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PLAN DU COURS
Première partie
INTRODUCTION
Historique et évolution de l’impôt
I. Définition, éléments, caractéristiques et principes de l’impôt
II. Différence entre l’impôt et les autres ressources de l’Etat
III. Définition du Droit Fiscal et ses principes fondamentaux
Chap. I Organisation des administrations fiscales
Section 1. Procédures administratives de perception des
recettes fiscales
Section 2. Organisation des administrations fiscales
Chap. II. La technique de l’impôt
Section 1. Établissement de l’impôt
Section 2. L’assiette de l’impôt
Section 3. Liquidation de l’impôt
Section 4. Les opérations de liquidation proprement dites
Section 5. Recouvrement de l’impôt
Section 6. Le contrôle de l’impôt
Deuxième Partie : Impôts prévus par la législation congolaise
TITRE PREMIER : IMPÔTS DIRECTS
Chap. I. Impôts réels
Section 1. Impôt foncier
§1. Matières imposables
§2. Personnes imposables, exemption et exonération à
l’impôt foncier
Section 2. Impôt sur les véhicules
§1. Matières et personnes imposables
§2. Véhicules exonérés
§3. Base et taux
Section 3. Impôt sur la superficie des concessions minières et
des hydrocarbures
§1. Matières imposables
§2. Base et taux
§3. Personnes imposables
§4. Droits superficiaires annuels par carré
§5. Redevance minière
Section 4. Taxe spéciale de circulation routière (TSCR)
Chap.II. Impôt cédulaire sur le revenu
Section 1. Impôt sur le revenu locatif (IRL)
§1. Revenu imposable
§2. Revenus locatifs forfaitaires
Section 2. Impôt cédulaires sur le revenu mobilier (IRM)
Section 3. Impôt cédulaire sur le revenu professionnel (IRP)
2
§1. Impôt sur le bénéfice des sociétés
§2. Profits des professions libérales charges ou
offices et autres occupations libérales
Section 4. Impôt sur le bénéfice indépendant
Section 5. Impôt professionnel sur la rémunération (IPR)
Section 6. Impôt exceptionnel sur la rémunération des
expatriés(I.E.R.E)
Section7. Impôt personnel minimum (IPM)
TITRE DEUXIEME : IMPÔTS INDIRECTS
Chap. I. Considération générales
Section 1. Sortes d’impôts indirects
Section 2. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Chap. II. Impôt sur les chiffres d’affaires (ICA)
Chap. III. Impôt sur les chiffres d’affaires à l’ intérieur
TITRE TROISIEME : CONTENTIEUX FISCAL EN MATIERE DES
IMPÔTS DIRECTS
INTRODUCTION
Chap. 1. Le droit de réclamation
Chap . 2. Les voies de recours
PREMIERE PARTIE
INTRODUCTION GENERALE
Le mot « FISC » d’où est tiré l’adjectif « fiscal » vient du
latin « fiscus » qui signifie »panier1 . Dans la Rome antique, il désignait
une sorte de panier(ou de corbeille) dans lequel on récoltait l’argent
que les citoyens romains devaient verser pour le compte du
Roi .Aujourd’hui « l’administration chargée de la perception des
impôts sur le trésor public 2 »
Donc parler de la fiscalité c’est parler des impôts qui
constituent de nos jours la ressource principale de beaucoup d’Etats.
Mais pour éviter l’anarchie dans le prélèvement des impôts, il existe
dans chaque pays un ensemble des lois et règlements qui régissent ce
domaine, et le cours de droit fiscal a pour objet d’élucider cette
réglementation dont la technicité est de notoriétéi publique.
Le cours a pour source
- Les lois et règlements en matière fiscale (la plupart de ces
textes légaux se trouvent dans ce qu’on appelait code des
contributions, aujourd’hui code des impôts),
- La doctrine
- La jurisprudence, et les principes généraux de droit applicable
en matière fiscales.
Cette partie introductive comprendra :
1
CLAUDE (de) et AUGE P., Dictionnaire encyclopédique Larousse, Paris, 199S5, p.411
2
Idem,
3
- L’historique et l’évolution de l’impôt,
- La définition de l’impôt, ses éléments caractéristiques et ses
principes,
- La différence entre l’impôt et les autres ressources de l’Etat,
La définition du droit fiscal et ses principes
fondamentaux.
I. HISTORIQUE ET EVOLUTION DE L’IMPOT
L’impôt ne date pas d’aujourd’hui. Sa naissance est liée à une
certaine forme de société étatique. Le texte le plus ancien traitant de
l’impôt est situé au troisième millénaire avant Jésus-Christ, à l’époque
sumérienne, brillante civilisation qui servit de point de départ à l’empire
babylonien3 .
Dans le temps antique, l’impôt était considéré comme un
attribut de la puissance du prince, fondé sur les droits régaliens4.La
notion de l’impôt a évolué en même temps que celle de l’Etat. Ainsi
sous l’empire romain et sous la deuxième dynastie de Pharaon en
Egypte, l’impôt a été utilisé dans un but militaire c’est-à-dire pour
supporter les dépenses des armées.
Dans la phase libérale classique, l’Etat considérait l’impôt un
mode exceptionnel de couverture des dépenses publiques. Il était
neutre dans les affaires économiques et sociales et ne s’occupait que
des tâches essentielles comme la police, la diplomatie… L’impôt aussi
était marqué par ce caractère de neutralisme et n’avait qu’un rôle
financier à jouer, du reste limité aux seules dépenses publiques
nécessaires. Mais depuis la fin du 19è S, avec le passage de l’Etat
gendarme à l’Etat providence, l’impôt n’a plus seulement une
importance financière et politique mis aussi économique et sociale .
Cette irruption de la fiscalité dans le domaine économique et social
s’est accompagné non seulement de l’évolution de la notion d’impôt
mais aussi d’un perfectionnement de l’outil fiscal, bien qu’on a
débouché sur des véritables systèmes fiscaux d’une grande complexité.
I. DEFINITION, ELEMENTS CARACTERISTIQUES ET PRINCIPES
DE L’IMPOT
A. Définition de l’impôt
Les auteurs proposent plusieurs définitions d l’impôt selon
que l’on met l’accent sur l’un ou l’autre de ses aspects. Mais la
définition classique est celle de Gaston Jeze, l’un des plus grands
financiers du 18è siècle que les auteurs modernes n’ont jamais
contredit sur le Plan de fond.
Il définit l’impôt comme étant « une prestation pécuniaire
requise des particuliers par voie d’autorité à titre définitif et sans
3 ème
TTROTABAS et COTTERET J.M. Droit fiscal, 3 édition, Dalloz, Paris, 1977, p. 343
4
Idem, P.7
4
contrepartie en vue de la couverture des charges publiques « 5 Eu
égard à l’évolution de cette notion d’impôt, la définition de Gaston Jeze
ne peut être acceptée aujourd’hui que moyennant quelques retouches :
En parlant d’une prestation pécuniaire requise des
particuliers, l’auteur ne voyait comme contribuables que les individus,
or il s’avère aujourd’hui que l’impôt est requis non seulement des
individus (personnes physiques) mais aussi des personnes morales de
droit privé et parfois de droit public ;
De plus les fiscalistes modernes se souciant de la justice
fiscale estiment que la prestation pécuniaire doit être requise en
fonction de la capacité contributive du contribuable ;
Gaston Jeze dit que l’impôt est payé « sans contrepartie ».
Sans le contredire sur le fond nous estimons qu’il faut ajouter une
précision à cet élément de la définition car dans une certaine mesure,
l’impôt comporte toujours une contrepartie. En effet, en payement de
l’impôt, le contribuable bénéficie en contrepartie (de la part des
pouvoirs publics) de la sécurité et de bien d’autres services publics,
seulement, cette contrepartie n’est pas déterminée et il n’y a pas
proportionnalité entre le service reçu et l’impôt payé ;
Si au 19 ème siècle l’impôt était uniquement payé « en vue de la
couverture des charges publiques » mais certains impôts modernes
servent surtout d’instrument d’interventionnisme de l’Etat dans la vie
économique et sociale. Il faut donc tenir compte de cet aspect dans la
définition.
Après ces mises au point, nous pouvons définir l’impôt
comme : « une prestation pécuniaire requise des personnes physiques
ou morales de droit privé voire de droit public, d’après leurs facultés
contributives par voie d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie
déterminée en vue de la des charges publiques ou à des fins
d’intervention de la puissance publique »6.
B. Eléments constitutifs de l’impôt
L’examen de cette définition montre qu’en dépit du caractère
mouvant et évolutif que présente la notion de l’impôt, celle-ci
s’organise toujours autour de quelques éléments stables, à savoir :
- L’impôt est une prestation pécuniaire :
A travers cet élément, nous notons que l’impôt est toujours payable en
argent et se distingue des autres prestations en nature comme les
réquisitions qui peuvent aussi être exigées des citoyens.
- L’impôt est payé d’après les facultés contributives :
Cela veut dire que l’on doit payer l’impôt n fonction de ses capacités et
en fonction des charges supportées.
5 ème
Jeze Gaston, Cité par DUVERGER M., Finances publiques, 11 édition, PU, Paris, 1988,p.125
6
MEHL L.et BELTRANE P., Science et technique fiscales, PUF, Paris, 1984, p. 77.
5
- L’impôt est payé par voie d’autorité :
Cet élément met en évidence le caractère forcé de l’impôt. Il s’agit d’un
prélèvement imposé par l’Etat au moyen de son pouvoir de contrainte
et non d’un prélèvement volontaire.
- L’impôt a un caractère définitif :
En principe, le contribuable ne se verra jamais restituer l’argent de
l’impôt à l’exception des cas de double imposition et d’erreur matérielle.
- L’impôt est payé sans contrepartie déterminée :
Sans doute, le contribuable bénéficie de l sécurité, de l’assurance et
d’autres avantages que lui procure l’existence de l’Etat, mais il n’y a
aucune proportion ni relation directe entre les avantages reçus et
l’impôt.
- L’impôt est payé en vue de couvrir les charges
publiques ou des fins d’interventionnisme de la
puissance publique
Cela signifie que l’impôt sert non seulement à financer les services
traditionnels mais permet aussi à l’Etat d’intervenir dans la vie
économique et sociale.
C. Principes de l’impôt
L’établissement de l’impôt doit respecter certains principes traditionnels
dont :
- La justice :
La contribution d’un citoyen aux dépenses publiques doit être
proportionnée à « ses facultés contributives »7.C’est-à-dire qu’elle doit
être proportionnée aux revenus dont il jouit sous la protection de l’Etat.
- La certitude :
L’impôt doit être certain et non arbitraire, ce qui veut dire que l’époque,
le mode de perception n et le taux doivent être déterminés à l’avance.
- La commodité :
L’impôt est commode lors qu’il est prélevé à l’époque et suivant les
modalités les plus favorables pour les contribuables.
- L’économie :
L’impôt doit être établi de manière à retirer des poches des
contribuables aussi peu que possible au-delà de ce qu’ils gagnent.
II. DIFFERENCE ENTRE L’IMPOT ET LES AUTRES
RESSOURCES DE L’ETAT
A. Différence entre l’impôt et l’emprunt
La différence essentielle réside dans le fait que l’impôt est un
prélèvement définitif tandis que l’emprunt fait l’objet d’un
remboursement au préteur, parfois avec intérêt.
7
BAKANDEJA WA MPUNGU G, Droit des finances publiques, Ed. Noraf, Kinshasa,1997,P.60
6
B. Différence entre l’impôt et la taxe administrative
Le terme taxe est fréquemment employé dans un sens impropre. Ainsi
l’on parle parfois de la taxe sur le chiffre d’affaires ou de la taxe sur la
valeur ajoutée (TVA) alors qu’il s’agit des impôts. En fait, la taxe est le
prix payé par un usager pour un service précis et déterminé qui lui est
rendu par la collectivité publique ou tout au moins mis à la disposition
du redevable. (exemple : taxe sur les ordures). C’est aussi « une
rémunération pour service rendu (…) »8d’où le surnom de la taxe
rémunératoire donné à certaines taxes.
1. Caractéristiques communes entre l’impôt et la taxe :
- L’impôt tout comme la taxe est un prélèvement pécuniaire
opéré sur les individus pour le besoin d’intérêt public ;
- Les deux prélèvements sont perçus par voie de contrainte ;
- L’un comme l’autre est normalement établi par la loi ;
- Les deux ont un caractère commun : le caractère unilatéral
c’est-à-dire aucun consentement n’est demandé ni au
contribuable ni à l’usager.
2. Différence entre l’impôt et la taxe
La taxe est liée à la prestation d’une contrepartie, de ce fait son
importance doit normalement être proportionnelle à celle du service
rendu.
Le caractère parfois non obligatoire de la taxe donne au redevable la
liberté d’utiliser ou non le service qui lui est offert.
C. Différence entre l’impôt et la taxe parafiscale
Si les taxes parafiscales sont « des prélèvements opérés sur leurs
usagers par certains organismes publics ou semi-publics, économiques
et sociaux en vue d’assurer entre autres le financement autonome »,
(Ex : INPP, Syndicat) ; elles ont le plus souvent un caractère
absolument obligatoire en ce sens que tout redevable ne peut s’y
soustraire. D’autre part, il n’y a pas de proportionnalité entre la
redevance payée et le service rendu.
Les avantages sociaux ne sont pas donnés en principe en fonction du
montant de la cotisation payée, mais de besoins exprimés. D’après la
définition retenue par certaines lois financières étrangères, sont
considérées comme taxes parafiscales, celles qui sont perçues dans un
intérêt économique ou social au profit d’une personne morale de droit
privé ou public que l’Etat, ou les collectivités territoriales. La taxe
parafiscale se rapproche comme son nom l’indique, du prélèvement
fiscal en ce sens qu’elle ne correspond pas nécessairement à un service
rendu et elle est obligatoire. Mais à la différence de l’impôt et de la taxe
administrative, elle est souvent instituée au profit d’organismes publics
ou privés par voie règlementaire.
8
DUVERGER M., Finances Publiques, p .U.F., Paris, 1988 p. 109
7
D. Différence entre l’impôt et les revenus domaniaux
Les revenus domaniaux sont nombreux (revenus des immeubles
publics, redevance d’occupation du domaine public. Ces revenus sont,
suivant le cas, affectés au budget de l’Etat, au budget des collectivités
locales ou à celui des entreprises publiques. Mais quelle que soit leur
destination, les tarifs de ses ressources sont fixés par l’Etat et à
quelques exceptions près, leur perception est effectuée selon les
prérogatives et les sanctions du droit public (c’est-à-dire par décision
unilatérale t par voie de contrainte). Par ailleurs, l’impôt ne fait l’objet
d’une affectation spéciale comme le sont les revenus domaniaux.
E. Différence entre l’impôt et la redevance
La redevance est la rémunération pour service rendu mais qui n’est due
que si la contreprestation est effectivement utilisée par le redevable et
non pas seulement mis à sa disposition. C’est le cas des redevances
téléphoniques, de droits d’inscription dans des universités.
F. Différence entre l’impôt et les cotisations de la sécurité
sociale
Les cotisations de la sécurité sociale ne sont ni des impôts, car elles
sont perçues au profit d’organismes publics, semi-publics ou privés, ni
des taxes parafiscales dans ce sens qu’elles ne peuvent être instituées
que par la loi.
III. DEFINITION DU DROIT FISCAL ET SES PRINCIPES
FONDAMENTAUX
A. Définition du droit fiscal
Après avoir cerné la notion de l’impôt et sa différence avec d’autres
ressources de l’Etat, nous pouvons donc noter que l’impôt ne peut être
perçu qu’en suivant un certain nombre des règles de droit, c’est cela
qui nous permet de définir le Droit fiscal comme l’étude de règles
juridiques qui régissent les opérations de la détermination, la
liquidation et le recouvrement des impôts ainsi que celles relatives à la
procédure et à l’exercice du pouvoir fiscal.
L’étude de la fiscalité est donc complémentaire à celle des finances
publiques qui sont une science qui a pour objet « l’étude des moyen et
technique dont disposent les personnes morales publiques pour se
donner des ressources et couvrir les dépenses nécessaires à leur vie »9.
Les principales ressources publiques étant les impôts.
Le Droit fiscal est une branche du Droit public qui règle les Droits du
fisc et leurs prérogatives d’exercice 10. Vu sous l’angle administratif on
peut définir le Droit fiscal en transposant sur le terrain fiscal la
définition du Droit administratif.
