REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université M’Hamed Bougara- Boumerdès
Faculté de Technologie
Module: Résistance des matériaux (RDM)
Chapitre 1 : Introduction et généralités sur
la résistance des matériaux
Pr. GHERNOUTI Youcef
Département de Génie Civil
CHAPITRE 1. INTRODUCTION ET GENERALITES SUR LA RESISTANCE
DES MATERIAUX
1. But de la résistance des matériaux
La résistance des matériaux (RDM) est une discipline mécanique qui a pour but d’étudier
le comportement des éléments de construction et des pièces sous l’action des charges.
La RDM nous permet d’étudier la solidité, la résistance, la rigidité et la stabilité des
cops solides. Les principes fondamentaux de la RDM reposent sur les lois et les
théorèmes de la mécanique générale et en premier lieu, sur les lois de la statique.
Elle (RDM) a pour but de déterminer les caractéristiques (matière, dimensions et
formes) des éléments d’une structure pour que chaque élément résiste en toute sécurité
sans déformation permanente et sans rupture aux forces maximales qui lui seront
appliquées en service (l’objectif est le dimensionnement de la structure suivant un
critère de résistance)
La résistance des matériaux permet de :
-Vérifier la résistance ou la rigidité d’un corps solide dont les dimensions sont données
ainsi que les charges qui lui sont appliquées. A cet effet, on doit vérifier que la
contrainte calculée reste inférieure à la contrainte admissible.
-Choisir les dimensions d’un corps solide. Dans ce cas, les charges sont connues, on doit
dimensionner le corps tout en restant dans les limites admissibles.
2. Hypothèses de la résistance des matériaux
Les principales hypothèses de la RDM sont les suivantes :
Les matériaux étudiés en RDM doivent être homogènes et isotropes. Les
caractéristiques physiques et mécaniques sont invariables en tout point et dans toutes
les directions.
Tous les corps sont parfaitement élastiques: En chaque point, contraintes et
déformations sont proportionnelles et après déformations, l’élément revient à son état
initial (élasticité et linéarité du matériau : Loi de Hooke).
Principe de superposition des effets des forces : L’effet produit par un ensemble de
forces est égal à la somme des effets produits par chaque force considérée isolément.
(Hypothèse de Saint-Venant)
La section droite (perpendiculaire à la fibre moyenne) d’un élément reste plane après
l’application des forces (hypothèse de Navier-Bernoulli).
Les déformations du corps sont supposées très petites et sans influence sur
l’intensité et la direction des forces appliquées et sur les conditions d’équilibre du corps
(la configuration géométrique reste inchangée).
3. Différents types de chargement
a) Forces de volume : Elles sont réparties dans le volume de l’élément et appliquées à
chacune de ses particules, par exemple, la force de la pesanteur.
b) Forces concentrées : On dit qu’une charge est concentrée lorsqu’elle agit sur une
petite surface.
Par exemple une poutre horizontale de 8m de longueur sur laquelle repose un poteau
vertical de section 20X20cm2
c) Forces uniformément réparties sur une surface : On dit qu’une charge est
uniformément répartie sur une surface lorsque toutes les parties de cette surface
subissent la même force, cette charge s’exprime en (N) par unité de surface q (N/m²).
d) Forces uniformément réparties sur une longueur : C’est une charge qui agit par
unité de longueur, elle peut être considérée comme une multitude de charges
concentrées placées côte à côte, elle s’exprime en N par unité de longueur q (N/m).
e) Forces réparties quelconques : Dans ce cas la charge unitaire n’est plus constante,
elle varie tout le long de la pièce suivant une courbe : ex : charge triangulaire et charge
trapézoïdale.
4. Liaisons et leurs réactions
On appelle liaison tous ce qui limite le déplacement d’un corps donné dans l’espace.
La réaction et la force avec laquelle une liaison agit sur le corps limitant sont
déplacement. La réaction est dirigée dans le sens opposé à celui dans lequel la liaison
limite le déplacement du corps.
La structure ne peut se maintenir en équilibre qu'à condition qu'elle soit attachée,
ancrée, appuyée ou encastrée à la terre ou à une autre structure immobile. Ce sont ces
points de liaison qui permettent de développer les réactions nécessaires à équilibrer
l'action. Les actions sont les forces appliquées à une structure (les forces connues). Ces
actions ou forces créent des réactions aux appuis de la structure (forces inconnues).
L’ensemble des forces et ses réactions d’appui doit constituer un système de forces
extérieures en équilibre.
On peut calculer les réactions d’appui, par l’application du principe fondamentale de la
statique, tout en respectant le type de la liaison. Les réactions sont caractérisées selon
le type de liaison ou d’appuis.
Les types de liaisons ou d’appuis usuels dans le domaine de construction sont :
4.1. Surface lisse:
La surface lisse à une réaction ⃑ de direction perpendiculaire à celle-ci.
