INTRODUCTION
Avec l'évolution des sociétés au monde, il y a eu institutionnalisation de l'appareil judiciaire
dans les Etats modernes ; à travers cette évolution du droit en général et de la procédure
pénale en particulier, et surtout dans le souci profond du législateur de faire assurer une
défense commune à la communauté toute entière contre les transgresseurs de la norme et en
suite de mettre à l'écart l'idée de la vengeance privée longtemps animée dans l'esprit des
sociétés primitives ; le législateur dans sa mission préconise le maintien et l'établissement de
l'ordre social en punissant toute faute commise sur l'étendue de son territoire dont il a la
direction et le contrôle.
La mission redoutable de poursuivre et de punir se trouve assortie du pouvoir adéquat tandis
que les garanties protègent les justiciables contre les excès que pourraient commettre les
magistrats imbus de leur ministère et nantis des pouvoirs exorbitants. Ce qui explique la
mission de l'Etat qui est d'accomplir avec plus d'efficacité cette tâche de rechercher, d'instruire
et de punir les coupables.
Pour un équilibre dans l'établissement des règles de droit, tout comme « le soleil brille sur les
hommes méchants comme sur les bons », la constitution de notre pays ainsi que la déclaration
universelle des droits de l'homme et du citoyen dans leurs dispositions ont essayé dans une
égalité entre les hommes, d'établir des règles visant à protéger les droits du coupable aussi bien
que de l'innocent. Ce qui nous permet en réalité dans le cadre de ce séminaire
professionnalisant de dire qu'au moment où un citoyen commet une infraction, ce présumé
auteur de l'infraction bénéficie d'une série des principes fondamentaux du droit pénal et de la
procédure pénale.1
Il convient de signaler que les droits qui nous intéressent dans la présente étude sont plus
particulièrement ceux appelés « droits individuels » qui, du reste, peuvent se résumer à la
liberté d'expression, liberté d'opinion, droit à la défense, droit d'être jugé dans un délai
raisonnable par une juridiction impartiale, le droit à la présomption d'innocence, etc. Le
principe universellement reconnu, à savoir la présomption d'innocence signifie qu'une
personne accusée est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement
établie par un jugement définitif prononcé par un juge légalement compétent établi par la loi.2
Dans le cadre de ce travail, notre préoccupation sera d'illustrer comment ce principe de la
présomption d'innocence doit être au bénéfice d'une personne présumée coupable dès
1
A Rubens, Droit judiciaire congolais T3 instruction criminelle en procédure pénale, ferd larcier SA Bruxelles, 1965,P.31
2
Déclaration universelle des droits de l'homme, un idéal pour tous les peuples, 1963.p7
1
l'instruction préparatoire, et comment ce dernier constitue une obligation pour les organes de
justice en République Démocratique du Congo. en d'autres termes, dès la phase
préjuridictionnelle jusqu'à la phase juridictionnelle et à chaque phase ce droit reconnu à la
personne présumée innocente doit être respecté par le juge pour une bonne administration de
la justice. Alors qu'en faisant l'analyse, nous observons que c'est grâce à ce principe lui reconnu
qu'il jouit d'une garantie dans toute la procédure de ses droits d'apporter la contre preuve, de
bénéficier du doute, de se défendre librement et publiquement. En plus, le débat doit revêtir
un caractère contradictoire dans la procédure pénale congolaise et cette défense doit être faite
par le prévenu lui-même ou par son conseil.3
En tout état de cause, trois questions méritent d'être posées à titre de problématique dans le
cadre de ce travail, suivant son objet d'étude :
1. Quelles sont la portée et la signification du principe de la présomption d'innocence ?
2. Quels sont les recours que peut exercer un prévenu lorsque l'un de ses droits se trouve être
violé par l'appareil judiciaire ?
3. Quels sont les griefs causés au principe de la présomption d'innocence en droit congolais et
quelles en sont les perspectives d'avenir ?
De ce point de vue, hormis l'introduction et la conclusion, le présent séminaire est reparti en
deux chapitres, Le premier est consacré au cadre juridique de la présomption d'innocence et le
second examine la question des enjeux de la présomption d'innocence dans la pratique
judiciaire.
