0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
50 vues21 pages

Présentation Du Rapport M1

Le projet de mémoire explore la pensée de Karl Marx sur la révolution socio-politique, en soulignant la lutte des classes comme moteur historique de changement. Il examine comment le capitalisme a engendré des inégalités sociales et comment la praxis révolutionnaire marxiste peut offrir une voie vers une société plus équitable. La problématique soulève des questions sur la pertinence du marxisme face aux défis contemporains, notamment le néocolonialisme et les inégalités persistantes.

Transféré par

GORA KA
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
50 vues21 pages

Présentation Du Rapport M1

Le projet de mémoire explore la pensée de Karl Marx sur la révolution socio-politique, en soulignant la lutte des classes comme moteur historique de changement. Il examine comment le capitalisme a engendré des inégalités sociales et comment la praxis révolutionnaire marxiste peut offrir une voie vers une société plus équitable. La problématique soulève des questions sur la pertinence du marxisme face aux défis contemporains, notamment le néocolonialisme et les inégalités persistantes.

Transféré par

GORA KA
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

KA Gora

Université Cheikh Anta DIOP de Dakar

Département de Philosophie

Master 1

Kag5842ɑgmaill.com / 78 209 08 50

Thème : Karl Marx, Praxis de la Révolution Socio-


politique.

Présentation du projet de mémoire :

I°) Présentation et justification :

I-a°) Contexte :

La succession historique des événements est toujours marquée par la domination et


l’exploitation d’un groupe d’homme sur un autre groupe d’homme. De L’antiquité à l’époque
moderne, nous assistons à l’alternance de différentes modes de productions qui créent des
divisions sociales très importantes. C’est dans cette logique que Marx dît dans Le Manifeste
du Parti Communiste ceci : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été

que l’histoire de lutte de classe.(1) » Le mode de production esclavagiste a été détrôné


par le féodalisme qui était un système politique et économique d’oppression d’un peuple
majoritairement paysan par une aristocratie foncière qui exerçait un pouvoir religieux,
judicaire et militaire. Cependant, l’année 1760 marquât la première révolution
industrielle en Angleterre qui transformât la face de l’économie qui passa d’une
économie essentiellement agraire à une économie de production de biens manufacturés à
grande échelle. Cette révolution est consécutive à la naissance du capitalisme qui mettra fin
au régime féodal. Le capitalisme remplace l’homme par la machine et exproprient les paysans
de leurs terres et les transforme en ouvriers salariés (Prolétaires).C’est la naissance d’une
perpétuelle lutte de classe entre Bourgeois et Prolétaires. Les anciens paysans du régime
féodal dépossédés de leurs terres par les capitalistes (Bourgeois) rallient les villes pour
travailler dans les usines. C’est ce qui marquât le début de la division du travail entre le travail
manuel ou de force pour les Prolétaires et le travail intellectuel ou Bureaucratique pour les
Bourgeois. C’est dans ce contexte de fin du XVIII, début du XIX SIÈCLE en Europe de
l’ouest marqué par une forte implantation du capitalisme qui créa de fortes inégalités sociales
que Karl Marx et son ami Engels se détournent de l’idéalisme Hégélien pour s’engager dans
les combats sociaux. C’est une nécessité de rappeler que c’est la publication de L’essence du
christianisme en 1841 par Feuerbach qui réveilla Karl Marx de son long sommeil idéaliste
qui se convertit en un matérialiste assumé. De ce fait, Marx orienta sa nouvelle pratique de la
philosophie à la critique de la terre qui consiste á critiquer les conditions réelles que vivent les
Humains : La critique du capitalisme. De même, Marx critiqua le système politique à sa tête
l’Etat qu’il considère comme une arme de répression de la Bourgeoisie contre le Prolétariat.
KARL Marx assista de ce fait à la révolution du Février 1848 à Paris qui est l’une de ses plus
grandes expériences, d’où la pertinence de la praxis révolutionnaire chez Marx. La révolution
dans le jargon marxiste se rattache au projet des communistes qui se sont organisés dans des
Partis révolutionnaires à fin de renverser la classe capitaliste et des institutions politiques
générales dans lesquelles exerçait son pouvoir. Dans cette perspective, « toute révolution

dissout l’ancienne société ; en ce sens, elle est sociale. Toute révolution dissout
l’ancien pouvoir ; en ce sens, elle est politique (2) », Marx et les communistes
allemands. Contrairement aux différentes modes de productions qui se sont précédées dans
l’histoire, la révolution pour Marx est l’œuvre des masses les plus défavorables qui se battent
pour prendre le pouvoir politique afin de changer l’organisation sociale. D’où la pertinence de
cette affirmation de Marx dans La révolution française « En fait, les idées ne peuvent

rien réaliser. Pour réaliser les idées, il faut les hommes, qui mettent en jeu une
force pratique. (3) » Dans ce cas, Marx qualifie la révolution française d’une révolution
Bourgeoise parce que selon lui cette révolution s’arrête aux idées. Marx et son ami Engels ont
consacré la majeure partie de leurs ouvres à la lutte contre les inégalités sociales. C’est
pourquoi, la « lutte de classe » occupe une place centrale dans la pensée de Karl Marx, c’est
une philosophie humaniste. Donc, la révolution des institutions politique et la refondation de
la structure sociale était une urgence dans cette société de la fin du XVIII, début du XIX
SIÈCLE ou vivait Karl Marx, parce qu’elle était marquée par de fortes inégalités sociales
produit par le capitalisme. De même, dans nos sociétés modernes, la praxis révolutionnaire
marxiste reste un sujet d’actualité puisque les États africains indépendants restent sous
l’influence politique et économique de l’occident. Une bonne étude de l’œuvre politique et
économique de Marx permettra aux africains de se débarrasser du joug du néocolonialisme.
Donc, il est important de rappeler que Karl Marx composa le plus grand nombre de ses
ouvrages avec Friedrich Engels à qui, il avait des relations amicales très approfondies. C’est
Engels même qui a donné le nom de « marxisme » aux œuvres qu’il a co-écrit avec Karl
Marx, parce que selon lui, avec modestie, Marx était un géni qui voyait plus loin qu’eux.
C’est pourquoi, il a donné le nom de leur théorie à Marx. Le marxisme a influencé beaucoup
de révolutionnaires du XXe Siècle tels que : le théoricien politique et homme d’Etat russe
Vladimir Ilitch Oulianov dît Lénine, l’homme d’Etat et chef militaire chinois Mao Zedong,
l’homme politique Cubain Fidel Castro etc. Ces révolutionnaires voyaient dans la théorie
marxiste une issue d’émancipation définitive pour leurs peuples respectifs. La théorie
marxiste constituait une pensée de réveille pour les masses opprimées par Bourgeoisie
occidentale.

