KF/RAO/AMM
REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
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COUR D’APPEL DE COMMERCE
D’ABIDJAN
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RG N° 006/2022
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ARRÊT CONTRADICTOIRE
DU JEUDI 17 FEVRIER 2022
du 17/02/2022
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1ÈRE CHAMBRE
------------ La Cour d’Appel de Commerce d’Abidjan, en son audience
Affaire : publique ordinaire du jeudi dix-sept février de l’an deux mil
------------ vingt-deux tenue au siège de ladite Cour, à laquelle
siégeaient :
1-Monsieur M.G.C
Docteur KOMOIN François, Premier Président de la Cour
2-Monsieur Y.K.K
d’Appel de Commerce d’Abidjan ;
3-Madame K.A.S
Mesdames KOUASSI Amenan Hélène épouse
(Maître Henri Valentin BOHOUSSOU)
DJINPHIE et KOUAHO A. Marthe épouse TRAORE,
Tous ayants droit de feu Y.K.C Messieurs TALL Yacouba et AMUAH David,
Conseillers à la Cour, Membres ;
Contre
Avec l’assistance de Maître KOUAME Kouamé narcisse,
La société N.S.I.A. Banque Côte Greffier ;
d’ivoire anciennement B.I.A.O-CI
(SCPA BAZIE-KOYO-ASSA) A rendu l’arrêt dont la teneur suit dans la cause ;
------------ ENTRE :
ARRÊT
------------ 1-Monsieur M.G.M, né le 15 août 1957 à Abidjan, de
Contradictoire
nationalité ivoirienne, Comptable, demeurant à Abidjan
------------
Déclare irrecevable l’appel interjeté par les Cocody 8ème tranche, 25 B.P. 699 Abidjan 25 ;
ayants droit de feu Y.K.C, à savoir
Messieurs M.G.M, Y.K.K et Mademoiselle 2-Monsieur Y.K.K, Né le 08 avril 1946 à Kouassibilékro
K.A.S contre l’ordonnance RG N° 3845/21 Bouaké, de nationalité ivoirienne, demeurant à Abidjan
rendue le 09 décembre 2021 rendue par le
juge de l’exécution du Tribunal de Cocody, 25 B.P.699 Abidjan 25 ;
Commerce d’Abidjan ;
3-Madame K.A.S, née le 05 juillet 1963 à Aboisso, de
Les condamne aux dépens de l’instance ; nationalité ivoirienne, Secrétaire de Direction, demeurant à
Abidjan Cocody Angré 8ème tranche 25 B.P. 699 Abidjan 25 ;
Tous ayants droit de feu Y.K.C ;
Appelants, représentés et concluant par leur conseil,
Maître Henri Valentin BOHOUSSOU, Avocat près la Cour
d’Appel d’Abidjan, y demeurant Abidjan-Plateau, 13 avenue
Crosson Duplessis, résidence « DIANA », 5ème étage porte A
15 ; 04 B.P. 883 Abidjan 04, Tél : 27 20 21 96 07, Cel : 07 07
75 02 50 ;
1
D’UNE PART ;
ET ;
La Société N.S.I.A. Banque Côte d’Ivoire,
anciennement B.I.A.O-CI, société anonyme avec conseil
d’administration, au capital de [Link] de francs
CFA, inscrite au Registre de Commerce et du Crédit
Mobilier sous le N° 52039, dont le siège social est à Abidjan-
Plateau 8-10 avenue Joseph ANOMA, 01 B.P. 1274 Abidjan
01, prise en la personne de son représentant légal en ses
bureaux ;
Intimée, représentée et concluant par son conseil, la
Société Civile Professionnelle d’Avocats BAZIE-KOYO-
ASSA, Avocats Associés près la Cour d’appel d’Abidjan, y
demeurant à Abidjan, ancien Cocody 8 rue B 15, ruelle ex
Clinique GOCI) 08 B.P. 2614 Abidjan 08, Tél : (+225) 27 22
44 38 85 / (+225) 27 22 44 39 08, Cel : (+225) 07 99 64 11
61, Fax : (+225) 27 22 44 38 88, Email :
avocatsbka@[Link] ;
D’AUTRE PART ;
Sans que les présentes qualités puissent nuire ni préjudicier
en quoi que ce soit aux droits et intérêts respectifs des
parties en cause, mais au contraire et sous les plus expresses
réserves des faits et de droit ;
La juridiction présidentielle du Tribunal de Commerce
d’Abidjan a rendu le 09 décembre 2021 une ordonnance RG
N° 3845/2021 dans laquelle elle a statué en ces termes :
« Statuant publiquement, contradictoirement en matière
d’exécution, et en premier ressort ;
Rejetons la fin de non-recevoir ;
Déclarons l’action des demandeurs mal fondée ;
Les en déboutons
Mettons les dépens à leur charge » ;
Par exploit du 28 décembre 2021 de Maître KONAN KOFFI
Emmanuel, Commissaire de Justice à Abidjan, les ayants
droit de feu Y.K.C ont interjeté appel contre l’ordonnance
sus énoncée et, par le même exploit, assigné la société
N.S.I.A. Banque Côte d’Ivoire, anciennement B.I.A.O.-C.I. à
comparaître par devant la Cour de ce siège à l’audience du
06 janvier 2022 pour s’entendre infirmer l’ordonnance
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querellée ;
Enregistrée sous le N° 006/2022 du rôle général du Greffe
de la Cour, l’affaire a été appelée à l’audience du 06 janvier
2022 ;
Puis, la cause a été mise en délibéré pour décision être
rendue le 17 février 2022 ;
Advenue cette audience, la Cour a vidé son délibéré en
rendant l’arrêt suivant :
LA COUR
