Cours
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Introduction
Le commerce électronique peut être défini comme toute opération de vente de biens et de
services fait à travers un canal électronique. L’internet n’est donc qu’un support parmi d’autres
du e-commerce avec, entre autres, l’EDI (échanges des données informatisées), le Minitel (en
France) voire même le téléphone (Audio tel) ou la télévision (PayPer-View).
Ainsi le E-commerce s’analyse par le fait de faire des transactions commerciales impliquant
l’échange de valeur entre les parties concernées sur les réseaux sociaux.
C’est dans les années 80 et 90 que le commerce électronique a commencé à se développer avec
l’essor des technologies de l’information et de la communication. Certaines organisations et
entreprises l’ont pratiqué à travers l’échange de données informatisé (EDI) Les grands groupes
industriels ont adopté cette technologie et l’ont imposée à leur multitude de fournisseurs de
produits semi-finis et de services, rationalisant ainsi leur système d’approvisionnement et
réalisant du même coup des gains de productivité grâce aux techniques du « juste à temps ». Ce
type de technologie était basé sur des systèmes propriétaires fermés qui en limitaient
considérablement la portée et mettait en exergue dans un premier temps : le commerce entre
entreprises (B to B) ou le commerce entre professionnels et consommateurs (B to C),
C’est en 19961 que Commission des Nations Unies pour le droit commercial international
(CNUDCI) sur le commerce électronique a élaboré un dispositif juridique sur le commerce
électronique au regard des risques que cette activité peut engendrer. En effet, la Commission
des nations unies a adopté deux lois types notamment la loi sur le commerce électronique de
1996 et celle de 20052 sur les signatures électroniques.
La loi type de 1996 sert de modèle pour toute législation avec l’objectif de faciliter l’échange
international de messages électroniques à des fins contractuelles. Cette loi de 1996 avait un
champ d’application assez précis en ce qu’elle visait les contrats électroniques et s’est étendue
petit à petit à tout le commerce électronique. Elle concerne essentiellement le formalisme et la
preuve des contrats. La loi type considère que les contrats passés sous forme électroniques
doivent être considérés comme remplissant les exigences de preuve et de formalisme posées
1
Adoptée le 16 décembre 1996 www.uncitral.org/french/ texts/ electcom/ml-ecomm6htm
2
Adoptée le 05juillet 2001 www.unicitral .org/french/texts/electcom/ml-elecsign.pdf
par les droits nationaux. Cet encadrement juridique est devenu nécessaire avec le
développement du web et explosion des transactions électroniques.
A l’image des pays développés, la CEDEAO a défini un cadre juridique efficace pour réguler
les transactions électronique que la plupart des états membre ont transposé : l’acte additionnel
A/SA/.2/01/10 portant transaction électroniques dans l’espace de la CEDEAO. Au dela de
l’harmonisation des législations sur les transactions électroniques dans l’espace de la
CEDEAO, l’acte permet de sécuriser le commerce électronique. Le préambule de l’acte stipule
qu’il vise à « assurer la sécurité et le cadre juridique nécessaire à l’émergence des transactions
électroniques dans l’espace de la CEDEAO ».
Un magasin toujours ouvert Les boutiques en lignes peuvent fonctionner 24/24, alors que les
magasins physiques ont des horaires limités ce qui est une opportunité pour les usagers ;
Une Concurrence rude implique une obligation de compétitive, En effet pour un méme
produit, le consommateur peut comparer les prix entre différentes enseignes. Les
consommateurs sont très bien informés et n'hésitent pas à faire jouer la concurrence.
La sécurité des informations est en jeu dans le cadre du commerce électronique, les pirates
informatiques sont nuisibles à l’activité et c’est l’un des inconvénients majeurs du E-commerce.
Les adresses Internet des sites sécurisés sont facilement identifiables, la carte bancaire est la
méthode la plus répandue pour payer ses achats en ligne. Les adresses Internet des sites
sécurisés sont facilement identifiables. Donc les hébergeurs doivent sécuriser leur site. Un petit
cadenas doit aussi être affiché en position fermée, à côté de l'adresse de la page de paiement.
En outre, avec l’avènement du commerce électronique, il est devenu nécessaire que cette
activité soit encadrée juridique, en effet, le droit a été ressenti comme une possible entrave à la
liberté des échanges telle que le permettait internet. Certains ont craint un vide juridique,
d’autres ont plaidé pour une sécurité accrue en recommandant l’usage de techniques
particulières. Toutes les branches du droit ont ainsi été interpellées et concernées.
Ce cours va porter respectivement sur la Notion du E-commerce (Chapitre 1) les types de
contrats qu’on rencontre dans le cadre de cette activité (Chapitre II) et le règlement des litiges
dans le E-commerce (Chapitre III).
Chapitre 1 Notion du commerce électronique et évolution
Au sens générique du terme le commerce électronique encore appelé le E-Commerce signifie
l’achat ou la vente d’un bien ou service à travers l’internet grâce à un ordinateur ou un
smartphone avec un paiement qui s’effectue en ligne par transaction électronique. Des
organisations ont défini le commerce électronique en ces termes :
L’OMC voit en cette notion « comme étant l’ensemble des activités de production, de publicité,
de vente et de distribution de produits effectuées par l’intermédiaire de réseaux de
télécommunication » (OMC, 1998). Tandis que pour l’OCDE « le commerce électronique
désigne en général toutes les formes de transactions Commerciales, associant les particuliers et
les organisations, qui reposent sur le traitement et la transmission de données numérisés,
notamment texte, son et image » (OCDE, 1997).
Pour la Commission européenne, 1997 : « Le commerce électronique permet de faire des
affaires électroniquement. Il est fondé sur le traitement électronique et la transmission des
données, y compris textuelles, sonores et vidéos. Il couvre des activités multiples et diverses,
et notamment le commerce des biens et services, la livraison en ligne d’informations
numériques, les transferts électroniques de fonds, les activités boursières électroniques, le
connaissement électronique, les enchères commerciales, la conception en collaboration et
l’ingénierie, le sourçage en ligne, les marchés publics, la vente directe aux consommateurs et
les services après-vente. Il concerne tant les produits (biens de consommation, équipement
médical spécialisé, par exemple) que les services (services d’information, services financiers et
juridiques, par exemple), les activités traditionnelles (soins de santé, éducation, par exemple)
et des activités nouvelles (centres commerciaux virtuels, par exemple). »
Cette définition de la commission européenne couvre en général les transactions électroniques
elle détaille les types d’activités et les produits échangés dans ce cadre.
La loi n°2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques, en son article 8, donne
une définition en délimitant le champ d’application du commerce électronique en ces termes
«le commerce électronique est l’activité économique par laquelle une personne propose ou
assure, à distance et par voie électronique, la fourniture de biens et la prestation de services.
Entrent également dans le champ du commerce électronique les services tels que ceux
consistant à fournir des informations en ligne, des communications commerciales, des outils de
recherche, d’accès et de récupération de données, d’accès à un réseau de communication ou
d’hébergement d’informations, même s’ils ne sont pas rémunérés par ceux qui les reçoivent»
Ce champ d’application est complété par L’article 4 du décret -n° 2008-718 du 30 juin 2008
relatif au commerce électronique pris pour l’application de la loi n° 2008 -08 du 25 janvier 2008
sur les transactions électroniques qui precise que «la fourniture d’un produit ou d’un service
non demandé par un consommateur n’est pas une activité commerciale au sens de l’article 8 de
la loi sur les transactions électroniques.
Toute fourniture non sollicitée est purement simplement interdite lorsqu’elle est assortie d’une
demande de paiement, sous quelque forme que soit».
Ces dispositions précisent les activités du commerce et excluent du champ tout acte qui n’en
fait pas partie application du E- commerce.
La Loi type de la CNUDCI sur le commerce électronique (1996), elle établit des règles portant
sur la formation et la validité des contrats conclus par voie électronique, l'attribution des messages
de données, l'accusé de réception et la détermination du moment et du lieu d'expédition et de
réception des messages de données. Cet instrument juridique établit des règles permettant de traiter
de la même manière toutes les informations, qu’elles soient sous forme électronique ou sur support
papier, et d’assurer la reconnaissance juridique des opérations et processus électroniques, sur la base
des principes fondamentaux de non-discrimination à l’égard des moyens électroniques,
d’équivalence fonctionnelle et de neutralité technologique.
