Interaction
Interaction
avec la matière
Table des matières
1 Introduction : ..............................................................................................................................................2
2 Interaction des particules chargées avec la matière :.................................................................................4
2.1 Énergie cinétique maximale transférée à un électron d'ionisation :...................................................4
2.2 Perte d'énergie de particules lourdes par ionisation et excitation dans la matière :...........................6
2.3 Perte d'énergie des électrons et des positons par ionisation et excitation dans un milieu :...............8
2.4 Perte d'énergie dans un milieu composé de plusieurs éléments :......................................................9
2.5 Rayonnement de freinage : Bremsstrahlung :....................................................................................9
2.6 Production directe de paires électron-positon :................................................................................11
2.7 Perte d'énergie par interactions photo-nucléaires :...........................................................................12
2.8 Perte d'énergie totale :.......................................................................................................................12
2.9 Fluctuations angulaires dues aux diffusions multiples coulombiennes :.........................................12
2.10 Parcours des particules chargées :..................................................................................................13
3 Énergie déposée :......................................................................................................................................16
3.1 Fluctuation du dépôt d'énergie :........................................................................................................16
3.2 Perte d'énergie par ionisation et excitation tronquée :......................................................................16
3.3 Électrons secondaires :......................................................................................................................17
3.4 Création de paires d'électrons et d'ions par ionisation :...................................................................17
4 Interactions des photons dans un milieu :................................................................................................18
4.1 Effet photo-électrique :.....................................................................................................................19
4.2 Effet Compton : ................................................................................................................................20
4.3 Production de paires e+e- :...............................................................................................................21
4.4 Section efficace totale d'absorption :................................................................................................22
5 Interaction forte des hadrons :..................................................................................................................23
6 Pour en savoir plus :.................................................................................................................................25
1
1 Introduction :
Eu égard à la diversité des interactions et des caractéristiques des particules, on pourrait penser à
priori que la question traitée dans ce chapitre est complexe et requiert un exposé long . En réalité, un
examen rapide des libres parcours moyens dans le matière caractérisant chaque type d'interaction, va
permettre de simplifier grandement la suite.
Le libre parcours moyen exprime la distance moyenne parcourue par une particule entre deux
« chocs » dus à un processus donné. Il correspond à :
1
=
n
où :
• est la section efficace du ( ou des ) processus considérés ;
• n est le nombre de centres diffuseurs ( atomes, noyaux...) par unité de volume de
NA
matière . Exemple : n= représente le nombre d'atomes ou de noyaux par unité de
M
volume pour un corps monoatomique ; NA étant le nombre d'Avogadro et M la masse
molaire .
On peut donner quelques valeurs typiques de pour les interactions connues :
• Électromagnétique : 1 m ( particules chargées )
• Forte : 1 cm ( neutrons , ....)
• Faible: 1015 m ≃ 0,1 année lumière (neutrinos)
Dun point de vue pratique , un signal exploitable pour la détection de particules ( nombre de chocs
100 } ne peut provenir que de l'interaction électromagnétique , donc de particules chargées . Cela ne
signifie pas pour autant que les particules neutres sont indétectables . Leur détection doit procéder par
étapes : 1) réaction primaire de conversion en particules chargées , 2) interaction des particules chargées
secondaires donnant lieu aux signaux dans les détecteurs . Voici quelques exemples choisis qui illustrent
bien ce principe :
détection de photons :
2
1 Diffusion Compton
e-
3 e-
Création d'une paire
e+ électron-positon
2
détection de pions neutres :
Un 0 se désintègre en 2 photons avec une vie moyenne de 8,4 10-17 s .
e+
1
0 e-
e-
2
e+
détection de neutrinos :
Un réacteur nucléaire développant une puissance thermique de 2800 MW , émet environ 130 MW
sous la forme de neutrinos . Un détecteur d'environ 1 m 3 placé à environ 20 m du coeur peut espérer
enregistrer jusqu'à 100 neutrinos par heure .
e
e Réacteur nucléaire Liquide scintillant ( CHx + 6Li )
e
e e
e p
Li6
t
n
e
e
~0
La réaction de détection est :
e p ne , qui est rapidement ( 100 µs ) suivie de la capture du
6 6
neutron sur un noyau de Li selon la réaction : nth Li t 4,8 MeV . Les particules chargées
produisent des impulsions de scintillation en coïncidence . La signature de détection d'un neutrino
correspond à l'enregistrement de deux impulsions lumineuses induites par le positon et la paire −t .
