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Devoir Récit

Chahinez Ighilahriz partage son expérience de premier stage en tant qu'éducateur spécialisé dans un Institut Médico-Éducatif (IME) accueillant des enfants et adolescents en situation de handicap. Elle décrit les défis émotionnels et professionnels rencontrés, ainsi que l'importance de créer des liens de confiance avec les jeunes, tout en déconstruisant ses préjugés. Ce stage lui a permis de comprendre la beauté et la profondeur de la mission éducative, soulignant l'importance de la patience, de l'empathie et de l'écoute dans son futur métier.

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Devoir Récit

Chahinez Ighilahriz partage son expérience de premier stage en tant qu'éducateur spécialisé dans un Institut Médico-Éducatif (IME) accueillant des enfants et adolescents en situation de handicap. Elle décrit les défis émotionnels et professionnels rencontrés, ainsi que l'importance de créer des liens de confiance avec les jeunes, tout en déconstruisant ses préjugés. Ce stage lui a permis de comprendre la beauté et la profondeur de la mission éducative, soulignant l'importance de la patience, de l'empathie et de l'écoute dans son futur métier.

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Chahinez

Ighilahriz

ES

Le stage. La fameuse épreuve que chaque étudiant aborde avec un certain stress, angoisse
et enthousiasme à la fois. Un mélange d'émotions qui crée la hâte dans tout notre corps. Et
qui plus est le tout premier stage en tant qu’étudiant éducateur. Nous sommes après
quelques semaines depuis la rentrée à devoir nous mettre dans les bottes du futur
éducateur nous seront, la rencontre avec notre futur métier. Tout deviendra plus concret
pour nous. Le pas de la théorie à la pratique. L’école nous a donné les clefs en main à nous
de les utiliser pour ouvrir les portes vers le meilleur des apprentissages possible.

La première étape est d'abord de trouver un établissement ou de faire ce stage. Ce n’est


pas l’une des plus faciles, je n'ai encore effectué aucun stage. Si ce n’est celui que l’on doit
tous faire lors de notre passage au collège en 3ème. Mais c’est loin d’être la même chose.
C’est par le biais des contacts de mon père que j'ai pu trouver finalement mon tout premier
stage, dans le domaine de l' handicap au sein d’un IME. C’est toujours une réelle
responsabilité d’être dans un endroit où nous sommes dans un milieu que l'un de nos
proches nous à recommencer. Il y a toujours cette peur et cette pression de dégrader
l’image de cette personne au sein du groupe. On n'agit jamais naturellement, en tout cas, je
n’agis pas de manière naturelle ou spontanée. C’est un peu avec cette pression que je
commence mon premier jour de stage au sein de l’USEAP Bernadette Coursol.
L'USEAP Bernadette Courson est un IME (Institut Médico-Éducatif) situé dans la ville
de Montreuil, une banlieue proche de Paris. Cette structure accueille des enfants et des
adolescents en situation de handicap, âgés de 6 à 20 ans, et propose des services
éducatifs, thérapeutiques et médicaux adaptés à leurs besoins. L'objectif de l'IME est
d'accompagner chaque jeune dans son développement et son autonomie, en favorisant son
inclusion sociale et professionnelle. L'USEAP Bernadette Coursol dispose d'une équipe
pluridisciplinaire de professionnels formés et expérimentés, qui travaillent en étroite
collaboration avec les familles des jeunes accueillis.

Au sein de l'IME Bernadette Coursol, l'éducateur spécialisé a pour mission


d'accompagner les enfants et adolescents en situation de handicap dans leur
développement global et leur insertion sociale. Plus précisément, il intervient dans les
domaines de l'éducation, de l'animation, de la vie quotidienne et de l'autonomie.

