Azrael Baalerion
La lumière écarlate du soleil irradié de Baal Secundus baignait les dunes
vitrifiées d’une lueur cramoisie. Azrael se tenait au sommet d’une crête
rocheuse, les yeux rivés sur l'horizon déchiré. Autour de lui, le vent sifflait
entre les ruines d'une ancienne structure impériale. Mais ce n'était pas le
paysage désolé qui occupait ses pensées. Non, c'était un souvenir, celui de
son frère Kael, dont le cri d'agonie résonnait encore dans son esprit.
Ils étaient jeunes alors, simples mortels, deux frères inséparables unis par
une promesse : survivre ensemble ou mourir ensemble. Mais Kael avait brisé
cette promesse pour sauver son cadet. Une créature monstrueuse, jaillie des
sables irradiés, s’était jetée sur Azrael. Kael, sans hésiter, s'était interposé,
laissant à Azrael une vie qu'il ne cesserait jamais de considérer comme
empruntée.
Les épreuves du recrutement des Blood Angels furent une succession
d’agonies physiques et mentales. Azrael, hanté par le sacrifice de son frère,
passa chaque épreuve avec une détermination glaciale. Lorsque le moment
vint de recevoir les implants génétiques, il se soumit au rituel avec une
ferveur presque religieuse. Ses os se brisèrent et se reformèrent, ses
muscles se déchirèrent pour renaître plus puissants, mais son esprit... son
esprit resta marqué par la voix silencieuse de Kael.
L'Archiviste vétéran X remarqua rapidement les talents psychiques latents
d'Azrael. Il le prit sous son aile, forgeant non seulement son esprit pour
résister aux horreurs du Warp, mais aussi son âme pour porter les fardeaux
invisibles qu'impose le pouvoir psychique.
— « Le Warp est un océan noir, Azrael. Ceux qui le regardent trop longtemps
s’y noient. »
Azrael comprit que sa nouvelle vie serait un équilibre fragile, une danse
constante entre le contrôle et l'abîme.
Azrael contemplait souvent les fresques du Primarque Sanguinius dans la
grande chapelle du vaisseau-monastère. La majesté et la noblesse du
Premier Ange semblaient presque irréelles. Chaque détail, chaque coup de
pinceau dépeignait un héros au-delà des faiblesses humaines, un être qui
avait choisi le sacrifice plutôt que la corruption.
Il portait autour du cou un médaillon de céramite dorée, un fragment lié à
une relique du Primarque, qu’il serrait dans sa main chaque fois que ses
pensées dérivaient vers le gouffre de la Soif Rouge.
— « Puissé-je marcher sur tes pas, Seigneur des Cieux, et porter ce fardeau
avec dignité. »
L'appel du devoir
La lumière crue des néons vibrait faiblement au-dessus de la cité-ruche
mourante de Calthera Primus. Les bâtiments éventrés exhalaient une odeur
de cendres et de chair brûlée, tandis que les sirènes d’évacuation hurlaient
encore quelque part dans le lointain. Le sol était jonché de cadavres – des
civils, des soldats de la Garde Impériale, et même des Space Marines. Trop
de Space Marines.
Azrael se tenait au centre du carnage, sa Lame de Kael plantée dans le sol,
les mains tremblantes sur la hampe. Autour de lui, les corps de ses frères
formaient un cercle macabre. Frère Markus, Frère Orion, Frère Cassiel… tous
morts. Et au loin, les silhouettes fragiles des survivants civils s'éloignaient,
guidées par les quelques gardes restants.
— « Archiviste… l’extraction est prête. » murmura une voix à travers le vox.
Mais Azrael n’entendait presque plus rien. Le vent apportait avec lui les
relents du plasma brûlé et du sang frais.
