INTEGRATION DE LA BIODIVERSITE DANS LES
PROCEDURES D’EVALUATION
ENVIRONNEMENTALES
CAS DU CAMEROUN
Par : ESSAM SAMSON
Financement de KOMEX CLARKE BOND Limited
Janvier 2001
TABLE DES MATIERES
- LISTE DES ABREVIATIONS
- AVANT-PROPOS
I. INTRODUCTION
1. Généralités
1-1. Principaux écosystèmes
1-2. Situation de la biodiversité
a. La Flore continentale
b. La biodiversité maritime et côtière
c. La biodiversité d’eau douce
d. La Faune terrestre
e. L’agriculture
f. Produits de l’élevage
g. la biodiversité microbienne
2. Menaces à la conservation
II. STRATEGIE NATIONALE DE LA BIODIVERSITE ET PLAN D’ACTION
1. Rappel historique
2. Contexte d’élaboration de la SNPAB
2-1. Adhésion à la CDB
2-2. SNBAB du Cameroun
2-3. Situation actuelle
III. PROGRES SUR LA MISE EN ŒUVRE
1. Les raisons du retard de validation de la SNPAB
1-1. Nouvelles attributions des responsabilités
1-2. Blocage financier
1-3. Contraintes dans l’application
2. Principaux objectifs de la SNPAB
3. Perspectives nouvelles
IV. LE SYSTEME D’EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
1. Adoption et description
2. Place des E.E. dans la réalisation des projets de développement
3. Conditions légales pour l’E.E.
V. MISE EN ŒUVRE DE L’E.E
1. Intégration progressive
2. Défaillance de contrôle
3. Influence des E.E dans les décisions politiques
4. Impacts sur la biodiversité
VI. BIODIVERSITE ET E.E.
1. Conduite des E.E.
2. Système d’Evaluation des impacts
3. Suivi environnemental
VII. EXEMPLES ILLUSTRATIFS
CAS 1
CAS 2
VIII. PERSPECTIVES POUR UNE GESTION DURABLE ET EFFICACE DE LA
BIODIVERSITE
1. Amélioration du système d’E.E.
1-1. Le cadre juridique
1-2. Le cadre institutionnel
1-3. La formation
1-4. La vulgarisation
2. Autres mécanismes
IX. CONCLUSIONS FINALES
BIBLIOGRAPHIE
LISTE DES ABREVIATIONS
ACP Afrique Caraïbe Pacifique
BIP Budget d’Investissement Public
CDB Convention sur la Diversité Biologique
E.E Evaluation Environnementale
E.E.S Etude Environnementale simplifiée E.I.E : Etude d’Impact Environnemental
F CFA Franc de la Communauté Financière d’Afrique
GEF Global Environment Facility
PAFN Plan d’Action Forestier National
PNGE Programme National de Gestion de l’Environnement
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’Environnement
MINEF Ministère de l’Environnement et des Forêts
MINTP Ministère des Travaux Publics
RDC République Démocratique du Congo
SEE Système d’Evaluation Environnementale
SNPAB Stratégie Nationale et Plan d’Action de la Biodiversité
AVANT-PROPOS
Près de dix ans après la tenue du sommet de la terre à Rio, la question de la place de la
protection de l’Environnement dans les politiques des Etats davantage préoccupés à satisfaire
les besoins de consommation matérielle des populations qu’à assurer la pérennité des
ressources naturelles est toujours d’actualités.
C’est ainsi que le programme de soutien à la Planification de la Biodiversité, financé
par le GEF et appuyé par le PNUE et le PNUD a lancé une étude en vue d’évaluer le niveau
de prise en compte de la Biodiversité dans les processus d’évaluation d’impact
environnemental conduits dans certains pays.
En effet, la Convention de la Diversité Biologique avait identifié comme indicateur de
réalisation de ses objectifs, l’intégration par chaque partie contractante de la Biodiversité dans
les autres secteurs de l’économie et de la société civile.
Etant donné que l’Evaluation d’Impact Environnemental reste le principal instrument
permettant de juger de la considération accordée aux aspects environnementaux dans les
plans de développement économique, il est important qu’elle intègre profondément toutes les
notions de la Biodiversité pour une meilleure prise en compte de la ressource dans les
politiques de développement.
Le présent rapport concerne l’Etude du cas du Cameroun, où il ressort que, malgré une
volonté manifeste des gouverneurs à mettre sur pied un cadre juridique et institutionnel de
conservation et de Gestion des ressources biologiques , le système d’Evaluation
environnementale courant nécessite un renforcement des capacités notamment l’adoption
d’une Stratégie Nationale de la Biodiversité.
Le pays regorge abondamment de ressources biologiques et dispose d’instruments de
gestion de ces richesses qui gagneraient à se mettre au diapason des sollicitations auxquelles
ils sont appelés à faire face au quotidien.
La réalisation de ce travail a bénéficié du financement de KOMEX CLARKE BOND
LIMITED.
I. INTRODUCTION
1. Généralités
Présentation du Cameroun
Vaste de 475 440 km2 étalés entre le 1°40 et le 13°05 latitude Nord et entre le 8°30 et le
16°10 longitude Est, le Cameroun qui fait partie du Bassin du Congo, offre un éventail de
milieux naturels abritant une biodiversité riche et composite.
La diversité des paysages, des zones géomorphologiques et des conditions climatiques
tiennent à la position géographique du pays, situé au cœur de l’Afrique près de l’Equateur.
1-1. Principaux écosystèmes
Eu égard aux particularités phytogéographiques et climatiques variables d’une région à
une autre, 06 écosystèmes ont été distingués au Cameroun :
- l’écosystème maritime et côtier
- l’écosystème de la forêt tropicale dense humide
- l’écosystème de la savane arboré et/ou arbustive
- l’écosystème de la savane semi-aride
- l’écosystème aquatique
- l’écosystème des montagnes.
1-2. Situation de la Biodiversité
L’importance de la richesse biologique du Cameroun telle que l’illustrent les données
disponibles est remarquable ; d’où sa 4ème place en Afrique après la RDC, la Tanzanie et
Madagascar
a. La Flore continentale
Des connaissances actuelles, 9000 espèces végétales sur un total estimé à 12 000 ont été
identifiées au Cameroun. On y dénombre 400 espèces de ligneuses dont environ une centaine
d’essences commercialisées. L’inventaire n’a jusqu’ici porté que sur 14 millions d’ha de foret
dense sur les 22. du secteur forestier national. Cet inventaire fait ressortir un potentiel de
4.165 milliards de m3 de bois disponible, volume qui pourrait être multiplié par 4 s’il est pris
en compte le bois de pâte à papier et le bois d’énergie.
Ce potentiel de bois exploitable s’élève à 750 millions de m3.
Dans cette flore se retrouvent également beaucoup de produits forestiers non ligneux
mais de valeur économique réelle bien que pas encore totalement inventoriés :
- les plantes médicinales : Pygeum africanum, Piper guineensis
- les plantes de services : Gnetum africanum, rotin,
- écorces, fruits, racines, épices, fibres etc…
La mangrove qui forme la ceinture de l’écosystème maritime et côtier s’étend sur 243
km2 et abrite 350 espèces de lianes, 15 espèces de mousses et 8 espèces de fougères.
b. La Biodiversité maritime et côtière
Elle est impressionnante et concerne surtout la faune aquatique qui compte 542 espèces
de poissons, 2 espèces de crustacées , quelques mammifères et plusieurs espèces de plancton.
