3. Problèmes courants de santé animale à la chèvrerie 15
6. INTERVENTIONS COURANTES EN ÉLEVAGE 21
6.1. Coupe des onglons 21
6.2. Castration 21
7. COMMERCIALISATION ET TRANSFORMATION DU LAIT 23
7.1. Lait 23
7.2. Fabrication de produits dérivés du lait 25
Annexes 28
FICHE TECHNIQUE D’ÉLEVAGE CAPRIN 28
FICHE TECHNIQUE DE L’ÉLEVAGE EN STABULATION: CAPRINS 31
ÉLEVAGE DES CAPRINS

v
vi
ÉLEVAGE DES CAPRINS

©FAO/Hkun Lat
1. INTRODUCTION
Un élevage amélioré de chèvres suppose des races améliorées qui logent
dans des bâtiments appropriés. Dans ces derniers, elles y reçoivent une ali-
mentation adéquate qui leur permet d’extérioriser leur potentiel de produc-
tion. Elles y reçoivent également des soins appropriés.
La production laitière, de viande, et de fumier ainsi que le revenu de l’agri-éle-
veur sont augmentés.
Dans cette fiche, l’éleveur trouvera des informations utiles pour améliorer la
chèvrerie, l’alimentation, la reproduction, la santé, etc.

2. LA CHÈVRERIE
Diverses infrastructures (bâtiments ou constructions) sont nécessaires pour
les systèmes d’élevage caprin, comprenant les logettes, les mangeoires, les
abreuvoirs et les magasins de stockage des produits de la ferme.
La chèvrerie est utile pour:
• la manipulation facile des animaux;
• le confinement des animaux pour les garder loin des champs (cultures);
• le maintien des normes d’hygiène (p.ex. pour la production laitière);
• la surveillance étroite de l’état de l’animal;
• le contrôle/surveillance des maladies et des vecteurs d’agents patho-
gènes;
• la réduction du gaspillage d’aliments;
• le renforcement de la sécurité des animaux;
• l’optimisation de la collecte du fumier;
• le stockage dans un endroit sûr du fourrage et des équipements.
Cette section décrit les différents éléments d’une chèvrerie (logette; salle de
traite; enclos à chevreaux; enclos avec couloir de contention; mangeoires et
abreuvoirs), leur utilité et les matériaux nécessaires pour leur construction.

2.1. Élevage en stabulation


Dans une étable en système de stabulation permanente, les animaux sont
confinés pendant la plus grande partie de leur vie. Le fourrage et l’eau leur
sont apportés. Une étable en système de stabulation permanente laitière ty-
pique a une aire de repos, une aire d’exercice, des mangeoires et abreuvoirs,
l’eau et les blocs à lécher, une salle de traite et une fosse à fumier. Certains
ÉLEVAGE DES CAPRINS

ont aussi des magasins de stockage d’aliments, une aire de coupe de four-
rage et des enclos des chevreaux.
Pour l’élevage des caprins et ovins améliorés, les animaux doivent rester à la
ferme, mais ils auront une aire d’exercice annexée à la chèvrerie.

1
2.1.1. Choix de l’emplacement
La chèvrerie sera construite tout près de la maison principale de l’éleveur,
dans un endroit calme; sur un terrain salubre et sec non en pente ou avec
une faible pente permettant l’écoulement des eaux. Le sol sera compact,
imperméable et facile à nettoyer. Le logement et l’aire d’exercice doivent
faciliter les opérations suivantes: le tri des animaux, la pesée, la castration,
le traitement des maladies, la coupe des onglons, la complémentation ali-
mentaire, le renouvellement de la litière, etc. Mais la maison d’habitation doit
être réservée uniquement à la famille.

2.1.2. Matériaux de construction


On utilisera les matériaux locaux comme les briques cuites ou non cuites, le
bois, les tuiles et les tôles, les roseaux parce qu’ils sont disponibles, acces-
sibles et faciles à renouveler.

2.1.3. Aménagement de la chèvrerie


Aménagement extérieur
Le logement doit être orienté de façon à n’être ni trop chaud pendant les
mois de grande chaleur, ni trop froid pendant les mois pluvieux. Un des murs
sera mitoyen à la maison principale (une partie pleine qui fait face aux vents
violents, tornades), le reste étant ouvert à 1.5 m du sol pour permettre une
aération de la chèvrerie. Les murs sont faits en maçonnerie, les cloisons in-
térieures et la charpente en bois.
La toiture est en tuiles ou tôles ondulées. Elle est à 2.5 m du sol, les de-
mi-murs à 1.00 m - 1.20 m de hauteur, la partie supérieure doit être cloison-
née pour éviter les vols.
Figure 1: Chèvrerie double modèle avec son enclos
ÉLEVAGE DES CAPRINS

Source: Élaboration propre

2
Aménagement intérieur
L’intérieur de la chèvrerie doit être sec, spacieux, bien aéré et facile à dé-
sinfecter. L’air doit pénétrer dans les locaux lentement et non sous forme
de courant. Le sol doit être fortement damé, non glissant, imperméable, en
pente douce pour assurer l’écoulement des urines. Il est indispensable de
séparer les animaux de sexe différent quand ils sont en âge de reproduction
pour éviter les saillies incontrôlées, les coups de cornes, etc. Pour cela le
logement doit être compartimenté. Le bouc et les chevreaux doivent être
séparés des chèvres adultes et jeunes femelles. Chaque compartiment doit
comporter des mangeoires et râteliers en bois, ainsi que des abreuvoirs en
plastic ou en métal.
Figure 2: Aménagement intérieur de la chèvrerie

Source: Élaboration propre

• Premier compartiment: bouc, mangeoire et abreuvoir.


• Deuxième compartiment: chèvres et chevreaux, mangeoire et abreuvoir.
• Troisième compartiment: chevrettes, mangeoire et abreuvoir.
Les mangeoires (20 - 40 cm) et les abreuvoirs sont placés à 20 - 30 cm du
sol pour éviter toute souillure.
Le bloc à lécher ou le sel sont placés à l’abri de l’eau et à 20 à 30 cm du sol.
Le logement doit aussi faciliter la surveillance, la distribution des aliments,
la désinfection, ainsi que toutes les opérations relatives aux soins des ani-
maux. Il doit répondre aux normes d’une hygiène rigoureuse. Les défectuo-
sités sont préjudiciables à la santé des chèvres. Trois fosses à fumier seront
prévues tout près de la chèvrerie. On retiendra comme norme 1.5 m2 par
bête et prévoir si possible une aire de parcours d’environ 4 m2 par chèvre.
Pour 4 chèvres ou moutons avec leurs petits on peut par exemple construire
un enclos de 6 m sur 4 m soit 24 m2.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

Les avantages d’une unité de stabulation:


• Les chèvres sont confinées, elles ne se déplacent pas et perdent moins
d’énergie.
• Le reste du terrain de la ferme est disponible pour d’autres usages.
• Le fumier ou le compost enrichi sont produits en grande quantité (300 kg
pour une chèvre adulte) et sont faciles à récolter.
3
• La proximité de la ferme signifie que les animaux peuvent être surveillés
systématiquement, et soignés à temps s’il le faut.
• Les animaux sont protégés contre les voleurs et les prédateurs, les in-
tempéries et la contamination.
• Il est facile de coordonner les diverses activités de routine (abreuvement,
alimentation, traite, etc.).
• Les maladies (particulièrement celles causées par des vecteurs) peuvent
être contrôlées.
• Les saillies sont bien contrôlées (chèvre âgée de 2 ans ou pesant 25 à
30 kg) et les boucs géniteurs sont bien choisis.
• Les problèmes de destruction des champs et de couvert végétal causés
par les chèvres en divagation sont évités.
Bâtir une étable en système de stabulation permanente représente les
contraintes suivantes: le coût initial de construction est élevé et les besoins
en main-d’œuvre sont assez importants pour le maintien des normes d’hy-
giène, couper et amener le fourrage et l’eau.