B. Principes fondamentaux du Droit fiscal interne
9
.BAKANDEJA WA MPUNGU G., op cit p.20
10
TROTABAS L. ET CITTERET J.M, Droit fiscal, 7 Edition, Ed. Dalloz, Paris 1992, p. 11
8
1. Principes à portée constitutionnelle
- Principe de la légalité fiscale :
Dans toutes les constitutions, il est reconnu que c’est la loi qui établit
l’impôt. C’est le sens de l’article 13 de la déclaration universelle des
Droits de l’homme.
Cependant, il y a des restrictions à ce principe :
D’une part, le gouvernement doit appliquer cette loi, et d’autre part, la
prolifération des taxes reconnues à l’administration dans cadre de
l’intervention étatique.
- Principe d’ordre public :
Les lois fiscales sont d’ordre public dans la mesure où elles mettent en
jeu les intérêts essentiels de l’Etat. Il découle de ce principe les
conséquences suivantes :
- L’interdiction pour l’administration de transiger sauf en vertu
d’une disposition spéciale et expresse du droit ;
- Les lois fiscales s’imposent à tous, à commencer par
l’administration fiscale elle-même ;
- L’administration ne peut renoncer au délai d’imposition, ni au
temps écoulé d’une prescription ;
- La violation d’une disposition légale au cours du processus de
l’établissement de l’impôt entraine la nullité de la cotisation
établie ;
- L’administration ne peut déroger à la loi par voie d’arrêté, de
circulaire ou d’instruction.
- Principe de l’égalité et de la non-discrimination :
Ce principe fiscal s’oppose à toute différence de traitement fiscal et
notamment à celle qui serait liée à la nationalité des personnes. Ce
principe est à la base de la recherche de la justice fiscale c’est-à-dire
que tout doit être égal devant l’impôt.
- Principe de la liberté fiscale :
Il s’entend de la liberté fiscale comme de la liberté de commerce ou de
l’industrie ; Ce principe est repris plusieurs fois dans la Déclaration
Universelle des Droits de l’homme (art.1, 4 ,5 ,7 ,10 ,11,14 ).
- Principe de nécessité de l’impôt :
Ce principe est repris à l’art. 13 de la déclaration Universelle des Droits
de l’homme qui précise que : « pour l’entretien de la force publique et
pour les dépenses de l’administration, une contribution commune est
indispensable ». Ce texte fonde en même la légitimité du contrôle fiscal
t la répression en matière fiscale.
- Principe de l’annualité fiscale : C’est un principe qui signifie
simplement que le parlement autorise, à cause du
consentement à l’impôt, chaque année, le gouvernement à
percevoir l’impôt
9
- Principe de l’universalité de l’impôt ou de la généralité ou
encore du rendement de l’impôt :
Ce principe signifie que chacun doit s’acquitter de sa dette fiscale et
qu’il ne saurait y avoir d’exception. Il justifie également la légitimité du
contrôle fiscal.
- Principe d’imposition en raison des facultés contributives du
contribuable :
D’après ce principe, la contribution doit être également être répartie
entre tous les contribuables en raison de leurs facultés ou de leurs
capacités contributives.
2. Principes sans valeur constitutionnelle
- Principe de territorialité réelle de l’impôt
L’impôt est établi dans l’Etat où les biens sont situés, où les activités
sont exercées où les revenus sont réalisés.
- Principe de non rétroactivité de la loi fiscale
Ce principe constitue un des fondements de la sécurité juridique des
sujets de droit fiscal. Mais, son application n’est pas toujours prise en
compte. La loi fiscale est parfois ainsi rétroactive en ce qui concerne les
impôts directs du seul fait que la loi des finances initiale fixe un tarif de
l’impôt applicable à des revenus qui ont pris naissance au cours de
l’année qui vient de s’écouler.
- Principe du contradictoire
Le caractère contradictoire de la procédure judiciaire s’applique en droit
fiscal au-delà de la phase juridictionnelle. Ce principe s’applique
également tout au long de la procédure du contrôle fiscal et constitue
une garantie importante pour le contribuable dont les déclarations sont
contrôlées, doit avoir la possibilité de se défendre et de répondre aux
éventuelles notifications que l’administration se propose de lui
adresser.
- Principe de non bis in idem
Cela signifie qu’une même matière imposable ne peut être frappée plus
d’une fois dans le chef du même contribuable pour un impôt de même
nature.
QUESTIONS :
1. Critiquez la définition de TROTABAS qui dit que l’impôt est un
procédé légal et annuel de répartition des charges publiques
d’après les facultés contributives de chacun.
2. Quelle est la différence entre taxe et impôt ?
3. Expliquez le principe de non bis in idem, principe du contradictoire
et le principe de la territorialité de l’impôt.
10
CHAPITRE I: ORGANISATION DES ADMINISTRATIONS
FISCALES
SECTION 1 : Procédures administratives de perception des
recettes fiscales
Les structures organiques des administrations fiscales permettent la
perception de l’impôt. Ainsi, cette perception suscite quatre phases
d’opérations administratives :
1. L’assiette d’impôt (identification du contribuable et détermination de
la matière imposable, calcul de l’imposition, enrôlement éventuel,
etc…) comporte des opérations internes pouvant donc être
accomplies par les agents sédentaires.
2. Le contrôle qui implique généralement des investigations extérieures
(examens de comptabilité, visite des locaux etc…et exige dès lors
des agents itinérants.
3. Le recouvrement, une opération nettement distincte et qui, sauf le
cas de carence de la part du contribuable, s’exprime par une
opération matérielle d’encaissement t de comptabilisation
susceptible d’être confiée à de personnel sédentaire. En revanche,
les poursuites peuvent donner lieu à des déplacements.
4. Contentieux (réclamation et recours), opération qui ne se présente
que dans un nombre d cas limités. Chacune des opérations (dont
celles de l’assiette et de recouvrement sont inévitables) a un
caractère spécifique et exige de l’exécutant des philosophies
particulières, ainsi qu’une disposition d’esprit différente. On peut dès
lors se demander s’il faut réunir ces opérations et les confier à un
seul service, à u seul et même agent ou bien s’il faut les séparer et
entrer dans la voie de spécialisation des services du personnel…La
tendance va, certes, vers la spécification cependant diverses
solutions sont possibles, parmi lesquelles :
- La nette séparation de quatre opérations
Encore peut-on concevoir que les quatre opérations soient confiées à
des agents ou services différents d’un seul chef, ou bien qu’elles
soient accomplies par des services distincts.
- La réunion de l’assiette et du contrôle
Tout en les séparant du recouvrement, chacune de ces solutions a
des avantages et des inconvénients d’une spécification tant du
personnel que du service. Il n’est d’ailleurs pas rare que dans une
même administration, on trouve souvent le cas de ces solutions
appliquées parallèlement ;
SECTION 2. Organisation des administrations fiscales
En dehors de l’administration centrale, il est installé aux chefs-lieux de
chaque province une direction provinciale et plusieurs centres d’impôt à
11
travers le pays suivant l’importance politique, économique et sociale de
la circonscription dont il est question.
1. Directions provinciales
Ces directions présentent à peu-près la même structure organique que
la direction générale au niveau central pour permettre la perception
facile des recettes et supervision des ressorts fiscaux à travers le pays.
2. Les centres d’impôts
En fait, l’accroissement des tâches relatives à l’établissement et la
perception de l’impôt ne peut, en aucun cas, être confiés pour
l’ensemble du territoire à un service central unique, même s’il est doté
de l’équipement électronique le plus puissant et le plus perfectionné.
Ainsi trouve-t-on dans tout le pays des centres provinciaux et
éventuellement locaux.
La constitution et l’étendue des centres d’impôts dépendent entre
autre :
- Des possibilités de communication tant pour le contribuable que le
fonctionnaire ;
- De la densité de la population ;
- De l’économie provinciale ;
- Eventuellement des autres subdivisions administratives qui peuvent
influencer l’organisation du service (province, district, territoire,
secteur, ressorts judiciaires) ;
- De l’équipement des services (principalement sur le plan électrique),
de leur structure et de leur organisation (par exemple l’existence
d’une possibilité de moyen d’information convenable pour le
contribuable, entre autre par des bureaux de renseignements.
Des divergences de réception concernant l’étendue idéale d’un centre
d’impôts. Parmi ces centre d’impôts, on trouvera ceux, qui sont moins
étendus et d’autres un peu plus grand.
Aux centres moins étendus, les fonctionnaires bénéficient certains
avantages :
- Le fonctionnaire se trouve plus près du contribuable et celui-ci a des
facilités dans l’accomplissement de son devoir fiscal. Au surplus,
l’administration conserve pour l’administré une figure humaine et ne
devient pas un être lointain anonyme ;
- Le fonctionnaire a, en outre, la satisfaction de gérer lui-même une
cellule administrative avec un effectif réduit, parfois même limité à
quelques unités ; d’où un attachement plus affectif à sa besogne,
une initiative plus développée pour un contrôle plus serré sur les
prestations des adjoints et de la part de ceux-ci une intégration plus
aisée dans les groupes, zélé et un dévouement accrus, un meilleur
rendement ;
12
- Que les déplacements sont réduits, d’où moins de temps perdu et
moins de frais de déplacement tant pour le contribuable que pour le
fonctionnaire.
Actuellement, on abandonne, de plus en plus, l’idée autre que le
fonctionnaire doit résider le plus près possible de ses contribuables
afin de pouvoir mieux assurer une exacte perception de l’impôt.
Pour les avantages inhérents aux centres d’impôts plus étendus :
La possibilité d’une certaine spécialisation du personnel, les agents
d’un grade moyen ou supérieur n’ayant, dès lors, à s’occuper que
des travaux correspondant effectivement à leur qualification ;
Une ambiance plus favorable à une formation plus poussée des
fonctionnaires confrontés avec plus de problèmes et côtoyant de
collègues avec qui ils peuvent discuter des cas difficiles.
Questions :
- Quelles sont les différentes phases des procédures administratives
de perception des recettes fiscales ?
CHAPITRE II. LA TECHNIQUE DE L’IMPOT
Section1. Établissement de l’impôt
Ce chapitre cherche à répondre à la question de
savoir « comment se conçoit la législation financière, ou mieux la
législation fiscale ? » Elle cherche à saisir les étapes successives qui
amènent à l’existence du système d’imposition…
En fait, on peut la qualifier de « technique de l’impôt » ou
encore de phases techniques de l’impôt. La technique fiscale consiste à
fixer les modalités diverses de l’impôt. En d’autres termes, la technique
de l’impôt est l’ensemble des opérations ou des procédures par
11
lesquelles l’impôt est établi et perçu .
La maitrise de cette technique ou de ces opérations pose
deux problèmes : celui de l’établissement de l’impôt, c’est-à-dire la
description des différentes opérations et celui de l’application de
l’impôt, c’est-à-dire celui de l’analyse des résultats des opérations dans
leur aspect pratique. Mais dans ce cadre, il s’agit de considérer
uniquement le premier aspect, c’est-à-dire l’établissement de l’impôt.
L’établissement de l’impôt s’effectue en plusieurs phases ou
étapes. Toutes ces phases ont pour objet de fixer les modalités de
l’impôt. Ainsi, il faut d’abord déterminer la matière et la mesurer avec
précision : c’est l’opération de l’assiette. Il faut ensuite calculer en
fonction de la somme que le contribuable doit payer : c’est l’opération
de liquidation qui appelle le problème de taux et, par conséquent celui
du tarif, il faut enfin assurer le versement des sommes réclamées par le
11
DUVERGER, M : Op. cit. p 365
13
Trésor, c’est l’opération du recouvrement de l’impôt liée de celle du
contrôle de l’impôt.
Section 2. L’assiette de l’impôt
L’impôt atteint, on le sait, une matière imposable en la
personne d’un contribuable qui peut être, d’ailleurs, une
personne physique ou une personne morale. L’assiette de
l’impôt de ce fait pose le problème de l’étendue de la matière
à assujettir au prélèvement fiscal. Ainsi l’assiette de l’impôt
peut se définir comme « ce sur quoi repose l’impôt » en
d’autres termes, « ce sur quoi il est assis ».
Déterminer l’assiette c’est en fait déterminer la matière
imposable (c’est-à-dire la matière soumise à l’impôt » et fixer
les règles d’évaluation de celui-ci. Mais une chose est de
déterminer cette matière imposable, une autre chose est la
naissance de la créance ou d’un droit au profit du Trésor
public.
Déterminer et fixer la matière imposable nécessaire, en effet,
l’existence ou l’intervention d’un fait générateur de l’impôt.
Ainsi, on peut dire qu’assoir l’impôt, c’est choisir la matière
imposable, l’évaluer et constater le fait générateur.
1. Le choix de la matière imposable
La matière imposable est l’élément économique sur lequel l’impôt est
assis, c’est-à-dire sur lequel il prend directement sa source. Cet
élément peut être soit l’agent économique lui-même, soit le résultat de
son activité. Ainsi, la matière imposable peut être soit le capital, soit un
revenu, une transaction, soit un service, soit un bien, soit encore tout
simplement, la personne humaine. Si l’on place du point de vue de
choix de la matière imposable, il apparait certaines distinctions
fondamentales parmi les impôts. Les principales distinctions sont celles
qui opposent
- Les impôts personnels et les impôts réels ;
- Les impôts sur le capital, les impôts sur le revenu et les impôts
sur la dépense.
A. Les impôts personnels et les impôts réels
L’impôt personnel est celui qui atteint la fortune ou le revenu du
redevable à travers la personne de celui-ci. L’exemple type de l’impôt
sur les personnes ou les agents économiques est ce qui est
communément appelé « la capitation » notre I.P.M. (impôt personnel
minimum) alors que l’impôt réel est celui qui est assis sur des biens ou
14
des activités des personnes (le capital, le revenu, la transaction, le
service) sans considération de la personne du redevable.
B. Les impôts sur le capital, les impôts sur le revenu, les impôts
sur la dépense.
Tous ces impôts peuvent être regroupés en un impôt sur les biens et
les activités des personnes. On sait, en effet, que les activités
économiques des individus se traduisent où se manifestent :
- Soit par la possession ou la transmission d’un patrimoine
appelé capital
- Soit encore par la perception d’un revenu : salaire, traitement,
concession, bénéfice, dividendes etc…
- Soit enfin, par la dépense du revenu ou du capital lui-même.
Ce sont ces distinctions qui sont prises en ligne de compte
dans l’imposition sur les biens et les activités des personnes. Les
observations ainsi formulées permettent de passer en revue chacun des
impôts.
a. L’impôt sur le capital
Cet impôt comporte diverses modalités. Il peut être conçu de la
manière suivante :
L’impôt mesuré d’après le capital mais prélevé sur le revenu,
L’impôt prélevé sur le capital lui- même,
L’impôt mesuré d’après le capital mais prélevé sur le revenu est un
impôt qui atteint le capital indirectement, à travers les revenus dits
revenus fondés (loyers, dividendes, intérêt) qu’il procure à ses
détenteurs.
L’impôt sur le capital lui-même intervient soit parce qu’il atteint les
plus- values du capital (des plus-values de l’ensemble du patrimoine,
ou des plus-values constatées au moment de la cession de tel bien),
soit parce qu’il frappe le capital tout entier (impôt sur les transmissions
de capital, droit de concession). Aussi, l’impôt sur le capital n’occupe-t-
il aujourd’hui qu’une place limitée dans le système fiscaux
contemporains ?
b. L’impôt sur le revenu
Les revenus d’un individu, il faut le rappeler, sont les sources diverses
qu’il tire de son travail ou de son capital ou simultanément de son
travail et de son capital, c’est-à-dire les revenus mixtes.
Sont les revenus du travail, les salaires et traitement ; les revenus
fonciers et les revenus de valeurs mobilières ( dividendes résultant des
actions, intérêt provenant des titres publics, par exemple des
obligations, etc…) ; des revenus mixtes, les bénéfices des exploitants
agricoles, industrielles ou commerciales et professions libérales.
15
C. L’impôt sur la dépense : L’impôt sur la dépense vise également le
revenu mais il ne frappe pas en tant que tel. Il se saisit dans ses
emplois : lors des achats des biens ou services ou même de la
communication.
