Cours de Mécanique Quantique S6
Cours de Mécanique Quantique S6
Année 2011-2012
Guillaume Roux
3
3.1.2. Exemple : le moment cinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2. Relations d’incertitude de Heisenberg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.3. Théorème d’Ehrenfest . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.3.1. Équation d’évolution d’une valeur moyenne d’observable . . . . . . . . . . . . . 25
3.3.2. Constantes du mouvement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4. Observables qui commutent et caractérisation d’un état . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4.1. Plusieurs degrés de libertés : le produit tensoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4.2. Base commune à deux observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4.3. Ensemble complet d’observables qui commutent (ECOC) . . . . . . . . . . . . 25
3.5. Résolution algébrique de l’oscillateur harmonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.5.1. Opérateurs annihilation et création . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.5.2. Valeurs propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.5.3. Vecteurs propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.5.4. Exemples d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
5. Particules identiques 29
5.1. Postulat de symétrisation et principe de Pauli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
5.2. Conséquences importantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
Autres ouvrages de référence mais plus volumineux, plus difficiles en première lecture
• Claude Cohen-Tannoudji, Bernard Diu & Franck Laloë, Mécanique quantique, 2 tomes, Hermann.
• Claude Aslangul, Mécanique quantique, 2 tomes + 1 d’exercices, De Boeck.
• Albert Messiah, Mécanique quantique, 2 tomes, Dunod.
Préambule
L’objectif général du cours est de comprendre la physique quantique sous-jacente à la description
des atomes et des molécules, briques élémentaires de la matière et justifier de nombreuses notions
utiles (en particulier) à la chimie.
Chapitre 1.
Description générale d’un système quantique
On présente dans cette partie la description générale d’un système quantique en introduisant les
notations de Dirac et les postulats nécessaires. Pour cela, on part des notions acquises lors du premier
semestre sur l’équation de Schrödinger et ses premières conséquences en essayant de faire le lien avec
les notions d’algèbre linéaire vues en mathématiques. D’autre part, on présente d’emblée le spin 1/2
de l’électron comme motivation supplémentaire pour les notations de Dirac puisque ce degré de liberté
interne n’a pas d’équivalent classique.
dp ∂V (x, t) dx
= F (x, t) = − et p = m , (1.1)
dt ∂x dt
auxquelles il faut adjoindre les conditions initiales x(0), p(0). Après résolution, on obtient la trajectoire
x(t) que l’on peut comparer à l’expérience de façon directe ou indirecte. Cette équation est en
générale non-linéaire pour la variable x(t). Enfin, lorsque le potentiel ne dépend pas du temps l’énergie
p2
mécanique E = 2m + V (x) est une quantité conservée, déterminée par les conditions initiales.
∂ψ(x, t) ~2
i~ =− ∆ψ(x, t) + V (x, t)ψ(x, t) , (1.2)
∂t 2m
∂ 2
avec le laplacien ∆ = ∂x 2 , et qui vous a été introduite au premier semestre et dont vous avez cherché
des solutions dans des cas particuliers. Cette équation regroupe les propriétés essentielles qui doivent
rendre compte des expériences dans le domaine quantique.
7
1.1.3. Notion de fonction d’onde :
Le premier point important est que l’équation ne porte pas sur la trajectoire elle-même x(t) mais
sur une fonction d’onde ψ(x, t) qui est une fonction complexe de la position et du temps. La notion
de trajectoire classique disparaı̂t au profit d’une description probabiliste des résultats de la mesure
de la position. Le lien entre fonction d’onde et probabilité de trouver la particule entre x et x + dx
se fait à travers le module au carré de la fonction d’onde. Concrètement
|ψ(x, t)|2 représente donc une densité de probabilité tandis que l’on parle d’amplitude de probabilité
pour ψ(x, t). Quelques conséquences de cette signification sont immédiates :
• on doit forcément trouver la particule si on regarde dans tout l’espace, si bien qu’on doit avoir
la normalisation :
Z +∞
|ψ(x, t)|2 dx = 1 , (1.3)
−∞
c’est-à-dire ceux qui font intervenir les termes croisés. Physiquement, ce sont les contributions qui
sont absentes lorsque les états 1 et 2 sont pris indépendamment. L’expérience paradigmatique est
celle est des fentes d’Young. Enfin, insistons sur le fait que si la phase globale de la fonction d’onde
ne joue pas de rôle dans les probabilités comme rappelé ci-dessus, la phase relative entre les états 1
et 2 intervient dans terme d’interférences, ce qui permet d’ailleurs de la mesurer.