2.1.4. Salle de traite


C’est l’endroit où la chèvre est retenue pour la traite. Elle est annexée au
logement principal.
Une salle de traite intérieure est conseillée pour éviter les pluies et vents vio-
lents. Le couloir de contention dans lequel est située la chèvre à traire peut
être d’une longueur de 1.0 m sur 0.5 m de largeur par chèvre.
Une salle de traite garantit la propreté et l’hygiène et la traite est possible
même quand il pleut. Une chèvre retenue bouge moins, ce qui rend le pro-
cessus de traite plus efficace et plus rapide. L’utilisation des matériaux lo-
caux réduit les coûts de construction.
Figure 3: Salle de traite
ÉLEVAGE DES CAPRINS

Source: Élaboration propre

4
2.1.5. Enclos à chevreaux
C’est une unité spécialement conçue pour abriter des chevreaux en crois-
sance. Il peut être fixe (à l’intérieur ou séparé de l’étable) ou mobile (on
l’utilise souvent dans les fermes et les systèmes de pâturage extensif). Un
enclos à chevreaux permet un suivi rapproché et fréquent, facilite la planifi-
cation, la surveillance du régime alimentaire et assure des conditions idéales
d’hygiène et de contrôle des maladies.

2.2. Matériel de ferme


2.2.1. Mangeoires et abreuvoirs
Ce sont des récipients utilisés pour le fourrage, l’eau et les minéraux. Ils
peuvent être fixes (partie de l’abri de l’animal) ou mobiles (commun dans les
fermes et systèmes de pâturage extensif). Les abreuvoirs réduisent le gas-
pillage, assurent les normes idéales d’hygiène et permettent à l’agri-éleveur
de contrôler la quantité de fourrage/eau donnée aux animaux par jour. Il faut
prévoir l’achat de certains matériaux pour la construction des abreuvoirs.
De préférence on utilisera les abreuvoirs construits en tronc d’arbre ou en
planches, ou on achètera les abreuvoirs en plastic.
Figure 4: Mangeoires et abreuvoirs

Source: Élaboration propre


ÉLEVAGE DES CAPRINS

5
3. ALIMENTATION DES CHÈVRES

3.1. Introduction
En pratique, en élevage amélioré des chèvres, l’alimentation des animaux
est dictée par l’observation de leur état corporel ou de leur niveau de pro-
duction en cas de production laitière. On commence toujours par l’ap-
port de fourrage, pour terminer par l’apport de concentrés nécessaires.
Le pâturage d’une herbe de bonne qualité constitue souvent à lui seul une
ration équilibrée.
Il est important que les animaux reçoivent du fourrage de bonne qualité.
Les éleveurs optent pour la valorisation des aliments souvent produits dans
leur exploitation. Ils sont alors associés à des sources de protéines (légumi-
neuses et le tourteau), sources d’énergie (graminées) et à une source de mi-
néraux (un bloc à lécher). Un apport d’aliments concentrés peut être donné
aux laitières.
Le tableau suivant montre les proportions de mélange des ingrédients pour
la fabrication d’aliments concentrés pour les chèvres.
Tableau 1: Un mélange concentré pour les chèvres

Ingrédient Quantité
Avoine, sorgho, maïs 60 pelles
Son de blé, de maïs, de riz 25 pelles
Tourteaux de coton/de tournesol/de palmiste 8 pelles
Farine de feuilles de luzerne, de Calliandra 7 pelles
Farine d’os / calcaire 2 pelles
Source: Élaboration propre

3.2. Élevage laitier


3.2.1. Alimentation des chevreaux
Depuis la naissance, le lait est le principal aliment du chevreau. Avec l’âge,
les consommations de fourrage et de concentré augmentent. Il faut l’ha-
bituer à consommer les aliments solides en lui offrant un fourrage tendre
et des aliments concentrés. Les chevreaux issus des élevages laitiers sont
sevrés très précocement vers l’âge d’un mois. Les chevreaux peuvent téter
leur mère ou être nourris séparément au seau. Pour les chevreaux nourris au
seau, la quantité de lait recommandée par jour est de 1/5 de leur poids vif.
Le jeune chevreau doit aussi avoir accès libre à l’eau propre.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

Calendrier d’alimentation des chevreaux après la naissance


Jours 1-3 : Encourager le chevreau à téter immédiatement après la nais-
sance. Le chevreau doit boire autant que possible du colostrum.
Jour 4 au sevrage: Le régime sera principalement le lait, mais il faut aug-
menter progressivement les aliments solides. Diminuer alors progressi-
6
vement la quantité de lait au fur et à mesure que le chevreau mange plus
d’aliments solides.

3.2.2. Alimentation des chevrettes


La façon dont une chevrette est nourrie est très importante, parce qu’elle
influence fortement sa future carrière de reproductrice.
Elle est nourrie principalement de fourrages. Elle doit disposer de fourrage
de bonne qualité et en quantité suffisante. Une complémentation avec les
aliments concentrés (en moyenne de 80 g/tête/jour) est nécessaire si le pâ-
turage est de faible valeur. Les chevrettes doivent avoir un accès libre à
l’eau et au bloc à lécher. Un complément nutritif avec les ressources four-
ragères produites sur l’exploitation est suffisant (feuilles de légumineuses,
épluchures et cordes de patates douces, de bananes, pelures et noyaux
d’avocats, issues de céréales, drêches artisanales de bière locale, etc.).

3.2.3. Alimentation des chèvres avant et pendant la gestation


En fin de gestation et en début de lactation, les besoins alimentaires aug-
mentent fortement. Une complémentation est apportée sous forme de cé-
réales, de tourteaux et de résidus ménagers (épluchures de patates douces
et de bananes) ou d’aliments composés. Le tarissement se fait progressive-
ment à deux mois avant la mise-bas. Il faut faire attention que la chèvre tarie
ne prenne pas trop de poids.
Vers les trois dernières semaines de la gestation, augmenter progressive-
ment la ration de concentré jusqu’environ 0.5 kg par jour. Cette pratique ga-
rantie la naissance de chevreaux vigoureux et une bonne lactation. S’assurer
que les animaux ont un libre accès à l’eau et au bloc à lécher.

3.2.4. Alimentation des chèvres en lactation


Au début de la lactation, une chèvre doit recevoir du fourrage de bonne
qualité et à volonté. Une bonne chèvre laitière (race pure ou croisée) peut
produire jusqu’à 3 kg de lait par jour.
Après la mise-bas, commencer par donner 0.5 kg d’aliment complet pour
la lactation par jour et augmenter la quantité de 0.5 - 0.75 kg par jour aus-
si longtemps que la chèvre répond en augmentant sa production laitière.
Maintenir cette quantité de concentré jusqu’à ce que la productivité laitière
commence à chuter.
Il est recommandé de nourrir les chèvres avec autant de fourrage que pos-
sible avant d’offrir des concentrés car il est moins cher. S’assurer que la
chèvre laitière a à tout moment l’accès à l’eau et aux blocs à lécher de bonne
qualité. Quand des fourrages riches en protéines (légumineuses) sont dis-
ponibles (p.ex. luzerne, desmodium, calliandra, etc.), ceux-ci doivent être
mélangés avec de l’herbe en respectant la proportion suivante: une part de
ÉLEVAGE DES CAPRINS

légumineuse pour trois parts d’herbe. En règle générale, 3 kg de légumi-


neuses peuvent remplacer 1 kg de ration pour la lactation. Au milieu de la
lactation, du fait que la productivité laitière diminue, compléter le régime en
fonction de la qualité et de la quantité de fourrage.

7
Figure 5: Animaux avec déficience en minéraux

Source: Élaboration propre

3.2.5. Alimentation du bouc géniteur


L`alimentation conditionne non seulement l`état général du géniteur mais
aussi son activité de géniteur et sa fertilité. Si une alimentation insuffisante
est mauvaise pour le géniteur, un engraissement excessif ne l`est pas moins.
Il faudra un aliment concentré bien équilibré en énergie, et en minéraux
pour prévenir des cas d`infécondité. En règle générale, un complément de
200 g par jour d`aliment concentré complet est suffisant si le bouc géniteur
est nourri avec un bon fourrage. Les jours de saillie on distribue 0.5 kg sup-
plémentaire. Un accès au bloc à lécher doit être garanti au bouc géniteur.

3.3. Élevage de type mixte


3.3.1. Alimentation des chevreaux
Il faut encourager le chevreau à téter immédiatement après la naissance.
Le chevreau doit boire autant que possible du colostrum. Les chevreaux
tètent jusqu`au sevrage qui intervient tardivement (2 à 3 mois). Il faut intro-
duire progressivement des aliments solides (aliments composés complets et
fourrages encore tendres) à partir de la deuxième semaine. Avec l’âge, les
consommations de fourrage et de concentré augmentent.

