L’addiction aux drogues ou aux médicaments, la
dépendance à l’usage d’une substance, la
toxicomanie, c’est quoi au juste ? Quels
phénomènes physiques et psychiques rendent
ces consommations indispensables au bien-être
(immédiat, parfois imaginaire) de la personne
toxicomane ? Quels sont les effets recherchés
lors d’une prise de drogue ?
Les drogues et psychotropes sont des substances
psychoactives
Appeler des drogues « psychoactives » signifie qu’elles
« modifient l’activité mentale, les sensations, le
comportement » et « provoquent des effets somatiques (sur
le corps) », effets qui varient selon les propriétés de chaque produit.
Les substances psychoactives peuvent être :
Légalesmais réglementées dans leur vente et leur
consommation : alcool, tabac, boissons énergisantes…
Illicites, c’est-à-dire interdites à la production, à la vente, à l’usage et
à la détention : cannabis, cocaïne, ecstasy, héroïne…
Thérapeutiques, c’est-à-dire prescrites par des
médecins pour traiter des troubles liés à l’activité cérébrale
(anxiété, dépression, troubles du sommeil…) mais dont l’usage est
parfois détourné : les médicaments psychotropes.
Les effets recherchés lors de la consommation d’une
drogue ou d’un médicament psychotrope varient en fonction de
chacun, mais sont notamment d’ordre anxiolytique (euphorie,
bien-être, apaisement…), stimulant (toute-puissance, disparition
de la fatigue, indifférence à la douleur…), ou
encore hallucinatoires (amplification des sensations, extase,
distorsion de la réalité…).
Prenez soin de votre budget santé !
Comparer
Les troubles physiques et psychiques nombreux et
méconnus
Des « effets indésirables » apparaissent quasiment
systématiquement lors d’une prise de drogue, sans qu’on ne les ait
prévus, et leur intensité peut-être surprenante. La MILDECA
(Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les
Conduites Addictives) classe les dangers de la consommation de
drogues en 3 catégories :
les troubles physiques : souvent immédiats, ils peuvent être
handicapants (vertiges, malaises, nausées, vomissements,
contractions musculaires, insomnie…), très perturbants
(modification de la perception visuelle, baisse de la vigilance et des
réflexes, pertes de mémoire…) et dangereux pour la santé
(déshydratation, hyperthermie, augmentation ou baisse du rythme
cardiaque, crises de tétanie, contraction ou dilatation des vaisseaux
sanguins, intoxication aiguë…);
les troubles psychiques : à court ou moyen terme (angoisses,
étouffement, confusion, nervosité, panique, phobies, délires,
instabilité de l’humeur, hallucinations…), au cours de la « descente
» (état dépressif, manque) et à plus ou moins long terme
(aggravation ou révélation d’une maladie mentale, dépression,
suicide…);
les risques sociaux : la désinhibition peut entraîner des accès
de violence et/ou une incapacité à se défendre (perte de contrôle de
soi, attitudes provocatrices exposant à des agressions…), la
modification de la perception peut mettre en danger l’entourage,
voire provoquer des accidents…
La MILDECA met également en garde contre l’association de
plusieurs produits appelée « polyconsommation », qui peut
entraîner des risques plus graves pour la santé.
Prise en charge de la désintoxication
La Sécurité sociale prend en charge de manière intégrale
les frais de désintoxication (hébergement en centre
spécialisé, soins, accompagnement…) pour les personnes
dépendantes. Il est également possible pour ces personnes
de bénéficier de soins supplémentaires (séances
de thérapie de groupe, cours de sport, soins esthétiques…)
dans des cliniques privées, mais qui ne seront pas
remboursés par l’Assurance maladie.
Ces cures privées peuvent bénéficier d’une prise en charge
par certaines mutuelles santé, sous certaines conditions, il
est donc indispensable de bien se renseigner auprès de
l’assureur au moment de la souscription d’un contrat.