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Péché et Souffrance : Vision Chrétienne

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Péché et Souffrance : Vision Chrétienne

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Troisième Séquence

CHAPITRE 5 : Le Mal, La Souffrance et le Péché

Introduction

Nous l’avons dit dans les précédents chapitres, la tradition chrétienne a une vision
positive du monde crée durant des siècles, cette tradition chrétienne en s’engageant avec les
traditions philosophiques, a rencontré un nombre des visions dualistes du monde qui sont
suspicieuses de la réalité matérielle et plus spécifiquement du corps humain. Quoique cette
rencontre entre les doctrines philosophiques et vision chrétienne ait influencé cette dernière, la
tradition chrétienne ne s’est jamais écartée de son ancienne conviction que la création divine
est bonne. Cependant, elle n’a jamais fermée les yeux sur la pénible réalité du monde crée.

La tradition chrétienne ne nie pas la réalité du mal et du péché. Elle prend en compte les
tremblements de terre, les éruptions volcaniques, les inondations, et autres phénomènes naturels
qui ont précédé l’avènement de l’homme. Elle ne ferme pas également les yeux sur les atrocités
dont l’homme est auteurs comme les guerres, les génocides, la menace nucléaire, l’holocauste.
Comment la création divine est empêtrée dans le mal ? Nous n’aurons jamais une réponse
complète à cette question. La tradition chrétienne, en partant de la Bible, nous donne une part
de réponse qui repose sur la réalité de la liberté humaine, et l’exercice négatif de la puissance
humaine. C’est le cœur ou l’épicentre de la doctrine du péché.

I- Définition

Le péché est le terme que la théologie utilise pour exprimer l’expérience qui est décrite dans
la genèse, c’est-à-dire l’aliénation, la séparation, l’anxiété et la désobéissance d’Adam vis-à-
vis de Dieu.

La religion l’expression de la conscience humaine que les choses ne sont pas ou elle
devraient être. En langage philosophique, c’est le sens de l‘appartenance et du devoir. L’auteur
de la genèse décrit ce même sens dans l’appartenance et du devoir dans le chapitre 32 de son
livre. Il utilise la forme dramatique et épique pour illustrer comment le premier homme et
femme perdent la joie du paradis et son exilés vers une existence d’angoisse, de désespoir et
d’aliénation.

1
Le péché c’est la rébellion contre Dieu c’est-à-dire, ce que les grecs appellent hubris ou
l’orgueil. L’orgueil c’est le refus d’avoir une liberté limité, c’est le refus de la dépendance.
C’est la non acceptation de sa condition d’être conditionné, limité et contingent. C’est la
volonté de se faire vieux. C’est la recherche de l’autonomie. C’est la destruction de l’image de
Dieu en l’homme.

Le péché n’est pas seulement un acte particulier, mais la condition de l’être humain qui est
aliéné et étranger à Dieu. C’est une situation existentielle non pas seulement morale. Ce n’est
pas d’abord un acte immoral, c’est la destruction de la relation homme-Dieu. Elle prend en
compte toute la personne humaine non pas seulement acte.

Le péché n’est pas juste une erreur due à un pauvre jugement ou l’ignorance comme le
souligne la philosophie classique et rationnelle le péché n’est pas uniquement une réponse à la
nature animale de l’homme. Le péché rejaillit sur la personne tout entière. En langage chrétien,
nous disons, "je suis pécheur" et par conséquent, admettons que tous les éléments de la personne
humaine sont affectés par cette distorsion de la nature humaine.

Le péché c’est la honte. C’est la reconnaissance de notre nudité (Gn 3 :10). La nudité ici
n’à rien avoir avec les relations sexuelles car avant leur péché, Adam et Eve étaient nus et
plaisaient à Dieu. Faire une corrélation entre la nudité d’Adam et Eve et la nudité de l’homme
et la femme c’est déprécier et dévaluer la sexualité humaine et les relations matrimoniales qui,
selon la genèse, sont voulues par Dieu.

Par contre, si nous établissons une relation causale entre nudité (honte) et péché, nous
constatons que ce n’est pas la nudité qui créé le péché c’est plutôt le péché, c’est à dire,
l’aliénation de Dieu, et de leur vraie nature humaine qui la honte et crées une entorse à l’intime
relation humaine, la relation de l’homme et la femme.

La honte est le pénible sentiment qui surgit de la culpabilité. Quand nous péchons et nous
prenons conscience de notre culpabilité, nous cherchons les moyens de couvrir notre honte (3 :
7). En d’autres termes, la rupture avec Dieu cause une aliénation entre les deux avec cette
conséquence qu’ils jouent à cache-cache entre eux.

Le péché c’est la misère. Cette misère n’est pas une punition arbitraire infligée sur la
créature par un Dieu vengeur, c’est plutôt la distorsion libre de sa nature par la créature. Le
péché est une fausse autonomie.

