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SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Rappelons ici les définitions de quelques concepts considérés dans les notes de
Shifrin. Cependant, pour bien faire, la définition de surface sera plutôt inspirée du
traitement de do Carmo dans son livre Differential Geometry of Curves and Surfaces,
la figure 1 qui l’accompagne provenant du ce livre.

Définition 1 (Shifrin). Un paramétrage régulier d’un sous-ensemble S ⊂ R3 est


une fonction x : U → S de classe C 3 , où U ⊂ R2 est un ouvert doté des coordonnées
cartésiennes u et v, vérifiant les deux conditions suivantes :
(1) x est une fonction injective (forcément surjective sur son image), c’est-à-dire
que x : U → x(U ) est bijective ;
(2) la fonction vectorielle U → R3 : (u, v) 7→ (xu × xv )(u, v) ne s’annule pas
(condition de régularité).

Il faut noter que malgré cette définition passablement précise, plusieurs abus de lan-
gage s’opèrent en pratique. Par exemple, il est fréquent de parler de “paramétrage”
même si U n’est pas un ouvert, mais qu’on peut le “recouvrir” de façon appro-
priée par des ouverts. Cela se produit entre autres dans l’énoncé de la question 11.
Mentionnons que la condition de classe C 3 n’est incluse ici que pour s’assurer de la
légitimité de certaines constructions que nous considérerons dans quelques semaines.

Définition 2 (do Carmo). Un sous-ensemble S ⊂ R3 est une surface (régulière


plongée) si pour chaque point p ∈ S, il existe un paramétrage régulier x : W → S
dont l’image contient p et tel que (voir Figure 1) :
Condition d’homéomorphie : pour tout ouvert U ⊂ W ⊂ R2 tel
que p ∈ x(U ), il existe un ouvert p ∈ V ⊂ R3 tel que V ∩ S = x(U ).

Remarque importante : Pour une surface S et pour un paramétrage régulier x :


U → S, l’application x−1 : x(U ) → U est appelée une carte de S. La condition
d’homéomorphie garantit qu’une carte de S est une application continue ; en fait,
cette condition est pratiquement la définition de la continuité d’une carte. Cette
condition étant plus sophistiquée que les autres et quelque peu difficile à montrer
en pratique, nous ne la vérifirons que si on nous le demande explicitement. Notons
Date: 11 octobre 2016.
1
2 SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Figure 1

que la définition de surface introduite ci-dessus implique la “définition” donnée par


Shifrin, mais il s’avère que la “définition” de Shifrin est trop englobante pour être
utile. Shifrin mise sur notre intuition de la notion de surface pour compenser le
manque de rigueur de sa “définition”.
Remarque : Nous dénoterons souvent une surface par la lettre M plutôt que par la
lettre S. La lettre M tient pour le terme anglais manifold, traduit en français par
variété, qui est une notion généralisant en toute dimension le concept de surface (qui
correspond à la dimension deux).

Définition 3. Soit x : U → M ⊂ R3 un paramétrage régulier d’une surface M , où


U est doté de coordonnées cartésiennes (u, v). Pour tout point q = (u0 , v0 ) ∈ U ,
nous définissons la différentielle (ou la jacobienne) de x en (u0 , v0 ), à savoir
Dx(u0 ,v0 ) , en associant à chaque vecteur ξ = ξ1 û + ξ2 v̂ basé en (u0 , v0 ) le vecteur
(Dx)(u0 ,v0 ) (ξ) := ξ1 xu |(u0 ,v0 ) + ξ2 xv |(u0 ,v0 ) ∈ R3 basé en P = x(u0 , v0 ).
L’image de la différentielle en (u0 , v0 ), soit encore l’ensemble des combinaisons
linéaires réelles de xu |(u0 ,v0 ) et de xv |(u0 ,v0 ) , est (pour un paramétrage régulier) un
plan dans R3 , appelé le plan tangent à M en P et noté TP M .

Dans cette définition, le plan tangent TP M dépend de prime abord du choix des
coordonnées (u, v) sur U ainsi que du paramétrage x considéré. Nous montrerons
néanmoins dans l’exercice 15 de ce solutionnaire que TP M ne dépend pas de ces
choix. Nous pouvons donc dire que le plan tangent est une notion géométrique.
SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 3

En particulier, sans préciser de coordonnées sur U , nous obtenons que la différentielle


de x au point q ∈ U est une application linéaire
Dxq : Tq U = Tq R2 ∼= R2 → Tx(q) M .

