UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
FACULTE DES LETTRES ET DE SCIENCES HUMAINES
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DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE
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RAPPORT DE RECHERCHE
Option : Espaces Sociétés et Développement (ESD)
Parcours : Environnement, Territoires, Populations et Santé (E.T.P.S)
THEME:
CHANGEMENT CLIMATIQUE : IMPACT SOCIO-SANTAIRE
DE L’INTENSIFICATION DES INONDATIONS URBAINE CAS
DE LA COMMUNE DE KEUR MASSAR SUD
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)
INTRODUCTION GENERAL
Depuis de nombreuses années les températures sur terre augmentent de façon spectaculaire.
Le changement climatique, provoqué principalement par les émissions de gaz à effet de serre,
perturbe les systèmes climatiques de la Terre et modifie les modèles de précipitations.
L’expansion industrielle incontrôlée et la croissance urbaine rapide entraînent une pollution
qui augmente considérablement la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Cela se traduit par des événements climatiques extrêmes, comme des pluies abondantes plus
fréquentes et intenses, qui sont des facteurs clés contribuant à l'augmentation des risques
d'inondations. On parle d’inondations lorsque l’eau débordes des limites normales d’un cours
d’eau ou s’accumule dans une zone habituellement sèche.
Les inondations représentent l'un des phénomènes naturels les plus dévastateurs à l'échelle
mondiale, et leur fréquence ainsi que leur intensité ont tendance à augmenter en raison du
changement climatique. Elles peuvent causer des dégâts importants, tant malteries
qu’humains mais elles ont des impacts sanitaires graves pouvant entrainer de nombreuses
conséquences sur la sante publique tels que la propagation de maladies infectieuses (Cholera
et dysenterie :ces maladies sont souvent transmises par l’eau contaminée par des agents
pathogènes à la suite de l’inondation des infrastructures sanitaires) ; prolifération de
moustiques et transmission de maladies vectorielles (paludismes) ; perturbation des systèmes
de sante qui peut entrainer l’accès aux soins médicaux difficiles.
Depuis des années, le Sénégal fait face à des inondations récurrentes chaque année durant la
saison des pluies. Les villes, en raison d'une urbanisation rapide et d'une gestion du foncier
mal adaptée sont exposées aux risques d’inondations c’est le cas de la commune Keur
Massar.
Keur Massar est une commune qui, autrefois rurale, a connu une urbanisation rapide ces
dernières décennies. Cette croissance démographique rapide a été accompagnée d’une
urbanisation informelle et d’une pression accrue sur les infrastructures et les services publics,
y compris la gestion des eaux pluviales.
Touché par des pluies abondantes ayant causé des inondations ces dernière années la
commune de Keur Massar, a été considéré comme l’épicentre des inondations. Les habitants
endurent de grandes souffrances, tandis que les mesures prises par le gouvernement pour
lutter contre ce fléau peinent à produire des résultats efficaces.
Ce travail de recherche, en combinant une analyse des causes des inondations à Keur Massar,
des études de cas spécifiques et des enquêtes menées auprès des résidents locaux, a pour
objectif d’offrir une vision globale des risques sanitaires liés aux inondations et de proposer
des mesures de prévention et de réponse adaptées.
Ainsi, la première étape de cette étude consistera à examiner les causes des inondations dans
la commune de Keur Massar. Par la suite, nous analyserons les enjeux sanitaires et
environnementaux dans cette même commune, avant d’évaluer les stratégies de gestion des
risques d’inondations et sanitaires mises en place à Keur Massar.
Carte 1 : Présentation de la commune KEUR MASSAR
Figure : Localisation de la commune de Keur Massar
I/ PROBLEMATIQUE
1- CONTEXTE
Au cours des dernières décennies, le phénomène des inondations urbaines est devenu une
problématique croissante dans de nombreuses villes du monde, particulièrement dans les pays
en développement. Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU-Habitat, 2016),
l’urbanisation mondiale est en forte croissance, avec plus de 54 % de la population mondiale
vivant dans des zones urbaines en 2014, et ce chiffre devrait atteindre 66 % d’ici 2050. Cette
urbanisation rapide, particulièrement dans les zones urbaines des pays du Sud, a contribué à
une pression accrue sur les infrastructures existantes, augmentant ainsi la vulnérabilité de ces
villes aux risques naturels, notamment les inondations.
