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Calcul des Symboles de Christoffel et Courbure Gaussienne

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SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Rappelons les formules importantes.

Les symboles de Christoffel sont des quantités associées à un paramétrage (ce


ne sont pas des quantités purement 
géométriques)
 que l’on calcule à partir de la
E F
première forme fondamentale [I]x = à l’aide, par exemple, du produit
F G
matriciel suivant :
−1  1 1
Ev Fv − 21 Gu
   
Γuuu Γuuv Γuvv E F 2
Eu 2
=
Γvuu Γvuv Γvvv F G Fu − 12 Ev 1
2
Gu 1
2
Gv

Rappelons que les symboles de Christoffel sont symétriques sous l’échange des deux
indices du bas, c’est-à-dire que Γuuv = Γuvu et Γvuv = Γvvu ; ce faisant, le produit
matriciel ci-dessus calcule effectivement tous les symboles de Christoffel.

Les équations de Codazzi lient les symboles


 de Christoffel aux coefficients de la
l m
seconde forme fondamentale [II]x = (et à leurs dérivées) comme suit :
m n

lv − mu = lΓuuv + m (Γvuv − Γuuu ) − nΓvuu


mv − nu = lΓuvv + m (Γvvv − Γuuv ) − nΓvuv .

Chacune des équations de Gauss exprime la courbure gaussienne comme fonction des
symboles de Christoffel et d’un coefficient de la première forme fondamentale. En
particulier, la première équation est :

EK = (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .

(Les coefficients E et G n’étant jamais nuls pour un paramétrage régulier, les équations
de Gauss correspondantes permettent toujours d’isoler K. En comparaison, F peut
s’annuler, empêchant alors d’isoler K dans les équations de Gauss correspondantes.)

Date: 8 novembre 2016.


1
2 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 2, p.64, no 2] Calculer les symboles de Christoffel des surfaces paramétrées


suivantes. Vérifier pour chacune d’elles la validité des équations de Codazzi et de la
première équation de Gauss.

a) : Le plan en coordonnées polaires : x(u, v) = (u cos v, u sin v, 0).

b) : L’hélicoı̈de : x(u, v) = (u cos v, u sin v, v).

RÉPONSE :

a) : x(u, v) = (u cos v, u sin v, 0)


Voici le calcul de toutes les quantités usuelles ; nous effectuons le calcul des
quantités d’intérêt pour la question dès que cela nous est possible.

xu = (cos v, sin v, 0) , xv = (−u sin v, u cos v, 0)


   
E F 1 0
[I]x = =
F G 0 u2
   
−1 1 G −F 1 0
[I]x = =
det [I]x −F E 0 1/u2
1 1 1
   
2
Eu 2
Ev F v − 2
Gu 0 0 −u
=
Fu − 12 Ev 12 Gu 1
2
Gv 0 u 0
 u       
Γuu Γuuv Γuvv 1 0 0 0 −u 0 0 −u
= =
Γvuu Γvuv Γvvv 0 1/u2 0 u 0 0 1/u 0

xu × xv = (0, 0, u) ⇒ n = (0, 0, 1) (sans surprise)


xuu = (0, 0, 0) , xuv = (− sin v, cos v, 0) , xvv = (−u cos v, −u sin v, 0)
   
m l 0 0
[II]x = =
l n 0 0
 
−1 0 0
⇒ [S]x = [I]x [II]x = (le plan ne courbe pas !)
0 0
K = det[S]x = 0 .
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 3

Nous vérifions les équations de Codazzi :

lv − mu = 0 − 0
=0
= 0.0 + 0(u−1 − 0) − 0.0
= lΓuuv + m (Γvuv − Γuuu ) − nΓvuu
m v − nu = 0 − 0
=0
= 0.(−u) + 0(0 − 0) − 0.u−1
= lΓuvv + m (Γvvv − Γuuv ) − nΓvuv

Nous vérifions la première équation de Gauss :

EK = 1.0
=0
= u−2 − u−2
= (0)v − (u−1 )u + 0.u−1 + 0.0 − 0.0 − u−1 u−1
= (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .
4 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

b) : x(u, v) = (u cos v, u sin v, v)

xu = (cos v, sin v, 0) , xv = (−u sin v, u cos v, 1)


