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SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 2, p.64, no 3] Utiliser la première équation de Gauss afin d’obtenir la


formule (∗) de la page 60 des notes de Shifrin pour la courbure gaussienne exprimée
dans un paramétrage orthogonal (c’est-à-dire vérifiant F ≡ 0) :

    
1 E G
K=− √ √ v + √ u .
2 EG EG v EG u

RÉPONSE :

La première équation de Gauss est (voir p.60) :

EK = (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .

Rappelons que les symboles de Christoffel sont calculés via la formule

−1  1 1
Ev Fv − 21 Gu
   
Γuuu Γuuv Γuvv E F 2
Eu 2
=
Γvuu Γvuv Γvvv F G Fu − 12 Ev 12 Gu 1
2
Gv
 −1   1 1 1

F =0 E 0 2
Eu 2 Ev − 2 Gu
=
0 G−1 − 12 Ev 12 Gu 12 Gv
E −1 Eu E −1 Ev −E −1 Gu
 
1
= .
2 −G−1 Ev G−1 Gu G−1 Gv

La première équation de Gauss, une fois multipliée par 2G, s’exprime alors :

Date: 24 novembre 2015.


1
2 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

1
2EGK = G(−G−1 Ev )v − G(G−1 Gu )u + E −1 Eu Gu − G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 − G−1 G2u

 2
−1 −1
= G(−G Ev )v − G Ev Gv + −G(G−1 Gu )u − G−1 G2u


1
E −1 Eu Gu + G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 + G−1 G2u

+
2
1
= (−GG−1 Ev )v − (GG−1 Gu )u + (G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 ) + (E −1 Eu Gu + G−1 G2u )

2
Ev (EG)v Gu (EG)u
= −Evv − Guu + +
2EG 2EG
√ √
   
Evv 1 Ev (EG)v Guu 1 Gu (EG)u
= − EG − − EG −
(EG)1/2 2 (EG)3/2 (EG)1/2 2 (EG)3/2

    
Ev Gu
= − EG √ + √ .
EG v EG u
Quelques unes des égalités ci-dessus proviennent de l’utilisation de la règle de Leibniz
afin de combiner des termes.
En divisant les deux côtés par 2EG (qui n’est pas nul, puisque le paramétrage est
régulier), nous obtenons la réponse recherchée.
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 3

[Chapitre 3, p.89, no 1b] Calculer l’holonomie autour du cercle de latitude u = u0


du paraboloı̈de

x(u, v) = u cos v, u sin v, u2 , u ≥ 0, v ∈ R.




Mentionner le sens de rotation du transport parallèle du point de vue d’un observa-


teur lointain.

RÉPONSE :

Le paraboloı̈de étant ici paramétré explicitement comme une surface de révolution,


il s’agit d’un paramétrage orthogonal (nous le verrons explicitement sous peu). Il
nous est ainsi possible d’utiliser les propositions 1.1 et 1.2 afin de calculer l’holonomie.

xu (u, v) = (cos v , sin v , 2u) et


xv (u, v) = (−u sin v , u cos v , 0) .
   