Chapitre 1: Cadre juridique de la présomption d'innocence
D'entrée de jeu, il sied de souligner que, le principe de la présomption d'innocence résulte de
l'article 11, §1 de la déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 19940, qui
dispose que toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce
que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties
nécessaires à sa défense lui auront été assurées. Ce principe est repris dans les mêmes par
l'article 17, al.9 de la constitution du 18 février 2006. En droit congolais, la présomption
d'innocence a donc acquis valeur constitutionnelle.4
Section 1: fondements juridiques
3
AlBANZ KABAYA , cours de méthode de recherche scientifique G1, Droit, CUEG, Goma, 2001
4
JM Tasoki, procédure pénale congolaise, l'harmattan, paris 2016. p.50
2
La présomption d'innocence fonde et tient la procédure pénale, autant qu'elle la justifie. Elle
est considérée comme un principe cardinal dans un État de droit, autour duquel tout gravite
puisque les autres principes directeurs qui gouvernent la procédure pénale sont la conséquence
du principe de la présomption d'innocence.5
Bien plus qu'un principe général de droit, la présomption d'innocence constitue une sorte de
directive adressée aux autorités chargées d'appliquer la loi. Il leur est interdit non seulement de
condamner sans preuve de culpabilité, mais aussi de partir d'une certaine idée préconçue que
la personne mise en cause a commis l'acte incriminé. Ainsi par exemple la présomption
d'innocence se trouve méconnue si , sans établissement légal préalable de la culpabilité d'un
prévenu, et notamment sans que ce dernier ait eu l'occasion d'exercer les droits de la défense,
une décision judiciaire le concernant , reflète le sentiment qu'il est coupable. 6
§1 Analyses des textes légaux et exigences de la présomption d'innocence
En Droit pénal procédural , conformément aux textes légaux et réglementaires , la présomption
d'innocence Exige des représentants de l'Etat de ne jamais déclarer une personne coupable
d'une infraction avant que la culpabilité de cette dernière n'ait été établie par un tribunal
compétent. De même, les autorités judiciaires doivent se garder de ne rien dire en public qui
puisse donner à penser qu'une personne est coupable. C'est dans le même ordre d'idée que
l'article 9, al.6 du code de procédure pénale congolaise dispose que le paiement d'une amende
transactionnelle n'implique pas reconnaissance de culpabilité. Cela implique que le parquet ne
peut en aucun cas laisser supposer que le bénéficiaire du classement pour amende
transactionnelle est coupable. De ce point de vue, il est Donc important, après avoir libéré un
inculpé ou un prévenu longtemps détenu et qui a subi un préjudice grave, de lui allouer une
somme d'argent au titre des et intérêts.7
§2 Références aux engagements internationaux de la RDC (traités, conventions) relatifs aux
droits de l’Homme.
5
Jean PRADEL, les personnes suspectes ou poursuivies après la loi du 15 juin 2000. Évolution ou révolution ? Recueil Dalloz
n°13,2001, cher,p.1039, Christine LAZERGES, "la présomption d'innocence en Europe" Archives de politique criminelle, n°26,
2004-1,p131.
6
Cour Eur. D. H, arrêt MINELI c/suisse mars 1983, Christine LAZERGES, "Le projet de la loi renforçant la
protection de la présomption d'innocence et les droits de victimes" Revue de science criminelle, 1999,
chronique,p.166., Bernard BOULOC, " Procédure pénale,: la loi n°2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la
protection de la présomption .d'innocence et les droits des victimes" revue de science criminelle,n°1,
2001,:chr, pp.193-198; MASSIAS Florence " jurisprudence 2001 relative à la présomption d'innocence"
revue de science criminelle, n°2, 2002 , chr,p.408.
7
Kin, R.C.A,6860, 26 Juin 1974 , AMISI LINDOMBE c/République du Zaïre.
3
Le droit à la liberté individuelle, c’est-à-dire le droit pour tout homme de n’être ni arrêté, ni
détenu en dehors des cas limitativement prévus par la loi, nous apparaît aujourd’hui comme un
droit de l’homme si naturel et si fondamental que nous avons tendance à le considérer comme
un droit permanent et indestructible. La liberté individuelle est donc une des formes de la
liberté qui consiste précisément à aller et venir où l’on veut et quand on veut. Le besoin de
cette liberté est un des besoins communs aux hommes de toutes conditions, de tous les milieux
et de toutes les époques. Elle est, en effet, indispensable au bonheur de l’homme, son cœur en
est assoiffé, l’en priver est assurément la peine la plus dure qu’on puisse lui faire endurer.
