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Cours Vulgarisation

Le document présente un module de vulgarisation agricole pour les étudiants de 2ème année au Lycée Professionnel Agricole de Tera, avec une durée totale de 22 heures. Il aborde les généralités de la vulgarisation, ses typologies, les approches de travail et les objectifs de sensibilisation et d'animation au sein des communautés rurales. Les formateurs visent à préparer les étudiants à mener des campagnes de vulgarisation efficaces pour améliorer la production agricole et le bien-être des agriculteurs.

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Cours Vulgarisation

Le document présente un module de vulgarisation agricole pour les étudiants de 2ème année au Lycée Professionnel Agricole de Tera, avec une durée totale de 22 heures. Il aborde les généralités de la vulgarisation, ses typologies, les approches de travail et les objectifs de sensibilisation et d'animation au sein des communautés rurales. Les formateurs visent à préparer les étudiants à mener des campagnes de vulgarisation efficaces pour améliorer la production agricole et le bien-être des agriculteurs.

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LYCEE PROFESSIONNEL AGRICOLE DE TERA LPA

MODULE DE VULGARISATION AGRICOLE


Niveau: 2ème année : Masse Horaire: total: 22heures : Théorie: 12 heures : Pratique: 10 heures

ANNEE ACCADEMIQUE 2022-2023

Formateurs : GADO NOUROU, MOURTALA, ISSA


Contenu du cour
I- Généralités sur la vulgarisation (2h)

II- Les typologies du système de vulgarisation (2h)

III- Les différentes approches de la vulgarisation (2h)

IV- Méthode de travail en vulgarisation (2h)

V- Communication pour un changement de comportement (2h)

VI- Les différentes périodes de la vulgarisation agricole au Niger (2 h)

OBJECTIFS DU COURS

 Objectif général: mener une campagne de vulgarisation dans un groupement des


producteurs, dans un village ou autres collectifs opérant dans le secteur rural

Objectifs spécifiques:

 animer un groupe

 Conduire une activité d’animation et de sensibilisation


CHAPITRE I- Généralités sur la vulgarisation
Définitions des concepts
la vulgarisation est une discipline du domaine des sciences sociales. Sa définition varie d’un
spécialiste à un autre. Mais dans un bon nombre de cas, les auteurs se contentent d’une
définition caricaturale tendant à restreindre les domaines couverts par cette science, les
catégories socio- professionnelles concernées, les types d’actions qu’elle met en œuvre et les
objectifs qu’elle vise. Ainsi, pour Pierre CHANTRAN (Cf. vulgarisation en Afrique et à
Madagascar. Maison Neuve et Larose, Paris 1972) « la vulgarisation est la combinaison d’un
ensemble de politiques et de moyens permettant la réalisation de certains objectifs de
développement au bénéfice du plus grand nombre d’agriculteurs dans les meilleurs délais et
au moindre. Pour Jean Morise (Cf. Manuel pratique de vulgarisation agricole, volume 1,
ACCT, Wagenigou. Editions Maison Neuve et Larose, 1992) « vulgariser c’est présenter sous
une forme assimilable pour les paysans, les solutions mises au point par la recherche pour
résoudre leurs problèmes de production ».
Ces deux définitions traduisent une conception plutôt restrictive de la vulgarisation. La
première tend à considérer les agriculteurs comme la seule catégorie socio- professionnelle
concernée par la vulgarisation et la seconde limite les objectifs de la vulgarisation à la
résolution des problèmes de production. Il s’agit en faite de définitions s’appliquant aux cas
particuliers de la production agricole, domaine d’activités intéressant les deux ouvrages d’où
sont tirées les deux définitions.

Pourtant, aussi bien l’évantaille des catégories socio- professionnelles intéressées que les
objectifs de la vulgarisation, sont plus larges que le supposent les deux définitions.
le petit Larousse illustré (1994) en donne une d’ailleurs et à juste titre une définition plus
générale, en considérant comme « une action de mettre les connaissances scientifiques et
techniques à la portée des non spécialistes et au plus grand nombre ». La vulgarisation est en
réalité une science de la diffusion du savoir gérer les moyens de production et du savoir
s’organiser dans le cadre de l’amélioration de la production. Elle ne s’intéresse pas seulement
à l’amélioration de la production, mais s’étend à la diffusion du savoir consommer pour
assurer le bien être de l’individu en ce qui concerne les objectifs

Le mot « vulgariser » signifie l’action de mettre quelque chose à la portée du grand public. La
chose est donc appelée à devenir « vulgaire », c’est-à-dire intégrée dans l’environnement de la
majorité des individus concernés. Elle est vulgarisée auprès du public pour être diffusée soit
comme outil de travail, soit comme bien de consommation.
Exemple d’outils de travail: matériel agricole, technique de production, mode de gestion, etc.
Exemple de bien de consommation finale: produit pharmaceutiques, aliment pour la
consommation humaine.
La vulgarisation intègre à la fois des actions d’information, des actions de formation et des
actions de sensibilisation.