La Loi type de la CNUDCI sur les documents transférables électroniques (2017) applique les
mêmes principes pour permettre et faciliter l’utilisation, sous forme électronique, des documents et
instruments transférables, comme les connaissements, les lettres de change, les chèques, les billets à
ordre et les récépissés d’entrepôt.
La Loi type de la CNUDCI sur les signatures électroniques (2001) énonce des règles
supplémentaires sur l’utilisation des signatures électroniques.
La Convention des Nations Unies sur l’utilisation de communications électroniques dans les
contrats internationaux (New York, 2005), qui se fonde sur les précédents textes de la CNUDCI,
est le premier traité qui apporte une sécurité juridique pour la conclusion de contrats commerciaux
internationaux par des moyens électroniques.
En 2019, la CNUDCI a approuvé la publication de l’Aide-mémoire sur les principales questions liées
aux contrats d’informatique en nuage, tout en poursuivant l’élaboration d’un nouvel instrument sur
l’utilisation et la reconnaissance internationale des services de gestion de l’identité et des services
d’authentification de nature électronique
Avec les progrès survenus dernièrement dans le domaine des technologies de l’information et des
communications et de l’apparition de nouvelles technologies dans le secteur du commerce
numérique, la CNUDCI poursuit ses efforts en faveur de la reconnaissance juridique des
technologies émergentes, comme l’intelligence artificielle, les transactions de données, les
plateformes numériques et les avoirs numériques, en tenant compte de leurs liens avec ses autres
domaines de travail, comme le règlement des différends, les sûretés, l’insolvabilité et le transport
international de marchandises, et continuera de s’attacher, d’une manière plus générale, à
promouvoir le commerce numérique.
Le contrat électronique est devenu un élément indispensable pour toute entreprise qui cherche à assurer
sa pérennité et à se développer dans un environnement tourné davantage vers le digital. Il est important
pour ces dernières de maitriser les règles de déploiement des activités sur le net et d’avoir une stratégie
bien élaborée afin de maintenir leur compétitivité croissance à moyen et long terme pour survivre dans
cet atmosphère très concurrentiel.
Le contrat électronique est un accord de volonté signé ou conclu par voie électronique. Il garde
toutes les caractéristiques de base d’un contrat classique avec des spécificités. Il se caractérise
par l’utilisation des technologies de communication pour développement le commerce3.Le contrat
électronique est conclu dans ces des circonstances suivantes :
l’accord est conclu à distance car les parties ne sont pas présentes dans le méme lieu
physiquement lors de la signature
le contenu de la convention ne se fait pas sur papier mais par voie électronique.
le consentement est exprimé par voie électronique par la signature
Au Sénégal la loi n° 2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques et son décret
n° 2008- 08 du 25 janvier 2008 relatif commerce électronique réglementent l’activité du
commerce électronique.
Dans cette partie, il sera exposé les différents types de contrats électroniques (Secton1) Section
I avant de traiter l’exécution du contrat section II).
3
Ferré P . « Cours de Droit du Commerce électronique » Paul Sabatier IUP TARBES année 2004 2005 54p, p3
4
Ferré P . « Cours de Droit du Commerce électronique » Paul Sabatier IUP TARBES année 2004 2005 54p 6
En effet ; le fournisseur d’accès va relier l’entreprise à l’internet, en passant par la société de
prestation de services de l’internet qui va développer, héberger et assurer le fonctionnement
quotidien d’un site web. Ainsi il est constaté que plusieurs acteurs de l’internet peuvent
intervenir notamment les prestataires classiques tels que des éditeurs de logiciels ou des
agences de communication ou de design, mais aussi des sociétés spécialisées, tels que les
prestataires d’hébergement, les fournisseurs d’accès, les régies de publicité en ligne conception
et réalisation du site.
A- Les intervenants dans ces contrats
La vente de professionnel à professionnel sur l’internet permet de réduire les délais et les coûts
de recherche d’informations. Généralement, les sites destinés aux professionnels délivrent un
nom d’utilisateur et un mot de passe sous environnement sécurisé afin d’établir une relation
contractuelle entre l’acheteur et le vendeur. Le site ne garantit souvent ni les délais de livraison,
ni la logistique permettant d’acheminer les biens jusqu’à l’acheteur. Les moyens de paiement
généralement utilisés consistent en traites ou virements de compte à compte.
- Le Business to Consumer (B 2C)
Comme tout contrat, le contrat électronique doit respecter les quatre conditions de validité : le
consentement, la capacité, l’objet et la cause.
1- Le consentement des parties au contrat doit exister et être exempt de
vices (erreur, dol, violence). Lors d’une transaction électronique, le cyberacheteur
exprime son consentement en cliquant sur un bouton qui l’invite à valider une
décision d’achat. Le cybermarchand doit mettre en œuvre une procédure de
validation obligatoire du « oui » par double clic. L’affichage d’un prix erroné
entraîne un vice du consentement et donc la nullité du contrat. Le consentement se
traduit par l’acceptation de l’offre commerciale.
2- La capacité : en principe, toute personne majeure peut contracter car elle dispose
d’une pleine capacité. Toutefois, le mineur non émancipé et le majeur incapable
(sous tutelle ou curatelle), doivent être représentés lors de la conclusion du contrat.
Il est cependant difficile pour le cybermarchand de s’assurer que les personnes
connectées satisfont bien aux critères requis pour pouvoir avoir accès à tel ou tel
produit ou service.
3- L’objet c’est-à-dire la prestation promise doit être licite et conforme à l’ordre
public. Le cybermarchand est obligé de s’assurer que les produits proposés sont
autorisés par les lois nationales
4- La cause c’est-à-dire les raisons qui ont conduit les parties à contracter doit être
licite et conforme à l’ordre public et aux bonnes mœurs.
B- Obligations et principes
1- Obligations des parties
- C- La formation du contrat
Le processus de formation du contrat passe la mise à disposition du consommateur des
conditions contractuelle des informations par le professionnel cyber vendeur ; Ainsi le
consommateur pourra contracter en en toute connaissance du produit ou services demandés.
Le professionnel met à disposition du consommateur des informations de manière à le mettre
en mesure de contracter en toute connaissance de cause. Etape 2: le premier clic, ou la
vérification de la commande.
1- L’offre commerciale
Le contrat suppose la rencontre des volontés des parties. Pour que le contrat soit valablement
formé, il faut une offre suivie d’une acceptation. Des conditions ont été fixées pour la validité
de l’offre et de l’acceptation .Pour que l’offre soit valable, elle doit respecter certaines
conditions. En effet, elle doit revêtir certaines caractéristiques : l’offre doit être ferme, précise
et non équivoque. En ce sens l’article 8 du décret n° 2008-718 du 30 juin 2008 relatif au
commerce électronique pris pour l’application de la loi n° 2008 -08 du 25 janvier 2008 sur les
transactions électroniques prévoit que les informations insérées dans l’offre « doivent être non
équivoques, lisibles, d’un accès facile et permanent à partir de la page d’accueil du site web du
fournisseur électronique des biens ou du service ». La précision de l’offre signifie que l’offre
doit revêtir les éléments essentiels nécessaires à la formation du contrat. Conformément l’alinéa
2 de l’article 24 de la loi sur les transactions électroniques du Sénégal, le fournisseur
électronique des biens et du service est tenu de préciser dans son offre les éléments suivants :
les différentes étapes à suivre pour conclure le contrat par voie électronique ;
les moyens techniques permettant à l'utilisateur, avant la conclusion du contrat,
d'identifier les erreurs commises dans la saisie des données et de les corriger ;
les langues proposées pour la conclusion du contrat;
en cas d'archivage du contrat, les modalités de cet archivage par l'auteur de l'offre
les conditions d'accès au contrat archivé ;
les moyens de consulter par voie électronique les règles professionnelles et
commerciales auxquelles l'auteur de l'offre entend, le cas échéant, se soumettre.
En plus de ces éléments, l’article 8 du décret n° 2008-718 du 30 juin 2008 relatif au commerce
électronique pris pour l’application de la loi n° 2008 -08 du 25 janvier 2008 sur les transactions
électroniques ajoute l’obligation pour le fournisseur électronique de préciser notamment : les
caractéristiques essentielles du produit ou du service proposé, le prix avec toutes les taxes
comprises, la durée de validité de l’offre, les modalités de paiement, de livraison ou
d’exécution.
