CHAPITRE II : L’ESCOMPTE
1. GÉNÉRALITÉS SUR LES MOYENS DE PAIEMENT ET DE CRÉDIT
Dans nos économies développées, les moyens de paiement et de crédit sont à la fois divers
et compliqués. À côté de la monnaie , pièces et billets , il existe de nombreux autre moyens
de paiement et de crédit, tels que le chèque bancaire, les mandats postaux, les mandats de
trésor public, les virements bancaires, le système de prélèvement automatique par
abonnement, les cartes de paiement, de débit, de crédit, le porte-monnaie électronique, la
lettre de change, le billet à ordre, le récépissé-warrant, la lettre de crédit, le crédit
documentaire international, le titre interbancaire de paiement …
1.1. Le chèque, instrument classique de paiement
Le chèque est un moyen de paiement par l’intermédiaire d’une banque ou d’un établissement
financier. Le tireur donne l’ordre au le tiré de payer une somme d’argent au bénéficiaire. Le
chèque doit avoir une provision. C’est à dire que le tireur doit avoir une créance sur le tiré
dans laquelle il doit avoir de l’argent en dépôt.
Le chèque est réglementé par des articles de loi et suivant un code monétaire et financier. Il
doit contenir les mentions suivantes :
1) La dénomination de chèque, insérée dans le texte même du titre et exprimer dans la langue
employée pour la rédaction de ce titre ;
2) Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée ;
3) Le nom de celui qui doit payer, nommé le tiré ;
4) L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer ;
5) L’indication de la date et du lieu où le chèque est créé ;
6) La signature de celui qui émet le chèque, nommé le tireur.
Ses principaux avantages sont qu’il est peu coûteux et que son utilisation est très simple.
Ses principaux inconvénients sont que la possession d’un chèque ne garantit pas son
porteur contre le risque de non-paiement ; il peut être perdu ou volé.
1.2. Les effets de commerces, instruments classiques de paiement et de crédit
Les deux grandes catégories d’effets de commerce utilisées sont la lettre de change, qui a
beaucoup perdu de son importance avec le développement des applications bancaires
électroniques et le billet à ordre, qui lui ressemble beaucoup. La lettre de change est aussi
appelée « traite » car elle accomplit un trajet dans sa circulation par endossement.
la lettre de change ou traite
La lettre de change est un écrit par lequel une personne le tireur, en général un commerçant
donne l’ordre à une autre personne, le tiré, de payer une somme déterminée à une échéance
convenue à un bénéficiaire, qui peut être le tireur lui-même. La lettre de change peut servir
de moyen de paiement si elle est transférée par endossement à un tiers, ou de crédit si elle est
escomptée par une banque.
La lettre du change contient :
1) La dénomination de lettre de change, insérée dans le texte même du titre et exprimée
dans la langue employée pour la rédaction de ce titre ;
2) Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée ;
3) Le nom de celui qui doit payer, nommé le tiré ;
4) L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer ;
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5) L’indication de l’échéance ;
6) La signature de celui qui émet la lettre, nommé le tireur ;
7) L’indication de la date et du lieu où la lettre est créée ;
8) Le nom de celui auquel ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait.
le billet à ordre
Le billet à ordre ressemble beaucoup à la lettre de change, la différence essentielle
concernant l’ordre de payer. Dans le cas de la lettre de change, le tireur prenant l’initiative,
donne l’ordre de payer au tiré : « contre cette lettre de change, veuillez payer telle somme à
l’échéance … ». Dans le cas du billet à ordre, c’est le souscripteur, qui est le débiteur qui
prend l’initiative et s’engage à payer : « contre ce billet à ordre, je paierai telle somme à
l’échéance … »
Comme la lettre de change, le billet à ordre doit comporter des mentions obligatoires telles
que
1) La dénomination « billet à ordre » ;
2) La promesse de payer la somme indiquée en lettres et en chiffres ;
3) Le nom du souscripteur (débiteur) ;
4) L’indication de l’échéance ;
5) Le lieu de paiement ;
6) Le nom du bénéficiaire (le fournisseur ou un autre créancier) ;
7) Le lieu et la date de création de billet à ordre ;
8) Le numéro de compte bancaire du souscripteur et du bénéficiaire ;
9) La signature du souscripteur.