Vu les pièces du dossier ;
Ouï les parties en leurs demandes, fins et conclusions ;
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;
FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS
ET MOYENS DES PARTIES
Par exploit en date du 28 décembre 2021, les ayants droit de
feu Y.C, à savoir Messieurs M.G.M, Y.K.K et Mademoiselle
K.A.S ont interjeté appel de l’ordonnance RG N° 3845/21
rendue le 09 décembre 2021 par le juge de l’exécution du
Tribunal de Commerce d’Abidjan, dont le dispositif est le
suivant :
« Statuant publiquement, contradictoirement en matière
d’exécution, et en premier ressort ;
Rejetons la fin de non-recevoir ;
Déclarons l’action des demandeurs mal fondée ;
-les en déboutons ;
-mettons les dépens à leur charge » ;
Les ayants droit de feu Y.K.C, à savoir Messieurs M.G.M,
Y.K.K et Mademoiselle K.A.S sollicite de la Cour de céans :
- Déclarer leur appel recevable pour être intervenu
dans les forme et délai légaux ;
- Les y dire bien fondés ;
- En conséquence, infirmer en totalité l'ordonnance
querellée ;
- Statuant à nouveau, dire que la banque a commis une
faute en procédant au payement au nom du
commissaire de justice en dehors de tout mandat
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express des créanciers saisissants ;
- En conséquence, condamner la NSIA Banque au
paiement des causes de la saisie-attribution de
créance soit la somme de 24.176.655 F/CFA ;
- Condamner également la NSIA Banque au paiement
de dommages et intérêts à hauteur de la somme
totale de 24.176.655 F/CFA ;
- Condamner l’intimée aux entiers dépens d’instance,
dont distraction au profit de maître Henri Valentin
BOHOUSSOU, avocat aux offres de droit ;
Ils font valoir que le 09 novembre 2020, ils ont fait
pratiquer une saisie-attribution de créances sur les comptes
de la société NSIA Finances logés dans les livres de la société
NSIA BANQUE Côte d'Ivoire, pour avoir sûreté et paiement
de la somme de 30.210.538 F/CFA, laquelle a été dénoncée
le 13 novembre 2020 au débiteur saisi ;
Ils indiquent que suite à la contestation de cette saisie
entreprise par la société NSIA Finances, le juge de
l'exécution du Tribunal de Commerce d’Abidjan, par
ordonnance N° RG 3887/2020 en date du 21 janvier 2021, a
donné effet à ladite saisie pour les sommes non-contestées,
soit le principal et les intérêts de droit, pour la somme totale
de 24.176.655 F/CFA ;
Ils soulignent que la décision étant assortie de l'exécution
provisoire, ils l’ont fait signifier à la NSIA Finances et la
NSIA Banque C.I. par exploit de signification-
commandement en date du 02 avril ; la société NSIA
Finances ayant relevé appel de ladite ordonnance, la Cour
d’Appel de Commerce a, par arrêt N° RG 320/2021 en date
du 10 juin 2021, confirmé l’ordonnance querellée en toutes
ses dispositions ;
En exécution de la décision, la NSIA BANQUE C.I. a procédé
au paiement des sommes relatives au principal et intérêts de
droit entre les mains du commissaire de justice en lui
remettant un chèque du montant à son ordre, sans que ce
dernier ne lui présente un mandat d'encaissement ; ce
dernier, indiquent-ils, est curieusement décédé sans avoir
au préalable procéder à un quelconque reversement du
montant de la saisie à leur profit ;
Par ailleurs, relèvent-ils, le tiers saisi a refusé de payer les
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dépens après que la signification de l’arrêt de la Cour
d’Appel tranchant les contestations lui ait été faite, par un
simple courrier notifié au commissaire de justice commis à
cette tâche ;
Dès lors, ils ont saisi le juge de l’exécution du Tribunal de
commerce d'Abidjan sur le fondement de l’article 168 de
l’Acte uniforme portant organisation des procédures
simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution qui
énonce qu'en cas de refus de paiement des sommes saisies,
le créancier saisissant peut saisir la juridiction compétente
pour voir ordonner ledit paiement au tiers saisi ; que c’est
cette procédure qui a donné lieu à la décision entreprise ;
La société NSIA BANQUE CÔTE D’IVOIRE dite NSIA
BANQUE-CI sollicite, pour sa part, de la Cour de céans :
In limine litis
- constater que les ayants droit de feu Y.K.C indiquent
dans leur acte d’appel que les parties disposent d’un
délai de deux (2) mois pour faire parvenir au greffe
de la Cour, les conclusions et pièces dont elles
entendent se servir en cause d’appel et la déclaration
faisant connaître si elles entendent présenter ou faire
présenter devant la Cour des explications orales ;
- dire que s’agissant de l’appel d’une ordonnance de