4.2. L’appui simple:
L’appui simple est une liaison qui supprime le déplacement
relatif suivant une direction entre les solides en contact.
Un appui simple est caractérisé par une seule réaction
perpendiculaire au plan d’appuis. Un appui simple empêche le
système de se déplacer dans une seule direction.
Exemples: - Poutre reposant sur un corbeau solidaire d’un poteau par l’intermédiaire
d’un appui néoprène (fig 1.1). Le néoprène assure la possibilité de déplacement horizontal
et de rotation autour du centre de la liaison.
- Un appui néoprène tel que ceux utilisés entre les piles et le tablier d'un pont (fig 1.2)
constitue aussi un appui simple. Le tablier peut se translater horizontalement librement,
et il pourrait aussi pivoter. Par contre il est bloqué verticalement.
Fig.1.1 Fig.1.2
4.3. L’appui double ou articulation:
L’articulation est une liaison qui supprime tout déplacement dans le plan du système. Par
contre, elle autorise la rotation entre les deux solides en liaison.
Un appui double est caractérisé par deux réactions perpendiculaires entre elles ⃑ X et ⃑ y.
Il empêche le corps de se déplacer dans les deux directions
Exemples :
- un poteau métallique articulé en pied sur un massif en béton.
4.4. L’encastrement :
L’encastrement est une liaison qui supprime tout déplacement et toute rotation entre les
solides en liaison. Un encastrement empêche le corps de se déplacer dans les deux
directions x et y et empêche la rotation du corps dans le plan (x,y), d’où un moment
d’encastrement.
Exemples :
- Un poteau métallique encastré en pied sur un massif en béton (fig 1.3).
- Une poutre en béton (en porte à faux) encastrée à la structure poteaux-poutres (
fig 1.4).
Fig.1.3 Fig.1.4
5. Principe général d’équilibre
5.1. Forces :
La force est l’action qui agit sur un corps modifiant sont mouvement. Une force est une
grandeur vectorielle, elle est caractérisée par:
-son point d’application.
–sa ligne d’action (direction).
–son sens.
– son intensité représentée par la longueur du vecteur F (ou le module).
L’unité de base de la force et le Newton (N) produit de la masse par l’accélération :
1N = (1kg) (1m/s2)
Nous pouvons aussi trouver comme unité :
Le KN= 103 N et le MN=106 N ou encore le Kgf= 1Kg (9.81 m/s2) ≈ 10 N
5.2. Moment d’une force par rapport à un point :
L’expérience montre que sous l’action d’une force, un solide peut effectuer, outre un
déplacement de translation, une rotation auteur d’un point, l’effet de rotation produit
par une force est caractérisé par son moment.
Soit une force F appliquée en A.
On note M/O (F) le moment de la force F par rapport au point O; sa valeur se calcule à
partir de la formule suivante:
d: étant la grandeur de la perpendiculaire abaissée du point sur la force (La plus petite
distance séparant le point de la ligne d’action de la force : le bras de levier)
Le moment en O de la force F est égal à (plus ou moins) l’intensité de F multipliée par le
bras de levier d. il se mesure en (N.m)
- le moment sera positif si, par rapport au point de calcul, la force tend à faire tourner
le solide dans le sens trigonométrique,
- le moment sera négatif si, par rapport au point de calcul, la force tend à faire tourner
le solide dans le sens anti-trigonométrique.
5.3. Equilibre du solide:
Les conditions nécessaires et suffisantes d’équilibre d’un solide indéformable sont
exprimées par les conditions suivantes :
a. La résultante générale des forces (actions et réactions) appliquées à ce solide doit
être nulle.
b. Le moment résultant de toutes ces forces pris par rapport à un point quelconque doit
être nul.
-Cas général: (Dans l’espace)
Soit un solide matériel indéformable (S) en équilibre soumis à des forces Fi et à des
moments Mi.
La projection sur les axes des équations du principe fondamental de la statique fournit
les 6 équations suivantes :
Σ Fx = 0 Σ Mx = 0
Σ Fy = 0 Σ My = 0
Σ Fz = 0 Σ Mz = 0
Forces Moments
-Cas particulier : (dans le plan)
Si toutes les forces sont dans un même plan (Ox, Oy), la projection sur les axes des
équations du principe fondamental de la statique fournit les 3 équations suivantes :
Σ Fx = 0
Σ Fy = 0
ΣMz = 0
6. Structure isostatique et hyperstatique :
Une structure est en équilibre lorsque les équations fondamentales d’équilibre statique
sont vérifiées. Pour une structure plane, ces équations sont au nombre de 3.
Soit (I) le nombre des inconnues des réactions d’appui d’une structure plane chargée
dans son plan:
-Si I=3, la structure est isostatique. C’est une structure en équilibre qui a juste ce qu’il
faut comme appuis.
