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Dih 2

Les conflits armés se divisent en conflits armés internationaux (CAI) et non internationaux (CANI), pouvant parfois coexister dans des situations mixtes. L'évolution d'un conflit peut fragmenter le droit applicable, nécessitant une analyse des relations de belligérance pour déterminer les règles en vigueur. La mise en œuvre du Droit International Humanitaire (DIH) repose sur des normes, la volonté des États et des mécanismes indirects, tout en faisant face à des défis contemporains comme la cyberguerre.

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Les conflits armés se divisent en conflits armés internationaux (CAI) et non internationaux (CANI), pouvant parfois coexister dans des situations mixtes. L'évolution d'un conflit peut fragmenter le droit applicable, nécessitant une analyse des relations de belligérance pour déterminer les règles en vigueur. La mise en œuvre du Droit International Humanitaire (DIH) repose sur des normes, la volonté des États et des mécanismes indirects, tout en faisant face à des défis contemporains comme la cyberguerre.

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Conflits armés non internationaux internationalisés (CANI) et conflits armés

internationaux (CAI)

Les conflits armés peuvent être classés en deux catégories principales : les conflits
armés internationaux (CAI) et les conflits armés non internationaux (CANI). Parfois,
un conflit armé peut changer de nature ou devenir mixte, où des éléments de CAI et
de CANI coexistent dans le même théâtre de guerre. Cette évolution peut se produire
selon les circonstances de l’intervention d’États ou de groupes armés étrangers.

Conflits armés mixtes et internationalisation

Un conflit armé international (CAI) implique des États belligérants, tandis qu'un
conflit armé non international (CANI) implique un ou plusieurs groupes armés non
étatiques se battant contre un ou plusieurs États. Un conflit peut passer d’un type à
un autre, ou les deux types de conflits peuvent se chevaucher dans le même
contexte, créant ce qu’on appelle des conflits armés mixtes ou fragmentés. Voici un
exemple détaillé pour mieux comprendre ce phénomène :

Fragmentation du droit applicable

Lorsqu’un conflit armé évolue ou est internationalisé, les règles de droit applicables
peuvent se fragmenter en fonction des parties impliquées et de la nature de leur
relation de belligérance. L’internationalisation d’un conflit ne transforme pas
nécessairement l’ensemble du conflit en un CAI. La fragmentation se produit lorsque
des relations de belligérance au sein d’un même conflit sont régies par des régimes
juridiques différents.

Fragmentation dans les conflits

Prenons un conflit armé non international (CANI) qui évolue vers une
internationalisation :

 Hypothèse 1 : Un groupe armé (GA) se bat contre un État (État 1). Ici, le droit
des CANI s'applique, notamment l’article 3 commun des Conventions de
Genève, sans que le Protocole additionnel II ne soit nécessaire, sauf si l'État a
ratifié ce protocole.
 Hypothèse 2 : Un autre État (État 2) intervient militairement pour soutenir
l'État 1 contre les rebelles. L’intervention de l'État 2 ne transforme pas le
conflit en CAI automatiquement, car la relation de belligérance reste entre
l'État 1 et les rebelles, et le droit applicable reste celui des CANI. Toutefois, des
relations de belligérance distinctes peuvent exister, selon les interactions
entre l'État 2 et les autres parties.
 Hypothèse 3 : Si un autre État (État 3) intervient au côté du groupe armé I (les
rebelles), des relations d’hostilité peuvent surgir entre l’État 1 (le
gouvernement) et l’État 3 sur le territoire de l’État 1. Cela crée une situation
où l’on applique le droit des CAI entre l’État 1 et l’État 3, mais le droit des
CANI reste applicable pour les relations entre l’État 1 et les rebelles.

Critères pour déterminer le droit applicable

Le droit applicable dans ces situations complexes dépend de plusieurs facteurs :

 Critère personnel : Qui se bat contre qui ? Cela détermine la nature du conflit.
 Conventions ratifiées : Chaque État partie au conflit peut avoir ratifié ou non
certains traités comme les Protocoles additionnels aux Conventions de
Genève, ce qui influence le droit applicable.
 Nature des relations de belligérance : Chaque relation spécifique doit être
analysée pour déterminer si elle relève du droit des CAI ou des CANI.

Exemple de la Syrie

La guerre civile en Syrie est un exemple de conflit où se superposent des éléments de


CANI et de CAI. Le gouvernement syrien est impliqué dans un conflit armé non
international avec des groupes rebelles, ce qui constitue un CANI. Cependant,
l’intervention militaire de puissances étrangères (comme la Russie) au côté du
gouvernement syrien crée des éléments de CAI dans la mesure où des États
interviennent sur le territoire d’un autre.

La mise en œuvre du Droit International Humanitaire (DIH)

La mise en œuvre du DIH repose sur trois éléments clés : la prévention, le contrôle et la
répression. Voici un résumé des points principaux abordés dans le chapitre.

1. Approches de la mise en œuvre du DIH

 Normative : Le DIH repose sur des normes et des devoirs que les États doivent
respecter.
 Subjective/volontaire : La mise en œuvre du DIH dépend de la volonté des États.
Bien que les États soient tenus de respecter et de faire respecter ces normes,
l'absence de volonté politique empêche parfois son efficacité. Des États peuvent
aussi intervenir pour assurer le respect du DIH.
 Mécanismes indirects : Des organes comme les tribunaux pénaux ou le Conseil des
droits de l'homme de l'ONU jouent un rôle indirect en garantissant la mise en œuvre
du DIH, notamment par le biais d'enquêtes sur les violations des droits humains qui
peuvent aussi concerner les violations du DIH.