3.3.2. Alimentation des chevrettes


ÉLEVAGE DES CAPRINS

Une chevrette de bonne race qui a été bien nourrie depuis son jeune âge
atteindra sa maturité à 10 mois. Donner du fourrage seul va entraîner une
faible croissance. Un complément avec 80 g d’aliments concentrés par jour
/ tête est suffisante. Les fourrages doivent être de bonne qualité et dispo-
nibles à volonté. Les chevrettes doivent avoir un accès libre à l’eau et à un
bloc à lécher.

8
3.3.3. Alimentation des chèvres avant et pendant la gestation
En fin de gestation puis en début de lactation, les besoins alimentaires aug-
mentent fortement. Si les pâturages sont pauvres, il faut donner aux chèvres
un complément sous forme de céréales et de tourteaux. Une poignée de
100 g/chèvre/j d`aliments complets suffit comme complément. Assurer un
libre accès à l’eau et au bloc à lécher.

3.3.4. Alimentation des boucs castrés et des chèvres de réforme


Les jeunes boucs destinés à l’embouche seront castrés à l’âge de 3 mois.
Leur alimentation est à base des fourrages. Il faut recourir également à la
valorisation des ressources fourragères disponibles et des sous-produits
agricoles et résidus vivriers divers (épluchures et cordes de patates douces,
de bananes, pelures et noyaux d’avocats, issues de céréales, drêches arti-
sanales de bière locale, etc.) produits sur leur exploitation. Un complément
avec des aliments concentrés assure une meilleure croissance, mais son
prix de revient peut limiter son usage en alimentation d’embouche.

ÉLEVAGE DES CAPRINS

9
4. GESTION DE LA REPRODUCTION

4.1. Races et reproduction


Les races caprines introduites pour le croisement de la chèvre locale sont
l’Alpine pour la production laitière et la race Boer pour la viande.
Figure 6: Chèvre Alpine et bouc Boer

Source: Élaboration propre

Chèvre Alpine Bouc Boer

Tableau 2: Caractéristiques des races caprines

Race Poids (kg) Usage Caractéristiques


Alpine 30 - 40 Laitière Couleur chamoisée
Large corps
Haute productivité de lait
Gros mangeur de fourrage
Bon producteur de viande
Lait à faible contenu en matière
grasse du beurre
Gestion laborieuse
Boer 40 - 60 Viandeuse Taches noires et blanches
Gros mangeur de fourrage
Bon producteur de viande
Source: Élaboration propre

4.2. Sélection d’un bouc géniteur


La sélection du type d’un bouc géniteur est basée sur les critères suivants:
le type et le gabarit des chèvres à saillir. La saillie n’est pas facile si le bouc
est très grand et la chèvre de très petite taille. Le bouc géniteur doit être fort,
avoir un bon aspect physique, être actif et de bonne taille par rapports aux
paramètres de sa race. Il doit être examiné pour éviter la transmission de
ÉLEVAGE DES CAPRINS

certaines maladies.
Avantages de la monte naturelle
On peut organiser la saillie à tout moment. Pour un grand troupeau, le
coût est faible. La détection des chaleurs est plus facile s’il y a un bouc
à proximité.

10
Contraintes de la monte naturelle
Des maladies comme la brucellose, la listériose, la trichomonase et l’orchite
peuvent se propager très rapidement dans le troupeau, entraînant des pro-
blèmes comme l’allongement des intervalles entre les vêlages et une des
dépenses élevées pour le traitement des animaux infectés. L’incidence de
ces maladies chez les chèvres du Burundi n’est pas bien connue.

4.3. Principes de reproduction


Les chèvres s’accouplent à l’âge de 12 mois, et même avant à condition que
leur poids vif (PV) soit de:
• Pour les races exotiques 20-25 kg.
• Pour les races indigènes 15-20 kg.
Cet âge est un paramètre indispensable pour une mise à la reproduction
correcte des jeunes, et aussi celle du troupeau. D’une part, une mise hâtive
à la reproduction conduit souvent à des avortements précoces, à des dysto-
cies (difficultés de vêlage) et à la mort des mères ou des petits lors de la
mise-bas. Elle compromet la carrière reproductive de la mère, la viabilité des
jeunes et par conséquent, la productivité du troupeau. D’autre part, une mise
à la reproduction tardive diminue également la productivité des mères. Entre
25 et 30 jours après le vêlage, la chèvre peut de nouveau entrer en chaleurs.
L’objectif est d’avoir deux mises-bas par an, mais au Burundi, l’intervalle
moyen entre deux mises bas est de 8 mois c’est-à-dire 3 mises-bas tous les
2 ans. Une mauvaise détection des chaleurs est l’une des principales causes
d’échec de fécondation.
Tableau 3: Signes des chaleurs

Début des chaleurs Chaleurs Fin des chaleurs


Agitation accrue Se laisse monter Mucus sec sur la queue
Chevauche ses congé- Écoulement de mucus Partie haute de la queue
nères clair de la vulve devient rugueuse
Vulve gonflée Diminution significative L’animal refuse de se
Renifle d’autres chèvres de la production laitière laisser monter
et se laisse renifler La queue se fléchit en
Mange moins de four- s’écartant de la vulve
rage Peut arrêter de manger
Signes précoces: surveil- Meilleurs signes: prendre Signes tardifs: garder
ler la chèvre de près la chèvre pour accouple- un enregistrement des
ment données
Source: Élaboration propre
ÉLEVAGE DES CAPRINS

11
Figure 7: Saillie d’une chèvre en chaleurs

Source: Élaboration propre

Les chèvres détectées en chaleurs le matin doivent être saillies au plus tard
dans l’après-midi, et celles détectées l’après-midi doivent l’être au plus tard
le lendemain matin. Si au bout de 18 à 21 jours la chèvre saillie n’est pas de
nouveau en chaleurs, il se pourrait qu’il y ait eu fécondation. Il faut donc la
surveiller pour le retour en chaleurs ou pour la gestation. La gestation dure
5 mois et l’allaitement 3 à 5 mois. Dans un élevage familial, le bouc détecte
les femelles en chaleurs et réalise les saillies. En général, un mâle couvre 10
femelles. Le jeune mâle entre en reproduction à l’âge de 12-13 mois. Garder
un mâle au-delà de 2 ans soulève le problème de consanguinité dans les
petits élevages. Il est donc conseillé de changer de mâle tous les 2 ans. Le
mieux est d’inter-changer ce mâle avec d’autres éleveurs plus ou moins éloi-
gnés. Pour les femelles, il serait souhaitable de faire la réforme vers 5 ans.

4.4. Critères de sélection pour la reproduction


Les caractéristiques suivantes peuvent être utilisées pour sélectionner une
bonne chèvre laitière:
• parties avant et arrière du corps bien équilibrées et pis qui est au dessus
du jarret. Longueur des trayons doit être entre 5 - 8 cm;
• corps cunéiforme (vu de haut et de côté);
• bonne profondeur du corps;
• large poitrail;
• forte ligne du dessus (le piquant);
• pattes fortes avec pas longs, droits.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

12
5. SANTÉ ANIMALE
Pour que les animaux grandissent normalement, se reproduisent et pro-
duisent suffisamment de lait, ils doivent être en bonne santé. Une bonne
gestion, une alimentation équilibrée, une stabulation adaptée et de bonnes
conditions d’élevage permettent d’avoir des animaux en bonne santé.

5.1. Symptômes généraux de maladie


• Un changement du comportement habituel: l’animal est faible
et apathique.
• Perte d’appétit: l’animal arrête de manger (partiellement ou totalement.
• Peau sèche et rugueuse avec poil piqué.
• Perte de poids.
• Respiration anormale.
• Écoulements anormaux.
• Mufle sec.

