Geo 313
Geo 313
DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE
Initiation à la télédétection
Sommaire
SOMMAIRE ............................................................................................................................................. 2
1 . PREMIER CHAPITRE « DU RAYONNEMENT A L’IMAGE » ......................................... 4
1.1 Introduction ............................................................................................................................... 5
1.1.1 Télédétection ? .................................................................................................................... 5
1.1.2 Le principe de base ............................................................................................................ 5
1.2 Le rayonnement électromagnétique (REM) ........................................................................ 7
1.2.1 Définition ............................................................................................................................. 7
1.2.2 Propriété des ondes électromagnétiques ........................................................................ 7
1.2.3 Le spectre électromagnétique ........................................................................................... 9
1.3 L’interaction du REM avec la surface terrestre ................................................................. 11
1.3.1 Le comportement spectral de la végétation ................................................................. 11
1.3.1.1 Caractéristiques spectrales ....................................................................................................................................... 11
1.3.1.2 Signature temporelle ................................................................................................................................................. 12
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
1 . Premier chapitre
« du rayonnement à l’image »
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
1.1 Introduction
1.1.1 Télédétection ?
La télédétection est l'ensemble des connaissances et des techniques utilisées pour déterminer des caractéristiques
physiques et biologiques d'objets par des mesures effectuées à distance, sans contact matériel avec ceux-ci. Télé
signifie "à distance" et détection veut dire "découvrir" ou "déceler".
En théorie, la télédétection est née de la fusion de deux inventions anciennes : la montgolfière (première plate-
forme d'observation aérienne) et la photographie. En réalité, la télédétection moderne est née de la photographie
aérienne, qui a connu un essor considérable au cours du XX° siècle, surtout au cours de la seconde guerre
mondiale. L'Institut Géographique National effectue régulièrement depuis 1947 des couvertures photographiques
aériennes de tout le territoire français.
L'année qui symbolise l'entrée de la télédétection dans l'ère moderne est l'année 1957 avec le lancement de
Spoutnik, premier satellite artificiel à être placé en orbite autour de la Terre. Depuis, de nombreux pays dont les
USA, le Canada, la France, l'ex-URSS puis la Russie, la Chine, le Japon ou encore l'Inde ont développé leurs
propres programmes de télédétection. Aujourd'hui, des dizaines de satellites d'observation de la Terre sont en
orbite et fournissent en permanence des milliers d'images pour des applications militaires, mais aussi de plus en
plus pour des applications civiles.
Le principe de base de la télédétection est similaire à celui de la vision de l'homme. La télédétection est le fruit de
l'interaction entre trois éléments fondamentaux : une source d'énergie, une cible et un vecteur.
➢ La cible est la portion de la surface terrestre observée par le satellite. Sa taille peut varier de quelques
dizaines de km² à plusieurs milliers.
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➢ La source d'énergie est l'élément qui "éclaire" la cible en émettant une onde électromagnétique (flux de
photons). Dans l'immense majorité des cas que nous aborderons ici, la source d'énergie est le soleil.
Néanmoins, la technologie RADAR nécessite qu'un émetteur soit embarqué sur le satellite, dans ce cas le
satellite lui-même est source d'énergie. Il est également possible de mesurer la chaleur qui se dégage à la
surface de la cible (infrarouge thermique), auquel cas c'est la cible qui est source d'énergie (bien qu'il
s'agisse d'énergie solaire stockée et réémise).
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1.2.1 Définition
Un rayonnement est une énergie transportée dans l'espace sous forme d'ondes ou de particules. On parle de
Rayonnement ElectroMagnétique (REM) lorsque le rayonnement se comporte comme un champ de force dont les
variations affectent les propriétés électriques et magnétiques de la matière. La lumière est la partie visible du
REM, celle que l'homme capte avec ses yeux.
http://www.bioinformatics.org/oeil-couleur/dossier/images/onde-em.png
La longueur d'onde est la distance entre deux points homologues successifs et la fréquence est le nombre de
cycles par secondes passant par un point fixe. Plus la fréquence est élevée, plus la longueur d'onde est petite. Ces
oscillations se propagent dans le vide à la vitesse de la lumière (à savoir 300 000km/s).
Parmi les nombreuses propriétés des ondes électromagnétiques, certaines sont fondamentales pour la
compréhension des principes de base de la télédétection. C'est le cas de la réflexion, de l'absorption, de la
transmission, de la diffusion et de l'émission. Il existe de nombreuses autres propriétés, telles la diffraction,
l'interférence, la polarisation ou encore l'effet Doppler qui ne seront pas abordés ici, même si elles ont une
importance considérable en télédétection RADAR notamment.
Emission : tout corps dont la température thermodynamique est supérieure au zéro absolu (à savoir -273
°C) émet un rayonnement électromagnétique. L'émetteur, appelé aussi source, peut être le soleil, le satellite
(RADAR) ou encore la cible (infrarouge thermique).
Réflexion : Un corps qui reçoit une quantité de REM peut en réfléchir une partie. Lorsqu'il s'agit
d'énergie solaire réfléchie par une portion d'espace terrestre, on parle d'albédo. Il s'exprime en pourcentage
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d'énergie réfléchie. La réflexion peut être spéculaire, c'est à dire qu'elle est dirigée entièrement dans une seule
direction, ou diffuse lorsqu'elle est dirigée dans toutes les directions.
Absorption : Un corps qui reçoit une quantité de REM peut en absorber une partie. Cette énergie
absorbée est transformée et modifie l'énergie interne du corps. Ainsi, la température interne du corps peut
augmenter ; ce qui va être la source d'émissions plus importantes dans d'autres longueurs d'ondes (infrarouge
thermique par exemple).
Transmission : Un corps qui reçoit une quantité de REM peut en transmettre une partie. Un objet
transparent a une transmittance élevée dans les longueurs d'ondes visibles. Une surface d'eau pure ou le feuillage
d'arbres sont des exemples de surfaces susceptibles de transmettre une partie du REM.
Diffusion : Ce phénomène a une très grande importance en télédétection aérospatiale. Des particules
microscopiques, comme celles contenues dans l'atmosphère, amènent la diffusion dans toutes les directions d'une
partie du REM. Le REM traversant ce milieu peut alors être considérablement transformé. Le ciel nous parait bleu
car la diffusion de la lumière se fait préférentiellement dans les petites longueurs d'ondes (bleu). Si cette diffusion
due à l'atmosphère n'existait pas, le ciel serait noir et les zones d'ombre seraient également d'un noir absolu.
Environ 25% du rayonnement solaire qui traverse l'atmosphère est diffusé. Ce chiffre peut être beaucoup plus
important lorsque l'atmosphère est chargée en aérosols et vapeur d'eau.