2. Historique et évolution de la mise en œuvre

 Lors de l’adoption de la première Convention de Genève en 1864, il n'y avait pas de


mécanisme prévu pour garantir la mise en œuvre du DIH. Ce n'est qu'après des
violations massives du DIH que l'on a commencé à réfléchir à des mécanismes de
mise en œuvre plus rigoureux.

3. Modalités de mise en œuvre

 Prévention :
o Formation du personnel militaire : La formation des soldats selon leur niveau
de responsabilité est cruciale, mais souvent insuffisante, même dans des pays
comme la Suisse.
o Diffusion et traduction du DIH : La sensibilisation de la population aux règles
du DIH est nécessaire. La traduction des textes dans différentes langues est
essentielle pour assurer leur compréhension.
o Législation nationale : Les États doivent intégrer le DIH dans leur droit
interne, mais souvent, ce travail est insuffisant.
o Identification des biens protégés : Zones démilitarisées, biens culturels et
unités sanitaires doivent être identifiés et protégés.
 Contrôle :
o Le système des puissances protectrices a été utilisé historiquement pour
contrôler le respect du DIH, mais il a cessé de fonctionner efficacement après
1949. De nos jours, le CICR joue ce rôle en l'absence de puissances
protectrices.
o Le CICR est un acteur indépendant, avec un droit d'initiative humanitaire, et
peut proposer ses services aux parties en conflit pour faciliter la mise en
œuvre du DIH.
o Le système d’enquête pour déterminer les violations du DIH n'a pas toujours
bien fonctionné, en partie à cause de la méfiance entre les parties en conflit.
Des tentatives de réformes, comme la création de commissions d’enquête,
ont eu un impact limité.
 Répression :
o Le droit international pénal traite des violations graves du DIH (crimes de
guerre). Les tribunaux pénaux internationaux, comme la CPI, sont compétents
pour juger ces crimes.
o La compétence universelle permet à certains États de juger des crimes de
guerre, même s'ils ne sont pas directement impliqués dans le conflit.
o La répression via des procédures pénales internes ou internationales est utile
pour prévenir de futures violations, même si son efficacité est parfois limitée.

4. Réformes et défis futurs


 Systèmes de contrôle : Des réformes sont nécessaires, notamment pour mieux
intégrer la répression et le contrôle dans la mise en œuvre du DIH. Les propositions
suisses incluent une conférence des États pour discuter spécifiquement de la mise en
œuvre du DIH, ce qui n'existe pas actuellement.
 Cyberguerre et autres défis modernes : Il est important de clarifier des questions
récentes (comme la cyberguerre) pour renforcer l'application du DIH dans ces
domaines.

5. Conclusions et affirmations sur le DIH

 Le principe de proportionnalité : Un objectif militaire peut être attaqué même si des


dommages collatéraux sont attendus, tant que l’avantage militaire est proportionnel
aux pertes civiles.
 La décision unilatérale d'un commandant de prisonnier de guerre : Un commandant
peut décider d'accorder le statut de prisonnier de guerre à tous les détenus, selon les
règles du DIH

L’un des objectifs fondamentaux de distinguer les « conflits armés » des « autres situations de
violence » consiste en la détermination du droit applicable. Les conséquences légales de la
qualification juridique des situations de violence sont très importantes car en situations de conflits
armés le droit international humanitaire (DIH) prévoit des règles adaptées aux spécificités des
conflits armés, que toutes les parties au conflit doivent respecter. Dans les autres situations de
violence, le DIH n’est pas applicable. Les acteurs non-étatiques de la violence ne sont pas des «
parties » liées par des obligations de droit international et, d’un point de vue général, le monopole de
la violence légitime reste dans ces situations de jure à l’État. Les actions de ce dernier sont régies en
particulier par le droit international des droits de l’homme et le droit national3

 Interdiction d'accès de l'aide humanitaire à une zone : Le DIH, en particulier la


Quatrième Convention de Genève, article 23, interdit toute obstruction délibérée à
l'acheminement de l'aide humanitaire. Selon cet article, les autorités doivent permettre que
l'aide humanitaire parvienne aux populations civiles dans les zones affectées par le conflit,
sauf si la sécurité est compromise. Cela signifie qu'il n'y a pas de droit pour les forces de
l'AFDL/APR d'interdire arbitrairement l'accès humanitaire à une zone, à moins que des
considérations de sécurité ne le justifient, et encore, cette interdiction ne peut être que
temporaire et limitée.

 Justifications de l’interdiction du libre passage de l’aide humanitaire : L'interdiction


d’accès à l'aide humanitaire peut être justifiée uniquement par des raisons de sécurité. Par
exemple, si l'acheminement de l'aide menace directement la sécurité des travailleurs
humanitaires ou si des conditions de terrain rendent l'accès impossible. Cependant, ces raisons
doivent être strictement interprétées et ne peuvent pas servir de prétexte à la restriction de
l'accès humanitaire de manière systématique ou arbitraire.

