THÈME 2 : FAIRE LA GUERRE, FRICHE LA PROBLÉMATIQUE DES
CONFLITS - MÉTHODES DE RÉSOLUTION
INTRODUCTION
1. Le Proche et Moyen-Orient, Asie de l'Est et du Sud.
2. L'Afrique, le Proche et Moyen-Orient.
3. La frontière et l'accès à l'Éthiopie par la mer Rouge, sentant à l'indépendance de
l'Érythrée. De 1998 à 2000, guerre de 80 000 morts, refus de reconnaître la
frontière.
4. Inde, Chine, Bhoutan - groupes terroristes.
Depuis l'indépendance de l'Empire des Indes en 1947, remise en question d'un partage
territorial. Le Cachemire est rattaché à l'Union indienne, en dépit de la population
musulmane qui aurait voulu être rattachée au Pakistan.
La région du Cachemire est une zone stratégique avec des enjeux de contrôle, de
dissuasion nucléaire et des tensions alimentées par des populations de différentes
religions qui ne se sentent pas égales.
Conflit interétatique : situation dans laquelle un État est confronté sur son propre sol
à une unité hostile, soit par des tensions militaires, soit par un affrontement militaire
avec un groupe non étatique.
Conflit intraétatique : situation de forte tension avec un affrontement militaire entre
deux États différents.
Les tensions et les conflits armés dans le monde au XXIe siècle sont observables à
toutes les échelles (locales, nationales, internationales, et subcontinentales) et
mettent en relation des acteurs de différentes natures (États, organisations
internationales comme l'ONU, des ONG, des groupes terroristes, etc.). Ces conflits
peuvent être interétatiques ou intraétatiques.
- Essai de typologie - Situer le conflit dans l'espace-temps :
1756-1763 à travers l'Europe et l'Amérique du Nord (Guerre de la Conquête).
Conflit :
Conflit interétatique - armée - guerre irrégulière.
1756 : la Prusse lance une attaque préventive contre la Saxe (alliée de l'Autriche) et
réussit à maintenir ses positions face à des ennemis nombreux.
1754 : premiers affrontements en Amérique.
1756 : amplification du conflit sur le territoire nord-américain.
1758 : bataille de Loumbourg.
1759 : victoire britannique à la bataille des plaines d'Abraham, conduisant à la prise de
Québec.
La Grande-Bretagne affirme sa supériorité navale en battant la flotte française et en
capturant des colonies stratégiques dans les Caraïbes et en Afrique.
La France souffre de problèmes financiers et logistiques qui affaiblissent ses efforts de
guerre. En mer et dans ses colonies, la France subit de lourdes défaites face à la
Grande-Bretagne, perdant ainsi des positions clés.
1762 : la guerre commence à s’essouffler. La Russie se retire du conflit.
1763 : le traité de Paris met fin à la guerre. La France perd la plupart de ses colonies
nord-américaines, notamment le Canada, tandis que la Grande-Bretagne renforce son
empire colonial.
Acteurs et leur rôle :
Les Alliés Franco-Autrichiens :
• France : Protéger et étendre ses possessions en Inde face à la Compagnie
britannique des Indes orientales.
• Autriche : Restaurer sa position de grande puissance en Europe centrale et
reconquérir la Silésie, un territoire économiquement stratégique.
• Russie : Empêcher l'expansion prussienne et renforcer son influence en Europe,
notamment en profitant de la faiblesse relative de la Suède et de la Pologne.
• Espagne : Protéger ses colonies en Amérique et ses intérêts dans l'Atlantique et
le Pacifique face à la domination maritime britannique.
Les Alliés Anglo-Prussiens :
• Grande-Bretagne : Adversaire de la France, soutenir son alliée la Prusse en
Europe et combattre la France dans ses possessions coloniales.
• Prusse : Résister grâce à ses talents militaires et au soutien britannique.
• Portugal : Entraîné dans la guerre en raison de sa position géopolitique
stratégique.
En Amérique du Nord, plusieurs tribus amérindiennes ont été impliquées dans le
conflit.
Modes et processus de résolution :
Traités de paix :
• Le traité de Paris (10 février 1763).
• Le traité de Hubertsbourg (15 février 1763).
Processus de négociation et diplomatie :
Les négociations pour mettre fin à la guerre ont été longues et complexes, impliquant
des représentants des principales puissances.
Morts : 700 000 soldats morts et autant de civils.
Il est difficile d'établir une typologie des conflits contemporains en raison de la
multiplicité des causes, des acteurs, des modes de résolution, et des échelles
observées.
Axe 1 : LA DIMENSION POLITIQUE DE LA GUERRE : DES CONFLITS
INTERÉTATIQUES AUX ENJEUX TRANSNATIONAUX
Les États parviennent-ils encore à encadrer la guerre de manière efficace ?
Jalon 1 : La guerre, "continuation de la politique par d'autres moyens" (Clausewitz)
et les guerres napoléoniennes
1. Comment se définissait la guerre avant la théorie proposée par Clausewitz ?
2. Quelles ruptures provoquent une remise en question de cette façon
traditionnelle de penser et de mener la guerre ?
3. Quelles innovations Clausewitz fait-il émerger dans la définition de la guerre ?
4. Ce modèle théorisé par Clausewitz peut-il s'appliquer aux conflits des XXe et
XXIe siècles ?
Au Moyen Âge, les guerres sont surtout le fait d'oppositions entre factions
aristocratiques : les armées royales, bien qu'organisées, sont essentiellement
composées de mercenaires dirigés par des nobles.
La Révolution française constitue un tournant dans la façon de penser et de faire la
guerre. Il s'agit d'une guerre nationale, notamment au cours des guerres
napoléoniennes. On assiste à une massification des conflits, avec la mobilisation de
masse des citoyens entre 1792 et 1799 pour défendre la France et la patrie en danger.
De 1799 à 1815, des armées aux effectifs gigantesques sont mobilisées à l’échelle
européenne.
Selon Clausewitz, la guerre est la "continuation de la politique par d’autres moyens". Il
s'agit de contraindre l'adversaire par la violence à exécuter la volonté de l'agresseur. La
guerre change de nature : elle vise à anéantir l’adversaire en utilisant toutes les
ressources disponibles. C’est le concept de guerre absolue. Cependant, dans la
réalité, la guerre se limite souvent aux moyens disponibles et les conflits sont parfois
organisés autour de stratégies plus flexibles, avec des négociations permanentes entre
les États.