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En télédétection aérospatiale, les capteurs des instruments embarqués sur les satellites et avions mesurent la
quantité de REM renvoyée par une portion d'espace terrestre. Alors que les pellicules photographiques ne
peuvent techniquement enregistrer que les longueurs d'ondes visibles et proche-infrarouge (700 à 900
nanomètres), les capteurs embarqués sur les satellites peuvent enregistrer les ultraviolets (rares), le visible, le
proche-infrarouge, l'infrarouge moyen, l'infrarouge thermique, l'infrarouge lointain et les hyperfréquences.
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Le REM mesuré par les instruments du satellite a été transformé par la cible. Chacun des objets spatiaux (bois,
champ, bâtiment, lac, plage...) transforme différemment le REM en fonction des quantités absorbées, transmises
ou réfléchies. C'est grâce à cette combinaison singulière (% réfléchie + % absorbée + % transmise) qu'il va être
possible d'identifier la nature d'un objet, cette combinaison est appelé signature spectrale (mesure quantitative
des propriétés spectrales d'un objet dans une ou plusieurs bandes spectrales). On parlera néanmoins plus
volontiers de comportement spectral, concept prenant en compte la variabilité temporelle des signatures
spectrales, ainsi que leurs variations en fonction des conditions météorologiques, des saisons, des conditions
d'éclairage...
Une zone végétalisée est un milieu hétérogène composé de feuilles, de troncs et de branches, de sols, d’eaux...
brèves de nombreux éléments qui diffèrent considérablement dans leurs réponses spectrales respectives. C'est en
partie pour cette raison que le comportement spectral des végétaux est très complexe, mais aussi parce que c'est
un milieu vivant sensible aux saisons, aux aléas du climat ou encore aux maladies.
Dans le visible (0,38 à 0,7 µm) la réponse spectrale des végétaux est surtout liée à leur pigmentation. En général,
l'absorption est très élevée, donc la réflectance moyenne faible (environ 15 %) mais assez inégale suivant les
longueurs d'ondes. En effet, l'absorption maximale est mesurée dans le "rouge" et la réflectance maximale dans le
"vert" à cause de la présence de chlorophylle (c'est pour cela que la végétation nous apparaît en vert).
Dans le proche-infrarouge (0,7 à 1,3 µm) ce ne sont plus les pigments qui vont déterminer la réponse spectrale,
mais la structure du feuillage. Un des composants des feuilles, le parenchyme lacuneux, réfléchi le rayonnement
proche-infrarouge. Lorsque le végétal se dessèche, est malade ou vieilli, en fait lorsque son activité
chlorophyllienne baisse, sa réflexion dans le proche-infrarouge baisse. Au contraire, les végétaux en bonne santé,
en pleine maturation et bien irrigués ont une activité chlorophyllienne très importante et par conséquent une
réponse spectrale élevée.
Dans l'infrarouge moyen (1,3 à 1,9 µm) c'est la teneur en eau des végétaux qui va conditionner leur réponse
spectrale. Un végétal chlorophyllien en bonne santé, contenant donc de l'eau, a une réponse spectrale qui va
chuter dans l'infrarouge moyen à cause des bandes d'absorption de l'eau. Lorsqu'un végétal est en cours de
maturation, souffre d'un stress hydrique ou d'une maladie qui affecte sa teneur en eau, sa réponse spectrale sera
plus élevée.
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La figure ci-dessus résume bien le comportement spectral d'un végétal dans le visible, le proche et le moyen
infrarouge. Le blé n'est pas un végétal qui a une activité chlorophyllienne très forte, mais sa signature spectrale
est représentative des végétaux chlorophylliens. Un champ de maïs, une hêtraie jeune, des cultures maraîchères
bien irriguées vont développer une activité chlorophyllienne beaucoup plus forte, mais vont avoir un
comportement spectral similaire.
Suivant la saison à laquelle elle est observée, la végétation va avoir une réponse spectrale différente. L'absence de
feuilles en hiver (novembre-janvier), leur couleur au début de l'automne (aout à novembre), les fleurs au
printemps (février-avril) ou encore la pleine maturation d'été (mai-juillet) vont générer des signatures spectrales
très spécifiques pour chaque moment de l'année, mais aussi pour chaque type de végétal. Il est ainsi possible de
différencier les résineux des feuillus, par leur activité chlorophyllienne très différente, mais aussi en hivers
lorsque les résineux gardent leurs épines. De même, un champ de blé en pleine maturation au mois de juin et une
parcelle de maïs mûr au mois d'octobre pourront être très aisément identifiés toute l'année. Mais la véritable
signature temporelle est celle qui autorise l'identification d'un végétal uniquement grâce à son comportement
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spectral sur une année. Les périodes de maturation, de fanaison, de feuillaison, de récolte, de semis... différentes
pour chaque végétal génèrent une signature temporelle spécifique.
La réponse spectrale de l'eau dépend principalement de sa pureté et des particules en suspension (alluvions,
algues...).Pour de l'eau pure, le phénomène principal qui interviendra dans le visible est la diffusion (l'eau est
translucide) et dans l'infrarouge l'absorption. La diffusion sera très importante dans les longueurs d'ondes les
plus courtes (0,5 µm) et diminuera avec l'allongement de la longueur d'onde. Au contraire, l'absorption est
minimale vers 0,45 µm et va progresser de manière exponentielle avec la longueur d'onde pour être presque
totale dans le proche et moyen infrarouge.
La présence de particules (minérales ou organiques comme dans la figure ci-dessus) dans l'eau va changer
profondément sa réponse spectrale. Dans le cas de certains fleuves qui transportent une quantité considérable de
matériaux, la réflectance dans le proche et moyen infrarouge est un bon témoin de la turbidité des eaux. L'eau
"pure", telle qu'on la trouve dans certains lacs ou bassins portuaires ou encore au large des côtes, a une réflectance
proche de 0% dans l'infrarouge proche et moyen. Ces longueurs d'ondes sont donc très utilisées pour les études
hydrographiques.
La neige, qui est composée de fins cristaux de glace, est un milieu très diffusant. La glace à un comportement
spectral assez proche de l'eau, sauf entre 1,55 et 1,75 µm ou elle est plus absorbante que l'eau. Plus les cristaux qui
composent la neige vont être grossiers, plus la réponse spectrale de la neige va se rapprocher de celle de la glace,
tout en restant plus réfléchissante. L'albédo de la neige fraîche est donc beaucoup plus élevé que celui des névés
et des neiges plus anciennes qui se sont tassées et salies. L'albédo d'une surface de neige fraîche et pure est un des
plus élevés qui soient dans le visible.
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Tout comme les sols, les roches peuvent être classées dans la catégorie des surfaces minéralisées. Il est plutôt rare
de trouver des roches nues sur un espace "naturel" assez étendu pour pouvoir être observé convenablement par
satellite. Même dans les zones les plus arides, où il n'existe pas de couvert végétal, les minéraux sont souvent très
altérés ou recouverts d'un sol.
