CC 5766 FR
CC 5766 FR
ÉLEVAGED ES
CAPRINS
ÉLEVAGE DES
CAPRINS
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©FAO
Table des matières
1. INTRODUCTION 1
2. LA CHÈVRERIE 1
2.1. Élevage en stabulation 1
2.2. Matériel de ferme 5
3. ALIMENTATION DES CHÈVRES 6
3.1. Introduction 6
3.2. Élevage laitier 6
3.3. Élevage de type mixte 8
4. GESTION DE LA REPRODUCTION 10
4.1. Races et reproduction 10
4.2. Sélection d’un bouc géniteur 10
4.3. Principes de reproduction 11
4.4. Critères de sélection pour la reproduction 12
5. SANTÉ ANIMALE 13
5.1. Symptômes généraux de maladie 13
5.2. Gestion de la santé animale à la chèvrerie 13
5.3. Problèmes courants de santé animale à la chèvrerie 15
6. INTERVENTIONS COURANTES EN ÉLEVAGE 21
6.1. Coupe des onglons 21
6.2. Castration 21
7. COMMERCIALISATION ET TRANSFORMATION DU LAIT 23
7.1. Lait 23
7.2. Fabrication de produits dérivés du lait 25
Annexes 28
FICHE TECHNIQUE D’ÉLEVAGE CAPRIN 28
FICHE TECHNIQUE DE L’ÉLEVAGE EN STABULATION: CAPRINS 31
ÉLEVAGE DES CAPRINS
v
vi
ÉLEVAGE DES CAPRINS
©FAO/Hkun Lat
1. INTRODUCTION
Un élevage amélioré de chèvres suppose des races améliorées qui logent
dans des bâtiments appropriés. Dans ces derniers, elles y reçoivent une ali-
mentation adéquate qui leur permet d’extérioriser leur potentiel de produc-
tion. Elles y reçoivent également des soins appropriés.
La production laitière, de viande, et de fumier ainsi que le revenu de l’agri-éle-
veur sont augmentés.
Dans cette fiche, l’éleveur trouvera des informations utiles pour améliorer la
chèvrerie, l’alimentation, la reproduction, la santé, etc.
2. LA CHÈVRERIE
Diverses infrastructures (bâtiments ou constructions) sont nécessaires pour
les systèmes d’élevage caprin, comprenant les logettes, les mangeoires, les
abreuvoirs et les magasins de stockage des produits de la ferme.
La chèvrerie est utile pour:
• la manipulation facile des animaux;
• le confinement des animaux pour les garder loin des champs (cultures);
• le maintien des normes d’hygiène (p.ex. pour la production laitière);
• la surveillance étroite de l’état de l’animal;
• le contrôle/surveillance des maladies et des vecteurs d’agents patho-
gènes;
• la réduction du gaspillage d’aliments;
• le renforcement de la sécurité des animaux;
• l’optimisation de la collecte du fumier;
• le stockage dans un endroit sûr du fourrage et des équipements.
Cette section décrit les différents éléments d’une chèvrerie (logette; salle de
traite; enclos à chevreaux; enclos avec couloir de contention; mangeoires et
abreuvoirs), leur utilité et les matériaux nécessaires pour leur construction.
ont aussi des magasins de stockage d’aliments, une aire de coupe de four-
rage et des enclos des chevreaux.
Pour l’élevage des caprins et ovins améliorés, les animaux doivent rester à la
ferme, mais ils auront une aire d’exercice annexée à la chèvrerie.
1
2.1.1. Choix de l’emplacement
La chèvrerie sera construite tout près de la maison principale de l’éleveur,
dans un endroit calme; sur un terrain salubre et sec non en pente ou avec
une faible pente permettant l’écoulement des eaux. Le sol sera compact,
imperméable et facile à nettoyer. Le logement et l’aire d’exercice doivent
faciliter les opérations suivantes: le tri des animaux, la pesée, la castration,
le traitement des maladies, la coupe des onglons, la complémentation ali-
mentaire, le renouvellement de la litière, etc. Mais la maison d’habitation doit
être réservée uniquement à la famille.