Depuis la déclaration universelle des droits de l’homme, la plupart des constitutions proclament
que la liberté de l’individu est un droit intangible, « naturel » et imprescriptible ; que, par
conséquent, on ne peut être accusé, arrêté et détenu que dans les cas déterminés par la loi et
selon les formes qu’elle a prescrites ; que nul ne peut être arbitrairement détenu et que tout
individu est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable par un jugement rendu
conformément à la loi. La protection de la liberté individuelle dans le procès pénal est donc
fondée sur le principe de la présomption d’innocence, dont la portée n’a pas souvent été bien
prévue par bon nombre de législateurs. 8 En effet, la présomption d’innocence est affirmée
aujourd’hui dans l’ensemble des droits nationaux et dans l’ensemble des conventions
internationales. Néanmoins, sur le plan des textes, il ne faudrait pas donner à cette affirmation
plus de portée qu’elle n’en a, et force est de constater qu’aucun texte récent n’est venu donner
une place explicite à ce principe en dehors de sa mention dans la déclaration française des
droits de l’homme et du citoyen de 1789, dont on se plaît à souligner qu’elle a inspiré le
législateur congolais parce que votée dans la Constitution actuelle 9. Il est de coutume, de
coutume erronée, de dire que la déclaration de 1789 comporte cette phrase : « Tout homme
est présumé innocent tant qu’il n’a pas été déclaré coupable. » Cela n’est pas rigoureusement
exact. L’article 9 de la déclaration dit ceci: « Tout homme étant présumé innocent [...]. » C’est
le rappel de quelque chose qui paraissait aller de soi et qui n’avait besoin aucunement d’être
proclamé. « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il
est indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa
personne doit être sévèrement réprimée par la loi. » Ainsi, en 1789, l’accent est moins mis sur
le principe de la présomption d’innocence que sur sa conséquence, laquelle, dans ce contexte
historique, paraît la plus importante même à ce point : la nécessité de ne pas limiter la liberté
individuelle de celui qui fait l’objet d’un procès ; la nécessité de faire que celui qui est accusé
continue de bénéficier de toutes les prérogatives d’un citoyen qui ne serait pas accusé, de telle
sorte que, si l’on veut s’assurer de sa personne, les moyens par lesquels on s’en assure ne
8
Luzolo Bambi Lessa EJ. Cours de procédure pénale , G2 unikin, 2006-2007, p.78.
9
Lire avec intérêt, INNOCENCE, Travaux de l’institut de criminologie de Paris, Neret, 1977.
4
devraient pas dépasser ce qui se rapporte à l’objet poursuivi comme l’empêcher de fuir,
l’empêcher de perturber l’instruction ouverte à son sujet.10
Section 2: L'application de la présomption d'innocence par les organes de la loi et ses
implications en Droit congolais
En procédure pénale , la présomption d'innocence rejaillit sur la question de la preuve. Elle
suggère en effet que le ministère public a l'obligation d'apporter la preuve des faits allégués, en
privilégiant la recherche des preuves objectives qui sont établies sur la base de faits matériels
extérieurs à la personne accusée. La charge de la preuve incombe en effet à l'accusation -actori
incumbit probatio-,11 il n' appartient pas au prévenu de démontrer son innocence. Le
renversement de la charge de la preuve est proscrit, de telle sorte qu'en cas de doute, celui-ci
doit profiter à l'accusé. -in dubio pro reo-. 12 De même, la présomption d'innocence impose la
loyauté dans la recherche de la preuve. La vérité, dit-on, est une belle chose qui ne peut pas
être saisie par des mains sales. Il en découle que ni torture ni contrainte, pression ou menace
ne peut servir de moyen d'obtention d'une preuve judiciaire. La présomption d'innocence
rejaillit encore sur la question de la détention avant jugement, dont le caractère exceptionnel
est posé par l'article 28 du code de procédure pénale. Celui-ci dispose en effet que la détention
préventive est une mesure exceptionnelle.13
§1. Les implications de la présomption d'innocence et l' Étude des décisions judiciaires
illustrant la présomption d'innocence dans les affaires criminelles.
C' est par la place et le rôle que la procédure d ’un pays accorde aux droits de l’accusé, qu'on
peut le mieux se rendre compte de la conception que ce pays se fait du droit, et du respect qu’il
a pour l’idée de justice: Dis-moi comment tu juges, je te dirai qui tu es. Deux conceptions
totalem ent différentes s’opposent en effet, si l’on veut ramener à l’essentiel les différentes
procé- dures des pays civilisés.
A ) La première est celle que nous livre une haute tradition d ’humanisme, de droit considéré,
en tant qu’idéal de justice, dans son rôle protecteur des citoyens et sous sa forme libérale.
Nous la trouvons inscrite en lettres indélébiles dans les formes célèbres, frappées en médailles,
10
G. KlEIMAN, "Les présomptions de fait de culpabilité et de la présomption d'innocence", in Innocence, Travaux de l'Institut de
Criminologie de Paris, Neret, 1977, p. 16.
11
Denis ALLAND et Stéphane RIALS(dit), Dictionnaire de la culture Juridique, paris, PUF, 2003,p.1199.
12
C.S.J, R.P.A. 26, app, matière répressive, le ministère public c/Boji Ntole et csrts, Arrêt, 04 mai 1974, Bulletin des arrêts de la
cour suprême de justice (1974), kin, 1975, p.74, C.S.j, R.P.A, 30, App, matière répressive, le ministère public c/Yoka Mampunga,
Arrêt, 10 août 1974, Bulletin des arrêts de la cour suprême de justice (1974), kin, 1975.p222.
13
Art28 du code de procédure pénale congolaise.