Les actions d’information sont celles qui annoncent l’existence de la chose faisant l’objet de
vulgarisation. Les actions de formation sont celles qui apprennent au public à se servir de la
chose faisant l’objet de vulgarisation.
Les actions de sensibilisation sont celles qui s’efforcent de convaincre le public de l’intérêt
qu’il y a à se servir de la chose faisant l’objet de vulgarisation.
La chose faisant l’objet de vulgarisation n’est donc pas suffisamment connue par le public.
Elle est appelée innovation.
Le public auquel est destiné l’innovation est appelé population-cible.
Cette population-cible peut être fractionnée en groupe-cible ou individu-cible.
L’opérateur chargé de véhiculer l’innovation est le vulgarisateur.

Le vulgarisateur agit en transmettant le message à la population-cible et en prenant soin de


recueillir en retour les réactions de cette dernière exprimée également sous forme des
messages.
La transmission des messages du vulgarisateur à la population est appelé action. La réaction
de la population est appelée rétroaction ou feed-back.
Les messages sont véhiculés à travers des procédés divers appelés canaux. Comme exemples
de canaux, peuvent situés:
le contact direct avec la population-cible;
les affiches;
la presse écrite;
les émissions radiodiffusées et télévisées

La vulgarisation partage les caractéristiques du bien être décrite avec la publicité commerciale
et la propagande politique qui sont également les actions de diffusion des messages en
direction du grand public. Mais la vulgarisation diffère de ces deux dernières à deux niveaux:
- au niveau du statut des acteurs et,
- au niveau des objectifs visés.
La vulgarisation est une activité des institutions publics de développement (organismes d’états
et de coopérations bilatérales ou multilatérales, services de collectivités décentralisés,….) et
des organismes privés de bienfaisances (ONG, fondations, institutions religieuses,….). Elle a
pour objectif la promotion ou le développement économique et social de la population-cible

La propagande politique est l’œuvre des hommes politiques qui cherchent à faire adhérer la
population-cible à leurs idées. L’objectif visé par eux à travers cette action est plus la
conquête de suffrage de la population, leur donnant accès aux responsabilités politiques qui
sont pour eux des moyens de réaliser des ambitions personnelles (l’autoriété, avantages
matériels et financiers….), que de servir les intérêts de la population-cible.
La publicité commerciale et la propagande politique étant destinées plus à servir les intérêts
de leurs auteurs que ceux de la population-cible, elles peuvent faire recours aux mensonges si
cela s'avère nécessaire pour la conquête du marché que représente pour elle la population-
cible (exagération des qualités attribuées aux produits des services commercialisés et non
signalisation des défauts, promesses électorales alléchantes généralement non tenues). La
propagande politique est l’œuvre des hommes politiques qui cherchent à faire adhérer la
population-cible à leurs idées. L’objectif visé par eux à travers cette action est plus la
conquête de suffrage de la population, leur donnant accès aux responsabilités politiques qui
sont pour eux des moyens de réaliser des ambitions personnelles (l’autoriété, avantages
matériels et financiers….), que de servir les intérêts de la population-cible.
La publicité commerciale et la propagande politique étant destinées plus à servir les intérêts
de leurs auteurs que ceux de la population-cible, elles peuvent faire recours aux mensonges si
cela s'avère nécessaire pour la conquête du marché que représente pour elle la population-
cible (exagération des qualités attribuées aux produits des services commercialisés et non
signalisation des défauts, promesses électorales alléchantes généralement non tenues).

La vulgarisation est par compte une action où le mensonge n’a pas sa place. En effet il y a une
comptabilité entre vouloir la promotion économique et sociale d’une personne, c’est-à-dire le
vouloir du bien, et oser la tromper.
La vulgarisation a une obligation de franchir dans ses rapports avec la population-cible. Dans
l’accomplissement de sa mission, il lui appartient de trouver les approches pédagogiques qui
rendent plus réceptifs les messages qu’il émet en direction de la population-cible. La
réception est ici synonyme non seulement de clarté mais également de bon sens.
CHAPITRE II. Les typologies du système de vulgarisation

Un système de vulgarisation est un cadre de coopération liant des partenaires qui collaborent à
la mise en œuvre d’un programme de vulgarisation. Il est constitué habituellement par les
services de vulgarisation, les services d’appui à la vulgarisation et la population –cible.
Au Niger plusieurs systèmes de vulgarisation ont été expérimentés dont les plus importants
étaient le système des actions intégrées, le système des projets et le système des formations et
visites.

1. Le système des actions intégrées


Ce système a fonctionné au cours des années 60. Il associait comme partenaires:
* les services techniques (agriculture, élevage et eaux et forets), chargées de la vulgarisation
des innovations techniques, chacun dans le domaine le concernant;
*le service de l’animation: chargé de la sensibilisation des populations sur les nécessités de
changement;
l’union nigérienne de crédit et de coopération (UNCC): chargé de l’encadrement des paysans
dans le domaine de l’organisation coopératives;
* la caisse nationale de crédit agricole (CNCA): institution financière chargée de l’octroi de
prêts aux producteurs ruraux pour la réalisation d’opération de développement. Ces
institutions agissaient de manière concertée et leurs actions se complétaient, d’où l’action du
terme « action intégrée »

2. Le système des projets


Ce système est né au début des années 70, s’est intensifié vers la fin de cette décennie pour
connaitre un ralentissement à partir de la deuxième moitié des années 80. Il est en voie de
disparition aujourd'hui. Il a beaucoup de points commun avec le système précèdent car il est
associé à peu-près avec les mêmes partenaires pour les actions de même nature. La différence
à noter par rapport au système précèdent, c’est la création d’une structure spéciale chargée de
l’exécution des opération sur le terrain au nom des structures classiques par rapport
auxquelles elle jouie d’une autonomie administrative et financière.