Les inondations urbaines sont généralement liées à plusieurs facteurs, dont le changement
climatique, qui entraîne une fréquence accrue des précipitations extrêmes, et l’urbanisation
non planifiée, qui réduit la capacité des sols à absorber les eaux de pluie. L’absence de
systèmes de drainage appropriés, ainsi que la mauvaise gestion des déchets et des
infrastructures publiques, accentuent ce phénomène dans les zones urbaines.
L'Afrique est particulièrement vulnérable aux risques d'inondation en raison de la rapidité de
son urbanisation et de la faiblesse de ses infrastructures urbaines. Le rapport de l'Organisation
Mondiale Météorologique (OMM, 2018) indique que l’Afrique subsaharienne est l'une des
régions les plus exposées aux effets du changement climatique, notamment les inondations
dues à des pluies torrentielles.
Les inondations constituent l’un des problèmes les plus graves auxquels le Sénégal est
confronté, ce qui en fait une préoccupation majeure du gouvernement depuis trois décennies.
Au Sénégal, la situation est similaire, avec des villes côtières comme Dakar et ses banlieues
subissant des inondations récurrentes. Les inondations urbaines dans la capitale sénégalaise
ont des causes multiples, notamment l’urbanisation incontrôlée, la croissance démographique
rapide et le manque d'infrastructures adaptées pour faire face à l’augmentation des volumes
d’eau pluviale. Ces inondations affectent gravement les conditions de vie des habitants, en
particulier dans les zones périphériques et les quartiers informels.
Depuis les années 1990, Dakar fait face à des inondations de plus en plus fréquentes et
graves. L’Agence Nationale de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), dans son rapport de
2017, indique que les inondations à Dakar sont en grande partie dues à l'urbanisation rapide
de la ville, à l’imperméabilisation des sols, et à la mauvaise gestion des eaux pluviales.
Dakar, comme de nombreuses autres grandes villes africaines, connaît une croissance
démographique très rapide. Le nombre d'habitants dans la région de Dakar est passé de 2
millions en 2000 à plus de 3,5 millions en 2020, entraînant une forte pression sur les
infrastructures urbaines et une gestion défaillante des risques liés aux inondations.
La croissance démographique, qui caractérise l'ensemble des villes sénégalaises, touche
également les zones périurbaines de Dakar. Cette expansion se manifeste par l'occupation de
terres inadaptées à l'habitat, ce qui aggrave et accélère les phénomènes d'inondations dans ces
quartiers, fragilisant ainsi le cadre de vie et précarisant les populations qui y résident.
L’impact des inondations dans une situation de croissance urbaine incontrôlée et d’une
occupation irrégulière des espaces est amplifié par l’absence d’un réseau fonctionnel de
drainage des eaux pluviales, la faiblesse des politiques d’aménagement du territoire et le non-
respect du plan directeur d’urbanisme. Les inondations des années 2000, notamment celles de
2005 dont les effets se font encore ressentir aujourd’hui dans certaines zones de la banlieue
de Dakar, mais aussi celles de 2009 et 2012 ont eu des impacts très négatifs sur les conditions
socio-économiques des populations ; des pertes en vies humaines ont été à déplorer ainsi que
la destruction d’infrastructures (routes, ponts), de maisons et d’autres biens.
En 2009, une série d’inondations graves a fait des dizaines de morts et a causé d’importants
dégâts matériels dans certains quartiers de la ville, notamment dans les banlieues. Les
dommages et pertes causes par les inondations de 2009, dans la zone périurbaine de Dakar
sont évalués à 35 milliards de Franc FCA (GOUVERNEMENT SENEGAL 2010).
En 2012, le bilan du Plan National d’Organisation des Secours (Plan ORSEC) de lutte contre
les inondations (activé après les fortes pluies du 26 août) faisait état de 26 décès liés aux
inondations, 264000 personnes sinistrées et 7737 habitations affectées en 2012.
À Keur Massar Sud, les inondations ont commencé en 2005. Dans cette zone, le problème
réside dans l'accumulation et la stagnation des eaux de pluie dans les zones résidentielles et
dans des espaces inoccupés. En effet, l'intensité des pluies, la topographie basse ou
dépressionnaire et la typologie des sols, peuvent jouer un rôle important dans la gravité des
inondations.
La commune de Keur Massar Sud est particulièrement vulnérable à ce phénomène en raison
de son urbanisation rapide. L'urbanisation anarchique contribue à rendre les sols
imperméables, ce qui entraîne la stagnation et le ruissellement rapide des eaux. Le
ruissellement naturel est amplifié par la croissance rapide de la ville, avec la construction de
bâtiments et de routes qui bloquent les canaux naturels de l'eau et augmentent
l'imperméabilisation des sols.