Dans la pratique, cette application linéaire se calcule en choisissant des coordonnées


euclidiennes (u, v) sur U , ce qui détermine une base vectorielle {û, v̂} en n’importe
quel point q = (u0 , v0 ) ∈ U . Dans cette base, un vecteur ξ = ξ1 û + ξ2 v̂ ∈ Tq U
est représenté par un vecteur colonne [ξ] := (ξ1 ξ2 )T . Effectuons aussi un choix
de coordonnées cartésiennes (x, y, z) sur R3 , obtenant une base vectorielle {x̂, ŷ, ẑ}
en tout point (x0 , y0 , z0 ) ∈ R3 . Dans cette base, un vecteur v = v1 x̂ + v2 ŷ + v3 ẑ
est représenté par le vecteur colonne [v] := (v1 v2 v3 )T . Puisque nous avons alors
une base vectorielle sur Tq U et une base vectorielle sur Tx(q) R3 ∼= R3 , nous pouvons
représenter l’application linéaire Dxq par une matrice 3 × 2 notée [Dxq ] et connue
sous le nom de matrice Jacobienne.
Ainsi, la formule donnant le vecteur v ∈ Tx(q) M image de ξ ∈ Tq U par Dxq ,

v := Dxq (ξ) ,
s’exprime sous forme matricielle

[v] := [Dxq (ξ)] = [Dxq ][ξ] ,


soit plus explicitement
     
v1 | |   (∂(x ◦ x)/∂u)(q) (∂(x ◦ x)/∂v)(q)  
 v2  :=  xu (q) xv (q)  ξ1 =  (∂(y ◦ x)/∂u)(q) (∂(y ◦ x)/∂v)(q)  ξ1 .
ξ2 ξ2
v3 | | (∂(z ◦ x)/∂u)(q) (∂(z ◦ x)/∂v)(q)

Il s’agit là de la manière par laquelle nous calculons la différentielle en pratique.

La condition de régularité dans la définition d’un paramétrage régulier est équivalente


à la condition que la matrice Jacobienne (ou encore la différentielle) ait rang 2, ce qui
est aussi équivalent à dire que la différentielle est une application linéaire injective.
4 SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Définition 4. Soit x : U → M ⊂ R3 un paramétrage régulier d’une surface. La


forme fondamentale I sur M , soit encore la métrique (riemannienne in-
duite), est donnée en chaque point de la surface par la matrice symétrique

(xu · xu )|(u0 ,v0 ) (xv · xu )|(u0 ,v0 )


   
E(u0 , v0 ) F (u0 , v0 )
I(u0 , v0 ) = =: .
(xu · xv )|(u0 ,v0 ) (xv · xv )|(u0 ,v0 ) F (u0 , v0 ) G(u0 , v0 )

Définition 5. Supposons que M et N soient des surfaces. Elles sont dites locale-
ment isométriques si pour tout point P ∈ M , il existe un ouvert U ⊂ R2 et des
paramétrages réguliers x : U → M et y : U → N tels que P ∈ x(U ) et pour lesquels
les formes fondamentales des deux portions de surfaces sont identiques. Ceci signifie
que pour tout couple (u, v) ∈ U , la forme fondamentale IM évaluée en x(u, v) est
égale à la forme fondamentale IN évaluée en y(u, v). Dit autrement, l’application
f = y ◦ x−1 : x(U ) → y(U ) est une bijection1 préservant les formes fondamentales et
qui préserve dès lors les (courtes) distances.

Définition 6. Soit x : U → M ⊂ R3 un paramétrage régulier d’une surface. Il


s’agit d’un paramétrage conforme (au plan) si les angles mesurés dans U (selon
le produit scalaire usuel) sont les mêmes que les angles correspondant dans les plan
tangents à M . Plus précisément, si (u, v) ∈ U et ξ = ξ1 û + ξ2 v̂ et χ = χ1 û + χ2 v̂ sont
deux vecteurs basés en (u, v), notons φ l’angle entre ces deux vecteurs. De manière
similaire, avec P = x(u, v) et (Dx)(ξ) = ξ1 xu + ξ2 xv et (Dx)(χ) = χ1 xu + χ2 xv
les vecteurs correspondant dans TP M , notons θ l’angle entre les deux vecteurs. Le
paramétrage est conforme si φ = θ quels que soient les choix faits ci-dessus.
Une notion un peu plus sophistiquée est la suivante :
Définition 7. Soit x : U → M ⊂ R3 un paramétrage régulier d’une surface. La
forme volume dV sur M est la prise en chaque point de la surface du déterminant
suivant : pour ξ, χ ∈ TP M ⊂ R3 , avec n le vecteur normal unité (orienté) à TP M ,
 
| | |
dV (ξ, χ) = det  ξ χ n  .
| | |
√ √
Il s’avère que dV (xu , xv ) = det I = EG − F 2 .

