Calcul des Symboles de Christoffel et Courbure Gaussienne
Calcul des Symboles de Christoffel et Courbure Gaussienne
Rappelons que les symboles de Christoffel sont symétriques sous l’échange des deux
indices du bas, c’est-à-dire que Γuuv = Γuvu et Γvuv = Γvvu ; ce faisant, le produit
matriciel ci-dessus calcule effectivement tous les symboles de Christoffel.
Chacune des équations de Gauss exprime la courbure gaussienne comme fonction des
symboles de Christoffel et d’un coefficient de la première forme fondamentale. En
particulier, la première équation est :
EK = (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .
(Les coefficients E et G n’étant jamais nuls pour un paramétrage régulier, les équations
de Gauss correspondantes permettent toujours d’isoler K. En comparaison, F peut
s’annuler, empêchant alors d’isoler K dans les équations de Gauss correspondantes.)
RÉPONSE :
lv − mu = 0 − 0
=0
= 0.0 + 0(u−1 − 0) − 0.0
= lΓuuv + m (Γvuv − Γuuu ) − nΓvuu
m v − nu = 0 − 0
=0
= 0.(−u) + 0(0 − 0) − 0.u−1
= lΓuvv + m (Γvvv − Γuuv ) − nΓvuv
EK = 1.0
=0
= u−2 − u−2
= (0)v − (u−1 )u + 0.u−1 + 0.0 − 0.0 − u−1 u−1
= (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .
4 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE
(sin v, − cos v, u)
xu × xv = (sin v, − cos v, u) ⇒ n = √
1 + u2
xuu = (0, 0, 0) , xuv = (− sin v, cos v, 0) , xvv = (−u cos v, −u sin v, 0)
−1 0 1
[II]x = √
1 + u2 1 0
−(1 + u2 )−1/2
−1 0
⇒ [S]x = [I]x [II]x =
−(1 + u2 )−3/2 0
1
K = det[S]x = − .
(1 + u2 )2
2u2 u2
2 −2 1 1
EK = 1.[−(1 + u ) ] = − = − − −
(1 + u2 )2 1 + u2 (1 + u2 )2 (1 + u2 )2
= (0)v − (u/(1 + u2 ))u + 0.u/(1 + u2 ) + 0.0 − 0.0 − u(1 + u2 )−1 u(1 + u2 )−1
= (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 5
EK = (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .
La première équation de Gauss, une fois multipliée par 2G, s’exprime alors :
1
2EGK = G(−G−1 Ev )v − G(G−1 Gu )u + E −1 Eu Gu − G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 − G−1 G2u
2
= G(−G−1 Ev )v − G−1 Ev Gv + −G(G−1 Gu )u − G−1 G2u
1
E −1 Eu Gu + G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 + G−1 G2u
+
2
1
= (−GG−1 Ev )v − (GG−1 Gu )u + (G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 ) + (E −1 Eu Gu + G−1 G2u )
2
Ev (EG)v Gu (EG)u
= −Evv − Guu + +
2EG 2EG
√ √
Evv 1 Ev (EG)v Guu 1 Gu (EG)u
= − EG − − EG −
(EG)1/2 2 (EG)3/2 (EG)1/2 2 (EG)3/2
√
Ev Gu
= − EG √ + √ .
EG v EG u
6 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE
RÉPONSE :
x : (0, π) × (0, 2π) → SR2 : (u, v) 7→ R(sin u cos v , sin u sin v , cos u) .
xu (u, v) = R(cos u cos v , cos u sin v , − sin u) , xv (u, v) = R(− sin u sin v , sin u cos v , 0) .
[Chapitre 2, p.65, no 12] Montrer que la courbure gaussienne des surfaces paramétrées
suivantes,
x(u, v) = (u cos v , u sin v , v) et y(u, v) = (u cos v , u sin v , ln u) ,
est la même pour chaque (u, v) ∈ (0, ∞)2 et que, pourtant, leur première forme
fondamentale Ix et Iy ne coı̈ncident pas. (Ainsi, nous pouvons nous attendre à ce
que la réciproque du Collaire 3.2 (page 60) soit faux ; cela nécessite un peu plus de
travail pour montrer qu’il n’y a effectivement aucune isométrie locale entre ces deux
surfaces.)