L’offre sur internet est généralement adressée à un public via le web ou les forums de
discussion. Mais, il peut aussi arriver qu’elle concerne des personnes déterminées. C’est le cas
de l’offre adressée par les courriers électroniques, les IRC (Internet Relay Chat) ou les ICQ.
L’IRC est un protocole permettant à plusieurs internautes de communiquer en direct dans des
forums privés. Par contre, l’ICQ qui est admise depuis 2008, est un logiciel de messagerie
instantanée, VoIP, et de visioconférence où les utilisateurs sont identifiés par des numéros UIN
(Universal internet Number).
Cependant, il est difficile de distinguer parfois ce qui relève du public ou du privé. Tel est le
cas, par exemple d’une offre envoyée via un courrier électronique à un nombre important de
personnes. L’offre sera ainsi considérée comme publique dès lors que l’offrant ne s’adresse
pas nominativement à chacun des bénéficiaires. Alors il est recommandé au pollicitant, lorsque
son offre n’est pas destinée au public, de s’adresser nominativement à chacun des bénéficiaires
afin de lever toute équivoque. Toutefois, l’offre formulée via internet peut être exprimée de
différentes manières.
2- Les moyens d’expression de l’offre : la publicité
Dans le contrat conclu via internet, la soumission de l’offre se fait le plus souvent par la voie
de la publicité (a) ou de la prospection (b).
a- La publicité sur internet
La publicité sur internet revêt une importance plus grande que celle traditionnelle. Ceci qui
s’explique par le fait qu’elle est moins coûteuse et peut parvenir à un grand nombre de
demandeurs rapidement. Selon une étude réalisée aux environs de l’année 1999, il avait été
souligné que les investissements publicitaires aux Etats-Unis s’étaient élevés à plus de 12
milliards de francs sur le réseau, et que ce marché doublait chaque année5. Selon eMarketer.com
- via ZDNet.fr/chiffres-clés, 104,22 milliards de dollars ont été dépensés dans le monde en
publicité sur Internet au cours de l’année 2013. Il estime que le marché mondial devrait atteindre
un peu plus de 163 milliards de dollars en 2016. En France, le chiffre d’affaires net de la
publicité sur Internet est évalué à 1,440 milliard d’euros pour les six premiers mois de l’année
2014.Quoiqu’il en soit, la publicité sur Internet doit faire l’objet d’une réglementation stricte
pour que celle-ci soit saine et loyale.
5
Verbiest M.T publicité Marketing sur internet oc 199 www.juriscom/Net/thémes/index.htm
En droit Sénégalais, des restrictions ont été même posées à l’article 27 de la loi sur les
transactions électroniques, afin d’éviter que la publicité ne nuise le cocontractant lors de la
conclusion du contrat sur internet. Ces restrictions sont fixées comme suit :
- le fournisseur électronique doit veiller à ce que la publicité n’altère pas le consentement
du cocontractant. « elle ne doit pas ainsi être de nature à induire le consommateur en
erreur sur l’offre réellement proposée et en particulier sur l’entreprise à l’origine de
l’offre conformément à l’article 13 de la loi sur les transactions électroniques » ;
- « la publicité ne doit, sous quelque forme que ce soit, inciter le consommateur à cliquer
obligatoirement sur un message publicitaire » ;
- elle ne doit pas également porter atteinte à la vie privée ou professionnelle des
personnes, à la morale et à l’ordre public. «la publicité doit être conforme aux exigences
de décence et de respect de la dignité de la personne humaine ».
En plus de la publicité, la prospection directe constitue aussi un moyen d’expression de l’offre
sur internet.
b- La prospection directe
Au plan national la prospection directe est définie à l’article 2 de la loi n° 2008-08 du 25 janvier
2008 sur les transactions électroniques au Sénégal comme « toute sollicitation effectuée au
moyen de l’envoi de message, quel qu’en soit le support ou la nature notamment commerciale,
politique ou caritative, destinée à promouvoir, directement ou indirectement, des biens, des
services ou l’image d’une personne vendant des biens ou fournissant des services ».
Pour une meilleure protection des utilisateurs des réseaux de télécommunications contre les
messages non sollicités, la prospection directe est réglementée dans la plupart des Etats
membres de la CEDEAO. En effet, elle n’est autorisée que lorsque la personne qui la reçoit a
préalablement donné son consentement pour l’utilisation de ses données.
La prospection directe se fait parfois par le recours au « spamming » qui apparait comme
« l’envoi massif et non sollicité de messages à vocation commerciale ». Il consiste à envoyer
un même message à un nombre important d’internautes par des techniques diverses, sans que
leur volonté de le recevoir ne soit préalablement requise. Du fait qu’il est devenu un moyen
courant pour réaliser des programmes publicitaires à grande échelle, le spamming est source de
difficulté sur internet et cause des préjudices aux utilisateurs des réseaux de télécommunications
en provoquant l’encombrement des boites mails et la lenteur des connexions. La réglementation
du « spamming » est généralement envisagée à travers « l’opt-in » (opter pour) et « l’opt-out »
(opter contre).
l’opt-in: les prospecteurs sont tenus d’obtenir, préalablement à l’envoi de courrier
électroniques, le consentement des internautes à recevoir des sollicitations.
l’opt-out : à la différence de l’opt-in, c’est à l’internaute de choisir de ne pas recevoir de mails.
3- L’acceptation de l’offre sur internet
Dans le contrat conclu via Internet, l’acceptation de l’offre doit présenter certaines
caractéristiques (a) et faire l’objet de confirmation par son destinataire(b) pour être valable.
Dans certaines situations, l’acceptant a la possibilité de se rétracter (c).
a. Les caractéristiques de l’acceptation via internet
L’acceptation peut être définie comme « l’expression de l’intention définitive du destinataire
de l’offre, de conclure le contrat aux conditions prévues par l’offrant ». C’est donc, une
manifestation de volonté par laquelle une personne donne son accord aux éléments essentiels
de l’offre qui lui est faite. Par conséquent, l’acceptation doit être une réponse identique à
l’offre au risque de devenir une contre-proposition. C’est dire qu’ « une réponse qui tend à
être l’acceptation d’une offre, mais qui contient des additions, des limitations ou autres
modifications doit être considérée comme un rejet de l’offre, et constitue une contre-offre ».
En d’autres termes, l’acceptation ne peut être considérée comme valable lorsqu’elle a été
émise par erreur, ou lorsque l’acceptant a subi des manœuvres frauduleuses ou une violence
l’obligeant à contracter.
Ainsi, il est interdit l’usage de la contrainte dans le contrat électronique en disposant « nul ne
peut être contraint de poser un acte juridique par voie électronique ». Cette interdiction est prévu
par le Sénégal (article 18 de la loi n° 2008 -08 du 25 janvier 2008 sur les transactions
électroniques), la loi n° 2008 - 08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques au
Sénégal va même plus loin en consacrant à son article 42 « nul ne peut être contraint de signer
électroniquement». Toutes ces dispositions tendent à dire que l’acceptation doit être libre,
éclairée, non viciée et émise sans réserve. Si les conditions de l’offre sont réunies, l’acceptation
peut être exprimée de diverses manières pour sa confirmation. En d’autres termes, l’acceptation
ne peut être considérée comme valable lorsqu’elle a été émise par erreur, ou lorsque l’acceptant
a subi des manœuvres frauduleuses ou une violence l’obligeant à contracter .C’est ainsi qu’il
est interdit l’usage de la contrainte dans le contrat électronique en disposant « nul ne peut être
contraint de poser un acte juridique par voie électronique ».
La loi n° 2008 - 08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques au Sénégal va même
plus loin en consacrant à son article 42 « nul ne peut être contraint de signer électroniquement».
Toutes ces dispositions tendent à dire que l’acceptation doit être libre, éclairée, non viciée et
émise sans réserve. Si les conditions de l’offre sont réunies, l’acceptation peut être exprimée de
diverses manières pour sa confirmation.
b. Les moyens d’expression de l’acceptation sur internet
L’acceptation peut être exprimée par l’envoi d’un courrier électronique au destinataire comme
le précise ainsi l’article 28 de la loi sénégalaise susmentionnée sur les transactions électroniques
précise qu’« une lettre simple relative à la conclusion ou à l’exécution d’un contrat peut être
envoyée par courrier électronique ». Ou bien par le procédé du « simple clic » ou du « double
clic ».