2
Aménagement intérieur
L’intérieur de la chèvrerie doit être sec, spacieux, bien aéré et facile à dé-
sinfecter. L’air doit pénétrer dans les locaux lentement et non sous forme
de courant. Le sol doit être fortement damé, non glissant, imperméable, en
pente douce pour assurer l’écoulement des urines. Il est indispensable de
séparer les animaux de sexe différent quand ils sont en âge de reproduction
pour éviter les saillies incontrôlées, les coups de cornes, etc. Pour cela le
logement doit être compartimenté. Le bouc et les chevreaux doivent être
séparés des chèvres adultes et jeunes femelles. Chaque compartiment doit
comporter des mangeoires et râteliers en bois, ainsi que des abreuvoirs en
plastic ou en métal.
Figure 2: Aménagement intérieur de la chèvrerie
4
2.1.5. Enclos à chevreaux
C’est une unité spécialement conçue pour abriter des chevreaux en crois-
sance. Il peut être fixe (à l’intérieur ou séparé de l’étable) ou mobile (on
l’utilise souvent dans les fermes et les systèmes de pâturage extensif). Un
enclos à chevreaux permet un suivi rapproché et fréquent, facilite la planifi-
cation, la surveillance du régime alimentaire et assure des conditions idéales
d’hygiène et de contrôle des maladies.
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3. ALIMENTATION DES CHÈVRES
3.1. Introduction
En pratique, en élevage amélioré des chèvres, l’alimentation des animaux
est dictée par l’observation de leur état corporel ou de leur niveau de pro-
duction en cas de production laitière. On commence toujours par l’ap-
port de fourrage, pour terminer par l’apport de concentrés nécessaires.
Le pâturage d’une herbe de bonne qualité constitue souvent à lui seul une
ration équilibrée.
Il est important que les animaux reçoivent du fourrage de bonne qualité.
Les éleveurs optent pour la valorisation des aliments souvent produits dans
leur exploitation. Ils sont alors associés à des sources de protéines (légumi-
neuses et le tourteau), sources d’énergie (graminées) et à une source de mi-
néraux (un bloc à lécher). Un apport d’aliments concentrés peut être donné
aux laitières.
Le tableau suivant montre les proportions de mélange des ingrédients pour
la fabrication d’aliments concentrés pour les chèvres.
Tableau 1: Un mélange concentré pour les chèvres
Ingrédient Quantité
Avoine, sorgho, maïs 60 pelles
Son de blé, de maïs, de riz 25 pelles
Tourteaux de coton/de tournesol/de palmiste 8 pelles
Farine de feuilles de luzerne, de Calliandra 7 pelles
Farine d’os / calcaire 2 pelles
Source: Élaboration propre
7
Figure 5: Animaux avec déficience en minéraux
Une chevrette de bonne race qui a été bien nourrie depuis son jeune âge
atteindra sa maturité à 10 mois. Donner du fourrage seul va entraîner une
faible croissance. Un complément avec 80 g d’aliments concentrés par jour
/ tête est suffisante. Les fourrages doivent être de bonne qualité et dispo-
nibles à volonté. Les chevrettes doivent avoir un accès libre à l’eau et à un
bloc à lécher.
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3.3.3. Alimentation des chèvres avant et pendant la gestation
En fin de gestation puis en début de lactation, les besoins alimentaires aug-
mentent fortement. Si les pâturages sont pauvres, il faut donner aux chèvres
un complément sous forme de céréales et de tourteaux. Une poignée de
100 g/chèvre/j d`aliments complets suffit comme complément. Assurer un
libre accès à l’eau et au bloc à lécher.
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4. GESTION DE LA REPRODUCTION
certaines maladies.
Avantages de la monte naturelle
On peut organiser la saillie à tout moment. Pour un grand troupeau, le
coût est faible. La détection des chaleurs est plus facile s’il y a un bouc
à proximité.
10
Contraintes de la monte naturelle
Des maladies comme la brucellose, la listériose, la trichomonase et l’orchite
peuvent se propager très rapidement dans le troupeau, entraînant des pro-
blèmes comme l’allongement des intervalles entre les vêlages et une des
dépenses élevées pour le traitement des animaux infectés. L’incidence de
ces maladies chez les chèvres du Burundi n’est pas bien connue.