La flore marine bien qu’importante, n’a pas encore été inventoriée.
c. La Biodiversité d’eau douce
Les 3960 km2 de cours d’eau douce du Cameroun abritent 354 espèces de poissons dont
115 endémiques.
d. La Faune terrestre
La diversité de la faune camerounaise est impressionnante :
- 409 espèces de mammifères dont 11 endémiques et 27 menacées
- 1000 espèces d’oiseaux dont 25 endémiques, 47 menacées et 01 extincte
- 183 espèces de reptiles dont 19 endémiques et 02 menacées
- 85 espèces de serpents
- 190 espèces de batraciens dont 01 menacée
- 1110 espèces d’insectes
- 1050 espèces de papillons.
e. L’Agriculture
La diversité des produits agricoles camerounais concerne :
- les céréales: maïs, sorgho, millet, riz
- les tubercules: manioc , patate, ignames, pomme de terre
- les légumes: arachides, haricot, pois
- les bananes: banane et banane plantain
- les fruitiers: agrumes, mangues, ananas
- les cultures de rente: cacao, café, thé, coton, hévéa, palmier à huile.
f. Produits de l’élevage
L’élevage est concentré sur le bœuf, le mouton, la chèvre, le porc, et le poulet.
g. La Biodiversité microbienne
Plus de 300 espèces de champignons et de bactéries sont actuellement répertoriées et
leur rôle reconnu d’importance en agriculture, foresterie, santé et industrie.
2. Menaces à la conservation
Jusqu’à une date récente, les camerounais ont vécu dans leur environnement qu’ils ont,
il est vrai plus ou moins modifié au fil des ans utilisant pour se nourrir, pour se soigner, pour
construire leurs habitations les produits de cette riche biodiversité. L’ampleur actuelle de la
pression démographique et les effets de certains projets de développement provoquent une
dégradation irréversible des écosystèmes. Le degré d’utilisation variant suivant les entités
sociologiques, l’on remarque qu’aux écosystèmes naturels du passé ont fait place des
formations profondément dégradées dans plusieurs régions du pays.
La déforestation provenant de l’exploitation industrielle des forêts, de l’urbanisation ou
encore des projets de développement entraîne des modifications irréversible de la biodiversité
originelle.
Les systèmes culturaux inappropriés comme l’agriculture itinérante sur brûlis
compromettent les cycles biologiques de reconstitution des écosystèmes.
Les feux de brousse, le surpâturage, le braconnage, la pollution des eaux constituent des
menaces graves sur la stabilité de la biodiversité du Cameroun.
A coté de ces menaces dues à l’homme, subsistent des effets naturels. L’avancée de la
désertification à cause du déficit pluviométrique ; les perturbations climatiques, la
recrudescence des épidémies ( peste bovine ou porcine) ou les invasions des sauterelles sont
autant de facteurs qui menacent la diversité biologique.
II STRATEGIE NATIONALE DE LA BIODIVERSITE
1. RAPPEL HISTORIQUE
La place importante accordée par les autorités camerounaises à la Conservation des
ressources biologiques remonte à aube de l’indépendance du pays. Avant 1960, il existait déjà
un cadre de gestion des forêts et de la faune qui bien qu’inspiré des lois occidentales de
l’époque définissait une politique d’exploitation rationnelle du patrimoine national.
Les changements socio-politiques survenus au fil du temps ont entraîné des
modifications des normes de la Gestion de la biodiversité dans le souci d’une adaptation au
nouveau contexte et à la donne universelle.
L’action la plus déterminante de cette évolution restera la création en avril 1992 du
Ministère de l’Environnement et des Forêts, base institutionnelle d’orientation stratégique de
la Protection de l’Environnement et de la mise en valeur rationnelle des ressources naturelles
pour un Développement durable.
Les autres repères qui baliseront cette politique de Conservation sont :
- Sur le plan juridique : la loi 94/01 du 20 janvier 1994 portant Régime des Forêts, de la
Faune et de la Pêche et les décrets 95/531 (Forêts), 95/466 ( faune) et 95/413 (Pêche)
- la loi 96/12 du 5 août 1996 portant loi cadre relative à la Gestion de l’Environnement.
Sur le plan politique : la philosophie gouvernementale est de pérenniser et développer
les fonctions économiques, écologiques et sociales de la biodiversité dans le cadre d’une
gestion intégrée et participative qui assure de façon soutenue et durable la conservation et
l’utilisation des ressources et des écosystèmes.
Lors des processus de mise en place du cadre de Gestion des ressources
environnementales, deux importants programmes auront traduit la volonté politique du
MINEF en matière de Conservation de la Biodiversité.
- le PAFN adopté en 1995 a retenu parmi ses orientations prioritaires « la Conservation et
la valorisation de la Biodiversité ». Il est souligné ici que compte tenu de la richesse que
recèle le Cameroun de par sa variabilité géographique et climatique, sa biodiversité doit
être protégée et valorisée grâce à un réseau d’Aires protégées approprié.
- Le PNGE approuvé en 1996 a lui aussi accordé une attention sur la problématique de la
gestion de la biodiversité en recommandant notamment la conservation de la biodiversité
l’exploitation rationnelle de la forêt et la gestion de la côte maritime, une exploitation
durable des ressources halieutiques et une valorisation des produits de la pêche.
2. Contexte d’Elaboration de la Stratégie Nationale de la Biodiversité
2-1. Adhésion à la Convention sur la Diversité Biologique
Le 14 juin 1992, le Cameroun qui vient de participer quelques mois plutôt au Sommet
de la Terre de Rio signe la Convention sur la Diversité Biologique. Il va la notifier le 19
octobre 1994 devenant ainsi Partie contractante. En conséquence et suivant les clauses de cet
accord, le gouvernement se déclare responsable de la Conservation de la Biodiversité
nationale et s’engage à prendre des mesures pour éviter que l’exploitation des ressources
naturelles se fasse de manière non durable.
En somme, le Cameroun à l’instar des autres Parties Contractantes est convaincu de la
nécessité de mettre sur pied des stratégies pour lutter contre la perte de la diversité biologique.
Une des premières recommandations de la CDB est en effet que chacune des Parties élabore
des stratégies, plans ou programmes nationaux en vue d’assurer la conservation et l’utilisation
durable de la diversité biologique.
2-2. Stratégie Nationale de la Biodiversité
La situation de la politique de Gestion de la Biodiversité au Cameroun présente des
atouts majeurs. En effet, comme évoqué plus haut, notre pays s’est doté de 1992 à 1996 d’un
ensemble d’instruments juridiques, politiques et institutionnels qui régulent au mieux la
Conservation des ressources biologiques.
Une analyse des activités de planification nationale relative à l’évaluation et à la gestion
de la biodiversité fait état de :
- deux lois fondamentales (Loi forestière et Loi cadre sur l’Environnement)
- deux programmes (PAFN, PNGE)
- des stratégies sectorielles (agriculture, pêche, eau)
Il ne restait donc qu’à intégrer toutes les informations pour la formulation d’une
stratégie nationale et un plan d’action.