E F 1 + 4u2 0
⇒ I(u, v) = = .
F G 0 u2

Notons que Ev ≡ 0 et que Gu = 2u. Nous obtenons le “repère mobile” orthonormé


 
xu xv
{e1 , e2 } := √ , √
E G
 
(cos v , sin v , 2u)
= √ , (− sin v , cos v , 0)
1 + 4u2

Notons que e2 point vers l’“est”, tandis que e1 pointe vers le “nord”.
Prenons un instant pour souligner un fait très important. Suivant l’abus usuel,
nous n’avons pas fait attention à restreindre le domaine du paramétrage x afin qu’il
soit régulier. Ceci dit, nous pouvons vérifier que le repère mobile donné ci-dessus est
globalement bien défini, c’est-à-dire que
(1) pour tout point p ∈ M , il existe (u, v) ∈ R2 tel que p = x(u, v), de sorte que
nous avons construit une base {e1 , e2 } pour Tp M (le repère est globalement
défini),
(2) et le repère au point p ne dépend que de ce point, c’est-à-dire pas du choix
précis de (u, v) ∈ R2 tel que p = x(u, v) (le repère est bien défini).
4 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Cela dénote de l’attrait des repères mobiles : obtenir un repère (orthonormé) pour
chaque plan tangent de la surface qui varie de manière lisse de point en point, sans
se préoccuper d’utiliser un quelconque paramétrage de la surface (c’est-à-dire sans
utiliser des coordonnées).
Paramétrons le parallèle u = u0 via α(t) = x(u0 , t). Pour faire un tour complet,
il faut que t balaie [0, 2π] (notons que ce choix nous fait parcourir le parallèle de
façon anti-horaire vu depuis l’infini z = +∞, ou encore “d’ouest en est” depuis un
observateur lointain dans le plan z = 0). Ainsi, dans les coordonnées (u, v), le chemin
α est décrit par t 7→ (u(t), v(t)) = (u0 , t). Il en résulte que u0 (t) = 0 et v 0 (t) = 1. La
proposition 1.1 stipule alors que 1
 
1 0 0
φ12 (t) := ∇α0 (t) e1 (t) · e2 (t) = √ (−Ev u + Gu v ) (t)
2 EG
ici 1 1
= p
2
(2u0 ) = p .
2u0 1 + 4u0 1 + 4u20
La proposition 1.2 s’applique aisément, donnant l’holonomie autour de α :
Z t=2π

∆ψ = − φ12 (t)dt = − p .
t=0 1 + 4u20
Notons qu’avoir choisi de parcourir le parallèle dans le sens horaire, nous aurions
obtenu l’opposé de cette quantité.
Rappelons du bas de la page 80 que si X(t) est un champ parallèle le long de α(t),
alors pour la décomposition X = cos ψ e1 + sin ψ e2 définissant l’angle ψ, la condition
de parallélisme signifie que ψ 0 (t) = −φ12 (t). Donc, ici, ψ 0 (t) = −u−1 (1+4u2 )−1 . Cela
signifie que le transport parallèle a tendance à générer une rotation anti-horaire par
rapport au repère mobile {e1 , e2 }.

Remarque : Il est opportun de comparer cette approche via le repère mobile à


l’approche très analogue présentée dans l’Annexe 1 du TP 8. Plus explicitement,
notons d’abord que le vecteur normal n = (EG − F 2 )−1/2 (xu × xv ) pointe vers
l’intérieur du paraboloı̈de. Notons ensuite que nous parcourons les√cercles [u = u0 ]
via αu0 = x(u0 , −) : [0, 2π] → [u = u0 ], de telle sorte que T = xv / G =: e2 . Ainsi,
le “repère de Darboux” le long de chaque parallèle orienté [u = u0 ] est {T, n × T} =
{e2 , −e1 }, repère qui a la même orientation que {e1 , e2 }. En comparant les deux
1Notez que φ12 est linéaire par rapport à α0 (t), c’est-à-dire que ∇α0 (t) = ∇υ(t) T(t) = υ(t) ∇T(t) .
Il ne s’agit donc pas en soi d’un invariant géométrique. Par contre, ∆ψ est un invariant géométrique,
quand bien même l’expression intégrale ci-dessous que nous utilisons ne l’est pas explicitement.
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 5

approches, nous en déduisons qu’ici, φ12 (t) = υ(t) κg (t). Notons que le membre de
gauche, φ12 , se calcule de manière intrinsèque (sans rien savoir sur n), contrairement
à κg dans le membre de droite.
6 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 3, p.89, no 2] Déterminer s’il peut exister une géodésique fermée (lisse,
c’est-à-dire se bouclant “bien”, sans “coin”) sur une surface ayant partout
a : K > 0,
b : K = 0,
c : K < 0.
De plus, donner un exemple de géodésique fermée délimitant une région simplement
connexe, si c’est possible.