   
1 0 −1 1 0
[I]x = , [I]x =
0 1 + u2 0 (1 + u2 )−1
1 1 1
   
2
Eu 2
E v F v − 2
Gu 0 0 −u
=
Fu − 12 Ev 12 Gu 1
2
Gv 0 u 0
 u      
Γuu Γuuv Γuvv 1 0 0 0 −u 0 0 −u
= =
Γvuu Γvuv Γvvv 0 (1 + u2 )−1 0 u 0 0 u/(1 + u2 ) 0

(sin v, − cos v, u)
xu × xv = (sin v, − cos v, u) ⇒ n = √
1 + u2
xuu = (0, 0, 0) , xuv = (− sin v, cos v, 0) , xvv = (−u cos v, −u sin v, 0)
 
−1 0 1
[II]x = √
1 + u2 1 0
−(1 + u2 )−1/2
 
−1 0
⇒ [S]x = [I]x [II]x =
−(1 + u2 )−3/2 0
1
K = det[S]x = − .
(1 + u2 )2

Nous vérifions les équations de Codazzi :

lv − mu = 0 − [−(1 + u2 )−1/2 ]u = −u(1 + u2 )−3/2


= 0.0 + [−(1 + u2 )−1/2 ](u/(1 + u2 ) − 0) − 0.0 = lΓuuv + m (Γvuv − Γuuu ) − nΓvuu
mv − nu = 0 − 0 = 0
= 0.(−u) + [−(1 + u2 )−1/2 ](0 − 0) − 0.u/(1 + u2 ) = lΓuvv + m (Γvvv − Γuuv ) − nΓvuv

Nous vérifions la première équation de Gauss :

2u2 u2
 
2 −2 1 1
EK = 1.[−(1 + u ) ] = − = − − −
(1 + u2 )2 1 + u2 (1 + u2 )2 (1 + u2 )2
= (0)v − (u/(1 + u2 ))u + 0.u/(1 + u2 ) + 0.0 − 0.0 − u(1 + u2 )−1 u(1 + u2 )−1
= (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 5

[Chapitre 2, p.64, no 3] Utiliser la première équation de Gauss afin d’obtenir la


formule (∗) de la page 60 des notes de Shifrin pour la courbure gaussienne exprimée
dans un paramétrage orthogonal (c’est-à-dire vérifiant F ≡ 0) :
    
1 Ev Gu
K= − √ √ + √ .
2 EG EG v EG u
RÉPONSE :

La première équation de Gauss est (voir p.60) :

EK = (Γvuu )v − (Γvuv )u + Γuuu Γvuv + Γvuu Γvvv − Γuuv Γvuu − Γvuv Γvuv .

Rappelons que les symboles de Christoffel sont calculés via la formule


   −1  1 1 1

Γuuu Γuuv Γuvv E F 2
E u 2
Ev F v − 2
Gu
=
Γvuu Γvuv Γvvv F G Fu − 12 Ev 12 Gu 1
2
Gv
 −1   1
Eu 21 Ev − 12 Gu

F =0 E 0 2
=
0 G−1 − 12 Ev 12 Gu 12 Gv
E −1 Eu E −1 Ev −E −1 Gu
 
1
= .
2 −G−1 Ev G−1 Gu G−1 Gv

La première équation de Gauss, une fois multipliée par 2G, s’exprime alors :

1
2EGK = G(−G−1 Ev )v − G(G−1 Gu )u + E −1 Eu Gu − G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 − G−1 G2u

 2
= G(−G−1 Ev )v − G−1 Ev Gv + −G(G−1 Gu )u − G−1 G2u


1
E −1 Eu Gu + G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 + G−1 G2u

+
2
1
= (−GG−1 Ev )v − (GG−1 Gu )u + (G−1 Ev Gv + E −1 Ev2 ) + (E −1 Eu Gu + G−1 G2u )

2
Ev (EG)v Gu (EG)u
= −Evv − Guu + +
2EG 2EG
√ √
   
Evv 1 Ev (EG)v Guu 1 Gu (EG)u
= − EG − − EG −
(EG)1/2 2 (EG)3/2 (EG)1/2 2 (EG)3/2

    
Ev Gu
= − EG √ + √ .
EG v EG u
6 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Quelques unes des égalités ci-dessus proviennent de l’utilisation de la règle de Leibniz


afin de combiner des termes.
En divisant les deux côtés par 2EG (qui n’est pas nul, puisque le paramétrage est
régulier), nous obtenons la réponse recherchée.
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 7

[Chapitre 2, p.64, no 4] Vérifier la courbure gaussienne de la sphère en utilisant


la formule (∗) donnée à la page 60 des notes de Shifrin.