Les inondations sont devenues une réalité difficile à supporter dans cette zone, qui était
autrefois connue pour sa tranquillité. La peur est constante, surtout avant chaque saison des
pluies. Face à ce phénomène, les habitants, souvent démunis, tentent en vain de trouver des
solutions pour s'adapter. Certains abandonnent leurs maisons, tandis que d'autres utilisent
différentes méthodes comme le remblayage, la construction de murs de protection et
l'aménagement de canaux de drainage et à l’intérieur des maisons, les eaux remplissent les
fosses septiques et causent des dégâts matériels. En outre, plusieurs ruelles sont inondées
pendant la saison des pluies. En plus de ces actions locales, les autorités mettent en place des
stratégies à l'échelle régionale, départementale ou communale, mais les résultats ne sont
souvent pas à la hauteur des attentes.
3- JUSTIFICATION DU SUJET
Au Sénégal, de nombreuses études ont été menées sur les précipitations, mais en raison de
leur caractère imprévisible et de leurs nombreux impacts sur la vie des populations, il est
nécessaire de mettre à jour régulièrement ces recherches.
Keur Massar Sud a connu une urbanisation rapide au cours des vingt dernières années,
attirant un grand nombre de populations rurales et entraînant une forte croissance
démographique. Cette urbanisation rapide s'est faite sans une planification adéquate, créant
des conditions propices aux inondations en raison de l'imperméabilisation des sols, de
l'absence de systèmes de drainage efficaces et de la gestion informelle des espaces publics.
Cette forte densification urbaine, couplée à une infrastructure insuffisante, fait de Keur
Massar Sud une zone particulièrement vulnérable aux inondations, avec des conséquences
sanitaires et sociales importantes.
La commune de Keur Massar Sud est géographiquement située dans une zone basse, avec des
pentes faibles, ce qui la rend particulièrement susceptible aux inondations, surtout pendant la
saison des pluies. Les fortes précipitations de l’été combinées à l’incapacité des
infrastructures de drainage à gérer ces volumes d'eau entraînent régulièrement des
inondations.
L'évolution irrégulière et imprévisible de la pluviométrie dans cette zone durant ce dernier
cinquantenaire et ses multiples impacts sur la société justifient la pertinence de son étude à
travers ses variations dans le passé, dans le présent pour anticiper celles à venir afin
d'élaborer des stratégies viables pour éviter à d'éventuelles catastrophes. Le choix de la
commune de Keur Massar Sud s'explique alors par le fait que cette localité a été témoin des
deux phases majeures de l'histoire climatique du Sénégal (la sécheresse et les inondations).
En effet, un inventaire des effets de la sécheresse sur l'occupation du sol à Keur Massar Sud
permettra d'identifier les causes profondes des récentes inondations dans cette commune.
Cela favorisera une meilleure compréhension des enjeux liés aux inondations et aidera à
définir des stratégies durables de prévention ou d'adaptation.
L'étude de l'impact socio-sanitaire des inondations urbaines est essentielle pour comprendre
l'étendue des dommages causés par ces événements et pour identifier les populations les plus
touchées. En effet, les inondations entraînent souvent des pertes de vie, des destructions de
biens, des déplacements massifs, la propagation de maladies et une détérioration générale des
conditions de vie. Étudier ces impacts permet de dresser un tableau précis des conséquences
des inondations sur le plan social et sanitaire, ainsi que d'évaluer les besoins urgents en
matière d'aide humanitaire. Malgré les efforts fournis par l’ORSEC et l’ONAS ce site a
encore connu des inondations récentes lors des pluies d’Août 2022 qui ont causé des dégâts
matériels considérables.
Keur Massar Sud a été choisi pour analyser les impacts socio-sanitaires de l’aggravation des
inondations, car c’est une commune qui a été exposé à d’intenses pluies dans un contexte
d’urbanisation rapide et mal contrôlée. C’est dans la commune de Keur Massar Sud que la
stagnation des eaux se manifeste avec la plus grande intensité à cause de la configuration
topographique notamment.
L'importance de l'étude de l'impact socio-sanitaire de l'intensification des inondations
urbaines réside donc dans sa capacité à approfondir notre compréhension des conséquences
dévastatrices de ces événements sur les communautés urbaines. Cette étude aidera à mieux
cerner les problèmes sociaux, environnementaux et sanitaires spécifiques aux inondations
urbaines dans la commune de Keur Massar Sud, tout en contribuant à l'élaboration de
stratégies de prévention, d'intervention et d'adaptation plus efficaces. Dans les sections
suivantes, nous examinerons plus en détail les spécificités de ce contexte et nous explorerons
les différentes méthodes et approches utilisées pour réaliser cette étude.