5
de tant de constitutions, depuis la Déclaration Française des Droits de l’Homme et du Citoyen,
du 26 août 1789, elle-même inspirée des Déclarations des D roits des E tats de l’Amérique du
Nord: 1 “N ul homme nu peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la
loi et selon les formes qu’elle prescrit (art. 7) . . . T out homme étant présumé innocent jusqu’à
ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne
serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la loi
(art. 9 )” . Le principe d ’une juste défense de l’accusé est naturellement impliqué dans ces
maximes. A près la terrible crise du droit et de la justice qui est résultée, dans le monde, des
dictatures totalitaires où toute idée supérieure de droit même et de justice au sens grécorom
ano-chrétien de notre civilisation a failli périr, le besoin s’est fait sentir, plus impiérieux que
jamais, d ’affirmer, d ’assurer à nouveau avec éclat ces principes qui sont les nôtres, dans les
pays mêmes qui ont fait la tragique expérience de ce qu’il coûte de les violer, et qui ont eu en
définitive la chance de les sauver et de ne pas périr avec eux. 14
Ceci dit, il sied de souligner que, pour son efficacité, le principe de la présomption d'innocence
en Droit congolais, regorge en son sein plusieurs principes d'un procès pénal. Il y a notamment,
le droit à un procès équitable. Le procès équitable qui est un principe général de droit selon
lequel toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement. 15 Ce principe a
donné naissance à ce que le juge moderne appelle " l'égalité des armes", expression imaginée
en vue d'exprimer à la fois l"exigence d'équité, d'indépendance, et d'impartialité, mais aussi
comme une composante autonome du procès équitable.16
En procédure pénale, "l'égalité des armes " est un droit naturel et immuable reconnu à la partie
défenderesse17. Elle implique que ,"(....) toute partie à une action civile et a fortiori à une action
pénale, doit avoir une possibilité raisonnable d'exposer sa cause au tribunal dans les conditions
qui ne la désavantagent pas d'une manière appréciable par rapport à la partie adverse" 18. Les
avantages auquel peut s'exposer une personne accusée dans un procès pénal, résulterait de la
décision du parquet de ne pas lui communiquer les pièces du dossier répressif sur lesquels il
fonde ses différentes accusations. De ce point de vue, le comportement du parquet
14
Ces “Déclarations des Droits”, si caractéristiques de l’avènement des principes de l’Etat démocratique et libéral à la fin du
XVIIIe siècle, reconnaissent généralement que “les hommes naissent également libres et indépendants”, qu’ils ont certains
“droits naturels et inaliénables, parmi lesquels celui de jouir de la liberté et de vie et celui de les défendre”, et elles, précisent
que nul ne peut être arrêté, emprisonné ou privé de sa vie, de sa liberté ou de ses bieps, sinon "par le jugement de ses pairs ou
en vertu des lois du pays, selon une procédure conforme au droit.
15
Art.10, Déclaration universelle des droits de l'homme, 10 décembre 1948, art 14§1, pacte international relatif aux droits civils
et politiques, art 6, §1, convention européenne des droits de l'homme, Serge GUINCHARD et Thierry DEBARD (dir), p.668
16
Jean-Pierre DINTILHAC, " L'égalité des armes dans les enceintes judiciaires " cour de cassation, Rapport, 2003-H, Étude et
documents, documentation française, 2003, p.130.
17
OPPETIT Bruno, philosophie du droit, paris, 1er Ed, Dalloz, 1999, p.117,n°102.
18
Cour Eur. D.H., Affaires SZWABWICZ c/Suède, 30 juin 1958.
6
empêcherait donc la personne accusée de s'informer de charge qui pèsent sur sa personne et
de discuter tous les arguments de fait et de droit avancés par le ministère public. 19
§2. Analyse des défis rencontrés par les juges au regard du respect du principe de la
présomption d'innocence dans le système judiciaire congolais
Comme nous l'avons défini précédemment, la présomption d'innocence est un principe selon
lequel en matière pénale, toute personne poursuivie est considérée comme innocente des faits
qui lui sont reprochés tant qu'elle n'a pas été déclarée coupable par une juridiction
compétente.