2. DÉFINITION DE L’ESCOMPTE COMMERCIAL
L’escompte est un nom masculin qui signifie :
• Soit l’opération consistant à acheter un effet de commerce non échu, en le minorant
d’intérêts calculés sur la durée restant à courir jusqu’à échéance,
• Soit l’intérêt lui-même.
3. CALCUL DE L’ESCOMPTE COMMERCIAL
Mesdames Maïky et Garcia, le 2 août 2017, ont vendu des marchandises pour 25000 Fcfa à
leur client monsieur Ulrich payables à crédit le 30 novembre 2017 moyennant un effet de
commerce. Comme elles ont besoin d’argent elles transmettent l’effet à leur banquier pour
le négocier. On peut dire que mesdames Maïky et Garcia négocient l’effet ou elles remettent
à l’escompte. Le banquier négocie l’effet c’est-à-dire l’achète, non pas à la valeur inscrite
sur l’effet soit 25 000 Fcfa mais pour une valeur inférieure : l’effet de commerce n’aura une
valeur de 25 000 Fcfa que le jour de son échéance, le 30 novembre 2017. Le montant de ces
intérêts à courir constitue l’escompte commercial. L’escompte commercial est donc le prix
du service rendu par le banquier à son client, il est égal à l’intérêt calculé sur la valeur
nominale de l’effet, de la date de remise au banquier à la date d’échéance.
Soit V la valeur nominale de l’effet, valeur inscrite sur l’effet et payable à échéance, soit j
la durée qui sépare la date de négociation (le jour de remise de l’effet à l’escompte) et
l’échéance de l’effet, soit T le taux d’escompte alors : l’escompte commercial s’écrit :
Dans notre exemple si le taux d’escompte est de 4,5% alors l’escompte sera :
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Application :
Calculer l’escompte commercial d’une lettre de change de 6 500 Fcfa tirée le 23 août 2017,
venant à échéance le 12 novembre 2017 et négociée à 6% le 3 septembre 2017. Si elle avait
été négociée le 18 octobre 2017, que deviendrait l’escompte ? Quelle conclusion en tirez-
vous ?
Solution :
Pour la lettre de change de 6 500 Fcfa : escompte :
Nombre de jours à courir de la création à l’échéance :
Effet négocie le 3 septembre : escompte :
Effet négocie le 18 octobre : escompte :
Plus l’échéance est proche, plus l’escompte est faible.
4. LA VALEUR ACTUELLE
La valeur escomptée est aussi appelée valeur actuelle. Il s’agit de calculer
aujourd’hui la contrepartie d’une somme payable dans le futur. La valeur actuelle est la
différence entre la valeur nominale de l’effet et les intérêts à courir de la date d’escompte à
la date d’échéance.
Application : combien le banquier doit t- il remettre à son client s’il escompte le 29/11/2017
un effet de 100 000 Fcfa payable le 20/02/2018 ? Taux d’escompte : 9%
Solution : on a et alors
Donc
5. PRATIQUE DE L’ESCOMPTE
Dans la pratique, la remise d’un effet à l’escompte entraine des frais financiers en plus de
l’escompte proprement dit. Ces frais comprennent plusieurs commissions. L’ensemble de
l’escompte et des commissions s’appellent l’agio, d’une manière générale l’agio se compose
de :
• L’escompte
• Diverses commissions
• La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Au Cameroun la tva est de 19,25%. Elle est appliquée directement sur l’ensemble de l’agio
(HT) qui se compose le plus souvent par l’escompte et des commissions d’acceptation et de
courriers qui sont fixes par bordereau d’escompte.
Remarque : il est à noter que la durée réelle de l’escompte est parfois majorée d’un ou de
plusieurs jours appelés couramment jours de banque.
Exemple : soit un effet de commerce de 35 500 Fcfa échéant le 27/7/2017 et escompté le
10/04/2017 aux conditions suivantes : taux d’escompte 10%, commission de manipulation
2Fcfa par effet, tva 19,25% ; tenir compte d’un jour de banque. Calculez l’agio TTC.