2
II- LE PECHE EN SITUATION CONTEMPORAINE

Il n’y a pas de doute que le péché a perdu de son sens au 20eet 21esiècle. Les raisons de
cette perte de sens sont multiples :

 La disparition du vocabulaire ou du mot péché « péché » des sciences sociales,


psychologiques et humaines.
 Le développement des nouvelles théories pour expliquer les comportements
humains et motivations.
 L’échec du clergé d’exercer son leadership moral en invitant les gens à confesser
leur péché.
 La prise en charge et l’attention faite à la faillible nature humaine.
 La séculisation du monde suite à l’avancée technologique qui célèbre l’homme
au détriment de Dieu.
La légale et matérielle présentation du péché par les livres et la théologie du
péché. Les catholiques pensent que le péché est quelque chose qu’on peut définir
et mesurer.
 La discorde et la confusion survenue au Concile Vatican II quant à la morale
sexuelle et familiale : le cas d’humane vital
 Le rejet de la confusion

Malgré ce rejet du péché, l’évidence montre que le péché est présent dans la vie de
l’homme à travers diverses manifestations : l’orgueil et l’égoïsme de l’homme, la corruption,
la violence, l’exploitation, les infidélités de la nature humaine et la menace nucléaire.

C’est évident qu’une nouvelle approche doit être pensée pour parler du péché. Une
approche qui part de l’expérience et des suggestions de l’Eglise, une approche qui doit dépasser
la légale statique et privée présentation du péché prônée dans le passé.

III- LE PECHE DANS LES ECRITURES

Que disent les deux testaments sur le péché ?

L’ancien testament n’a pas de vocabulaire précis pour désigner le péché comme concept
théologique. Il y a quatre différends mots pour désigner le péché et ces mots expriment des
choses différentes.

3
- Violer une loi
- Se perdre
- Se rebeller
- Errer

D’autres significations ou sens peuvent être associées au mot péché : le désordre, la


bêtise, la culpabilité.

Tous ces mots décrivent une seule réalité, la rupture avec Dieu. En effet, Israël est le
peuple de Dieu, et a fait alliance avec eux. Dans cette alliance, Israël se doit de respecter la
volonté de Dieu, qu’Israël découvre à travers son expérience et la loi écrite. Désobéir à cette loi
sacrée est pécher, se rebeller contre Dieu, rejeter l’alliance.

Dans l’ancien Testament, l’idolâtrie est le péché le plus détestable. Il est interdit par le
premier commandement et il est souvent dénoncé par les prophètes, qui le lient à l’adultère.
L’injustice, la méchanceté et l’exploitation du prochain sont des péchés dénoncés par les
prophètes.

La réalité du péché est centrale dans l’histoire de Jésus qui est venu appeler pécheurs à
la conversion et à la gouvernance de Dieu. Mais l’accent est mis sur le pardon, et la conversion.
Son évangile est une bonne nouvelle qu’en sa personne Dieu offre le pardon à tous, car nous en
avons tous besoin de ce pardon.

Dans le nouveau Testament, le concept du péché prend une autre coloration, cette
coloration vient de l’action du salut offert par Jésus Christ. C’est Jésus qui a clairement montré
la vraie nature du péché comme rejet de l’invitation de Dieu à partager avec lui l’histoire du
salut. Jésus ne passe pas son temps comme les prophètes à dénoncer le péché ou à décrire les
péchés. Il préfère mettre l’accent sur la majestueuse bonté de Dieu, qui dans sa miséricorde est
toujours prêt à nous accueillir à la maison, au banquet de l’amour et la paix comme le père
accueille le fils prodigue, ou comme le berger se réjouit d’avoir retrouvé la brebis perdue, ou
encore comme la femme se réjouit de la trouvaille de sa pièce de monnaie perdue.

Dans le Nouveau Testament Paul est grand théoricien du péché. Pour lui, le péché n’est
pas seulement une transgression de la loi divine, un acte de désobéissance, c’est un état, une
réalité dévorante, c’est-à-dire la fondamentale condition de l’existence. Paul parle du péché :
nous sommes ensevelis dans le pouvoir du péché à moins que nous permettions à Jésus de nous
gouverner. L’ancien et le nouvel Adam combattent en nous, la chair contre l’esprit et le plus

4
souvent la chair prend le dessus. Pour Paul la lutte contre le péché doit être incessante, sans
répit. Même si nous sommes baptisés, nous ne sommes pas épargnés du péché. Pour être
victorieux du péché, nous devons vivre une vie de renoncement total et crucifier le « vieille
homme » en nous.

IV- LE MAL ET LE PECHE DANS LA GENESE

Comme nous l’avons vu, la tradition chrétienne a une vue positive du monde crée. Le
point majeur de la genèse est que le Dieu de la création est un Dieu bon ; et la création comme
œuvre de ce Dieu, est bonne. La création est l’expression de l’amour et de la benéficience
(bonté) Dieu. Les problèmes que nous encourons dans notre vécu quotidien ne sont pas l’œuvre
de ce Dieu là, ce n’est pas sa négligence, son impuissance qui cause notre désarroi. Le péché
est à mettre sur le registre des choix de l’homme.
La narration de Genèse 3 doit être lue comme une description des tendances humaines
à dépasser les limites de sa nature. Dans ce cas, cela peut être perçu comme volonté de s’arroger
les droits et la fonction divine. Lorsque, nous humains prenons la place de Dieu, le monde
s’effondre. Ce qui a commencé en genèse atteint son point culminant avec la construction, de
la tour de Babel et la confusion des longues. Ne lisons pas cette confusion comme le début des
langues, mais plutôt comme une destruction de l’inhabilité humaine à communiquer.
La Genèse a pour équivalent le mythe de Prométhée qui vole le feu de Dieu pour s’en
servir. Ce héro de la mythologie Grec le paie cher. Similaire à lui dans le récit biblique,
l’humanité a librement choisit l’aliénation de Dieu. Pour cela elle le paie chèrement.
Est-ce que cette histoire est vraie ? Regardons juste l’histoire de l’expérience humaine.
L’ambiguïté des relations que nous entretenons avec les autres et l’entière création, l’ambigüité
morale qui est présente au cœur de l’histoire humaine. Les tragiques évènements du 20e et
21e siècle se présentent comme témoignage du réalisme de la vision biblique cela n’est pas la
création que Dieu aurait voulu, cela est le résultat du libre choix des hommes.
Plus la science avance, l’entière image d’un monde idyllique qui commence avec Adam
s’effondre. L’idée d’un paradis où les gens vivent en paix et en harmonie est sur plantée par
l’histoire des tragédies et de la violence.
La pensée d’Irénée de Lyon peut nous aider dans ce sens. Son image d’Adam est celle
d’un enfant dans l’enfance de l’humanité. Le challenge d’Adam est de grandir en une personne
pleine, mature et aimante. L’échec d’Adam de le faire est au cœur de la tragédie de la chute.