L'éducateur spécialisé travaille en équipe pluridisciplinaire avec d'autres


professionnels de l'IME, notamment des psychologues, des enseignants spécialisés, des
ergothérapeutes et des infirmiers, pour mettre en place des projets éducatifs et
pédagogiques adaptés aux besoins de chaque jeune.
Parmi ses tâches, l'éducateur spécialisé peut aider les jeunes à développer leurs
compétences sociales, à apprendre des gestes de la vie quotidienne, à travailler sur leur
autonomie et à favoriser leur participation à des activités éducatives et de loisirs. Il veille
également à créer un environnement bienveillant et sécurisant pour les jeunes, tout en
travaillant en étroite collaboration avec leurs familles pour assurer une continuité éducative
et un accompagnement global.

Je serai donc avec l’USEAP et tout particulièrement le groupe des ados. Le


polyhandicap m’est totalement inconnu à part ce que j’ai connu en étant plus jeune.

Je me souviens en étant plus jeune, mes parents rendre visite à une grande tante et
sa fille malade et atteinte d’une maladie qui m’était totalement inconnue. Elle est décédée il
y a quelques années maintenant, elle était assez jeune. Je n’avais donc pas l’âge pour avoir
assez de maturité pour comprendre sa maladie, son handicap. Bien qu’aussi loin que je me
souvienne, je me rappelle n’avoir jamais ri d'elle, jamais moqué d’elle ou même l’avoir pris
de haut. J'étais simplement curieuse de comprendre ses réactions inhabituelles, aléatoires,
ses cris. Avait-elle mal ? Et pourquoi elle ne parlait pas comme tout le monde ? Elle est
assez grande pour ne pas se laisser baver dessus non ? À son âge, normalement, on n'a
pas besoin de sa maman pour manger ? Toutes ces questions où je la voyais tout
simplement comme une jeune fille bizarre qui ne faisait rien sans l’aide de personne, qui
semblait absente et loin de notre réalité

Je suis donc resté sur un certain nombre de préjugés en tête. Il allait donc de soi que
pour les jours à venir, j’avais pour mission de déconstruire toutes mes représentations que
j'avais en tête. J’avais donc comme premier objectif de prendre le temps de me créer une
nouvelle image. Pour ce premier jour, j’avais donc décidé d'agir totalement normalement, car
avec le temps et grâce au cours que j’avais pu suivre, j’avais pu comprendre que les enfants
ou les adultes était loin d'être des personnes absentes sans sentiments. Je devais donc agir
normalement, certes, ces jeunes étaient atteints d’un handicap auquel je devais m’adapter,
mais je devais les voir comme de jeunes adolescents à part entière. Il ne faut pas non plus
être déconnecté de la réalité. C’est sûrement l'erreur que j’ai commise qui fait que j’ai senti
que l’équipe était sur mon dos tout le reste de mon stage. Je n’ai pas senti que j'étais dans
le droit de pouvoir me tromper. Pour moi, rien n'était pensé à mal. Surtout lors de mon
premier jour et encore plus lors de ma première semaine en général. Je voulais y aller étape
par étape. Je suis donc rentrée dans la petite salle de vie du groupe des moyens. Dans
cette salle, se trouvent 5 jeunes. Tous non-verbaux et complètement dépendants.

On ne m’a pas vraiment guidé pour savoir ce que je dois faire ou non. Alors je suis
rentré et dis bonjour à tout le monde dans la salle. L’une des professionnelles présente dans
le groupe à tout simplement décidé au lieu de me répondre par courtoisie à préférer me
rappeler de manière méprisante que je pourrai toujours attendre si je voulais qu’il me
réponde. Tout se casse en moi, voici mon premier lien avec les équipes et les enfants du
groupe, je me suis sentie gênée, humiliée et je n’avais plus la même assurance qu'encore
deux secondes plutôt. Ne pas se montrer blessé. Ne pas me montrer froide. Ne pas me
montrer atteinte. Rester professionnel. Rester souriante.
Les enfants étaient tous en cercle, c'était l'heure du rituel de l'accueil du matin. Je
suis donc allé voir chacun d’entre eux pour prendre le temps de me présenter à eux et de
les rencontrer. Je prends le temps de parler doucement, de me pencher vers eux pour être à
l'heure taille, de trouver leur regard en les regardant dans les yeux, de poser délicatement
ma main sur leur épaule pour qu’il sente ma présence : -“Bonjour, je suis Chahinez.”...et…
-”...”...et bien rien, vraiment rien. Je passe au tour d’un autre jeune, même procédé, penché
à leur hauteur, main délicate sur l'épaule, mon regard posé sur lui et. Et bien rien. J’étais loin
d’imaginer que ça allait me faire mal de les voir comme ça. Comment adapter mon
dynamisme à la réalité des choses ?

