Cours Vulgarisation
Cours Vulgarisation
OBJECTIFS DU COURS
Objectifs spécifiques:
animer un groupe
Pourtant, aussi bien l’évantaille des catégories socio- professionnelles intéressées que les
objectifs de la vulgarisation, sont plus larges que le supposent les deux définitions.
le petit Larousse illustré (1994) en donne une d’ailleurs et à juste titre une définition plus
générale, en considérant comme « une action de mettre les connaissances scientifiques et
techniques à la portée des non spécialistes et au plus grand nombre ». La vulgarisation est en
réalité une science de la diffusion du savoir gérer les moyens de production et du savoir
s’organiser dans le cadre de l’amélioration de la production. Elle ne s’intéresse pas seulement
à l’amélioration de la production, mais s’étend à la diffusion du savoir consommer pour
assurer le bien être de l’individu en ce qui concerne les objectifs
Le mot « vulgariser » signifie l’action de mettre quelque chose à la portée du grand public. La
chose est donc appelée à devenir « vulgaire », c’est-à-dire intégrée dans l’environnement de la
majorité des individus concernés. Elle est vulgarisée auprès du public pour être diffusée soit
comme outil de travail, soit comme bien de consommation.
Exemple d’outils de travail: matériel agricole, technique de production, mode de gestion, etc.
Exemple de bien de consommation finale: produit pharmaceutiques, aliment pour la
consommation humaine.
La vulgarisation intègre à la fois des actions d’information, des actions de formation et des
actions de sensibilisation.
Les actions d’information sont celles qui annoncent l’existence de la chose faisant l’objet de
vulgarisation. Les actions de formation sont celles qui apprennent au public à se servir de la
chose faisant l’objet de vulgarisation.
Les actions de sensibilisation sont celles qui s’efforcent de convaincre le public de l’intérêt
qu’il y a à se servir de la chose faisant l’objet de vulgarisation.
La chose faisant l’objet de vulgarisation n’est donc pas suffisamment connue par le public.
Elle est appelée innovation.
Le public auquel est destiné l’innovation est appelé population-cible.
Cette population-cible peut être fractionnée en groupe-cible ou individu-cible.
L’opérateur chargé de véhiculer l’innovation est le vulgarisateur.
La vulgarisation partage les caractéristiques du bien être décrite avec la publicité commerciale
et la propagande politique qui sont également les actions de diffusion des messages en
direction du grand public. Mais la vulgarisation diffère de ces deux dernières à deux niveaux:
- au niveau du statut des acteurs et,
- au niveau des objectifs visés.
La vulgarisation est une activité des institutions publics de développement (organismes d’états
et de coopérations bilatérales ou multilatérales, services de collectivités décentralisés,….) et
des organismes privés de bienfaisances (ONG, fondations, institutions religieuses,….). Elle a
pour objectif la promotion ou le développement économique et social de la population-cible
La propagande politique est l’œuvre des hommes politiques qui cherchent à faire adhérer la
population-cible à leurs idées. L’objectif visé par eux à travers cette action est plus la
conquête de suffrage de la population, leur donnant accès aux responsabilités politiques qui
sont pour eux des moyens de réaliser des ambitions personnelles (l’autoriété, avantages
matériels et financiers….), que de servir les intérêts de la population-cible.
La publicité commerciale et la propagande politique étant destinées plus à servir les intérêts
de leurs auteurs que ceux de la population-cible, elles peuvent faire recours aux mensonges si
cela s'avère nécessaire pour la conquête du marché que représente pour elle la population-
cible (exagération des qualités attribuées aux produits des services commercialisés et non
signalisation des défauts, promesses électorales alléchantes généralement non tenues). La
propagande politique est l’œuvre des hommes politiques qui cherchent à faire adhérer la
population-cible à leurs idées. L’objectif visé par eux à travers cette action est plus la
conquête de suffrage de la population, leur donnant accès aux responsabilités politiques qui
sont pour eux des moyens de réaliser des ambitions personnelles (l’autoriété, avantages
matériels et financiers….), que de servir les intérêts de la population-cible.
La publicité commerciale et la propagande politique étant destinées plus à servir les intérêts
de leurs auteurs que ceux de la population-cible, elles peuvent faire recours aux mensonges si
cela s'avère nécessaire pour la conquête du marché que représente pour elle la population-
cible (exagération des qualités attribuées aux produits des services commercialisés et non
signalisation des défauts, promesses électorales alléchantes généralement non tenues).