4- Questions de recherche
Quelles sont les principales causes de l'intensification des inondations urbaines à Keur
Massar Sud au cours des dernières décennies ?
Quelles sont les incidences sanitaires et environnementales des inondations sur les residents
de Keur Massar Sud ?
Quelles sont les stratégies de gestion des risques d'inondation mises en place par les autorités
locales et comment ces stratégies influent-elles sur la résilience des habitants de Keur Massar
Sud?
5- LES OBJECTIS DE RECHERCHE
L’objectif principal de cette étude est d'analyser les impacts des inondations, en mettant en
lumière les effets sur la santé publique, les conditions de vie des habitants et les réponses
institutionnelles face à ce phénomène.
Ainsi, trois (3) objectifs spécifiques s’ensuivre, à savoir :
- Identifier les principales causes de l'intensification des inondations.
- Analyser les incidences sanitaires et environnementales des inondations sur les habitants de
Keur Massar Sud.
-Examiner les Stratégies de gestion des risques d’inondations et les réponses des autorités
locales.
6- LES HYPOTHESES
Les objectifs de ce travail nous amènent à formuler plusieurs hypothèses que nous nous
efforcerons de vérifier :
-Les inondations de la commune sont liées par des facteurs anthropiques et aux aléas naturels.
-Les inondations ont un impact sur la santé des populations, en particulier en favorisant la
propagation des maladies hydriques.
-La sensibilisation des populations et des collectivités locales à la nécessité d'une gestion
durable pourrait contribuer à réduire l'impact des inondations.
7- ANALYSE DES CONCEPTS
Cette section a pour but de clarifier les concepts clés que nous utiliserons tout au long de
notre étude. Dans cette recherche certains termes clés sont utilisés et nécessitent d'être
éclaircit afin de permettre une meilleure compréhension de la question de recherche.
Ainsi ,une définition précise de ces termes est essentielle pour assurer une compréhension
claire et cohérente de notre travail.
Changement climatique :
Le changement climatique désigne les variations à long terme des conditions climatiques
globales ou régionales, notamment la température, les précipitations et les phénomènes
météorologiques extrêmes. Il inclut à la fois des changements naturels et anthropiques.
Toutefois, dans le contexte actuel, il fait principalement référence à l'impact des activités
humaines, telles que l'émission de gaz à effet de serre (GES), qui accélèrent le réchauffement
de la planète et modifient les systèmes climatiques. L’utilisation de combustibles fossiles, la
déforestation et l’élevage de bétail influent de plus en plus sur le climat et la température de
la terre. Ces activités libèrent d'énormes quantités de gaz à effet de serre, qui viennent
s'ajouter à celles naturellement présentes dans l’atmosphère, renforçant ainsi l'effet de serre et
le réchauffement de la planète.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) définit le
changement climatique comme « un changement durable dans les caractéristiques statistiques
du climat sur de longues périodes de temps, de dizaines à des millions d'années.» (GIEC,
2014). Le concept de changement climatique repose sur l'idée que l'activité humaine,
principalement par la combustion de combustibles fossiles et la déforestation, modifie la
composition de l'atmosphère terrestre. Les principaux gaz à effet de serre (GES) responsables
de ce phénomène sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde
d'azote (N2O). Ces gaz emprisonnent la chaleur dans l'atmosphère et provoquent une
élévation des températures mondiales, entraînant des conséquences variées à différents
niveaux géographiques (GIEC, 2014).
L'Afrique est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, bien qu'elle
contribue de manière marginale aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le
réchauffement climatique a des conséquences graves sur, la gestion des ressources en eau, la
santé publique dans les pays africains. L’impact du changement climatique sur le continent est
particulièrement perceptible dans des secteurs clés du développement, affectant gravement la
biodiversité, l'approvisionnement en eau, la production alimentaire et l'économie. Ces
perturbations ont des répercussions directes sur la santé des populations, en particulier celles
vivant dans les régions les plus exposées. Les pénuries d'eau, les phénomènes climatiques
extrêmes tels que les sécheresses et les inondations fréquentes, la diminution des rendements
agricoles et la destruction des écosystèmes contribuent à l'aggravation des conditions de vie
et des problèmes sanitaires. Le changement climatique constitue la plus grande menace pour
la santé de l’humanité. Les effets de ce dernier nuisent déjà à la santé : pollution
atmosphérique, maladies, phénomènes météorologiques extrêmes, déplacements forcés,
pressions sur la santé mentale, aggravation de la faim et de la malnutrition dans des endroits
où les populations ne parviennent pas à produire ou à trouver de la nourriture en suffisance.