Pour ce faire, le Gouvernement a créé en 1997 un Comité National sur la Diversité
Biologique avec pour mission d’élaborer une Stratégie Nationale et un Plan d’Action de la
Biodiversité. Ce comité placé sous la tutelle du MINEF est composé d’experts de
compétences diverses mais impliqués dans la gestion des ressources biologiques : Agronomie,
Foresterie , Faune, Pêche, Botanique, Droit, Politique.
Depuis sa mise en place, le comité a examiné toutes les informations existantes,
notamment les problèmes soulevés par le PNGE en matière de gestion de la biodiversité. La
finalité de l’entreprise entamée est de produire un code sur l’utilisation durable des ressources
biologiques du Cameroun.
Le document pour l’heure n’étant pas encore officiellement validé, il ne nous est pas
possible d’en donner le contenu. Toutefois, on peut évoquer le processus suivi jusqu’ici
- les différents secteurs et éléments de la biodiversité nationale ont été identifiés et classés :
Foresterie, Agriculture, Aquaculture et Faune Les données ont ensuite été regroupées
selon les différents écosystèmes.
- Le groupe d’experts a examiné la composition et l’état de la biodiversité de chaque
secteur dans le but de faire une monographie de l’ensemble du pays.
- Pour chaque écosystème et secteur donné, des stratégies ont été proposées et des actions
correspondantes suggérées.
- A chaque action retenue, un acteur a été identifié.
De l’élaboration des concepts à la rédaction du draft, une place a été accordée à la
consultation populaire à travers des séminaires ouverts à toutes les parties prenantes à la
biodiversité.
2-3. Situation actuelle
La SNPAB du Cameroun aurait déjà dû etre adoptée et validée car les prévisions
prévoyaient pour juin 1998 au plus tard le début de sa mise en œuvre. Pour l’instant le draft
élaboré par le comité national de la Biodiversité est déjà au point, la validation officielle qui
demeure de la compétence gouvernementale est attendue pour les prochains jours. Nous
pouvons quand même dire que les objectifs de cette SNPAB sont la conservation, l’utilisation
durable et le partage des bénéfices. Qu’à cela ne tienne le fait que les experts qui ont élaboré
cette stratégie aient pris référence sur les programmes et plans d’actions antérieurs déjà en
vigueur signifie que la gestion de notre biodiversité pour l’heure est effectuée suivant des
stratégies appropriées. Dans le domaine des Forêts :
- le plan de zonage adopté en 1994 établit la distribution d’utilisation des terres pour une
gestion durable
- le plan d’action forestier national qui date de 1995 est un code de contrôle de
l’exploitation des ressources forestières ligneuses ou non
- le Programme National de Gestion de l’Environnement de 1996 protège la biodiversité et
les écosystèmes naturels.
Dans le domaine agricole, les stratégies actuelles concernent :
- la politique de contrôle phytosanitaire (Décret de 1990)
- la réglementation sur les pesticides, la protection environnementale, la régulation de la
croissance des plantes (Décret 1992) et des plans nationaux de sécurité alimentaire comme
le SNAR (Système National d’Alerte Rapide) qui intervient en cas de menace de famine.
Dans le domaine des Pêches et de l’Elevage, il existe aussi des politiques relatives à la
gestion de la biodiversité :
- la réglementation sur le mouvement des troupeaux pour contrôler certains croisements et
éviter des maladies contagieuses (1974,1976,1984)
- la maîtrise de la biologie des poissons
- le suivi environnemental des effets de pollution (loi 1994)
- la lutte contre certaines techniques de pêche (Loi 1994).
Bref, en attendant sa validation officielle, on peut affirmer que la stratégie nationale de
la biodiversité est déjà opérationnelle.
III. PROGRES SUR LA MISE EN ŒUVRE
1. Les raisons du retard de la validation de la SNPAB
1-1. Nouvelles attributions des responsabilités
La validation finale de la Stratégie Nationale de la Biodiversité est de la compétence
réservée du gouvernement à qui ‘il revient le choix de la forme d’adoption du document : Loi,
Décret, Plan, etc…
Pour en arriver là, des étapes restent à franchir notamment la revue et la formulation de
la mouture finale par les instances techniques du MINEF et du PM. Mais là ne résident pas les
raisons du retard accusé. Elles sont ailleurs.
En Juin 1998, le coordonnateur national du projet NBSAP est admis à faire valoir ses
droits à la retraite. En ce moment le draft provisoire est déjà prêt mais la fin des fonctions du
coordonnateur entraîne un premier arrêt du processus. Au cours du mois de décembre de la
même année, la désignation des responsables du SPE est suivie de la nomination du nouveau
coordonnateur du projet NBSAP qu’est en même temps Chef de Division dans ledit
Secrétariat Permanent. Mais trois mois plus tard, le projet GEF Biodiversité du Cameroun
devient par Arrêté ministériel : « Programme de Conservation et de Gestion de la
Biodiversité du Cameroun » avec parmi ses missions statutaires l’adoption de la Stratégie
Nationale de la Biodiversité.
Alors que toutes ces mutations auraient dû contribuer à accélérer le processus de mise
en œuvre de la NBSAP, on constate le contraire. Car jusqu’ici le nouveau coordonnateur du
comité n’arrive pas encore à relancer les activités laissées par son prédécesseur.
1-2. Blocage financier
Au départ financé par le PNUE, le projet de mise en place de la NBSAP au Cameroun
s’est subitement trouvé à cours de ressources suite à la mise en liquidation judiciaire
inattendue de l’ex-crédit agricole du Cameroun depuis 1997. L’on estime les fonds bloqués
dans cette défunte banque au compte du comité de Diversité Biologique à 30 millions de F
CFA.
Les bailleurs de fonds (Banque Mondiale, PNUE) hésitent à octroyer un autre
financement en ce moment. Même le Programme de Conservation et de Gestion de la
Biodiversité n’a pu prévoir le soutien financier de projet dans son budget 2000.
1-3. Contraintes dans l’application
L’application de certaines actions se heurte à beaucoup d’autres contraintes dont les
principales sont :
- l’insuffisance des moyens de suivi et de contrôle des prescriptions programmées ;
- la lenteur des procédures administratives qui quelquefois ne tiennent pas compte du temps
comme facteur déterminant lorsqu’il est question des saisons et des variétés de forme de
vie ;
- les populations locales non sensibilisées éprouvent des difficultés à comprendre les
messages sur la Conservation que leur dispensent différents acteurs sur divers plans.
- L’approche participative n’a pas encore commencé a porté des fruits étant d’application
récente ;
- L’absence de motivation des principaux acteurs et des agents chargés de la protection des
ressources entraînent des actions à l’encontre des mesures de conservation.
2. Principaux objectifs de la SNPAB
Les différentes stratégies actuelles bien que ne constituant pas la référence de base de
gestion de la biodiversité ne comportent pas moins des modèles de plans qui sont en vigueur
avec des objectifs arrêtés.
