Chapitre 4 : La théorie des couts de transaction
En effet l’approche de l’efficacité par la théorie de répression financière repose en partie sur
la réglementation des organisations des microfinances. Cette règlementation est à la fois un
préalable à l’accès aux capitaux des marchés et à la modélisation de l’épargne du public et
une précaution face aux pratiques usuraires possible en microfinance un des couts supportés
par un micro entrepreneur ou emprunteur. Une analyse plus élaborée et plus sure est proposée
par la théorie des couts de transaction qui, loin de s’inscrire dans la logique du dualisme
financier, oppose plutôt des modes d’organisations (le marché et la hiérarchie i.e.
l’entreprise) pour retenir celui d’économiser les couts des transactions
Lorsque les agents spécifient contractuellement la date et le lieu d’échange d’un lieu
particulier ils opèrent une « transaction », celle-ci engendre selon Williamson(1985) des couts
justifiant l’existence des entreprises au regard d’un marché qui suffirait à l’absence de tels
couts. Il est lors important de préciser la nature et l’origine de ces couts dudit transaction.
Les couts de transaction désignent le prix de la mise en œuvre d’une transaction entre
deux agents individuels ou collectifs (Chareaux ,1987) et d’une manière assez détaillée se
composent de :
Cout de collecte d’information relatif aux clients ou partenaires potentiels (y compris
le temps consacré à cette opération)
Cout de traitement de ces informations
Cout de passation et d’exécution des accords avec les emprunteurs sélectionnés
Cout de surveillance ou contrôle d’exécution de ces accords
Cout des opportunités du fait de ces accords
Les trois premières catégories des couts constituent les couts de coordination et la quatrième
le cout de motivation. La cinquième se repartie entre ces deux grandes catégories, du fait de
la rationalité limitée et de l’incomplétude des contrats, de l’asymétrie de l’information
(opportunisme précontractuel) et de l’obligation imparfaite (opportunisme post-contractuel
Milgrom et Roberts, 1997)
En substance on peut retenir qu’a une transaction sont attachés des couts de deux autres :
Des couts ex-ante : ils sont engagés pour concevoir le contrat permettant le transfert
de droits de propriétés d’un individu à l’autre. On y retrouve des couts liés à la
recherche des futures partenaires, les couts d’étude des dossiers, les couts de la
négociation (déplacement, traduction, honoraire d’expert) des contrats, des couts de la
rédaction du contrat. Il s’agit des couts primaires de transaction qui sont
essentiellement de nature juridique
Des couts ex-post : ce sont des couts d’ajustement pour corriger soit par rapport à
l’accord initial soit par rapport à un autre accord jugé meilleur ; d’où l’idée
d’incomplétude des contrats et sans doute des marchés. Ces couts apparaissent après la
signature des contrats. ils correspondent aux couts d’administration, de surveillance, et
de contrôle mise en place par les co-contractants afin de veiller au respect des clauses
contractuelles. Ils sont inhérents à la prestation des obligations et à la réalisation des
contrats
1- L’origine et les facteurs influençant les couts de transaction en MF
L’origine des couts de transaction entre deux individus apparait ainsi directement liée à des
facteurs comportementaux naturellement présents chez l’homme : la rationalité limitée et
l’opportunisme. On conçoit la théorie des couts de transaction comme un prolongement des
théories fondées sur l’asymétrie de l’information. Le lien entre ces deux types de théories se
manifeste clairement à ce niveau en ce sens que les causes de divergence d’intérêt entre deux
ou plusieurs partenaires sont expliquées par les théories d’asymétrie d’information alors que
la théorie des couts de transaction part de ces causes pour élucider les couts découlant de la
transaction liant les contractants
Les facteurs influençant les couts de transaction sont : la spécificité des actifs, l’incertitude, et
la fréquence des transactions
A) La spécificité des actifs
Un actif est considéré comme spécifique si son usage est limité, soit au regard de la fonction
qu’il remplit soit au regard des individus qui l’utilise. Un actif pouvant facilement être
redéployé sera donc d’une faible spécificité. Mais si un actif révèle une forte spécificité, son
impact sur la valeur des couts de transaction se fera sentir en termes d’accroissement de la
durée de contrat. Cet accroissement prend en compte le caractère de redéploiement limité de
l’actif. Les couts de transaction ex-post seront de ce fait plus importants. Et si l’on tient à
intégrer dans le contrat toutes les issues envisageables, on aura à faire au contrat le plus
complet possible et donc à un accroissement des couts de transaction ex-ante
En matière de crédit, la spécificité de la transaction est à relier à la qualité de la signature. En
effet, lorsqu’on à faire a un emprunteur de qualité, i.e. non suspect d’insolvabilité, le prêt ou
la créance parait peu spécifique. Il peut donc être facilement cessible ou redéployé. Par contre