S’agissant du simple clic, il a été considéré comme une atteinte au libre consentement de
l’acceptant dans la mesure où ce clic peut être effectué par erreur. Ce geste contractuel est vu
comme étant une pratique dangereuse pour l’acceptant du fait qu’elle ne lui garantit aucune
sécurité juridique. Pourtant une partie de la doctrine estime que le simple clic est suffisant pour
former le contrat sur internet en affirmant que « les tribunaux pourraient prendre en compte
l’usage qui s’est développé sur Internet pour convenir du fait que le cliquage sur le bouton
approuvé constitue effectivement une acceptation ». Accepter le simple clic comme suffisant
pour former le contrat sur internet pourrait porter préjudice à l’acceptant dans la mesure où
celui-ci peut cliquer par mégarde sur le bouton « valider » ou sur l’icône « envoyer ».
Dans ce cas, il commet une erreur difficile à réparer du fait que le contrat se forme et par la
même, reste producteur d’obligation que les parties, en vertu de la force obligatoire, seront
tenues d’exécuter sous peine de sanction. Pour éviter cette situation mais aussi pour sécuriser
la relation contractuelle sur internet, le Tribunal de grande instance de Paris considère que le
simple « cliquage » du client est insuffisant pour sceller l’accord des parties au contrat.
Le Sénégal s’inscrivant dans la même logique que le juge Français considère que l’acceptation
doit être concordante, pure et simple, complète, suffisamment explicite, consciente et doit avoir
lieu sur les éléments essentiels de l’offre pour aboutir à la formation du contrat sur internet.
Le double clic est considéré comme plus avantageux pour l’acheteur sur internet. Ainsi, le
premier clic lui permet de vérifier les détails de la commande afin que d’éventuelles erreurs
soient corrigées. Lorsque des corrections sont apportées par l’offrant et que toutes les conditions
relatives à l’offre sont respectées, il pourra procéder au second clic pour manifester son ultime
consentement. Cependant la confirmation de la commande va nécessiter un accusé de réception
de la part de l’auteur de l’offre. L’accusé de réception va permettre à l’acceptant d’avoir la
certitude de la réception de sa commande par le fournisseur électronique. L’article 30 de la loi
du Sénégal précitée ajoute que « la remise d’un écrit sous forme électronique est effective
lorsque le destinataire, après en avoir pris connaissance, en a accusé réception ». En revanche,
il est reconnu à l’internaute le droit de se rétracter même après la conclusion du contrat lorsque
celui-ci ne le satisfait pas.
c. L’exercice du droit de rétractation par l’acceptant.
L’acceptation de l’offre permet de conclure le contrat sur internet. Cependant, il existe des cas
où le destinataire de l’offre a la possibilité de se rétracter dudit contrat. L’exercice de ce droit
de rétraction n’est admis que lorsque certaines conditions sont réunies dans les cas Concernés
(1). En d’autres termes, il peut exister des situations ou l’acceptant ne pourrait pas se prévaloir
du droit de rétractation dans le contrat sur internet (2).
1. Les modalités d’exercice du droit de rétractation dans le contrat conclu sur internet
Le droit de rétraction est un moyen de protection des consommateurs dans le contrat sur
internet. Il se définit comme étant la faculté de se retirer, unilatéralement d’un engagement, au
mépris du principe de l’irrévocabilité de la promesse.
Le Sénégal à travers le décret n° 2008-718 du 30 juin 2008 relatif au commerce électronique
pris pour l’application de la loi n° 2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques.
L’alinéa 3 de l’article 12 dudit décret précise, à cet effet,que « le consommateur exerce son
droit de rétractation sur tout support durable». Il faut noter que la mise en œuvre du droit de
rétractation obéit à des conditions notamment en termes de délai. Concernant le Sénégal ont
harmonisé leur législation en fixant un délai de 7 jours pour se rétracter. En effet, l’article 12
du décret précité, dispose « pour tout contrat conclu par voie électronique, le consommateur
dispose d’un délai de 7 jours ouvrables pour se rétracter, sans indication de motifs et sans
pénalités ». Toutefois, à la différence de la loi du Sénégal, l’alinéa 2 de l’article 63 précité,
prévoit un délai de quatorze (14) jours quand il s’agit d’un service financier. Quoiqu’il en soit,
le délai accordé à l’acheteur pour se rétracter commence à courir à partir de la conclusion du
contrat pour les services ou de la livraison pour les biens.
Cependant, lorsque le fournisseur électronique de biens et services n’a pas satisfait aux
obligations d’information prévues à l’article 10 de la loi sur les transactions électroniques, le
délai de 7 jours est porté à 3 mois. Dans le cas où le fournisseur électronique fait parvenir les
informations nécessaires dans l’intervalle des 3 mois, le délai de 7 jours reste appliqué et
commence à courir à partir de la réception des informations par le consommateur.
Pour exercer le droit de rétractation, l’acheteur doit pouvoir disposer du produit afin de vérifier
la conformité. Cette vérification pourrait, également, lui permettre de détecter les vices cachés
du produit livré. C’est en ce sens qu’il faut comprendre le décret précité lorsqu’il précise que «
l’exercice du droit de rétractation suppose que le consommateur ait la possibilité d’essayer
l’objet commandé ou d’en faire usage ». La livraison de certains types de marchandises doit
respecter des conditions relatives par exemple à l’emballage pour éviter la détérioration du
produit lors du transport. En ce sens, s’il arrivait que le produit commandé soit détérioré lors
du transport, le consommateur a la possibilité d’exercer son droit de rétractation. Toutefois,
l’exercice du droit de rétractation n’est pas absolu et reste encadré.
II- Limite du droit de rétraction
L’article 16 du décret n° 2008-718 du 30 juin 2008 relatif au commerce électronique pris pour
l’application de la loi n°2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électronique exclut
l’exercice du droit de rétractation dans:
- les contrats de fournitures de services dont l’exécution a commencé avec le
- consentement du consommateur avant la fin du délai de rétractation ;
- les contrats de fournitures de produits confectionnés selon ses spécifications ou qui,
- du fait de leur nature, ne peuvent pas être réexpédiés parce que susceptibles de se
- détériorer ou de se périmer rapidement ;
- les contrats de fournitures d’enregistrements audio, de vidéo ou de logiciels
- informatiques descellés ou téléchargés directement par le consommateur ;
- les contrats de fournitures de journaux, périodiques et de magazines ;
- les contrats de ventes conclues lors des enchères ;
- les contrats de polices d’assurance de moins d’un mois ;
- les contrats de services financiers dont le prix dépend des fluctuations du marché
- financier pouvant survenir durant la période de rétractation.
- Lorsque l’offre est acceptée par le destinataire, le contrat peut être considéré comme
conclu.
- Mais, il faut noter le fait que le contrat conclu sur Internet implique des parties qui ne
sont pas
- présentes au même endroit. Dès lors sa localisation spatio-temporelle est nécessaire
pour
- connaître le moment et le lieu de conclusion de celui-ci.
Lorsque le contrat est valablement formé, les parties sont tenues de procéder à son exécution.
Elle va pouvoir se faire de deux manières, s’agissant de la prestation due par le professionnel.
Dans un grand nombre de cas, elle va s’exécuter physiquement en dehors du réseau soit par la
livraison, soit par la consommation. Il est possible toutefois que l’exécution se fasse sous une
forme dématérialisée, notamment pour la consultation d’une base de données, pour le
téléchargement d’une œuvre (regret que Communauté présente comme service et non produit).
Ainsi, le cybervendeur est tenu de livrer le bien ou le service à la date et à l’adresse indiquée
dans le contrat et cyberacheteur est tenu au paiement du prix convenu. La mise en œuvre de ces
obligations contractuelles ne pose pas souvent de difficultés dans les contrats classiques.