5.2. Gestion de la santé animale à la chèvrerie


5.2.1. Prévention et contrôle des maladies
Les pertes causées par des problèmes de santé animale peuvent être for-
tement réduites par la prévention des maladies (mieux vaut prévenir que
guérir). De plus, certaines maladies n’ont pas de traitement spécifique et
peuvent être fatales même pour des animaux traités. Garder des animaux en
bonne santé est d’un meilleur rapport qualité/prix du fait que la productivité
est maintenue et que les dépenses en médicaments sont évitées. Certaines
méthodes de contrôle des maladies que les agri-éleveurs peuvent appliquer
sont reprises ci-dessous:
Bonne nutrition
Les animaux qui reçoivent des quantités suffisantes d’aliments bien équili-
brés sont moins sensibles aux déficiences en minéraux, à la malnutrition ou
à d’autres complications causées par le déséquilibre du régime alimentaire
comme l’infertilité, la cécité et le retard de croissance. De plus, une bonne
alimentation renforce le système immunitaire du corps, rendant les animaux
plus résistants à beaucoup d’infections courantes.
Hygiène
Les organismes qui causent les maladies se développent et se multiplient
généralement dans les endroits sales. Si les règles d’hygiène ne sont pas
ÉLEVAGE DES CAPRINS

respectées dans la gestion et le maniement des animaux, le bétail risque


d’être infecté plus fréquemment. Une mauvaise hygiène est souvent à l’ori-
gine des maladies comme la mammite, le piétin chez les chèvres adultes et
la diarrhée chez les chevreaux.
Il est donc important de s’assurer que les abris des animaux sont nettoyés
régulièrement, bien éclairés et qu’ils ont une bonne circulation d’air. L’équi-

13
pement de traite doit être nettoyé et séché au soleil pour assainissement
naturel. Tous les équipements d’alimentation des chevreaux doivent aussi
être très propres.
La pulvérisation d’acaricides à la main est indiquée pour le traitement des
maladies de la peau chez les chèvres. A cause du contact étroit entre le
manipulateur et les produits chimiques, toutes les précautions de sécuri-
té doivent être prises (lire attentivement les instructions d’utilisation). Il faut
s’assurer que toutes les parties de l’animal sont traitées par l’acaricide.
Il existe plusieurs types d’acaricides. Du fait que les tiques développent
une résistance, certains types d’acaricide peuvent s’avérer inefficaces dans
la lutte contre les types de tiques trouvés dans une région spécifique. Les
agri-éleveurs doivent examiner leurs animaux après l’application d’acaricide
pour vérifier si les tiques meurent ou pas. Si elles résistent, il faut demander
l’avis d’un spécialiste en santé animale.
Figure 8: la pulvérisation des chèvres avec un acaricide

Source: Élaboration propre

5.2.2. Traitement des maladies


Quand des signes de maladie sont observés chez l’animal, des mesures im-
médiates doivent être prises et l’avis d’un professionnel recherché. Un pro-
fessionnel va examiner l’animal, prescrire et administrer le traitement requis
si le propriétaire est prêt à payer.
Plus longtemps un animal reste malade sans traitement, plus élevé est le
risque de dommages permanents et de mort. Il est important d’engager un
professionnel pour traiter vos animaux parce que les médicaments utilisés
doivent être administrés à des doses spécifiques pour être efficaces. Le pro-
fessionnel va aussi décider si l’administration d’un médicament est néces-
saire ou pas.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

14
5.3. Problèmes courants de santé animale
à la chèvrerie
5.3.1. Mammite
Signe:
La mammite est une maladie bactérienne qui provoque le gonflement du
pis qui devient rouge et douloureux. Un, deux, trois ou les quatre quartiers
du pis peuvent être infectés. Le lait est aqueux et maigre, contient des gru-
meaux et est jaunâtre. Dans les cas sévères, du sang peut apparaitre dans
le lait. La traite est impossible car l’animal se débat quand le pis est touché.
Il a aussi des signes de fièvre.
Une chèvre avec mammite va avoir une production laitière fortement réduite
et, dans les cas graves, la production du lait peut s’arrêter complètement. Le
lait infecté doit être éliminé par l’agri-éleveur, même si la chèvre est traitée.
La mammite est plus susceptible et survient souvent dans un environnement
non hygiénique, par exemple quand le sol est couvert de fumier ou que la
traite est faite avec des mains sales.
Les chèvres qui ont un pis très bas et avec de très longs trayons sont plus
réceptives aux blessures et à la mammite. Une traite incomplète va rendre
la chèvre plus sensible à la mammite et le tirage (au lieu du serrage) des
trayons peut causer des blessures et une infection. Des blessures sur les
trayons, un mauvais état corporel et une alimentation pauvre sont des fac-
teurs prédisposant supplémentaires.
Pour tester la mammite, traire les quelques premiers jets dans une tasse
filtre ou sur une surface lisse noire (p.ex. couvercle de seau). Vérifier soi-
gneusement tout changement de couleur ou toute apparence aqueuse
et/ou de caillots.
Prévention de la mammite
• Garder la salle de traite (et tout endroit où l’animal est susceptible de se
coucher) propre en retirant le fumier, les saletés, les déchets d’herbe et
d’arbustes loin de l’étable.
• Se laver les mains convenablement avant et après la traite et les rincer
avec une solution désinfectante entre les traites de chèvres différentes.
• Nettoyer le pis régulièrement à la même période pour minimiser le stress
des chèvres.
• Traiter toutes les blessures sur les trayons et le pis immédiatement. Si
elles ne sont pas traitées, elles peuvent s’infecter avec des bactéries,
infection qui pourrait alors se transmettre dans le pis par les mains du
trayeur. Retirer tout objet qui peut blesser les chèvres et éviter les sols
glissants et les chèvreries surpeuplées.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

• Donner du fourrage aux animaux après la traite pour les garder debout
jusqu’à ce que les trayons se referment.

15
• Toujours rechercher les signes de mammite avant la traite et traire les
chèvres affectées par la mammite en dernier lieu, en éliminant le lait loin
du troupeau.
• Infuser des antibiotiques dans les trayons lors du tarissement de la chèvre.
• Abattre les animaux qui souffrent de mammite récidivante.
Traitement de la mammite
Le traitement doit être entrepris aussitôt que la mammite est diagnostiquée.
Infuser un antibiotique dans le canal du trayon et, si l’état de l’animal ne
s’améliore pas, traiter avec un antibiotique par injection. Après le traitement
aux antibiotiques, jeter le lait des quatre quartiers de la mamelle, même si
seulement un quartier est infecté. L’éleveur devra traiter la maladie parce
qu’il y a risque de pertes financières élevées dues à la mévente du lait, à la
non consommation de ce lait par le chevreau et aux complications éven-
tuelles de la maladie chez la chèvre malade.

5.3.2. Parasites internes: les vers


Les vers sont des parasites internes trouvés principalement dans le sys-
tème digestif des animaux. Les œufs du ver adulte tombent sur le sol avec
les matières fécales de l’animal. Les œufs éclosent et les larves vont être
ingérées quand l’animal se nourrit de pâtures contaminées. Lorsqu’elle est
à l’intérieur de l’animal, la larve se développe en adulte, pond des œufs et le
cycle recommence. Certains vers passent par un autre animal (un hôte inter-
médiaire) avant d’atteindre l’hôte définitif (voir Fiche technique de l’élevage
du bovin laitier).
Figure 9: Exemple de différents vers pouvant être repérés dans les fèces

Source: Élaboration propre

Douve Ascarides Ténia

Symptômes d’infestation par des vers


Les symptômes d’infestation par des vers peuvent être évidents ignorés et
confondus avec d’autres maladies. Ils sont plus sévères pendant la saison
sèche quand les animaux ne sont pas bien nourris.
Les signes non spécifiques comprennent:
ÉLEVAGE DES CAPRINS

• baisse de gain de poids et /ou perte de poids;


• diminution de la production laitière;
• les animaux bien nourris ne grandissent pas ou ne prennent pas de poids;
• perte d’appétit;

16
• mauvais état d’embonpoint;
• les signes spécifiques comprennent;
• l’animal parait pâle autour des yeux;
• son pelage est sec et mat;
• dans certains cas, des vers adultes ou des morceaux de vers plats
peuvent apparaitre dans les matières fécales;
• diarrhée (peut être sanguinolente), perte de poids, et parfois mortalité.
Figure 10: chèvre parasitée

Source: Élaboration propre

Traitement des verminoses


Demander l’avis du vétérinaire la période de déparasitage interne et le ver-
mifuge à utiliser.
Contrôle des verminoses
Les médicaments sont administrés pendant des périodes ou des saisons
spécifiques de façon que le développement de divers stades et nombres de
vers dans l’animal soient réduits au minimum ou que les vers sont périodi-
quement éradiqués.
Tableau 4: Différents systèmes de contrôle des verminoses