Quelques heures plus tôt, le commandement avait été clair : « Maintenez la
ligne. Ne vous dispersez pas. Les civils sont une priorité secondaire. »
Mais lorsqu'Azrael avait aperçu les centaines de réfugiés prisonniers dans un
bâtiment adjacent, cernés par une horde de mutants corrompus, il avait
ressenti un pincement au cœur. Un sentiment rare, presque humain, avait
traversé sa cuirasse mentale : l’empathie.
— « Ils ne tiendront pas… » avait-il murmuré.
Frère Markus, le sergent de l’escouade, s’était avancé :
— « Archiviste, l’ordre était de tenir la ligne. Si nous bougeons maintenant,
les positions tomberont et… »
Mais Azrael avait déjà pris sa décision.
— « Nous sommes les fils de Sanguinius. Si quelques civils nous font défaut
alors comment pourrions nous porter l'Imperium ? Si nous ne nous tenons
pas entre ces innocents et la mort, alors qui le fera ? Avec moi, frères ! »
Les Blood Angels avaient obéi, car même au cœur du doute, ils voyaient en
Azrael une autorité spirituelle.
Leur charge avait été rapide et brutale. Les mutants avaient reculé sous la
férocité de l’assaut des Blood Angels. Les bolters avaient hurlé, la Lame de
Kael avait dansé dans les airs, et le sol s’était couvert d’entrailles et de
membres déchiquetés.
Les civils, piégés dans les étages supérieurs du bâtiment en ruine, avaient
commencé à descendre, leurs visages déformés par la peur et le désespoir.
Pour un instant fugace, Azrael avait cru qu'ils réussiraient.
Mais l’ennemi n’était pas terminé. Une abomination massive, un mutant
fusionné à un canon lourd corrompu par le Warp, avait surgi de l'ombre. Les
tirs plasma avaient fauché Frère Orion et gravement blessé Frère Markus.
— « Repliez-vous ! Protégez les civils ! » avait crié Azrael, sa voix déformée
par le vox.
Mais le chaos avait pris le dessus. Frère Cassiel avait couvert le repli, ses
bolters jumelés crachant la mort jusqu’à son dernier souffle. Markus avait
tenté de repousser la créature avant qu'une griffe n’éventre son plastron, le
clouant au sol.
Finalement, les survivants avaient réussi à s’échapper, mais au prix de trois
frères tombés et d’un quart des réfugiés perdus dans les tirs croisés.
Dans les heures qui suivirent, les renforts des Blood Angels sécurisèrent la
zone, mais le prix était déjà gravé dans le métal et le sang.
Le Capitaine Tyrael approcha Azrael, son visage sévère derrière le casque
doré de son armure.
— « Archiviste Azrael, vos intentions étaient pures, mais vos actes ont coûté
la vie à vos frères. Markus, Orion, Cassiel… leurs noms s’ajoutent à la longue
liste des morts, et c’est sur votre ordre qu’ils ont péri. »
Azrael, toujours agenouillé auprès du corps de Frère Markus, serra les poings.
— « Je… je ne pouvais pas les abandonner. Ces vies innocentes… elles
comptaient aussi. »
Tyrael se pencha légèrement, sa voix plus douce mais non moins
tranchante :
— « Aucun d’entre nous ne souhaite voir des innocents mourir, Azrael. Mais
parfois, le sacrifice de quelques-uns sauve des milliers. Vous êtes un
Archiviste exceptionnel, mais vous n’êtes pas un chef de guerre. Votre cœur
vous honore, mais il vous aveugle. »
Azrael resta seul après le départ de Tyrael. Il déplaça chaque corps de ses
frères avec soin, nettoya leurs armures brisées et plaça leurs armes à leurs
côtés. Chaque geste était une prière silencieuse.
— « Markus, Orion, Cassiel… pardonnez-moi. » murmura-t-il, une larme
silencieuse coulant le long de sa joue.
Dans les ombres de cette ruine, il comprit enfin : il n'était pas fait pour
commander. Son cœur était trop lourd, sa compassion trop vive. Là où un
chef devait parfois sacrifier quelques vies pour le bien du plus grand nombre,
Azrael hésitait.