donc, en choisissant bien la fonction ψ(k), la norme vaut bien 1. En fait, si on prend le temps t = 0
dans l’expression (1.10), on voit que ψ(k) n’est autre que la transformée de Fourier de la fonction
d’onde initiale ψ(x, 0). On peut alors écrire
Z +∞
1
ψ(k) = √ ψ(x, 0)e−ikx dx . (1.12)
2π −∞
Finalement, on a montré que la solution générale de l’équation (1.9) pour la condition initiale ψ(x, 0)
était (1.10).
Au-delà de l’intérêt pratique de la transformée de Fourier pour exprimer la solution de l’équation,
elle a un contenu physique important. En effet, l’impulsion de la particule est reliée au vecteur d’onde
uniquement par une constante p = ~k. La fonction ψ(k) donne donc à un facteur près la distribution
initiale des impulsions. On peut généralisation cela à tout temps t en introduisant la transformée de
Fourier 1 de ψ(x, t) avec comme variable p selon
Z +∞
1
ψ(p, t) = √ ψ(x, t)e−ipx/~ dx (1.13)
2π~ −∞
(attention au ~ dans le préfacteur qui est là pour des raisons dimensionnelles) ainsi que la transformée
inverse
Z +∞
1
ψ(x, t) = √ ψ(p, t)eipx/~ dp . (1.14)
2π~ −∞
On a alors que la fonction d’onde ψ(p, t) est l’amplitude de probabilité associée à la mesure de
l’impulsion p de la particule. Ainsi
|ψ(p, t)|2 dp = proba de trouver la particule avec une impulsion entre p et p + dp au temps t ,
dont on peut se convaincre qu’elle est correctement normalisée en utilisant la relation (1.11). Grâce
à cette relation, on peut obtenir la mesure de l’impulsion moyenne de la particule
Z +∞
hpi(t) = p|ψ(p, t)|2 dp (1.15)
−∞
Certaines expériences sont plus aptes à mesurer l’impulsion que la position si bien qu’il est utile
de pouvoir calculer sa distribution. De plus, et on en verra toute l’importance par la suite, ψ(p, t)
contient également toute l’information sur l’état de la particule puisque la connaissant, on retrouve
1. Comme souvent en physique, un léger abus de notation nous a fait noter ψ la fonction et sa transformée alors
qu’il faut bien garder en tête qu’il s’agit de fonction mathématiques différentes. C’est la variable x ou p qui nous indique
si l’on a la fonction ou sa transformée de Fourier. On verra cependant l’intérêt de cette abus lors de l’introduction des
notations de Dirac.
ψ(x, t) par transformée de Fourier inverse. Il s’agit donc d’une autre représentation de l’état du
système.
Enfin, comme vous l’avez sûrement déjà rencontré dans d’autres domaines de la physique (optique,
traitement du signal, physique des ondes, cours de mathématique), plus une fonction est piquée
(par exemple selon x), plus sa transformée de Fourier est étendue (selon p). C’est une propriété
mathématique mais qui prend ici le sens physique suivant : plus la particule est localisée spatialement
(petit ∆x), plus l’incertitude sur son impulsion est grande (grand ∆p). Cette idée prend forme de
manière quantitative au travers de l’inégalité de Heisenberg
~
∆x · ∆p ≥ (1.17)
2
que l’on démontrera par la suite sans utiliser tout l’arsenal des relations sur les transformées de
Fourier. Cette relation d’incertitude provient du comportement ondulatoire et est intrinsèque au
comportement quantique des particules, c’est-à-dire que cela n’a rien à voir avec la précision des
détecteurs. Précisons qu’à trois dimensions, cette relation d’incertitude joue sur chacune des compo-
santes x, y et z indépendamment (px est sous-entendu dans l’expression (1.17)). On peut également
retenir l’image de l’expérience de diffraction : plus l’on essaie de réduire la largeur de la fente (∼ ∆y)
pour connaı̂tre la position y des particules lorsqu’elles passent la fente, plus ∆py est important ce qui
se traduit un peu plus loin sur l’écran par une figure de diffraction plus étendue.