RÉPONSE :

a) K > 0 : Les grands cercles d’une sphère étant des géodésiques fermées, la
situation est possible. De plus, les régions ainsi délimitées sont des hémisphères
et sont simplement connexes.
Par contre, étant donné une surface M avec K > 0 partout, il n’existe pas
nécessairement de géodésique fermée. En effet, considérons le paraboloı̈de

x(u, v) = (u cos v , u sin v , u2 ) , u ≥ 0 , v ∈ [0, 2π) .


Il est moralement clair que K > 0 partout. Il s’agit d’une surface de
révolution, donc la relation de Clairaut peut servir à caractériser les géodésiques.
Si une géodésique se bouclait de manière lisse, son image serait nécessairement
une courbe bornée. En particulier, l’altitude z aurait un minimum zmin =
u2min et un maximum zmax = u2max . En ces points, la géodésique serait tan-
gente au cercle de latitude présent, de sorte que par la relation de Clairaut,
il existe une constante C telle que :

umax cos 0 = C = umin cos 0 ⇒ umax = umin .


Ceci forcerait la géodésique à être un cercle de latitude, mais sur le paraboloı̈de,
aucun parallèle n’est une géodésique. Cette contradiction montre que le
paraboloı̈de n’a pas de géodésique fermée. Notons cependant que tout plein
de géodésiques s’auto-intersectent.
b) K = 0 : Le cylindre circulaire droit vérifie K ≡ 0 et ses parallèles sont
clairement des géodésiques fermées. Par contre, les géodésiques du plan sont
des droites et elles ne se bouclent certainement pas. Ainsi, une surface M
ayant K = 0 partout peut avoir des géodésiques fermées, mais ce n’est pas
assuré.
Si une telle géodésique existe, comme sur le cylindre, elle ne peut pas
délimiter une région simplement connexe. Si c’était le cas, cette région serait
topologiquement un disque, disque que nous pourrions “déformer” en une
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 7

portion de plan via une isométrie (car K ≡ 0), de sorte que son bord serait
une géodésique fermée du plan. C’est absurde. Nous pourrions aussi arguer
comme dans le prochain cas.
c) K < 0 : L’hyperboloı̈de à une nappe ou la caténoı̈de sont des exemples de
surfaces où K < 0 partout et qui admettent une géodésique fermée, à savoir
le parallèle de moindre rayon.
La pseudo-sphère est un exemple de surface où K < 0 partout, mais
n’admettant aucune géodésique fermée (pour des raisons analogues au cas
du paraboloı̈de).
Si une géodésique fermée existe, elle ne peut pas borner une région simple-
ment connexe. En effet, si le contraire était possible, alors l’intégrale de K
sur ladite région serait strictement négative. Ceci entre en contradiction avec
le corollaire 1.5 stipulant que cette intégrale vaut 2π > 0.
8 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 3, p.89, no 3] Calculer la courbure gaussienne du tore à l’aide du


paramétrage

x(u, v) = ((a + b cos u) cos v , (a + b cos u) sin v , b sin u) , 0 ≤ u, v < 2π

et vérifier explicitement dans ce cas la validité du corollaire 1.11.

