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RG5002022

La Cour d'Appel de Commerce d'Abidjan a rendu un arrêt confirmant le jugement du Tribunal de Commerce d'Abidjan, déclarant la Société SOPHIA mal fondée dans son appel contre Monsieur B.A. La cour a statué que la créance de Monsieur B.A n'était pas prescrite, car la condition d'information stipulée dans leur convention de prêt n'avait pas été réalisée. En conséquence, la Société SOPHIA a été condamnée aux dépens de l'instance.

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RG5002022

La Cour d'Appel de Commerce d'Abidjan a rendu un arrêt confirmant le jugement du Tribunal de Commerce d'Abidjan, déclarant la Société SOPHIA mal fondée dans son appel contre Monsieur B.A. La cour a statué que la créance de Monsieur B.A n'était pas prescrite, car la condition d'information stipulée dans leur convention de prêt n'avait pas été réalisée. En conséquence, la Société SOPHIA a été condamnée aux dépens de l'instance.

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KF/TJYK/AE

RÉPUBLIQUE DE CÔTE
D’IVOIRE
-------------------
COUR D’APPEL DE
COMMERCE D’ABIDJAN
---------------
RG N° 500/2022
--------
ARRÊT CONTRADICTOIRE
N° 269/2023 AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE
du 02/03/2023 DU JEUDI 02 MARS 2023
--------- -----------------------
1ÈRE CHAMBRE
------------
Affaire :
La Cour d’Appel de Commerce d’Abidjan, en son audience
--- publique ordinaire du jeudi deux mars de l’an deux mil vingt-
trois tenue au siège de ladite Cour, à laquelle siégeaient :
La Société pour la Promotion de
l’Habitat, de l’Immobilier et de Docteur KOMOIN François, Premier Président de la Cour
l’Aménagement dite SOPHIA
d’Appel de Commerce d’Abidjan ;
(Maître Ange Rodrigue DADJE)

Contre Madame TONIAN J. Yolande épouse KLOUTSEY et


Monsieur B.A Messieurs TALL Yacouba, DELAFOSSE René et
(Maître Pierre DAGBO) NIAMKEY K. Paul, Conseillers à la Cour, Membres ;
--------------
ARRÊT
Avec l’assistance de Maître KOUAMÉ Kouamé Narcisse,
------------
Contradictoire Greffier ;
---------
A rendu l’arrêt dont la teneur suit dans la cause ;
Vu l’arrêt avant dire droit RG N°
500/2022 du 22 décembre 2022
rendu par la Cour d’appel de céans ; ENTRE :
Déclare la Société pour la Promotion LA SOCIÉTÉ POUR LA PROMOTION DE L’HABITAT,
de l’Habitat, de l’Immobilier et de
l’Aménagement dite SOPHIA mal DE L'IMMOBILIER ET DE L'AMÉNAGEMENT DITE
fondée en son appel interjeté contre le SOPHIA, Société Anonyme au capital de 101.000.000 de F
jugement RG N° 3908/2021 rendu le CFA, dont le siège social est à Abidjan Cocody II Plateaux,
17 février 2022 par le Tribunal de immatriculée au registre de commerce et du crédit mobilier
Commerce d’Abidjan ;
sous le numéro CI-ABJ-2007-B-167, dûment représentée par
L’en déboute ; Monsieur TOURE Ahmed BOUAH, son Président Directeur
Général ;
Confirme le jugement querellé en
toutes ses dispositions ;
Appelante,
La condamne aux dépens de l’instance
distraits au profit du Cabinet Représentée et concluant par son conseil, Maître Ange
d’avocats Pierre DAGBO, Avocats aux
offres de droit ;
Rodrigue DADJE, Avocat près la Cour d'Appel, demeurant
Abidjan Plateau Boulevard Clozel, Immeuble les Acacias,
4ème étage, Porte 401, Tél. : 27.20.22.94.25/26, 08 BP 594
Abidjan 08 ;

D’UNE PART ;

1
ET ;

MONSIEUR B.A, né le 26 février 1983 à Treichville,


Economiste financier, de nationalité ivoirienne, demeurant à
Cocody Riviera 4 ;

Intimé,
Représenté et concluant par son conseil, Maître Pierre
DAGBO, Avocat près la Cour d'Appel d'Abidjan, y demeurant,
Abidjan Cocody, Deux Plateaux les Vallons 3ème Tranche, près
de la cité LEMANIA, ilot 165 lot 1763, 01 BP 2345 Abidjan 01,
adresse mail : [email protected], Tél. : +225
27.22.20.52.36/ 07.47.84.72.28 ;

D’AUTRE PART ;

Sans que les présentes qualités puissent nuire ni préjudicier


en quoi que ce soit aux droits et intérêts respectifs des parties
en cause, mais au contraire et sous les plus expresses réserves
des faits et de droit ;

Par arrêt avant dire droit RG N° 500/2022 du 22 décembre


2022, la Cour d’Appel de céans a :

- ordonné à la Promotion de l’Habitat, de l’Immobilier et


de l’Aménagement dite SOPHIA de produire la
convention de prêt du 06 juin 2015 et les actes des
saisies-attribution de créances pratiquées en exécution
de cette convention ;