Les variations climatiques favorisent le développement des maladies et, en raison des
phénomènes météorologiques extrêmes, le nombre de décès augmente et les systèmes de
soins de santé ont du mal à suivre.
Le Sénégal, est également confronté aux effets du changement climatique. Le pays subit des
périodes de sécheresse, des vagues de chaleur et des précipitations irrégulières qui affectent
les ressources en eau et l'habitat des populations.
Anthropique :
Il désigne les phénomènes ou processus qui sont causés ou exacerbés par les activités
humaines. Dans le contexte des inondations, l'action humaine peut aggraver les conséquences
de ces phénomènes naturels, notamment en rendant les zones vulnérables encore plus
sensibles aux risques d'inondation, en raison de pratiques telles que l'urbanisation non
contrôlée ou la mauvaise gestion des espaces et des ressources en eau.
URBANISATION :
L'urbanisation désigne le processus de concentration de la population dans les zones urbaines
et les agglomérations. Le taux d'urbanisation est exprimé par le rapport entre la population
urbaine et la population totale. L'urbanisation en rapport avec les inondations se mesure par
les effets désastreux qu'elles provoquent, en particulier sur les populations vulnérables. Ce
phénomène exacerbe les risques d'inondation, en raison de l'occupation anarchique des sols et
de l'absence d'infrastructures adaptées pour gérer les eaux pluviales. Ce phénomène
d'urbanisation rapide s'accompagne de défis liés à l'aménagement du territoire, la gestion des
infrastructures et la résilience face aux catastrophes naturelles, notamment les inondations. La
forte concentration de la population dans la capitale dakaroise pousse de nombreux habitants
à chercher refuge dans la banlieue, notamment à Keur Massar, où l’espace est plus vaste et
les conditions de vie semblent plus abordables. Cependant, cette expansion démographique
s’accompagne souvent d’une urbanisation non régulée. Les habitants de la commune ne
respectent pas toujours les lois et règlements d’urbanisme, ce qui engendre une occupation
anarchique du territoire. Cette urbanisation informelle, réalisée sans tenir compte des normes
de planification urbaine, contribue à l’apparition de divers problèmes, notamment les
inondations, qui aggravent les conditions de vie des résidents. Une urbanisation non maîtrisée
est l'une des principales causes des inondations dans la commune de Keur Massar,
notamment dans le quartier de Jaxaay. Ces inondations sont aussi souvent le résultat de
l’imperméabilisation des sols, du manque d’infrastructures de drainage adaptées et de
l’occupation de zones sensibles aux risques naturels, ce qui met les populations en situation
de vulnérabilité.
L’IMPREMEABILISATION DES SOLS :
L'imperméabilisation des sols désigne le processus par lequel la capacité naturelle du sol à
absorber l'eau est réduite ou supprimée en raison de l'urbanisation, de la construction
d'infrastructures, de la pose de revêtements durs (comme le béton, l'asphalte ou les pavés), ou
de l'étalement des surfaces bâties. Ce phénomène empêche l'eau de s'infiltrer correctement
dans le sol, ce qui entraîne un ruissellement plus important de l'eau de pluie, et augmente le
risque d'inondations, particulièrement dans les zones urbaines densément peuplées.
INONDATION :
Une inondation est un aléa caractérisé par une hausse du niveau de l’eau au-delà de ses cotes
habituelles. Autrement dit elles sont des phénomènes naturels ou provoqués qui se
caractérisent par une submersion temporaire de zones habituellement non immergées par
l'eau. Elles surviennent lorsque les capacités d'écoulement des cours d'eau ou des systèmes de
drainage sont dépassées, provoquant l'accumulation d'eau sur des terres basses, des régions
urbaines ou rurales. L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
(FAO) définit les inondations comme un « phénomène dans lequel des zones terrestres, qui
normalement ne sont pas couvertes par de l’eau, sont submergées pendant un certain temps »
(FAO, 2008).