Les structures classiques représentées par les services techniques, à savoir l’agriculture,
l’élevage, et les eaux et forets, le service de l’animation, l’UNCC, et la CNCA se contentaient
d’un rôle de contrôle de la structure spéciale en s’assurant qu’elle exécute les opérations selon
les normes établies. Cette structure spéciale a ses propres agents détachés auprès d’elle et
mise à sa disposition par les structures classiques. Il lui a été attribué le nom de projet. Le
projet est une structure provisoire d’exécution ? des opérations de développement sur le
terrain qui est appelé à disparaitre dès la fin de son programme d’intervention qui est limité
dans le temps et dans l’espace.
UNCC, CNCA, Agriculture, Elevage, Eaux et Forets, Animation

Projet

Actions

3. Le système des formations et visites


ce système a été introduit au Niger en 1984 par la banque mondiale qui l’avait au paravent
expérimenté dans d’autres pays. Il a été conduit au Niger à travers un programme de
renforcement des services d’appui à l’agriculture (PRSAA) financé par la banque mondiale. Il
associait comme partenaire, les services de l'agriculture, de l’élevage et de l'environnement
(eaux et forets), l’institution nationale de la recherche agronomique du Niger (INRAN) et la
population –cible. Sa stratégie opposée sur le suivi régulier des agents vulgarisateurs de base
par les agents des enseignements supérieurs et le suivi régulier des paysans pilotes ou paysans
de contacts par les agents vulgarisateurs de base3. Le système des formations et visites
ce système a été introduit au Niger en 1984 par la banque mondiale qui l’avait au paravent
expérimenté dans d’autres pays. Il a été conduit au Niger à travers un programme de
renforcement des services d’appui à l’agriculture (PRSAA) financé par la banque mondiale. Il
associait comme partenaire, les services de l'agriculture, de l’élevage et de l'environnement
(eaux et forets), l’institution nationale de la recherche agronomique du Niger (INRAN) et la
population –cible. Sa stratégie opposée sur le suivi régulier des agents vulgarisateurs de base
par les agents des enseignements supérieurs et le suivi régulier des paysans pilotes ou paysans
de contacts par les agents vulgarisateurs de base

Le suivi ici, est une action de contrôle et de formation permanente. L’intégration de la


recherche aux programmes répond aussi sous une implication de cette dernière dans le suivi et
la formation continue des agents des enseignements supérieurs de la vulgarisation en ce qui
concerne les innovations vulgarisées.
L’originalité de ce système par rapport au précèdent, c’est l’association des populations-cibles
à la gestion du programmes entend que partenaire majeur. Ainsi c’est le premier système qui a
opté pour une approche participative des populations en vulgarisation. Le système privilégie
également la polyvalence des agents de vulgarisation: un agent de vulgarisation de base de
formation forestière doit être initié à certaines techniques dans les autres domaines pour être
capable de les vulgariser (agriculture et élevage), un superviseur de formation agricole doit
pouvoir superviser des agents vulgarisateurs de base d’autres domaines (élevage, eaux et
forets). Ce système a cessé de fonctionner avec l'arrêt de financement à la fin des années 90.
CHAPITRE III. Les différentes approches de la vulgarisation
1. Approche des individus et des groupes-cibles
l’approche des individus et des groupes-cibles est un ensemble de structure à travers lequel le
vulgarisateur agit sur les individus et les groupes-cibles pour atteindre les objectifs visés à
savoir les amener à maitriser les innovations et à les appliquer. Les procédures qui sont
choisis sont celles qui maximisent les chances de succès de l’action. L’approche des individus
et des groupes-cibles est en fait pour le vulgarisateur ce qu’est la pédagogie pour l’enseignant.
C’est un ensemble de méthodes de travail et de comportement sociaux pour le vulgarisateur.

1.1 Les méthodes de travail


Les méthodes de travail sont les procédures observées dans le cadre des activités de travail.
Un exemple de méthodes de travail peut être citées:
* les démonstrations des techniques;
* Les démonstrations des résultats;
* L’association des populations cibles de choix, la planification et la mise en œuvre des
actions.

a) Les démonstrations des techniques


la démonstration des techniques consiste pour le vulgarisateur à démontrer à la population-
cible les techniques de mise en œuvre d’une innovation. A ce titre, le premier acte doit
consister pour lui à exécuter lui-même la manipulation. En exécutant lui-même la
manipulation il démontre à la population l’opération techniquement à la portée d’un être
humain. Cela peut cependant ne pas être suffisant pour la compréhension: il lui faudra en plus
faire exécuter la manipulation par un ou plusieurs individus choisis au hasard à l’intérieur du
groupe aussi rassemblé. L’exécution en succès de la manipulation par un des individus du
groupe démontre ainsi à la population que l’opération est techniquement à la portée de la
catégorie sociale à laquelle il appartient.