Régulier/routine Saisonnier
Administration d’un vermifuge à large Administration d’un vermifuge au tout
spectre tous les 3 mois début de la saison des pluies, suivi par
une autre dose deux semaines
plus tard
Facile: parce que les intervalles entre Plus efficace dans le contrôle des vers.
les administrations sont fixes et faciles Toutefois, il est difficile de définir le
à retenir Toutefois, pas très efficace moment exact où les pluies
commencent
Source: Élaboration propre
ÉLEVAGE DES CAPRINS

17
Figure 11: Administration des médicaments

Source: Élaboration propre

Règles générales pour le déparasitage interne:


• Administrer à tout le troupeau (malade ou sain) des médicaments anti
parasitaires à large spectre d’action, une fois les trois mois. Consulter un
vétérinaire pour le choix du médicament.
• Même les femelles gestantes seront traitées en utilisant un médicament
qui ne provoque pas d’avortement.
• Enlever la litière immédiatement après chaque déparasitage interne afin
d’éviter la ré-infestation des animaux par les œufs ou vers encore vivants.
• Administrer le médicament le matin quand l’animal est encore à jeun.
• Bien alimenter l’animal après sa vermifugation, en lui donnant un aliment
équilibré et de l’eau propre.
• Pratiquer une hygiène rigoureuse des chèvreries et de l’alimentation.

5.3.3. Diarrhée
Un animal ayant la diarrhée émet des matières fécales liquides, aqueuses
plus souvent (4-6 fois en 12 heures) que d’habitude. La diarrhée est un pro-
blème courant associé à certaines maladies.
Quelques fois, les matières fécales ont une couleur anormale, une odeur dé-
sagréable et peuvent contenir du sang. Un animal ayant la diarrhée perd des
liquides corporels et peut rapidement être déshydraté. Il a une peau tendue,
sèche et des yeux creux. Dans les cas sévères, l’animal peut mourir.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

18
Tableau 5: Causes possibles de diarrhée

Causes possibles Exemples Traitement Mesures préventives


Infection bactérienne Courant chez les che- Traitement aux antibio- Maintenir les normes
vreaux de 1 - 4 mois tiques et réhydratation d’hygiène
(solution de sel et de
sucre)
Infestation par des vers Vers gastriques et in- Vermifuges Déparasitage interne
testinaux causant une régulier
mauvaise santé et une
perte progressive de
poids
Infestation par des Coccidiose, cryptos- Médicaments anti pro- Bonne hygiène
protozoaires poridiose tozoaires
Alimentation inappro- Diarrhée du chevreau Traitement de réhydra- Éviter de donner trop
priée causée par un apport tation de lait
rapide et excessif de
lait
Surcharge en grain Préparations anti diar- Garder les animaux
causée par l’inges- rhée p.ex. kaolin loin du grenier à
tion accidentelle de grain
grandes quantités

Source: Élaboration propre

5.3.4. Infections oculaires


Connue aussi comme la maladie de «l’œil rose», l’infection oculaire est plus
fréquente chez les moutons et les chèvres que chez les bovins. La maladie
est causée par des micro-organismes qui sont transmis par les mouches et
d’autres insectes. Elle est plus fréquente pendant la saison sèche et dans
des conditions poussiéreuses. Un ou les deux yeux peuvent être infectés,
mais le bétail guérit habituellement après 3-4 semaines sans traitement. Les
signes d’infection oculaire comprennent les éléments suivants:
• Écoulement clair de l’œil infecté, qui devient blanc grisâtre.
• La surface sous la paupière devient congestionnée et apparaît plus rouge
que d’habitude.
• L’animal évite la lumière forte et clignote souvent des yeux.
• La plupart du bétail a une tache blanche/grise/jaune au milieu de l’œil.
quand elle est infectée, elle devient plus large.
• Avec l’œil malade, l’animal peut devenir aveugle.
• Parfois, la tâche devient rouge, grossit et l’œil devient enflé et peut
être blessé.
• S’il n’est pas traité, l’œil peut éclater et l’animal va devenir aveugle de
cet œil.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

19
Le traitement est principalement par antibiotiques: les crèmes et poudres
antibiotiques sont appliquées directement dans l’œil. Les antibiotiques in-
jectables sont disponibles mais doivent être administrés par un vétérinaire.
Le contrôle des mouches et de la poussière est la façon la plus efficace de
prévenir les infections oculaires. Retirer tous les jours les matières fécales
des chèvreries.
La poussière est difficile à éliminer mais des mesures de précaution peuvent
être utiles comme par exemple ne pas emprunter les chemins poussiéreux
surtout lors des ventes effectuées sur de longues distances.

5.3.5. Ecthyma contagieux de la chèvre et du mouton


C’est une maladie qui se situe surtout au niveau des lèvres. Chez la chèvre,
elle se situe au niveau de la mamelle. Cette maladie peut être une zoonose
c’est à dire transmissible à l’homme.
Chez les agneaux de 2 à 3 semaines, on observe une hyperthermie, ainsi
que des petits boutons remplis de pus sur les lèvres et dans la bouche. Les
boutons peuvent éclater et laisser des blessures. Les microbes peuvent pas-
ser dans les poumons ou le tube digestif.
La maladie peut guérir en 2 à 3 semaines mais comme l’animal ne mange
pas assez, il maigrit.
Chez la chèvre, il y a des petites croûtes douloureuses sur les mamelles qui
peuvent entraîner des mammites.
La maladie peut guérir en 15 à 21 jours mais il vaut mieux administrer des
antibiotiques comme la péni-strepto et désinfecter les lésions avec un anti-
septique comme l’alcool iodé.
Comme la maladie est contagieuse, il faut séparer les animaux malades des
animaux sains. La mort frappe principalement les chevreaux ou les agneaux.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

20
6. INTERVENTIONS COURANTES EN
ÉLEVAGE

6.1. Coupe des onglons


L’onglon de stabulation est une infection du pied qu’on rencontre sur-
tout chez les animaux en stabulation permanente ou en semi stabulation
voire même en liberté. Elle est due à une croissance excessive de la corne
des onglons.
La corne grandit en avant et à côté en prenant des formes particulières
comme le montre la figure 12.
Cette malformation provoque des douleurs de l’onglon conduisant à des
boiteries plus ou moins graves. Pour tailler ces onglons, on utilise le matériel
suivant: Coupe onglon et rénettes
Figure 12: Coupe des onglons

Source: Élaboration propre

Taille des onglons Coupe onglons et rénette

6.2. Castration
La castration est la destruction ou le retrait des testicules. Elle est réalisée
chez des animaux qui ne sont pas destinés à la reproduction.
Il est préférable de castrer un animal en bas âge (3 mois chez le bouc) car
l’opération précoce réduit le risque de mortalité et de choc post-opératoire.
De plus, les blessures de l’animal guérissent plus vite. La castration peut
être faite en utilisant la pince de Burdizzo (outil spécialisé de castration), un
anneau en caoutchouc, un couteau aiguisé ou un scalpel.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

21
Le coût initial d’une pince de Burdizzo est élevé, mais celui d’un anneau en
caoutchouc est bien moindre, tandis que celui de l’élastateur (l’outil pour
l’appliquer) est moyen.
La castration permet de contrôler la reproduction et les animaux castrés
sont calmes (ils ne se battent pas). Cependant, une castration ouverte peut
être réalisée seulement par un spécialiste mais l’équipement n’est toujours
pas disponible.
Parfois, le taux de croissance de l’animal est ralenti et il y a un risque d’infec-
tion, lors d’une castration ouverte.
Techniques de castration
Pour castrer avec la pince de Burdizzo, palper le scrotum avec la main
et vous allez sentir les deux cordons spermatiques comme des cordes
à l’intérieur.
Prendre la pince de Burdizzo dans la main droite et, avec la main gauche,
pousser un cordon sur le côté, entre les mâchoires de la pince et serrer fer-
mement les poignées.
Prendre la pince de Burdizzo dans la main gauche et écraser l’autre cordon.
Figure 13: Castration à la pince Burdizzo