Résoudre cette équation permet de trouver les solutions générales du problème initial. L’équation ci-
dessus, présente de façon générique deux types de solutions, appelées états stationnaires : des solutions
dénommées états-liés et caractérisées par un spectre discret en énergie (quantification de l’énergie)
dont on note souvent l’indice n (entier). Leur fonction d’onde est telle qu’elle décroı̂t rapidement à
l’infini (elles sont essentiellement localisées dans l’espace réel) et donc normalisable. Vous en avez vu
des exemples dans l’étude des puits. L’autre type de solution est celui d’états de diffusion, qui ont
une valeur non-nulle même très loin de la zone d’influence du potentiel V (x). Le spectre en énergie est
alors continu et l’on peut indicer ces états par leur impulsion p ou bien, de manière équivalente, leur
vecteur d’onde k. C’est le cas de la particule libre étudié ci-avant ou de certains états utilisés dans
l’étude des barrières de potentiel. Ces états ne sont pas normalisables mais on peut toujours construire
des paquets d’ondes de ces états qui, eux, seront bien normalisables (comme dans la discussion de la
particule libre). Cette terminologie provient des expériences de diffusion où l’on envoie un faisceau
de particules sur une cible (près de laquelle agit le potentiel) et l’on regarde à grande distance où
sont envoyées les particules. Loin de la cible, les fonctions d’onde ressemblent à des ondes libres car
le potentiel est quasi nul.
La solution générale de l’équation de Schrödinger s’écrit donc formellement, en introduisant les
couples {En , Ψn (x)} pour les états-liés et {Ek , Ψk (x)} pour les états de diffusion,
X Z
−iEn t/~
ψ(x, t) = cn Ψn (x)e + dk c(k)Ψk (x)e−iEk t/~ , (1.19)
n
où les coefficients complexes cn et la fonction complexe c(k) sont donnés par les conditions initiales.
Dans l’exemple du mouvement libre discuté au-dessus, on avait Ψk (x) = √12π eikx , Ek = ~ω(k)
et c(k) = ψ(k). Ainsi, il est fondamental de trouver les solutions de (1.18) et c’est l’objet de la
plupart des applications. En particulier, les états-liés sont des états normalisés bien physiques, tels
qu’ils puissent représenter le véritable état du système. Les spectres en énergie sont des quantités
directement observables, par exemple dans les expériences d’émission et d’absorption de rayonnement
électromagnétique. La notion d’états stationnaires et de la quantification de leur énergie (pulsation)
n’est pas propre à la mécanique quantique : vous avez sûrement déjà rencontré les modes propres
d’une corde vibrante (corde de Melde) ou du rayonnement électromagnétique confiné dans une cavité.
À titre d’exemple, rappelons les résultats sur le puits infini, i.e. lorsque le potentiel devient infini en
dehors d’une région de longueur L où il prend une valeur constante prise à zéro. Il n’y a pas d’états
de diffusion mais une infinité d’états liés indicés par l’entier n = 1, 2, 3, . . .. Les fonctions d’onde et
énergies sont données par
r nπ
2 1 nπ 2
Ψn (x) = sin x et En = ~ (1.20)
L L 2m L
qui font apparaı̂tre un pseudo vecteur d’onde kn = nπ/L.
Discussion qualitative de la radioactivité, modèle de Gamow ?. Exercices : écrire l’équation de
Schrödinger pour ψ(p, t). Mesure d’impulsion par temps de vol. Ordre de grandeurs. Inégalité de
Heisenberg temporelle et analogie avec le traitement du signal.
~ q
µ
~ = γL avec γ= le rapport gyromagnétique . (1.21)
2me
Outre que ce moment microscopique peut constituer une source de champ magnétique (très petit à
lui tout seul mais macroscopique si on en met beaucoup ensemble), ce moment va être sensible à la
présence d’un champ magnétique externe B ~ constant dans le temps mais potentiellement inhomogène
~
spatialement. Le moment aura tendance à s’aligner (ou s’anti-aligner selon le signe de γ) selon B.
Cela se traduit par l’existence d’une énergie potentielle
E = −~ ~
µ·B (1.22)
~ 2 = const.
