UNIVERSITE SALAH BOUBNIDER CONSTANTINE 3
FACULTE DE MEDECINE
DEPARTEMENT DE MEDECINE DENTAIRE
Service de parodontologie
L’EXAMEN CLINIQUE EN
PARODONTOLOGIE
Cours pour les étudiants de 3ème Année
Année universitaire:2023-2024
Dr BOUGHEDDA. I
Plan
Introduction
1- Interrogatoire
1-1-Anamnèse et motif de consultation
1-1-1-Anamnèse générale
1-1-2-Anamnèse locale
1-1-3-Evaluation des facteurs de risques
1-1-4-Hérédité et antécédents familiaux
1-1-5-Stress
1-1-6-Tabac
1-1-7-Pathologies générales
1-1-8-Traitement médicamenteux en cours
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2- Examen clinique
2-1-Evaluation de l’hygiène bucco-dentaire
2-2-Halitose
2-3-Evaluation des dents
2-4-Evaluation du parodonte superficiel
2-5-Evaluation du parodonte profond
2-6-Examen de l’occlusion
2-7-Examen fonctionnel
3- Examen radiologique
4- Autres examens complémentaires
Conclusion
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INTRODUCTION
Les maladies parodontales ont des étiologies multifactorielles.
C’est grâce à l’examen clinique , étape primordiale du bilan
parodontal, que nous pouvons définir ces étiologies. Avec
l’aide des examen complémentaire nous pouvons mettre en
ouvre un diagnostic et un plan de traitement adapté.
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1-INTERROGATOIRE
1-1-Anamnèse et motif de consultation
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1-1-1- Anamnèse générale:
Le questionnaire médical et l’interrogatoire du patient
permettent de déterminer les facteurs de risques généraux
susceptibles d’influer sur sa maladie et sur sa thérapeutique
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1-1-2-Anamnèse locale
-Le motif de consultation: doit être noté dans les termes du
patient.
-Histoire de la maladie parodontale: recueillir tous les symptômes
perçue par le patient
-Antécédents buccaux: traitements antérieurs
-le nombre du brossage et leur durée
-Le type de brosse à dent et la technique appliquée du brossage
ainsi que l’utilisation des adjuvants du brossage
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1-1-3- Evaluation des facteurs de risque
La susceptibilité à la maladie parodontale peut être expliquée:
-soit par des facteurs génétiques ou mutations génétiques qui
peuvent modifier certaines fonction du system immunitaire.
-soit par des facteurs acquis du système immunitaire due à
l’environnement peuvent transformer un sujet résistant à la
maladie en un sujet sensible.
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1-1-4- Hérédité et antécédents familiaux
-pathologies générales héréditaires en rapport direct ou indirect
avec la maladie parodontale
-L’hypothèse de prédisposition génétique aux maladies
parodontales est aujourd’hui confirmé.
- Un test de susceptibilité à la maladie parodontale a été mis au
point, visant à déterminer la présence d’interleukine1
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1-1-5-Stress
Il semble agir à deux niveaux:
-sur les mécanismes physiologiques tels que la réponse
immunitaire ou le flux salivaire
-d’autre part il modifie le comportement donc les facteurs
environnementaux qui peuvent devenir des comportements à
risque pour la santé parodontale
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1-1-6-Tabac
Les effets du tabac sur le système de défense sont:
-le nombre de PNN est diminué
-les fonctions chimiotactique et phagocytaire sont diminuées
-la production des IgA sécrétoires est réduite
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1-1-7-Pathologies générales
*Diabète:
D’après les endocrinologues, les problèmes parodontaux
représentent les sixièmes complication du diabète.
Chez les diabétiques, un examen à la recherche d’une
parodontite est recommandé au moins deux fois par an.
