Définitions 0.0.1.
1. f est dite de classe C 1 sur I si f est dérivable sur I et sa fonction dérivé est continue sur I.
2. f est dite de classe C n (n ∈ N) sur I si f est n-fois dérivable sur I. et f (n) est continue sur I.
3. f est dite de classe C ∞ sur I si f est n-fois dérivable ∀n ∈ N∗ sur I (autrement dit f est
infiniment dérivable sur I ).
Exemple 0.0.1. La fonction exp(x) est de classe C ∞ sur R.
Exercice 0.0.1. Montrer que la fonction f : R −→ R définie par
x3 sin( 1 ) si x ̸= 0,
x
f (x) =
0 sinon
est de C 1 sur R.
Définitions 0.0.2. (Extrema d’une fonction)
1. f admet un maximum (resp. minimum) global, ou dit absolu, au point a sur I si : ∀x ∈
I\{a}, f (x) ≤ f (a) (resp. f (x) ≥ f (a) ).
2. f admet un maximum (resp. minimum) local au point a sur I s’il existe un ouvert J
contenant a tel que : ∀x ∈ I ∩ J\{a}, f (x) ≤ f (a) (resp. f (x) ≥ f (a) ).
3. Si f admet au point a un maximum ou un minimum, on dit que f admet un extremum
en a.
Remarque : Un extremum global est un extremum local.
Théorème 0.0.1. (Théorème de bijection)
Si f est une fonction continue et strictement croissante (resp. strictement décroissante) sur un
intervalle [a, b], alors f admet une fonction réciproque f −1 continue et strictement croissante
(resp. strictement décroissante) sur [f (a); f (b)] (resp. [f (b); f (a)]) vers [a; b].
Exemple 0.0.2. La fonction f : x ∈ R 7−→ ex ∈ R+ est une fonction continue et strictement
croissante de R dans R+ . La fonction réciproque est par définition la fonction ln x définie de
R+ dans R.
Théorème 0.0.2. Soit f une fonction définie sur I à valeurs dans J = f (I). f est continue,
strictement monotone et dérivable en a ∈ I tel que f ′ (a) ̸= 0. Alors, f −1 est dérivable en
′ 1
b = f (a) et (f −1 ) (b) = ′ .
f (a)
1
√
Exemple 0.0.3. Si ∀x ∈ R∗+ , f (x) = x2 alors f −1 (y) = y est la fonction réciproque de
f (x) = x2 . Pour y0 = f (x0 )
( )′ 1 1
f ′ (x0 ) = 2x0 ⇒ f −1 (y0 ) = = √ .
f′ (f − 1 (y0 )) 2 y0
Corollaire 0.0.1. Soit f une fonction continue, strictement monotone et dérivable sur un
′
intervalle I tel que pour tout x ∈ I, f ′ (x) ̸= 0. Alors, f −1 est dérivable sur f (I) et (f −1 ) (y) =
1
′
où y = f (x).
f (x)
Définition 0.0.1. • Une fonction f : I −→ R est convexe sur I si et seulement si ∀(a, b) ∈ I 2 ,
∀t ∈ [0, 1], f (ta + (1 − t)b) ≤ tf (a) + (1 − t)f (b).
• Une fonction f : I −→ R est concave sur I si et seulement si ∀(a, b) ∈ I 2 , ∀t ∈ [0, 1],
f (ta + (1 − t)b) ≥ tf (a) + (1 − t)f (b).
Définition 0.0.2. Une fonction dérivable sur un intervalle I est dite :
• convexe sur cet intervalle si sa courbe représentative est entièrement située au-dessus de
chacune de ses tangentes.
• concave sur cet intervalle si sa courbe représentative est entièrement située en dessous de
chacune de ses tangentes.
Proposition 0.0.1. Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I, de dérivée f ′ . Alors :
• f est convexe sur I si, et seulement si, f ′ est croissante sur I ;
• f est concave sur I si, et seulement si, f ′ est décroissante sur I.
Proposition 0.0.2. Soit f une fonction deux fois dérivable sur un intervalle I. Alors :
• Si la dérivée seconde est positive, alors la fonction f est convexe ;
• si la dérivée seconde est négative, alors la fonction f est concave.
Remarque 0.0.1. Si la fonction f est convexe alors −f est concave.
f : R −→ R
Exemple 0.0.4. 1. est convexe
x 7−→ x4 + 2
g : R∗+ −→ R
2. est concave.
x 7−→ ln x
2
0.1 Fonctions circulaires réciproques
0.1.1 Fonction Arccosinus
La fonction cosinus est continue et dérivable sur R. Si x ∈]0, π[ alors la dérivée
cos′ (x) = − sin x < 0. La fonction cosinus est donc strictement décroissante sur [0, π]. La
fonction cosinus définit une bijection de [0, π] sur [−1, 1].
Définition 1. La bijection réciproque de cosinus s’appelle la fonction continue Arccosinus. On
la note Arccos : [−1, 1] → [0, π].