La vulgarisation est par compte une action où le mensonge n’a pas sa place. En effet il y a une
comptabilité entre vouloir la promotion économique et sociale d’une personne, c’est-à-dire le
vouloir du bien, et oser la tromper.
La vulgarisation a une obligation de franchir dans ses rapports avec la population-cible. Dans
l’accomplissement de sa mission, il lui appartient de trouver les approches pédagogiques qui
rendent plus réceptifs les messages qu’il émet en direction de la population-cible. La
réception est ici synonyme non seulement de clarté mais également de bon sens.
CHAPITRE II. Les typologies du système de vulgarisation
Un système de vulgarisation est un cadre de coopération liant des partenaires qui collaborent à
la mise en œuvre d’un programme de vulgarisation. Il est constitué habituellement par les
services de vulgarisation, les services d’appui à la vulgarisation et la population –cible.
Au Niger plusieurs systèmes de vulgarisation ont été expérimentés dont les plus importants
étaient le système des actions intégrées, le système des projets et le système des formations et
visites.
Les structures classiques représentées par les services techniques, à savoir l’agriculture,
l’élevage, et les eaux et forets, le service de l’animation, l’UNCC, et la CNCA se contentaient
d’un rôle de contrôle de la structure spéciale en s’assurant qu’elle exécute les opérations selon
les normes établies. Cette structure spéciale a ses propres agents détachés auprès d’elle et
mise à sa disposition par les structures classiques. Il lui a été attribué le nom de projet. Le
projet est une structure provisoire d’exécution ? des opérations de développement sur le
terrain qui est appelé à disparaitre dès la fin de son programme d’intervention qui est limité
dans le temps et dans l’espace.
UNCC, CNCA, Agriculture, Elevage, Eaux et Forets, Animation
Projet
Actions
La démonstration des techniques fait appelle à des supports pédagogiques divers dont les
images, les objets matériels, l’environnement visible à la population. Exemple: la
démonstration d’une technique de vulgarisation peut se faire à l’aide de l’outil d’irrigation
(arrosoir) de l’eau et doit se faire sur le type de sol auquel la technique est adaptée.
L’utilisation des outils matériels peut être précédée de l’exposition d’image démontrant la
manière dont la technique doit être appliquée. La démonstration des techniques correspond à
une action de formation et d’information.
Au niveau des champs de démonstration, les deux parcelles ne diffèrent que par le fait que
l’innovation est appliquée sur la parcelle de démonstration et absente sur la parcelle témoin.
Sinon, les deux parcelles ont bénéficié les mêmes soins culturaux (travail du sol, techniques
de semis, fertilisation, densité de semis, traitement phytosanitaire, …). La démonstration des
résultats est une action de sensibilisation sur les avantages qui procurent l’innovation.
Les diagnostiques réalisés avec la participation des populations sont appelés diagnostics
participatifs ou autodiagnostics.
Les actions de développement à réaliser sont à déterminer par les populations, le diagnostic
devant servir l’objet de référence. Une fois le choix fait, les actions doivent faire l’objet d’un
programme dans le temps en tenant compte des priorités définies par les populations. La
programmation peut être pluriannuelle, annuelle, saisonnière (correspondant à une
campagne), mensuelle et même hebdomadaire. Même une simple séance de travail doit avoir
lieu, être programmée au préalable et agréer la masse par la population. De telles dispositions
doivent permettre d’adapter le calendrier de rencontre entre le vulgarisateur et les populations
aux disponibilités de ces dernières. Ces disponibilités varient en fonction des heures de la
journée et des jours de la semaine.
Pendant la campagne agricole de saison des pluies, le paysan n’est disponible qu’à partir de
l’après midi. Il est généralement disponible le vendredi à l’heure de la prière hebdomadaire
organisée ce jour de la semaine en pays musulman. Mais, il peut être disponible
immédiatement après la prière et au lieu du déroulement de la prière. Les paysans ne sont pas
non plus disponibles les jours où on veut certains marchés hebdomadaires qu’ils fréquentent
régulièrement. Les réunions ou les rencontres entre le vulgarisateur et les paysans doivent
faire l’objet d’une préparation minutieuse par le vulgarisateur. A cette occasion le
vulgarisateur doit s’habiller en tenu de travail car il est appelé à s’assoir dans des endroits où
la salubrité n’est pas garantie
En effet, il est obligé de répondre aux offres qui lui sont faites par la population aussi bien
pour l’endroit où doit se tenir la réunion, que pour les objets sur lesquels il doit s’assoir. Il
doit accepter aussi ne se reste que sur le plan symbolique, les cadeaux qui lui sont offerts
comme l’eau, la cola. Les réunions doivent être de durée aussi courte que possible. Elles
doivent alors porter sur un nombre de points limités. Pendant les séances de formation
pouvant durer une demi-journée, des poses doivent être prévues pour repos, prière et
satisfaction d’autres besoins. Le vulgarisateur ne doit pas en effet se comporter comme un
dérangeur, mais plutôt comme un serviteur respectueux de liberté des populations.
a) Méthode individuelle
cette méthode est celle qui est choisie et forme les individus isolés les uns des autres, chacun
évoluant dans son propre terroir. Exemple: choix d’un individu par village.