- renvoyé la cause et les parties à cette fin à l’audience du


05 janvier 2023 ;

- réservé les dépens ;

À la date du 05 janvier 2023, l’affaire est renvoyée au 12


janvier 2023 pour production de pièces ;

À cette audience, la cause est mise en délibéré pour le 02 mars


2023 ;

Advenue cette audience, la Cour vidant son délibéré, a rendu


l’arrêt dont la teneur suit :

2
LA COUR

Vu les pièces du dossier ;

Vu l’arrêt avant dire droit RG n° 500/2022 en date du 22


décembre 2022 rendu par la Cour d’appel de céans ;

Ouï les parties en leurs demandes, fins et conclusions ;

Après en avoir délibéré conformément à la loi ;

FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS ET MOYENS


DES PARTIES

Par exploit de commissaire de justice en date du 30 mai 2022


la Société pour la Promotion de l’Habitat, de l’Immobilier et
de l’Aménagement dite SOPHIA a relevé appel du jugement
RG N° 3908/2021 rendu le 17 février 2022 par le Tribunal de
Commerce d’Abidjan, dont le dispositif est le suivant :

« Vu le jugement avant dire droit N° 3908/2021 en date du


13 janvier 2022 ;

Reçoit la Société pour le Promotion de l’Habitat, de


l’Immobilier et de l’Aménagement dite SOPHIA en son
action ;

L’y dit mal fondée ;

L’en déboute ;

La condamne aux entiers dépens de l’instance. » ;

Au soutien de son appel, la société SOPHIA expose qu’elle a


conclu avec Monsieur B.A une convention de prêt d’un
montant de trois cent millions (300.000.000) de F CFA le 06
juillet 2015 et que sur le fondement de cette convention,
Monsieur B.A a pratiqué les 07 et 08 janvier 2021 une saisie-
attribution de créances à son préjudice sur ses avoirs logés au
Fonds de Prévoyance Militaire dit FPM et sur ses comptes
détenus à la BDU ;

Par courrier en date du 21 juin 2021, elle a invité Monsieur


B.A à un règlement amiable du litige, mais l’intimé a décliné
son offre par lettre en date du 23 juin 2021 ;

Elle l’a donc assigné le 05 novembre 2021 devant le Tribunal


de Commerce d’Abidjan en nullité de créance poursuivie ;

3
Elle reproche au Tribunal de Commerce d’Abidjan d’avoir
déclaré l’action de Monsieur B.A recevable, alors que la
créance dont le recouvrement est poursuivi est prescrite
conformément aux dispositions de l’article 16 de l’acte
uniforme portant sur le droit commercial général ;

En effet, poursuit-elle, il s’est écoulé plus de cinq ans entre la


naissance de la créance poursuivie par Monsieur B.A et la
saisie-attribution sur son compte, de sorte que la créance de
Monsieur BADINI Ali est éteinte ; par conséquent, elle prie la
Cour de céans d’infirmer le jugement querellé ;

En cause d’appel, Monsieur B.A n’a pas conclu ;

Par arrêt avant dire droit RG N° 3908/2021 en date du 13


janvier 2022, la Cour d’appel de céans a invité les parties à
produire la preuve du paiement à la suite de la vente des
parcelles effectuée par le Fonds de Prévoyance Militaire dit
FPM et la preuve que le prêt consenti à la société SOPHIA a
été porté à la connaissance du Fonds de Prévoyance Militaire
dit FPM, et a renvoyé la cause et les parties à l’audience du 27
janvier 2022 à cette fin ;

Monsieur B.A a fait des observations orales à la suite de l’arrêt


avant dire droit ;

Il précise qu’il a conclu une convention de prêt portant sur la


somme de trois cent millions (300.000.000) de F CFA avec la
société SOPHIA le 25 juin 2015, et que le remboursement du
prêt ne devrait intervenir qu'à compter de la mise en vente des
terrains ; or, la société SOPHIA a procédé à la vente desdits
terrains sans l’informer ;

Il souligne que la société SOPHIA ne conteste la créance


litigieuse ni dans son principe ni dans son quantum, mais
invoque à tort la prescription ;

Il indique que la grosse adossée à l'acte de prêt a été à l'origine


d'une saisie immobilière devant le Tribunal de première
instance de GAGNOA qui a donné lieu à une adjudication ;
Par conséquent, avec le recouvrement de sa créance de trois
cent millions (300.000.000) de F CFA par adjudication,
l’obligation de rembourser du débiteur est éteinte ; de sorte
qu’il n'y a plus lieu à statuer ;

Qu’il convient plutôt de déclarer irrecevable l'appel de la


société SOPHIA ;

Subsidiairement au fond, il fait valoir que contrairement aux


allégations de l’appelante, sa créance n’est pas prescrite, en ce
que la convention liant les parties contient en ses articles 3 et
4
7 une condition suspensive d'information, de sorte que le
délai de prescription ne commence à courir qu'à compter de
la réalisation de ladite condition, conformément à l’article 17
de l'acte uniforme portant droit commercial général ;