RÉPONSE :

Paramétrons la sphère (de rayon R > 0 centrée à l’origine) à l’aide de coordonnées


sphériques :

x : (0, π) × (0, 2π) → SR2 : (u, v) 7→ R(sin u cos v , sin u sin v , cos u) .

Remarquons que sin u > 0 pour u ∈ (0, π). Nous calculons

xu (u, v) = R(cos u cos v , cos u sin v , − sin u) , xv (u, v) = R(− sin u sin v , sin u cos v , 0) .

Ainsi, E = R2 , F = 0 et G = R2 (sin u)2 . L’équation (∗) stipule alors


    
1 Ev Gu
K= − √ √ + √
2 EG EG v EG u
2
 2
(R (sin u)2 )u
   
1 (R )v
= − +
2R2 | sin u| R2 | sin u| v R2 | sin u| u
   2  
1 0 2R sin u cos u
= − +
2R2 | sin u| R2 | sin u| v R2 | sin u| u
 2 
1 2R sin u cos u
= − 2
2R sin u R2 sin u u
1 1
= − 2 (cos u)u = − 2 sin u
R sin u R sin u
1
= .
R2

Il s’agit évidemment du bon résultat. Même si le paramétrage x ne recouvre pas


toute la sphère, il est plutôt clair que nous pouvons post-composer ce paramétrage
par une rotation (ou plusieurs rotations) de la sphère et ainsi recouvrir n’importe quel
point. Le calcul devrait alors être sensiblement le même et montrer que K ≡ 1/R2
sur SR2 . En fait, en vertu du théorème de Gauss, les courbures gaussiennes en deux
points liés par une isométrie sont identiques ; puisqu’il existe toujours une rotation
(qui est une isométrie) de la sphère envoyant n’importe quel point sur n’importe quel
autre, la courbure doit être constante.
8 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 2, p.65, no 12] Montrer que la courbure gaussienne des surfaces paramétrées
suivantes,
x(u, v) = (u cos v , u sin v , v) et y(u, v) = (u cos v , u sin v , ln u) ,
est la même pour chaque (u, v) ∈ (0, ∞)2 et que, pourtant, leur première forme
fondamentale Ix et Iy ne coı̈ncident pas. (Ainsi, nous pouvons nous attendre à ce
que la réciproque du Collaire 3.2 (page 60) soit faux ; cela nécessite un peu plus de
travail pour montrer qu’il n’y a effectivement aucune isométrie locale entre ces deux
surfaces.)

RÉPONSE :

Nous calculons
xu (u, v) = (cos v , sin v , 0) , xv (u, v) = (−u sin v , u cos v , 1) ;
yu (u, v) = (cos v , sin v , 1/u) , yv (u, v) = (−u sin v , u cos v , 0) .
Ainsi, nous obtenons
1 1 + u2
Ex = 1 , Fx = 0 Gx = 1 + u2 et Ey = 1 + = , Fy = 0 Gy = u2
u2 u2
Il est donc clair que Ix (u, v) 6= Iy (u, v) en général.
Néanmoins, nous avons l’égalité des déterminants :
ici ici ici ici
det Ix (u, v) = Ex Gx = 1 + u2 = Ey Gy = det Iy (u, v) .
Nous observons aussi avoir
(Ex )v = 0 = (Ey )v , et (Gx )u = 2u = (Gy )u .