On a donc par définition cos(Arccos x) = x ∀x ∈ [−1, 1] et Arccos(cos x) = x ∀x ∈ [0, π].
Exemple 0.1.1.
√ √ √ √
x -1 − 2
3
− 2
2
− 12 0 1 1
2 2
2
2
3
5π 3π 2π π π π π
arccos x π 6 4 3 2
0 3 4 6
Proposition 0.1.1. Arccos est une fonction dérivable sur ] - 1,1[ et
−1
Arccos′ (x) = √ ∀x ∈] − 1, 1[.
1 − x2
Démonstration. La fonction cos est continue sur [0, π] et dérivable sur ]0, π[ de dérivée
cos′ x = − sin x ̸= 0 ∀x ∈] 0, π[. Alors l’application réciproque Arccos est dérivable et
1 1
Arccos′ (x) = Arccos′ (cos y) = = .
− sin y − sin(Arccos x)
√ ]
On sait que sin2 α = 1 − cos2 α ∀α ∈ R. Donc, sin(Arccos x) = 1 − x2 ∀x ∈ − 1, 1[.
0.1.2 Fonction Arcsinus
[ ]
L’application sin : − π2 , π2 → [−1, 1] est continue, strictement croissante.
( ) ( )
En effet, sin′ x = cos x > 0 ∀x ∈] − π2 , π2 [ et sin − π2 = −1 et sin π2 = 1. Elle définit alors
[ ]
une bijection continue, strictement croissante de − π2 , π2 vers [−1, 1].
Définition 2. La bijection réciproque de sinus s’appelle la fonction continue Arcsinus. On la
[ ]
note Arcsin : [−1, 1] → − π2 , π2 .
[ ]
On a donc par définition sin(Arcsin x) = x ∀x ∈ [−1, 1] et Arcsin(sin x) = x ∀x ∈ − π2 , π2 .
Exemple 0.1.2.
√ √ √ √
x -1 − 2
3
− 2
2
− 12 0 1 1
2 2
2
2
3
arcsin x − π2 − π3 − π4 − π6 0 π
2
π
6
π
4
π
3
3
Proposition 0.1.2. Arcsin est une fonction dérivable sur ] - 1, 1 [ et
1
Arcsin′ (x) = √ ∀x ∈] − 1, 1[.
1 − x2
Démonstration. sin est dérivable sur ] − π2 , π2 [ et sin′ x = cos x ̸= 0 ∀x ∈] − π2 , π2 [ alors
l’application réciproque Arcsin est dérivable sur ] - 1,1 [ et
1 1 1
∀x ∈] − 1, 1[ Arcsin′ (x) = ′ = =√ .
sin (Arcsin x) cos(Arcsin x) 1 − x2
[ ]
La fonction arcsinus est la bijection réciproque de la fonction sin : − π2 , π2 −→ [−1, 1], elle est
définie sur [−1, 1] par :
( [ ])
(∀x ∈ [−1, 1]) ∀y ∈ − π2 , π2 arcsin(x) = y ⇐⇒ x = sin(y).
(π)
Soit x ∈] − 1, 1[, il existe un unique y ∈] − π2 , π2 [ tel que x = sin(y) (car sin 2
= 1 et
( ) )
sin − π2 = −1 . Et comme la fonction sin est dérivable sur ] − π2 , π2 [ ,
∀y ∈] − π2 , π2 [, sin′ (y) = cos(y) et sin′ (y) ̸= 0 (car y ∈] − π2 , π2 [), alors la fonction arcsin est
1 1
dérivable sur ] − 1, 1[ et on a : ∀x ∈] − 1, 1[; arcsin′ (x) = ′ = .
sin
√ (y) cos(y)
Or cos2 (y) + sin2 (y) = 1 et y ∈] − π2 , π2 [ , d’où cos(y) = 1 − sin2 (y). Donc
1 1 1
arcsin′ (x) = =√ =√ .
cos(y) 1 − sin (y)
2 1 − x2
Propriété 0.1.1. La fonction Arcsinus est une fonction impaire.
0.1.3 Fonction Arctangente
L’application tan ou tg :] − π2 , π2 [→ R est continue, strictement croissante.
]
En effet, tan′ x = cos12 x = 1 + tan2 x > 0 ∀x ∈ − π2 , π2 [ et limπ + tan x = −∞ et
x→(− 2 )
lim tan x = +∞. Elle définit alors une bijection continue, strictement croissante de ] − π2 , π2 [
x→( π2 )−
vers R.
Définition 3. La bijection réciproque de tangente s’appelle la fonction continue Arctangente.
On la note arctan : R →] − π2 , π2 [.
] [
On a donc par définition tan(arctan x) = x ∀x ∈ R et arctan(tan x) = x ∀x ∈ − π2 , π2 .
Exemple 0.1.3.
√
x 0 1 3 √1
3
π π π
arctan x 0 4 3 6
Proposition 0.1.3. arctan est une fonction dérivable sur R et
1
arctan′ (x) = ∀x ∈ R.