Pour les conflits du XXe siècle, on retrouve certains aspects du modèle théorisé par
Clausewitz : armée régulière, massification, guerre absolue. Cependant, de nouveaux
types de conflits ont émergé (guerres indirectes, cyberconflits), de nouveaux acteurs
sont impliqués (armées régulières menées par des coalitions internationales), et la
guerre totale (mobilisation de toutes les ressources des pays) a été modifiée par des
innovations technologiques (nucléaire, drones).
Carl von Clausewitz (1786-1831), officier de l'armée prussienne, s'appuie sur son
expérience militaire (notamment contre l'armée napoléonienne) pour théoriser la
guerre. Son traité De la guerre est publié entre 1832 et 1845 et influence encore les
stratégies militaires jusqu’au début du XXe siècle.
Sa théorie défend l’idée de créer une armée dotée d’une conscience politique,
privilégiant la stratégie défensive. Le modèle repose sur la confrontation entre des
armées régulières, la guerre cherchant à imposer la volonté de l’État. Ce modèle se
veut absolu, visant à anéantir l’ennemi. La rupture dans la façon de faire la guerre
apparaît avec les guerres révolutionnaires et napoléoniennes.
1 - La Guerre de Sept Ans (1756-1763)
Un conflit mondial en lien avec le processus d’extension des empires coloniaux (en
Europe, en Amérique, aux Indes). Les puissances belligérantes cherchent à protéger
leurs territoires et leurs intérêts. Ce conflit débute en Europe entre la Russie (alliée de
la Grande-Bretagne) et l’Autriche (alliée de la France). Les armées sont majoritairement
composées de mercenaires dirigés par des nobles.
Il s'agit de protéger les territoires et les intérêts géopolitiques, et d'affirmer sa
puissance face aux rivaux. La France renonce à une partie de son empire (notamment
le Québec), tandis que la Grande-Bretagne devient une thalassocratie. Louis XV voit
son image affaiblie par cette défaite, mais l'échec de cette guerre a permis d'éveiller
une conscience nationale, remettant en cause une armée composée uniquement de
professionnels. On peut alors parler de citoyens soldats.
Il s'agit d’une guerre limitée, mais qui tend à s’intensifier avec la volonté d’anéantir
l’ennemi.
2 - Les guerres de la Révolution et de l’Empire
La Révolution française et ses guerres marquent un tournant dans la façon de penser et
de faire la guerre. Les citoyens soldats se substituent aux mercenaires, grâce
notamment à la levée en masse à partir de 1792. Les soldats sont unis par une même
volonté de défendre la patrie face à la menace extérieure et d’annexer des territoires
pour la grandeur nationale.
La guerre devient un acte politique destiné à contraindre l’adversaire à exécuter ce que
l’on souhaite. La guerre est la continuation de la politique par tous les moyens.
L'ennemi est ainsi entraîné dans des dépenses, en hommes et en matériel, et
Clausewitz réfléchit à une autre façon de faire la guerre sans miner en accumulant des
pertes humaines.
L’influence française s’étend par l’action de l’armée révolutionnaire et napoléonienne
(batailles, annexions de territoires et diffusion des principes et idéaux révolutionnaires).
L’Empire français s’intensifie avec la mise en place de républiques sœurs, notamment
en Italie, et la diffusion du Code civil en 1804. Ainsi, l’influence française s’étend par la
guerre et par la politique.
Un des objectifs majeurs de la Révolution était de défendre le territoire face à la
coalition des monarchies européennes. Quant à Napoléon, il a étendu la souveraineté
française sur l’Europe entière grâce à des moyens colossaux. Il a mobilisé des
centaines de milliers de soldats issus de plusieurs États pour constituer la Grande
Armée. Enfin, sa défaite à Waterloo (1815) met un terme à ce projet politique.
Les guerres tendent vers la guerre absolue, avec la volonté d’anéantir l’ennemi par tous
les moyens.
3 - Regard de l’historien
Selon Penser et Serna, cette guerre a déjà les caractéristiques de la guerre absolue
théorisée par Clausewitz (moyens développés pour anéantir l’ennemi et finalités
politiques).
Cela illustre la naissance d’une conscience nationale et la volonté d'une armée
constituée de soldats, avec une mobilisation physique et psychologique par la nation.
La guerre devient totale.
JALON 2 : LE MODÈLE DE CLAUSEWITZ À L'ÉPREUVE DES GUERRES
IRRÉGULIÈRES : D'AL-QAÏDA À DAESH
1. Qu'est-ce qu'une guerre irrégulière et en quoi diffère-t-elle de la guerre
classique régulière défendue par Clausewitz ?
Selon Clausewitz, une guerre classique, dite régulière, est l'affrontement direct entre
deux armées étatiques. Il évoque aussi des conflits asymétriques plus petits au XIXe
siècle, où des groupes armés plus faibles harcèlent des armées régulières plus
puissantes (guerilla). Ces groupes ont un caractère illégal, sont caractérisés par une
grande mobilité et connaissent bien le terrain. Ils bénéficient souvent du soutien des
populations civiles pour le ravitaillement, les soins aux blessés, etc. Ces guerres, dites
irrégulières, se sont multipliées au XXe et XXIe siècles, en raison de l’affaiblissement
des États, instables ou absents. Les guerres irrégulières surviennent dans des pays où
l'État est perçu comme faillible, incapable d'assurer la sécurité et le bien-être de la
population, ou dans des États où l'armée et les civils peuvent être responsables d'actes
de violence.
Les guerres régulières, au sens classique du terme, opposent des armées massives
avec des forces similaires et visent l’anéantissement de l'ennemi. Les guerres
irrégulières, dites asymétriques, opposent des groupes étatiques à des groupes non
étatiques. Dans ces conflits, les actions peuvent être ponctuelles, utilisant des raids,
des embuscades et de la répression. Les combats sont souvent non conventionnels, en
opposition au combat conventionnel des guerres régulières. Les populations sont
souvent divisées, et les revendications peuvent être multiples : politiques, sociales,
religieuses.