5
Pour Irénée, la chute n’est pas tant la perte d’un passé parfait et complet, mais plutôt l’échec
d’avance serrement vers un futur parfait et complet : l’eschatologie.
Le paradis n’est pas dans le passé de la genèse, mais plutôt le symbole du futur vers qui
Dieu appelle sa création. Le paradis n’est pas la proctologie (discours sur le passé), mais plutôt
l’eschatologie discours sur le futur. C’est un discours qui célèbre un monde qui n’a jamais
existé.
L’appel de Dieu d’aller en la direction du future nous interpelle, nous qui sommes en
situation contemporaine. L’échec de faire ce mouvement vient des rigidités de notre culture,
rigidités sociales, structurelles, économiques, techniques etc.
La chute n’est pas seulement l’affaire d’une personne, c’est l’affaire de toute la
génération qui refuse de répondre à l’appel de Dieu.

V- LE PECHE ET L’EXPERIENCE DE LA CONTINGENCE

La discorde est la plus grande contradiction qui est présent dans le cœur humain. Le
monde et l’homme font l’expérience de la contingence. Ils ne sont pas leur propre origine
et par conséquent ils sont finis. L’homme fait l’expérience de la finitude lorsqu’il rencontre
l’autre. Chacun est pour l’autre une barrière et d’habitude cela conduit le plus souvent à la
violence.

Le désir du pouvoir ; le serpent décrit Dieu comme quelqu’un qui est jaloux des
prérogatives. Dans cet écrit, la tentative réside dans la volonté de pouvoir.

Le Diable est un ange déchu. Son péché est d’avoir voulu dépasser l’état de sa nature pour
devenir comme Dieu. Le serpent invite l’homme à adopter cette attitude de défi.

Le péché ici, c’est la rébellion contre Dieu. La discorde c’est cette incapacité qu’a
l’homme de réconcilier sa grandeur et sa petitesse, sa vigueur et sa faiblesse, sa liberté et
son obligation, sa cécité et sa vision, bref sa nature et son esprit.

L’anxiété : l’insécurité, c’est la source de la créativité et de la tentation. L’homme est


anxieux de la fin.

La sensualité : satisfaction dans le sens qui passe. L’expression des impulsions


physiques.

6
L’orgueil : le désir le désir de glorification, la sublimation spirituelle est l’orgueil
l’intellectuel.

VI- LA GRAVITE DU PECHE

Les humanistes, les théistes et athées partagent une habitude commune envers la misère
humaine. Les théistes pour exprimer la misère humaine sont prêts à utiliser le vocabulaire
du « péché » dans leur diagnostic des maux sociaux, et l’échec qu’a la nature humaine de
s’arrimer à la bonté, la justice et la paix. Pour eux, il faut nécessairement l’aide de Dieu
pour y remédier.

Pour les humanistes et les athées, le concept de péché et plus particulièrement du péché
originel ne sont pas responsables des maux de l’homme. Par exemple le complexe
d’infériorité, supériorité ou la culpabilité névrotique peuvent cause toute sortes
d’aberrations du comportement humain. De tels complexes peuvent expliquer et même être
à ‘origine des monstres comme Hitler et Ben Laden. Pour les humanistes, les êtres humains
sont les responsables agents moraux. Il faut créer un environnent social où l’être humain
grandit ans la liberté et l’amour.

La tradition chrétienne trouve que la solution humaniste aux problèmes sociaux est
inadéquate car le mal est très profond et ne peut être limité juste à ‘aspect moral. Pour elle,
c’est la séparation d’avec la source de la création qui rend l’homme misérable. L’homme
est misérable parce qu’il vit dans l’insécurité et empêtré dans une limitation maternelle. Il
cherche à dépasser cette insécurité par une volonté de pouvoir qui voudrait aller au-delà de
son statut de créature. L’homme est empêtré dans les limites d’un esprit fini ; mais il prétend
qu’il n’est pas limité. Il pense qu’il peut graduellement dépasser ses limitations jusqu’à ce
que son esprit devienne identique à l’esprit universel : Dieu. Dans cette course, toutes ses
facultés intellectuelles et ses objectifs culturels deviennent infectés par le péché et l’orgueil.
L’orgueil et la volonté de puissance de l’homme apporte le désordre dans la création.

La Bible affirme que le péché est une déviation religieuse et morale. La dimension
religieuse du péché est la rébellion contre Dieu et l’effort d’usurper la place de Dieu. La
dimension morale et sociale du péché est l’injustice.