Mais au fond de lui, une petite voix persistait :
— « Si c’était à refaire… je referais le même choix. »
Car Azrael n’était pas un commandant. Il était un gardien, un protecteur, et
même si cela coûtait des vies, il ne pouvait détourner le regard lorsqu’il y
avait des innocents à sauver.
Depuis ce jour, Azrael refusa toute promotion au commandement direct
d'une escouade. Il resta dans son rôle d'Archiviste, un conseiller, un guerrier
psychique, mais jamais plus un dirigeant.
Mais les survivants de Calthera Primus n’oublièrent jamais le nom d'Azrael, ni
l'image d'un Space Marine aux yeux brillants d’une lumière bleutée, se
tenant seul sur un pont effondré, sa lame scintillante dans la nuit, protégeant
leur fuite jusqu'à son dernier souffle.
Et quelque part, dans les ombres de son esprit, la voix de Kael murmura
doucement :
— « Tu as fait ce qu’il fallait, petit frère. Et c’est tout ce qui compte. »
Le dernier souffle de frère Lucan
Les ruines de la cité-ruche Perdita étaient noyées sous une pluie acide
incessante. Les gouttes, épaisses et brûlantes, tambourinaient sur les
armures d'adamantium et rongeaient lentement les structures métalliques
déchirées. Des volutes de fumée toxique s'élevaient des fissures béantes
dans le sol, et le silence oppressant n'était brisé que par le grondement
lointain de l'artillerie ennemie.
Azrael avançait en tête de son escouade, la Lame de Kael crépitant
doucement dans sa main. Ses sens psychiques s’étendaient comme une toile
invisible autour de lui, cherchant la moindre anomalie, le moindre murmure
du Warp. Mais ce qu'il ressentit à cet instant ne venait pas du Chaos, ni de
quelque xeno rampant dans l'ombre. Non, c'était quelque chose de plus
intime… la souffrance humaine.
— « Arrêtez. » ordonna-t-il d'une voix calme mais ferme.
Les Space Marines s'immobilisèrent instantanément, leurs postures figées en
statues de guerre. Azrael ferma les yeux un instant, puis se détourna du
chemin principal pour se diriger vers un tas de gravats fumants. Là, à demi
enseveli sous des poutres en métal carbonisées, un Space Marine gisait, son
armure noire marquée du sceau de la Deathwatch.
Frère Lucan, un vétéran de la Compagnie de la Mort, respirait encore, mais à
chaque inspiration, un gargouillement humide se faisait entendre à travers
les brèches de son plastron. Une mare de sang sombre s’élargissait autour
de lui, tandis que son casque fendu laissait entrevoir un œil vitreux qui fixait
le ciel pollué.
— « Archiviste… je... je ne peux plus... » murmura Lucan d’une voix brisée.
Azrael s’agenouilla auprès de lui, posant délicatement sa main gantée sur le
casque endommagé de son frère. Il sentit la douleur physique, mais surtout
la peur sourde qui émanait de son esprit. La peur non pas de mourir, mais de
mourir seul, oublié dans cette ruine sans nom.
— « Tu n’es pas seul, Frère Lucan. Je suis ici. »
Lucan tenta de bouger, mais son corps était brisé. Ses lèvres tremblèrent,
cherchant à former des mots. Azrael posa alors deux doigts sur la tempe du
Marine, une légère lueur bleutée irradiant autour de sa main.
Dans un souffle mental, il pénétra l’esprit de Lucan. Des images défilèrent :
des mondes en feu, des frères tombés, un escadron brisé par une
embuscade ennemie. Mais parmi tout cela, une vision persistait : un champ
de fleurs bleues sous un ciel clair. Azrael s’accrocha à cette image, la
stabilisa et la fit grandir dans l’esprit du mourant.
— « Lucan… vois ce champ. Sens la chaleur du soleil, le parfum des fleurs.