2. Les guerres régulières : contribution à la guerre par d'autres moyens
Au XVIIIe siècle, le modèle de la guerre traditionnelle, dite classique et interétatique,
est celui où deux États s'affrontent, généralement sur un champ de bataille, débutant
par une déclaration de guerre et se terminant par des traités de paix, des armistices ou
la capitulation de l'ennemi. Ces armées régulières sont composées de soldats
professionnels, souvent issus de la noblesse. La guerre de Sept Ans (1756-1763) en est
un exemple. L'enjeu principal est la conquête de territoires et l’accroissement du
pouvoir.
À la fin du XVIIIe siècle, avec la Révolution française et les guerres napoléoniennes, on
assiste à une « levée en masse » avec la conscription de citoyens soldats. Entre le XIXe
et le XXe siècle, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis sont des protagonistes
majeurs des guerres. La guerre change d’échelle : les nombreuses innovations de
l’armement (bombes, tanks...) entraînent une multiplication des conflits et la guerre
devient industrielle, tendant vers la guerre totale. La Première Guerre mondiale est un
exemple de guerre totale où toute la société est engagée dans le conflit. La Seconde
Guerre mondiale (1939-1945) est une guerre d'anéantissement idéologique où les civils
sont aussi victimes.
Après 1945, la dissociation nucléaire, la bipolarisation du monde après la guerre froide,
la création de l’ONU, et la notion de sécurité collective ont entraîné une diminution des
conflits interétatiques. Les conflits internes, comme les guerres civiles, se sont
multipliés (Espagne, 1936-1939 ; Chine, 1946-1949). On entre alors dans une ère de
guérilla et une multiplication des guerres irrégulières.
À partir des années 1980-1990, les guerres régulières sont souvent liées au terrorisme
islamiste, avec des groupes comme Al-Qaïda et l’État islamique (Daesh). Ces groupes
n’opèrent aucune distinction entre militaires et civils, comme en témoigne les attentats
du 11 septembre 2001 aux États-Unis et ceux du 13 novembre 2015 en France.
Certaines interventions relèvent toutefois de la guerre classique avec la mobilisation
d'armées régulières et la constitution de coalitions, comme en Irak en 1991.
Depuis le XVIIIe siècle, des mutations importantes ont modifié la manière de penser et
de mener la guerre. La multiplication des guerres irrégulières à l’échelle mondiale a
bouleversé les frontières et les fronts, rendant difficile la fin des conflits. L’utilisation de
méthodes transnationales via la guérilla et le terrorisme a remis en cause la théorie de
Clausewitz.
3. Comment des acteurs transnationaux (Al-Qaïda, Daesh) utilisent-ils la
guérilla et le terrorisme pour mettre à l’épreuve le modèle de Clausewitz ?
À la suite des attentats du 11 septembre, le terrorisme islamiste incarne l'exemple le
plus médiatisé des guerres irrégulières du XXIe siècle, mené par deux groupes majeurs
: Al-Qaïda et Daesh.
Clausewitz évoque la guerre irrégulière sous le terme de « petite guerre », définissant
l’opposition entre la force armée d'un État et des combattants civils, souvent moins
bien armés mais utilisant des stratégies comme la guérilla. Ces groupes terroristes
adoptent une approche proche de la "guerre absolue" de Clausewitz, visant à anéantir
l'ennemi et à imposer leur volonté par la violence.
Cependant, la naissance et l'évolution de ces groupes remettent en cause le modèle de
Clausewitz. Ces groupes opèrent sur une échelle internationale et mènent une
stratégie mondialisée du terrorisme. Ils disposent de moyens financiers et matériels
importants, sont transnationaux, et organisent des réseaux dans le monde entier. Leur
méthode repose sur la terreur, la formation de groupes paramilitaires, la propagande,
la guerre psychologique, et leur objectif est à la fois religieux (djihad) et politique.
Les acteurs comme Al-Qaïda et Daesh, en dehors des armées régulières, remettent en
cause la définition de la guerre irrégulière selon Clausewitz, surtout par l'échelle
internationale de leurs conflits. Ces conflits prennent des formes nouvelles, mettant à
l’épreuve la théorie de Clausewitz, tout en conservant certaines caractéristiques de
son modèle (comme en Syrie).
Conclusion de l'Axe 1 :
Clausewitz souligne que les civils peuvent faire partie des combattants dans les
guerres modernes, mais jusqu’au XXe siècle, peu de groupes asymétriques composés
de civils se sont formés. Le Moyen-Orient devient une région particulièrement
conflictuelle, où la distinction entre civils et militaires se floute.
Les causes de cette évolution incluent l’essor du nationalisme arabe dans les années
1930, la lutte religieuse contre les armées étrangères pendant la Guerre froide (les
Afghans soutenus par les États-Unis contre l'URSS), l'apparition d’Internet favorisant la
diffusion de la propagande, et enfin la mondialisation. Ces facteurs ont permis
l’émergence de groupes asymétriques transnationaux comme Al-Qaïda et Daesh.
Oussama Ben Laden, après son expérience du djihad en Afghanistan dans les années
1980, fonde Al-Qaïda en 1987. Dans les années 1990, il finance le djihad international,
et en 2001, revendique les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Voici la version
corrigée de votre texte :
Al-Qaïda dispose désormais de filiales dans le monde entier, comme AQMI (Al-Qaïda
au Maghreb islamique).
Daech (acronyme d'État islamique en Irak et au Levant), groupe djihadiste sunnite
fondé en 2013, prône l'installation d'un État islamique au Proche-Orient. Ce groupe
s'est étendu en Irak et en Syrie. En 2014, il proclame la renaissance du califat, et son
chef, Abou Bakr al-Baghdadi, s'affirme comme le leader de la lutte contre les régimes
arabes et les États qui les assistent militairement.
Cet essor va de pair avec des attentats visant les populations civiles en Orient, en Asie,
en Europe et en Amérique du Nord, dans le but de provoquer des troubles susceptibles
d'affaiblir leurs ennemis. Fin 2019, après avoir été vaincu par les armées d'une coalition
internationale, Daech ne contrôle plus de territoires.
Axe 2 : Le défi de la construction de la paix
Comment construire la paix après la guerre et s'assurer qu'elle soit durable
?