On distingue les impôts particuliers sur les dépenses et l’impôt général
sur la dépense, on peut citer : l’impôt sur la consommation, impôt sur
le chiffre d’affaires qui relève tous deux des taxes sur les biens et
services ; alors que l’impôt général type sur la dépense est la TVA
(européenne) et dans une moindre mesure l’impôt en cascade.
1. L’évaluation de la matière imposable
Longtemps, on cherchait à obtenir l’évaluation de la matière imposable
par les impôts qui s’efforceraient d’atteindre le revenu présumé d’après
ses différentes manifestations. Par-là l’évaluation pose le problème de
quantité à soumettre à l’impôt. Elle soulève divers problèmes. On peut
se demander :
- Si l’impôt sera spécifique ou ad valorem
- Si pourra recourir à un procédé, l’évaluation automatique ou
un procédé d’évaluation directe et enfin ;
- Si l’on personnalisera ou non la matière imposable.
a.L’impôt spécifique et l’impôt ad valorem
L’impôt spécifique est apprécié suivant la consistance de la
matière imposable : nombre, poids, volume, dimension. Assis sur
les grandeurs clairement définies et faciles à mesurer, il est
simple, se prête difficilement à la fraude et supprime
généralement toute discussion inutile entre le fisc et le
contribuable.
L’impôt ad valorem est assis sur la valeur exprimée en unités
monétaire de la matière imposable (voir le problème des taux, tarif
douanier).Il apparait plus juste et plus élastique que l’impôt spécifique,
main il est loin simple et se prête beaucoup plus à la fraude et
contestations qui peuvent porter non seulement sur le quantités
objectives, mais aussi sur les éléments subjectifs : le prix.
B. L’évaluation automatique et l’évaluation directe
La méthode d’évaluation est un procédé qui fixe la matière imposable
soit d’une façon approximative soit d’une façon exacte.
- La méthode d’évaluation automatique
Son objet est de réduire au maximum les obligations du contribuable et
les relations, parfois tirées, entre le contribuable et le fisc n’appréciant
l’impôt d’après certaines références légales. Elle s’adresse aux
contribuables qui n’ont pas des comptabilités complètes et complexes
et qui ne fournissent pas de déclaration détaillée de leurs revenus.
Cette méthode peut prendre deux formes :
16
- La méthode indiciaire dite plus couramment la méthode des
signes extérieurs
- La méthode forfaitaire
1. La méthode des signes extérieurs ou indiciaires
Par cette méthode indiciaire dite plus couramment des signes
extérieurs, on évalue la matière imposable à partir des indices les plus
divers, par exemple, le nombre et l’importance de résidences, le
nombre et la puissance des voitures, des bateaux de complaisance, le
nombre de domestiques etc… On procède à la taxation simple ou à la
taxation d’office des revenus suite à une faute (défaut de déclaration,
déclaration manifestement insuffisante).
Cette méthode a le désavantage de n’atteindre que très imparfaitement
la matière imposable. L’impôt frappe, en effet la richesse présumée,
non la richesse réelle.
L’appréciation de la méthode indiciaire
Les avantages (simplicité et commodité)
Cette méthode simple et commode pour l’administration lui permet
d’établir une fois pour tous les tableaux des signes extérieurs au lieu de
se livrer à des investigations spéciales à chaque fois.
Les inconvénients :
Son défaut majeur est de n’atteindre qu’imparfaitement la matière
imposable. Car cette option aboutit à une évaluation très grossière et
parfois à une impossibilité d’évaluation par exemple les capitaux
mobiliers. Le choix des indices est difficile
Il est injuste à cause de ses imperfections.
Il est peu productif et suppose que les besoins de l’Etat soient limités.
Cependant, le système de signes extérieurs n’est pas seul dans
l’évaluation automatique, il y a également la méthode de forfait.
2. La méthode forfaitaire
Elle permet d’estimer en bloc la matière imposable sans préoccupation
de la capacité contributive réelle. Ce procédé, qui est empirique,
comporte, en même temps, pour chacune des parties (administrative et
le contribuable) des chances de gain ou de perte. Mais, on peut dire
qu’en générale les gains sont pour le contribuable.
Il peut exister, en effet deux sortes de forfait légal et forfait
conventionnel :
Le forfait légal
Le forfait légal sert aussi pour la détermination des sommes que le
contribuable peut déduire de son revenu brut, pour établir son revenu
net imposable. Exemple : les déductions forfaitaires pour frais
professionnels. Le forfait légal peut porter sur le montant même de
l’impôt. Ainsi est fixé l’imposition sur les petits commerçants, sans que
le fisc ne tienne compte des quantités exactes obtenues, vendues etc…
17
Le forfait conventionnel
Ce forfait est déterminé par accord entre l’administration du fisc et le
contribuable. Mis défaut de cet accord, l’administration fixe elle-même,
d’une manière unilatérale, la base de l’impôt avec cependant la
possibilité d’un recours du redevable.
L’évaluation est bien sûr, effectuée sur des résultats passés du
contribuable. Le forfait ainsi retenu est valable pendant une certaine
durée au cours de laquelle il ne peut être remis en cause. Quelle est la
valeur du forfait ?
Avantages
Simplification des rapports entre Administration et redevable
Fixité des bases d’imposition : ce qui amène une liquidation et un
recouvrement faciles
Commodité et sécurité
Inconvénients
Sous-évaluation : ce qui conduit à perte des recettes pour le budget ;
Valable en période de stabilité des prix sinon il devient dépassé en
d’autre temps.
En fait, le forfait est un moyen détourné de
déterminer de minorer la base d’imposition et de réaliser un
dégrèvement occulte au profit de certaines catégories de contribuables.
C’est pourquoi il est préférable de l’utiliser que dans certain cas bien
précis : exemple pour les redevables de faibles importance ou des
contribuables qui ont des ressources extrêmement modeste. (PM,
PMI…)
Mais on peut dire que le forfait généralement a
l’avantage du contribuable. Ce procédé ne peut être utilisé efficacement
que lorsque les bases réelles de l’impôt sont impossibles à déterminer,
ou lorsque le législateur veut favoriser une catégorie sociale
déterminée.
- La méthode d’évaluation directe
Par cette méthode, la matière imposable est fixée d’une manière
directe et exacte, c’est-à-dire avec des procédés qui tiennent à la
connaissance exacte de la matière imposable. La méthode d’évaluation
directe peut prendre aussi deux formes : la déclaration à
l’administration, l’évaluation directe par l’administration.
- La déclaration à l’administration
Elle est exigée tantôt du contribuable lui-même, tantôt d’un tiers. Le
système de déclaration par le contribuable ne donne satisfaction que
dans la mesure où la déclaration est sincère. Ce qui n’est pas
malheureusement pas toujours le cas. Ce système exige un contrôle
18
très étroit sur pièce et sur base qui amène parfois des vives critiques.
C’est pourquoi on le qualifie de procédé d’inquisition fiscale.
Avantages
- Exclut tout arbitraire
- Plus équitable car elle permet la connaissance des difficultés
contributives réelles
- Tient compte des éléments sociaux et familiaux propres à
chaque contribuable
- Présente une grande élasticité
- Assure une productivité maximale
Difficultés de la méthode
- Offre des possibilités de fraude de l’intérêt u contribuable
- Donne des possibilités supplémentaires de fraudes en
contrepartie du contrôle assuré par l’administration, car elle
est tenue au secret professionnel (garantie que seule
l’administration connaitra ses revenus déclarés), le pouvoir de
contrôle est plus ressenti par le contribuable.
3. L’évaluation directe par l’administration ou évaluation
administrative
Elle intervient soit de façon quasi discriminatoire : cas de la taxation
d’office (absence de déclaration ou celui de la rectification d’office si la
déclaration du contribuable est manifestement fausse de façon
réglementée12
Avantages
L’administration n’est soumise qu’aux limites qu’elle estime raisonnable
compte tenu de la matière imposable.
Le procédé est simple pour l’administration.
Inconvénients
C’est une évaluation unilatérale de la part du fisc ;
Le coût de production peut être élevé pour le Trésor public.
Le fait générateur de l’impôt
L’existence de la matière imposable ne comporte par elle-même aucune
conséquence fiscale sur le contribuable. Pour l’impôt soit dû il faut que
le fait générateur, tel qu’il a été défini par la loi, soit constaté. En fait,
fait générateur est la donnée ou l’ensemble des données dont
l’existence chez un individu font qu’il est passible de l’impôt. En
d’autres termes c’est le fait qui déclenche le mécanisme de l’imposition.
Le fait générateur de l’impôt est suivant le cas un événement, un acte
juridique qui se rattache aux situations courantes de la vie économique.
C’est pourquoi l’on dit que l’impôt est un phénomène ambivalent.13
12
Ces méthodes sont souvent utilisées par l’administration à titre de sanction
13
C’est un phénomène économique
19
Il est intéressant d’examiner comment déterminer ce fait générateur,
ensuite, il est possible de dégager l’intérêt pratique ainsi que les
conséquences de cette détermination.
Détermination du fait générateur
Elle diffère d’un impôt à l’autre. Pour y parvenir, il est bon de passer
en revue les grandes catégories de l’impôt.
A. Pour l’impôt sur le capital et sur la fortune
Le fait générateur peut coïncider avec l’existence même de la
matière imposable14, c’est-à-dire la possession d’une fortune évaluée à
un certain montant. Il est un fait que ce système est valable dans le
pays qui ont institué un impôt sur la fortune.
Dans d’autres systèmes, le fait générateur sera la réalisation d’une
plus-value (la différence entre la valeur d’acquisition et la valeur de
cession ou de vente) ou la transmission de toute ou une partie du
patrimoine.
B. Pour les impôts sur les revenus et l’impôt général sur le
revenu
Pour les impôts sur les revenus, le fait générateur consiste non dans
l’exercice d’une profession mais dans la perception annuelle d’un
revenu professionnel (c’est-à-dire la réalisation matérielle des
revenus).
Si cette distinction reste valable même pour l’impôt général sur le
revenu, il est cependant différent. Il faut, en effet, pour celui-ci (fait
générateur) que le revenu soit mis à la disposition du contribuable
c’est-à-dire que le versement du montant soit effectif. Ce qui le
distingue des impôts sur le revenu ; car il suffit éventuellement que la
créance soit acquise pour que le fait générateur intervienne.
C. Pour l’impôt sur la dépense
Le fait générateur est généralement constitué par la livraison de la
marchandise de la marchandise qui est mise de cette façon à la
disposition du contribuable. De ce fait, une vente non suivie d’une
livraison ne serait pas imposable. Mais le fait générateur peut être aussi
le paiement d’un prix.
Pour les services rendus, c’est l’exécution du service, soit le paiement
du prix qui peut constituer le fait générateur.
D. Pour les autres impôts
Dans certains cas, plus rare, le fait générateur est constitué par une
situation concrète ou objective du contribuable. Exemple : le redevable
de l’impôt foncier ( terrain bâti ou non bâti ) est le propriétaire au 1er
janvier de l’année de l’imposition. La possession suffit pour déclencher
14
Le principe d’une créance liquide suffit : même si les versements ne sont pas effectués par votre créancier.
20
le mécanisme. Deuxième exemple : le fait générateur de l’impôt sur la
consommation est la mise en consommation du bien.
Quelles sont les conséquences ou l’intérêt pratique de la détermination
du fait générateur ?
La détermination de fait générateur de de la loi fiscale présente un
intérêt certain, en matière fiscale. Outre que la constatation du fait
générateur met l’impôt à charge du contribuable, elle permet de définir
le champs d’application de la loi fiscale dans l’espace et dans le temps.
1° Dans l’espace, l’impôt est dû en principe, dans le pays ou le fait
générateur se manifeste. C’est ainsi que pour les impôts sur le revenu,
le fait générateur étant la réalisation matérielle des revenus, les
recettes et gains provenant d’une activité exercée à l’étranger ne
seront pas normalement imposés.
2° Dans le temps, on peut dire que sauf exception, la matière
imposable doit être évaluée conformément à la législation applicable au
moment de la constatation du fait générateur. En effet, l’évaluation de
la matière imposable et la fixation du tarif applicable ne se font d’une
manière arbitraire ; elles doivent être appréciées à la date du fait
générateur.
Section3. La liquidation de l’impôt
La liquidation de l’impôt a pour objet de fixer le montant de la dette
fiscale.
Liquider l’impôt, c’est déterminer le montant de l’impôt par l’application
du tarif e l’impôt à la matière imposable. C’est là qu’elle réalise les
abattements et déduction sur la matière imposable ainsi que certaines
réduction ou majorations sur l’impôt brut obtenu afin de déterminer le
montant dû au fisc par le contribuable. A partir de ces calculs, on
assure les opérations de liquidation proprement dites.
I. Le tarif de l’impôt
Le principe est que le tarif doit être fixé de telle manière que le
rendement de l’impôt assure à l’Etat les ressources nécessaires à ses
besoins, c’est-à-dire les besoins publics. C’est sur le plan fiscal,
l’application du principe budgétaire traditionnel e la priorité des
dépenses sur les recettes. Ainsi la fixation du tarif pose trois problèmes
essentiels sur le choix :
- Entre l’impôt de répartition et l’impôt de quotité (du point de
vue du procédé utilisé) ;
- Entre le taux spécifique et le taux ad valorem (du point de vue
de la modalité applicable) ;
- Entre le taux proportionnel et le taux progressif dans le cas où
l’on a opté pour l’impôt de quotité.
A. L’impôt de répartition et l’impôt de quotité
21
Alors que l’impôt de quotité comporte un tarif fixe d’avance et qui
s’applique à toute la matière imposable recensée, l’impôt de répartition
est fixé dans son montant global pour l’ensemble du pays : c’est le
système de contingent.
a. L’impôt de répartition
Dans l’impôt de répartition, le rendement global de l’impôt est connu et
fixé à priori. Il suffit alors de répartir l’impôt à plusieurs degrés
administratifs entre les contribuables répertoriés au prorata de la
matière imposable. Le tarif de l’impôt se dégage de la répartition. Ainsi,
l’impôt déterminé sur le plan national est reparti d’abord entre les
provinces, puis entre les districts et les communes, enfin entre les
contribuables de la commune.
Il faut préciser que le domaine de l’impôt de répartition est assez
restreint ; car il nécessite le recensement à l’avance des redevables et
de la matière imposable. Or, ces opérations sont laborieuses et
complexes. Cela étant, si ce procédé comporte des avantages, il
présente en revanche des inconvénients.
1°) Avantages :
Ce procédé présente des avantages suivants :
- Le rendement de l’impôt est connu d’avance, certain et
indépendant (des fluctuations économiques)
- La fraude est neutralisée car le contingent devant être
intégralement payé, ce que l’un ne paie pas retombe sur les
autres.
- L’impôt garantit la stabilité de la dette fiscale du contribuable
2°) inconvénients :
On constate que :
- L’impôt manque d’élasticité et exige des opérations délicates
de recensement et de répartition ;
- La perte de plus-values d’impôt, en fin d’exercice fiscal ( parce
que l’impôt est statique), peut être importante ;
- L’impôt ne se prête pas à la personnalisation15
- A cause de la complexité des opérations de la répartition,
l’impôt peut présenter des injustices dues aux erreurs qui
peuvent se répéter, sans possibilité de vérifier l’exactitude de
sa cote (contingent). C’est pourquoi, les impôts de répartition
tendent à disparaitre au profit des impôts de quotité.
B. L’impôt de quotité
Dans l’impôt de quotité, c’est le tarif de l’impôt et lui seul qui est fixé à
priori, c’est-à-dire d’avance. Le rendement e et impôt est donc fonction
des variations de la matière imposable.
15
Parce qu’il suppose des impôts réels qui ne tiennent pas compte d la situation socio-familiale du contribuable
22
Quantité
Elles sont les suivantes : élasticité, l’équité, la simplicité.
- L’élasticité permet à l’impôt de suivre fidèlement le
développement de la matière imposable ;
- L’équité permet d’assurer l’égalité de traitement entre le
contribuable. La charge contributive spécialement lorsqu’il y a
progressivité du tarif ;
- La simplicité ne nécessite pas des moyens exagérés pour son
établissement. Son rendement, qui n’est pas déterminé à
l’avance s’effectue avec moins de précision que celui de l’impôt
de répartition parce que les prévisions des recettes sont
beaucoup plus délicates à élaborer.