I-b°) Problématique :

 La philosophie Marxiste n’est-elle pas une pratique révolutionnaire socio-politique


qui nous conduit à une société équitable ? (HP)

 Le Marxisme n’est-il pas une critique du mode de production capitaliste qui favorise
la domination et l’exploitation de la bourgeoisie sur les autres classes sociale ? (H1)

 *La propriété privée, la libre concurrence et l’accumulation du capital ne sont-elles


pas les facteurs de la prospérité de l’élite bourgeoise ?

*Le capitalisme ne produit il pas des classes sociales antagonistes ?

*L’histoire du capitalisme n’est-elle pas marquée par la lutte des classes ?

*L’impérialisme n’est-elle pas le summum de l’exploitation bourgeoise ?

*La domination socio-économique bourgeoise n’est-elle pas légitimée par sa

Domination politique ?

 En quoi, la révolution bouleverse-t-elle les structures socio-politiques ? (Q2)

*Qu’est-ce que la révolution sociale ?

*Qu’est-ce qui différencie la révolution de la réforme ?

* Le Prolétariat ne s’empare-t-il pas du pouvoir politique après la révolution ?

*Le socialisme scientifique n’est-il pas une phase transitoire entre l’état prolétarien et

La Société communiste ?
*Le communisme n’est-il pas l’étape suprême de la suppression des classes, de la

Propriété Privée, de l’état et de la domination des Humains ?

 La révolution marxiste n’atteint-elle pas ses limites ? (Q3)

*La Pratique du marxisme ne se heurte-t-elle pas aux frontières géographiques,

Culturelles et religieuses ?

*Une société sans inégalités est-elle possible ?

*Le marxisme n’est-il pas réducteur à l’antagonisme des classes et s’en passe aux

Questions du racisme et de l’exploitation des non-blancs par la suprématie blanche ?

*Le communisme n’est-il pas qu’un idéal ?

*Le marxisme n’est-il pas condamné à mourir dans nos sociétés contemporaines qui

Sont marquées par le capitalisme de monopole avec les révolutions scientifiques et

Techniques ?

II°) Développement et argumentation :

II-A°) À L’assaut du capitalisme :

La révolution manufacturière et commerciale de1760 en Angleterre renversât la mode de


production féodale qui fût essentiellement agraire à une économie caractérisée par le
perfectionnement de l’outillage qui tend vers le machinisme. Cette révolution est consécutive
à la naissance du capitalisme qui est la mode de production de l’époque moderne. Le
capitalisme est une mode de production qui est centrée sur la propriété privée,
l’accumulation des richesses et la libéralisation du marché, c’est-à-dire la libre
concurrence. Selon Karl Marx, le capitalisme est une mode de production qui se résume en
ceci « les conditions matérielles de production sont attribuées aux non-travailleurs sous
forme de propriété capitaliste et de propriété foncière, tandis que la masse ne possède que les
conditions personnelles de production : la force de travail (4) », critique du Programme de
Gotha p.13. Considéré en tant que mode de production, le capitalisme est la production de
marchandises pour le profit, lequel est destiné à l’accumulation. C’est-à-dire, le capitalisme
est une entreprise de recherche perpétuelle du gain puisque les profits seront réinvestis pour
produire encore de la valeur.
Revenons sur le développement du capitalisme qui peut être divisé en trois grands phages
dont on note des mutations techniques et d’organisations dans chaque étape. La première
révolution Bourgeoise eut lieu en Angleterre vers les années 1760 ou la mode de production
féodale fut remplacée par le capitalisme manufacturier à usage commercial. C’est le début du
capitalisme qui s’efforce de s’implanter en libérant une bonne partie des forces productives
qui étaient sous la domination des seigneurs féodaux. Cela a permis aux capitalistes de
bénéficier d’une force de travail libre. Le paysan féodal sera transformé en ouvrier salarial
(bouleversement des forces productives), le village secondé à la ville, la division du travail
qui va entraîner nécessairement la création de deux classes fondamentales antagonistes : la
Bourgeoisie et le Prolétariat. C’est dans cette perspective que Marx et Engels dans Le
Manifeste du Parti Communiste, P.8 affirment que « le métier, entouré de privilèges féodaux,
fut remplacé par la manufacture. La petite Bourgeoisie industrielle supplanta les maitres de
jurandes ; la division du travail entre les différentes corporations disparut devant la division
du travail dans l’atelier même. (5) » Cela explique la révolution fondamentale de la
Bourgeoise sur le mode de production féodal. Alors, les métiers de concessions familiales
furent remplacés par les manufactures. Mais, avec l’augmentation rapide de la demande du
marché, la manufacture ne peut plus satisfaire les besoins et le capitalisme doit se réinventer
pour s’adapter au contexte actuel. Dans ce cas, la manufacture est supplantée par l’industrie,
c’est la période du capitalisme industriel et concurrentiel qui est marquée par la production à
grande échelle avec un niveau de concurrence très élevée. Du coup, « la grande industrie
moderne supplanta la manufacture ; la petite Bourgeoisie manufacturière céda la place aux
industrielles millionnaires. – Chef d’armées de travailleurs aux Bourgeois modernes. (6) »,
Manifeste du Parti Communiste, P.8. La Bourgeoisie atteignant un niveau d’industrialisation
très avancé mena une concurrence acharnée aux petites industries manufacturières qui
disparurent du marché. Les petits Bourgeois comme les paysans féodaux rallièrent la classe
ouvrière. Parce que, les capitalistes millionnaires exproprient les paysans et les seigneurs
féodaux de leurs terres en les transformant en de simples salariés. C’est la période des
grandes inventions techniques telles que la machine à vapeur, le moteur électrique qui
facilitèrent la création des moyens de communications qui permirent aux capitalistes la
conquête de nouvelles terres propices à son développement. Le capitalisme industriel a
favorisé le développement du textile et de la sidérurgie. Cette révolution part de l’Angleterre
vers 1760-1880, puis en Allemagne et aux États-Unis. C’est ce capitalisme industriel que Karl
Marx a étudié de manière approfondi puisque c’est le moment des grandes inégalités dans les
rapports de production. Le machinisme a atteint son apogée dans le capitalisme de monopole
et de l’impérialisme qui est marqué par les révolutions scientifiques et techniques. C’est le
visage du capitalisme moderne de 1880 à l’époque contemporaine. Le Capitalisme de
monopole dans le jargon Marxiste désigne que les capitaux sont entre les mains d’une petite
minorité qui s’en servent pour exploiter la masse. Dans ce sens, la minorité capitaliste étend
leurs influences hors de leurs territoires parce que les matières premières nationales ne sont
plus suffisantes pour tourner les machines : le capitalisme devient global, mondial,
impérialiste.