C’est là que tu es maintenant. Pas dans ces ruines, pas sous cette pluie
froide. Tu es libre. »
Un calme s’installa sur les traits du Space Marine mourant. Son œil vitreux
reprit un éclat fugace avant de s’éteindre lentement. Son dernier souffle fut
doux, presque paisible.
Azrael resta un long moment immobile, les yeux clos, la main toujours posée
sur le casque de Lucan. Les autres Blood Angels observaient la scène,
silencieux et respectueux. Aucun d’entre eux n’osa interrompre ce moment
sacré.
Enfin, Azrael se releva. Il plaça la Lame de Kael dans le sol et récita une
litanie funéraire d’une voix basse mais claire :
— « Seigneur Sanguinius, accueille Frère Lucan dans vos cieux éternels. Qu’il
trouve le repos que nous, vos fils, n’aurons jamais. »
L’escouade resta un moment figée dans le silence, leurs armures ruisselant
sous la pluie acide. Puis, sans un mot, ils reprirent leur chemin, laissant
derrière eux le corps d’un frère tombé, mais pas oublié.
Alors qu’Azrael avançait à nouveau en tête du groupe, il sentit une brise
mentale caresser son esprit. Une voix faible, mais paisible, résonna dans sa
conscience :
— « Merci, Archiviste… »
Azrael esquissa un sourire fugace avant de replonger dans la réalité glaciale
du champ de bataille. Une seule pensée traversa son esprit :
« Tant qu’il restera des âmes à apaiser et des vies à honorer, je ne faillirai
pas. »
Et sous la pluie acide, l’Archiviste Azrael continua d’avancer, portant sur ses
épaules non seulement le poids de ses responsabilités, mais aussi celui de
chaque frère tombé dont il avait veillé le dernier souffle.
" Traitez-les avec avec honneur, Frères. Non parce qu'ils nous amèneront
aujourd'hui la victoire, mais parce que nous connaîtrons un jour leur sort."
- Astorath l'Inflexible, Grand Chapelain des Blood Angels.
Le Silence et la Rage
Le monde de Zarakh Prime n’était plus qu’une tombe stérile. Sous un ciel
plombé de nuages verts et parcouru d’éclairs statiques, des ruines
cyclopéennes surgissaient du sable noir. Des structures nécrotiques,
scintillant d’une lueur maladive, formaient un paysage où le silence semblait
avoir une texture, une lourdeur palpable qui s’accrochait à la gorge.
L’escouade avançait prudemment à travers une vallée encaissée bordée de
monolithes noirs aux runes incandescentes. Chaque pas résonnait comme un
glas funèbre. Les Nécrons s’étaient réveillés. Leur présence pesait sur le
Warp, une tache froide et immuable contre laquelle même l’esprit aiguisé
d’Azrael peinait à se repérer.
— « Archiviste, je détecte des mouvements au nord. Formations standard,
prêt à engager. » murmura Frère Lucius à travers le vox.
Azrael sentit quelque chose, un murmure presque imperceptible dans les
ombres du Warp, un silence… trop silencieux.
— « Non… ce n’est pas normal. Ils… ils nous attendent. »
Frère Markus, le vétéran en charge de l’escouade, leva son poing ganté,
ordonnant l’arrêt immédiat.
— « Archiviste, restez concentré. Frères, armes prêtes. »
Azrael se plaça légèrement en retrait, la Lame de Kael prête dans sa main,
ses pouvoirs psychiques s’étendant autour de lui comme une toile invisible,
guettant la moindre perturbation dans le Warp.
Soudain, le sable noir s’effondra sous leurs pieds. Des lances d'énergie verte
fusèrent depuis des tranchées dissimulées, transperçant deux Space Marines
avant qu'ils n'aient le temps de réagir. Frère Raphael hurla alors qu’un rayon
le frappa à l’épaule, vaporisant une partie de son armure et laissant sa chair
brûlée à vif.