une créance sur un débiteur risqué est plus difficilement négociable. Pour un préteur, la faible
--- contribue certainement à accroitre l’appréciation ex-ante du risque. Et donc faire du
microcrédit ou prêter aux agents à faible dotation capitalistique, c’est courir un risque
important (absence de garantie réel, d’information comptable fiable). Ce risque particulier fait
de l’opération microcrédit une transaction spécifique. Un débiteur récent, ne pouvant pas faire
valoir une chronique longue d’emprunt successif sans incident, apparaitra également plus
risqué. C’est à ce titre justement que les clients des institutions des microfinances sont des
exclus du secteur financier officiel. Ils n’ont jamais entretenu au paravent une quelconque
relation financière institutionnelle. Le fait qu’ils soient acceptés comme clients par les
institutions des microfinances rend spécifique la transaction qui se réalise entre ces deux
catégories d’agent. La spécificité de la transaction apparait donc directement liée au risque de
signature et représente le facteur dont l’influence est dominante sur le cout de transaction
B) L’incertitude
Elle est à l’ origine de la « rationalité limitée » et donc la notion de cout de transaction. Son
degré plus ou moins élevé influencera directement sur l’importance de ce cout. En effet, à une
incertitude croissante, seront associés les contrats plus complets et des couts plus importants.
Dans une relation de crédit la rationalité de l’agent est naturellement limitée par l’incertitude
caractérisant la valeur de la créance dès la signature du contrat de crédit. A l’inverse d’une
transaction portant sur un bien physique où ce bien est échangé contre une contrepartie
monétaire certaine et immédiate, la relation de crédit constate l’échange entre une épargne
disponible et une créance dont la valeur stochastique ex-ante. A l’échéance du contrat, la
valeur de la créance dépend directement de la solvabilité du débiteur, laquelle aura pu évoluer
depuis la signature du contrat. Par ailleurs, pendant toute la durée du contrat, la valeur
marchande de la créance évoluera avec la qualité de la signature du débiteur laquelle n’est pas
figée, mais également avec la structure des taux d’intérêt prévalant à chaque instant dans
l’économie. Pour ces raisons, le créancier pourra difficilement envisager toutes les
éventualités possibles et évaluer le prix de ces biens contingent qu’est la créance. Cette
incertitude est accentuée lorsque le débiteur n’a aucune garantie réelle à proposer au
créancier. C’est souvent le cas des micro-entrepreneurs
C) La fréquence des transactions
La fréquence de la transaction est un facteur particulièrement important lorsqu’on
examine des comportements opportunistes des individus comme pour des couts de
transaction. En effet, des transactions identiques et récurrentes permettent naturellement
de conclure des contrats standard et robuste qui limitent le poids des couts de transaction
En matière de crédit, les transactions sont très fréquentes et cette récurrence des
opérations est liée à la fois au besoin des emprunteurs lesquels dépendent des besoins
générés par l’exploitation (pour les firmes) et de la volonté des épargnants de valoriser au
mieux leur patrimoine. De ce fait, la nécessité de transférer l’épargne est une constante
justifiant la fréquence très élevé des transactions en matière de crédit. Cette fréquence est
beaucoup plus élevée encore lorsqu’il s’agit de financer les activités des micros
entreprises : la technique adoptée est celle de financement à très court terme visant à
couvrir les besoins d’exploitation. Ce besoin étant permanent, la fréquence des
transactions financières ne peut être que très élevée et donc de ce point de vue les couts
de transaction faibles.
2- Les possibilités organisationnelles d’économiser sur les CT et la sélection des
emprunteurs
Williamson (1985) propose deux principes alternatifs d’organisation : la hiérarchie
(l’entreprise) ou le marché. Ceux-ci exercent une certaine influence sur les deux principales
causes des couts de transaction à savoir la rationalité limitée et l’opportunisme
comportemental
A) La hiérarchie ou l’entreprise
Elle assigne aux individus les responsabilités précises relatives à l’incitation et à la
vérification des contributions individuelles au processus global pour limiter leur
comportement naturellement opportuniste. L’intermédiation financière peut être assimilée à
une relation hiérarchique ou des emprunteurs comparés à des « agents » sont inciter à adopter
des comportements non opportunistes envers les intermédiaires financiers et ou les préteurs,
issu des organisations de la microfinance. Très souvent on se réfère à la taille de la firme pour
apprécier la force hiérarchique. Cette taille peut être considérée comme optimale lorsque les
couts d’organisation d’une transaction supplémentaire dans la firme sont égaux à ce qui
résulterait de l’usage du marché ou du fait qu’il serait pris en charge par une autre firme
(EVERAERE ,1993)
On considère généralement que le degré d’internalisation des activités ou d’intégration
verticale est d’autant plus élevé que la spécificité des actifs est plus forte.