La propriété privée est le droit de posséder des moyens de productions pour son
propre compte, c’est la propriété individuelle ou égoïste. C’est la « concentration du
capital en un peu de mains (7) », Manuscrits de 1844, p.30. Le capitalisme œuvre pour
l’ouverture du marché qui va créer de la concurrence entre les détenteurs des moyens de
productions et mêmes entre les forces productives. C’est « l’accroissement des capitaux qui
fait hausser les salaires, tend à abaisser les profits des capitalistes par la concurrence entre
eux. (8) » (SMITH, Tome I, p.179) Le capitalisme a favorisé la multiplication des capitaux du
fait de l’inondation rapide du marché par la production accélérée des marchandises et le
nombre croissant des capitalistes. Du coup, le capitaliste a l’obligation d’augmenter ses
salaires qui va impacter de manière négative ses profits, c’est-à-dire ses gains pour survivre
face aux lois du marché. Parce qu’il doit payer plus aux salariés pour qu’ils puissent rester
avec lui. Le capitalisme est marqué par des mutations très rapides que le capitaliste doit suivre
de près « la bourgeoisie n’existe qu’à la condition de révolutionner sans cesse les
instruments de travail, ce qui veut dire le mode de production, ce qui veut dire tous les
rapports sociaux (9) », Manifeste du Parti Communiste p.10. Contrairement à toutes les
modes de production antécédentes, le capitalisme est marqué par ses révolutions perpétuelles
qui entraînent des changements des moyens de production et des rapports de production. C’est
dans cette logique que s’inscrit ceci « Ce qui alimente pour essentiel l’économie capitaliste se
situe dans l’innovation des nouveautés dans tous les domaines essentiels à la production.
(10) », Schumpeter, le cycle des affaires. Pour ce dernier, la production capitaliste est
marquée par des innovations continues qui créent des crises périodiques dans le marché. Cela
s’inscrit dans la logique de la concurrence entre capitalistes qui doivent innover de manière
continuelle leurs moyens de productions pour faire face à la performance des concurrents. La
concurrence ne se limite pas entre les propriétaires des moyens de production mais aussi, le
système capitaliste produit de la concurrence entre les forces de travail. Par force de travail,
Marx entend la masse dépossédée de leur produit de travail. Le capitalisme est un système
d’accumulation de capitaux qui vont être réinvestis dans le marché pour créer de la valeur.

Comme nous l’avons souligné au début de notre argumentation, l’histoire de l’humanité


est marquée par la succession de différentes modes de production qui ont créé des scissions
dans les rapports de production. Et le capitalisme moderne n’échappe pas à cette règle
«La bourgeoisie moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les
antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer aux anciennes, de nouvelles classes, de
nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de luttes. (11) », Manifeste du Parti
Communiste, p.7. Le capitalisme comme tous les autres modes de reproduction précédents a
créé une division dans le fonctionnement politique et économique de la société. La Révolution
manufacturière supplanta le seigneur au petit bourgeois, l’exploitation agraire, à l’exploitation
manufacturière puis industrielle, le serf se converse au prolétaire. Et la société se divise en
deux classes fondamentales antagonistes par ce qu’elles ont des intérêts qui sont opposées : la
Bourgeoisie et le Prolétariat. La division du travail nous introduit dans un système de lutte
continue pour ses intérêts puisqu’il a d’un côté une minorité qui détient les moyens de
production : capital, machines, terres et de l’autre la masse qui ne possède que sa force
productive. La question de lutte des classes occupe une place centrale dans la pensée de Karl
Marx parce qu’il s’était porté pour mission de combattre les injustices sur toutes ses formes.
Avant de parler sur les luttes des classes, nous allons d’abord essayer d’élucider le concept de
« classe ». La notion de « classe » désigne un ensemble d’individus qui jouent le même rôle
dans la scène de production et qui ont les mêmes intérêts. Dans la production moderne
capitaliste, nous avons deux classes fondamentales qui sont antagonistes : la bourgeoisie et le
prolétariat. Ces deux groupements d’hommes ont des intérêts opposés. La bourgeoisie qui
détient les moyens de production (capital, terres, machines-outils etc.) tire profit du
fonctionnement du système capitaliste et de l’autre le prolétariat qui ne possède que sa force
productive dépend de la vente de sa force de travaille au capital bourgeois pour survivre, c’est
le système salarial. Donc, la bourgeois tire profit du capitalisme et veut le pérenniser, le
prolétariat qui en est la classe laborieuse veut se battre pour renverser la situation. Dans ce
sens, le Prolétariat devient une « classe pour soi » parce qu’il a conscience de l’exploitation
qu’il est victime. Une classe n’atteint la « conscience de classe » que lors qu’elle a conscience
de sa situation en tant que « classe » et se bat pour l’intérêt commun de sa classe. Et le
Prolétariat a atteint ce niveau de conscience de classe qui le conduit nécessairement à la lutte
pour sa souveraineté politique et économique. « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours
n’a été que l’histoire des luttes de classes (12) », Manifeste du Parti communiste p.6. Cela
démontre que l’histoire de l’humanité est marquée par une succession de lutte entre des
classes antagonistes. Ces luttes conduisent à des réformes sociales et parfois même à des
révolutions qui entraînent la destruction des deux classes en lutte et la mise en place d’une
nouvelle mode de production qui créa de nouveaux rapports de production. De l’antiquité à
l’époque moderne, chaque mode de production engendre des rapports de production qui crée
une opposition entre oppresseurs et opprimés, dominateurs et dominés, exploiteurs et
exploités. Du mode de production antique où il avait une opposition d’intérêts entre esclaves
et hommes libres, en passant par le féodalisme où les serfs (pauvres paysans) étaient sous la
domination des seigneurs (propriétaires terriennes) au capitalisme moderne où les prolétaires
ont l’obligation de s’organiser dans des corporations pour revendiquer leurs droits face au
bourgeois afin de sortir de la situation de précarité.