En l’espèce, poursuit-il, la condition qui était que la société


SOPHIA devait informer le Fonds de Prévoyance Militaire
(FPM) afin qu'il soit pris en compte parmi ses créanciers qui
seront payés par le FPM au moyen des fonds à provenir de la
vente des parcelles n’a pas été réalisée ; de sorte que ce délai
n'a pas pu véritablement courir ;

En conséquence, il prie la Cour de Céans de rejeter les


demandes de la société SOPHIA comme mal fondée et
confirmer le jugement querellé ;

SUR CE

En la forme

Sur le caractère de la décision et sur la recevabilité


de l’appel

Considérant que par arrêt avant dire droit RG N° 500/2022


du 22 décembre 2022, la Cour d’appel de céans a statué sur
ces points ;

Qu’il y a lieu de s’y référer ;

Au fond

Sur le bien-fondé de l'appel

Considérant que la société SOPHIA reproche au Tribunal de


Commerce d'Abidjan de l'avoir déboutée de sa demande, alors
que la créance dont le recouvrement est poursuivi est
prescrite conformément aux dispositions de l'article 16 de
l'acte uniforme portant sur le droit commercial général ;

Que selon elle, il s'est écoulé plus de cinq ans entre la


naissance de la créance poursuivie par monsieur BADINI Ali
et la saisie-attribution sur son compte qu'il a pratiquée, de
sorte que la créance de l'intimé est éteinte ;

Qu’elle prie, en conséquence, la Cour de céans d’infirmer le


jugement querellé ;

Considérant que pour sa part, monsieur B.A sollicite la


confirmation du jugement querellé, au motif que la condition
d’information suspensive contenue dans les articles 3 et 7 de
la convention liant les parties ne s’est pas réalisée, de sorte
5
que le délai de prescription n’a pas commencé à courir
conformément à l’article 17 de l'acte uniforme portant droit
commercial général ;

Considérant qu’aux termes de l’article 17 précité « A la


différence du délai de forclusion qui court, pour la durée fixée
par la loi, à compter de l’événement que celle-ci détermine le
délai de prescription court à compter du jour où le titulaire
du droit d’agir a connu ou aurait dû connaître les faits lui
permettant d’exercer son action. » ;

Qu’il résulte de ce texte que tant que le titulaire d’un droit n’a
pas connaissance des faits lui permettant d’exercer son action,
le délai de prescription ne court pas ;

Considérant qu'en l'espèce, il est constant que les parties ont


signé le 06 juin 2015 une convention de prêt portant sur la
somme de trois cent millions (300.000.000) de F CFA ;

Que les parties ont convenu dans le préambule de ladite


convention que « le remboursement dudit montant aura lieu
au moyen de la créance détenue par SOPHIA sur le Fonds de
Prévoyance Militaire » ;

Que pour que ce remboursement soit exigible, l’article 3 la


convention oblige la société SOPHIA à informer « le Fonds de
Prévoyance Militaire dit FPM de la présente convention de
prêt, afin que Monsieur B.A soit pris en compte parmi les
créanciers de SOPHIA qui seront payés par le FPM au moyen
des fonds à provenir de la vente des parcelles
susmentionnées » ;

Considérant que la société SOPHIA n’a pas produit la preuve


qu’elle a informé le FPM de la convention de prêt la liant à
l’intimé, comme convenu par leur convention, de sorte que la
créance de monsieur B.A ne peut pas être considérée comme
étant exigible au regard de la convention liant les parties ;

Que dans ses conditions, les faits qui devaient permettre à


monsieur B.A de solliciter le remboursement de son prêt ne
s’étant pas réalisés, sa créance n’est pas exigible ;

Que le délai de prescription n’a pas pu courir, de sorte que


c’est à bon droit que les premiers juges ont débouté la société
SOPHIA de ses prétentions ;

Qu’il y a lieu de confirmer le jugement querellé en toutes ses


dispositions ;

Sur les dépens


6
Considérant que la société SOPHIA succombe ;

Qu’il y a lieu de la condamner aux dépens de l’instance


distraits au profit du Cabinet d’avocats Pierre DAGBO,
Avocats aux offres de droit ;

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, contradictoirement et en dernier


ressort ;

Vu l’arrêt avant dire droit RG N° 500/2022 du 22 décembre


2022 rendu par la Cour d’appel de céans ;

Déclare la Société pour la Promotion de l’Habitat, de


l’Immobilier et de l’Aménagement dite SOPHIA mal fondée
en son appel interjeté contre le jugement RG N° 3908/2021
rendu le 17 février 2022 par le Tribunal de Commerce
d’Abidjan ;

L’en déboute ;

Confirme le jugement querellé en toutes ses dispositions ;

La condamne aux dépens de l’instance distraits au profit du


Cabinet d’avocats Pierre DAGBO, Avocats aux offres de droit ;

Ainsi fait, jugé et prononcé publiquement les jour, mois et an


que dessus.

ET ONT SIGNÉ LE PREMIER PRÉSIDENT ET LE


GREFFIER./.

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