1Dans une terminologie plus avancée, il s’agit d’un difféomorphisme local de M vers N .
SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 5

Définition 8. Soit x : U → M ⊂ R3 un paramétrage régulier d’une surface. Le


volume ou ici la superficie du paramétrage est l’intégrale2
Z Z Z √
Aire(x(U )) = dV (xu , xv ) dudv = kxu × xv kdudv = EG − F 2 dudv .
U U U

2Dans
R
le cadre de la géométrie différentielle moderne, ceci s’écrit aussi simplement x(U )
dV .
6 SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 2, p.41, no 3] Calculer la première forme fondamentale I (c’est-à-dire


les scalaires E, F et G) pour les surfaces paramétrées suivantes :
a : la sphère de rayon a : x(u, v) = a (sin u cos v , sin u sin v , cos u).
b : le tore : x(u, v) = ((a + b cos u) cos v , (a + b cos u) sin v , b sin u).

RÉPONSE :

a : Nous calculons

xu = a (cos u cos v , cos u sin v , − sin u) et xv = a (− sin u sin v , sin u cos v , 0) .

Ainsi,

E = xu · xu = a2 [(cos u cos v)2 + (cos u sin v)2 + (− sin u)2 ]


= a2 [(cos u)2 + (sin u)2 ] = a2 ,
F = xu · xv
= a2 [(cos u cos v)(− sin u sin v) + (cos u sin v)(sin u cos v) + (− sin u)(0)]
= 0,
G = xv · xv = a2 [(− sin u sin v)2 + (sin u cos v)2 + (0)2 ]
= a2 (sin u)2 [(sin v)2 + (cos v)2 ] = a2 (sin u)2 .

 
2 1 0
⇒ I(u, v) = a .
0 (sin u)2

b : Nous calculons

xu = b(− sin u cos v , − sin u sin v , cos u)


et xv = (−(a + b cos u) sin v , (a + b cos u) cos v , 0) .

Ainsi,
SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 7

E = xu · xu = b2 [(sin u cos v)2 + (sin u sin v)2 + (cos u)2 ]


= b2 [(sin u)2 + (cos u)2 ]
= b2 ,
F = x u · xv
= b[(− sin u cos v)(−(a + b cos u) sin v) + (− sin u sin v)((a + b cos u) cos v) + (cos u)(0)]
= b(a + b cos u)[sin u cos v sin v − sin u sin v cos v]
= 0,
G = xv · xv = ((a + b cos u) sin v)2 + ((a + b cos u) cos v)2 + 02
= (a + b cos u)2 .
 
b2 0
⇒ I(u, v) = .
0 (a + b cos u)2
8 SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 2, p.41, no 4(a)] Calculer la superficie des surfaces paramétrées suiv-


antes :
a : le tore x(u, v) = ((a+b cos u) cos v , (a+b cos u) sin v , b sin u) où 0 < b < a,
0 ≤ u, v ≤ 2π.
c : un “anneau” de la sphère de rayon a : x(u, v) = a (sin u cos v , sin u sin v , cos u)
avec u ∈ [u0 , u1 ] ⊆ [0, π] et v ∈ [0, 2π].

RÉPONSE :

a : Posons U = {(u, v) ∈ R2 | 0 ≤ u, v ≤ 2π}. Selon les éléments de théorie présentés


au début de ce document, nous avons
Z √
Aire(x(U )) = EG − F 2 dudv
U

où E, F et G sont les coefficients de la matrice représentant la première forme


fondamentale du tore x(U ) dans la base {xu , xv }. Nous avons calculé ces coefficients
à la page précédente, à l’exercice 3b. Ainsi,

Z 2π Z
p 2π Z 2π Z 2π
Aire(x(U )) = 2 2
b (a + b cos u) dudv = b |a + b cos u| dudv
0 0 0 0
Z 2π  Z 2π  Z 2π
=b |a + b cos u| du dv = 2πb |a + b cos u| du .
0 0 0

Puisque cos u ≥ −1 et puisque 0 < b < a, nous avons 0 < a − b ≤ a + b cos u. En


particulier, |a + b cos u| = a + b cos u. Ainsi,

 
Z 2π 
Z 2π 
Aire(x(U )) = 2πb (a + b cos u) du = 2πb 
2πa + b cos u du
0
|0 {z }
=0
2
= (2πa)(2πb) = 4π ab .