Lorsque les actifs sont spécifique(le cas ici des micro-crédits), les couts de transactions sont
élevés et le marché n’est pas le mécanisme adéquat pour organiser les échanges entre préteur
et emprunteur. Grace à la fidélisation de la relation entre ces deux types
d’agent( segmentation du marché en relation bilatérale),la hiérarchie parvient à internaliser le
mieux possible les conséquences de l’asymétrie d’information( rendant ainsi les actifs moins
spécifiques) et minimiser par conséquent les couts de transaction
L’intégration peut-être envisager par diverses formules notamment l’absorption de certaines
institutions des microfinances par les institutions de finance classique les plus dynamiques, la
fusion de deux ou plusieurs institutions des microfinances etc. l’objectif est de permettre au
terme de ce processus aux intermédiaires financiers d’atteindre la taille optimale et donc
d’être plus efficace
B) Le marché
Contrairement à l’entreprise caractérisée par une coordination passant par des relations
d’ordre et de hiérarchie, le marché se caractérise Par une coordination fondée sur l’échange et
le contrat.
L’intermédiaire et le marché financier sont à considérer comme un nœud de coordination des
activités financières. Considérant que dans une relation de crédit le facteur dominant est la
spécificité des actifs ou la qualité de la signature. Une créance sur un débiteur risqué
constitue, comme mentionné ci-dessus, un actif spécifique est difficilement transférable, on en
déduit que les couts de transaction associés à ce type de créance sont minimisés par
l’internalisation de la relation de crédit au sein d’un intermédiaire financier. Le marché
financier n’accordera du crédit qu’aux entreprises de bonnes signatures où pouvant faire
valoir une crédibilité certaine quant à leur solvabilité. Les entreprises commencent donc par
s’endetter auprès des intermédiaires financiers jusqu'à ce qu’elles acquièrent une réputation
leur permettant ensuite de se financer directement sur les marchés.
Par ailleurs, nous référant a la démarcation entre les intermédiaires financiers eux même de
leur côté, nous nous rendons aussi compte que les jeunes et micro entreprises ne sont
généralement pas éligible au crédit bancaire. C’est une fois de plus le degré de spécificité
d’actif qui différencie les banques et les institutions des microfinances. En effet, ces dernières
interviennent auprès des clients beaucoup plus risqués et réalisent des économies des couts de
transaction grâce à l’internalisation de la relation des crédits couplée à la personnalisation
(proximité préteur, emprunteur) très poussée de cette relation.
Dans la pratique, le problème qui se pose est celui de la mesure exacte de tous les éléments
des couts de transaction. Très souvent dans la littérature on se borne à affirmer que le recourt
à la finance de proximité permet de réduire les couts de transaction en faisant notamment
allusion à la procédure d’octroi de crédit simplifié et à la proximité préteur-emprunteur
3- L’ébauche d’une mesure concrète des couts de transaction
A) Identification des composantes du cout total
L’identification des composantes du cout total(CT) du crédit pour un micro-entrepreneur peut
permettre d’en donner une mesure beaucoup plus concrète. Ce cout total est constitué des
couts strictement financiers (frais d’introduction des dossiers de crédit et charge financière) et
les 4 types des couts de transaction
Nature de Couts financiers Couts de transaction
l’opération
Phase 1 Informations Frais de déplacement
Temps nécessaire
Phase 2 Introduction du Frais d’introduction *Frais de
dossier déplacement
*Temps nécessaire
*Frais de
*documentation
Frais de courtoisie
Phase 3 Obtention du crédit Intérêt *frais de
et déboursement déplacement
*temps nécessaire
*Frais de courtoisie
Certains éléments des CT peu mentionnés dans la littérature nécessitent un éclairage avant
d’examiner la manière ou le cout total est déterminé.