1 + x2
4
Démonstration. tan est une fonction dérivable sur ] − π2 , π2 [ et ∀x ∈] − π2 , π2 [ on a tan′ x =
1 + tan2 x > 0. Alors l’application réciproque arctan est dérivable sur R et
1 1
∀x ∈ R arctan′ (x) = ′
= .
tan (arctan x) 1 + x2
Propriété 0.1.2. La fonction Arctangente est une fonction impaire.
0.2 Fonctions hyperboliques directes
Définitions 0.2.1. 1. On appelle sinus hyperbolique l’application sh : R → R tel que
ex − e−x
sh(x) = .
2
2. On appelle cosinus hyperbolique l’application ch : R → R tel que
ex + e−x
ch(x) = .
2
3. On appelle tangente hyperbolique l’application th : R → R tel que
sh(x) e2x − 1
th(x) = = 2x .
ch(x) e +1
Proposition 0.2.1. 1. ∀x ∈ R sh(−x) = − sh(x); ch(−x) = ch(x);
ch(x) + sh(x) = ex ; ch(x) − sh(x) = e−x ; ch2 (x) − sh2 (x) = 1.
2. ∀x ∈ R ;sh′ (x) = ch(x) et ch′ (x) = sh(x).
3. lim sh(x) = lim ch(x) = +∞; lim sh(x) = −∞ et lim ch(x) = +∞.
x→+∞ x→+∞ x→−∞ x→−∞
4. ∀x ∈ R th′ (x) = 1 − th2 (x).
5. lim th(x) = 1; lim th(x) = −1.
x→+∞ x→−∞
5
6.
∀a, b ∈ R ch(a + b) = ch(a) ch(b) + sh(a) sh(b).
∀a, b ∈ R sh(a + b) = sh(a) ch(b) + ch(a) sh(b).
th(a) + th(b)
∀a, b ∈ R th(a + b) = .
1 + th(a) th(b)
∀a, b ∈ R ch(a) + ch(b) = 2 ch( a+b
2
) ch( a−b
2
).
∀a, b ∈ R ch(a) − ch(b) = 2 sh( a+b
2
) sh( a−b
2
).
∀a, b ∈ R sh(a) + sh(b) = 2 sh( a+b
2
) ch( a−b
2
).
2
1 + th a
∀a ∈ R ch 2a = ch2 a + sh2 a = .
1 − th2 a
2 th a
∀a ∈ R sh2a = 2shacha = .
1 − th2 a
2 th a
∀a ∈ R sh2a = 2shacha = .
1 − th2 a
2th(a)
∀a ∈ R th2a = .
1 + th2 a
Limites classique
sh x − sh 0 sh x
- On a lim = ch 0 = 1 et donc lim = 1.
x→0 x−0 x→0 x
th x
- On en déduit immédiatement lim = 1.
x→0 x
ch x − ch 0 ch x − 1
- De même, limx→0 = sh 0 = 0 et donc limx→0 = 0.
x−0 x
x
e +e −x
1 ( x/2 )2
- D’autre part, ch x − 1 = −1 = e − e−x/2 c’est à dire ch x − 1 = 2 sh2 x
2
et
2 2
ch x − 1 1
donc limx→0 = .
x2 2
6
Série Analyse
Exercice N◦ 1
1. Déterminer les intervalles sur lesquels la fonction f (x) = x3 − 3x2 + 1 est convexe.
2. a) Montrer que la fonction x 7−→ − sin x est convexe sur [0; π2 ].
b) En déduire que
π 2
∀x ∈ [0, ] x ≤ sin x ≤ x
2 π
Exercice N◦ 2
1. Calculer :
( ) ( −2π
) ( ) ( )
arccos cos 2π
3
, arccos cos 3
, arccos cos 4π
3
, arccos sin 17π
5
2. Simplifier les expressions suivantes : sin(arccos x), cos(arctan x)
◦
Exercice N 3
Montrer les relations suivantes :
x
1. tan(arcsin x) = √ ; ∀x ∈] − 1, 1[.
1 − x2
√
1 − x2
2. tan(arccos x) = ; ∀x ∈ [−1, 1]\{0}.
x
√
3. arcsin x = arccos 1 − x2 ; ∀x ∈ [0, 1].
Exercice N◦ 4
Montrer que :
1. ∀x ∈ [−1, 1]; arcsin x + arccos x = π2 ;
√
2. ∀x ∈ [0, 1]; arcsin x + arcsin 1 − x2 = π2 ;
( )
3. ∀x ∈ R∗+ ; arctan(x) + arctan x1 = π2 .
Exercice N◦ 5
(√ ) (√ )
Soit f une fonction définie par : f (x) = arcsin 1 − x2 − arctan 1−x
1+x
1. Déterminer le domaine de définition de f .
2. Calculer f (0) et f (− 12 ).
3. Calculer la derivée de f pour tout x ∈] − 1, 0[
4. En déduire une expression plus simple de f (x) pour tout x ∈] − 1, 0]