La démonstration des techniques fait appelle à des supports pédagogiques divers dont les
images, les objets matériels, l’environnement visible à la population. Exemple: la
démonstration d’une technique de vulgarisation peut se faire à l’aide de l’outil d’irrigation
(arrosoir) de l’eau et doit se faire sur le type de sol auquel la technique est adaptée.
L’utilisation des outils matériels peut être précédée de l’exposition d’image démontrant la
manière dont la technique doit être appliquée. La démonstration des techniques correspond à
une action de formation et d’information.

b) La démonstration des résultats


la démonstration des résultats consiste pour le vulgarisateur à montrer à la population-cible,
pour des besoins de comparaison, les résultats obtenus dans les mêmes conditions mais sans
l’application des innovations (résultats témoins). En production agricole cela se traduit par la
conduite d’un champs de démonstration. Le champs de démonstration est un champs qui est
divisé en deux parties: la parcelle de démonstration dans laquelle l’innovation est appliquée,
et la parcelle témoin où l’innovation n’est pas appliquée.
La délivrance entre les résultats des deux parcelles représente l’effet de l’innovation.
Exemple de champs de démonstration : innovation: variété de mil HKP

Parcelle de démonstration mil HKP Parcelle témoin mil variété locale

Au niveau des champs de démonstration, les deux parcelles ne diffèrent que par le fait que
l’innovation est appliquée sur la parcelle de démonstration et absente sur la parcelle témoin.
Sinon, les deux parcelles ont bénéficié les mêmes soins culturaux (travail du sol, techniques
de semis, fertilisation, densité de semis, traitement phytosanitaire, …). La démonstration des
résultats est une action de sensibilisation sur les avantages qui procurent l’innovation.

c) L’association des populations au choix, à la programmation et à la mise en œuvre des


actions
En les associant aux initiatives sur toutes les techniques, le vulgarisateur vise un objectif de
responsabilisation des populations dans la gestion des affaires les concernant. Cette approche
qui fait participer les populations à la gestion des affaires les concernant est appelée approche
participative. Ainsi, le choix des actions doit découler de l’opération de diagnostic du lieu
réalisé avec les populations devant conduire à la détermination des contraintes de potentialité
du lieu lesquelles font appel à des actions de développement bien déterminées.

Les diagnostiques réalisés avec la participation des populations sont appelés diagnostics
participatifs ou autodiagnostics.
Les actions de développement à réaliser sont à déterminer par les populations, le diagnostic
devant servir l’objet de référence. Une fois le choix fait, les actions doivent faire l’objet d’un
programme dans le temps en tenant compte des priorités définies par les populations. La
programmation peut être pluriannuelle, annuelle, saisonnière (correspondant à une
campagne), mensuelle et même hebdomadaire. Même une simple séance de travail doit avoir
lieu, être programmée au préalable et agréer la masse par la population. De telles dispositions
doivent permettre d’adapter le calendrier de rencontre entre le vulgarisateur et les populations
aux disponibilités de ces dernières. Ces disponibilités varient en fonction des heures de la
journée et des jours de la semaine.

Pendant la campagne agricole de saison des pluies, le paysan n’est disponible qu’à partir de
l’après midi. Il est généralement disponible le vendredi à l’heure de la prière hebdomadaire
organisée ce jour de la semaine en pays musulman. Mais, il peut être disponible
immédiatement après la prière et au lieu du déroulement de la prière. Les paysans ne sont pas
non plus disponibles les jours où on veut certains marchés hebdomadaires qu’ils fréquentent
régulièrement. Les réunions ou les rencontres entre le vulgarisateur et les paysans doivent
faire l’objet d’une préparation minutieuse par le vulgarisateur. A cette occasion le
vulgarisateur doit s’habiller en tenu de travail car il est appelé à s’assoir dans des endroits où
la salubrité n’est pas garantie

En effet, il est obligé de répondre aux offres qui lui sont faites par la population aussi bien
pour l’endroit où doit se tenir la réunion, que pour les objets sur lesquels il doit s’assoir. Il
doit accepter aussi ne se reste que sur le plan symbolique, les cadeaux qui lui sont offerts
comme l’eau, la cola. Les réunions doivent être de durée aussi courte que possible. Elles
doivent alors porter sur un nombre de points limités. Pendant les séances de formation
pouvant durer une demi-journée, des poses doivent être prévues pour repos, prière et
satisfaction d’autres besoins. Le vulgarisateur ne doit pas en effet se comporter comme un
dérangeur, mais plutôt comme un serviteur respectueux de liberté des populations.

CHAPITRE IV. Méthode de travail en vulgarisation


les méthodes de vulgarisation sont des procédures à travers lesquelles les innovations sont
diffusées dans le milieu.
Elles intègrent deux aspects:
- choix des individus et des groupes cibles
- l’approche des individus et des groupes cibles
1. choix des individus et des groupes cibles
le choix des individus et des groupes-cibles est une stratégie de propagation de des
innovations dans l’espace. Cette stratégie intègre deux catégories principales de méthodes:
-les méthodes de formation d’élites;
-les méthodes de formation diffuse.