 Imposition de "facilitateurs" aux missions humanitaires : Le DIH ne permet pas


qu’une partie au conflit impose des conditions supplémentaires pour l'acheminement de l'aide,
telles que l'obligation de la présence de "facilitateurs". Le rôle des "facilitateurs" (souvent des
acteurs locaux chargés de coordonner les actions humanitaires) ne doit pas être utilisé comme
une forme de contrôle ou d'interférence excessive avec les missions humanitaires. Si ces
facilitateurs sont imposés de manière arbitraire ou comme condition à l'accès humanitaire,
cela pourrait violer les principes de neutralité et d'indépendance des organisations
humanitaires, qui sont protégés par le DIH.

 Obligation de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire en cas de famine : En


cas de famine ou de crise alimentaire, il est impératif, selon l'article 23 de la Quatrième
Convention de Genève et l'article 70 du Protocole additionnel I, de permettre
l’acheminement de l’aide humanitaire sans retard. Le DIH prévoit une obligation de permettre
l'acheminement de l'aide humanitaire pour éviter la souffrance excessive de la population
civile, en particulier lorsque celle-ci est menacée de mort par la faim. Ce principe est
également reflété dans les règles 55 et 56 de l’étude du CICR, qui soulignent l'importance
de garantir l'accès humanitaire en temps de guerre.

 Droit d'arrêter et de détenir des militaires et des civils :

En vertu du Droit international humanitaire (DIH), la détention est régie par des règles
spécifiques, notamment celles des Conventions de Genève.

 Militaires : Les militaires peuvent être arrêtés et détenus en temps de guerre en tant
que prisonniers de guerre (POW). Selon la Troisième Convention de Genève (CG
III), notamment les articles 4-6 et 112, les militaires capturés pendant un conflit armé
doivent être traités conformément aux règles sur les prisonniers de guerre. Cela inclut
des protections contre la violence, les mauvais traitements et l'arbitraire. Les autorités
doivent également garantir que les conditions de détention respectent les normes de
dignité humaine.
 Civils : Les civils peuvent également être arrêtés et détenus en vertu des Dispositions
de la Quatrième Convention de Genève (CG IV), en particulier les articles 41-43 et
78, mais uniquement sous des conditions strictes. Les civils ne doivent être détenus
que pour des raisons de sécurité impératives, comme la protection de l’ordre public ou
en raison de leur implication dans des activités militaires hostiles, mais ces raisons
doivent être clairement établies. De plus, les conditions de détention doivent respecter
les principes de nécessité, de proportionnalité et de non-discrimination.

 Circonstances et conditions de la détention :

Le DIH prévoit certaines conditions pour la détention de personnes pendant un conflit armé :

 Pour les militaires : La détention doit être justifiée par leur statut de prisonnier de
guerre, et ils ne doivent pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants,
conformément à la CG III, articles 109 et 117-119.
 Pour les civils : Les détentions doivent respecter les droits fondamentaux des
individus, tels que l'interdiction de détention arbitraire et l'accès à un tribunal pour
contester la légalité de la détention (cf. CG IV, article 78 et 132-133). Les civils ne
peuvent être détenus que pour des raisons de sécurité ou si leur activité constitue une
menace directe pour la sécurité de la population ou de l'ordre public, et cela doit être
strictement limité à ce qui est nécessaire.

 Détention jusqu’à la promulgation d'un décret-loi d'amnistie générale :

Le fait que certaines personnes aient été détenues jusqu’à la promulgation d’un décret-loi
d’amnistie générale pourrait poser un problème au regard du DIH si cette détention a duré de
manière excessive ou arbitraire. La détention prolongée sans raison valable, ou après qu'une
mesure comme l'amnistie générale soit adoptée, pourrait être incompatible avec le DIH, qui
exige que les détentions soient réexaminées et, si elles ne sont plus justifiées, que les détenus
soient libérés.

 L'article 133 de la Quatrième Convention de Genève stipule que toute personne


privée de liberté a droit à un recours judiciaire rapide afin de contester la légalité de sa
détention. Si les personnes ont été détenues au-delà de ce qui est nécessaire, ou si
l’amnistie générale a été proclamée sans libération immédiate des détenus, cela
pourrait violer leurs droits protégés par le DIH.

1. Arrestations de civils et de membres de groupes armés palestiniens :


Lors des incursions israéliennes en Cisjordanie ou à Gaza, de nombreuses personnes
sont arrêtées, y compris des civils qui ne sont pas directement impliqués dans des
actions militaires. Les raisons de ces arrestations sont souvent liées à des accusations
de soutien à des activités terroristes ou de résistance à l'occupation israélienne. Selon
Israël, ces arrestations visent à garantir la sécurité et à prévenir les attaques.

Selon les principes du DIH, les civils doivent être protégés contre la détention
arbitraire. La Quatrième Convention de Genève (CG IV), articles 41-43 stipule que
les civils peuvent être arrêtés et détenus uniquement pour des raisons de sécurité
impérative. Les arrestations doivent être fondées sur des preuves concrètes et non sur
des présomptions ou des motivations arbitraires. De plus, les civils ne peuvent être
détenus sans possibilité de contester la légalité de leur détention (cf. article 78 de la
CG IV).

2. Conditions de détention :
Les conditions de détention des Palestiniens dans les prisons israéliennes ont été
régulièrement critiquées par des organisations internationales comme le CICR, Human
Rights Watch et Amnesty International. Les rapports font état de détentions
prolongées sans jugement, de mauvais traitements et de violations des droits humains.