La réponse spectrale des roches et minéraux dépend fortement de leur composition physico-chimique. Ainsi, la
présence d'ions ferreux ou d'eau par exemple va avoir une influence très forte sur la réponse spectrale des roches.
Celle-ci augmente dans toutes les bandes spectrales quand la granulométrie augmente. La présence d'ions ferreux
ou d'eau se traduit par une absorption plus élevée dans les longueurs d'ondes proche-infrarouges. Dans le visible,
la pigmentation (couleur) des roches détermine en grande partie la réponse spectrale. Il est bien évident qu'une
carrière de craie aura une réflectance beaucoup plus forte qu'une surface de basalte noir.
C'est surtout en zone urbaine que l'étude de vastes surfaces minérales "pures" est possible. Le béton des
bâtiments ou l'asphalte des réseaux viaires sont autant de surfaces exclusivement minérales, omniprésentes dans
les grandes agglomérations et très spécifiques des réponses spectrales des éléments urbains. Les échangeurs
routiers, les grandes zones commerciales, les ports et les espaces industriels sont caractérisés par une très forte
minéralisation à cause de la taille des bâtiments, des étendues de stockage ou encore des vastes parcs de
stationnement.
Là encore, la réponse spectrale est en grande partie dépendante de la nature de la surface observée, l'asphalte
ayant par exemple une réflectance bien inférieure au béton (figure ci-dessous). En général, les zones urbaines,
fortement bétonnées, ont une réponse spectrale élevée dans le visible et l'infrarouge.
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Tout comme les roches, les sols peuvent être classés dans la catégorie des surfaces minéralisées. Un sol comporte
une part minérale (ce qui le rapproche des roches), mais aussi une part organique importante (humus, matière
organique non décomposée...). Souvent, ces deux éléments (minéral et organique) sont mélangé ce qui
complexifie davantage l'étude des propriétés spectrales.
Il est très difficile de dresser une courbe de réflectance type des sols. La teneur en matière organique va avoir une
influence sur la couleur, mais déterminera aussi la perméabilité du sol ou sa capacité de rétention d'eau. De
même, la teneur en minéraux va modifier très sensiblement la réponse spectrale.
A la vue du document « signatures spectrales comparées » (figure 10), deux plages de longueurs d'ondes
apparaissent intéressantes pour l'étude de la végétation. Premièrement le vert parce que la chlorophylle réfléchit
davantage le vert. Néanmoins, la réflectance reste faible (au maximum 20%) et assez proche de celle de certains
sols. Deuxièmement, le proche-infrarouge car la réflectance des végétaux y est proportionnelle à leur activité
chlorophyllienne. La réflectance est généralement assez forte (autour de 50%) sauf pour les résineux, les vieux
feuillus, les végétaux malades ou en maturation. Il est alors aisé d'isoler les surfaces végétalisées du reste du
paysage, leur réponse spectrale demeurant bien au-dessus de la moyenne.
Il est évident sur la figure ci-dessous que l'eau est l'élément qui a la réflectance la plus faible du visible à
l'infrarouge. Ainsi les surfaces en eau, mais aussi le réseau hydrographique, tranchent très nettement avec leur
environnement dans l'infrarouge où l'absorption est quasi totale. L'analyse devient plus complexe lorsqu'il s'agit
d'étudier des surfaces qui ne sont pas exclusivement recouvertes d'eau. C'est le cas des sols gorgés d'eau ou
recouverts d'une mince pellicule d'eau et des zones humides végétalisées. Dans ces cas de figure, la réponse
spectrale est composite et l'eau a souvent tendance à faire chuter la réflectance des milieux où elle est présente.
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Le document de la figure 10 illustre bien la grande dépendance entre la réponse spectrale des surfaces
minéralisées et leur composition physico-chimique. La réflectance du béton est près de trois fois supérieure à celle
de l'asphalte, ce qui est en partie dû à la pigmentation (couleur) de ces surfaces. Il est également intéressant de
constater la constance de la réponse spectrale entre 0,4 µm et 1 µm. L'écart important entre la signature spectrale
du béton et de la végétation dans le visible permet une excellente distinction de ces deux espaces.
D'après le graphique comparatif de la figure 10, un sol sablonneux (au comportement spectral proche d'un sol
argileux du visible au proche-infrarouge) se distingue beaucoup mieux dans son environnement dans
l'infrarouge que dans le visible. Seules les longueurs d'ondes du "vert", à cause de la pigmentation verte de la
chlorophylle, autorisent une distinction assez nette dans le visible. Par contre, l'activité chlorophyllienne des
végétaux va provoquer une réflectance beaucoup plus élevée que celle des sols dans le proche-infrarouge. Enfin,
plus la longueur d'onde augmente et plus la séparation sols / eau est franche. Néanmoins, l'humidité et la teneur
en eau d'un sol vont faire chuter considérablement la réponse spectrale, sans toutefois que l'absorption atteigne
celle d'une surface en eau.
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En télédétection, les capteurs sont les instruments qui permettent de transformer le rayonnement
électromagnétique en informations perceptibles et analysables par l’œil humain. Plus spécifiquement, un capteur
désigne "un instrument qui recueille de l'énergie radiative provenant de la scène visée et délivre un signal
électrique correspondant mesurable". Nous distinguerons trois grands types de capteur : les systèmes
photographiques, les radiomètres imageurs et les capteurs actifs.
Les systèmes photographiques sont des systèmes optiques "classiques" dont le fonctionnement de base est
similaire aux appareils photographiques communs. Le rayonnement électromagnétique est directement
enregistré sur une pellicule photographique qui sera développée sur du papier photo. Evidemment, ces
instruments sont souvent d'une très grande complexité technologique afin de minimiser les déformations
géométriques et les altérations radiométriques.
Le résultat est un cliché photographique qui peut être en couleur, panchromatique (noir & blanc) ou proche-
infrarouge. Il n'existe pas d'émulsions photographiques capables de mesurer d'autres longueurs d'ondes. Dans
l'immense majorité des cas, les instruments photographiques sont embarqués sur des plates-formes aériennes, en
raison des contraintes inhérentes à la récupération des données. Néanmoins, certains satellites prennent des
photographies tels que Kosmos (satellite russe) ainsi que bon nombre de satellites militaires. Les données sont
récupérées lors de la chute du satellite sur Terre ou en envoyant la pellicule au sol.
Les radiomètres imageurs sont des systèmes qui permettent la transformation du rayonnement
électromagnétique en un signal électrique qui va être stocké sur un support numérique (mémoire, bande
magnétique...). Ils sont appelés "imageurs" pour les distinguer des radiomètres et spectroradiomètres ponctuels
utilisés au sol qui permettent de mesurer la radiométrie d'un seul point de l'espace sur une très grande quantité
de bandes spectrales. Les mesures enregistrées par les capteurs sont transmises au sol par voie hertzienne (par
des ondes). Une fois prétraitées les images seront distribuées sous forme numérique par CD-ROM ou bande
magnétique.
