Équations et Modélisation Mathématique
Équations et Modélisation Mathématique
17 septembre 2019
1
EDMo - Équations dans R 17 septembre 2019
3 Définitions 7
3.1 Forme générale des équations récurrentes dans R . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Autour de la stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.3 Le diagramme en escaliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
9 Annexe A 35
10 Annexe B 36
∃ε > 0 tel que, aussi près que soit x0 de x∗ , il y aura au moins un n tel que xn soit au moins distant
de ε de x∗ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4 La notion de répulsivité : à chaque itération, on s’éloigne un peu plus de x∗ . . . . . . . . . . . . 9
5 La notion de stabilité asymptotique : à gauche, x∗ est asymptotiquement stable, car xn est toujours
1 Introduction
Comme le souligne Alain Pavé dans le complément II de son ouvrage “Modélisation en
Biologie et en Ecologie“ (Pavé, 2012, p483), “les équations récurrentes sont des objets
mathématiques d’une grande importance pratique (et même théorique)“.
Mais, pour reprendre son expression, “pourquoi parler d’équations récurrentes, alors que
l’on a plutôt l’habitude d’entendre parler de suites, en particulier de suites récurrentes ?“
Ces objets mathématiques sont en fait strictement identiques, mais sont utilisés dans des
contextes différents : on parle de suites pour des raisons théoriques (e.g., construction du
corps des réels par les suites de Cauchy), alors qu’on utilise la terminologie des équations
récurrentes (on dit encore équations aux différences ou encore modèles discrets) pour la
modélisation de processus biologiques (en génétique ou en dynamique des populations par
exemple).
xn+1 = xn + hf (xn )
avec h = (b − t0 )/N le pas d’Euler qui découpe l’intervalle d’étude [t0 ; b] en N intervalles
réguliers.
On conserve la condition initiale x0 pour n = 0 et l’approximation est d’autant meilleure
que h est petit (donc que N est grand).
dx
Exemple : Soit dt
= 0.7(x2 (t) + 1) avec x(0) = 1 et t ∈ [0; 1].
La solution exacte de cette EDO est x(t) = tan(0.7t + π4 ) et son approximation
d’Euler est xn+1 = xn + 0.7h(x2n + 1) avec x0 = 1.
12
h = 0.1
h = 0.2
Solution exacte
10
8
x(t)
3 Définitions
xn+1 = f (xn )
On distingue :
— Les équations récurrentes linéaires : xn+1 = λxn avec λ ∈ R ;
— Les équations récurrentes non linéaires, comme par ex. xn+1 = x2n − 2xn + 3.
En partant d’un point x0 , on peut générer la suite
En d’autres termes, x∗ est une solution constante de l’équation xn+1 = f (xn ), puisque
si x (t0 ) = x∗ , alors ∀n, xn = x∗ .
Graphiquement, les points fixes de f sont à l’intersection de la courbe représentative de
f et de la première bissectrice y = x.
Exemple : L’équation xn+1 = x3n possède trois points fixes x∗1 = −1, x∗2 = 0
et x∗3 = 1.
1
f(x)
−1
−2
−3
−2 −1 0 1 2
Définition 3.2. Le point fixe x∗ de l’équation xn+1 = f (xn ) est stable si ∀ε > 0, il existe
δ > 0 tel que |x0 − x∗ | < δ ⇒ |f n (x0 ) − x∗ | < ε pour tout n > 0.
Si x∗ n’est pas stable, il est dit instable.
Figure 3 – La notion de stabilité d’un point fixe : à gauche, x∗ est stable ; à droite, x∗ est instable, c’est-à-dire
∃ε > 0 tel que, aussi près que soit x0 de x∗ , il y aura au moins un n tel que xn soit au moins distant de ε de x∗ .
Définition 3.3. Le point fixe x∗ de l’équation xn+1 = f (xn ) est dit répulsif (ou source)
s’il existe ε > 0 tel que |x0 − x∗ | < ε ⇒ |f (x0 ) − x∗ | > |x0 − x∗ |.