L et ~ ·L
B ~ = const. soit Lz = const. (1.24)
~ 2 = ~2 ℓ(ℓ + 1)
L et Lz = ~m avec m = −ℓ, −ℓ + 1, . . . , ℓ − 1, ℓ , (1.25)
Il y a donc deux valeurs possibles pour la projection du moment magnétique selon le champ : ±µB
avec
gq~
µB = (1.27)
2me
le magnéton de Bohr. Ces deux états du degré de liberté interne sont souvent désignés par + et −,
ou de façon encore plus explicite par ↑ et ↓.
Sur l’écran, les fonctions ψ↑ (~r) et ψ↓ (~r) sont deux fonctions bien différentes car centrées chacune
sur des points différents de l’espace. C’était en effet le but du protocole expérimental que de les
séparer. Cependant, dans le jet atomique sortant du four, tous les atomes ont à peu près la même
position, indépendamment de leur état interne de spin. On doit donc avoir que les deux composantes
du vecteur ont la même dépendance spatiale qu’on note φ(~r) et qui se factorise selon
ψ~four (~r) = φ(~r) c↓ , (1.29)
c↑
avec c↑,↓ deux nombres complexes tels |c↑,↓ |2 est la probabilité d’être dans l’état ↑, ↓ (et donc |c↓ |2 +
|c↑ |2 = 1). Si l’on oublie la dépendance spatial du système, son degré de liberté interne de spin est
donc décrit par la donnée d’un vecteur à deux composantes complexes. C’est une superposition des
deux états possibles, en accord avec le principe de superposition.
Il est clair que U (t, t) = 1 est la matrice unité. Si l’on développe U (t+dt, t) au premier ordre en dt, on
peut donc écrire U (t + dt, t) = 1 + M (t)dt avec M (t) une matrice 2×2 à coefficients complexes. Pour
faire le lien avec l’équation de Schrödinger vue jusqu’ici, on peut toujours redéfinir M en sortant un
préfacteur −i/~ de sorte que M (t) = (−i/~)H(t) avec H(t) une matrice 2×2 à coefficients complexes.
Au final, on obtient
c↓ (t + dt) c↓ (t) i c↓ (t)
− = − H(t)dt , (1.31)
c↑ (t + dt) c↑ (t) ~ c↑ (t)
Pour un système à deux états quelconque, il faudra trouver la matrice H(t) qui convient. On peut
cependant montrer que H(t) doit être une matrice hermitienne, c’est-à-dire que
En effet, le vecteur décrivant l’état du système doit toujours rester normé, soit |c↓ (t)|2 + |c↑ (t)|2 = 1
d
à tout temps t. En utilisant donc dt [|c↓ (t)|2 + |c↑ (t)|2 ] = 0 et l’équation d’évolution, on a facilement
la condition que la matrice H(t) doit être hermitienne. Cette matrice a la dimension d’une énergie
et on l’appelle le Hamiltonien.
On se convainc sans difficulté difficulté que dans le cas de plus de deux états, l’équation d’évolu-
tion des composantes du vecteur d’état ψ ~ dont les composantes sont les amplitudes de probabilités
associées à des résultats expérimentaux suivra une équation du type Schrödinger avec
~
dψ(t)
i~ ~
= H(t)ψ(t) . (1.34)
dt
La difficulté est de trouver le bon hamiltonien H(t) pour décrire votre système. Il nous reste mainte-
nant à faire le lien avec l’équation de Schrödinger (1.2) qu’on a vue au début du cours puis utiliser
un formalisme qui permette d’écrire toutes les versions possibles et qui doit aussi simplifier les mani-
pulations des quantités à calculer.
On peut partir d’une version discrétisée d’une fonction ψ(x) sur les points xi et mettre les valeurs
qu’elle prend sous forme d’un vecteur colonne noté ψ ~
..
.
ψ(xi−1 )
~ = ψ(xi )
ψ (1.35)
ψ(xi+1 )
..
.
Si l’on suppose les xi séparés d’une distance a, on voit que la version discrétisée de l’opération “prendre
la dérivée à gauche” Dg peut se mettre sous la forme d’un produit d’une matrice sur un vecteur :
.. .. ..
. . .
..
(ψ(xi−1 ) − ψ(xi−2 ))/a . 1 ψ(xi−1 )
1
~ ′ ~
ψ = Dg [ψ] = (ψ(xi ) − ψ(xi−1 ))/a =
ψ(xi )
. (1.36)
−1 1
(ψ(xi+1 ) − ψ(xi ))/a a
ψ(xi+1 )
−1 1
..