Cependant, dans le contrat sur internet, le paiement (paragraphe 1) et la livraison (Paragraphe
II)
Paragraphe 1- Le paiement devant être effectué par le cocontractant
Dans le contrat conclu via internet, la contrepartie de la livraison du bien ou du service par le
fournisseur électronique est le paiement par le destinataire du produit. Le paiement peut être
effectué en espace ou par chèque avant la livraison du bien ou du service ou sur internet grâce
à la monnaie électronique. Le paiement par chèque pourrait être source même de difficultés
car il n'est valable que si les deux parties sont dans un pays qui accepte les chèques libellés
dans la devise de l'échange. Le chèque est rarement valable en dehors d'un pays. L'attente de
la réception du chèque et la vérification de sa provision ralentit les échanges. C’est pourquoi
le recours à la monnaie électronique s’avère nécessaire voire obligatoire. Elle peut être définie
elle a été définie par l’UEMOA comme « une valeur monétaire représentant une créance sur
l’émetteur qui est stockée sur un support électronique ou sur un support de même nature, émise
contre la remise de fonds d’un montant dont la valeur n’est pas inférieure à la valeur monétaire
émise et acceptée comme moyen de paiement par des entreprises autres que 48 Article L315-1
du Code monétaire et financier.
Avec la monnaie électronique, les parties peuvent faire recours à la carte de crédit ou du
virement bancaire pour effectuer le paiement via l’internet. Toutefois ces instruments de
paiement électronique présentent des inconvénients car, s’agissant de :
- la carte de crédit qui a été pendant longtemps le vecteur obligé du contrat sur
internet, l’utiliser via internet est véritablement risqué. Les données bancaires
confidentielles peuvent être lues et décryptées, même si l'échange est crypté
- le virement bancaire quant à lui est un dispositif trop lourd pour payer sur le web en
ce sens que les parties à la transaction notamment le fournisseur électronique et son
cocontractant, seront obligées de déclarer leurs coordonnées bancaires afin de
réaliser la transaction.
Le mobile money et le système de transfert d’argent sont utilisés par certains internautes comme
moyens de paiement dans le contrat sur internet. En effet, la présence des sociétés de transfert
d’argent et de mobile money dans la plus part des Etats membres de la CEDEAO facilitent les
relations contractuelles sur internet. A titre d’exemple on peut citer la CSI WARI qui est
présente au Sénégal
Ces sociétés ont favorisé le développement du porte-monnaie électronique (cartes – prépayées)
et la monnaie électronique au niveau de l’espace de la CEDEAO. Ce qui a favorisé le paiement
par cartes mais aussi via le mobile au niveau des Etats membres. Il s’y ajoute le fait que les
consommateurs qui utilisent l’internet pour passer des contrats, paient en espèce à la livraison
du bien ou du service. En vertu de la force obligatoire du contrat conclu via internet, l’acceptant
procède à la livraison des produits et services dès réception du paiement.
Paragraphe II - La livraison du bien ou du service par le fournisseur électronique
Le fournisseur qui exerce une activité de commerce électronique est responsable de plein droit
à l’égard de son cocontractant de la bonne exécution des obligations résultant du contrat, que
ses obligations soient à exécuter par lui-même ou par des tiers intervenant à la demande du
fournisseur. Cela signifie que le fournisseur est tenu de livrer le bien ou service au cocontractant
à l’adresse indiquée dans le contrat sur internet. En fonction de la nature du bien ou du service,
le fournisseur électronique peut faire recours à la livraison directe (1) qui pose moins de
difficultés ou la livraison différée (2) qui repose sur un bon système d’adressage unique (C) des
Etats membres de la CEDEAO.
1- La livraison directe du bien ou du service
La livraison directe signifie que la prestation est effectuée directement sur internet, juste après
que l’acheteur ait effectué sa commande. Cette forme de livraison intervient généralement dans
le cas des prestations intellectuelles. Ces dernières s’analysent comme un service de
consultance sur internet moyennant un prix. Ainsi, un internaute confronté à des difficultés peut
recourir aux services des conseillers, des experts. La prestation ne concernant pas un produit
physique, le prestataire apporte sa solution directement en ligne. Pour les services juridiques, il
peut s’agir d’un conseil sur un litige, sur l’acquisition d’immeubles. Parmi ces sites, certains
fournissent la réponse aux questions posées après le paiement du prix. Par contre, d’autres
exigent le paiement avant que le problème ne soit posé. Normalement, la livraison dans ces
genres de prestation ne doit pas poser de difficultés.
Cependant, dans certains cas, la réponse donnée par le consultant n’est pas automatique. C’est
en ce sens qu’un site propose des délais en fonction de la simplicité ou de la complexité de
la question. Il est ainsi précisé que la réponse à une question simple nécessite 24h alors que
pour les questions complexes, le délai de 24 heures est prorogé afin d’apporter des réponses
précises.
La livraison directe concerne aussi l’achat des produits téléchargeables sur des sites. Dans
cette situation, lorsque le paiement est effectué, le vendeur transfère souvent un lien à
l’acheteur. Par ce lien, il suit les instructions pour pouvoir télécharger le fichier. Dans d’autres
cas, le téléchargement du fichier devient automatique sans passer par un quelconque lien. Ces
types de livraison concernent souvent des logiciels ou des documents électroniques. La
difficulté peut se poser lorsque le cocontractant paie le prix et que le fournisseur électronique
ne livre pas le bien ou le service. En effet, au niveau de l’espace de la CEDEAO, il n’existe
pas encore un cadre normatif harmonisé sur la livraison de manière générale. L’Acte additionnel
sur les transactions électroniques évoque la responsabilité du fournisseur électronique sans pour
autant définir les moyens dont dispose le cocontractant pour engager la responsabilité de ce
dernier. Contrairement à la livraison directe qui présente moins de difficultés, la livraison de
certains biens ou services s’effectue de manière indirecte.
2- La livraison indirecte du bien ou du service par le fournisseur électronique
A la différence de la livraison directe, il existe des situations où la livraison est différée. Dans
cette perspective, celle-ci est effectuée hors-ligne, d’où la notion de livraison indirecte. Ce type
de livraison intervient lorsque la prestation porte sur des produits physiques comme des
marchandises. Dans cette perspective, le fournisseur des biens envoie le produit (colis postal)
via les services postaux qui se chargeront de son acheminement à l’adresse exacte de l’acheteur
avant l’échéance du délai de livraison prévu dans le contrat conclu sur internet. Ce délai pouvant
être long, le fournisseur reste tenu à la bonne conservation du produit. Le point de départ du
délai de conservation est réglementé dans certains Etats membres. C’est effectivement le cas
du Sénégal qui à travers l’article 39 du décret relatif au commerce électronique prévoit que « le
délai de conservation court pour la livraison du bien ou l’exécution de la prestation immédiate
à compter du moment de la conclusion du contrat. En cas de livraison ou de prestation différée,
le délai court à compter de la date de livraison ou d’exécution de la prestation ».
Dans tous les cas, le consommateur peut exercer son droit de rétractation conformément à
l’article 17 du décret sus rappelé en cas de détérioration du colis postal durant le transport.
Lorsque la livraison est différée, l’acheteur en plus de payer le prix du produit supporte aussi
les frais d’envoi du produit. Donc, conformément à l’article 8 du décret sénégalais relatif au
commerce électronique le fournisseur électronique est tenu de préciser au consommateur les
frais de livraison du colis postal. Généralement, la livraison se fait via les services postaux
intervenant dans le secteur de la distribution. En principe, le fournisseur électronique a la
possibilité de choisir le service qu’il juge fiable et rapide pour l’envoi de ses produits. La
concurrence dans le secteur de la poste est réglementée par l’ARTP.
L’importance du système d’adressage dans la livraison des biens et des services par le
fournisseur électronique
L’adresse recouvre plusieurs définitions. On distingue :
- L’adresse légale qui est l’indication précise du domicile d’une personne physique ou
morale, le domicile étant le lieu où elle réside principalement ;
- L’adresse fiscale qui est communiquée aux services fiscaux et qui correspond, en
principe, à l’adresse de résidence puisque le domicile fiscale dépend généralement de
- la résidence habituelle ;
- L’adresse postale qui est l’ensemble des informations fournies par le client émetteur et
nécessaires à la remise du courrier au client sans recherche ni équivoque dans le cadre
- des prestations offertes par l’opérateur postal.
-
Elle associe des informations nominatives (privées) qui permettent d’atteindre la personne et
des informations géographiques qui permettent d’identifier le point de contact et de distribution.
L’Adresse est spécifiée dans la directive comme suit : « l’identification d’une propriété par sa
localisation, c'est-à-dire un détail d’un lieu, d’un immeuble, d’une partie d’immeuble, d’un
accès ou d’un autre type de construction, par des noms topographiques et des identifiants ».