3
2 Interaction des particules chargées avec la matière :
L'ionisation et l'excitation coulombienne d'atomes sont les processus dominants dans l'interaction de
particules chargées avec la matière . Un particule P d'état de charge Z peut provoquer les réactions
suivantes :
• PZ atome atome ∗P Z , excitation suivie par atome ∗ atome : désexcitation
Z − Z
• P atome atome e P : ionisation
Z ∗ − Z
• P atome atome e P : ionisation et excitation
m0 v me
p =m 0 v
atome
E Z
On fait l'hypothèse que la vitesse de la particule incidente est très supérieure à la vitesse orbitale des
électrons , c'est-à-dire : v ≫ 〈 v e 〉≃ Z c pour l'orbite la plus profonde , où est la constante de
structure fine ( =1/137 ) et c est la vitesse de la lumière dans le vide. L'électron sera donc considéré
au repos dans le choc .
Les règles de la cinématique relativiste permettent de trouver les quantités suivantes :
2 2 1/ 2
• ECM = m 0me 2 m e E : énergie disponible dans le centre de masse de la collision , c'est-à-
dire là où ∑
p=0 ( en unités naturelles ℏ=c=1 ) ;
CM me
• pe = p : quantité de mouvement de l'électron dans le centre de masse ;
E CM
me
• ECM
e =Eme : énergie totale de l'électron dans le le centre de masse ;
E CM
CM Eme CM p
• = , = : facteurs de la transformation de Lorentz du repère du laboratoire
E CM Eme
vers le centre de masse .
Sachant que la collision est élastique et que l'énergie maximale transférée à l'électron éjecté correspond à
4
la situation suivante dans le CM :
p CM
0 p CM
e
p CM
CM
E emax = CM CM ECM
e
pe CM CM CM pCM
e
soit :
max Eme p2 m e
E e = 2
m e Em e 2
E CM E CM
me
T max max
e =Ee −m e= 2
E2 −m02 p2
E CM
2
2me p 2 me 2 2
= 2
=
E CM ECM /m02
si m0 >> me et si l'énergie incidente est faible :
2 2
2 m0 me 2 me E
On a alors : E CM / m 0 = 2
2
≃1 , avec E= m0
m0 m0 m 20
2 me
C'est-à-dire si la particule chargée n'est pas un électron et si la condition ≪1 est satisfaite
m0
( pour un proton si E p 50 GeV , pour un muon si E 500 MeV )
On obtient alors :
T max 2 2
e =2 me
si m0 = me :
En d'autres termes, la particule incidente est un électron, l'expression du carré de l'énergie du centre
de masse se réduit à :
E CM 2=2 m2e 2 me E=2 me me E ,
d'où :
max E 2−me 2
T = = E−me .
e
meE
On voit apparaître deux situations : soit la particule incidente est beaucoup plus massive qu'un électron
2 m
et, dans l'hypothèse où son énergie incidente est faible ( m ≪1 ), on peut appliquer la première
0
e
formule, soit celle-ci est un électron et de ce fait l'énergie transférée maximale est beaucoup plus grande.
En pratique ces deux situations correspondent bien aux deux classes de particules chargées rencontrées
: électrons ( me) ou pions, muons, protons ....( mo >> me ).