RÉPONSE :

Nous avons

xu (u, v) = b (− sin u cos v , − sin u sin v , cos u) et


xv (u, v) = (a + b cos u) (− sin v , cos v , 0) .
   2 
E F b 0
⇒ I(u, v) = = .
F G 0 (a + b cos u)2

Ainsi, la relation (∗) en page 60 indique que


    
1 Ev Gu
K(u, v) = − √ √ + √
2 EG EG v EG u
1 √ 
 
ici 1 Gu
=− √ √ =− √ G
E G 2 G u E G uu
1 cos u
=− 2 (a + b cos u)uu =
b (a + b cos u) b(a + b cos u)

Aussi, dA = kxu × xv kdudv = EG − F 2 dudv, ce qui vaut ici b(a + b cos u)dudv.
Ainsi,
Z Z 2π Z 2π Z 2π
KdA = cos u dudv = 2π cos u du = 2π · 0 .
tore u=0 v=0 u=0

Nous verrons en annexe que χ(tore) = 0, donc nous avons bien le corollaire 1.11.
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 9

[Chapitre 3, p.89, no 5] Soit M une surface sans bord, compacte et orientée qui
n’est pas du même type topologique que la sphère. Montrer qu’il existe trois points
de M où la courbure gaussienne est respectivement positive, nulle et négative.

RÉPONSE :

Un résultat important obtenu par les géomètres de la fin du XIXème siècle et du


début du XXème est la classification des surfaces 2 :
Soit M une surface sans bord, compacte et orientée. Alors M est
soit la sphère, soit un g-tore (g étant un entier naturel non nul).
En particulier, une telle surface est déterminée complètement par sa
caractéristique d’Euler, χ(M ) (voir annexe).
Il résulte de ce théorème de classification que si nous considérons une surface M
qui n’est pas du même type topologique que la sphère, alors c’est un g-tore (g ∈
{1, 2, 3, . . . }). Ainsi, χ(M ) = 2 − 2g ≤ 0. En vertu du théorème de Gauss-Bonnet
(le corollaire 1.11), il en résulte que
Z Z
KdA = 2πχ(M ) ≤ 0 .
M

Ainsi, il existe au moins un point où K ≤ 0. Or, M est compacte ; en vertu de la


proposition 3.5, il existe au moins un point (et donc, au moins un petit “disque”)
où K > 0. Puisque l’intégrale est ≤ 0, mais que l’intégrale sur la région où K > 0
contribue un nombre > 0, nous en déduisons le résultat renforcé selon lequel il existe
au moins un point (et en fait, au moins un petit “disque”) où K < 0. Par continuité
de la fonction K sur la surface, le théorème de la valeur intermédiaire nous indique
qu’il existe au moins un point où K = 0.

2De nos jours, nous connaissons la classification de toutes les surfaces, une démonstration rela-
tivement courte étant donnée par la preuve ZIP.
La situation est bien plus compliquée en dimension 3 ou plus. Grigori Perelman s’est vu décerné
la médaille Fields en 2006 (qu’il a refusée) pour sa démonstration de la conjecture de géométrisation
de (William) Thurston énonçant quels sont les espaces “briques” à la base de la construction de tout
espace de dimension 3 vérifiant certaines hypothèses. (Thurston a lui-même remporté la médaille
Fields en 1982 pour ses travaux sur la question.) En dimension 2, la sphère et le tore servent de
“briques” pour les surfaces sans bord, compactes et orientées.
En particulier, cela a fourni une preuve de la conjecture de Poincaré qui stipule grossièrement
que tout espace de dimension 3 qui “ressemble” à la 3-sphère est bien la 3-sphère. Par analogie,
le théorème de classification des surfaces nous apprend que si M (sans bord, compacte, orientée) a
une caractéristique d’Euler 2 (il s’agit d’une “ressemblance” à la sphère), alors c’est la sphère.
En dimension 4 et plus, les choses sont plus étranges...
10 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 3, p.89, no 7] Soient M et N deux surfaces localement isométriques


et orientées de manière compatible. Utiliser la proposition 1.3 afin de montrer que
si α ⊂ M et β ⊂ N sont des courbes correspondantes (sous les isométries locales)
paramétrées par longueur d’arc, alors leurs courbures géodésiques sont égales en des
points correspondants.