C’est cette dernière qui nous intéresse car pour livrer le colis à bon port, il faut nécessairement
avoir les bonnes informations géographiques de l’acheteur. La plupart des opérateurs postaux
exploitent leur propre système d’adressage qui n’obéit à aucune norme préétablie. Cet état de
fait a eu comme conséquence un nombre important de colis non distribué, des pertes de recette,
l’allongement des délais de distribution mais aussi des pertes de colis.
L’objectif de cette initiative était de créer des synergies entre les acteurs internationaux,
d’appuyer les secteurs public et privé, et de tenter de résoudre les nombreux problèmes qui se
posent dans le domaine de l’adressage. A cet effet, l’UPU, en collaboration avec plusieurs
organisations non gouvernementales, a rédigé un livre blanc afin de sensibiliser les dirigeants
politiques à comprendre l’importance de l’adressage qui est considéré comme une infrastructure
essentielle pour le développement social et économique d’un pays. Il s’agit d’un outil de
croissance qui facilite le transfert des biens et des services des producteurs aux consommateurs
aux niveaux national et international. L’infrastructure d’adresses permet également de
promouvoir les Tics en servant de base pour le développement du commerce électronique et
des autres services électroniques.
Chapitre III : Le règlement du contentieux dans le contrat e-commerce
Si un litige est né dans un contrat conclu sur internet, le juge saisi devra chercher le droit
applicable lorsque les parties au contrat ne l’ont pas précisé et la juridiction compétente
(Section I) afin de résoudre le différend. Contrairement au contrat classique, le contrat conclu
sur internet à son spécificité compte tenu de la dématérialisation et transfrontalière raison de la
suppression du support papier dans les échanges électroniques En effet, on assiste à une
nouvelle forme de preuve appelée preuve électronique (Section II).
Le contrat est la loi des parties. Ainsi, conformément au principe de l’autonomie de la volonté,
la loi applicable aux relations contractuelles est en principe la loi que les parties ont choisie
librement. Ce principe a été repris par les textes nationaux du Sénégal. En effet, pour renforcer
le principe de la liberté contractuelle, l’article 6 du décret sur le commerce électronique précise
que « les personnes exerçant l’activité définie à l’article 8 de la loi susmentionnée et établies
dans un pays tiers doivent préciser le droit applicable et obtenir l'accord du destinataire du
service proposé ».
Il ressort de cette disposition que le fournisseur électronique des biens et services doit, en
accord avec le destinataire de l’offre, définir les règles applicables à leur contrat. Autrement dit,
la loi applicable au contrat conclu sur internet est celle émanant « de la commune volonté de
cette personne (le fournisseur) et de celle à qui sont destinés les biens ou services », article 12
de la loi n°2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques. Les textes susvisés
n’ont pas statué sur la manière dont les parties au contrat doivent exprimer leur choix sur la loi
applicable. Mais il est évident que celui-ci soit exprimé de manière claire, non ambiguë et sans
équivoque dans l’une des clauses du contrat car c’est seulement de cette manière qu’il confère
au contrat un avantage certain en ce sens que la recherche de l’intention des parties par le juge
ne pose pas de difficultés
Il n’est pas exclu que le choix des parties puisse être exprimé implicitement. Dans ce cas le
pouvoir de recherche de la volonté des parties appartient aux juges du fait qui peuvent l’exercer
souverainement. La Cour de cassation dispose à cet effet que la « recherche de la volonté
implicite rentre dans le pouvoir souverain d’interprétation des juges du fait ». Cependant dans
ce cas de figure, le choix décelé par les juges du fond, après interprétation des termes du contrat,
peut ne pas correspondre à la volonté implicite des parties. C’est pourquoi, il est nécessaire
d’accorder aux parties la possibilité de préciser expressément la loi applicable à leur contrat
sans en abusé, même si elles ne l’avaient pas prévu antérieurement.
Il peut arriver que les parties ne désignent pas la loi applicable au contrat. Dans ce cas la
convention de Rome stipule qu’à défaut de choix des parties de la loi applicable, « le contrat
est régi par la loi du pays avec lequel il entretient les liens plus étroits ». Cette disposition
s’explique, sans doute, par le fait que la doctrine tout comme la jurisprudence réfutent l’idée
d’un contrat sans loi. Ainsi en cas de silence, le juge devra s’appuyer sur des critères pouvant
être cumulés notamment des indices objectifs tels que la langue de rédaction, la référence à des
droits surabondant à un ordre juridique déterminé, la monnaie utilisée ou encore l’indication
d’un usage reconnu sur une place identifiée, ou la théorie de la prestation caractéristique qui
signifie que chaque contrat se caractérise par une prestation identifiable et rattachable à un ordre
juridique, ou encore la pratique comme la « lex electronica » ou la « lex mercatoria numerica »
afin de déterminer « l’ordre juridique avec lequel le contrat entretient les liens les plus actifs ».
Dans l’espace de la CEDEAO la détermination de la loi applicable en cas de silence des parties
est réglée par Acte additionnel A/SA.2/01/10 du 16 février 2010 portant transactions
électroniques. En effet l’article 7 dudit acte dispose « en l’absence de choix des parties, la loi
applicable sera la loi du lieu de résidence habituelle du consommateur tant qu’il y va de son
intérêt ».
Cette disposition est claire et sans équivoque. Le critère retenu, en cas d’absence de choix de la
part des parties au contrat, est la résidence habituelle du consommateur. Toutefois il faut
remarquer que l’alinéa premier de l’article 7 susvisé retient en même tant que la résidence
habituelle du consommateur, le critère d’établissement du vendeur. Il dispose « l’exercice des
activités entrant dans le champ d’application du présent Acte additionnel est soumis à la loi du
pays membre de l’espace CEDEAO sur le territoire duquel la personne qui l’exerce est établie
». Cela signifie que, la loi applicable au contrat sur internet serait celle « du pays où la partie
qui doit fournir la prestation caractéristique a, au moment de la conclusion du contrat, sa
résidence habituelle ou, son administration centrale ou, son principal établissement ».
Ces dispositions sont sources d’interprétation du texte notamment sur la détermination de la loi
applicable en cas de silence des parties dans la mesure où le législateur communautaire a retenu
deux critères à savoir la résidence habituelle du consommateur et le lieu où le vendeur a son
principal établissement. Cependant, il faut savoir en matière de commerce il ya la protection du
commerce qui atténuer cette source de flou.
En outre, selon la législation sénégalaise c’est l’article 12 de la loi n°2008-08 du 25 janvier
2008 portant transactions électroniques au Sénégal qui règle la détermination de la loi
applicable en cas de silence des parties. Il dispose que l’activité du commerce électronique «
est soumise à la loi de l’Etat sur le territoire duquel la personne qui l’exerce est établie, sous
réserve de la commune volonté de cette personne et de celle à qui sont destinés les biens ou
services ».
L’application de l’alinéa précédent du présent article ne peut avoir pour effet de :
- priver un consommateur ayant sa résidence habituelle sur le territoire national de la
protection que lui assurent les dispositions impératives de la loi sénégalaise relative
aux obligations contractuelles, conformément aux engagements internationaux
souscrits par le Sénégal. Au sens du présent article, les dispositions relatives aux
obligations contractuelles comprennent les dispositions applicables aux éléments du
contrat, y compris celles qui définissent les droits du consommateur, qui ont une
influence déterminante sur la décision de contracter ;
- déroger aux règles de forme impératives prévues par la loi sénégalaise pour les
contrats créant ou transférant des droits sur un bien immobilier situé sur le territoire
national ;
- déroger aux règles déterminant la loi applicable aux contrats d’assurance pour les
risques situés sur le territoire d’un ou plusieurs Etats membres de la Zone Franc, parties
au Traité instituant une organisation intégrée de l’industrie des assurances dans les Etats
africains et pour les engagements qui y sont pris.