[[ Remarquons qu’il s’agit du produit des circonférences du méridien type (v = con-


stante), à savoir 2πb, avec la circonférence moyenne d’une latitude (u = constante),
à savoir ici 2πa. ]]
SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 9

c : Posons U = {(u, v) ∈ R2 | u ∈ [u0 , u1 ] , v ∈ [0, 2π]} où [u0 , u1 ] ⊆ [0, π]. Selon les
éléments de théorie présentés au début de ce document, nous avons
Z √
Aire(x(U )) = EG − F 2 dudv
U

où E, F et G sont les coefficients de la matrice représentant la première forme


fondamentale du tore x(U ) dans la base {xu , xv }. Nous avons calculé ces coefficients
ci-dessus, à l’exercice 3a. Ainsi,
Z 2π Zp u1 Z 2π Z u1
22 2
Aire(x(U )) = a 1.(sin u) dudv = a | sin u| dudv
0 u0 0 u0
Z u1  Z 2π  Z u1
2 2
=a | sin u| du dv = 2πa | sin u| du .
u0 0 u0

Puisque [u0 , u1 ] ⊆ [0, π], nous avons | sin u| = sin u pour tout u ∈ [u0 , u1 ]. Ainsi,
Z 2π Z u1
2
Aire(x(U )) = 2πb (a + b cos u) du = 2πa sin u du
0 u0
= 2πa 2
[− cos u]uu10 2
= 2πa [cos u0 − cos u1 ] .
Lorsque u0 = 0 et u1 = π, ceci donne Aire(S 2 (a)) = 4πa2 , comme il se doit.

[[ Remarquons que l’altitude du parallèle u est z = a cos u. Ainsi, la superficie de


“l’anneau” délimité par les parallèles d’altitude z0 = a cos u0 et z1 = a cos u1 est
Aire(x(U )) = 2πa(z0 − z1 ) .
Ainsi, la superficie d’un “anneau” sur une sphère ne dépend que de la différence
d’altitude z entre les deux parallèles et non de leur emplacement sur la sphère ! Il en
résulte aussi que “l’anneau” compris entre les altitudes z0 > z1 a la même aire que
l’anneau cylindrique de rayon a et de hauteur z0 − z1 . En particulier, la sphère de
rayon a a la même superficie que le cylindre de rayon a et de hauteur 2a. Ce fait est
particulièrement clair lorsque nous exprimons la forme de superficie dV de la sphère
en coordonnées cylindriques (ρ, φ, z), car alors dV = adφdz, comme pour le cylindre
de rayon a ! 3 ]]
3Ce constat est l’exemple le plus simple d’un phénomène en géométrie symplectique. Votre
auxiliaire d’enseignement se permet une petite publicité en vous renvoyant au site suivant pour un
peu plus de détails à ce propos : [Link]
surface-of-spherical-segment-only-depends-on-its-height-follows-fr/
Le théorème de Duistermaat-Heckman mentionné sur cette page web est quant à lui un résultat
remarquable de la géométrie symplectique, mais il est bien plus compliqué à expliquer.
10 SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 2, p.42, no 5] Montrer que si toutes les droites normales à une surface
M possèdent un point p ∈ R3 en commun, alors la surface est (une portion d’) une
sphère. (Par une droite normale à M en P ∈ M , nous entendons la droite de R3
passant par P et admettant comme vecteur directeur le vecteur normal unité n de
M en P .)

RÉPONSE :
Dans sa formulation, ce problème ressemble beaucoup aux exercices 8 et 9 con-
sidérés lors du TP 3. La solution ci-dessous s’apparente aussi à nos solutions pour
ces anciens exercices. Une autre solution consiste d’ailleurs à appliquer l’exercice
9(a) aux courbes sur la surface M (pensez-y).