Contrairement aux classes dominantes des modes de production antécédentes, la


bourgeoisie après son implantation s’empare du pouvoir politique pour pérenniser sa
domination. La bourgeoisie a compris qu’il n’y a pas de séparation entre la politique et
l’économie. D’ailleurs, c’est la politique qui est la base du fonctionnement sociale. « La
bourgeoisie, depuis l’établissement de la grande industrie et du marché mondial, s’est en fin
emparée du pouvoir politique,- à l’exclusion des autres classes, - dans l’état représentatif
moderne. Le gouvernement moderne n’est qu’un comité administratif des affaires de la classe
Bourgeoise (13) », Manifeste du Parti Communiste p.9. La bourgeoisie dès qu’elle a atteint le
niveau d’industrialisation s’empare du pouvoir politique pour défendre ses intérêts. De ce
fait, l’état est perçu comme une arme de répression de la bourgeoisie contre les Prolétaires,
« un organisme de domination, d’oppression d’une classe par une autre, c’est la création
d’un ordre qui l’égalise et affermît cette oppression en modérant le conflit des classes. (14) »
Dans ce cas, l’état qui est censé défendre les intérêts de tout un peuple est accaparé par une
minorité qui l’utilise pour ses propres intérêts : l’accumulation du capital bourgeois, l’état
moderne devient un état bourgeois à l’exclusion de toutes les autres classes.

II-B°) Le renversement de la structure socio-politique :

« La bourgeoisie qui s’est bâtie sur les ruines de la société féodale n’a pas aboli les
antagonismes de classes, elle les a réinventés en nouveaux rapports de production (15) ». Le
capitalisme sous prétexte de libération des anciens serfs, elle les transforme en prolétaires,
esclaves salariales. Le capitalisme favorise la domination, l’exploitation des prolétaires.
Cependant, pour que la classe des ouvriers puisse bénéficier intégralement de leurs
productions et d’occuper leurs places dans la sphère politique. Il est nécessaire que tous les
dominés s’organisent en corporations, « tous les travailleurs qui vivent dans des conditions
misérables doivent s’unir pour se battre pour une meilleure vie (16) », Lénine, Alliance entre
la classe ouvrière et la paysannerie, p.24. Pour que la classe laborieuse retrouve sa liberté, il
faut nécessairement qu’il est une révolution. La révolution est le passage d’un système social
à un autre qui implique un renversement constitutionnel. En ce qui nous concerne, la
révolution prolétarienne est le renversement définitif de la société, de l’économie, et du
pouvoir bourgeois par les masses. Cette révolution est le long processus qui va de
l’effondrement du système capitaliste à la naissance de la société communiste. Nous
allons exposer les événements selon leurs logiques. Le capitalisme avait récupéré tous les
révoltés du système féodal et achemine avec eux sa lutte contre les oligarques fonciers
féodaux. Ces anciens serfs, maintenant prolétaires connaissent tous les techniques de la lutte
d’émancipation sous la formation des maitres bourgeois. De ce fait, « la bourgeoisie produit
avant tout ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également
inévitables (17)», Manifeste du parti communiste, p.26. La révolution doit être mondiale,
parce qu’elle est une réponse à un phénomène mondial, le système capitaliste. Ce dernier s’est
mondialisé à son stade d’industrialisation grâce à l’invention des moyens de communications
telles que les bateaux à vapeurs, les chemins de fers etc. Alors, la révolution doit suivre ce
même processus pour anéantir de manière totale le capitalisme. Dans ce sens, « la révolution
sera la libération de tous les ouvriers dans le monde entier et qui sera aussi internationale
que l’est la domination du capital, et l’esclavage du salariat (18) », Discours sur la
révolution de 1848. Ainsi, le capitalisme est partout en sursit, il est Rémi en cause dans tous
les pays, les mouvements ouvriers revendiquent leurs droits dans tous les pays capitalistes. En
passant par les chartistes d’Angleterre à la révolution de 1848 en Allemagne que Marx
assimile à de « petites déchirures dans l’écorce solide de la société bourgeoisie », le
capitalisme fait face aux manœuvres révolutionnaires de la masse Prolétarienne. Il est
essentiel que revenons sur les techniques de luttes pour l’émancipation, à savoir comment doit
se dérouler la révolution ? Nous retenons qu’ « une révolution par les voies légales est
impossible, et que seule une révolution violente des rapports aberrants de la présente société
– c’est-à-dire un renversement radical de l’aristocratie foncière et industrielle – peuvent
améliorer la situation matérielle des Prolétaires (19) », Dictature du Prolétariat, p.58. La
révolution est le renversement définitive et sans compromise du capitalisme foncier et
industriel par les corporations Prolétariens afin de mettre en place un état Prolétarien qui va
prendre en compte les intérêts matériels de la masse prolétarienne.

La bourgeoisie s’était emparée du pouvoir politique en transformant l’état en un


comité administratif des affaires de la classe bourgeoise. À lors, après la révolution, le
prolétariat a l’obligation de prendre le pouvoir politique pour éviter la contre révolution. C’est
dans cette que « le prolétariat s’empare du pouvoir politique de l’état, afin d’écraser grâce à
lui la résistance de la classe capitaliste et de réorganiser les structures sociales (20) »,
Dictature du Prolétariat P.56. Donc, après la révolution nous n’assistons pas à la mort de
l’état, non plus à celle de la Démocratie, mais plutôt à l’état et la démocratie bourgeoise.
Puisqu’après la révolution, le Prolétariat n’a que l’état comme moyen pour imposer son
autorité afin de réorganiser la structure sociale. C’est par le pouvoir politique que le
prolétariat parvient à voter des lois qui vont changer l’organisation économique pour
permettre aux prolétaires d’améliorer leurs situations matérielles. Par conséquent, le
Prolétariat doit conquérir le pouvoir politique pour légitimer ses décisions comme profitables
pour tous. L’état est un moyen qui permettra aux prolétaires de véhiculer leurs informations,
mais aussi l’état est un moyen de dissuasion à qui les prolétaires peuvent s’en servir pour
réprimer la résistance bourgeoise. Parce que l’état détient le monopole de la violence légale :
la force de répression. C’est pour quoi, « le prolétariat doit commencer par conquérir le
pouvoir politique pour faire valoir ses intérêts comme étant l’intérêt universel – ce à quoi, il
est contraint dans une première phases (21) », Dictature du Prolétariat p.54. La prise du
pouvoir politique par les prolétaires constitue la première étape après la révolution qui mènera
à un nouveau mode de production qui est plus équitable.