Source: Élaboration propre


ÉLEVAGE DES CAPRINS

22
7. COMMERCIALISATION ET
TRANSFORMATION DU LAIT

7.1. Lait
Le lait supporte la croissance de micro-organismes et est donc sensible à la
contamination. La traite devrait donc toujours être effectuée dans de bonnes
conditions d’hygiène.
Tableau 6: Principes de production correcte de lait

Hygiène de la • La chèvre doit être indemne de maladie


chèvre • Nettoyer le pis avant la traite
• Vérifier s’il y a mammite avec une tasse-filtre ou toute
surface noire p.ex. botte en caoutchouc
• Isoler les animaux malades et les traire en dernier lieu
• Toujours raser et couper les poils autour du pis
• Utiliser une solution de trempage du trayon (une solution
antiseptique) après la traite
Hygiène du trayeur • Ne doit pas avoir de maladies infectieuses
• Doit avoir des ongles coupés
• Doit garder ses cheveux courts
• Doit éviter de fumer
• La traite doit être continue sans interruptions
Hygiène de • Sans odeurs
l’environnement • Propre/risque de contamination minimale
Hygiène des • Utiliser des ustensiles sans soudure (de préférence en
ustensiles aluminium ou acier inoxydable) qui sont faciles à nettoyer
• Les procédures de nettoyage exigent de rincer les us-
tensiles à grande eau, de les brosser en utilisant de l’eau
chaude et un détergent, du savon, rincer à nouveau et
placer à l’envers sur un plateau pour sécher
• Conserver
Source: Élaboration propre

Figure 14: Utiliser les bidons à large ouverture pour faire le nettoyage
et la désinfection
ÉLEVAGE DES CAPRINS

Source: Élaboration propre

Bidon de 5 litres à petite ouverture Bidon de 20 litres en Inox à grosse ouverture


Mauvais Bon
23
Quand on prépare la traite, il faut traire la chèvre avec calme pour éviter le
stress, (que ce soit sous forme de coup, de bruit d’ustensiles ou de claque-
ments de porte) qui peut interférer avec la lactation.
Maintenir un rythme de traite régulier. Traire rapidement et de façon régulière
et s’assurer que vous avez vidé le pis à chaque traite. La traite de chaque
chèvre doit prendre 5 minutes au maximum.
Peser le lait de chaque chèvre immédiatement après la traite. Filtrer le lait
avec un filtre en tissu blanc, qui doit être lavé et désinfecté immédiatement
après usage. Conserver le lait sans produits chimiques dans un endroit frais
et propre, que l’on peut fermer à clef. Utiliser une solution de trempage des
trayons après la traite comme mesure de prévention de la mammite. Ne pas
mélanger du lait chaud (matin) avec du lait frais (soir). Les garder séparés
pour le centre de collecte ou refroidir le lait chaud avant de les mélanger.
Préservation de la qualité du lait
Le lait est rapidement périssable. Le lait est conservé pour assurer qu’il est
bon pour la consommation familiale et qu’il arrive chez le consommateur
final et/ou le fabricant dans de bonnes conditions quand il est vendu. Le
succès de toute méthode de conservation du lait dépend de sa qualité hy-
giénique initiale.
Si le lait et les ustensiles de traite sont propres et que la chèvre et le trayeur
sont en bonne santé, le lait produit sera propre et sain. Le lait peut être
conservé en utilisant la méthode décrite ci-dessous:
Refroidissement du lait
Garder le lait au frais ralentit le développement et l’activité des germes et
empêche le lait de tourner.
La température idéale est d’environ 4°C. Le lait peut être rafraîchi:
• En le gardant à l’ombre ou dans un endroit sombre, bien ventilé.
• En le gardant dans de l’eau froide.
• En plaçant les récipients de lait dans un courant d’eau.
• En mettant les récipients de lait dans un réservoir de refroidissement.
• En le gardant dans un réfrigérateur.
• En utilisant un refroidisseur au charbon de bois.
Lors du refroidissement du lait, relâcher les couvercles des récipients pour
laisser s’échapper l’air, et s’assurer qu’il n’y a pas d’eau qui rentre dans le
lait. Couvrir le réservoir de refroidissement avec un couvercle pour protéger
le lait des insectes et de la poussière.
Chauffage du lait
Le chauffage tue de nombreuses bactéries et le lait chauffé va durer plus
ÉLEVAGE DES CAPRINS

longtemps. Il élimine aussi des micro-organismes dangereux qui pourraient


transmettre des maladies des chèvres aux humains. Le meilleur moyen de
chauffer le lait (tout en gardant le goût et en évitant d’endommager la saveur)
est d’immerger le récipient de lait dans de l’eau bouillante pendant au moins
30 minutes. Le lait qui doit être consommé à domicile doit être bouilli, en
utilisant une grande casserole ou d’autres récipients de cuisson.

24
Le lait peut être chauffé à une certaine température et gardé à cette tempé-
rature pendant un temps suffisant pour tuer les germes, puis refroidi. C’est
la pasteurisation. Un thermomètre est requis pour surveiller la température.
Le lait peut aussi être soumis à un traitement thermique bas. Chauffer le lait
à 65°C puis le refroidir aussi vite que possible en dessous de 10°C.
Figure 15: Chauffage du lait en utilisant une casserole (direct) et un récipient
d’eau bouillante (indirect)

Source: Élaboration propre

Chauffage direct Chauffage indirect

7.2. Fabrication de produits dérivés du lait


7.2.1. Le beurre
Le beurre peut être fabriqué en séparant le lait et en barattant la crème. Le
beurre peut être fabriqué à partir de lait frais ou aigre. Pour faire du beurre
à partir du lait frais ou de crème, d’abord chauffer le lait / crème à 80-90°C,
puis le refroidir rapidement sous l’eau courante à 18°C. Pour faire mûrir,
ajouter 50 ml (3 cuillères à soupe) de babeurre aigre ou de culture, les mé-
langer avec le lait ou la crème. Couvrir et laisser pendant 24 heures à 18°C
(vous pouvez placer cela sur une cuisinière éteinte). Si vous utilisez du lait
cru ou de la crème qui est naturellement aigre, vous n’avez pas besoin du
processus de maturation. Remplir à moitié une baratte avec le lait aigre ou
la crème. Baratter avec des mouvements réguliers jusqu’à ce que les mor-
ceaux de beurre deviennent aussi gros que des grains pois. Ne pas laisser
les morceaux de beurre devenir un gros tas. Si les morceaux de beurre ne se
forment pas après 30 minutes, changer la température en ajoutant de l’eau
chaude ou froide puis baratter à nouveau. Si on utilise de la crème, ne pas
ajouter plus de 25 pour cent d’eau. Le barattage peut prendre 15–60 mi-
nutes; le temps dépend des conditions atmosphériques, de type de baratte,
du remplissage de la baratte et de la teneur en matière grasse du lait.
Retirer soigneusement les morceaux de beurre du couvercle et des côtés
avec de l’eau froide propre. L’eau et le beurre vont flotter au dessus du ba-
beurre. Ne pas utiliser trop d’eau. Verser le babeurre à travers un gros tamis.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

Laver le beurre pour retirer le babeurre. Remplir la baratte à moitié avec de


l’eau froide propre. Baratter pendant au moins 10 minutes. Utiliser une écu-
moire pour retirer les morceaux de beurre flottant sur l’eau ou laver le beurre
dans un tamis. Tamiser le beurre et le babeurre, mettre le babeurre d’un
côté, retourner le beurre en le lavant à l’eau froide et propre. Ne pas laisser
le beurre devenir un gros tas. Si vous lavez votre beurre avec précaution,
25
vous réduisez la teneur en eau et vous obtenez une plus longue durée de
conservation. Ne pas trop laver, pour ne pas réduire la teneur en éléments
non-graisseux et donner une odeur désagréable. Saler selon le goût avec
environ 10 g par kg de beurre. Laisser reposer toute la nuit.
Travailler (pétrir) le jour suivant pour améliorer la structure et la qualité du
beurre. D’abord, laver la table de travail, puis travailler le beurre avec une
cuillère en bois humide et le rouler jusqu’à obtention d’une surface lisse et
qu’il n’y ait plus de gouttes d’eau. Au fur et à mesure que vous travaillez,
retirez toutes les gouttes d’eau.
Le beurre doit être conservé dans un pot ou emballé dans du papier gras
ou dans du papier aluminium et garder dans un endroit frais. Saupoudrer
un peu de sel à la surface du beurre dans un pot pour éviter la croissance
fongique. Vous pouvez congeler le beurre mais il rancit rapidement après
décongélation.
Diviser le beurre en petits morceaux et décongeler uniquement la quantité
dont vous avez besoin. Ne pas congeler le beurre salé; il devient gras ou hui-
leux et sent le poisson. Si vous gardez le beurre trop longtemps, il a un goût
rance et développe des moisissures. Vous pouvez le garder plus longtemps
en faisant du ghee.