Quelques fois, l’homme cherche à résoudre la contradiction entre sa finitude et sa liberté


dans quelques aspects des vitalités monde.

7
Exemple : sexe, alcool, pouvoir, l’argent, le tabac dans ce cas le péché prend le nom de
sensualité. La sensualité est l’expression des impulsions naturelles dans l’homme.

8
Chapitre 6 : SOUFFRANCE /MALADIE

Parler de la maladie comme un problème anthropologique, c’est soulever deux


questions : la question de la définition et de la théologie.

I. DÉFINITION

La phénoménologie de la maladie suggère ce qui est expérimenté et décrit comme réalité


physique et psychologique d’un individu en souffrance et diminution de la vie.

ROTHSCHUH définit le malade comme étant une personne qui subjectivement,


cliniquement, socialement a besoin d’aide due à la parte de la cohérence et coopération de ses
capacités physiques, mentales, psychologiques, avec les autres parties fonctionnelles de
l’organisme.

La maladie est la subjective, clinique et sociale situation d’une personne qui a perdu la
cohérence et la coopération des différentes parties fonctionnelles de son organisme.

La maladie selon la tradition biblique est perçue sous l’angle total de la vie humaine de
la réalité du monde. La tradition biblique considère la maladie non pas uniquement comme un
problème physique, psychologique ou psychique, mais comme un problème théologique.

II. LA MALADIE COMME UN PROBLÈME THÉOLOGIQUE

Les écrits bibliques ne s’intéressent pas à la maladie comme tel, mais plutôt à des
expériences existentielles associées à la maladie. Ces écrits présentent uniquement la détresse
de la maladie, la souffrance physique ainsi que les conséquences sociales résultant de la maladie
(isolation). Ils parlent de la guérison comme un dépassement de la maladie.

Ces écrits manquent d’objectivité scientifique qui est requise par la pratique médicale.
Par conséquent, il est difficile de faire un diagnostic vrai des différents cas de maladies dans la
Bible. Ces écrits ne satisfont pas scientifiquement car ils ne parlent de la maladie mais du fait
d’être malade.

La médecine moderne fait une différence ente maladie et le fait d’être malade. Le fait
d’être malade repose sur la détresse et la maladie. Avec la détresse, la tension ne porte plus
uniquement sur l’aspect physique mais sur la personne toute entière. La maladie repose sur les
aspects physiques et psychologiques. Un regard subjectif de la personne humaine.

9
Cette différente n’occulte pas ce qui leur est commun : la personne entière est mise en
exergue, la maladie est vue comme un phénomène de souffrance avec plusieurs dimensions
aussi bien physiques que spirituelles, la question du sens à donner à la maladie.

La Bible nous donne diverses réponses sur le sens de la maladie.

1. Approche Mythique

La maladie est liée à l’activité des dieux et démons. Ici, l’offre de guérison est un anti-
pouvoir contre ces dieux et démons tel l’exorcisme.

2. Approche punitive

La maladie est liée à la punition des péchés commis. Ici, cette interprétation signale déjà
une certaine compréhension de la nature, de la santé. La santé n’est pas que restauration de
l’intégrité physique, elle englobe aussi l’intégrité morale de la personne, sa responsabilité
devant Dieu et l’homme. La maladie est un trouble qui dépasse la condition physique.

Le revers de la médaille ici est que la malade est condamnée d’avance. Cette explication
oublie la nécessaire solidarité avec le malade. La Bible prend en compte la solidarité humaine
dans son traitement de la maladie. Mais parfois, la Bible dépasse cette solidarité, c’est le
cas du livre de Job qui donne théologiquement la plus grandes signifiante explication de la
maladie dans l’Ancien Testament.

III- JÉSUS ET LA MALADIE

Jésus n’as pas donné un sens ou une explication à la maladie, il a juste guérit les malades
en prenant en compte leur affliction et les faisant entre dans une l’expérience nouvelle : la foi.
Pour Jésus, guérir n’est pas seulement acquérir la santé, mais c’est mettre fin au règne et au
pouvoir de Satan et de la mort et par ricochet au pouvoir de la maladie.

Jésus entreprend sa lutte contre la possession et les maladies sous le signe de la


proclamation du Royaume de Dieu. Il ne donne pas de catégorie à la maladie. Pour Jésus, la
maladie contredit la volonté de salut du Créateur qui veut la vie non la mort. Ses actions
viennent de la foi en Dieu, qui finalement vient donner du pouvoir et rétablir le salut de sa
création. Jésus enseigne la résistance contre la maladie et non la capitulation.

Dans les documents des premières communautés chrétiennes, nulle part il n’est fait
tolérance à la maladie pour preuve, les exorcismes sont pratiqués comme :

10
- La possession : la peur du démon
- La lèpre
- La surdité et la cécité, hémorragie, la fièvre
- La paralysie

Moyen de venir à bout des forces invisibles. Les thérapies sont pratiquées pour donner
la santé physique aux malades.

Les évangiles présentent Jésus comme le Seigneur de la maladie. Comme l’indique le


Prophète d’Isaïe ; le serviteur souffrant, Jésus porte les afflictions et porte sur lui nos maladies
(Mat 8 : 17). Dans les évangiles, Dieu et son fils sont glorifiés face à la maladie et souffrance,
la maladie n’est pas la mort, mais elle sert à réaliser le travail du salut (John 11, 4). Pour
l’évangéliste Jean, la guérison de la maladie est le symbole qui montre que Dieu et le fils de
Dieu veulent se glorifier en sauvant les fidèles.