référé, les parties disposent plutôt d’un délai de huit
(8) jours pour faire parvenir au greffe de la Cour, les
conclusions et pièces dont elles entendent se servir en
cause d’appel et la déclaration faisant connaître si
elles entendent présenter ou faire présenter devant la
Cour des explications orales ;
- juger que la NSIA BANQUE-CI justifie d’un grief
préjudiciable résultant de cette mention erronée sur
l’acte d’appel ;
- annuler l’acte d’appel en date du 28 décembre 2021 ;
- par ailleurs, constater que l’appel interjeté par les
ayants droit de feu Y.K.C est intervenu hors délai ;
- en conséquence, déclarer ledit appel irrecevable ;
Très subsidiairement au fond
- juger qu’en sa qualité d’officier ministériel et
d’officier public chargé de la signification et de
l’exécution forcée des décisions de justice, le
Commissaire de justice n’a pas besoin de justifier
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d’un mandat exprès, car investi d’un mandat légal
dans le cadre de sa mission ;
- en conséquence, dire que le paiement effectué par la
NSIA BANQUE-CI entre les mains de Maître
VAMORI KONE est régulier ;
- confirmer en toutes ses dispositions l’ordonnance RG
N°3845/2021 rendue le 09 décembre 2021 par la
juridiction présidentielle du Tribunal de commerce
d’Abidjan ;
- condamner les ayants droit de feu Y.K.C aux entiers
dépens de l’instance, distraits au profit de la Société
d’Avocats BAZIE-KOYO-ASSA, Avocats aux offres de
droit ;
SUR CE,
En la forme
Sur le caractère de la décision
Considérant que l’intimée a conclu ;
Qu’il y a lieu de statuer par décision contradictoire ;
Sur la recevabilité de l’appel
Considérant que l’intimée excipe de l’irrecevabilité de
l’appel, motif pris de la violation du délai d’appel de quinze
jours prévus par l’article 49 de l’Acte uniforme portant
organisation des procédures simplifiées de recouvrement et
des voies d’exécution ;
Considérant qu’aux termes de l’article 49 de l’acte uniforme
sus indiqué : « la juridiction compétente pour statuer sur
tout litige ou toute demande relative à une mesure
d'exécution forcée ou à une saisie conservatoire est le
président de la juridiction statuant en matière d'urgence ou
le magistrat délégué par lui.
Sa décision est susceptible d'appel dans un délai de
quinze jours à compter de son prononcé.
Le délai d'appel comme l'exercice de cette voie de
recours n'ont pas un caractère suspensif, sauf décision
contraire spécialement motivée du président de la
juridiction compétente » ;
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Qu’il ressort de l’analyse de ce texte que l’appel contre une
décision rendue en matière de saisie doit être exercée dans
un délai de quinze jours à partir du prononcé de la décision ;
Considérant par ailleurs que l’article 335 du même acte
uniforme disposant que « Les délais prévus dans le présent
acte uniforme sont des délais francs », de sorte que pour la
computation des délais, il n’est pas tenu compte du jour du
départ, le « dies a quo », en l’occurrence le jour du prononcé
de la décision, ni du dernier jour, le « dies a quiem » ;
Considérant qu’en l’espèce la décision entreprise, rendue le
09 décembre 2021 par le juge de l’exécution, concerne le
paiement des causes d’une saisie-attribution ;
Qu’ainsi, en tenant compte du caractère franc des délais, les
appelants avaient jusqu’au 25 décembre 2021 pour
interjeter appel ; toutefois, ce jour correspondant à la fête de
noël est un jour férié en Côte d’Ivoire, et le lendemain étant
un dimanche, le dernier jour utile est le lundi 27 décembre
2021 ;
Qu’ainsi, l’appel interjeté le 28 décembre 2021, soit un jour
après le dernier jour utile, est manifestement intervenu hors
délai ;
Qu’il convient, dès lors, de déclarer ledit appel irrecevable
pour cause de forclusion ;
Sur les dépens
Considérant que les ayants droit de feu Y.K.C, à savoir
Messieurs M.G.M, Y.K.K et Mademoiselle K.A.S
succombent ;
Qu’il y a lieu de les condamner aux dépens de l’instance ;
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, contradictoirement et en dernier
ressort ;
Déclare irrecevable l’appel interjeté par les ayants droit de
feu Y.K.C, à savoir Messieurs M.G.M, Y.K.K et Mademoiselle
K.A.S contre l’ordonnance RG N° 3845/21 rendue le 09
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décembre 2021 rendue par le juge de l’exécution du
Tribunal de Commerce d’Abidjan ;
Les condamne aux dépens de l’instance ;
Ainsi fait, jugé et prononcé publiquement les jour, mois et
an que dessus.
ET ONT SIGNÉ LE PREMIER PRÉSIDENT ET LE
GREFFIER./.