Jalon 1 - Faire la paix par les traités de Westphalie (1648)
Les traités de Westphalie, signés en 1648, répondent au défi de construire la paix en
Europe après une guerre longue et meurtrière, la Guerre de Trente Ans, qui a impliqué
plus de 300 000 combattants dans le Saint Empire romain germanique, avec de
nombreux acteurs extérieurs. Cette guerre a eu des conséquences dévastatrices, non
seulement sur le plan militaire, mais aussi politique et social.
Avant 1648, l'Europe n'était pas encore vue comme un ensemble politique structuré.
Les traités de Westphalie marquent la nécessité de poser les bases d'une paix durable
en établissant des principes de négociation et de coopération entre les États. Ces
négociations ont permis de trouver un terrain d'entente entre des puissances ayant des
intérêts parfois opposés, comme la France, l'Espagne, la Suède et les États du Saint
Empire.
1 - Le rôle des principes dans la construction de la paix
L'équilibre des puissances, la souveraineté des États, et le principe de non-
ingérence sont les trois grands principes définis par les traités de Westphalie. Ces
principes ont permis de créer un système de relations internationales qui vise à
maintenir la stabilité et à éviter les conflits ouverts entre les États. Selon Arnaud Blin, la
signature de ces traités marque la naissance d'un système international fondé sur des
règles et des principes, qui ont été essentiels pour garantir une paix durable.
• Équilibre des puissances : Ce principe repose sur l'idée qu'aucune puissance
ne doit devenir trop dominante, afin de prévenir les ambitions impérialistes et
maintenir la stabilité. Cela s'oppose à l'idée d'une domination d'une seule
grande puissance sur l'ensemble de l'Europe.
• Souveraineté nationale : Chaque État est reconnu comme souverain, ce qui
signifie qu'il a le droit de décider de ses affaires internes sans ingérence
extérieure. Ce principe est essentiel pour limiter les conflits en Europe.
• Non-ingérence : Ce principe interdit à un État d'interférer dans les affaires
internes d'un autre, renforçant la stabilité et la préservation de la paix en Europe.
Ces principes ont permis de maintenir un ordre international où les États sont
encouragés à respecter l'indépendance et la souveraineté des autres. Ce système a
contribué à la paix de Westphalie, car il a apporté des règles claires pour les relations
internationales, réduisant ainsi les causes des conflits.
2 - La diplomatie et la négociation
La diplomatie, qui est l'art de la négociation entre les États, a été cruciale dans la
signature des traités de Westphalie. Ce processus a impliqué des plénipotentiaires
(diplomates ayant toute autorité pour représenter leurs États) qui ont pu négocier les
termes de la paix. Abel Sewien souligne que la négociation est intrinsèquement liée au
soutien des gouvernements, et que la réussite de ces négociations dépendait de la
capacité des diplomates à s’entendre sur les enjeux de la paix.
3 - Le rôle des traités de Westphalie dans la construction de la paix durable
Les traités de Westphalie ont été les premiers à établir un système international où les
puissances européennes étaient reconnues comme égales et souveraines. Ce système
visait à éviter la guerre par l'équilibre des forces et la reconnaissance des droits et des
intérêts des différentes nations. Toutefois, la paix instaurée par ces traités n'était pas
absolue.
4 - L'échec du système Westphalien
Malgré son rôle clé dans l'établissement de la paix en Europe, le système Westphalien
a montré ses limites. Au début du XIXe siècle, les guerres napoléoniennes (1803-1815)
ont mis fin à l'ordre établi par Westphalie, avec l'émergence de la domination de la
France napoléonienne en Europe. Le Congrès de Vienne en 1815, dirigé par Metternich,
a été une tentative de restaurer l'équilibre des puissances, mais avec une nouvelle
configuration politique.
En outre, plusieurs facteurs ont contribué à la déstabilisation du système Westphalien
à la veille de la Première Guerre mondiale. L'affirmation des rationalismes et la montée
des alliances, comme la Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire
Ottoman) et la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Empire russe), ont créé des
tensions et renforcé la compétition impérialiste.
Le système Westphalien, bien qu'il ait contribué à une période de relative stabilité en
Europe, a été affaibli par l'évolution des relations internationales et les guerres
mondiales du XXe siècle. Cependant, il demeure un modèle fondamental dans la
compréhension des relations internationales modernes.
Transition de la Société des Nations (SDN) à l'ONU
La SDN : Une tentative de sécurité collective
La création de la Société des Nations (SDN) en 1919, à la suite du choc moral de la
Première Guerre mondiale, visait à instaurer un système multilatéral de paix et de
sécurité collective. En janvier 1918, le président américain Woodrow Wilson a présenté
ses 14 points, qui définissaient les principes fondamentaux de ce nouveau système,
dont la création d'une association générale des nations chargée d'assurer la paix et
de résoudre les conflits par des moyens pacifiques, comme l'arbitrage.
La SDN a été fondée le 28 avril 1919, avec pour mission d'éviter les guerres à travers
l'arbitrage et la diplomatie. Cependant, plusieurs pays, dont les États-Unis, ne l'ont pas
rejoint. De plus, l'Assemblée de la SDN n'était pas délibérative, ce qui limitait son
efficacité. En mars 1920, le Sénat américain a refusé de ratifier le traité de Versailles,
ce qui a conduit à l'absence des États-Unis dans l'organisation.
Finalement, l'émergence des régimes totalitaires dans les années 1930 a affaibli la
SDN, et celle-ci a disparu officiellement en 1946, marquant l'échec de cette tentative
de système international de sécurité collective.
L'ONU : Une nouvelle tentative de sécurité collective
Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté internationale a décidé de créer
une organisation mondiale plus forte et plus structurée, donnant naissance à
l'Organisation des Nations Unies (ONU). En 1945, la Charte des Nations Unies a été
rédigée à San Francisco et l'ONU a été fondée avec son siège à New York. L'ONU
repose sur le principe de sécurité collective, visant à prévenir les conflits et à
maintenir la paix dans le monde.
Le Conseil de sécurité de l'ONU est composé de 5 membres permanents (les États-
Unis, l'URSS, la Chine, le Royaume-Uni et la France), qui disposent d'un droit de veto,
et de 10 membres non permanents élus pour des mandats de deux ans. L'Assemblée
générale se réunit une fois par an avec tous les États membres, et le Secrétaire général
est élu par les États membres. L'ONU dispose également de la Cour internationale de
justice, qui règle les différends entre les États, ainsi que du Conseil économique et
social, qui supervise des institutions spécialisées comme l'UNICEF, l'UNESCO, ou
l'OMS.