Ainsi, le PAFN qui régule la politique forestière a pour principal objectif la gestion
durable des forêts et l’intégration des méthodes d’agroforesterie. Quant au plan de zonage, il
vise une distribution équitable des espaces en vue d’une exploitation durable des terres.
S’agissant du PNGE, son objectif majeur est la protection de toutes les composantes
environnementales y compris la biodiversité.
Pour ce qui est enfin de la Stratégie Nationale de la Biodiversité encore en gestation en
respect à la CDB, ses fondements cardinaux seront : la conservation, l’utilisation durable et le
partage équitable des retombées issues des ressources de la Diversité biologique. En
profondeur, le comité national de la biodiversité en prospectant les orientations d’une
stratégie nationale et d’un plan d’action de la biodiversité au Cameroun avait esquissé un
programme futur qui est intégralement présenté en annexe. Ce programme au final retient :
− cinq secteurs impliquant la biodiversité au Cameroun à savoir : la Faune et les Forêts,
l’eau douce, le milieu marin et côtier, l’agriculture et le milieu microbien.
− Une série d’actions prioritaires à appliquer dans chacun des secteurs dont les principales
sont : l’Evaluation, la gestion, l’exploitation, l’étude d’impact environnemental, la
recherche, la formation et l’information.
Il aurait été intéressant d’évaluer la portée de ce programme au bout de cinq ans par
exemple. L’ennui est que ces actions fort louables ont certes été appliquées dans certains
domaines sectoriels, mais n’étant pas partie d’une stratégie nationale officielle, leur effet ne
peut être apprécié que de façon diffuse.
3. Perspectives nouvelles
Au vu du nouveau contexte politique en matière d’Environnement, il y a lieu d’espérer
que l’adoption de la SNPAB soit pour bientôt :
− le Plan d’Action d’Urgence du Cameroun relatif au suivi des résolutions du sommet des
Chefs d’Etat d’Afrique Centrale sur la Conservation et la Gestion des forêts tropicales
(1999) a retenu parmi ses actions l’achèvement de l’élaboration de la stratégie nationale
de conservation et de gestion de la biodiversité. Il précise que cette stratégie demeure
prioritaire pour une meilleure articulation des programmes de la gestion de la biodiversité.
− Le plan d’action d’urgence définit par ailleurs les grandes orientations de la politique de
conservation de la biodiversité au Cameroun accroissement des aires protégées, lutte
contre le braconnage, connaissance du potentiel et de la répartition spatiale des produits
forestiers non ligneux, maîtrise des systèmes d’exploitation et organisation des différentes
filières d’exploitation des produits non ligneux, implication des populations à la gestion
forestière, réexamen du plan de zonage.
Pour parachever la stratégie nationale de la biodiversité, il a été prévu un montant de 60
millions de FCFA provenant de sources diverses BIP, GEF, PNUE.
IV. LE SYSTEME D’EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
1. Adoption et description
C’est en 1994 que pour la première fois est mentionné le concept d’étude d’impact
environnemental par la réglementation.
La Loi 94/01 du 20 janvier 1994 portant régime des Forêts, de la Faune et de la Pêche en
son article 16 stipule en effet que tout projet de développement susceptible d’entraîner des
perturbations au milieu forestier et aquatique devrait être soumis à une étude préalable
d’impact sur l’environnement.
L’avènement de la Loi 96/12 du 5 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de
l’Environnement permettra de mieux définir et ensuite élargir la notion d’Evaluation
Environnementale. L’article 4 de cette loi précise d’abord que l’Etude d’Impact
environnemental est un examen systématique en vue de déterminer si un projet a ou n’a pas
un effet défavorable sur l’Environnement.
Dans la suite, les responsabilités du promoteur et de l’Administration sont énoncées
(articles 17, 18 et 20).
La Loi-cadre va plus loin en décrivant en détail les étapes d’une E.E à l’article 19 :
- Analyse de l’état initial du site et de son environnement
- Raisons du choix du site
- Evaluation des conséquences prévisibles de la mise en œuvre du projet sur le site et son
environnement naturel et humain
- L’énoncé des mesures envisagées par le promoteur pour supprimer, réduire et si possible
compenser les conséquences dommageables du projet sur l’environnement et l’estimation
des dépenses correspondantes
- La présentation des autres solutions possibles et des raisons pour lesquelles du point de
vue de la protection de l’environnement le projet présenté a été retenu.
2. Place des E.E dans la réalisation des projets de développement
La portée actuelle des E.E. est évidente au Cameroun, vu l’exigence requise des
organismes de financement des projets de développement d’une réalisation préalable d’étude
adaptée avant tout début de travaux. La Banque Mondiale , l’Union Européenne et d’autres
bailleurs de fonds restent fermes là dessus : tout programme, plan ou projet susceptibles
d’entraîner des retombées néfastes sur l’environnement naturel ou humain doit d’abord faire
l’objet d’une Evaluation environnementale suivant les modalités de la loi-cadre sur la Gestion
de l’Environnement.
Sont pris en compte la construction, l’entretien et l’exploitation des infrastructures
concernées ; les effets directs et indirects, positifs et négatifs.
3. Conditions légales pour l’E.E
Tout en se référant sur les dispositions de la loi-cadre relative à la Gestion de
l’Environnement, les E.E. sont réalisées suivant des termes de référence élaborés par
l’Administration compétente.
Sont largement prises en compte les politiques sectorielles du domaine concerné.
Exemple : Stratégie Sectorielle des Transports, Programme minier, Plan de Gestion de l’Eau
etc… ; car ceux-ci influencent la finalité de l’E.E engagé.
L’autre donnée fondamentale concerne la conduite de l’Etude exigée par l’organisme
qui finance le projet. En effet à la Banque Mondiale ou l’Union Européenne, des modèles de
présentation des rapports d’E.E ont cours.
Quoiqu’il en soit tout E.E. devrait faire ressortir les points ci-après :
- la description du site
- l’inventaire du milieu biophysique
- la description du projet
- l’évaluation des impacts
- les mesures d’atténuation, de suppression ou de compensation
- le programme de surveillance et de suivi.
Ce canevas peut-être plus ou moins approfondi suivant qu’il s’agisse d’une E.E.S. ou
d’une E.I.E ; tout dépend de l’ampleur des travaux et de leur impact sur l’environnement.
Les termes de référence font objet d’un appel d’offres public que soumissionnent les
structures compétentes : Bureaux d’Etudes, Consultants etc… Dès la sélection du candidat
jugé apte à réaliser l’E.E, les procédures administratives de contrat ou de financement
suivront aussitôt. La suite reste déterminée par le respect des dispositions conclues entre le
consultant et l’Administration publique.