LES OPERATIONS DE LIQUIDATION PROPREMENT DITES
Si la détermination du tarif intervient d’une fois pour toutes, ou du
moins pour une période donnée, généralement assez longue, la
liquidation proprement dite est effectuée dans chaque cas particulier. Il
convient de savoir comment intervient la liquidation avant de se
demander qui liquide l’impôt.
1. Comment intervient la liquidation ?
On doit distinguer les droits au comptant des droits constatés.
A. Pour les droits au comptant, la liquidation est faite lors du dépôt
de la déclaration du redevable. C’est le cas de certains droits
directs et de droit d’enregistrement.
B. Aussi, l’opération de liquidation s’effectue-t-elle au moment de la
constatation des droits, d’où le mot comptant.
C. Au contraire, pour les droits constatés du fait générateur et la
liquidation sont deux opérations bien distinctes qui sont effectuées
d’un intervalle de temps parfois éloigné. En d’autres termes, la
liquidation de droits constatés s’est effectué postérieurement à la
constatation du fait générateur de l’impôt et très souvent par
agent distinct du fonctionnaire chargé du recouvrement.
C’est le cas tout particulièrement des impôts perçus par voie de rôle.
La liquidation n’intervient qu’après l’établissement des documents
intermédiaires :
- Les matrices qui constatent le fait générateur ;16
- La liquidation donne lieu à l’établissement des rôles17qui
arrêtent la dette individuelle du contribuable.
2. Qui liquide l’impôt ?
La séparation de deux opérations, liquidation et recouvrement, est très
généralement adoptée. Elles sont pourtant confondues pour les droits
16
Il est procédé à la taxation, c-à-d aux côtés de chaque contribuable par l’application du tarif à la quantité.
17
Le rôle est le titre exécutoire qui, après homologation, est transmis au service du recouvrement et en vertu duquel il peut
être procédé au recouvrement.
23
au comptant. Sous cette réserve, la liquidation est effectuée par les
agents de la constatation et le recouvrement par ceux qui sont
chargés de la perception et le recouvrement. Ces agents peuvent
appartenir à des administrations différentes ( impôts directs liquidés
par les agents des impôts directs et recouvrés par les services du
Trésor (comptable) ou d’une même administration ( droits
d’enregistrement ), les deux fonctions étant toutefois séparées à
l’intérieur de cette administration.
Section 4. Le recouvrement de l’impôt
Le recouvrement de l’impôt s’effectue selon plusieurs modalités et
procédés d’une technique particulière.
Définition de recouvrement
On appelle recouvrement l’ensemble des opérations qui, ont pour but
de faire passer l’argent d’impôt des poches du contribuable dans le
coffret du Trésor.18
1. Les modalités de recouvrement
On a vu que les opérations de liquidation étaient différentes suivant
qu’il s’agit des droits au comptant ou des droits constatés. Il en va de
même pour le recouvrement.
Le droit au comptant implique que la recherche de la matière
imposable et le paiement sont simultanés ; au contraire, dans les
droits constatés, il y a décalage entre les deux opérations de
constation d’abord, paiement ensuite.
2.La technique du recouvrement
On va se demander quelle est la grande règle qui préside le
recouvrement, puis par quels moyens s’acquitte-t-on ou, avant de
savoir comment on obtient le paiement des impôts.
A. La grande règle est que la dette fiscale est portable et non
quérable
Elle signifie que l’impôt doit être versé à la caisse du percepteur, c’est
une obligation qui incombe au contribuable de porter cette somme à la
caisse publique. Le percepteur n’est pas tenu de se déplacer.
B. Les moyens de s’acquitter de l’impôt
Le contribuable peut s’acquitter de sa dette fiscale par les divers
moyens autorisés par la loi : espèce qui représente une part de moins
grande dans beaucoup de pays, mandat postal, chèque bancaire (en
nette augmentation à l’étranger), virement bancaire, virement de
compte chèque postal, mandat contribuable. En certains cas, l’impôt
est payé par l’apposition du timbre ou l’achat de vignettes) obtenus à la
caisse d’une administration fiscale.
3. L’obtention du paiement de l’impôt
La date d’exigibilité et de paiement de l’impôt :
18
DUVERGER ? M :Op cit p.382
24
1°) En matière d’impôt perçu par voie de rôle, cette date est
commandée par l’émission de rôle : généralement les impôts sont
exigibles le dernier jour du mois suivant celui de la mise en
recouvrement du rôle et ils doivent être payés au Plus tard le 15jours
du 3ème mois qui suit la mise en recouvrement du rôle.
2°) Pour les autres impôts, il y a exigibilité et théoriquement le
paiement doit s’effectuer :
- Soit au moment où la déclaration doit s’effectuer ;
Exemple : droits de douanes ;
- Soit au moment de la formalité ;
Exemple : droits de douane
- Soit à la date fixée par la loi.
Le paiement est normalement demandé sans exigence particulière de
refus, d’opposition ou de résistance, le Trésor, pour obtenir le paiement
des impôts des privilèges ordinaires que le droit public confère à
l’administration plus spécialement Fiscale.
Il s’agit de privilège du préalable, privilège de l’exécution d’office
(administrative). Il dispose aussi de moyens spécifiques importants
pour assurer le recouvrement à l’égard des contribuables récalcitrants.
Ce sont :
- Les prérogatives de l’administration ;
- Les procédures rapides d’exécution permettant au fisc de
recouvrer par la force, de saisir et de vendre les biens sans
devoir obtenir parfois un jugement préalable concernant le
débiteur d’impôt.
Les prérogatives de l’administration
Le recouvrement forcé
Pour contraindre le contribuable à payer dans les délais,
l’administration dispose des sanctions qui sont : une majoration de
x% ; une indemnité de retard égale à une fraction des droits souvent
en augmentation constant par mois supplémentaire. Si le contribuable
ne s’est pas exécuté, l’administration peut exercer des poursuites.
Elle dresse au préalable une mise en demeure au contribuable. Cette
dernière peut prendre la forme d’un titre de perception pour les impôts
sans rôle. Pour les impôts perçus par voie de rôle n’est pas utilisé,
l’administration se borne à envoyer un second avertissement appelé
souvent sommation sans frais.
Le contribuable doit honorer dans le lieu fixé à compter du jour de la
réception de la sommation sans frais ou du titre de perception, faute de
quoi les poursuites sont engagées par un commandement qui procède,
soit d’une contrainte décernée (impôt par voie drôle), soit du titre de
perception (pour les autres impôts).
Section 5. Le contrôle de l’impôt
25
Introduction
Le contrôle de l’impôt est essentiellement rendu nécessaire par
l’exercice de la fraude fiscale. Ainsi, il appelle la mise en œuvre de
moyens divers d’investigation et de répression. Il faut noter que la
fraude fiscale est toute infraction à la loi fiscale qui a pour but
d’échapper en tout ou partie à l’imposition. Ses causes sont
nombreuses.
Il peut s’agir notamment de :
- L’excès de la fiscalité ;
- L’injustice fiscale ;
- L’affaiblissement du sens civique ;
- L’absence des pouvoirs d’Etat ;
- L’exigence professionnelle ;
- L’inadaptation de la législation fiscale ;
- Déphasage des administrations fiscales.
Les procédés de la fraude varient suivant les caractéristiques et la
nature des impôts. Ils vont de la vente sans factures en passant par la
dissimulation de la partie du revenu entier et la soustraction de la
personne imposable jusqu’au maquillage d’une opération sous
l’apparence d’une autre qui donne ouverture à la taxation moins élevée
ou plus souvent à l’imposition sur le prix minoré. Mais les conséquences
de la fraude sont graves. On en dénombre trois essentielles :
- Elle diminue le rendement de l’impôt ;
- Elle donne naissance à des injustices fiscales ;
- Elle fausse les lois du marché.
C’est pourquoi, la lutte contre la fraude doit être menée sur plusieurs
fronts :
- Il faut améliorer les moyens préventifs et répressifs du fisc ;
- Il faut s’efforcer de réformer le système fiscal lui-même ;
- Il convient d’assurer une meilleure application possible du
système de prélèvement ;
- Il faut procéder à l’éducation civique des contribuables ;
- Il est indispensable d’assurer la présence de l’Etat en ce qui
concerne sa volonté de coordonner les actions fiscales.
Quoi qu’il en soit, les moyens habituels de contrôle sont multiples et
varient la nature des impôts. De même, pour mieux assurer ce
contrôle, les moyens de répressions sont utilisés. C’est pourquoi on
examine successivement dans les points suivants :
1. Les moyens habituels de contrôle fiscal et
2. Les moyens de répression du contrôle fiscal.
I. Les moyens habituels de contrôle fiscal
26
Les moyens mis à la disposition de l’administration fiscale sont
multiples. Dans ce cadre, il suffit d’examiner les méthodes utilisées
pour les améliorations possibles.
1°) Le méthodes utilisées
Il faut souligner que toutes ces méthodes sont utilisées dans le cadre
des pouvoirs d’investigation de l’administration fiscale. Le but poursuivi
est de redresser les erreurs, les inexactitudes, les omissions et
dissimulations.
2°) Les améliorations possibles
Il est possible de prévoir une centralisation de renseignements fiscaux
par l’institution d’une banque de données ou du casier fiscal de chaque
contribuable. C’est un instrument à mettre en œuvre.
Par ailleurs, le fisc doit renforcer l’efficacité des contrôles en créant,
d’une part, le contrôle simultané ; d’autre part, le contrôle polyvalent
qui consiste à confier à un seul agent le contrôle des différents impôts
d’un même contribuable. Il convient aussi de mettre en pratique les
contrôles fiscaux en les étendant à un plus grand nombre des
contribuables.
Mais le contrôle pour assurer un bon rendement doit s’appuyer par des
agents mieux sélectionnés, intègres et compétents. Si toutes des
précautions sont prises, il n’est pas douteux que l’option choisie se
révélera fructueuse lorsque les effectifs plus nombreux pourront être
affectés aux tâches de contrôle. Mais pour atteindre de but, le fisc
dispose des moyens de répression nécessaires.
II. Les moyens de répressions du contrôle fiscal
Pour le cas de la République démocratique du Congo proprement dit, le
percepteur qui n’aura pas délivré le reçu au contribuable sera puni
d’une servitude pénale de 8 jours à un an et d’une amende. ( …)
Questions :
1. Donnez un exemple de l’impôt sur la dépense.
2. Sur quoi est assis l’impôt ad valorem ?
3. Donnez un inconvénient de la méthode indiciaire.
DEUXIEME PARTIE : IMPOTS PREVUS PAR LA LEGISLATION
FISCALE CONGOLAISE
La législation fiscale congolaise a pour base ce qu’on appelle le « le
Code des impôts ». L’essentiel des impôts contenus dans ce code ont
été édictés lors de la réforme fiscale de 1969. Notons toutefois que les
ordonnances-lois fiscales de 1969 ont connu plusieurs modifications de
même que beaucoup de textes réglementaires ont été pris comme
mesures d’application dont certains après 1989 date de la dernière
mise à jour du code. D’où la nécessité d’une nouvelle mise à jour du
code.
27
Notons que le législateur fiscal de1969 a remplacé le terme « impôt »
par celui de « contribution » mettant ainsi l’accent sur le caractère de
cotisation de chacun des citoyens congolais et des résidents en vue de
financer la production des biens et services collectifs au lieu de
s’appesantir sur son caractère contraignant. La loi n° 005/03 du 13
mars 2003 portant restauration du terme « impôt » ré institué cette
terminologie en lieu et place de la contribution. La législation fiscale
congolaise comme beaucoup d’autres subdivise les impôts en deux :
impôts directs et impôts indirects.
Cette classification est traditionnelle et malgré son ancienneté et ses
multiples justifications, elle conserve une valeur pratique, bien qu’elle
ne soit pas scientifique. D’où la difficulté de distinguer facilement
l’impôt direct de l’impôt indirect. Certains auteurs ont tenté de les
définir. Ainsi pour COZIAN : l’impôt direct est celui « qui est assis sur
des données constantes, revenu ou capital ce qui en permet la
perception à intervalles réguliers, une fois par an en principe » tandis
que l’impôt indirect lui, « porte sur les faits intermittents, les dépenses
t sa perception se produit tout au long de l’année ».19
Pour le Professeur Mathias BUABUA wa KAYEMBE : l’impôt direct est
celui dont la charge demeure définitivement supportée par celui qui en
assujetti, le contribuable n’ayant pas la possibilité de la percuter sur
autrui tandis que l’impôt indirect est celui dont la charge est répercutée
sur autrui.20
Il faut reconnaitre qu’en pratique il n’est pas aisé de déterminer les
impôts directs et indirects quand on sait qu’à l’heure actuelle tout peut
être répercuté sur un sujet de droit autre que le contribuable,
légalement ou illégalement.
TITRE PREMIER : IMPOT DIRECT
L’impôt direct est divisé à son tour en impôt réel (chapitre) et impôt
cédulaire sur les revenus (chapitre II)
CHAPITRE I. IMPOT REEL
L’impôt réel est un impôt qui s’applique à un bien du fait qu’il existe et
qu’il est source de revenus sans considération de la personne qui le
supporte. Il est régi par l’ordonnance-loi n° 69/006 du 10 février 1969
telle que modifiée et complétée (…)
L’impôt réel comprend trois impôts distincts :
- L’impôt foncier ;
- L’impôt sur le véhicule ou la vignette et
- L’impôt sur la superficie des concessions minières et
d’hydrocarbures.
SECTION I : IMPÔT FONCIER
19
COZIAN M, Précis de fiscalité des entreprises, LITEC, XIè Ed, Paris,1991, p. 2
20
BUABUA wa KAYEMBE M, Traité de Droit fiscal Zaïrois, Puz, Kin, 1993, p. 19
28
L’impôt foncier semble avoir été le tribut payé à la communauté par le
détenteur de la terre pour acquérir le droit de jouissance exclusive
d’une chose commune. Il frappe la jouissance d’un bien immobilier ou
sa propriété. C’est donc un impôt sur la propriété immobilière qui ne
doit pas être confondu avec l’impôt sur le revenu locatif ( revenu
immobilier).
§I. MATIERES IMPOSABLES
La matière imposable est « l’élément économique dans lequel l’impôt
prend sa source directement ou indirectement »21. Cet élément peut
être un bien, un revenu ou une transaction. Dans le cas d’espèce, la
matière imposable est un bien car elle porte sur un fonds, bien
qu’appartenant à l’Etat mais en raison d’un droit réel dont le
contribuable dispose, soit sur une propriété bâtie ou une construction,
soit sur une concession non bâtie. C’est ce que confirme la loi fiscale en
précisant que l’impôt foncier est assis sur deux bases : Les propriétés
foncières bâties et les propriétés foncières non bâties.22 Notons que
l’expression « propriétés foncières non bâties » est incorrecte parce
que selon la loi foncière le sol est la propriété exclusive, inaliénable et
imprescriptible de l’Etat23. L’Etat est donc l’unique propriétaire foncier,
les particuliers ne peuvent avoir qu’un droit réel de jouissance sur le sol
appartenant à l’Etat appelé concession. Ainsi, nous préférons le terme
concession en lieu et place des propriétés foncières non bâties. Quid
alors des propriétés bâties ? Ce terme fait allusion au bâtiment mais le
législateur n’en a pas défini. D’après LITTRE, le terme bâtiment pris
dans son sens propre et plus restreint désigne une construction servant
à loger soit l’homme, soit la bête ou la chose…, il ne comprend pas les
constructions qui ne sont pas destinées au logement. Le Professeur
AZAMA par contre fait une application plus extensive et estime qu’il
faut considérer les propriétés bâties comme non seulement les
bâtiments dans le sens propre du terme (maison d’habitation) mais
aussi comme des éléments que, la loi y assimile ( usines, réservoirs
installations industrielles ).
§2. Personnes imposables, exemptions et exonérations à l’impôt
foncier
I. Personnes imposables à l’impôt foncier
Selon la loi fiscale de 1969, l’impôt foncier est dû par le titulaire de
droit de propriété, de possession d’emphytéose, de superficie, de
cession, de concession ou d’usufruit ainsi que par des personnes
occupant en vertu d’un contrat de bail, des biens immobiliers faisant
21
NGUYEN CHAN TAM, Ph, DARTOU ET C. SIMON, Lexique de Droit des affaires Zaïrois, CNRP, Kin, 1972, p.178
22 er
O-L n° 69-006 du 10 février 1969 portant Impôt réel, art. 1 (code des impôts, mis à jour de 1989 )
23
Loi n° 73/02 du 20 juillet 1973 dite loi foncière, art. 53
29
partie soit du domaine privé de l’Etat soit du patrimoine d’une
circonscription administrative.