Les frais de déplacement sont à déterminer en fonction de la distance et des moyens de
transport utilisé concrètement par le micro-entrepreneur pour se rendre au bureau de
crédit
Le temps nécessaire représente le cout d’opportunité. En effet, le micro-entrepreneur
est placé devant l’alternative entre consacrer de temps à production des biens et
services ou en consacrer a recherche de crédit. Le temps passé à effectuer les
démarches relatives à la signature d’un contrat de crédit représente un cout
d’opportunité, i.e. une perte de revenu du a la non production pendant ladite période.
Les frais de documentation par contre englobent l’ensemble des dépenses supportées
par le micro-entrepreneur pour se procurer les documents administratifs indispensable
au dossier relatif à la demande de crédit
Les frais de courtoisie sont constitués de divers cadeaux que le micro-entrepreneur
offre à l’agent de crédit.
Ces 4 groupes de frais constituent la partie des CT ex-ante généralement supportés par les
emprunteurs et non pris en compte par les organisations des institutions des microfinances
et dont non comptabilisés par elles. Ils devraient être ajoutés au cout total tel que
déterminé de manière classique par ces organisations
B) Mesure des couts de transaction
Le cout total de crédit pour un micro-entrepreneur peut être formalisé comme suit :
CT= CF+Ct
CT= [(Mp.i) +FF] + [FD+Ft+T+FC] avec CF= [(Mp.i) +FF et Ct= [FD+FF+T+FC
Ou CF est = cout financier, Ct = cout de transaction, i = intérêt, Mp= montant prêté, FF= frais
financier pour introduction de demande, FD= frais de documentation, T = temps exprimé en
équivalence monétaire, FT= frais de transport, FC= frais de courtoisie
Ces composantes transposées sur l’organisation des microfinances elles même conduisent à
une perception plus classique des couts de transaction permettant d’en regrouper les
composantes en trois grandes rubriques :
Charge d’exploitation(CE) + provisions pour impayés(PI) + dotations aux amortissements=
couts de transaction (Ct)
Les charges d’exploitation sont essentiellement constituées par les salaires et d’autres frais
relatifs au traitement administratif des dossiers.
Les provisions pour impayés de crédit (ou de détournement) représente les risque
(l’équivalence des frais variables).
Les dotations aux amortissements sont des charges au fonctionnement (frais fixe)
Par ailleurs les charges financiers (CF) représentent les rémunérations versées à la clientèle
sur les dépôts de l’épargne (déterminés par le taux créditeur) puis les intérêts sur crédits
obtenus, on en déduit des lors que :
CT= CE+PI+DA+CF. Normalement ce cout total supporté par une institution ou organisation
de microfinance lorsqu’elle prête des fonds à ces clients est répercuté sur ces derniers.
Mais le cout total supporté par les emprunteurs ou micro-entrepreneur peut être
supérieur à celui-ci car il devrait intégrés les différents couts ex-ante (cout de
coordination) mentionnés ci-dessus bien que non facturé par les préteurs. Le choix
d’une organisation des microfinances devrait donc dans la logique de l’efficacité
productive se baser sur tous ces éléments. Pour réduire au maximum les couts ex-ante,
la technique de proximité est généralement utilisé par les préteurs ainsi le poids de
facteur tels que le temps, et les frais de transport est réellement insignifiant par rapport
aux autres composantes
Certaines organisations des microfinances n’accèdent cependant ni au lien de crédit bancaire
et autre ni à l’épargne de leur client ou membre. C’est le cas essentiellement des ONG
dans la plupart des pays en développement ou leur statut s’avère incompatible avec de
telles activités. Pour ces organisations, le cout total du crédit est très proche du cout
des transactions. L’efficacité de leur intermédiation se mesure principalement par leur
capacité à fournir le crédit au moindre cout(les transactions) possible et partant à
dégager le SPREAD indispensable à l’atteinte de l’équilibre financier et dont leur
viabilité financière.