Figure 5 – La notion de stabilité asymptotique : à gauche, x∗ est asymptotiquement stable, car xn est toujours dans
]x∗ − η ; x∗ + η[ ∀n et la limite est x∗ ; à droite, x∗ set globalement asymptotiquement stable car la condition est vérifiée
pour tout x0 .
0.7
0.6
0.5
0.4
xn+1
0.3
0.2
0.1
0.0
xn
Figure 6 – Diagramme en escaliers de l’équation xn+1 = µxn (1 − xn ) avec µ = 2.5 et x0 = 0.1 ; x∗1 = 0 et x∗2 = 0.6.
x∗ = λx∗ ⇔ (1 − λ) x∗ = 0 ⇔ x∗ = 0 si λ 6= 1
lim xn = ±∞
n→±∞
La suite des xn diverge, le signe de la limite dépend de celui de x0 , l’origine est répulsive.
λ = 1.5
y = λx
y=x
4
5
2
xn+1
xn
0 0
−2
−5
−4
−4 −2 0 2 4 2 4 6 8
xn n
4.2 Cas λ = 1
Ici ∀n, xn = x0 , il y a donc une infinité de points fixes, tous asymptotiquement stables.
λ=1
2
1
xn
−1
−2
2 4 6 8
lim xn = 0
n→±∞
1 2
xn+1
xn
0 0
−1 −2
−2 −4
−4 −2 0 2 4 2 4 6 8
xn n
4.4 Cas λ = 0
1
xn
−1
−2
2 4 6 8
Ici, on peut écrire xn = (−1)n |λ|n x0 . Les termes de la suite sont alternativement positifs
et négatifs ; ils convergent vers l’origine qui est asymptotiquement stable.
λ = − 0.5
y = λx
y=x
2 4
1 2
xn+1
xn
0 0
−1 −2
−2 −4
−4 −2 0 2 4 2 4 6 8
xn n
4.6 Cas λ = −1
2 2
xn+1
xn
0 0
−2 −2
−4 −4
−4 −2 0 2 4 2 4 6 8
xn n
λ = − 1.5
y = λx
y=x
4
5
2
xn+1
xn
0 0
−2
−5
−4
−4 −2 0 2 4 2 4 6 8
xn n
4.8 En résumé
Avec xn ∈ V (x∗ ), on peut faire une approximation linéaire par le développement en série
de Taylor à l’ordre 1 de la fonction f :
df
f (xn ) ' f (x∗ ) + (xn − x∗ )
dxn xn =x∗
∗
En remplaçant f (xn ) par un+1 + x , il vient :
df
un+1 + x∗ ' f (x∗ ) + un
dxn ∗
df
un+1 ' un = λ∗ un
dxn ∗
On voit donc que la nature des points fixes dépend du signe de λ∗ et de sa position par
rapport à 1 et –1. Du fait de l’approximation linéaire au voisinage de x∗ , on ne pourra
parler que de stabilité locale.
df
Définition 5.1. Un point fixe x∗ est dit hyperbolique si dx x∗
6= 1.
2 3
2
1
1
xn+1 = f(xn)
xn
0 0
−1
−1
−2
−2 −3
−2 −1 0 1 2 2 4 6 8 10
xn n
df
La linéarisation nécessite le calcul de dx
= 12 (3x2 + 1).
df
dx x∗ =0
= 12 > 0 et < 1 ⇒ x∗1 = 0 est asymptotiquement stable.
1
df
dx x∗ =−1
= 2 > 1 ⇒ x∗2 = −1 est répulsif
2
df
dx x∗ =1
= 2 > 1 ⇒ x∗3 = 1 est répulsif
3
df
Théorème 5.2. Supposons que pour le point fixe x∗ on ait dx ∗
= 1.
d2 f
— Si dx2 x∗
6= 0, alors x∗ est instable ;
d2 f d3 f
— Si dx2 x∗
= 0 et dx3 x∗
> 0, alors x∗ est instable ;
d2 f d3 f
— Si dx2 x∗
= 0 et dx3 x∗
< 0, alors x∗ est asymptotiquement stable.
df
Théorème 5.3. Supposons que pour le point fixe x∗ on ait dx ∗
= −1.
