INTRODUCTION
La couverture sanitaire universelle (CSU) est aujourd’hui un objectif de santé reconnu et poursuivi par la
communauté internationale et les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Selon l’OMS, son objectif est « de faire en sorte que tous les individus aient accès aux services de santé
dont ils ont besoin sans que cela n’entraîne pour les usagers de difficultés financières »
Depuis 2015, et son inscription remarquée comme cible de l’un des objectifs de développement durable
(ODD) dressés par l’Organisation des Nations Unies, tout le monde en parle. La CSU est pourtant un
concept multidimensionnel qui peut donc être perçu sous l’angle juridique, humanitaire, économique,
social ou de la santé publique.
Des projets bilatéraux (belges, japonais, français, etc.) ont été organisés pour continuer à tester et
mettre en oeuvre des interventions spécifiquement dédiées à sa poursuite, comme le mettent en
évidence la plupart des experts et assistants techniques ont été déployés pour conseiller les
responsables des politiques. Et enfin, des équipes de recherche tentent aujourd’hui encore de
comprendre comment renforcer la CSU à partir de données probante et quels instruments sont les plus
pertinents pour avancer vers la CSU. Le long fleuve tranquille de cette approche continue de couler, sans
résistance malgré son inefficacité. Pourtant, il me semble que l’appréhension des défis de la CSU et des
choix possibles pour y parvenir n’est pas encore suffisamment partagée et comprises, notamment dans
le monde francophone au sein duquel les autrices et auteurs réunis dans ce collectif naviguent.
faut bien reconnaître que la CSU comme « concept le plus puissant que la santé publique ait à offrir »,
comme disait l’ancienne directrice générale de l’OMS, a du mal à se concrétiser pour la majorité de la
population subsaharienne. Il est en effet loin d’être un « bien public mondial » pour reprendre un terme
à la mode dont Bruno Boidin (2014) avait déjà montré les ambiguïtés et les liens étroits entre les
réformes sanitaires en Afrique de l’Ouest et le NPM.
DÉFINITION DU CONCEPT
La couverture santé universelle vise en sorte que tout le monde, partout, aille accès à des services de
santé de qualité sans subir les difficultés financières. Cela nécessite d'éliminer les obstacles à la santé et
d'améliorer l'accessibilité, notamment financière et la qualité de systèmes de santé.
Par accessibilité le dépistage doit être volontaire, accepte par la population cible ou concernée.
• Dépistage : en médecine, consiste à rechercher une ou plusieurs maladies ou anomalies dites « A
risques » chez les individus d'une population donnée.
LES SOLUTIONS DANS LA MISE EN ŒUVRE DE LA CSU EN RDC
Parmi les solutions à apporter dans la mise en œuvre de la couverture santé universelle en RDC,on cite :
1. QUALITÉ DES SOINS
On entend par qualité des soins la mesure dans laquelle les services de santé pour les individus et les
populations augmentent la probabilité d’obtenir les résultats sanitaires escomptés et sont conformes
aux connaissances professionnelles à bases factuelles dont on dispose. Telle que définie ici, la qualité
des soins recouvre la promotion, la prévention, le traitement, la réadaptation et les services palliatifs.
Celle-ci doit pouvoir être mesurée et continuellement améliorée moyennant la prestation de soins
fondés sur des données probantes et tenant compte des besoins et des préférences des utilisateurs des
services (patients, familles et communautés).
De nombreux éléments nécessaires à cette qualité ont été mis en avant ces dernières décennies. Un
consensus clair se dégage aujourd’hui, selon lequel des services de santé de qualité devraient être :
• Efficaces, c’est-à-dire reposer sur des bases factuelles et être fournis à ceux qui en ont besoin ;
• Sûrs, c’est-à-dire ne pas entraîner de préjudice pour ceux à qui ils sont destinés ;
• Centrés sur la personne, c’est-à-dire que les soins devraient être adaptés aux préférences, aux besoins
et aux valeurs individuels et être intégrés à des services de santé structurés autour des besoins de la
population ;
• fournis en temps utile, en réduisant les délais d’attente et les retards qui peuvent porter préjudice à
ceux qui reçoivent et prodiguent des soins ;
• Equitables, en assurant la même qualité de soins indépendamment de l’âge, du sexe, du genre, de la
race, de l’origine ethnique, de la situation géographique, de la religion, du statut socioéconomique et
des affiliations linguistiques ou politiques ;
• Intégrés, en assurant des soins qui soient coordonnées entre les différents niveaux et prestataires et
en mettant à disposition l’ensemble des services de santé tout au long de la vie ; et
• Efficients, en optimisant les ressources disponibles et en évitant le gaspillage
2. LA PROTECTION FINANCIÈRE
La protection financière,ici le coût des soins ne doit pas exposer les usagers à des difficultés financières.
Financement de la santé : le processus de gestion des fonds du secteur sanitaire en vue de maximiser
l’équité, la durabilité et la reddition de compte. Le financement de la santé comporte trois fonctions de
base : la collecte des recettes, la mise en commun et les achats. La gestion financière et un meilleur
alignement entre le financement de la santé et les systèmes de gestion des fonds publics sont essentiels
à la réalisation des objectifs du secteur de la santé.
• La mise en commun : l’accumulation et la gestion des ressources financières pour assurer que le risque
financier lié au paiement pour les soins de santé est supporté par tous les membres du pool et non par
les individus malades.
• Collecte des recettes : signifie les sources et les mécanismes de mobilisation des fonds pour la santé.
• Achat : le processus de paiement au titre des services de santé. Il existe trois modes de paiement qui
sont souvent utilisés ensemble :
1. Le gouvernement prend en charge le budget de ses propres prestataires de services sanitaires
(intégration de l’achat et la prestation) en utilisation les recettes générales et/ou les cotisations
d’assurance ;
2. Une agence d’achat institutionnellement distincte (ex. fonds ou autorité publique d’assurance
maladie) achète les services au nom de la population (séparation de l’acheteur et du fournisseur)
3. Les individus paient directement les prestataires pour les services.
3. AMÉLIORATION DE L'EFFICACITÉ DE SERVICE SANITAIRE
Du point de vue efficacité : un soin peut être efficace ou inefficace. Il est dit efficace s'il est basé sur
l'évidence généralement consécutive aux essais randomisés, contrôles. Il est inefficace dans le cas
contraire.
4. OFFRE D'UNE PROTECTION SANITAIRE ET FINANCIÈRE
L'offre de soins est particulièrement conditionnée par la demande et particulièrement par les besoins à
travers la perception subjective de la population et la perception objective des techniciens. L'offre est
également conditionnée par l'environnement historique et actuel( social, économique, administratif,
politique)
5. MOBILISATION DES RESSOURCES NÉCESSAIRES
Ici c'est pour mettre en œuvre la couverture santé universelle afin de favoriser la bonne gouvernance et
la bonne gestion du système national de couverture santé universelle.