Les Nécrons surgirent du sol, leurs yeux verts fixant leurs proies avec une
indifférence glaciale. Leurs armes sifflèrent, crachant des éclairs d’énergie
mortelle.
— « Formez un cercle ! Ne reculez pas ! » hurla Frère Markus, tenant sa
position avec une détermination de fer.
Azrael pivota, levant une main entourée d’une aura bleutée. Une vague
psychique déferla, projetant trois Nécrons en arrière, mais ils se relevèrent
presque instantanément, leurs corps métalliques se réassemblant sous une
lueur verte malsaine.
Frère Lucius se fit transpercer par une baïonnette nécrotique avant d’être
traîné au sol. Frère Raphael tomba sous les tirs croisés, son corps fumant.
Azrael se retourna, les mâchoires crispées.
— « Ils ne s’arrêtent pas… ils ne s’arrêtent jamais… »
Au milieu du chaos métallique et des cris déformés par le vox, une ombre
massive se dessina à travers la fumée : une Éminence Dévastatrice Nécron,
un titan arachnide aux multiples bras mécaniques terminés par des armes à
énergie pure.
La créature s'avança lentement, chaque pas résonnant comme un glas
funèbre. Elle s'arrêta devant les derniers Blood Angels encore debout et,
dans une voix synthétique froide et creuse, elle prononça :
— « L’extinction est inévitable. Votre chair est une erreur que le temps
corrigera. »
Frère Markus se plaça entre Azrael et la créature, ses deux bolters rugissant
une dernière fois avant qu’une pince métallique ne s’abatte sur lui, le
broyant dans un craquement humide.
Azrael resta figé. Markus… Lucius… Raphael… Ils étaient tous tombés.
Autour de lui, il n’y avait plus que des cadavres et le cliquetis métallique
incessant des Nécrons avançant vers lui.
Quelque chose se brisa en lui. Les chaînes forgées par des années de
discipline et de méditation se fissurèrent sous le poids de la rage
impuissante, du froid implacable des Nécrons et du goût métallique du sang.
Sa respiration s'accéléra. Ses crocs s'allongèrent. Ses yeux devinrent deux
fentes rougeoyantes, et un rugissement primal s’échappa de sa gorge.
La Soif Rouge venait de déferler sur Azrael.
Azrael bondit avec une vitesse fulgurante, sa silhouette floue sous l’effet de
sa rage incontrôlable. Il se rua directement sur l’Éminence Dévastatrice, sa
Lame de Kael frappant avec une violence bestiale.
Chaque coup résonnait à travers la structure métallique du monstre, des
étincelles bleues et vertes illuminant l’obscurité. Azrael rugissait, ses coups
devenant de plus en plus sauvages, de plus en plus désordonnés.
— « Mourrez ! Mourrez, maudites machines ! »
La créature riposta, ses bras-mitrailleuses déchaînant une pluie d’énergie à
bout portant. Mais Azrael semblait ignorer ses blessures, ses muscles
saillants sous son armure fracturée, son visage déformé par une fureur
incontrôlable.
Finalement, avec un hurlement qui semblait déchirer le silence éternel des
Nécrons, Azrael planta la Lame de Kael dans le cœur énergétique de la
machine. Une explosion de lumière verte illumina la vallée tandis que
l’Éminence Dévastatrice s’effondra, ses systèmes paralysés par le coup fatal.
Mais Azrael ne s’arrêta pas. Il continua à frapper, encore et encore, ses
poings gantés s’écrasant sur le métal brisé.
— « AZRAEL ! ASSEZ ! »
Une voix retentit dans le vox. Frère Elior, le Médecin-Apoticaire, apparut
derrière lui. Il se précipita vers l’Archiviste, une seringue remplie d'un sérum
calmant dans la main.
D’une précision chirurgicale, Elior planta l’aiguille dans la nuque d’Azrael, là
où l’armure était fracturée. Le liquide se diffusa rapidement dans son
système nerveux.
