La Dysménorrhées
La dysménorrhée du grec: dys= une ‘’ difficulté’’, mèn veu dire ‘’ mois ‘’ et rhée= ‘’couler ‘’
ou algoménorrhée (douleur) désigne les règles douloureuses. Etymologiquement il s’agit de la
difficulté de l’écoulement des menstrues. Ces douleurs précèdent, accompagne ou suit la
menstruation. La cause de ces douleurs est mal connue, et peuvent être accompagnées de
diarrhées, de vomissements, de vertiges, et céphalées. La dysménorrhée peut avoir des
conséquences sociales comme l’absentéisme à l’école ou au lieu du travail, ainsi qu’une
limitation dans les activités quotidiennes. C'est une pathologie très fréquente et la
dysménorrhée sévère touche une femme sur quatre.
Les causes et facteurs de risque
La dysménorrhée peut être primaire, sans cause identifiable ou secondaire, due à un
autre trouble.
La dysménorrhée primaire
La dysménorrhée primaire se définie comme des spasmes douloureux du bas de l'abdomen,
survenant pendant ou juste les règles, en absence de pathologie connue du pelvis. Elle
apparaît pendant l'adolescence dès les prémières règles " ménarche" soit plus souvent dans les
18 mois suivant ces premières règles.
La dysménorrhée primaire peut être due à :
Une anomalie de l'utérus ou à un obstacle à l'écoulement du sang ( tuberculose
génitale)
Une hypoplasie utérine, dystrophie sclérokystique des ovaires, anomalies du tissu de
soutien du petit bassin). Cependant, ces douleurs sont souvent non organiques.
Les dysménorrhées secondaires
Dans les dysménorrhées secondaires, les règles deviennent douloureuses chez une femme qui
jusque là n'en souffrait pas. Une cause organique est souvent retrouvée :
Infections génitales chroniques (métrites, salpingites, douglassites, inflammations de
la base du ligament large, paramétrites...) ;
Endométriose, la cause la plus fréquente de dysménorrhées secondaire ;
Fibrome en nécrobiose ;
Lésions tubaires ( salpingite, hydrosalpinx, pyosalpinx...) ;
Lésions ovariennes ( ovarite) ;
Le dispositif intra-utérin qui libère du cuivre
Les symptômes
Il s'agit de douleurs pelviennes (du bas ventre), médianes, parfois à type de coliques, d'autres
fois plus lancinante et continue. Elles apparaissent soit un peu avant les règles, soit au début
de celles-ci, soit vers la fin, et ou bien se manifester pendant toute leur durée.
Quand elles sont très intenses, elles peuvent gêner considérablement la femme. Chez 5 à
15%2 d'entre elles, les douleurs perturbent leur quotidien. Celles-ci s'accompagnent parfois
de :
Nausées ;
Vomissements ;
Diarrhée ;
Fièvre ;
Douleurs dans le bas du dos et aux jambes ;
Sensation de malaise.
L’insomnie…
L’examen clinique
L'examen clinique et gynécologique doit être soigneux, les examens complémentaires sont
demandés selon les cas, en fonction de l'orientation diagnostique. Lors de l'examen médical,
le médecin peut prescrire un test de grossesse ainsi qu'une échographie afin de vérifier s'il n'y
a pas la présence de structure anormale ou de croissance dans le pelvis.
Le traitement de la dysménorrhée
Le traitement des dysménorrhées secondaires est d'abord celui de leur cause. Dans le cas de
dysménorrhée primaire, des mesures générales comme un bon sommeil, des exercices
physiques réguliers, de la chaleur et une alimentation équilibrée peut être conseillées pour
soulager les symptômes.
Le traitement symptomatique peut utiliser :
Antalgiques : Doliprane, Efferalgan, Dafalgan... ;
Anti-inflammatoires non stéroïdiens : Ibuprofène, diclofénac, kétoprofène etc.
Antispasmodiques : Viscéralgine, Spasfon, etc.
La plupart des méthodes contraceptives hormonales (pilule contraceptive combinée au
progestatif, lovorgestrel, implant hormonal, dispositif intra utérine) soulagent en
partie la dysménorrhée. Elles permettent également la possibilité de supprimer la
survenue des règles. Dans le cas d’une dysménorrhée secondaire provoquée par
l’endométriose, l’usage d’un contraceptif hormonal constitue le traitement de premier
choix.