V. MISE EN ŒUVRE DE L’E.E.
1. Intégration progressive
L’application des procédures d’E.E est de récente date au Cameroun, car la première
mention d’une disposition réglementaire requerrant les E.E dans les projets de développement
remonte à 1994 (Loi 94/01 du 20 janvier 1994). Mais malgré cette prescription de la loi
forestière, il faudrait attendre l’adoption du PNGE et surtout la promulgation de la loi-cadre
relative à la gestion de l’Environnement en 1996 pour voir des indications plus détaillées du
système d’E.E A partir de ce moment, l’exigence de réalisation d’une E.E est désormais
intégrée dans divers projets de développement. Les E.E en même temps qu’elles
conditionnent dorénavant les procédures de réalisation des grands travaux, deviennent un
préalable des organismes de financement extérieurs tel que la Banque Mondiale et l’Union
Européenne qui en exigent avant tout appui de leur institution. Les E.E ne ralentissent pas les
procédures d’accord de développement mais réaffirment l’importance de la prise en compte
des aspects environnementaux dans la planification territoriale et les orientations de la
politique gouvernementale.
2. Défaillance de contrôle
S’agissant de la révision du contrôle et du suivi des plans de gestion environnementale
élaborée à la suite des E.E, on peut observer quelquefois des défaillances dans la mise à effet .
Ceci s’explique par l’inadéquation entre les recommandations du consultant, auteur de l’E.E.
et les capacités existantes en terme d’institutions compétentes, expertise du personnel et
attributions statutaires. Le Plan de Gestion environnemental peut bien définir les tâches du
suivi environnemental et identifier les institutions responsables de l’exécution de ces tâches,
mais il arrive que peu manque d’organisation interne, de personnel qualifié ou de moyens
financiers le suivi environnemental soit laissé pour compte. L’espoir demeure cependant que
cette carence sera bientôt comblée, car la plupart des Ministères impliqués dans la Protection
de l’Environnement sont en train de se doter des structures spécialisées et de former leur
personnel en conséquence.
3. Influence des E.E dans les décisions politiques
Il s’est toujours posé au Cameroun comme partout ailleurs la question du choix difficile
entre la protection de l’Environnement et le développement. Les E.E auront contribué à lever
les équivoques de ce qui apparaissait comme un frein au développement.
Concernant la biodiversité, les E.E ont permis au gouvernement de réhabiliter des aires
protégées, de sauvegarder les écosystèmes fragiles et de préserver les espèces animales et
végétales rares.
Quant aux autres aspects environnementaux et sociaux que sont l’économie, la culture,
la santé, les technologies etc… , leur prise en compte dans le système d’E.E a contribué à leur
accorder toute l’importance méritée dans les orientations politiques.
4. Impacts sur la Biodiversité
La prise en compte des impacts des projets sur la biodiversité apparaît dans le libellé des
différents termes de référence des Etudes des projets de développement au Cameroun. En
raison de la richesse de nos ressources biologiques et de la protection réglementaire dont elles
sont l’objet, le système d’E.E en cours accorde une place prioritaire aux possibles effets des
projets sur leur pérennité. Ainsi, quelque soit le type d’E.E (EES ou EIE), l’auteur de l’étude
est d’abord tenu en décrivant le site à l’état initial de faire ressortir l’existence ou non des
aires protégées, des espèces animales ou végétales menacées, des écosystèmes fragiles, des
habitats sensibles, des populations autochtones. Il doit ensuite énumérer l’ensemble des
impacts actuels ou futurs, directs ou indirects, positifs ou négatifs et proposer également les
mesures d’atténuation, de compensation ou le cas échéant d’autres solutions alternatives au
projet.
VI. BIODIVERSITE ET E.E
1. Conduite des E.E.
Les impacts potentiels sur la biodiversité déterminent le besoin d’une E.E. surtout
lorsque le site du projet est d’avance reconnu abriter une aire protégée (Parc, Réserve,
Sanctuaire) ou avoir des espèces protégées ou menacées. La richesse biologique étendue du
Cameroun est telle que la plupart des E.E. traitent des retombeés sur la biodiversité . A cet
effet, on dispose de toutes les données requises qui se présentent sous forme de :
- listes des espèces animales et végétales protégées
- listes des espèces menacées de disparition
- listes et cartes des principaux habitats naturels
- cartes des différentes aires de conservation des ressources fauniques et des sites critiques
pour la conservation des forêts.
Ceci explique que les termes de références des E.E. en cours actuellement au Cameroun
comportent toujours un volet important d’évaluation des impacts sur la biodiversité.
Les composants de la biodiversité ciblés sont généralement les espèces et leur habitat
naturel . Les E.E. prennent en compte les effets induits pouvant provenir des régions voisines
du site après l’exécution du projet (impacts indirects).
Les données disponibles de la biodiversité permettent de procéder à une évaluation et de
proposer des mesures d’atténuation significatives. Cependant ,le manque d’information plus
approfondies comme des inventaires actualisées biaise parfois les appreciations.
L’identification des impacts sur la biodiversité concerne globalement la flore et la faune
de la région, les habitats naturels, les espèces protégées, les espèces menacées ou rares, les
écosystèmes fragiles, les aires protégées. Evidemment, l’importance de la richesse biologique
de la zone d’étude influence l’ampleur de l’E.E Les régions abritant les aires protégées (Parc,
Réserve, Sanctuaire) ou les sites d’écologie sensible donnent lieu à une E.I.E , tandis que les
autres se prêtent plus à une EE.S.
2. Système d’Evaluation des Impacts
Les études d’impact au Cameroun sont pour l’instant conduites suivant les articles 17 et
19 de la loi-cadre , relative à la Gestion de l’Environnement qui soumettent les projets aux
études d’impact pour évaluer les incidences sur l’équilibre écologique et énumèrent les
indications que doit obligatoirement comporter une E.E.
S’agissant du cas spécifique des impacts sur la biodiversité, cette loi n’entre pas dans les
détails. Tout comme la loi portant régime des forêts, de la faune et de la pêche qui présent une
étude d’impact préalable à tout projet susceptible de porter atteinte à la protection de la
biodiversité, mais il n’y est pas donné plus amples explications.
En dehors de ces deux lois, certains secteurs d’activités disposent des normes
particulières auxquelles se référent les consultants exécutant les E.E Ex : Directives de prise
en compte de l’environnement dans l’entretien routier du Ministère des Travaux Publics.
Au delà de ces références, il est vrai de portée globale sur les E.E , celles-ci sont menées
selon les cas soit sur la base de la Directive Opérationnelle 4 : 01 Evaluation
Environnementale de la Banque Mondiale, soit conformément aux procédures et à la
méthodologie d’Evaluation des Impacts développées par la Commission Européenne et les
pays ACP dans le cadre de la 4ème Convention de Lomé.
Il ressort de ce qui suit que les impacts sur la biodiversité bien que pris en considération
n’ont pas une référence spécifique. Pour l’instant, ils font partie intégrante des autres aspects
environnementaux abordés pendant les E.E. Le besoin d’une Stratégie appropriée est réel.
3. Suivi Environnemental
Suite aux études d’évaluation des impacts sur la biodiversité, les mesures d’atténuation
sont élaborées en conséquence compte tenu de la politique gouvernementale nationale de
Conservation et des exigences universelles de Protection des ressources naturelles.
Les mesures d’atténuation une fois approuvées par l’Administration sont
immédiatement exécutoires.
Cependant il faut souligner l’absence en ce moment des décrets et textes d’application à
la loi-cadre relative à la gestion de l’environnement qui devraient préciser plus en détail le
cadre de mise en œuvre du suivi environnemental. Malgré ce vide juridique, le contrôle dans
les différents plans de gestion environnemental des indicateurs du Statut de la biodiversité.