1.1 les méthodes de formation d’élites


les méthodes de formation d’élites sont celles qui consistent à diffuser les innovations à
travers les individus en nombre restreint qui est choisie à l’intérieur de la population
concernée par les innovations. Ces individus sont préalablement bien formés et bien équipés
pour l’application des innovations sur le terrain et pour leur transmission aux autres individus.
On les appelle des élites. Ces méthodes comprennent: la méthode individuelle et la méthode
de groupe.

a) Méthode individuelle
cette méthode est celle qui est choisie et forme les individus isolés les uns des autres, chacun
évoluant dans son propre terroir. Exemple: choix d’un individu par village.
Chaque individu choisi reçoit régulièrement la visite du vulgarisateur qui s’entretien avec lui
sur les thèmes à vulgariser.
Le vulgarisateur l’aide à consolider ses connaissances sur le thème à vulgariser et prend note
des difficultés auxquelles il est confronté dans l’application des thèmes sur le terrain. Il décide
avec lui des solutions à apporter aux problèmes qui se posent.

A l’occasion de ces rencontres, il y a un contrat physique direct entre le vulgarisateur et


chacun des individus-cibles. Le vulgarisateur peut illustrer ses exposés par des supports
pédagogiques tels que les images (croquis, photos), des objets matériels (outils techniques,
produits,….) et des réalités concrètes observables sur le terrain (parcelles en culture,
végétation naturelle sur des parcelles en friche).
Le dialogue est possible entre le vulgarisateur et chacun des individus-cibles lesquels peuvent
poser des questions et formuler des observations sur le contenu des messages qui leur sont
diffusés. Le vulgarisateur finit par connaitre chacun des individus cibles. Exemple: de
méthode individuelle: choix et formation des paysans de contact pour la conduite des champs
de démonstration (paysans démonstrateurs).

b) La méthode de groupe
cette méthode est celle qui choisit et forme les individus rassemblés en groupes restreints (20
à 30 personnes) et homogène (même catégorie d’âges, même profession, même niveau
d’instruction,….). Chaque groupe séjourne en un lieu bien déterminé où il reçoit les
informations qui lui sont destinées. Il peut s’agir d’un centre de formation ou du lieu de
résidence habituel des individus constituant le groupe (villages d’appartenance aux individus
du groupe). Le groupe est encadré par un groupe de vulgarisateurs mis à sa disposition pour la
durée de la formation. A l’occasion de cette formation, il y a un contrat physique direct entre
le vulgarisateur et les individus constituant le groupe. Les vulgarisateurs peuvent illustrer
leurs exposés par des supports pédagogiques (films et auditions de contenu de cassette-radio).

Le dialogue est possible entre les vulgarisateurs de chacun des individus du groupe auxquels
ils peuvent poser des questions et formuler des observations sur le contenu des messages qui
leur sont diffusés. Les vulgarisateurs finissent par connaitre chacun des individus du groupe.
Le groupe est suffisamment restreint par être rassembler à l’occasion des séances de
formation dans une salle de classe ordinaire. Exemples de méthode groupe:
* formation dans les centres d’encadrement rapprochés de la période coloniale dans les
excentres de formation des jeunes agriculteurs (CFJA), dans les excentres de
perfectionnement technique (CPT) et dans les excentres de promotion rurale (CPR) de la
période de 1970 à 1980 au Niger;
* encadrement des groupes de contact (GC) dans le cadre de l’ex-projet de renforcement des
services d’accueille à l’agriculture (PRSAA): au Niger.

1.2 Les méthodes de formation diffuse


Ces méthodes sont celles qui privilégient le nombre de personnes formées par rapport à la
qualité de la formation. Elles comprennent la méthode collective et la méthode de masse.
A) La méthode collective
Cette méthode est celle qui choisit comme interlocuteurs, des publics rassemblés spécialement
pour des programmes et précis de vulgarisation. Il s’agit des rencontres organisées à
l’occasion du passage des vulgarisateurs dans une localité ou dans le cadre des foires et
expositions au niveau desquelles sont présentées des innovations intéressant les populations
concernées.

Le type de public est d’une importance telle qu’il ne peut être contenu dans une salle de
classe. En milieu il est rassemblé à l’air libre à l’ombre des arbres. A l’occasion de ces
rencontres il y a un contact physique direct entre le vulgarisateur et le public, mais le
vulgarisateur ne peut identifier tous les individus composant le public. Le vulgarisateur peut
illustrer ses exposés par des supports pédagogiques de même type que ceux cités pour la
méthode de groupe. Mais l’importance du public est telle que, pour certaines illustrations la
lecture n’est possible pour tout le monde que si les individus défilent chacun devant
l’illustration. L’importance du public et de temps disponible ne permettent à tous les individus
de poser des questions et de formuler des observations sur les messages qui leurs sont
diffusés.

Le vulgarisateur ne reçoit donc le feed-back d’une faible fraction du public qui n’est pas
fortement représentable.
Le vulgarisateur ne peut connaitre tous les individus du public. Exemple de méthode
collective:
* les tournées de prise de contact et d’information, entreprises par les vulgarisateurs auprès
des populations pour le lancement des opérations;
* les journées portes-ouvertes dans les stations de recherches agronomiques organisées à
l’intention des paysans;
* les foires agro-sylvo-pastorales.

b) La méthode de masse
Cette méthode est celle qui cible pour chaque séance de vulgarisation, les populations de tout
une région ou tout un pays. Dans la mesure où il n’est pas possible de rassembler de tel public
en un seul lieu, les canaux appropriés pour la population avec le vulgarisateur sont: la radio, la
télévision, la presse écrite et les affiches. Il n’y a pas de contact physique direct entre le
vulgarisateur et le public.
Le vulgarisateur ne peut paraitre qu’à travers les images, et ne peut illustrer ses exposés qu’à
travers des images ou des messages sonores transmis par radio. Dans de telles conditions seul
quelques rares individus sont capables de saisir le vulgarisateur par écrit, par téléphone, ou
par occasion de passage dans le bureau du vulgarisateur.