RÉPONSE :

Par l’isométrie locale entre M et N , il existe un ouvert U ⊂ R2 et deux paramétrages


x : U → M et y : U → N tels que Ix (u, v) = Iy (u, v) pour tout (u, v) ∈ U . En fait,
nous pouvons couvrir M et N simultanément par de tels triplets {Ui , xi , yi }, mais
nous ne spécifierons pas l’indice i afin de ne pas surcharger l’écriture.
Si un “repère mobile” orthonormé {e1 , e2 } est choisi sur M , alors il lui correspond le
“repère mobile” orthonormé {f1 , f2 } := {D(y ◦ x−1 )e1 , D(y ◦ x−1 )e2 } sur N . En fait,
ces deux repères sont représentés sur U par un même “repère mobile” orthonormé
{d1 , d2 }.
Puisque α et β sont correspondants, nous avons y ◦ x−1 ◦ α = β. Autrement dit,
les courbes α et β sont représentées par la même courbe γ = x−1 ◦ α = y−1 ◦ β ⊂ U .

Bref, nous avons essentiellement tout ramener à U : nous avons une façon de parler
de n’importe quoi défini sur M via quelque chose défini sur U et idem pour N . Qui
plus est, tout ce qui est correspondant sur M et sur N est ramené à une même chose
sur U .
Nous avons ainsi sur U tous les éléments requis dans le membre de droite de
l’équation apparaissant à la proposition 1.3. Nous effectuons le calcul “dans U ” et la
réponse doit représenter tant la courbure géodésique de α dans M que celle de β dans
N . Donc les deux courbures géodésiques sont égales en des points correspondants.
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 11

[Chapitre 3, p.90, no 8] Soit M le paraboloı̈de paramétré par x(u, v) = (u cos v, u sin v, u2 ),


où 0 ≤ u et 0 ≤ v ≤ 2π. Soient Mr la portion du paraboloı̈de défini par 0 ≤ u ≤ r
et ∂Mr le bord de cette portion, à savoir le cercle de latitude [u = r] orienté via
v 7→ x(r, v).
a R: Calculer la courbure géodésique du cercle frontière ∂Mr ainsi que l’intégrale
κ ds.
∂Mr g
b : Calculer la caractéristique d’Euler χ(Mr ) RR
c : Utiliser le théorème de Gauss-Bonnet afin de déterminer Mr KdA. Trou-
ver la limite quand r → ∞ (il s’agit
RR de la courbure totale de M ).
d : Calculer directement K, puis M KdA (la réponse doit évidemment coı̈ncider
avec celle obtenue précédemment).
e : Expliquer la relation entre la courbure totale et l’image de l’application de
Gauss de M .

RÉPONSE :

Notons de notre solution à l’exercice 1b que

xu × x v (−2u2 cos v, −2u2 sin v, u) (−2u cos v, −2u sin v, 1)


n(u, v) = √ = √ = √
EG − F 2 u 1 + 4u2 1 + 4u2

pointe vers l’intérieur du parabaloı̈de. De ce constat, il en résulte que le parallèle


∂Mr = [u = r] se voit donner l’orientation “être parcouru d’ouest en est” ; cela se
voit aussi directement en prenant le paramétrage αr = x(r, −) : [0, 2π] → ∂Mr .
√ √
a : Nous avons T = xv / G = (− sin v, cos v, 0) et υ(v) = kαr0 (v)k = G = r,
de sorte que

υ(v)κ(v)N(v) = Tv (v) = −(cos v, sin v, 0) ,


⇒ N(v) = −(cos v, sin v, 0) , κ(v) = υ(v)−1 = r−1 .
ici xu (cos v, sin v, 2r)
n × T = −√ = − √ .
F =0 E 1 + 4r2
κg = κg N · (n × T) = r−1 (1 + 4r2 )−1/2 .