Selon le DIH, toute personne détenue doit être traitée avec dignité humaine. Les
prisonniers de guerre (POW), s’il s’agit de membres d’un groupe armé reconnu,
doivent être protégés contre les mauvais traitements (cf. article 13 de la CG III). De
même, les civils détenus doivent être protégés contre la torture et les traitements
inhumains, conformément aux dispositions de la CG IV, articles 32-34. Le Droit
international des droits humains interdit également les traitements cruels, inhumains
ou dégradants.

3. La détention administrative :
Une des formes de détention contestée dans le cadre du conflit israélo-palestinien est
la détention administrative, qui permet à Israël de maintenir des Palestiniens en
détention sans accusation formelle ou jugement. Cette pratique est souvent utilisée
pour des périodes prolongées (parfois plusieurs mois voire années), sans que la
personne détenue puisse se défendre devant un tribunal.

Bien que le DIH et les normes internationales en matière de droits humains


(comme le Pacte international relatif aux droits civils et politiques) permettent des
détentions en période de guerre, ces détentions doivent être fondées sur une
justification claire et non abusive. Le droit à un recours judiciaire rapide pour
contester la légalité de la détention est un droit fondamental, qui peut être violé dans le
cadre de la détention administrative (cf. article 9 du Pacte international relatif aux
droits civils et politiques).

Accès humanitaire et restrictions

Faits :
Outre la question de la détention, l'accès humanitaire aux populations civiles palestiniennes,
particulièrement à Gaza, a également été un sujet de préoccupation. Lors de nombreux
conflits, Israël a restreint l’accès humanitaire, en imposant des restrictions sur les zones
d'accès et en interdisant l’entrée de certains types d’aides (y compris les médicaments et les
fournitures alimentaires). Les organisations humanitaires comme le CICR et les Nations unies
ont dénoncé ces restrictions comme une violation du droit humanitaire international.

1. Le droit d’accéder à l’aide humanitaire :


Le DIH garantit que les civils, en particulier dans les zones occupées ou en situation
de guerre, doivent avoir accès à l’aide humanitaire. L’article 23 de la Quatrième
Convention de Genève (CG IV) et le Protocole additionnel I (PA I), article 70,
imposent aux parties au conflit de permettre le passage de l’aide humanitaire destinée
à soulager la souffrance des civils. Les restrictions d’accès à l’aide humanitaire, en
particulier dans un contexte de famine ou de crise sanitaire, sont strictement
encadrées.
2. Les conséquences de la fermeture des points de passage :
À Gaza, les points de passage comme le point de passage de Rafah ont souvent été
fermés ou restreints, ce qui a gravement entravé l'accès à l'aide humanitaire. Les
autorités israéliennes justifient ces restrictions par des préoccupations de sécurité, mais
les organisations humanitaires soulignent qu’elles ont des conséquences graves pour
les civils, notamment en matière de soins médicaux, de fourniture d'eau potable et de
nourriture.
3. Selon le droit international humanitaire (DIH), notamment les Conventions de
Genève et leurs protocoles additionnels, les structures médicales bénéficient d'une
protection spéciale pendant les conflits armés. Cependant, cette protection peut être
retirée si la structure médicale est utilisée à des fins militaires.
4. Dans cette situation, même si les armes ne sont pas utilisées directement dans la
structure médicale, leur présence à l'intérieur constitue un usage militaire de
l'installation. Cela rend la structure cible légitime d'attaque en vertu du droit
international humanitaire. En effet, selon l'article 19 du Protocole additionnel I
(PA I), une structure médicale protégée par le DIH peut perdre sa protection si elle est
utilisée à des fins autres qu'humanitaires, comme pour le stockage d'armes.
5. L’apposition du croissant rouge sur le toit de l’installation est également une
indication que la structure est censée être protégée, mais l’utilisation militaire de la
structure (stockage d'armement) enlève cette protection, rendant l'attaque légale du
point de vue du DIH.
6. Ainsi, le gouvernement n’a pas enfreint le DIH, car l'utilisation militaire de la
structure médicale (stockage d’armements) justifie son attaque en vertu des règles du
DIH.

Le droit international humanitaire impose des règles strictes concernant le traitement des
prisonniers de guerre, des détenus et des personnes privées de liberté en situation de conflit
armé. La Troisième Convention de Genève (CG III) et le Protocole additionnel I
contiennent des dispositions spécifiques qui interdisent la torture et les traitements cruels,
inhumains ou dégradants. Ces conventions garantissent la protection des détenus et les droits
des personnes sous la garde des parties au conflit.

 Interdiction de la torture : L'article 3 commun aux Conventions de Genève interdit


explicitement toute forme de torture ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants
envers les personnes détenues, qu'elles soient des combattants ou des civils. Il est
indiqué que les prisonniers doivent être traités avec humanité, en toutes circonstances,
et cela s'applique indépendamment de leur statut.

Article 3 commun :

"Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités [...] doivent en
toutes circonstances être traitées humainement, sans distinction de race, de
religion ou d'opinions."

 Responsabilité des autorités : Les autorités qui détiennent des individus sont
responsables de leur traitement. En l'occurrence, le personnel militaire américain, y
compris les soignants, avait l'obligation de garantir que les détenus ne soient ni
maltraités ni torturés.

