TP 10
TP 10
1 E G
K=− √ √ v + √ u .
2 EG EG v EG u
RÉPONSE :
EK = (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .
−1 1 1
Ev Fv − 21 Gu
Γuuu Γuuv Γuvv E F 2
Eu 2
=
Γvuu Γvuv Γvvv F G Fu − 12 Ev 12 Gu 1
2
Gv
−1 1 1 1
F =0 E 0 2
Eu 2 Ev − 2 Gu
=
0 G−1 − 12 Ev 12 Gu 12 Gv
E −1 Eu E −1 Ev −E −1 Gu
1
= .
2 −G−1 Ev G−1 Gu G−1 Gv
La première équation de Gauss, une fois multipliée par 2G, s’exprime alors :
1
2EGK = G(−G−1 Ev )v − G(G−1 Gu )u + E −1 Eu Gu − G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 − G−1 G2u
2
−1 −1
= G(−G Ev )v − G Ev Gv + −G(G−1 Gu )u − G−1 G2u
1
E −1 Eu Gu + G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 + G−1 G2u
+
2
1
= (−GG−1 Ev )v − (GG−1 Gu )u + (G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 ) + (E −1 Eu Gu + G−1 G2u )
2
Ev (EG)v Gu (EG)u
= −Evv − Guu + +
2EG 2EG
√ √
Evv 1 Ev (EG)v Guu 1 Gu (EG)u
= − EG − − EG −
(EG)1/2 2 (EG)3/2 (EG)1/2 2 (EG)3/2
√
Ev Gu
= − EG √ + √ .
EG v EG u
Quelques unes des égalités ci-dessus proviennent de l’utilisation de la règle de Leibniz
afin de combiner des termes.
En divisant les deux côtés par 2EG (qui n’est pas nul, puisque le paramétrage est
régulier), nous obtenons la réponse recherchée.
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 3
RÉPONSE :
Notons que e2 point vers l’“est”, tandis que e1 pointe vers le “nord”.
Prenons un instant pour souligner un fait très important. Suivant l’abus usuel,
nous n’avons pas fait attention à restreindre le domaine du paramétrage x afin qu’il
soit régulier. Ceci dit, nous pouvons vérifier que le repère mobile donné ci-dessus est
globalement bien défini, c’est-à-dire que
(1) pour tout point p ∈ M , il existe (u, v) ∈ R2 tel que p = x(u, v), de sorte que
nous avons construit une base {e1 , e2 } pour Tp M (le repère est globalement
défini),
(2) et le repère au point p ne dépend que de ce point, c’est-à-dire pas du choix
précis de (u, v) ∈ R2 tel que p = x(u, v) (le repère est bien défini).
4 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE
Cela dénote de l’attrait des repères mobiles : obtenir un repère (orthonormé) pour
chaque plan tangent de la surface qui varie de manière lisse de point en point, sans
se préoccuper d’utiliser un quelconque paramétrage de la surface (c’est-à-dire sans
utiliser des coordonnées).
Paramétrons le parallèle u = u0 via α(t) = x(u0 , t). Pour faire un tour complet,
il faut que t balaie [0, 2π] (notons que ce choix nous fait parcourir le parallèle de
façon anti-horaire vu depuis l’infini z = +∞, ou encore “d’ouest en est” depuis un
observateur lointain dans le plan z = 0). Ainsi, dans les coordonnées (u, v), le chemin
α est décrit par t 7→ (u(t), v(t)) = (u0 , t). Il en résulte que u0 (t) = 0 et v 0 (t) = 1. La
proposition 1.1 stipule alors que 1
1 0 0
φ12 (t) := ∇α0 (t) e1 (t) · e2 (t) = √ (−Ev u + Gu v ) (t)
2 EG
ici 1 1
= p
2
(2u0 ) = p .
2u0 1 + 4u0 1 + 4u20
La proposition 1.2 s’applique aisément, donnant l’holonomie autour de α :
Z t=2π
2π
∆ψ = − φ12 (t)dt = − p .
t=0 1 + 4u20
Notons qu’avoir choisi de parcourir le parallèle dans le sens horaire, nous aurions
obtenu l’opposé de cette quantité.