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*Maladies cardiovasculaires:
-Les maladies cardiovasculaires et les parodontites présentent des
facteurs de risque communs: le tabac, le stress, l’age, le
diabète,…
-Il y a une association entre les deux pathologies
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*Modifications hormonales:
-Grossesse
-Ménopause et ostéoporose
-Pathologies hématologiques ou maladies immunodépressives
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1-1-8-Traitement médicamenteux en cours
-Les ciclosporines
-La chimiothérapie anticancéreuse
-Les antiépileptiques type phénytoine
-La nifédipine
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Il est important de déceler tous ces facteurs de risque de maladie
parodontale lors de notre interrogatoire
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2-EXAMEN CLINIQUE
2-1-Evaluation de l’hygiène bucco-
dentaire
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Indices d’hygiène:
“ Indice simplifié d’hygiène buccale de Greene etVermillon
• L’OHI-S (oral hygiene index simplifié) se compose de deux indices : l’indice simplifié de débris (DI-S)
et l’indice simplifié de tartre(CI-S).
• Le DI-S est un indice numérique allant de 0 à 3 :
C 0 : ni débris, ni coloration ;
C 1 : débris mous couvrant jusqu’au tiers de la surface de la dent ;
C 2 : débris mous couvrant entre le tiers et les deux tiers de la surface de la dent ;
C 3 : débris mous couvrant plus des deux tiers de la surface de la dent.
• Le CI-S est aussi un indice numérique allant de 0 à 3 :
C 0 : absence de tartre ;
C 1 : tartre supragingival ne couvrant pas plus du tiers de la surface de la dent ;
C 2 : tartre supragingival couvrant entre le tiers et les deux tiers de la surface de la dent ;
C 3 : tartre supragingival couvrant plus des deux tiers de la surface de la dent ou bande
continue de tartre sous-gingival.
• Le principe de l’OHI-S consiste à additionner les scores, à les diviser par le nombre de
surfaces examinées, et à combiner l’indice de débris et l’indice de tartre.
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Indice de plaque de Silness et Loë
• 0 : pas de plaque.
• 1 : mince film de plaque au contact de la gencive marginale visible seulement après
exploration à la sonde.
• 2 : accumulation modérée de plaque au contact de la gencive marginale ; pas de plaque
dans les espaces interdentaires ; dépôts
visibles à l’oeil nu.
• 3 : grande accumulation de plaque au contact de la gencive marginale ; présence de
plaque dans les espaces interdentaires
Indice de plaque de O’Leary et al.
Il semble être le plus adapté en pratique quotidienne pour évaluer le niveau général
d’hygiène du patient :
• – : absence de plaque dans la région gingivale marginale ;
• + : présence de plaque détectable à la sonde et visible après coloration.
nombre de faces avec plaque/nombre de faces observées × 100 = %.
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2-2- Halitose
-Il est important de diagnostiquer, de déterminer l’origine et de
traiter l’halitose, non seulement parce qu’elle handicape le
patient, mais aussi parce que les composés sulfurés volatils
produits par les bactéries à Gram négatif anaérobies,
majoritairement parodontopathogènes, ont des effets toxiques
sur les tissus parodontaux en fragilisant les muqueuses non
kératinisées, en modifiant le squelette des fibroblastes, en
activant les monocytes et en perturbant le processus de
cicatrisation.
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2-3- Examen des dents
*Mobilité Migration
On mesure l’ampleur de son déplacement en plaçant la dent
entre les manches de deux instruments ; il est possible de
quantifier cette mobilité en utilisant l’indice de Mülheman
ou l’indice d’ARPA
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*Point de contact interdentaire
l’absence de point de contact ou la présence d’une relation
proximale inadéquate va favoriser l’apparition de tassements
alimentaires en cas de déficience ou si les surfaces de contact
sont trop importantes avec proximité radiculaire, la rétention
de plaque et de tartre empêchant donc une hygiène optimale
nécessaire à la santé parodontale
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*Colorations dentaires
Résultent principalement de la pigmentation des cuticules dentaires
par des bactéries chromogènes, des aliments et des produits
chimiques.