La présomption d'innocence constitue donc une liberté, une garantie inhérente aux droits de
l'homme, qui protège son intégrité physique ou morale. Au regard de ce principe, sur le plan
pratique, les animateurs des organes judiciaires sont souvent confrontés à des défis par rapport
au respect dudit principe , ces défis, dit-on, peuvent être analysés sous plusieurs angles, au
regard du droit posé. L'on peut aborder notamment, les aspects suivants; sous l'angle Juridique,
du point de vue des pressions sociales et médiatiques, cas de corruption et manque
d'indépendance judiciaire et les conditions de détention.20
Chapitre 2: Les enjeux de la présomption d'innocence dans la pratique judiciaire en RDC
Sur ce chapitre, il sied de souligner d'emblée que, nous sommes d'avis avec le professeur J M
Tasoki lorsqu'il écrit que " L'enjeu majeur du droit pénal ne réside pas dans l'infraction, encore
moins dans la condamnation pénale. L'enjeu réside précisément dans le procès, parce que le
procès permet la découverte et la manifestation de la vérité sur l'enchaînement dramatique qui
a conduit à l'infraction ; l'enjeu du droit pénal réside dans cette ultime occasion accordée au
protagoniste du droit pénal de s'exprimer, surtout lorsque l'auteur des faits parle. Car, en effet,
juger c'est d'abord écouter et non appliquer un tarif ; juger c'est aussi comprendre sans
excuser ; c'est sanctionner sans blâmer ; c'est enfin libérer sans pardonner, ainsi pense Tierry
RENOUX dans la justice dans la constitution, in Cahier du Conseil Constitutionnel, n°14, 2003,
p100. C'est pourquoi, la procès pénal s'affadit et s'enlaidit lorsqu'il poursuit son cours sans la
présence de la personne mise en cause ; parce qu'il vient s'intercaler entre l'infraction et la
sanction pénale, de telle sorte qu'il contraint le juge, pendant ce temps, à considérer que toute
personne mise en cause est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité soit légalement
19
NICOPOULOS P., " La procédure devant les juridictions répressives et le principe du contradictoire" Revue de science
criminelle, 1989, pp.1 et s.
20
A Rubens, [Link], p.54
7
établie par un jugement définitif rendu sur le fond et coulé en force de chose jugée. 21 Ainsi dit,
dans le cadre de notre séminaire, sur ce chapitre nous allons aborder deux sections, la première
portant sur la présomption d'innocence face aux Pressions médiatiques et opinion publique, et
la seconde qui cadre avec Les conséquences de la violation de la présomption d'innocence.
Section 1: La présomption d'innocence face aux Pressions médiatiques et opinions publiques
"Il n'est pas possible de réduire l'activité tumultueuse des humains à un ordre géométrique
exempt d'irrégularité et de confusion. De même que les lois simples et constantes de la nature
ne peuvent éviter les perturbations qui surviennent dans le cours des planètes, les lois
humaines sont incapables d'empêcher le trouble et le désordre résultant des forces d'attraction
innombrables et opposées du plaisir et de la douleur. C'est pourtant la chimère que
poursuivent les hommes aux facultés limitées quand ils ont en main le pouvoir. Lorsqu'on
défend une foule d'actes indifférents, on ne prévient pas des délits qui ne sauraient en résulter,
mais on en crée de nouveaux en déplaçant arbitrairement, entre le vice et la vertu, des limites
que l'on proclame cependant éternelles et immuables. (...) Si l'on veut prévenir les délits, il faut
faire en sorte que les lois soient claires et simples, et que tous les membres de la nation
unissent leurs forces pour les défendre, sans qu'aucun ne puisse travailler à les détruire." 22 Ainsi
dit, la présente section a deux paragraphes portant successivement sur l'Impact des médias sur
la perception de la présomption d'innocence et l' Influence de l'opinion publique sur les
décisions judiciaires et comment cela peut affecter l'équité des procès.
§ 1: l'Impact des médias sur la perception de la présomption d'innocence
Il importe de signaler que la constitution de la République Démocratique du Congo du 18
février 2006 telle que révisée et complétée à ce jour à son article 24 al.1 dispose que « toute
personne a droit à l'information » ainsi le même article à son dernier alinéa parle « des médias
audiovisuels et écrits d'Etat sont des services publics dont l'accès est garanti de manière
équitable à tous les courants politiques et sociaux. Le statut des médias d'Etat est établi par la
loi qui garantit l'objectivité, l'impartialité et le pluralisme d'opinion dans le traitement et la
diffusion de l'information ». Cette disposition expose la philosophie de l’Etat congolais en
matière d’exercice des fonctions des journalistes dans un environnement public. Le journaliste
a comme métier d'informer le public, c'est - à - dire il doit descendre sur terrain pour collecter
des informations. Ce qui constitue sa première mission professionnelle. Cela peut se faire
21
. ; voir TASOKI MANZELE J-M., Op. cit, p42.
22
[Cesare Beccaria, Des délits et des peines, Librairie Droz, Genève, 1965, § XLI. Moyens de prévenir les délits; Flammarion,
Paris, 1991, p. 169].
8
personnellement ou par le canal des correspondants 23. Comme le dit FRANCIS BALLE [2]« le
média est comme une institution sociale (moyen de communication de masse) qui répond aux
besoins précis » c'est - à - dire dans chaque territoire du monde, il y a des journalistes (médias)
qui font leurs missions de chercher (collecter) les informations pour permettre à l'opinion
publique de savoir ce qui se passe dans tel ou tel lieu sur le plan politique, scientifique,
24
culturelle, promotionnelle et même humouristiques.