Les éléments en jeu étant géométriques, nous pouvons supposer sans perte de
généralité que p est l’origine de R3 . Plus précisément, puisque le vecteur normal
unité à M est calculé à partir des seules dérivées du paramétrage (régulier) x :
U → M ⊂ R3 , nous pouvons translater la surface, c’est-à-dire plutôt considérer
y(u, v) := x(u, v) − p, sans modifier les vecteurs normaux. Ainsi, toutes les droites
normales à la surface y(U ) passent par l’origine de R3 . Nous utiliserons la lettre x
plutôt que y dans ce qui suit.
Pour résoudre le problème, il nous suffit de montrer que la fonction “rayon” R : U →
[0, ∞) : (u, v) 7→ kx(u, v)k2 est une constante. Puisque R est de classe C 1 , il nous
suffit de montrer que sa différentielle dR vaut identiquement 0. De manière tout à
fait générale, la matrice jacobienne (évaluée au point (u, v) ∈ U ) est
 
∂R ∂R
[(dR)(u,v) ] = (u, v) (u, v) = 2 (x(u, v) · xu (u, v) x(u, v) · xv (u, v)) .
∂u ∂v
Ainsi, pour montrer que R est constante, il suffit de montrer que x(u, v) est partout
perpendiculaire aux vecteurs xu (u, v) et xv (u, v).
Soit (u0 , v0 ) ∈ U fixe, mais arbitraire. Supposons4 pour l’instant que x(u0 , v0 ) 6=
(0, 0, 0). Ainsi, il existe une unique droite entre x(u0 , v0 ) et (0, 0, 0). D’une part, par
construction, il s’agit de la droite de vecteur directeur x(u0 , v0 ). D’autre part, par
hypothèse, il s’agit de la droite de vecteur directeur n(u0 , v0 ) ∝ (xu × xv )(u0 , v0 ).
Ainsi, nous obtenons que x(u0 , v0 ) ∝ (xu × xv )(u0 , v0 ). Par les propriétés du pro-
duit vectoriel, il en résulte que x(u0 , v0 ) est perpendiculaire aux vecteurs xu (u0 , v0 )
et xv (u0 , v0 ). Ainsi, la fonction R est une constante strictement positive dès que
x(u0 , v0 ) 6= (0, 0, 0) ; or, il s’agit d’une fonction continue, donc il n’existe aucun
(u0 , v0 ) tel que x(u0 , v0 ) = (0, 0, 0) (voir note de bas de page).

4Par l’hypothèse de régularité de x et parce que U est un ouvert, un tel point doit exister.
SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 11

[Chapitre 2, p.42, no 6] Montrer qu’un paramétrage x(u, v) est conforme (au


plan) si et seulement si E ≡ G et F ≡ 0.
Indice : Pour la direction “seulement si” (⇒), utiliser deux paires appropriées de
directions orthogonales.

RÉPONSE :

=⇒ :
Supposons que x est conforme (au plan). Soient P = x(u, v) un point de la
surface M et xu et xv les vecteurs de TP M usuels. Par la définition 3 du début de ce
document, nous avons que xu = (Dx)(u,v) (û) et que xv = (Dx)(u,v) (v̂). Évidemment,
û et v̂ sont perpendiculaires par rapport au produit scalaire usuel sur U ; la conformité
de x implique donc que xu et xv sont perpendiculaires. Ainsi, pour la notion de
produit scalaire dans TP M , nous avons xu · xv = 0. Cette notion de produit scalaire
est donnée dans la base {xu , xv } de TP M par la forme fondamentale I(u,v) , c’est-à-dire
que si ξ = ξ1 xu + ξ2 xv et χ = χ1 xu + χ2 xv , alors
  
E F χ1
ξ · χ = I(ξ, χ) = (ξ1 ξ2 ) .
F G χ2
Ainsi, xu · xv = F doit valoir 0 ; la forme fondamentale est diagonale.
Afin de montrer que E = G, considérons le vecteur ĥ := û+ v̂ et le vecteur b̂ := û− v̂.
Par rapport au produit scalaire usuel sur U , les vecteurs ĥ et b̂ sont orthogonaux
(mais pas orthonormés). En conséquence de ceci et de la conformité de x, les vecteurs

H := (Dx)(u,v) (ĥ) = xu + xv et B := (Dx)(u,v) (b̂) = xu − xv

doivent être orthogonaux. Ainsi,

0 = H · B = (xu + xv ) · (xu − xv ) = xu · xu − xu · xv + xv · xu − xv · xv
= E − F + F − G = E − G.

Ceci implique évidemment E ≡ G.


12 SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

⇐= :
Supposons que E ≡ G et que F ≡ 0. Alors pour ξ = ξ1 xu +ξ2 xv = (Dx)(ξ1 û+ξ2 v̂)
et χ = χ1 xu + χ2 xv = (Dx)(χ1 û + χ2 v̂),
    
E 0 χ1 χ1
ξ · χ = I(ξ, χ) = (ξ1 ξ2 ) = E (ξ1 ξ2 )
0 E χ2 χ2
= E (ξ1 û + ξ2 v̂) · (χ1 û + χ2 v̂) .