-Les colorations peuvent être brunes (tétracyclines), marron foncé
(tabac), noire, verte (rencontré chez les enfants atteints de
tuberculose), orange... Les amalgames peuvent noircir la dent et
la gencive.
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*Hyperesthésie dentinaire
-Les surfaces radiculaires dénudées par la récession gingivale
peuvent être hypersensibles aux variations thermiques ou au
toucher.
- Elles peuvent être localisées à l’aide d’une sonde ou
principalement par application d’un jet d’air froid.
-Généralement, le patient dirige le praticien sur les zones sensibles.
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*Restauration dentaire inadéquate
-Les obturations débordantes, non polies, constituent des zones de
rétention de plaque , et favorisent son accumulation en
empêchant les phénomènes d’autonettoyage par la langue, la
lèvre ou les joues.
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*Dispositif de contention, traitement ODF
Ces appareillages favorisent la rétention de plaque bactérienne
et de débris alimentaires, et provoquent souvent des
gingivites liées à la difficulté de maintien d’une hygiène
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2-4-Evaluation du parodonte superficiel
*Gencive saine
La gencive saine à l’examen clinique rose pâle corail, piquetée en
peau d’orange et fermement attachée aux structures sous-
jacentes dont le bord gingival est mince, épousant parfaitement
le collet anatomique des dents.
-La gencive remplit l’espace interdentaire en formant la papille
interdentaire
Une gencive saine ou assainie ne saigne pas lors du sondage
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*Gencive pathologique
Le praticien doit pouvoir évaluer s’il y a un rapport entre
l’importance de l’inflammation et la quantité de plaque et les
facteurs de rétention de plaque (tartre, restaurations
débordantes, lésions carieuses non traitées).
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Inflammation. OEdème
-L’inflammation se traduit par une modification de couleur
(érythème), de volume (oedème ou hyperplasie) et une
augmentation de la tendance au saignement (au brossage, à la
mastication ou spontané)
-L’indice le plus utilisé pour apprécier l’inflammation gingivale est
l’indice gingival de Loe et Silness (1963)
Suppuration
Il s’agit d’un suintement ou d’un écoulement de pus qui peut
apparaître soit au sondage, soit lorsque le praticien exerce une
pression digitale sur la gencive libre. C’est le signe tardif d’une
infection parodontale
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Récessions gingivales
-Elles se mesurent de la ligne de jonction amélocémentaire à la
gencive marginale.
-En cas de récessions gingivales, nous retiendrons la classification
de Miller (1985)
*Examen des freins et brides
*Profondeur de vestibule
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Classification de Miller
• Classe I : récession du tissu marginal ne dépassant pas la ligne de jonction mucogingivale.
Pas de perte des tissus parodontaux proximaux. Un recouvrement complet peut
être espéré.
• Classe II : récession du tissu marginal atteignant ou dépassant la ligne de jonction
mucogingivale. Pas de perte des tissus parodontaux proximaux. Un
recouvrement complet peut être espéré.
• Classe III : récession du tissu marginal atteignant ou dépassant la ligne de jonction
mucogingivale associée à une perte des tissus parodontaux proximaux ou à une
malposition de la ou des dents. Un recouvrement partiel est envisageable.
• Classe IV : Récession du tissu marginal atteignant ou dépassant la ligne de jonction
mucogingivale. La perte des tissus parodontaux proximaux et/ou la malposition est trop
importante pour espérer un recouvrement. On ne peut espérer qu’améliorer
l’environnement gingival
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u
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2-5-Evaluation du parodonte profond
*Sondage
-Il permet de mettre en évidence deux paramètres importants : la
profondeur de poche et la perte d’attache
- L’examen se fait en insérant la sonde le long de la racine en gardant
son contact dans le sillon gingival, le plus parallèlement possible au
grand axe de la dent : dès qu’une résistance élastique se perçoit
nettement, la pression s’arrête.