Selon NYABIRUNGU , malgré les droits qu'ont les journalistes d'informer les citoyens et ces
derniers d’être informés « il s'agit concrètement d'un conflit entre deux valeurs consacrées
aussi bien par les instruments internationaux que par la constitution nationale et dont le défaut
de proclamation de la priorité de l'une sur l'autre n'empêche pas qu'à l'occasion des cas
d'espèce, l'une de ces valeurs prévale». Cela veut dire que quel que soit l'importance reconnue
au principe de la présomption d'innocence dans l’exercice des fonctions d’un journaliste, il doit
avoir ses limites. Il importe cependant de relever que cette présomption d'innocence parait
incompatible avec les dispositions des articles 27 de procédure pénale Congolais et 17 de la
constitution du 18 février 2006 telle que révisée et complétée à ce jour qui autorisent la
détention préventive lors qu'il existe des indices sérieux de la culpabilité. Certes, il est vrai que
la présomption d'innocence s'efface au fur et à mesure que les indices de la culpabilité pèsent
sur la personne. La détention serait une mesure pouvant empêcher l'auteur présumé de
l'infraction de se soustraire de la poursuite aussi longtemps qu'il existe des indices sérieux de
culpabilité. La poursuite pénale d'un journaliste peut se justifier suivant le prescrit de la
constitution qui affirme que « la personne humaine est sacrée, l'Etat a l'obligation de la
respecter et la protéger » (Art 16 de la constitution). Ainsi, le journaliste l'auteur présumé de
l'infraction perd le bénéfice de la présomption d'innocence lorsque les faits mis à sa charge
portent atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne. 25 La critique reste libre et
nécessaire dans toutes sociétés se prétendant démocratique comme l'a dit Emanuel DREYER [ ],
seul élément à prendre en compte est les faits de porter atteinte à l'honneur et à la
considération de la personne. Par ricochet, lorsque l’honneur et la considération d’une
personne sont dénaturées par voie médiatique, l’Etat est appelé à intervenir en vertu de la
prérogative constitutionnelle qui lui est reconnue par le biais de l’action publique nonobstant le
principe de la présomption d’innocence. Les délits de presse portent des stigmates
psychologiques, professionnels, sociétaux et familiaux. Les acteurs des medias sont dans
l’obligation de moyen et de résultat quant à la vérification du contenu des informations qu’ils
23
Bille Francis. Medias et société presse Audiovisuel télécommunication, multimédia à télématique, Paris, 7ème éd Mont
Chrétien, 1994. P.15
24
Idem, p.17.
25
NYABIRUNGU Mwene SONGA, Traité de Droit pénal général congolais, 2ème Ed, collection Droit et société, Kinshasa, Éditions
universitaires africaines, 2007, p.201
9
doivent diffuser.26 Ceci dit, voyons à présent le second paragraphe relatif à l'Influence de
l'opinion publique sur les décisions judiciaires et comment cela peut affecter l'équité des
procès.
§ 2 : Influence de l'opinion publique sur les décisions judiciaires et comment cela peut
affecter l'équité des procès.
Dans le présent paragraphe, il est pour nous important de démontrer comment les opinions
publiques peuvent influencer sur les décisions de justice et dans quelle mesure cela peut
affecter l'équité du procès dans le cadre du principe de la présomption d'innocence. En effet, il
sied de souligner que les opinions publiques dans le cas sous examen renvoie aux points de vue
de la population sur un fait, ou à la clameur publique. Il arrive de fois, que le juge, dans
l'instruction du dossier, au lieu de se baser sur les éléments des preuves présentés par les
parties, ce dernier se base sur la clameur publique pour conclure sur la culpabilité de la
personne poursuivie au lieu où ce dernier bénéficie d'un principe constitutionnel qui est la
présomption d'innocence. L'équipe du procès, que ces opinions peut affecter signifie que ,
l'égalité des armes " cette expression imaginée voudrait signifier ou exprimer à la fois l'exigence
d'équité, d'indépendance et d'impartialité, mais aussi comme une composante autonome du
procès équitable, comme nous l'avons démontré Supra. En ce qui concerne le public, Le code
pénal congolais ne donne pas la définition de la publicité, il faut comprendre par le terme
publiquement en l'employant dans le sens usuels de "en public", c'est-à-dire en présence de
plusieurs personnes27. En effet, la publicité est définie, à en croire LIKULIA BOLONGO « d'après
les circonstances et les lieux. Ainsi, la publicité peut résulter soit de propos proférés, soit
d'écrits ou images distribués, vendus ou exposés dans les lieux ou réunions publics ». Par
ailleurs, « par lieux publics, on entend outre les lieux publics par nature, c'est-à-dire affectés à
l'usage de tout et accessible à chacun à tout moment (voie publique), les lieux publics par
destination (bureau, salle d'audience, salle de cours et tribunaux, bars) ouvert au public à
certain moment déterminé et aussi les lieux publics par accident, privé en principe mais
devenant occasionnellement public par le fait de la présence d'un certain nombre des
personnes». Les personnes protégées sont les particuliers.28
Section 2: Les conséquences de la violation de la présomption d'innocence
Il résulte de la jurisprudence établie que, pour qu’il soit fait droit à la demande tendant à faire
constater une atteinte à la présomption d’innocence, il doit être démontré l’imputation
26
Luc, A.T.(2004). Le droit de la presse dans le contexte : étude critique des textes juridiques sur la presse, Kigali, Ed.