Dans la perspective évangélique, la guérison correspond à la volonté de salut de Dieu


pour le monde. La maladie, comme le péché, n’a pas de pouvoir sur la personne malade. En
face de la maladie, même incurable la personne malade ne devrait pas se résigner ou désespérer.

I- LA PASTORALE DE LA SANTÉ

La première responsabilité de la pastorale de la santé est soutenir la volonté de vivre, ne


pas verser dans le désespoir et la résignation. Pour Karl Barth, la maladie ne prend pas sa source
en Dieu. La maladie est un élément de la rébellion contre Dieu, comme le péché.

La pastorale de la santé doit conduire le malade à la souveraine liberté de sa foi. Face à


une maladie incurable ou chronique, à l’exemple de Paul nous devons parler de la liberté
exprimée par Paul face à la maladie. L’impossibilité de trouver la guérison conduit Paul à
accepter sa faiblesse. Cette acceptation de faiblesse n’est pas une résignation. C’est reconnaitre
notre petitesse, c’est dire que nous appartenons à plus grand, le Christ « Ma grâce te suffit »
(2cor 12 :9). Au-delà de la l’amoindrissement, du délabrement de ton état physique, il ya un
état qui ne se perd pas, c’est ma grâce. Accepte cette situation comme tel car je suis avec toi.

Par nos prières répétées, nous luttons contre la maladie. La prière est une assimilation
par opposition. La prière nous donne une nouvelle identité face à la maladie, c’est le symbole
du Christ crucifié qui maintenant, vit en pouvoir. Avec lui, maladie a perdu tout son pouvoir
sur le malade.

11
A la différence de l’Ancien Testament, le nouveau Testament offre moins de cas où la
personne se lamente de leur maladie, plutôt des cas où les personnes se lèvent contre la maladie,
la dépasse et la rejette. Le malade de l’Ancien Testament est impatient, proteste, montre son
désespoir, pose des questions sur la durée de sa souffrance. Il accuse Dieu. Celui du nouveau
Testament emploie les mêmes sentiments, mais argumente suer les appels de pardon et de la
miséricorde divine « Aie pitié de moi Seigneur » (Marc 10,48).

Dans le nouveau Testament, les malades viennent à Jésus, plaident leur cause et
demande de l’aide puis vient le miracle. À la différence de l’appel à l’aide de l’Ancien
Testament, celui du nouveau Testament manifeste une disposition confiante au pouvoir de
Jésus. »Maître ne nous laisse pas périr (Luc 17 : 13).

Dans la perspective Chrétienne, la mort n’est pas une punition, elle est une ouverture à
une vie avec le Christ. Dans ce cas, face à certaines maladies incurables, nous devons respecter
la volonté du malade qui souhaite une mort paisible. Nous ne devons pas forcer les malades à
vivre éternellement (médication assistée).

 L’Eglise proclame que celui qui a foi à la puissance du Fils de Dieu surmontera
la maladie et le mort.
 Jésus n’a pas éliminé la maladie et les pouvoirs qui se cachent derrière la
maladie. Il a plutôt proclamé que la maladie contredit l’idée de salut que veut
Dieu, qui veut la vie non pas la mort. Jésus prêche une résistance à la maladie
non à la capitulation.
 Dieu et son fils sont glorifiés à travers la maladie. La maladie n’est pas la mort,
elle sert à réaliser l’œuvre du saut (jean 11,4). Jean insiste sur le symbole de la
glorification à travers la paire maladie-guérison.

V- LE PÉCHÉ ORIGINEL

L’une des plus difficiles discussions théologiques est celle du péché originel. C’est
également l’une des doctrines de l’Eglise qui sème la confusion chez les théologiens suite aux
différentes révisions qu’elle a subie.

La doctrine classique du péché originel est basée sur l’interprétation deux passages
biblique :

12
- Genèse 2 et 3 (l’histoire de la désobéissance d’Adam et Eve qui mangent le fruit
défendu).
- L’épitre aux Romains, chapitre 5,12-21 (Paul établit une connexion entre l’existence du
péché et la mort et le péché d’Adam et il juxtapose Adam et le Christ dans l’héritage de
la condamnation (Adam) et l’héritage de la justification (Jésus).

L’historique de la doctrine du péché originel est extrêmement complexe. Les Pères par
exemple différent des Pères Latins sur la question du péché originel. Les Pères Grecs accordent
un peu d’importance sur la question du péché originel. Ils parlent plutôt du mal et de la
corruption héritée de la décadence sociale.

A l’Ouest, c’est Saint Augustin qui a formulé d’une manière efficace cette doctrine
jusqu’aux dernières modifications. Avant lui, certains Pères ont anticipé certaines de ses idées.
Mais diffèrent de lui dans le fond. Tertullien introduit l’idée d’un péché hérité d’Adam car tous
sommes contenus en Adam. Mais Tertullien insiste que la nature est bonne et la volonté reste
libre malgré le péché.

Cyprien pose la nécessité du baptême pour l’enfant à cause de l’héritage du péché mais
tient l’enfant innocent de ce péché.