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Il existe différents types de sondes parodontales.
Sondes manuelles classiques:
Les principales différences entre elles sont les graduations
(colorimétriques, encoches gravées ou bandes), leur section
terminale (ronde ou plate) et le calibrage (millimétrées, tous les 3
mm ou à différentes longueurs),
Sondes manuelles à pression constante:
Elles permettent d’appliquer une force constante de 25 g quelle que
soit l’angulation donnée au manche par l’examinateur.
Sondes électroniques:
Elles combinent la force de sondage constante avec la mesure précise
électronique et le stockage par ordinateur des données
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Où sonder ?
Quatre points (vestibulaire, lingual, mésial et distal) sont mesurés et
répertoriés sur un schéma de sondage (charting). Nous pouvons
considérer qu’un site est sain lorsque la profondeur de poches
n’excède pas 2,5 à 3 mm.
Que sonder ?
Le sondage permet d’évaluer deux paramètres importants :
• la profondeur de la poche : bord gingival au fond de la poche
• la perte d’attache : jonction amélocémentaire au fond de la poche
• l’importance d’une lésion interradiculaire.
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*Examen des furcations
-Cet examen se fait à l’aide d’une sonde de Nabers pour mettre
en évidence les zones de séparation radiculaire .
- permet de répartir les lésions selon plusieurs classifications
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2-6-Examen de l’occlusion
*L’étude de l’occlusion statique:
-Classes d’ANGLE: classes canine D et G et classes molaire D
et G
-Relations inter-incisives: rapports verticaux , rapports
antéropostérieures , points inter-incisifs
-Etude des courbes de compensation: courbe de Spee et
courbe de Wilson
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*L’étude de l’occlusion dynamique:
-L’étude de l’occlusion en PIM
-L’étude de l’occlusion en relation centrée
-L’étude des excursions mandibulaires latérales
- L’étude du mouvement de propulsion
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2-7- Examen fonctionnel
-L’examen des ATM: palpation et auscultation
-La palpation musculaire
-L’examen de l’amplitude d’ouverture buccale
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3-EXAMEN RADIOLOGIQUE
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-La radiographie ne permet pas de visualiser l’infection parodontale.
Elle ne montre que la conséquence de la maladie au niveau de ces
structures minéralisées.
- Le radiodiagnostic des maladies parodontales est indissociable de
l’examen clinique
-Le bilan radiographique montre également l’espace desmodontal, la
lamina dura, la forme et la longueur des racines, etc.),
impossibles à évaluer cliniquement
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*Différents types d’examens radiographiques:
Différents examens radiographiques intraoraux ( rétroalvéolaires
ou rétrocoronnaires) ou extraoraux ( surtout le panoramique
dentaire) peuvent être réalisés pour le diagnostic ou dans le
traitement des maladies parodontales.
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4-AUTRES EXAMENS COMPLEMENTAIRES
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-L’examen bactériologique : culture des bactéries
-L’examen immunologique peut permettre la détection des
antigènes bactériens ou d’immunoglobulines de type IgG ou
IgM
-L’examen moléculaires consiste en l’utilisation des sondes
génétiques
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CONCLUSION
Cet examen clinique complet permet de réaliser un dossier
parodontal récapitulant dans une première partie tous les
éléments recueillis à l’interrogatoire qui permettent d’évaluer la
susceptibilité du patient à la maladie, son histoire, son degré de
conscience, sa motivation, mais aussi de juger les éventuelles
répercussions que pourrait avoir la maladie sur son état de santé
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L’examen clinique minutieux n’est pas suffisant à la réalisation
d’un diagnostic complet : seul l’examen radiographique permet
de connaître l’anatomie et la qualité de l’environnement
parodontal profond ; de plus, l’information microbiologique est
devenue un outil de valeur dans la pratique parodontale actuelle :
ces examens complémentaires peuvent aider à établir un
diagnostic différentiel et orientent ainsi le plan de traitement
parodontal.
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