.. ..
..
. . . .
Si l’on fait tendre a vers 0, on retrouve la limite continue. On alors un vecteur avec un nombre
infini de composantes et certaines subtilités qui apparaissent à la limite continue, comme le fait qu’il
n’existe pas forcément de dérivée. Mais, on voit déjà qu’il y a un lien entre fonctions et vecteurs.
Sans nécessairement passer par la version discrétisée, on peut définir un opérateur (ou application)
linéaire  sur les fonctions par la propriété
où f, g sont des fonctions et α, β des coefficients complexes. Vous remarquerez que, désormais, on
met un chapeau sur l’opérateur pour bien le distinguer des autres objets comme un simple nombre
complexe ou un vecteur. On essaiera de s’y tenir dans la suite du cours bien qu’il soit tentant, avec
le temps, de l’omettre. En revanche, on se débarrassera assez vite des crochets [] ou parenthèses pour
dire qu’on applique l’opérateur à la fonction, pour simplement noter ça comme un produit, par ana-
logie avec les matrices où le fait d’appliquer l’opérateur revient à multiplier le vecteur par la matrice
qui représente l’opérateur. Ainsi, on notera Â[ψ] ≡ Âψ. Dès à présent, on peut noter que, ayant sous
la main un opérateur linéaire Â, on peut définir une fonction de cette opérateur f (Â), qui est aussi
un opérateur linéaire mis on ne lui met pas de chapeau car il y en a déjà un dans l’argument. Par
P
exemple, e = +∞ 1 n
n=0 n! Â .
Vous connaissez déjà de nombreux exemples d’opérateurs linéaires agissant sur les fonctions :
• multiplication par la variable : x̂ψ(x) = xψ(x) et plus généralement V (x̂)ψ(x) = V (x)ψ(x).
∂
• dérivation : D̂ψ(x) = ∂x ψ(x) = ψ ′ (x), de même pour le laplacien, opérateur impulsion dans la
∂ p̂2 ~2
représentation x, p̂ = −i~ ∂x , et pour l’énergie cinétique 2m = − 2m ∆.
Rx
ˆ
• intégration (primitive) : Iψ(x) = −∞ ψ(y)dy.
• la transformée de Fourier.
• symétrie par rapport à l’origine (parité) : P̂ ψ(x) = ψ(−x).
1.3.2. Produit scalaire, bases et changement de base
Produit scalaire pour les fonctions
Afin de continuer à décrire le lien possible entre fonctions et vecteurs, regardons la généralisation
de la notion de produit scalaire aux fonctions. Une façon assez naturelle de le définir et de partir de la
version discrète que vous connaissez bien pour les vecteurs (complexes, attention à la conjugaison) :
X
~u · ~v = u∗i vi = (~v · ~u)∗ (1.38)
i
où les ui , vi sont les composantes des vecteurs dans une base donnée. Le résultat est un nombre dont
la valeur est indépendante de la base. Si on prend le produit scalaire d’un vecteur par un vecteur
qui appartient à une base (qu’on supposera orthonormale à partir de maintenant), cela donne la
composante du vecteur selon ce vecteur de base. On a donc la décomposition
X
~u = (~vn · ~u)~vn avec {~vn } une base . (1.39)
n
Pour deux fonctions ψ et ϕ, le produit scalaire est défini en passant de la somme à une intégrale selon
Z +∞
ψ·ϕ= dx ψ ∗ (x)ϕ(x) . (1.40)
−∞
√
La norme est alors définie comme d’habitude par kψk = ψ · ψ. La notion d’orthogonalité lorsque
ψ · ϕ = 0 subsiste.
Espace de Hilbert : il s’agit d’un espace vectoriel de fonctions (dans ce cas il est de dimension
infinie) ou de vecteurs usuels (dans ce cas il a la même dimension que les vecteurs) muni du produit
scalaire ci-dessus.