5
2.2 Perte d'énergie de particules lourdes par ionisation et excitation dans la
matière :
Ici nous traitons le cas des particules dont les masses sont très supérieures à celle d'un électron . Pour
ces particules , la perte d'énergie moyenne ( par unité de longueur ) , que l'on appelle également le
pouvoir d'arrêt ( stopping power ou average energy loss en anglais ) , est donné par la formule de Bethe
et Bloch ( voir référence 1 pour une démonstration ) :
dE 2 2 Z 1 1 2 me 2 2 T max
e 2 Ce
− =4 N A r e me z [ ln − − − ] ( avec ℏ c=1 ) ,
dx A 2 2 I2 2 Z
dans laquelle :
• me est la masse de l'électron ;
• r e est le rayon classique de l'électron ( r e= / me ) ;
• est la constante de structure fine ( =1 / 137 ) ;
• N A est le nombre d'Avogadro ;
• z est l'état de charge de la particule incidente ;
• Z est le nombre atomique du milieu dans lequel la particule se propage ;
• A est la masse atomique de ce milieu ;
• , sont les facteurs de Lorentz de la particule incidente ;
• T max
e est l'énergie cinétique maximale qui peut être transférée à un électron d'ionisation;
• I est l'énergie moyenne d'excitation qui est une caractéristique du milieu. I peut être
approximée par : I = 16 Z0,9 eV pour Z > 1, I = 15 eV pour de l'hydrogène gazeux, I =
19,2 eV pour de l'hélium gazeux et I = 21,8 eV pour de l'hydrogène liquide ;
• est un paramètre qui décrit l'écrantage du champ électrique de la particule incidente
dans le milieu à haute énergie . C'est un paramètre qui dépend de la densité du milieu ;
• Ce / z est un terme de correction d'effet de couches atomiques qui tient compte du fait
qu'à basse énergie les particules incidentes ont peu de chance d'interagir avec les électrons
installés sur les orbites les plus profondes du cortège atomique ;
• dx est la densité surfacique du milieu , c'est-à-dire dx= dl , où est la masse
volumique du milieu et dl est l'élément infinitésimal de distance parcourue dans le
milieu.
dE
Dans le système d'unités naturelles ℏ c=1 , −a la dimension de l'inverse d'un carré d'une
dx
énergie . Pour revenir à un système d'unités plus conventionnelles, on utilise la formule suivante :
dE MeV dE 2 2
− [ ]=− c ℏ c ,
dx g/cm 2
dx ℏ c=1
−13
avec : c 2 = 5,61 1026 MeV/g et ℏ c=197 10 [Link] ,
2 2 5 MeV 3
c'est-à-dire : ℏ c c =2,1810 .
g /cm2
6
Une forme plus pratique de la formule de Bethe et Bloch est la suivante :
dE MeV
2
0,3071 z Z 1 2 m e 2 2 T emax C
− [ 2
] = 2
ln 2
− 2 − − e .
dx g / cm A g 2 I 2 Z
La figure qui suit présente le pouvoir d'arrêt pour plusieurs particules en fonction de leur quantité de
mouvement :
Remarques :
dE
• pour 1 , − ∝ −5 / 3 ;
dx
dE
• pour ≃ 4 , − atteint un minimum assez large . Une particule qui a une quantité de
dx
mouvement ( = p / m ) correspondant à cette région est appelée une particule au minimum
d'ionisation ( Minimum Ionizing Particule en anglais ou MIP ) . Pour les éléments légers , la
perte d'énergie des particules au minimum d'ionisation est approximativement :
7
dE MIP MeV
− ≃2 .
dx g / cm2
• pour 4 , on entre dans la région qui correspond à la remontée relativiste ( ∝2 ln ).
Dans ce régime, le champ électrique de la particule incidente a une portée transverse de plus en
plus grande. Dans le milieu, cette portée est réduite par des effets de polarisation des électrons
atomiques. Ce mécanisme est pris en compte par le terme − / 2 ( = ln /2 où
dépend du milieu ; pour des particules très énergétiques ).