La formule (∗) de la page 60 calcule la courbure gaussienne K qu’à l’aide des quan-
tités Ev , Gu et EG. Ainsi, nous avons bien Kx (u, v) = Ky (u, v) pour tout (u, v).
Explicitement :
    
1 Ev Gu
K= − √ √ + √
2 EG EG v EG u
    
1 0 2u
= − √ + √
2(1 + u2 ) 1 + u2 v 1 + u2 u
 
1 1 1 u.2u 1
= − 2
√ − 2 3/2
= − .
1+u 1+u 2 2 (1 + u ) (1 + u2 )5/2
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 9

Bonus : Attaquons-nous à la preuve qu’aucune isométrie locale n’existe entre ces


deux surfaces. L’inégalité Ix (u, v) 6= Iy (u, v) tient en fait partout, puisque Gx −Gy ≡
1 ne s’annule jamais ; ceci implique que x ◦ y−1 (ou son inverse) n’est nulle part une
isométrie locale. En soi, ceci n’exclut pas la possibilité que d’autres paramétrages
des deux surfaces donnent lieu à une isométrie locale.
En vertu du théorème remarquable de Gauss, s’il existe une isométrie locale entre
deux surfaces envoyant un point P ∈ M1 sur un point Q ∈ M2 , alors la courbe
KM1 en P est égale à la courbure KM2 en Q. La fonction K(u, v) calculée à la page
précédente a pour image [−1, 0) et pour tout k ∈ [−1, 0), nous avons
K −1 (k) = {(u, v) ∈ (0, ∞)2 | k = −(1 + u2 )−5/2 }
 q 
2
= (u, v) ∈ (0, ∞) | u = (−k)−2/5 − 1 (soulignons que u > 0) .

Ainsi, une éventuelle isométrie locale J : im x → im y serait telle que la composition


j := y−1 ◦ J ◦ x : (u, v) 7→ (u0 , v 0 ) enverrait chaque ensemble de niveau K −1 (k) sur
lui-même. Ainsi, il existerait une fonction régulière j(u, v) = v 0 telle que j(u, v) =
(u, j(u, v)). Posons Y := y ◦ j, c’est-à-dire Y(u, v) = y(u, j(u, v)). Nous calculons

∂j ∂j
Yu (u, v) = yu (u, j(u, v)) + (u, v) yv (u, j(u, v)) et Yv (u, v) = (u, v) yv (u, j(u, v)) .
∂u ∂v

Il en résulte par exemple que


 2
∂j ∂j
EY (u, v) = Ey (u, j(u, v)) + 2 (u, v) Fy (u, j(u, v)) + (u, v) Gy (u, j(u, v))
∂u ∂u
2 2
1 + u2
 
∂j 2 1 ∂j
= +0+ (u, v) u = 2 + 1 + (u, v) u2 > 1 = Ex (u, v) .
u2 ∂u u ∂u

L’inégalité est vraie pour tout u > 0 et quelle que soit la fonction j. Ainsi, il est
impossible de trouver une fonction j telle que IY (u, v) = Ix (u, v) ne serait-ce que pour
un seul couple (u, v). Il n’existe donc pas d’isométrie locale entre les deux surfaces.
∂j
En un sens, c’est lorsque ∂u (u, v) ≡ 0 que les fonctions EY et Ex sont le plus près
d’être égales : cela suggère vaguement que les paramétrages de départ étaient aussi
près d’être isométriques que possibles.
10 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

[Chapitre 2, p.66, no 18] Considérer les surfaces suivantes :


x(u, v) = (− cosh u sin v , cosh u cos v , u) (une caténoı̈de) ;
y(u, v) = (u cos v , u sin v , v) (une hélicoı̈de) .
a : Calculer les premières et secondes formes fondamentales des deux surfaces
et vérifier qu’elles sont toutes deux minimales ;
b : Trouver les courbes asymptotiques des deux surfaces ;
c : Montrer que nous pouvons localement reparamétrer l’hélicoı̈de de telle
façon à ce que les premières formes fondamentales des deux surfaces coı̈ncident ;
ceci signifie que les deux surfaces sont localement isométriques. (Indice : voir
page 39. Remplacer u par sinh u dans le paramétrage de l’hélicoı̈de. Pourquoi
est-ce légitime ?)
d : Pourquoi les deux surfaces ne sont-elles pas globalement isométriques ?
e : (Pour ceux qui connaissent un peu de théorie des variables complexes) Afin
d’avoir une meilleure idée de ce qui se cache derrière ces résultats, considérer
z = u + iv et Z = x + iy. En utilisant toujours la substitution de la partie
c, montrer que Z = (sin iz , cos iz , z). Comprendre maintenant comment on
peut obtenir une famille à un paramètre de surfaces isométriques interpolant
entre l’hélicoı̈de et la caténoı̈de.

