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L'ETAT

Le document explore l'origine et les finalités de l'État, en opposant les thèses de l'origine naturelle et contractuelle, tout en discutant de la relation entre l'État et la violence. Il présente les perspectives de Rousseau, qui voit l'État comme garant de la liberté, et de Hobbes, qui le considère comme un Leviathan nécessaire à la sécurité, tout en abordant les critiques marxistes et anarchistes qui dénoncent l'État comme un instrument de domination. La conclusion souligne l'importance des rapports entre l'homme et la liberté dans le contexte de l'État.

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Le document explore l'origine et les finalités de l'État, en opposant les thèses de l'origine naturelle et contractuelle, tout en discutant de la relation entre l'État et la violence. Il présente les perspectives de Rousseau, qui voit l'État comme garant de la liberté, et de Hobbes, qui le considère comme un Leviathan nécessaire à la sécurité, tout en abordant les critiques marxistes et anarchistes qui dénoncent l'État comme un instrument de domination. La conclusion souligne l'importance des rapports entre l'homme et la liberté dans le contexte de l'État.

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L’ETAT

INTRODUCTION

L’avènement de l’Etat correspond à une mutation radicale par laquelle l’organisation traditionnelle de la
société s’est complexifiée, s’est consolidée à travers des institutions politiques.

Ne se confondant ni avec la société, ni avec la nation, ni avec la patrie, l’Etat peut se définir comme :
« Une société organisée ayant un gouvernement autonome et jouant le rôle d’une personne morale
distincte à l’égard des sociétés analogues avec lesquelles elle entre en relation ».

Dans tous les cas, l’Etat se présente comme un ensemble d’institutions politiques juridiques et
administratives structurant une nation à l’intérieur d’un territoire déterminé.

Mais d’où vient l’Etat ? Quelles sont les finalités de l’Etat ? Quels rapports entretient-il avec la
liberté de ses membres ? L’Etat est-il nécessairement violent ?

I) ORIGINES ET FINALITES DE L’ETAT

Deux thèses s’affrontent sur la question de l’origine de l’Etat : celle de l’origine naturelle et celle de
l’origine contractuelle.

 La thèse de l’origine naturelle est surtout développée par Aristote qui considéré que l’Etat est le
résultat d’une évolution naturelle des sociétés humaines passant par la famille, le village, la société pour
donner naissance à la cite ou l’Etat.
 La thèse de l’origine contractuelle est défendue par les théoriciens du droit naturel comme Rousseau ou
Hobbes. Cette thèse considère que l’Etat est le fruit de la créativité humaine, un artifice par lequel
l’humanité sort de l’état de nature devenu peu vivable.

Rousseau et Hobbes s’accordent sur l’idée que c’est un contrat social ou pacte d’association qui va
engendrer l’Etat.

En effet, à l’hypothétique état de nature les rapports interindividuels sont régis par la seule force, c’est le
règne de l’arbitraire, de l’injustice et de l’inégalité naturelle.

Le contrat social qui consacre l’avènement de l’Etat, fait naître une loi civile qui réorganise les rapports
entre les individus et place l’ensemble des pouvoirs sous son autorité exclusive.
Le problème de Rousseau est le suivant : Comment faire pour que l’indépendance naturelle de
l’homme soit préservée dans le cadre de l’Etat?

Il s’agit de faire en sorte que le droit prime sur la force et la justice sur l’instinct. Ou comme le note
Lamennais, « Qu’entre le fort et le faible, ce soit la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. Car,
dans le cadre de l’Etat, le maître n’est jamais assez fort pour rester toujours le maître s’il ne
transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir ». On peut donc retenir chez Rousseau que la
loi n’est pas entrave ou obstacle à la liberté de l’individu, elle est plutôt la garante du droit et de la
liberté de individu car, « Il n’ya point de liberté sans loi ». Ainsi pour Rousseau, la finalité première et
essentielle de l’Etat, c’est de promouvoir la liberté du citoyen et d’assurer les conditions de son
épanouissement. Il ya donc un lien sans faille entre l’Etat et la liberté. C’est pourquoi, selon Rousseau,
par le contrat social, il s’agit de : « Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la
force commune la personne et les biens de chaque associé en sorte que chacun s’unissant à tous,
n’obéisse pourtant qu’à lui même et reste aussi libre qu’auparavant».

Ainsi le pouvoir du prince n’est que l’émanation de la volonté générale. Dans l’Etat de droit la liberté
individuelle est garantie par le fait qu’en obéissant au souverain et à la loi, le peuple n’obéit qu’à lui-
même. Or, « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté».

Rousseau se présente ainsi comme le premier théoricien de la démocratie participative.

Quant à Hobbes, il considère que c’est l’instinct de conservation qui pousse les hommes à conclure un
contrat social par lequel ils transfèrent leur droit naturel à l’Etat incarné par le LEVIATHAN. Selon
Hobbes, le LEVIATHAN doit confisquer toutes les libertés individuelles et exercer une domination
suffisamment forte sur ses sujets pour leur inspirer terreur et crainte.