11
Figure 7: Saillie d’une chèvre en chaleurs
Les chèvres détectées en chaleurs le matin doivent être saillies au plus tard
dans l’après-midi, et celles détectées l’après-midi doivent l’être au plus tard
le lendemain matin. Si au bout de 18 à 21 jours la chèvre saillie n’est pas de
nouveau en chaleurs, il se pourrait qu’il y ait eu fécondation. Il faut donc la
surveiller pour le retour en chaleurs ou pour la gestation. La gestation dure
5 mois et l’allaitement 3 à 5 mois. Dans un élevage familial, le bouc détecte
les femelles en chaleurs et réalise les saillies. En général, un mâle couvre 10
femelles. Le jeune mâle entre en reproduction à l’âge de 12-13 mois. Garder
un mâle au-delà de 2 ans soulève le problème de consanguinité dans les
petits élevages. Il est donc conseillé de changer de mâle tous les 2 ans. Le
mieux est d’inter-changer ce mâle avec d’autres éleveurs plus ou moins éloi-
gnés. Pour les femelles, il serait souhaitable de faire la réforme vers 5 ans.
12
5. SANTÉ ANIMALE
Pour que les animaux grandissent normalement, se reproduisent et pro-
duisent suffisamment de lait, ils doivent être en bonne santé. Une bonne
gestion, une alimentation équilibrée, une stabulation adaptée et de bonnes
conditions d’élevage permettent d’avoir des animaux en bonne santé.
13
pement de traite doit être nettoyé et séché au soleil pour assainissement
naturel. Tous les équipements d’alimentation des chevreaux doivent aussi
être très propres.
La pulvérisation d’acaricides à la main est indiquée pour le traitement des
maladies de la peau chez les chèvres. A cause du contact étroit entre le
manipulateur et les produits chimiques, toutes les précautions de sécuri-
té doivent être prises (lire attentivement les instructions d’utilisation). Il faut
s’assurer que toutes les parties de l’animal sont traitées par l’acaricide.
Il existe plusieurs types d’acaricides. Du fait que les tiques développent
une résistance, certains types d’acaricide peuvent s’avérer inefficaces dans
la lutte contre les types de tiques trouvés dans une région spécifique. Les
agri-éleveurs doivent examiner leurs animaux après l’application d’acaricide
pour vérifier si les tiques meurent ou pas. Si elles résistent, il faut demander
l’avis d’un spécialiste en santé animale.
Figure 8: la pulvérisation des chèvres avec un acaricide
14
5.3. Problèmes courants de santé animale
à la chèvrerie
5.3.1. Mammite
Signe:
La mammite est une maladie bactérienne qui provoque le gonflement du
pis qui devient rouge et douloureux. Un, deux, trois ou les quatre quartiers
du pis peuvent être infectés. Le lait est aqueux et maigre, contient des gru-
meaux et est jaunâtre. Dans les cas sévères, du sang peut apparaitre dans
le lait. La traite est impossible car l’animal se débat quand le pis est touché.
Il a aussi des signes de fièvre.
Une chèvre avec mammite va avoir une production laitière fortement réduite
et, dans les cas graves, la production du lait peut s’arrêter complètement. Le
lait infecté doit être éliminé par l’agri-éleveur, même si la chèvre est traitée.
La mammite est plus susceptible et survient souvent dans un environnement
non hygiénique, par exemple quand le sol est couvert de fumier ou que la
traite est faite avec des mains sales.
Les chèvres qui ont un pis très bas et avec de très longs trayons sont plus
réceptives aux blessures et à la mammite. Une traite incomplète va rendre
la chèvre plus sensible à la mammite et le tirage (au lieu du serrage) des
trayons peut causer des blessures et une infection. Des blessures sur les
trayons, un mauvais état corporel et une alimentation pauvre sont des fac-
teurs prédisposant supplémentaires.