2 me max 2 2
• à basse énergie, c'est-à-dire si ≪ 1 , on a T e =2 me et par conséquent :
m0
2 2
dE MeV
2
0,3071 z Z 2 me C
− [ 2
]= ⋅ 2
[ln − 2 − − e ]
dx g / cm A g I 2 Z
• la formule de Bethe et Bloch donnée dans ce cours est précise à quelques pour-cent . Aux
faibles vitesses ( v Z c ) , il faut prendre en compte d'autres corrections. Pour plus de
précision , il faut consulter la référence 2.
• pour des ions très lourds dans des milieux à Z élevé, la condition v Z c est très rapidement
insatisfaite lorsque l'on va vers les basses énergies. Dans ce régime, les ions capturent des
électrons et réduisent ainsi leur état de charge. Le terme z 2 dans la formule de Bethe et Bloch
2 2
doit alors être remplacé par une charge effective qui tient compte ce cet effet ( z Q , I )
(voir référence 3).
2.3 Perte d'énergie des électrons et des positons par ionisation et excitation
dans un milieu :
Pour les cas où les particules incidentes sont des électrons, le calcul doit tenir compte du fait que les
particules qui participent aux collisions sont de nature identique : transfert d'énergie plus important,
particules indiscernables dans la voie de sortie . La perte d'énergie s'exprime par :
dE MeV 0,3071 Z 1 T me 2 2 1 1 −1
2
− [ ]= ⋅ [ ln 2 1−2 −1 ln 2 ]
dx g /cm2 A g 2 2 2I2 2 16
où T est l'énergie cinétique de l'électron incident : T = −1me =E−me .
Lorsque les particules incidentes sont des positons , on peut distinguer les produits dans la voie de
sortie. La perte d'énergie est alors donnée par :
2 2 2
dE MeV 0,3071 Z 1 T me 14 10 4
− [ 2
]= ⋅ 2 [ ln 2
− 23 2
3
]
dx g / cm A g 2 2I 24 1 1 1
Cependant, si les positons perdent la totalité de leur énergie dans le milieu, ils s'annihilent ensuite
suivant :
e + e + 1,022 MeV
8
Les positons peuvent également s'annihiler en vol avec la section efficace suivante :
z r e2 24 1 3
ln −1 −
2
Z , E= [ ]
2
1 −1 2
−1
9
qui y seront les plus sensibles. La perte d'énergie par rayonnement de freinage d'une particule d'état de
charge z et de masse m peut être calculée à partir de celle d'un électron possédant la même énergie
cinétique incidente :
2
dE rad m dE rad − .
z , m= e z 2 e
dx m dx
Dans la suite de ce paragraphe, nous nous restreindrons au cas des électrons. Pour obtenir une formule
plus exacte, il faut ajouter la contribution provenant du Bremsstrahlung sur les électrons du cortège
atomique. Ici Z 2=1 , mais il y a Z centres qui contribuent par atome et par conséquent l'effet total est
proportionnel à Z . On obtient :
dE rad − Z Z1 2 183
− e =4 N r e E ln 1 /3 , où re est le rayon classique de l'électron .
dx A Z
Cette équation peut être réduite sous la forme :
dE rad − E
− e = , où X0 est la longueur de radiation du milieu .
dx X0
L'énergie moyenne rayonnée dans un milieu par un électron ayant parcouru x est donnée par :
−x / X0
Erad e−=E 1−e , dans laquelle x et X0 peuvent être exprimés en cm ou en g/cm2.
De l'expression de la perte d'énergie par rayonnement, on tire que :
A g
X 0 g /cm 2=
183
4 N Z Z1r 2e ln
Z 1/3
Une formule plus rigoureuse pour le calcul de X0 est obtenue en prenant en compte l'effet d'écrantage du
champ électrique nucléaire introduit par les électrons atomiques :
716,4 A g
X 0 g /cm 2=
287
Z Z1 ln 1 /2
Z
Dans la littérature, les longueurs de radiation sont toujours calculées pour des électrons.
Pour un milieu composé de N éléments, la longueur de radiation peut être approchée par l'expression
suivante :
−1
fi
X o =[ ∑ ] , où fi et X0I sont respectivement la fraction de masse et la longueur de radiation de
i X i0
l'élément i .