Ambroise (+397) et son corpus ambrosien ont une influence remarquable ont une
influence remarquable sur Augustin. La défective traduction de Rom 5, 12 où Saint Paul dit que
« le péché est venu au monde par la faute d’un seul par lequel tous ont péché ». Au lieu de
traduire « le péché est venu au monde par la faute d’un seul aussi bien par lequel tous ont
péché », l’erreur qui s’est glissé ici, au lieu d’aussi bien », nous avons par le quel supporté bien
l’idée que tous ont péché en Adam, c’est-à-dire que tous partageons son péché.

Cependant, ni Ambroise ni son corpus Ambroisien ne conclut comme le fait Augustin


que tous partageons la responsabilité d’Adam et dont sommes punissables pour le péché
d’Adam. De même, ils ne souscrivent pas à l’idée d’Augustin qui, à cause de la solidarité dans
le péché d’Adam, l’humanité est totalement corrompue dans sa volonté et incapable d’aimer
Dieu.

Augustin a élaboré sa théorie de péché originel dans un complexe de conflit avec un


autre théologien : Pelage. Pour la nature humaine reste bonne malgré le péché originel. Il
identifie la grâce comme un don de dieu à la bonne nature de l’homme. Cette grâce consiste à

13
être capable de choisir et de faire le bien. Mais pour Augustin la nature est corrompue par son
amour propre, et rejette d’identifier la grâce avec la nature humaine.

1. L’insistance sur la responsabilité humaine

Se basant sur la défective traduction du corps Ambroisien, Augustin insiste sur la


responsabilité humaine dans le péché d’Adam plus que les précédents théologiens. Pour lui, la
volonté humaine est complètement esclave du péché ; l’homme est libre juste parce qu’il péché
volontairement, mais il n’est pas capable de ne pas pécher.

Augustin influence la théorie du péché originel après sa victoire sur Pelage (Pelage est
condamné au concile de Carthage en 148) et le Concile de Trente a repris la plupart de sa pensée
dans ses décrets sur le péché originel.

2. La déclaration du concile de Trente sur le péché originel :

- Nous sommes tous coupables du péché originel


- Le péché originel est transmis par Adam
- A cause du péché d’Adam, tous ses descendants ont perdu la sainteté et la justice qu’il
a reçue de Dieu.
- Le péché originel est transmis par "génération" et est présent dans chacun de nous.
- Le baptême est nécessaire pour la rémission

3. La théorie de l’évolution

L’évolution est la théorie scientifique qui a aidé à expliquer un grand nombre de


phénomènes dans l’univers matériel. C’est une hypothèse excellente en ce qui concerne le but
de l’humanité.

La Tridentine doctrine du péché originel est restée solide jusqu’en 1950, date à laquelle
la théorie évolutionniste commence à prendre corps. Les avancées faites en ce domaine sur les
origines de l’homme font trembler toute la théologie tridentine sur le péché originel et des
fissures vont apparaitre.

Le Concile de Trente en tablant sur la question du péché originel avait une conception
du monde différente de celle que proposaient les évolutionnistes : un monde satanique, un

14
monde crée en une pièce, un paradis originel où Dieu a façonné et placé un couple qui a échoué
à son premier test, une catastrophe irrévocable qui entrainera la chute de toute la création et
apportera le mal dans la société humaine.

Cette vision du monde ne pouvait tenir face à la vision évolutionniste qui montre que la
vie s’est développée à partir des nouvelles formes en continuité sur des millions d’années. L’âge
d’or de la vie ne se trouve pas dans le passé, mais à la fin. Le mal qui sévit dans le monde est
partie prenante de cet univers infini dont on peut remonter à la source initiale.

4. l’encyclique "DIVINO AFFLANTE SPIRITU" DE PIE XII

Cette encyclique porte sur l’étude des formes littéraires bibliques elle montre la part
jouée par les mythes dans la composition de la Bible. La narration de la genèse par exemple,
n’est à prendre comme une histoire mais plutôt comme une expression de l’auteur biblique à
décrire les inconséquences de la nature humaine. Les études patristiques montrèrent la mauvaise
interprétation de Saint Paul aux Romains par le Corpus Ambroisien.

Face à ces études, les théologiens catholiques de la moitié du 20e siècle devaient
réapprécier la doctrine tridentine du péché originel qui a été dépassée.

Dans cet effort de réinterprétation, deux écoles de théologie vont s’affronter : les
Situationnistes et les Personnalistes.

Les situationnistes mettent l’accent sur la situation historique de l’homme et voient le


péché originel comme une manière de parler d’une écologie morale, c’est-à-dire
l’environnement moral humain est pénétré par le péché que tout le monde est spirituellement
condamné à prendre des mauvaises décisions.

Exemple: Piet Schoomenberg

Les personnalistes ont une approche plus radicale et font fi de l’entière tradition
mythique et des concepts médiévaux et soutiennent que " le péché originel signifie la factuelle
universalité au péché personnel : toute personne est vielle pour être pècheresse.

Exemple : Vanneste.