Il ressort de cette disposition que l’impôt foncier frappe : le propriétaire
des biens imposables ou le titulaire d’autres droits réels fonciers (droits
d’usufruit, d’emphytéose, de superficie).
Le locataire des biens immobiliers appartenant à l’Etat ou aux entités
décentralisées.
Les autres locataires ne sont pas redevables même si par la convention
de bail ils se sont engagés à payer l’impôt et si cette circonstance a été
portée à la connaissance de l’administration 24
D’autre part, l’impôt foncier n’est dû que sur la matière imposable
existant au 1er janvier de l’année suivante25. Ce qui signifie que si
l’immeuble est vendu le O2 janvier, c’est le vendeur qui reste
redevable. Dans la pratique, l’acte de vente règle ce problème à
l’amiable entre les deux parties et dans l’intérêt de l’administration, le
nouveau propriétaire est tenu de faire la déclaration dans le délai d’un
mois à défaut il est tenu au payement de l’impôt solidairement avec
l’ancien propriétaire.
N.B. Le fait générateur de l’impôt sur la superficie des propriétés
foncières bâties et non bâties est le titre foncier ou immobilier.
II. Exemption et exonération de l’impôt foncier
1.Exemptions
Sont exemptés e l’impôt foncier :
a) Les propriétés appartenant :
à l’Etat, aux provinces, aux villes aux communes aux circonscriptions
administratives, ainsi qu’aux offices et autres établissements publics de
droit congolais n’ayant d’autres ressources que celles provenant de
subventions budgétaires ;
Aux associations sans but lucratif et aux établissements d’utilité
publique constitués conformément à la loi n° 004/2001 du 20juillet
2OO1portant dispositions générales applicables aux associations sans
but lucratif aux établissements d’utilité publique.
Aux Etats étrangers et affectés exclusivement à l’usage de bureaux
d’ambassades ou des consulats, ou au logement d’agents ayant le
statut d’agents diplomatiques ou consulaires. Cette exemption n’est
consentie que sous réserve de réciprocité ;
Aux personnes physiques dont le revenus nets imposables annuels sont
égaux ou inférieurs au plafond de la 7ème tranche de revenu du barème
d’imposition des personnes physiques (le plafond soit 32.5% de
10.260.OO1,OO FC à 13.908.000,OOFC)
Mais à condition de faire preuve du paiement d l’IPR ou de l’IPM.
24
O.L n°69-006 du 10 février 1969, op.cit, art 9
25
Idem, art. 21
30
b) Les immeubles affectés à l’habitation principale des personnes qui
au 1er janvier de l’année d’imposition sont âgées de plus e 55 ans
et les veuves, à condition :
Qu’elles occupent ces habitations principales soit seules, soit avec leurs
épouses, descendants ou ascendants soit avec toutes autres personnes
de même condition d’âge ou de situation que leurs revenus imposables
à l’impôt cédulaire sur les revenus soient égaux ou inférieurs au plafond
de la 7ème tranche du barème d’imposition des personnes physiques soit
32.5% de 10.260.OO1,ooFC à 13.908.OOO,OO FC comme expliqué ci-
dessus ; qu’elles souscrivent une déclaration énonçant tous les
éléments imposables ou exemptés.
2. Exonértion
L’impôt foncier n’est pas établi sur les terrains et les propriétés bâties :
Affecté par le propriétaire, exclusivement à l’agriculture ou à l’élevage y
compris les bâtiments ou parties de bâtiments qui servent à la
préparation des produits agricoles ou d’élevage à la condition que ceux-
ci proviennent de l’exploitation du contribuable dans une promotion au
moins égale à 80% de l’ensemble des produits traités qu’un
propriétaire, ne poursuivant aucun but de lucre, aura affecté :
A l’exercice du culte public, à l’enseignement, à la recherche
scientifique, à l’installation des hôpitaux, des hospices, des cliniques,
des dispensaires,…
A l’activité normale des chambres de commerce
à l’activité sociale des sociétés mutualistes appartenant aux
bénéficiaires des dispositions exonératoires du code des
investissements ou des conventions spéciales.
N.B. Selon l’art. 204 point 16 de la constitution du 18 février 2006,
l’impôt foncier relève désormais de la compétence exclusive des
provinces
QUESTIONS DE REFEXION SUR L’IMPÔT FONCIER
1. L’impôt foncier est assis sur deux bases : les concessions non bâties
et les propriétés bâties. Sur une même concession va-t-on imposer la
partie construite et celle non construite ?
R.) NON : avant l’ordonnance-loi n°87-075 du 4 octobre 1987, il en
était ainsi. La superficie imposable de la partie non construite était
déterminée par la différence entre la superficie totale de chaque terrain
d’une part, et la superficie imposable des bâtiments ou constructions y
érigés, d’autre part- Art 20 (ordonnance-loi du 1O février 1969). Mais
l’O-L de1987 précitée a aboli cette disposition. Actuellement l’impôt
31
foncier frappe soit les concessions ( cas de non mise en valeur) soit les
propriétés bâties( dans le cas contraire) c’est-à-dire sur une concession
où il y a une construction, impose celle-ci et non la concession.
2. L’impôt foncier frappe les concessions non bâties et propriétés bâties
en ville où même au village ?
R.) le décret-loi n°111/2OOO a réhabilité l’art 18 qui était aboli par l’O-
L de 1987 avec pour conséquence que seules les concessions urbaines
sont imposables
SECTION II : IMPÔT SUR LES VEHICULES
L’impôt sur les véhicules est un impôt différent de la taxe spéciale de
circulation routière qui, elle, est une taxe créée par l’O-L n°88/029 du
15 juillet 1988, aujourd’hui reprise parmi les taxes d’intérêt commun
des provinces et des entités territoriales décentralisées. L’impôt sur les
véhicules donne lieu à l’apposition d’un timbre fiscal sur le véhicule
appelé vignette. La vignette ou le signe distinctif doit être fixé sur le
véhicule d’une manière permanente à l’abri des intempéries, à un
endroit visible de l’extérieur et facilement accessible26.
§1. Matières et personnes imposables
L’impôt sur les véhicules frappe tous les véhicules à moteur sous
réserve de certaines exceptions. Le terme « véhicule » est utilisé ici
dans le sens le plus large possible puisqu’il ne désigne pas uniquement
le véhicule automobile mais aussi tout moyen de transport par terre et
par eau et c’est quel que le mode de propulsion utilisé en République
Démocratique du Congo.
Ici c’est la notion d’utilisation de véhicule qui est d’application. Ainsi,
limpôt sur les véhicules est dû par les personnes physiques ou
juridiques qui utilisent un ou plusieurs véhicules.
§2. Véhicules exonérés
Selon l’art.15 de l’édit n° 0005/08 du 11 octobre 2008 précité, les
dispositions relatives aux exonérations, aux redevables, à la période
imposable et à la débition de l’impôt sont celles prévues par l’O-l n°
69/006 du 10 février 1969 relative à l’impôt réel telle que modifiée et
complétée à ce jour.
Sont notamment exonérés les véhicules ci-après :
Véhicules appartenant à l’Etat, aux provinces, aux villes, aux
circonscriptions administratives ainsi qu’aux offices et autres
établissements publics du droit congolais n’ayant d’autres ressources
que celles provenant de subventions budgétaires.
Véhicules appartenant aux institutions, associations et établissements
religieux, scientifiques ou philanthropiques.
26
Cfr Arrêté n°55 du 29 mars 1969 sur les modalités d’application du signe distinctif
32
Véhicules appartenant aux Etats étrangers et affectés exclusivement à
l’usage d’agents diplomatiques ainsi que ceux appartenant aux
organismes internationaux.
Véhicules à deux roues dont le cylindre n’excède pas 50 cm3.
Engins spéciaux : machine-outil auto-ambulance, machine agricole,
corbillards, véhicule anti-incendie, véhicule de transport dans l’enceinte
d’une gare d’un port ou aérodrome.
§3. Base et taux
La base d’imposition est représentée par la catégorie, le poids ou la
puissance du véhicule.
Notons que selon l’art.204 point 16 de la constitution du 18 Février
2006 , l’impôt sur les véhicules relève désormais de la compétence
exclusive des provinces ;
Pour le cas de la ville province de kinshasa, l’art. 16 de dit édit fixe le
taux de l’impôt sur les véhicules comme suit :
Véhicules automobiles utilitaires :
- De moins de 2.500 kg : équivalent en FC de 15$
- De moins de 2.500 kg à 10.000 kg équivalent en FC de 20 $
- De plus de 10.000kg : équivalent en FC de 23 $
Appartenant aux personnes physiques :
- De 01 à 10 chevaux-vapeurs : équivalent en FC de 20$
- De 11 à 15 chevaux-vapeurs : équivalent en FC de 23$
- De plus de 15 chevaux-vapeurs : équivalent en FC de 27$
Appartenant aux personnes morales :
- De 01 à 10 chevaux-vapeurs : équivalent en FC de 30$
- De 10 à 15 chevaux-vapeurs : équivalent en FC de 35$
- De plus de 15 chevaux-vapeurs : équivalent en FC de 50$
Véhicules tracteurs imposable, selon le cas, aux taux prévu sous les
littera B ou C ci-dessus
Bateaux et embarcations à propulsion mécanique servant
exclusivement ou accessoirement au transport des personnes :
équivalent en Francs congolais : 6$ par cheval-vapeur
Bateaux et embarcations o propulsion mécanique servant
exclusivement au transport des marchandises, au remorquage ou au
touage : équivalent en francs congolais : 4$ par cheval-vapeur
Baleinière, barges et autres embarcations remorquées : équivalent en
francs congolais de 9$ par m3 de jauge nette indiquée au certificat de
jaugeage
Bateaux et embarcations de plaisance à propulsion mécanique :
équivalent en franc congolais : 17$ par cheval-vapeur.
En cas de perte ou de la détérioration de la vignette fiscale, elle sera
obtenue contre payement d’une somme égale à 50 % de la valeur du
signe distinctif fiscal…
33
Le fait générateur de l’impôt réel sur les véhicules automoteurs
(vignette) est la mise en circulation d’un véhicule automoteur.
SECTION III. Impôt sur la superficie de concessions minières et
d’hydrocarbures
Lorsqu’une entreprise installée en RDC s’occupe de la recherche et de
l’exploitation de minerais, d’hydrocarbures, elle doit payer à l’Etat
congolais l’impôt sur la superficie de concessions linières et
d’hydrocarbures. Le droit à l’exploitation et à la recherche que détient
l’entreprise privée s’obtient en vertu d’une convention signée entre elle
et l’Etat congolais ; convention par laquelle ce dernier lui accorde le
droit d’effectuer la recherche et l’exploitation sur le terrain concédé à
cette fin dans l’acte de concession.
§1. Matières imposables
Le terrain concédé par la RDC aux entreprises privées pour leur
permettre de rechercher ou d’exploiter le minerai et les hydrocarbures
constitue l’élément sur lequel est assis l’impôt sur la superficie de
concession minières et d’hydrocarbures.
L’acte matériel d’exploitation ou de recherche en est le fait générateur.
§2. Base et taux
L’impôt sur la superficie de concessions minières et d’hydrocarbures est
établi sur la base de la superficie d’un terrain concédé. Le taux de
l’impôt sur les superficies de concessions minières et d’hydrocarbures
sont restés longtemps inchangé ; suite à l’inflation l’arrêté ministériel
n°039/CAB/MIN/FIN/98 a revu ce taux….
§3. Personnes imposables
L’impôt sur la superficie de concessions minières et d’hydrocarbures est
dû par tout titulaire d’une concession de recherche ou d’exploitation. La
concession est due pour l’année entière si les éléments existent dès le
mois de janvier.
§4. Droit superficiaires annuels par carré
1. NOTION
Les droits superficiaires annuels par carré sont des droits domaniaux,
payés pour l’acquisition et renouvellement des titres miniers et de
carrières, en vue de la recherche ou d’exploitation des mines ou des
carrières, par les opérateurs du secteur en RDC.
2. Matières imposables
Les droits superficiaires annuels par carré frappent les superficies
minières qu’on appelle en droit minier « périmètre minier et de
carrière », composé des carrés miniers concédés pour les besoins de
recherche ou d’exploitation.
3. Personnes imposables
Les personnes imposables sont des titulaires des droits miniers ou de
carrières ci-après :
34
- Permis de recherche (PR)
- Permis d’exploitation (PE)
- Permis d’exploitation des rejets (PER)
- Permis d’exploitation de la petite mine (PEPM)
- Autorisation de recherche des produits de carrière (ARPC)
- Autorisation d’exploitation de carrière permanente (AECP)
4. Fait générateur
Le fait générateur des droits superficiaires annuels par carré, c’est la
détention d’un droit minier ou de carrière.
§5. Redevance minière
La redevance minière est la rémunération due à l’Etat, propriétaire du
sol et du sous sol, du fait de l’exploitation de ses ressources minérales
ou substances minérales par les titulaires de titres miniers.
Section 4. La taxe spéciale de circulation routière (tscr)
La taxe spéciale de circulation routière est un droit de péage au profit
du Trésor public créé par l’O-L n°88 du 15 juillet 1988.
Cette ordonnance-loi détermine entre autre la base et la taxe, les
redevables, les taux de la taxe, la période de l’imposition et la
déclaration des éléments imposables.
La taxe spéciale de circulation routière frappe tous les véhicule admis à
circuler sur le réseau public quelle que soit la qualité du propriétaire.
Les redevable de la taxe routière de circulation sont les propriétaires
des véhicules. Le montant perçu de la taxe de circulation routière par la
direction Générale des impôts et versé à la banque centrale au compte
de l’autorité municipale de la ville (hôtel de ville).
La taxe spéciale de circulation routière est due pour l’année civile
entière quelle que soit la date de la mise en circulation ou celle de la
mise en hors service du véhicule.
Les obligations déclaratives au regard de la taxe spéciale de circulation
des véhicules assujetti aux dates fixées par la loi.
CHAPITRE II. IMPÔTS CEDULAIRES SUR LES REVENUS
Généralités
A. Notions de revenu
Il n’existe pas de définition légale de revenu sur le plan fiscal en RDC.
Le législateur se contente d’énumérer les revenus imposables. Du point
de vue fiscal et d’après la doctrine le revenu est généralement
considéré comme la richesse nouvelle du contribuable que lui procure
chaque année ses biens ou son travail27.
D’une façon plus explicite nous pouvons dire que les revenus d’un
individu sont constitués des ressources diverses qu’il tire de son travail
(salaire, traitement…) ou de son capital, mobilier ou immobilier (loyer,
27
COPPENS Pierre, Cours de Droit Fiscal, les impôts sur les revenus, université de LOUVAIN , Faculté de Droit, 1971, p.1
35
dividende, intérêt,) ou simultanément de son travail et de son capital,
c’est-à-dire des revenus mixtes (bénéfices, profits,…) Il s’agit en
principe des ressources périodiques et régulières à l’exclusion des
moyens financiers sporadiques comme des gains exceptionnels de
fortune (ex. un loterie) qui en principe ne sont pas considérés comme
des revenus du point de vue fiscal.
B. Procédés de taxation des revenus
On peut concevoir trois différentes façons d’imposer les revenus :
- Imposition globale
- Imposition mixte
- Imposition cédulaire
De ces trois procédés d’imposition des revenus, le législateur fiscal
congolais a opté pour l’imposition cédulaire.
L’imposition cédulaire, analytique ou séparée des revenus est un
système d’imposition où des impôts fragmentaires ou cédulaires
atteignent chacun une catégorie particulière des revenus appelée
« cédule ». Ainsi les revenus locatifs mobiliers, professionnels et autres
seront atteints séparément.
L’O-L n°69-OO9 du 1O février 1969 telle modifiée et complétée à ce
jour organise trois impôts cédulaires sur les revenus :
- Impôt sur les revenus locatifs (IRL)
- Impôt sur les revenus mobiliers (IRM)
- Impôt sur les revenus professionnels (IRP)28
SECTION1 : IMPÔT SUR LES REVENUS LOCATIFS (IRL)
§ I. REVENUS IMPOSABLES
On distingue les revenus locatifs réellement encaissés ou assimilés de
revenus locatifs forfaitaires.