Azrael tomba à genoux, haletant, son souffle rauque résonnant dans son
casque. Le rouge disparut de ses yeux, remplacé par une clarté glacée et…
une honte profonde.
Autour de lui, le champ de bataille était silencieux. Les Nécrons s’étaient
repliés, et les cadavres de ses frères jonchaient le sol.
Plus tard, alors que les Thunderhawks approchaient pour l’extraction, Elior
s’approcha doucement d’Azrael. L’Archiviste était agenouillé devant le corps
de Frère Markus, ses mains tremblantes posées sur l’armure brisée du
défunt.
— « Je… je les ai laissés tomber, Elior. J’ai cédé. » murmura Azrael, presque
inaudible.
Elior secoua la tête, posant une main apaisante sur l’épaule d’Azrael.
— « Non, frère. Tu as tenu plus longtemps que n’importe qui. Même les
anges peuvent tomber, mais c’est en se relevant qu’ils prouvent leur valeur.
»
Plus tard,
La Lame de Kael était plantée dans le sol devant lui, et son médaillon doré
de Sanguinius reposait dans sa main tremblante.
— « Seigneur Sanguinius… j’ai failli. J’ai laissé la bête prendre le contrôle. Si
je suis trop faible pour la retenir… alors que votre volonté soit faite. »
Le silence répondit à ses prières. Mais dans ce silence, Azrael trouva une
étrange sérénité.
Il savait qu’il ne pouvait pas effacer ce qui s’était passé. Mais il pouvait
continuer à se battre, à résister, à se relever encore et encore, jusqu’au jour
où ses chaînes céderaient définitivement.
Et ce jour-là, il espérait que l’un de ses frères aurait le courage de lever sa
lame contre lui.
Mais pour l’instant, il se redressa, reprit sa lame, et quitta la chapelle, le
poids du sang et de la rage pesant lourdement sur ses épaules.
Et quelque part, dans les ombres de son esprit, une voix familière résonna
doucement :
— « Reste fort, petit frère. Je suis avec toi. »
Et sous le poids du silence et du sang, Azrael reprit sa veille éternelle.
Le poids de l'heritage
Le soleil irradié de Baal Secundus se couchait, projetant une lumière rouge
sang sur les dunes déchiquetées. Deux silhouettes se tenaient sur une crête
rocheuse, leurs visages juvéniles burinés par le vent brûlant et marqués par
des cloques infectés. Kael, l’aîné, se tenait droit, une lance improvisée à la
main, tandis qu’Azrael, plus frêle, s’appuyait légèrement sur un bâton usé.
— « Regarde, Azrael. Là-bas. » dit Kael, en désignant l'horizon incertain où
les ombres des créatures nocturnes commençaient à danser.
— « Il n’y a rien, Kael… juste du sable et la fin du monde. »
Kael tourna son regard vers son frère, un sourire franc illuminant son visage
fatigué.
— « Non, petit frère. Il y a nous. Il y a toujours nous. »
Kael et Azrael étaient nés dans un clan de survivants, un groupe nomade
arpentant les terres désolées de Baal Secundus. Leur mère était morte en les
protégeant d’une bête mutante, et leur père, un homme sévère mais juste,
les avait entraînés à survivre dès leur plus jeune âge. Mais même dans ce
monde cruel, les deux frères avaient quelque chose de rare : un lien
inébranlable.
Kael était la force, Azrael était la finesse. Kael portait le poids du monde sur
ses épaules sans jamais se plaindre, tandis qu'Azrael posait des questions,
réfléchissait et trouvait des solutions là où son frère ne voyait que des
obstacles.
— « Tu réfléchis trop, Azrael. » disait Kael en riant après qu’Azrael ait passé
une heure à analyser une empreinte dans le sable.
— « Et toi, tu n’y réfléchis pas assez ! » rétorquait Azrael avec un sourire
timide.
Les deux frères se complétaient. Kael protégeait Azrael, et Azrael rappelait à
Kael qu’il n’avait pas besoin de tout porter seul.