Comme exemples d’atténuation efficaces sur la biodiversité au Cameroun nous pouvons
citer :
- la modification du tracé du pipeline pétrolier Tchad-Cameroun qui devait initialement
passer par une Réserve forestière à l’Est du pays et dont l’itinéraire a été contourné pour
sauvegarder la richesse biologique tel que l’avait proposé l’E.E.
- l’interdiction depuis l’an 2000 du transport du gibier braconné par le train qui constituait
avant cette date l’unique moyen utilisé par les braconniers pour écouler leur produit dans
les grandes villes. Ceci a contribué à un ralentissement perceptible de la destruction de la
faune des régions desservies par le train comme l’avait proposé une E.E .
- la création de plusieurs aires protégées dans des régions où la biodiversité était menacée
de disparition à cause de la déforestation industrielle.
Ces exemples démontrent bien que les gouvernants tiennent compte de la place de la
Biodiversité dans les prises de décision et qu’en plus les E.E ont produit des données de
biodiversité plus actualisées dont se sont servi les pouvoirs publics pour planifier certaines
activités de développement. Les exemples les plus marquants concernent les projets de
construction des routes.
VII. EXEMPLES ILLUSTRATIFS
CAS I
1. Localisation : Toutes les régions du Cameroun
2. Personne ressource : BUURSINK/RCM
3. Proposition : Evaluation Environnementale Sectorielle des Transports du Cameroun
4. Alternatives : Modifications éventuelles dans le choix des sites de construction futures
des infrastructures lorsqu’ils se trouvent dans les zones d’écologie sensible, les aires
protégées ou les habitats naturels des espèces protégées. Le tracé des routes peut-être
dévié. Par contre si l’aire protégée avait déjà été envahi par l’infrastructure de transport
comme le chemin de fer, celle-ci est déclassée et une autre créé à proximité pour
compenser la perte.
5. Caractéristiques de la biodiversité
La biodiversité du Cameroun se caractérise par sa variabilité. Le pays est couvert de
savanes et de forêts, présente des plaines, des montagnes et un vaste littoral. La faune
riche et multi spécifique comprend entre autres des espèces menacées comme l’éléphant,
le gorille, le chimpanzé, le rhinocéros noir, l’autruche et la girafe. Le Cameroun
physique est un condensé de l’Afrique où se retrouve la presque totalité des
composantes bio écologiques du continent : forêts équatoriales, mangroves littorales,
savanes arbustives, steppes arborées.
6. Données de la biodiversité
Les chiffres ont été présentées à l’introduction. Rappelons que sont disponibles :
- les listes des espèces végétales (9000), des mammifères (409), d’oiseaux (1000), des
poissons (542) et des papillons (1050)
- la liste et la carte des 7 principales régions écologiques
- la liste et la carte des aires protégées de la faune et des sites de conservation des
forêts
- le plan de zonage
Plusieurs sources d’informations existent : Documents (Guides, ATLAS, Publications)
disponibles soit dans les Ministères en charge de la biodiversité (MINEF, MINREST,
MINEPIA) soit dans les librairies publiques).
7. Processus d’E.E.
Dans l’étude, le consultant analyse d’abord la situation environnementale du secteur des
transports et constate qu’en dehors des transports routier et maritime, les sous-secteurs
ferroviaire et aérien ne prennent pas en considération les aspects environnementaux dans
leur gestion actuelle.
Par la suite, les impacts environnementaux de chaque sous-secteur des transport sont
répertoriés. Il en ressort concernant la biodiversité les effets ci-après : la dislocation et la
perturbation des écosystèmes, la disparition des espèces protégées, la destruction des
populations animales et végétales, l’exploitation abusive et illégale des forêts, le
braconnage, la destruction de la faune aquatique, l’altération des habitats naturels , la
dégradation de la qualité de l’eau, la modification de la flore et de la faune de la
mangrove, la fuite des animaux de leur gîtes naturels, la pollution des milieux naturels.
Enfin, le consultant propose des mesures d’atténuation pour répondre aux différents
impacts environnementaux identifiés précédemment. Ceci est contenu dans un Plan de
Gestion Environnementale. En voici quelques repères relatifs aux impacts sur la
biodiversité :
- Procéder aux Etudes d’Impact avant chaque projet de construction
- Elaborer des plans d’aménagement préservant la biodiversité
- Aménager des passerelles pour les animaux dans les zones sensibles traversées par
la route
- Renforcer les mesures de lutte contre le braconnage et promouvoir l’élevage et la
pisciculture
- Effectuer un suivi de la salinité de l’eau
- Incorporer le paysage lié à l’écosystème dans le site de construction.
8. L’Etude a considéré les valeurs de la biodiversité que sont surtout les écosystèmes
sensibles (habitats naturels, aires protégées) et les espèces menacées ou rares. Elles ont
été obtenues lors des descentes sur le terrain dans les documents ou d’après les
témoignages.
9. L’expertise utilisée par le consultant pour étudier la biodiversité est acceptable au vu des
résultats obtenus et des conclusions pertinentes.
10. Les omissions qu’on peut relever s’agissant des impacts sur la biodiversité sont les
estimations quantitatives des effets relevés. L’étude ne fournit pas des données chiffrées.
11. L’étude mentionne en plus des impacts négatifs du transport, quelques impacts indirects
positifs du transport sur la biodiversité . Il s’agit de la facilitation des activités de
tourisme et de recherche dans les sites naturels plus accessibles grâce aux réseaux de
transport.
CAS II
1. Localisation : Extrême-Nord, Ouest, Centre et Sud
2. Personne ressource : INGEROP/ERE DEVELOPPEMENT
3. Proposition : Etude d’impacts environnemental du Programme d’Appui Institutionnel
pour la décentralisation de l’Entretien des routes rurales
4. Alternatives
Le projet concerne la réhabilitation et l’entretien des pistes déjà existantes. Les
alternatives possibles sont des modifications éventuelles du tracé des routes qui
perturberaient des écosystèmes sensibles.
5. Caractéristiques de la Biodiversité
L’Etude implique trois des grandes régions écologiques du Cameroun
- la zone de l’Extrême-Nord se trouve dans le domaine soudano sahélien où abonde la
savane arbustive avec comme principales essences : l’acacia albida, le jujubier et le
tamarinier. La zone abrite un parc national et deux réserves pauvres en potentiel
faunique : quelques oiseaux, antilopes et singes. De nombreux sites regorgent encore
une richesse biologique qui est l’objet de quelques projets de classement en cours ;
- la zone Ouest située en région des plateaux et des montagnes est le domaine des
pluies abondantes propice à une végétation épaisse. Beaucoup de forêts naturelles
ont disparu au profit des forêts anthropiques. On retrouve cependant des reliques de
la forêt biafréenne, de la forêt semi-decidue et des savanes péri forestières. La
biodiversité originelle était riche si l’on en juge par le classement d’une dizaine
d’aires protégées actuellement occupée par la population. Beaucoup d’espaces sont
l’objet des reboisements par les plantations d’Eucalyptus. La faune sauvage a
presque totalement disparu, mais l’avifaune reste importante ;
- la zone Centre et Sud est en pleine forêt équatoriale caractérisée par la forêt dense
humide semi caducifoliée et la forêt dense humide sempervirente . Ces formations
végétales sont l’objet d’une dégradation intense à cause de la surexploitation des
ressources ligneuses et de la culture itinérante sur brûlis. Les essences forestières
sont parmi les plus prisées sur le commerce : Moabi, Sapelli, Ayous, Doussié
etc…L’importance de la biodiversité est pourtant remarquable d’où la création de
certaines aires protégées dans une région considérée comme l’une des plus riches du
pays. On y retrouve des mammifères des reptiles, des oiseaux, des poissons
d’espèces variées, Eléphant, Buffle, Gorille, Chimpanzé, Sitatunga, Calao, Touraco,
Perroquet, Python etc…Cette faune devient de plus en plus rare à cause du
braconnage et de la destruction des habitats naturels.