La grande diversité des capteurs permet de mesurer le rayonnement électromagnétique dans de très nombreuses
longueurs d'ondes. En général, les capteurs passifs vont de l'ultraviolet-visible à l'infrarouge lointain.
Les capteurs actifs sont des capteurs qui éclairent artificiellement la cible avant de mesurer l'énergie qu'elle
renvoie. Ce rayonnement renvoyé par la cible est appelé écho. Les capteurs actifs peuvent être des RADAR
latéraux, diffusomètres, fluoromètres ou lidars. Il existe une dizaine de bandes spectrales RADAR communément
exploitées qui s'étalent de 0,3 GHz à 40 GHz.
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Le terme de plate-forme ou de vecteur désigne le véhicule sur lequel sont embarqués les capteurs, les instruments
de mesure du rayonnement électromagnétique. Le véhicule peut être aérien ou spatial, mais également terrestre
pour les spectroradiomètres ponctuels. Ainsi, les avions, satellites, ballons dirigeables ou non, sont des exemples
de plates-formes utilisées. En général les plates-formes sont classées en fonction de l'altitude à laquelle elles
évoluent. Nous laisserons de côté les plates-formes terrestres pour nous concentrer sur les vecteurs aériens et
spatiaux.
Les plates-formes aériennes peuvent évoluer jusqu'à 15 kilomètres d'altitude environ. L'emploi d'avions
comme vecteur de télédétection présente de nombreux avantages : il est possible d'embarquer un poids
considérable, de contrôler précisément les capteurs en vol et généralement d'obtenir des données beaucoup plus
fines spatialement. Néanmoins, les limitations sont importantes : les conditions météorologiques peuvent
perturber les plans de vol, la zone couverte par sortie est plutôt réduite et le coût à long terme de ces missions est
élevé.
Les plates-formes spatiales sont des véhicules en orbite autour de la Terre. On les classe généralement en
fonction de l'altitude à laquelle ils évoluent, mais aussi et surtout en fonction du type d'orbite. Les satellites placés
sur orbite géostationnaire (36 000 km à la verticale de l'équateur) restent constamment au-dessus d'un point fixe
de la Terre. Cette orbite qui permet la surveillance d'une même région est surtout utilisée pour les satellites de
météorologie ou de télécommunication. Les satellites placés sur orbite héliosynchrone (entre 300 et 1500 km
d'altitude) passent au-dessus de la même zone tous les jours à la même heure locale (héliosynchrone =
synchronisé avec le soleil). L'orbite du satellite est quasi-polaire, toutes les régions terrestres (hormis les pôles)
sont couvertes. C'est l'orbite de prédilection des satellites d'observation de la Terre comme SPOT ou LANDSAT.
Il existe deux grands types de données en télédétection aérospatiale. Les photographies dont la principale
caractéristique est d'être au format papier et les images qui sont des informations numériques. Contrairement aux
apparences le vecteur ne détermine pas le type de données. Il existe, très minoritairement certes, des
photographies spatiales et des images aériennes. Néanmoins, pour des raisons de simplicité et de généralisation,
nous traiterons les photographies aériennes et les images satellitales.
Un film photographique est une base plastique recouverte d'une émulsion constituée de cristaux d'halogénure
d'argent, sensibles à la lumière. Après exposition de ce film à la lumière, il se forme une image révélée au cours
du développement. Le négatif ainsi produit permet de réaliser des épreuves positives sur papier.
Les photographies, si elles peuvent être numérisées, sont avant tout et par définition des données au format
papier. Cette technologie ne permet l'appréhension que d'une petite partie du spectre électromagnétique : le
visible (400 à 600 nm) et le proche-infrarouge (700 à 900 nm). Il n'existe pas d'émulsions sensibles aux autres
longueurs d'ondes.
Les trois principales émulsions utilisées en photographie aérienne sont l'émulsion couleur (1), l'émulsion
panchromatique (2) et l'émulsion infrarouge (3). Il existe d'autres types comme l'émulsion infrarouge couleur, qui
sont moins utilisé et que nous n'aborderons pas ici.
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Chaque cliché aérien est accompagné d'une série d'informations indispensables, relatives à l'émulsion utilisée, à
l'échelle ou encore à la date de prise de vue. En règle générale, les informations suivantes sont mentionnées dans
la marge de chaque cliché aérien :
Le numéro de la prise de vue dans la mission en cours : Ce numéro renvoie au tableau d'assemblage et
permet de positionner le cliché. Le tableau d'assemblage est une carte IGN où figurent les points principaux
(centres) des clichés de la mission. Dans l'exemple ci-dessous (figure 14), les points principaux sont figurés par
des croix noires portant le numéro des clichés.
L'échelle de prise de vue : L'échelle va du 1/5000° au 1/30 000°, en passant par le 1/20 000° ou encore le 1/25
000°. L'échelle est inscrite sur le cliché en mètres. "200" = 1/20 000° et "300" = 1/30 000°.
Le numéro de carte : C'est le numéro de la carte topographique qui sera élaborée ou révisée à l'aide des clichés
de la mission.
Le type de mission : Ce code (F pour mission régulière, IFN pour inventaire forestier national par exemple)
renseigne sur le type de mission à laquelle appartient le cliché. Outre la couverture régulière du territoire national
(tous les 4 ans généralement), l'IGN conduit des missions exceptionnelles ou sur commande.
Le type d'émulsion : Un code désigne le type d'émulsion ou de pellicule photographique employé. P pour le
panchromatique, C pour la couleur et IR pour le proche infrarouge.
Rares sont les satellites qui, comme ceux de la série Kosmos produite par l'ex-URSS, ont été construits pour
prendre des photographies. Pourtant le terme le "photographie satellite" est très souvent employé pour désigner
les images prises par les satellites orbitaux.
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
Une image n'est pas une photographie et l'immense majorité des satellites prennent des images de la Terre et non
des photographies. La différence entre les deux peut paraître anodine et pourtant elle est de taille : une image est
au format numérique alors qu'une photographie est au format papier. Il faut donc parler d'image satellite et non
de photographie satellite.
Une image satellitale est une matrice de pixels. Le terme de pixel, provenant de la contraction des mots anglais de
picture et element étant la plus petite surface homogène constitutive d'une image enregistrée. La première figure
représente une image de 5 pixels de côté, c'est-à-dire 5 lignes et 5 colonnes, soit 25 pixels en tout. Chaque pixel
possède une valeur radiométrique représentant la moyenne des mesures radiométriques effectuées sur la surface
qu'il représente sur le terrain. La seconde figure montre cette association entre le contenant du pixel (sa
géométrie) et son contenu (sa valeur radiométrique).
Enfin, par convention, les mesures les plus fortes sont codées en blanc et les plus faibles en noir, générant ainsi un
dégradé de gris. Chacun des pixels est coloré en fonction de sa valeur radiométrique, ce qui construit au final une
image (dernière figure).