1. Revenus locatifs réellement encaissés ou assimilés
« Sont imposables, les revenus provenant de la location des bâtiments
et des terrains situés en RDC quel que soit le pays du domicile ou de la
résidence des bénéficiaires. Sont assimilés à des revenus de location,
les indemnités de logement accordées à des rémunérés occupant leur
propre habitation ou celle de leurs épouses. »29 L’IRL frappe également
le profit de la sous-location totale ou partielle ainsi que les loyers des
meubles, des matériels, de l’outillage, du cheptel et de tous les objets
quelconques situés dans les mêmes propriétés en vertu de la théorie de
l’accessoire.
A. Eléments constitutifs du revenu locatif imposable
Le revenu locatif comprend :
- Le loyer proprement dit
28 er
O-L n° 69-009 du 10 février 1969 portant impôts cédulaires sur les revenus art. 1
29
Idem, art. 4
36
- Les impôts et taxes de toute nature payés par le locataire à la
décharge du bailleur et non remboursable (ex. si le locataire
paie l’i.f., il sera considéré comme un élément du revenu
locatif étant donné que cet impôt est normalement à la charge
du bailleur)
- Les charges autres que les réparations locatives supportées
par le locataire pour le compte du bailleur même si elles
résultent des conditions mises par le bailleur à la location de
sa propriété. Il s’agit généralement des grosses réparations au
sens de Droit civil.
- Les indemnités de réquisition : lorsqu’un immeuble est
réquisitionné par les pouvoirs publics moyennant paiement
d’une indemnité, celle-ci peut être considérée comme un
revenu locatif ou non.
- L’indemnité de logement : elle est assimilée au loyer et, par
conséquent imposable, lorsqu’elle est attribuée à un rémunéré
qui occupe sa propre maison ou celle de son épouse car elle
prend le caractère de loyer. Mais lorsqu’elle est octroyée à
titre compensatoire, c’est-à-dire à défaut d’un logement mis
gratuitement à la disposition de l’employé qui n’occupe pas sa
maison ou celle de son épouse, elle n’est pas imposable à
l’impôt sur le revenu locatif.
N.B. les redevables sont :
- le propriétaire, le possesseur ou le titulaire d’un droit réel immobilier
- le bénéficiaire du profit brut de la sous-location des bâtiments et
terrains ; les revenus des époux sont cumulés, quel que soit le régime
matrimonial adopté. La cotisation est établie au nom du mari
B. Elément non imposables de la location
Certains paiements effectués lors de la location échappent à l’IRL.
C’est le cas notamment de :
- La garantie locative
- L’indemnité de relocation
- L’indemnité pour privation de jouissance
- La location service compris
o La garantie locative
La garantie locative n’est pas un revenu locatif et ne peut donc être
retenue comme loyer que lorsqu’à la suite d’un accord intervenu entre
le bailleur et son locataire et par conséquent perd son caractère initial
de garantie.
o L’indemnité de relocation
Il s’agit de l’indemnité payée par le locataire du chef de la rupture du
bail. Elle trouve sa source dans la rupture du contrat dans le préjudice
37
causé au bailleur et se rattache donc à la notion des dommages et
intérêts. Elle est destinée non seulement à compenser la perte qui
résulte de l’inoccupation des lieux pendant un certain temps, mais
encore à dédommager le propriétaire des démarches et frais que
nécessite la recherche d’un nouveau locataire.
o L’indemnité pour privation de jouissance
Elle est considérée comme des dommages et intérêts alloués au
propriétaire du fait que le locataire a commis de multiples dégradations
au cours de son occupation, il n’a pas pu relouer immédiatement son
immeuble.
o La location service compris
Il s’agit d’une location accompagnée des prestations permanentes
d’entretien domestique fournies par le bailleur. Ce dernier sera tenu de
s’acquitter non pas l’IRL mais l’IRP. En effet, la location constitue dans
ce cas l’exercice d’une profession et est soumise au régime similaire à
celui de l’exploitation.
§2. Revenus locatifs forfaitaires
Pour lutter contre les heurts entre bailleurs et locataires la loi n° 83-
004 du 23 février 1983 telle que modifiée et complétée à ce jour a
institué un système des bases forfaitaires annuelles d’imposition en
matière d’IRL. L’article 25 de l’édit N°0005/08 du 11 octobre 2008 a
également institué une base minimum forfaitaire de revenu brut annuel
en matière d’impôt sur les revenus locatifs. Ces bases sont des minima
d’imposition qui se substituent aux revenus locatifs déclarés lors que
ces derniers leurs sont inférieurs. La base forfaitaire est constituée par
le produit de la surface totale développée des locaux loués multiplié par
un tarif minimum au mètre carré. Cette base ne met pas obstacle au
pouvoir de contrôle et de redressement reconnu à l’administration
fiscale. Celle-ci conserve la faculté d’imposer les revenus réellement
acquis s’ils s’avèrent supérieur au minimum forfaitaire.
Le tarif minimum, d’après l’article 27et 28 dudit édit, se décompose en
6 tarifs particuliers allant de A à F suivant le rang des localités et fixés
de la manière suivante :
TARIF A : équivalent en franc congolais de 20 $ US . Il est applicable
aux locaux situés dans les localités de 1er rang affectés à un usage
industriel, commercial résidentiel disposant d’un des éléments
suivants : gage fermé, cave indépendante et aménagée, jardin privé,
annexes couvertes et fermées, nombre d’étage supérieur à deux…
TARIF B : équivalent en Fc de 15$ US/m2 appliqué aux autres locaux
situés dans les localités de 1errang
TARIF C : équivalent en Fc de 10$ US/ m2 applicables aux locaux
situés dans les localités de 2ème rang répondant aux caractéristiques
des locaux du tarif A.
38
TARIF D : équivalent en Fc de 8$ US/m2. Concerne les autres locaux
situés dans les localités de 2ème rang
TARIF E : équivalent en Fc de 5$ US/m2. Est appliqué aux locaux
situés dans les localités de 3ème rang répondant aux caractéristiques
des locaux du tarif A.
TARIF F : équivalent en Fc de 2$ US/m2. Concerne les autres locaux
situés dans des localités de 3ème rang.
SECTION2 : IMPÔT CEDULAIRE SUR LES REVENUS MOBILIERS
C’est un impôt qui frappe les revenus des capitaux mobiliers investis en
République Démocratique du Congo. Il s’agit notamment :
- Des revenus d’action d’actions ou parts quelconques et les
revenus d’obligations à charge des sociétés par action de droit
national ;
- Des revenus y compris les intérêts et avantages des capitaux
empruntés à des fins professionnelles à des sociétés par
actions étrangères ayant un établissement permanent en
République Démocratique du Congo ;
- Des montants nets des redevances…
L’impôt mobilier est exigible au moment du paiement des revenus ou
leur mise à la disposition du bénéficiaire. Le taux de l’impôt mobilier est
uniformément fixé à 20%.
Le redevable de l’impôt mobilier a le droit de retenir cet impôt, malgré
toute opposition des bénéficiaires, quelle que soit leur nationalité.
Après la retenue à la source, il doit ensuite verser l’impôt au profit du
Trésor public dans les 10jours qui suivent le mois pendant lequel les
revenus ont été payés ou mis à la disposition des bénéficiaires
SECTION 3. L’IMPÔT CEDULAIRE SUR LES REVENUS
PROFESSIONNELS
Le régime judiciaire de cet impôt est fixé par les art. 27 à 94 du code
des contributions révisé, texte réglementant sur l’impôt cédulaire sur
les revenus.
Cet impôt atteint les revenus désignés ci-après, provenant d’activités
professionnelles exercées en République Démocratique du Congo alors
même que le bénéficiaire n’y aurait pas son siège social, son principal
établissement, son domicile ou sa résidence permanente u Congo.
I. IMPÔT SUR LE BENEFICE DES SOCIETES
Les bénéfices d’une entreprise industrielle, commerciale, artisanale,
agricole ou immobilière son ceux qui proviennent de toutes les
opérations traitées par ces établissements au Congo, sont notamment
compris dans les bénéfices30
30
MINISTERE DES FINANCES, DGC : Code des contributions révisé, 1989, article 31 , p. 51
39
- La rémunération que l’exploitant s’attribue pour son travail
personnel si elle n’est pas déclarée à l’impôt professionnel sur
la rémunération
- Les profits et avantages dont l’exploitant jouisse en nature ;
- Les sommes affectées au remboursement total ou partiel des
capitaux empruntés ;
- Les réserves ou fonds de provision obtenus, même en fin
d’exploitation ou après cessation de celle-ci, soit par vente, la
cessation ou l’apport d’éléments d’actif quelconques affectés à
l’exercice de la profession.
Le taux de l’impôt professionnel est fixé uniformément de 40%
sur les bénéfices des sociétés, tant étrangères que de droit
national.
Des exonérations de l’impôt peuvent être accordées en vertu des
dispositions du code des investissements ou par convention spéciale.
Les entreprises nouvellement créées à partir du 1er janvier 1968, dans
les provinces orientales et du Sud Kivu, ont été exonérées de la
contribution pour une période de cinq ans au premier janvier de l’année
de la date d’entrée en exploitation. Pour le moment cette disposition
n’est plus d’actualité.
Tout redevable des impôts est tenu de souscrire chaque année une
déclaration de ses revenus imposables en double exemplaire et de
l’adresser à la Direction Générale des impôts de Kinshasa.
La déclaration doit être souscrite avant le 1er avril de l’année suivante
celle de l’exercice d’imposition, même si le redevable estime qu’il a subi
des pertes ou qu’il n’a pas réalisé de revenus imposables.
Le redevable de ces impôts sont tenus de verser spontanément à la
caisse du receveur des impôts trois acomptes provisionnels qui
représentent :
- 4O% des impôts enrôlés pour l’exercice précédent pour les
deux premiers acomptes ;
- 20% pour le troisième acompte.
Le premier acompte doit être versé avant le 1er septembre de l’année
au cours de laquelle les revenus sont réalisés, le second avant le 1er
décembre et le troisième avant le 1er avril de chaque année.
Ces trois versements seront à déduire des impôts mis à charge du
contribuable pour le même exercice fiscal. Le contribuable peut, sous
sa propre responsabilité, se dispenser du versement du troisième
acompte, si les résultats qu’il a déclarés avant le 1er avril sont tels que
les deux acomptes versés dans les délais légaux atteignent le montant
des impôts dû pour l’année en cours.
§II. PROFITS DES PROFESSIONS LIBERALES, CHARGES OU
OFFICES ET AUTRES OCCUPATIONS LUCRATIVES
40
Les profits, quelle que soit leur dénomination, des professions libérales,
charges ou offices, sont constitués par la différence entre les recettes
totales et les dépenses inhérentes à l’exercice de la profession qui ont
été effectivement payées, y inclus des paiements à des tiers des
sommes perçues pour leur compte.
Les recettes comprennent toutes les sommes encaissées quelque titre
et sous quelque forme que soit, et notamment, les provisions,
honoraires, remboursements des frais, sommes perçus pour compte
des tiers, etc…
Les profits comprennent notamment :
- Les bénéfices résultant de la vente, de la cession ou de
l’apport de brevet, marques de fabrique, procédés ou formule
de fabrication des bénéfices résultant de la réalisation même
après cessation de la profession, des éléments d’actif affectés
à l’exercice de la profession, les bénéfices résultant de la
cession de cabinet, de charges ou d’offices ;
- Les indemnités retenues en contrepartie ou à l’occasion e la
cessation totale ou partielle d l’activité professionnelle ou du
transfert d’une clientèle.
- La déclaration t l’imposition sont établies sur les mêmes
conditions et délais que l’impôt sur le bénéfice des sociétés.
SECTION 4. IMPÔT SUR LE BENEFICE INDEPENDANT
Le bénéfice indépendant concerne le bénéfice réalisé par les personnes
physiques qui ont un établissement fixé en République Démocratique
du Congo.
Est considéré comme résident effectivement en République
Démocratique du Congo :
- Celui qui, quelle que soit sa nationalité, a établi dans la
République démocratique du Congo son habitation réelle,
effective, continue ;
- Celui qui a dans la République Démocratique du Congo, son
domus, sa famille, son centre d’activité, le siège de sa fortune.
Le mot siège devant être entendu non du lieu de la situation des biens,
mais du lieu d’où le propriétaire les administre ou en surveille
l’administration ou encore du lieu dont il ne s’éloigne que pour y revenir
lorsque la cause de l’éloignement a cessé.
Pour les personnes physiques, l’imposition est établie suivant le barème
progressif par tranche allant de 5 à 60%. Et, en aucun cas, l’impôt total
ne peut excéder 50% du revenu imposable.
L’impôt sur bénéfice indépendant supporté par les personnes physiques
qui exercent des activités commerciales en République Démocratique
41
du Congo est acquitté sur les mêmes conditions et délai que l’impôt sur
les bénéfices des sociétés.
SECTION 5. IMPÔT PROFESSIONNEL SUR LA REMUNERATION (
I.P.R )
Cet impôt frappe des rémunérations des personnes rétribuées par un
tiers sans être liées par un contrat d’entreprise. Il s’agit notamment de
salaires, les gratifications, les primes, etc…
Il est utile de rappeler qu’un impôt professionnel sur la rémunération
(I.P.R. ) atteint tous les contribuables tant nationaux qu’étrangers, est
supportée est supportée par l’employé lui-même. L’I.P.R est calculé
suivant le barème progressif par tranche allant de 5 à 60%. Et en
aucun cas l’impôt total ne peut excéder 50% du revenu imposable.
Dans tous les cas, l’I.P.R. est exigible au moment du paiement de la
rémunération ou de la rétribution. L’impôt afférent est perçu par voie
de retenue et l’employeur est oligé de verser cet impôt au profit du
Trésor public dans les 10 jours qui suivent le moi pendant lequel les
revenus ont été payés ou mis à la disposition du bénéficiaire. Toutefois,
certaines indemnités : allocations familiales, pensions, rentes,
logement, transport et les frais médicaux qui ne dépassent pas les taux
légaux ou ne revêtent pas un caractère exagéré ne sont pas
imposables.
SECTION 6. IMPÔT EXCEPTIONNEL SUR LA REMUNERATION
DES EXPATRIES (I.E.R.E.)
Cet impôt est assis sur les rémunérations versées par les employeurs à
leur personnel expatrié. Entrent en ligne de compte : les émoluments,
les indemnités qui ne représentent pas le remboursement de dépenses
professionnelles effectives, les gratifications, primes t toutes autres
rétributions fixes ou variables y compris les avantages en nature.
L’impôt est établi sur le montant brut des rémunérations. Cet impôt qui
atteint uniquement les employés expatriés est mis à charge des
employeurs.
Cet impôt n’est autre que celui de la protection de la main d’œuvre
locale.
Le taux d’impôt exceptionnel sur la rémunération des expatriés est fixé
à 33%.
L’impôt exceptionnel sur la rémunération des expatriés est acquitté
mensuellement dans les mêmes conditions en détails que l’impôt sur la
rémunération des nationaux.
SECTION 7. IMPÔT PERSONNEL MINIMUM (I.P.M.)
L’impôt personnel minimum (I.P.M.) qui est payable par toutes les
personnes qui disposent des ressources inférieures ou égales à un
montant fixé dans l’art. 89 de l’ordonnance loi n°84-002 du mars 1984
telle que modifiée à ce jour.
42
Cet impôt est perçu pour le profit des collectivités locales. Il est basé
sur les revenus professionnels net et autres ressources à déterminer
par le Ministre de l’administration du territoire sur proposition des
gouverneurs de provinces et urbains.
Il a pour redevable, toutes les personnes physiques qui résident
effectivement en République Démocratique du Congo, excepté les
femmes si elles exercent leurs activités exclusivement au foyer. Le
paiement de cet impôt doit être constaté par un reçu que l’on portera
toujours sur soi.
TITRE DEUXIEME : IMPÔTS INDIRECTS
L’impôt indirect en République Démocratique du Congo comprenait
avant 2010 essentiellement l’impôt sur les chiffres d’affaires (ICA) qui
est une modalité d’imposition en cascade.
L’ICA a été institué par l’O-L n°069/058 du 5 décembre 1969 relative à
l’impôt sur le chiffre d’affaire.
Cet impôt général qui frappait certaines opérations à l’intérieur et
d’autres à l’importation comprenait : l’ICA à l’intérieur, l’ICA à
l’importation.