3
i2
d2 f
h
— Si −2 ddxf3 −3 dx2 x∗
< 0, alors x∗ est asymptotiquement stable ;
x∗ i2
3 d2 f
h
— Si −2 ddxf3 −3 dx2 x∗
> 0, alors x∗ est instable.
x∗
d2 f d3 f
dx2
=2 dx3
=0
df
dx x∗ =0
= 3 > 1 ⇒ x∗1 = 0 est instable.
1
df
dx x∗ =−2
= −1 ⇒ On ne peut pas appliquer le théorème de linéarisation.
1
2
1
1
0
xn+1 = f(xn)
xn
−1
−1
−2
−2
−3 −3
−4 −3 −2 −1 0 1 2 0 10 20 30 40 50
xn n
6.1 Généralités
Si on désigne par b la biomasse, b est un nombre réel positif. A un instant donné t, elle est
nt
P
la somme des masses pondérales mi,t des nt individus : bt = mi,t . Entre deux instants
i=1
t et t + ∆t, la variation de biomasse dépend d’une part de la production de nouveaux
individus et de la croissance de tous les individus de la population, d’autre part de la
perte de biomasse par mortalité et par perte de masse individuelle (consommation des
réserves et excrétion des produits de dégradation).
Pour décrire finement la dynamique d’une population, on peut aussi être amené à consi-
dérer des sous-ensembles de cette population (par génotype, phénotypes, classes d’âge. . . )
dans la mesure où ceci est pertinent par rapport à ce qu’on observe ; par exemple, des
différences de fécondités ou de mortalités suivant les classes d’âges : à mêmes effectifs, une
population vieille sera moins “féconde“ qu’une population jeune (voir chapitre 4).
1. Le début du pas de temps se situe juste avant la reproduction ; dans ce cas, pendant
un pas de temps t, il y a d’abord reproduction puis survie des individus. On parle
de pre-breeding census.
2. Le début du pas de temps se situe juste après la reproduction ; dans ce cas, pendant
un pas de temps t, il y a d’abord survie des individus puis reproduction. On parle
de post-breeding census.
Une espèce est dite semelpare si ses individus ne se reproduisent qu’une fois au cours de
leur vie (par ex. les plantes annuelles, les insectes éphémères ou les saumons du pacifique
du genre Oncorhynchus). Chez ces espèces, la mort qui suit la reproduction fait partie
d’une stratégie visant à mettre toutes les ressources disponibles dans l’acte reproductif.
Prenons un pas de temps qui commence juste avant la reproduction (pre-breeding census).
Soit nt le nombre de femelles à la génération t et pt+1 le nombre de descendants repro-
ducteurs à la génération (t + 1) :
pt+1 = f nt
où f correspond à la fécondité (fertilité x survie jusqu’au stade œuf) des femelles.
Par ailleurs,
nt+1 = s (1 − m) pt+1
où s représente le sex-ratio et m le taux de mortalité des jeunes (m < 1). Ici n et p ont le
même indice t + 1 car on est en pre-breeding census.
Ainsi nt+1 = s (1 − m) f nt
On reconnaı̂t là une suite géométrique de raison λ = sf (1 − m) > 0.
Soit n0 > 0, on peut alors écrire nt = λt n0 .
Il s’agit du modèle exponentiel pour lequel, compte-tenu de ce que nous avons vu
précédemment, trois cas peuvent se présenter :
— λ < 1 : la population de femelles décroı̂t ;
— λ = 1 : la population de femelles reste constante et égale à n0 ;
— λ > 1 : la population de femelles croı̂t de façon exponentielle.