L'ONU a aussi mis en place des opérations de maintien de la paix, souvent menées
par les casques bleus. L'objectif de ces missions est de maintenir la paix et de fournir
une aide humanitaire dans des zones de conflit.
L'action de l'ONU et ses défis
Depuis sa création, l'ONU a mené 85 opérations de paix, se concentrant sur des
actions humanitaires et logistiques, telles que l'observation des conflits, l'interposition
entre les belligérants, l'arrêt des combats, la surveillance des cessez-le-feu, et la
vérification des traités de paix. Cependant, ces missions sont souvent longues et
difficiles à mener, ce qui reflète une certaine impuissance de l'ONU face à des
situations complexes et prolongées, comme le cas de la Palestine depuis 1948 ou du
Liban depuis 1978.
Un autre exemple est la Seconde guerre du Golfe en 2003, où la décision unilatérale
des États-Unis d'envahir l'Irak a mis en échec les tentatives de négociation sous l'égide
de l'ONU. Malgré cela, les casques bleus ont joué un rôle essentiel dans certaines
interventions, comme en Ex-Yougoslavie entre 1992 et 1995, où la mission a été
marquée par le sacrifice de nombreux soldats pour tenter de maintenir la paix.
Les missions de maintien de la paix ont montré qu'une paix durable ne peut pas être
imposée de l'extérieur, mais doit être construite en collaboration avec les parties
concernées. La doctrine de la paix durable, formulée en 2008, souligne la nécessité
de comprendre et d'analyser les causes profondes des conflits, plutôt que de se
contenter de solutions temporaires.
Jalon 2 : Faire la paix par la sécurité collective – Les actions de l'ONU
sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006)
L’instauration d’un nouvel ordre international a-t-elle mis en place les conditions
d’un équilibre garantissant la paix ?
1. Les actions de l'ONU sous Kofi Annan (1997-2006)
Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU de 1997 à 2006, a mené de nombreuses
actions pour promouvoir la paix et renforcer la sécurité collective à l'échelle mondiale.
Lors de son mandat, il a souligné que la mission principale de l'ONU, selon sa Charte
(signée le 16 juin 1945), était de préserver les générations futures des fléaux de la
guerre, de maintenir la paix et la sécurité internationales, et de résoudre les problèmes
mondiaux dans les domaines économiques, sociaux, intellectuels et humanitaires.
Pour ce faire, l’ONU a mis en place divers outils, y compris le Fonds monétaire
international (FMI), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'UNICEF, afin de
répondre aux besoins mondiaux dans ces domaines.
Kofi Annan a été récompensé par le Prix Nobel de la paix en 2001 pour son rôle dans la
promotion de la paix et de la sécurité internationales. Sous son leadership, il a abordé
des défis majeurs, notamment la montée de l'unilatéralisme, en particulier de la part
des États-Unis, qui a culminé dans la crise de 2003, conduisant à la Guerre du Golfe.
Malgré cela, l'ONU a poursuivi ses efforts de maintien de la paix à travers diverses
opérations multilatérales visant à rétablir la paix, imposer la paix, et reconstruire les
sociétés après des conflits (dans les domaines sociaux et économiques).
Kofi Annan a toujours soutenu que l'action multilatérale était essentielle pour garantir
une mondialisation bénéfique à tous, tout en permettant un développement durable et
la protection contre les catastrophes environnementales et sanitaires. Cependant,
après les attaques du 11 septembre 2001, la lutte contre le terrorisme est devenue une
priorité mondiale, un changement qui a accentué les tensions entre l'unilatéralisme et
les objectifs multilatéraux de l'ONU. L'invasion de l'Irak par les États-Unis sans l'aval du
Conseil de sécurité de l'ONU a été un exemple frappant de ces tensions.
De 1997 à 2006, sous la direction de Kofi Annan, le monde a assisté à une transition
vers un unilatéralisme accru, ce qui a mis à mal certains principes de la sécurité
collective. Cependant, l'ONU a continué à mener des actions de paix et à promouvoir
une paix durable, en se concentrant sur des principes tels que :
• La capacité de l'État à assurer la sécurité et l'ordre public,
• Le respect des droits de l'homme,
• La création d'institutions politiques favorisant la participation démocratique et
le redressement,
• Le développement économique et social pour assurer une paix stable.
2. Les réformes et défis sous Kofi Annan
Le Conseil de sécurité de l'ONU, composé de 5 membres permanents (USA, Russie,
Chine, Royaume-Uni et France) et de 10 membres élus, est l'organe suprême de l'ONU
en matière de maintien de la paix. Il prend les décisions cruciales sur les missions de
paix. Kofi Annan a souhaité réformer l'ONU pour rendre son fonctionnement plus
transparent et démocratique. Son objectif était de renforcer l'efficacité de l'ONU tout
en garantissant que ses décisions reflètent mieux les réalités contemporaines du
monde, notamment en ce qui concerne les membres permanents du Conseil de
sécurité. Toutefois, les États-Unis ont refusé certaines réformes proposées par Annan,
notamment la création d'un Conseil de sécurité plus inclusif.
L'ONU a également déployé des casques bleus dans de nombreuses missions de
maintien de la paix. Ces troupes ont été utilisées pour observer les cessez-le-feu,
interposer des forces en conflit et assurer la sécurité dans des régions instables. Les
casques bleus ont été déployés pour la première fois en 1956 lors de la crise du canal
de Suez, et depuis, ils ont joué un rôle important dans des missions de maintien de la
paix, comme au Liban, en Afrique et en Asie. Cependant, leur travail reste dangereux :
en 2019, environ 3500 casques bleus avaient perdu la vie dans des missions de paix.
Succès : La Guerre du Golfe (1991) est un exemple où le Conseil de sécurité de l'ONU
a réussi à prévenir une escalade de la violence, en soutenant la coalition internationale
contre l'Irak. Ce succès a mis en lumière l'importance de la diplomatie multilatérale
pour maintenir la paix.
Échec : En revanche, l'invasion de l'Irak en 2003 par les États-Unis, sans l'approbation
du Conseil de sécurité, a montré les limites de l'ONU face aux actions unilatérales.