En particulier,
√ en prenant ξ = χ dans l’égalité ci-dessus, nous en déduisons que
kξk = Ekξ1 û + ξ2 v̂k. Ainsi, d’une part

ξ · χ = kξkkχk cos θ = Ekξ1 û + ξ2 v̂kkχ1 û + χ2 v̂k cos θ

avec θ = ∠(ξ, χ) et d’autre part

E(ξ1 û + ξ2 v̂) · (χ1 û + χ2 v̂) = Ekξ1 û + ξ2 v̂kkχ1 û + χ2 v̂k cos φ

avec φ = ∠(ξ1 û + ξ2 v̂, χ1 û + χ2 v̂). En égalisant ces deux relations, nous en déduisons
que cos θ = cos φ. Puisque cette relation est vraie quels que soient ξ1 , ξ2 , χ1 et χ2 ,
que θ et φ dépendent continûment de ces quatre réels et que θ = φ = 0 lorsque
ξ = χ, nous pouvons en déduire que |θ| = |φ| en tout temps. L’ambiguı̈té de signe
est liée à des choix d’orientation des bases, de sorte que nous pouvons poser φ ≡ θ.
En d’autres termes, le paramétrage x est conforme.

[[ Les transformations conformes de R2 , c’est-à-dire les transformations x : R2 → R2


conformes essentiellement dans le même sens que ci-dessus, s’avèrent étroitement
liées à l’analyse complexe. En effet, supposons que U ⊂ R2 soit un ouvert, que
M = {(x, y, z) ∈ R3 | z = 0} ' R2 et que x = (x(u, v), y(u, v), 0) : U → M soit
conforme. Alors E ≡ G et F ≡ 0, c’est-à-dire plus explicitement :
 2  2  2  2      
∂x ∂y ∂x ∂y ∂x ∂x ∂y ∂y
+ =E=G= + , 0=F = + .
∂u ∂u ∂v ∂v ∂u ∂v ∂u ∂v
∂y
La seconde équation dit qu’il existe une fonction λ : U → R telle que ∂u = λ ∂x
∂v
∂x
et ∂u = −λ ∂y∂v
, tandis que la première équation force λ = constante = ±1. Nous
obtenons ainsi les équations de Cauchy-Riemann, montrant que (u, v) 7→ (x, y) est
holomorphe. Inversement, cet argument montre qu’une application holomorphe est
conforme. ]]
SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 13

[Chapitre 2, p.42, no 8] Montrer que le paramétrage de la sphère unité donné par


la projection stéréographique (voir exemple 2.1.1(e) ou l’exercice 2.1.1 des notes de
Shifrin résolu au TP 5) est conforme (au plan).

RÉPONSE :

Le paramétrage de la sphère unité donné par la projection stéréographique (depuis


le pôle nord) est

u2 + v 2 − 1
 
2 2 2u 2v
x : R → S (1) : (u, v) 7→ , , .
u2 + v 2 + 1 u2 + v 2 + 1 u2 + v 2 + 1

Nous calculons les dérivées partielles :

xu (u, v) = ∂u (u2 + v 2 + 1)−1 2u , 2v , u2 + v 2 − 1


 

= −2u(u2 + v 2 + 1)−2 2u , 2v , u2 + v 2 − 1 + (u2 + v 2 + 1)−1 (2 , 0 , 2u)




−4u2 + 2(u2 + v 2 + 1) 2u(−(u2 + v 2 − 1) + u2 + v 2 + 1)


 
−4uv
= , 2 ,
(u2 + v 2 + 1)2 (u + v 2 + 1)2 (u2 + v 2 + 1)2
2(−u2 + v 2 + 1)
 
−4uv 4u
= , ,
(u2 + v 2 + 1)2 (u2 + v 2 + 1)2 (u2 + v 2 + 1)2
2 2 2

= 2 −u + v + 1 , −2uv , 2u ,
(u + v 2 + 1)2
2
−2uv , u2 − v 2 + 1 , 2v .

xv (u, v) = 2 2 2
(u + v + 1)

Nous avons implicitement utilisé l’invariance de l’expression de x = (x, y, z) sous les