Ces garanties sont afférentes à la protection que lui assurent les dispositions impératives des
textes nationaux relatives aux obligations contractuelles, mais aussi l’interdiction de déroger
aux règles de forme impératives pour les contrats créant ou transférant des droits sur un bien
immobilier situé sur le territoire national de l’un des Etats membres et enfin l’interdiction de
déroger aux règles déterminant la loi applicable aux contrats d’assurances pour les risques situés
sur le territoire d’un ou plusieurs Etat membre de la zone Franc, parties au Traité instituant une
organisation intégrée de l’industrie des assurances dans les Etats africains. La détermination du
droit applicable constitue une phase essentielle dans le processus de désignation du tribunal
compétent en cas de litiges entre les parties au contrat. C’est pourquoi, elle doit être menée
concomitamment avec la détermination de la juridiction compétente pour que le traitement du
contentieux du contrat conclu via internet soit efficace.
Paragraphe 2 : La détermination du tribunal Étatique compétent en cas de silence des parties
Il est un principe reconnu unanime que le tribunal du lieu du domicile, de résidence,
d’établissement ou du siège social du défendeur est compétent pour connaître le litige né du
contrat conclu sur Internet. C’est ce qui ressort des dispositions des conventions qui consacrent
la compétence du tribunal du défendeur quelle que soit la nationalité de celui-ci en cas de silence
des parties (la convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 concernant la compétence
judiciaire et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale, en son article 4 et celle
de Lugano du 16 septembre 1988 concernant la compétence judiciaire et l’exécution des
décisions en matière civile et commerciale.
Ainsi, au Sénégal même si la loi n°2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques
est muette sur la question, il est reconnu que les tribunaux compétents chaque fois que le
défendeur a son domicile, sa résidence, son siège social s’il s’agit d’une entreprise ou son
principal établissement au niveau du territoire sénégalais. Il s’agit d’un critère qui a été consacré
par le code de procédure civile même si à l’époque les transactions électroniques n’étaient pas
expressément visées. Il faut préciser qu’en matière civile et commerciale, du fait de l’absence
d’une juridiction commerciale autonome, c’est le tribunal départemental ou celui régional qui
est compétent selon la nature du droit sur lequel porte l’action et selon que le montant du litige
dépasse ou non un million de francs CFA. En dehors de cette distinction fondée sur le montant
du litige, le principe reste le même : la compétence du tribunal du domicile du défendeur est
affirmée. Cependant il existe des exceptions dans la mesure où c’est le tribunal du lieu de
situation de l’immeuble qui est compétent en matière immobilière.
Il est clair que les parties dans un contrat conclu via les réseaux peuvent soumettre leur différend
à la voie juridictionnelle ou non juridictionnelle notamment en faisant recours aux modes
alternatifs de règlement des litiges. Faudrait-il dans ce cas que la partie demanderesse soit en
mesure de prouver l’existence d’un manquement de la part de l’autre partie.
Section II : L’administration de la preuve dans le contrat conclu sur internet
La preuve est une démonstration de la réalité d’un fait, d’un état, d’une circonstance ou d’une
obligation. Dans le contrat classique, la preuve des actes juridiques se fait le plus souvent par
l’écrit. Cependant, avec la naissance des transactions électroniques, une nouvelle forme
d’écrit a vu le jour. Il s’agit de l’écrit électronique (paragraphe I) qui a la même valeur juridique
que l’écrit classique lorsque certaines conditions sont réunies. Mais l’action de prouver
électroniquement les actes juridiques serait plus aisée pour les parties si leur relation
contractuelle est assez sécurisée par la signature électronique des parties au contrat (paragraphe
II).
Paragraphe I : L’admission de l’écrit électronique comme mode de preuve dans le contrat
conclu sur internet
Dans la plupart des relations d’affaire, l’écrit est exigé comme une condition de validité du
contrat. Il est également perçu comme moyen de preuve des actes juridiques. Concernant la
preuve, il peut arriver que les parties déterminent dans le contrat les moyens de preuve à
l’adoption de textes juridiques communautaires et nationaux sur les transactions électroniques
ont eu comme conséquence la reconnaissance de l’écrit électronique comme moyens de preuve
au même titre que l’écrit sur support papier. Cette reconnaissance découle des dispositions de
la loi de 2008 sur les transactions électroniques en son article 37 qui dispose que « l’’écrit sous
forme électronique est admis en preuve au même titre que l’écrit sur support papier et a la même
force probante que celui-ci, sous réserve que puisse être dûment identifiée dont il émane et qu’il
soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité ». La remarque est
que la validité de l’écrit électronique découle de la réunion de deux conditions : l’identité de la
personne dont cet écrit émane et la conservation qui garantit l’intégrité.
L’identité est définie comme « la somme des éléments dont le droit tient compte pour
individualiser les personnes physiques et qui permet donc de situer l’individu concerné»
(Dictionnaire du vocabulaire juridique 2012, édition revue et augmentée sous la diu rection de
Rémy Cabrillac, Professeur à la faculté de droit de l’Université de Montpellier, Lexis Nexis .
Ainsi sur internet, l’identité de la personne renvoie à l’identité électronique qui est la base de la
signature électronique
La conservation électronique consiste à archiver des documents électroniques en vue de
pérenniser l'information avec la possibilité de la restituer de manière intègre et fidèle, c’est à
dire identique en tout point à celle de son origine. Cette opération visant à conserver des
informations ayant une valeur probatoire ou des effets juridiques concerne toutes les parties au
contrat conclu via internet. Elle obéit à certaines conditions définies par le dispositif juridique
du Sénégal qui a retenu les mêmes conditions. En effet pour que la conservation de l’écrit
électronique soit valable, l’information que contient le message de données doit respecter les
conditions d’accessibilité, de lisibilité, d’intelligibilité afin de pouvoir être consultée
ultérieurement. Ensuite, le message de données doit être conservé dans la même forme que celle
sous laquelle il a été créé, envoyé, ou reçu. De plus, il ne doit être susceptible ni de modification
ni d’altération dans son contenu. Dans cette perspective, le document transmis et celui conservé
doivent être strictement identiques. Enfin, les informations permettant de déterminer l’origine
et la destination du message de données, ainsi que les indications de date et d’heure de l’envoi
ou de la réception, doivent être conservées si elles existent.
En outre, dans la législation sénégalaise, plus précisément au niveau de l’article 37 de la loi
n°2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques, « la conservation de ces
documents sous forme électronique doit se faire pendant une période de dix (10) ans ». Aussi,
la période de 10 ans prévue par le cadre normatif national sur les transactions électronique peut
être source de difficultés quand on sait que les supports de stockage et les formats de fichiers
deviennent rapidement obsolètes. Ainsi, afin de pallier ces difficultés, il est souhaitable que le
service d'archivage proposé offre une conservation active des documents électroniques
permettant de changer de support pendant la période de temps de conservation en vue de
garantir l’intégrité des documents électroniques. C’est seulement de cette manière que les
parties pourront apporter la preuve de leurs allégations. La question qui se pose est alors celle
de savoir sur qui pèse la charge de la preuve ?
Il appartient au demandeur d’apporter la preuve conformément à l’adage « actori incumbit
probatio » s’il estime avoir été lésé par le défendeur. Il s’agit du principe selon lequel la charge
de la preuve incombe au demandeur. Pour régler la question de la charge de la preuve, l’article
38 de la loi du Sénégal n°2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques prévoit
que « le fournisseur de biens ou prestataire de services par voie électronique qui réclame
l’exécution d’une obligation doit en prouver l’existence, et lorsqu’il se prétend libérer, doit
prouver que l’obligation est inexistante ou éteinte ». Afin de réclamer et de prouver l’exécution
d’une obligation par l’une des parties ou son inexécution par l’autre partie, il est nécessaire que
la relation contractuelle soit suffisamment sécurisée par le biais de la signature électronique.
Paragraphe II : La sécurisation du contrat conclu via internet par le recours à la signature
électronique
Pour parfaire et sécuriser un acte juridique passé via internet, il faut nécessairement procéder
à sa signature électronique par son auteur afin de lui conférer une certaine authenticité, une
fiabilité et une intégrité intacte. C’est pourquoi la consécration légale de l’équivalence entre
l’écrit sur support papier et l’écrit électronique est inhérente à sa signature électronique qui
détermine son origine, son auteur et garantit son intégrité.
La signature électronique permet, ainsi, d’authentifier par des procédés d’authentification
fiables l’écrit électronique. C’est pourquoi il est nécessaire voire même obligatoire que le
contrat conclu sur internet soit signé électroniquement par le vendeur et l’acheteur car en plus
d’authentifier le contrat, la signature électronique permet d’identifier ces deux parties. En
d’autres termes la signature électronique est de nature à renseigner sur la capacité juridique des
parties à contracter.