Il existe des bases de fonctions dans l’espace de Hilbert (pour la dimension finie vous connaissez
déjà). On distinguera deux cas suivant la nature de l’indice permettant de parcourir les éléments de
la base :
Bases discrètes de fonctions : on note {bn (x)} une base orthonormée, n un indice entier (discret),
c’est-à-dire que
Z +∞
dx b∗n (x)bn′ (x) = δnn′ (1.41)
−∞
et on a alors la décomposition
X Z +∞
ψ(x) = cn bn (x) avec cn = dx b∗n (x)ψ(x) (1.42)
n −∞
Exemple : les états propres du puits infini ou harmonique, transformée de Fourier discrète.
Bases continues de fonctions : on note {bα (x)} une base orthonormée, α un indice réel (continu),
c’est-à-dire que
Z +∞
dx b∗α (x)bα′ (x) = δ(α − α′ ) (1.43)
−∞
et on a alors la décomposition
Z Z +∞
ψ(x) = dα c(α)bα (x) avec c(α) = dx b∗α (x)ψ(x) (1.44)
−∞
ou par
a11 a12 c↓ (t)
~ † (t)Âψ(t)
A(t) = hÂi(t) = ψ ~ = c∗ (t) c∗ (t) (1.46)
↓ ↑ a∗12 a22 c↑ (t)
dans chacune des versions possibles pour la fonction d’onde.
Principe de correspondance : s’il existe une observable ayant un analogue classique A(x, p), l’opé-
rateur quantique correspondant sera simplement A(x̂, p̂). Il faut préciser qu’il faut alors parfois sy-
métriser l’écriture de  pour l’opérateur former soit bien hermitique. Par exemple, on peut vérifier
que l’opérateur  = p̂x̂ n’est pas hermitique tandis que sa version symétrisée  = (p̂x̂ + x̂p̂)/2 l’est.
Non commutation des observables : il faut prendre garde que, comme pour le produit de ma-
trices que vous connaissez, deux observables ne commutent en général pas : ÂB̂ 6= B̂ Â. On appelle
commutateur l’opérateur
Résultats possibles d’une mesure : afin de discuter des résultats possibles, il faut introduire la
notion d’état propre de  et de valeur propre. Un état propre ψα associé à la valeur propre aα est tel
que ψα 6= 0 et
Âψα = aα ψα . (1.48)
Comme l’observable  est hermitique, elle est diagonalisable (admis) et ses états propres forment
une base orthonormée de l’espace de Hilbert avec des valeurs propres aα toutes réelles.
Il est clair que les mesures dans un état propre sont telles que
hÂiα = aα et ∆ = 0 (1.49)
Probabilité des résultats d’une mesure : on suppose pour simplifier que les aα sont toutes diffé-
rentes, alors la probabilité pα de mesurer aα dans un état ψ est donnée par
Bilan :
• on voit qu’on va devoir faire de l’algèbre linéaire : manipuler des vecteurs, calculer des produits
scalaires, appliquer des opérateurs sur des vecteurs, etc. . .
• à la fin, il faut que la description théorique nous fournissent des nombres (réels) que l’on pourra
comparer aux résultats expérimentaux.
Il nous faut donc une notation efficace qui, à partir de vecteurs et d’opérateurs, nous permette
d’extraire facilement et de manière fiable des produits scalaires et valeurs moyennes. C’est le but
des notations de Dirac. Rien de conceptuellement nouveau n’est introduit, mais les règles de calculs
permettent une très grande efficacité ainsi qu’une grande clarté dans l’écriture des formules. Comme
la suite du cours utilisera in extenso ces notations, il est indispensable d’apprendre ce langage dont
vous apprécierait la beauté par son utilisation.
avec γ une constante. Ce phénomène est lié à la relation d’incertitude d’Heisenberg et au fait qu’on
a une relation de dispersion ω ∝ k 2 pour les ondes planes composant le paquet d’onde. Ainsi, bien
qu’on connaisse ∆x2 précisément à un endroit, la dynamique intrinsèque de la fonction d’onde fait
que ∆x2 va être modifié au cours du temps, et génériquement augmenter aux temps longs. C’est ce
qu’on appelle l’étalement du paquet d’onde.
2. Ce qui est particulièrement difficile à faire car, en pratique, les méthodes de détection les plus courantes “détruise”
ou “absorbe” la particule, comme le fait l’écran. Mais bon, on arrive aujourd’hui à créer des dispositifs qui projettent le
système dans l’état propre correspondant à la mesure tout en le laissant poursuivre sa route.