Bien que des pays comme la France aient exprimé leur opposition à l'attaque, les États-
Unis ont mené l'invasion sans mandat de l'ONU, ce qui a soulevé des questions sur
l'efficacité et la légitimité de l'ONU dans la gestion des conflits internationaux.
Les politiques de Kofi Annan ont permis de mieux comprendre les conditions
complexes nécessaires à la construction de la paix. L'ONU a été confrontée à des défis
liés à la nature des conflits modernes, comme les guerres civiles et l'implication
croissante des acteurs non étatiques. Kofi Annan a également dénoncé
l'unilatéralisme, affirmant que les États-Unis avaient besoin de l'ONU, mais que
l'ONU, de son côté, avait aussi besoin des États-Unis pour mener à bien ses missions.
Cela souligne la difficulté de l'équilibre entre multilatéralisme et unilatéralisme
dans un monde multipolaire.
En 2005, Kofi Annan a introduit le principe de la "responsabilité de protéger", qui
reconnaît que la communauté internationale a le droit d'intervenir pour protéger les
populations civiles en cas de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre
l'humanité. Ce principe a posé les bases d'une nouvelle approche de l'intervention
humanitaire et militaire, bien que son application reste sujette à débat et à tensions
internationales.
Conclusion de l'axe :
La construction de la paix a traversé plusieurs étapes marquantes, chacune ayant
contribué à la définition de ce qu'est la paix et comment la maintenir. La première
étape, celle de l'équilibre des puissances, a été inaugurée avec les traités de
Westphalie, posant les bases d'un système international où la paix était synonyme
d'absence de guerre, notamment en Europe. Cette approche a permis de mettre fin à
des conflits majeurs, mais elle n'a pas empêché de nouvelles guerres, notamment à
cause de la compétition pour la domination.
La deuxième étape a été celle de la Société des Nations (SDN) et de la sécurité
collective, un idéal visant à prévenir les guerres par la coopération internationale.
Toutefois, la SDN a rencontré des faiblesses majeures, comme l'absence de forces
armées propres et son incapacité à contrer les États récalcitrants ou agressifs, tels que
l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie. Malgré ces échecs, elle a posé les bases d'une
gouvernance mondiale pour la paix.
La troisième étape a été celle de la création de l'ONU, qui représente un progrès
significatif avec la mise en place d'un Conseil de sécurité puissant, capable d'agir en
cas de menace contre la paix. L'introduction du principe de la "responsabilité de
protéger" (R2P), qui autorise l'intervention internationale pour protéger les populations
civiles en cas de génocide ou de crimes contre l'humanité, a été une avancée
importante dans la construction de la paix. Cependant, l'ONU reste confrontée à des
défis, notamment les actions unilatérales des grandes puissances, comme les États-
Unis, qui, pour préserver leurs intérêts stratégiques, n'ont pas hésité à intervenir seul,
comme au Moyen-Orient, sans l'aval de l'ONU.
OTC LE MOYEN-ORIENT, CONFLITS RÉGIONAUX ET TENTATIVES DE
PAIX IMPLIQUANT DES ACTEURS INTERNATIONAUX (étatiques et non
étatiques)
Comprendre les conflits au Moyen-Orient
Le Moyen-Orient (région qui s'étend entre la Turquie et la péninsule arabique et de
l'Égypte à l'Afghanistan) se définit moins par ses frontières que par ses enjeux
géopolitiques. Né de la chute de l'Empire Ottoman en 1919 et englobant une partie du
monde arabe, cette région est ensuite sous l'influence de puissances européennes,
notamment françaises (Waban et Sylve) et britanniques. C'est ensuite l'un des théâtres
majeurs de la Guerre Froide.
Cette région revêt une importance stratégique majeure au cœur de la mondialisation et
détient par ailleurs plus de la moitié des réserves en hydrocarbures. Ainsi, les grandes
puissances pétrolières, et notamment les États-Unis, exercent une surveillance
permanente pour éviter toute rupture d'approvisionnement et, au-delà, un
embrasement de la région.
Du point de vue culturel, cette région est celle des lieux saints des trois grandes
religions monothéistes auxquelles s'ajoutent des problématiques religieuses (divisions
entre chiites et sunnites), des problématiques ethniques (arabes majoritaires, turcs,
perses, kurdes).
Après la Guerre Froide, cette région vit l'émergence d'un islamisme radical en réaction
à l'influence des pays occidentaux et notamment du soutien des États-Unis à Israël.
Le Moyen-Orient est l'exemple de conflits contemporains en raison de ses enjeux, de
ses multiples acteurs et des différentes tentatives de construction de la paix.
Jalon 1 : Du conflit israélo-arabe aux conflits israélo-palestiniens et
tentatives de résolution de la création de l'État d'Israël
Pourquoi, malgré de multiples accords de paix, le conflit israélo-palestinien n'a-t-il
toujours pas été résolu ?
A- LES TENSIONS AU NIVEAU RÉGIONAL GÉNÉRÉES PAR LA CRÉATION
DE L'ÉTAT D'ISRAËL (1948-1978)
Les conditions de naissance de l'État d'Israël ont été difficiles, comme nous le montre
le titre du doc 1, puisqu'il y a eu des modifications territoriales entre 1947 et 1967 qui
ont incorporé un territoire juif au sein d'une région composée majoritairement d'États
arabes (Sionistes vs arabes). Les Britanniques ont promis un foyer national juif mais ont
transféré le dossier à l'ONU suite à la Seconde Guerre mondiale. L'ONU met en place
une zone proposée aux Arabes en 1947 (exode avant la mise en place d'Israël) et décide
que Jérusalem sera une zone internationale. Lors de la première guerre israélo-
palestinienne, Israël annexe des territoires. Lors de la seconde, Israël tente d'occuper
de nouveaux territoires. Le plan de partage de l'ONU est la cause des conflits car les
Palestiniens le refusent. Le doc 2 confirme ce qui est présenté dans le doc 1. La France
n'était pas favorable à l'instauration de cet État. Le projet pour tout le Moyen-Orient est
perçu comme une notion impérialiste de l'État d'Israël. La voie de David Ben Gourion ne
correspond pas à la réalité du terrain. On critique les méthodes utilisées et les
politiques anti-arabes.