Réponse :
Escompte : =
Commissions : =
Agio HT : =
TVA19,25% : =
Agio TTC : =
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6. LA VALEUR NETTE
La valeur nette est la somme effectivement mise à la disposition du vendeur de l’effet de
commerce avant son échéance.
Valeur nette = valeur nominale - agio TTC
Pour l’exemple précédent : Valeur nette
7. TAUX RELATIFS À L’OPÉRATION D’ESCOMPTE
Si on tient compte dans l’opération d’escompte de l’ensemble des éléments de l’agio, le taux
d’escompte pratiqué réellement se trouve majoré.
7.1. TAUX REEL DE L’ESCOMPTE
7.2. TAUX DE REVIENT
Pour l’exemple précédent : et
8. EQUIVALENCE DE DEUX EFFETS
Madame Maïky a souscrit un effet de commerce de 4750 Fcfa en faveur de Madame Garcia
payable le 30 juin. Le 15 juin, madame Maïky prévient Madame Garcia qu’elle ne pourra
pas honorer l’effet de 4750 Fcfa au 30 juin et lui propose, comme il n’a pas été endossé, de
le remplacer par un second effet d’un montant à déterminer, au taux d’escompte de 8% et à
échéance au 1er septembre.
Les deux effets sont équivalents à une date déterminée si escomptés au même taux, ils ont la
même valeur actuelle. Cette date est la date d’équivalence. Soient V1, V2 les valeurs
nominales respectives des effets E1, E2 ; J1, J2 les durées d’escompte en jours respectives et
T le taux d’escompte. On dira que E1, E2 sont équivalents si et seulement si :
Dans notre exemple, on peut écrire qu’à la date du 15 juin, les deux effets, le premier à
annuler et le second à créer ont la même valeur actuelle, soit :
D’où
Applications
1. On désire remplacer un effet d’une valeur nominale de 75 000 Fcfa payable dans 60 jours
par un autre effet d’une valeur nominale de 74600 Fcfa. Qu’elle serait l’échéance de cette
nouvelle dette ? Taux d’escompte 8%.
2. À quelle date un effet de valeur nominale de 20 000 Fcfa à échéance du 15/04 est
équivalent à un effet de 20 435,86 Fcfa à échéance du 14/06 de la même année ? Taux
d’escompte : 12,6%.
Réponse :
1. On a
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Soit
2. On a
Après calcul :
9. EQUIVALENCE DE PLUSIEURS EFFETS : L’ECHEANCE COMMUNE
Si un créancier a tiré plusieurs effets sur un client : par exemple une compagnie de
distribution de carburant tire chaque semaine un effet sur une société de transport pour ses
consommations hebdomadaires, mais elle souhaite remplacer les effets hebdomadaires par
un effet mensuel unique qui soit équivalent aux précédents. Ceci est un problème d’échéance
commune. L’échéance commune est le cas de remplacement de plusieurs effets par un seul
effet. L’échéance commune est l’échéance d’un effet unique qui à la date d’équivalence a
une valeur actuelle égale à la somme des valeurs actuelles des effets remplacés.
Exemple : on souhaite remplacer le 15 juin les 3 effets ci-dessous par un effet unique :
Effet Valeur nominale Échéance
E1 5000 20 août
E2 4000 15 juillet
E3 12000 20 septembre
Qu’elle est l’échéance de l’effet de 21 200 Fcfa qui remplace les effets E1, E2, E3 avec un
taux d’escompte de 13% ?
Solution :
On a
Soit j le nombre de jours qui séparent la date d’équivalence (le 15 juin) de l’échéance de
l’effet unique (échéance commune) de remplacement. Au 15 juin, on peut écrire l’égalité
entre la valeur actuelle de l’effet unique de remplacement et la somme des valeurs actuelles
des effets remplacés :
Après les calculs
10. L’ECHEANCE MOYENNE
L’échéance moyenne de plusieurs effets est un cas particulier de l’échéance commune. On
l’obtient quand la valeur nominale de l’effet unique de remplacement est égale à la somme
des valeurs nominales des effets remplacés.
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et
D’où , soit encore:
Donc
Alors
Remarque : l’échéance moyenne est indépendante du taux d’escompte.
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