Rappelons du bas de la page 80 que si X(t) est un champ parallèle le long de α(t),
alors pour la décomposition X = cos ψ e1 + sin ψ e2 définissant l’angle ψ, la condition
de parallélisme signifie que ψ 0 (t) = −φ12 (t). Donc, ici, ψ 0 (t) = −u−1 (1+4u2 )−1 . Cela
signifie que le transport parallèle a tendance à générer une rotation anti-horaire par
rapport au repère mobile {e1 , e2 }.
approches, nous en déduisons qu’ici, φ12 (t) = υ(t) κg (t). Notons que le membre de
gauche, φ12 , se calcule de manière intrinsèque (sans rien savoir sur n), contrairement
à κg dans le membre de droite.
6 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE
[Chapitre 3, p.89, no 2] Déterminer s’il peut exister une géodésique fermée (lisse,
c’est-à-dire se bouclant “bien”, sans “coin”) sur une surface ayant partout
a : K > 0,
b : K = 0,
c : K < 0.
De plus, donner un exemple de géodésique fermée délimitant une région simplement
connexe, si c’est possible.
RÉPONSE :
a) K > 0 : Les grands cercles d’une sphère étant des géodésiques fermées, la
situation est possible. De plus, les régions ainsi délimitées sont des hémisphères
et sont simplement connexes.
Par contre, étant donné une surface M avec K > 0 partout, il n’existe pas
nécessairement de géodésique fermée. En effet, considérons le paraboloı̈de
portion de plan via une isométrie (car K ≡ 0), de sorte que son bord serait
une géodésique fermée du plan. C’est absurde. Nous pourrions aussi arguer
comme dans le prochain cas.
c) K < 0 : L’hyperboloı̈de à une nappe ou la caténoı̈de sont des exemples de
surfaces où K < 0 partout et qui admettent une géodésique fermée, à savoir
le parallèle de moindre rayon.
La pseudo-sphère est un exemple de surface où K < 0 partout, mais
n’admettant aucune géodésique fermée (pour des raisons analogues au cas
du paraboloı̈de).
Si une géodésique fermée existe, elle ne peut pas borner une région simple-
ment connexe. En effet, si le contraire était possible, alors l’intégrale de K
sur ladite région serait strictement négative. Ceci entre en contradiction avec
le corollaire 1.5 stipulant que cette intégrale vaut 2π > 0.
8 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE
RÉPONSE :
Nous avons
Nous verrons en annexe que χ(tore) = 0, donc nous avons bien le corollaire 1.11.
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 9
[Chapitre 3, p.89, no 5] Soit M une surface sans bord, compacte et orientée qui
n’est pas du même type topologique que la sphère. Montrer qu’il existe trois points
de M où la courbure gaussienne est respectivement positive, nulle et négative.
RÉPONSE :
2De nos jours, nous connaissons la classification de toutes les surfaces, une démonstration rela-
tivement courte étant donnée par la preuve ZIP.
La situation est bien plus compliquée en dimension 3 ou plus. Grigori Perelman s’est vu décerné
la médaille Fields en 2006 (qu’il a refusée) pour sa démonstration de la conjecture de géométrisation
de (William) Thurston énonçant quels sont les espaces “briques” à la base de la construction de tout
espace de dimension 3 vérifiant certaines hypothèses. (Thurston a lui-même remporté la médaille
Fields en 1982 pour ses travaux sur la question.) En dimension 2, la sphère et le tore servent de
“briques” pour les surfaces sans bord, compactes et orientées.
En particulier, cela a fourni une preuve de la conjecture de Poincaré qui stipule grossièrement
que tout espace de dimension 3 qui “ressemble” à la 3-sphère est bien la 3-sphère. Par analogie,
le théorème de classification des surfaces nous apprend que si M (sans bord, compacte, orientée) a
une caractéristique d’Euler 2 (il s’agit d’une “ressemblance” à la sphère), alors c’est la sphère.
En dimension 4 et plus, les choses sont plus étranges...