Le socialisme est une organisation politique de gauche dont le principe de base est
l’aspiration à un monde meilleur, fondé sur une organisation sociale harmonieuse et sur la
lutte contre les injustices. Dans le contexte de la révolution industrielle en Europe, les
inégalités économiques entre bourgeois et prolétaires avaient atteint un niveau record. C’est
pourquoi les corporations d’ouvriers de France et d’Angleterre voient le socialisme comme un
moyen de substitution au capitalisme. Le concept « socialisme » a été théorisé pour la
première fois par le Saint-Simonien Français Pierre-Leroux en 1833. Il entendait par
socialisme l’excès opposé à l’individualisme, la théorie qui subordonne entièrement l’individu
à la société. Puis en 1835 en Angleterre, l’école de Robert Owen concevait le socialisme
comme une entité qui prévoit la libre association, c’est le socialisme coopératif. Cependant, le
socialisme scientifique que défendent Marx et Engels s’opposent aux socialismes antécédents
de par sa vision des conditions sociales. Le socialisme scientifique part des rapports de
production, c’est-à-dire des conditions réelles que vivent la société afin d’y apporter des
solutions. Alors que, le socialisme utopique part d’un idéal sentimental pour décrire l’avenir.
Le socialisme scientifique est tout à fait révolutionnaire parce qu’il œuvre pour une
transformation des pouvoirs publics et des lois existantes pour que la classe ouvrière puisse
bénéficier des fruits de son travail. Le socialisme que professent Marx et Engels est un
socialisme d’état ou tous les moyens de production (machines, capital, foncier) sont possédés
par l’état qui chargera de les distribuer de manière équitable. Le socialisme monopoliste d’état
procède par l’ « expropriation de la propriété foncière, affectation de la rente foncière au
dépense de l’état ; … centralisation du crédit aux mains de l’état ; … centralisation des
industries de transports aux mains de l’état ; multiplication des infrastructures nationales,
des instruments nationaux de production ; … organisation d’armées industrielles, notamment
en vue de l’agriculture (22) », Manifeste du Parti communiste, p.53. Le socialisme d’état
commence par le retrait de la propriété foncière aux capitalistes fonciers pour l’attribuer à
l’état afin de procéder à une meilleure distribution des terres au profit de la population. La
création d’une banque nationale gérée par l’état. Le socialisme procède à la nationalisation
des industries, les moyens de production et les sociétés de transports. Les socialistes accordent
une importance capitale à l’agriculture, cause pour laquelle les terres sont devenues
accessibles pour tous. Même si, la propriété privée persiste dans le mode de production
socialiste, nous assistons à une réduction importante des inégalités sociales. C’est pour quoi,
Marx appelle le « socialisme la phase inferieure de la société communiste » parce que les
moyens de production deviennent propriétés communes. Le premier rôle du socialisme, c’est
d’exproprier les propriétés privées en propriétés collectives. Marx poursuit que « le
socialisme est un communisme incomplet » parce que la propriété privée persiste, l’état existe
de même que les inégalités sociales. Le socialisme est alors, une phase transitoire vers la
société communiste.

Le communisme est la phase ultime du renversement du système capitaliste pour libérer


les prolétaires de la domination et de l’exploitation, « la condition d’affranchissement de la
classe laborieuse, c’est l’abolition de toute classe, de même la condition d’affranchissement
du tiers-état, de l’ordre bourgeois, fut l’abolition de tous les états et de tous les ordres (23) »,
Misère de la philosophie p.178-179. Dans toutes les révolutions antérieures, il n’y avait
qu’une substitution des places entre l’exploiteur et l’exploité, mais la révolution communiste
abolit les classes en mettant fin à la domination sur toutes ses formes. C’est dans ce sens que
« le communisme est le mouvement réel qui abolit la situation actuelle ». Le communisme
mettra fin à la propriété privée au profit de la propriété collective en facilitant l’accès aux
moyens de production à tous. La société communiste est le summum de la perfection
puisqu’on est dans une société sans inégalités économiques où les biens sont partagés de
manière équitable. Alors, dans cette société communiste où règnent la justice, et la
transparence. L’état n’aura plus sa raison d’être puisse qu’il n’existe plus des litiges à arbitrer.
Nous assistons maintenant à la liquidation de l’état qui se dissout dans la société. Nous
sommes convaincus que seule une révolution radicale de la structure sociale permettra aux
masses opprimées de jouir de leurs labeurs. Cause pour laquelle « les communistes ne
s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs buts. Ils proclament hautement que ces
buts ne pourront être atteints sans le renversement violent de tout ordre social actuel. Que les
classes régnantes tremblent à l’idée d’une révolution communiste. Ces Prolétaires n’ont rien
à y perdre, hors leurs chaines. Il ont un monde à gagner (24) », Manifeste du parti
communiste p.60. La révolution communiste mettra fin aux survivances des inégalités. Ce qui
entrainera une suppression définitive des classes. Alors la dissolution des classes mettra fin à
la division du travail entre travail intellectuel et manuel. Et dans cette société, l’individu y
vivra libre et prospère parce qu’il se libère de la domination et de l’exploitation.

II-C°) Les Limites de la révolution Marxiste :

Dans le domaine de la philosophie, il n’y a pas de connaissance parfaite dont on ne peut pas
remettre en cause. Et la pratique du marxisme comme une « science universelle » se heurte à
la diversité culturelle des différentes sociétés. La pratique du marxisme comme une activité
critique des conditions sociales est né dans le contexte du capitalisme occidental de la fin du
XVIII, début du XIX siècle. Et le marxiste d’un autre contré du monde doit chercher à adopter
la théorie des pères du marxisme aux réalités sociales de son pays et non à imposer le
marxisme dans sa globalité. C’est dans cette perspective que Cheikh Anta DIOP invite les
marxistes africains à pratiquer le marxisme particulier à l’Afrique qui est en accord avec les
réalités socio-politiques africain, « l’intellectuel qui a oublié de soigner sa formation Marxiste
ou celui qui a étudié rapidement le Marxisme dans l’absolu sans en avoir jamais envisagé
l’application au cas particulier qu’est la réalité sociale de son pays. (25) », préface Nations
Nègres et Culture, p.18-19. Par-là, DIOP ne remet pas en cause la réalité du marxisme comme
une philosophie de la libération. Mais, il met en garde les marxistes africains de tomber dans
l’erreur du réductionnisme sociale, puisque la société occidentale ne fonctionne pas de la
même manière que la société africaine. Alors, l’intellectuel africain qui s’adonne à l’étude du
marxisme doit nécessairement l’adapter à ses réalités sociales, s’il veut avoir de bons
résultats. Comme le marxisme est une étude sur le fonctionnement de la société, les marxistes
africains ne peuvent pas imposer les résultats de la recherche sur les autres sociétés à la
société africaine. Contrairement à la société occidentale qui est marquée par de nombreuses
luttes entre les classes, il n y a jamais eu de révolte d’une caste africaine. C’est ce qui marque
la particularité de la société africaine, « l’origine du système réside dans le fait que les
éléments dynamiques de la société, dont le mécontentement aurait pu engendrer des
bouleversements révolutionnaires, se satisfont de leur condition sociale et ne cherche pas à la
modifier (26) », L’Afrique Noire Précoloniale, p.11. Les esclaves du père et les bâ-dolo qui
occupaient les situations les plus défavorisées de la société africaine, contrairement aux
prolétaires occidentaux n’ont jamais essayé de renverser la situation. L’administration de
l’Afrique noire précoloniale était stable à part les quelques déstabilisations liées aux guerres
entre les royaumes. Et la politique de l’Afrique noire précoloniale était inclusive,
contrairement au capitalisme occidental ou l’état était l’affaire administrative des bourgeois
qui s’en emparent à l’exclusion de toutes les autres classes. Le gouvernement africain
regroupe « les ressortissants de toutes les castes, y compris les esclaves, sont étroitement
associés au pouvoir en qualité de ministre effectifs ; ce qui conduit à des monarchies
constitutionnelles, |…| où figurent tous les représentants authentiques du peuple (27) »,
L’Afrique Noire Précoloniale, p.12. Une chose est aussi à rappeler que le noble africain,
contrairement au bourgeois occidental n’a pas le droit d’exploiter matériellement les
ressortissants des castes inferieures. Tout ceci démontre que le marxiste africain ne peut pas
procéder de la même manière que l’européen dans ses études de la société dans le milieu
africain.