L’ICA à l’exportation a été supprimé par l’art. 3 de la loi n°04/013 du
15 juillet 2004 modifiant certaines dispositions de l’O-L n° 69-058 du
05 décembre 1969 relative à l’impôt sur le chiffre d’affaires.
La taxe sur la valeur ajoutée a été instaurée par l’O-L n°10/001 du 20
août 2010 portant institution de la taxe sur la valeur ajoutée telle que
modifiée et complétée par l’O-L n°13/007 du 23 février 2013 portant
institution de la taxe sur la valeur ajoutée.
Les droits de douane et accise qui relèvent de la compétence de la
Direction Générale des Douanes et accises (DGDA) font également
partie des impôts indirects en République Démocratique du Congo.
CHAP. I CONSIDERATIONS GENERALES
L’impôt sur la dépense ou l’impôt indirect vise les revenus mais ne les
frappe pas en tant que tels. Il les saisit dans leur emploi lors des achats
des biens ou des services ou même de la consommation. Il est destiné
à être supporté en définitive par le consommateur dans la mesure où il
est systématiquement intégré dans le prix des marchandises. Le
contribuable la paie souvent sans s’en rendre compte.
SECTION I. SORTES D’IMÔTS INDIRECTS
On distingue :
- L’impôt particulier sur la dépense ( analytique)
- L’impôt général sur la dépense ( synthétique)
A. Impôt particulier sur la dépense
Il frappe la dépense nettement définie. A titre d’exemple on peut citer
les droits de douanes qui sont des impôts frappant des marchandises à
43
l’occasion de leur importation ou de leur exportation ; les droits de
consommation et de circulation ou les droits d’accises.
B. Impôt général sur la dépense
Cet impôt peut être prélevé selon trois modalités :
- La taxe unique
- La taxe cumulative ou en cascade ou l’ICA
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ou taxe à payement
fractionné.
Ces trois grands catégories d’impôts sur la dépense sont fondées sur
l’idée que toute marchandise achetée par le consommateur est le
produit d’un processus, de production, de distribution et de
commercialisation.
La dépense constituée par l’achat de cette marchandise peut donc être
taxée non pas uniquement au niveau de la consommation finale mais à
n’importe quel stade de circuit de production de distribution et de
commercialisation ; l’impôt se trouvant en toute hypothèse répercuté
dans le prix payé par le consommateur.
C. Modalités d’impôt général sur la dépense
L’impôt général sur la dépense peut être organisé de trois façons :
- Taxe unique
- Taxe cumulative
- Taxe sur la valeur ajoutée
A. Taxe unique
Elle n’est perçue qu’à un seul point de circuit, soit à la production, soit
à la distribution soit à la consommation. L’imposition intervient une fois
et on peut dire qu’il y a neutralité pour d’autres stades. Cependant,
l’inconvénient est que le risque de fraude est grand en ce sens qu’il
n’existe pratiquement pour le fisc aucun moyen commode pour vérifier
les déclarations faites par le commerçant redevable de la taxe.
B. Taxe cumulative ou taxe en cascade
1.Principe
La taxe cumulative frappe les produits à chaque transaction sur un prix
qui inclut les taxes acquittées lors des transactions antérieures. Ainsi
pour un produit passant entre les mains de 3 intermédiaires A , B et C
vendu respectivement par ces derniers à un prix de 200 FC, 300FC et
400FC supportant le taux de la taxe cumulative de 2%, on aura du
point de vue de la taxe cumulative un impôt de 4FC au 1er stade(2OO x
2%), 6FC au second ( 300 x 2% ) et 8FC(400FC x 2%). L’impôt total
supporté par le produit est de 18FC. Cette modalité d’imposition était
celle qui était d’application en République Démocratique du Congo
avant 2012 sous forme de l’impôt sur le chiffre d’affaires( ICA).
2.Avantages
44
Dans le pays en voie de développement, la taxe cumulative demeurait
la forme la plus courante d’imposition du chiffre d’affaires. Elle était
préférée à la taxe unique à cause de son rendement surtout quand le
circuit est long.
3.Inconvénient
Il y a plus d’imposition et l’impôt est d’autant plus élevé que le circuit
de production, de distribution, de commercialisation et de
consommation est long. Les circuits longs sont pénalisés par rapport
aux circuits courts.
SECTION2. LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE ( TVA)
A. Définition : A la lumière de l’O-l du 20 août 2010, on entend par
TVA, un impôt indirect qui touche tous les biens et services de
toutes origines consommés ou utilisés en République
31
Démocratique du Congo.
B. Principe
La TVA est une synthèse de l’impôt unique et de la taxe en cascade
dont elle réunit des avantages respectifs : neutralité et rendement. La
TVA est un impôt neutre. En effet, la taxe due est calculée sur le prix
des biens vendus ou des services rendus, déduction faite de celle de la
TVA ayant grevé des éléments constitutifs du p.r. Elle est prélevée à
16%sur le prix de vente hors taxe ou sur le prix de service rendu. Ou
encore, lors de chaque transaction la valeur du produit est frappée à un
prix uniforme. Mais chaque redevable est autorisé à imputer sur la TVA
qu’il doit (TVA brute) le montant de la TVA qui a déjà grevé le produit
au stade antérieur (TVA déductible) : il ne versera au trésor public que
la différence (TVA nette)
EXEMPLE :
1. Monsieur Kalaki un citoyen congolais résidant à Kinshasa a acheté
200 cartons de poulet marque « Wilky » à 80.000fc le carton et
100 cartons d’eau marque « Spa » à 40.000 fc le carton pour
revendre. Sa marche bénéficiaire est de 20%. Quelle est la taxe
sur la valeur ajoutée (TVA) qui sera prélevée sur ces
marchandises ?
SOLUTION :
PA poulet wilky par carton : 80.000FC
Bénéfice : 20% C’est-à-dire
PVHT : 80.OOOFC +16OOO FC =96OOOFC
TVA/carton 16% du PVHT :
PVTT/CARTON 96OOOFC+ 15360FC = 111360 FC
31
Article 2 de l’O-L n°10/001 portant institution de la TVA
45
PVTT pour les 200 CARTONS 111360FCx200=22.272.000FC
PA eau spa/CARTON 40.000FC
Bénéfice 20% C’est-à-dire
PVHT : 40.000FC +8.000FC = 48.000FC
TVA/CARTON 16% du PVHT :
PVTT/CARTON 48.000FC+7680FC=55.680FC
PVTT pour 100 CARTONS : 55.680FCX 100=5.568.000FC
Ou encore,
PAT : (80.000FCx200)+(40.000FCx100)= 20.000.000FC
BENEFICE 20% :
PVHT :20.000.000FC+4.000.000FC=SSS24.000.000FC
TVA :
2. Soit un circuit économique composé d’un agriculteur qui cultive les
oranges et les vend à un industriel au prix de 100.OOOFC. Pour la
production de jus, celui-ci les vend après transformation à un
grossiste du marché, qui lui à son tour les vend chez le détaillant.
Le taux de la TVA étant de 16%, la marge qui constitue la seule
valeur ajoutée est de 20%. Calculez la TVA à payer à chaque point
de circuit ?
1°) Producteur d’orange
Prix de vente hors taxe (PVHT ) =100.000FC
VA sur la vente = 16.000FC c’est-à-dire :
2°) Le fabricant de jus
P.A. toutes taxes comprises ( PA TTC) = 116.000FC c’est-à-dire
100.000FC + 16.000FC
Marge bénéficiaire=20% de 100.000=20.000FC c’est-à-
dire =20.000FC
TVA sur achat=16.000FC
PV hors taxe(PV HT)=100.000+20.000=120.000FC
TVA sur la vente=16% de 120.000= = 19.200FC
TVA que doit payer le fabricant du jus = 19.200FC-16.000FC=32OOFC
( TVA nette)
Le trésor public ne recevra que cette somme
3°) Grossiste
PA toute taxe comprise = 120.000 + 19.200 = 139.000FC
TVA sur achat = 19.200FC
Marge bénéficiaire = 20% de 120.000 = = 24.000FC
PV hors taxe =120.000 + 24.000 = 144.000FC
TVA = 16% de 144.000 = = 23.040FC
TVA à payer =3.840FC c’est-à-dire 23.O40FC – 19.200FC
46
4°) Détaillant
PA toute taxe comprise : 144.000FC + 23.040FC = 167.040FC
TVA sur achat : 23.O40FC
Marge bénéficiaire 20% de 144.000FC = = 28.800FC
PV hors taxe : 144.000FC + 28.800FC = 172.8OOF
TVA sur la vente 16% de 172.800 = = 27.648FC
TVA à payer (net) : 27.648 – 23.040 = 4608FC
C. AVANTAGE
Le mécanisme de déduction sur lequel est fondé le principe de la TVA
présente plusieurs mérites :
La TVA est un impôt i nvisible que beaucoup n’ont pas l’impression de
frauder contrairement à l’impôt sur les revenus ou à l’impôt sur les
profits ;
Le mécanisme de la TVA assure les recettes de l’administration fiscale ;
l’Etat répartit le risque de défaillance de redevables sur tout le circuit
de reproduction, de distribution, de commercialisation, de
consommation ;
La TVA donne à l’administration fiscale des moyens de contrôle non
négligeable. Autrement dit la taxe payée est facturée à chaque stade et
celui-ci étant déductible au stade suivant, l’acheteur a intérêt à exiger
de son fournisseur un document régulier ;
La TVA lève un obstacle à la modernisation des entreprises puisque la
récupération de la taxe qui grève les achats des biens d’équipements
est possible ;
La TVA constitue également une incitation à la concurrence ;
La TVA ne provoque pas de distorsion entre le circuit long et le circuit
court (Principe de neutralité de la TVA )
CHAP II. 2. L’IMPÔT SUR LE CHIFFRE D’AFFAIRES ( ICA)
L’impôt sur le chiffre d’affaires englobe :
- L’impôt sur le chiffre d’affaires à l’importation
- L’impôt sur le chiffre d’affaires à l’exportation
- L’impôt sur le chiffre d’affaires à l’intérieur
L’ICA à l’importation ne consiste pas à proprement parler une recette
des impôts, c’est une recette de douanes car sa perception est assurée
par l’administration des douanes (OFIDA).
L’ICA à l’exportation a été supprimé par l’article 3 de la loi n°04/ O13
du 15 juillet 2004 modifiant et complétant certaines dispositions de l’O-
L n° 69-058 du 05 décembre 1969 relative à l’impôt sur le chiffre
d’affaires .
CHAP.III. IMPÔT SUR LE CHIFFRE D’AFFAIRES A L’INTERIEUR
L’Opération imposable à l’ICA à l’intérieur est la suivante :
a) L’opération de vente faite en République Démocratique du Congo
47
Pour la mise en consommation sur le marché local des produits de
fabrication locale. Est assimilés à des ventes, opération d’échange de
produits ou d’utilisation de produits après fabrication par le fabricant
lui-même ;
b) Les travaux immobiliers, il s’agit ici de tous les travaux
indispensables à l’édification et à l’entretien des immeubles depuis
les fondations jusqu’à la menuiserie. Les travaux d terrassement,
les travaux accessoires et préliminaires à des travaux
immobiliers : par exemple la démolition d’un immeuble existant en
vue de l’édification d’une nouvelle construction, l’édification d’un
hangar etc…
c) Les opérations de service de toute espèce rendu ou utilisé en
RDC et notamment :
- Les locations mobilières, les locations de chambres d’hotel et
prestation accessoires ( par exemple l’entretien du ligne de la
clientèle )
- Les opérations réalisées par les banques ( intérêts, agios,
escomptes et autres profits) et non les frais supportés ;
- Les travaux mobiliers comprennent toutes les activités sur les
biens meubles.
- Il s’agit donc des travaux d’entretien, de réparation, de
façonnage ( acte de production pour compte d’autrui),
d’installation ou de pose de meuble, etc…
- Les prestations d’assistance de toutes natures fournies par des
personnes physiques ou morale étrangère, à des entreprises
de droit national.Il peut s’agir de la formation du personnel, de
l’apport de l’aide technique sur pace, exécutée à l’étranger,
etc…
Il est à retenir que si la rémunération correspond à un salaire, le
paiement de l’ICA ne sera pas réclamé ; les services de toute nature
rendus à des particuliers ou des collectivités lorsqu’ils revêtent l
caractère d’une activité commerciale, industrielle ou libérale. Exemple :
service rendu par les transporteurs, les coiffeurs, les photographes, les
teinturiers, etc…
Détermination de la base imposable
En ce qui concerne les services, sur le montant brut des factures,
commissions, courtages, remises intérêts, escomptes, agios, primes ou
autres sommes, quelle que soit leur dénomination, afférentes à la
rétribution des services ;
En ce qui concerne les fabrications sur le montant brut des ventes.
En particulier, lorsque la vente intervient :
a) Entre deux entreprises en état d’interdépendance, l’impôt est assis
au minimum sur le prix normal brut des ventes similaires ;
48
b) Entre la maison mère et une ou plusieurs de ses succursales,
l’impôt dû est assis sur le prix brut pratiqué par la ou les
succursales.
En ce qui concerne les travaux immobiliers, sur les trois-quarts du
montant brut des factures émises et ce, avant déduction de toute
amende pour retard
Liquidation et paiement de l’impôt
L’impôt est liquidé :
Soit par l’apposition des timbres ou de visa par timbre ;
Soit par remise de relevés mensuels avec paiement simultané de
l’impôt sur autorisation du Directeur Général des Impôts.
L’apposition de timbres fiscaux adhésifs pour constater le paiement de
l’impôt sur le chiffre d’affaires est effectuée sur la facture, sur tout
autre document comptable similaire ou sur le registre.
La déclaration mensuelle pour l’ICA à l’intérieur qui est aussi appelée
relevé mensuel, s’impose aux redevables qui réalisent de nombreuses
opérations et pour lesquelles l’apposition des timbres représente une
suggestion.
Les relevés souscrits, d’un modèle approuvé par l’administration,
reprennent l’ensemble des opérations imposables effectuées chaque
mois et dégagent le montant de l’impôt dû à titre.
Si aucune opération effectuée dans le mois n’est passible, il doit être
souscrit, malgré toute une déclaration négative.
Le versement de l’impôt s’effectue dans les conditions suivantes :
- Versement anticipatif avant le 20 de chaque mois, d’un
montant égal à 50% de l’impôt versé au titre des affaires
imposables réalisées au cours du mois précédent ;
- Versement accompagné du relevé mensuel dans le 15 premier
jour du mois suivant celui au cours duquel les affaires
imposables ont été réalisées, de l’impôt du sous déduction du
versement anticipatif effectué le mois précédent, ce versement
anticipatif effectué au titre du mois précédent ;
- Si au cours d’un mois donné l’impôt dû à ce titre du mois est
inférieur au versement anticipatif effectué le mois précédent,
ce versement est imputé dans l’ordre suivant :
a) Au paiement de l’impôt dû au titre du mois ;
b) L’excédent est considéré comme versement anticipatif dû au
titre de ce mois il est éventuellement complété pour
atteindre 50% de l’impôt dû au titre du mois.
Les redevables de l’ICA à l’intérieur
Sont redevables :
- Les personnes physiques ou morales qui effectuent les
prestations de service lorsque celles-ci possèdent un
49
établissement fixe en République Démocratique du Congo et,
dans le cas contraire, les personnes physiques ou morales qui
reçoivent la prestation d’assistance ;
- Les commerçants qui réalisent les ventes auxquelles nous
avons fait allusion ci-dessus ;
- Et les entrepreneurs des travaux immobiliers.
Les faits générateurs de l’ICA à l’intérieur
Le fait générateur est :
- La prestation de service ou assistance ;
- La livraison du produit transformé au dernier stade de
fabrication ;
- La facturation de la tranche terminée ou, à défaut, le paiement
de l’acompte afférant à l’avancement des travaux.
Taux de l’impôt
Le taux de l’impôt est fixé comme suit :
a) Opération de transport taxable lors de l’émission de titre de
transport aérien et maritime, en monnaie nationale.
- 6% pour le trafic intérieur ;
- 25% pour le trafic intérieur ;
b) Toutes les autres prestations des services rendus :
- Par des personnes physiques ou morales possédant un
établissement au Congo
- Par personne physique ou morale n’entrant pas dans la
catégorie visée par le point précédent ci-dessus : 30%.