Pour tester la mammite, traire les quelques premiers jets dans une tasse
filtre ou sur une surface lisse noire (p.ex. couvercle de seau). Vérifier soi-
gneusement tout changement de couleur ou toute apparence aqueuse
et/ou de caillots.
Prévention de la mammite
• Garder la salle de traite (et tout endroit où l’animal est susceptible de se
coucher) propre en retirant le fumier, les saletés, les déchets d’herbe et
d’arbustes loin de l’étable.
• Se laver les mains convenablement avant et après la traite et les rincer
avec une solution désinfectante entre les traites de chèvres différentes.
• Nettoyer le pis régulièrement à la même période pour minimiser le stress
des chèvres.
• Traiter toutes les blessures sur les trayons et le pis immédiatement. Si
elles ne sont pas traitées, elles peuvent s’infecter avec des bactéries,
infection qui pourrait alors se transmettre dans le pis par les mains du
trayeur. Retirer tout objet qui peut blesser les chèvres et éviter les sols
glissants et les chèvreries surpeuplées.
ÉLEVAGE DES CAPRINS
• Donner du fourrage aux animaux après la traite pour les garder debout
jusqu’à ce que les trayons se referment.
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• Toujours rechercher les signes de mammite avant la traite et traire les
chèvres affectées par la mammite en dernier lieu, en éliminant le lait loin
du troupeau.
• Infuser des antibiotiques dans les trayons lors du tarissement de la chèvre.
• Abattre les animaux qui souffrent de mammite récidivante.
Traitement de la mammite
Le traitement doit être entrepris aussitôt que la mammite est diagnostiquée.
Infuser un antibiotique dans le canal du trayon et, si l’état de l’animal ne
s’améliore pas, traiter avec un antibiotique par injection. Après le traitement
aux antibiotiques, jeter le lait des quatre quartiers de la mamelle, même si
seulement un quartier est infecté. L’éleveur devra traiter la maladie parce
qu’il y a risque de pertes financières élevées dues à la mévente du lait, à la
non consommation de ce lait par le chevreau et aux complications éven-
tuelles de la maladie chez la chèvre malade.
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• mauvais état d’embonpoint;
• les signes spécifiques comprennent;
• l’animal parait pâle autour des yeux;
• son pelage est sec et mat;
• dans certains cas, des vers adultes ou des morceaux de vers plats
peuvent apparaitre dans les matières fécales;
• diarrhée (peut être sanguinolente), perte de poids, et parfois mortalité.
Figure 10: chèvre parasitée
Régulier/routine Saisonnier
Administration d’un vermifuge à large Administration d’un vermifuge au tout
spectre tous les 3 mois début de la saison des pluies, suivi par
une autre dose deux semaines
plus tard
Facile: parce que les intervalles entre Plus efficace dans le contrôle des vers.
les administrations sont fixes et faciles Toutefois, il est difficile de définir le
à retenir Toutefois, pas très efficace moment exact où les pluies
commencent
Source: Élaboration propre
ÉLEVAGE DES CAPRINS
17
Figure 11: Administration des médicaments
5.3.3. Diarrhée
Un animal ayant la diarrhée émet des matières fécales liquides, aqueuses
plus souvent (4-6 fois en 12 heures) que d’habitude. La diarrhée est un pro-
blème courant associé à certaines maladies.
Quelques fois, les matières fécales ont une couleur anormale, une odeur dé-
sagréable et peuvent contenir du sang. Un animal ayant la diarrhée perd des
liquides corporels et peut rapidement être déshydraté. Il a une peau tendue,
sèche et des yeux creux. Dans les cas sévères, l’animal peut mourir.
ÉLEVAGE DES CAPRINS
18
Tableau 5: Causes possibles de diarrhée
19
Le traitement est principalement par antibiotiques: les crèmes et poudres
antibiotiques sont appliquées directement dans l’œil. Les antibiotiques in-
jectables sont disponibles mais doivent être administrés par un vétérinaire.
Le contrôle des mouches et de la poussière est la façon la plus efficace de
prévenir les infections oculaires. Retirer tous les jours les matières fécales
des chèvreries.