échanges combinés u ↔ v et x ↔ y pour déduire la seconde dérivée partielle sans
autre calcul. Autrement dit, nous avons remarqué que (x(u, v), y(u, v), z(u, v)) =
(y(v, u), x(v, u), z(v, u)). Nous calculons maintenant E, F et G :
14 SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

4  2 2 2 2 2

E = (xu · xu )(u, v) = (−u + v + 1) + (−2uv) + (2u)
(u2 + v 2 + 1)4
4  4
u − 4u2 v 2 − 2u2 + v 4 + 2v 2 + 1 + 4u2 v 2 + 4u2

=
(u2 + v 2 + 1)4
4  4
u + v 4 + 2u2 + 2v 2 + 1 ,

= 2 2 4
(u + v + 1)
ici ici
G = (xv · xv )(u, v) = (xu · xu )(v, u) = (xu · xu )(u, v) = E ,
F = (xu · xv )(u, v)
4
(−u2 + v 2 + 1)(−2uv) + (−2uv)(u2 − v 2 + 1) + (2u)(2v)
 
= 2
(u + v 2 + 1)4
4
((−u2 + u2 ) + (v 2 − v 2 ) + (1 + 1))(−2uv) + (−2)(−2uv)
 
= 2
(u + v 2 + 1)4
=0.
Puisque E ≡ G et F ≡ 0, l’exercice 6 résolu précédemment nous assure que x est un
paramétrage conforme (au plan).

[[ Cet exemple est important pour l’analyse complexe. Dans la remarque à la fin de
l’exercice 6, nous avons remarqué que les applications conformes du plan correspon-
dent aux applications holomorphes. La projection stéréographique étant conforme,
il y a des chances que la sphère tienne un rôle subtil en analyse complexe. Le pôle
nord de la sphère peut s’interpréter comme un “point à l’infini du plan complexe”.
Lorsqu’une fonction méromorphe f sur C a un pôle, c’est parfois parce qu’il vaut
mieux penser à f comme à une fonction f : C → S 2 , le pôle n’étant alors que
l’observation que f atteint le pôle nord. La projection stéréographique depuis le
pôle sud est aussi conforme (au plan), par symétrie. Ainsi, en suivant la projection
stéréographique associée au pôle nord, puis l’inverse de celle associée au pôle sud,
nous obtenons une application f : C\{0} → C\{0} qui n’est autre que l’application
anti -holomorphe z 7→ 1/z̄. Ceci dit, cette observation montre que la “multiplication
par i” a aussi un sens “à l’infini du plan complexe”, c’est-à-dire au pôle nord. La
sphère S 2 admet alors, plan tangent par plan tangent, une notion de “multiplication
par i”, cette notion dépendant continûment du point sur la sphère. Nous parlons alors
de la sphère de Riemann. Après le plan R2 , il s’agit de l’espace le plus simple sur
lequel il est possible de faire de l’analyse complexe. Les polynômes complexes C → C
et tous les quotients de ceux-ci (les fonctions rationnelles) définissent naturellement
des applications holomorphes P : S 2 → S 2 . Par opposition, l’exponentielle définie
sur tout C ⊂ S 2 ne s’étend pas au pôle nord. ]]
SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 15

[Chapitre 2, p.42, no 13] (La projection de Mercator) Mercator a développé une


manière de cartographier la Terre, tel que montré dans la figure ci-dessous, en 1569,
soit environ un siècle avant l’avènement du calcul différentiel.

Nous voulons un paramétrage x(u, v) de la sphère, u ∈ R et v ∈ (−π, π), tel que


les courbes {v = constante} (les “u-curves”) soient les longitudes et tel que le
paramétrage soit conforme. En utilisant les coordonnées sphériques usuelles (φ, θ),
écrire φ = f (u) et θ = v. Montrer que le caractère conforme du paramétrage et
l’exigence d’une symétrie sous la réflexion par rapport à l’équateur forcent f (u) =
2 arctan(e−u ). En déduire que

x(u, v) = (sech u cos v , sech u sin v , tanh u) .

Figure 2

RÉPONSE :

Nous avons vu à l’exercice 6 ci-dessus qu’un paramétrage x est conforme (au plan)
si et seulement si sa première forme fondamentale vérifie E ≡ G et F ≡ 0.
Les coordonnées sphériques usuelles sur la sphère unité donnent lieu à un paramétrage

y : V ={(φ, θ) ∈ R2 | φ ∈ [0, π], θ ∈ [−π, π]} −→ S 2


y(φ, θ) = (sin φ cos θ , sin φ sin θ , cos φ) .
16 SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Soit U = {(u, v) ∈ R2 | v ∈ [−π, π]} et considérons une application (à déterminer)

f : U → V : (u, v) 7→ (f (u), v) .