L'inondation est définie comme un phénomène hydrologique, où les eaux recouvrent une
zone de manière anormale, dépassant les limites normales. Elle peut survenir à la suite de la
fonte des neiges, des pluies trop abondantes, ou d'une défaillance des infrastructures
humaines. (Dictionnaire de Géographie de Jean-Michel Lemoine ,2006)
Les inondations peuvent être naturelles ou anthropiques. Les inondations naturelles sont
causées par des événements météorologiques extrêmes, tandis que les inondations
anthropiques résultent souvent de mauvaises pratiques d'urbanisme, telles que
l'imperméabilisation des sols ou un drainage insuffisant. Elles représentent la moitié des
catastrophes naturelles mondiales.
Dans le cadre de notre étude, elles désignent l’envahissement des zones résidentielles par les
eaux pluviales.
IMPACT SANITAIRE :
L'impact se réfère aux conséquences ou aux effets résultant d'un événement ou d'une action
sur un individu, une population, une communauté ou un environnement. En géographie,
l'impact peut être physique, social, économique, ou environnemental, et il se mesure souvent
en termes de changements observés ou en termes d'effets mesurables à la suite d'un
phénomène donné. Ainsi ; les impacts sanitaires font référence à l'ensemble des effets, qu'ils
soient positifs ou négatifs, d'un événement ou phénomène naturel, tel que les inondations, sur
la santé physique, mentale et sociale des individus et des communautés. Ces impacts sont
souvent évalués selon plusieurs critères, notamment la morbidité (taux de maladies), la
mortalité, la qualité de vie et les coûts économiques associés à la prise en charge des maladies
et des blessures.
Dans le cadre de notre étude, nous définissons un impact sanitaire comme un risque,
immédiat ou à long terme, plus ou moins probable, auquel la santé publique peut être
confrontée.
V-METHODOLOGIE :
Pour atteindre les objectifs fixés, un ensemble de moyens est mis en place pour la collecte, le
traitement et l'analyse des données, afin d’obtenir les informations nécessaires pour illustrer
notre recherche.
1 /LA REVUE DOCUMENTAIRE
Dans cette phase préliminaire, nous avons consulté divers ouvrages généraux portant sur les
changements climatiques et les inondations, qui engendrent des dégâts importants. Cette
approche s'est révélée cruciale, car elle nous a permis d'évaluer l'ampleur des impacts négatifs
de ce phénomène sur la vie quotidienne des populations. Elle a également mis en évidence
que la gestion des inondations demeure un enjeu majeur à intégrer dans les politiques de
développement d’un pays. En outre, nous nous sommes rendus à la bibliothèque centrale de
l’Université de Dakar, où nous avons trouvé une documentation approfondie sur les
changements climatiques, les inondations et leurs effets sur la santé des populations.
-CHIEKH MBOW, (2008). "Les changements climatiques et leurs impacts au Sénégal : vulnérabilité
et adaptation" publié dans la Revue sénégalaise de géographie, 4(1), 67-80
Dans cet article, l'auteur Cheikh Mbow explore de manière détaillée les conséquences du
changement climatique au Sénégal, avec un focus sur les impacts sur l'environnement, les
infrastructures, l'agriculture et la santé publique. L’auteur souligne que bien que le Sénégal
soit un contributeur mineur aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, il est néanmoins
très vulnérable aux effets de ces changements, en particulier en raison de ses caractéristiques
géographiques et climatiques. L'article explore les divers phénomènes climatiques qui
affectent le Sénégal, tels que l'augmentation de la fréquence des événements météorologiques
extrêmes (pluies intenses, sécheresses prolongées), qui se traduisent par des inondations
massives dans certaines régions, en particulier dans les zones urbaines densément peuplées.
L'urbanisation rapide et la mauvaise gestion des espaces urbains accentuent cette
vulnérabilité.
Dans cet ouvrage l’auteur montre que les inondations sont un vecteur de propagation de
maladies hydriques (choléra, typhoïde, paludisme) qui ont un impact négatif sur la santé
publique, en particulier dans les zones où les infrastructures de santé sont limitées ou
inaccessibles.
En somme, cet ouvrage est une référence utile pour comprendre les impacts du changement
climatique au Sénégal, en particulier en ce qui concerne les inondations, et pour développer
des stratégies d’adaptation en réponse à cette problématique.
- Le rapport national sur les inondations et les pertes économiques publié par le
Gouvernement du Sénégal en 2010 (Ministère de l’Environnement) est un document clé
dans la compréhension des inondations au Sénégal, notamment en ce qui concerne leur
impact socio-économique et les mesures mises en place pour limiter les dégâts.
Ce rapport a été rédigé après les inondations massives survenues au Sénégal, principalement
dans les zones urbaines, et met en lumière l'ampleur des dégâts causés par ces phénomènes
naturels sur la population, les infrastructures et les activités économiques. Il vise à fournir un
état des lieux complet des inondations récentes au Sénégal et à mettre en évidence les pertes
économiques engendrées par ces événements.