Une image satellitale est caractérisée par sa résolution spatiale, sa résolution spectrale, sa résolution radiomérique
et sa résolution numérique. Dans un système de mesurage, on appelle résolution l'aptitude d'un instrument à
discriminer deux objets ou deux valeurs proches l'une de l'autre. Dans le cas d'une image, il est aussi employé
pour désigner l'aptitude à rendre distincts deux points voisins.
La résolution spatiale ou géométrique est la distance la plus petite permettant de discriminer deux objets voisins.
Cette résolution s'exprime en mètres ou en kilomètres et mesure le côté d'un pixel. Ainsi une résolution grossière
(plusieurs centaines de mètres voire plusieurs kilomètres) ne permettra pas de distinguer des objets spatiaux de
petite taille (comme des bâtiments, des petites parcelles agricoles). A contrario, une résolution plus fine (quelques
dizaines de mètres à un mètre) autorise par exemple l'identification des réseaux de communication les plus fins
(routes, chemins...).
Ainsi, pour une image à 20 mètres de résolution, chaque pixel représente une superficie correspondant à 20 x 20
mètres au sol.
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Une résolution spatiale élevée autorise la distinction d’objets spatiaux de petite taille. Mais plus la résolution
augmente, plus la taille informatique (exprimée en octets) des images est importante, ce qui ralentit les
traitements et nécessite un matériel très performant. De plus, l'augmentation de la résolution spatiale va de pair
avec la diminution de la taille des scènes (portion de surface terrestre observée et enregistrée).
Résolution Résolution
taille de la scène
mode panchromatique mode multispectral
La course à la plus petite résolution possible n'a donc pas de sens. Le choix d'une résolution doit se faire en
fonction d'une problématique de recherche précise. Il serait aussi absurde d'étudier la végétation de l'ensemble
du continent africain à l'aide d'images Ikonos que d'étudier les centres intra-urbains à l'aide d'images NOAA. De
plus, plus la résolution spatiale augmente, plus le prix de l'image (en Euros par hectare) est élevé. Il faut donc
adapter les choix de ses images à sa problématique de recherche et non l'inverse.
La résolution spectrale décrit la capacité d'un capteur à utiliser de petites fenêtres de longueurs d'onde. L'eau ou
la végétation par exemple ne nécessite pas une résolution spectrale fine, à l'inverse les roches et minéraux
réclament une résolution beaucoup plus grande. Si la résolution spectrale est trop grossière, il ne sera alors plus
possible de bien différencier les différents minéraux.
Les images panchromatiques sont thématiquement mois intéressantes que les images multispectrales.
Effectivement, il est préférable d'avoir trois bandes spectrales : vert, bleu et rouge, plutôt qu'une seule bande
spectrale visible. Il existe également des capteurs très perfectionnés capables de détecter des centaines de bandes
spectrales, on les appelle capteurs hyperspectraux.
La résolution radiométrique d'un système de télédétection décrit sa capacité de reconnaître de petites différences
dans le spectre électromagnétique. Plus la résolution radiométrique d'un capteur est fine, plus le capteur est
sensible à de petites différences dans l'intensité de l'énergie reçue.
La résolution numérique est très liée à la résolution radiométrique. Chaque quantité d'énergie mesurée en
kilojoule est transformée en compte numérique ou valeur radiométrique. Plus la gamme des comptes numériques
est étendue, plus la résolution numérique est grande. Ainsi, dans la plupart des images, la gamme possible est de
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
256 valeurs. Les trois images ci-dessous sont codées respectivement en 2 bits (4 valeurs possibles), en 3 bits (8
valeurs possibles) et en 8 bits (256 valeurs possibles).
Plus la résolution numérique est grande et plus la qualité thématique des images est bonne. Il est évident qu'une
image de faible résolution radiométrique ne peut avoir une forte résolution numérique significative.
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2 . Deuxième chapitre
« de l’image à la carte »
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
Les prétraitements sont des opérations effectuées sur les images en amont de tous traitements de façon à les
corriger ou les améliorer géométriquement et thématiquement. Il existe trois types de prétraitements : les
corrections radiométriques, les corrections géométriques et les corrections atmosphériques.
Les corrections radiométriques sont appliquées sur les images pour réaffecter à chaque pixel une valeur
radiométrique la plus proche possible de celle mesurée sur le terrain. Les variations enregistrées peuvent être
dues au vieillissement des capteurs, à leur dérèglement ou aux défauts lors de la conception des instruments. Les
images SPOT ont ainsi un léger problème de colonnade et les images LANDSAT MSS et TM (notamment au
début de la série) un important phénomène de lignage. Ce sont souvent les organismes distributeurs des images
satellitales qui procèdent aux prétraitements radiométriques (égalisation de la sensibilité des détecteurs...) mais il
est possible de les effectuer grâce à des procédures adaptées. Ainsi, l'analyse de Fourrier permet entre autre de
réduire la colonnade des images LANDSAT.
Les corrections géométriques sont appliquées sur les images pour réduire les déformations géométriques
intervenues lors de l'enregistrement de la scène :
- Les distorsions causées par l’environnement (courbure de la terre, variation d’altitude au sol, réfraction
atmosphérique…)
Les corrections géométriques sont également utilisées pour projeter et géoréférencer les images. Il existe deux
façons de corriger géométriquement les images :
La méthode par modèle de navigation du satellite consiste à transformer les images après avoir appliqué un
modèle mathématique des paramètres géométriques de l’enregistrement de la scène. Chaque satellite possède son
propre modèle de navigation.
La méthode polynomiale par prise de points d'appui consiste à retrouver pour tout point m et n d’une image
représentée par la fonction f (m, n) sa nouvelle position u et v dans tout autre système de coordonnées, soit la
fonction g (u, v), au moyen de la fonction h.
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
La première étape consiste à trouver des points d'appui (dits aussi de calage ou d'amer) communs entre la source
de référence et l'image à corriger. La source de référence peut être un ensemble de points connus et référencés
(points géodésiques, relevés GPS...), une carte topographique ou encore une image satellitale géoréférencée
comme dans l'exemple ci-dessous.
La seconde étape consiste à calculer la relation entre points source et points de référence. Plus il y a de
déformations et plus il faut utiliser un modèle de déformation de degré élevé (c'est-à-dire un polynôme de
déformation à degré élevé) et plus le nombre de points d'amer nécessaire est élevé. Le nombre minimal de points
d'amer peut être calculé de la façon suivante :
N = ((T+1) (T+2)) / 2
où N est le nombre minimal de points d'amer nécessaire et T l’ordre de la transformation choisie. Exemple avec
un polynôme du second degré : N = ((2+1)(2+2))/2 = 6 points d'amer au minimum.