2. Enfreinte de la déontologie médicale :

Les actes rapportés à la prison d'Abou Ghraib, où des membres du personnel médical auraient
permis, voire facilité, la torture des détenus, constituent une violation grave de la
déontologie médicale. Le Code de déontologie des médecins, y compris celui de la World
Medical Association (WMA), et d'autres principes éthiques fondent l'obligation pour les
professionnels de la santé de respecter l'intégrité physique et mentale des individus,
notamment en interdisant de participer à la torture ou à des traitements inhumains.

 Le serment d'Hippocrate et la déontologie médicale interdisent de nuire aux patients.


Par exemple, selon le Code de déontologie de la WMA (Déclaration de Tokyo,
1975), les médecins sont formellement interdits de participer à des actes de torture ou
de traitements cruels et inhumains. La participation des médecins aux actes de torture,
en tant que complices, est une violation directe de leur éthique professionnelle.

Déclaration de Tokyo (1975), article 1 :

"Il est de la responsabilité de tout médecin de s’opposer à la torture et à tout


acte cruel, inhumain ou dégradant, qu’il soit appelé à y participer ou qu’il en
soit témoin."

 Complicité dans les actes de torture : L’inaction ou la complicité du personnel


médical dans la poursuite d'actes de torture est une violation grave. Selon le droit
international, les professionnels de santé qui permettent la torture, en omettant de
signaler des blessures ou en facilitant des interrogatoires sous torture, peuvent être
considérés comme des complices des violations des droits humains.
Le fait de permettre des interrogatoires sur des détenus gravement blessés ou tout juste
réanimés, comme décrit dans les rapports, constitue également une violation de la
déontologie médicale. Un médecin ou tout professionnel de la santé ne peut pas
cautionner un acte médical qui met en danger la vie ou le bien-être d'un patient pour
des raisons non médicales, comme l’obtention d’informations.

3. Responsabilité et recours juridique :

Les actes commis à Abou Ghraib, notamment la torture et la négligence des professionnels
médicaux, peuvent entraîner des conséquences juridiques graves, tant au niveau national
qu'international :

 Responsabilité pénale individuelle : Les personnes responsables de la torture et de la


négligence médicale, y compris les membres du personnel médical impliqués, peuvent
être poursuivies en vertu du droit pénal international. La Cour pénale
internationale (CPI) pourrait être compétente pour juger des actes de torture en vertu
de l'article 7 du Statut de Rome sur les crimes contre l'humanité, qui inclut la torture
comme un crime grave. En outre, des tribunaux nationaux pourraient également juger
les auteurs de ces crimes, dans le cadre de la responsabilité universelle.
 Réparations pour les victimes : Les victimes de torture et de mauvais traitements ont
droit à des réparations, y compris des compensations pour les souffrances subies et des
garanties contre l'impunité. Les victimes pourraient également demander une enquête
indépendante et la tenue de procès pour les responsables de ces actes.

La confidentialité dans le contexte des opérations humanitaires, notamment pour des


organisations comme le CICR, n'est pas un principe fondamental en soi de la même manière
que la neutralité, l'impartialité ou l'indépendance. Toutefois, elle découle directement de
ces principes et en est une conséquence nécessaire pour préserver leur application effective.

1. La confidentialité découle des principes de neutralité, impartialité et


indépendance

a. Neutralité

La neutralité du CICR exige qu'il ne prenne pas de position dans les conflits armés. Cela
inclut le refus de favoriser ou de dénoncer publiquement une partie ou une autre. La
confidentialité permet de garantir que l’organisation ne partage pas d’informations qui
pourraient compromettre sa position de neutralité, particulièrement en ce qui concerne les
violations du droit international humanitaire (DIH). Si le CICR dévoilait des informations
sensibles ou témoignait contre une partie au conflit, cela pourrait être perçu comme un acte de
soutien ou d’opposition à une partie, mettant ainsi en danger sa neutralité et sa capacité à
dialoguer avec toutes les parties au conflit.

b. Impartialité

L’impartialité du CICR implique qu’il traite les personnes selon leurs besoins humanitaires
et non en fonction de critères tels que leur nationalité, leur appartenance politique, ou leur
statut militaire. La confidentialité est cruciale pour garantir que les informations recueillies
par l'organisation ne soient pas utilisées pour avantager une partie en particulier, ou pour
discréditer une autre, ce qui pourrait être perçu comme un manque d'impartialité.
c. Indépendance

L’indépendance du CICR signifie qu’il agit librement de toute influence extérieure, qu’elle
soit politique, économique ou militaire. Le respect de la confidentialité garantit que
l'organisation n’est pas sous pression pour divulguer des informations sensibles qui pourraient
interférer avec sa mission humanitaire. Cela lui permet de conserver une indépendance dans
son dialogue avec les parties au conflit, sans risques d'être perçue comme partiale ou sous
influence.