Correspondance avec le modèle exponentiel en temps continu
En temps continu, le modèle exponentiel (modèle de Malthus, 1792) s’écrit :
dn(t)
dt
= rn(t) ⇔ n(t) = n(0)ert
50 λ = 1.1
λ=1
λ = 0.9
40
30
nt
20
10
5 10 15 20
ln λ
λ = erδ ⇔ r =
δ
6.2.3 Généralisation
Le modèle exponentiel prévoit, dans le cas où λ > 1, que la population se développe
indéfiniment, i.e., qu’il n’y a pas de limitation ni par la ressource (c’est le cas par exemple
pour une population microbienne en début de croissance), ni par l’espace, ni même par la
densité d’individus.
Mais cela ne correspond pas à ce qui est généralement observé dans la nature. En parti-
culier, la croissance est souvent limitée soit par la ressource (conduisant à une fécondité
réduite des femelles ou à une mortalité accrue des stades juvéniles), soit par des phéno-
mènes de compétition intra-spécifique (autrement dit de densité-dépendance).
Une façon simple de prendre en compte ces limitations consiste à considérer que le taux
d’accroissement est fonction de la taille de la population. Au plus simple, on peut choisir :
a(nt ) = α0 − αnt
b(nt ) = β0 + βnt
en faisant par ailleurs l’hypothèse que ρ = α0 − β0 > 0. Ainsi :
nt+1 − nt
= a (nt ) nt − b (nt ) nt
= (α0 − αnt − β0 − βnt ) nt
= (ρ − (α + β) nt ) nt
α+β
= ρnt 1 − ρ
nt
ρ
En posant K = α+β
qui est > 0 et qu’on appelle la capacité limite, on obtient le modèle
logistique discret :
nt
nt+1 − nt = ρnt 1 −
K
On peut reparamétrer cette écriture pour faire apparaı̂tre le paramètre λ = 1 + ρ du
modèle exponentiel :
nt
nt+1 = nt + ρnt 1 − K
ρnt
nt+1 = nt 1 + ρ − K
ρnt
nt+1 = nt λ − K
ρnt
nt+1 = λnt 1 − λK
ρnt
En faisant le changement de variable suivant xt = λK
, il vient :
xt+1 = λxt (1 − xt )
avec λ > 1.
C’est Robert May (1976) qui publie ce modèle dans Nature avec pour intitulé “Simple
mathematical models with very complicated dynamics“ 1 . Cette équation qui ne dépend que
du seul paramètre λ, et qui ne présente qu’une non linéarité quadratique, peut générer
des comportements tout à fait particuliers en fonction de la valeur numérique de λ.
x∗1 = 0
λx∗ (1 − x∗ ) = x∗ ⇔
x∗2 = 1 − 1
= xE
λ
Le point fixe x∗2 est biologiquement possible si et seulement si λ > 1 (c’est-à-dire si x∗2 > 0).
6.3.2 Linéarisation
df
dxt
= λ (1 − 2xt )
df
dxt x∗ =0
=λ
1
Ainsi :
— x∗1 est asymptotiquement stable si x∗2 n’existe pas biologiquement (0 < λ < 1)
— x∗1 est instable sinon.
df
dxt x∗ =1− 1
=2−λ
2 λ
d2 f d3 f
Si λ = 3, alors on est dans le cas du théorème 5.3 : dx2
= −2λ et dx3
= 0.
i2
d3 f d2 f
h
On a alors −2 dx3 − 3 dx2
= −3(−2λ)2 = −12λ2 = −108 < 0, ce qui signifie que pour
λ = 3, x∗2 = 1 − 1
λ
= 2
3
est asymptotiquement stable.
x∗2 = 1 − 1
λ
est donc asymptotiquement stable si et seulement si 1 < λ 6 3.
1. May RM. 1976. Simple mathematical models with very complicated dynamics. Nature :459–467.
λ = 1.5 λ = 2.7
0.8
0.4
0.6
0.3
0.4
xn
xn
0.2
0.2
0.1
5 10 15 20 5 10 15 20
n n
dx2
= −2λ ⇔ ddxf2 ∗ = −2 6= 0, donc x∗ = 0 est répulsif.
x =0
λ=1
0.2
0.1
xn
0.0
−0.1
−0.2 xE = 0
5 10 15 20
On sait déjà que x∗1 = 0 et x∗2 = 1 − λ1 sont instables. On peut alors montrer qu’il apparaı̂t
des cycles de période 2, c’est-à-dire tels que xt+2 = xt = f 2 (xt ).