4- Les couts de transaction, l’efficacité productive et la viabilité institutionnelle
A) L’amélioration de mesure de l’efficacité productive
Pour justifier leur rôle de mécanisme de financement efficace en faveur de la microentreprise,
les institutions des microfinances doivent occasionner un cout total inférieur à celui
qu’implique le recourt au préteur individuel. Si nous nous referons aux formules présentées
ci-dessus il n’existe que deux axes des interventions possibles : les couts financiers et les
couts de transaction. Or il est plus concevable qu’un système financier puisse être plus
économe qu’un préteur individuel en matière de cout de transaction généré. Il faut donc
proposer les couts financiers suffisamment inferieur a ceux des préteurs individuels afin de
compenser le surcout qui est engendrer en cout de transaction. Ainsi l’efficacité productive
des institutions des microfinances i.e. la probabilité de leur service financier à la
microentreprise si et seulement si cette inégalité est vérifiée : CTimf inferieur CTpi
La comparaison avec les institutions de finance classique n’a qu’une importance pratique que
très limitée en ce sens qu’en règle générale les institutions des finances classiques ne
financent pas la microentreprise. Mais au plan théorique, on peut bien imaginer que les couts
de transaction doit supporter en traiter avec une IMF doivent être inferieur a ceux qui
supporterait s’il avait l’opportunité de traiter avec une finance classique. Si non l’institution
de la microfinance perdrait toute sa raison d’être (Constituer pour mieux répondre aux besoins
de laisser pour comptes par les institutions de finance classique). Ainsi, l’existence des
institutions des microfinances se justifie par le fait qu’elles fournissent un crédit au moindre
cout dans un contexte ou le crédit bancaire traditionnel est impossible à cause notamment du
cout que cela implique. Il est à remarquer que l’accent n’est pas mis ici sur la nécessité
d’imposer aux institutions des microfinances un éventuel taux d’usure pour les exciter à plus
d’efficacité voir à la compétitivité. La théorie des couts de transaction suggère plutôt
l’adoption pour les institutions des microfinances d’un mode d’organisation leur permettant
d’économiser sur ces couts. Compte tenu de la forte spécificité des actifs en microfinance,
certain mode d’organisation tel que l’internalisation des activités ou l’intégration verticale
peuvent contribuer à réduire les couts de transaction et donc à accroitre l’efficacité productive
des organisations des microfinances.
Concrètement, on peut envisager de recourir aux fusions de certaines organisations des
microfinances en vue de réduire leur cout. Il peut aussi s’agir de l’absorption des
organisations de la microfinance par les banques classiques ou même des fusions entre ces
deux types d’organisations. Dans ce dernier cas, les organisations de microfinance concernées
doivent faire preuve de professionnalisme pour que les banques impliquées s’attendent, a
l’issue de la fusion ou de l’absorption a une maitrise des couts de transaction et surtout à une
nette amélioration de leur rendement en incluant les opérations de microcrédit dans leurs
portefeuille.
En regroupant les ressources complètes (les institutions des microfinances accédant par la
voie de fusion ou d’absorption a plus de fonds prêtable), il est possible de générer un effet de
(2+2=5) ou encore de synergie. Les économies de gamme résulte de possibilités de produire
plusieurs biens et service à moindre cout dans une même organisation plutôt que de recourir à
plusieurs organisations en même temps et aux besoins de courir le risque de se surendetté. Les
couts de transaction seront nettement plus faibles de même que les couts financiers supportés
par les emprunteurs. Dans ces conditions la fonction de cout total sera comme suit :
CT (Q1, 0) + CT (0, Q2) supérieur a CT (Q1, Q2)
L’efficacité productive envisagée sur cette optique est plus importante, pour les emprunteurs
comme pour les préteurs. Alors que les premiers accèdent à financement adéquat et à cout
réduit, la maitrise de la concurrence peut s’avérer bénéfique pour le second. En effet la rude
concurrence que se livrent les prestataires des microcrédits dans certains contexte ou l’identité
des emprunteurs n’est pas certaines est susceptible de réduire leur marge nette et d’accroitre le
risque d’anti sélection tout en favorisant des comportements opportunistes souvent
dommageable a la viabilité des organisations prêteuses. Grace aux économies de gamme
réalisées, les organisations des microfinances impliquées peuvent tendre si elles ne sont pas
encore parvenues vers leur équilibre financier. Le cas échéant elles le consolideront. Cet
équilibre préalable et incontournable à la viabilité des institutions issues des fusions et
absorption doit être atteint dans un délai raisonnable. Tout en restant prudent, il faut essayer
de bâtir quelques hypothèses permettent de définir les produits financiers(PF) les charges
financières(CF), le charges d’exploitation (CE), la provision pour impayés(PI) et les dotations
aux amortissements(DA). Pour que l’équilibre soit atteint il faut que PF-[CF+CE+PI+DA] est
supérieur ou égale à 0. Sans équilibre financier atteint dans un délai raisonnable aucune
institution ne peut survivre, cet équilibre est à concevoir dans la perspective d’une absence de
subvention. Les données des problèmes peuvent se résumer dans l’équation bancaire. Celle-ci
permet de déterminer les variables sur lesquelles on peut agir. On peut retenir entre autre :
Réaliser un volume d’activité suffisant en régime de croisière pour couvrir les charges
qui suppose une organisation efficace pour parvenir à octroyer des crédits pour un
montant moyen significatif