RÉPONSE :

(a) : Nous effectuons les calculs usuels...


xu = (− sinh u sin v , sinh u cos v , 1) , xv = (− cosh u cos v , − cosh u sin v , 0)
   
1 0 1 1 0
Ix = (cosh u) 2
⇒ Ix−1 = .
0 1 (cosh u)2 0 1

xu × xv = (cosh u sin v , − cosh u cos v , sinh u cosh u) ⇒ kxu × xv k = (cosh u)2 = det Ix ,
⇒ n = (sech u sin v , −sech u cos v , tanh u)

xuu = (− cosh u sin v , cosh u cos v , 0) , xuv = (− sinh u cos v , − sinh u sin v , 0) ,
xvv = (cosh u sin v , − cosh u cos v , 0)
   
−1 0 1 −1 0
IIx = ⇒ Sx = Ix−1 IIx = .
0 1 (cosh u)2 0 1
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 11

yu = (cos v , sin v , 0) , yv = (−u sin v , u cos v , 1)


   
1 0 1 0
Iy = ⇒ Iy−1 = .
0 1 + u2 0 (1 + u2 )−1

yu × yv = (sin v , − cos v , u) ⇒ kyu × yv k = 1 + u2 = det Iy ,
(sin v , − cos v , u)
⇒ n= √
1 + u2

yuu = (0 , 0 , 0) , yuv = (− sin v , cos v , 0) , yvv = (−u cos v , −u sin v , 0)


   
2 −1/2 0 1 0 1
IIy = −(1 + u ) ⇒ Sy = Iy−1 IIy = −(1 + u ) 2 −1/2
.
1 0 (1 + u2 )−1 0

Nous avons clairement (1/2) tr Sx = 0 = (1/2) tr Sy , c’est-à-dire que les deux surfaces
ont courbure moyenne constante nulle. En d’autres termes, elles sont toutes deux
minimales.

(b) : Pour l’hélicoı̈de, nous avons trouvé ses courbes asymptotiques lors du TP 7 :
il s’agissait des courbes de coordonnées y(u, v0 ) et y(u0 , v). Cela se vérifie aisément
a posteriori en observant que
IIy (yu , yu ) = l = 0 = n = IIy (yv , yv ) = 0 .
Pour la caténoı̈de, l’expression simple pour IIx nous suggère une démarche tout aussi
directe. En effet, posons x± = xu ± xv . Nous avons alors, le signe ± étant fixé,
IIx (x± , x± ) = l ± 2m + n = −1 + 2.0 + 1 = 0 .
Ainsi, en tout point de la caténoı̈de, les directions asymptotiques sont données par
x+ et par x− . Les courbes asymptotiques sont les courbes intégrales de ces directions.
Dans les coordonnées (u, v), ces directions correspondent respectivement à û + v̂ et
à û − v̂, respectivement. Dans la base {û, v̂}, ils sont donnés par les vecteurs (1, 1)
et (1, −1). Nous devons donc résoudre les deux problèmes
d d
(P 1) (u(t), v(t)) = (1, 1) et (P 2) (u(t), v(t)) = (1, −1) .
dt dt
Les solutions respectives à ces deux problèmes sont aisément trouvées :
(S1) (u(t), v(t)) = (u(0), v(0)) + t(1, 1) et (S2) (u(t), v(t)) = (u(0), v(0)) + t(1, −1) .
12 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Il suffit d’évaluer x sur de telles solutions pour avoir les courbes asymptotiques dans
la surface.

(c) : Tel que suggéré, considérons le reparamétrage ρ : R2 → R2 : (u, v) 7→


(sinh u , v). Puisque la fonction sinh u est une bijection de R avec lui-même qui est
lisse et de dérivée première jamais nulle, elle admet un inverse lisse. Ainsi, ρ est un
véritable reparamétrage régulier, d’inverse lisse.

Posons Y(u, v) = (y ◦ ρ)(u, v) = (sinh u cos v , sinh u sin v , v). Il s’agit d’un autre
paramétrage de l’hélicoı̈de ou, plus précisément, de la partie d’hélicoı̈de donnée par
im y = im Y. Nous calculons
Yu = (cosh u cos v , cosh u sin v , 0) , Yv = (− sinh u sin v , sinh u cos v , 1)
 
2 1 0
=⇒ IY (u, v) = (cosh u) = Ix (u, v) .
0 1
Ceci étant vrai pour tout (u, v) du domaine commun à x et à Y, ceci montre que
im x et im Y sont isométriques via J : Y ◦ x−1 .