RÉPONSE :
Nous calculons
xu (u, v) = (cos v , sin v , 0) , xv (u, v) = (−u sin v , u cos v , 1) ;
yu (u, v) = (cos v , sin v , 1/u) , yv (u, v) = (−u sin v , u cos v , 0) .
Ainsi, nous obtenons
1 1 + u2
Ex = 1 , Fx = 0 Gx = 1 + u2 et Ey = 1 + = , Fy = 0 Gy = u2
u2 u2
Il est donc clair que Ix (u, v) 6= Iy (u, v) en général.
Néanmoins, nous avons l’égalité des déterminants :
ici ici ici ici
det Ix (u, v) = Ex Gx = 1 + u2 = Ey Gy = det Iy (u, v) .
Nous observons aussi avoir
(Ex )v = 0 = (Ey )v , et (Gx )u = 2u = (Gy )u .
La formule (∗) de la page 60 calcule la courbure gaussienne K qu’à l’aide des quan-
tités Ev , Gu et EG. Ainsi, nous avons bien Kx (u, v) = Ky (u, v) pour tout (u, v).
Explicitement :
1 Ev Gu
K= − √ √ + √
2 EG EG v EG u
1 0 2u
= − √ + √
2(1 + u2 ) 1 + u2 v 1 + u2 u
1 1 1 u.2u 1
= − 2
√ − 2 3/2
= − .
1+u 1+u 2 2 (1 + u ) (1 + u2 )5/2
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 9
∂j ∂j
Yu (u, v) = yu (u, j(u, v)) + (u, v) yv (u, j(u, v)) et Yv (u, v) = (u, v) yv (u, j(u, v)) .
∂u ∂v
L’inégalité est vraie pour tout u > 0 et quelle que soit la fonction j. Ainsi, il est
impossible de trouver une fonction j telle que IY (u, v) = Ix (u, v) ne serait-ce que pour
un seul couple (u, v). Il n’existe donc pas d’isométrie locale entre les deux surfaces.
∂j
En un sens, c’est lorsque ∂u (u, v) ≡ 0 que les fonctions EY et Ex sont le plus près
d’être égales : cela suggère vaguement que les paramétrages de départ étaient aussi
près d’être isométriques que possibles.
10 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE
RÉPONSE :
xu × xv = (cosh u sin v , − cosh u cos v , sinh u cosh u) ⇒ kxu × xv k = (cosh u)2 = det Ix ,
⇒ n = (sech u sin v , −sech u cos v , tanh u)
xuu = (− cosh u sin v , cosh u cos v , 0) , xuv = (− sinh u cos v , − sinh u sin v , 0) ,
xvv = (cosh u sin v , − cosh u cos v , 0)
−1 0 1 −1 0
IIx = ⇒ Sx = Ix−1 IIx = .
0 1 (cosh u)2 0 1
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 11
Nous avons clairement (1/2) tr Sx = 0 = (1/2) tr Sy , c’est-à-dire que les deux surfaces
ont courbure moyenne constante nulle. En d’autres termes, elles sont toutes deux
minimales.
(b) : Pour l’hélicoı̈de, nous avons trouvé ses courbes asymptotiques lors du TP 7 :
il s’agissait des courbes de coordonnées y(u, v0 ) et y(u0 , v). Cela se vérifie aisément
a posteriori en observant que
IIy (yu , yu ) = l = 0 = n = IIy (yv , yv ) = 0 .
Pour la caténoı̈de, l’expression simple pour IIx nous suggère une démarche tout aussi
directe. En effet, posons x± = xu ± xv . Nous avons alors, le signe ± étant fixé,
IIx (x± , x± ) = l ± 2m + n = −1 + 2.0 + 1 = 0 .
Ainsi, en tout point de la caténoı̈de, les directions asymptotiques sont données par
x+ et par x− . Les courbes asymptotiques sont les courbes intégrales de ces directions.