La troisième et dernière étape consiste appliquer le polynôme de déformation sur image à corriger pour créer une
nouvelle image dans le référentiel choisis. L'ancienne et la nouvelle grille ne correspondant pas, il est nécessaire
d'appliquer un algorithme de reventilation pour affecter à chaque nouveau pixel de l'image crée, une valeur la
plus proche possible de l'ancienne image. Trois modes de reventilation sont possibles :
- La reventilation au plus proche voisin qui affecte à tout pixel de la nouvelle image le pixel le plus proche dans
l'image d'origine (dans le schéma n°1, c'est le pixel en bas à gauche). Cette méthode est très rapide et conserve les
valeurs radiométriques d'origine, mais a un mauvais rendu géométrique (effet d'escalier sur les diagonales...),
c'est la méthode utilisée lorsque l'on travaille avec les valeurs radiométriques (classifications, analyses
spectrales...).
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
- L'interpolation bilinéaire qui affecte à chaque pixel de la nouvelle image la valeur des 4 plus proches voisins
(2x2) dans l'image d'origine (voir schéma n°1). Cette méthode est un peu moins rapide et engendre un léger effet
de lissage, mais la précision spatiale est satisfaisante.
- L'interpolation bicubique qui affecte à chaque pixel de la nouvelle image la valeur des 16 plus proches voisins
(4x4) dans l'image d'origine (voir schéma n°2). C'est la méthode la plus lente et elle engendre un lissage assez
important de l'image. Néanmoins, la nouvelle image est très précise spatialement, donc parfaitement adaptée
pour l'analyse des formes et des textures (méthodes de photo-interprétation).
1 .......2
En zone de fortes variations d'altitude, il est également possible, en plus de toutes ces opérations, de corriger
géométriquement les images en prenant en compte le relief. Pour cela, on utilise un modèle numérique d'altitude,
ce qui accroît davantage la précision spatiale des images. Ce procédé s'appelle "orthorectification".
Les organismes distributeurs d'images de télédétection spatiale fournissent des données avec des degrés de
précision géométrique variables en fonction du prix payé. Le tableau ci-dessous nous montre les différents
niveaux de prétraitements effectués par l'organisme distributeur des images SPOT :
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
Le signal lumineux mesuré par les capteurs d’un satellite traverse deux fois l’atmosphère terrestre (figure ci-
dessous), la première fois lors du trajet soleil-cible et la seconde lors du trajet cible-capteurs. A chacune de ces
deux traversées, le rayonnement électromagnétique va subir des transformations dues aux propriétés physico-
chimiques des deux composants majeurs de l’atmosphère terrestre qui sont les gaz (oxygène, ozone, vapeur
d’eau…) et les aérosols (poussières, pollens…).
Figure 20 : les effets de l’atmosphère sur le REM mesuré par les capteurs
La contribution de l’atmosphère dans la valeur radiométrique d’un pixel peut ainsi dépasser 50% dans certaines
longueurs d’ondes, comme le bleu par exemple. Il est donc parfois nécessaire d’appliquer des corrections
atmosphériques sur les images en fonction des caractéristiques thématiques, la zone d’étude et de la méthode de
traitement d’image employée.
Il est impossible d’obtenir la contribution réelle de l’atmosphère sans posséder les données décrivant les
conditions météorologiques lors de l’enregistrement de l’image. C’est donc par simulation que les corrections
atmosphériques vont être effectuées, pour obtenir au final une évaluation la plus précise possible de l’état de
l’atmosphère lors de la prise de vue.
Parmi les logiciels de corrections atmosphériques les plus connus figurent 5S (TANRE et al) développé en France
et la série des modèles LOWTRAN (KNEIZIS et al) développés aux Etats-Unis. Le logiciel 5S (Simulation du
Signal Satellitaire dans le Spectre Solaire) a été élaboré par le L.O.A. (Laboratoire d’Optique Atmosphérique) en
1985 et 1986 permet, grâce à un modèle de simulation du transfert radiatif à travers l’atmosphère non nuageuse,
d’évaluer l’importance des effets de l’atmosphère sur les images satellitales et de les corriger partiellement. Le
logiciel 6S (Seconde Simulation du Signal Satellitaire dans le Spectre Solaire) a amélioré de nombreux points de
l’ancienne version, mais au prix d’une complexité accrue.
Une fois la contribution de l'atmosphère connue, il suffit de la soustraire à la valeur radiométrique des pixels.
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
Les canaux bruts sont quasiment illisibles si les contrastes ne sont pas ajustés. Effectivement, il est très rare
d'avoir des valeurs extrêmement fortes quelle que soit la bande spectrale. Dans le visible, par exemple, la quasi-
totalité des valeurs se trouvent entre 0 à 80, sur une échelle qui va de 0 à 255. La valeur 0 (codée en noir) signifie
que le satellite n'a aucune réponse, la valeur 255 (codée en blanc) signifie au contraire que la totalité du REM est
renvoyée par la cible. Or, dans la nature, peu de surfaces ou d'objets ont un albédo supérieur à 50%, hormis peut-
être les glaciers, les surfaces enneigées et autres banquises, ou encore les sols nus très minéralisés. Les canaux
bruts sont donc très sombres, parfois quasiment noirs.
Les images ci-dessous sont des extraits des trois canaux bruts d'une image SPOT (série1, 2 et 3). Ces canaux sont
dans l'ordre : le vert, le rouge et le proche infrarouge. L'histogramme représente le nombre de pixels par valeur
radiométrique. L'axe des abscisses est la valeur radiométrique (0 à 255) et l'axe des ordonnées le nombre de
pixels. Le dégradé de gris montre la couleur correspondant à chacune des valeurs spectrales. Seul le canal proche
infrarouge est relativement clair, les deux autres sont inexploitables.
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Les canaux bruts sont non seulement très sombres, mais ils sont de surcroît très peu contrastés. C'est pourquoi le
premier traitement effectué est un rehaussement de contrastes. L'histogramme est étiré de façon à ce que la
mesure la plus forte soit codée à 255 et la plus faible à 0. Les images, comme on peut le voir ci-dessous, sont alors
plus claires et surtout beaucoup plus contrastées.
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Toutes les couleurs sont formées par l'addition de la lumière des trois couleurs primaires additives : rouge, vert et
bleu (procédé utilisé pour afficher de la lumière sur un écran par exemple). En partant du noir, c'est-à-dire
l'absence de lumière, on va ajouter des quantités variables de lumières rouge, verte et bleue pour afficher une
couleur précise. Chaque couleur est donc une combinaison singulière des trois couleurs primaires, la couleur
blanche étant l'addition des trois couleurs primaires à intensité maximale. Ce procédé est appelé synthèse
trichromique additive.
La synthèse trichromique soustractive est le procédé inverse. Toutes les couleurs sont créées par soustraction de
la lumière des trois couleurs soustractives : cyan, magenta et jaune (procédé utilisé pour la peinture, l'imprimerie
ou la photographie). En partant du blanc, c'est-à-dire la lumière la plus intense, on va soustraire des quantités
variables de lumières rouge, verte et bleue pour afficher une couleur précise.