La signature électronique est définie par selon l’article premier alinéa 13 de l’Acte additionnel
A/SA.2/01/10 du 16 février 2010 relatif aux transactions électroniques dans l’espace de la
CEDEAO, comme « Toute donnée qui résulte de l’usage d’un procédé fiable d’identification
garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache ».
Selon les dispositions de l’article 41 alinéa 1 et 2 de la loi sénégalaise 2008-08 du 25 janvier 25
relatives aux transactions électroniques, «la signature nécessaire à la perfection d’un acte
juridique identifie celui qui l’appose. Elle manifeste le consentement des parties aux obligations
qui découlent de cet acte. Quand elle est apposée par un officier public, elle confère
l’authenticité à l’acte. Lorsqu’elle est électronique, elle consiste en l’usage d’un procédé fiable
d’identification garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache ».
Ces derniéres mettent en évidence la nature de la signature électronique consistant en une
donnée, mais aussi sa fonction d’identification de l’auteur ou l’origine de l’écrit. Toutefois, il
faut que l’authenticité de l’acte juridique nécessite l’intervention d’un officier public qui
appose sa signature sur ce dernier.
Par ailleurs, la législation sénégalaise ne fait pas la distinction entre la signature électronique
simple et la signature électronique qualifiée. La distinction entre ces deux a été l’œuvre de l’acte
uniforme révisé relatif au droit commercial général de l’Organisation pour l’Harmonisation en
Afrique du Droit des Affaires (OHADA) à laquelle ces différents pays sont membres et qui
considère que la signature électronique qualifiée garantit l’intégrité, l’origine de l’acte
électronique, ainsi que sa transmission. Selon les dispositions de l’article 83 de l’acte uniforme
précité, « la signature électronique est appliquée à un document et permet d’identifier le
signataire et de manifester son consentement aux obligations qui découlent de l’acte. Elle
présente les caractéristiques
suivantes :
- elle est liée uniquement au signataire ;
- elle permet d’identifier dûment le signataire ;
- elle est créée par des moyens que le signataire peut garder sous son contrôle
- exclusif ;
- elle est liée au document auquel elle se rapporte de telle sorte que toute modification
- ultérieure du document soit détectable ».
La signature électronique est recevable lorsque sa fiabilité est établie. Toutefois, cette exigence
de fiabilité est simplement présumée. La fiabilité se réalise lorsque la signature est établie grâce
à un dispositif sécurisé de création de signature électronique et que la vérification de cette
signature repose sur l’utilisation d’un certificat qualifié. C’est seulement à partir de ce moment
que la signature électronique est admise au même titre que la signature manuscrite.
Le droit sénégalais notamment le décret n°2008-720 du 30 juin 2008 relatif à la certification
électronique pris pour l’application de la loi n°2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions
électroniques définit le dispositif sécurisé de création de signature comme un dispositif logiciel
ou matériel de création de signature qui satisfait à certaines exigences. Le dispositif doit
garantir, par des moyens techniques et des procédures appropriés, la confidentialité des données
utilisées pour la création de la signature, l’assurance suffisante que lesdites données ne puissent
être trouvées par déduction ; la protection de la signature contre toute falsification par les
moyens techniques appropriés et évolutifs ; la protection fiable des données utilisées par le
signataire légitime contre leur utilisation par des tiers.
L’article 36 du décret n° 2008-720 du 30 juin 2008 relatif à la certification électronique pris
pour l’application de la loi n ° 2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions électroniques
prévoit le dispositif sécurisé de création de signature ne doit pas « modifier les données à signer
ni empêcher que ces données soient soumises au signataire avant le processus de signature ».
S’agissant du certificat électronique qualifié, l’article 2.1 du décret n°2008-720 du 30 juin
2008 relatif à la certification électronique, définit ce dernier comme une « attestation
électronique qui lie des données afférentes à la vérification d’une signature ou de tout autre
document numérique, à une personne. Le certificat confirmant l’identité d’une personne ou la
conformité d’un document, est un lien entre l’entité physique et l’entité électronique ». Il ne
peut être regardé comme qualifié que s’il est délivré par un prestataire de services, un tiers de
« confiance », une autorité de certification (agréé par l’ADIE au Sénégal ; et s’il comporte un
certain nombre de mentions obligatoires définies à l’article 33 du décret n°2008-720 précité. Il
s’agit des informations relatives à l’identification de l’organisme de certification ; au nom du
demandeur ou de son pseudonyme ; aux données afférentes à la vérification de la signature ; à
la période de validité du certificat, au code d’identification du certificat ; à la qualité du
demandeur du certificat ; à l’accréditation de l’organisme de certification ; aux limites à
l’utilisation du certificat. Il est clair que le processus de certification électronique est très
complexe mais reste fiable puisqu’il « comprend une confrontation physique du porteur du
certificat avec un des agents de l’autorité de certification disposant du pouvoir d’attester son
identité ». Finalement, la signature électronique remplissant les critères décrits ci-dessus ne peut
« être déclarée irrecevable au seul motif qu’elle se présente sous forme électronique (…)».
Conclusion
Conscient de l’évolution et de l’importance des transactions électroniques le législateur a
adapté sa législation à la mouvance du numérique. A cet effet, un ce cadre un dispositif juridique
a été pris afin d’encadrer les transactions électroniques et particulièrement le contrat conclu
via internet. Ce qui va permettre aux cybers commerçants et consommateurs qui le désirent de
pouvoir profiter pleinement des opportunités qu’offre l’internet avec gage de sécurité.
Bibliographie
Agnés Lagany lagao « Droit du commerce électronique » , 140p Mise au point, février 2011
ALAIN BENSOUSSAN – « Informatique, télécoms, Internet » - Editions Francis Lefèvre,
2001 ;
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Rémy Cabrillac, Professeur à la faculté de droit de l’Université de Montpellier, LexisNexis
FLOUR ET AUBERT – « Les obligations – l’acte juridique » - 8ème édition, collection
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GAUTRAIS V., JACQUOT F., LEMYRE P. et Alii, « le guide juridique du commerçant
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l’émission de l’acceptation », in le Dalloz, 2003 n 26, p.1706-1710 ;
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- Etude 2013 n° dynamique d’internet prospective 2030, réalisée sous la direction de
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- Etude de Richard WALTHER, consultant ITG, avec le concours du Département de
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e_des_litiges_internationaux_bis.doc;
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transactions électroniques au niveau de la CEDEAO : l’exemple du contrat conclu via Internet
Table des matières
Cours de Droit du Commerce électronique ........................................................................... 1
Introduction ................................................................................................................................ 1
Chapitre 1 Notion du commerce électronique et évolution........................................................ 6
................................................................................................................................................ 6
Section 1 - Les typologies de commerce électronique ............................................................... 7
Section II- L’existence d’un cadre juridique sur le commerce électronique .......................... 8
Paragraphe 1- Sources internationales .............................................................................. 8
Paragraphe 2- Sources communautaires ................................................................................ 9
Chapitre II Le contrat de commerce électronique .................................................................. 14
Section I : Les différents contrats du commerce électronique. ................................................ 14
Paragraphe I- Les préalables au contrat du commerce électronique .................................... 14
Paragraphe II - Le contrat de commerce électronique ....................................................... 17
Section II- L’exécution du contrat ........................................................................................... 27
Paragraphe 1- Le paiement devant être effectué par le cocontractant .................................. 28
Paragraphe II - La livraison du bien ou du service par le fournisseur électronique ............. 29
Chapitre III : Le règlement du contentieux dans le contrat e-commerce ................................. 32
Section I: détermination de la loi applicable et de la juridiction compétente .......................... 32
Paragraphe 1 La détermination de la loi applicable au contrat conclu sur internet ............. 32
Paragraphe 2 : La détermination du tribunal Étatique compétent en cas de silence des
parties ................................................................................................................................... 35
Section II : L’administration de la preuve dans le contrat conclu sur internet ......................... 36
Paragraphe I : L’admission de l’écrit électronique comme mode de preuve dans le contrat
conclu sur internet ................................................................................................................ 36
Paragraphe II : La sécurisation du contrat conclu via internet par le recours à la signature
électronique .......................................................................................................................... 37
Conclusion ................................................................................................................................ 40
Bibliographie ............................................................................................................................ 41