Le marxisme réduit la domination et l’exploitation entre les classes antagonistes


européennes. Or la race est le véritable moteur de la domination. Nous ne mettons pas en
cause la réalité de la domination de classe, mais elle n’est pas la seule forme de domination.
La véritable domination est la domination raciale par ce qu’on réduit le dominé en un simple
objet au service du dominateur. Marx qui a vécu dans un contexte de colonisation avec ses
lois ségrégationnistes s’en passe à ces questions pour centrer ses études sur la situation socio-
politique européenne. Cela démontre que l’équité raciale n’est pas sa priorité, mais la
libération de l’homme blanc. Le silence de Marx sur les questions de la race explique son
désintéressement sur la question, « par leur incapacité à dénoncer les grands crimes
inséparables de la conquête européenne, ou par la tiédeur de leur condamnation, ou, dans
certains cas, par leur réelle approbation, la plus part des principaux théoriciens européens de
l’éthique révèlent leur complicité avec le contrat racial (28) », Le contrat racial, p. 129. Marx
et son ami Engels n’échappent pas à ce lot de penseurs européens qui mettent sous silence les
crimes coloniaux et concentrent leurs pensées au vieux continent européen où selon eux se
déroule la véritable histoire de l’humanité. Marx même s’il ne l’a pas dit, le contrat racial lui
est profitable, même s’il ne bénéficie pas de la même manière de ce contrat que les grands
capitalistes qui envahissent le globe. Dans ce cas, la colonisation est perçue par Marx et
Engels comme une issue de civilisation pour les peuples non-européens qu’ils considèrent
comme des barbares qui n’ont pas connu la civilisation, « la bourgeoisie entraine dans le
courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares |…| et fait capituler les barbares
les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers (29) », Manifeste du Parti Communiste, p.12.
Cela démontre le double langage des pères du marxisme qui cautionnent la domination
bourgeoise dans les colonies et acharnent contre les chefs industrielles et fonciers en Europe.
Donc, l’humanisme marxiste est un humanisme européen qui ne s’intéresse qu’à la
domination des ouvriers européens et passe sous silence tous les autres axes de la domination
et de l’exploitation de l’homme.

II-D°) Élucidation des concepts et notions fondamentaux du thème :

 Le Marxisme : Les vocables « Marxisme », « Marxiste » ont eu d’abord une origine


polémique et une connotation négative. Puisqu’il était employé au début des années 1830 par
les adversaires de Marx tels que les partisans de Weitling, les Lassaliens, et les Bakounistes
au sein de L’association Internationale des Travailleurs (AIT). Cependant, c’est à partir des
années 1880 que le marxisme commence à avoir une connotation positive du fait de la
notoriété que lui valent ses travaux, ainsi qu’à leur présentation déjà systématisée par Engels
dans son Anti-Dühring. De ce fait, certains partisans de Marx reprennent ces mots à leurs
comptes, afin de se distinguer au sein des différentes tendances du mouvement socialiste.
Donc, c’est Engels qui a cautionné de son autorité l’expression du « marxisme » comme
corpus théorique dont il était l’auteur avec Marx et le terme de « marxiste » pour nommer
ceux qui s’en réclamaient de ce corpus. Le marxisme explique le mouvement de l’histoire,
l’évolution des sociétés à partir des réalités économiques. Selon Henri Lefebvre, le marxisme
est une critique de la vie quotidienne.
 Praxis : La « Praxis » est l’activité libre et créatrice par laquelle, l’homme crée et
transforme son monde historique et lui-même. C’est l’activité pratique par laquelle, l’homme
transforme les structures de sa société et les conditions de vie du sensible.

 La révolution sociale : La révolution sociale est un processus de renversement d’une


société pour l’implantation d’un autre modèle de société plus juste. Dans ce cas, « toute
révolution dissout l’ancienne société, en ce sens, elle est sociale ».

 La révolution politique : La révolution politique est le renversement des institutions


politiques générales dans et par les quelles s’exerçaient le pouvoir capitaliste pour
l’implantation de l’état prolétarien dont ses intérêts coïncident avec celle de la société. C’est
pourquoi, « toute révolution dissout l’ancien pouvoir, en ce sens, elle est politique. »

III°) Direction et Plan du mémoire :

III-a°) Direction du mémoire :

Comme le veut tout travail scientifique, nos recherches sur la révolution vont concerner
l’avant, le pendant, et la post révolution pour retracer la vie socio-politique dans laquelle
s’inscrit la praxis révolutionnaire marxiste. C’est-à-dire, notre travail concernera d’abord
l’état des lieux de la vie socio-politique occidentale dans le contexte du capitalisme. Ensuite,
c’est la phase d’entrée en matière qui consiste à parler de la révolution des structures socio-
politiques. En fin, c’est la phase de sortie qui consiste à parler du dépassement, des limites et
de l’avenir du marxisme dans nos sociétés contemporaines. Cette phase de sortie, nous
permettra d’ouvrir une perspective vers d’autres horizons. C’est dans cette étape que nous
apporterons notre point de vue sur la révolution au sens marxiste et nous allons apporter nos
critiques.