2. La divulgation d’informations et la neutralité/impartialité

Si une organisation humanitaire ou une autre entité humanitaire permet à ses employés de
témoigner devant des tribunaux pénaux internationaux (comme la CPI), cela ne constitue
pas nécessairement une violation de la neutralité ou de l’impartialité, mais cela dépend du
contexte. Voici quelques points à considérer :

a. Le rôle de témoin devant la justice internationale

 Si des employés d'une organisation humanitaire, telle que le CICR, choisissent de


témoigner devant une Cour pénale internationale (CPI) ou un tribunal pénal
international, cela ne compromettrait pas forcément leur neutralité ou impartialité, à
condition que cela respecte les principes éthiques et la déontologie.
 Cependant, pour une organisation comme le CICR, qui se doit de maintenir sa
neutralité et son indépendance, autoriser le témoignage public d’un employé devant
un tribunal pénal peut compromettre l’accès aux zones de conflit, car les parties au
conflit pourraient voir cela comme un acte de partialité. Ce type de témoignage
pourrait nuire à l'efficacité de l’organisation en raison de la perception de son
engagement dans le processus de justice.

b. Témoignage dans des procédures judiciaires

 Si l’organisation décide de témoigner dans une affaire devant un tribunal


international pour rendre des comptes sur des violations du DIH, cela pourrait être vu
comme un acte qui compromet son indépendance, car l'organisation pourrait être
perçue comme ayant pris une position politique ou militaire.
 En revanche, si un individu au sein de l'organisation choisit de témoigner à titre
personnel, cette action pourrait être considérée comme indépendante du mandat
humanitaire de l'organisation. Cependant, cette situation devrait être analysée avec
prudence pour s'assurer qu'elle ne nuit pas à la mission humanitaire de l'organisation.

Promouvoir et diffuser le DIH

Le CICR a pour mission de promouvoir et de diffuser le DIH à l'échelle internationale. Il


intervient activement pour sensibiliser les belligérants, les militaires, les gouvernements, les
ONG et le public en général sur les principes et les règles du DIH. Cela comprend :

 L'éducation et la formation : Le CICR offre des formations et des séminaires aux


forces armées, aux groupes armés non étatiques, aux institutions internationales, et aux
organisations humanitaires pour leur enseigner le respect du DIH, en particulier les
Conventions de Genève et leurs protocoles additionnels.
 Les publications : Le CICR publie des guides, des études et des manuels pour
clarifier les règles du DIH, en fournissant des analyses détaillées des normes et de leur
application.

2. Surveillance et suivi de l'application du DIH

Le CICR joue également un rôle de suivi et de contrôle pour garantir que les règles du DIH
sont respectées durant les conflits. Cela inclut :

 Les visites dans les zones de conflit : Le CICR mène des missions de surveillance
dans les zones de guerre pour observer la manière dont les parties au conflit appliquent
les règles du DIH. Cela inclut la protection des civils, la traite des prisonniers de
guerre et le respect des interdictions concernant les attaques contre des biens civils et
les armes interdites.
 Les visites aux détenus : Le CICR effectue des visites régulières dans les camps de
prisonniers de guerre et les établissements de détention pour s'assurer que les détenus
sont traités conformément aux Conventions de Genève, en particulier en ce qui
concerne leurs conditions de détention et leur droit à des soins médicaux.
 Le dialogue confidentiel : Si des violations sont constatées, le CICR engage des
dialogues confidentiels avec les parties au conflit pour les encourager à respecter les
règles du DIH et y remédier, sans compromettre sa position de neutralité.

 Le DIH, en tant que cadre juridique, ne s'applique pas directement aux actes de
terrorisme en dehors du contexte des conflits armés. Cependant, il offre des
protections importantes pour les civils et pour les personnes capturées pendant les
hostilités, qui peuvent être affectées par le terrorisme en situation de guerre.
 Le terrorisme, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui (y compris en Europe), est avant tout
traité par des normes pénales internationales et par des instruments de droit
international des droits de l'homme qui cherchent à prévenir, punir et éradiquer ce
phénomène.
 Néanmoins, les principes du DIH, comme la distinction entre civils et combattants et
l’interdiction de cibler des civils, sont pertinents dans le cadre de la lutte contre le
terrorisme, bien que le DIH lui-même ne soit pas la norme principale pour traiter des
actes terroristes en dehors des conflits armés.

Les organes internationaux et les tribunaux pénaux internationaux jouent un rôle clé dans
l'application du droit international humanitaire (DIH), qui régit les comportements en
temps de guerre et protège les civils et les personnes ne participant pas directement aux
hostilités.

1. La Cour internationale de justice (CIJ)

 Rôle : La CIJ règle les différends juridiques entre États, notamment en matière de
respect du DIH, mais elle n'est pas compétente pour juger des individus.
 Application du DIH : Elle peut rendre des avis consultatifs et des arrêts sur des
questions relatives aux violations du DIH, entre États, mais pas sur les violations par
des individus.

2. Les organes internationaux des droits de l'homme

 Rôle : Ces organes surveillent la mise en œuvre des normes des droits de l'homme, y
compris pendant les conflits armés. Ils incluent le Conseil des droits de l'homme de
l'ONU et les comités de suivi des conventions internationales (comme le Comité
contre la torture).
 Lien avec le DIH : Bien que le DIH régisse spécifiquement les conflits armés, ces
organes examinent aussi la protection des civils pendant la guerre, notamment en ce
qui concerne les droits des prisonniers de guerre et le traitement des civils.