En 1949, des zones sont déjà annexées par Israël, majoritairement au sud du Liban, à
l'ouest de Jérusalem, au nord du Sinaï et de l'Égypte. La première guerre aboutit à
l'annexion de la Cisjordanie et de Jérusalem-Ouest. En 1967, le plateau du Golan est
pris par Israël. Il y a une expansion israélienne qui crée des tensions importantes et
engendre la mise en place d'une coalition arabe contre Israël et le panarabisme, qui se
concrétise en Égypte et en Syrie. Les États se coalisent et l'islamisme se développe,
conduisant à la mise en place de régimes autoritaires. Le djihadisme (utilisation
violente) prend forme, et il y a un combat idéologique entre ces différentes
gouvernances. Il y a également une rancœur des Palestiniens contre les Européens.
Les pays voisins étaient sous mandat britannique, avec la protection des pays proches.
L'État qui a la plus grande frontière terrestre avec Israël est la Jordanie. Les terrains
sont peu isolants, souvent marécageux, et la région est aride. Les familles sont
appauvries, vivant dans des centres modestes sans équipements pour se couvrir, sans
bâtiments, avec des installations éclectiques. Les conditions sanitaires peuvent
provoquer des maladies.
Nasser voulait chasser les Français et les Britanniques en lien avec le panarabisme. Il
ne voulait plus de leur présence. En 1956, les Français et les Britanniques
interviennent, utilisant la puissance militaire (hard power). Les Israéliens viennent aider
pour agrandir leur territoire (guerre entre Juifs et Arabes). L'ONU ne veut pas intervenir,
car les USA craignent de perdre l'approvisionnement en pétrole → premier vendeur
d'armes à Israël. L'Égypte est la gagnante : Nasser a réussi à faire partir les puissances
occidentales. Les perdants sont : le Royaume-Uni, la France, Israël.
L'Égypte, avec Anouar el-Sadate, décide en 1978 de lancer une tentative de conflit avec
Israël. L'Égypte abandonne le panarabisme depuis la guerre des Six Jours et cherche à
récupérer le Sinaï perdu en 1967. Il n'y a pas d'union entre les États arabes. L'Égypte
récupère le Sinaï perdu en 1967. L'Égypte est exclue de la Ligue arabe, et des islamistes
radicaux égyptiens assassinèrent Anouar el-Sadate en 1981, mettant ainsi fin à la
pacification de la région.
B- LE CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN (ARABE) ET SES TENTATIVES DE
RÉSOLUTION
1. Quel est le positionnement de l'OLP par rapport à Israël et par rapport
à l'ONU ?
Pour l'OLP, le partage de la Palestine en 1947, fait par l'ONU, et la création de l'État
d'Israël en 1948 sont illégaux. Selon la Charte nationale palestinienne de 1964, il existe
un droit naturel des Palestiniens, droit que défend depuis 1964 l'OLP, une organisation
palestinienne politique et paramilitaire. Pour l'OLP, Israël et sa création, si l'on suit la
voie de la diplomatie de l'ONU en 1945, ne respectent pas le droit à l'autodétermination
de chaque peuple. Ainsi, même si le plan de partage de l'ONU a une délimitation claire,
la première guerre israélo-arabe de 1948-1949 et la mise en place de la ligne verte, puis
la guerre des Six Jours en 1967, sont pour l'OLP des guerres qui ne font qu'intensifier les
tensions. En effet, Israël occupe des territoires en mettant en place des colonies, ce
qui fait que l'OLP, en 1968, modifie sa charte et indique que la lutte armée est
nécessaire. L'OLP contrôle en effet les territoires palestiniens, a une place
d'observateur à l'ONU en 1974 et bénéficie d'une reconnaissance officielle jusqu'en
2007, avant que le Hamas ne prenne en charge la cause palestinienne en utilisant la
violence. L'OLP de Yasser Arafat, cependant, à partir de la fin des années 80 et dans les
années 90, a été invitée à la table des négociations, précisant dès 1988 que la Charte
avait été modifiée pour reconnaître un droit à la paix.
2. Quelles sont les avancées et les points de blocage 25 ans après les
accords d'Oslo ?
Avancées : Les accords de 1993 entre l'OLP, représentée par Yasser Arafat, et le
ministre israélien Shimon Peres, avec Bill Clinton comme médiateur, ont abouti à un
accord historique. Ces accords représentent la résolution par l'ONU de 1967, dont
l'objectif est la paix commune. En 1995 et 1993, les accords d'Oslo ont repris cette idée
sur le papier, offrant une perspective d'espoir, mais sans résoudre complètement les
tensions.
Points de blocage : Le conflit persiste, et il concerne toujours le statut de Jérusalem, la
question des réfugiés palestiniens, et les territoires occupés par Israël et les colonies. Il
existe aussi des organisations terroristes comme le Hamas et le Hezbollah, qui rendent
les guerres irrégulières et asymétriques. Les accords d'Oslo semblent donc une utopie.
Le gouvernement de Benjamin Netanyahou, de plus en plus nationaliste, rend la
situation encore plus difficile, et le 7 octobre 2023, le Hamas attaque la population
civile israélienne.
3. Pourquoi Jérusalem est-elle un point de tension dans le conflit israélo-
palestinien de 1947 à nos jours ?
Le statut de Jérusalem pose un problème depuis 1947. À cette époque, il est désigné
comme une ville internationale, au centre d'un État arabe. En 1949, Jérusalem est
divisée en deux, et suite à la guerre des Six Jours en 1967, Israël installe des colonies à
Jérusalem-Est. En 1980, Israël instaure une loi revendiquant Jérusalem comme sa
capitale. Aujourd'hui, une clôture de sécurité est mise en place autour des colonies
pour protéger son territoire. Ainsi, en plus d'être sous tension religieuse, Jérusalem fait
face à des conflits territoriaux entre les deux peuples. Les Israéliens et les Palestiniens
refusent de céder ce territoire.
4. Quels sont les arguments de Benjamin Netanyahou justifiant sa
politique vis-à-vis du conflit ?
Pour Benjamin Netanyahou, le monde autour d'Israël devient de plus en plus dangereux
car l'islam est contre les Juifs, l'Amérique et l'Occident. Selon lui, l'existence même
d'Israël pose un problème et rend l'islam militant. Des offres d'échanges de terres ont
été proposées et il y a eu des tentatives pour régler les conflits, mais cela n'a pas suffi.