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5. Le Péché Originel dans La Bible et L’enseignement de L’Église

Ce n’est que dans la Bible et l’enseignement de l’Eglise que "la profondeur et la hauteur,
la largueur et la longueur" du péché humain est révélé. L’important point théologique
concernant le péché originel est :

- Adam et Eve sont les premiers parents de la race humaine : les théologiens ne
s’intéressent pas aux distinctions zoologiques ou alors l’existence d’une race avant
Adam et Eve, ou mieux l’existence d’une autre planète peuplée par la race humaine.
- Tous les hommes qui ont vécu sur la terre depuis la création d’Adam et Eve sont leurs
descendants directs.
- Adam est la tête de la présente race humaine, et Eve est sa femme.
- Avant son péché, Adam se contrôlait et vivait dans la subordination. Son corps était
immunisé contre la mort et le péché. Ses appétits sensuels étaient ordonnés à son
intelligence
- Le péché originel est la séparation de l’homme de Dieu, des autres hommes et du monde
naturel. Ce n’est pas la finitude, la faiblesse et la corporéité humaine. Ce n’est pas la
masse des péchés accumulée depuis la création, ce n’est pas le mauvais exemple, ni
l’imputation de la culpabilité aux hommes.
- Adam et Eve peuvent ne pas être des personnages historiques mais le péché originel
d’Adam est un fait historique non un mythe ou une fable.
- Le péché d’Adam est dans l‘âme de chaque personne conçue dans ce monde, à
l’exception du Christ et de sa Mère bienheureuse.
- Le péché originel doit être compris en deux sens : 1) le péché actuel qu’il a commis et
qui en lui-même ne peut pas être transféré à un autre. C’est le péché d’une intelligence
et d’une volonté. Cela ne se transmet pas. 2) le péché d’état c’est-à-dire la condition
d’inimitié avec Dieu, la rupture de la relation surnaturelle entre Dieu et l’homme, cela
existe dans chaque homme né dans le monde.
- Le péché originel est "la mort de l’âme" selon le Concile de Trente.
- Parce que le péché originel se transmet à travers la propagation de la race humaine, il
est appelé le "péché de la nature". Il n’est pas personnel et actuel.

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6. Les effets du péché originel

- La perte des dons spirituels de la grâce sanctifiante et des vertus infuses très nécessaires
pour la santé de l’âme.
- La perte des dons pré naturels, c’est-à-dire l’immoralité et intégrité très nécessaires
pour la santé du corps.
- Contre les semi-pélagiens, le Pape Boniface déclare que le péché de désobéissance
d’Adam a changé en mal l’âme et le corps de l’homme.
- Le péché originel consiste essentiellement à la privation de la grâce sanctifiante et du
fait que cette grâce est la cause des dons supranaturels et prénaturels, l’absence de la
grâce sanctifiante implique l’absence des dons super naturels et prénaturels.
- La capacité naturelle de l’homme n’a pas été touchée par le péché originel.

7. La liste des péchés, les degrés de péché

La Bible ne se contente pas simplement de dénoncer le péché, elle nous donne des listes
spécifiques des péchés à éviter : les dix commandements, la loi mosaïque se composent de 613
préceptes. Nous trouvons d’autres listes chez les prophètes. Paul nous fait échos de sa liste dans
1cor 6,9-10.

La Reformation a toujours condamné le catholicisme d’avoir compartimenté le péché


en mortel et véniel. Pour elle, une telle préoccupation est étrangère à l’Esprit de la Bible. La
reformation accuse le catholicisme de légalisme et rigorisme, l’obsession de la mesure et de la
quantité eu égard au péché.

En réponse aux critiques de la reformation, la théologie catholique a abandonné


l’approche quantitative et objective du péché, elle préfère parler en termes d’option
fondamentale. La théorie de l’option fondamentale est basée sur l’Ecriture et sur les vues de la
psychologie moderne qui soutient que les êtres humains ont la capacité de prendre les simples
décisions qui déterminent l’orientation de leur vie.

Du point de vue religieux, les êtres humains peuvent choisir un style de vie égoïste qui
les coupe de Dieu et des hommes, ou ils peuvent choisir un style de vie qui sert Dieu et le
prochain. Dans ce cas, le péché mortel devient l’option fondamentale en faveur du style de vie
égoïste qui s’oppose aux demandes de Dieu et du prochain. Les actions prises en accord avec

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cette option fondamentale seront mortelles ou vénielles dépendant de combien ces actions
renforcent la mauvaise option.

Ici, il ne s’agit pas de catégoriser les péchés en mortels ou véniels. Également le péché
véniel ne doit pas être pris simplement s’il affaibli notre engagement avec Dieu. Cependant,
nous pouvons dire que le péché est véniel si la matière est relativement moindre. Parler de "
relativement" implique que l’acte soit jugé selon le degré de maturité, l’attention et la pleine
utilisation de la liberté.

La Bible ne parle pas de l’option fondamentale mais elle invite à la conversion. Rejeter
cet appel est mortel. Le péché mortel est la négative option fondamentale. Pour nous
résumer, l’ancienne théologie morale a basé la distinction entre péché mortel et véniel sur la
gravité de la matière. Mais à la lumière de l’option fondamentale, la différence entre les deux
se situe au niveau de l’engagement de la volonté dans le péché.