3. Les tribunaux pénaux internationaux

 Rôle : Ces tribunaux, comme le TPI (Tribunal pénal international), le TPIY (pour
l'ex-Yougoslavie), et le TPIR (pour le Rwanda), jugent les individus responsables de
crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide, tous relevant de
violations graves du DIH.
 Exemples : Ces tribunaux ont traité des crimes de guerre en Yougoslavie, au Rwanda,
et dans d'autres conflits, en appliquant les principes du DIH pour garantir la
responsabilité pénale des auteurs.

Article 77 : Peines applicables

1. Peines principales : La Cour peut prononcer contre une personne coupable d'un crime
visé à l'article 5 (génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre, crime
d'agression) les peines suivantes :
o Peine d'emprisonnement : Jusqu'à 30 ans maximum.
o Peine d'emprisonnement à perpétuité : Si la gravité du crime et la situation
personnelle du condamné le justifient.
2. Peines complémentaires : En plus de la peine d'emprisonnement, la Cour peut
ordonner :
o Une amende dont le montant est fixé selon les critères du Règlement de
procédure et de preuve.
o La confiscation des profits, biens et avoirs obtenus directement ou
indirectement du crime. Cela se fait sans préjudice des droits des tiers de bonne
foi (c'est-à-dire, des personnes qui n'étaient pas impliquées dans le crime).

Article 78 : Fixation de la peine

1. Considérations pour la fixation de la peine : La Cour prend en compte des facteurs


comme :
o La gravité du crime.
o La situation personnelle du condamné. Ces éléments sont pris en compte
conformément au Règlement de procédure et de preuve.
2. Détention préalable : Lorsque la Cour prononce une peine d'emprisonnement, elle
déduit le temps passé par le condamné en détention préventive (sur ordre de la Cour)
ou tout autre temps de détention lié au crime.
3. Peine multiple : Si une personne est condamnée pour plusieurs crimes, la Cour
détermine :
o Une peine pour chaque crime.
o Une peine unique qui correspond à la durée totale d'emprisonnement. Cette
durée :
 Ne peut être inférieure à celle de la peine la plus lourde pour un crime
particulier.
 Ne peut excéder 30 ans ou la peine à perpétuité.

Article 79 : Fonds au profit des victimes

1. Création d'un fonds pour les victimes : Un fonds est créé pour aider les victimes de
crimes relevant de la compétence de la Cour ainsi que leurs familles. Ce fonds est géré
selon des principes définis par l'Assemblée des États Parties.
2. Financement du fonds : La Cour peut ordonner que le produit des amendes et la
confiscation des biens obtenus de manière illégale soient versés à ce fonds.

Article 80 : Application des peines par les États et droit national

Cet article stipule que rien dans le présent chapitre ne modifie ou n'affecte l'application des
peines prévues par le droit interne des États, ni les dispositions des États qui ne prévoient pas
les peines spécifiques énumérées dans le présent chapitre du Statut.

Article 5 : Crimes relevant de la compétence de la Cour

La Cour pénale internationale a compétence pour juger les crimes les plus graves qui touchent
l'ensemble de la communauté internationale. Ces crimes sont :

 Le crime de génocide (article 6)


 Les crimes contre l'humanité (article 7)
 Les crimes de guerre (article 8)
 Le crime d'agression (article 5.1.d), bien que la compétence de la Cour ne s'étende à
ce crime qu'une fois une disposition définie par les articles 121 et 123 a été adoptée.
Article 6 : Crime de génocide

Le crime de génocide se définit par l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe


national, ethnique, racial ou religieux. Les actes constitutifs du génocide incluent :

 Meurtre de membres du groupe


 Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe
 Soumission du groupe à des conditions devant entraîner sa destruction
 Mesures visant à empêcher les naissances au sein du groupe
 Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe

Article 7 : Crimes contre l'humanité

Les crimes contre l'humanité se réfèrent à des actes commis dans le cadre d’une attaque
généralisée ou systématique contre une population civile. Ces actes incluent :

 Meurtre, extermination, réduction en esclavage


 Torture, viol, esclavage sexuel, et autres formes de violence sexuelle
 Persécution pour des motifs politiques, raciaux, religieux, etc.
 Disparitions forcées, crime d’apartheid, et d'autres actes inhumains

La Cour précise que l'attaque contre une population civile doit être un comportement multiple,
systématique, et en application ou dans la poursuite de la politique d'un État ou d’une
organisation.

Article 8 : Crimes de guerre

Les crimes de guerre incluent des violations graves des Conventions de Genève et d'autres
violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés. Ces crimes peuvent être
commis lors de conflits internationaux ou non internationaux. Les actes constitutifs des crimes
de guerre sont variés et comprennent :

 L'homicide intentionnel, la torture, le fait de causer de grandes souffrances


 Des attaques contre des civils, des bâtiments civils, ou des objectifs protégés
 L’utilisation de certaines armes interdites (armes chimiques, balles expansibles, etc.)
 Le recrutement forcé d'enfants dans les forces armées
 La déportation, les prises d’otages, et le pillage

Les crimes de guerre peuvent concerner à la fois les conflits armés internationaux et non
internationaux (conflits internes ou de groupes armés).