Le vulgarisateur ne peut donc avoir le feed-back d’une petite fraction de public qui n’est pas
forcement représentative de ces derniers. Le vulgarisateur ne peut pas connaitre tous les
individus composant le public. Exemple de méthode masse:
* l’action de radio-club au Niger;
*l’action de la voie de la santé au Niger;
*l’action de la voie de l’enseignement.

Avantages et inconvénients des différentes méthodes


*Avantages et inconvénients de la formation d’élites
-Avantages
* permet aux individus cibles de demander la répétition de passage des exposés mal entendus,
mal suivis ou mal compris
*donne occasion au vulgarisateur d’apprécier l’efficacité de ses prestations auprès de chacun
des individus dont il peut connaitre les insuffisances;
*d’autre part, le cercle restreint par le vulgarisateur et les individus cibles favorise
l’instauration d’un climat de confiance mutuelle qui facilite la communication dans les deux
sens.
L’élite est un individu qui a une capacité intellectuelle ou technique supérieure à la moyenne
dans une population.
* Inconvénients
-le faible nombre d’individus touchés ne permet pas l’obtention de changements significatifs
dans le milieu;
- les moyens mobilisés sont généralement trop élevés par rapport au nombre d’individus
formés (mobilisation des vulgarisateurs, construction des infrastructures pour quelques
individus,….).

Les avantages et les inconvénients de la formation diffuse


*Avantages
- rend la propagation des innovations rapides dans l’espace;
- le cout est généralement plus élevé par rapport au nombre d’individus touchés (un
vulgarisateur peut suffire pour toucher une catégorie d’individus repartis sur l’ensemble d’une
région ou sur l’ensemble d’un territoire national).
* Inconvénients
- difficulté pour un grand nombre d’individus de poser des questions ou d’exprimer leurs avis
sur le contenu des messages rédiger, ne permet pas au vulgarisateur d’apprécier correctement
les résultats de ses prestations auprès des individus;
- pendant les séances de vulgarisation, le vulgarisateur ne peut contrôler ni l’attention, ni
l’assiduité des individus-cibles. Il en résulte comme conséquence une assimilation incertaine
par les individus des contenus des messages (nombreuses lacunes liées à des erreurs de lecteur
des messages et à des déficits d’informations difficilement corrigeables à distance);
- Même si la couverture spatiale des innovations est large, l’effet sur les individus peut être
médiocre ou nul.

Remarques
Dans beaucoup de pays dont le Niger, il est effectué une combinaison des méthodes de
formation d’élites et des méthodes de formation diffuse, car elles sont en réalité
complémentaires. Si les méthodes de formation d’élites sont mieux adaptées pour l’obtention
de changement radical au niveau des individus, les méthodes de formation diffuse sont celles
qui conviennent quand il s’agit de transmettre aux populations des consignes à observer en
évidence et à tout le monde comme les mesures de sécurité en périodes d’épidémies,
d’invasions acridiennes ou de toutes autres catastrophes naturelles (sècheresses, inondations).
CHAPITRE V. Communication pour un changement de comportement
Les comportements sociaux du vulgarisateur sont des conduites observées par ce dernier dans
ses relations de tous les jours avec la population-cible. Le vulgarisateur est un agent de
service public qui a de nombreux contacts avec la population-cible même en dehors du cadre
de son travail. S’il s’agit d’un vulgarisateur de base, il vit avec cette population. Dans le cadre
de sa mission, il a intérêt à entretenir les rapports les plus étroits possibles avec cette
population. Il peut y parvenir dans certaines conditions dont notamment:
* parler la langue du milieu
*s’ imprégner de la culture du milieu en intégrant une partie de ses éléments (utilisation des
proverbes et expressions populaires du milieu en communication, port d’effets vestimentaires
typiques du milieu, acceptation de loger dans l’habitation traditionnelle du milieu,
consommation des denrées alimentaires les plus répandus dans le milieu,…), tout en y
apportant des aménagements positifs (règles d’hygiène et de sécurité);

* pratiquer la religion du milieu ou au moins la respecter;


* entretenir des rapports équilibrés avec les différents groupes antagonistes du milieu;
* savoir partager les joies et les pennes avec la population;
*participer aux cérémonies de baptêmes et mariages et aux obsèques, visiter les malades et les
sinistrés;
* Savoir être disponible à tout moment et rendre des services même en dehors du cadre de son
travail;
* entant qu’agent de développement, donner sur le terrain l’exemple dans l’application des
innovations (avoir son propre champs ou ses propres animaux à exploiter selon les méthodes
vulgarisées).

