Lecture : Candide
Support : chapitr 5 , Passage : « La moitié des passagers étaient…………..tu as bien trouvé
ton homme avec ta raison universelle » (Chapitre5 p.24, 25,26)
Questions :
1. situez le texte par rapport à ce qui précède
2. divisez le texte en deux parties suivant les lieux où se trouvent les personnages
3. Donnez à chaque partie un titre
I-Situation du passage :
Apres avoir rencontré son maître Pangloss en Hollande, Candide et le philosophe partent en
voyage en vaisseau avec leur bienfaiteur Jacques l’anabaptiste vers Lisbonne .Ils sont
En mer quand une tempête se déchaîne.
Analyse :
On peut diviser le texte en deux parties :
a) De « la moitié des passagers …..après avoir échappé à la tempête » : Tempête et naufrage
b) De « A peine ont-ils mis les pieds…..tu as bien trouvé ton homme avec ta raison
universelle » : le tremblement de terre
II- Axe de lecture :
1- Tempête et naufrage
2- -le tremblement de terre
III- Analyse des axes :
1- Tempête et naufrage
a) L’agitation
D’abord le narrateur décrit les passagers, il y en a qui sont « affaiblis », « expirants »,
tellement faibles au point d’être incapable de concevoir le danger qui les guette. D’autres, au
contraire s’agitent. Cette agitation est à son comble « personne ne s’entendait », le vaisseau
n’a plus de commandant « personne ne commandait », c’est le chaos total.
Les dégâts matériels sont graves « voiles déchirées », « mats brisés », « vaisseau entrouvert ».
Au milieu de ce tumulte surgit l’action. Elle est d’autant plus vive et plus rapide qu’elle est
exprimée par le présent de narration « le matelot frappe », « l’étend », « Jacques court »,
« l’aide », « Candide approche », « voit »..
b)Le mal et le bien
Le chaos donne naissance à l’apparition du mal symbolisé ici par le matelot. Il frappe
Jacques qui ne lui a rien fait. Ce dernier va plutôt lui sauver la vie. Ce bon geste va –il être
récompensé ? Pas du tout, le marin laisse mourir l’anabaptiste « sans daigner seulement le
regarder » .Attitude ingrate de la part du matelot .Mais l’attitude la plus scandaleuse est celle
de Pangloss, qui, non seulement empêche Candide d’aller au secours de leur bienfaiteur mais
il essaie de démontrer que ce naufrage était destiné pour faire périr Jacques.
Le narrateur dénonce ici le mal, des adjectifs appréciatifs qui révèlent sa position « le bon
Jacques », « le vertueux anabaptiste », « ce brutal de matelot », le coquin », mais le mal
existe et existera toujours, car en faisant mourir Jacques et en laissant en vie, le matelot,
personnage sans foi (il a marché sur le crucifix) ni loi alors que tous les passagers excepté lui
et nos deux héros ont péri au naufrage, Voltaire rompe avec le conte traditionnel où c’est
toujours le bon qui l’emporte sur le mauvais.
2-le tremblement de terre
Un fait divers :
La description des dégâts matériels est accentuée par :
L’énumération des éléments touchés par le séisme : la mer, les vaisseaux, les rues, les
maisons, les toits, les fondements les habitants. Rien n’a été épargné.
Le chiffre avancé pour les victimes de cette catastrophe naturelle « trente mille habitants »
Le présent employé pour actualiser les faits « la mer s’élève…et brise les vaisseaux », « des
tourbillons de flammes et de cendres couvrent les rues », « les maisons s’écroulent », « les
fondements se dispersent ».Tout l’art de l’auteur se combine pour créer un vrai fait divers
d’autant plus que l’événement est bien réel. : Le désastre de Lisbonne.
Deux réalités historiques surgissent dans ce passage :
D’abord c’est le tremblement de terre de Lisbonne en 1755et qui a provoqué la destruction
totale de la capitale du Portugal, puis c’est la marche sur le crucifix à laquelle le matelot fait
allusion .En effet, à Nagasaki, au 17ème siècle, et pour leur permettre d’emprunter le pont de
Deshima, les japonais obligeaient les marins hollandais à fouler de pieds le symbole du
christianisme. Cette marque de mépris ne sera abolie qu’en 1857.
En introduisant ces événements réels dans son conte, Voltaire rompe une fois encore avec le
traditionnel conte populaire où tous les événements sont imaginaires et met sa touche
personnelle qui place le texte dans un cadre philosophique.
IV- Synthèse :
Ce texte révèle, en plus de l’art du conteur (ton plaisant, enchaînement des événements et
successions des actions rapides), l’habilité du narrateur derrière lequel on retrouve le porte
parole de son siècle et le dénonciateur du mal .Mais, dans sa position contre le mal, Voltaire
reste réaliste envers ce fléau et ne va pas jusqu’à le bannir de la société.