À haute énergie, la perte d'énergie par rayonnement croît comme l'énergie, alors que la perte d'énergie
par ionisation et excitation est proportionnelle au logarithme de E. On appelle énergie critique, la valeur
de l'énergie pour laquelle on a égalité entre les deux pertes d'énergie :
dE rad dE ionisation
Ec = Ec
dx dx
10
Une valeur approximative (à 10% près) de Ec peut être calculée à l'aide des formules suivantes :
610 MeV
Ec = pour les liquides et les solides
Z1,24
710 MeV
Ec = pour les gaz
Z0,92
Le paramètre bpaires(Z,A,E) ne varie que très lentement avec E. Concernant les muons, ce processus
conduit à une perte d'énergie moyenne à haute énergie qui est plus importante que celle qui est due au
Bremsstrahlung.
Exemple : muons traversant du fer
dE paires Fe MeV
− ∣ =3⋅10−6 E
dx g/cm 2
11
2.7 Perte d'énergie par interactions photo-nucléaires :
Par échanges de photons virtuels avec les noyaux, les particules chargées peuvent produire des
réactions inélastiques.
Exemple : électro-dissociation du deuton : e− d n pe−
La perte d'énergie induite par ces processus suit une loi similaire à celle qui traduit la production de
paires e+e- :
dE nucl.
− =b nucl. Z , A , E E
dx
dE nucl. Fe MeV
Pour des muons de 100 GeV traversant du fer , on a : − ∣ 100 GeV =0,04
dx g/cm2
Pour les muons, les événements à larges transferts d'énergie provenant du rayonnement de freinage, de la
production de paires e+e- ou des réactions photo-nucléaires sont parfois appelées interactions
catastrophiques.
12
La distribution de l'angle projeté est donnée par :
proj 2
1
−
1 2 0 13,6 MeV x x
P proj d proj= e d proj avec 0= z 10,038 ln ;
2 0
p X 0 X 0
D'une manière générale, le parcours d'une particule chargée peut être défini par l'expression suivante (
approximation de ralentissement continu) :
To
dT
RT 0=∫
dE ,
0
T
dx
13
où T0 est l'énergie cinétique de la particule incidente (en pratique on stoppe l'intégration à 10 eV ).
Cependant, R est sujet à de larges fluctuations causées par les interactions ou les chocs à grands
transferts d'énergie ( rayonnement de freinage ...) . On peut avoir recours à une autre définition de R, que
l'on appelle le parcours moyen : 〈 R〉 . Le parcours moyen est défini comme étant la distance - évaluée
en ligne droite entre les points de départ et d'arrivée - au bout de laquelle le nombre initial de particules
est réduit de moitié. Pour des énergies incidentes supérieures au MeV, on obtient par cette définition des
valeurs comparables aux parcours calculés selon l'approximation de ralentissement continu : 〈 R〉≈R
avec une très bonne précision.
Si pour le calcul de R(T0) on ne prend que la perte d'énergie par ionisation et excitation (approximation
valable pour des particules lourdes avec T0 inférieure à quelques GeV), on obtient pour un milieu donné
(c'est-à-dire Z, A, I fixés) :
dE ionisation 2
− ≈ z f =z 2 gT / M ,
dx
où M et z sont la masse et l'état de charge de la particule incidente.
T0 T0 / M
M d T / M
RT 0= 2
z
∫ gT / M = Mz2 ∫ dx M
= hT o / M ,
g x z2
0 0
pour laquelle h est une fonction « universelle » du milieu (pour Z, A, I donnés). Ainsi, si on connaît le
parcours Ra d'une particule de masse Ma , de charge za en fonction de son énergie cinétique, le parcours
Rb d'une particule de masse Mb , de charge zb et d'énergie cinétique Tb sera :
2
M b za Ma
R b M b , z b , T b= 2
R a M a , z a ,T b .
Ma z b Mb
On peut apporter à cette formule une légère correction C b qui dépend de la vitesse de la particule b
et qui est en général proche de l'unité.