7.2.2. Le fromage
Le fromage est une partie solide du lait appelé lait caillé. Il est obtenu en sé-
parant le lait caillé de la partie liquide (connue sous le nom de petit-lait) par
réaction chimique. Vous pouvez séparer le lait caillé du petit-lait en ajoutant
un acide, une culture bactérienne et/ou une culture (présure). Le fromage
peut être décrit comme un fromage dur, semi-dur ou mou, frais ou mûr.
Pour fabriquer du fromage, vous avez besoin de lait de bonne qualité. Éviter
le lait avec haut teneur en bactéries. Utiliser du lait de chèvres en bonne
santé; ne pas utiliser de lait de chèvres ayant une mammite ou d’autres
maladies. Ne pas utiliser de lait qui contient des antibiotiques ou de lait qui
contient encore du colostrum. Utiliser un équipement propre.
Utiliser du lait frais entier (avec crème entière). Réduire le contenu en graisse
en laissant le lait reposer pendant une heure, puis écumer la couche supé-
rieure. Chauffer le lait à environ 85°C pour détruire les bactéries et augmen-
ter la productivité par la précipitation des protéines du petit-lait. Diluer du jus
de citron avec une quantité égale d’eau propre et en ajouter 50 ml (3 cuillères
à soupe) par litre de lait, en mélangeant le lait.
Le caillé précipite presque immédiatement. Continuer à mélanger pendant
environ trois minutes puis laisser le caillé reposer pendant 15 minutes. Sé-
parer le caillé du petit-lait en le drainant à travers un tamis ou un tissu (uti-
liser un tissu en coton plié en deux). Tout en drainant le petit-lait, tourner le
caillé pour éviter une coagulation excessive. Ajouter du sel au lait caillé en
ÉLEVAGE DES CAPRINS

proportion de 4 g (une cuillère à café rase) par 100 g de caillé et mélanger


convenablement. La quantité de sel peut varier pour répondre aux goûts et
préférences de différents consommateurs.
Transférer le caillé dans un moule (récipient) tapissé d’un tissu à fromage
(voir illustration). Le moule peut être cylindrique ou carré et peut être fait de
métal, plastique ou bois. Couvrir le lait caillé en pliant le tissu à fromage par
26
dessus. Placer un couvercle en bois convenablement à l’intérieur du moule
pour que le caillé reste sous pression. Laisser le caillé sous pression pendant
toute la nuit en plaçant des poids en métal au dessus du foncet. Presser avec
deux fois le poids du fromage (pour chaque 1 kg de fromage utiliser 2 kg de
poids). Presser pendant 1-2 heures et retirer le fromage du moule. Conserver
le fromage en entier ou le couper en morceaux pour la vente. Recouvrir le
fromage avec une fine couche de beurre pour améliorer son aspect.
Laisser mûrir le fromage sur des étagères en bois pendant au moins quatre
semaines à une température de 12–16°C. Pendant la maturation, retirer le
fromage de l’étagère tous les trois jours, mettre du vinaigre sur un morceau
de tissu et frotter le fromage avec le tissu pour éviter la croissance de moi-
sissures. Plus longtemps vous mûrissez le fromage, plus fort sera son goût.
Figure 16: Moule à fromage

Source: Élaboration propre

7.2.3. Le beurre clarifié (ghee)


Le beurre clarifié (ghee) est presque entièrement composé de graisse du
beurre et ne contient pratiquement pas d’eau ou de solides du lait. Il est plus
pratique que le beurre dans les régions tropicales parce qu’il se conserve
plus longtemps dans des conditions chaudes. La faible humidité et contenu
en solides (protéines) empêchent la croissance bactérienne.
Pour faire du ghee, baratter le lait ou la crème jusqu’à ce qu’assez de beurre
se soit accumulé. Placer le beurre dans une poêle et chauffer à feu doux
pour évaporer l’eau à un taux constant d’ébullition. Ne pas surchauffer pour
ne pas altérer la saveur. Quand une écume se forme à la surface, la retirer
en utilisant une cuillère perforée. Quand toute l’humidité s’est évaporée, la
caséine va commencer à carboniser (brûler), indiquant que le processus est
terminé. Verser le ghee dans un pot en terre pour conservation.
ÉLEVAGE DES CAPRINS

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Annexes

FICHE TECHNIQUE D’ÉLEVAGE CAPRIN


1. Logement des animaux
Le logement des caprins a pour but d’as-
surer la protection des animaux contre, le
froid, le vent, la chaleur, le soleil, les pré-
dateurs, les vols et autres agressions di-
verses. Ce logement peut être construit
en matériaux locaux peu onéreux, fa-
ciles à renouveler (poteaux et traverses
en bois, toiture en chaume, briques). La
toiture est à 2 m du sol, demi murs à 1
m–1.20 m de hauteur; la partie supérieure
doit être cloisonnée pour éviter les vols.
On retiendra comme norme: 1 bête par
m2. Par exemple pour un effectif de croi-
©FAO sière de 30 têtes caprines, le logement
aura pour dimensions 30m2 soit 5 m x
6 m. L’orientation du logement est aussi un paramètre important ; il doit
être disposé perpendiculairement aux vents dominants. L’animal étant nour-
ri à l’intérieur de l’enclos, il est souhaitable d’avoir un sol ferme avec pente
douce susceptible de permettre les opérations de nettoyage et d’entretien
pour assurer le confort des animaux. Un équipement élémentaire est néces-
saire et comprend les mangeoires en bois, les abreuvoirs en plastique ou en
métal et les râteliers. Les mangeoires (20-40 cm par individu) et les abreu-
voirs sont placés à 20 ou 30 cm du sol pour éviter toute souillure. La pierre à
lécher ou le sel sont placés à l’abri de l’eau et à une hauteur du sol 20 à 30
cm. Cette structure (logement+enclos) doit faciliter les opérations suivantes
: le tri des bêtes, la pesée des animaux, la castration, le traitement des ma-
lades, l’écornage, la coupe des onglons, la complémentation alimentaire,
renouvellement de la litière etc.

2. Alimentation des caprins


L’alimentation est l’un des premiers facteurs de réussite d’un élevage. Les
petits ruminants se nourrissent essentiellement d’herbe qu’ils peuvent trou-
ver dans les pâturages environnants. En semi stabulation, il est conseillé de
faire pâturer les animaux au maximum 2 heures par jour ; le reste du temps,
les animaux sont nourris à la chevrerie.
La valeur alimentaire des plantes dépend de la nature du sol, de l’âge des
plantes et du moment de la coupe. La valeur nutritive des graminées, par
ÉLEVAGE DES CAPRINS

exemple est optimale à l’apparition des épis (épiaison), par contre celle des
légumineuses est optimale à la floraison.
L’organisme animal cherche dans l’aliment consommé des constituants qui
sont: l’eau, les éléments minéraux, les protéines, les lipides, les glucides, les
vitamines et bien d’autres substances actives (hormones par exemple) :