Remarque : Nous avons remarqué vers la fin de la solution de l’exercice 1b


que la courbure géodésique κg (t) du parallèle [u = r] = ∂Mr s’avérait égale à
12 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

υ(t)−1 φ12 (t) = r−1 (1 + 4r2 )−1/2 . Cela corrobore la réponse ci-dessus obtenue
de manière plus usuelle.
Nous calculons maintenant
Z Z v=2π Z v=2π

κg (s) ds = κg (s(v))υ(v) dv = (1 + 4r2 )−1/2 dv = √ .
∂Mr v=0 v=0 1 + 4r2
Remarque : Il s’agit bien de (l’opposée de) la valeur de l’holonomie autour
du parallèle sur le paraboloı̈de que nous avons calculée à l’exercice 1b.
b : Il est intuitivement assez clair que pour tout r > 0, la portion Mr est
topologiquement un disque, c’est-à-dire que Mr est homéomorphe à un disque.
Vérifions-le explicitement. Soit Dr = {(x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 ≤ r2 }, qui est un
disque. Considérons les deux applications suivantes :

pr : Mr → Dr : (x, y, z) 7→ (x, y) et qr : Dr → Mr : (x, y) 7→ (x, y, x2 + y 2 ) .

L’application pr correspond, pour ainsi dire, à la projection de R3 sur le plan


[z = 0]. Il est facile de vérifier que pr et qr sont des inverses. Il s’avère que la
continuité des deux applications vient du fait que la projection R3 → [z = 0]
est continue, tout comme qr : Dr → (Mr ⊂)R3 . Donc Mr est homéomorphe
à Dr et est donc un disque du point de vue topologique.
En triangulant un disque comme une “tarte à (au moins) trois pointes”, il
n’est pas difficile de calculer que χ(D) = 1. Cela se voit aussi de certains
arguments présentés en annexe, en voyant le disque comme une sphère percée
ou le cylindre comme un disque percé (percer un trou dans une surface enlève
1 à la caractéristique d’Euler).
c : Le théorème de Gauss-Bonnet (théorème 1.8 à la page 86 des notes de
Shifrin) stipule dans notre cas que (les parallèles [u = r] n’ayant pas de coin,
il n’y a pas de i ci-dessous)
ZZ Z
ici
κg ds = 2π 1 − (1 + 4r2 )−1/2 .

K dA = 2πχ(Mr ) −
Mr ∂Mr

Ainsi, l’intégrale indéfinie


ZZ ZZ
K dA = lim K dA = 2π .
M r→∞ Mr
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 13

d : Nous avons vu à l’exercice 1b que E = 1 + 4u2 , F = 0, G = u2 , Ev = 0 et


Gu = 2u. Cela nous donne le droit d’appliquer le tout premier exercice de ce
solutionnaire,
      
1 Ev Gu ici 1 2u
K=− √ √ + √ =− √ √
2 EG EG v EG u 2u 1 + 4u2 u 1 + 4u2 u
− 21 (1 + 4u2 )u 4
=− 2 2
= .
u(1 + 4u ) (1 + 4u2 )2

Ainsi, nous calculons


ZZ Z v=2π Z u=∞ √
K dA = K(u, v) EG − F 2 dudv
M v=0 u=0
Z u=∞
4
= 2π 2 2
u(1 + 4u2 )1/2 du
u=0 (1 + 4u )
u=∞ Z u=∞
d (1 + 4u2 )
Z
8udu
=π = π
u=0 (1 + 4u2 )3/2 u=0 (1 + 4u2 )3/2
u=0
2
=π √ = 2π .
1 + 4u2 u=∞

e : Souvenons-nous que la courbure de Gauss K(p) de M en p est le déterminant


de l’opérateur de forme Sp : Tp M → Tp M : v 7→ − (Dv n) (p). Cela peut se
réexprimer de la manière suivante. L’application de Gauss est γ : M → S 2 :
p 7→ n(p). Si x : U → M est un paramétrage près de p ∈ M , alors la com-
position y = γ ◦ x : U → S 2 est un paramétrage de la sphère près de γ(p).
Nous calculons

yu (u, v) = (Dγ)x(u,v) xu (u, v) =: (Dxu (u,v) γ)(u, v) = −Sx(u,v) xu (u, v) ,


yv (u, v) = (Dγ)x(u,v) xv (u, v) =: (Dxv (u,v) γ)(u, v) = −Sx(u,v) xv (u, v) .