6. Données de la Biodiversité
Les informations relatives à la diversité biologique des zones d’étude ne concernent que
les espèces animales et végétales présentes. Aucun inventaire n’a été fait pour fournir
des données chiffrées. Donc au plus on peut avoir :
- la carte du milieu naturel de chaque région
- la carte de délimitation et les superficies des aires protégées.
- Le plan de zonage
- Les sources d’information existent : Documents (Guides, Atlas, Rapport, publication
diverses.
7. Processus d’E.E
Le consultant présente sur étude d’évaluation en cinq point
• la description de l’état initial de chaque site concerné par l’examen des milieux
physiques biologique humain et des contraintes liées au milieu naturel. Il
évoque aussi la présence des organismes d’intervention.
• La description des travaux d’entretien routier qui explique la technologie
appliquée , les matériaux utilisés et les avantages dans l’exploitation des
ouvrages.
• L’identification des impacts sur l’environnement et la proposition des mesures
d’atténuation, de compensations ou de bonification. Il est fait une distinction
entre les impacts directs et indirects d’une part, les impacts positifs et négatifs
d’autre part. S’agissant de la biodiversité, il en ressort que les impacts directs
négatifs sont négligeables, les travaux de réhabilitation des pistes ne créant pas
de nouveaux effets sur la faune et le défrichement de la végétation des abords
étant contrôlable. Par contre les impacts indirects négatifs sont nombreux et à
chacun le consultant associe une mesure de compréhension.
- Braconnage <=> Formation du personnel et surveillance
- Dégradation des formations végétales et des plantations agricoles <=> concertation
avec les populations
- Perturbations de l’écosystème <=> respect de la réglementation
- Prélèvement illégal de la flore et de la faune <=> renforcement de la surveillance
Les quelques impacts indirects positifs énumérés sont :
- la facilitation de la commercialisation des denrées agricoles et l’approvisionnement
en intrants ;
- la surveillance du milieu vis à vis des prélèvements illégaux de la flore et de la
faune.
• L’organisation à mettre en place pour assurer la bonne prise en compte de la
protection de l’Environnement à travers :
- d’une part des actions éducatives de sensibilisation et de mobilisation concernant les
administrations décentralisées, les élus locaux, les entreprises locales et la
population ;
- d’autre part un suivi environnemental des travaux qui se fera préalablement aux
travaux (EES), pendant les travaux (contrôle environnemental) et pendant les
périodes d’entretien courant (suivi des indicateurs).
• les méthodes de suivi environnemental du programme qui sont le cadre
institutionnel actuel, l’assistance technique requise, le budget correspondant
aux prestations programmées.
8. Les valeurs de la biodiversité ont été profondément prises en considération dans
l’Etude : Aires protégées, zones d’écologie sensibles, écosystèmes fragiles, espèces
protégées. Elles ont été obtenues lors des descentes sur le terrain , dans le rapport des
études précédentes et après interviews des populations ou des autorités locales.
9. Les techniques de l’étude de la biodiversité utilisées par le consultant répondent aux
normes en vigueur, les résultats obtenus démontrent de l’adéquation en termes de durée
et de qualification du personnel.
10. Les omissions que nous relevons sont l’absence d’une estimation quantifiée des impacts
pour mieux juger du degré de ceux-ci .
11. Les impacts sur la biodiversité sont positifs dans certains cas et négatifs dans d’autres.
VIII. PERSPECTIVES POUR UNE GESTION DURABLE ET EFFICACE DE LA
BIODIVERSITE
1. Améliorations du système d’E.E
Le système d’E.E actuellement en vigueur au Cameroun nécessite un renforcement de
ses capacités si l’on veut accroître la considération de la biodiversité.
1-1. Le cadre juridique
Il faut le rappeler, le SEE prend appui principalement sur deux lois :
- la loi 94/01 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche.
- La loi 96/12 du 5 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de l’Environnement.
Bien que la loi portant régime des forêts, de la faune et de la pêche mentionne que tout
projet de développement susceptible d’entraîner des perturbations en milieu forestier ou
aquatique faille être subordonné à une étude préalable d’impact sur l’environnement ; elle ne
fournit aucune indication sur les modalités d’application de l’évaluation des impacts sur la
biodiversité. Le Décret d’application du 23 août 1995 qui réaffirme cette disposition de la loi
déclare toute simplement que l’Etude d’impact est réalisée par le demandeur suivant les
normes fixées par l’Administration chargée de l’Environnement . S’agissant donc de la loi-
cadre relative à la gestion de l’Environnement sensée étailler davantage la question , elle
réitère certes l’obligation d’une étude d’impact préalable à tout projet susceptible d’avoir des
incidents sur l’équilibre écologique de la région en donnant notamment les indications que
devrait comporter cette étude à savoir :
- l’analyse de l’état initial du site ;
- l’évaluation des impacts prévisibles ;
- l ‘énoncé des mesures d’atténuation ;
- l’estimation des coûts ;
- la présentation d’autres solutions.
Mais ceci n’est qu’une canevas global qui plus est, renvoie les modalités d’application à
un décret qui est toujours attendu à ce jour. Le système d’E.E actuel souffre d’un vide
juridique aggravé par l’inexistence d’une stratégie formelle de gestion de la biodiversité qui
tarde à voir le jour.
La solution ici est l’élaboration et l’adoption au plutôt d’un décret d’application fixant
les modalités d’étude d’impact environnemental dans lequel tous les détails des impacts et des
alternatives sur la biodiversité seront fournis. Ce qui évitera l’impression actuelle d’une
considération superficielle pour ne pas dire parfois subjective des problèmes de la
biodiversité .
1-2. Le cadre institutionnel
Le Ministère de l’Environnement et des Forêts (MINEF) est de par ses attributions la
principale institution gouvernementale à charge de la gestion des ressources biologiques. Il
devrait de ce fait coordonner les différentes études environnementales, ce d’autant plus que
tous les projets de développement en cours au Cameroun empiètent l’intégrité de la Diversité
biologique du pays. Malheureusement et pour des raisons qui nous restent inconnues , le
MINEF reste absent de la plupart des processus d’étude d’impact. Par contre c’est le
Ministère des Travaux Publics (MINTP) qui s’implique et supervise toutes les études
d’impact des travaux d’infrastructure sur l’Environnement. Seulement, l’expertise du MINTP
est davantage versée dans les travaux de construction et d’entretien des infrastructures et des
ouvrages, d’où la faible considération portée aux problèmes de la biodiversité dans beaucoup
d’E.E.