En effet, en 2005, Israël s'est retiré de Gaza.
5. Pourquoi la résolution du conflit israélo-palestinien est-elle bloquée ?
L'aspect territorial du conflit rend sa résolution complexe. Comment deux ennemis
peuvent-ils être chez eux au même endroit ? C'est un jeu à somme nulle : les gains de
l'un sont égaux aux pertes de l'autre. Les générations se multiplient, mais personne, ni
d'un côté ni de l'autre, ne renonce à ce qu'ils estiment être leur terre. À ce conflit
territorial, la seule solution véritablement envisagée et envisageable reste la solution à
deux États. Autrement dit, il faudrait diviser la terre de manière équitable entre un État
palestinien et un État israélien, qui seraient souverains sur leur portion respective et
pourraient vivre en sécurité et en toute liberté.
Néanmoins, les colonies sont incontestablement un obstacle à la mise en place d'une
solution à deux États. L'extension des colonies en Cisjordanie a démembré le territoire
palestinien, qui ressemble désormais à un archipel (voir cartes ci-dessus). Afin
d'obtenir une continuité territoriale nécessaire à un État palestinien viable, il faudrait
vider les colonies israéliennes, une solution que les plus de 600 000 colons et le
gouvernement Netanyahou, qui encourage la colonisation, ne sont pas prêts à
accepter.
Djihadisme : Mouvement politico-religieux fondé sur une lecture littérale des textes
religieux de l'islam, cherchant à conquérir par la violence et l'expansion des
populations et des terres non encore musulmanes.
Islamisme : Idéologie souhaitant organiser l'intégralité du système d'un État autour de
la religion musulmane.
Panarabisme : Mouvement politique, culturel et idéologique visant à réunir et unifier
les peuples arabes.
Jalon 2 - Les deux guerres du Golfe (1991-2003) et leur prolongement
d'une guerre interétatique à un conflit asymétrique.
Comment les deux guerres du Golfe influencent-elles l'ordre mondial imaginaire à
la fin de la Guerre froide et le basculement dans une logique de conflits plus
inégaux ?
A - LES DEUX GUERRES DU GOLFE (1991-2003)
1. Enjeux territoriaux pour la maîtrise des hydrocarbures (l'Irak du Koweït
affaibli) et l'importance maritime sur le Golfe Arabo-Persique.
2. Défendre les valeurs démocratiques, puisque le non-respect des valeurs
humaines et du droit international conduit à une action militaire visant à
maintenir la stabilité économique du pays. Cela inclut également la mise en
place d'un ordre international basé sur la justice, en soutenant le
développement économique et social tout en maintenant le
multilatéralisme, même si les États-Unis se définissent encore comme les
"gendarmes du monde".
3. Il y a un risque de renforcement du terrorisme, d'aggravation de l'instabilité
régionale et de division de la communauté internationale.
B - LA GUERRE ET SES PROLONGEMENTS : D'UNE GUERRE INTER-ÉTATIQUE À
UN CONFLIT ASYMÉTRIQUE
1. Depuis 2003, on parle de conflits confessionnels entre sunnites et chiites. Il y a
aussi une montée du terrorisme qui profite de la désorganisation du pays et de
la pauvreté des habitants, ainsi que de la fragilité politique. Tout cela s'est
aggravé par la guerre civile. L'intervention des États-Unis est une violation du
droit international, des principes de l'ONU et du multilatéralisme. Cela a aussi
permis de négocier un territoire pour la paix entre Israël et la Palestine.
L'intervention a encore plus désorganisé le pays avec le maintien du laïcisme en
Irak. Les terroristes en profitent pour s'implanter.
2. La Syrie connaît une guerre civile entre sunnites et chiites, exacerbée par
l'intervention étrangère. Le pays a été envahi par des djihadistes, notamment
l'État islamique (Daech), qui a implanté son califat en Syrie et en Irak.
3. Confrontation entre deux camps : Al-Qaïda et l'État islamique (Daech) contre
l'armée syrienne de Bachar al-Assad, soutenue par la Russie. Il y a aussi une
coalition d'États et de milices venues lutter contre la dictature. À cela s'ajoutent
des alliances avec des pays proches des États-Unis (Qatar, Jordanie, Arabie
Saoudite, Turquie).
4. Nous sommes face à un conflit interétatique et à une intervention unilatérale qui
n'a pas mené à la paix, mais plutôt à la montée du djihadisme et du terrorisme.
Le Moyen-Orient est devenu un lieu de conflit impliquant de nombreux acteurs à toutes
les échelles. Il possède en effet des richesses pétrolières qui attirent de nombreuses
puissances comme la Russie et les États-Unis. Ces puissances cherchent à préserver
leurs intérêts et agissent au Moyen-Orient tout en maintenant certains conflits, comme
le conflit israélo-arabe.
Conclusion du thème :
Les conflits contemporains, aux formes variées, reflètent l'évolution des relations
internationales et des enjeux géopolitiques. Les confrontations ne se limitent plus aux
guerres entre États, mais incluent des acteurs transnationaux et des tactiques comme
la guérilla et le terrorisme, comme en témoignent Al-Qaida et Daech. Le modèle de
Clausewitz, qui définissait la guerre comme une continuation de la politique, est remis
en question par ces nouvelles formes de conflits.
La construction de la paix a aussi évolué, des traités de Westphalie à l'ONU sous Kofi
Annan, mais il reste difficile de maintenir une paix durable, comme le montre le Moyen-
Orient. Malgré de nombreuses tentatives, le conflit israélo-arabe et les guerres du Golfe
montrent que des obstacles politiques et idéologiques empêchent une résolution
définitive. Les conflits actuels nécessitent une approche globale, adaptée aux
spécificités de chaque situation, pour espérer une paix durable.
L'histoire et la mémoire des conflits jouent un rôle crucial dans cette quête de paix. Les
mémoires collectives influencent la perception des événements et les relations entre
les peuples, souvent en exacerbant les tensions. Ainsi, la réconciliation et la
construction d'une paix durable passent aussi par un travail sur la mémoire,
permettant de dépasser les rancœurs du passé et de favoriser la coopération
internationale.