10 SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE
RÉPONSE :
Bref, nous avons essentiellement tout ramener à U : nous avons une façon de parler
de n’importe quoi défini sur M via quelque chose défini sur U et idem pour N . Qui
plus est, tout ce qui est correspondant sur M et sur N est ramené à une même chose
sur U .
Nous avons ainsi sur U tous les éléments requis dans le membre de droite de
l’équation apparaissant à la proposition 1.3. Nous effectuons le calcul “dans U ” et la
réponse doit représenter tant la courbure géodésique de α dans M que celle de β dans
N . Donc les deux courbures géodésiques sont égales en des points correspondants.
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 11
RÉPONSE :
υ(t)−1 φ12 (t) = r−1 (1 + 4r2 )−1/2 . Cela corrobore la réponse ci-dessus obtenue
de manière plus usuelle.
Nous calculons maintenant
Z Z v=2π Z v=2π
2π
κg (s) ds = κg (s(v))υ(v) dv = (1 + 4r2 )−1/2 dv = √ .
∂Mr v=0 v=0 1 + 4r2
Remarque : Il s’agit bien de (l’opposée de) la valeur de l’holonomie autour
du parallèle sur le paraboloı̈de que nous avons calculée à l’exercice 1b.
b : Il est intuitivement assez clair que pour tout r > 0, la portion Mr est
topologiquement un disque, c’est-à-dire que Mr est homéomorphe à un disque.
Vérifions-le explicitement. Soit Dr = {(x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 ≤ r2 }, qui est un
disque. Considérons les deux applications suivantes :
Une façon suggestive d’écrire cette formule3 est dAy = KdAx , où l’élément
d’aire de gauche est sur la sphère et celui de droite sur la surface M . Cela
conduit à la formulation originelle de Gauss pour la courbure éponyme :
Aire(γ(U ))
K(p) = limite quand l’aire de U 3 p tend vers 0 de .
Aire(U )
RR RR
En particulier, M KdAx = γ(M ) dAy : la courbure de Gauss totale d’une
surface M est la superficie de l’image γ(M ) ⊂ S 2 de M par l’application de
Gauss γ.
Dans le cas du paraboloı̈de, nous voyons bien que le champ vectoriel n
balaie tous les points de l’hémisphère nord de la sphère unité, et les balaie
précisément une seule fois chacun. L’aire de l’hémisphère nord de la sphère
de rayon 1 étant 2π, nous retrouvons (par une troisième approche) la même
réponse qu’auparavant.
3Cet
argument démontre un cas particulier (d’une généralisation) de la formule de changement
de variables pour les intégrales multiples !
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 15
ANNEXE
[Chapitre 3, p.89, no 4]
a : Trianguler le cylindre, la sphère, le tore et le 2-tore et montrer que la
caractéristique d’Euler vaut respectivement 0, 2, 0 et −2.
b : Montrer par récurrence que le g-tore vérifie χ = 2 − 2g.
RÉPONSE :
Les quatre propriétés d’une triangulation sont énoncées à la page 85. Je vous
laisse le soin de vérifier que mes réponses satisfont ces quatre conditions (surtout la
propriété (ii) ; notez aussi que je ne me préoccupe pas trop des orientations, alors
que ça a une grande importance, surtout dans mes arguments d’en b).
Figure 1
Nous voyons qu’il y a ici 6 faces triangulaires (F = 6), qu’il y a 6 arêtes bleues
et 6 arêtes rouges (A = 6 + 6 = 12) ainsi que 6 sommets (S = 6). Ainsi, la
caractéristique d’Euler de cette triangulation (et donc du cylindre) est
χ(cylindre) = F − A + S = 6 − 12 + 6 = 0 .
Figure 2
χ(sphère) = F − A + S = 4 − 6 + 4 = 2 .
Figure 3
Il faut bien remarquer que les trois cylindres pris séparément ont 6 bouts,
mais qu’après identifications des bouts deux à deux, les triangulations de
seulement 3 de ces 6 bouts importent. Ainsi,
SOLUTIONNAIRE DU TP 10 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 17
Figure 4
χ(g − tore) = 2 − 2g .