CHAPITRE VI. Les différentes périodes de la vulgarisation agricole au Niger


Les expériences de vulgarisation agricole, pastorale et forestière du Niger sont nombreuses. Elles se
repartissent dans le temps en 4 principales bases qui sont désignées ici par des périodes respectives
correspondantes. Il s'agit:
* La période coloniale;
*La période de 1960 à 1970;
*La période de 1970 à 1982;
* La période de 1982 à aujourd’hui.

1. La période coloniale
la période coloniale est de l’occupation du territoire Nigérienne par l’administration coloniale
française. Elle va du début du 20ème siècle à 1960.
L’objectif prioritaire de la colonisation européenne est réalité, l’exploitation économique du territoire
conquise, puisque beaucoup plus qu’une mission civilisatrice comme le font comprendre les
puissances colonisatrices. L’exploitation économique des colonies consistait à l’exploitation
économique des ressources naturelles et à l’exploitation de la force de travail des populations
colonisées.
Dans la colonie du Niger, c’est vers la fin des années 20 et au début des années 30, que les institutions
ont commencé à s’installer dont l’objectif est d’assurer la préservation des ressources naturelles et des
produits de l’activité de l’homme pour lui assurer les conditions de subsistance indispensables à la
fourniture du travail qui lui est demandé.
Il est peut être plus juste de dire que c’est après la famine de 1931 que beaucoup de mesures
administratives intéressant le développement et la sécurité alimentaire des populations ont touché le
territoire (greniers de réserves). Dans un premier temps, il fallait assurer la protection agricole, face
aux menaces climatiques, la vaccination du bétail contre la peste bovine et la péripneumonie, la
réalisation des coins d’eau pour l’alimentation du bétail, la protection du couvert végétal naturel par le
classement des forets et la règlementation de l’exploitation forestière (espaces protégées et espèces
protégées), l'institutionnalisation des greniers de réserve t des stocks para coopératifs pour la
régulation de l’approvisionnement en vivre et en semences de la population, la création d’un service
de santé humaine pour la protection de la population contre les maladies contagieuses comme la
rougeole, la variole, etc…

Jusqu’en 1945, il ne s’agissait que des mesures de conservation des acquis (protection de ce qui
existe). Après la seconde guerre mondiale (1945), la France en signe de reconnaissance de la
contribution des africains à la victoire contre l'Allemagne a procédé à une réorganisation de sa
politique coloniale en Afrique Noir. Désormais, elle ne se contentera plus d’assurer la simple
conservation des ressources d’économie, mais entend dorénavant promouvoir leur développement.
Pour ce faire, elle a créé une multitude d’institution de recherche spécialisé dans le traitement des
problèmes spécifiques du milieu tropical. Ces institutions étaient:
* l’institut de recherche sur les huiles et les oléagineux intéressant l’arachide et le palmier à huile
(IRHO)
* l’institut de recherche sur le coton et le textile (IRCT)
* l’institut de recherche sur le café et le cacao (IRCC)
*l’institut d’élevage et de médecine vétérinaire tropicale (IEMVT)
* le centre technique forestier tropical (CTFT)

La compétence territoriale de chaque institution pour la ou les productions dont elle a la charge sur
l’ensemble des colonies. Chacune d’elle fonctionne avec un budget alimenté par une délégation de
crédit d’origine de la métropole.
La vulgarisation avait opté pour l’approche autoritaire. Les paysans devaient plutôt exécuter les ordres
émanant de la hiérarchie administrative (faire de l’arachide ou du coton, apporter une certaine quantité
de vivres aux greniers de réserves ou aux magasins para coopératifs). Toute fois, sur certains sites,
l’encadrement répondait aux critères de formation d’élites. C’est le cas des centres d’encadrement
rapprochés fonctionnant au niveau de certains aménagements sommaires de cuvettes ou de bafonds
(sites de Daikaina, kollo, koulou, mirriah…..) où étaient formés des « paysans laboureur » initiés à des
techniques de production modernes par rapport aux techniques traditionnelles.

La vulgarisation par contrainte a fait place à une vulgarisation respectueuse de choix libre du paysan.
L’encadrement du monde rural a été confié à des services techniques nationaux dont les actions
devaient se compléter (voir système des actions intégrées des années 60 évoqué dans le chapitre I).
D’autres part, en plus des services impliqués dans les actions intégrées (agriculture, élevage, eaux et
forets, animation, UNCC, CNCA), d’autres institutions ont été créées ou renforcées en amont et en
avales des actions de vulgarisation. Il s’agit en particulier:
* de l’institut pratique de développement rural (IPDR) de Kollo: établissement de formation ouvert
depuis la période coloniale pour la formation des moniteurs d’agriculture (1956) et de moniteurs des
eaux et forets (1962), puis d’agents techniques d’agriculture, des eaux et forets, du génie rurale,
d’animation et de coopération (1968) et des cadres moyens des mêmes services à partir de 1976.

* De l’école des cadres de l’élevage: établissements de formation hérité de l’ancienne école des agents
techniques et des assistants d’élevage de Niamey créé en 1972 et qui a fini par être absorbé par IPDR
de kollo formant ainsi en plus des cadres des services déjà cités, les cadres du service de l’élevage
(niveau de base et niveau moyen);
* la société nigérienne de commercialisation des arachides (SONARA), créée en 1962 pour l’achat et
la revente des productions d’arachide des paysans;
* la société du riz du Niger (RINI), créée en 1967 pour l’achat, la transformation et la remarque du riz
Paddy produit par les paysans;
* la société nigérienne d’exploitation des ressources animales (SONERAN), créée en 1968 pour
l’achat et la revente des animaux sur pieds;
* l’office des produits vivriers du Niger (OPVN), créée en 1970, pour l’achat et la revente à des prix
modérés des productions de mil et de sorgho, des paysans.