Je n’ai pas eu vraiment eu le temps de me mettre en position d’observation. L’équipe


m’a poussé à agir pour me lancer. Au départ, j’ai vu cette situation comme une difficulté,
mais elle été pour moi le moyen de créer une réelle relation avec ces jeunes, chose qui
m'était impossible de faire. Je me suis retrouvé à faire le change de certains enfants, la
sieste des autres et j'ai toujours voulu chercher ce qui les rendrait heureux, chercher une
lueur de bonheur dans leurs yeux infime soit-elle. La patience était mon maître-mot.
Commencer à voir les règles de vie et de me référer à ça pour aller de moi-même vers les
enfants. Leurs yeux. C'était pour moi mon indicateur.

C’est le jour où j’ai vu le sourire de Mélissa se former à ses lèvres, lorsque je me suis
mis à côté d’elle pour lui donner à manger que j’ai compris que les tout petits efforts que
j’avais faits venaient aussi d’eux. C’est lorsque Mose a fait l’effort de marcher jusqu'à moi,
tout seul, quand nous étions au cirque. C’est lorsque Salim applaudit fort dans ses mains en
rigolant lors de mon arrivée dans la pièce le matin que j’ai compris. J’ai compris qu’ils sont
loin d'être des ados sans émotions, qu’ils comprennent le monde, mais à leur manière, leur
vision est propre à eux même, mais elle n’est pas inexistante. Comment adapter mon
dynamisme à la réalité des choses ?

C’est simple. Ces enfants en situation de handicap sont présents, ils ont eux aussi
besoin de prendre leur temps pour créer une relation de confiance. Leur temps de
compréhension est plus long que le nôtre. Comprendre le monde qui les entoure.
Comprendre les personnes qui sont près d’eux. Dans un monde où tout va trop vite, auprès
d’eux, j’ai pris le temps d'apprécier chacun de mes temps avec eux, chacun des moments
est loin d’être inutile pour eux. Un moment de partage à leur manière. Je commence à
comprendre la beauté de notre mission. C'est une noble mission, une vocation délicate, qui
demande du courage, de la patience et de l'empathie, pour illuminer leur vie d'une belle
lueur d'énergie.
Pour moi le réel objectif de ce stage à était atteint. La rencontre. Ma rencontre avec
le monde du handicap. Ma rencontre avec mon métier de rêve.La beauté de la rencontre
avec le métier d'éducateur c'est la possibilité de se connecter à l'autre, de créer une relation
d'empathie et de confiance, de cheminer ensemble vers des horizons plus doux. C'est une
aventure humaine, un voyage initiatique,où chaque rencontre est une invitation à l'échange,
où chaque instant est une occasion de grandir, de se découvrir, de se comprendre et de se
réinventer. C'est un art subtil, celui de se mettre à l'écoute, d'entendre les mots, les non-dits,
les souffrances, et de trouver les gestes justes, les paroles apaisantes, pour aider l'autre à
se relever et à prendre sa chance. C'est une expérience riche en émotions, en découvertes,
où l'on apprend à regarder le monde avec un autre regard, à apprécier la beauté de l'effort,
de la persévérance, et à se réjouir de chaque petite victoire remportée. La rencontre avec le
métier d'éducateur, c'est un privilège, une opportunité de mettre son cœur au service des
autres, et de contribuer à faire de notre monde un endroit meilleur. Plus humain, plus
solidaire, plus généreux, plus fort.

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