Chaque individu choisi reçoit régulièrement la visite du vulgarisateur qui s’entretien avec lui
sur les thèmes à vulgariser.
Le vulgarisateur l’aide à consolider ses connaissances sur le thème à vulgariser et prend note
des difficultés auxquelles il est confronté dans l’application des thèmes sur le terrain. Il décide
avec lui des solutions à apporter aux problèmes qui se posent.
b) La méthode de groupe
cette méthode est celle qui choisit et forme les individus rassemblés en groupes restreints (20
à 30 personnes) et homogène (même catégorie d’âges, même profession, même niveau
d’instruction,….). Chaque groupe séjourne en un lieu bien déterminé où il reçoit les
informations qui lui sont destinées. Il peut s’agir d’un centre de formation ou du lieu de
résidence habituel des individus constituant le groupe (villages d’appartenance aux individus
du groupe). Le groupe est encadré par un groupe de vulgarisateurs mis à sa disposition pour la
durée de la formation. A l’occasion de cette formation, il y a un contrat physique direct entre
le vulgarisateur et les individus constituant le groupe. Les vulgarisateurs peuvent illustrer
leurs exposés par des supports pédagogiques (films et auditions de contenu de cassette-radio).
Le dialogue est possible entre les vulgarisateurs de chacun des individus du groupe auxquels
ils peuvent poser des questions et formuler des observations sur le contenu des messages qui
leur sont diffusés. Les vulgarisateurs finissent par connaitre chacun des individus du groupe.
Le groupe est suffisamment restreint par être rassembler à l’occasion des séances de
formation dans une salle de classe ordinaire. Exemples de méthode groupe:
* formation dans les centres d’encadrement rapprochés de la période coloniale dans les
excentres de formation des jeunes agriculteurs (CFJA), dans les excentres de
perfectionnement technique (CPT) et dans les excentres de promotion rurale (CPR) de la
période de 1970 à 1980 au Niger;
* encadrement des groupes de contact (GC) dans le cadre de l’ex-projet de renforcement des
services d’accueille à l’agriculture (PRSAA): au Niger.
Le type de public est d’une importance telle qu’il ne peut être contenu dans une salle de
classe. En milieu il est rassemblé à l’air libre à l’ombre des arbres. A l’occasion de ces
rencontres il y a un contact physique direct entre le vulgarisateur et le public, mais le
vulgarisateur ne peut identifier tous les individus composant le public. Le vulgarisateur peut
illustrer ses exposés par des supports pédagogiques de même type que ceux cités pour la
méthode de groupe. Mais l’importance du public est telle que, pour certaines illustrations la
lecture n’est possible pour tout le monde que si les individus défilent chacun devant
l’illustration. L’importance du public et de temps disponible ne permettent à tous les individus
de poser des questions et de formuler des observations sur les messages qui leurs sont
diffusés.
Le vulgarisateur ne reçoit donc le feed-back d’une faible fraction du public qui n’est pas
fortement représentable.
Le vulgarisateur ne peut connaitre tous les individus du public. Exemple de méthode
collective:
* les tournées de prise de contact et d’information, entreprises par les vulgarisateurs auprès
des populations pour le lancement des opérations;
* les journées portes-ouvertes dans les stations de recherches agronomiques organisées à
l’intention des paysans;
* les foires agro-sylvo-pastorales.
b) La méthode de masse
Cette méthode est celle qui cible pour chaque séance de vulgarisation, les populations de tout
une région ou tout un pays. Dans la mesure où il n’est pas possible de rassembler de tel public
en un seul lieu, les canaux appropriés pour la population avec le vulgarisateur sont: la radio, la
télévision, la presse écrite et les affiches. Il n’y a pas de contact physique direct entre le
vulgarisateur et le public.
Le vulgarisateur ne peut paraitre qu’à travers les images, et ne peut illustrer ses exposés qu’à
travers des images ou des messages sonores transmis par radio. Dans de telles conditions seul
quelques rares individus sont capables de saisir le vulgarisateur par écrit, par téléphone, ou
par occasion de passage dans le bureau du vulgarisateur.