Ainsi, en remarquant que Sx(u,v) xu (u, v) × Sx(u,v) xv (u, v) est colinéaire à


n(u, v),

k(yu × yv )(u, v)k = kSx(u,v) xu (u, v) × Sx(u,v) xv (u, v)k



= Sx(u,v) xu (u, v) × Sx(u,v) xv (u, v) · n(u, v)
14 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Nous pouvons prolonger Sp en une application S̃p : Tp R3 → Tp R3 qui agit


linéairement sur tout Tp R3 ' R3 en imposant S̃p (np ) = np , de sorte que nous
pouvons récrire ce qui précède sous la forme
 
k(yu × yv )(u, v)k = S̃x(u,v) xu (u, v) × S̃x(u,v) xv (u, v) · S̃x(u,v) n(u, v)

Ce produit mixte est le déterminant de la matrice 3 × 3 formée par ces trois


vecteurs. Nous savons que pour toute matrice A de taille 3 × 3,
      
| | | | | | | | |
det  Aa Ab Ac  = det A  a b c  = det A·det  a b c  .
| | | | | | | | |

En appliquant ceci à la relation que nous avons obtenue et en remarquant


que det S̃p = det Sp , nous pouvons écrire

k(yu × yv )(u, v)k = det Sx(u,v) |(xu (u, v) × xv (u, v)) · n(u, v)| = K(u, v) EG − F 2 .

Une façon suggestive d’écrire cette formule3 est dAy = KdAx , où l’élément
d’aire de gauche est sur la sphère et celui de droite sur la surface M . Cela
conduit à la formulation originelle de Gauss pour la courbure éponyme :

Aire(γ(U ))
K(p) = limite quand l’aire de U 3 p tend vers 0 de .
Aire(U )
RR RR
En particulier, M KdAx = γ(M ) dAy : la courbure de Gauss totale d’une
surface M est la superficie de l’image γ(M ) ⊂ S 2 de M par l’application de
Gauss γ.
Dans le cas du paraboloı̈de, nous voyons bien que le champ vectoriel n
balaie tous les points de l’hémisphère nord de la sphère unité, et les balaie
précisément une seule fois chacun. L’aire de l’hémisphère nord de la sphère
de rayon 1 étant 2π, nous retrouvons (par une troisième approche) la même
réponse qu’auparavant.

3Cet
argument démontre un cas particulier (d’une généralisation) de la formule de changement
de variables pour les intégrales multiples !
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 15

ANNEXE

[Chapitre 3, p.89, no 4]
a : Trianguler le cylindre, la sphère, le tore et le 2-tore et montrer que la
caractéristique d’Euler vaut respectivement 0, 2, 0 et −2.
b : Montrer par récurrence que le g-tore vérifie χ = 2 − 2g.

RÉPONSE :

Les quatre propriétés d’une triangulation sont énoncées à la page 85. Je vous
laisse le soin de vérifier que mes réponses satisfont ces quatre conditions (surtout la
propriété (ii) ; notez aussi que je ne me préoccupe pas trop des orientations, alors
que ça a une grande importance, surtout dans mes arguments d’en b).

a : La Figure 1 montre tout à droite une triangulation (l’ensemble des segments


bleus et rouges) du cylindre.

Figure 1

Nous voyons qu’il y a ici 6 faces triangulaires (F = 6), qu’il y a 6 arêtes bleues
et 6 arêtes rouges (A = 6 + 6 = 12) ainsi que 6 sommets (S = 6). Ainsi, la
caractéristique d’Euler de cette triangulation (et donc du cylindre) est

χ(cylindre) = F − A + S = 6 − 12 + 6 = 0 .