Quand les recruteurs des Blood Angels arrivèrent, les deux frères furent
choisis parmi une centaine d'autres jeunes candidats. Les épreuves qui
suivirent furent cruelles, déchirant les faibles et brisant les esprits des plus
forts. Mais Azrael et Kael restèrent ensemble, chaque épreuve surmontée
grâce à leur lien fraternel.
La dernière épreuve fut la plus terrible. Les recrues furent abandonnées dans
les Steppes de la Désolation, un endroit hanté par des créatures mutantes
assoiffées de sang. La nuit tombait lorsque le monstre surgit : une
abomination massive aux crocs dégoulinants de venin noir.
Azrael trébucha alors que la créature se jetait sur lui. Ses yeux s’élargirent
de terreur tandis que les mâchoires s’ouvraient pour le dévorer. Mais Kael se
jeta entre eux, sa lance improvisée transperçant la gorge de la bête. La
créature hurla et s’effondra, mais pas avant que ses griffes ne déchirent le
torse de Kael.
Azrael se précipita auprès de son frère, ses mains tremblantes pressant la
plaie béante, du sang chaud coulant entre ses doigts.
— « Non, Kael… reste avec moi ! Tu peux… tu peux t’en sortir. »
— « Azrael… tu vas réussir. Tu vas devenir… un ange. Je le sais. »
Kael sourit faiblement avant que ses yeux ne se ferment pour la dernière
fois.
Azrael survécut aux épreuves et devint un Blood Angel. Mais même après
l’implantation des organes génétiques, après les rituels et les
transformations, Kael ne quitta jamais ses pensées. Chaque goutte de sang
versée, chaque cri étouffé sur le champ de bataille lui rappelait ce dernier
moment sous les étoiles de Baal Secundus.
Sa Lame de Kael, sa lance de force, fut nommée en l’honneur de son frère.
Chaque coup qu’il portait était un hommage, chaque ennemi abattu une
prière silencieuse.
— « Que ma lame soit ta voix, Kael. Que chaque ennemi tombé soit une
offrande à ton sacrifice. »
Mais Kael n’était pas seulement une mémoire lointaine. Parfois, dans les
moments de silence, dans les tréfonds de ses méditations ou au bord du
sommeil, Azrael sentait la présence fugace de son frère. Une impression de
chaleur sur son épaule, une voix lointaine murmurant à son oreille :
— « Tu n’es pas seul, petit frère. »
Lorsqu’Azrael cédait brièvement à la Soif Rouge, ce fut le souvenir de Kael
qui le ramenait. Lorsque ses yeux étaient devenus écarlates et que ses crocs
s’étaient allongés, lorsque le monde n’était plus qu’une mer de rage et de
sang, une seule voix avait percé ce tumulte.
— « Azrael… souviens-toi. Tu n’es pas une bête. Tu es mon frère. »
Cette voix n'était pas celle d'un autre frère Blood Angel, ni même celle d'un
supérieur. C’était Kael, calme et ferme, comme il l’avait toujours été. Et dans
ce murmure, Azrael trouvait la force de reprendre le contrôle, de resserrer les
chaînes autour de la bête intérieure.
Azrael savait qu'il ne pourrait jamais rembourser la dette qu’il avait envers
son frère. Chaque bataille qu’il menait, chaque frère qu’il sauvait, était une
tentative désespérée de rendre honneur au sacrifice de Kael.
Dans sa cellule d’Archiviste, au sein du Monastère de Baal, Azrael gardait un
petit morceau de tissu usé, une relique du vêtement que Kael portait lors de
leur dernière nuit ensemble. Chaque soir, avant de s’endormir, il posait sa
main sur ce tissu et murmurait :
— « Tu es toujours avec moi, frère. Tant que je respirerai, tu vivras en moi. »
Chers frères
Azrael, se tenant dans l'ombre, observait la fratrie à travers les fenêtres
d'obsidienne de la salle d'armes. Les murs résonnaient des échos
métalliques des formations, des armes frappant contre des boucliers
d'énergie, des voix graves s’élevant dans le tumulte d'une bataille simulée.