La poussière est difficile à éliminer mais des mesures de précaution peuvent
être utiles comme par exemple ne pas emprunter les chemins poussiéreux
surtout lors des ventes effectuées sur de longues distances.
20
6. INTERVENTIONS COURANTES EN
ÉLEVAGE
6.2. Castration
La castration est la destruction ou le retrait des testicules. Elle est réalisée
chez des animaux qui ne sont pas destinés à la reproduction.
Il est préférable de castrer un animal en bas âge (3 mois chez le bouc) car
l’opération précoce réduit le risque de mortalité et de choc post-opératoire.
De plus, les blessures de l’animal guérissent plus vite. La castration peut
être faite en utilisant la pince de Burdizzo (outil spécialisé de castration), un
anneau en caoutchouc, un couteau aiguisé ou un scalpel.
ÉLEVAGE DES CAPRINS
21
Le coût initial d’une pince de Burdizzo est élevé, mais celui d’un anneau en
caoutchouc est bien moindre, tandis que celui de l’élastateur (l’outil pour
l’appliquer) est moyen.
La castration permet de contrôler la reproduction et les animaux castrés
sont calmes (ils ne se battent pas). Cependant, une castration ouverte peut
être réalisée seulement par un spécialiste mais l’équipement n’est toujours
pas disponible.
Parfois, le taux de croissance de l’animal est ralenti et il y a un risque d’infec-
tion, lors d’une castration ouverte.
Techniques de castration
Pour castrer avec la pince de Burdizzo, palper le scrotum avec la main
et vous allez sentir les deux cordons spermatiques comme des cordes
à l’intérieur.
Prendre la pince de Burdizzo dans la main droite et, avec la main gauche,
pousser un cordon sur le côté, entre les mâchoires de la pince et serrer fer-
mement les poignées.
Prendre la pince de Burdizzo dans la main gauche et écraser l’autre cordon.
Figure 13: Castration à la pince Burdizzo
22
7. COMMERCIALISATION ET
TRANSFORMATION DU LAIT
7.1. Lait
Le lait supporte la croissance de micro-organismes et est donc sensible à la
contamination. La traite devrait donc toujours être effectuée dans de bonnes
conditions d’hygiène.
Tableau 6: Principes de production correcte de lait
Figure 14: Utiliser les bidons à large ouverture pour faire le nettoyage
et la désinfection
ÉLEVAGE DES CAPRINS
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Le lait peut être chauffé à une certaine température et gardé à cette tempé-
rature pendant un temps suffisant pour tuer les germes, puis refroidi. C’est
la pasteurisation. Un thermomètre est requis pour surveiller la température.
Le lait peut aussi être soumis à un traitement thermique bas. Chauffer le lait
à 65°C puis le refroidir aussi vite que possible en dessous de 10°C.
Figure 15: Chauffage du lait en utilisant une casserole (direct) et un récipient
d’eau bouillante (indirect)
7.2.2. Le fromage
Le fromage est une partie solide du lait appelé lait caillé. Il est obtenu en sé-
parant le lait caillé de la partie liquide (connue sous le nom de petit-lait) par
réaction chimique. Vous pouvez séparer le lait caillé du petit-lait en ajoutant
un acide, une culture bactérienne et/ou une culture (présure). Le fromage
peut être décrit comme un fromage dur, semi-dur ou mou, frais ou mûr.
Pour fabriquer du fromage, vous avez besoin de lait de bonne qualité. Éviter
le lait avec haut teneur en bactéries. Utiliser du lait de chèvres en bonne
santé; ne pas utiliser de lait de chèvres ayant une mammite ou d’autres
maladies. Ne pas utiliser de lait qui contient des antibiotiques ou de lait qui
contient encore du colostrum. Utiliser un équipement propre.
Utiliser du lait frais entier (avec crème entière). Réduire le contenu en graisse
en laissant le lait reposer pendant une heure, puis écumer la couche supé-
rieure. Chauffer le lait à environ 85°C pour détruire les bactéries et augmen-
ter la productivité par la précipitation des protéines du petit-lait. Diluer du jus
de citron avec une quantité égale d’eau propre et en ajouter 50 ml (3 cuillères
à soupe) par litre de lait, en mélangeant le lait.