Il est temps que le MINEF assure son rôle de planification des stratégies de gestion
durable des ressources naturelles. Les autorités du MINEF doivent intervenir dans tous les
processus d’E.E afin que la biodiversité ne soit plus traitée de façon sommaire et superficielle
et que le contrôle et le suivi environnemental soient assurés.
1-3. La formation
Si le système d’E.E du Cameroun n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière ou son
efficacité optimale, c’est aussi dû à l’insuffisance des spécialistes nationaux en la matière. Le
besoin d’une formation des cadres nationaux est urgent car trop souvent, il faut faire recours à
une assistance technique étrangère qui en plus qu’elle est onéreuse, ne maîtrise pas toujours à
souhait les données locales sur la biodiversité.
1-4. La vulgarisation
D’évolution lente et tardive, la prise en compte de la biodiversité à l’instar des autres
aspects environnementaux par les promoteurs de projet de développement reste encore peu
divulguée. Il est surprenant que même le MINEF qui coordonne pourtant les différentes
opérations d’exploitation industrielle des forêts ne se préoccupe pas tant de la prise en compte
par les opérateurs, des retombés de ces activités sur la diversité biologique.
2. Autres mécanismes
Les impacts sur la biodiversité pourraient avoir une portée significative de nature à
influer sur les plans développement si d’autres mesures étaient adoptées. Nous suggérons ce
qui suit :
- inventaire faunique et floristique : demander à tout promoteur d’un projet de
développement susceptible de perturber la biodiversité de faire procéder à l’inventaire
actuel du potentiel biologique de la zone concernée afin d’avoir non seulement une
estimation quantifiée des impacts mais aussi des mesures d’atténuation le plus réaliste
possible ;
- prise en charge des dommages :appliquer le principe de pollueur, payeur, en instruisant au
promoteur du projet de s’acquitter de tous les frais équivalents aux dégâts prévisibles sur
la biodiversité. Cela peut se faire sur la base des taxes d’abattage aussi bien des animaux
que des arbres préalablement inventoriés ou alors suivant un taux forfaitaire fixé par
l’Administration des FINANCES
IX. CONCLUSIONS FINALES
Malgré son adoption et sa prise en compte tardives dans les procédures d’exécution des
projets de développement, le système d’E.E a sensiblement contribué à la préservation de la
Biodiversité au Cameroun. Avant l’introduction des études d’impact environnemental, la
conservation des ressources naturelles n’était pas une donnée à même de modifier les plans
des travaux où ne prévalaient que les préoccupations socio-économiques. Aujourd’hui, on
dénombre moult exemples où des chantiers ont été arrêtés, des itinéraires de routes déviées au
profit d’une aire de conservation de la biodiversité ; ou d’une zone à écologie sensible dont la
présence préalable a été volontairement occultée par des décodeurs peu soucieux de la
préservation des richesses biologiques. Les résultats sont édifiants : création de réserves, parcs
et sanctuaires pour limiter l’extension des unités d’exploitation forestière, déclassement puis
classement d’aires protégées envahies par la population humaine. Même si les statistiques ne
sont pas disponibles, il est évident que le système d’E.E a permis de sauvegarder un potentiel
important de la biodiversité.
Quant à la stratégie de la biodiversité, son élaboration étant en cours, on ne peut guère
apprécier son impact attendu sur le système d’E.E. Cependant, nul doute que l’influence de
cette stratégie sera positive sur l’efficacité des E.E. On peut pour cela regretter que pour
l’instant subsistent des vides juridiques qui ne garantissent pas à souhait les intérêts de la
biodiversité dans les études d’impact. En l’absence des détails sur les composantes et
l’ampleur des impacts à relever, il est difficile que la valeur de la biodiversité soit
appréhendée dans toute son acception.
Actuellement, le processus d’E.E disponible et applicable au Cameroun n’aborde pas les
impacts sur la biodiversité d’une manière directe et profonde. Il ne comporte pas les valeurs
pertinentes de la biodiversité. C’est au consultant chargé d’exécuter l’étude d’impact
d’apprécier les données à prioritiser et à proposer aux décideurs. D’où quelquefois des
aberrations constatées lorsque par aventure l’expert retenu n’a pas de connaissance
approfondie en matière de biodiversité. Cela s’explique car il n’existe pas pour le moment des
valeurs de référence précises, des standards d’appréciation pertinents et consensuels pour
toutes les parties prenantes.
Mais somme toute le bilan de l’apport du système d’E.E sur la conservation de la
biodiversité demeure appréciable au Cameroun. Si on peut déplorer le manque de suivi
environnemental parfois pour insuffisance de moyens financiers ou par faiblesse des
structures institutionnelles à charge, si on a eu à regretter quelquefois que les propositions
techniques ne soient pas rigoureusement appliquées pour des raisons souvent socio-politiques,
si enfin de compte la stratégie de conservation de la Biodiversité du Cameroun encore en
gestation ne produit pas tous les résultats escomptés sur la pérennisation des ressources ; des
succès existent au delà de quelques manquements.
On peut retenir en résumé que s’il y a eu des échecs sur le système d’E.E. au Cameroun,
cela tient de la responsabilité des dirigeants parfois peu animés de la motivation à la
conservation de la biodiversité. Le problème ici est celui du choix des options de
développement où la priorité des richesses biologiques n’a pas toujours prévalue dans l’esprit
de certains décideurs politiques. On a vu ainsi au grand jour des autorisation d’exploitation
forestière octroyées en pleine réserve forestière. Font autant que certaines lites politiques ont
sans corps férir encourage à l’occupation illégale des Parcs nationaux par la population .
Cependant parmi les actions classées comme succès des E.E., il y a l’aboutissement de
certains projets de classement des aires protégées longtemps bloqués. Mais on ne cessera
surtout pas de se rappeler de l’arrêt des travaux suivi par après d’une modification importante
du tracé du Pipeline pétrolier Tchad Cameroun en 1999 à cause du Massif forestier de l’Est
Cameroun qui avait fallu être détruit n’eut été les révélations de l’étude d’impact. Le cas est
resté mémorable et exemplaire car il aura fallu la pression des bailleurs de fonds extérieurs et
des ONGs pour contraindre le gouvernement à respecter les résolutions de l’E.E.
RECOMMANDATIONS
Au terme de cette analyse sur la situation de l’intégration de la biodiversité dans les
processus d’évaluation environnementale au Cameroun, nous recommandons :
1- l’Elaboration d’un Décret d’application à la Loi-cadre fixant les modalités sur les Etudes
d’Impact Environnemental ;
2- l’Elaboration d’un Arrêté Ministériel fixant les modalités d’intégration de la
Biodiversité dans les processus d’Evaluation Environnementale ;
3- l’Adoption de la Stratégie Nationale sur la Conservation et la Gestion de la Biodiversité
et son Plan d’Action ;
4- la détermination des indicateurs d’appréciation de l’ampleur des impacts sur la
Biodiversité sous forme de clauses types.
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