Nous voulons choisir f de telle façon que la composition x := y ◦ f : U → S 2 soit un


paramétrage régulier qui (1) soit conforme et qui (2) soit symétrique par rapport à
l’équateur.
Cette deuxième condition est un peu ambiguë ; sans plus de discussion, comprenons-
la au sens suivant : ẑ · x(−u, v) = −ẑ · x(u, v) quel que soit (u, v) ∈ U . Puisque
ẑ · y(π − φ, θ) = −ẑ · y(φ, θ), nous en tirons f (u) + f (−u) = π. En particulier,
f (0) = π/2. Ainsi, f (u) = π/2 + g(u) où g : R → [−π/2, π/2] est une fonction
impaire.
Nous calculons plus explicitement

x(u, v) = (y ◦ f )(u, v) = (sin(π/2 + g(u)) cos v , sin(π/2 + g(u)) sin v , cos(π/2 + g(u)))
= (cos g(u) cos v , cos g(u) sin v , − sin g(u))
xu (u, v) = −g 0 (u) (sin g(u) cos v , sin g(u) sin v , cos g(u))
xv (u, v) = (− cos g(u) sin v , cos g(u) cos v , 0)

Ensuite,

E = xu · xu = (g 0 (u))2 , F = xu · xv = 0 , G = xv · xv = (cos g(u))2 .

Comme mentionné plus haut, la condition de conformité stipule que E ≡ G, ce


qui donne lieu ici à une contrainte sur g sous la forme d’une équation différentielle :
(g 0 (u))2 = (cos g(u))2 . Puisque nous cherchons g à valeurs dans [−π/2, π/2] (et en
fait, pour ne pas commettre d’abus de langage quant à la régularité du paramétrage, à
valeurs dans (−π/2, π/2)), nous pouvons sans réelle perte ne généralité de considérer
que l’équation différentielle 5

d
g 0 (u) = − cos g(u) , c’est-à-dire −1 = g 0 (u) sec g(u) = (ln(tan g(u) + sec g(u))) .
du

5L’alternative,
à savoir g 0 (u) = cos g(u), n’est pas plus mauvaise, mais ne mène pas tout à fait
au paramétrage recherché par Shifrin.
SOLUTIONNAIRE DU TP 6 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 17

Ainsi, tan g(u) + sec g(u) = Ce−u pour une certaine constante C déterminée par la
condition g(0) = 0 ; √un calcul simple montre que C = 1. Posons w = tan g(u), de
sorte que sec g(u) = 1 + w2 et donc
√ √
e−2u = (w + 1 + w2 )2 = 2w2 +2w 1 + w2 +1 = 2w2 +2w(e−u −w)+1 = 2we−u +1 .

Ainsi, tan g(u) = w = 12 (e−u − eu ) = − sinh u.


[[ En dérivant ceci, nous obtenons

− cosh u = g 0 (u) (sec g(u))2 = g 0 (u) (− cos g(u))−2 = (g 0 (u))−1 .

Nous avons donc g 0 (u) = −(cosh u)−1 , c’est-à-dire f (u) = π/2 − 2 arctan tanh u2 .
Nous remarquons finalement que
d  u −2e−u tanh0 (u/2)
2 arctan e−u + 2 arctan tanh = +
du 2 1 + e−2u 1 + (tanh(u/2))2
−2e−u 1 − (tanh(u/2))2 −2e−u (eu/2 + e−u/2 )2 − (eu/2 − e−u/2 )2
= + = +
1 + e−2u 1 + (tanh(u/2))2 1 + e−2u (eu/2 + e−u/2 )2 + (eu/2 − e−u/2 )2
−u
−2e 2
= −2u
+ u = 0.
1+e e + e−u
Ainsi, 2 arctan e−u + 2 arctan tanh u2 ≡ constante, à savoir π/2. Bref, f (u) =
2 arctan e−u , comme annoncé. ]]

Puisque cos g(u) = (sec g(u))−1 = (1 + (tan g(u))2 )−1/2 = (1 + (sinh u)2 )−1/2 =
sech u et sin g(u) = cos g(u) tan g(u) = − sinh u sech u = − tanh u, nous avons bel et
bien

x(u, v) = (sech u cos v , sech u sin v , tanh u) .

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