Les postulats de la mécanique quantique
Vecteur d’état : La connaissance que l’on a de l’état du système à un instant t est entièrement
contenue dans un vecteur d’état (objet abstrait), noté |ψ(t)i , et dont on peut extraire les probabilités
de résultats d’une mesure. On appelle espace des états l’espace vectoriel auquel appartient ce vecteur.
Équation d’évolution : L’évolution dans le temps du vecteur d’état est obtenue par la donnée de
la condition initiale |ψ(0)i puis par résolution de l’équation de Schrödinger :
d|ψi
i~ = Ĥ(t)|ψ(t)i ,
dt
avec Ĥ l’Hamiltonien qui est associé à l’énergie du système. La version stationnaire de l’équation
s’écrit selon l’usage sous la forme d’une équation aux valeurs propres :
Ĥ|ψi = E|ψi .
Observable : Toute grandeur physique A est représentée par un opérateur hermitique  agissant
sur l’espace des états. La décomposition spectrale de  dans la base orthonormée de ses états propres
{|ai} associés aux valeurs propres a :
X X
 = a|aiha| (sans dégénérescence) ou  = aΠ̂a (avec dégénérescences) .
a a
na
X
Π̂a = |a, riha, r| est le projecteur sur le sous-espace {|a, ri} associé à a dégénérée na fois.
r=1
Résultats possibles d’une mesure : L’issue de la mesure de l’observable  est nécessairement une
valeur propre a de Â.
Probabilité associée : La probabilité pa d’obtenir le résultat a lors d’une mesure de  sur un vecteur
|ψi est :
• a non-dégénérée : pa = |hψ|ai|2
na
X
• a dégénérée na fois : pa = hψ|Π̂a |ψi = |hψ|a, ri|2
r=1
Réduction du paquet d’onde : L’état dans lequel se trouve le système juste après la mesure est
la projection de la fonction d’onde |ψi juste avant la mesure sur l’état propre (ou le sous-espace)
correspondant au résultat obtenu a.
• a non-dégénérée : |ψ ′ i = |ai
• a dégénérée : |ψ ′ i = Π̂a |ψi/kΠ̂a |ψik .
Chapitre 2.
Il s’agit du système le plus simple que l’on puisse imaginer (du point de vue mathématique mais
pas forcément intuitif du point de vue de la physique) puisqu’il n’y a que deux états (deux “niveaux”)
dans la base des états. Toute fonction d’onde est alors une superposition linéaire de ces deux états.
Bien qu’apparemment simpliste, les systèmes à deux niveaux décrivent soit exactement la dynamique
des degrés de liberté (spin-1/2 vu précédemment), soit permettent de comprendre des effets phy-
siques pour des systèmes qui sont en première approximation décrits par un système à deux niveaux
(résonance de la molécule d’ammoniac ou du benzène, stabilisation de la liaison chimique).
On commence par donner la description générale de l’état d’un système à deux niveaux en reprenant
l’exemple de l’expérience de Stern & Gerlach et en regardant ses variantes.
Pour qu’on puisse dire qu’un système soit un système à deux états, il faut qu’il y ait une base de
deux états orthonormée sur laquelle décomposer n’importe quel état. Dans l’expérience de Stern &
Gerlach, ces états sont les états propres {|↑i, |↓i} associés à l’observable Ŝz qui mesure la composante
du spin selon z. Dans cette base, on a naturellement
~ 1 0
Ŝz = . (2.1)
2 0 −1
Soit maintenant une matrice hermitique quelconque, susceptible de représenter une observable pour
ce système. On peut alors la décomposer sur les matrices de Pauli σ̂x,y,z et la matrice identité 1̂ selon
(m, n, p, q des réels) :
m p − iq m+n 1 0 0 1 0 −i m−n 1 0
M̂ = = +p +q +
p + iq n 2 0 1 1 0 i 0 2 0 −1
| {z } | {z } | {z } | {z }
1̂ σ̂x σ̂y σ̂z
23
2.1.2. Mesure d’un spin-1/2 selon un axe quelconque
2.1.3. Représentation sur la sphère de Bloch
2.1.4. Exemples de mesures successives
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Chapitre 4.
Le moment cinétique orbital
4.1. La quantification angulaire dans le plan
27
Chapitre 5.
Particules identiques
5.1. Postulat de symétrisation et principe de Pauli
29
Annexe A.
Quelques résultats utiles de mathématiques
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