C) les travaux immobiliers : 18%
d) les ventes :
- produit à vocation sociale, intrants agricoles, matières premières,
pièces de rechange : 3% autres produits que ceux à vocation sociale :
18%
Exemptions de l’impôt
Les exemptions de l’ICA à l’intérieur sont prévues par l’article 14 du
code des contributions. Selon cet article sont exemptés de l’ICA à
l’intérieur :
1° en ce qui concerne les fabrications : les ventes ;de produits
passibles du droit de consommation ( voir recette douanière)
2° les ventes d’objet d’art de fabrication locale, réalisées par les
artisans producteurs ;
3° les travaux immobiliers considérées comme étant d’intérêt national
par arrêté du ministère des finances ;
4° en ce qui concerne les prestations de services :
a) Les affaires de commissions et du courtage portant sur les livres,
journaux et publications périodiques ;
50
b) La location de chambre d’hôtel en faveur : des représentants de
l’administration publique porteur d’un ordre de mission ; des
membres du corps diplomatique accrédités en République
Démocratique du Congo et des représentants d’organismes
internationaux ;
c) Les opérations de transport à l’exception des transports de
personne par la voie aérienne ou maritime lorsque les billets sont
émis en monnaie locale ;
d) Les locations d’immeubles ou des parties d’immeubles à usage
d’habitation ;
e) Les activités médicales et paramédicales ;
f) Les prestations se rapportant aux services funéraires.
TITRE TROISIEME : CONTNTIEUX FISCAL EN MATIERE DES
IMPÔTS DIRECTS
INTRODUCTION
Les contribuables peuvent contester les cotisations mises à leur charge
s’ils constatent qu’il y a :
- L’erreur matérielle, entrainant l’établissement d’une cotisation
erronée dans sa quotité et dans son principe ;
- Double emploi, c’est-à-dire que le même impôt et sur la même
base deux cotisations ont été établies ;
- Contradiction entre l’imposition t les textes réglementaires en
vigueur
Des nombreux arguments s’offrent au contribuable pour faire
opposition aux cotisations levées contre lui. Ces arguments sont de
défense en la forme et au fond et regroupement les éléments matériels
de preuve que peut produire le regroupement à l’appui de sa
réclamation.
La procédure contentieuse en matière des impôts directs se distingue
par un double caractère, elle est successivement administrative et
judiciaire.
Elle commence obligatoirement par une réclamation adressée à
l’administration, en la personne de Directeur Général des impôts ou du
Directeur provincial. C’est la phase administrative.
Le contribuable peut s’adresser directement à la cour d’appel ; et le
recours est formé devant cette juridiction ne peut valoir comme
réclamation encore qu’elle soit notifiée au Directeur.
CHAPI. LE DROIT DE RECLAMATION
A. Procédure et introduction des réclamations
51
Les réclamations sont adressées impérativement soit au Directeur
Général des Impôts à Kinshasa, soit au Directeur provincial des Impôts
dans les provinces selon que la cotisation litigieuse a été, enrôlée ou
perçue spontanément à Kinshasa ou en province.
Toutes les réclamations reçues par le Directeur Général des impôts ou
le directeur provincial sont transmises aussitôt à la Direction de
contentieux à Kinshasa ou à la division du contentieux en province. Il y
a lieu de veiller à ce que l’enveloppe portant le cachet et la date postale
soit jointe ou agrafée à la réclamation.
Par délégation du Directeur Général des impôts, le Directeur du
contentieux à Kinshasa est tenu d’adresser au contribuable, dès
réception de sa lettre de réclamation un accusé de réception.
L’accusé de réception est la première de l’administration avant le
traitement de la réclamation. Il porte un certain nombre de
renseignement entre autre la date de réception ainsi que le numéro qui
a été attribué au dossier contentieux. Ce document doit être
indéfiniment exploité par le contribuable pour le suivi de son affaire.
B. Délai d’introduction des réclamations
La législation congolaise actuelle comprend un délai ordinaire de
réclamation et de cas de dégrèvement d’office. L’O-L n°69-009 du 10
février 1969 accorde un délai de 6 mois pour la présentation des
réclamations relatives aux impôts sur les revenus perçus rôle. La date
de départ est celle de l’émission de l’avertissement extrait du rôle. En
dehors de ce délai, la réclamation est entachée de déchéance et partant
irrecevable sauf si elle porte sur les cases de double emplois ou
d’erreur matérielle.
Le délai de réclamation en matière de l’impôt non enrôlé commence à
partir de la date du paiement ou la date que les impôts ont été
effectivement recouvrés.
Par exception, dans le cas particulier de l’impôt mobilier, si le réclamant
est bénéficiaire du revenu qui fait l’objet de la retenue à la source des
impôts par société émettrice, le point de départ est la date à laquelle
les revenus mobiliers ont été payés au bénéficiaire. Ce point de départ
est identique en matière de l’I.P.R. pour les salaires.
Si c’est la société qui réclame, le point de départ est constitué par la
date que les impôts ont été effectivement recouvrés. En matière de
bénéfice de société et l’impôt foncier, c’est la date d’émission qui figure
sur l’avertissement extrait du rôle qui constitue la date d départ de
délai légal.
Le délai de réclamation expire dans les six mois à partir de la date de
départ. Ce délai n’est pas franc. Il ne suffit pas que le redevable dépose
la réclamation au bureau de la poste dans le délai légal, mais il faut
52
encore qu’elle parvienne au Directeur compétent avant l’expiration du
délai.
Le jour de l’échéance est compris dans le délai. Si le dernier jour utile
est un dimanche ou jour férié légal, le délai est protégé de plein droit
jusqu’au plus prochain jour ouvrable. Toutefois, le Directeur Général
des impôts accorde d’office le dégrèvement des surimpositions
résultant d’erreur matérielle ou de double emploi, même après
l’expiration de délai de réclamation ci-dessus.
En matière de contentieux fiscal, la conclusion est la déchéance du droit
d’ester en justice par ce que le délai légal est expiré. Cette déchéance
est d’ordre public (
Pas d’exception). Par conséquent, la réclamation déposée après le délai
légal est irrecevable et rien ne peut couvrir cette forclusion. La date à
retenir pour vérifier la recevabilité de la réclamation a été envoyée,
mais la date à laquelle la lettre a été effectivement reçue par
l’administration fiscale.
C. Forme et contenu de la réclamation
En matière fiscale, la réclamation est établie par écrit, sous forme d’une
simple lettre adressée au Directeur Général des impôts à kinshasa ou
au Directeur provincial en province.
Cependant pour qu’une lettre puisse constituer une réclamation
contentieuse ou gracieuse, il faut que le requérant l’explique clairement
c’est-à-dire qu’il doit y solliciter du Directeur Général des impôts, la
remise d’une cotisation ; sinon, il s’agira seulement la demande des
renseignements. Pour être prise en considération, la réclamation doit
en outre comprendre l’adresse, l’identification nationale du contribuable
et contenir les indications suivantes :
- Faire mention de l’impôt contesté : nature, année, numéro
d’article du rôle et le montant ( principal et pénalité éventuelle
) de la cotisation litigieuse ;
- Les motifs de la contestation ; elle doit l’exposé sommaire des
moyens de défense du réclamant et indiquer ses conclusions,
l’objet réel de la portée exacte de sa demande ;
- La signature du réclamant : la réclamation doit porter
obligatoirement la signature manuscrite de son auteur. En
principe, les contestations non signées ou signées
irrégulièrement ne sont pas recevables. Mais lorsque la
réclamation vient d’un contribuable illettré, on peut concevoir
qu’une réclamation non signée soit recevable. Il est de
coutume dans ce cas, d’inviter le contribuable concerné à venir
apposer ses empreintes digitales sur la réclamation. Lorsqu’il
s’agit d’une personne morale, la réclamation doit être signée
53
par la personne compétente pour engager la société. Sous
peine d’irrecevabilité, toute réclamation doit être accompagnée
des pièces qui la motivent : l’avertissement-extrait du rôle ou
une copie conforme, pièce justifiant le montant de la retenue à
la source ou paiement pour les impôts spontanés. Le
réclamant domicilié hors du Congo doit avoir un domicile dans
ce pays, c’est-à-dire désigner une adresse et un correspondant
dans la République Démocratique du Congo à qui seront faites
toutes les notifications et communications relatives à sa
requête.
D. Les personnes habilitées à réclamer
Généralement la réclamation doit être présentée
individuellement, c’est-à-dire par une personne physique ou
morale pour une ou plusieurs cotisations la concernant. Une
réclamation collective est irrecevable ; sauf dans le cas des
redevables solidaires, chacun des redevables peut présenter
une réclamation pour l’ensemble des cotisations dont il est
solidairement redevable. C’est le cas d’une copropriété par
exemple. Les personnes autres que les redevables eux-mêmes
justifient d’un mandat en vertu duquel elles agissent.
En matière des impôts spontanés les personnes à charge
desquelles l’impôt a été retenu à la source sont assimilées aux
redevables.
Mandat
Le mandat est un contrat par lequel une personne appelée
mandant, donne à une autre personne appelée mandataire,
d’agir à son nom et pour son compte. Il peut être général, c’est-
à-dire étendu sur tous les actes du mandant ou spécial, c’est-à-
dire, limitée à quelques actes seulement. Pour être valable, le
mandant doit être validé par le notaire. Il doit être
préalablement enregistré à la Direction Générale des impôts
avant l’exécution de l’acte qui l’autorise. Enfin, la loi exige qu’il
soit donné par le contribuable lui-même.
Le mandat est produit au début de la production d’instruction de
la réclamation et prend fin par des causes ci-après
expressément énumérées par la loi32 :
- L’échéance de sa période de validité ;
- Le décès du mandataire ou du mandant en cas des personnes
physiques ;
- La dissolution de la société mandante ;
- La renonciation du mandataire dans ce cas de personnes
morales ;
32
MICHEL RUELLE, Cours de Contentieux Fiscal E.N.F.1985.
54
- La révocation du mandataire dans le cas des personnes
morales.
La loi soulève d’office l’irrecevabilité de la réclamation en cas du
mandat susmentionné. Cependant, elle admet quelques exceptions
notamment :
- Les tiers à qui une personne illettrée ou physique ou
moralement incapable a dû recourir pour dresser sa
réclamation. La difficulté surgit lorsqu’il s’agit de prouver aux
yeux de l’administration qui ne reçoit qu’une lettre écrite, que
la personne pour laquelle on réclame est réellement
incapable ;
- Les tiers solidaires responsables
- Les avocats – conseils
CHAP II. LES VOIES DE RECOURS
Les contribuables qui ne sont pas satisfaits des décisions prises sur
leurs réclamations par la Direction Générale ou la Direction provinciale
des impôts, sont admis à introduire contre ces décisions des recours
devant les cours d’appel. La Cour d’appel ne peut être saisie que s’il y a
eu une réclamation préalable adressée à l’administration des Impôts et
que cette réclamation a donné lieu à une décision ne donnant pas
satisfaction au contribuable. Ne sont pas recevables les recours
introduits :
- Alors qu’aucune réclamation préalable n’a été adressée à la
Direction Générale des impôts ;
- Où, une telle réclamation ayant été formulée alors qu’aucune
décision n’est intervenue à son propos ;
- Ou encore, la décision étant intervenue, alors que celle-ci fait
entièrement droit aux prétentions du contribuable : cette
décision ne lui faisant pas grief, il n’a pas d’intérêt pour agir.
Au terme de la loi fiscale, le recours doit, à peine de déchéance, être
introduit dans un délai de six mois à partir de la notification de la
décision à l’intéressé. Ce délai de six mois court à partir de la
notification que fait l’administration au contribuable de la décision prise
à sa réclamation. Lorsqu’il est expiré, aucun recours n’est plus
recevable. Le contribuable est déchu de son droit de saisir la cour
d’appel à propos de l’imposition contestée.
Aussi, faudra-t-il noter que le contribuable a le droit d’aller en cassation
pour le même litige dans le cas où il n’est pas content de l’arrêt de la
cours d’appel ; ce niveau reste le dernier stade pour un litige
contentieux en matière fiscale. Dans la pratique le pourvoi en cassation
est quasi inexistant en matière fiscale dans notre pays.
55
BIBLIOGRAPHIE
I. OUVRAGES
1. AZAMA LANA, Droit fiscal zaïrois, CADICEC , Kinshasa, 1986,
400 p.
2. BAKANDEJA wa MPUNGU G. Droit des finances publiques, Ed.
Noraf, Kinshasa, 1997, 270 p.
3. BAKANDEJA wa MPUNGU, Les finances publiques pour une
meilleure gouvernance économique et financière en RDC,
Larcier, Afrique Edition, Bruxelles, 2006, 360 p.
4. BOUVIER M., ESCLASSAN M.C., LASSALE J.P., Finances publiques,
3ème Edition, L.G.D.J., Paris, 1996, 782 p.
5. BWABWA wa KAYEMBE M., Traité de droit Fiscal Zaïrois, PUZ,
Kin,1993, 278 p.
6. COZIAN M., Précis de Fiscalité des entreprises, Litec, 18ème
Ed., Paris, 1994, 640 p.
7. DUE J.F. L’impôt indirect au service du développement,
Tendance actuelle, Paris, 1973, 704 p.
8. DUVERGER M., Finances Publiques, P.U.F., Paris, 1988, 676 p.
9. LUKOMBE NGHENDA, Droit congolais des sociétés, tome II,
PUC, 1999, 1050, p.
10. MBOKO DJ’ANDIMA, Code Général des impôts, PUC, Kin,
2007, 483 p.
11. MEHL L. et BELTRAME P., Science et technique fiscale, PUF,
Paris, 1984, 786 p.
12. NGUYEN CHANTHAM and « alii », Lexique de Droit des
affaires zaïrois, CNRP, Kin,1972, 293 p.
13. TROTABAS et COTTERET J.M., Droit Fiscal, 7ème édition, Dalloz,
Paris, 1992, 414 p.
II. TEXTES JURIDIQUES
A. TEXTES LEGAUX
1. Loi n°11/011 du13 juillet 2011 relative aux finances publiques
2. Loi n°004/2003 du 13 mars 2003 portant réforme des procédures
fiscales
3. Loi n°008/03 du 18 mars 2003 portant modification de
l’ordonnance-loi n°69-05 du 05 décembre 1969 relative à l’impôt
sur le chiffre d’affaires à l’intérieur.
4. Ordonnance-loi n°13/007 du 23 février 2013 modifiant et
complétant certaines dispositions de l’ordonnance-loi n°10/001 du
20 août 2010 portant institution de la taxe sur la valeur ajoutée.
56
5. Ordonnance-loi n°69-009 du 10 février 1969 portant contributions
cédulaires sur les revenus in code des contributions mis à jour le
28 février 1989.
6. Ordonnance-loi n°69-006 du 10 février 1969 portant contribution
réelle
B. TEXTES REGLEMENTAIRES
1. Décret n°O17/2003 du 02 mars 2003 portant création de la
Direction Générale des Impôts
2. Ordonnance n°79/114 du 15 Mai 1979 portant création de l’OFIDA
3. Ordonnance n°88-039 du 10 mars 1988 portant création de la
Direction Générale des Contributions.
4. Arrêté Ministériel n°082/CAB/MIN/ECO-FIN & BUD/2002 du 26
février 2002 modifiant certaines dispositions en matière de
contribution exceptionnelle sur les rémunérations versées par les
employeurs à leur personnel expatrié.
5. Arrêté Ministériel n°081/CAB/MIN/ECO-FIN & BUD/2002 du 26
février 2002 modifiant certaines dispositions en matière de
contribution réelle.
6. Arrêté Ministériel n°009 du 03 août 2000 portant mesure
d’application du décret n°099 du 03 août portant mesure
d’application du décret n°099 du 03 juillet 2000, modifiant et
complétant le décret n°O67 du 20 avril 1998 relatif au mode de
paiement des dettes envers l’Etat.
III. COURS ET REVUES
1. BUABUA wa KAYEMBE, La question de la fraude dans les entrepôts
douaniers au Congo, in revue de la faculté de Droit, n°1, UPC,
1999
2. COPPENS P., Droit fiscal, les Impôts sur les revenus, Université de
Louvain, Faculté de Droit, 1971
3. Revue des douanes congolaises, l’OFIDA aujourd’hui, n°003,
Avril 2003.
4. Revue des douanes congolaises, l’ère de grands travaux,
n°004, Mai 2004