Universitaire. P.106
27
Jeveau. C. (1976). Comprendre la sociologie, Paris, Marabout, 1976. p.110
28
LIKULIA BOLONGO(, 2004). Le droit de la presse et de la publicité dans le contexte : étude critique des textes juridiques sur la
presse, Kinshasa, Ed. Universitaires,p.108
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publique, à une personne précise, d’être coupable des faits faisant l’objet d’une procédure
pénale en cours, non par simple insinuation ou de façon dubitative, mais par une affirmation
péremptoire ou des conclusions définitives manifestant, de la part de celui qui les exprime, un
clair préjugé tenant pour acquise la culpabilité de la personne visée 29. Ceci dit, La présente
section est subdivisée en deux petits paragraphes, traitant succinctement la question de l'Étude
des cas où la présomption d'innocence a été mise en péril et ses répercussions sur les accusés,
et enfin la Réflexion sur les conséquences à long terme sur la confiance envers le système
judiciaire et l'État de droit en RDC.
§1: l'étude des cas où la présomption d'innocence a été mise en péril et ses répercussions sur
les accusés.
« Toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que sa
culpabilité ait été établie par un jugement définitif », affirme l’article 17 de la Constitution du 18
février 2006 : Un principe selon lequel toute personne qui se voit reprocher d'une infraction est
réputée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement et définitivement établie ;
ledit principe est fondé sur l’article 11 de la DUDH qui stipule : «1. Toute personne accusée d’un
acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce sa culpabilité ait été légalement établie au
cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées
; 2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été
commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou international. De
même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle était applicable au moment où acte
délictueux a été commis » Ceci dit que les pouvoirs publics ont l’obligation de ne pas traiter
l’accusé en tant que coupable. Le droit à un procès équitable suppose, enfin, le droit à la
publicité des débats judiciaires, le droit à la motivation des jugements, le droit au délai
raisonnable, le droit de ne pas être jugé deux fois dans la même affaire, le droit à l’exécution
des décisions de justice, etc30. Cela veut dire qu’au sein d’un tribunal, les débats doivent être
publics, à toutes les phases du procès et les jugements doivent être prononcés publiquement
dérogation pour cause d’intérêt général. Toutefois il convient de signaler que le prévenu pourra
renoncer de son plein gré à son droit à la publicité des débats, ladite publicité protège le
justiciable d’une justice secrète ; elle justifie la crédibilité des tribunaux, la publicité des débats
donne de la transparence au déroulement des procès et elle consolide l’indépendance et
l’impartialité des tribunaux. Il importe de souligner que Ce principe fondamental du droit pénal
a trois conséquences majeures dont il faut faire un leitmotiv de défense ;
- Elle s’oppose nécessairement à l’idée de détention provisoire : passant de la Déclaration
universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 à la déclaration universelle des droits
29 Ass. plén. 21 décembre 2006, n° 00-20.493, publié au Bulletin, 1re Civ., 20 mars 2007, n° 05-21.541, publié au Bulletin.
30
BIBOMBE MUAMBA (B.), « Le droit à la justice et à un procès équitable, à travers la DUDH et le PIDCP », in Annales de la
faculté de droit, Université de Kinshasa, (sous la dir de BAKANDEJA WA MPUNGU (G.) et OSWARD NDESHYO RURIHOSE), P.U.K,
décembre 200. P.210.
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de l’homme de 1948, la présomption d’innocence est attachée non seulement à la liberté
individuelle, mais également à la nécessité de la garantir. La liberté individuelle est vue comme
une des formes de la faculté qui consiste précisément à aller et à revenir où l’on veut et quand
l’on veut. Elle est la règle d’or sur laquelle les droits de l’homme se tarifient pleinement dans
leur humanité juridique et surtout dans leur promotion. Dans bien de cas où les prévenus n’ont
pas ou ont peu de garanties de représentation pour un contrôle judiciaire, il faut rappeler ce
principe aux Officiers du Ministère Public (Magistrats duparquet) qui usent de la détention
provisoire comme d’une mesure anodine
- Elle fait peser la charge de la preuve (de toutes les preuves) sur l’accusation et influence donc
considérablement la méthodologie de défense (voir Stratégies de défense).