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a. Sources de protéines: Leucaena, Calliandra, Stylosanthes, Pueraria,
Mucuna, soja, noix de palme, arachide, tourteaux de coton, de soja, de
palmiste, farine de poisson, farine de viande, etc.
b. Sources d’énergie: les graminées (Tripsacum, Setaria, Pennisetum) , les
graines de céréales, les tubercules, les racines de manioc, igname, taro,
les fruits, les sons, mélasse, bagasse, drêche etc.
c. Les vitamines sont abondantes dans les fruits, la verdure, les feuilles de
bananier, de patate, de manioc.
d. Les minéraux: Le fourrage vert est généralement pauvre en éléments
minéraux (Ca, P, Na, Fe, Cu, etc.); il y a donc nécessité de mettre à la
disposition du troupeau des blocs de pierre à lécher, de la farine d’os, du
calcaire broyé, de la terre salée, etc.
Une bonne ration doit permettre de couvrir tous les besoins physiolo-
giques des animaux: (i) d’entretien; (ii) de croissance; (iii) de gestation et (iv)
d’allaitement.
Il existe des formules de calcul des besoins alimentaires des animaux; l’on
estime que le cadre n’est pas indiqué pour les mettre dans cette fiche.
Dans la pratique, l’on conseille aux éle-
veurs de diversifier les sources alimen-
taires pour donner le plus d’éléments
possibles; les proportions recomman-
dées sont: 2/3 graminées et 1/3 légumi-
neuses. Il est recommandé d’avoir dans
la ration 15 à 20 pour cent de protéines
brutes et 75 à 80 pour cent d’énergie. Il
est important de valoriser les sous pro-
duits et résidus agricoles. Une eau propre
et suffisante doit être mise à la disposition
des animaux.
Quelques exemples de rations quoti-
©FAO
diennes pour une chèvre adulte: (1) 2.5 kg
d’herbes diverses+1 kg de setaria+100 g
de terre salée (icuhiro); (2) 2.5 kg d’herbes diverses+1 kg de tripsacum+20
g de terre salée (icuhiro); (3) 3 kg d’herbes coupées dans les marais+1 kg
de pennisetum+200 g de terre salée: (4) 1 kg de fanes de haricot+1.5 kg de
tripsacum+150 g de chaux; (5) 6 kg de setaria+250 g de leucaena+30 g de
bloc à lécher; (6) 3 kg de tripsacum+500g de calliandra+20 g de chaux, etc.
Le déséquilibre d’une ration alimentaire conduit notamment à une baisse de
la production générale du troupeau, du gain de poids quotidien (GPQ), du
retard de croissance, de la reproduction (avortements, morts nés, etc.), de
l’apparition d’une pathologie carentielle caractéristique (les avitaminoses A,
D, C, B, l’anémie, le rachitisme, etc.).
ÉLEVAGE DES CAPRINS

3. Reproduction
Les femelles sont mises à la reproduction à 8-12 mois quand le poids est à
80 pour cent de celui de l’adulte. La gestion dure 5 mois et l’allaitement 3 à
5 mois. L’intervalle moyen entre deux mises bas est de 8 mois c’est-à-dire 3
mises bas tous les 2 ans.

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Dans ce type de petit élevage, le bouc ou le bélier détectent les femelles
en chaleur et réalisent les montes. En cas de non fécondation, les chaleurs
reviennent tous les 18 ou 22 jours et il faut refaire la saillie. Il faut en général
un mâle pour environ dix femelles.
Le jeune mâle rentre en production à partir du 12-13 mois. Garder un mâle
au delà de 2 ans soulève le problème de consanguinité dans ces petits éle-
vages; il est donc conseillé de changer de mâle tous les deux ans. Pour les
femelles, il serait souhaitable de faire la réforme vers 5 ans d’âge.

4. Santé animale
La santé animale est aussi un autre facteur qui conditionne la rentabilité
d’un élevage. Les principales pathologies rencontrées chez l’espèce caprine
sont: l’ecthyma contagieux, la conjonctive, la mammite, la tuberculose, les
verminoses, etc. Les symptômes observés sont: croûtes, larmoiement, in-
flammation mammaire, toux, inappétence, perte de poids, fièvre, chute de
poils, etc. Quelques déparasitants (antibiotiques et vermifuges) sont pré-
conisés: Oxytétracyclines 20 et 5 pour cent, pommade ophtalmique, pom-
made intra mammaire, oxytétracycline spray, albendazole, etc. En cas de
suspicion, l’on conseille à l’éleveur de contacter les services vétérinaires à
temps.

5. Opérations courantes dans un élevage


Elles permettent un meilleur suivi du troupeau caprin. Il s’agit du marquage
(le port du collier avec une plaquette et un numéro, les entailles des oreilles,
le port des boucles d’oreilles portant un numéro), de la castration (à l’aide
d’une pince Burdizzo, on écrase le cordon testiculaire du scrotum sans
qu’on ne blesse la peau), de l’écornage et de la taille des onglons (on
coupe l’excès de la partie cornée qui empêche particulièrement le caprin de
se déplacer, de se nourrir ou de réaliser des montes).
La prise de température est aussi importante: On utilise un bon thermo-
mètre qu’on introduit dans l’orifice anal doucement, en le pivotant légère-
ment 1 à 3 minutes après, on retire le thermomètre pour lire la température.
T° normale chez les jeunes = 39,5°C
T° normale chez les adultes = 38,5-39°C
Il est aussi important de faire un examen général sur les animaux qui porte
sur: l’appréciation de l’état général du troupeau (homogénéité ou hétérogé-
néité); l’examen à distance de chaque animal (diarrhée, météorisation, dou-
leur, etc.); l’examen individuel rapproché, auscultation; cas éventuel: une
autopsie.
Il faut faire les observations suivantes: la température, pouls (60-80/mn), as-
pects du faciès, comportement, ganglions superficiels, muqueuses, hydra-
tations, appareil circulatoire, circulation périphérique, toux, jetage, type de
ÉLEVAGE DES CAPRINS

respiration, cavité nasale, appétit, préhension, mastication, déglutition, soif,


rumination, défécation, cavité buccale, etc.

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FICHE TECHNIQUE DE L’ÉLEVAGE EN
STABULATION: CAPRINS
N° Input Normes Observations
1 Logement
1.1 Chèvrerie 3 m/4 m Mangeoire (+ ratelier) + Abreuvoir
1.2 Aire d’exercice 6 m/8 m Hauteur 1.70 m
1.3 Ratelier dans l’aire d’exer- 1.5 m
cice
1.4 Fumière-compostière 2 m/2 m/l m Il en faut au moins trois
2 Alimentation La poule pond par le bec
2.1 Cultures fourragères 2 000 m Installées sur courbes de niveau Largeur:
1m
2.1 Arbustes fourragers 1500 plants Caliandra, Leucaena, Moringa
2.3 Arbres agro-forestiers 150 plants Grevilea, Cedrella, Markhamia, Mesopsis
+ 5 arbres fruitiers
2.4 Légumineuses herbacées 0.10 ha Stylosanthes, Desmodium Macrotyloma
axillare
2.5 Concentré Surtout les chèvres exotiques
2.6 Bloc à lécher Ad libitum
2.7 Sous produits agricoles Complètent l’alimentation fourragère
3 Santé
3.1 Vermifugation lfois/4 mois Octobre, Février, Juin: 1 bolus
d’Albendazole 150 mg/chèvre1
3.2 Aspersion à l’acaricide 2 fois/semaine en Veiller au dosage correct:
saison pluvieuse Surtout les chèvres exotiques
1 fois/semaine en
saison sèche
3.3 Couper les onglons 1 fois/an Obligatoire en stabulation permanente
3.4 Thermométrie 2 fois par jour 38.5°C matin, 39°C soir
4 Reproduction
4.1 Chaleurs Observer les signes Durée : 24 à 48 h.
4.2 Saillie 12 h après le début Si début des chaleurs matin: saillir soir Si
des chaleurs début des chaleurs soir: saillir le lende-
main matin.
4.3 Cycle oestral 21 jours (18-22 jrs) Surveiller le retour des chaleurs
4.4 Gestation (jours) 150 jrs 2
Bonne alimentation
4.5 Mise bas Renouveler la litière, prévenir un I.V
4.6 Soins au veau Cordon ombilical Faire téter les petits immédiatement
après la naissance
4.7 Soins à la mère Surveiller la déli-
ÉLEVAGE DES CAPRINS

vrance (24 h)
4.8 Suivi Marquer chaque Cahier de 100 pages.
événement

1
Ne pas traiter les chèvres dans le 1er tiers de la gestation avec l’Albendazole en raison de
ses effets mutagènes.
2
Alpine et Toggenburg : 152 jrs, Saanen : 154 jrs
31
©FAO/Valentina Stutzin/Guadalupe Gómez Verdi
Regional Office for Latin America and the Caribbean
[email protected]
fao.org/americas
CC5766FR/1/05.23

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture


Port-au-Prince , Haïti, 2023

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