Le vulgarisateur ne peut donc avoir le feed-back d’une petite fraction de public qui n’est pas
forcement représentative de ces derniers. Le vulgarisateur ne peut pas connaitre tous les
individus composant le public. Exemple de méthode masse:
* l’action de radio-club au Niger;
*l’action de la voie de la santé au Niger;
*l’action de la voie de l’enseignement.
Remarques
Dans beaucoup de pays dont le Niger, il est effectué une combinaison des méthodes de
formation d’élites et des méthodes de formation diffuse, car elles sont en réalité
complémentaires. Si les méthodes de formation d’élites sont mieux adaptées pour l’obtention
de changement radical au niveau des individus, les méthodes de formation diffuse sont celles
qui conviennent quand il s’agit de transmettre aux populations des consignes à observer en
évidence et à tout le monde comme les mesures de sécurité en périodes d’épidémies,
d’invasions acridiennes ou de toutes autres catastrophes naturelles (sècheresses, inondations).
CHAPITRE V. Communication pour un changement de comportement
Les comportements sociaux du vulgarisateur sont des conduites observées par ce dernier dans
ses relations de tous les jours avec la population-cible. Le vulgarisateur est un agent de
service public qui a de nombreux contacts avec la population-cible même en dehors du cadre
de son travail. S’il s’agit d’un vulgarisateur de base, il vit avec cette population. Dans le cadre
de sa mission, il a intérêt à entretenir les rapports les plus étroits possibles avec cette
population. Il peut y parvenir dans certaines conditions dont notamment:
* parler la langue du milieu
*s’ imprégner de la culture du milieu en intégrant une partie de ses éléments (utilisation des
proverbes et expressions populaires du milieu en communication, port d’effets vestimentaires
typiques du milieu, acceptation de loger dans l’habitation traditionnelle du milieu,
consommation des denrées alimentaires les plus répandus dans le milieu,…), tout en y
apportant des aménagements positifs (règles d’hygiène et de sécurité);
1. La période coloniale
la période coloniale est de l’occupation du territoire Nigérienne par l’administration coloniale
française. Elle va du début du 20ème siècle à 1960.
L’objectif prioritaire de la colonisation européenne est réalité, l’exploitation économique du territoire
conquise, puisque beaucoup plus qu’une mission civilisatrice comme le font comprendre les
puissances colonisatrices. L’exploitation économique des colonies consistait à l’exploitation
économique des ressources naturelles et à l’exploitation de la force de travail des populations
colonisées.
Dans la colonie du Niger, c’est vers la fin des années 20 et au début des années 30, que les institutions
ont commencé à s’installer dont l’objectif est d’assurer la préservation des ressources naturelles et des
produits de l’activité de l’homme pour lui assurer les conditions de subsistance indispensables à la
fourniture du travail qui lui est demandé.
Il est peut être plus juste de dire que c’est après la famine de 1931 que beaucoup de mesures
administratives intéressant le développement et la sécurité alimentaire des populations ont touché le
territoire (greniers de réserves). Dans un premier temps, il fallait assurer la protection agricole, face
aux menaces climatiques, la vaccination du bétail contre la peste bovine et la péripneumonie, la
réalisation des coins d’eau pour l’alimentation du bétail, la protection du couvert végétal naturel par le
classement des forets et la règlementation de l’exploitation forestière (espaces protégées et espèces
protégées), l'institutionnalisation des greniers de réserve t des stocks para coopératifs pour la
régulation de l’approvisionnement en vivre et en semences de la population, la création d’un service
de santé humaine pour la protection de la population contre les maladies contagieuses comme la
rougeole, la variole, etc…
Jusqu’en 1945, il ne s’agissait que des mesures de conservation des acquis (protection de ce qui
existe). Après la seconde guerre mondiale (1945), la France en signe de reconnaissance de la
contribution des africains à la victoire contre l'Allemagne a procédé à une réorganisation de sa
politique coloniale en Afrique Noir. Désormais, elle ne se contentera plus d’assurer la simple
conservation des ressources d’économie, mais entend dorénavant promouvoir leur développement.