- Le procès doit respecter le contradictoire : il doit être oral du procès pénal, et public. Le
dossier pénal doit être accessible à la défense, qui doit pouvoir apporter des pièces au dossier. 31
Dans un arrêt de la Cour de cassation, siégeant en Chambre civile 1, 16 février 2022, 21-10.211,
Publié au bulletin, la cour a rejeté la décision de la cour d'appel de Kinshasa/Gombe, Après
avoir constaté que, lors de la publication de propos imputant une infraction à 'a personne
poursuivie, l'intéressé ne faisait l'objet d'aucune procédure pénale en cours dès lors que la
plainte déposée à son encontre avait été classée sans suite, cette cour d'appel avait écarté à
bon droit l'application des dispositions protégeant la présomption d'innocence[....] 32 Ceci étant,
passons à présent au second et dernier paragraphe du deuxième chapitre de notion travail de
recherche consacré à la réflexion sur les conséquences à long terme sur la confiance envers le
système judiciaire et l'État de droit en RDC.
§ 2 : Réflexion sur les conséquences à long terme sur la confiance envers le système judiciaire
et l'État de droit en RDC.
Comme souligné Supra, la présomption d'innocence est un principe fondamental et cardinal du
droit pénal et de la procédure pénale, garantissant que tout individu est considéré innocent
jusqu'à preuve du contraire et Cela renforce la crédibilité du système judiciaire. Si les organes
de justice respectent ce principe, cela favorise une perception positive du système judiciaire.
Les citoyens sont plus enclins à avoir confiance en ce dernier s' ils estiment qu'il est impartial et
respectueux des droits des accusés. Mais dans la pratique, il se laisse montre une mauvaise
application de ce principe, tels que le développement d'un sentiment d'injustice et de
méfiance. Si les individus sentent que les verdicts sont préjugés ou que les droits des accusés
sont négligés, cela pourrait les pousser à perdre confiance non seulement en la justice, mais
également en l'État en général. Les atteintes à la présomption d'innocence peuvent mener à
31
Richard LONGENDJA ELAMBO, Administration de la preuve pénale théorie générale et évolutions juridiques, Bukavu, Ed.
CRUKI, 2017, p 5
32
Rubriques jurisprudencielles de la cour de cassation, in Revue jurisprudencielle, p.110
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une érosion de l'Etat de droit. Une justice perçue comme arbitraire peut inciter à des actions de
défiance contre le système, augmentant ainsi les tensions sociales et mettant en péril la
stabilité du pays.
Raison pour laquelle nous suggérons des réformes telles que des réformes judiciaires, la
formation des agents de la justice sur les droits fondamentaux et la promotion de la
transparence dans les procédures judiciaires, afin de restaurer et maintenir la confiance envers
le système. la préservation de la présomption d'innocence est essentielle non seulement pour
la justice individuelle, mais aussi pour la stabilité sociale et la légitimité du gouvernement.
CONCLUSION
En guise de conclusion, le respect dela présomption d’innocence
constitue un principe cardinal dela procédure pénale dans un Etat de droit comme la R.D.C. La p
résomption d’innocence est « le fil d’or qui doit illuminer la trame du droit criminel congolais. »
Ce principe sur lequel repose l’ensemble de notre processus pénal
est fondésur la dignité humaine. A l’instar de Jean‐Jacques ROUSSEAU, ceux qui ont reconnu le
droit à la présomption d’innocence étaient d’avis que l’être humain est fondamentalement bon.
D’ailleurs, seule une minorité ne respecte pas la loi. Par conséquent on doit présumer que celui
qui est accusé d’un crime est innocent. de ce point de vue, le président séminaire a été analysé
en trois grandes parties, une introduction, un développement portant sur deux chapitres et une
conclusion.
Mener une réflexion sur la présomption d’innocence, principe cardinal de notre procédure
pénale, dont l’application entre en confrontation avec d’autres libertés et principes
fondamentaux de notre Etat de droit, conduit nécessairement à s’interroger sur de multiples
sujets sociétaux qui dépassent le cadre procédural. De la liberté d’expression à la place et au
respect de l’institution judiciaire, en passant par l’éducation et la déontologie professionnelle,
le présent séminaire a eu à cœur d’explorer toutes les thématiques qui découlent des atteintes
à la présomption d’innocence. Allant jusqu'à démontrer cela avec les jurisprudences à l'appuie,
nous souhaitons que ces propositions suscitent un débat dans l’ensemble de la société. Et que
nos réflexions nourriront utilement les travaux qui seront prochainement engagés, en
particulier dans le cadre des Etats généraux de la justice.
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