Mais au-delà du bruit, Azrael percevait quelque chose de plus profond, une
fragilité silencieuse dans l'âme de ses frères, dissimulée sous des armures
resplendissantes et des gestes martiaux précis.
Ils étaient des guerriers d’exception, mais certains portaient encore les
cicatrices d'âmes brisées, des échos des horreurs vécues sur les champs de
bataille. Le fardeau du Fléau était toujours là, présent dans chaque geste,
dans chaque respiration. Azrael savait que leur dévouement à l'Empereur
était inébranlable, mais ce n'était pas toujours suffisant pour apaiser les
tourments intérieurs.
Il s’avança doucement, ses pas silencieux sur le sol de marbre. Il n'était pas
là pour ordonner ni pour imposer son autorité. Non, il venait offrir ce qu'il
avait de plus précieux : sa compréhension et sa lumière, là où d'autres ne
verraient que de la faiblesse. Son rôle d'archiviste n'était pas seulement de
connaître l'histoire de leur chapitre, mais aussi d'enseigner, d’éclairer, et
parfois de guérir.
« Frère Typhon, » appela-t-il avec douceur. L’un des Blood Angels les plus
jeunes, un regard agité et les poings serrés, leva les yeux vers lui. Azrael
s’approcha de lui, de ses yeux plongeant dans l’inconnu, comme une mer
calme où se reflète la tempête. « Tu portes un fardeau lourd, mais sache que
nous sommes tous liés par un même serment. Ce poids que tu ressens... il
est partagé par nous tous. »
Typhon baissa la tête, ses traits marqués par des batailles passées. Azrael
posa une main sur son épaule, et d’un regard calme, il laissa le jeune frère
sentir cette chaleur, cette force discrète qu'il lui transmettait, non par les
mots, mais par une simple présence bienveillante.
Puis, il se tourna vers un autre de ses frères, un vétéran endurci, Kaelen, qui
observait à distance, dans la solitude de ses pensées. Azrael s'approcha avec
la même sérénité. « Kaelen, » dit-il en murmurant, « tu as vécu plus que
n'importe quel autre frère parmi nous. Mais ne laisse pas ces souvenirs te
définir. C’est dans la lumière que l’on trouve notre véritable force, non dans
l'ombre de ce que nous avons été. » Un silence s’installa, lourd de
signification. Kaelen tourna son regard vers Azrael, ses yeux pleins de
gratitude, mais aussi de doute.
Azrael sourit légèrement. Il savait que l’esprit de Kaelen se libérait lentement
de son poids. Il n’avait jamais imposé la force des ordres, mais plutôt celle de
la compassion, une qualité rare, mais inestimable, parmi les siens. Il
comprenait que l’âme des Blood Angels ne pouvait être guérie que par
l’amour fraternel, et c’est par la guérison intérieure que les plus grandes
victoires se remportaient.
« Je ne suis pas parfait, mais je peux être meilleur. Et peut-être, en cherchant
à m'améliorer, j'aiderai aussi mes frères à trouver leur propre lumière. »
Les petites choses :
Qualités : compassion, épéiste mortellement abile, inspirant, soutien moral,
sage, optimiste.
Défauts : hésitant, doute constant, isolement, solitude intérieure.
Il sait apprécier les petites choses de la vie comme l'art, la philosophie et les
bons repas entre frères.
Il hait les traitres plus que quiconque
Il discute souvent avec ses frères ou avec les serfs du chapitre, il aime
comprendre la vision de ceux qu'il cotoie
Son rêve est d'être digne de la vie sacrifiée de son frère et de celle de son
primarque. Il souhaite que l'imperium puisse un jour redevenir comme ce
qu'il était lors de la vie de son primarque et la direction de l'Empereur.