Or, sur un cycle de période 2, on a aussi xt+1 = f (xt ) = f (xt+2 ) = λxt+2 (1 − xt+2 ).
1 1
q q
x∗3 = ∗
λ + 1 − (λ + 1) (λ − 3) et x4 = λ + 1 + (λ + 1) (λ − 3)
2λ 2λ
La question que l’on se pose maintenant est la stabilité de x∗3 et x∗4 .
xt+2 = f [f (xt )] = g (xt )
dg df du
dx
= du dx
avec u = f (x)
dg df df
dx
= du dx
dg df df df df dg
= = =
dx x∗3
du x∗
dx x∗3
dx x∗
dx x∗3
dx x∗4
3 4
La stabilité asymptotique de x∗3 et par conséquent celle de x∗4 est donc assurée si et seule-
ment si :
df df
−1 < <1
dx x∗
dx x∗3
4
df
dx
= λ (1 − 2x)
h q i q
df
dx x∗
=λ− λ+1− (λ + 1) (λ − 3) = −1 + (λ + 1) (λ − 3)
3 h q i q
df
dx x∗
=λ− λ+1+ (λ + 1) (λ − 3) = −1 − (λ + 1) (λ − 3)
4
√
La stabilité asymptotique de x∗3 et x∗4 est donc assurée pour 3 < λ < 1 + 6.
λ = 3.1
0.8
0.6
xn
0.4
0.2
0.0 xE = 0.677419
0 5 10 15 20 25 30
√
6.3.6 Que se passe-t-il pour λ > 1 + 6?
On arrive à montrer par exemple qu’il existe des cycles de période 22 = 4, pour des valeurs
√
de 1 + 6 < λ < 3, 544....
λ = 3.51
1.0
0.8
0.6
xn
0.4
0.2
0.0 xE = 0.7151
0 5 10 15 20 25 30
En continuant ainsi de proche en proche, on peut en théorie déterminer tous les cycles de
période 2k , ce qui conduit finalement à établir un diagramme de bifurcation en fonction
du paramètre λ (Figure 10).
Lorsque λ devient grand, on peut générer des dynamiques chaotiques, c’est-à-dire dont le
profil change en fonction de la condition initiale pour un même λ.
1.0 1.0
0.8
0.8 0.8
0.6
0.6 0.6
xn
xn
xn
0.4
0.4 0.4
0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50
n n n
Régime quasi−périodique Régime chaotique (1) Régime chaotique (2)
xn
xn
xn
0.0
xE = 0.333333 0.0
xE = 0.62963 0.0
xE = 0.677419 0.0
xE = 0.7151
0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50
n n n n
Convergence directe Convergence avec oscillations Cycles de période 2 Cycles de période 4
xn
xn
0.0
xE = 0.722222 0.0
xE = 0.743063 0.0
xE = 0.743063
0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50
n n n
Régime quasi−périodique Régime chaotique : x0 = 0.1 Régime chaotique : x0 = 0.15
Figure 9 – Récapitulatif du profil des suites xt du modèle logistique discret pour différentes valeurs du paramètre λ.
Le modèle s’écrit :
Dn+1 = (1 − p) Dn + q
Le modèle s’écrit :
Dn+1 = (1 − p) Dn + q
D0 = 0
D1 = (1 − p) × 0 + q = q
D2 = (1 − p)q + q
D3 = (1p )((1 − p)q + q) + q = (1 − p)2 q + (1 − p)q + q
..
.
n−1 n−1
(1 − p)k q = q (1 − p)k
P P
Dn =
k=0 k=0
n
1−xn+1
xk =
P
On sait par ailleurs que 1−x
. Ainsi :
k=0
1 − (1 − p)n q
Dn = q = (1 − (1 − p)n )
p p
On en tire aisément que lim Dn = pq , puisque 1 − p < 1 et que lim (1 − p)n = 0.
n→+∞ n→+∞
8.1 Enoncé
Le modèle de Hassel et al. (1976) 2 a été proposé pour représenter la dynamique de popu-
lations d’insectes adultes d’une année t à la suivante t + 1 :
Nt+1 = λNt (1 + αNt )−b
avec λ, α, b > 0. On supposera également que b > 1.