Ainsi, du rouge mélangé au vert donne du jaune, du vert mélangé au bleu donne du cyan et de bleu mélangé au
rouge donne du magenta. Le blanc est le fruit de l'addition des trois couleurs fondamentales à leur intensité
maximale et le noir représente l'absence totale de lumière. Le gris est donc le résultat de l'addition d'une même
proportion de chacune des trois couleurs fondamentales.
Aux trois couleurs fondamentales sont donc associés trois canaux d'une image satellitale. L'illustration ci-dessous
montre le codage des trois canaux d'une image SPOT : le canal XS3 (proche infrarouge) est codé en rouge, le canal
XS2 (rouge) est codé en vert et le canal XS1 (vert) est codé en bleu. Le résultat est appelé composition colorée.
En codant les trois canaux d'une image SPOT avec les trois couleurs fondamentales, on peut ainsi élaborer 27
compositions colorées différentes (33 = 3x3x3 = 27).
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Figure 24 : quelques exemples de compositions colorées élaborées à partir des trois mêmes canaux bruts
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Les filtres sont des analyses univariées c'est-à-dire des traitements ne portant que sur un seul canal. Ainsi, des
filtres ou convolutions sont appliqués sur les images afin d'homogénéiser les images ou au contraire d'en
rehausser les contrastes.
Par exemple, le filtre passe-bas ou lissage consiste à éliminer les pixels "aberrants" qui forment le bruit de l'image
ou les irrégularités locales. Ce traitement génère un effet de flou plus ou moins accentué en fonction des réglages.
Il est par exemple possible de lisser une image en affectant à chaque pixel la valeur radiométrique moyenne de la
somme de ses voisins. Dans l'exemple suivant le voisinage est composé des pixels voisins immédiats, mais il est
possible d'accentuer le lissage en définissant un rayon de deux pixels (donc une grille de 5*5 pixels) ou encore de
trois pixels (donc une grille de 7*7 pixels).
Le filtre fréquemment utilisé pour produire l'effet inverse, c'est-à-dire non plus homogénéiser l'image mais au
contraire rehausser les détails, est appelé passe-haut. Il est notamment utilisé pour accentuer les arêtes et ainsi
mieux identifier les objets linéaires (réseau hydrographique et routier, failles géologiques...).
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0 -1 0
-1 5 -1
0 -1 0
Les indices sont des analyses multivariées c'est-à-dire des traitements élaborés à partir de plusieurs canaux. Il
s'agit souvent d'opérations mathématiques plus ou moins simples visant soit à réduire la somme d'informations
(rappel : en codage RVB, on ne peut visualiser que trois canaux en même temps) ou bien la mise en évidence de
thèmes particuliers (végétation, sols...).
L'indice de végétation normalisé (NDVI pour Normalized Difference Vegetation Index) consiste à soustraire
au canal infrarouge (où la couverture végétale a de fortes réflectances) le canal rouge (où les surfaces minéralisées
ont de fortes réflectances). Le néocanal résultant présente un gradient croissant d'activité végétale allant du noir
signifiant absence de couverture, au blanc qui rend compte d'une activité chlorophyllienne très élevée. Le résultat
d’un NDVI prend la forme d’une nouvelle image, la valeur de chaque pixel étant comprise entre 0 (sol nu) et 1
(couvert végétal maximal). C’est l’analyse de la palette de nuances s’étendant entre ces valeurs extrêmes (très peu
fréquentes) qui va renseigner l’observateur sur la densité du couvert végétal et la quantité de biomasse verte. La
réponse spectrale d’un couvert végétal dense est forte dans les longueurs d’ondes proche-infrarouges (à cause de
l’activité chlorophyllienne) et faible dans les longueurs d’ondes rouges, alors que la réponse spectrale d’un
couvert très clairsemé est inverse (forte influence des minéraux par rapport à l’activité chlorophyllienne). La
différence normalisée permet de rendre compte de ces deux phénomènes sur une même image.
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L'indice de brillance des sols à pour application principale la recherche en pédologie. Il prend en compte
l'albédo des surfaces pour dissocier les couvertures végétalisées des étendues minérales.
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L'indice de cuirasse répond aux mêmes besoins que l'indice de brillance des sols, mais est davantage
performant pour la mise en évidence et la différentiation des surfaces bâties et des sols nus. Les surfaces
végétalisées et aquatiques apparaissent en noir alors que les surfaces minéralisées sont codées en gris clair ou en
blanc.
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Indice de cuirasse
L'élaboration de compositions colorées en combinant filtres, indices et canaux source permet une forte
augmentation des contrastes et une mise en évidence optimale de certains thèmes. Le filtrage et l'élaboration
d'indices sont des traitements simples à mettre en œuvre qui fonctionnent sur la plupart des milieux observés.
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L’Analyse en Composantes Principales (ACP) est une opération effectuée sur plusieurs canaux, dans le but
d’améliorer la qualité des images, de supprimer les redondances d’informations et de compiler les données. Cette
opération repose sur l’algorithme de la transformée de Karhumen-Loëve, adaptée pour les images satellitaires
par la transformée de Hotelling. L’objectif est de générer des axes ou composantes principales expliquant la
position des individus au sein du groupe. Le résultat prend la forme de plusieurs nouveaux canaux, présentant
un intérêt explicatif décroissant.
Pour les images multispectrales à plus de trois canaux, comme les données de la série Landsat (7 canaux) ou les
données SPOT 4 (4 canaux), l’intérêt est de pouvoir afficher l’ensemble de l’image. L’ACP permet de réduire le
nombre des canaux à 3 de façon à les superposer grâce à la synthèse trichromique.
Figure 31 : l’exemple d’une CAP avec trois canaux en entrée et trois axes en sortie
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La composition colorée de plusieurs canaux ACP est toujours très intéressante et fortement contrastée. Dans
l'exemple ci-dessous, le codage est le suivant : RVB = ACP1 / ACP2 / ACP3.
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2.6 La classification
La classification d'une image de télédétection consiste en une reconnaissance automatique des réflectances.
L'algorithme utilisé pour classer l'image va effectuer des regroupements de pixels en fonction de leurs
similitudes. Il est ainsi possible d'identifier automatiquement les différents thèmes d'une image (végétation, eau,
bâti...). Il est possible d'effectuer une classification sur un nombre important de canaux, la rapidité des traitements
diminuant avec le nombre d'informations à traiter.
Dans le cas des classifications non supervisées, l'utilisateur ne rentre qu'une quantité limitée de paramètres,
l'ordinateur fait le reste. Les choix de l'utilisateur portent par exemple sur le nombre de classes souhaitées ou le
seuil à partir duquel l'ordinateur peut considérer que la classification est terminée (il y a toujours des pixels
quasiment inclassables).