-Si I>3, la structure est hyperstatique d’ordre (I-3), il faut (I-3) équation
supplémentaire pour déterminer toutes les réactions. En d’autres termes, c’est une
structure en équilibre qui a des appuis en surabondance.
-Si I<3, l’équilibre de la structure ne peut être assuré. La structure est instable, il s’agit
d’un mécanisme. C’est une structure qui n’est pas complètement immobilisée par ses
appuis.
7. Eléments structuraux :
En résistances des matériaux, on considère les éléments structuraux suivants:
a) Barre: Un élément dont l’une des dimensions qui est la longueur est bien plus grande
que les autres. Les barres peuvent être droites (fig 1.5) ou courbes (fig 1.6).
Fig.1.5 Fig.1.6
b) Poutre : Eléments qui travaillent à la flexion
c) Plaque : Eléments plan dont l’une des dimensions, l’épaisseur (e), est bien plus petite
que les autres. (fig 1.7).
d) Enveloppe : Voir fig 1.8
Fig.1.7 fig.1.8
e) Portiques:
f) Systèmes en treillis: Poutre en treillis.
8. Sollicitation ou efforts internes dans une section:
8.1. Forces extérieures
On appelle force extérieurs ou charges les forces appliquées connues sur une structure
donnée. Suivant le cas, ces charges peuvent être réparties ou concentrées. Ils sont
actives ou réactives (Réactions des appuis). L’action totale de toutes les forces (actives
et réactives) doit assurer l’équilibre de corps (Voir fig.1.9)
8.2. Forces intérieures
Considérons une poutre droite en équilibre, représentée dans la figure 1.10, et qui est
soumise à des efforts extérieurs quelconques Fi et à des réactions de liaison quelconque
Ri. Sous l’action de ces forces extérieures le corps peut se déformé, à l’intérieur du
corps apparaissent des forces intérieures empêchent la déformation du corps.
Dans le but de déterminer les efforts qui se développent à l’intérieur de la matière, on
utilise la méthode de sections. Coupons le corps en deux parties par une coupe
imaginaire.
Fig.1.9
Fig.1.10
On considère l’équilibre de l’une des deux parties sous l’action de toutes les forces y
compris les forces intérieures
Le tronçon (1) est en équilibre sous l’action :
-Des forces extérieures qui lui sont appliquées (actions et réactions).
-Des forces que le tronçon de droite (2) exerce sur (1). C’est ces forces qui se
développent dans la matière.
Nous pouvons exprimer ces forces intérieures, écrit au centre de gravité (G) de la
section (S). (Voir fig 1.10) comme suit :
- L’effort normal suivant x ; N(x).
- Les efforts tranchants suivant y et z ; T(y) et T (z).
- Les moments fléchissant autour de y et z ; M(y) et M(z).
- Le moment de torsion autour de l’axe x ; M(x).
Dans les problèmes plans (o, x.y) (fig. 1.10), les seules composantes sont :
-L’effort normal N(x).
-L’effort tranchant suivant y ; T(y).
-Le moment fléchissant autour de z ; M(z).
Ces composantes (N, T et M) sont appelées sollicitations ou efforts internes. Ces
efforts internes sont en faites les résultantes des contraintes (contraintes normales et
tangentielles) Développées dans la matière :
a) Cas de la section gauche :
A ce stade du calcul, les sollicitations ou efforts internes N, T et M sont inconnues,
c’est pourquoi on doit les représenter selon une convention de signe donnée par la fig.
1.11. Ces sens positif sont valables pour une section gauche seulement..
b) Cas de la section droite :
D’après les conventions que nous avons adoptées dans la section gauche et en vertu du
théorème des actions réciproques. Pour la section droite, les efforts internes N, T et M
sont représentés dans la fig. 1.12.
Fig.1.11 Fig.1.12
8.3. Sollicitations simples
Les sollicitations couramment rencontrées sont la traction ou la compression, le
flambement, la flexion, la torsion et le cisaillement. Quelques types de sollicitations
simples sont donnés sur le tableau 1.1.
La figure 1.13 schématise ces types de sollicitations.
Tableau 1.1: Quelques types de sollicitations simples
P
Traction Compression Flambement
T
M
P
T
Cisaillement Torsion Flexion
Fig.1.13. Sollicitations simples.
8.4. Notion de déformation et déplacement :
En général, on distingue les déformations et les déplacements linéaires ainsi que les
déformations et les déplacements angulaires donnés par les figures 1.14, 1.15 et 1.16.
Où :
ΔL ; est le déplacement linéaire absolue.
ε= ΔL/L ; est la déformation linéaire relative.
Fig.1.14
Fig.1.15 Fig.1.16
Ȣ est la déformation angulaire. δ : déplacement linéaire.
Θ : déplacement angulaire.