Ce modèle permet de décrire de façon empirique la croissance d’une population d’insectes
limitée par la densité. λ est le taux d’accroissement de la population, α et b sont des
paramètres qui régissent la dépendance à la densité.
1. Déterminer les points fixes de cette équation. Préciser éventuellement des conditions
sur les paramètres permettant de donner un sens biologique à ces points fixes.
2. Déterminer à quelle(s) condition(s) sur les paramètres, les points fixes sont asymp-
totiquement stables.
3. On veut représenter ces conditions de stabilité dans le plan (b, λ). Tracer les courbes
représentatives des fonctions suivantes :
b
b
f1 (b) = b−1
b
b
f2 (b) = b−2
Hachurer la zone de stabilité du point fixe non trivial ainsi que la zone du plan
correspondant à des oscillations amorties.
4. Hassell et al. (1976) donnent des estimations des paramètres b et λ pour plusieurs
espèces d’insectes (Table 11). La table complète des valeurs est fournie en annexe
A.
Positionner ces points dans le plan précédent, et déterminer lesquelles de ces espèces
auront des niveaux de population d’équilibre stables.
2. Hassell MP, Lawton JH, May RM. 1976. Patterns of dynamical behavior in single species popu-
lations. Journal of Animal Ecology, 45 :471–486. http://genie1.ma.utexas.edu/users/davis/375/
LECTURES/L7/hassel2.pdf
Table 1 – Estimation des paramètres b et λ pour quelques espèces d’insectes. Extrait de Hassel et al. (1976)
Espèce b λ
Punaise Leptoterna dolobrata 2.1 2.2
Moustique Aedes aegypti 1.9 10.6
Scarabée Leptinotarsa decemlineata 3.4 75.0
5. Dans un plan (x, y), tracer la fonction f (x) = 3x(1 + x)−4 pour x > 0, et l’utiliser
pour construire graphiquement la suite nt+1 = f (nt ) avec n0 = 0.1.
8.2 Solution
N ∗ = λN ∗ (1 + αN ∗ )−b
N1∗ = 0 ou λ(1 + αN ∗ )−b = 1 ⇔ N2∗ = λ1/b −1
α
. La condition N2∗ > 0 impose λ > 1.
df αbN2∗
dx N ∗
=1− 1+αN2∗
2
df
dx N ∗
< 1 ⇔ −1 < 1 − b 1 − λ−1/b < 1
2
La stabilité asymptotique de N2∗ est assurée si 0 < b 1 − λ−1/b < 2
* b 1 − λ−1/b > 0 ⇔ λ−1/b < 1 ⇔ λ > 1
* b 1 − λ−1/b < 2 ⇔ λ−1/b > 1 − 2/b
⇔ λ−1/b > b−2
b
toujours vrai si b < 2 car λ > 0.
b b
⇔ λ1/b < b−2
si b > 2 (car il faut que λ > 0 et donc que b−2
> 0)
b
b
⇔λ< b−2
b
N2∗ est donc asymptotiquement stable si 1 < λ < b
b−2
Cas limite entre oscillations ou non : 1 − b 1 − λ−1/b = 0
⇔ λ−1/b = 1 − 1
b
= b−1
b
(avec b > 1)
b
⇔ λ1/b = b−1
b
b
⇔λ= b−1
b
b
On aura une dynamique oscillante dès lors que λ > b−1
.
80
Scarabé
60
40
λ
N*2 instable
20
Moustique
2
e
N*2 A.S. (oscillations)
1
e Punaise N* A.S. (convergence directe)
1 2
0
1 2 5 10
Figure 11 – Zones de stabilité du point fixe non trivial pour le modèle de Hassel et al. (1976).
9 Annexe A
10 Annexe B