2
M b za Ma
R b M b , z b , T b= 2
R a M a , z a ,T b C b .
Ma z b Mb
R
Pour des particules possédant un état de charge de +/- 1, la fonction h est donnée par : h= . Cette
M
fonction est présentée pour quelques matériaux sur le graphique de la page suivante.
14
15
3 Énergie déposée :
Il est crucial de noter la différence qui existe entre la perte d'énergie d'une particule et l'énergie qu'elle
dépose dans un milieu, par exemple dans une couche active d'un détecteur. Pour des particules rapides,
une fraction importante de l'énergie cinétique incidente est transférée à des particules secondaires
énergétiques qui peuvent ensuite sortir du milieu considéré sans avoir déposé la totalité de leurs énergies.
Du fait de la complexité de ce phénomène, qui met en jeu des particules secondaires qui sont souvent
de nature différente du projectile incident, de son interdépendance avec la géométrie et les
caractéristiques des milieux (des détecteurs), il n'existe pas de formule précise qui puisse être
simplement utilisée pour obtenir l'énergie déposée.
Pour traiter ce problème, on a maintenant recours à des calculs sur ordinateurs de type Monté-Carlo,
qui exécutent une simulation complète de l'histoire d'une particule dans un milieu : parcours, collisions,
génération de particules secondaires, énergie déposée. Le programme de ce type le plus connu est le code
de simulation GEANT ( version 4 en C++ ou 3 en FORTRAN ).
16
Du fait de la présence du terme qui prend en compte les effets de polarisation à haute énergie, la
2
perte d'énergie tronquée tend vers un plateau (plateau de Fermi) à élevé.
où :
• T est l'énergie cinétique de l'électron δ produit ;
• z, β sont l'état de charge et la vitesse du projectile ;
• A est la masse atomique du milieu ;
• Z est le nombre atomique du milieu ;
• F(T) est un facteur qui dépend du spin de la particule incidente :
• F T ≃1 si T ≪T emax ;
T
• F T =1− pour des particules incidentes de spin = 0 .
T emax
Cette formule est dérivée dans l'hypothèse où T ≫ I (énergie moyenne d'excitation). Lorsque les
e
T
particules incidentes sont des électrons, T ne peut atteindre que 2
du fait que les particules dans la
max
17
4 Interactions des photons dans un milieu :
Les photons sont détectés indirectement par création de particules chargées (majoritairement e -, e+)
dans le milieu où ils se propagent. La nature de leurs interactions diffère fondamentalement du processus
d'ionisation décrit jusqu'ici pour les particules chargées, car dans leurs interactions, les photons sont soit
totalement absorbés (effet photo-électrique, création de paires e+e-), soit diffusés (effet Compton) sous
des angles qui peuvent être assez larges.
Du fait de leur trajectoires chaotiques, il est impossible de définir un parcours moyen pour les
photons. On a recours à une loi d'atténuation qui s'exprime par :
I = I 0 e− x
I0 I(x)
où :
• I0 est le flux de photons incidents ;
• x l'épaisseur (en g/cm2) de la lame absorbante ;
• I(x) est le flux de photons qui émergent de la lame ;
NA
• µ est le coefficient d'atténuation massique (en cm2/g), = ∑
A i i
;
1
On peut remarquer que : = où est le libre parcours moyen des photons.
18
Johann Collot Cours de physique expérimentale des hautes énergies de l'Université de Grenoble
Interaction des particules avec la matière
[Link] Année : 2011
γ
e-
atome
Ce processus est permis lorsqu'il se produit sur des électrons atomiques. Il ne peut se produire sur des
électrons libres. Pour des photons suffisamment énergétiques, l'électron qui participe au processus est
pris sur la couche K à cause de sa proximité avec le noyau. Le site laissé vacant peut être repeuplé par
des électrons des couches externes donnant ainsi lieu à l'émission de rayons X ou d'électrons Auger
lorsque ces rayons sont « auto-absorbés ».