Le caillé précipite presque immédiatement. Continuer à mélanger pendant
environ trois minutes puis laisser le caillé reposer pendant 15 minutes. Sé-
parer le caillé du petit-lait en le drainant à travers un tamis ou un tissu (uti-
liser un tissu en coton plié en deux). Tout en drainant le petit-lait, tourner le
caillé pour éviter une coagulation excessive. Ajouter du sel au lait caillé en
ÉLEVAGE DES CAPRINS
27
Annexes
exemple est optimale à l’apparition des épis (épiaison), par contre celle des
légumineuses est optimale à la floraison.
L’organisme animal cherche dans l’aliment consommé des constituants qui
sont: l’eau, les éléments minéraux, les protéines, les lipides, les glucides, les
vitamines et bien d’autres substances actives (hormones par exemple) :
28
a. Sources de protéines: Leucaena, Calliandra, Stylosanthes, Pueraria,
Mucuna, soja, noix de palme, arachide, tourteaux de coton, de soja, de
palmiste, farine de poisson, farine de viande, etc.
b. Sources d’énergie: les graminées (Tripsacum, Setaria, Pennisetum) , les
graines de céréales, les tubercules, les racines de manioc, igname, taro,
les fruits, les sons, mélasse, bagasse, drêche etc.
c. Les vitamines sont abondantes dans les fruits, la verdure, les feuilles de
bananier, de patate, de manioc.
d. Les minéraux: Le fourrage vert est généralement pauvre en éléments
minéraux (Ca, P, Na, Fe, Cu, etc.); il y a donc nécessité de mettre à la
disposition du troupeau des blocs de pierre à lécher, de la farine d’os, du
calcaire broyé, de la terre salée, etc.
Une bonne ration doit permettre de couvrir tous les besoins physiolo-
giques des animaux: (i) d’entretien; (ii) de croissance; (iii) de gestation et (iv)
d’allaitement.
Il existe des formules de calcul des besoins alimentaires des animaux; l’on
estime que le cadre n’est pas indiqué pour les mettre dans cette fiche.
Dans la pratique, l’on conseille aux éle-
veurs de diversifier les sources alimen-
taires pour donner le plus d’éléments
possibles; les proportions recomman-
dées sont: 2/3 graminées et 1/3 légumi-
neuses. Il est recommandé d’avoir dans
la ration 15 à 20 pour cent de protéines
brutes et 75 à 80 pour cent d’énergie. Il
est important de valoriser les sous pro-
duits et résidus agricoles. Une eau propre
et suffisante doit être mise à la disposition
des animaux.
Quelques exemples de rations quoti-
©FAO
diennes pour une chèvre adulte: (1) 2.5 kg
d’herbes diverses+1 kg de setaria+100 g
de terre salée (icuhiro); (2) 2.5 kg d’herbes diverses+1 kg de tripsacum+20
g de terre salée (icuhiro); (3) 3 kg d’herbes coupées dans les marais+1 kg
de pennisetum+200 g de terre salée: (4) 1 kg de fanes de haricot+1.5 kg de
tripsacum+150 g de chaux; (5) 6 kg de setaria+250 g de leucaena+30 g de
bloc à lécher; (6) 3 kg de tripsacum+500g de calliandra+20 g de chaux, etc.
Le déséquilibre d’une ration alimentaire conduit notamment à une baisse de
la production générale du troupeau, du gain de poids quotidien (GPQ), du
retard de croissance, de la reproduction (avortements, morts nés, etc.), de
l’apparition d’une pathologie carentielle caractéristique (les avitaminoses A,
D, C, B, l’anémie, le rachitisme, etc.).
ÉLEVAGE DES CAPRINS
3. Reproduction
Les femelles sont mises à la reproduction à 8-12 mois quand le poids est à
80 pour cent de celui de l’adulte. La gestion dure 5 mois et l’allaitement 3 à
5 mois. L’intervalle moyen entre deux mises bas est de 8 mois c’est-à-dire 3
mises bas tous les 2 ans.