Les actions de vulgarisation sont restées diffuses dans tous les domaines à cause des faibles taux
d’encadrement sauf au niveau des aménagements hydro-agricoles qui ont commencé à se multiplier
dans la vallée du fleuve Niger et au niveau desquels le contact entre l’encadrement et les paysans
étaient presque permanant.
D’une manière générale les actions de protection des ressources naturelles des cultures et du bétail,
engagées pendant la période coloniale ce sont poursuivis pendant cette période avec encore un peu
plus d’intensité. La relative accalmie enregistrée sur le front de la satisfaction des besoins alimentaires
de la population au cours de cette période et plutôt à mettre en rapport avec les conditions climatiques
favorables observées (absence de sécheresses majeurs).

2) La période de 1970 à 1982


cette période a été surtout marqué par l'avènement des phénomènes climatiques désastreux pour
l’agriculture et l’élevage nigérienne. Il s’agit des sècheresses dont celle de 1973 a été la plus
importante. En effet, cette sècheresse a entrainé l’une des famines les plus importantes que le pays a
connu dans son histoire avec comme principaux dégâts, la forte mortalité animale et la chute brutale
de la production agricole. Dès le lendemain de cette sècheresse, un réaménagement des priorités est
intervenu dans les préoccupations quotidiennes des pouvoirs publics et qui est exprimé dans les
discours officiels. Les chefs d’état de la sous-région sahélien ont créé le comité inter-état de lutte
contre la sècheresse au sahel (CILSS) dont le siège est à Ouagadougou. Niamey abrite l’une des
institutions spécialisées de cet organisme qui est l’AGRHYMET dont la mission est la formation des
cadres pour les besoins spécifiques de l’agriculture des pays de la sous région. D’une manière générale
le CILSS a pour mandat, la mobilisation et la coordination de l’utilisation des aides extérieurs pour les
besoins du développement agricole de la sous-région. Au niveau national, la priorité est désormais la
recherche de l’autosuffisance alimentaire qu’il faut réaliser par tous les moyens.

S’agissant de la stratégie de développement à mettre en œuvre, il a été senti la nécessité de passer de la


vulgarisation diffuse à une vulgarisation intensive ou de formation d’élites en régime de production
pluviale à travers la création des projets de développement. Ces projets ciblaient des espaces à forte
potentialité qu’il faut exploiter et protéger, et des espaces sinistrées qu’il faut réhabiliter. Exemple
d’espaces à fortes potentialités: zones présentant des conditions favorables pour l’agriculture irriguée
ou zone forte pluviométrie.
Exemple d’espaces sinistrées: zones à forte densité de population dont la disponibilité en terre est
faible ou dont l'Etat de dégradation des terres est à un stade très avancé.

Remarque
Il est retenir qu’au cours de cette période:
* les investissements dans le domaine du développement rural ont atteint le niveau d’intensité le plus
élevé, l’aide extérieur sous forme de prêt ou de dons, étant plus facilement mobilisable grâce au
regains de crédibilité donnée à l’économie nigérienne par l’accroissement des recettes d’exploitation
de l’uranium (période du boom de l’uranium);
* l'avènement des projets a créé des distorsions entre zones de projets bénéficiant d’importants
investissement, les zones hors-projets se contentant des prestations diffuses des services classiques;
* la poursuite de l’approche des populations héritées des années 60, bien que respectueuse de la liberté
des choix des paysans, n’en demeure pas moins un approche dirigiste qui tend à concevoir les modèles
pour le paysan et à la place de celui-ci moyennant un certains efforts de sensibilisation.

4) la période de 1982 à aujourd’hui


de 1982 à aujourd'hui, la politique nationale de vulgarisation demeure pour l’essentiel, une application
des recommandations du séminaire de Zinder et les débats nationaux sur la désertification et l’élevage.
Elle est caractérisée par:
* l'avènement d’une nouvelle génération de projets au structures administratives légères, confiant la
mise en œuvre des opérations techniques aux services classiques compétents et qui prévoient des
données importantes de protection de l’environnement (reboisement, opérations CES/DRS), dans leur
programme d’action;
* le remplacement des CFJA, CPT et CPR par le centre de formation villageois à caractère mobile et
sans infrastructures propres (le programme de formation peut se déplacer de village en village et les
stagiaires se prennent en charge en ce qui concerne le logement)
*le transfert des paysans des responsabilités dans tous les domaines du développement les concernant
avec comme conséquence la dissolution de l’UNCC et son remplacement par l’UNC (union nationale
des coopératives) dirigée par les paysans, puis la dissolution de l’UNC et son remplacement par les
structures coopératives indépendantes, laissant la propre initiative des paysans pouvant s’associer
librement, et en fin le remplacement de la vulgarisation dirigiste par une vulgarisation devant répondre
aux besoins librement exposés par les paysans et avec les méthodes choisies avec la participation des
paysans ou vulgarisation participative.

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