Dans les coordonnées (u, v), ces directions correspondent respectivement à û + v̂ et
à û − v̂, respectivement. Dans la base {û, v̂}, ils sont donnés par les vecteurs (1, 1)
et (1, −1). Nous devons donc résoudre les deux problèmes
d d
(P 1) (u(t), v(t)) = (1, 1) et (P 2) (u(t), v(t)) = (1, −1) .
dt dt
Les solutions respectives à ces deux problèmes sont aisément trouvées :
(S1) (u(t), v(t)) = (u(0), v(0)) + t(1, 1) et (S2) (u(t), v(t)) = (u(0), v(0)) + t(1, −1) .
12 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE
Il suffit d’évaluer x sur de telles solutions pour avoir les courbes asymptotiques dans
la surface.
Posons Y(u, v) = (y ◦ ρ)(u, v) = (sinh u cos v , sinh u sin v , v). Il s’agit d’un autre
paramétrage de l’hélicoı̈de ou, plus précisément, de la partie d’hélicoı̈de donnée par
im y = im Y. Nous calculons
Yu = (cosh u cos v , cosh u sin v , 0) , Yv = (− sinh u sin v , sinh u cos v , 1)
2 1 0
=⇒ IY (u, v) = (cosh u) = Ix (u, v) .
0 1
Ceci étant vrai pour tout (u, v) du domaine commun à x et à Y, ceci montre que
im x et im Y sont isométriques via J : Y ◦ x−1 .
Nous avons été assez informels, mais dans les faits, pour que x et y soient des
paramétrages réguliers, il faut qu’ils soient injectifs, ce qui nous force à restreindre
leur domaine par exemple à (u, v) ∈ R × (0, 2π). Notez que la restriction à v ∈
(0, 2π) n’est forcée que pour avoir l’injectivité de x. Sous ces restrictions, im x ne
couvre pas toute la caténoı̈de, que nous pourrions définir comme étant l’ensemble
C = {(x, y, z) ∈ R3 | x2 + y 2 − (cosh z)2 = 0}.
Nous prétendons qu’il n’existe pas d’isométrie globale J : y(R2 ) → C, tout bon-
nement parce qu’il n’existe aucun homéomorphisme entre ces deux ensembles., et
qu’une isométrie globale serait en particulier un homéomorphisme. Nous n’entrerons
pas les détails de ceci, mais disons que moralement, il existe un homéomorphisme
global entre deux surfaces si l’une peut être continûment déformée en l’autre sans
jamais la découper, la percer ou la plier pour identifier des points (ce dernier point
créerait des défauts d’injectivité), mais nous permettons que la surface passe à travers
elle-même en court de route, comme si elle était faite d’une matière fantomatique.
Or, im x est C moins un méridien, c’est-à-dire que im x s’obtient en découpant C
le long d’un méridien, une opération qui ne donne pas lieu à un homéomorphisme.
Ensuite, nous savons que J : im x → Y(R × (0, 2π)) est une isométrie “globale”,
donc un homéomorphisme. Ainsi, im x se déforme en Y(R × (0, 2π)), donc ce
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 13
Notons que xu = Yv et que xv = −Yu . Ainsi, il est très facile de par nos calculs
précédents d’établir que (en notant c = cos(πt/2) et s = sin(πt/2))
traduit dans le contexte de la géométrie complexe, prenant souvent une forme plus
simple ! La géométrie complexe est l’exemple le plus simple d’une “géométrie an-
alytique”, qui est elle étroitement liée à la géométrie algébrique. Celles-ci, au-delà
d’elles-mêmes et des disciplines qu’elles ont aider à développer (théorie des catégories
et fondements de la logique), ont une importance considérable à travers toutes les
mathématiques et en physique, par exemple en théorie des nombres, en théorie des
spineurs et des twisteurs, en topologie symplectique, en théorie des champs de jauge
(et, par conséquent, en géométrie différentielle des variétés en dimension 4 et donc,
par conséquent, en relativité générale...), en théorie des champs conformes (liée à
la mécanique statistique et à des problèmes d’universalité en probabilité) et par ex-
tension en théorie des cordes, etc. C’est un domaine particulièrement central, à
l’intersection d’innombrabres sujets et qui représente assez fidèlement l’entièreté de
ces divers sujets. Mes doigts n’en peuvent plus d’écrire de fascination !