(d) : Pourtant, l’hélicoı̈de et la caténoı̈de ne sont pas globalement isométriques.


Tâchons d’expliquer un peu pourquoi.

Nous avons été assez informels, mais dans les faits, pour que x et y soient des
paramétrages réguliers, il faut qu’ils soient injectifs, ce qui nous force à restreindre
leur domaine par exemple à (u, v) ∈ R × (0, 2π). Notez que la restriction à v ∈
(0, 2π) n’est forcée que pour avoir l’injectivité de x. Sous ces restrictions, im x ne
couvre pas toute la caténoı̈de, que nous pourrions définir comme étant l’ensemble
C = {(x, y, z) ∈ R3 | x2 + y 2 − (cosh z)2 = 0}.

Nous prétendons qu’il n’existe pas d’isométrie globale J : y(R2 ) → C, tout bon-
nement parce qu’il n’existe aucun homéomorphisme entre ces deux ensembles., et
qu’une isométrie globale serait en particulier un homéomorphisme. Nous n’entrerons
pas les détails de ceci, mais disons que moralement, il existe un homéomorphisme
global entre deux surfaces si l’une peut être continûment déformée en l’autre sans
jamais la découper, la percer ou la plier pour identifier des points (ce dernier point
créerait des défauts d’injectivité), mais nous permettons que la surface passe à travers
elle-même en court de route, comme si elle était faite d’une matière fantomatique.
Or, im x est C moins un méridien, c’est-à-dire que im x s’obtient en découpant C
le long d’un méridien, une opération qui ne donne pas lieu à un homéomorphisme.
Ensuite, nous savons que J : im x → Y(R × (0, 2π)) est une isométrie “globale”,
donc un homéomorphisme. Ainsi, im x se déforme en Y(R × (0, 2π)), donc ce
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 13

dernier ensemble correspond à une version découpée de C. De manière quelque peu


réciproque, puisque l’hélicoı̈de n’est que la réunion des Y(R × (2πn, 2π(n + 1))) =
Y(R × (0, 2π)) + (0, 0, 2πn) avec n ∈ Z, il y a moyen de définir une application
continue surjective de l’hélicoı̈de sur C ; elle n’est pas injective, car elle “enroule”
l’hélicoı̈de autour de la caténoı̈de.

(e) : L’indice de l’énoncé est un peu trompeur. Posons plutôt Z = x + iY, de


sorte que
Z(u, v) = (− cosh u sin v + i sinh u cos v , cosh u cos v + i sinh u sin v , u + iv ) .
La variable complexe z = u + iv apparaı̂t automatiquement dans la coordonnée ’z’
(comme c’est arrangé avec le gars des vues !). Il nous reste à exprimer les deux
premières coordonnées cartésiennes en terme de z = u + iv. Nous avons
eu + e−u eiv − e−iv eu − e−u eiv + e−iv
− cosh u sin v + i sinh u cos v = − +i
2 2i 2 2
i
(eu + e−u )(eiv − e−iv ) + (eu − e−u )(eiv + e−iv )

=
4
i u iv
e (e − e−iv + eiv + e−iv ) + e−u (eiv − e−iv − (eiv + e−iv ))

=
4
i u iv 1
e e − e−u e−iv = − eu+iv − e−(u+iv)
 
=
2 2i
= − sin z .

eu + e−u eiv + e−iv eu − e−u eiv − e−iv


cosh u cos v + i sinh u sin v = +i
2 2 2 2i
1
(eu + e−u )(eiv + e−iv ) + (eu − e−u )(eiv − e−iv )

=
4
1 u iv
e (e + e−iv + eiv − e−iv ) + e−u (eiv + e−iv − (eiv − e−iv ))

=
4
1 u iv  1 u+iv
e e + e−u e−iv = + e−(u+iv)

= e
2 2
= cos z .
Bref, Z(u, v) = (− sin z , cos z , z), que nous écrirons aussi par abus de notation
x(z) + iY(z). Ainsi, nous avons (où ∗ dénote la conjugaison complexe de vecteurs
dans C3 , définie en appliquant la conjugaison scalaire, (a + ib)∗ = a − ib pour tout
réels a et b, composante par composante1)
x(z) = <(Z(z)) = (Z(z) + Z∗ (z))/2 et Y(z) = =(Z(z)) = (Z(z) − Z∗ (z))/2i .
1Notez que nous n’avons pas en général Z∗ (z) = Z(z ∗ ).
14 SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE

Pour t ∈ [0, 1], posons donc


Z(z) + eiπt Z∗ (z) e−iπt/2 Z(z) + eiπt/2 Z∗ (z)
wt (z) = = .
2eiπt/2 2
De prime abord, il s’agit d’une fonction à valeur dans C3 , mais nous vérifions que

wt (z) − wt∗ (z) 1 Z(z) + eiπt Z∗ (z) Z∗ (z) + e−iπt Z(z)


 
= (wt (z)) := = −
2i 2i 2eiπt/2 2e−iπt/2
1 (Z(z) + eiπt Z∗ (z))e−iπt/2 − eiπt/2 (Z∗ (z) + e−iπt Z(z))
 
=
2i 2eiπt/2 e−iπt/2
Z(z)(e−iπt/2 − e−iπt/2 ) + Z∗ (z)(eiπt/2 − eiπt/2 )
= = 0,
4i
ce qui indique en fait que wt (z) ∈ R3 pour tout z = u + iv ∈ R + i(0, 2π) ⊂ C,
c’est-à-dire pour tout (u, v) ∈ R × (0, 2π) ⊂ R2 . La fonction wt est définie pour
tout t ∈ [0, 1] et s’avère continue en t. Nous voyons sans peine que w0 = x et que
w1 = Y. En fait, nous calculons
(cos(πt/2) − i sin(πt/2))(x(z) + iY(z)) + (cos(πt/2) + i sin(πt/2))(x(z) − iY(z))
wt (z) =
2
= cos(πt/2)x(z) + sin(πt/2)Y(z)
=⇒ wt (u, v) = cos(πt/2)x(u, v) + sin(πt/2)Y(u, v) .
Sous cette forme, nous pourrions montrer que chaque wt est régulière et injective
(elle est certainement lisse pour tout t). Nous ne le ferons qu’en partie.

Notons que xu = Yv et que xv = −Yu . Ainsi, il est très facile de par nos calculs
précédents d’établir que (en notant c = cos(πt/2) et s = sin(πt/2))

Ewt = Gwt = (cosh u)2 , Fwt = 0 .


Ceci permet d’établir la condition de régularité ainsi que le fait que tous les wt
donnent lieu à des surfaces isométriques (lorsque restreintes au même domaine).

Remarque : Le fait que la caténoı̈de et que l’hélicoı̈de appartiennent ainsi à la famille


de fonctions wt , qui sont les parties réelles de la famille de fonctions holomorphes
(en z) Wt (z) = e−iπt Z(z), n’est pas du tout étranger au fait que ces deux surfaces
soient conformes au plan, comme en témoignent les matrices Ix et IY . Comme
nous l’avions souligné dans un précédent TP, la conformité (au plan) est intimement
liée à la géométrie complexe, c’est-à-dire à la géométrie des images holomorphes
d’ouverts de C dans Cn . Une large part du court de géométrie différentielle se
SOLUTIONNAIRE DU TP 8 - GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE 15

traduit dans le contexte de la géométrie complexe, prenant souvent une forme plus
simple ! La géométrie complexe est l’exemple le plus simple d’une “géométrie an-
alytique”, qui est elle étroitement liée à la géométrie algébrique. Celles-ci, au-delà
d’elles-mêmes et des disciplines qu’elles ont aider à développer (théorie des catégories
et fondements de la logique), ont une importance considérable à travers toutes les
mathématiques et en physique, par exemple en théorie des nombres, en théorie des
spineurs et des twisteurs, en topologie symplectique, en théorie des champs de jauge
(et, par conséquent, en géométrie différentielle des variétés en dimension 4 et donc,
par conséquent, en relativité générale...), en théorie des champs conformes (liée à
la mécanique statistique et à des problèmes d’universalité en probabilité) et par ex-
tension en théorie des cordes, etc. C’est un domaine particulièrement central, à
l’intersection d’innombrabres sujets et qui représente assez fidèlement l’entièreté de
ces divers sujets. Mes doigts n’en peuvent plus d’écrire de fascination !

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