Pour ce faire, elle a créé une multitude d’institution de recherche spécialisé dans le traitement des
problèmes spécifiques du milieu tropical. Ces institutions étaient:
* l’institut de recherche sur les huiles et les oléagineux intéressant l’arachide et le palmier à huile
(IRHO)
* l’institut de recherche sur le coton et le textile (IRCT)
* l’institut de recherche sur le café et le cacao (IRCC)
*l’institut d’élevage et de médecine vétérinaire tropicale (IEMVT)
* le centre technique forestier tropical (CTFT)
La compétence territoriale de chaque institution pour la ou les productions dont elle a la charge sur
l’ensemble des colonies. Chacune d’elle fonctionne avec un budget alimenté par une délégation de
crédit d’origine de la métropole.
La vulgarisation avait opté pour l’approche autoritaire. Les paysans devaient plutôt exécuter les ordres
émanant de la hiérarchie administrative (faire de l’arachide ou du coton, apporter une certaine quantité
de vivres aux greniers de réserves ou aux magasins para coopératifs). Toute fois, sur certains sites,
l’encadrement répondait aux critères de formation d’élites. C’est le cas des centres d’encadrement
rapprochés fonctionnant au niveau de certains aménagements sommaires de cuvettes ou de bafonds
(sites de Daikaina, kollo, koulou, mirriah…..) où étaient formés des « paysans laboureur » initiés à des
techniques de production modernes par rapport aux techniques traditionnelles.
La vulgarisation par contrainte a fait place à une vulgarisation respectueuse de choix libre du paysan.
L’encadrement du monde rural a été confié à des services techniques nationaux dont les actions
devaient se compléter (voir système des actions intégrées des années 60 évoqué dans le chapitre I).
D’autres part, en plus des services impliqués dans les actions intégrées (agriculture, élevage, eaux et
forets, animation, UNCC, CNCA), d’autres institutions ont été créées ou renforcées en amont et en
avales des actions de vulgarisation. Il s’agit en particulier:
* de l’institut pratique de développement rural (IPDR) de Kollo: établissement de formation ouvert
depuis la période coloniale pour la formation des moniteurs d’agriculture (1956) et de moniteurs des
eaux et forets (1962), puis d’agents techniques d’agriculture, des eaux et forets, du génie rurale,
d’animation et de coopération (1968) et des cadres moyens des mêmes services à partir de 1976.
* De l’école des cadres de l’élevage: établissements de formation hérité de l’ancienne école des agents
techniques et des assistants d’élevage de Niamey créé en 1972 et qui a fini par être absorbé par IPDR
de kollo formant ainsi en plus des cadres des services déjà cités, les cadres du service de l’élevage
(niveau de base et niveau moyen);
* la société nigérienne de commercialisation des arachides (SONARA), créée en 1962 pour l’achat et
la revente des productions d’arachide des paysans;
* la société du riz du Niger (RINI), créée en 1967 pour l’achat, la transformation et la remarque du riz
Paddy produit par les paysans;
* la société nigérienne d’exploitation des ressources animales (SONERAN), créée en 1968 pour
l’achat et la revente des animaux sur pieds;
* l’office des produits vivriers du Niger (OPVN), créée en 1970, pour l’achat et la revente à des prix
modérés des productions de mil et de sorgho, des paysans.
Les actions de vulgarisation sont restées diffuses dans tous les domaines à cause des faibles taux
d’encadrement sauf au niveau des aménagements hydro-agricoles qui ont commencé à se multiplier
dans la vallée du fleuve Niger et au niveau desquels le contact entre l’encadrement et les paysans
étaient presque permanant.
D’une manière générale les actions de protection des ressources naturelles des cultures et du bétail,
engagées pendant la période coloniale ce sont poursuivis pendant cette période avec encore un peu
plus d’intensité. La relative accalmie enregistrée sur le front de la satisfaction des besoins alimentaires
de la population au cours de cette période et plutôt à mettre en rapport avec les conditions climatiques
favorables observées (absence de sécheresses majeurs).
Remarque
Il est retenir qu’au cours de cette période:
* les investissements dans le domaine du développement rural ont atteint le niveau d’intensité le plus
élevé, l’aide extérieur sous forme de prêt ou de dons, étant plus facilement mobilisable grâce au
regains de crédibilité donnée à l’économie nigérienne par l’accroissement des recettes d’exploitation
de l’uranium (période du boom de l’uranium);
* l'avènement des projets a créé des distorsions entre zones de projets bénéficiant d’importants
investissement, les zones hors-projets se contentant des prestations diffuses des services classiques;
* la poursuite de l’approche des populations héritées des années 60, bien que respectueuse de la liberté
des choix des paysans, n’en demeure pas moins un approche dirigiste qui tend à concevoir les modèles
pour le paysan et à la place de celui-ci moyennant un certains efforts de sensibilisation.