Ce rapport met en lumière la nécessité d'une gestion efficace des risques liés aux inondations
au Sénégal. Il souligne l’importance d’une coordination renforcée entre les acteurs locaux,
nationaux et internationaux pour minimiser les pertes humaines et économiques, et garantir la
durabilité des actions entreprises. En outre, il appelle à une meilleure planification urbaine et
à des infrastructures plus résilientes face aux événements climatiques extrêmes, notamment
dans les zones les plus vulnérables telles que Keur Massar.
3. Laye, M. (2015). Les impacts des inondations sur les populations urbaines de Dakar et de
ses banlieues. Thèse de maîtrise, Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
- Cette thèse analyse les conséquences sanitaires, économiques et sociales des inondations à
Dakar, avec une attention particulière aux quartiers vulnérables comme ceux de Keur Massar
et Pikine.
-L'ouvrage d'Omar Cissé, intitulé « Les inondations à Dakar : Gestion des risques et
adaptations locales (2018) », se concentre sur les inondations dans la capitale sénégalaise et
explore en profondeur les différentes stratégies locales mises en place pour gérer ces risques.
Cissé examine également les défis auxquels les autorités locales et les populations font face
aux inondations récurrentes dans la ville de Dakar, particulièrement dans les quartiers
vulnérables.
Cet ouvrage traite de l'impact des inondations à Dakar, avec une attention particulière portée
sur les stratégies de gestion des risques et les mécanismes d'adaptation des populations
locales aux inondations. L’auteur analyse les causes des inondations dans la ville, en lien
avec l'urbanisation rapide, l'insuffisance des infrastructures de drainage, et les phénomènes
climatiques extrêmes. L'auteur s'intéresse aussi aux réponses des autorités et aux initiatives
locales pour limiter les dégâts des inondations. Cet ouvrage est une contribution importante à
la compréhension des inondations à Dakar et des stratégies mises en place pour les gérer. Il
apporte un éclairage utile pour les chercheurs, les responsables politiques, les urbanistes et les
praticiens impliqués dans la gestion des risques climatiques et des catastrophes naturelles.
-Nous avons également consulté le livre du professeur Mame Demba Thiam intitulé :
« Syndrome des inondations au Sénégal » est une étude approfondie sur les inondations qui
affectent le Sénégal, en particulier dans ses zones urbaines. Cet ouvrage aborde non
seulement les aspects géographiques et climatiques des inondations, mais également les
dimensions sociales, économiques et sanitaires qui en résultent. L’auteur présente plusieurs
causes principales des inondations au Sénégal, telles que « l'urbanisation rapide et non
planifiée, l’imperméabilisation des sols, et la mauvaise gestion des eaux de ruissellement ».
Dans cet ouvrage, l’auteur aborde les inondations qui apparaissent selon lui comme « un
signe de
Syndrome, auquel il faut trouver une thérapie à la hauteur de la catastrophe ».
Le professeur Thiam aborde aussi les lourdes conséquences des inondations sur la santé des
populations. Il affirme que « les inondations entraînent la propagation de maladies hydriques
telles que le choléra et la typhoïde, causant des dégâts importants à la santé publique. Les
populations vivant dans les zones les plus vulnérables sont particulièrement exposées à ces
risques sanitaires ».
- Cet ouvrage traite des événements climatiques extrêmes, y compris des inondations, en
étudiant la relation entre la pluviométrie et les risques dans les zones urbaines du Sénégal.
5. Lacombe, R., & Ndiaye, M. (2017). Les risques d'inondation dans la région de Dakar :
Cartographie des zones sensibles et préconisations pour l’aménagement urbain. Revue
Géographique de l'Afrique, 45(2), 103-119.
- Cet article propose une cartographie des zones inondables dans la région de Dakar et
présente des recommandations pour une meilleure gestion de l'urbanisation face aux risques
d'inondations.
6. Dakar Dem Dikk (2015). Rapport sur la gestion des inondations et des risques urbains à
Dakar. Dakar Dem Dikk, Ministère de l'Urbanisme et de l'Aménagement du Territoire.
- Ce rapport explore les défis liés à l’urbanisation rapide à Dakar et l'intensification des
inondations, en proposant des stratégies de gestion des risques urbains.
7. Sow, O. (2012). Les inondations à Dakar : Problématique, causes et solutions. Mémoire de
master en géographie, Université Gaston Berger de Saint-Louis.