*Premièrement, le contexte socio-politique dans le quel évoluait Marx et Engels était


sous la domination bourgeoise. Le capitalisme comme tous les autres modes de production
antécédents était un mode de domination et d’exploitation de classe.

 Chaque mode de production a ses caractéristiques qui lui sont propres, et le capitalisme se
caractérise par :

- La propriété privée, c’est-à-dire la propriété individuelle ou égoïste. Dans ce cas, les


moyens de production, le foncier et le capital sont détenus par un petit nombre d’individus
pour leurs intérêts propres à l’encontre des intérêts de la masse ;
- La Libre concurrence, c’est la libéralisation du marché qui permettra aux capitalistes de
rivaliser dans la production et dans la commercialisation ;

- L’accumulation du capital, qui permettra aux bourgeois de réinvestir la plus-value dans le


marché pour générer de nouveaux profits.

 Le développement du capitalisme est un développement inégal par ce qu’il est bénéfique


pour un groupement d’humains et appauvrit un autre groupement d’humains. Dans ce sens le
capitalisme produit des classes antagonistes ; la bourgeoisie et le prolétariat.

 C’est pour quoi, la lutte des classes occupe une place centrale dans la pensée de Karl Marx.
Et l’histoire du capitalisme est marquée par la lutte entre deux classes antagonistes
fondamentales. La bourgeoisie qui cherche à pérenniser sa domination et le prolétariat qui
s’engage à renverser la situation.

 Le capitalisme a atteint le plus haut sommet de l’exploitation et de la domination dans sa


phase industrielle où la bourgeoisie ne se limite plus aux ressources naturelles nationales part
à la conquête d’autres terres pour étendre son marché et d’avoir de nouvelles matières
premières pour accélérer sa production, c’est la phases impérialiste du capitalisme.

 La domination politique bourgeoise légalise la domination et l’exploitation de l’élite


bourgeoise sur les autres classes par des idéologies de liberté et de démocratie.

*Deuxièmement, après le diagnostic sur le fonctionnement de la société capitaliste,


nous aborderons la phase pratique qui consiste à transformer les structures socio-politiques
pour les rendre conforment aux intérêts de la masse.

 Les révolutions socio-politiques ont pour but de renverser la société bourgeoise, le mode
de production capitaliste, à savoir l’économie bourgeoise, et l’état bourgeois qui vont être
substitué par :

 La création d’un état prolétarien dont les intérêts coïncident avec celles de la société. Et cet
état est une phase transitoire vers la mise en place d’un nouveau mode de production plus
équitable ;

 Le mode de production socialiste, la phase inférieure du communisme supplanta la


propriété privée par la propriété collective et cherche à réduire les inégalités sociales.
 La société communiste est la phase terminale de la suppression des inégalités sociales
parce que les classes seront dissoutes. Le foncier, les moyens de production et le capital seront
à la portée de tous. Et dans cette société, l’état est absorbé dans les relations sociales. Alors,
l’humain vivra épanoui dans cette société parce qu’il retrouve sa liberté.

*Troisièmement, après l’ébauche de notre recherche sur le diagnostic de la société


capitaliste, puis de la révolution qui mit fin au mode de production capitaliste. Dans cette
dernière phase, nous aborderons les limites de la révolution qui nous invitent à penser sur la
théorie du marxisme, de son actualité, ou de son dépassement. Et pour se faire, nous allons
procéder comme suite :

 La pratique du marxisme comme une science universelle se heurte aux différences


culturelles, religieuses des différents pays. Pour ceux, le marxisme doit se conformer aux
réalités de chaque pays pour être plus efficace sur le plan des résultats.

 Une société sans inégalités est impossible parce que les hommes n’ont pas les mêmes
compétences intellectuelles et techniques dans les activités qu’ils pratiquent et ne produisent
pas non plus les mêmes efforts pour avoir les mêmes résultats. Dans ce cas, il serait injuste
d’imposer l’égalité au plus méritants.

 Le marxisme concentre l’essentiel de sa pensée autour de la lutte des classes : lutte entre
bourgeois et prolétaires dont nous ne mettons pas en doute sa réalité. Mais la domination ne se
résume pas entre bourgeois et prolétaires européens, les véritables exploités sont en réalité les
« racisés » qui sont réduits comme « objets » de la suprématie blanche. Marx, malgré sa
démarche critique passe sous silence les idées racistes de son époque, à plus forte raison la
pensée euro centrique hégélien. Ceci met en doute le caractère libérateur du marxisme et le
réduit à une théorie de la libération des blancs.

 Le communisme est en réalité un idéal de société dont on n’a pas encore expérimenté dans
aucun pays tel que le formulent Marx et Engels dans le manifeste du parti communiste.
Puisque la propriété privée persiste dans nos sociétés contemporaines et la suppression de
l’état peut nous mener vers l’anarchisme.

 Dans nos sociétés d’aujourd’hui à l’heure des avancées scientifiques et techniques qui
alimentent le développement du marché des capitalistes monopolisateurs. Il est essentiel que
nous interrogions sur l’avenir du marxisme dans nos sociétés contemporaines.
III-b°) Plan Provisoire :

*CHAPITRE I : Le capitalisme est un mode de production de domination et d’exploitation


bourgeoise sur les autres classes sociale.

I-1°) La propriété privée, la libre concurrence, l’accumulation du capital constituent les


caractéristiques du capitalisme.

I-2°) Le développement du capitalisme produit des classes antagonistes : la bourgeoisie et le


prolétariat.

I-3°) La lutte des classes occupe une place centrale dans l’histoire du capitalisme.

I-4°) La domination bourgeoise a atteint son plus haut sommet dans le capitalisme impérial.

I-5°) La domination Politique est un moyen de légalisation et de pérennisation de la


domination socio-économique bourgeoise sur les autres classes.

*CHAPITRE II : La Dimension révolutionnaire du Marxisme

II-1°) La révolution sociale

II-2°) La différence entre réforme et révolution

II-3°) Le Prolétariat prend la tête du pouvoir politique qui est l’État après la révolution.

II-4°) Le Socialisme Scientifique est un phage transitoire de l’état prolétarien à la société


communiste.

II-5°) Le Communisme est l’étape suprême de l’abolition des classes, de la propriété privée,
de l’État et de la domination des Humains sur toutes ses formes.

*CHAPITRE III : Les Limites de la révolution Marxiste

III-1°) La pratique du marxisme comme une science universelle se heurte aux frontières
géographiques, culturelles et religieuses.

III-2°) Le Marxisme se limite à l’antagonisme des classes et s’en passe aux questions du
racisme et de la suprématie blanche.