Ee = EK - 2 EL e-
-EL
-EK Ex = EK - EL si Ex > EL
Il n'existe pas de forme analytique simple de la section efficace qui pourrait être employée sur tout le
domaine en Z et en énergie du photon incident.
Dans le domaine non-relativiste, mais suffisamment loin des seuils de couches (EK , EL ... ) , celle-ci
s'exprime par :
K 32 21 4 5 e
= 7 Z Th
photo (par atome)
19
Johann Collot Cours de physique expérimentale des hautes énergies de l'Université de Grenoble
Interaction des particules avec la matière
[Link] Année : 2011
où :
• α est la constante de structure fine (1/137)
• Z est le numéro atomique du milieu
• =E / me
• eTh est la section efficace de diffusion élastique de Thomson d'un photon sur un
e 8 2
électron , Th = r e avec re = , rayon classique de l'électron .
3 me
Au voisinage du seuil de la couche K ( ~ EL ) , la section efficace présente un accident (dent de scie) de
passage à la couche L.
K 24 5
Pour des énergies plus grandes, c'est-à-dire pour ε >>1, on a plutôt : photo = 4 r Ze .
Dans les formules précédentes, la dépendance en Z a été approchée par Z5 . En fait l'exposant de Z varie
de 4 à 5 pour 0,1 MeV < Eγ < 5 MeV .
À basse énergie (Eγ < 100 keV), c'est l'effet photo-électrique qui domine dans la section efficace totale
d'interaction des photons .
Ee
Eγ θε
θγ
Eγ'
Ce processus est la diffusion élastique d'un photon sur un électron du cortège atomique considéré
comme quasi-libre. La conservation de la norme des quadri-vecteurs permet d'obtenir :
E m e =E e E ' − pe E ' cos e .
D'autre part la conservation de la quantité de mouvement analysée sur la direction de propagation du
photon diffusé donne :
E cos =E ' pe E ' cos e .
En combinant ces deux relations on obtient :
20
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Interaction des particules avec la matière
[Link] Année : 2011
E' me
= avec E e = E me−E '
E E e − pe cose
E' me
=
E E me−E '−E cos E '
1 1 E
= = avec =
E 11−cos me
1 1−cos
me
E ' est minimale pour = , c'est-à-dire dans le cas de la rétro-diffusion :
E ' min. 1
=
E 12
L'angle de diffusion de l'électron peut être obtenu par l'équation suivante :
cotg e = 1 tg
2
e r 2e 1
=c ln2
2
La section efficace différentielle ( pour tous les régimes ) est donnée par :
d 2 1 2 1cos2 2 1−cos 2
= re 1
d 11−cos 2 1cos 2 1 1−cos
Pour obtenir la section efficace par atome, il faut multiplier les expressions précédentes par Z :
atom.
c = Z ec
21
Johann Collot Cours de physique expérimentale des hautes énergies de l'Université de Grenoble
Interaction des particules avec la matière
[Link] Année : 2011
Εγ Εγ e-
e-
e+
e+
atome
atome
atm. 7 2 2 183
À haute énergie, si l'on néglige le petit terme 1/54, on obtient : paire ≃ 4 r e Z ln 1 /3 , ou encore
9 Z
:
atom. 7 A 1
paire ≃ où X0 est la longueur de radiation du milieu .
9 N X0
La production de paires sur les électrons atomiques et proportionnelle à Z, si bien que la section efficace
totale varie en Z(Z+1) . Ceci est inclus dans la définition de X0 .
22
Johann Collot Cours de physique expérimentale des hautes énergies de l'Université de Grenoble
Interaction des particules avec la matière
[Link] Année : 2011
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Johann Collot Cours de physique expérimentale des hautes énergies de l'Université de Grenoble
Interaction des particules avec la matière
[Link] Année : 2011
a est parfois désignée sous le nom de longueur d'interaction nucléaire dans la littérature. De même
on trouve dans la littérature la longueur de collision nucléaire T qui correspond à :
A
T = g/cm2 .
N tot
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