Encyclopédie berbère
9 | Baal – Ben Yasla
Baquates
J. Desanges
Édition électronique
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ISSN : 2262-7197
Éditeur
Peeters Publishers
Édition imprimée
Date de publication : 1 avril 1991
Pagination : 1334-1336
ISBN : 2-85744-509-1
ISSN : 1015-7344
Référence électronique
J. Desanges, « Baquates », in Gabriel Camps (dir.), 9 | Baal – Ben Yasla, Aix-en-Provence, Edisud
(« Volumes », no 9) , 1991 [En ligne], mis en ligne le 01 décembre 2012, consulté le 19 avril 2019. URL :
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Baquates
J. Desanges
1 Peuple important de Maurétanie occidentale, signalé par quelques sources littéraires et
une quinzaine d’inscriptions.
2 Ptolémée (IV, 1, 5, éd. C. Müller, p. 585 et 587) paraît bien les avoir mentionnés à deux
reprises, sans s’en rendre compte, dans le cadre ambigu de sa Maurétanie Tingitane : au
nord des Makanitae (Macénites*), sous le nom de Bakouatae, et au voisinage des
Banioubae* (à lire Baniourae), sans doute à l’est de ceux-ci, sous le nom de Ouakouatae.
L’Itinéraire Antonin (2, 2-3, 1, éd. O. Cuntz, p. 1) indique au lecteur que son premier
décompte part de la Maurétanie de Tingi et aboutit à Carthage, en précisant aussitôt que
le point de départ est plus exactement l’endroit où demeurent les barbares Baquates et
Macénites (A Tingi Mauretania, id est ubi Bacuates et Macénites barbari morantur, per maritima
loca, Cartaginem usque). Or ce point de départ d’un itinéraire côtier (per marítima loca) est
nommé ensuite (ibid., 3, 2) : ab exploratione quod Mercurios dicitur. Compte tenu d’un effet
d’amplification rhétorique, qui ne surprend pas dans l’ouverture de l’œuvre, c’est, à notre
avis, une façon de signifier que ces barbares vivent aux confins méridionaux de la
province. L’Itinéraire Antonin ne pouvait en effet, comme on le comprend trop souvent,
caractériser l’ensemble d’une province qui comptait au moins cinq colonies romaines,
comme la demeure des Baquates et des Macénites. L’Exploratio dite Mercurios, d’où part le
décompte (3, 2-4, 1), était située à XVI mille (moins de 24 km) de Sala, aujourd’hui Le
Chellah aux portes de Rabat (6, 4), en principe non loin de la côte (cf. per maritima loca),
peut-être aux abords du cours inférieur de l’oued Yquem (M. Euzennat, Le limes de
Tingitane, I, Paris, 1989, p. 159).
3 Le Liber generationis (A. Riese, Géogr. Lat. Min., Heilbronn, 1878, p. 167) associe également
les Baccuates aux Massennas (Macénites), qualifiant les uns et les autres de Mauri, alors
qu’il donne les Barbares (Bavares*) comme des Afri. La Liste de Vérone (ibid., p. 129)
mentionne successivement les Mauri Barbares (Bavares) et les Mauri Bacuates (Baquates).
Julius Honorius enfin (A 47, ibid., p. 53) prétend que la Malva (Moulouya) sépare les
Barbares (Bavares) et les Bacuates. Mais, dans un autre passage (A 48, ibid., p. 54), il fait
état de Salamaggenites immédiatement avant les Bacuates. Nul doute qu’il ne lise une
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carte où le nom des Macénites était porté près du fleuve Sala (Bou Regreg), ou même de la
ville homonyme. Il apparaît donc que les Baquates passaient pour être établis à la fois à
l’est et au sud de la province, dans une perception très vague des réalités géopolitiques.
Tantôt on les groupait avec les Bavares et tantôt avec les Macénites.
4 La liste des documents épigraphiques mentionnant les Baquates a été dressée par E.
Frézouls (cf. en dernier lieu « Rome et la Maurétanie Tingitane : un constat d’échec ? »,
Ant. Afr., XVI, 1980, p. 78, n. 5-6 et p. 79, n. 1-4).
5 Une inscription (C.I.L., VIII, 9663) révèle l’existence d’un raid des Baquates contre
Cartennas (Ténès) en Césarienne, peut-être sous Hadrien. Onze épigraphes (Inscr. Ant. du
Maroc, II, 348-350, 356-361, 384, 402) attestent des rencontres entre les autorités romaines
et les Baquates (dans quatre cas, le nom de ces derniers est restitué, d’une façon quasi
certaine), depuis 140 jusqu’à 280 après J.-C. Six de ces inscriptions évoquent la
confirmation, l’affirmation ou la pérennité (en 280 de notre ère !) d’une paix mutuelle, ou
encore font état d’un foedus. Les Baquates apparaissent en un cas unis aux Macénites
(entre 173 et 175 après J.-C), en un autre cas aux Bavares (vers 235 de notre ère), dans un
troisième à une tribu dont le nom a disparu, entre 169 et 180). Deux autres inscriptions
concernent les Baquates, mais ne comportent pas d’allusion à une activité diplomatique
(LA.M., II, 376 ; C.I.L., VI, 1800, à Rome). On se gardera de supposer que le renouvellement
de la paix implique nécessairement un conflit antérieur. Comme l’a souligné E. Frézouls,
dans la plupart des cas, les vicissitudes dynastiques chez les Baquates, et peut-être aussi
celles du pouvoir à Rome, ont pu justifier ce renouvellement. Mais on ne doit pas, pour
autant, exclure la probabilité de quelques épisodes belliqueux. Rome, en particulier,
s’employait sans doute à dissoudre toute fédération liant deux des plus puissantes tribus
qui bordaient le territoire de la province.
6 On s’accorde à penser que les Baquates fréquentaient une grande partie du Moyen Atlas.
Comme on l’aura remarqué, certains témoignages (l’Itinéraire Antonin, Julius Honorius)
semblent situer les Baquates au sud de la province, au-delà du Bou Regreg et en deçà des
Autololes* et des Macénites. D’autres (Ptolémée) suggèrent une localisation orientale, à
l’est, vraisemblablement, des Baniourae et jusqu’en bordure de la Malva (Julius Honorius),
l’actuelle Moulouya, d’où l’on comprend mieux qu’ils aient pu s’en prendre à Cartennas.
Cette apparente ubiquité de leur présence aux frontières de la Tingitane, même si dans le
détail devaient apparaître des solutions de continuité, pourrait expliquer leur double
mention, avec deux orthographes légèrement différentes, dans la Géographie de Ptolémée,
fertile en bévues de ce type. Si l’on ignore tout de leur rôle sur une partie des confins
méridionaux de la province, du côté de l’est, au-delà du Bled Bou Hellou (cf. M. Euzennat,
« Les ruines antiques du Bou Hellou (Maroc) », Actes du 101e Congrès nat. des soc. sav. (Lille,
1976), sect. d’arch., Paris, 1978, p. 328-329 notamment), il est très probable que, fédérés à
Rome, les Baquates ont consenti pendant de longues périodes à garantir la sécurité des
communications terrestres entre les deux provinces impériales de Maurétanie, la
Tingitane et la Césarienne.
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BIBLIOGRAPHIE
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York, Ann Arbor, 1976, p. 146-166 notamment.
FRÉZOULS E., « Rome et la Maurétanie Tingitane : un constat d’échec ? », Ant. Afr., XVI, 1980, p.
75-82 notamment.
INDEX
Mots-clés : Antiquité, Histoire, Tribu
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