III-3°) Une société égalitaire est impossible.

III-4°) Le communisme est un idéal qui ne s’est jamais réalisé tel que le professent Marx et
Engels.
III-5°) Le marxisme s’inscrit toujours dans l’actualité dans nos sociétés contemporaines, à
l’heure des découvertes scientifiques et des invitations techniques qui alimentent le
capitalisme de monopole.

IV°) Bibliographie provisoire :

Cette étape est essentielle dans notre travail de recherche parce qu’elle regroupe l’ensemble
des sources (livres, articles etc.) dont nous avons consulté pour les besoins de notre rédaction.
Pour celle-ci, nous allons procéder comme suite pour des raisons de respect de la cohérence.

 Premièrement, nous allons commencer par les œuvres écrites par Karl Marx.
 Deuxièmement, nous allons exposer les œuvres écrites par Friedrich Engels.
 Troisièmement, nous parleront des œuvres co-écrites par Karl Marx et Friedrich Engels.
 Quatrièmement, nous rédigerons les sources tirées des commentateurs du Marxisme en
passant de Lénine aux Marxistes d’aujourd’hui. Puisque ces commentateurs nous facilitent
parfois la compréhension des œuvres de Marx.

- Karl Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel (1843), trad.


Jules Molitor, Paris, Editions Allia, 1998.
- Karl Marx, Le capital, Critique de l’économie politique. Livre II : Le procès de la
circulation du capital, traduction des sections I et II par Madame Erna cogniot, et la
section III par M. Gilbert Badia, Paris, Editions Sociales, 1977, 262p.
- Karl Marx, Le capital, Livre IV : Théorie sur la plus-value, (dir) Gilbert Badia, Paris,
Editions sociales, 1974, 254p.
- Karl Marx, Contribution à la critique de l’économie politique (1859), Traduction
Maurice Husson et Gilbert Badia, Paris, Editions Sociales, 1972, 309p.
- Karl Marx, Les Manuscrits de 1844. Economie politique et philosophie, Traduction,
Présentation et Notes D’EMILE BOTTIGELLI, Paris, les éditions sociales, 1972,
175p.
- Pierre-Joseph Proudhon, Système des contradictions économiques ou philosophie de la
misère (1846), Tome 2, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1850, 399p.
- Karl Marx, Misère de la philosophie (1846-1847), Réponse à la philosophie de la
Misère de M. Proudhon, Paris, Editions sociales, 1972, 220p.
- Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Volume I, Paris, Editions Sociales,
1950, 156p.
- Karl Marx, Salaire, prix, profits, trad. Charles Longuet, Paris, Giard et Brière, 1899,
réed. 1912, 104p.
- Karl Marx, Révolution et contre Révolution en Allemagne, Paris, Bibliothèque
Socialiste internationale, Giard et Brière, 1900, 235p.
- Karl Marx, La question juive (1848). Suivie de La question juive par Bruno Bauer.
Introduction Robert MANROU, Paris : union générale d’éditions, 1968, 186p.
- Karl Marx, La Lutte des classes en France (1848-1850), Paris, L’escalier Eds, 2020,
130p.
- Karl Marx, ŒUVRES PHILOSOPHIQUES, trad. J. Molitor, Nouvelle édition, revue et
augmentée par Jean Jacques Raspaud, Volume I, Paris III, éditions CHAMP LIBRE,
1981, 645p.
- FRIEDRICH Engels, Anti-Dühring, trad. Emile BottiGuelli, troisième édition revue,
Paris, éditions sociales, 1971, 501p.
- FRIEDRICH Engels, Origine de la famille, de la propriété privée et de l’état, À
propos des recherches de L. H Morgan (1884), trad. Les éditions du progrès, Moscou,
1976, 318p.
- FRIEDRICH Engels, Socialisme Utopique et Socialisme Scientifiques, Paris, Bureau
d’éditions, 1933, 58p.
- FRIEDRICH Engels, La situation de la classe Laborieuse en Angleterre (1845), Paris,
Les essentiels éditions sociales, 2021, 432p.
- Karl Marx et FRIEDRICH Engels, Le Manifeste du Parti Communiste (1848), trad.
Laura Lafargue, Paris, V. GIARD et E. BRIERE, LIBRAIRES-EDITEURS, 1897,
60p.
- Karl Marx et FRIEDRICH Engels, Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt
(1875), trad. Emile Bottigelli, Paris, éditions sociales, 1972, 158p.
- Karl Marx et FRIEDRICH Engels, La Dictature du Prolétariat. Une anthologie de
Marx-Engels sur : La Dictature du Prolétariat, trad., intro. , et notes de Roger
DANGEVILLE, 1979, édition électronique réalisée par Jean Marie Tremblay,
Chicoutimi, Les classiques des sciences sociales, 2010, 281p.
- Karl Marx et FRIEDRICH Engels, idéologie allemande. Première Feuerbach, Paris,
éditions sociales, 1966, 154p.
- Karl Marx et FRIEDRICH Engels, Le Parti de classe. Tome 2, Activité et
Organisation, trad. Dangeville Roger, Vol. 1, Paris, Maspero, 1973, 208p.
- Lénine, L’impérialisme stade suprême du capitalisme (1917), Paris, éditions sociales,
1945, 124p.
- Lénine, L’état et la révolution. La Doctrine du marxisme sur l’état et les tâches du
Prolétariat dans la révolution (1917), Moscou, éditions en langues étrangères, 1967,
154p.
- Lénine, La question agraire et les critiques de Marx, Vol.1, Moscou, éditions du
Progrès, 1979, 269p.
- Karl Kautsky, Le Programme Socialiste (La Lutte des classes-Le Programme
d’Erfurt), trad. L. Remy, Paris, Librairie des sciences économiques et sociales, 1909.
- George Lukács, Histoire et conscience de classe. Essai de dialectique Marxiste
(1922), trad. Kostas Axelos et Jacqueline Bois, Paris, Editions de Minuit, 1960, 384p.
- Rosa Luxemburg, Réforme ou Révolution ? Grève de masse, parti et syndicat, Paris,
Maspero, 1969, 175p.
- PIERRE, Fougeyrollas, Le Marxisme en Question, Paris, Editions du Seuil, 1959,
172p.
- Henri LEFEBVRE, LE MARXISME, Paris, Presses universitaires de France, 1960,
127p.
- Michaël Löwy, Dialectique et Révolution. Essai de Sociologie et d’histoire du
Marxisme, Paris, Editions Anthropos, 1973, 239p.

Vous aimerez peut-être aussi