Article 9 : Eléments des crimes

L'élément d'un crime précise ce qu'il faut démontrer pour qu'un acte soit qualifié de crime au
sens du Statut de Rome. Les éléments des crimes doivent être adoptés par l'Assemblée des
États Parties à la majorité des deux tiers et peuvent être amendés par des États parties, les
juges ou le procureur.
L'examen de ce cas complexe met en lumière les défis juridiques auxquels est confrontée la
République Populaire de Laïcité (RPL) dans le cadre de son conflit avec l'Armée des Enfants
de Dieu (AED), un groupe rebelle qui lutte pour l'indépendance de Cobaltia et l'instauration
de structures théocratiques. Ce contexte militaire et politique engendre des questions cruciales
relatives au respect du droit international humanitaire, à la protection des civils et des
prisonniers de guerre, ainsi qu'à l'application des principes de légitime défense et de
proportionnalité dans les réponses militaires. De plus, la question de l'accès du Comité
International de la Croix-Rouge (CICR) aux détenus, en particulier ceux considérés comme
particulièrement dangereux, soulève des préoccupations concernant le respect des droits des
personnes privées de liberté

Contexte juridique et international

Le droit applicable dans cette situation inclut :

 Le droit international humanitaire (DIH), principalement les Conventions de


Genève et leurs protocoles additionnels. Cela régit les relations entre belligérants, la
protection des civils et des combattants hors de combat, ainsi que la gestion des
prisonniers de guerre.
 Le droit international des droits de l'homme, en particulier la protection des
personnes privées de liberté (détention, traitements inhumains).
 Les principes de souveraineté et le droit des États à défendre leur territoire, tout en
respectant les normes internationales en matière de droits humains et d'application de
la force.

2. Les attaques menées par l'Armée des enfants de Dieu (AED)

Les attaques menées par l'AED soulèvent plusieurs questions juridiques :

 Le caractère légitime des attaques : L'AED se présente comme un groupe de


libération nationale, mais si ses méthodes comprennent des attaques contre des cibles
civiles (comme la pizzeria), cela pourrait constituer une violation du droit international
humanitaire, notamment les règles sur la distinction entre cibles militaires et civiles.
 Les cibles militaires : Les attaques contre des équipements militaires (navire de la
marine, camps de l'armée, etc.) peuvent être justifiées au regard du droit de la guerre si
elles visent des objectifs militaires légitimes. Cependant, toute attaque doit respecter le
principe de la proportionnalité et de la nécessité militaire, en minimisant les pertes
civiles.

3. Réactions du RPL

Les réponses militaires du RPL, notamment la destruction de cibles en riposte aux attaques,
soulèvent également des préoccupations :

 Destruction du petit bateau attaquant le navire du RPL : Cela semble justifié en


vertu de la légitime défense. Cependant, le recours à des armes automatiques contre un
naufragé pourrait poser la question de l'usage excessif de la force, en violation de la
distinction entre combattants et civils, si la personne attaquée n’était pas un
combattant direct.
 Attaques aux missiles contre un immeuble supposé abriter des dirigeants de
l'AED : L'attaque de bâtiments abritant des responsables militaires ou des membres de
l'AED pourrait être conforme au droit de la guerre, à condition qu'elle soit ciblée avec
précision et ne mette pas en danger de manière disproportionnée des civils.

4. Statut des détenus et demandes du CICR

La question du statut des détenus est centrale :

 Combattants ennemis et statut de prisonniers de guerre : Selon le droit


international humanitaire, les personnes capturées dans le cadre d’un conflit armé
international ou non international peuvent être considérées comme prisonniers de
guerre si elles remplissent certaines conditions (prise lors d'un combat, port d'un
uniforme, etc.). Le RPL doit respecter leurs droits, y compris leur droit à être traités
humainement, selon les Conventions de Genève.
 Religieux : Les personnes en détention qui sont identifiées comme étant membres
d'une communauté religieuse (et non comme des combattants) pourraient revendiquer
une protection spéciale en vertu de leur statut de civil, à moins qu’elles ne participent
activement aux hostilités.

5. Demande du CICR pour rencontrer un détenu dangereux

Le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) a un rôle important dans la protection


des droits des détenus en situation de conflit armé. Selon le droit international, et en
particulier les Conventions de Genève, le RPL doit permettre au CICR de visiter les lieux de
détention, d'interroger les détenus, et de s'assurer que leurs droits sont respectés.

 Détention de détenus dangereux : Le statut de "déténu particulièrement dangereux"


ne justifie pas un traitement inhumain. Il est crucial que les détenus aient accès à une
assistance humanitaire, y compris des visites du CICR.
 La demande de la directrice de centre de détention de permettre une rencontre avec un
détenu dangereux est conforme aux obligations du RPL, même si des mesures de
sécurité appropriées doivent être prises pour garantir la sécurité de la procédure.

6. Conclusion et recommandations

 Respect des principes du DIH : Le RPL doit veiller à respecter les principes de
distinction, de proportionnalité et de nécessité en ce qui concerne l’utilisation de la
force. Il est également crucial de respecter les droits des civils et de garantir des
conditions de détention humaines.
 Statut des détenus : Une évaluation minutieuse du statut des détenus est nécessaire
pour déterminer s’ils sont traités en tant que prisonniers de guerre, en tant que civils
ou selon d’autres statuts. Toute revendication de statut spécial (comme les religieux)
doit être examinée en fonction du rôle militaire ou civil des individus capturés.
 Visites du CICR : Le CICR doit être autorisé à visiter les détenus, même ceux
considérés comme dangereux, et la sécurité de ces visites doit être assurée tout en
respectant les obligations internationales du RPL.

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