La Figure 2 montre tout à droite une triangulation (l’ensemble des segments


bleus et rouges) de la sphère.
16 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Figure 2

Nous voyons qu’il y a ici 4 faces triangulaires (F = 4), qu’il y a 6 arêtes


(A = 6) ainsi que 4 sommets (S = 4). Ainsi, la caractéristique d’Euler de
cette triangulation (et donc de la sphère) est

χ(sphère) = F − A + S = 4 − 6 + 4 = 2 .

La Figure 3 montre comment obtenir le tore à partir de trois cylindres mis


bout à bout. En utilisant la triangulation du cylindre obtenue ci-dessus à
chacun et en effectuant les identifications mentionnées, nous obtenons une
triangulation du tore.

Figure 3
Il faut bien remarquer que les trois cylindres pris séparément ont 6 bouts,
mais qu’après identifications des bouts deux à deux, les triangulations de
seulement 3 de ces 6 bouts importent. Ainsi,
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 17

χ(tore) = 3χ(cylindre) − 3χ(bout = cercle) = 3 · 0 − 3 · ( 0| −{z


3 + 3} ) = 0 .
F −A+S du cercle

b : Pour tout entier g ≥ 2, nous pouvons calculer la caractéristique d’Euler


du tore “à g-trous”, c’est-à-dire du g-tore (g est le genre de la surface) par
induction. Cela nécessite cependant de faire appel à la notion de somme
connexe de deux surfaces.

Figure 4

Comme on le voit sur la figure 4, le 2-tore s’obtient en enlevant (la face


d’)un petit triangle sur chacun de deux tores, puis en recollant ces deux
tores “percés” le long des bords des triangles (en faisant bien attention aux
orientations !). Ainsi, quels que soient les triangulations mises sur un tore ou
sur l’autre, nous leur avons enlevé une face, d’où

χ(tore “percé”) = χ(tore) − 1 = −1 .

En recollant les deux tores pour former le 2-tore, et en oubliant la triangula-


tion d’un des deux (bords de) triangles recollés, nous obtenons une triangu-
lation du 2-tore. Ainsi,

χ(2 − tore) = 2χ(tore “percé”) − χ(cercle) = 2 · (−1) − ( 3 + 3} ) = −2 .


0| −{z
F −A+S du cercle

Ceci se généralise facilement : si M et N sont deux surfaces, nous pouvons


considérer leur somme connexe M ]N qui est la surface obtenue en enlevant à
chacun de M et de N la face d’un petit triangle puis en les collant le long des
18 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

bords de ces triangles. Enlever une face diminue la caractéristique d’Euler


de chacun par 1 et il faut oublier la triangulation d’un des “triangles-bord”.
Ainsi, nous obtenons

χ(M ]N ) = (χ(M ) − 1) + (χ(N ) − 1) − χ(cercle) = χ(M ) + χ(N ) − 2 .

En remarquant maintenant que le g-tore s’obtient en prenant la somme con-


nexe d’un (g − 1)-tore avec un tore, nous obtenons aisément par récurrence

χ(g − tore) = 2 − 2g .

La sphère entre dans ce calcul comme étant la surface (compacte, orientée


et sans bord) de genre g = 0. Notons d’ailleurs que la somme connexe
d’une surface quelconque avec une sphère ne change pas le type topologique
de la surface (la sphère est l’élément neutre de la somme connexe), ce qui
transparaı̂t bien par l’invariance de la caractéristique d’Euler :

χ(M ]S 2 ) = χ(M ) + χ(S 2 ) − 2 = χ(M ) .

Notons aussi qu’aucune des surfaces parmi la sphère, le tore, le 2-tore, le


3-tore, etc. n’ont la même caractéristique d’Euler.

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