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Dans ce type de petit élevage, le bouc ou le bélier détectent les femelles
en chaleur et réalisent les montes. En cas de non fécondation, les chaleurs
reviennent tous les 18 ou 22 jours et il faut refaire la saillie. Il faut en général
un mâle pour environ dix femelles.
Le jeune mâle rentre en production à partir du 12-13 mois. Garder un mâle
au delà de 2 ans soulève le problème de consanguinité dans ces petits éle-
vages; il est donc conseillé de changer de mâle tous les deux ans. Pour les
femelles, il serait souhaitable de faire la réforme vers 5 ans d’âge.
4. Santé animale
La santé animale est aussi un autre facteur qui conditionne la rentabilité
d’un élevage. Les principales pathologies rencontrées chez l’espèce caprine
sont: l’ecthyma contagieux, la conjonctive, la mammite, la tuberculose, les
verminoses, etc. Les symptômes observés sont: croûtes, larmoiement, in-
flammation mammaire, toux, inappétence, perte de poids, fièvre, chute de
poils, etc. Quelques déparasitants (antibiotiques et vermifuges) sont pré-
conisés: Oxytétracyclines 20 et 5 pour cent, pommade ophtalmique, pom-
made intra mammaire, oxytétracycline spray, albendazole, etc. En cas de
suspicion, l’on conseille à l’éleveur de contacter les services vétérinaires à
temps.
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FICHE TECHNIQUE DE L’ÉLEVAGE EN
STABULATION: CAPRINS
N° Input Normes Observations
1 Logement
1.1 Chèvrerie 3 m/4 m Mangeoire (+ ratelier) + Abreuvoir
1.2 Aire d’exercice 6 m/8 m Hauteur 1.70 m
1.3 Ratelier dans l’aire d’exer- 1.5 m
cice
1.4 Fumière-compostière 2 m/2 m/l m Il en faut au moins trois
2 Alimentation La poule pond par le bec
2.1 Cultures fourragères 2 000 m Installées sur courbes de niveau Largeur:
1m
2.1 Arbustes fourragers 1500 plants Caliandra, Leucaena, Moringa
2.3 Arbres agro-forestiers 150 plants Grevilea, Cedrella, Markhamia, Mesopsis
+ 5 arbres fruitiers
2.4 Légumineuses herbacées 0.10 ha Stylosanthes, Desmodium Macrotyloma
axillare
2.5 Concentré Surtout les chèvres exotiques
2.6 Bloc à lécher Ad libitum
2.7 Sous produits agricoles Complètent l’alimentation fourragère
3 Santé
3.1 Vermifugation lfois/4 mois Octobre, Février, Juin: 1 bolus
d’Albendazole 150 mg/chèvre1
3.2 Aspersion à l’acaricide 2 fois/semaine en Veiller au dosage correct:
saison pluvieuse Surtout les chèvres exotiques
1 fois/semaine en
saison sèche
3.3 Couper les onglons 1 fois/an Obligatoire en stabulation permanente
3.4 Thermométrie 2 fois par jour 38.5°C matin, 39°C soir
4 Reproduction
4.1 Chaleurs Observer les signes Durée : 24 à 48 h.
4.2 Saillie 12 h après le début Si début des chaleurs matin: saillir soir Si
des chaleurs début des chaleurs soir: saillir le lende-
main matin.
4.3 Cycle oestral 21 jours (18-22 jrs) Surveiller le retour des chaleurs
4.4 Gestation (jours) 150 jrs 2
Bonne alimentation
4.5 Mise bas Renouveler la litière, prévenir un I.V
4.6 Soins au veau Cordon ombilical Faire téter les petits immédiatement
après la naissance
4.7 Soins à la mère Surveiller la déli-
ÉLEVAGE DES CAPRINS
vrance (24 h)
4.8 Suivi Marquer chaque Cahier de 100 pages.
événement
1
Ne pas traiter les chèvres dans le 1er tiers de la gestation avec l’Albendazole en raison de
ses effets mutagènes.
2
Alpine et Toggenburg : 152 jrs, Saanen : 154 jrs
31
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CC5766FR/1/05.23