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Philo 102 - Le Desenchantement Du Monde

Le document explore le passage de la conception pré-scientifique à la conception scientifique du monde, en mettant en avant le désenchantement qui en résulte. Il souligne l'importance de la raison et de la pensée critique, notamment à travers les idées de Kant et les contributions des philosophes matérialistes grecs. Enfin, il aborde les révolutions scientifiques du XVIIe siècle, qui ont redéfini la place de l'être humain dans l'univers et ont permis une compréhension mécaniste de la nature.

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Philo 102 - Le Desenchantement Du Monde

Le document explore le passage de la conception pré-scientifique à la conception scientifique du monde, en mettant en avant le désenchantement qui en résulte. Il souligne l'importance de la raison et de la pensée critique, notamment à travers les idées de Kant et les contributions des philosophes matérialistes grecs. Enfin, il aborde les révolutions scientifiques du XVIIe siècle, qui ont redéfini la place de l'être humain dans l'univers et ont permis une compréhension mécaniste de la nature.

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2025‐01‐25

 Principes de départ
 La conception pré‐scientifique du monde
 La conception scientifique du monde
 Les conséquences de la conception scientifique du monde
 Une quête de sens… différente

Principes de départ
Le désenchantement du monde:
Un concept central dans la pensée moderne,
soulignant le passage d'une vision du monde
basée sur le mythe et la religion à une
compréhension scientifique et rationnelle.

Impact sur la perception humaine:


Ce changement a profondément influencé la
façon dont les être humains se perçoivent eux‐
mêmes et leur place dans l'univers.

Philosophie et sciences:
Le désenchantement s'accompagne d'une
valorisation accrue de la raison, de la science et de
la pensée critique dans la quête de connaissance.

Principes de départ
Kant définit le Siècle des Lumières (XVIIIe
siècle) comme la « sortie hors de l’état de
tutelle », c’est‐à‐dire la situation de l’être
humain hors d’état de faire usage par lui‐
même de sa raison. Pour Kant, si sa raison
n’est pas cultivée, l’être humain resterait en
état de « minorité ».

Ainsi, le mouvement philosophique des


Lumières est précisément un appel à devenir
« majeurs », à devenir de véritables sujets de
raison faisant preuve d’esprit critique et
d’autonomie de jugement. En devenant seuls
maîtres de leur raison, les êtres humains
pourront penser par eux‐mêmes, « marcher
seuls » d’un « pas assuré ».

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Principes de départ
Dans cette perspective, l’Antiquité et le
monde de la tradition correspondrait à
l’enfance de la pensée humaine, et les
Temps modernes, à sa maturité.

Autrement dit, tout comme il y a


croissance d’un être humain à l’échelle
d’une vie individuelle, à travers
différents stades de développement
allant de l’enfance à l’âge adulte, il y
aurait un développement similaire de
l’esprit humain à travers les
générations, à l’échelle globale de
l’humanité, allant de la jeunesse à la
maturité.

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2025‐01‐25

La conception pré‐scientifique
Deux « intuitions » majeures
dans l’histoire de l’humanité:

 L’existence d’un autre


niveau de réalité

 L’existence d’un lien


particulier entre l’être
humain et cet autre niveau
de réalité

La conception pré‐scientifique
 Pendant des millénaires, les hommes
ont eu recours à l’action ou l’effet de
« forces invisibles » pour rendre
compte des phénomènes observables
(Dieu, dieux, esprits, etc.).

 L’idée d’un « passage terrestre »,


d’une vie avant et après la mort.

 Il est question d’une explication


« transcendante » de la cohérence du
monde.

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La conception pré‐scientifique
Transcendance
 Se dit de ce qui est supérieur à toute expérience. Ce qui est d'un
ordre extérieur plus élevé que les êtres ou les actions en question.
 Caractère de ce qui se situe hors d’atteinte de l’expérience et de la
pensée humaine.

Immanence
 Qui existe de soi‐même; qui est de la nature même de l’être. Qui
existe à l’intérieur de l’être.
 Principe selon lequel la finalité de l’être humain est contenue
dans sa nature même, sans intervention divine ou support
immatériel.

La conception pré‐scientifique
 Le monde où nous vivons ne peut être compris à partir de
lui‐même.

 Il y a une incomplétude radicale de ce monde.

 Il n’y a pas d’explication cohérente du monde qui tienne


sans recours à une « cause transcendante ».

 Il est nécessaire de faire appel à un autre niveau de réalité


dont on ne sait presque rien… sauf qu’il doit forcément
exister.

Vers la conception scientifique


 Il y a environ 2500 ans, la pensée
rationnelle s’est développée en
s’attaquant frontalement aux discours
mythiques et à ces deux « intuitions »
majeures que nous venons d’aborder.

 Les premiers philosophes matérialistes


grecs avaient de nobles intentions, soit
délivrer leurs contemporains de la peur
qui découlait de leur croyance selon
laquelle leur destin dépendait
entièrement de « forces invisibles »
transcendantes.

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Vers la conception scientifique


 Les précurseurs de la rationalité sont
désignés comme les présocratiques.

 Ils sont à l’origine de la pensée


rationnelle sur laquelle s’appuieront
ultérieurement les bases de la
philosophie et des sciences modernes.

 Dès le VIe siècle avant J.‐C., ils tentent


de décrire leur monde et d’expliquer
l’enchaînement des événements par des
relations de cause à effet et des
explications liées aux phénomènes
naturels.

Vers la conception scientifique


 Il y a 2500 ans, Démocrite et Épicure, entre autres, ont
développé la première « théorie atomique »
expliquant la genèse du monde complexe où nous
vivons par l'interaction aléatoire de composants
élémentaires : les atomes.