Dans le cas des classifications non supervisées, l'utilisateur va guider l'ordinateur en lui fournissant des
informations d'ordres thématiques ou spatiales. Ce type de classifications nécessite donc un minimum de
connaissances sur la zone d'étude. Ce type de traitement donne des résultats souvent bien meilleurs, mais est
plus long et peut être taxé de subjectivité.
Les paramètres thématiques qui sont entrés par l'utilisateur peuvent être par exemple des intervalles
radiométriques qui ont été identifiés sur la zone d'étude (exemple : entre 0 et 25 = eau pure dans l'infrarouge). Les
paramètres spatiaux sont par exemple des polygones dessinés sur l'image (un champ de blé, une parcelle de
résineux, un lotissement pavillonnaire...) qui serviront d'étalon à l'ordinateur. La classification consistera ensuite
à comparer chacun des pixels de l'image aux classes définies et à les affecter à celle qui est considérée comme la
plus proche.
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2.7 La spatiocarte
La spatiocarte résulte de la combinaison d'une image de télédétection avec des données cartographiques ou d'un
référentiel géographique. Les données cartographiques peuvent être les réseaux hydrographiques ou routiers, les
unités administratives ou toute autre information permettant un meilleur repérage dans l'espace. Dans l'exemple
ci-dessous le réseau routier a été superposé à l'image.
L'autre méthode pour élaborer une spatiocarte consiste à appliquer un référentiel géographique à l'image. Dans
l'exemple ci-dessous, les coordonnées géographiques apposées sont celles du système de géoréférencement local
(Lambert zone 1) mais aussi des coordonnées exprimées en latitude / longitude.
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En intégrant dans l'image des données cartographiques ou des références géographiques (ou les deux), l'image
devient une carte, d'où le terme de spatiocarte.
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Glossaire de spatiologie
Absorption : transformation en d'autres formes d'énergies d'une partie ou de la totalité d'un rayonnement se
propageant dans un milieu matériel.
Albédo : réflectance d'un élément homogène de surface, dans une direction et à une longueur d'onde déterminée.
L'albédo s'exprime en pourcentage d'énergie réfléchie.
Capteur : instrument qui recueille de l'énergie rayonnante provenant de la scène (ou cible) visée et fournit un
signal électrique correspondant, à des fins de mesure. Un capteur actif est un capteur auquel est incorporé ou
associé un émetteur qui irradie la scène dans la bande spectrale du récepteur.
Cible : portion de la surface terrestre observée par le satellite. Sa taille peut varier de quelques dizaines de km² à
plusieurs milliers. On parle aussi de scène.
Données : informations représentées sous une forme adaptée à leur traitement automatique.
Emission : énergie rayonnée dans une longueur d'onde définie, pendant l'unité de temps, par l'unité de surface
d'un corps à une température déterminée.
Fréquence : nombre d'oscillations d'une onde par unité de temps d'un mouvement vibratoire simple. C'est
l'inverse de la période.
Histogramme : représentation graphique d'un ensemble de données qui met en évidence les valeurs des
paramètres en fonction de leur fréquence d'occurrence.
Hyperfréquences : rayonnement électromagnétique dont la longueur d'onde est généralement comprise entre 1
millimètre et 1 mètre. Aussi appelé micro-ondes.
Longueur d'onde : la longueur d'onde est la distance entre deux points homologues successifs d'une onde.
Luminance : en un point et dans une direction spécifiée, puissance rayonnée par unité de surface et par unité
d'angle solide. Synonyme de radiance.
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Multibande : se dit d'un capteur opérant dans plus d'une bande spectrale à la fois et par extension des images
obtenues à l'aide de ce type de capteur. Ce terme est préférable à celui de multispectral car il y à plusieurs bandes
mais un seul spectre électromagnétique.
Multispectral : se dit d'un capteur opérant dans plus d'une bande spectrale à la fois et par extension des images
obtenues à l'aide de ce type de capteur.
Orbite : trajectoire que décrit, par rapport à un système de référence spécifié, le centre de masse d'un objet céleste
soumis aux seules forces naturelles, essentiellement les forces de gravitations et les forces d'inertie. En plus des
forces naturelles, l'objet céleste peut être soumis à des forces propulsives de correction, destinées à obtenir ou
corriger une trajectoire donnée.
Pixel : la plus petite surface homogène constitutive d'une image enregistrée, définie par les dimensions de la taille
d'échantillonnage.
RADAR : appareil qui émet des impulsions en hyperfréquences très brèves, ou des ondes entretenues, et reçoit
l'écho de ces impulsions après réflexion sur des obstacles.
Radiance : en un point et dans une direction spécifiée, puissance rayonnée par unité de surface et par unité
d'angle solide. Synonyme de luminance.
Rayonnement : processus par lequel une source fournit de l'énergie vers l'espace extérieur sous forme d'ondes ou
de particules.
Rayonnement électromagnétique : c'est une forme dynamique d'énergie qui ne se manifeste que dans son
interaction avec la matière. Il se compose comme un champ de forces dont les variations affectent les propriétés
électriques et magnétiques de la matière. Il se caractérise par une période, une fréquence, une vitesse de
propagation, une longueur d'onde et une amplitude.
Réflexion : renvoi dans le milieu d'incidence d'un rayonnement électromagnétique incident par l'interface qui
sépare le milieu considéré d'un autre milieu d'indice de réfraction différent, sans changement majeur de la
fréquence des radiations qui composent le rayonnement incident.
Résolution : aptitude, d'un instrument d'observation ou de mesure, à discriminer deux objets ou deux valeurs
proches l'une de l'autre.
Satellite : objet céleste animé d'un mouvement périodique autour d'un corps de masse prépondérante, ce
mouvement étant principalement déterminé par le champ de gravité de ce dernier. Dans le cas d'un satellite
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Initiation à la télédétection Année académique 2019-2020
artificiel, le terme "satellite" désigne l'objet aussi bien lorsqu'il se trouve à Terre ou en cours de lancement que
lorsqu'il est placé en orbite.
Scène : domaine observé dont les limites résultent des conditions d'observation à un moment donné. Par
extension, image de ce domaine considéré comme un produit commercialisable.
Signature spectrale : courbe caractéristique d'un corps, représentant par exemple sa réflectance spectrale ou son
existence spectrale en fonction de la longueur d'onde.
Spectre électromagnétique : répartition des fréquences du rayonnement électromagnétique depuis les rayons
gamma jusqu'aux ondes hertziennes.
Stéréoscopie : procédé qui permet d'obtenir la vision en relief à partir de deux images stéréoscopiques d'un objet,
prises de deux points de vue différents.
Télédétection : la télédétection est l'ensemble des connaissances et des techniques utilisées pour déterminer des
caractéristiques physiques et biologiques d'objets par des mesures effectuées à distance, sans contact matériel
avec ceux-ci. Télé signifie "à distance" et détection veut dire "découvrire" ou "déceler".
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