Mathématiques ECS - CPGE Moulay Abdellah Safi Théorème 0.2. On note (Cf ) la courbe de la fonction f dans un repère orthogonal.
Dérivation de fonctions réelles Si f est dérivable en x0 , alors (Cf ) admet une tangente au point (x0 , f (x0 )), de coefficient directeur
égal à f ′ (x0 ). Son équation est donc : y = f ′ (x0 ) (x − x0 ) + f (x0 ).
0.1 Dérivabilité en un point Théorème 0.3. On note toujours (Cf ) la courbe de la fonction f dans un repère orthogonal.
• Si f n’est pas dérivable en x0 mais admet une dérivée à gauche (ou à droite) en x0 , alors on parle
Définition 0.1. Soit une fonction f définie au voisinage d’un réel x0 ∈ Df . de demi tangente (même équation en remplaçant f ′ (x0 ) par fg′ (x0 ) (ou fd′ (x0 ) )).
f (x) − f (x0 )
On dit que f est dérivable en x0 lorsque le rapport
x − x0
, appelé taux d’accroissement de f • Si f n’est pas dérivable en x0 mais si limx→x0 f (x)−f (x0 )
x−x0
= ∞(+∞ ou −∞), alors ( Cf ) admet une
en x0 , a une limite finie lorsque x tend vers x0 . tangente verticale au point (x0 , f (x0 ) ) (ou une demi tangente verticale si la limite n’est infinie qu’à
Dans ce cas, cette limite, que l’on note f ′ (x0 ), est appelée nombre dérivé de f en x0 . gauche ou à droite en x0 ).
Exemple. Soit la fonction f définie sur [0, +∞ [ par : f (0) = 0 et f (x) = x2 ln x si x > 0. Etudions la
dérivabilité de f en 0. 0.2 Dérivabilité sur un intervalle
2
f (x) − f (0) x ln x f (x) − f (0)
∀x > 0, = = x ln x, et lim+ x ln x = 0, donc lim+ = 0. Fonction dérivée
x−0 x x→0 x→0 x−0
′
On déduit que f est dérivable en 0 , et f (0) = 0.
Définition 0.3. On dit qu’une fonction f est dérivable sur un intervalle I d’extrémités a et b (a < b)
Exemple 1 : Discuter en fonction de α ladérivabilité en 0 de la fonction f définie par : lorsque f est dérivable en tout point de ]a, b[, à droite en a si l’intervalle est fermé en a, et à gauche
xα sin( 1 ) si x ̸= 0 en b si l’intervalle est fermé en b.
f (x) = x .
0 si x = 0 On note D1 (I) l’ensemble des fonctions dérivables sur I.
Donner sa dérivée quand elle est dérivable.
Définition 0.4. L’ensemble des points en lesquels une fonction f est dérivable est appelé l’ensemble
de dérivabilité de f . La fonction qui, à tout réel x de cet ensemble, fait correspondre f ′ (x) s’appelle
f (x) − f (x0 )
Remarque : En posant x = x0 + h, le calcul de limx→x0 est souvent rendu plus simple et fonction dérivée de f (ou plus simplement dérivée de f ), et est notée f ′ .
x − x0
f (x0 + h) − f (x0 )
se ramène à limh→0 . Théorème 0.4. • Les fonctions polynomiales, les fonctions rationnelles (quotient de fonctions poly-
h
f (x0 + h) − f (x0 ) nomiales), les fonctions exponentielle et logarithme népérien, la fonction x 7→ xα (où α est un réel),
′
Si f est dérivable en x0 , on a alors : f (x0 ) = limh→0 .
h ainsi que les fonctions trigonométriques et arctangente, sont dérivables là où elles sont définies.
√
Définition 0.2. La fonction f est dite dérivable à droite (ou à gauche) en x0 lorsque le taux d’ac- • Les fonctions valeur absolue, racine carrée, plus généralement x 7→ n x (avec n entier supérieur ou
croissement de f en x0 admet une limite à droite (ou à gauche) en x0 . égal à 2 ), ne sont pas dérivables en 0 .
Cette limite est alors appelée nombre dérivé de fà droite (ou à gauche) en x0 , que l’on note fd′ (x0 )
Dérivation et opérations, dérivées usuelles :
(ou fg′ (x0 ) ).
u et v sont des fonctions dérivables
Remarque : Si f n’est pas définie à gauche de x0 , alors la notion de dérivabilité à droite se confond avec (u + v)′ = u′ + v ′ (λu)′ = λu′ , λ ∈ R
celle de dérivabilité tout court (de même en échangeant gauche et droite). f (x) f ′ (x) (uv)′ = u′ v + uv ′ (u ◦ v)′ = v ′ × (u′ ◦ v)
f (x) f ′ (x)
a (constante) 0 u ′ u′ v − uv ′ ′
1 v′
cos x − sin x = =− 2
Théorème 0.1. Une fonction f est dérivable en x0 si, et seulement si, f est dérivable à droite et à xa (α ∈ R∗ ) αxα−1 v v2 v v
√ sin x cos x
gauche en x0 , et si de plus fd′ (x0 ) = fg′ (x0 ). x 1
√ (uα )′ = αu′ uα−1 √ u′
2 x 1 + tan2 x ( u)′ = √
ln |x| 1 tan x 1 (α ∈ R∗ ) 2 u
x
Exemple : La fonction f : x 7→ |x| n’est pas dérivable en 0 , mais fg′ (0) = −1 et fd′ (0) = 1. ou u′
ex ex cos2 x (ln |u|)′ = (eu )′ = u′ eu
1 u
Remarque : Si f est dérivable en x0 , alors f est continue en x0 . La réciproque est fausse, comme le Arctan x
ax (a > 0) (ln a)ax 1+x2
(sin u)′ = u′ cos u (cos u)′ = −u′ sin u
montre la fonction valeur absolue, continue en 0 , mais pas dérivable en 0 .
u′
(Arctan u)′ = .