 D’ailleurs, la célèbre maxime « Rien ne se perd, rien


ne se crée, tout se transforme », attribuée à Antoine
Laurent de Lavoisier (1743‐1794), s’avère la paraphrase
du philosophe grec présocratique Anaxagore : « Rien
ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se
combinent, puis se séparent de nouveau ».

 Cette idée marquera les esprits, alors qu’au XVIIIe


siècle, Lavoisier est le premier à réaliser des
expériences quantitatives à l'origine d'une de ses plus
grandes découvertes : la conservation de la matière.

« La crainte devant les mystères du Cosmos et les


manifestations impressionnantes de la Nature et
la peur, plus obsédante, de la mort, sont les
compagnes inséparables des humains, et aucun
bonheur véritable n'est possible aussi longtemps
que leurs ombres se projettent sur notre
existence. Il faut donc se délivrer de ces craintes.

Or quel meilleur moyen d'y parvenir que de


montrer que ces mystères et ces
manifestations sont explicables en termes
d'une physique résolument et strictement
mécaniste, dépourvue de toute finalité, ne
mettant en jeu que des principes matériels et
leurs interactions? Une telle élucidation des
causes des phénomènes naturels, dont la mort
même n'est qu'un échantillon, doit servir de
fondement à la construction d'une morale
conduisant à la sagesse et au bien‐être. »

‐ Bernard Pullman, L’atome dans


l’histoire de la pensée humaine

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Vers la conception scientifique


 Libérer l’homme de la peur des dieux et
de l’au‐delà pour lui permettre de mener
une vie sage et responsable. Tel était le
projet d’explication du réel par le réel,
mis en place il y a 2500 ans par les grecs
matérialistes.

 On aspire à une explication concrète, en


termes mécaniques, un système fermé sur
lui‐même.

 Le Monde suffit pour expliquer le Monde!

 Les dieux existent peut‐être, mais ils


n’interagiraient nullement avec le Monde.

Vers la conception scientifique


 Non, le tonnerre n'est pas une colère
de Zeus.

 Non, une bonne récolte n'est pas le


fruit d'une récompense divine, mais
le résultat de conditions climatiques
favorables alliées à une bonne
exécution des tâches agricoles.

 Non, les grandes épidémies ne sont


pas des punitions, mais sont liées à la
propagation des microbes ou des
virus.

Vers la conception scientifique


 Toutes les grandes découvertes effectuées depuis la Renaissance jusqu'à
l'aube du XXe siècle ont ainsi confirmé de façon éclatante cette « nouvelle
intuition » selon laquelle les évènements se produisant dans notre
monde physique pouvaient être expliqués à partir de causes
provenant elles aussi du monde physique.

 Ainsi Dieu n'interviendrait pas


dans le Monde et dès le XVIIe
siècle, redécouvrant Démocrite
et le dépassant grâce à
l'avalanche des découvertes
scientifiques en cours, des
philosophes affirmèrent que
Dieu était « une hypothèse
inutile ».

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La conception scientifique
Le XVIIe siècle, que l’on qualifie de Siècle de la
raison, voit éclore la philosophie cartésienne. En
ce siècle, aussi appelé Le Grand Siècle, l’esprit
change, dit‐on. Nous assistons dès lors à un
bouleversement radical des mentalités que
plusieurs historiens associent au début de la
modernité.

Cartésien:
Qui se rapporte à la philosophie de Descartes. Se
dit aussi d’un esprit qui, à l’exemple de ce
penseur, aime procéder avec clarté, distinction
et ordre.

La conception scientifique
 Au XVIIe siècle, Kepler, Galilée et Descartes ont tous, chacun à
leur manière, participé à la fondation d’une nouvelle science
du monde et de l’être humain qui s’oppose radicalement
aux vérités acquises depuis l’Antiquité grecque.

 Les travaux de Kepler démontrent que les mathématiques


peuvent servir à décrire l’univers concret de la matière.
L’astronomie moderne vient de voir le jour.

 Les découvertes de Galilée menaçaient tout le système traditionnel


d’explication de l’univers qui englobait la religion, la philosophie et
la science de l’époque.

La conception scientifique
Galilée subira les foudres des autorités de
l’Église catholique romaine qui, tout en
s’intéressant aux « nouvelles conceptions »,
avaient beaucoup de difficultés à les
concilier, entres autres, avec une certaine
lecture de la Bible.

L’héliocentrisme bouleverse, en effet, la


représentation symbolique de la place
de l’être humain dans l’univers que
véhiculait le géocentrisme. Le Soleil
devenant le centre de l’univers, la Terre
est désormais à la périphérie. Ce faisant,
elle perd son caractère sacré.

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La conception scientifique
C’est à René Descartes, contemporain de Galilée, que revient le
mérite d’avoir ouvert la voie à la désacralisation de la nature.

En reconnaissant la pleine autonomie de la raison humaine et en


réduisant la nature à ses dimensions physiques, Descartes a
fourni aux pionniers de la science moderne les arguments
théoriques qui leur ont permis de rejeter les objections religieuses,
spiritualistes et transcendantes.

Expérimenter sur la nature n’était désormais plus un sacrilège,


transformer la nature n’était plus un défi lancé à l’ordre du monde
instauré par la divinité.

La conception scientifique
Avec la nouvelle physique de Galilée et
de Descartes, le monde devient perçu
comme un assemblage de choses
étendues occupant un certain espace.
Tout peut donc être mesuré, quantifié.

On assiste dès lors à une certaine


désensibilisation du monde, un
désenchantement du monde.

L’être humain devient le gérant


d’un univers désenchanté.

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Une quête de sens… différente

Une quête de sens… différente

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