8. Le Péché originel et l’insistance sur la responsabilité humaine

Le grand théoricien de la doctrine du péché est Saint Augustin. Il n’a pas formulé cette
doctrine indépendamment de la tradition chrétienne. Il est important de souligner que
l’anthropologie occidentale est fortement influencée par les travaux de Saint Augustin.
Dans les travaux d’Augustin, il aborde la problématique du péché sous deux aspects : le
manichéisme et le pélagianisme. Sa théologie du péché tourne largement autour de
l’interprétation des premiers textes de la Genèse et l’épitre aux romains. Ces deux références
bibliques sont au cœur de la problématique sur le péché et la Grâce dans le débat théologique
contemporain. Sur ce, discutons la pensée augustinienne, avec les faits historiques.
Pelage, un moine anglais arrivé à Rome est choqué par l’immoralité qui avait pris corps
dans cette cité. Pelage réagit en prêchant un réarmement moral. Selon les charges qui sont
soulevées contre lui, Pelage est convaincu que la loi divine peut et doit être obéie. Étant juste,
Dieu ne peut demander à l’humanité de faire ce qui est impossible. Du fait qu’il nous a donné
une loi morale, il doit nécessairement nous avoir donné les moyens d’y accéder et de la remplir.
Apparemment, les chrétiens de Rome utilisaient la doctrine du péché originel comme excuse à
leur laxisme moral. Ils ne pouvaient rien contre le péché, c’était la faute d’Adam, ils disaient.
Furieux contre ce rationalisme ambiant, Pelage enseigne que le péché d’Adam n’atteint
personne d’autre qu’Adam seul. Chaque personne est responsable de ses péchés. C’est vrai que
nous vivons sous le poids de nos mauvaises habitudes et suivons le mauvais exemple des autres,

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mais en Jésus Christ, il nous a été donné un bon exemple à suivre. Faisons tout pour le suivre.
Finalement, Pelage suivant la logique de son raisonnement, va nier la nécessité du baptême.
Pour lui, un enfant d’héritant pas du péché d’Adam, n’a pas besoin de baptême. Face à ce déni
du péché originel et de la nécessité du baptême, Augustin va le combattre.

9. L’insistance sur la grâce

Le plus grand théoricien de la doctrine de la grâce est Saint Augustin. Avant sa mort,
Augustin produisit quinze traités contre l’enseignement de Pelage. Dans ses traités, il affirme
la responsabilité sociale du péché. Il insiste que chacun est affecté par le péché d’Adam. A donc
besoin du baptême pour être purifié des effets de ce péché. Il insiste que les êtres humains ne
peuvent rien faire d’eux-mêmes pour mener une vie conforme à la volonté de Dieu. Se basant
sur sa propre expérience, Augustin est convaincu que les choses ne sont pas si simples comme
le pense Pelage.

Augustin partage la responsabilité morale et individuelle de Pelage. Il pense que


le Chrétien capable de confesser sa responsabilité ce d’autant plus qu’il est coupable. Il pense
également que le chrétien ne peut par l’unique concours de ses forces se reformer. La seule
initiative effective, c’est la grâce de Dieu, cet amour divin en action. Pour Augustin, le problème
de l’existence humaine est le problème du péché et de la grâce. Augustin résout ce dilemme de
l’existence humain en assignant tout le bien à Dieu unique et tout le péché à la responsabilité
de l’homme.

Selon Saint Augustin, l’être humain est par nature bon. Tout être est bon du fait de son
origine divine. Pour Augustin, l’homme est une bonne chose parce qu’il est un être. Utilisant
les idées reçues du néoplatonisme, Augustin définit le mal comme absence ou privation de bien.
Par exemple, une maladie ou blessure dans un corps est une absence de la santé. Pour lui, ce
que nous appelons vice n’est autre que les privations des bontés naturelles. La cause originelle
du mal est la privation du bien, ce qui implique la perte de l’être.

Selon lui, l’homme est créé comme être rationnel avec la liberté de diriger son amour
vers Dieu. La mauvaise utilisation de cette liberté fait en sorte que l’homme tourne le dos au
bien, le centre et le vrai. Par conséquent, il a souffert d’une perte de son être, il y a eu un
changement dans sa nature si bien qu’il incapable de liberté et d’amour pour lesquels il a été
créé. Ce dont il a besoin pour sortir de cette impasse c’est une aide qui lui vient de Dieu : la
Grâce.

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Pour Augustin, Jésus est cette Grâce car il en est plus qu’un bon exemple. Le travail de
Jésus est de nous restituer dans notre existence personnelle. Par lui, Dieu offre à l’humanité une
restauration de son être, une nouvelle nature. À base de cette doctrine de la grâce, c’est la lettre
de Saint Paul aux romains et la seconde lettre aux corinthiens 3 :6 « la lettre tue, mais l’esprit
donne vie » (Rom 5) « l’amour de Dieu a été versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous
ai donné », pour lui, importe ce que dit Pelage, nous avons besoin du soutien de Dieu pour
nous en sortir. Et c’est Jésus qui est le garant de cette Grâce. Augustin défend l’absolue
nécessité de la grâce divine.

Pour Augustin, il existe deux sortes de maux : le mal physique et le mal


moral/métaphysique.

Le mal physique inclut les désastres naturels, la maladie la souffrance. Le mal physique
peut envisager comme une harmonie avec la volonté de Dieu qui nous procure des tests pour le
développement moral des êtres humains. Il peut aussi compris comme ce qui est inévitable dans
la relation entre le plus petit niveau et le grand niveau dans la hiérarchie de l’être. Ici l’individu
sert la cause commune et le mal qu’il endure contribue à promouvoir la beauté qui jaillit de la
polarité des contraires.

Le mal moral réside essentiellement dans la volonté créée et qui décide délibérément de
se séparer de la source du bien. C’est le mal moral qui a besoin de la grâce.

Références bibliographiques

Christopher F. Mooney, The Making of Man: Essays in the Christian Spirit, New
York/Paramus/Toronto: Paulist Press, 1971.
Dom Mark Pontifex, The Existence of God, London/New York/Toronto: Longmans, Green
and Co, 1947.
John F. Dedek, Human Life: Some Moral Issues, New York: Sheed § Ward, 1972.

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