Cette Absolutisme hobbien trouve sa justification dans la cruauté naturelle de l’homme et sa propension à
la violence. Mais le problème posé par la théorie hobbienne de la représentation est le suivant : La liberté
de tous s’obtient au prix du sacrifice des libertés individuelles. Ce qui pose le problème de la
légitimité de la violence dans l’Etat.

II) L’ETAT ET LA VIOLENCE

Au XVIe siècle, MACHIAVEL montrait déjà que la violence est consubstantielle au pouvoir de l’Etat. Il
considère en effet que l’ordre du politique s’oppose diamétralement à celui de l’éthique. Pour lui donc,
en politique, la fin justifie les moyens. Cela signifie que le chef politique doit disposer des qualités
fondamentales suivantes : il doit avoir la force du lion, la ruse du renard et l’éloquence du démagogue.
Pour MACHIAVEL donc, la violence, l’hypocrisie et le mensonge sont des auxiliaires au service du
pouvoir politique. MACHIAVEL consacre ainsi le divorce radical entre la politique et l’éthique.

Les analyses de Max WEBER inscrivent aussi la violence au cœur même de l’Etat. Pour lui en effet,
l’Etat moderne est marqué par le fait de revendiquer avec succès le monopole de la violence physique
légitime. WEBER ajoute même que « L’autorité de l’Etat ne peut exister qu’à la condition que les
dominés se soumettent à l’autorité revendiquée chaque fois par les dominateurs ». Il est donc de
l’essence de l’Etat de reposer essentiellement sur la violence et la domination.

Cela pose le problème des r apports de l’Etat avec les libertés individuelles.

Si tout Etat est violent, cette violence est-elle toujours légitime ? Quelles sont les fondements de
l’obéissance ? L’obéissance ne devient-elle pas un devoir lorsque l’Etat abuse du pouvoir qui lui est
confié ?

Le problème de l’Etat c’est que les droits de l’homme ne coïncident jamais pleinement avec les droits du
citoyen. Ce qui signifie que l’autorité de l’Etat se tient nécessairement dans les limites de l’espace public.
Mais son intervention dans l’espace privé des citoyens serait illégitime.

L’enjeu de cette séparation espace public et espace privé, c’est la liberté inaliénable du citoyen. Chez les
théoriciens rationalistes de l’Etat comme Rousseau ou Hobbes, l’Etat est une réalité transcendante dont
la mission essentielle est la sécurité et la liberté des citoyens.

Cependant, cette transcendance de l’Etat et sa vocation à assurer la liberté et la sécurité de ses membres
seront fortement récusés par les Marxistes et les Anarchistes.

III) LA PROBLEMATIQUE DE LA LIBERTE DANS L’ETAT

Pour les Marxistes, l’Etat n’est pas une réalité transcendante dont la finalité serait la liberté et la sécurité
de ses membres. Pour Marx, toutes les sociétés humaines, de l’antiquité à nos jours, sont marquées par
l’antagonisme entre deux classes : une classe dominante et une classe dominée, une classe exploitante
et une classe exploitée. Ainsi, tout Etat selon Marx, consacre la domination d’une classe sur une autre,
l’exploitation de l’homme par l’homme. L’intérêt de l’Etat, c’est l’intérêt de la classe dominante. Pour
mettre fin à cette injustice, Marx préconise le « dépérissement de l’Etat » au profit d’une société sans
classe à savoir le communisme.

Pour le Marxisme donc, seul l’Etat communiste est apte à promouvoir la liberté et la sécurité de ses
membres.
Quant aux anarchistes BAKOUNINE, MAX STIRNER… ils considèrent l’Etat comme l’ennemi
premier de la liberté individuelle. Pour eux, l’organisation étatique est incompatible avec
l’épanouissement et la réalisation de l’individu. Ainsi, selon BAKOUNINE : « L’Etat c’est
l’immolation de chaque individu, la destruction de la société vivante, la complète négation de la vie.
L’Etat est un monstre dévorant qui se nourrit de sacrifices humains ».

Les anarchistes préconisent la liquidation violente de l’Etat considéré comme le mal absolu. Mais,
c’est le marteau Nietzschéen qui va sonner le coup de grâce définitif de l’Etat : « L’Etat est le nom du
plus froid des monstres glacés, il ment froidement. Et ce mensonge qui sort de sa bouche dit : « Moi
l’Etat je suis le peuple ». L’Etat ment dans toutes les langues. Et quoi qu’il dise, il ment. Quoi qu’il
a, il l’a volé. Beaucoup trop d’hommes viennent au monde et l’Etat fut créé pour les rendre
superflus. Là où cesse l’Etat commence la vie de l’homme ».

CONCLUSION

Ces critiques adressées à L’Etat mettent au goût du jour le problème fondamental des rapports de
l’homme à la liberté.

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