- Ce mémoire explore les causes des inondations à Dakar, notamment l'urbanisation non
contrôlée, et examine les mesures prises par les autorités locales pour y faire face.
8. UN-Habitat (2011). Les effets des inondations sur les zones urbaines du Sénégal : Étude de
cas sur la banlieue de Dakar. Nairobi : UN-Habitat.
- Cette étude menée par l'ONU se concentre sur les effets des inondations sur les zones
urbaines du Sénégal, avec une attention particulière portée à la banlieue de Dakar, notamment
Keur Massar.
Ces ouvrages, rapports et mémoires offrent une base solide pour mieux comprendre l'impact
des inondations au Sénégal et notamment à Dakar et dans ses banlieues. Ils explorent non
seulement les causes et les effets des inondations, mais aussi les stratégies d’adaptation et les
mesures de gestion des risques qui peuvent être mises en place pour faire face à ces
catastrophes naturelles.
2 / LE TRAVAIL DE TERRAIN
Pour ce travail de terrain, nous adopterons une approche en plusieurs étapes pour collecter les
données nécessaires à l’analyse de l’impact socio-sanitaire de l'intensification des inondations
urbaines à Keur Massar Sud. Nous commencerons d’abord par administrer des questionnaires
aux représentants des services municipaux chargés de la gestion des infrastructures et des
risques d’inondations, nous interrogerons également des professionnels de la santé travaillant
dans la commune, comme des agents sanitaires et des responsables d'ONG locales œuvrant
dans le domaine de la santé publique et de la gestion des crises. Nous réaliserons également
une série de questionnaires auprès des habitants de Keur Massar pour recueillir leurs
témoignages et perceptions concernant les inondations. Nous nous concentrerons sur les
quartiers les plus affectés par le phénomène (par exemple, le quartier Jaxaay ou d'autres
zones particulièrement vulnérables) afin de mieux comprendre les effets directs des
inondations sur leur santé physique et mentale, leurs conditions de vie, ainsi que leurs
stratégies d’adaptation. Cette enquête inclura des questions sur la gestion de l’eau, les
maladies courantes après les inondations et les comportements d’adaptation face à ce
phénomène récurrent. Enfin, des visites de terrain seront organisées dans les quartiers ciblés
pour observer directement les conditions d'habitat, les infrastructures existantes (systèmes de
drainage, routes, réseaux d’assainissement, etc.) et évaluer la pertinence des solutions mises
en œuvre pour lutter contre les inondations.
3/ LES OUTILS ET METHODES DE COLLECTES
Dans le cadre de cette étude, plusieurs outils et méthodes de collecte de données seront
utilisés afin d’obtenir une compréhension approfondie des impacts socio-sanitaires des
inondations à Keur Massar Sud. Ainsi elle sera composée d’une enquête qualitative et d’une
enquête quantitative pour une bonne compréhension des enjeux du phénomène des
inondations et ses incidences sanitaires.
3.1/ QUESTIONNAIRE
Le questionnaire est un outil de collecte de données essentiel permettant de recueillir des
informations quantitatives, c’est-à-dire des données numériques ou mesurables. Conçu pour
récolter des réponses pouvant être facilement quantifiées et analysées de manière statistique,
il constitue un instrument clé dans le cadre de notre étude. Le questionnaire sera administré
directement aux ménages dans les quartiers les plus touchés par les inondations, aux
structures sanitaires et aux représentants des services municipaux, afin de garantir la
représentativité des données collectées. En utilisant cet outil, nous espérons obtenir une vue
d'ensemble des perceptions des populations locales, des effets sur leur santé, ainsi que des
stratégies d'adaptation mises en place face à ces phénomènes.
3.2/ LA PHASE DE TRAITEMENT DES DONNES
Une fois les données collectées à travers le questionnaire , la phase de traitement des données
constitue une étape cruciale dans l’analyse des résultats de notre étude. Elle permet de
transformer les données brutes en informations exploitables, afin de répondre aux objectifs de
la recherche. Pour ce faire, nous allons avoir besoins de logiciels tels que koobocolect pour la
collecte et la gestion des données numériques sur le terrain via le questionnaire en ligne;
Excel pour le traitement statistique, la conception de graphiques et de tableaux des données
collectées; d’ArcGIS et de QGIS pour la réalisation et la confection de cartes des zones
inondés pour bien appuyer nos travaux ; de PowerPoint pour la présentation diapositive de
notre étude et enfin Word pour la saisie du travail.