Interprétation graphique 1 + u2
2
Dérivation et composition Théorème 0.9. (Inégalités des accroissements finis.)
Théorème 0.5. Si f est une fonction dérivable sur un intervalle I, à valeurs dans un intervalle J, • Soit une fonction f continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[, avec a < b.
et si g est une fonction dérivable sur J, alors g ◦ f est dérivable sur I et on a : S’il existe deux réels m et M tels que, quel que soit le réel x de ]a, b [, m ≤ f ′ (x) ≤ M , alors :
∀x ∈ I, (g ◦ f )′ (x) = g ′ (f (x)) × f ′ (x) m(b − a) ≤ f (b) − f (a) ≤ M (b − a)
• Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I. S’il existe un réel k tel que, pour tout réel x de I,
Théorème 0.6. Soit f une fonction bijective d’un intervalle I sur un intervalle J, et dérivable sur
on a |f ′ (x)| ≤ k, alors :
I. Soit y élément de J. Si f ′ ne s’annule pas en f −1 (y), alors f −1 est dérivable en y et on a :
′ 1 ∀(a, b) ∈ I 2 , |f (b) − f (a)| ≤ k|b − a|
(f −1 ) (y) = ′ −1
f (f (y))
√
Exemple 3 : Soit f la fonction définie, pour tout réel x de I = [3, +∞[, par : f (x) = 6 + x.
Remarque : On retrouve le fait que f et f −1 ont les mêmes variations. (Théorème de bijection monotone).
1
Montrer que, pour tout couple (x, y) de réels de I, on a : |f (x) − f (y)| ≤ 6
|x − y|.
Définition 0.5. (Définition de la fonction Arc tangente)
La restriction de la fonction tangente à l’intervalle ]−π/2, π/2[ est une bijection strictement croissante Dérivation et sens de variation
de ] − π/2, π/2[ sur R. Théorème 0.10. Soit une fonction f dérivable sur un intervalle I.
Sa bijection réciproque est notée Arctan, elle est dérivable sur R et est une bijection strictement • Si, quel que soit le réel x de I, on a f ′ (x) ≥ 0, alors f est croissante sur I.
croissante de R sur ] − π/2, π/2[
• Si, quel que soit le réel x de I, on a f ′ (x) ≤ 0, alors f est décroissante sur I.
1
Sa dérivée est : Arctan′ (t) = , ∀t ∈ R
1 + t2 • Si, quel que soit le réel x de I, on a f ′ (x) > 0, alors f est strictement croissante sur I.
• Si, quel que soit le réel x de I, on a f ′ (x) < 0, alors f est strictement décroissante sur I.
0.3 Le théorème de Rolle et ses conséquences • Si, quel que soit le réel x de I, on a f ′ (x) = 0, alors f est constante sur I.
Théorème 0.7. (Théorème de Rolle.) Soit une fonction f telle que : Remarque : Si quel que soit le réel x de I, on a f ′ (x) ≥ 0, mais si f ′ ne s’annule qu’un nombre fini de
fois sur I, alors f est strictement croissante sur I (de même pour la décroissance).
• f est continue sur un intervalle [a, b]
• f est dérivable sur ]a, b[. Exemple 4 : Soit f une fonction deux fois dérivable sur ]0, +∞[, de dérivée f ′′ négative.
• f (a) = f (b). 1. Montrer que pour tout réel x > 1 :
f (x + 1) − f (x) ≤ f ′ (x) ≤ f (x) − f (x − 1)
Alors il existe un réel c de ]a, b[ tel que : f ′ (c) = 0.
2. On suppose que f admet une limite finie en +∞. En déduire la limite de f ′ (x) quand x tend vers
Remarque : Le réel c n’est pas nécessairement unique. Exemple : ? +∞.
Théorème 0.11. Soit une fonction f dérivable sur un intervalle ouvert I, et x0 un réel de I. f admet
Exemple 2 : Soit un entier naturel n supérieur ou égal à 2 et deux réels u et v.
un extremum local en x0 si, et seulement si, f ′ (x0 ) = 0 et f ′ change de signe en x0 .
Montrer que l’équation x2n + ux + v = 0, d’inconnue réelle x, admet au plus deux solutions.
Remarque : Si f ′ passe d’une valeur négative à une valeur positive, l’extremum local est un minimum
Théorème 0.8. ( Théorème des accroissements finis.)
local, sinon c’est un maximum local.
Si une fonction f vérifie :
Théorème 0.12. (Théorème de la limite de la dérivée) Si f : I → R est continue, dérivable sur les
• f continue sur [a, b]. intervalles formant I\{a} et si
• f dérivable sur ]a, b[. lim f ′ (x) = ℓ ∈ R ∪ {±∞}
x→a
x̸=a
Alors il existe un réel c de ]a, b[ tel que : f (b) − f (a) = (b − a)f ′ (c) alors :
f (x) − f (a)
−→ ℓ.
Remarque : Dans la pratique, lorsqu’on veut appliquer le théorème de Rolle ou celui des accroissements x−a x→a
En particulier, si ℓ est une limite finie, f est dérivable en a avec f ′ (a) = ℓ.
finis à une fonction f entre deux réels a et b, il suffit de vérifier la dérivabilité de f sur un intervalle I
En revanche, si ℓ est une limite infinie, le graphe de f présente une tangente verticale en a.
contenant a et b.
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